dimanche, octobre 21, 2007

Demain, la lettre de Guy Moquet

Demain 22 octobre, les professeurs d'histoire dans les lycées, appliquant les consignes de leur ministre, devraient lire en classe la lettre d'adieu de Guy Moquet.

Cette lettre ne me semble pas le choix le plus judicieux, passons.

J'ai parcouru sur le forum du journal Le Monde les réactions consacrées à ce sujet. Si les gens qui s'y disent enseignants le sont vraiment, je suis atterré, c'est essentiellement des propos dignes d'adolescents attardés : «Je ne le ferai pas parce qu'on me le demande, je n'ai d'ordres (1) à recevoir de personne, et surtout pas d'un gouvernement "fasciste".»

Alors que le ministre offre une solution simple aux contestataires : mettre cette lettre dans son contexte, et là, ils peuvent dire tout ce qu'ils ont sur le cœur, y compris d'ailleurs des conneries.

A moins que les lycéens actuels soient dans l'incapacité de comprendre un contexte complexe, ce qui, au vu des quelques lycéens que je connais, n'est pas impossible.

J'entends souvent dire que le niveau des enseignants baisse. J'espère que le forum du Monde n'est pas représentatif car il illustre à merveille la boutade d'Einstein : «Deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine. Pour l'univers, j'ai encore un doute.»

(1) : vous savez ce que j'en pense : tout employé est susceptible de recevoir des ordres de qui le paye. Quand on est dans un système d'éducation étatique, on s'expose donc à la possibilité de recevoir des ordres du ministre de l'éducation. Ceux à qui ça ne plait pas peuvent enseigner dans le privé hors contrat.

samedi, octobre 20, 2007

La connaissance inutile : une plaie toujours suintante du débat démocratique

JF Revel expliquait que l'idéologie était le déni de la réalité, gouverné par le précepte : «Si les faits contredisent vos idées, niez, maquillez, ignorez les faits.»

Revel avait écrit à ce propos un ouvrage qui mérite encore lecture : La connaissance inutile. On sait, mais on fait comme si on ne savait pas, par idéologie.

La grande idéologie des années Revel était de prétendre que le modèle soviétique n'était pas inférieur au modèle libéral.

Aujourd'hui, on nous explique que les idéologies sont mortes.

Je suis sûr du contraire, sinon, comment pourrait-on avoir traité pendant la campagne électorale Nicolas Sarkozy de «fasciste» ?

On peut reprocher tout ce qu'on veut à Nicolas Sarkozy, le qualificatif de «fasciste» ne correspond pas à ce qu'on sait de lui.

L'actualité récente m'a fourni par deux fois l'occasion de me heurter au mur de la connaissance inutile :

> à propos du prix Nobel d'Al Gore. Voici quelqu'un que j'estime, pas méchant. Je parle de réchauffement climatique, ce en quoi j'ai tort : je sais par expérience que, dans neuf cas sur dix, je vais me heurter à un mur.

Vous connaissez mes opinions sur le sujet. Hé bien, ça n'a pas raté : ce monsieur ne voulait pas savoir, et ce qu'il savait déjà, il préférait l'ignorer. Dans ce cas là, mieux vaut couper court à la conversation : ça se terminerait en fâcherie ou en humiliation, ou les deux.

> deuxième sujet, les retraites. Pour certaines personnes, le vieillissement de la population n'existe pas, ou c'est tout comme. En tout cas, il n'a aucun rapport avec les systèmes de retraite.

J'ai trouvé une parade très amusante : vous convenez avec ces gens qu'il est effectivement scandaleux d'élever l'âge de départ à la retraite. Puis vous envisagez qu'il serait mieux que tout le monde parte à la retraite à 55 ans. Puis, au fil de la conversation, vous abaissez le seuil. Il est ainsi possible avec un peu d'entrainement de tomber d'accord que 45 ans comme âge de départ à la retraite, il faudrait sérieusement y penser.

jeudi, octobre 18, 2007

Qui finance les régimes de retraites spéciaux ?

Cet article est uniquement à l'usage des naïfs, les autres connaissent la réponse depuis longtemps.

Qui finance les régimes de retraites spéciaux ?

mardi, octobre 16, 2007

L'Etat trahit-il les bénéficiaires de régimes de retraite spéciaux ?

On entend souvent cet argument : par la réforme des retraites, l'Etat trahirait la parole donnée aux bénéficiaires de régimes de retraite spéciaux.

Hé bien, je suis entièrement d'accord avec cet argument. L'Etat trahit sa parole vis-à-vis des bénéficiaires de régimes de retraite spéciaux comme il l'a fait vis-à-vis des bénéficiaires du régime général il y a quelques années.

Mais c'est l'inconvénient du système de retraite par répartition : on ne peut pas lui faire confiance. C'est un système collectiviste, il est sous contrôle de la politique et soumis aux aleas de celle-ci.

On ne peut pas choisir et défendre un système vicieux et anti-économique et ensuite se plaindre de ses défauts.

lundi, octobre 15, 2007

Notre société de défiance

J'ai cru comprendre que se moquer des «avantages acquis» des (feignasses (1) de) conducteurs de TGV de la SNCF était faire preuve de conservatisme débridé.

Alors, pour me racheter, je cite un journal qui ne peut que me placer à la pointe du progressisme social, loin de mon inclination naturelle à cirer les pompes des 200 familles : Libé.

EADS et le modèle social français

Puisque le corporatisme, l'étatisme et la technocratie sont les legs de Vichy les plus prenants sur notre société de 2007, je ne peux m'empêcher de repenser à Jean Bichelonne et à cette blague de taupin, hélas trop juste dans son cas : «Quelle est la différence entre un train et un X ? Le train, quand il déraille, il s'arrête, lui.»


(1) : étant donné qu'ils sont très bien payés pour un boulot pas trop stressant, pour pas beaucoup d'heures hebdomadaires et pour un retraite précoce (sauf quand ils se recyclent comme cunsultants ferroviaires), le qualificatif me paraît aisé à défendre.

dimanche, octobre 14, 2007

La France de la peur et la Défense

Les témoignages de la Commission du Livre Blanc sur la Défense sont très intéressants.

L'Armée de l'Air décroche (signalé par Secret Défense) :

Le témoignage duLt-Col Foussard


Un témoignage de journalistes très décapant, je vous laisse juger :

Allémonière et Guisnel

Ca ne donne pas une idée terrible de la France et de sa politique de Défense.

vendredi, octobre 12, 2007

Les piliers du temple de la croissance molle

J'entendais ce matin une interview d'Yvon Gattaz. C'est toujours rafraichissant d'entendre cet homme qui a créé, avec son frère, alors qu'ils étaient tout jeunes, une entreprise qui est maintenant implantée dans le monde entier.

Que disait-il (avec mes commentaires en notes) ?

Les Français, aidés par leus politiciens, ont élevé à un temple de la croissance molle. Les Français disent "Croissance, croissance, croissance" en sautant comme des cabris, mais, au fond, ils n'y croient pas vraiment, qu'une croissance forte résoudra 99 % de leurs problèmes économiques et sociaux (1). Ils sont bien dans leur petit confort, et si il y a des Français qui ne sont pas si bien, pauvres, chomeurs, c'est la faute de la mondialisation, de la météo, du vilain capitalisme, mais pas d'une mauvaise politique, pas de l'absence de croissance.

Dans le temple français de la croissance molle, il y a deux cultes principaux.

Le premier est le culte de l'ourson : il est petit, doux, affectueux, on a envie de le materner. Mais, si il grandit, il devient un gros ours dégueulasse. En France, on aime et on protège les petits jusqu'à outrance : petites entreprises, petits producteurs, petits artisans, petits employés, petits commerces ... Mais si ils essaient de grossir, si ils essaient de devenir grands producteurs, industriels, grandes surfaces, gare ! Ils deviennent alors des salauds de patrons, de sales capitalistes. (2)

Or, c'est justement le "Mittelstand", les "Middle Size Companies" qui font la fortune de l'Allemagne et des USA.

En France, on a bien d'énormes entreprises, celles qui ont réussi à grossir à force d'implantations à l'étranger et de rapports incestueux avec l'Etat, mais d'ETM, ces Entreprises de Taille Moyenne de quelques centaines à quelques milliers d'employés, pas la queue d'une, en tout cas, pas prospère, rentable, en croissnce continue.

Le deuxième culte dans le temple français de la croissance molle est la vénération de l'IAA. L'IAA, c'est l'Inamovibilité des Avantages Acquis. La roue tourne, le temps passe, les conditions de vie s'améliorent, l'économie change, mais les AA restent là au milieu de la place, tels qu'en eux-mêmes l'éternité les change (3) et ils paralysent toute évolution, toute adaptation. L'exemple des 35 h est affolant : tout le monde les trouve mauvaises pour l'économie en général et pour pas mal de gens en particulier, et pourtant, on ne revient pas dessus (4).

Ces deux cultes suffisent amlement à expliquer la stagnation économique, sociale et politique (car ces trois marchent ensemble : un pays peu prospère vit mal et n'exerce guère d'influence) de notre merveilleux pays.

