Le nouveau mal français : la baisse du niveau de vie.
L'INSEE affirme que le pouvoir d'achat augmente, alors que les Français pensent qu'il diminue.
L'INSEE ment-elle ? Pas vraiment, mais elle utilise des méthodes orientées, pour rendre pratiquement impossible, par exemple, le constat d'une baisse du pouvoir d'achat ou d'un avantage du protectionnisme. L'article explique la méthode pour le pouvoir d'achat.
Mais il y a d'autres moyens pour évaluer la réalité cachée par l'INSEE : en vingt ans, l'âge moyen d'un acheteur de voiture neuve est passé de 44 ans à 56 ans.
L'illusion statistique de l'INSEE explique en grande partie le vote Macron : votent Macron les cadres supérieurs et les retraités qui sont suffisamment cons pour croire qu'ils ont plus d'intérêts communs avec les milliardaires à la Niel-Drahi qu'avec les Gilets Jaunes.
Les années qui viennent vont cruellement les démentir mais, en attendant, ils votent comme il faut pour maintenir ce qui nous tue.
Je sais bien qu'il n'est pas facile de voter pour cette dinde de Le Pen pour éviter Macron ou un de ses semblables. Mais il faut avoir les couilles de faire ce qu'il faut. Une fois qu'on a compris que la mission de Macron est de gérer l'appauvrissement des Français et la disparition de la France, on hésite moins.
Affichage des articles dont le libellé est Todd. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Todd. Afficher tous les articles
samedi, janvier 25, 2020
samedi, janvier 18, 2020
Todd et le monde qui va.
Entretien Todd 1
Entretien Todd 2
Entretien Todd 3
Entretien Todd 4
Je n'aime pas beaucoup Emmanuel Todd : il est vaniteux à en crever et criminel lorsqu'il minimise l'islamisation de la France.
Mais nous retrouvons sur un certain nombre de points :
La sortie de l'Euro et ceux qui la refusent.
Comme tous les gens intelligents, Todd sait que l'Euro nous tue (il a été fait pour ça) et qu'il est urgent d'en sortir (Charles Gave et Jacques Sapir, qui ont oublié d'être cons, l'ont expliqué cent mille fois) :
************
Fouletitude de gens ne veulent pas le voir, ils sont partisans du sadisme économique. Ils préconisent les « réformes » sans sortie de l'Euro comme ils préconiseraient l'amputation sans anesthésie.
Ils sont ceux que Todd appellent « les losers d'en haut » :
************

************
J'en connais plein. Parce qu'ils partent en vacances loin et que leurs enfants étudient et s'installent à l'étranger, ils se croient les gagnants de la mondialisation, ils pensent qu'ils ont plus d'intérêts en commun avec la caste de Macron qu'avec les Gilets Jaunes.
Ils se sentent (nous sommes largement dans l'impensé) un intérêt à ce que le Système continue, ils croient qu'ils ont à perdre au changement (beaucoup de retraités ont peur du changement par principe. Ils votent beaucoup), notamment leur position sociale et leur patrimoine, et ils voteront toujours, toujours, toujours contre la sortie de l'Euro. C'est ce que Christophe Guilluy appelle « le vote patrimonial ».
Jusqu'au jour où leur chute leur ouvrira les yeux : ils s'apercevront alors que, contrairement à Carlos Ghosn, ils n'ont pas les moyens de prendre un jet privé pour fuir le bordel et qu'ils doivent assumer le sort commun de la France, des Français et des Gilets Jaunes.
Mais il sera un peu tard : c'est toujours la même histoire avec les cons. Ils arrivent qu'ils finissent par comprendre, mais quand c'est trop tard.
Escalade de la violence et désir de vengeance de la classe dirigeante sur le peuple : l'Etat anthropophage.
************



************
Moi aussi, je suis estomaqué (j'en ai déjà parlé ici) par la violence des petits bourgeois envers les Gilets Jaunes.
Ce sont des propos que je peux tenir vis-à-vis d'ennemis étrangers, comme la racaille de banlieue (et encore). Eux, il les tiennent vis-à-vis de Français.
L'explication de Todd me semble bonne. C'est d'ailleurs aussi celle de Zemmour.
Depuis que, dans les années 1710, après la terrible guerre de succession d'Espagne, les élites françaises ont compris qu'elles pouvaient faire leur deuil de l'hégémonie européenne, elles ne cessent de se venger de leurs ambitions perdues sur le peuple français, qui, à leurs yeux, a failli (Hitler pensait la même chose du peuple allemand en 1945).
Ce qu'écrit Voltaire sur la populace ne surprendrait personne dans la bouche d'un macroniste sur les Gilets Jaunes (à part, bien entendu, le style : Voltaire en avait un superbe, le macroniste parle à peine français ... dans ses meilleurs jours).
En route vers la tyrannie
La conclusion générale de Todd (plus dans d'autres articles que dans celui-ci) fait froid dans le dos, mais, hélas, on la voit déjà prendre corps : dans une société en décomposition comme la nôtre, où les relations sociales se fragmentent, les contre-pouvoirs s'amenuisent et l'Etat, lui-même pourri, en décomposition, inefficace, devient par comparaison plus fort.
C'est le scénario à la sud-américaine : rien ne marche mais la junte se maintient au pouvoir facilement.
D'ailleurs, si le prochain président de la république française, c'était lui (à gauche sur l'image) ?

Libellés :
Gilets jaunes,
Macron Trahison !,
Todd,
tyrannie Macron
lundi, décembre 10, 2018
Les gilets jaunes : un excellent détecteur de mensonges (et de connards)
Les gilets jaunes sont un excellent détecteur de mensonges (et de connards), vous pouvez faire l'expérience dans votre entourage.
Mais, à tout seigneur tout honneur, reconnaissons avec Barbara Lefebvre qu'Emmanuel Macron a commencé :
1) son élection a dévoilé le mensonge de l'UMPS, la fausse alternance droite-gauche.
2) son attitude de franc mépris a dévoilé l'hypocrisie de ses prédécesseurs, comme le « sympa » Chirac, qui clamaient leur amour des Français sur tous les tons mais faisaient une politique violemment anti-française similaire à celle du en-marcheur.
Pourquoi les «Gilets jaunes» chantent-ils la Marseillaise ?
****************
Seule la Marseillaise paraît être le « slogan » unitaire de ce mouvement quand il manifeste comme un seul homme.
À cet égard, il ne peut y avoir de confusion entre les « gilets jaunes » et les agitateurs professionnels: elle ne sortira jamais de la bouche d'un Black-block, d'un soutien de Dieudonné ou d'un pillard de banlieue semant le désordre dans les cortèges. Ce chant que même l'Internationale, chant ô combien populaire tout au long de la première moitié du 20e siècle, ne parvint jamais à détrôner dans le cœur des classes populaires, le chant de guerre de la Révolution.
[…]
La Marseillaise des «gilets jaunes» chantée des dizaines de fois d'affilée dans les cortèges est ce qu'elle a été dès ses origines: la voix du peuple quand la patrie est en danger. L'envahisseur n'est ni prussien, ni autrichien. Dans l'esprit des manifestants, les tyrans coalisés contre la Nation ne sont plus les monarques européens, mais les commissaires européens de Bruxelles à qui nos dirigeants ont cédé notre souveraineté politique, économique, budgétaire, culturelle. Ils ne sont pas élus. Ils n'ont aucune autre légitimité démocratique autre que celle qu'ils se sont arrogée, à coups de traités et de normes depuis plus de trente ans. L'Union Européenne ne concède plus qu'un seul levier à nos gouvernants pour orienter une politique qui reste dans les clous du pacte budgétaire imposé par Bruxelles: la taxe. Baisser ou augmenter les impôts semble être devenu la seule politique d'ajustement de nos dirigeants.
[…]
Emmanuel Macron est devenu l'objet de la détestation parce qu'à la différence de ses prédécesseurs, il n'a pas essayé de paraître ce qu'il n'est pas.
« L'ancien monde » ce n'est pas une autre politique que celle que fait M. Macron, c'était simplement une autre façon de communiquer, d'embobiner le citoyen-électeur de base. C'est aussi ce qui explique la détestation générale à l'égard de la classe politique. Les prédécesseurs d'Emmanuel Macron avaient, au moins, l'habileté de donner quelques gages pour paraître proches du peuple, sensibles à ses aspirations. Emmanuel Macron n'a pas voulu jouer cette comédie du pouvoir post-démocratique. Il n'a pas voulu jouer maladroitement de l'accordéon comme le vieil aristocrate de Chamalières, ni se prétendre socialiste tout en favorisant la gauche bobo et les années-fric, ni taper le cul des vaches en Corrèze tout en actant la cession de la souveraineté nationale à Bruxelles, ni balancer des «casse-toi pauvre con» ou promettre de se débarrasser de la racaille tout en détruisant la fonction publique, ce dernier lien entre le peuple et l'État, ni annoncer «mon ennemi c'est la finance» pour prendre un virage libéral en faisant des cadeaux fiscaux aux grands patrons.
