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mercredi, février 13, 2019

La violence « gratuite » des policiers : une inquiétante dérive milicienne (2)

L’accumulation de témoignages de violences policières produit un effet désastreux, on ne peut plus accuser des dérives individuelles.

Prenons un angle différent des violences physiques. Pour changer.

Sur toutes les videos que j’ai vues cette semaine (je dirais, une douzaine), les policiers (je ne crois pas avoir vu de gendarmes) tutoient les civils, passants ou manifestants (ça commence quelquefois par le vouvoiement et se termine par le tutoiement).

Anecdotique ? Pas du tout.

Quand une personne en situation de force, ce qui est évidemment le cas d’un policier (ou d’un président de la république), tutoie, c’est automatiquement une marque de mépris : ça insiste sur l'infériorité de l'interlocuteur. Quand, en plus, c’est pour donner des ordres, cela devient révoltant : on ne s'adresse plus à un citoyen mais à un sujet. C’est cela, justement, le passage de la police au service de la collectivité à la police au service d’intérêts particuliers, à commencer par le sien propre. Le passage de la police à la milice.

Comme quoi, de simples mots sont révélateurs.

Ces violences marqueront durablement la considération (ou son absence) pour la police, car elles n’arrivent pas à n’importe quel moment. Elles arrivent au moment où une partie des Français se réinvestit dans la politique. Et c’est précisément à ce moment que beaucoup de policiers se comportent comme des cow-boys agressifs et méprisants.

Et les syndicalistes policiers, dont ça serait le boulot de dénoncer ce qui doit l'être, motus ...

Allez donc après cela faire pleurer les Français sur les suicides de policiers, les orphelins de la police ou le « manque de moyens ». Va falloir sortir les rames.




dimanche, décembre 30, 2018

Que faire de la police ?

Par « police », j'entends les forces de l'ordre, police et gendarmerie réunies, la différence entre les deux étant artificielle au niveau qui nous occupe.

L'attitude vis-à-vis de la police est une traduction pratique du conflit entre légitimité et légalité.

Tant qu'intérêts du gouvernement, de l'Etat et du pays sont alignés, la légalité et la légitimité se confondent et il n'y a pas de questions sur la police.

Mais, quand intérêts du gouvernement et de l'Etat, d'un coté, et intérêts du pays de l'autre sont disjoints, voire opposés, comme c'est le cas aujourd'hui ?

Hé bien, la police reste loyale au gouvernement et devient l'ennemie du pays.

Sans compter que la proportion de plus en plus importante de policiers d'origine africaine et nord-africaine qui n'ont pas renié leurs racines rend la confiance dans la police encore plus difficile (1). Et la présence massive de francs-maçons ne va pas dans le bon sens non plus.

C'est comique que ceux style BHL qui nous tympanisent depuis des décennies avec la rafle du Vel d'Hiv « crime de la France (et donc de la police française) » (sous-entendu, c'est un scandale que la police n'ait pas désobéi aux ordres du gouvernement), nous commandent aujourd'hui une loyauté absolue perinde ac cadaver vis-à-vis du gouvernement et de sa police (2). Tout ça parce que les gilets jaunes leur foutent une grande trouille sociale. Ah, les bourgeois !

Alors, où en sommes nous ? C'est simple : puisque la police est au service d'un gouvernement qui est ennemi de la France, la police est ennemie de la France.

C'est peut-être gênant à entendre pour certains, mais c'est ainsi, c'est la logique des choses. Il est difficile au policier de base qui désapprouve (et je ne suis pas sûr qu'ils soient très nombreux) de faire autre chose que de l'inertie.

Alors, faut-il s'attaquer à la police ?

Aujourd'hui, les violences anti-policières font l'affaire du gouvernement, car elles provoquent un désir de retour à l'ordre dont il est le vecteur naturel. Elles re-légitiment un gouvernement dans il faut saper la légitimité. Comme d'habitude, les casseurs gauchistes (car c'est d'eux qu'il s'agit) sont les alliés objectifs de l'ordre établi. Normal : ce sont des petits-bourgeois pour qui font joujou à la révolution.

Donc : non, il ne faut pas s'attaquer à la police. Car elle n'est qu'un instrument et que les Français conservent encore bien des naïvetés (3) à son égard, qu'il serait contreproductif de heurter. Il faut choisir ses combats.

La police fera ce qu'elle a toujours fait : elle retournera sa veste quand le gouvernement changera. L'essentiel, c'est de mettre à genoux le gouvernement et, pour cela, la revendication anti-fiscale me semble l'outil le plus efficace.

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(1) : Zemmour dit « la France n'est ni une race ni une religion ». C'est faux, très faux : la France n'est ni une race ni une religion à condition qu'une race et qu'une religion soient si dominantes qu'elles s'imposent sans discussion, naturellement. Or, cette condition décisive a été perdue. C'est le sens de la fameuse phrase Colombey-les deux-mosquées de De Gaulle.

