Ils me font rire (jaune) tous ces «catholiques non-pratiquants» qui sont dérangés par l'invasion des mosquées.
Le fantasme laïciste d'exclusion de l'espace public des religions ne peut être qu'un échec face à l'islam. On le voit tous les jours. La laïcité en 2014 signifie combattre le catholicisme et favoriser l'islam.
On ne peut opposer à l'islam qu'une foi concurrente et celle-ci est bien évidemment le catholicisme. Peu importent les lâchetés et les palinodies du clergé : le catholicisme est en opposition irréductible avec l'islam, dans son histoire, dans sa culture, dans sa doctrine.
Les envahisseurs ne progressent que par notre faiblesse. A leur force, il faut opposer notre force. A leur foi, il faut opposer notre foi.
Tout le reste, ce sont des discours creux et des verbiages sans intérêt pour contourner cette vérité. La vérité est toujours un scandale.
Nota : le Dalaï-Lama aurait dit à des occidentaux attirés par le bouddhisme «Commencez par être de bons chrétiens». C'est du bon sens : la dilection excessive pour l'Autre qui touche certains occidentaux est pathologique. Au contraire, une fidélité raisonnable à sa propre culture est saine. Néanmoins, je doute de l'authenticité de cette citation, un lecteur aurait-il des informations ?
Addendum (grâce à un commentateur) :
Quant à la citation du Dalaï Lama, elle est authentique, la voici dans son intégralité :
"Je suis contre la mode bouddhiste. Je crois que les Français, qui sont
de culture et d'atavisme chrétiens, devraient rester chrétiens. Il vaut
mieux vous en tenir à vos valeurs traditionnelles... Ce n'est que si,
après avoir mûrement réfléchi, vous estimez que le bouddhisme peut vous
apporter un plus par rapport au christianisme que vous pouvez devenir
bouddhistes".
(Source : Dimanche.ch, 31 décembre 2000 ; l'hebdomadaire suisse n'existant plus, on se reportera à la dépêche AFP du même jour intitulée "Le Dalaï Lama contre la "mode bouddhiste" en Europe.").
jeudi, mai 15, 2014
Malika Sorel: «Non, M. le Président, la polémique sur la Marseillaise n'est pas ridicule »
Malika Sorel: «Non, M. le Président, la polémique sur la Marseillaise n'est pas ridicule »
Nous sommes conscients que notre classe jacassante nous méprise comme rarement dans l'histoire, que, de plus, elle est nulle, incompétente et franchement dangereuse, mais comment nous en débarrasser ?
Nous sommes conscients que notre classe jacassante nous méprise comme rarement dans l'histoire, que, de plus, elle est nulle, incompétente et franchement dangereuse, mais comment nous en débarrasser ?
Libellés :
classe jacassante,
La lie,
mépris de classe
mercredi, mai 14, 2014
Chesterton face à l'islam (P. Maxence)
Petit livre synthétique.
En 1911, Chesterton écrit un roman prophétique, L'auberge volante. Il décrit la prise de pouvoir de l'islam en Grande-Bretagne avec l'aide de la noblesse technocratique. Les Anglais se révoltent quand on veut fermer leurs pubs.
Même si le roman est touffu, sa prescience frappe. Pourquoi ?
Parce que Chesterton va à l'essentiel : la théologie.
Pour Chesterton, comme pour Saint Jean Damascène, comme pour Saint Thomas d'Aquin, l'islam est une hérésie chrétienne. C'est une hérésie unitariste, ce qu'Alain Besançon appelle une idolâtrie du monothéisme. L'islam, c'est l'église militante sans le contrepoids d'un dieu d'amour. Chesterton n'a pas dit «l'islam, c'est le communisme plus dieu», mais ça y ressemble.
Il paraît (je n'ai jamais vérifié à la source) qu'Adolf Hitler a dit qu'il regrettait que les Allemands fussent chrétiens plutôt que musulmans. Chesterton aurait compris.
Le chrétien est libéré par le fait que Dieu est amour, et Dieu est amour parce qu'il est à la fois un et trois, il peut dialoguer avec lui-même. Le Dieu des musulmans, lui, est seul, écrasant, surplombant.
L'hérésie consiste toujours à prendre une partie de la doctrine pour le tout. Les hérésies ont tendance à copiner.
Le protestantisme est une autre forme d'hérésie. Certains, qui ont peut-être lu Chesterton, interprètent en termes religieux les penchants des Etats-Unis pour l'Arabie saoudite : l'islam et le puritanisme protestant ont beaucoup d'affinités.
Chesterton est un anti-prohibitionniste farouche.
Et là encore, il raisonne en termes théologiques.
Le chrétien, racheté par le Dieu-Sauveur, qui est amour, qui lui fait confiance, est fondamentalement joyeux. Comme dit le psaume, le vin réjouit le coeur de l'homme. Le chrétien a le vin joyeux. Il lui est donc permis.
Le musulman, lui, est écrasé par son dieu vengeur, qui se méfie de lui, qui parsème sa vie d'interdits. Il a le vin triste. Il est donc compréhensible qu'il lui soit interdit.
Chesterton trouve une convergence entre les hygiénistes (c'est le mot qu'il emploie) et les musulmans : même défiance envers l'homme et sa liberté. Quand je vous dis que c'est un visionnaire. Aujourd'hui, les hygiénistes et les islamophiles sont souvent les mêmes.
Il y aura toujours des chrétiens prêts à se soumettre à l'islam avec, en façade, les meilleures raisons du monde : oecuménisme, tolérance, points communs anecdotiques (oubliant les divergences fondamentales et irréconciliables -voir ce lâche mondain de Luc Ferry dans la video du billet précédent). Mais Chesterton a une pierre de touche : un vrai chrétien doit assumer les croisades, il ne doit pas les renier ou culpabiliser.
L'islam est fondamentalement ennemi de la chrétienté et de sa culture. Le remède ? La Foi, et un peu d'intelligence.
Chesterton est toujours surprenant, mais, quand on y réfléchit, ça tient la route, plutôt deux fois qu'une. Je comprends que Simon Leys, que j'admire, ait une grande admiration pour Chesterton.
En 1911, Chesterton écrit un roman prophétique, L'auberge volante. Il décrit la prise de pouvoir de l'islam en Grande-Bretagne avec l'aide de la noblesse technocratique. Les Anglais se révoltent quand on veut fermer leurs pubs.
Même si le roman est touffu, sa prescience frappe. Pourquoi ?
Parce que Chesterton va à l'essentiel : la théologie.
Pour Chesterton, comme pour Saint Jean Damascène, comme pour Saint Thomas d'Aquin, l'islam est une hérésie chrétienne. C'est une hérésie unitariste, ce qu'Alain Besançon appelle une idolâtrie du monothéisme. L'islam, c'est l'église militante sans le contrepoids d'un dieu d'amour. Chesterton n'a pas dit «l'islam, c'est le communisme plus dieu», mais ça y ressemble.
Il paraît (je n'ai jamais vérifié à la source) qu'Adolf Hitler a dit qu'il regrettait que les Allemands fussent chrétiens plutôt que musulmans. Chesterton aurait compris.
Le chrétien est libéré par le fait que Dieu est amour, et Dieu est amour parce qu'il est à la fois un et trois, il peut dialoguer avec lui-même. Le Dieu des musulmans, lui, est seul, écrasant, surplombant.
L'hérésie consiste toujours à prendre une partie de la doctrine pour le tout. Les hérésies ont tendance à copiner.
Le protestantisme est une autre forme d'hérésie. Certains, qui ont peut-être lu Chesterton, interprètent en termes religieux les penchants des Etats-Unis pour l'Arabie saoudite : l'islam et le puritanisme protestant ont beaucoup d'affinités.
Chesterton est un anti-prohibitionniste farouche.
Et là encore, il raisonne en termes théologiques.
Le chrétien, racheté par le Dieu-Sauveur, qui est amour, qui lui fait confiance, est fondamentalement joyeux. Comme dit le psaume, le vin réjouit le coeur de l'homme. Le chrétien a le vin joyeux. Il lui est donc permis.
Le musulman, lui, est écrasé par son dieu vengeur, qui se méfie de lui, qui parsème sa vie d'interdits. Il a le vin triste. Il est donc compréhensible qu'il lui soit interdit.