(1) C'est pourtant ce que montre tous les exemples étrangers, notamment un pays que j'apprécie comme j'apprécie la Guinness : l'Irlande. Mais les Français sont si supérieurement intelligents qu'il n'est pas digne d'eux de regarder, modestement, pragmatiquement, sans théorisation excessive, ce qui s'est fait ailleurs, n'est-ce pas ? Je rappelle juste que, sur 20 ans la différence entre 2 % de croissance annuelle (chiffre que la France peine à atteindre) et 3.5 % est 35 % de richesse en plus. Aucune politique de redistribution, aucune politique de "pouvoir d'achat", aucune politique de "patriotisme économique", ne peut atteindre un tel chiffre.

(2) : La France est le seul pays au monde où des lois empêchent les entreprises de grossir (la fameuse barrière des 50 employés). J'ai connu un "savant fou" qui créait une entreprise dès qu'il avait une idée intéressante et rentable, il en a eu quelques unes. Mais il s'arrêtait systématiquement d'embaucher à 49 employés. Pas optimal, non ?

(3) Exemple risible tellement il est caricatural : les conducteurs de TGV touchent une prime de charbon.

(4) Le pompon en matière d'avantage acquis est bien sûr la fonction publique. Notamment, il est quasiment considéré comme un du que les effectifs augmentent toujours.

La blague de l'année

Al Gore et le GIEC viennent d'obtenir la prix Nobel de la Paix.

Si vous n'avez pas compris pourquoi j'en ai une crise de fou rire :

Le réchauffisme sur La lime

jeudi, octobre 11, 2007

«L'esprit de Polytechnique» : l'exemple de Jean Bichelonne

Je sais qu'il est par certains cotés injuste de qualifier d'«esprit de Polytechnique» la tendance pernicieuse de technocrates forts en thème à trop vouloir contrôler et maitriser des phénomènes humains et des sociétés complexes, au mépris de l'ingéniosité et de la faculté d'adaptation des autres hommes (les inférieurs non-Polytechniciens) ; cette façon de voir et de faire conduit généralement à des catastrophes de grande ampleur.

Il y a des Polytechnicens qui n'ont pas cet «esprit de Polytechnique» et des non-Polytechniciens qui l'ont.

Pourtant, cet «esprit de Polytechnique» est trop présent dans notre histoire récente, Genevoix s'en plaignait déjà en 1914, les erreurs se payaient au prix du sang - des autres, pour qu'on puisse le négliger par souci du moral de nos X.

L'histoire de Jean Bichelonne, major de l'école à l'entrée et la sortie, est extrême, mais elle n'en est que plus emblématique.

Biographie de Jean Bichelonne

Je connaissais un directeur de «grande école» qui disait : «La proportion de cons est à peu près la même partout. Simplement, plus les cons sont diplômés, plus ils ont de pouvoir, plus ils sont dangereux.» (Il pensait à Noël Forgeard ?)

mercredi, octobre 10, 2007

BHL contre Henri Guaino


Henri Guaino est le nègre de Nicolas Sarkozy. Les fidèles lecteurs de ce blog savent tout le bien que j'en pense.

Ce monsieur et notre philosophe national, BHL, s'insultent, ça vole haut, ça remonte l'élite parisienne dans mon estime.

Cependant, je dois reconnaitre que, au-delà de la forme, je suis plutôt d'accord avec BHL.

Notamment, je trouve «d'inspiration maurrassienne» pour qualifier la politique du gouvernement actuel particulièrement judicieux.

Petit rappel de la pensée maurrassienne pour ceux qui voudraient se rafraichir la mémoire :

Le grand retour de Charles Maurras


Le siècle de M. Pétain

mardi, octobre 09, 2007

Le gouvernement est à désespérer

Le gouvernement est à désespérer, et comme l'opposition n'est pas mieux, c'est à désespérer de nos politiciens :

Le grand retour des idéologues


Henri Guaino est un homme dont je me demande si il est :

> un imbécile (peu probable, mais pas exclu)

> un salaud (plus probable)

> un technocrate aveuglé par son milieu, par ses certitudes (pas très différent d'un salaud)

En tous les cas, tout ce que j'ai lu de lui me révolte : il recourt à des idées étatistes qui ont déjà échoué en grand, ce qui est tout à fait inadmissible pour quelqu'un d'intelligent ; au point que je soupçonne la malhonnêteté de sa part : promouvoir des idées qu'il sait fausses mais populaires.

La rigueur (JM Aphatie)

En France, plus que jamais, en matière économique, on essaie toutes les politiques, sauf celles qui fonctionnent.

Pour vous remonter le moral : j'ai vu, en DVD, l'entretien de Bernard pivot avec JF Revel en 1997. Même si Revel n'a pas vraiment de successeur (son portrait de Georges Marchais dans Le voleur dans la maison vide), on se dit qu'il n'y a pas que des suiveurs de troupeaux germanopratins, des révoltés suivant le manuel, dans les intellectuels français.

Son humour féroce me manque, qui aujourd'hui oserait qualifier un congrès du PS de «bagarre d'ivrognes dans un bordel mexicain » ?

lundi, octobre 08, 2007

EADS : suite du feuilleton

Louis Gallois, dans une lettre au personnel, renouvelle sa confiance aux dirigeants du groupe.

Pas besoin de vous faire un dessin : quand on éprouve le besoin de renouveler publiquement sa confiance à quelqu'un, c'est qu'il y a toutes les raisons qu'il faille se défier de cette personne mais qu'on ne sait pas comment s'en débarrasser.

La Saint-Barthélémy des technocrates que j'appelle de mes voeux n'est donc pas pour tout de suite.

Autre chose : cette affaire est l'occasion d'en découvrir de drôles sur le fonctionnement des instances dirigeantes de notre beau pays.

C'est toujours le même douloureux problème de gouvernance, suivant un mot à la mode, et qu'il serait plus exact d'appeller un problème d'équilibre des pouvoirs. En France, il y a l'exécutif et rien en face ; d'où les caprices de ministraillons, les faits du prince, les financements occultes, le népotisme, le clientélisme, voire les associations véreuses.

La Caisse des Dépots et Consignations (CDC) est en théorie sous le contrôle du Parlement mais reçoit en réalité ses ordres, sans traces écrites, du gouvernement.

Elle peut donc, avec la plus parfaite mauvaise foi, déclarer qu'elle n'a jamais reçu d'ordre de quiconque sur le dossier EADS : tout le monde sait parfaitement que c'est un mensonge qui ferait honte à Pinocchio lui-même mais personne ne peut le prouver. Il ne reste plus qu'à espérer que les acteurs, plongés dans des stratégies individuelles genre sauve-qui-peut, se contredisent et que certains avouent. Mais, comme, pour l'instant, la meilleure stratégie individuelle (voir les problématiques de dilemme du prisonnier) est le déni, ce n'est pas gagné.

Si ces moeurs vous rappellent celles de la mafia, ce n'est pas un hasard : la démocratie, ce n'est pas seulement des élections, c'est aussi un système d'alternance au pouvoir et d'équilibre des pouvoirs. Or, ce dernier point n'existe pas en France.

Sans équilibre des pouvoirs, point de contrôle, les puissants sont amenés à se sentir tout-puissants. Les solidarités, les réseaux, les renvois d'ascenceur, les petits services, les coutumes et les usages sont alors plus importants que les textes, les lois et les réglements (c'est d'ailleurs une des raisons de notre inflation législative : ceux qui font les lois ne se sentent pas concernés par leur application).

On ne peut évidemment s'empêcher d'évoquer l'affaire Gautier-Sauvagnac, ce dirigeant patronal qui aurait distribué des millions d'euros en liquide à des syndicats : là aussi, les moeurs et les habitudes engendrent des pratiques tout à fait illégales. Absolument aucun syndicat n'échappe à ces délits, même si, suivant leurs affinités, les délits seront différents : tel syndicat tapera dans la caisse de CE d'entreprises publiques tandis que tel autre recevra des liasses de l'IUMM.

Enfin, ne soyons pas naïfs : comme dans le cas du financement occulte des partis politiques, on commence à nous monter un sketch, la bouche en coeur, style «Certes, c'est illégal, mais il n'y a a pas d'enrichissement personnel, j'agissais pour le plus grand bien du dialogue social.» Or, comme disait avec bon sens Pierre Dac «Quand il n'y plus de bornes, il n'y a plus de limites.», une fois qu'on est dans l'illégalité, l'enrichissement personnel ne peut JAMAIS être exclu.

N'oubliez pas que l'enrichissement personnel peut être en nature. Si le syndicat , grâce à ses magouilles, peut payer une voiture à ses dirigeants, c'est toujours ça économisé pour eux.

A partir de quel moment un dirigeant syndical qui sait qu'une part des revenus de son syndicat est illégale et qui profite de la voiture, du chauffeur, de la secrétaire, des bureaux, de la résidence de campagne du syndicat et que sais je encore fait-il acte de recel ? (Et qu'on ne vienne pas arguer du coeur pur des vaillants syndicalistes, l'affaire de l'ARC devrait nous avoir vaccinés contre ce genre d'argument : les hommes sont partout les mêmes, quelquefois bons, quelquefois mauvais, et personne n'est à l'abri de céder à la tentation.)

