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dimanche, mars 19, 2017
Dupont-Aignan quitte le plateau de TF1
Nicolas Dupont-Aignan quitte le plateau de TF1 par info24fr
Dupont-Aignan cherche à faire parler de lui, certes, mais il a raison, fondamentalement raison : cette notion d'équité de temps de parole, pour tuer l'égalité, est un crime contre la démocratie, ni plus ni moins. Chaque candidat a égale légitimité à se présenter devant les électeurs, chaque inégalité du temps de parole au nom d'une équité perverse est une atteinte à la démocratie.
Les imbéciles me diront : « C'est légal, validé par le conseil d'état ». Oui, mais les crimes du nazisme et du stalinisme étaient tous légaux, couverts par des lois votées à cet effet.
Quand la légalité trahit l'esprit de justice, c'est toute la légitimité du droit qui est remise en question. Et peu à peu, toute la confiance qui soude la société est atteinte : puisque le Système tord les lois dans un sens qui l'arrange, pourquoi respecteré-je le code de la route, après tout il est peut-être aussi injuste puisque voté par les mêmes ?
Bien sûr, mon raccourci est provocateur pour les besoins de la démonstration, mais je le crois, dans la vérité des choses, juste.
dimanche, février 22, 2015
L'affaire de l'arbitrage Tapie annulé
Cette histoire d'arbitrage Tapie annulé m'agace.
Dans ma philosophie personnelle du droit, je suis beaucoup plus anglo-saxon que français. Pour le dire autrement, plus romain que germain. En effet, contrairement à ce que beaucoup croient, le droit romain fut écrit très tard. Il s'est constitué par jurisprudence (voir Le droit et la liberté). Je préfère le droit construit par jurisprudence à la législation parachutée d'en haut comme je préfère l'économie de marché à l'économie planifiée.
Par voie de conséquence, tout ce qui remet en cause un arbitrage me dérange.
Est-ce du à la jalousie, à la vindicte et à l'idéologie des juges ? L'arbitrage Tapie est-il véritablement fautif ? Je n'en sais rien.
Dernière minute : j'ajoute cet article, sur un autre sujet, dont le titre suffit à montrer par quel genre de fous nous sommes dirigés :
« La loi a tout prévu, il faut l’appliquer».
Cela rappelle un sinistre et désormais célèbre « ce qui est juste, c'est ce que dit la loi ». Il y a peut-être une justice immanente : l'auteur de cette incomparable saillie a perdu les dernières sénatoriales.
Dans ma philosophie personnelle du droit, je suis beaucoup plus anglo-saxon que français. Pour le dire autrement, plus romain que germain. En effet, contrairement à ce que beaucoup croient, le droit romain fut écrit très tard. Il s'est constitué par jurisprudence (voir Le droit et la liberté). Je préfère le droit construit par jurisprudence à la législation parachutée d'en haut comme je préfère l'économie de marché à l'économie planifiée.
Par voie de conséquence, tout ce qui remet en cause un arbitrage me dérange.
Est-ce du à la jalousie, à la vindicte et à l'idéologie des juges ? L'arbitrage Tapie est-il véritablement fautif ? Je n'en sais rien.
Dernière minute : j'ajoute cet article, sur un autre sujet, dont le titre suffit à montrer par quel genre de fous nous sommes dirigés :
« La loi a tout prévu, il faut l’appliquer».
Cela rappelle un sinistre et désormais célèbre « ce qui est juste, c'est ce que dit la loi ». Il y a peut-être une justice immanente : l'auteur de cette incomparable saillie a perdu les dernières sénatoriales.
mercredi, mars 18, 2009
Le droit et la liberté (Bruno Leoni)
Ce livre est très important, et pourtant il est oublié car trop iconoclaste.
Leoni distingue droit et législation :
> le droit est constaté par des professionnels. C'est la common law des Anglo-saxons ou le droit civil romain. Un juge crée du droit seulement si il est saisi d'une affaire par les parties. Il s'aide de règles non écrites et de la jurisprudence, il est donc en relation avec les autres cas similaires et avec le passé. Ce droit est sûr bien que non-écrit car les règles utilisées sont d'évidence, connues de tous et intangibles (tu ne tueras point, etc ...)
> la législation est décrétée par un ou des législateurs. Cette législation, bien qu'écrite, est peu sûre, car ce qu'une loi a fait, une autre peut le défaire. De plus, elle ne repose pas sur l'expérience mais sur les lubies du législateur.
Leoni écrit qu'il y a la même différence entre droit et législation qu'entre économie de marché et économie centralisée et pour des raisons identiques.
De même qu'il n'y a pas de surhommes capables de planifier l'économie dans leurs surpuissants cerveaux, il n'y a pas de surhommes capables d'anticiper les conséquences de la législation dans leur surpuissants cerveaux.
Il cite un texte tout à fait étonnant de Caton (c'est pas jeune) expliquant que bien fous ceux qui auraient la prétention de sortir de leur cerveau de bonnes lois. Ils n'ont pas tout simplement pas la connaissance divine nécessaire à cela.