Chesterton trouve une convergence entre les hygiénistes (c'est le mot qu'il emploie) et les musulmans : même défiance envers l'homme et sa liberté. Quand je vous dis que c'est un visionnaire. Aujourd'hui, les hygiénistes et les islamophiles sont souvent les mêmes.
Il y aura toujours des chrétiens prêts à se soumettre à l'islam avec, en façade, les meilleures raisons du monde : oecuménisme, tolérance, points communs anecdotiques (oubliant les divergences fondamentales et irréconciliables -voir ce lâche mondain de Luc Ferry dans la video du billet précédent). Mais Chesterton a une pierre de touche : un vrai chrétien doit assumer les croisades, il ne doit pas les renier ou culpabiliser.
L'islam est fondamentalement ennemi de la chrétienté et de sa culture. Le remède ? La Foi, et un peu d'intelligence.
Chesterton est toujours surprenant, mais, quand on y réfléchit, ça tient la route, plutôt deux fois qu'une. Je comprends que Simon Leys, que j'admire, ait une grande admiration pour Chesterton.
lundi, mai 12, 2014
Brague : la sécularisation et la haine du catholicisme
Une remarque de Rémi Brague dans Modérément Moderne.
Le mot «sécularisation» désigne au XIXème siècle la nationalisation des biens du clergé, à l'exemple français, par différents pays européens.
Or, comme l'a démontré Burke dés les débuts de notre glorieuse révolution, cette nationalisation n'a aucune base ni morale ni juridique, c'est du vol, de la spoliation pure et simple.
Brague suggère qu'un des ressorts de l'anti-catholicisme des gauchistes pourrait être le sentiment de culpabilité inconscient : de même qu'on peut haïr quelqu'un pour le bien qu'il vous a fait, on peut haïr quelqu'un pour le mal qu'on lui a fait.
Allez, juste pour le plaisir (et aussi parce que je ne peux pas blairer les mondains à la Ferry (1), j'ai une connaissance dans le même genre, un ça me suffit) :
*************
(1) : voici un commentaire écrit il y a trois ans mais dont je ne renie pas un mot :
La fausse droite, les faux durs, les Giscard, Chirac, Sarkozy, Ferry, sont pires que la gauche. Car ce sont eux, en laissant croire qu'il n'y a pas d'alternative à la bien-pensance, qui désespèrent les Français, leur donnant l'impression d'être enfermés dans une impasse entre blanc bonnet et bonnet blanc. Ce sont, selon l'expression de P. Muray, les passeurs des idées de gauche, comme il y a des passeurs de drogue.
Les gauchistes au moins sont francs, on sait ce qu'ils aiment et ce qu'ils détestent. Mais des types comme Ferry ou Koz qui défendent l'immigrationisme avec l'air de ne pas y toucher n'ont même pas le mérite de la franchise. Ce sont des veules comme on en trouve lors de toutes les invasions. Ils feront de très bons collabos tout en nous expliquant que c'est la politique du moindre mal et que, certes ils collaborent mais qu'ils gardent leur petite conscience bien propre pour eux.
Le mot «sécularisation» désigne au XIXème siècle la nationalisation des biens du clergé, à l'exemple français, par différents pays européens.
Or, comme l'a démontré Burke dés les débuts de notre glorieuse révolution, cette nationalisation n'a aucune base ni morale ni juridique, c'est du vol, de la spoliation pure et simple.
Brague suggère qu'un des ressorts de l'anti-catholicisme des gauchistes pourrait être le sentiment de culpabilité inconscient : de même qu'on peut haïr quelqu'un pour le bien qu'il vous a fait, on peut haïr quelqu'un pour le mal qu'on lui a fait.
Allez, juste pour le plaisir (et aussi parce que je ne peux pas blairer les mondains à la Ferry (1), j'ai une connaissance dans le même genre, un ça me suffit) :
*************
(1) : voici un commentaire écrit il y a trois ans mais dont je ne renie pas un mot :
La fausse droite, les faux durs, les Giscard, Chirac, Sarkozy, Ferry, sont pires que la gauche. Car ce sont eux, en laissant croire qu'il n'y a pas d'alternative à la bien-pensance, qui désespèrent les Français, leur donnant l'impression d'être enfermés dans une impasse entre blanc bonnet et bonnet blanc. Ce sont, selon l'expression de P. Muray, les passeurs des idées de gauche, comme il y a des passeurs de drogue.
Les gauchistes au moins sont francs, on sait ce qu'ils aiment et ce qu'ils détestent. Mais des types comme Ferry ou Koz qui défendent l'immigrationisme avec l'air de ne pas y toucher n'ont même pas le mérite de la franchise. Ce sont des veules comme on en trouve lors de toutes les invasions. Ils feront de très bons collabos tout en nous expliquant que c'est la politique du moindre mal et que, certes ils collaborent mais qu'ils gardent leur petite conscience bien propre pour eux.
Quelques articles dévastateurs
A coté de cet article, mes quelques critiques du clergé français, c'est de la petite bière :
Après la déconstruction soixante‐huitarde, les Veilleurs font le pari de l'intelligence
Un article sur tous ces grands démocrates qui détestent le peuple :
«Populisme» : faut‐il avoir peur du peuple ?
Un coup de bazooka dans la Taubira :
Taubira : un ministre, ça chante la Marseillaise ou ça démissionne
Fédorovski se payent les «journalistes» français :
Poutine, la Russie et les médias français : le coup de gueule de Vladimir Fédorovski
Et Vanneste dit tout le bien qu'il pense de l'Eurovision à barbe :
Ce n’est plus l’Occident, mais le Crépuscule…
Après la déconstruction soixante‐huitarde, les Veilleurs font le pari de l'intelligence
Un article sur tous ces grands démocrates qui détestent le peuple :
«Populisme» : faut‐il avoir peur du peuple ?
Un coup de bazooka dans la Taubira :
Taubira : un ministre, ça chante la Marseillaise ou ça démissionne
Fédorovski se payent les «journalistes» français :
Poutine, la Russie et les médias français : le coup de gueule de Vladimir Fédorovski
Et Vanneste dit tout le bien qu'il pense de l'Eurovision à barbe :
Ce n’est plus l’Occident, mais le Crépuscule…
dimanche, mai 11, 2014
Modérément moderne (R. Brague)
Rémi Brague est toujours passionnant. Je vais essayer de vous synthétiser cet ouvrage, mais je vous conseille de le lire (puisque j'ai mis une photo de la couverture, je vous signale que le bandeau est fort mal choisi : il n'a pas de rapport avec le propos du livre).
Ce billet est plus long que d'habitude, mais je pense que le sujet en vaut la peine, comme Antifragile.
La modernité est un parasite de l'énergie intellectuelle et spirituelle accumulée au Moyen-Âge. Comme tout parasite, elle ne crée rien mais tue son hôte.
Un exemple pour vous faire comprendre. L'art contemporain ne crée rien, il vit en se moquant de ce qui a été créé avant lui et, se faisant, il détruit l'art.
Et ainsi du reste. La solidarité n'est qu'une perversion de la charité chrétienne, l'Europe une perversion de la chrétienté.
Un ami parle à Brague d'un président de la république qu'il a connu : «C'est un salaud : il ne croit en rien». Il ajoute, pensant atténuer son jugement, «Il croit en l'Europe». Rémi Brague se demande si cela atténue vraiment le jugement, si croire en une Europe anhistorique et déculturée n'est pas au contraire la forme ultime du nihilisme politique.
Nous sommes sur une pyramide d'idéaux :
Bien Mal
Vrai Faux
Etre Néant
Le couple Bien/Mal structurait la question sociale au XIXème siècle.
Le couple Vrai/Faux est au coeur de la question totalitaire : le marxisme ou l'antisémitisme ont-ils raison ? Le XXème siècle est par excellence le règne du mensonge sous sa forme la plus violente.
Le XXIème siècle se pose la question de l'Etre et du Néant. Pendant longtemps, la question a été «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?». Aujourd'hui la question est «A quoi bon ? Pourquoi devrait-il y avoir quelque chose plutôt que rien ?».