La vérité est que la communication politique de « l'ancien monde » servait à faire tenir le système aussi affaibli fut-il.
****************
D'autres encore se distinguent favorablement :
Bruno Berthez, dont je n'aime pas le ton volontiers péremptoire et condescendant, mais dont l'analyse est juste.
A l'inverse, GW Goldnadel, qui ne fait pas la différence entre les Gilets jaunes et les casseurs que B. Lefebvre a, elle, très bien comprise, révèle son intellect limité :
Goldnadel : « Sous l'influence des médias, les Gilets jaunes sont devenus une foule déchaînée »
De même, Jacques Sapir, qui n'arrête pas de nous seriner ses lubies gauchistes (la France Insoumise, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?) :
Facebook de Jacques Sapir
Et les syndicats, nous savons désormais sans le moindre doute dans quel camp ils se trouvent.
Les bien-pensants ont peur :
« La colère des “gilets jaunes” suscite la “grande peur des bien-pensants ” dont parlait Bernanos »
****************
La com' du pouvoir visait d'abord et exclusivement l'immédiat, à impacter la fièvre du « tout-info », en s'efforçant d'imposer sa représentation du théâtre des opérations. Tout l'enjeu consistait à délivrer une interprétation des événements qui puisse signifier que la gestion de l'ordre avait permis d'échapper à une quasi-insurrection. Il y avait là de quoi redonner un peu d'oxygène à un exécutif, qui, quelques jours auparavant, avait reculé en abandonnant la hausse des taxes sur le carburant pour 2019. Cette petite victoire, Castaner et le Premier ministre l'ont mise en scène afin que dès les premières heures post-manifestations s'installe et s'instille une tonalité générale qui les crédite de cet étrange succès. Mais les bénéfices médiatiques ne résistent pas à l'heure des réseaux et de l'info en continu, à la pression du réel qui vient tester, fouiller, et si besoin démentir le récit officiel. Les images des rues de Paris et d'autres villes de Province ont eu vite fait de contredire l'irénisme de Beauvau. Plus que jamais, la com' s'est fracassée sur la résistance de la réalité. En moins de 24 heures, nonobstant la lecture optimiste du pouvoir, un autre angle, moins heureux, s'est imposé, confrontant l'éphémère «réussite gouvernementale» à un terrain qui lui renvoyait les cicatrices d'une folle journée. La misère de la com' ne masquera jamais le désarroi du politique.
****************
Mais vous pouvez tout cela beaucoup plus près de chez vous. J'entends de la France d'en haut un mépris cinglant qui est, sous l'effet de la grande peur des bien-pensants, en train de se transformer en haine. J'entends des propos véritablement ahurissants.
Vous avez une bonne échantillon de haine et de condescendance dans les commentaires de ce blog :
Blog de Philippe Bilger
La fermeture intellectuelle des élites parisiennes que décrit Todd, je la vis tous les jours. A propos des gilets jaunes, il n'y a que deux groupes, les ouvertement condescendants et méprisants (« Ils font des fautes d'orthographe ». Hé banane, si ta classe sociale n'avait pas systématiquement fui ses devoirs et saboté l'école, ils en feraient moins) et les taiseux. Mais de défenseurs des gilets jaunes, point (à part un ou deux kamikazes comme votre serviteur). De compassion, d'empathie, pas l'ombre d'un carat.
Je ne sais pas si Todd a raison de craindre un coup d'Etat légal. Mais ça ne sent pas bon.
Mais, à tout seigneur tout honneur, reconnaissons avec Barbara Lefebvre qu'Emmanuel Macron a commencé :
1) son élection a dévoilé le mensonge de l'UMPS, la fausse alternance droite-gauche.
2) son attitude de franc mépris a dévoilé l'hypocrisie de ses prédécesseurs, comme le « sympa » Chirac, qui clamaient leur amour des Français sur tous les tons mais faisaient une politique violemment anti-française similaire à celle du en-marcheur.
Pourquoi les «Gilets jaunes» chantent-ils la Marseillaise ?
****************
Seule la Marseillaise paraît être le « slogan » unitaire de ce mouvement quand il manifeste comme un seul homme.
À cet égard, il ne peut y avoir de confusion entre les « gilets jaunes » et les agitateurs professionnels: elle ne sortira jamais de la bouche d'un Black-block, d'un soutien de Dieudonné ou d'un pillard de banlieue semant le désordre dans les cortèges. Ce chant que même l'Internationale, chant ô combien populaire tout au long de la première moitié du 20e siècle, ne parvint jamais à détrôner dans le cœur des classes populaires, le chant de guerre de la Révolution.
[…]
La Marseillaise des «gilets jaunes» chantée des dizaines de fois d'affilée dans les cortèges est ce qu'elle a été dès ses origines: la voix du peuple quand la patrie est en danger. L'envahisseur n'est ni prussien, ni autrichien. Dans l'esprit des manifestants, les tyrans coalisés contre la Nation ne sont plus les monarques européens, mais les commissaires européens de Bruxelles à qui nos dirigeants ont cédé notre souveraineté politique, économique, budgétaire, culturelle. Ils ne sont pas élus. Ils n'ont aucune autre légitimité démocratique autre que celle qu'ils se sont arrogée, à coups de traités et de normes depuis plus de trente ans. L'Union Européenne ne concède plus qu'un seul levier à nos gouvernants pour orienter une politique qui reste dans les clous du pacte budgétaire imposé par Bruxelles: la taxe. Baisser ou augmenter les impôts semble être devenu la seule politique d'ajustement de nos dirigeants.
[…]
Emmanuel Macron est devenu l'objet de la détestation parce qu'à la différence de ses prédécesseurs, il n'a pas essayé de paraître ce qu'il n'est pas.
« L'ancien monde » ce n'est pas une autre politique que celle que fait M. Macron, c'était simplement une autre façon de communiquer, d'embobiner le citoyen-électeur de base. C'est aussi ce qui explique la détestation générale à l'égard de la classe politique. Les prédécesseurs d'Emmanuel Macron avaient, au moins, l'habileté de donner quelques gages pour paraître proches du peuple, sensibles à ses aspirations. Emmanuel Macron n'a pas voulu jouer cette comédie du pouvoir post-démocratique. Il n'a pas voulu jouer maladroitement de l'accordéon comme le vieil aristocrate de Chamalières, ni se prétendre socialiste tout en favorisant la gauche bobo et les années-fric, ni taper le cul des vaches en Corrèze tout en actant la cession de la souveraineté nationale à Bruxelles, ni balancer des «casse-toi pauvre con» ou promettre de se débarrasser de la racaille tout en détruisant la fonction publique, ce dernier lien entre le peuple et l'État, ni annoncer «mon ennemi c'est la finance» pour prendre un virage libéral en faisant des cadeaux fiscaux aux grands patrons.
La vérité est que la communication politique de « l'ancien monde » servait à faire tenir le système aussi affaibli fut-il.
****************
D'autres encore se distinguent favorablement :
Bruno Berthez, dont je n'aime pas le ton volontiers péremptoire et condescendant, mais dont l'analyse est juste.
A l'inverse, GW Goldnadel, qui ne fait pas la différence entre les Gilets jaunes et les casseurs que B. Lefebvre a, elle, très bien comprise, révèle son intellect limité :
Goldnadel : « Sous l'influence des médias, les Gilets jaunes sont devenus une foule déchaînée »
De même, Jacques Sapir, qui n'arrête pas de nous seriner ses lubies gauchistes (la France Insoumise, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?) :
Facebook de Jacques Sapir
Et les syndicats, nous savons désormais sans le moindre doute dans quel camp ils se trouvent.
Les bien-pensants ont peur :
« La colère des “gilets jaunes” suscite la “grande peur des bien-pensants ” dont parlait Bernanos »
****************
La com' du pouvoir visait d'abord et exclusivement l'immédiat, à impacter la fièvre du « tout-info », en s'efforçant d'imposer sa représentation du théâtre des opérations. Tout l'enjeu consistait à délivrer une interprétation des événements qui puisse signifier que la gestion de l'ordre avait permis d'échapper à une quasi-insurrection. Il y avait là de quoi redonner un peu d'oxygène à un exécutif, qui, quelques jours auparavant, avait reculé en abandonnant la hausse des taxes sur le carburant pour 2019. Cette petite victoire, Castaner et le Premier ministre l'ont mise en scène afin que dès les premières heures post-manifestations s'installe et s'instille une tonalité générale qui les crédite de cet étrange succès. Mais les bénéfices médiatiques ne résistent pas à l'heure des réseaux et de l'info en continu, à la pression du réel qui vient tester, fouiller, et si besoin démentir le récit officiel. Les images des rues de Paris et d'autres villes de Province ont eu vite fait de contredire l'irénisme de Beauvau. Plus que jamais, la com' s'est fracassée sur la résistance de la réalité. En moins de 24 heures, nonobstant la lecture optimiste du pouvoir, un autre angle, moins heureux, s'est imposé, confrontant l'éphémère «réussite gouvernementale» à un terrain qui lui renvoyait les cicatrices d'une folle journée. La misère de la com' ne masquera jamais le désarroi du politique.
