Suite aux fortes turbulences à sa tête, à des choix peu judicieux et à ses défauts d'organisation (pour le dire gentiment), EADS se trouve endetté jusqu'au cou.
On peut espérer que les nouveaux modèles, A380 et, surtout, A350, lui permettront d'assainir sa situation financière.
Pourtant, on voit déjà deux conséquences de cette dette excessive fort dommageables à long terme :
> une plus grande vulnérabilité au retournement de cycle aéronautique qui ne pourra manquer de survenir.
> une incapacité à investir massivement aux USA, alors que l'Euro au plus haut en offre l'occasion. EADS subit les inconvénients de l'Euro fort sans pouvoir profiter de ses avantages.
Ces deux effets se combinent : le fait de ne pas avoir de pied à terre aux Etats-Unis accroit la vulnérabilité d'EADS.
Heureusement, les contribuables paieront (je précise pour les naïfs qui croient qu'EADS est une entreprise privée).
mercredi, novembre 28, 2007
Les incohérences économiques du gouvernement
Nous le constatons chaque jour, le gouvernement n'a pas de politique économique. Cela se traduit par des incohérences manifestes :
> En Chine, N. Sarkozy demande une réévaluation du Yuan pour faciliter les exportations françaises. Mais, en France, il défend le pouvoir d'achat. Or, si le Yuan augmente, le pouvoir d'achat des Français en produits chinois diminuera.
> Le gouvernement a compris que les PMEs étaient pourvoyeuses d'emplois. Grande découverte ! Aussitôt, il met en place des systèmes, détaxation des heures supplémentaires, crédits d'impot-recherche, que leur complexité rend totalement inaccessibles aux PMEs. Il faut vraiment être un bureaucrate pour pondre des horreurs pareilles et croire qu'elles seront utilisées dans une petite boite.
> Le candidat Sarkozy a insisté pendant la campagne électorale sur «travailler plus» mais au pouvoir, il s'engage dans la politique de la demande, qui échoue depuis trente ans, contraire à son analyse de candidat.
> Le gouvernement baisse certains impots. Pourquoi pas ? Mais, en même temps, revient sur ces engagements de baisse des dépenses. Va-t-on encore creuser le déficit ? Oui, bien sûr. Alors, où est la rupture tant vantée ?
> Le gouvernement nous parle «d'économie de la connaissance», ce qui est louable, mais, en pratique, subventionne les emplois les moins qualifiés par la détaxation des bas salaires. Politique folle, qui tord vers le bas les choix économiques des entreprises et enferme les gens dans une «trappe à pauvreté». 15 % des salariés Français sont entre le salaire minimum et le salaire minmum + 10 %. C'est un chiffre unique en Europe. Si baisse des charges salariales il ya, elle doit être uniforme, de manière à ne pas coincer les gens près du SMIC.
Vous connaissez mon opinion. Dans notre situation, le gouvernement ne peut faire qu'une seule chose bénéfique pour l'économie : ne pas s'en mêler. Les gouvernements successifs ont déjà fait assez de conneries.
En s'abstenant, avec les ressources dégagées à ne plus s'occuper d'économie, le gouvernement trouverait peut-être le temps de travailler sérieusement à tailler dans l'Etat-mammouth, qui ne dépense «que» 55 % du PIB.
Mais, évidemment, c'est plus rigolo d'aller faire le guignol en Chine pour nousconvaincre qu'on a vendu trois Airbus qui se seraient vendus de toute façon.
Notre cornichon-ministre Christine Lagarde nous a dit qu'il fallait arrêter de penser et se mettre au travail. Phrase malheureuse. Ne s'agirait-il pas plutôt pour ceux dont le travail est de penser, notamment au gouvernement, de travailler plus ?
Même ainsi, nous ne serions pas sauvés. On peut penser beaucoup et cependant penser mal : c'est une spécialité de technocrate français.
Si il pouvait y avoir un ingénieur au pouvoir ... Pas un Polytechnicien, haut fonctionnaire à 30 ans, parachuté PDG ou ministre à 40. Non, un vrai ingénieur, qui a débuté dans une usine, est passé par un bureau d'étude puis a monté sa boite la quarantaine venue.
Mais, allons, je délire : d'une part, un homme avec un tel profil n'a aucune chance en politique, il sera «obstaclé» avant (comme dirait Churchill) ; d'autre part, ce type d'hommes a tendance à considérer la politique comme un métier nécessaire mais sale et malhonnête.
> En Chine, N. Sarkozy demande une réévaluation du Yuan pour faciliter les exportations françaises. Mais, en France, il défend le pouvoir d'achat. Or, si le Yuan augmente, le pouvoir d'achat des Français en produits chinois diminuera.
> Le gouvernement a compris que les PMEs étaient pourvoyeuses d'emplois. Grande découverte ! Aussitôt, il met en place des systèmes, détaxation des heures supplémentaires, crédits d'impot-recherche, que leur complexité rend totalement inaccessibles aux PMEs. Il faut vraiment être un bureaucrate pour pondre des horreurs pareilles et croire qu'elles seront utilisées dans une petite boite.
> Le candidat Sarkozy a insisté pendant la campagne électorale sur «travailler plus» mais au pouvoir, il s'engage dans la politique de la demande, qui échoue depuis trente ans, contraire à son analyse de candidat.
> Le gouvernement baisse certains impots. Pourquoi pas ? Mais, en même temps, revient sur ces engagements de baisse des dépenses. Va-t-on encore creuser le déficit ? Oui, bien sûr. Alors, où est la rupture tant vantée ?
> Le gouvernement nous parle «d'économie de la connaissance», ce qui est louable, mais, en pratique, subventionne les emplois les moins qualifiés par la détaxation des bas salaires. Politique folle, qui tord vers le bas les choix économiques des entreprises et enferme les gens dans une «trappe à pauvreté». 15 % des salariés Français sont entre le salaire minimum et le salaire minmum + 10 %. C'est un chiffre unique en Europe. Si baisse des charges salariales il ya, elle doit être uniforme, de manière à ne pas coincer les gens près du SMIC.
Vous connaissez mon opinion. Dans notre situation, le gouvernement ne peut faire qu'une seule chose bénéfique pour l'économie : ne pas s'en mêler. Les gouvernements successifs ont déjà fait assez de conneries.