Qui passe sciemment dans l'illégalité, même pour toutes les bonnes raisons du monde (et sont-ils si bonnes, ces raisons ?) ne peut ensuite se plaindre d'être l'objet de toutes les rumeurs et d'alimenter tous les soupçons. Et cette conclusion vaut pour EADS comme pour les syndicats.

Pour l'affaire EADS, je suis assez «optimiste» : les principaux protagonistes seront embêtés par la justice, un peu tracassés, mais s'en sortiront sans une égratignure (sauf à la réputation, mais qu'importe à ces gens pas trop exigeants sur les questions d' honneur. Leur vive intelligence leur permet toujours de se justifier à leurs propres yeux, n'est-ce pas l'essentiel ?), faute de preuves, de cas bien nets.

Pour l'affaire Gautier-Savagnac, ça paraît plus mal embarqué : les grosses liasses de billets ! Quel ringardise, quel amateurisme. Aujourd'hui, on ouvre des comptes aux îles Caïman.

NB : on me dit fréquemment que je critique les technocrates, les politiciens, les entreprises publiques, l'Etat, les administrations, mais qu'il n'y a pas plus d'honnêteté privé.

C'est vrai et, pourtant, il y a une différence : les conneries de l'Etat sont faites avec l'argent du contribuable, qui est obligé de payer ses impots, tandis que les conneries du privé sont faites avec l'argent de l'actionnaire, que personne n'a contraint dans son choix d'investissement. Le corollaire est que l'actionnaire mécontent peut choisir de se retirer, le contribuable mécontent ne peut pas choisir de ne plus payer ses impôts. Différence fondamentale, vous ne trouvez pas ?

samedi, octobre 06, 2007

Ceux de 14 et l'économie de guerre de 2007

Les livres se parlent entre eux et ont d'étranges résonances : Paul Fabra écrit souvent dans Les Echos que l'économie française est une économie de guerre (sacrifice des jeunes, endettement de l'Etat).

Ne voilà-t-il pas que je lis dans Ceux de 14 Maurice Genevoix critiquant les belles idées d'Etat-Major refusant de «se soumettre aux faits».

Or, c'est exactement ainsi que F. Hayek définit «l'esprit de Polytechnique».

Quelle étrange chaîne d'analogies : notre économie ressemble à la guerre, la guerre était menée en dépit du bon sens par «l'esprit de Polytechnique», au prix du sang versé, nous souffrons encore en 2007 de cet «esprit de Polytechnique».

Aujourd'hui, nos morts sont des chomeurs de longue durée, nos défaites des déficits et nos mauvais généraux des hauts fonctionnaires.

Ces résonances sont d'autant plus étranges qu'une des erreurs conceptuelles de nos hauts fonctionnaires et politiciens est justement d'envisager l'économie comme une guerre où les uns perdraient ce que les autres gagneraient.

jeudi, octobre 04, 2007

Che guevara : icone radicale-chic


J'ai croisé une jeune fille dans la rue ayant sur son sac une photo de Che Guevara. J'ai eu un moment d'arrêt, d'hésitation.

Finalement, j'ai choisi de considérer que c'était une imbécile mal informée plutôt qu'une virago altérée de sang.

Car, enfin, il ne viendrait à l'idée de personne sensé d'arborer en connaissance de cause l'effigie d'une brute sanguinaire, d'un bourreau sadique.

J'ai failli arrêter la jeune passante pour lui expliquer qu'elle pourrait tout aussi bien se trimbaler avec la tête de Reinhard Heydrich sur son sac, mais elle n'aurait pas compris.

EADS : suite du commentaire


Je cite La Tribune de ce matin : «Depuis 2006, plusieurs hauts dirigeants ont quitté le groupe. C'est le cas notamment de Noël Forgeard, Gustav Humbert et Jean-Paul Gut. Mais il reste encore une grande partie des opérationnels. Si Louis Gallois, PDG d'EADS, qui était alors simple administrateur, et Marwan Lahoud, directeur général délégué, ne sont pas concernés par l'enquête de l'AMF, ce n'est pas le cas du nouveau tandem à la tête d'Airbus, Tom Enders et Fabrice Brégier.

Alors que la nouvelle gouvernance du groupe est à peine installée depuis la mi-juillet et semble même avoir encore quelque peine à trouver ses marques, ce nouvel épisode risque de gravement déstabiliser tout le groupe. Le nombre des personnes mises en cause semble rendre impossible toute sanction élargie, sous peine de décapiter le groupe et de perdre toute compétence. Mais la défiance, le découragement et les querelles pourraient prospérer sur le terreau d'un groupe démoralisé par cette crise qui paraît sans fin. »

C'est la beauté de la filouterie : plus nombreux sont ceux qui ont fraudé (1), plus il est difficile de prendre des sanctions.

Mais, pour ma part, j'aurais une position radicale : personne n'est indispensable, pas plus un polytechnicien qu'un autre salarié. Je n'hésiterais donc pas à «décapiter le groupe» sachant que :

> le coup de hache serait important mais pas total. De plus, les sanctions peuvent être échelonnées dans le temps, frappant d'abord au plus haut de la hiérarchie, à cause du symbole et de la responsabilité.

> qu'il y a possibilité de trouver des remplaçants en interne. Ce n'est pas le personnel de qualité qui manque à EADS. Un renouvellement des cadres peut voir en soi un effet positif.

> que l'effet de la décapitation pourrait être largement compensé par l'effet moral positif qu'on nettoie enfin les écuries d'Augias. Par le même coup, l'Etat français, tirant la leçon de ses erreurs, pourrait se retirer du capital (2) ; mais l'Etat intelligent, je n'y crois pas.

Hélas, vu les baronnies et les réseaux politiques établis, je ne pense pas que cette solution sera appliquée.

On se dirige donc vers le pire scénario pour EADS : une crise qui traîne en longueur, qui laisse le temps aux concurrents non pas de le tuer, mais de grignoter des parts de marché.

EADS ne mourra pas, il continuera juste à absorber les ressources de l'aéronautique européenne qui pourraient être mieux employées autrement (car on nous raconte toujours ce qu'Airbus rapporte en exportant, mais on oublie de nous dire ce qu'EADS coûte en aides publiques directes et indirectes.D'ailleurs, les comptes d'EADS sont plus ou moins maquillés -on est sur la frontière de la légalité.)

En attendant, l'A350 ne se vend pas et l'A380 pas beaucoup.

Aujourd'hui, et probablement pour quelques années encore, EADS est devenu le meilleur allié de l'aéronautique américaine : suffisamment fort pour empêcher l'émergence d'une tierce concurrence, suffisamment faible pour ne pas poser trop de difficultés.

Enfin, on notera qu'aux USA, pays du capitalisme "sauvage", des affaires similaires se sont terminées en prison, alors que, dans le cas d'EADS, la pire sanction qui pourrait arriver est un placard dans une administration ou un siège dans le CA d'un copain de promotion.

J'avais dit l'année dernière en une demi-plaisanterie que l'idéal, pour tout le monde, serait qu'EADS soit vendu à un fonds de LBO. Je persiste dans cette opinion, sauf que je plaisante de moins en moins.

(1) Certains se défendent en disant qu'ils ne sont pas rendus compte qu'ils fraudaient. Je suis prêt à les croire, c'est le syndrome Juppé : «Il est possible que je fraude, mais moi, grand commis de l'Etat, capitaine d'industrie que le monde entier nous envie, j'ai des tâches plus prioritaires que de me préoccuper de ce que dit exactement la loi à ce sujet.»

(2) les syndicats demandent le re-nationalisation. Je trouve cela idiot, je préférerais une complète privatisation, mais la position des syndicats est tout de même moins stupide que la situation actuelle.

Réchauffisme, OGMs : «On sait bien que ... »

Sur la radio BFM, il y a le samedi matin une heure de débat que j'écoute avec plaisir.

Samedi dernier, ils ont visiblement parlé des OGMs pour dire, d'après ce que je devine, qu'il fallait arrêter l'hystérie et les étudier, y compris par des cultures en plein champ.

Sur ce, la radio reçoit une avalanche de mails, majoritairement dans le sens que vous devinez.

Cette semaine, un commentateur fait remarquer que de nombreuses phrases de ses mails commencent par «On sait bien que ... » (les OGMs sont nocifs, tuent les abeilles, etc ...). Ce qui est tout simplement faux : rien n'a jamais été prouvé concernant la nocivité des OGMs.

Et ce commentateur de conclure : «On sait bien que dix imbéciles qui répètent la même chose ne font pas une vérité.»

Ils n'ont pas finir de recevoir des mails, à BFM !

Mais, je les rassure, ils auraient parlé de l'hypothétique réchauffement climatique, ils auraient eu tout autant de phrases commençant par «On sait bien que ...» Et encore moins fondées !

mercredi, octobre 03, 2007

Verdun, le Coq Hardi, les Eparges



Nous sommes allés un week-end à Verdun (joli petit port de pêche).

Verdun en elle-même est une petite ville bien agréable au bord de la Meuse. Nous étions logés au Coq hardi, un peu cher mais très bien.

Les sites sont très impressionnants notamment l'ossuaire, le fort de Douaumont et les Eparges. Les Eparges, un peu à l'écart, nous ont le plus marqué : nous étions quasiment seuls, en 2 h de marche nous avons fait le tour, et nous avons très bien pu imaginer ce qui s'y était passé.