Le nihilisme qui en découle, nommé avec une grande justesse culture de mort par Jean-Paul II, est omniprésent en occident. Il conditionne le présentisme : si la vie n'est pas intrinsinquèment bonne, si l'être ne vaut pas mieux que le néant, inutile de donner la vie et de se préoccuper de l'avenir. Si nous ne sommes pas un maillon dans la bonne chaine de la vie, inutile de nous préoccuper du passé et de transmettre l'héritage. Seul compte l'instant présent.
De manière très intéressante, Brague lie l'émergence de l'adjectif «sociétal» à cette question de l'Etre et du Néant comme «social» était lié au Bien et au Mal.
Cette question est au coeur du problème de la dénaturation du mariage : qu'est-ce qu'être un homme ? Une femme ? Un père ? Une mère ? Un fils ? Une fille ?
Cette question de l'Etre et du Néant a des traductions très concrètes. Le suicide collectif par la dénatalité, par exemple. Mes vieux lecteurs savent qu'il s'agit d'un de mes thèmes récurrents : peu importent du point de vue de la natalité les lubies anthropologiques, les mariages à 3, à 12, la GPA, la PMA: le moderne est psychologiquement stérile. On n'imagine pas des familles bobos à cinq ou six enfants comme les cathos, les juifs et les musulmans pratiquants, ça gêne les vacances éco-responsables à Bali.
Pour Brague, l'institution qui prend le parti de l'Etre contre le Néant, c'est l'Eglise. A mes yeux, il s'agit d'une évidence.
Au profit de ceux pour qui cette évidence serait moins aveuglante, quelques mots. Le coeur de l'Eglise, c'est l'Etre par excellence : le Dieu qui s'est incarné et qui a dit «Je suis le chemin, la vérité et la vie». L'Eglise est héritière comme aucune autre institution (1), puisqu'en occident, il ne reste que cette institution ayant un héritage séculaire. L'Eglise se projette dans le futur, car elle espère le Jugement et, dans cette attente, transmet sa Foi.
C'est pourquoi elle est attaquée par les modernes avec tant d'acharnement. Bien sûr, il y a dans tous les camps des imbéciles qui ne comprennent rien (il y a même des catholiques de gauche !), mais, dans l'ensemble, les antagonismes sont clairs.
Bergson soutenait que la démocratie n'était pas possible sans la notion chrétienne de dignité humaine (la Grèce antique n'était pas démocratique au sens universaliste où nous l'entendons). On voit d'ailleurs dans nos contrées que la régression du christianisme depuis cinquante ans s'accompagne d'une régression diffuse de la démocratie. Simple coïncidence ? Brague affine cette analyse : la démocratie est possible sans culture chrétienne mais seulement au présent, elle est incapable de se projeter dans le futur, de se sentir un quelconque devoir envers le futur, par manque de profondeur.
Si vous avez déjà essayé de gratter le vernis des «valeurs républicaines», vous comprenez : ce sont des mots creux, qui ne recouvrent rien de profond.
Le relativisme de notre époque conduit au totalitarisme. En effet, s'il n'y a plus que des vérités partielles, relatives, les idées qui permettent à la société de se constituer un fond commun ne s'imposent pas parce qu'elles sont vraies, parce qu'elles convainquent tout le monde, parce qu'elles sont partagées. Elles s'imposent parce qu'elles ont la force de la coercition étatique et sociale derrière elles. La vérité imposée par la force physique et non par des arguments, cela s'appelle un mensonge, consubstantiel au totalitarisme comme nous l'expliquaient si bien Orwell et Soljenitsyne. C'est pourquoi notre société est très violente avec ceux qui «pensent mal» : amendes, prison, et, surtout, ostracisme, au sens brutal du mot, demandez à Richard Millet et à Robert Redeker. Vous trouvez là l'explication de mes vieux thèmes : le règne du mensonge et le totalitarisme mou (pas si mou, à l'occasion).
Pour expliquer le relativisme, Brague recourt à une distinction augustinienne. Il y a la lumière qui éclaire les choses et la lumière qui accuse, au sens d'accuser les ombres et les traits. Si la Vérité existe, toute culture me concerne : le Cid et Iago sont humains, ils disent quelque chose de moi en tant qu'humain. S'il y a des vérités universelles, je me les prends en pleine poire. Noblesse oblige, mais aussi, Vérité oblige. Au contraire, «à chacun sa vérité» est très confortable, n'oblige et n'engage à rien. Brague soupçonne les relativistes d'être des lâches et de fuir la lumière qui accuse. Ce n'est pas contradictoire avec mon idée que les relativistes nihilistes sont des adolescents attardés frappés du syndrome de toute-puissance.
Brague est favorable à la reconstitution d'une forme de noblesse, car la noblesse avait le souci de transmettre son nom et son héritage. Il explique d'ailleurs comme cela le succès des royautés.
Brague revient ensuite sur la question qui court le long de son livre : «dans une société sans Dieu, qui prend en charge l'avenir ?». Il rappelle, comme Péguy, que l'héritage et les morts sont extrêmement fragiles : il suffit qu'une génération cesse de transmettre pour que le lien avec le passé soit rompu.
C'est évident pour notre génération. Les enculés post-soixante-huitards ont choisi délibérément de ne plus transmettre, sous prétexte que c'était de la «culture bourgeoise», faisant de l'école la désormais célèbre fabrique du crétin. Ils ont tué Montaigne, Villon, Chateaubriand, Stendhal dans la mémoire collective tout simplement en cessant de les enseigner et en ont privé leurs descendants. C'est un crime contre l'esprit.
Encore plus fondamentalement, Brague rappelle que l'humanité est très fragile. Elle dure depuis des millénaires, mais il lui suffit de cinquante ans pour disparaître. C'est à peu près l'âge de la ménopause. Si toutes les femmes arrêtent de procréer, au bout de cinquante ans, il n'y a plus une femme en âge d'avoir des enfants. Ce n'est pas un fantasme : rappelons que c'est l'une des causes de la disparition des indigènes sud-américains suite à l'invasion espagnole. A cause du choc psychologique, les Indiens ont moins couché avec leur femme, moins fait d'enfants. Ca et les épidémies.
La dénatalité actuelle est assez bien expliquée par le recul de l'âge du premier enfant. Certains démographes ont calculé qu'au rythme présent, il n'y aurait plus d'humanité dans 400 à 500 ans.
Or, la démocratie totale, c'est-à-dire politique et sociale, a tendance à ne prendre en compte, au mieux, que le moyen terme, en gros le temps jusqu'à deux mandats, environ dix ans. Les générations futures et les générations passées ne votent pas. C'est comme cela que l'école des choix publics explique le penchant pour la dette publique : autant faire payer les jouissances d'aujourd'hui par ceux qui n'existent pas encore et, par conséquent, ne votent pas.
Brague rappelle l'idée de Chesterton que la vraie démocratie totale, c'est la tradition. Comme le dit Chesterton avec son humour habituel, il n'y a pas de raison que mon grand-père n'ait pas le droit de vote, sous le prétexte futile qu'il est mort. Or, le droit de vote de mon grand-père mort, c'est la tradition qu'il m'a léguée.
Ca vaut le coup de citer Chesterton : «[La tradition] est la démocratie des morts. La tradition refuse de se soumettre à l'oligarchie étroite et arrogante de ceux qui ne font rien de plus que se trouver en vie. [...] La tradition proteste contre le fait que les gens soient disqualifiés par un accident, leur mort. La démocratie nous demande de ne pas négliger l'opinion de quelqu'un de bien même si c'est notre valet ; la tradition nous demande de ne pas négliger l'opinion de quelqu'un de bien, même si c'est notre père. En tout cas, je n'arrive pas à séparer les deux idées de démocratie et de tradition : il me semble évident qu'il s'agit d'une seule et même idée.»
Aujourd'hui, le je-m'en-foutisme est particulièrement flagrant dans le surendettement des Etats pour des besoins de consommation immédiate : il prive les générations futures de marges de manoeuvre et tout le monde s'en fout. Je ne sais plus qui a écrit, en préface d'une histoire financière de la France, qu'on lit dans les comptes d'une nation sa morale et ses valeurs. Dans les comptes de la France depuis quarante ans, on lit l'hédonisme le plus égoïste.