En s'abstenant, avec les ressources dégagées à ne plus s'occuper d'économie, le gouvernement trouverait peut-être le temps de travailler sérieusement à tailler dans l'Etat-mammouth, qui ne dépense «que» 55 % du PIB.
Mais, évidemment, c'est plus rigolo d'aller faire le guignol en Chine pour nousconvaincre qu'on a vendu trois Airbus qui se seraient vendus de toute façon.
Notre cornichon-ministre Christine Lagarde nous a dit qu'il fallait arrêter de penser et se mettre au travail. Phrase malheureuse. Ne s'agirait-il pas plutôt pour ceux dont le travail est de penser, notamment au gouvernement, de travailler plus ?
Même ainsi, nous ne serions pas sauvés. On peut penser beaucoup et cependant penser mal : c'est une spécialité de technocrate français.
Si il pouvait y avoir un ingénieur au pouvoir ... Pas un Polytechnicien, haut fonctionnaire à 30 ans, parachuté PDG ou ministre à 40. Non, un vrai ingénieur, qui a débuté dans une usine, est passé par un bureau d'étude puis a monté sa boite la quarantaine venue.
Mais, allons, je délire : d'une part, un homme avec un tel profil n'a aucune chance en politique, il sera «obstaclé» avant (comme dirait Churchill) ; d'autre part, ce type d'hommes a tendance à considérer la politique comme un métier nécessaire mais sale et malhonnête.
Vu à la télé : émeutes à Villiers-le-Bel
Pour une fois que la télé est allumée, je vois passer les images de policiers dans un quartier où il y a eu les émeutes.
Ca me fait plus penser à la progression d'une section d'infanterie en combat urbain qu'à une opération de maintien de l'ordre. Mais c'est surement du à mon mauvais esprit.
La France est un pays merveilleux et ceux qui pourraient penser que l'immigration et l'assistanat posent problème sont d'affreux racistes et de sataniques ultra-libéraux.
Il y a en France des territoires hors la République et hors la loi. Nous avons déguisé notre indifférence sous de beaux termes, «travail social» et «respect des cultures», pour pouvoir regarder ailleurs. Mais, il ne faut pas en parler. La France est un pays merveilleux, vous dis-je.
Il y a quelques semaines, à Marseille, un accident de la circulation dont des policiers sont responsables a tué un adolescent. Il n'y a pas eu d'émeutes. Un accident comme celui de Villiers-le-Bel dans le 16ème arrondissement aurait-il donné lieu à un holocauste de Mercedes et de Jaguars ? Bien sûr que non. Mais il ne faut pas en parler. La France est un pays merveilleux.
Ca me fait plus penser à la progression d'une section d'infanterie en combat urbain qu'à une opération de maintien de l'ordre. Mais c'est surement du à mon mauvais esprit.
La France est un pays merveilleux et ceux qui pourraient penser que l'immigration et l'assistanat posent problème sont d'affreux racistes et de sataniques ultra-libéraux.
Il y a en France des territoires hors la République et hors la loi. Nous avons déguisé notre indifférence sous de beaux termes, «travail social» et «respect des cultures», pour pouvoir regarder ailleurs. Mais, il ne faut pas en parler. La France est un pays merveilleux, vous dis-je.
Il y a quelques semaines, à Marseille, un accident de la circulation dont des policiers sont responsables a tué un adolescent. Il n'y a pas eu d'émeutes. Un accident comme celui de Villiers-le-Bel dans le 16ème arrondissement aurait-il donné lieu à un holocauste de Mercedes et de Jaguars ? Bien sûr que non. Mais il ne faut pas en parler. La France est un pays merveilleux.
mardi, novembre 27, 2007
dimanche, novembre 25, 2007
Les contredanses de New York
Pour comparer le civisme de différents pays, des chercheurs ont compté les contraventions des diplomates à NewYork : tous les pays y sont représentés à l'ONU et, les diplomates étant couverts par l'immunité diplomatique, le fait de se mettre ou non en infraction n'a aucune conséquence.
Le choix de respecter ou non la loi est donc seulement affaire de conscience.
Bon premier (je n'en suis pas étonné) : le Koweit, avec 246 contraventions par diplomate en 5 ans. 21 pays pays dont tous les pays scandinaves et la majeure partie des pays anglo-saxons n'ont aucune contravention sur cette période.
Sur 146 pays, la France est 78ème, avec l'Inde et le Laos, et un score de 6.1 contraventions par diplomate.
Seules en Europe de l'ouest l'Italie (14,6 46è), l'Espagne (52è) et le Portugal (68è) font un meilleur score, donc sont moins civiques, que la France.
Le choix de respecter ou non la loi est donc seulement affaire de conscience.
Bon premier (je n'en suis pas étonné) : le Koweit, avec 246 contraventions par diplomate en 5 ans. 21 pays pays dont tous les pays scandinaves et la majeure partie des pays anglo-saxons n'ont aucune contravention sur cette période.
Sur 146 pays, la France est 78ème, avec l'Inde et le Laos, et un score de 6.1 contraventions par diplomate.
Seules en Europe de l'ouest l'Italie (14,6 46è), l'Espagne (52è) et le Portugal (68è) font un meilleur score, donc sont moins civiques, que la France.
La société de défiance (Y. Algan et P. Cahuc)
Les auteurs de ce petit livre montrent que :
1) Parmi les pays comparables, la France est celui où les citoyens ont le moins confiance dans leurs institutions, dans l'économie de marché et où les relations sociales (non seulement institutionnelles mais aussi individuelles) sont les plus empreintes de méfiance et d'incivisme (1).
2) Que cette situation n'est pas due à un vague atavisme culturel mais à des causes précises : le corporatisme et l'étatisme. Le corporatisme, qui lie le statut social et ses avantages à la profession, entraine la méfiance entre les groupes sociaux et l'étatisme, en établissant une relation verticale quasi-exclusive avec le citoyen, appauvrit les relations sociales.
Il n'y a pas là grand'chose de neuf : n'importe quel penseur libéral peut vous expliquer comment l'étatisme infantilise le citoyen, le rendant égoïste, capricieux et irresponsable (conducteur de TGV, quoi).
Mais c'est intéressant qu'à l'aide de nombreux tableaux et études, ce qui était une évidence générale soit précisé dans le cas français.