****************
Mais vous pouvez tout cela beaucoup plus près de chez vous. J'entends de la France d'en haut un mépris cinglant qui est, sous l'effet de la grande peur des bien-pensants, en train de se transformer en haine. J'entends des propos véritablement ahurissants.
Vous avez une bonne échantillon de haine et de condescendance dans les commentaires de ce blog :
Blog de Philippe Bilger
La fermeture intellectuelle des élites parisiennes que décrit Todd, je la vis tous les jours. A propos des gilets jaunes, il n'y a que deux groupes, les ouvertement condescendants et méprisants (« Ils font des fautes d'orthographe ». Hé banane, si ta classe sociale n'avait pas systématiquement fui ses devoirs et saboté l'école, ils en feraient moins) et les taiseux. Mais de défenseurs des gilets jaunes, point (à part un ou deux kamikazes comme votre serviteur). De compassion, d'empathie, pas l'ombre d'un carat.
Je ne sais pas si Todd a raison de craindre un coup d'Etat légal. Mais ça ne sent pas bon.
Libellés :
Gilets jaunes,
mépris de classe,
Todd
mardi, novembre 06, 2018
Todd sur Macron
Emmanuel Todd est un vaniteux mais ce qu'il dit sur Macron est très juste :
Si vous êtes pressé, vous pouvez commencer à 1h15.
Résumé :
1) Macron est idiot (plus que Sarkozy ! Ce qui dans la bouche de Todd veut dire quelque chose). C'est un énarque dont l'intellect n'a pas évolué depuis sa sortie de l'école. Il n'a aucune profondeur. Macron est aussi éloigné de la réalité qu'une copie de l'ENA.
Le monde change avec Trump-Brexit-Salvini comme il a changé dans les années 80 avec Reagan-Thatcher et Macron est incapable de le prendre en compte.
Todd est assez rigolo quand il parle de l'âge de Brigitte Macron : soit Emmanuel Macron est un vrai rebelle soit, au contraire, il a épousé une copie de sa mère et ne sera jamais adulte. Je vous laisse choisir.
2) Le macronisme est le produit du fantasme (pétainiste, c'est moi qui l'ajoute) de la bourgeoisie française de régler les problèmes sans faire d'efforts, sans risquer son patrimoine, c'est-à-dire sans sortir de l'Euro (comme Pétain laissait croire que tout allait se régler sans combattre les Allemands).
La France est sortie de l'histoire en perdant sa souveraineté monétaire (l'Euro), sa souveraineté judiciaire (la CEDH), sa souveraineté législative (les directives européennes) et sa souveraineté militaire (rien sans l'aide des Américains -sauf le nucléaire) et ne veut pas faire les efforts nécessaires pour y rentrer. Les Français peuvent donc se montrer irresponsables et se laisser aller à la puérilité de voter Macron.
De plus la bourgeoisie française a une longue tradition de soumission à l'Allemagne (thème connu sur ce blog).
En somme, le contenu intellectuel et moral du macronisme est donc très médiocre : pas de vision, pas de courage, pas de générosité, pas de patriotisme.
En conséquence, le macronisme est « le produit de la médiocrité morale et intellectuelle de la bourgeoisie française et, plus largement, de la France ». Les élus et les électeurs du macronisme sont profondément médiocres.
3) Macron a pris le Front National au mot : l'UMPS existe, il l'a incarné et il a gagné. La mascarade étant révélée, le paysage politique est ravagée et l'avenir inconnu. Dans ce chaos, Macron a une bonne chance d'être réélu.
4) La classe moyenne supérieure est presque aussi loser de la mondialisation que la France d'en bas (les vrais winners de la mondialisation sont en réalité très peu nombreux - comme dit Warren Buffet « la guerre des classes existe et c'est ma classe (sous-entendu, celle des milliardaires) qui l'a gagnée ». Si vous n'êtes pas an moins multi-millionaire, vous n'êtes pas un vrai gagnant de la mondialisation). Elle se rassure en votant contre la France d'en bas, pour se donner l'illusion qu'elle est séparée de ces losers.
5) La société française est atomisée et, dans ces cas là, c'est toujours l'Etat le grand gagnant.
Le règne des énarques ne se dissimule même plus sous une alternance droite-gauche factice, la répression est de plus en plus directe (Zemmour est interdit de médias publics, Todd suit la même trajectoire. On ne parlera pas des attaques judiciaires contre Fillon, la FI et le FN).
La porte est maintenant ouverte pour une suppression des élections. Soit directement, soit, plus subtilement, en décourageant les gens d'aller voter en paralysant les partis d'opposition (c'est déjà commencé) et en ne tenant pas compte du résultat des élections (précédent célèbre : le référendum de 2005).
Au regard de l'histoire, tout cela est cohérent et sans surprise : les peuples qui ne peuvent ou veulent plus défendre leur liberté finissent toujours par la perdre.
Mais, comme Todd, ça me met en rage à en pleurer de voir que notre pays qui fut si grand se laisse décliner parce que les bourgeois ont peur de perdre leur patrimoine au moindre mouvement de sursaut et que les autres ne savent plus faire une révolution.
Si vous êtes pressé, vous pouvez commencer à 1h15.
Résumé :
1) Macron est idiot (plus que Sarkozy ! Ce qui dans la bouche de Todd veut dire quelque chose). C'est un énarque dont l'intellect n'a pas évolué depuis sa sortie de l'école. Il n'a aucune profondeur. Macron est aussi éloigné de la réalité qu'une copie de l'ENA.
Le monde change avec Trump-Brexit-Salvini comme il a changé dans les années 80 avec Reagan-Thatcher et Macron est incapable de le prendre en compte.
Todd est assez rigolo quand il parle de l'âge de Brigitte Macron : soit Emmanuel Macron est un vrai rebelle soit, au contraire, il a épousé une copie de sa mère et ne sera jamais adulte. Je vous laisse choisir.
2) Le macronisme est le produit du fantasme (pétainiste, c'est moi qui l'ajoute) de la bourgeoisie française de régler les problèmes sans faire d'efforts, sans risquer son patrimoine, c'est-à-dire sans sortir de l'Euro (comme Pétain laissait croire que tout allait se régler sans combattre les Allemands).
La France est sortie de l'histoire en perdant sa souveraineté monétaire (l'Euro), sa souveraineté judiciaire (la CEDH), sa souveraineté législative (les directives européennes) et sa souveraineté militaire (rien sans l'aide des Américains -sauf le nucléaire) et ne veut pas faire les efforts nécessaires pour y rentrer. Les Français peuvent donc se montrer irresponsables et se laisser aller à la puérilité de voter Macron.
De plus la bourgeoisie française a une longue tradition de soumission à l'Allemagne (thème connu sur ce blog).
En somme, le contenu intellectuel et moral du macronisme est donc très médiocre : pas de vision, pas de courage, pas de générosité, pas de patriotisme.
En conséquence, le macronisme est « le produit de la médiocrité morale et intellectuelle de la bourgeoisie française et, plus largement, de la France ». Les élus et les électeurs du macronisme sont profondément médiocres.
3) Macron a pris le Front National au mot : l'UMPS existe, il l'a incarné et il a gagné. La mascarade étant révélée, le paysage politique est ravagée et l'avenir inconnu. Dans ce chaos, Macron a une bonne chance d'être réélu.
4) La classe moyenne supérieure est presque aussi loser de la mondialisation que la France d'en bas (les vrais winners de la mondialisation sont en réalité très peu nombreux - comme dit Warren Buffet « la guerre des classes existe et c'est ma classe (sous-entendu, celle des milliardaires) qui l'a gagnée ». Si vous n'êtes pas an moins multi-millionaire, vous n'êtes pas un vrai gagnant de la mondialisation). Elle se rassure en votant contre la France d'en bas, pour se donner l'illusion qu'elle est séparée de ces losers.
5) La société française est atomisée et, dans ces cas là, c'est toujours l'Etat le grand gagnant.
Le règne des énarques ne se dissimule même plus sous une alternance droite-gauche factice, la répression est de plus en plus directe (Zemmour est interdit de médias publics, Todd suit la même trajectoire. On ne parlera pas des attaques judiciaires contre Fillon, la FI et le FN).
La porte est maintenant ouverte pour une suppression des élections. Soit directement, soit, plus subtilement, en décourageant les gens d'aller voter en paralysant les partis d'opposition (c'est déjà commencé) et en ne tenant pas compte du résultat des élections (précédent célèbre : le référendum de 2005).
Au regard de l'histoire, tout cela est cohérent et sans surprise : les peuples qui ne peuvent ou veulent plus défendre leur liberté finissent toujours par la perdre.