Brague, par un de ses jeux de mots qu'il affectionne, retourne la citation de Valéry : oui, la civilisation occidentale moderne est mortelle, mais au sens de porteuse de mort. Survivront ceux qui lui résistent : les catholiques intégristes, les islamistes radicaux, les juifs orthodoxes ...
Il faut quand même remarquer que la civilisation occidentale est coupable de nombreux crimes parce qu'elle en avait plus les moyens, pas parce qu'elle est plus méchante que les autres. Vous mettez une méchante souris et un gentil éléphant dans un magasin de porcelaine, c'est le gentil éléphant qui fera le plus de dégâts.
Pour conclure, il essaie tout de même de tracer des perspectives positives, de trouver ce qui, dans la culture occidentale, permettrait d'éviter la mort qui se profile à l'horizon. De même que la spécialité de l'Eglise, c'est la résurrection, la spécialité de l'Occident, c'est la renaissance : aller chercher dans le passé des éléments pour bousculer le présent.
Il trace un projet éducatif mais, sachant le potentiel totalitaire de tout projet éducatif, il insiste sur le fait que le seul projet éducatif qui vaille est libéral, comme l'envisageait l'Antiquité. Mais Brague se demande si c'est encore possible, car il faut pour cela une certaine conception de l'homme, celle qui fait de lui un être voué à la liberté.
Son programme : les langues «mortes» (2), les arts, la théologie, à cause de leur «inutilité».
Brague dit tout le mal qu'il pense des partisans de la table rase. Il se moque des bobos qui font de la «morale traditionnelle» l'abomination de la désolation mais qui sont prêts à payer plus cher une baguette «tradition» : ils retiennent de la tradition ce qui leur procure des plaisirs, pas ce qui les oblige. Un peu facile, non ?
Mais Brague met en garde contre une survalorisation de la tradition, même s'il retient ce mérite du passé : c'est grâce à lui que nous sommes là. Tandis que nous, au présent, nous ne sommes même pas sûrs de poser les bases d'un futur vivable.
Enfin, sa conclusion insiste sur le fait que l'avenir se prépare dans le présent : si nous ne décidons pas d'avoir des enfants aujourd'hui, il sera trop tard, si nous ne décidons pas de les éduquer aujourd'hui, il sera trop tard. Respecter le passé et préparer l'avenir ne sont pas des choses qui se font naturellement, elles passent par des décisions conscientes et des actions volontaires.
Ma conclusion : à lire. Ce livre m'apparaît comme une théorisation de Philippe Muray et de sa «fin de l'histoire». Malgré l'espoir que tente d'insuffler Brague, je crains qu'il ne soit déjà trop tard.
************
(1) : il y a aussi l'armée qui est ancrée dans le passé par de longues traditions et qui regarde vers le futur à causes des menaces qu'elle doit anticiper. Mais l'armée a beaucoup sacrifié au présentisme et je pense que la féminisation est, de ce point de vue, une catastrophe psychologique.Les femmes sont incapables de la part de poésie (oui, oui) que suppose le sacrifice militaire. L'expression n'a peut-être jamais été aussi bien adaptée : on lui a coupé les couilles.
Bien sûr, il ne s'agit pas là d'une mise en cause individuelle, inutile de me faire la liste des femmes héroïques, je ne suis pas con à ce point. Mais quand une institution masculine se féminise, elle change de nature. C'est peut-être une catastrophe pour l'éducation nationale et la justice, on peut en discuter. Mais il ne fait aucun doute que c'est une catastrophe de long terme pour l'armée.
(2) : j'ai passé latin comme deuxième langue au bac. J'en garde un excellent souvenir. Le latin fait à la fois partie de notre culture tout en étant une langue étrangère, position singulière qui en fait l'intérêt. Le combat mené contre le latin par le système éducatif n'est nullement anecdotique : il relève d'un choix de déracinement et d'utilitarisme.
Ce billet est plus long que d'habitude, mais je pense que le sujet en vaut la peine, comme Antifragile.
La modernité est un parasite de l'énergie intellectuelle et spirituelle accumulée au Moyen-Âge. Comme tout parasite, elle ne crée rien mais tue son hôte.
Un exemple pour vous faire comprendre. L'art contemporain ne crée rien, il vit en se moquant de ce qui a été créé avant lui et, se faisant, il détruit l'art.
Et ainsi du reste. La solidarité n'est qu'une perversion de la charité chrétienne, l'Europe une perversion de la chrétienté.
Un ami parle à Brague d'un président de la république qu'il a connu : «C'est un salaud : il ne croit en rien». Il ajoute, pensant atténuer son jugement, «Il croit en l'Europe». Rémi Brague se demande si cela atténue vraiment le jugement, si croire en une Europe anhistorique et déculturée n'est pas au contraire la forme ultime du nihilisme politique.
Nous sommes sur une pyramide d'idéaux :
Bien Mal
Vrai Faux
Etre Néant
Le couple Bien/Mal structurait la question sociale au XIXème siècle.
Le couple Vrai/Faux est au coeur de la question totalitaire : le marxisme ou l'antisémitisme ont-ils raison ? Le XXème siècle est par excellence le règne du mensonge sous sa forme la plus violente.
Le XXIème siècle se pose la question de l'Etre et du Néant. Pendant longtemps, la question a été «Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?». Aujourd'hui la question est «A quoi bon ? Pourquoi devrait-il y avoir quelque chose plutôt que rien ?».
Le nihilisme qui en découle, nommé avec une grande justesse culture de mort par Jean-Paul II, est omniprésent en occident. Il conditionne le présentisme : si la vie n'est pas intrinsinquèment bonne, si l'être ne vaut pas mieux que le néant, inutile de donner la vie et de se préoccuper de l'avenir. Si nous ne sommes pas un maillon dans la bonne chaine de la vie, inutile de nous préoccuper du passé et de transmettre l'héritage. Seul compte l'instant présent.
De manière très intéressante, Brague lie l'émergence de l'adjectif «sociétal» à cette question de l'Etre et du Néant comme «social» était lié au Bien et au Mal.
Cette question est au coeur du problème de la dénaturation du mariage : qu'est-ce qu'être un homme ? Une femme ? Un père ? Une mère ? Un fils ? Une fille ?
Cette question de l'Etre et du Néant a des traductions très concrètes. Le suicide collectif par la dénatalité, par exemple. Mes vieux lecteurs savent qu'il s'agit d'un de mes thèmes récurrents : peu importent du point de vue de la natalité les lubies anthropologiques, les mariages à 3, à 12, la GPA, la PMA: le moderne est psychologiquement stérile. On n'imagine pas des familles bobos à cinq ou six enfants comme les cathos, les juifs et les musulmans pratiquants, ça gêne les vacances éco-responsables à Bali.
Pour Brague, l'institution qui prend le parti de l'Etre contre le Néant, c'est l'Eglise. A mes yeux, il s'agit d'une évidence.
Au profit de ceux pour qui cette évidence serait moins aveuglante, quelques mots. Le coeur de l'Eglise, c'est l'Etre par excellence : le Dieu qui s'est incarné et qui a dit «Je suis le chemin, la vérité et la vie». L'Eglise est héritière comme aucune autre institution (1), puisqu'en occident, il ne reste que cette institution ayant un héritage séculaire. L'Eglise se projette dans le futur, car elle espère le Jugement et, dans cette attente, transmet sa Foi.
C'est pourquoi elle est attaquée par les modernes avec tant d'acharnement. Bien sûr, il y a dans tous les camps des imbéciles qui ne comprennent rien (il y a même des catholiques de gauche !), mais, dans l'ensemble, les antagonismes sont clairs.
Bergson soutenait que la démocratie n'était pas possible sans la notion chrétienne de dignité humaine (la Grèce antique n'était pas démocratique au sens universaliste où nous l'entendons). On voit d'ailleurs dans nos contrées que la régression du christianisme depuis cinquante ans s'accompagne d'une régression diffuse de la démocratie. Simple coïncidence ? Brague affine cette analyse : la démocratie est possible sans culture chrétienne mais seulement au présent, elle est incapable de se projeter dans le futur, de se sentir un quelconque devoir envers le futur, par manque de profondeur.
Si vous avez déjà essayé de gratter le vernis des «valeurs républicaines», vous comprenez : ce sont des mots creux, qui ne recouvrent rien de profond.