Comme n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre, nos bien-pensants continueront d'accuser de l'égoïsme et de l'incivilité des Français un «ultra-libéralisme» dont je me demande bien où il le voit, dans notre beau pays où les hommes de l'Etat se sentent vocation à se mêler de tout et du reste.
La société de défiance
(1) : test qui serait comique si il n'était tragique : dans chaque ville choisie pour le test, 20 portefeuilles contenant l'équivalent de 50 $ en monnaie locale et l'adresse du propriétaire ont été égarés. 100 % ont été rapportés en Suède et 28 % en Italie, la France fait 61 %. La France se classe 11 ème sur 15.
1) Parmi les pays comparables, la France est celui où les citoyens ont le moins confiance dans leurs institutions, dans l'économie de marché et où les relations sociales (non seulement institutionnelles mais aussi individuelles) sont les plus empreintes de méfiance et d'incivisme (1).
2) Que cette situation n'est pas due à un vague atavisme culturel mais à des causes précises : le corporatisme et l'étatisme. Le corporatisme, qui lie le statut social et ses avantages à la profession, entraine la méfiance entre les groupes sociaux et l'étatisme, en établissant une relation verticale quasi-exclusive avec le citoyen, appauvrit les relations sociales.
Il n'y a pas là grand'chose de neuf : n'importe quel penseur libéral peut vous expliquer comment l'étatisme infantilise le citoyen, le rendant égoïste, capricieux et irresponsable (conducteur de TGV, quoi).
Mais c'est intéressant qu'à l'aide de nombreux tableaux et études, ce qui était une évidence générale soit précisé dans le cas français.
Comme n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre, nos bien-pensants continueront d'accuser de l'égoïsme et de l'incivilité des Français un «ultra-libéralisme» dont je me demande bien où il le voit, dans notre beau pays où les hommes de l'Etat se sentent vocation à se mêler de tout et du reste.
La société de défiance
(1) : test qui serait comique si il n'était tragique : dans chaque ville choisie pour le test, 20 portefeuilles contenant l'équivalent de 50 $ en monnaie locale et l'adresse du propriétaire ont été égarés. 100 % ont été rapportés en Suède et 28 % en Italie, la France fait 61 %. La France se classe 11 ème sur 15.
Le pouvoir d'achat n'est pas un problème en France
Avant que Sarkozy nous annonce des folies concernant le pouvoir d'achat, je vous renvoie à un précédent message :
Pouvoir d'achat
On voit déjà le coup venir : l'Etat accorde des «sarkozettes», qui permettront d'acheter des écrans plats chinois et des voitures allemandes.
Ca creusera les déficits publics, qui n'en ont vraiment pas besoin, sans améliorer d'un iota le pouvoir d'achat, puisque celui-ci dépend directement de la compétitivité et de la productivité (1) de l'économie, et que le gouvernement n'a aucune opinion, aucun avis et aucune politique sur ces questions.
(1) : l'Etat et ses filiales représentent la moitié de l'économie française, et comme leur productivité est très basse, il est illusoire d'espérer améliorer le pouvoir d'achat sans réformer l'Etat.
Mais il est vrai que je n'ai pas la prodigieuse intelligence du président Sarkozy et que je ne comprends rien à ces affaires.
Pouvoir d'achat
On voit déjà le coup venir : l'Etat accorde des «sarkozettes», qui permettront d'acheter des écrans plats chinois et des voitures allemandes.
Ca creusera les déficits publics, qui n'en ont vraiment pas besoin, sans améliorer d'un iota le pouvoir d'achat, puisque celui-ci dépend directement de la compétitivité et de la productivité (1) de l'économie, et que le gouvernement n'a aucune opinion, aucun avis et aucune politique sur ces questions.
(1) : l'Etat et ses filiales représentent la moitié de l'économie française, et comme leur productivité est très basse, il est illusoire d'espérer améliorer le pouvoir d'achat sans réformer l'Etat.
Mais il est vrai que je n'ai pas la prodigieuse intelligence du président Sarkozy et que je ne comprends rien à ces affaires.
samedi, novembre 24, 2007
La politique française, esclave du mensonge
La politique française vit depuis des décennies dans le mensonge.
Ce mensonge a des traductions comptables :
> déficits publics : nous dépensons des richesses que nous n'avons pas créées
> retraite par répartition : nous nous tirons des créances de retraite non financées
et des traductions politiques :
> «le modèle social français» : nous sommes seulement un modèle de ce qu'il ne faut pas faire.
> «la réforme des régimes spéciaux» : c'est une mesure de justice, certes, mais c'est, économiquement et politiquement, une anecdote, non la «mère de toutes les réformes».
> «l'autre politique» : il n'existe aucune politique qui fasse que dépenser plus qu'on ne crée de richesses ne soit pas un problème.
Et ainsi du reste.
Le mensonge est si présent dans la politique française que nous ne le voyons même plus : alors que les gouvernements américain et chinois ne taisent pas leur inquiétude face à la situation économique, Christine Lagarde, cornichon trois étoiles, maintient ses prévisions de croissance ridicules.
Pourquoi cette accoutumance au mensonge ?
Bien sûr, il y a le terrorisme intellectuel de la gauche, aujourd'hui foyer du mensonge, car elle le nie que le monde a changé : parler de la compétitivité de la France passe pour une obscénité alors que c'est justement la question qui dissipe toutes les finasseries, les arguties, les tergiversations, les louvoiements.
Mais il ne devrait pas y avoir que la gauche faisant de la politique en France. Alors ?
Simplement, un mensonge, bien rond, bien rassurant, quel confort, quel aisance ! Surtout quand une inculture économique crasse empêche qu'il soit trop voyant.
Et nous roulons vers l'abime !
Ce mensonge a des traductions comptables :
> déficits publics : nous dépensons des richesses que nous n'avons pas créées
> retraite par répartition : nous nous tirons des créances de retraite non financées
et des traductions politiques :
> «le modèle social français» : nous sommes seulement un modèle de ce qu'il ne faut pas faire.
> «la réforme des régimes spéciaux» : c'est une mesure de justice, certes, mais c'est, économiquement et politiquement, une anecdote, non la «mère de toutes les réformes».
> «l'autre politique» : il n'existe aucune politique qui fasse que dépenser plus qu'on ne crée de richesses ne soit pas un problème.
Et ainsi du reste.