Alors, il peut y avoir des policiers musulmans loyaux à la France, je n'en doute pas un instant. Mais, là comme ailleurs, c'est la masse, le passage de l'individu à la statistique qui pose problème. Qu'un policier d'origine marocaine puisse être aussi loyal à la France qu'un policier auvergnat, pas le moindre doute. Que dix mille policiers d'origine maghrébine soient aussi loyaux à la France que dix mille policiers auvergnats, je n'ai pas le moindre doute non plus, mais dans l'autre sens : c'est non.

C'est humain. L'homme nouveau, sans attaches, sans histoire, sans passé, n'existe pas. On nous serine que, ça y est, cet homme nouveau est advenu. Permettez moi de ne pas y croire. Celui qui en est le plus proche, c'est le Français français. Ce n'est pas vraiment la tendance souhaitable !

(2) : si l'on admet qu'il y a des circonstances où il est légitime de désobéir à la police ou que la police désobéisse au gouvernement, il faut être logique, il faut accepter de discuter avec ceux qui estiment que nous sommes dans ces circonstances. Mais, bon, la seule logique de BHL et compagnie, ce sont leurs intérêts.

(3) : même si les gilets jaunes qui remarquent que la police emploie contre eux une violence qu'elle n'emploie pas contre la racaille allogène sont sur la bonne voie.

samedi, décembre 08, 2018

La police à l'école



Voici le commentaire que j'ai laissé au Figaro :



L'attitude idiote et très actuelle consistant à se plaindre de malheurs dont on a tout fait pour qu'ils arrivent à le don de m'irriter.

dimanche, décembre 02, 2018

Que fait la police ?

Comme je le dis depuis longtemps (instruit en cela par des gens qui ont vu de près ce qu'était une guerre civile et aussi par l'histoire), le point-clé, c'est la police.

Tant que la police exécute consciencieusement les ordres, aucun risque pour le pouvoir. Quand elle commence à douter, ça sent le roussi. Quand elle n'obéit plus ou se divise en deux camps, c'est fini.

A Pau, les policiers retirent leurs casques face aux gilets jaunes.





Et tout ce beau monde entonne la Marseillaise. Ça change des manifs à Moulouds et à crasseux.

Ça commence à sentir très mauvais pour le pouvoir : si les flics, sans même changer de bord, décident simplement de s’abstenir, Macron ne tient pas une heure. Les policiers de Pau vont en prendre plein la gueule.

Bon, dans autres villes, les CRS se sont « bien « comportés : ils ont gazé un max.

Encore pire : des flics en civils déguisés en casseurs chassés d'une manifestation gilets jaunes :





Nous ne sommes donc plus au stade « aucun risque », pas encore au stade « c'est fini », nous sommes quelque part dans « ça sent le roussi » (ce que confirment des indices plus généraux, comme les suicides ou l'absentéisme ou les intentions de vote).

Qu'est-ce que je dis, déjà ? Ha oui, nous vivons des temps intéressants.

Addendum :

« Gilets jaunes » : « Ma compagnie a tiré plus de 1000 grenades lacrymogènes », témoigne un CRS

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Il y avait bien sûr du « Black Block» , mais beaucoup d'autres individus n'avaient pas des profils d'extrême gauche ou d'extrême droite. C'était des manifestants, pour la plupart de province, qui se sont radicalisés. Ils étaient équipés de masque à gaz et de lunettes. J'en ai même vu avec des protections de football américain. Ils nous canardaient avec des bombes agricoles, des mortiers, de l'acide, de la peinture pour nous aveugler... Ils étaient particulièrement violents et déterminés. On est intervenus sur deux bâtiments qu'ils avaient mis en feu, sans se préoccuper de savoir s'il y avait des gens dedans.
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Guillaume Jeanson : « Cessons de mépriser les Gilets jaunes, et condamnons les casseurs à nettoyer »

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Par ailleurs, il a pu être noté que les Gilets jaunes ne se comportent généralement pas comme ces jeunes qui s'en prennent sauvagement aux policiers dans les quartiers difficiles: on a en effet vu ici ou là des Gilets jaunes soutenir les policiers à qui pourtant ils faisaient face, aider des pompiers à éteindre des incendies. Lorsque des casseurs s'en prenaient violemment à un CRS, d'autres manifestants l'ont exfiltré pour qu'il ne soit pas lynché… Peut-on aller jusqu'à parler de proximité entre les manifestants et les policiers? En tout cas leurs rapports semblent sensiblement différents de ce qui est fréquemment observé ailleurs.

Et puis, comment ne pas questionner enfin la juste proportion de certains ordres parfois donnés? Il y a quelques années, on se souvient du tollé provoqué par un usage massif de gaz lacrymogène sur certains «manifestants en poussette» de la Manif pour tous. L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe avait alors, pour mémoire, épinglé un «recours excessif à la force». Est-ce le cas ici? À en juger par l'étendue des dégâts, le nombre de blessés et le caractère très hétérogène des gilets jaunes, on ne saurait certes l'exclure, mais il ne faudrait pas non plus se montrer péremptoire. Il est tout de même permis de s'étonner du fait qu'on s'en soit pris samedi à des manifestants aux allures pacifiques alors qu'à certains endroits on laissait, semble-t-il, les casseurs presque sans surveillance.
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