Le relativisme de notre époque conduit au totalitarisme. En effet, s'il n'y a plus que des vérités partielles, relatives, les idées qui permettent à la société de se constituer un fond commun ne s'imposent pas parce qu'elles sont vraies, parce qu'elles convainquent tout le monde, parce qu'elles sont partagées. Elles s'imposent parce qu'elles ont la force de la coercition étatique et sociale derrière elles. La vérité imposée par la force physique et non par des arguments, cela s'appelle un mensonge, consubstantiel au totalitarisme comme nous l'expliquaient si bien Orwell et Soljenitsyne. C'est pourquoi notre société est très violente avec ceux qui «pensent mal» : amendes, prison, et, surtout, ostracisme, au sens brutal du mot, demandez à Richard Millet et à Robert Redeker. Vous trouvez là l'explication de mes vieux thèmes : le règne du mensonge et le totalitarisme mou (pas si mou, à l'occasion).
Pour expliquer le relativisme, Brague recourt à une distinction augustinienne. Il y a la lumière qui éclaire les choses et la lumière qui accuse, au sens d'accuser les ombres et les traits. Si la Vérité existe, toute culture me concerne : le Cid et Iago sont humains, ils disent quelque chose de moi en tant qu'humain. S'il y a des vérités universelles, je me les prends en pleine poire. Noblesse oblige, mais aussi, Vérité oblige. Au contraire, «à chacun sa vérité» est très confortable, n'oblige et n'engage à rien. Brague soupçonne les relativistes d'être des lâches et de fuir la lumière qui accuse. Ce n'est pas contradictoire avec mon idée que les relativistes nihilistes sont des adolescents attardés frappés du syndrome de toute-puissance.
Brague est favorable à la reconstitution d'une forme de noblesse, car la noblesse avait le souci de transmettre son nom et son héritage. Il explique d'ailleurs comme cela le succès des royautés.
Brague revient ensuite sur la question qui court le long de son livre : «dans une société sans Dieu, qui prend en charge l'avenir ?». Il rappelle, comme Péguy, que l'héritage et les morts sont extrêmement fragiles : il suffit qu'une génération cesse de transmettre pour que le lien avec le passé soit rompu.
C'est évident pour notre génération. Les enculés post-soixante-huitards ont choisi délibérément de ne plus transmettre, sous prétexte que c'était de la «culture bourgeoise», faisant de l'école la désormais célèbre fabrique du crétin. Ils ont tué Montaigne, Villon, Chateaubriand, Stendhal dans la mémoire collective tout simplement en cessant de les enseigner et en ont privé leurs descendants. C'est un crime contre l'esprit.
Encore plus fondamentalement, Brague rappelle que l'humanité est très fragile. Elle dure depuis des millénaires, mais il lui suffit de cinquante ans pour disparaître. C'est à peu près l'âge de la ménopause. Si toutes les femmes arrêtent de procréer, au bout de cinquante ans, il n'y a plus une femme en âge d'avoir des enfants. Ce n'est pas un fantasme : rappelons que c'est l'une des causes de la disparition des indigènes sud-américains suite à l'invasion espagnole. A cause du choc psychologique, les Indiens ont moins couché avec leur femme, moins fait d'enfants. Ca et les épidémies.
La dénatalité actuelle est assez bien expliquée par le recul de l'âge du premier enfant. Certains démographes ont calculé qu'au rythme présent, il n'y aurait plus d'humanité dans 400 à 500 ans.
Or, la démocratie totale, c'est-à-dire politique et sociale, a tendance à ne prendre en compte, au mieux, que le moyen terme, en gros le temps jusqu'à deux mandats, environ dix ans. Les générations futures et les générations passées ne votent pas. C'est comme cela que l'école des choix publics explique le penchant pour la dette publique : autant faire payer les jouissances d'aujourd'hui par ceux qui n'existent pas encore et, par conséquent, ne votent pas.
Brague rappelle l'idée de Chesterton que la vraie démocratie totale, c'est la tradition. Comme le dit Chesterton avec son humour habituel, il n'y a pas de raison que mon grand-père n'ait pas le droit de vote, sous le prétexte futile qu'il est mort. Or, le droit de vote de mon grand-père mort, c'est la tradition qu'il m'a léguée.
Ca vaut le coup de citer Chesterton : «[La tradition] est la démocratie des morts. La tradition refuse de se soumettre à l'oligarchie étroite et arrogante de ceux qui ne font rien de plus que se trouver en vie. [...] La tradition proteste contre le fait que les gens soient disqualifiés par un accident, leur mort. La démocratie nous demande de ne pas négliger l'opinion de quelqu'un de bien même si c'est notre valet ; la tradition nous demande de ne pas négliger l'opinion de quelqu'un de bien, même si c'est notre père. En tout cas, je n'arrive pas à séparer les deux idées de démocratie et de tradition : il me semble évident qu'il s'agit d'une seule et même idée.»
Aujourd'hui, le je-m'en-foutisme est particulièrement flagrant dans le surendettement des Etats pour des besoins de consommation immédiate : il prive les générations futures de marges de manoeuvre et tout le monde s'en fout. Je ne sais plus qui a écrit, en préface d'une histoire financière de la France, qu'on lit dans les comptes d'une nation sa morale et ses valeurs. Dans les comptes de la France depuis quarante ans, on lit l'hédonisme le plus égoïste.
Brague, par un de ses jeux de mots qu'il affectionne, retourne la citation de Valéry : oui, la civilisation occidentale moderne est mortelle, mais au sens de porteuse de mort. Survivront ceux qui lui résistent : les catholiques intégristes, les islamistes radicaux, les juifs orthodoxes ...
Il faut quand même remarquer que la civilisation occidentale est coupable de nombreux crimes parce qu'elle en avait plus les moyens, pas parce qu'elle est plus méchante que les autres. Vous mettez une méchante souris et un gentil éléphant dans un magasin de porcelaine, c'est le gentil éléphant qui fera le plus de dégâts.
Pour conclure, il essaie tout de même de tracer des perspectives positives, de trouver ce qui, dans la culture occidentale, permettrait d'éviter la mort qui se profile à l'horizon. De même que la spécialité de l'Eglise, c'est la résurrection, la spécialité de l'Occident, c'est la renaissance : aller chercher dans le passé des éléments pour bousculer le présent.
Il trace un projet éducatif mais, sachant le potentiel totalitaire de tout projet éducatif, il insiste sur le fait que le seul projet éducatif qui vaille est libéral, comme l'envisageait l'Antiquité. Mais Brague se demande si c'est encore possible, car il faut pour cela une certaine conception de l'homme, celle qui fait de lui un être voué à la liberté.
Son programme : les langues «mortes» (2), les arts, la théologie, à cause de leur «inutilité».
Brague dit tout le mal qu'il pense des partisans de la table rase. Il se moque des bobos qui font de la «morale traditionnelle» l'abomination de la désolation mais qui sont prêts à payer plus cher une baguette «tradition» : ils retiennent de la tradition ce qui leur procure des plaisirs, pas ce qui les oblige. Un peu facile, non ?
Mais Brague met en garde contre une survalorisation de la tradition, même s'il retient ce mérite du passé : c'est grâce à lui que nous sommes là. Tandis que nous, au présent, nous ne sommes même pas sûrs de poser les bases d'un futur vivable.
Enfin, sa conclusion insiste sur le fait que l'avenir se prépare dans le présent : si nous ne décidons pas d'avoir des enfants aujourd'hui, il sera trop tard, si nous ne décidons pas de les éduquer aujourd'hui, il sera trop tard. Respecter le passé et préparer l'avenir ne sont pas des choses qui se font naturellement, elles passent par des décisions conscientes et des actions volontaires.
Ma conclusion : à lire. Ce livre m'apparaît comme une théorisation de Philippe Muray et de sa «fin de l'histoire». Malgré l'espoir que tente d'insuffler Brague, je crains qu'il ne soit déjà trop tard.
************
(1) : il y a aussi l'armée qui est ancrée dans le passé par de longues traditions et qui regarde vers le futur à causes des menaces qu'elle doit anticiper. Mais l'armée a beaucoup sacrifié au présentisme et je pense que la féminisation est, de ce point de vue, une catastrophe psychologique.Les femmes sont incapables de la part de poésie (oui, oui) que suppose le sacrifice militaire. L'expression n'a peut-être jamais été aussi bien adaptée : on lui a coupé les couilles.
