mercredi, avril 15, 2020

Mars-Avril 1940

J'ai repris la lecture de The collapse of the third Republic, de William Shirer, que j'avais interrompue tant c'est un crève-cœur.

Qu'est-ce qui obsède les politiciens et les militaires français en mars-avril 1940 ?

Attaquer l'URSS ! Le prétexte est de venir en aide à la Finlande, puis, quand la Finlande a déposé les armes, de priver les Allemands du pétrole du Caucase. L'enthousiasme politicien pour ces plans sur la comète est grand.

Le vrai moteur est évidemment l'anti-communisme et l'absence d'hostilité véritable de certains parlementaires au régime hitlérien.

A 80 ans de distance, les bras nous en tombent de tant de stupidité stratégique, aveuglée par l'idéologie bêtasse. On n'est pas capable d'attaquer l'ennemi allemand de l'autre coté de la frontières mais on envisage allègrement de faire le tour de la planète pour attaquer l'URSS qui n'est pas notre ennemie.

Cette folie a tout de même fait tomber le gouvernement Daladier, soupçonné de ne pas être assez offensif, remplacé par Reynaud.

Il a fallu que l'allié anglais intervienne pour remettre les pieds sur terre à nos politiciens.



La séance parlementaire du 22 mars qui amène Reynaud au pouvoir est atroce. Les interventions sont mesquines, partisanes, aucun orateur à la hauteur des événements, à part Léon Blum. Elle laisse un souvenir très pénible à tous les témoins.

Reynaud (comme Sarkozy avec l'ouverture à gauche, à qui il ressemble beaucoup physiquement, intellectuellement et politiquement) constitue un gouvernement et un cabinet absurdes, où il y a autant de défaitistes et d'ennemis larvés que de partisans. Je pense que, comme Sarkozy, il y a derrière ces petites habiletés tactiques, criminelles à terme, une grande lâcheté, un refus d'assumer ses positions. Grande gueule, petit courage. Comme Sarkozy, Reynaud n'est pas un  guerrier politique, un Churchill, un De Gaulle, un Trump, qui s'épanouissent dans le conflit. Derrière l'allure énergique, il y a un minable qui cherche toujours à concilier l'inconciliable et à ne pas couper les ponts, qui cherche à plaire quand il est l'heure de déplaire.

Dans ce drame national, il y a deux personnages qui sont encore de nos jours surévalués : Weygand, un traitre qui, comme Bazaine, aurait du être fusillé ; Reynaud, qui a trafiqué ses mémoires pour se présenter faussement comme le premier Résistant, alors qu'il a été dépassé les événements et n'a pas compris la logique gaullienne.

Ca relativise la médiocrité macronienne !




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