Mais, comme Todd, ça me met en rage à en pleurer de voir que notre pays qui fut si grand se laisse décliner parce que les bourgeois ont peur de perdre leur patrimoine au moindre mouvement de sursaut et que les autres ne savent plus faire une révolution.
vendredi, mars 16, 2018
La Russie, l'européisme et la France vassale : les bellicistes en action ?
Je ne suis pas souvent d'accord avec Emmanuel Todd, mais à part son petit moment d'égarement sur Macron « populiste », je ne trouve rien à redire :
Emmanuel Todd : « Le protectionnisme oppose des populistes lucides à un establishment aveugle »
**********
Après l'élection de Trump, vous aviez forgé le concept de « Globalization fatigue »… De quoi s'agit-il ?
On nous a présenté l'électorat de Trump comme une bande de gros lourds incultes, des ouvriers qui n'ont plus de métier, et nous avons une vision déformée de la situation. La victoire de Trump a été possible grâce au vote des ouvriers, mais pas seulement. Le libreéchange produit une monté des inégalités dans les sociétés avancées, continue, féroce. Il avantage les détenteurs du capital et les personnes âgées. Pendant un moment, il a avantagé les diplômés. L'apothéose libre-échangiste a eu lieu quand les 20% diplômés du supérieur étaient effectivement avantagés. Mais depuis le début des années 2000, après que le revenu médian a lourdement chuté aux Etats-Unis pour les gens ordinaires, le revenu des diplômés américains stagne à son tour. Les jeunes diplômés ne sont plus protégés de la déchéance sociale. C'est pourquoi j'ai parlé de fatigue de la globalisation. Les Américains sont fatigués. Et dans certains cas, cela peut même se traduire par la mort.
Justement, que va faire l'Europe ?
Quand j'imagine un dirigeant français autour d'une table de négociation, je pense de plus en plus au film génial de Francis Veber « Le dîner de cons ». Ces mêmes technos qui ont si bien dompté l'Allemagne (82 millions d'habitants) nous proposent maintenant de mettre à genoux les Etats-Unis (325 millions). Mais ils ne savent même pas, lorsqu'ils parlent de guerre commerciale, que s'il y a une zone dans le monde où l'intensité de cette guerre est maximale, c'est précisément la zone euro! La contraction austéritaire de la demande couplée à l'impossibilité de jouer sur les taux de change y rend cette guerre plus intense encore qu'ailleurs ; la France est d'ailleurs en train de la perdre. Nous perdons peu à peu notre industrie, notre capacité à construire des TGV, et tant d'autres choses… alors entendre dire que ce sont les Etats-Unis qui nous précipitent dans une guerre commerciale, cela n'a aucun sens!
Est-ce que les élections italiennes participent aussi de cette réaction protectionniste ?
J'analyse surtout cela comme un atterrissage dans la réalité ! La tragicomédie des establishments occidentaux, c'est cet étonnement désormais incessant devant tout ce qui se passe. Comme si le monde ne cessait de nous surprendre et d'être inexplicable. C'est là le signe d'un profond aveuglement idéologique, la fausse-conscience du marxisme ! Si on accepte de regarder notre monde comme il est, avec ses taux de chômage, sa stagnation des salaires, le ralentissement des mobilités sociales et en fin de compte la fragmentation des sociétés, alors on ne peut que comprendre ces basculements électoraux un peu partout en Europe et dans le monde. Les systèmes de représentation sont en train d'exploser. L'emploi par un commentateur du mot « populiste » signifie le plus souvent: je n'ai rien compris mais je m'accroche à mon micro.
[...]
En tout cas, son élection [de Macron] ne signifie pas que la France n'est pas traversée par le même phénomène! Et ça ne fait que commencer. L'économie est atone, la société se fragmente et l'électorat est déstructuré, ce qui rend toute opposition difficile. C'est dans ce genre de situation qu'on voit l'Etat prendre son envol et devenir régime autoritaire ! Alors, quand le gouvernement veut légiférer sur l'information et retirer au parlement le droit d'amendement… on a de quoi s'inquiéter ! [J'ai la même inquiétude].
La critique que vous faites du libre-échange est essentiellement économique : n'y at- il pas aussi une révolte contre une excessive liberté de circulation des personnes ?
Si, absolument. Au départ la démocratie n'est pas universaliste, je l'ai expliqué dans mon dernier livre. La démocratie, au départ, c'est un peuple particulier qui s'organise sur un territoire pour débattre dans une langue que tout le monde comprend. Dans l'idée de démocratie, il y a l'idée d'appartenance territoriale et il y a toujours un élément de xénophobie fondatrice. Pourquoi refuser de voir l'histoire, Athènes, l'Amérique raciale, le nationalisme révolutionnaire français.
Il est donc tout à fait logique que le regain démocratique que l'on observe actuellement contienne une part de xénophobie. Je vais tenter un aphorisme, en espérant un peu d'humour à sa réception. « Si beaucoup de xénophobie détruit la démocratie, un peu de xénophobie peut y ramener ». La conscience de soi d'un peuple est un « mal nécessaire » [C'est un bien] pour établir un minimum de cohésion sociale et une capacité d'action collective.
[...]
J'affirme de plus que nier la légitimité de ce contrôle contient un élément antidémocratique implicite. Les gens qui sont favorables à l'ouverture absolue de toutes les frontières se pensent de gauche mais ils sont selon moi des antidémocrates radicaux. Aucun système de représentation démocratique n'est possible sans stabilité territoriale. J'ai d'ailleurs senti bizarrement monter ces dernières années une exaspération de cette posture dans certains milieux culturels et sociaux minoritaires, au moment même où les populations occidentales manifestaient le désir légitime de préserver un minimum d'entre-soi. Cette radicalisation n'est aucunement le signe d'un progrès, d'une plus grande ouverture à l'Autre ; j'y perçois en fait une dimension nihiliste [pile-poil, Manu].
Pour finir, vous aviez prédit la chute de l'URSS: est-ce qu'aujourd'hui, vous prophétisez la chute de l'Union européenne ?
Je n'ose plus guère faire de prophéties sur l'Europe : la survie de l'euro m'a rendu modeste. J'avais tout de suite prédit qu'il ne marcherait jamais et de ce point de vue, je ne me suis pas trompé! Mais le niveau de violence avec lequel les classes dirigeantes ont maintenu cette monnaie sacrificielle, en revanche, je ne l'avais pas anticipé. J'ai fini par comprendre que le continent européen n'était pas démocratique et libéral de tradition et que ses dirigeants, de tradition autoritaire, étaient tout à fait capables de maintenir une monnaie unique qui détruirait les sociétés.
[...]
Dans la colonne stabilité, il y a l'impossibilité pour nos « élites » d'admettre leur échec et leur nullité [entièrement d'accord : je suis navré du peu de vision et de profondeur, du conformisme, de nos dirigeants, Macron le tout premier]. il y a aussi et surtout le fait que le continent est très vieux. Or les personnes âgées, dont je suis, sont devenues otages de l'Euro car les dirigeants nous menacent d'une liquéfaction de nos pensions et de nos économies en cas de rupture du système monétaire.
Dans la colonne rupture de l'Union européenne il y a des tas d'éléments: l'Euro ne fonctionne pas, les frontières ne sont plus contrôlées, l'insécurité économique et culturelle monte, les peuples sont furieux…
Le Brexit est peut-être la clé. L'Union européenne semble se mettre dans une posture de conflit avec le Royaume-Uni en tentant un Brexit punitif. Mais nous n'avons pas d'exemple historique d'une puissance continentale qui ait réussi à vaincre le Royaume- Uni. Si Bruxelles continue de menacer l'intégrité territoriale du Royaume-Uni en jouant avec la frontière irlandaise, je suis prêt à parier que, quelle que soit leur russophobie et leur aversion actuelles pour le régime de Poutine, les Britanniques opéreront un renversement d'alliance [je n'y crois pas du tout, mais on peut quelquefois être surpris par l'intelligence stratégique des Anglais]. Et l'Union européenne s'effondrera avec un grand bruit mou …
**********
La France servile du président Macron. Le président sacrifie l'indépendance de la France sur l'autel de son Europe intégrée.
**********
La géopolitique de Macron, telle qu’elle se dessine depuis le début du quinquennat oppose d’un côté le bloc continental de l’Union européenne sous commandement allemand et de l’autre côté les EtatsUnis (version Trump), la Russie et le RoyaumeUni.
Jusqu’où va le bloc continental ainsi dessiné ? Nous serions tentés de dire « jusqu’à Stalingrad » mais nous ne sommes pas en 1943 ! Il reste que la silhouette sur la carte est la même. Il est clair qu’en maintenant les sanctions visàvis de la Russie et en jouant le jeu du renforcement de l’OTAN dans les pays baltes, Macron s’inscrit à plein parmi ceux qui considèrent que l’Ukraine a vocation à faire partie de l’Union européenne, sous une étroite surveillance allemande évidemment, et à tourner le dos à la Russie.