Bien sûr, il ne s'agit pas là d'une mise en cause individuelle, inutile de me faire la liste des femmes héroïques, je ne suis pas con à ce point. Mais quand une institution masculine se féminise, elle change de nature. C'est peut-être une catastrophe pour l'éducation nationale et la justice, on peut en discuter. Mais il ne fait aucun doute que c'est une catastrophe de long terme pour l'armée.
(2) : j'ai passé latin comme deuxième langue au bac. J'en garde un excellent souvenir. Le latin fait à la fois partie de notre culture tout en étant une langue étrangère, position singulière qui en fait l'intérêt. Le combat mené contre le latin par le système éducatif n'est nullement anecdotique : il relève d'un choix de déracinement et d'utilitarisme.
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Le plus beau tour de l'histoire du sport automobile
Il y a que des Anglais qui peuvent avoir ce genre de discussion : «quel est le plus beau tour de l'histoire du sport automobile ? ». Discussion que j'ai trouvée sur un forum grand-breton. Et la quasi-unanimité s'est faite sur le tour de qualification de Senna au Grand Prix de Monaco 1988, où il devança de 1,427s son coéquipier Alain Prost !
Pas d'images de cette séance. Dommage. Alors, 1990 :
La suite du Grand Prix de 1988 : Senna mène de 50 s devant Prost, ils alternent les tours les plus rapides (surement une tactique de Prost pour pousser Senna à la faute à distance), le stand leur demande se calmer, Senna ralentit, se déconcentre et se paye un mur. Prost vainqueur.
La petite histoire raconte que Senna, dégouté, est rentré directement chez lui à pieds et Mac Laren ne l'a revu que le lundi.
Pas d'images de cette séance. Dommage. Alors, 1990 :
La suite du Grand Prix de 1988 : Senna mène de 50 s devant Prost, ils alternent les tours les plus rapides (surement une tactique de Prost pour pousser Senna à la faute à distance), le stand leur demande se calmer, Senna ralentit, se déconcentre et se paye un mur. Prost vainqueur.
La petite histoire raconte que Senna, dégouté, est rentré directement chez lui à pieds et Mac Laren ne l'a revu que le lundi.
vendredi, mai 09, 2014
La «transition énergétique» : vaste fumisterie
Le succès de l'expression «transition énergétique» montre à quel point les mots sont un vecteur de bêtise et de manipulation politique.
En effet, cette expression ne veut absolument rien dire d'intelligent. Le marché de l'énergie est perpétuellement mouvant, que signifie transition ? Rien de sensé.
En revanche, une signification très idiote, on peut trouver : «transition» signifie qu'on vise un état idéal, pour ainsi dire une utopie, définie par des politiciens. Comme l'on sait, c'est la recette infaillible de la réussite totale et du plus grand bonheur.
En effet, cette expression ne veut absolument rien dire d'intelligent. Le marché de l'énergie est perpétuellement mouvant, que signifie transition ? Rien de sensé.
En revanche, une signification très idiote, on peut trouver : «transition» signifie qu'on vise un état idéal, pour ainsi dire une utopie, définie par des politiciens. Comme l'on sait, c'est la recette infaillible de la réussite totale et du plus grand bonheur.
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jeudi, mai 08, 2014
Pas son genre
Rencontre entre une coiffeuse pétulante de vie et un professeur de philo égoïste.
Emilie Dequenne est très bien.
Le fond de ce film est une charge anti-intellectualiste d'une rare violence : le prof de philo est un type qui sait tout et ne comprend rien. Ca ne me choque pas.
Une autre fin possible de ce film (je ne vous dévoile pas la fin), c'est la demande en mariage.
Un des intérêts du mariage irrévocable, pour le meilleur et pour le pire, c'est la stabilité psychologique. Ceci explique sans doute que les divorcés ne soient pas plus heureux que les autres :
They've killed off marriage ... and our hopes of a happy life
Emilie Dequenne est très bien.
Le fond de ce film est une charge anti-intellectualiste d'une rare violence : le prof de philo est un type qui sait tout et ne comprend rien. Ca ne me choque pas.
Une autre fin possible de ce film (je ne vous dévoile pas la fin), c'est la demande en mariage.
Un des intérêts du mariage irrévocable, pour le meilleur et pour le pire, c'est la stabilité psychologique. Ceci explique sans doute que les divorcés ne soient pas plus heureux que les autres :
They've killed off marriage ... and our hopes of a happy life
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Politique : vers un recentrage ?
La course au centre
L'hypothèse de Maxime Tandonnet ne me semble, hélas, pas idiote.
Dans ce scénario, les électeurs populaires s'abstiennent massivement et laissent le microcosme jouer à la balle centriste dans le confort de l'entre-soi parisianiste, entre Juppé, Hollande et compagnie.
Le principal moteur de cette évolution est Marine Le Pen : avec sa stratégie de court de terme de «dédiabolisation», elle désamorce le vote protestataire et se place sur le terrain «apolitique» de la crédibilité technocratique, où il est certain qu'elle sera battue à tous les coups. L'afflux vers la FN des serial losers chevènementistes et énarques est un signe qui ne trompe pas.
Cela serait une catastrophe, au moins aussi loin que ma vue porte. Cela signifierait que les Français désespèrent de la politique nationale et, donc, de la nation.
Mais, au-delà de ce que je peux prédire, on peut envisager un scénario favorable, parmi d'autres qui le sont moins, un éclatement de la France en fiefs à l'identité beaucoup plus forte et qui se défendent mieux que notre pays aujourd'hui ouvert à toutes les enfilades.
Mais peut-être discutons nous d'un fantôme : peut-être que la France est déjà morte et que le peuple français n'existe plus.
L'hypothèse de Maxime Tandonnet ne me semble, hélas, pas idiote.
Dans ce scénario, les électeurs populaires s'abstiennent massivement et laissent le microcosme jouer à la balle centriste dans le confort de l'entre-soi parisianiste, entre Juppé, Hollande et compagnie.
Le principal moteur de cette évolution est Marine Le Pen : avec sa stratégie de court de terme de «dédiabolisation», elle désamorce le vote protestataire et se place sur le terrain «apolitique» de la crédibilité technocratique, où il est certain qu'elle sera battue à tous les coups. L'afflux vers la FN des serial losers chevènementistes et énarques est un signe qui ne trompe pas.
Cela serait une catastrophe, au moins aussi loin que ma vue porte. Cela signifierait que les Français désespèrent de la politique nationale et, donc, de la nation.
Mais, au-delà de ce que je peux prédire, on peut envisager un scénario favorable, parmi d'autres qui le sont moins, un éclatement de la France en fiefs à l'identité beaucoup plus forte et qui se défendent mieux que notre pays aujourd'hui ouvert à toutes les enfilades.
Mais peut-être discutons nous d'un fantôme : peut-être que la France est déjà morte et que le peuple français n'existe plus.
Bientôt tous en vacances sur Mars ?
Aurons‐nous des cartes d'embarquement pour la planète Mars ?
Ariane va avoir chaud aux fesses. C'est toujours pareil : nous vivons sur la lancée des années 70, nous avons raté le tournant de la troisième mondialisation et notre retard nous rattrape.
C'est tout de même une bonne nouvelle pour l'humanité.
Ariane va avoir chaud aux fesses. C'est toujours pareil : nous vivons sur la lancée des années 70, nous avons raté le tournant de la troisième mondialisation et notre retard nous rattrape.
C'est tout de même une bonne nouvelle pour l'humanité.
mercredi, mai 07, 2014
Loi Taubira : vers un écroulement de la capacité d'investigation de la police française ?
Avec la nouvelle loi Taubira, je crains un écroulement de la capacité d'investigation de la police française.
Dans les organisations, les phénomènes sont rarement linéaires, il y a des points de rupture, comme dans l'expérience anglaise, la paille qui casse le dos du chameau. 10 % de paperasses en plus ne veut pas obligatoirement dire 10% d'efficacité en moins, cela peut vouloir dire 50 % d'efficacité en moins.
Comme la police n'est déjà pas merveilleuse d'efficacité, ce la peut être la paperasserie de trop.