Or, en changeant juste quelques mots, on obtient la réfutation de l'économie centralisée par Hayek, basée sur le manque d'informations. Rien de nouveau sous le soleil !
Pour Leoni, cette alliance du droit et de l'économie libre est très profonde, c'est pourquoi il pense que l'envahissement législatif, le contraire du droit, porte en lui la fin de l'économie libre et donc de la prospérité.
Il fait une remarque intéressante : les Romains, qui vivaient moins longtemps que nous, avaient conscience, ils l'ont écrit, que leur manière de secréter du droit était durable et résistante aux circonstances, qu'elle était un cadeau aux générations futures.
Inversement, nous, qui pouvons espérer vivre deux fois plus longtemps qu'un Romain, semblons incapables de nous projeter dans l'avenir. Nous multiplions les éphèmères législations de circonstance.
Par une de ces pirouettes dont l'histoire est friande, les législations d'Europe continentale ont été inspirées par le droit romain écrit tardif, qui était contraire en esprit au droit civil non écrit qui a fait pendant des siècles la force du droit romain. Néanmoins, ce droit romain écrit s'est révélé extrêmement durable puisque certains pays l'utilisaient encore dans les années 50 (1), mais sans comprendre que ce qui en faisait la supériorité était d'être l'inscription sur le papier d'un droit a posteriori, résultant de cas concrets dont les juges avaient dégagé les principes, et non d'une législation a priori.
Evidemment, tout ce que je vous raconte là est hautement confidentiel : pas un seul des parlementaires français n'est au courant.
A lire ce livre, on réalise combien nous, même les libéraux, sommes habitués au constructivisme, à la société construite d'en haut par quelques «surhommes».
(1) : nous sommes bien heureux quand les lois actuelles tiennent dix ans, alors dix siècles ...
Leoni distingue droit et législation :
> le droit est constaté par des professionnels. C'est la common law des Anglo-saxons ou le droit civil romain. Un juge crée du droit seulement si il est saisi d'une affaire par les parties. Il s'aide de règles non écrites et de la jurisprudence, il est donc en relation avec les autres cas similaires et avec le passé. Ce droit est sûr bien que non-écrit car les règles utilisées sont d'évidence, connues de tous et intangibles (tu ne tueras point, etc ...)
> la législation est décrétée par un ou des législateurs. Cette législation, bien qu'écrite, est peu sûre, car ce qu'une loi a fait, une autre peut le défaire. De plus, elle ne repose pas sur l'expérience mais sur les lubies du législateur.
Leoni écrit qu'il y a la même différence entre droit et législation qu'entre économie de marché et économie centralisée et pour des raisons identiques.
De même qu'il n'y a pas de surhommes capables de planifier l'économie dans leurs surpuissants cerveaux, il n'y a pas de surhommes capables d'anticiper les conséquences de la législation dans leur surpuissants cerveaux.
Il cite un texte tout à fait étonnant de Caton (c'est pas jeune) expliquant que bien fous ceux qui auraient la prétention de sortir de leur cerveau de bonnes lois. Ils n'ont pas tout simplement pas la connaissance divine nécessaire à cela.
Or, en changeant juste quelques mots, on obtient la réfutation de l'économie centralisée par Hayek, basée sur le manque d'informations. Rien de nouveau sous le soleil !
Pour Leoni, cette alliance du droit et de l'économie libre est très profonde, c'est pourquoi il pense que l'envahissement législatif, le contraire du droit, porte en lui la fin de l'économie libre et donc de la prospérité.
Il fait une remarque intéressante : les Romains, qui vivaient moins longtemps que nous, avaient conscience, ils l'ont écrit, que leur manière de secréter du droit était durable et résistante aux circonstances, qu'elle était un cadeau aux générations futures.
Inversement, nous, qui pouvons espérer vivre deux fois plus longtemps qu'un Romain, semblons incapables de nous projeter dans l'avenir. Nous multiplions les éphèmères législations de circonstance.
Par une de ces pirouettes dont l'histoire est friande, les législations d'Europe continentale ont été inspirées par le droit romain écrit tardif, qui était contraire en esprit au droit civil non écrit qui a fait pendant des siècles la force du droit romain. Néanmoins, ce droit romain écrit s'est révélé extrêmement durable puisque certains pays l'utilisaient encore dans les années 50 (1), mais sans comprendre que ce qui en faisait la supériorité était d'être l'inscription sur le papier d'un droit a posteriori, résultant de cas concrets dont les juges avaient dégagé les principes, et non d'une législation a priori.
Evidemment, tout ce que je vous raconte là est hautement confidentiel : pas un seul des parlementaires français n'est au courant.
A lire ce livre, on réalise combien nous, même les libéraux, sommes habitués au constructivisme, à la société construite d'en haut par quelques «surhommes».
(1) : nous sommes bien heureux quand les lois actuelles tiennent dix ans, alors dix siècles ...
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