Suite à ce billet Le gaulliste, race disparue je m'interroge sur l'étrange persistance du pétainisme.
Une définition rigoureuse du pétainisme ne peut être qu'historique : c'est l'analyse historique qui consiste à dire que Pétain avait raison et De Gaulle tort. En 2013 déjà, je m'étonnais de sa vitalité.
Car ce débat a été tranché par l'histoire sans aucun doute possible (du moins, je le crois) : Pétain et De Gaulle avaient en juin 1940 deux visions politiques opposées, qu'ils ont énoncées, qui étaient parfaitement claires et la suite des événements a rendu un verdict sans ambiguïté : De Gaulle avait raison.
Avec lui, la France fut à la table des vainqueurs. Avec Pétain, elle aurait été un pays vaincu sous occupation américaine gérée par l'AMGOT (je sais bien que l'occupation américaine fait bander un certain nombre de bourgeois et mouiller un certain nombre de bourgeoises mais il ne faut pas quand même pas exagérer, on ne peut soutenir qu'il est souhaitable pour un pays d'être occupé, sauf à être des lavettes sans fierté. Ce que sont, certes, beaucoup de bourgeois).
Mais on peut définir le pétainisme de manière plus extensive et moins rigoureuse.
C'est l'idée que la France ne peut être souveraine, libre et indépendante, et que, d'ailleurs, elle ne le mérite pas. La sagesse veut qu'elle se cherche un tuteur, à Berlin et à Washington dans les années 40, à Washington ou à Moscou pendant la guerre froide, à Bruxelles, Francfort, Washington et Berlin de nos jours. Toute autre attitude relève de la folie mégalomaniaque.
Ce qu'Alexandre Sanguinetti avait synthétisé à l'Assemblée Nationale par « L'atlantisme, c'est le vichysme du temps de paix ».
Ce pétainisme est extrêmement populaire dans la classe dirigeante, pour ne pas dire qu'il y ait hégémonique.
Mesure-t-on combien il est étrange ?
Que la Suisse, le Brésil, Singapour, le Sénégal (pour prendre des exemples sur chaque continent) veuillent être souverains, libres et indépendants ne choque personne, ça paraît même assez naturel.
Mais que la France, membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU, puissance nucléaire, deuxième zone économique maritime du monde, veuille la même chose et ce serait le comble du manque de vision, du passéisme, de l'inconscience, de l'irresponsabilité et de la fantaisie ?
Vous comprenez pourquoi je trouve le pétainisme étrange.
Il y a plus étrange encore. J'entends cette idée chez des gens qui ne sont pas particulièrement politiquement corrects, qui savent penser en dehors du troupeau. Mais la notion que la France pourrait tracer son chemin sans en référer à personne semble les effrayer.
Et on ne peut même pas attribuer cette déficience de la psychè nationale au traumatisme de 1940 (même si il l'a renforcée) puisqu'elle existait déjà avant (voir les courants politiques des années 30).
S'il faut absolument trouver une date, le traité de Paris de 1763, qui acte la domination anglo-saxonne et le recul de la France, me paraît fondamental. La France ne s'est jamais remise d'avoir perdu sa place de première puissance européenne qu'elle détenait depuis des siècles.
Mais la Chine, dans une situation bien pire, a fini par retrouver sa puissance, son assurance et son orgueil. Pourquoi la France n'en est-elle pas capable ?
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lundi, décembre 25, 2017
mardi, octobre 03, 2017
Pendant ce temps, en Syrie (2) ...
Il semblerait qu'il y ait eu cette semaine des affrontements avec morts entre les forces spéciales américaines et russes en Syrie. C'est une rumeur internet, d'où mon conditionnel, mais pas du tout invraisemblable.
En France, on ne comprend plus les enjeux, faute de vouloir une politique de puissance.
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lundi, octobre 02, 2017
Pendant ce temps, en Syrie ...
Trouvé sur Antipresse :
Un dragon tombé dans une guerre qui n’existe pas?
En toute hypothèse, il faut des renforts aux Américains sur ce front de l’Est. C’est pourquoi ils font venir d’Hassaké (province kurde de l’extrême Nord-Est syrien) plusieurs convois d’armement nocturnes, provenant de leurs bases irakiennes et composés chacun de 150 à 200 semi-remorques, pouvant donc transporter, chaque fois, des chargements de 5 à 6000 tonnes.