Remarquons que cela cadrerait tout à fait avec les convictions de Mme Taubira : la police est coupable, les délinquants sont des victimes.
Dans les organisations, les phénomènes sont rarement linéaires, il y a des points de rupture, comme dans l'expérience anglaise, la paille qui casse le dos du chameau. 10 % de paperasses en plus ne veut pas obligatoirement dire 10% d'efficacité en moins, cela peut vouloir dire 50 % d'efficacité en moins.
Comme la police n'est déjà pas merveilleuse d'efficacité, ce la peut être la paperasserie de trop.
Remarquons que cela cadrerait tout à fait avec les convictions de Mme Taubira : la police est coupable, les délinquants sont des victimes.
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mardi, mai 06, 2014
Tout va plus que bien (et la France est prête aux réformes)
Dépenses : la France face à ses mythes et à son système
De tous les intervenants réguliers d BFM, Jean-Pierre Petit est celui avec lequel je suis le plus en accord.
De tous les intervenants réguliers d BFM, Jean-Pierre Petit est celui avec lequel je suis le plus en accord.
C'est la faute au méchant libéralisme
L'anti-llibéralisme paraît l'opinion la mieux partagée de France.
J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre ceux qui nous expliquent que tous les maux économiques et sociaux de la France viennent du méchant libéralisme.
Tout d'abord, je dois avoir la vue basse : je vois très peu de libéralisme dans un pays à 58 % du PIB de dépenses publiques. Je vois du capitalisme de connivence, bureaucratique et technocratique, mais c'est très différent du libéralisme. Par exemple, il n'y a rien de libéral à sauver avec l'argent du moutontribuable des banquiers incompétents mais bien connectés.
Même en admettant qu'il y ait du libéralisme économique en France, je ne comprends pas par quelle malédiction ce libéralisme qui a fait la prospérité de la Suisse, du Canada, de la Suède, du Chili, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et aussi de la France du Second Empire ferait le malheur de la France de 2014. Vivrions nous dans un univers parallèle où les lois de l'économie, point si nombreuses, seraient différentes du reste du monde ?
La vérité, l'amère vérité, c'est que notre classe jacassante, avant d'avoir un problème moral qui, certes, existe, a un problème d'intelligence : elle ne sait pas, elle ne comprend pas, elle n'a pas les outils intellectuels.
Alain Madelin insiste souvent sur ce point : ce n'est pas un problème de courage, savoir ce qu'il faut faire et ne pas oser, c'est plus profond, ils ne savent pas quoi faire. Par exemple, ils nous répètent tous comme des perroquets les 3 % de déficit public, mais ils n'ont aucune idée de la réflexion qui amène à se dire qu'il ne faut pas que l'Etat occupe une place trop importante et des techniques et moyens, cohérents avec cette analyse, qui permettent de réduire cette place de l'Etat.
Rappelons que Ronald Reagan et Magaret Thatcher avaient réfléchi, médité et mûri leur libéralisme, il n'arrivait pas comme une envie de pisser, parce qu'un «communicant» avait suggéré l'idée.
On serait bien en peine de trouver un politicien ou un haut fonctionnaire français qui médite et, si, par miracle, il le faisait, ce serait avec les mauvaises idées. ENA ne signifie pas Ecole Nationale de l'Entreprise mais Ecole Nationale d'Administration, tout est dit.
J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre ceux qui nous expliquent que tous les maux économiques et sociaux de la France viennent du méchant libéralisme.
Tout d'abord, je dois avoir la vue basse : je vois très peu de libéralisme dans un pays à 58 % du PIB de dépenses publiques. Je vois du capitalisme de connivence, bureaucratique et technocratique, mais c'est très différent du libéralisme. Par exemple, il n'y a rien de libéral à sauver avec l'argent du moutontribuable des banquiers incompétents mais bien connectés.
Même en admettant qu'il y ait du libéralisme économique en France, je ne comprends pas par quelle malédiction ce libéralisme qui a fait la prospérité de la Suisse, du Canada, de la Suède, du Chili, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et aussi de la France du Second Empire ferait le malheur de la France de 2014. Vivrions nous dans un univers parallèle où les lois de l'économie, point si nombreuses, seraient différentes du reste du monde ?
La vérité, l'amère vérité, c'est que notre classe jacassante, avant d'avoir un problème moral qui, certes, existe, a un problème d'intelligence : elle ne sait pas, elle ne comprend pas, elle n'a pas les outils intellectuels.
Alain Madelin insiste souvent sur ce point : ce n'est pas un problème de courage, savoir ce qu'il faut faire et ne pas oser, c'est plus profond, ils ne savent pas quoi faire. Par exemple, ils nous répètent tous comme des perroquets les 3 % de déficit public, mais ils n'ont aucune idée de la réflexion qui amène à se dire qu'il ne faut pas que l'Etat occupe une place trop importante et des techniques et moyens, cohérents avec cette analyse, qui permettent de réduire cette place de l'Etat.
Rappelons que Ronald Reagan et Magaret Thatcher avaient réfléchi, médité et mûri leur libéralisme, il n'arrivait pas comme une envie de pisser, parce qu'un «communicant» avait suggéré l'idée.
On serait bien en peine de trouver un politicien ou un haut fonctionnaire français qui médite et, si, par miracle, il le faisait, ce serait avec les mauvaises idées. ENA ne signifie pas Ecole Nationale de l'Entreprise mais Ecole Nationale d'Administration, tout est dit.
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classe jacassante,
euthanasie de l'économie française
Le dogmatisme français
Alstom : pourquoi notre patrimoine industriel nous échappe-t-il ?
Darwin disait que celui qui survivait n'était ni le plus intelligent ni le plus fort mais le plus rapide à s'adapter. J'ai déjà cité ce chiffre du colonel Goya : si deux adversaires, toutes choses égales par ailleurs, ont 95 % de chances de prendre la bonne décision pour le premier et 50 % pour le second, mais que ce dernier est deux fois plus rapide à prendre une décision, c'est lui qui l'emportera dans 51 % des cas contre 23 % pour le premier.
Or, depuis la révolution, et même depuis l'âge classique d'après Taine, la France verse dans l'abstraction, qui l'a conduite assez vite au dogmatisme. On verse aussi dans un intellectualisme souvent ridicule.
En France, on réfléchit longtemps, on sort un système prétendument parfait puis on ne touche plus à rien (en tout cas, à rien de fondamental) pendant cinquante ans, jusqu'à ce que le système s'écroule. C'est vraiment le degré zéro de l'intelligence collective.
Bien sûr, derrière tout cela, il n'y a pas que le goût de l'abstraction, il y a bien d'autres choses, dont la haine sociale : comme les Français ne se supportent pas les uns les autres, on ne peut pas discuter calmement. Alors, pour éviter les emmerdes, on ne touche à rien.
Il y a aussi la domination de la caste des technocrates et des intellectuels (j'emploie caste dans un sens quasiment indien), qui sur-valorise, parfois jusqu'au grotesque, la capacité à manier les mots, les idées et les abstractions, au détriment de l'épreuve des faits.
On peut se tromper, mais il faut savoir corriger le tir.
La France avec ses 35 heures l'a aggravé. Et elle impose aujourd'hui des coûts de production industrielle largement déconnectés des prix de vente mondiaux. Le système n'est pas tenable et le pire, me semble-t-il, c'est l'impuissance des pouvoirs publics à changer de cap. Pourquoi maintenir les 35 heures, la surtaxation du capital, alors que nous savons que ça favorise la liquidation de notre industrie ?
Darwin disait que celui qui survivait n'était ni le plus intelligent ni le plus fort mais le plus rapide à s'adapter. J'ai déjà cité ce chiffre du colonel Goya : si deux adversaires, toutes choses égales par ailleurs, ont 95 % de chances de prendre la bonne décision pour le premier et 50 % pour le second, mais que ce dernier est deux fois plus rapide à prendre une décision, c'est lui qui l'emportera dans 51 % des cas contre 23 % pour le premier.
Or, depuis la révolution, et même depuis l'âge classique d'après Taine, la France verse dans l'abstraction, qui l'a conduite assez vite au dogmatisme. On verse aussi dans un intellectualisme souvent ridicule.