Le mensonge est si présent dans la politique française que nous ne le voyons même plus : alors que les gouvernements américain et chinois ne taisent pas leur inquiétude face à la situation économique, Christine Lagarde, cornichon trois étoiles, maintient ses prévisions de croissance ridicules.
Pourquoi cette accoutumance au mensonge ?
Bien sûr, il y a le terrorisme intellectuel de la gauche, aujourd'hui foyer du mensonge, car elle le nie que le monde a changé : parler de la compétitivité de la France passe pour une obscénité alors que c'est justement la question qui dissipe toutes les finasseries, les arguties, les tergiversations, les louvoiements.
Mais il ne devrait pas y avoir que la gauche faisant de la politique en France. Alors ?
Simplement, un mensonge, bien rond, bien rassurant, quel confort, quel aisance ! Surtout quand une inculture économique crasse empêche qu'il soit trop voyant.
Et nous roulons vers l'abime !
vendredi, novembre 23, 2007
Décidément le «Grenelle de l'environnement», ça pue
Le diable se niche dans les détails, comme on dit.
Les ONGs écologistes ont demandé lors du «Grenelle de l'environnement» à pouvoir censurer les publicités dont le discours ayant trait à l'écologie, genre EDF, GDF ou Total, ne leur convenait pas.
Les lecteurs réguliers de ce blog, prévenus contre le fond férocement liberticide des écolos, ne seront pas surpris.
Les ONGs écologistes ont demandé lors du «Grenelle de l'environnement» à pouvoir censurer les publicités dont le discours ayant trait à l'écologie, genre EDF, GDF ou Total, ne leur convenait pas.
Les lecteurs réguliers de ce blog, prévenus contre le fond férocement liberticide des écolos, ne seront pas surpris.
jeudi, novembre 22, 2007
L'actualité dans Les Echos et à RTL
Dans Les Echos :
Qu'est-ce que l'Université ?
La France de l'égalité et des privilèges vue d'Italie
Et voici le commentaire de JM Aphatie, journaliste à RTL :
Le propos est de François Fillon.
Il faut réformer les régimes spéciaux de retraites, a-t-il dit, car le déséquilibre entre actifs et inactifs, travailleurs et pensionnés, coûte cinq milliards d'euros chaque année au régime général. L'intention de départ risque fort d'être oubliée sous la pression de la grève.
Au cœur des discussions qui s'ouvrent figure notamment la revalorisation des fins de carrières à la RATP comme à la SNCF. Une revalorisation importante sera imputée sur les comptes de l'entreprise.
A plus ou moins brève échéance, c'est l'usager qui finira par l'acquitter en même temps que son titre de transports. Et puis, les retraites dans les entreprises publiques étant calculés sur les six derniers mois de salaires, c'est le calcul des pensions elles mêmes qui s'en trouvera modifié, à la hausse bien sûr, ce qui pèsera alors sur le régime général.
Au final, il est très probable, sinon déjà presque certain, que la suppression des régimes spéciaux de retraites entraînera peu d'économies, voire suscitera des dépenses supplémentaires.
En France, ce genre de pratique porte un nom.
On appelle cela des réformes, et après tout, on comprend pourquoi nous avons tant tardé à en faire.
Je ne suis visiblement pas le seul à considérer que le gouvernement est inférieur à sa tâche.
Mais pouvait-il en être autrement ? Souvenons nous que la dernière campagne électorale a été globalement médiocre. Il ne pouvait donc s'en dégager une politique claire. Et comme nous avons un dirigeant qui n'a pas les idées claires (sur le plan politique ; au plan électoraliste, c'est autre chose), l'Etat n'est pas dirigé.
Qu'est-ce que l'Université ?
La France de l'égalité et des privilèges vue d'Italie
Et voici le commentaire de JM Aphatie, journaliste à RTL :
Le propos est de François Fillon.
Il faut réformer les régimes spéciaux de retraites, a-t-il dit, car le déséquilibre entre actifs et inactifs, travailleurs et pensionnés, coûte cinq milliards d'euros chaque année au régime général. L'intention de départ risque fort d'être oubliée sous la pression de la grève.
Au cœur des discussions qui s'ouvrent figure notamment la revalorisation des fins de carrières à la RATP comme à la SNCF. Une revalorisation importante sera imputée sur les comptes de l'entreprise.
A plus ou moins brève échéance, c'est l'usager qui finira par l'acquitter en même temps que son titre de transports. Et puis, les retraites dans les entreprises publiques étant calculés sur les six derniers mois de salaires, c'est le calcul des pensions elles mêmes qui s'en trouvera modifié, à la hausse bien sûr, ce qui pèsera alors sur le régime général.
Au final, il est très probable, sinon déjà presque certain, que la suppression des régimes spéciaux de retraites entraînera peu d'économies, voire suscitera des dépenses supplémentaires.
En France, ce genre de pratique porte un nom.
On appelle cela des réformes, et après tout, on comprend pourquoi nous avons tant tardé à en faire.
Je ne suis visiblement pas le seul à considérer que le gouvernement est inférieur à sa tâche.
Mais pouvait-il en être autrement ? Souvenons nous que la dernière campagne électorale a été globalement médiocre. Il ne pouvait donc s'en dégager une politique claire. Et comme nous avons un dirigeant qui n'a pas les idées claires (sur le plan politique ; au plan électoraliste, c'est autre chose), l'Etat n'est pas dirigé.
mardi, novembre 20, 2007
Politique française : plus ça change, plus c'est la même chose
Le gouvernement Sarkozy semblait bizarrement engagé quand il a fait voter une loi sur le service minimum ne garantissant rien du tout, ou presque.
Il s'est encore plus mal engagé de faire la (pseudo-) réforme des «régimes spéciaux» avant que le peu de loi sur le service minimum n'entre en vigueur.
Le jusqu'au boutisme des corpo-gauchistes ne change pas, et comme ce qui est dur vainc ce qui est mou, les privilégiés de la gabegie étatique préservent leurs avantages exquis.
Maintenant, le gouvernement recule pas à pas face aux cheminots. Il préserve la victoire symbolique en laissant tout le terrain, c'est-à-dire des avantages bien réels, à ses adversaires.