Je vous conseille la lecture de Ceux de 14, de Maurice Genevoix. On n'y parle pas de la bataille de Verdun proprement dite, puisque Genevoix a été blessé en avril 1915. Mais cela se passe dans la région et c'est un des meilleurs témoignages sur cette période, il se classe très nettement au-dessus de la moyenne, par son sens de l'observation et son absence de pathos.

Le livre Les 300 jours de Verdun est également excellent.

Par contre, je vous déconseille la lecture des BDs de Tardi, tout au moins dans un but d'information. En effet, elles présentent une version de la guerre de 14 qui en dit plus long sur notre époque que sur les évènements. J'avais déjà écrit un message sur ce sujet il y a quelques mois. Ce fut un sujet de polémiques.

Pour les mêmes raisons, des films Joyeux Noël ou Un long dimanche de fiançailles peuvent être évités. Les films de Tavernier sont nettement meilleurs, Capitaine Conan et La vie et rien d'autre sont intéressants sans être complaisants.

J'avais aussi lu Paroles de Poilus, Orages d'acier, et Sous le feu, comme ouvrage annexe.

Concernant la motivation des combattants, qui pose toujours question quand on connait leurs conditions de vie, j'y vois un peu plus clair que dans le message auquel je fais référence plus haut.

La motivation varie dans l'espace et dans le temps pour l'ensemble du front mais suit aussi une courbe cyclique pour chaque individu (sauf pour les 2 % de guerriers dans l'âme qui sont toujours motivés).

Les composantes de la motivation :

> le patriotisme, qui était à un niveau beaucoup plus fort que ce qu'on peut imaginer aujourd'hui. Il y a eu après guerre des réflexions du coté des instituteurs sur le thème "N'avons nous pas préparé les agneaux pour le massacre ?"

Pour vous citer un exemple quasiment inconcevable en 2007, Genevoix raconte qu'il avait sous ses ordres un soldat français vivant en Californie qui était revenu pour s'engager. Il avait 59 ans et avait déjà fait la guerre de 1870. Aujourd'hui, à 59 ans, on est retraité ou pré-retraité et on geint.

> l'amour de sa terre, qui est lié au patriotisme, était très prenant dans une population à 80 % paysanne.

> la camaraderie. C'est sur la longue durée la motivation la plus forte : ne pas laisser tomber les copains. De plus, la guerre se prolongeant, les combattants ont été pris d'un sentiment d'étrangeté par rapport à la vie de l'arrière. Plus d'un Poilu raconte qu'il était content de rentrer de permission parce qu'il se sentait plus à sa place au régiment qu'à la maison, où la vie s'était organisée sans lui.

> l'exaltation de la guerre. Les soldats sont souvent jeunes et Genevoix ne cache pas que la guerre ne lui a pas toujours paru terrible, mais au contraire excitante.

> la contrainte et les mauvais traitements. Genevoix raconte des cas de mesquinerie des officiers, mais ce n'est pas la majorité. Plus fréquents sont les cas de négligence car les basses choses de l'intendance ennuyaient certains de ces messieurs. Genevoix raconte deux cas de panique où il a fait usage de son revolver pour contrôler sa section (sans tuer personne), mais c'était chaque fois avant le combat. Une fois le combat proche, chacun accepte son rôle.

L'intelligence de Pétain a été de comprendre que les mutineries de 17 avaient des causes non pas politiques, comme le répétaient les généraux incompétents pour se dédouaner, mais militaires. Le vétéran qui venait de passer plusieurs mois dans les tranchées comprenait parfaitement que certaines offensives étaient mal pensées et inutiles. Les soldats voulaient bien risquer leur peau mais utilement.

Enfin, un dernier point, qui n'est pas tout à fait anecdotique : il y a des cimetières militaires américains bien achalandés en Argonne et plus d'un monument, comme l'ossuaire de Douaumont, a été financé, tout ou partie, par des Américains.

Nous avons croisé quelques jeunes gens qui avaient tout l'air de militaires en vacances.

Parmi les expressions un peu grandiloquentes forgées après-guerre, «Verdun, reliquaire de la patrie» ne me semble pas inapproprié

EADS : le glissement vers l'abime continue

Voilà maintenant EADS empêtré dans une affaire de délit d'initié.

Allons du général vers le particulier :

Le délit d'initié est un délit fondamentalement étrange : il revient à reprocher à un dirigeant d'être mieux informé qu'un actionnaire ordinaire.

Ceci étant dit, les vrais capitalistes ont une solution radicale contre le délit d'initié : ne pas mélanger les genres entre salariés et actionnaires. Warren Buffet est opposé aux managers-actionnaires et aux systèmes de stock-options. Les salariés et les actionnaires ont des risques, des droits et des devoirs totalement différents, essayer de cumuler les avantages des deux situations tout en évitant les inconvénients est une perversion.

Dans le cas d'EADS, s'ajoute à cette perversion répandue une perversion particulière : du fait des liens incestueux avec l'Etat, les dirigeants d'EADS sont autant des politiciens que des industriels (et encore, je suis gentil en estimant qu'ils sont à 50 % des industriels).

Cette affaire de délit d'initié ne serait pas si grave pour l'avenir d'EADS, après tout, c'est le passé, si elle ne révélait pas l'ampleur des dysfonctionnements que peut induire une organisation floue, où les responsabilités sont mal délimitées.

Cette affaire va empoisonner la société dans les mois à venir et comme, contrairement à une vraie entreprise privée, on ne coupera pas les têtes parce que les têtes ont des appuis politiques, ça va trainer en longueur.

L'Etat peut vouloir conserver un pouvoir sur certaines industries dites stratégiques. C'est déjà en soi contestable, car c'est imaginer que les hommes de l'Etat ont une vision supérieure et une capacité de discernement extraordinaire, alors que l'expérience prouve exactement le contraire (le Concorde, le plan calcul, le TGV ont été des échecs. Seule la filière nucléaire peut être comptée comme réussite.).

Mais bon, admettons que même un énarque ou un polytechnicien puisse comprendre que l'aéronautique est une industrie stratégique, comment faire ?

Le mieux serait de s'inspirer des USA, où le système fonctionne : les entreprises privées sont privées, l'Etat n'intervient pas dans leur fonctionnement, il ne nomme pas leurs dirigeants, il ne décide pas quelle usine fermer, qui licencier, quelle usine ouvrir, qui embaucher. Par contre, l'Etat oriente, par le moyen de contrats de recherche et en fonction de ses besoins, la politique à long terme des entreprises jugées stratégiques.

De plus, tout investisseur sait qu'il y a certaines entreprises où il ne fait pas bon tenter d'investir sans l'assentiment du gouvernement. Il y a des lois de protection, mais il y a surtout le sentiment que les Américains savent se défendre et n'hésitent pas à le faire.

Bien sûr, adopter ce genre de système priverait nos technocrates et nos politiciens de leur jeu favori : le meccano industriel. Cela leur ôterait le plaisir de faire et de défaire les carrières, d'être courtisé pour leur influence, de prendre les décisions sans prendre les responsabilités, de tenir un discours du genre «Ce qui marche, c'est grâce à moi. Ce qui plante, c'est les autres.» Vous voyez le genre.

Nous ne sommes donc pas près d'arrêter les conneries. Mais comme, tout ça, c'est aux frais des contribuables, ça n'est pas grave, n'est-ce pas ?

Pourtant, le système à l'américaine a existé en France : c'est celui des relations entre Dassault et l'Etat jusque dans les années 80. Seulement voilà, on sortait de la guerre où on s'était pris une sacrée trempe, ce qui a inspiré à certains la salutaire envie de ne pas retomber dans les folies d'antan.

Maintenant que tout va bien, que la France est un pays florissant et prospère, on peut recommencer à reprendre les bonnes vieilles habitudes, étatistes, dirigistes et inefficaces.

Le sarkozysme est un chiraquisme

Je vous avais promis que j'attendrais fin septembre pour vous donner mon opinion sur le gouvernement Sarkozy. Voilà, c'est fait.

Je ne pensais pas que les choses seraient aussi nettes.

mardi, octobre 02, 2007

La vie dans l'impasse

Je vous plante le décor.

Je vis dans une impasse piétonne au fond de laquelle il y a une école primaire et une crèche. Cette impasse est interdite aux voitures par des barrières rabattables, qui constituent un accès pour les pompiers. C'est très tranquille (enfin, presque).

La rue pour accéder à cette impasse est à sens unique, n'a, en théorie, qu'une file et il y a des places de stationnement réparties sur le coté droit, dont une pour handicapés, et des entrées de parkings souterrains.

Je précise que c'est un quartier paisible, plutôt bourgeois et que, à part ceux qui ont contourné la carte scolaire, les parents d'élèves habitent à distance pédestre de l'école.

Hé bien, que croyez vous qu'il se passe aux heures de sortie et d'entrée de l'école ?

C'est une corrida de bourgeoises en 4x4 ou en monospaces garées en double file (donc bouchant la rue et empêchant les voitures stationnées correctement de partir) ou stationnées devant l'accès pompier ou devant les accès de parking ou même sur la place handicapés, et qui prennent bien leur temps pour discuter.