La carte de l’Europe n’est donc pas sans rappeler celle de l’Europe occupée de la dernière guerre mondiale.
Si l’on omet toute comparaison idéologique entre les deux époques, l’euro a un effet mécanique sur l’économie française analogue à celui de l’Occupation : le transfert progressif, pour des raisons de compétitivité, d’une part croissante du potentiel industriel français chez nos concurrents d’outreRhin.
La coopération militaire accrue souhaitée par le président Macron, au nom d’une Europe de la défense à laquelle nos partenaires ne croient pas mais dont ils tirent parti à nos dépens, conduit déjà au transfert progressif vers l’Allemagne des fleurons de ce qui constituait un des grands atouts de la France : une industrie militaire puissante. Déjà Nexter (l’ancien GIAT), qui a fabriqué le char Leclerc, est à 50% allemand. Un sort analogue semble promis à Naval Group issu de la DCN qui a fait le porteavions Charles de Gaulle, convoité par les Italiens. Bien que formé au départ de 70% d’apports techniques français, Airbus est perçu aujourd’hui dans le monde comme une entreprise allemande.
Rappelons que, forte de ses excédents, l’Allemagne envisage de remonter ses crédits militaires jusqu’au niveau requis par l’OTAN : 2% de PIB, ce qui la placera très en avant du niveau français, érodé année après année par les contraintes budgétaires liées à l’euro, et encore par Macron récemment. Le même Macron qui, dans son discours de Versailles, exhortait l’Allemagne à se réarmer !
Ce qu’il faut bien appeler une inféodation n’a rien à voir, quoi qu’on prétende, avec l’héritage du gaullisme. C’est à tort que certains voient dans cette orientation l’inspiration du général lequel aurait, lui aussi, fait le choix de l’Allemagne contre les AngloSaxons.
Qui peut imaginer qu’il aurait jamais signé le traité de l’Elysée si la France avait été en position de faiblesse comme elle l’est, de son propre fait, aujourd’hui ?
Cette diplomatie à la fois servile et idéologique ne se contente pas de nous aliéner Washington et Moscou ; elle nous fait perdre aussi un des bénéfices que nous aurions pu tirer de l’élection de Donald Trump. En prenant à partie Angela Merkel, ce dernier ne faisait que suivre la politique traditionnelle du monde anglosaxon : l’équilibre sur le continent. Devant une Allemagne devenue hégémonique, il est clair que le président américain était prêt à nous aider à rééquilibrer le rapport de forces. Ce n’est pas l’actuel président qui saisira cette perche. Encore une occasion de perdue.
**********
La conclusion de tout cela ? Face aux nuages qui s'amoncellent sur leurs têtes, les européistes et les mondialistes (ce sont les mêmes) peuvent se dire qu'une bonne petite guerre viendrait résoudre pas mal de leurs problèmes, dont le premier : conserver le pouvoir malgré les peuples. Ca n'aurait vraiment rien d'une nouveauté.
La russophobie, annonciatrice de la prochaine guerre européenne ?
**********
D’abord, les médias mainstream, propriété de l’oligarchie transnationale, ne font en la matière qu’appliquer la stratégie fixée par les Etats Unis depuis la chute de l’URSS : empêcher par tous les moyens la constitution d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », pour reprendre la célèbre formule du Général De Gaulle, c’est-à-dire une alliance stratégique entre l’Europe et la Russie, susceptible d’équilibrer et finalement de contrebalancer la surpuissance américaine.
La Super Classe Mondiale qui a pris le pouvoir en Occident après la chute de l’URSS s’efforce en effet de maintenir par tous les moyens le leadership américain, car elle a besoin de lui pour faire avancer son projet de gouvernement mondial. Et pour semer le chaos partout, afin d’affaiblir les Etats-Nations qu’elle veut supplanter.
En diabolisant la Russie, les médias et les gouvernements européens n’expriment donc, une fois encore, que la voix de leurs vrais maîtres : la Super Classe Mondiale.
La russophobie occidentale n’est donc pas seulement ridicule. Elle n’est pas seulement une forme de racisme d’Etat, qui fait du peuple russe un coupable ou un danger par essence.
Elle est surtout dangereuse car elle prépare les esprits européens à un affrontement avec la Russie : elle véhicule des bobards de guerre, un « bourrage de crâne » comme on disait pendant la Grande Guerre, qui toujours annoncent la vraie guerre !
En effet, la Super Classe Mondiale n’a nullement renoncé à la guerre pour parvenir à ses fins. Car le monde est en passe de lui échapper. La puissance des anglo-saxons – qui constituait le cœur nucléaire de l’oligarchie occidentale – ne cesse de décliner à l’échelle du monde, dans tous les domaines et pas seulement économiques. Et les oligarques le savent bien.
Les médias mainstream s’efforcent de nous cacher ce grand secret : le monde échappe aux mondialistes parce qu’il devient de plus en plus multipolaire. Parce que de grandes civilisations – notamment en Eurasie – se réinventent et veulent se libérer de la tutelle occidentale. Et qu’elles acquièrent de plus en plus les moyens de le faire.
On ne peut donc exclure que certains oligarques anglo-saxons ne soient tentés, une nouvelle fois, de miser sur un conflit mondial pour maintenir leur leadership, c’est-à-dire leur domination et leur projet liberticide de gouverner le monde à leur seul profit.
**********
Macron ne laisse pas de m'inquiéter. Il a un sérieux pète au casque (un type qui épouse sa mère ne peut pas être équilibré) et le pouvoir absolu (puisque sans opposition). Il pourrait bien être celui par qui arrive à la France le rappel que l'histoire est vraiment tragique.
Emmanuel Todd : « Le protectionnisme oppose des populistes lucides à un establishment aveugle »
**********
Après l'élection de Trump, vous aviez forgé le concept de « Globalization fatigue »… De quoi s'agit-il ?
On nous a présenté l'électorat de Trump comme une bande de gros lourds incultes, des ouvriers qui n'ont plus de métier, et nous avons une vision déformée de la situation. La victoire de Trump a été possible grâce au vote des ouvriers, mais pas seulement. Le libreéchange produit une monté des inégalités dans les sociétés avancées, continue, féroce. Il avantage les détenteurs du capital et les personnes âgées. Pendant un moment, il a avantagé les diplômés. L'apothéose libre-échangiste a eu lieu quand les 20% diplômés du supérieur étaient effectivement avantagés. Mais depuis le début des années 2000, après que le revenu médian a lourdement chuté aux Etats-Unis pour les gens ordinaires, le revenu des diplômés américains stagne à son tour. Les jeunes diplômés ne sont plus protégés de la déchéance sociale. C'est pourquoi j'ai parlé de fatigue de la globalisation. Les Américains sont fatigués. Et dans certains cas, cela peut même se traduire par la mort.
Justement, que va faire l'Europe ?
Quand j'imagine un dirigeant français autour d'une table de négociation, je pense de plus en plus au film génial de Francis Veber « Le dîner de cons ». Ces mêmes technos qui ont si bien dompté l'Allemagne (82 millions d'habitants) nous proposent maintenant de mettre à genoux les Etats-Unis (325 millions). Mais ils ne savent même pas, lorsqu'ils parlent de guerre commerciale, que s'il y a une zone dans le monde où l'intensité de cette guerre est maximale, c'est précisément la zone euro! La contraction austéritaire de la demande couplée à l'impossibilité de jouer sur les taux de change y rend cette guerre plus intense encore qu'ailleurs ; la France est d'ailleurs en train de la perdre. Nous perdons peu à peu notre industrie, notre capacité à construire des TGV, et tant d'autres choses… alors entendre dire que ce sont les Etats-Unis qui nous précipitent dans une guerre commerciale, cela n'a aucun sens!
Est-ce que les élections italiennes participent aussi de cette réaction protectionniste ?
J'analyse surtout cela comme un atterrissage dans la réalité ! La tragicomédie des establishments occidentaux, c'est cet étonnement désormais incessant devant tout ce qui se passe. Comme si le monde ne cessait de nous surprendre et d'être inexplicable. C'est là le signe d'un profond aveuglement idéologique, la fausse-conscience du marxisme ! Si on accepte de regarder notre monde comme il est, avec ses taux de chômage, sa stagnation des salaires, le ralentissement des mobilités sociales et en fin de compte la fragmentation des sociétés, alors on ne peut que comprendre ces basculements électoraux un peu partout en Europe et dans le monde. Les systèmes de représentation sont en train d'exploser. L'emploi par un commentateur du mot « populiste » signifie le plus souvent: je n'ai rien compris mais je m'accroche à mon micro.
[...]