En France, on réfléchit longtemps, on sort un système prétendument parfait puis on ne touche plus à rien (en tout cas, à rien de fondamental) pendant cinquante ans, jusqu'à ce que le système s'écroule. C'est vraiment le degré zéro de l'intelligence collective.
Bien sûr, derrière tout cela, il n'y a pas que le goût de l'abstraction, il y a bien d'autres choses, dont la haine sociale : comme les Français ne se supportent pas les uns les autres, on ne peut pas discuter calmement. Alors, pour éviter les emmerdes, on ne touche à rien.
Il y a aussi la domination de la caste des technocrates et des intellectuels (j'emploie caste dans un sens quasiment indien), qui sur-valorise, parfois jusqu'au grotesque, la capacité à manier les mots, les idées et les abstractions, au détriment de l'épreuve des faits.
On peut se tromper, mais il faut savoir corriger le tir.
La France avec ses 35 heures l'a aggravé. Et elle impose aujourd'hui des coûts de production industrielle largement déconnectés des prix de vente mondiaux. Le système n'est pas tenable et le pire, me semble-t-il, c'est l'impuissance des pouvoirs publics à changer de cap. Pourquoi maintenir les 35 heures, la surtaxation du capital, alors que nous savons que ça favorise la liquidation de notre industrie ?
dimanche, mai 04, 2014
Vente d'Alstom et faillite des «élites»
Vente d'Alstom ou faillite des «élites»
Christian Vanneste et l'Etat «stratège»
Autant je trouve que la mise en cause aujourd'hui, en 2014, des dirigeants d'Alstom est absurde, autant je trouve que ceux qui, dans les années 90, ont mené la France à des choix très néfastes, d'où résulte la situation d'Alstom doivent rendre de solides comptes.
Tous les connards et les connasses, comme de Robien, Tchuruk et Aubry, les chantres de la France sans usine et du partage du travail, devraient être fusillés. En effet, les décisions économiques ont de nos jours un tel impact sur la puissance et la souveraineté d'un pays qu'elles sont l'équivalent des décisions militaires d'antan.
Le ratage du tournant de la troisième révolution industrielle par Chirac, Jospin et leurs semblables est comparable à une défaite majeure. Il n'est donc pas incongru de songer à fusiller les mauvais généraux vaincus.
Christian Saint-Étienne a raison de faire remarquer que la fausse droite partage, sans toujours l'avouer, les analyses erronées de la gauche. Cette convergence explique que la droite n'ait pas aboli les 35 heures. C'est qu'au fond, elle était d'accord ou, pour le dire avec moins de brutalité, elle n'a pas su élaborer une analyse différente de celle qui mène au 35 heures.
Christian Vanneste et l'Etat «stratège»
Autant je trouve que la mise en cause aujourd'hui, en 2014, des dirigeants d'Alstom est absurde, autant je trouve que ceux qui, dans les années 90, ont mené la France à des choix très néfastes, d'où résulte la situation d'Alstom doivent rendre de solides comptes.
Tous les connards et les connasses, comme de Robien, Tchuruk et Aubry, les chantres de la France sans usine et du partage du travail, devraient être fusillés. En effet, les décisions économiques ont de nos jours un tel impact sur la puissance et la souveraineté d'un pays qu'elles sont l'équivalent des décisions militaires d'antan.
Le ratage du tournant de la troisième révolution industrielle par Chirac, Jospin et leurs semblables est comparable à une défaite majeure. Il n'est donc pas incongru de songer à fusiller les mauvais généraux vaincus.
Christian Saint-Étienne a raison de faire remarquer que la fausse droite partage, sans toujours l'avouer, les analyses erronées de la gauche. Cette convergence explique que la droite n'ait pas aboli les 35 heures. C'est qu'au fond, elle était d'accord ou, pour le dire avec moins de brutalité, elle n'a pas su élaborer une analyse différente de celle qui mène au 35 heures.
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euthanasie de l'économie française
vendredi, mai 02, 2014
Chevènement est toujours aussi con, ça fait plaisir
Il y a des invariants dans la vie, des trucs auxquels on peut s'accrocher dans ce monde tourbillonnant. La connerie de Jean-Pierre Chevènemnt en est un. Cela fait cinquante ans qu'il est socialiste et donc qu'il ne comprend rien à l'économie et il persiste. Merci Jean-Pierre pour cette bienfaisante stabilité.
Chevènement compare la direction d'Alstom à l'armée française battue en 1940
C'est super-génial d'avoir la sagesse rétrospective et de faire la leçon aux dirigeants d'Alstom comme à des garnements. Car, bien entendu, Jean-Pierre Chevènement, lui, ne s'est jamais trompé et n'a jamais pris de mauvaises décisions.
Comme l'expliquait très bien un patron sur BFM, personne n'est infaillible. Tout le monde peut se tromper. Kron comme Chevènement.
Ce qui fait la différence, en économie capitaliste, ce sont la marge et les fonds propres. C'est ce qui permet d'encaisser les erreurs. Or, cette marge et ces fonds propres sont matraqués par les amis socialistes de Jean-Pierre Chevènement.
Dieu rit des prières qu'on lui fait pour écarter des maux ... Rengaine archi-connue.
Chevènement compare la direction d'Alstom à l'armée française battue en 1940
C'est super-génial d'avoir la sagesse rétrospective et de faire la leçon aux dirigeants d'Alstom comme à des garnements. Car, bien entendu, Jean-Pierre Chevènement, lui, ne s'est jamais trompé et n'a jamais pris de mauvaises décisions.
Comme l'expliquait très bien un patron sur BFM, personne n'est infaillible. Tout le monde peut se tromper. Kron comme Chevènement.
Ce qui fait la différence, en économie capitaliste, ce sont la marge et les fonds propres. C'est ce qui permet d'encaisser les erreurs. Or, cette marge et ces fonds propres sont matraqués par les amis socialistes de Jean-Pierre Chevènement.
Dieu rit des prières qu'on lui fait pour écarter des maux ... Rengaine archi-connue.
jeudi, mai 01, 2014
Ras-le-bol shoatique, obscénité mémorielle et nivellement émotionnel
24 jours en 110 minutes...
Les juifs médiatiques, la classe jacassante juive, en ont trop fait sur le judéocide hitlérien.
L'excés est toujours puni : ras-le-bol, banalisation.
Combiné à un immigration massive foncièrement antisémite, le résultat n'est pas flamboyant, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y a d'ailleurs une contradiction flagrante entre tenir l'antisémitisme pour l'abomination absolue et encourager jusqu'au délire l'immigration de populations à l'antisémitisme notoire. Mais la gauche, dans sa folie, est habituée aux contradictions les plus absurdes.
Il est hélas un peu trop tard pour se rendre compte que l'exhibitionnisme mémoriel peut avoir des inconvénients et que la pudeur, des fois, c'est pas mal.
Mais l'effet le plus grave est encore sur les juifs eux-mêmes : le peuple juif est devenu le peuple de la Shoah. Réduire un peuple millénaire à un événement, aussi dramatique soit-il, tourné en obsession, est une faute contre l'esprit.
Alors, j'ose un sacrilège : non, le peuple juif n'a pas le monopole de la souffrance. Je préfère David abattant Goliath à tous ces geignards qu'on entend si souvent.
Les juifs médiatiques, la classe jacassante juive, en ont trop fait sur le judéocide hitlérien.
L'excés est toujours puni : ras-le-bol, banalisation.
Combiné à un immigration massive foncièrement antisémite, le résultat n'est pas flamboyant, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y a d'ailleurs une contradiction flagrante entre tenir l'antisémitisme pour l'abomination absolue et encourager jusqu'au délire l'immigration de populations à l'antisémitisme notoire. Mais la gauche, dans sa folie, est habituée aux contradictions les plus absurdes.
Il est hélas un peu trop tard pour se rendre compte que l'exhibitionnisme mémoriel peut avoir des inconvénients et que la pudeur, des fois, c'est pas mal.
Mais l'effet le plus grave est encore sur les juifs eux-mêmes : le peuple juif est devenu le peuple de la Shoah. Réduire un peuple millénaire à un événement, aussi dramatique soit-il, tourné en obsession, est une faute contre l'esprit.
Alors, j'ose un sacrilège : non, le peuple juif n'a pas le monopole de la souffrance. Je préfère David abattant Goliath à tous ces geignards qu'on entend si souvent.
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