Certains véhicules, déplacés de quelques mètres, gêneraient moins, mais non, ils restent là où ils sont, c'est-à-dire au plus près des chers bambins.

Le meilleur est que, le jour où j'ai attendu un bon quart d'heure que madame et ses mioches veuillent bien libérer ma voiture, je me suis entendu dire que je pourrais au moins être aimable de quelqu'un qui ne s'était ni excusé ni rien ni merde.

Tout ça parce que j'ai signalé à cette dame sur ton absolument égal qu'elle avait bien de la chance que je n'ai pas mon portable sur moi, sinon elle allait chercher sa voiture à la fourrière.

Enfin, terminons sur une note positive : certaines, tout en se comportant mal, font des efforts visibles pour déranger le moins possible. Ce n'est pas la majorité.

Bien entendu, tout cela se fait en présence des enfants, objets de ce ballet automobile. Quel exemple de civisme, de respect, de politesse ! Belle éducation, ma foi.

L'incivisme, ce n'est pas que les sauvageons.

L'observation régulière de ce phénomène est absolument édifiante sur l'estime qu'on peut avoir pour certains de nos contemporains. Ah, comme un moraliste s'y exalterait.

J'avoue avoir un faible pour les hypocrites qui, après avoir bien pris leur temps, affectent soudain une attitude pressée pour ne pas trop se faire engueuler. Il y a aussi les fausses étourdies :«Ah bon ? Je vous gêne ? Quelle malheureuse surprise ! Je ne m'en étais point avisée.» ou les victimes du destin : «Triste coup du sort ! Revers de fortune insondable ! Caprice des Dieux ! Pourquoi a-t-il fallu que vous tentates de sortir du garage après que je me garas devant l'issue ?»

Avec l'habitude, la colère disparaît, le mépris reste, et une vague curiosité apparait : «Qu'est-ce qu'ils vont bien m'avoir inventé ce coup-ci ? »

Car, si l'impolitesse et l'égoïsme sont généralement bêtes, sans imagination, monotones, lassants, il arrive pourtant quelquefois qu'il y ait une touche d'originalité, comme la fois où, exploit nécessitant une précision millimétrique, une conductrice avait réussi à elle seule à bloquer quatre voitures, ou encore le jour où c'est un camion qui, au terme d'une manœuvre fort complexe, a réussi à occuper la place handicapée tout en évitant la borne censée prévenir ce genre d'occupation sauvage.

Je précise qu'il s'agit de l'école Jean Monnet, à Clamart.

Nota : je n'ai jamais vu dans cette rue une seule des nombreuses patrouilles policières qui sillonnent la ville. Probablement que nos forces de l'ordre ont mieux à faire que mettre fin à ce désordre.

Voilà, tout est dit. Pensez en ce que vous voulez.

La différence entre la France et la Grande-Bretagne

Quelquefois, on peut s'éviter un long discours pour comprendre les différences entre deux pays, un petit exemple suffit.

Les «spotters» sont des passionnés qui se rendent dans les aéroports ou aux abords de ceux-ci pour photographier les avions et noter leurs immatriculations. Juste comme ça, pour le plaisir.

Ils se déplacent généralement en groupe, munis d'un carnet de notes, de jumelles, d'appareils photos et de packs de bière.

En Grande-Bretagne, la police vient de lancer un programme de coopération avec les associations de «spotters», bien contente de profiter de ces vigiles disponibles, souvent compétents à force de trainer sur les plateformes et gratuits (1).

En France, les "spotters" sont interdits par arrêté préfectoral aux abords des aéroports internationaux.

*****************

(1) : comme on est en France, où la confiance dans l'intelligence du citoyen, même parmi les citoyens eux-mêmes, est nulle, il faut que je m'explique sur l'efficacité des bénévoles.

Si vous allez sur n'importe quelle plateforme de France où il y a des aéroclubs, il ne faudra pas plus que quelques minutes avant que vous soyez repérés. Si, au bout de quelques minutes supplémentaires, les raisons de votre présence ne sont pas devenues claires, quelqu'un vous abordera avec toutes les formes de la politesse (on ne sait jamais, l'espoir d'un nouveau cotisant au club) pour s'enquérir des motivations de votre visite.

Sur la plateforme où je sévis, il y avait des vols d'essence (l'essence d'aviation, c'est bon pour les motos), bien que la brigade de gendarmerie se trouve sur le terrain. Ce sont des membres d'un club qui, sortant d'une réunion tardive, ont avisé un véhicule suspect («Vin' diou que v'là ! J'la jamais vu ici c'cochon là !») et ont prévenu les pandores.

Des «spotters» dûment motivés dans le style «on compte sur vous les gars» ne seraient pas moins attentifs.

lundi, octobre 01, 2007

La réforme et la croissance

En France, on entend deux discours, suivant la conjoncture :

1) Il n'y a pas de croissance :

«Il ne faut pas bousculer les Français par des réformes trop brutales dont le traumatisme s'ajouterait aux difficultés de la conjoncture économique. On n'arrête pas les réformes mais on prend son temps.»

En fait de douceur et d'évitement des brutalités et de prendre son temps, on ne réforme pas du tout. C'est le discours que devrait nous servir l'équipe Sarkozy sous peu.


2) Il y a de la croissance :

«Il ne faut pas bousculer les Français par des réformes trop brutales alors que tout va bien, il ne faudrait pas saper la confiance, la fameuse confiance magique. On n'arrête pas les réformes mais on prend son temps.»

En fait de douceur et d'évitement des brutalités et de prendre son temps, on ne réforme pas du tout.

Nos politiciens sont-ils bêtes ? Ne comprennent-ils pas qu'il y a dans ces discours une erreur logique manifeste ?

Si la réforme est bonne pour la croissance, il faut la faire quelle que soit la conjoncture, et à plus forte raison si celle-ci est mauvaise.

Ou le fond des choses n'est-il pas que nos politiciens pensent que la réforme, quelle que soit la conjoncture, est mauvaise, qu'ils sont foncièrement, farouchement, conservateurs et qu'ils ne sacrifient au discours réformiste que pour mieux dissimuler leur arcboutement immobiliste ?

Je vous laisse choisir.

vendredi, septembre 28, 2007

Du génie français de l'usine à gaz

Comme je n'ai pas trop le temps, je vous renvoie au blog édifiant de JM Apahatie :

Du génie français de l'usine à gaz

Je ne sais plus qui avait écrit que l'intelligence est dans la simplicité, ce n'est pas quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à enlever.

A cette aune là, nous ne sommes pas prêts de rejoindre le peloton de tête des peuples intelligents.

Je me console en me disant que, si les politiciens dirigent le pays, ils ne représentent souvent qu'eux-mêmes et que je peux avoir honte d'eux sans avoir honte du pays.

Mais je suis conscient que cet argument est en partie fallacieux.

jeudi, septembre 27, 2007

La corruption des politiciens

Je tiens que nos politiciens sont corrompus. Ceux qui ne le sont pas au sens financier et légal du terme le sont au sens moral, intellectuellement malhonnêtes.

Bien sûr, il y a probablement des exceptions ... exceptionnelles.

Vous me direz que cela vous rappelle le «Tous pourris» lepéniste ou poujadiste. Certes. Je l'assume car mes solutions sont toute différentes.

On ne peut pas le dire mieux que Clémenceau : «La politique, c'est comme l'andouillette : ça doit sentir la merde, mais pas trop.» Je n'aime pas les purs, mais je n'aime pas non plus les filous.

Dans le tourbillon de la politique moderne, on passe trop aisément du compromis à la compromission, de l'accommodement à l'immoralité, de la parole adaptée à la communication au mensonge.

Nos politiciens ne sont pas fondamentalement pires que les autres, mais ils restent plus de temps aux commandes d'un Etat plus puissant. Cette double particularité rend la dérive bien plus longue, profonde et délétère.

Mon remède découle tout naturellement du diagnostic : interdiction du cumul des mandats et des fonctions, réduction des pouvoirs de l'Etat.

En attendant le jour béni où cela sera fait, restons sur le fier dédain montanien : «Le bien public requiert qu'on trahisse, et qu'on mente, et qu'on massacre : laissons cette commission à gens plus obéissants et plus souples.»

Le sarkozysme en action

Je vous renvoie à l'excellent blog What's next :

Rupture avec le passé ?


Je suis encore plus cynique : je ne peux m'empêcher de penser que, décidément, la politique est une activité lucrative, car, bien entendu, le poste dont il est question n'est pas bénévole.

mercredi, septembre 26, 2007

OGMs, bio : je me marre, sempiternelle poilade ...

Les partisans du bio et les adversaires des OGMs, deux populations distinctes mais fortement imbriquées, partagent deux erreurs qui les ridiculisent (ou devraient les ridiculiser) :

1) Opposer le naturel à l'industriel, à l'humain. Alors que depuis des siècles, voire des millénaires, que l'homme façonne la nature et sélectionne les espèces, cette distinction n'a plus aucun sens s'agissant des aliments, ou, plus exactement, il n'y a plus rien de naturel.