Mais il faut également aux Américains plus de renseignement militaire de terrain, compte tenu de l’intrication très mouvante des belligérants. On sait qu’ils donnent l’ordre à leurs supplétifs français de l’opération Chammal d’y contribuer. Une 4x4, aussi banalisée que possible, fonce alors droit vers le sud, sur l’autoroute Hassaké - Deïr ez-Zor. Elle tombe dans une embuscade presque banale d’une équipe de l’EI, armée de missiles antichars. Un seul suffira. Le véhicule n’avait sans doute pas son amân.
Un oubli? Une négligence coupable des donneurs d’ordres? Toujours est-il qu’à son bord se trouvait une équipe kurde tout juste formée par des instructeurs français, dont l’un d’eux eût le malheur de devoir les accompagner, espérant sans doute lui-même grader. C’est très vraisemblablement ainsi que périssait l’adjudant G. (nom connu de l’auteur), soldat d’élite du 13e Dragons, laissant une veuve et une orpheline, qui soufflera bientôt sa première bougie sans lui.
Le premier communiqué militaire de la «coalition» annonçant l’information (n° 20170923–02) a été émis par l’état-major américain, prenant de court les Français. Il est rédigé en des termes pour le moins laconiques:
« ASIE DU SUD-OUEST - Un militaire français au service de la Coalition a été tué lors d’un incident lié à une situation de combat, au Moyen-Orient, le 23 septembre. Le nom du militaire et les circonstances entourant son décès seront divulgués à la discrétion des autorités nationales compétentes.»
On remarquera que le mot «France» n’y apparaît même pas! Daté en premier lieu du 23 septembre, ce communiqué américain a ensuite été postdaté au lendemain 24, afin de ne pas donner l’impression que le gouvernement français se contentait de relayer les communiqués de sa hiérarchie du Pentagone.
Cela étant dit, ce soldat français n’avait aucun droit, pas plus que ses collègues américains et autres, de fouler le sol syrien, raison pour laquelle la France utilisera dans son propre communiqué officiel l’euphémisme de «Levant» pour ne pas attirer l’attention sur sa présence illicite en Syrie, le lieu de sa mort. Imaginons un instant que la famille endeuillée se décide à intenter un procès en responsabilité au gouvernement français. Compte tenu de cette infraction caractérisée au droit international mais également national, c’est Emmanuel Macron lui-même qui en porte l’entière responsabilité. Ça ferait désordre.
Deux jours plus tard, c’est au tour du général Assapov de périr dans des conditions assez similaires, à Mazloum, même si ce sont vraisemblablement des mortiers de 120 mm d’origine turque qui ont été cette fois utilisés. Pour qui aurait des doutes, la porosité du «Conseil militaire de Deir ez-Zor» et des jihadistes est totalement avérée: le propre frère du routier Ahmed abu Khawla al Diri travaillait pour le compte de l’EI encore très récemment.
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jeudi, septembre 28, 2017
Doit-on fusiller Patrick Kron – et Emmanuel Macron ? (Sûrement, mais il ne faut pas oublier les Américains)
Votre noterez la petite phrase sur Emmanuel Macron prenant clairement le parti de General Electric.
Jean-Michel Quatrepoint : « La vente d'Alstom était un scandale écrit d'avance »
C’est une haute trahison des temps modernes. Cela mérite, comme toute haute trahison, le peloton d’exécution.
Mais, dans notre monde, la trahison ne rapporte pas douze balles, mais douze millions et même plus. Pauvre monde.
Et la trahison est généralisée, cancéreuse. Et on revoit les mêmes noms d’enculés …
Alstom a eu aussi le malheur d'avoir une succession de dirigeants fort médiocres, tout sur-diplomés qu'ils étaient.
Mais il faut aussi en tirer les leçons : Si Alstom a été descendu par les Américains pour avoir commercé des technologies de pointe avec la Chine (car il semble que ce soit le nœud de l’affaire), peut-être faut-il arrêter de le commerce technologique avec la Chine si on n’est pas assez fort pour résister aux Américains. Entre commercer avec la Chine et garder Alstom, le choix est évident : il eut été préférable de perdre quelques marchés chinois et de garder Alstom. Ou alors chercher des appuis chinois ou russes (les Européens, ça ne peut pas marcher, ils sont vendus aux Américains).
On connaît les noms des prochaines cibles : Airbus, Areva, Sanofi, Société Générale. Ce n’est pas pour rien que le directeur technologie d’Airbus est un Américain venu de la DARPA.
La bonne question à se poser est celle de la politique de puissance, comme l'expliquent bien Roux et Combaluzier : « Comment accroître la puissance de la France, concrètement, de façon tangible ? ». Quand on se pose la question ainsi, beaucoup d'idées fumeuses tombent.
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