En tout cas, son élection [de Macron] ne signifie pas que la France n'est pas traversée par le même phénomène! Et ça ne fait que commencer. L'économie est atone, la société se fragmente et l'électorat est déstructuré, ce qui rend toute opposition difficile. C'est dans ce genre de situation qu'on voit l'Etat prendre son envol et devenir régime autoritaire ! Alors, quand le gouvernement veut légiférer sur l'information et retirer au parlement le droit d'amendement… on a de quoi s'inquiéter ! [J'ai la même inquiétude].
La critique que vous faites du libre-échange est essentiellement économique : n'y at- il pas aussi une révolte contre une excessive liberté de circulation des personnes ?
Si, absolument. Au départ la démocratie n'est pas universaliste, je l'ai expliqué dans mon dernier livre. La démocratie, au départ, c'est un peuple particulier qui s'organise sur un territoire pour débattre dans une langue que tout le monde comprend. Dans l'idée de démocratie, il y a l'idée d'appartenance territoriale et il y a toujours un élément de xénophobie fondatrice. Pourquoi refuser de voir l'histoire, Athènes, l'Amérique raciale, le nationalisme révolutionnaire français.
Il est donc tout à fait logique que le regain démocratique que l'on observe actuellement contienne une part de xénophobie. Je vais tenter un aphorisme, en espérant un peu d'humour à sa réception. « Si beaucoup de xénophobie détruit la démocratie, un peu de xénophobie peut y ramener ». La conscience de soi d'un peuple est un « mal nécessaire » [C'est un bien] pour établir un minimum de cohésion sociale et une capacité d'action collective.
[...]
J'affirme de plus que nier la légitimité de ce contrôle contient un élément antidémocratique implicite. Les gens qui sont favorables à l'ouverture absolue de toutes les frontières se pensent de gauche mais ils sont selon moi des antidémocrates radicaux. Aucun système de représentation démocratique n'est possible sans stabilité territoriale. J'ai d'ailleurs senti bizarrement monter ces dernières années une exaspération de cette posture dans certains milieux culturels et sociaux minoritaires, au moment même où les populations occidentales manifestaient le désir légitime de préserver un minimum d'entre-soi. Cette radicalisation n'est aucunement le signe d'un progrès, d'une plus grande ouverture à l'Autre ; j'y perçois en fait une dimension nihiliste [pile-poil, Manu].
Pour finir, vous aviez prédit la chute de l'URSS: est-ce qu'aujourd'hui, vous prophétisez la chute de l'Union européenne ?
Je n'ose plus guère faire de prophéties sur l'Europe : la survie de l'euro m'a rendu modeste. J'avais tout de suite prédit qu'il ne marcherait jamais et de ce point de vue, je ne me suis pas trompé! Mais le niveau de violence avec lequel les classes dirigeantes ont maintenu cette monnaie sacrificielle, en revanche, je ne l'avais pas anticipé. J'ai fini par comprendre que le continent européen n'était pas démocratique et libéral de tradition et que ses dirigeants, de tradition autoritaire, étaient tout à fait capables de maintenir une monnaie unique qui détruirait les sociétés.
[...]
Dans la colonne stabilité, il y a l'impossibilité pour nos « élites » d'admettre leur échec et leur nullité [entièrement d'accord : je suis navré du peu de vision et de profondeur, du conformisme, de nos dirigeants, Macron le tout premier]. il y a aussi et surtout le fait que le continent est très vieux. Or les personnes âgées, dont je suis, sont devenues otages de l'Euro car les dirigeants nous menacent d'une liquéfaction de nos pensions et de nos économies en cas de rupture du système monétaire.
Dans la colonne rupture de l'Union européenne il y a des tas d'éléments: l'Euro ne fonctionne pas, les frontières ne sont plus contrôlées, l'insécurité économique et culturelle monte, les peuples sont furieux…
Le Brexit est peut-être la clé. L'Union européenne semble se mettre dans une posture de conflit avec le Royaume-Uni en tentant un Brexit punitif. Mais nous n'avons pas d'exemple historique d'une puissance continentale qui ait réussi à vaincre le Royaume- Uni. Si Bruxelles continue de menacer l'intégrité territoriale du Royaume-Uni en jouant avec la frontière irlandaise, je suis prêt à parier que, quelle que soit leur russophobie et leur aversion actuelles pour le régime de Poutine, les Britanniques opéreront un renversement d'alliance [je n'y crois pas du tout, mais on peut quelquefois être surpris par l'intelligence stratégique des Anglais]. Et l'Union européenne s'effondrera avec un grand bruit mou …
**********
La France servile du président Macron. Le président sacrifie l'indépendance de la France sur l'autel de son Europe intégrée.
**********
La géopolitique de Macron, telle qu’elle se dessine depuis le début du quinquennat oppose d’un côté le bloc continental de l’Union européenne sous commandement allemand et de l’autre côté les EtatsUnis (version Trump), la Russie et le RoyaumeUni.
Jusqu’où va le bloc continental ainsi dessiné ? Nous serions tentés de dire « jusqu’à Stalingrad » mais nous ne sommes pas en 1943 ! Il reste que la silhouette sur la carte est la même. Il est clair qu’en maintenant les sanctions visàvis de la Russie et en jouant le jeu du renforcement de l’OTAN dans les pays baltes, Macron s’inscrit à plein parmi ceux qui considèrent que l’Ukraine a vocation à faire partie de l’Union européenne, sous une étroite surveillance allemande évidemment, et à tourner le dos à la Russie.
La carte de l’Europe n’est donc pas sans rappeler celle de l’Europe occupée de la dernière guerre mondiale.
Si l’on omet toute comparaison idéologique entre les deux époques, l’euro a un effet mécanique sur l’économie française analogue à celui de l’Occupation : le transfert progressif, pour des raisons de compétitivité, d’une part croissante du potentiel industriel français chez nos concurrents d’outreRhin.
La coopération militaire accrue souhaitée par le président Macron, au nom d’une Europe de la défense à laquelle nos partenaires ne croient pas mais dont ils tirent parti à nos dépens, conduit déjà au transfert progressif vers l’Allemagne des fleurons de ce qui constituait un des grands atouts de la France : une industrie militaire puissante. Déjà Nexter (l’ancien GIAT), qui a fabriqué le char Leclerc, est à 50% allemand. Un sort analogue semble promis à Naval Group issu de la DCN qui a fait le porteavions Charles de Gaulle, convoité par les Italiens. Bien que formé au départ de 70% d’apports techniques français, Airbus est perçu aujourd’hui dans le monde comme une entreprise allemande.
Rappelons que, forte de ses excédents, l’Allemagne envisage de remonter ses crédits militaires jusqu’au niveau requis par l’OTAN : 2% de PIB, ce qui la placera très en avant du niveau français, érodé année après année par les contraintes budgétaires liées à l’euro, et encore par Macron récemment. Le même Macron qui, dans son discours de Versailles, exhortait l’Allemagne à se réarmer !
Ce qu’il faut bien appeler une inféodation n’a rien à voir, quoi qu’on prétende, avec l’héritage du gaullisme. C’est à tort que certains voient dans cette orientation l’inspiration du général lequel aurait, lui aussi, fait le choix de l’Allemagne contre les AngloSaxons.
Qui peut imaginer qu’il aurait jamais signé le traité de l’Elysée si la France avait été en position de faiblesse comme elle l’est, de son propre fait, aujourd’hui ?
Cette diplomatie à la fois servile et idéologique ne se contente pas de nous aliéner Washington et Moscou ; elle nous fait perdre aussi un des bénéfices que nous aurions pu tirer de l’élection de Donald Trump. En prenant à partie Angela Merkel, ce dernier ne faisait que suivre la politique traditionnelle du monde anglosaxon : l’équilibre sur le continent. Devant une Allemagne devenue hégémonique, il est clair que le président américain était prêt à nous aider à rééquilibrer le rapport de forces. Ce n’est pas l’actuel président qui saisira cette perche. Encore une occasion de perdue.
**********
La conclusion de tout cela ? Face aux nuages qui s'amoncellent sur leurs têtes, les européistes et les mondialistes (ce sont les mêmes) peuvent se dire qu'une bonne petite guerre viendrait résoudre pas mal de leurs problèmes, dont le premier : conserver le pouvoir malgré les peuples. Ca n'aurait vraiment rien d'une nouveauté.
La russophobie, annonciatrice de la prochaine guerre européenne ?
**********
D’abord, les médias mainstream, propriété de l’oligarchie transnationale, ne font en la matière qu’appliquer la stratégie fixée par les Etats Unis depuis la chute de l’URSS : empêcher par tous les moyens la constitution d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », pour reprendre la célèbre formule du Général De Gaulle, c’est-à-dire une alliance stratégique entre l’Europe et la Russie, susceptible d’équilibrer et finalement de contrebalancer la surpuissance américaine.
La Super Classe Mondiale qui a pris le pouvoir en Occident après la chute de l’URSS s’efforce en effet de maintenir par tous les moyens le leadership américain, car elle a besoin de lui pour faire avancer son projet de gouvernement mondial. Et pour semer le chaos partout, afin d’affaiblir les Etats-Nations qu’elle veut supplanter.