Ensuite, le gouvernement, fatigué de naissance, déjà épuisé par si peu d'efforts et aucun résultat positif tangible, ouvrira les vannes de la dépense publique, en tout cas autant qu'il est en son pouvoir, pour se faire pardonner sa maigre victoire, toute en symbole, sur «les forces de progrès».
Et les médias de louer le pragmatisme, l'absence d'idéologie, comprenez «d'idéologie libérale», de ce gouvernement si plaisant.
Et les vraies réformes attendront.
Pauvre France !
Le sarkozysme est un chiraquisme.
Il s'est encore plus mal engagé de faire la (pseudo-) réforme des «régimes spéciaux» avant que le peu de loi sur le service minimum n'entre en vigueur.
Le jusqu'au boutisme des corpo-gauchistes ne change pas, et comme ce qui est dur vainc ce qui est mou, les privilégiés de la gabegie étatique préservent leurs avantages exquis.
Maintenant, le gouvernement recule pas à pas face aux cheminots. Il préserve la victoire symbolique en laissant tout le terrain, c'est-à-dire des avantages bien réels, à ses adversaires.
Ensuite, le gouvernement, fatigué de naissance, déjà épuisé par si peu d'efforts et aucun résultat positif tangible, ouvrira les vannes de la dépense publique, en tout cas autant qu'il est en son pouvoir, pour se faire pardonner sa maigre victoire, toute en symbole, sur «les forces de progrès».
Et les médias de louer le pragmatisme, l'absence d'idéologie, comprenez «d'idéologie libérale», de ce gouvernement si plaisant.
Et les vraies réformes attendront.
Pauvre France !
Le sarkozysme est un chiraquisme.
dimanche, novembre 18, 2007
Les Corses m'emmmerdent ...

Avec un titre pareil, si je ne me fais pas plastiquer ma voiture, c'est à désespérer du respect des traditions.
Plus sérieusement, je suis de très loin le procès d'Yvan Colonna sur le blog de Pascale Rober-Diard.
Et les Corses, avec leur susceptibilité, leur «langue», tout leur folklore et leur prétention, ne me dérangeraient pas si, comble de l'hypocrisie, ils ne vivaient pas en grande partie de subventions venues du «continent» honni. Mordre la main qui vous nourrit, on a déjà fait mieux, dans le genre digne et droit.
Je n'ai jamais eu tellement de goût pour les «gens qui sont nés quelque part» (1), mais, les Corses, tout du moins ceux qu'on entend, sont particulièrement insupportables.
(1) :
C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
C'est pas un lieu commun celui de leur naissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
G. Brassens
samedi, novembre 17, 2007
«Guaino est déconnecté»
Le point de vue du libéral Nicolas Baverez
«Guaino est déconnecté»
L'auteur de «la France qui tombe» critique l'idéologie «volontariste» du conseiller spécial
Le Nouvel Observateur. - On dit qu'Henri Guaino est un des inspirateurs de la politique économique et de ses ratés. Ne lui prête-t-on pas trop de pouvoir ?
Nicolas Baverez. - Il serait absurde d'en faire un bouc émissaire, et je déteste personnaliser les choses. Mais dans notre système, en dernier ressort, c'est le président qui décide, qui tranche. Et Henri Guaino, dans la construction originelle du cabinet présidentiel où la libération économique et sociale devait se faire sous l'égide d'Emmanuelle Mignon, incarne la réassurance nationale. Il a un rôle éminent. Homme des discours, il a le monopole du verbe, et il verrouille.
N. O. - Du coup, il est au coeur du débat sur le bon usage du volontarisme... [Je vous rappelle que «volontariste», si l'on s'en tient à la définition du dictionnaire, est très loin d'être un compliment.]
N. Baverez. - Aujourd'hui, la grande question pour la France est de savoir si elle est disposée, avec vingt ans de retard, à s'adapter à la mondialisation. Nicolas Sarkozy doit choisir entre protectionnisme et ouverture. Henri Guaino pousse Sarkozy au volontarisme. Mais tout dépend de ce qu'on met sous ce mot. Dire que la situation de la France, affectée d'un chômage structurel de 8,5%, d'une croissance bloquée à 2% et d'une dette qui lui coûte un point de PIB chaque année, relève d'une action volontaire est une tautologie. L'Allemagne de Schröder, la Grande-Bretagne de Thatcher ou les Etats-Unis de Reagan ont tous fait l'expérience du volontarisme. La question est donc de définir ce que doit être le rôle pilote, directeur de l'Etat dans une stratégie de changement. Or Henri Guaino est déconnecté. Il ne connaît rien à l'entreprise [inversement, on peut très bien connaître l'entreprise, et avoir de très mauvaises conceptions mais c'est plus rare] et rien à la globalisation; du coup, le discours sur l'insertion dans le grand marché européen et dans la globalisation souffre d'un certain nombre d'ambiguïtés.
N. O.- Quelles sont-elles ?
N. Baverez. - Il y a d'abord la petite musique protectionniste que l'on a entendue dans les discours de campagne, quand Sarkozy a parlé de préférence communautaire. Une maladresse sans portée pratique. On est en revanche dans l'ambiguïté dans d'autres discours. Alors qu'Hubert Védrine, dans le rapport que lui a demandé le président de la République, recommande clairement de se positionner dans la mondialisation, de l'accepter, Guaino-Sarko ne donnent jamais l'impression de l'assumer. On a l'impression qu'Henri Guaino a revendu à Sarkozy ce qu'il avait déjà vendu à Chirac : l'idée que la politique n'a que faire d'un raisonnement comptable. C'est une erreur, il faut un raisonnement comptable pour rétablir l'équilibre de nos finances publiques et restaurer notre crédibilité auprès de nos partenaires européens.
Autre ambiguïté : Henri Guaino croit en l'Etat; pour lui, la société française s'organise autour de l'Etat. Vendre l'idée d'une sorte de troc - laxisme sur la réforme de l'Etat contre feu vert de la réforme dans les autres domaines - serait un marché de dupes, car la réforme de l'Etat est au coeur de la réforme. [Vous imaginez bien que je suis en complet accord]
N. O. - Ces ambiguïtés ont un prix. Aujourd'hui, les nuages s'amoncellent...
N. Baverez. - Initialement, la stratégie implicite de Sarkozy était le contournement : heures supplémentaires défiscalisées pour éviter un clash sur la suppression des 35 heures, bouclier fiscal pour ne pas avoir à supprimer l'ISF, ouverture aux changements sociaux. Mais Guaino a maintenu le chef de l'Etat dans une posture de campagne - la rupture et, avec le changement de conjoncture internationale, la méthode de contournement est en train d'échouer. On s'achemine vers un durcissement, une situation conflictuelle. Dans ce moment de vérité, l'épreuve de force peut encore tourner à l'avantage de Sarkozy. Mais, dans le rapport de force qui l'oppose à des corporatismes qui adorent le goût du sang et qui sont convaincus de surcroît qu'il est prenable, Sarkozy est seul.