2) D'autre part, penser que, par une sorte de magie, ce qui se rapprocherait du naturel serait plus sain que ce qui a été manipulé par l'homme. On ne voit pas bien pourquoi l'homme a un cerveau si chaque fois qu'il s'en sert, cela dégrade la situation. En bonne logique, on devrait même penser le contraire : que ce qui a été consciemment manipulé pour en améliorer les qualités a des chances d'être meilleur que le produit natif.

Moins de mycotoxines dans le maïs OGM

lundi, septembre 24, 2007

L'Etat français est-il en faillite ?

François Fillon a déclaré qu'il était à la tête (ah bon ?) d'un Etat en faillite.

Nos belles âmes adoratrices du Moloch étatique ont frémi d'horreur et crié au sacrilège.

Examinons la situation (les chiffres proviennent de l'INSEE et du rapport Pébereau, j'arrondis).

La dette

Depuis 30 ans, l'Etat français n'a pas eu de budget à l'équilibre. La dette publique est au minimum de 1200 Md d'€. En réintégrant le «hors-bilan» digne d'un «patron-voyou» (mais les magouilles d'un énarque sont nobles et pures, contrairement à celles d'un salaud de capitaliste), on atteint un chiffre de dette de 2000 Md d'€.


L'actif


Le patrimoine de l'Etat est beaucoup plus difficile à évaluer, que vaut Versailles ? Que vaut le Louvre ?

Un moyen de calcul bestial est de considérer les revenus du patrimoine de l'Etat. Ils sont d'environ 25 Md d'€. Si l'on applique la méthode du fisc et qu'on prend l'hypothèse que le rapport est de 3,3 %, cela nous fixe une valeur du patrimoine à 25*30 = 750 Md d'€.

Ces 750 Md d'€, c'est en gros ce que l'Etat pourrait vendre si il décidait de rembourser sa dette.

L'INSEE évalue ce patrimoine à 2000 Md d'€, sachant qu'une partie de ce patrimoine n'est pas réalisable.

L'actif net

C'est ce qui resterait si l'Etat décidait de vendre son patrimoine pour rembourser sa dette. D'après les chiffres précédents, on obtient entre 0 (fol optimisme) et -1250 Md d'€ (plus réaliste).

Autrement dit, l'Etat français serait une entreprise, il serait en situation de faillite. En ce sens, François Fillon a raison.

Mais l'Etat n'est pas une entreprise. Il possède le pouvoir de coercition légale de l'impôt. Autrement dit, il peut décider de son chiffre d'affaires (je poursuis l'analogie).

Le mécanisme de la faillite

L'Etat n'étant pas une entreprise, il ne peut faire faillite de la même façon.

Cependant, il existe bien un mécanisme de faillite des Etats, mécanisme qui nous pend au nez. Nous ne pourrons pas dire que nous n'avons pas été prévenus.

1) La faculté de l'Etat à lever des impôts rencontre le mur de la dure réalité économique : au-delà d'un certain taux d'imposition, dit optimum de Laffer, le rendement de l'impôt est décroissant.

Autrement dit, plus l'Etat augmente les taux d'imposition, moins il y a de sous qui rentrent dans les caisses, tout simplement parce que l'Etat euthanasie l'économie dont il vit. Le parasite intelligent ne doit pas tuer son hôte, mais l'Etat n'est pas toujours intelligent.

Ce phénomène est bien connu, son inverse aussi d'ailleurs : une diminution brutale des taux d'imposition, gagée sur des réductions structurelles des dépenses publiques (c'est le point fondamental que Sarkozy ne veut pas comprendre), entraine une augmentation des recettes fiscales, grâce à la prospérité retrouvée de l'économie. Ce point n'est en rien théorique : il a été expérimenté avec succès aux USA, au Canada, en Irlande, en Suède et dans bien d'autres pays.

Donc, point 1) de mon explication, l'Etat qui cherche à se sauver de la dette par une augmentation des taux d'imposition est voué à l'échec. C'est en ce sens que l'idée de taxer les stocks-options est mauvaise : c'est un impôt de plus alors qu'il faudrait en supprimer.

2) Les déficits créent une nécessité : trouver des créanciers pour les financer par l'achat de titres de dette. L'Etat est sans cesse en quête de créanciers, très exactement, pour la seule dette d'Etat (sans les dettes para-publiques genre Sécu), il doit placer 200 M€ par jour ouvré.

Comme on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, l'Etat paye un intérêt à ses créanciers, c'est ce qu'on appelle le «service de la dette». Il s'élève en France à 50 Md d'€, soit la quasi-totalité de l'impôt sur le revenu.

L'Etat avait traditionnellement deux moyens d'échapper à ses créanciers :

> la banqueroute : l'Etat décide arbitrairement que sa dette a perdu sa valeur. C'est comme si un ami vous empruntait 10 €, vous en rendait 2 pour solde de tout compte et que vous deviez vous estimer content.

> l'inflation et la dévaluation : la dette a toujours la même valeur nominale, mais c'est la monnaie qui sert à la payer qui perd sa valeur. L'Etat rembourse sa dette en monnaie de singe. Ce moyen est typique d'une sortie de guerre.

Vous remarquerez que, dans l'Europe de 2007, ces deux moyens sont impossibles. L'€, peut-être à long terme pour notre malheur, a protégé le pays de la dévaluation de notre monnaie.

L'Etat ne peut donc échapper à ses créanciers.

Ces créanciers demandent un taux d'intérêt correspondant à la fiabilité de l'emprunteur. Plus l'emprunteur est fiable, moins ils sont exigeants.

Mais comment les créanciers savent ils que l'emprunteur est fiable ? C'est là qu'interviennent les fameuses agences de notation, dont le travail est justement de noter la fiabilité des emprunteurs, entreprises et Etats. Aujourd'hui, la note de dette de la France est bonne, mais elle est surévaluée pour des raisons politiques (ne pas mettre en cause un grand pays de la zone Euro).

Maintenant que vous savez tout cela, il est facile d'imaginer le scénario infernal, décrit par feu Philippe Jaffré dans la «France en faillite» : la dette publique française augmente très vite, notamment sous le poids des retraites non financées, vers 2012 (demain, en quelque sorte), une agence de notation dégrade la dette de l'Etat français, les institutionnels, à qui des règlements internationaux imposent d'avoir des titres de dettes fiables, se désengagent, les taux d'intérêts français flambent, l'Etat se retrouve étranglé, prend des mesures drastiques, comme de reculer de 15 jours la paye des fonctionnaires et des retraités.

Le Fonds monétaire International (FMI), prêteur créé pour ses circonstances, intervient. Son président, Dominique Strauss-Kahn, rencontre Nicolas Sarkozy et exige des réductions fortes et immédiates des dépenses publiques.

Des fonctionnaires sont licenciés avec des indemnités réduites, les retraites sont amputées d''un tiers, des écoles et des hopitaux ferment. Plusieurs semaines d'émeutes secouent la France.

Car ne vous méprenez pas : tous les imbéiles qui parlent d'une «vision comptable», par opposition à ce que serait la noble vision politique détachée des basses questions d'intendance, négligent que chaque € mal dépensé est gros de drames humains. «Quand on oublie de compter, c'est qu'on oublie la peine des hommes.»

Le scénario catastrophe est-il évitable ?

Dans l'absolu, je n'ai aucun doute : la catastrophe est évitable et, même, facilement évitable. Je le dis et je le répète, les recettes et les méthodes sont connues.

C'est la menace de l'intervention du FMI qui a fouetté l'orgueil du Canada et de la Grande-Bretagne et les a amené à réagir.

Cependant, dans le cas de la France, je suis d'un grand pessimisme : l'ignorance crasse de l'économie, la religion des «avantages acquis» et des statuts, le provincialisme des politiciens, l'égoïsme, souvent puéril, des Français, tout cela se combine pour laisser peu d'espoir d'un sursaut, d'un coup de reins salvateur, avant la chute.

Ainsi va notre histoire, de «succès achevés» en «malheurs exemplaires».

vendredi, septembre 21, 2007

Entendu à BFM

«Les déclarations de M. Sarkozy sur la BCE sont grotesques. Certes, on peut avoir des doutes sur la compétence de M. Trichet, en son temps, il n'avait pas su lire le bilan du Crédit Lyonnais, mais il est entouré. Par exemple, son adjoint M. Papadémos, connaît mieux l'économie que MM. Sarkozy et Guaino réunis.»


Pour mémoire, M. Guaino est ce conseiller présidentiel qui avait cru bon d'écrire que les déficits publics ne sont pas graves puisque les Français, eux, épargnent. Ce qui révèle, au mieux, un esprit confus ; au pire, une mentalité de voleur en col blanc.

Je rappelle également que les conditions d'une croissance durable sont connues (1) et que des taux d'intérêt bas n'en sont pas une.

Comme sur d'autres sujets (on parle d'une interdiction de la culture d'OGMs en France, on n'est plus à une folie près), le gouvernement étale son incompétence.

Cela pourrait n'être que passager, l'arrivée au pouvoir est encore fraiche. Hélas, je crois que le mal est plus profond : des ministres médiocres (2) et une campagne présidentielle tout aussi médiocre, qui a occulté les débats de fond, font que le gouvernement est sans doctrine, sans idées mures et a une très faible capacité à en générer (3).