En diabolisant la Russie, les médias et les gouvernements européens n’expriment donc, une fois encore, que la voix de leurs vrais maîtres : la Super Classe Mondiale.
La russophobie occidentale n’est donc pas seulement ridicule. Elle n’est pas seulement une forme de racisme d’Etat, qui fait du peuple russe un coupable ou un danger par essence.
Elle est surtout dangereuse car elle prépare les esprits européens à un affrontement avec la Russie : elle véhicule des bobards de guerre, un « bourrage de crâne » comme on disait pendant la Grande Guerre, qui toujours annoncent la vraie guerre !
En effet, la Super Classe Mondiale n’a nullement renoncé à la guerre pour parvenir à ses fins. Car le monde est en passe de lui échapper. La puissance des anglo-saxons – qui constituait le cœur nucléaire de l’oligarchie occidentale – ne cesse de décliner à l’échelle du monde, dans tous les domaines et pas seulement économiques. Et les oligarques le savent bien.
Les médias mainstream s’efforcent de nous cacher ce grand secret : le monde échappe aux mondialistes parce qu’il devient de plus en plus multipolaire. Parce que de grandes civilisations – notamment en Eurasie – se réinventent et veulent se libérer de la tutelle occidentale. Et qu’elles acquièrent de plus en plus les moyens de le faire.
On ne peut donc exclure que certains oligarques anglo-saxons ne soient tentés, une nouvelle fois, de miser sur un conflit mondial pour maintenir leur leadership, c’est-à-dire leur domination et leur projet liberticide de gouverner le monde à leur seul profit.
**********
Macron ne laisse pas de m'inquiéter. Il a un sérieux pète au casque (un type qui épouse sa mère ne peut pas être équilibré) et le pouvoir absolu (puisque sans opposition). Il pourrait bien être celui par qui arrive à la France le rappel que l'histoire est vraiment tragique.
mercredi, mai 13, 2015
mardi, mai 12, 2015
Les catholiques-zombies, cette horreur politique
Il y a un point où je suis en accord avec Emmanuel Todd, c’est lorsqu’il décrit François Hollande comme un «catholique zombie» (mes commentaires entre crochets) :
****************
L'homme se pense sans doute de gauche [n'en déplaise à Todd, François Hollande est sans conteste socialiste, tendance étatiste, européiste et clientéliste], et ne saurait facilement admettre que ses valeurs profondes demeurent celles de son enfance [Todd est-il totalement libéré des valeurs de son enfance ? Qu'y a-t-il de mal à garder les valeurs de son enfance ?]: hiérarchie, obéissance, matriarcat peut-être [j'ai déjà expliqué que François Hollande est une femme dans un corps d'homme ou un castrat]. Le dernier catholicisme fut en effet une religion de la mère, centrée sur le culte de la Vierge Marie, particulièrement dans l'ouest de la France.
Ce simple coup d'oeil à la carte d'identité religieuse du Président nous permet de comprendre bien des choses. Placé à la tête d'une nation en difficulté, le Président s'obstine à ne rien faire, à ne pas décider, à ne pas être grand, à rester, en conformité avec l'éducation qu'il a reçue, humble. Mais c'est bien cette modestie qui, dans sa version originelle, avait permis aux catholiques de l'armée française de ne pas trop gravement désobéir à la République durant l'affaire Dreyfus, ou à l'état-major de la Royale de saborder la flotte à Toulon le 27 novembre 1942. L'incapacité à décider ne vient pas, à l'Elysée, ainsi qu'on le suggère parfois, du radical-socialisme. Elle a une origine culturelle, collective, mais ce n'est en fait que l'une des virtualités de la subculture catholique, magnifiquement transmise à François Hollande, catholique zombie archétypal. Comme tant d'autres avant lui, il est né poussière, il redeviendra poussière [sauf que le catholique authentique, à l'inverse du catholique zombie, aura entretemps fécondé la terre de sa foi].
****************
Je rappelle que Staline était un ancien séminariste, comme quoi un chrétien (orthodoxe, je l'admets) zombie peut décider.
Les bretons aussi sont des catholiques zombies.
L’analyse des catholiques zombies a été faite il y a un siècle. Todd n'invente vraiment rien. C’est facile à comprendre en joignant Chesterton (1908 : Orthodoxie) et Le Bon (1905 : Psychologie du socialisme). Les vertus chrétiennes sont devenues folles, au sens où elles se sont détaché les unes des autres (la charité sans la foi).
Les socialistes catholiques zombies, à la Hollande ou à la bretonne, ont gardé l’idée de faire la charité et l’idée de l’universalisme, mais ils ont perdu d’autres idées : la charité est individuelle et non pas collective, le paradis n’est pas de ce monde, l’amour du prochain commence par l’amour concret autour de soi plutôt que l’amour lointain et abstrait de l’Autre, l’homme est pécheur la bonne conscience ne s’achète pas même par un vote socialiste, la vie est un combat pour la Foi et le Salut etc.
Il y a la sensibilité et le sentiment, mais il y a aussi la raison et la fidélité. Dis autrement : il y a Saint François d’Assise et Sainte Thérèse de Lisieux, mais il y a aussi Saint Thomas d’Aquin, Sainte Jeanne d’Arc et Saint Louis.
L’Eglise contemporaine est tellement faible en matière de doctrine qu’il arrive que des catholiques dont on n’a pas de raison de douter de la sincérité confondent l’Eglise avec une ONG et se comportent comme des catholiques zombies. Voir Koz, par exemple, qui (par hasard ?) est breton. Ceux-ci sont très irritants, car ils trahissent l’Eglise (de bonne foi ? Expression intéressante dans ce contexte). L’ennemi intérieur est toujours plus difficile à combattre.
Ces considérations ne concernent pas que les catholiques (1), désormais quelques pourcents de la population qui vit en France (je n’ose écrire «française»).
Nous vivons dans un pays de culture catholique. Son histoire, ses paysages, sa langue, ses traditions sont modelés par le catholicisme. En comprendre les dérives et les dévoiements est indispensable.
************************
(1) : bien entendu, par «catholique», j’entends «catholique pratiquant». La notion de «catholique non pratiquant» est absurde. Plus juste est l’expression «de culture catholique».
****************
L'homme se pense sans doute de gauche [n'en déplaise à Todd, François Hollande est sans conteste socialiste, tendance étatiste, européiste et clientéliste], et ne saurait facilement admettre que ses valeurs profondes demeurent celles de son enfance [Todd est-il totalement libéré des valeurs de son enfance ? Qu'y a-t-il de mal à garder les valeurs de son enfance ?]: hiérarchie, obéissance, matriarcat peut-être [j'ai déjà expliqué que François Hollande est une femme dans un corps d'homme ou un castrat]. Le dernier catholicisme fut en effet une religion de la mère, centrée sur le culte de la Vierge Marie, particulièrement dans l'ouest de la France.
Ce simple coup d'oeil à la carte d'identité religieuse du Président nous permet de comprendre bien des choses. Placé à la tête d'une nation en difficulté, le Président s'obstine à ne rien faire, à ne pas décider, à ne pas être grand, à rester, en conformité avec l'éducation qu'il a reçue, humble. Mais c'est bien cette modestie qui, dans sa version originelle, avait permis aux catholiques de l'armée française de ne pas trop gravement désobéir à la République durant l'affaire Dreyfus, ou à l'état-major de la Royale de saborder la flotte à Toulon le 27 novembre 1942. L'incapacité à décider ne vient pas, à l'Elysée, ainsi qu'on le suggère parfois, du radical-socialisme. Elle a une origine culturelle, collective, mais ce n'est en fait que l'une des virtualités de la subculture catholique, magnifiquement transmise à François Hollande, catholique zombie archétypal. Comme tant d'autres avant lui, il est né poussière, il redeviendra poussière [sauf que le catholique authentique, à l'inverse du catholique zombie, aura entretemps fécondé la terre de sa foi].
****************
Je rappelle que Staline était un ancien séminariste, comme quoi un chrétien (orthodoxe, je l'admets) zombie peut décider.
Les bretons aussi sont des catholiques zombies.
L’analyse des catholiques zombies a été faite il y a un siècle. Todd n'invente vraiment rien. C’est facile à comprendre en joignant Chesterton (1908 : Orthodoxie) et Le Bon (1905 : Psychologie du socialisme). Les vertus chrétiennes sont devenues folles, au sens où elles se sont détaché les unes des autres (la charité sans la foi).
Les socialistes catholiques zombies, à la Hollande ou à la bretonne, ont gardé l’idée de faire la charité et l’idée de l’universalisme, mais ils ont perdu d’autres idées : la charité est individuelle et non pas collective, le paradis n’est pas de ce monde, l’amour du prochain commence par l’amour concret autour de soi plutôt que l’amour lointain et abstrait de l’Autre, l’homme est pécheur la bonne conscience ne s’achète pas même par un vote socialiste, la vie est un combat pour la Foi et le Salut etc.