Jean-Gabriel Fredet
Le Nouvel Observateur
«Guaino est déconnecté»
L'auteur de «la France qui tombe» critique l'idéologie «volontariste» du conseiller spécial
Le Nouvel Observateur. - On dit qu'Henri Guaino est un des inspirateurs de la politique économique et de ses ratés. Ne lui prête-t-on pas trop de pouvoir ?
Nicolas Baverez. - Il serait absurde d'en faire un bouc émissaire, et je déteste personnaliser les choses. Mais dans notre système, en dernier ressort, c'est le président qui décide, qui tranche. Et Henri Guaino, dans la construction originelle du cabinet présidentiel où la libération économique et sociale devait se faire sous l'égide d'Emmanuelle Mignon, incarne la réassurance nationale. Il a un rôle éminent. Homme des discours, il a le monopole du verbe, et il verrouille.
N. O. - Du coup, il est au coeur du débat sur le bon usage du volontarisme... [Je vous rappelle que «volontariste», si l'on s'en tient à la définition du dictionnaire, est très loin d'être un compliment.]
N. Baverez. - Aujourd'hui, la grande question pour la France est de savoir si elle est disposée, avec vingt ans de retard, à s'adapter à la mondialisation. Nicolas Sarkozy doit choisir entre protectionnisme et ouverture. Henri Guaino pousse Sarkozy au volontarisme. Mais tout dépend de ce qu'on met sous ce mot. Dire que la situation de la France, affectée d'un chômage structurel de 8,5%, d'une croissance bloquée à 2% et d'une dette qui lui coûte un point de PIB chaque année, relève d'une action volontaire est une tautologie. L'Allemagne de Schröder, la Grande-Bretagne de Thatcher ou les Etats-Unis de Reagan ont tous fait l'expérience du volontarisme. La question est donc de définir ce que doit être le rôle pilote, directeur de l'Etat dans une stratégie de changement. Or Henri Guaino est déconnecté. Il ne connaît rien à l'entreprise [inversement, on peut très bien connaître l'entreprise, et avoir de très mauvaises conceptions mais c'est plus rare] et rien à la globalisation; du coup, le discours sur l'insertion dans le grand marché européen et dans la globalisation souffre d'un certain nombre d'ambiguïtés.
N. O.- Quelles sont-elles ?
N. Baverez. - Il y a d'abord la petite musique protectionniste que l'on a entendue dans les discours de campagne, quand Sarkozy a parlé de préférence communautaire. Une maladresse sans portée pratique. On est en revanche dans l'ambiguïté dans d'autres discours. Alors qu'Hubert Védrine, dans le rapport que lui a demandé le président de la République, recommande clairement de se positionner dans la mondialisation, de l'accepter, Guaino-Sarko ne donnent jamais l'impression de l'assumer. On a l'impression qu'Henri Guaino a revendu à Sarkozy ce qu'il avait déjà vendu à Chirac : l'idée que la politique n'a que faire d'un raisonnement comptable. C'est une erreur, il faut un raisonnement comptable pour rétablir l'équilibre de nos finances publiques et restaurer notre crédibilité auprès de nos partenaires européens.
Autre ambiguïté : Henri Guaino croit en l'Etat; pour lui, la société française s'organise autour de l'Etat. Vendre l'idée d'une sorte de troc - laxisme sur la réforme de l'Etat contre feu vert de la réforme dans les autres domaines - serait un marché de dupes, car la réforme de l'Etat est au coeur de la réforme. [Vous imaginez bien que je suis en complet accord]
N. O. - Ces ambiguïtés ont un prix. Aujourd'hui, les nuages s'amoncellent...
N. Baverez. - Initialement, la stratégie implicite de Sarkozy était le contournement : heures supplémentaires défiscalisées pour éviter un clash sur la suppression des 35 heures, bouclier fiscal pour ne pas avoir à supprimer l'ISF, ouverture aux changements sociaux. Mais Guaino a maintenu le chef de l'Etat dans une posture de campagne - la rupture et, avec le changement de conjoncture internationale, la méthode de contournement est en train d'échouer. On s'achemine vers un durcissement, une situation conflictuelle. Dans ce moment de vérité, l'épreuve de force peut encore tourner à l'avantage de Sarkozy. Mais, dans le rapport de force qui l'oppose à des corporatismes qui adorent le goût du sang et qui sont convaincus de surcroît qu'il est prenable, Sarkozy est seul.
Jean-Gabriel Fredet
Le Nouvel Observateur
vendredi, novembre 16, 2007
Et, pendant ce temps, dans le reste du monde ...
En France, nous sommes tellement imbus de notre grande «exception culturelle», qui n'est en réalité qu'un minable provincialisme, qu'il ne nous viendrait pas à l'idée de regarder un «petit» pays comme le Chili, et pourtant -qui sait ?- ça serait peut-être profitable :
La solution chilienne
La solution chilienne
jeudi, novembre 15, 2007
Gesticulation sans réformes, grèves sans revendications
Le spectacle auquel nous assistons en ce moment affligeant.D'un coté, un gouvernement qui joue les fiers-à-bras sur un détail, les régimes spéciaux de retraite.
Certes, dans un souci d'équité, il faut régler ce problème ; encore qu'on soupçonne qu'après cette pseudo-réforme, les régimes de retraite des privilégiés seront toujours aussi spéciaux, simplement sur des points moins visibles que la durée de cotisation.
Je vous fiche mon billet que, dans les faits, les conducteurs de trains partiront à la retraite au même âge et avec la même pension qu'actuellement. Seul le calcul sera différent.
Le gouvernement nous sort le grand jeu pour un point qui n'en vaut pas la peine.