Les ministres ne sont pas des flèches et le président ne s'arrête guère pour penser, alors, évidemment, le gouvernement se comporte comme un poulet sans tête.

(1) prélèvements autour de 30 %, effectifs de fonctionnaires autour de 15 % de la pop active, marché du travail fluide, fortes recherche et universités.

(2) la prédiction de JM Aphatie comme quoi la brillante C. Lagarde se transformerait en cornichon au contact des autres cornichons est pleinement vérifiée. Sa déclaration «En France, il faut arrêter de penser et travailler plus.» est parfaitement idiote. «Il faut arrêter de discuter et penser plus.» aurait été plus juste.

(3) Sans faire de triomphalisme, je vous signale que, pendant la campagne électorale, je vous avais dit que l'absence de «think tanks» des candidats (Non, «Désirs d'avenir» n'en était pas un ! :-) pour mûrir les idées, et, d'une manière générale, l'absence de travail intellectuel approfondi me semblaient des faiblesses gravissimes.

mercredi, septembre 19, 2007

Que penser du Rafale ? Que penser d'Hervé Morin ?

Hervé Morin, ministre de la défense, transfuge de l'UDF, a récemment déclaré, au grand émoi de Dassault et de ses partenaires, que la Rafale était trop sophistiqué, trop cher et a cité l'exemple du F16. Faire une triple erreur en une seule phrase, chapeau, M. le ministre !

> le Rafale trop sophistiqué : au contraire, le problème du Rafale est d'être un peu juste, faute d'argent pour achever correctement le développement et entrer dans un cycle d'amélioration continue. Les moteurs sont faiblards, le radar pas au top et il manque quelques organes, dont le désignateur laser.

> le Rafale est trop cher : oui, pour l'Etat français qui est impécunieux (on ne peut avoir à la fois un personnel pléthorique, un quart de la population active fonctionnaire, et des jouets dernier cri) mais, dans les prix export, il se classe plutôt pas mal par rapport à ses concurrents.

> l'exemple du F16 : celui-ci est dans la catégorie du Mirage 2000, il est donc normal qu'il soit moins cher que le Rafale. C'est d'ailleurs à mon avis une erreur stratégique majeure de Dassault d'avoir arrêté la chaine du M2000.

D'une manière générale, la déclaration du ministre est stupide : on comprend bien qu'il prépare le terrain à des réductions de commandes du Rafale.

Mais il aurait pu le faire autrement que par une déclaration publique qui donne une mauvaise image d'un avion déjà difficile à vendre.

Or, les améliorations de ce genre de matériels sont financées par les exportations (c'est ce qui est arrivé au F16, au Mirage 2000 et qui est en train d'arriver au Typhoon). Donc, au final, c'est dans l'intérêt de l'Etat et des armées françaises d'avoir un Rafale qui s'exporte, de manière à récolter les fruits des «upgrades» export.

Bref, le ministre, en croyant tirer sur le Rafale, s'est aussi tiré une balle dans le pied.

Mais, on le sait, en France, les ministres sont incompétents : ils s'occupent de tout et de rien, sont propulsés à des postes dont la compétence de l'impétrant n'est pas le critère de sélection principal, cumulent les mandats et les fonctions, courent les medias et les honneurs plus que les dossiers.

Soit, c'est une tradition surement respectable, comme toutes les traditions. Après tout, Hervé Morin n'est ni plus ni moins incompétent que la plupart de ses collègues.

Par contre, son cabinet, supposé compétent, lui, écrit des discours que le ministre est censé lire avec plus de conviction qu'un perroquet.

Une erreur ponctuelle peut se glisser dans son discours, mais puisque le ministre a répété ses propos, il n'y a qu'une seule explication possible : c'est à une véritable erreur d'analyse que nous avons à faire.

D'ailleurs, voulant élargir son propos, il a mis le doigt dessus : il a parlé de matériels issus de la guerre froide, inadaptés aux situations d'aujourd'hui.

Ces propos simplistes peuvent séduire le grand public qui n'y connait rien, mais ils sont impardonnables dans la bouche de quelqu'un qui, malgré toute son incompétence, devrait tout de même maitriser un minimum son sujet.

Je m'explique. Pour schématiser, les armées sont confrontées à deux types de conflit :

> les conflits dits de basse intensité, comme l'Irak ou l'Afghanistan, conflits dont l'occurrence est quasi inévitable. Du matériel rustique, bon marché, pour faire de la contre-guérilla améliorée suffit.

> les conflits dits de haute intensité, comme contre l'Iran ou la Chine. Ils sont peu probables, mais c'est comme les assurances, on est bien content d'y avoir pensé quand ça arrive.

Or, si il est possible d'utiliser efficacement le matériel pour conflits majeurs dans des conflits mineurs, l'inverse n'est pas vrai.

Tout état-major réfléchissant à des matériels dont le développement dure vingt ans et la vie en service quarante, comme le Rafale ou le Leclerc, se doit de prévoir le pire, suivant l'adage «qui peut le plus peut le moins », quitte à ce que le matériel soit sous-utilisé parce que le pire n'arrive pas.

Toute autre attitude est irresponsable. Il est donc malvenu de parler de matériels de guerre froide, alors qu'il s'agit de matériels de guerre très chaude, qui peut toujours arriver

En résumé, la sortie d'Hervé Morin contre le Rafale ne tient pas la route (1).

Je me suis attardé sur le cas d'Hervé Morin et du Rafale, car il me semble symptomatique du fonctionnement (ou du dysfonctionnement) du gouvernement : des ministres qui ne sont pas des flèches, qui racontent n'impoorte quoi et des cabinets qui n'assurent pas.

Bien sûr, l'Elysée est, paraît-il, omnipotente, mais est-ce que ça ne crée pas plus de problèmes que ça en résout ?

(1) : je me suis forcé pour trouver un calembour aussi creux

mardi, septembre 18, 2007

Ségolène, si elle n'existait pas ...

Si Ségolène Royal n'existait pas, je m'en passerais fort bien.

Mais puisqu'elle existe, elle nous fait rire : en quelques phrases, elle a réussi à osciller du Christ (« Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.») à Jeanne d'Arc («brulée vive»).

Et comme les cons (et les connes), ça ose tout, elle est même allée jusqu'à expliquer que les attaques contre elle relevaient d'une misogynie «raciste», comme si il n'était pas naturel qu'un politicien, homme ou femme, superficiel, brouillon, incompétent, paresseux, vaincu, mais dévoré d'ambition, se fasse attaquer.

Un extra-terrestre qui débarquerait sans connaitre l'état de coma intellectuel du PS se demanderait par quel coup de folie ce parti a pu la choisir comme candidate à une élection nationale.

lundi, septembre 17, 2007

La première faute de Sarkozy

Les opposants à Nicolas Sarkozy sont toujours aussi navrants (ils n'ont pas beaucoup progressé depuis les histoires de yacht).

Pourtant, il y aurait tant à dire, la crise financière, par exemple, est particulièrement mal négociée. Seulement, en réalité, Sarkozy et ses opposants partagent les mêmes dogmes étatistes et volontaristes. Nos politiciens, qui se gargarisent du mot «volontarisme», se rendent-ils compte que ce mot est péjoratif et les ridiculise ?

La seule critique radicale du sarkozysme est libérale, mais celle là, vous ne l'entendrez pas dans les grands medias.

Koko, ça va mal se passer !

dimanche, septembre 16, 2007

Devinette : France-Allemagne

Allemagne : 150 Md d'€ d'excédents commerciaux

France : 40 Md d'€ de déficit commercial.

L'un de ces pays à un budget étatique en déficit, rien n'est fait pour le résorber et la dette augmente. L'autre a fait un énorme effort, a un excédent budgétaire et réduit sa dette.

Saurez vous retrouver lequel est la France, lequel est l'Allemagne ?

vendredi, septembre 14, 2007

En lisant Commentaire : Mme Agacinski et «homoparentalité»

Dans le dernier numéro de Commentaire, il y a un article de Sylviane Agacinski (épouse de Jospin, Lionel ; pour ceux que les questions «people» intéressent) intitulé "Parenté et sexualité : l'«homoparentalité» ".

Elle conclut un peu hypocritement son article par une question, mais son opinion ne fait aucun doute.

Pendant tout le reste de l'article, j'emploierai les mots «homoparentalité» et «hétérosexualité» avec des guillemets. En effet, ces termes adoptent déjà le point de vue des homosexuels militants, comme je vais l'expliquer par la suite, leur emploi n'est donc pas neutre, les guillemets signalent que je ne suis pas dupe.

C'est une des marques de réussite des lobbys que de faire en sorte de poser le débat public dans des termes qui les favorisent (autre exemple : «sans-papiers» par rapport à «immigré clandestin»).

Je résume l'article, avec lequel je suis globalement d'accord :

> le droit considère les sexes (homme, femme) mais pas les sexualités (homosexuel, «hétérosexuel», zoophile, échangiste, etc ...). Baser le droit sur une chose aussi changeante que les orientations sexuelles ne parait pas sain en principe (le sexe est une donnée biologique et sociale, la sexualité est un choix intime et personnel) ni judicieux en pratique.