Il y a la sensibilité et le sentiment, mais il y a aussi la raison et la fidélité. Dis autrement : il y a Saint François d’Assise et Sainte Thérèse de Lisieux, mais il y a aussi Saint Thomas d’Aquin, Sainte Jeanne d’Arc et Saint Louis.
L’Eglise contemporaine est tellement faible en matière de doctrine qu’il arrive que des catholiques dont on n’a pas de raison de douter de la sincérité confondent l’Eglise avec une ONG et se comportent comme des catholiques zombies. Voir Koz, par exemple, qui (par hasard ?) est breton. Ceux-ci sont très irritants, car ils trahissent l’Eglise (de bonne foi ? Expression intéressante dans ce contexte). L’ennemi intérieur est toujours plus difficile à combattre.
Ces considérations ne concernent pas que les catholiques (1), désormais quelques pourcents de la population qui vit en France (je n’ose écrire «française»).
Nous vivons dans un pays de culture catholique. Son histoire, ses paysages, sa langue, ses traditions sont modelés par le catholicisme. En comprendre les dérives et les dévoiements est indispensable.
************************
(1) : bien entendu, par «catholique», j’entends «catholique pratiquant». La notion de «catholique non pratiquant» est absurde. Plus juste est l’expression «de culture catholique».
lundi, mai 11, 2015
Emmanuel Todd, le faux prophète
Emmanuel Todd, le faux prophète
La conclusion de l'article, qui perd soudain toute rigueur, est niaise. Pour le reste, ça tient la route.
***************
Sa pensée peut se résumer ainsi : Emmanuel Todd analyse deux règles d'héritage qui co-existaient en France et en Europe dans le passé : d'un côté le droit romain qui divise l'héritage en part égale entre les frères, de l'autre le droit germanique qui favorise seulement l'aîné. En bon sociologue, Todd en déduisait que les régions où l'héritage égalitaire était dominant donnaient lieu aux idéologies égalitaires et universalistes, dont notre République est l'héritière, alors que les régions dominées par le droit germanique donnaient naissance à des idéologies inégalitaires, différentialistes et réactionnaires.
Sa théorie fonctionne assez bien pour la France d'hier : les régions françaises identifiées comme «égalitaires» (le Sud, l'Auvergne et le Bassin parisien) ont dans le passé maintes fois voté en faveur de la République et plus tard en faveur de la gauche. Les régions «inégalitaires» (le Grand Ouest et l'Est) avaient plus tendance à voter contre la République, comme par exemple lors du référendum de 1852 qui a proclamé empereur Napoléon III.
Seulement, depuis une quarantaine d'année, sa théorie n'est plus valide. La droite est maintenant dominante dans le Bassin parisien et dans le Sud, tandis que l'Ouest est farouchement socialiste. Au lieu de déclarer forfait, Todd a publié en 2013 Le mystère français, qui explique que sa théorie n'a rien de farfelu, mais que la France est mystérieuse. Le grand égarement du sociologue commence ici : tous les maux de la France, la paralysie de son système politique, la méfiance des citoyens envers les institutions, proviennent, selon Todd, de cette divergence entre son modèle et réalité. La France devrait confirmer les prédictions du modèle toddien ; comme elle ne le fait pas, elle est malade (c'est le terme utilisé dans ses livres).
Nombre de lecteurs, à l'éducation et à l'esprit scientifiques, doivent se demander avec effroi comment il est possible d'exposer un modèle sociologique qui ne fonctionne manifestement pas. Que ces lecteurs soient avertis : Emmanuel Todd n'est certainement pas le seul dans ce cas.
Avant lui, il y avait Marx. Comme l'expliquait très bien Raymond Aron, dès les premiers chapitres, la théorie exposée dans Le Capital devient incohérente avec elle-même : par exemple, rien ne permet de déduire la paupérisation du prolétariat au sein de la théorie marxiste. Que fait Marx ? Il la postule tout simplement. De toute façon, peu importe ces détails, car tout conflit est l'expression d'une lutte des classes mondiale ! Postuler un schéma réducteur pour que la réalité ainsi tordue colle avec la théorie est la clé d'une certaine sociologie non quantitative. Un autre exemple : Michel Foucault, qui affirme que l'essence de toute institution est de normer l'individu. Un hôpital soigne en premier lieu les malades ? Peu importe, c'est la normalisation des patients qui compte !
***************
Todd est symptomatique de l'esprit de Polytechnique (en français dans le texte) dont parle Hayek : «J'ai fait tous les calculs dans mon cerveau surpuissant. Si la réalité dément mes calculs, c'est la réalité qui a tort». D'où la blague : la différence entre le train et le polytechnicien, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête. Dernier exemple en date : Anne Lauvergeon.
Bien sûr, cette maladie de l'esprit ne touche pas que les polytechniciens, ça serait trop beau. Je connais un magnifique exemple d'esprit de Polytechnique qui ne sort pas de cette prestigieuse école.
Remarquez bien que cette tournure d'esprit est apte à faire des bourreaux de classe mondiale. Ce n'est peut-être pas totalement un hasard si Pol Pot a été formé en France.
La conclusion de l'article, qui perd soudain toute rigueur, est niaise. Pour le reste, ça tient la route.
***************
Sa pensée peut se résumer ainsi : Emmanuel Todd analyse deux règles d'héritage qui co-existaient en France et en Europe dans le passé : d'un côté le droit romain qui divise l'héritage en part égale entre les frères, de l'autre le droit germanique qui favorise seulement l'aîné. En bon sociologue, Todd en déduisait que les régions où l'héritage égalitaire était dominant donnaient lieu aux idéologies égalitaires et universalistes, dont notre République est l'héritière, alors que les régions dominées par le droit germanique donnaient naissance à des idéologies inégalitaires, différentialistes et réactionnaires.
Sa théorie fonctionne assez bien pour la France d'hier : les régions françaises identifiées comme «égalitaires» (le Sud, l'Auvergne et le Bassin parisien) ont dans le passé maintes fois voté en faveur de la République et plus tard en faveur de la gauche. Les régions «inégalitaires» (le Grand Ouest et l'Est) avaient plus tendance à voter contre la République, comme par exemple lors du référendum de 1852 qui a proclamé empereur Napoléon III.
Seulement, depuis une quarantaine d'année, sa théorie n'est plus valide. La droite est maintenant dominante dans le Bassin parisien et dans le Sud, tandis que l'Ouest est farouchement socialiste. Au lieu de déclarer forfait, Todd a publié en 2013 Le mystère français, qui explique que sa théorie n'a rien de farfelu, mais que la France est mystérieuse. Le grand égarement du sociologue commence ici : tous les maux de la France, la paralysie de son système politique, la méfiance des citoyens envers les institutions, proviennent, selon Todd, de cette divergence entre son modèle et réalité. La France devrait confirmer les prédictions du modèle toddien ; comme elle ne le fait pas, elle est malade (c'est le terme utilisé dans ses livres).
Nombre de lecteurs, à l'éducation et à l'esprit scientifiques, doivent se demander avec effroi comment il est possible d'exposer un modèle sociologique qui ne fonctionne manifestement pas. Que ces lecteurs soient avertis : Emmanuel Todd n'est certainement pas le seul dans ce cas.
Avant lui, il y avait Marx. Comme l'expliquait très bien Raymond Aron, dès les premiers chapitres, la théorie exposée dans Le Capital devient incohérente avec elle-même : par exemple, rien ne permet de déduire la paupérisation du prolétariat au sein de la théorie marxiste. Que fait Marx ? Il la postule tout simplement. De toute façon, peu importe ces détails, car tout conflit est l'expression d'une lutte des classes mondiale ! Postuler un schéma réducteur pour que la réalité ainsi tordue colle avec la théorie est la clé d'une certaine sociologie non quantitative. Un autre exemple : Michel Foucault, qui affirme que l'essence de toute institution est de normer l'individu. Un hôpital soigne en premier lieu les malades ? Peu importe, c'est la normalisation des patients qui compte !
***************
Todd est symptomatique de l'esprit de Polytechnique (en français dans le texte) dont parle Hayek : «J'ai fait tous les calculs dans mon cerveau surpuissant. Si la réalité dément mes calculs, c'est la réalité qui a tort». D'où la blague : la différence entre le train et le polytechnicien, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête. Dernier exemple en date : Anne Lauvergeon.
Bien sûr, cette maladie de l'esprit ne touche pas que les polytechniciens, ça serait trop beau. Je connais un magnifique exemple d'esprit de Polytechnique qui ne sort pas de cette prestigieuse école.
Remarquez bien que cette tournure d'esprit est apte à faire des bourreaux de classe mondiale. Ce n'est peut-être pas totalement un hasard si Pol Pot a été formé en France.
Libellés :
psychopathie socialiste,
Todd
Inscription à :
Articles (Atom)