De vraies réformes auraient été le passage à la retraite par capitalisation ou la diminution des effectifs publics d'un tiers (voir Croissance, dettes, retraites).
Or, l'expérience de la douzaine de pays ayant fait des réformes de ce genre, qui se portent fort bien (ce qui montre au passage que ces idées n'ont rien d'extrême contrairement à ce que répètent à l'envi nos conservateurs) est sans ambiguité : les réformateurs authentiques se battent sur l'essentiel.
Sarkozy est un Chirac sans la tête de veau, et sans Bernadette.
De l'autre coté, les syndicats ne sont pas mieux. Que revendiquent-ils ? Que rien ne bouge, bien piètres revendications. Et avec quels effectifs ? Au grand maximum, au comble de l'optimisme, 8 % des salariés. Bien maigres troupes.
Dans ce théâtre d'ombres, l'immaturité économique des protagonistes saute au yeux de l'honnête citoyen et ne peut que le navrer.
En attendant, continuons à payer à fonds perdus impôts, taxes et charges sociales ...
mercredi, novembre 14, 2007
Où est le fameux «choc de confiance» ?
On nous a tympanisé, depuis l'élection présidentielle, avec le «choc de confiance» qui aurait du, qui devrait, relancer l'économie française.
C'est un exemple de mon principal reproche au gouvernement en matière économique : ne pas avoir des idées nettes et justes.
Non seulement, la confiance ne se décrète pas, mais la confiance, au sens où l'entendent les économistes qui considèrent que c'est un élément fondamental de la prospérité d'un pays, est une manière d'être profondément ancrée dans un pays, pas le résultat de deux ou trois tours de passe-passe fiscaux.
La confiance, en ce sens, a pour condition première une stabilité fiscale, juridique et institutionnelle qui permette de se projeter dans l'avenir sans crainte de changements perpétuels, ni de l'arbitraire administratif. Et cette stabilité a elle-même pour condition des lois et une fiscalité simples et cohérentes, c'est-à-dire robustes à l'évolution des circonstances.
Ce que je viens de décrire là est exactement le contraire de ce que font les gouvernements français, gouvernement Sarkozy compris, depuis des décennies : ils empilent des lois de circonstance, générant une règlementation et une fiscalité si touffues et contradictoires qu'il est probable qu'il n'y a pas un Français, et surtout pas un employeur, qui ne soit en infraction sur un point ou sur un autre.
L'insécurité juridique est une forme d'oppression, de contrôle de la société par l'administration. Dans le maquis règlementaire, il y a toujours une loi ou un règlement qui permet à un fonctionnaire mal luné d'emmerder un citoyen contribuable. (1)
Si le gouvernement Sarkozy avait vraiment voulu provoquer un «un choc de confiance», il aurait abrogé les lois de circonstances et diminué le domaine d'intervention des administrations.
Car c'est l'Etat et l'administration qui créent l'insécurité juridique et fiscale.
La sécurité juridique ne fait pas à elle seule la confiance, mais elle en est une condition. Nous voilà bien loin de deux ou trois cadeaux fiscaux.
Mais que voulez-vous faire avec un gouvernement qui n'a que des idées tordues ?
(1) : j'en ai l'expérience dans l'aviation générale : tous les quatre matins, il sort un nouveau règlement, une nouvelle circulaire, une modification d'un règlement précédent, sans grande utilité, mais, au fond, c'est le froissement du fouet sur les épaules du cheval, ce n'est pas pour faire mal, c'est juste pour rappeler qui est le maitre, et ne pas laisser les gens se faire une illusion de liberté.
C'est un exemple de mon principal reproche au gouvernement en matière économique : ne pas avoir des idées nettes et justes.
Non seulement, la confiance ne se décrète pas, mais la confiance, au sens où l'entendent les économistes qui considèrent que c'est un élément fondamental de la prospérité d'un pays, est une manière d'être profondément ancrée dans un pays, pas le résultat de deux ou trois tours de passe-passe fiscaux.
La confiance, en ce sens, a pour condition première une stabilité fiscale, juridique et institutionnelle qui permette de se projeter dans l'avenir sans crainte de changements perpétuels, ni de l'arbitraire administratif. Et cette stabilité a elle-même pour condition des lois et une fiscalité simples et cohérentes, c'est-à-dire robustes à l'évolution des circonstances.
Ce que je viens de décrire là est exactement le contraire de ce que font les gouvernements français, gouvernement Sarkozy compris, depuis des décennies : ils empilent des lois de circonstance, générant une règlementation et une fiscalité si touffues et contradictoires qu'il est probable qu'il n'y a pas un Français, et surtout pas un employeur, qui ne soit en infraction sur un point ou sur un autre.
L'insécurité juridique est une forme d'oppression, de contrôle de la société par l'administration. Dans le maquis règlementaire, il y a toujours une loi ou un règlement qui permet à un fonctionnaire mal luné d'emmerder un citoyen contribuable. (1)
Si le gouvernement Sarkozy avait vraiment voulu provoquer un «un choc de confiance», il aurait abrogé les lois de circonstances et diminué le domaine d'intervention des administrations.
Car c'est l'Etat et l'administration qui créent l'insécurité juridique et fiscale.
La sécurité juridique ne fait pas à elle seule la confiance, mais elle en est une condition. Nous voilà bien loin de deux ou trois cadeaux fiscaux.
Mais que voulez-vous faire avec un gouvernement qui n'a que des idées tordues ?
(1) : j'en ai l'expérience dans l'aviation générale : tous les quatre matins, il sort un nouveau règlement, une nouvelle circulaire, une modification d'un règlement précédent, sans grande utilité, mais, au fond, c'est le froissement du fouet sur les épaules du cheval, ce n'est pas pour faire mal, c'est juste pour rappeler qui est le maitre, et ne pas laisser les gens se faire une illusion de liberté.
mardi, novembre 13, 2007
Instruction : pour Maurice Genevoix
Maurice Genevoix fait partie, comme Stendhal, Péguy ou Maupassant, de ces auteurs qui n'ont pas l'heur de plaire à notre tribu enseignante.Passons sur le fait que, le niveau baissant, les élèves sont de moins en moins capables d'apprécier des œuvres un peu fines, ironiques et complexes ; tout n'est pas perdu de ce coté.
On peut trouver Zola et Hugo, auteurs recommandés, assommants ; à condition de ne pas le dire car ce serait un blasphème.
Par dessus les auteurs bien vus, on ajoute deux louches de littérature jeunesse misérabiliste, pour achever d'orienter les élèves, et, hop, le tour est joué, voilà formés des «citoyens» (comprendre : de bons petits soldats pour les démagogues de gauche).
Mais, on ne fournira surtout pas aux élèves l'occasion de se frotter à des individualistes, qui prennent leurs distances avec le troupeau et les passions collectives, qui restent sur leur quant-à-soi, dont la fierté ne se soumet pas à l'exaltation de la «bonne cause», des sceptiques devant les enthousiasmes panurgesques. Lucien Leuwen passe ton chemin.
Le cas de Maurice Genevoix est intéressant. On ne peut pas dire que ces œuvres soient de droite, mais ne pas être de gauche suffit à le condamner aux oubliettes.
La qualité de ses écrits n'est pas en cause, elle fait l'unanimité, et l'intérêt de Raboliot ou de La boite à pêche pour des jeunes est difficilement contestable, sauf bien sûr à prendre les élèves des imbéciles capables seulement de s'intéresser à ce qui leur ressemble.
Le vrai crime de Genevoix, qui l'expédie dans l'enfer des bibliothèques scolaires, est tout entier dans ses livres :
> il a pu décrire la guerre, et de quelle façon, sans jamais en accuser la capitalisme et la lutte des classes.
> ses héros sont des paysans, des braconniers et des pêcheurs, pas des ouvriers. Raboliot n'était pas plus riche que Lantier, mais surement moins apte à éveiller la conscience de classe des élèves, à faire d'eux des «citoyens», au sens si particulier que donnent à ce mot nos servants du gauchisme.
> Genevoix, écrivain naturaliste, qui connaissait mieux la nature que tous les élus écologistes de Paris pris ensemble, n'a jamais eu un mot pour un parti politique écologiste.
> Dans Trente mille jours, il a expliqué sans équivoque son refus d'être un écrivain engagé.
Non, vraiment, Genevoix, passé aux critères de notre populace enseignante, c'est pas du monde bien.
Alors, il reste lu par les «happy few» qui ont eu la chance d'être séduits, hors de l'école, par un de ses livres. Il est ainsi dans le même cas que Stendhal, Montherlant, Morand, Maupassant, Péguy et même Proust. Fameuse compagnie, au demeurant.
Mais c'est tout de même rageant. (Ca permet des allitérations en "an" qu'aurait vigoureusement condamnées Flaubert).

(Les lecteurs de Ceux de 14 auront reconnu dans la première photo ce portrait que Genevoix s'est fait tirer en permission à Verdun avant de retourner aux Eparges.)
Libellés :
instruction,
littérature
dimanche, novembre 11, 2007
Une conséquence immédiate des déficits publics
J'entends souvent, dans un style «après moi, le déluge», que, certes, je n'ai peut-être pas entièrement tort de penser que la dette et les déficits publics français vont avoir à terme des conséquences catastrophiques, mais que, pour l'instant, tout va bien et puis, en est-on si assuré, de ces conséquences catastrophiques ? Et Carpe diem.
Je n'insiste pas sur l'irresponsabilité de tels propos pourtant fort répandus.
Or c'est on ne peut plus faux :
1) La dette publique et ses intérêts, par l'intermédiaire des prélèvements obligatoires (impôts) et des prélèvements volontaires (bons du Trésor), assèchent les capacité de financement des entreprises françaises, notamment des PMEs, qui ont pourtant vocation à être créatrices d'emplois et de richesses.
La dette et les déficits publics sont de manière indirecte mais sûre un facteur important, et même principal, du chômage français (c'est tout à fait l'inverse du raisonnement keynésien si bien vu de nos élites).
Il me semble léger de soutenir que c'est une conséquence négligeable.
2) Comme il est plus risqué d'être créancier de l'Etat français, nos taux d'intérêts sont plus élevés que ceux de nos voisins (graphique JP Chevallier) et il n'y a pas besoin de sortir de l'ENA pour comprendre que ce n'est pas à notre avantage.
Donc, la dette et les déficits ont des conséquences néfastes immédiates. Inutile d'attendre 2020.
De plus, particularité française, cette dette et ses déficits n'ont pas de conséquences économiques favorables qui compenseraient leurs inconvénients, puisque la dette finance des dépenses courantes (en gros, nourrit des fonctionnaires inutiles) et non des investissements.
Bref, Carpe Diem, c'est très rigolo, mais ça ressemble à Pompéi la veille de l'éruption.
Je n'insiste pas sur l'irresponsabilité de tels propos pourtant fort répandus.
Or c'est on ne peut plus faux :
1) La dette publique et ses intérêts, par l'intermédiaire des prélèvements obligatoires (impôts) et des prélèvements volontaires (bons du Trésor), assèchent les capacité de financement des entreprises françaises, notamment des PMEs, qui ont pourtant vocation à être créatrices d'emplois et de richesses.
La dette et les déficits publics sont de manière indirecte mais sûre un facteur important, et même principal, du chômage français (c'est tout à fait l'inverse du raisonnement keynésien si bien vu de nos élites).
Il me semble léger de soutenir que c'est une conséquence négligeable.
2) Comme il est plus risqué d'être créancier de l'Etat français, nos taux d'intérêts sont plus élevés que ceux de nos voisins (graphique JP Chevallier) et il n'y a pas besoin de sortir de l'ENA pour comprendre que ce n'est pas à notre avantage.
Donc, la dette et les déficits ont des conséquences néfastes immédiates. Inutile d'attendre 2020.
De plus, particularité française, cette dette et ses déficits n'ont pas de conséquences économiques favorables qui compenseraient leurs inconvénients, puisque la dette finance des dépenses courantes (en gros, nourrit des fonctionnaires inutiles) et non des investissements.
Bref, Carpe Diem, c'est très rigolo, mais ça ressemble à Pompéi la veille de l'éruption.
vendredi, novembre 09, 2007
Question technique
Comment passe-t-on des guillemets "" par défaut aux guillemets « » par défaut ?
Ou, sinon, quelle est la combinaison de touches permettant d'avoir les guillemets « » ?
Ou, sinon, quelle est la combinaison de touches permettant d'avoir les guillemets « » ?
Inscription à :
Articles (Atom)