> le mariage est une affaire de sexes et non de sexualité. Le mariage, anthropologiquement et juridiquement, est mixte : c'est un homme et une femme, mais aussi deux familles, deux lignées, deux patrimoines. Ce n'est pas sexualité qui fait le mariage, mais la constitution d'une cellule familiale potentielle.

C'est pourquoi l'opposition «hétérosexuels» / homosexuels est orientée : elle fait du mariage une question de sexualité alors que ce n'est pas le cas.

> Le mot «homoparentalité» souffre du même travers : «il laisse croire, par un tour de passe passe verbale, qu'on est parent parce qu'on est homosexuel ou que l'on peut être parent en tant qu'homosexuel

L'homosexualité des parents n'a en réalité aucun rapport avec leur maternité ou leur paternité.

Sylviane Agacinski propose éventuellement un statut pour le «beau-père» ou la «belle-mère», étant entendu que l'autre membre du couple est le parent de l'enfant (adoptif ou biologique) pour faciliter la vie dans des cas qui existent, mais refuse la création d'une nouvelle forme de filiation, la filiation homosexuelle.

> la question du mariage homosexuel étant intimement lié à l'«homoparentalité», le refus de l'une entraine le refus de l'autre pour des raisons similaires (parler de sexualité là où il est question de mixité).

> enfin, dernier argument pour justifier l'«homoparentalité» : le culturalisme radical. Le mariage serait une pure construction culturelle qu'il serait loisible de modifier. Mais on n'enlèvera pas que l'existence humaine est sexuée et, par conséquent, le mariage mixte.

Devinette : le roi des cons

Mon précédent message sur la loi de Godwin ayant suscité quelques réflexions sur les cons, je vous soumets ce texte que je dois à la revue Commentaire.

Il émane d'un vrai con, de gros calibre, médaille d'or sur plusieurs décennies si la connerie était sport olympique, un professionnel, peut-être même dopé, gloire internationale, pas un rigolo, pas un amateur comme nos trotskystes actuels.

Dès qu'il y avait une connerie à dire sur un ton définitif, une erreur d'analyse à publier avec assurance, une ânerie à promouvoir, il était là, égal à lui-même.

Maintenant qu'il est mort, ça ne serait pas grave si il n'avait de dignes successeurs.

Saurez vous deviner son nom ? (pas très difficile. Encore un indice : c'était un bon romancier, les problèmes commençaient lorsqu'il donnait son avis sur la politique et, vu la très haute opinion qu'il avait de lui-même, il passait son temps à ça.)

IMPRESSIONS D'URSS (1954)

Le citoyen soviétique possède, à mon avis, une entière liberté de critique, mais il s'agit d'une critique qui ne porte pas sur des hommes, mais sur des mesures.

L'erreur serait de croire que le citoyen soviétique ne parle pas et garde en lui ses critiques. Cela n'est pas vrai. Il critique davantage et d'une manière beaucoup plus efficace que la nôtre. L'ouvrier français dira : « Mon patron est un salaud ! »

L'ouvrier soviétique ne dira pas : « Le directeur de mon usine est un salaud ! » mais : « Telle mesure est absurde. » La différence, c 'est que le Français le dira dans un café ; le Soviétique, lui, s'engagera publiquement, engagera sa responsabilité dans la critique au cours d'une réunion officielle - par exemple la réunion du Soviet, la réunion de tel groupe technique dont il fait partie, ou la réunion du Parti. Il critiquera âprement, souvent, mais toujours dans une direction positive. Et ce qui est vrai des ouvriers est vrai de tout le monde.

[...]

Vers 1960, avant 1965, si la France continue à stagner, le niveau de vie moyen en URSS sera de 30 à 40 % supérieur au nôtre. Il est bien évident qu 'avec une société de ce type, qui édifie pour elle et pour tous les hommes, le seul rapport raisonnable est un rapport d'amitié.

Libération, 15 et 20 juillet 1954. [Vous remarquerez que le niveau de Libé ne s'est guère élevé depuis 1954 : le vocabulaire a changé, les idées sont restées à peu près les mêmes].

La loi de Godwin

La loi de Godwin dit ceci : « Plus une discussion sur Internet, quel qu'en soit le sujet, dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou avec Hitler s'approche de 1 ».

Cette loi, assez peu vérifiée sur ce blog d'ailleurs, s'explique de la manière suivante : le nazisme étant considéré comme la pire idéologie, la discussion s'éternisant et s'envenimant, la probabilité qu'on insulte l'adversaire avec la pire insulte augmente.

On peut aussi y voir un symptôme de la pauvreté des discussions sur internet : quand deux types moyennement intelligents discutent, ça va ; quand s'y joignent quelques imbéciles (qui, à mon avis de misanthrope sont plus nombreux que les intelligents), ça dégénère.

mercredi, septembre 12, 2007

Sous le feu

Sous le feu

Je trouve ce cahier du Retex instructif, y compris pour ceux qui ne s'intéressent pas à la chose militaire. Il éclaire des situations rencontrées dans la littérature ou dans l'histoire.

Par contre, sa conclusion, débarrassée des précautions du langage d'Etat-Major, est assez inquiétante : l'armée française n'a pas souffert ces dernière années d'une mauvaise préparation psychologique et micro-tactique au combat, non pas parce qu'elle est bien préparée, mais parce qu'elle n'a pas rencontré des adversaires assez coriaces pour profiter de ses défauts.

Ce n'est d'ailleurs pas le problème de la seule armée française : l'auteur cite une source anglaise doutant qu'une section d'infanterie britannique actuelle résisterait à son équivalent allemand de 1944.

Il n'en reste pas moins aussi, au-delà des considérations de formation et d'organisation, qu'il y a, chez les militaires, deux catégories, les herbivores et les carnivores, et que le temps de paix favorise les premiers alors que ce sont les seconds qui gagnent les guerres.

mardi, septembre 11, 2007

Le retour du blog de JP Chevallier

C'est avec un grand plaisir que je salue le retour du blog de Jean-Pierre Chevallier. Ses commentaires y sont souvent saignants et radicaux, mais ils tiennent debout. C'est pour cela qu'il dérange (inutile de préciser que le sarkozysme n'est pas son truc).

EADS 2006, ça vole bas

Un premier article sur EADS qui n'est qu'une actualisation d'un précédent, je résume :

1) EADS est la création est la création d'une mafia de technocrates, étatistes, syndicalistes, X-Mines, énarques, totalement incompétents en matière commerciale et industrielle.

2) Les Américains avaient intérêt à la création d'EADS suivant le principe que mieux vaut favoriser un ennemi faible par construction que de s'exposer à la survenue d'un ennemi fort et inattendu.

Dans cette optique, d'après Chevallier, l'énarque gauchiste Gallois, son profil et son parcours garantissant son incompétence pour diriger une entreprise en concurrence mondiale, est le candidat idéal des Américains pour la direction d'EADS. Chevallier le traite d'ailleurs d'idiot utile.

3) Pour favoriser l'émergence d'EADS, les Américains ont fait mine de s'y opposer, de manière ostensible, afin que, par esprit de contradiction chauvin, les Européens s'y lancent et que EADS soit dès sa naissance handicapé par l'esprit du nationalisme (si il en est ainsi, les Américains ont particulièrement bien joué : EADS était et est toujours ravagé par le nationalisme).

Cette stratégie américaine est redoutablement efficace car elle fait des anti-Américains ses meilleurs alliés.

4) L'inefficace EADS pompe l'énergie et le capital de l'aéronautique européenne et la plombe durablement.

Il s'agit là de l'opinion de JP Chevallier et je suis agnostique sur le sujet. Par contre, il est vrai que ce raisonnement correspond très exactement à ce qui s'est passé pour l'A380, que j'ai suivi de près.

1) Les Européens hésitaient à lancer l'A380.

2) Boeing a fait semblant de préparer un très gros porteur.

3) Les Européens ont répondu qu'ils ne pouvaient pas laisser le monopole du marché des très gros porteurs aux Américains. Ils ont méprisé les «financiers» (il faut déjà être un peu bêbête pour prendre le mot «financier» pour une insulte) qui leur conseillaient de ne pas lancer l'A380, trop risqué.

4) Aussitôt l'A380 fermement lancé, les Américains ont remisé leur projet de gros-porteur (avec le recul, on sait qu'il n'a jamais été sérieux) et se sont mis au Dreamliner, qui fait depuis un tabac.

5) L'A380 est une catastrophe financière et commerciale, il ne rapportera jamais un sou, bien heureux si il ne coule pas la boîte, et gèle les capacités d'investissement et d'innovation d'EADS pour quelques années.

Le deuxième article est pour faire la promotion des fonds de pension en France. Ils permettraient de résoudre d'un coup deux problèmes : la sous-capitalisation des PMEs et l'étatisation excessive de l'économie.

Les fonds de pension dans les pays de l'OCDE


Mais la réflexion française sur le sujet est absolument inexistante et le sujet n'effleure même pas l'esprit des politiciens. Nos problèmes ne sont donc pas en voie de résolution.

Quand j'entends dire que la retraite par répartition serait plus morale car il s'agirait de solidarité entre les générations, j'hésite entre le rire et les pleurs devant la pauvreté de l'argument : la «solidarité» forcée et obligatoire est une hypocrisie, ça n'a vraiment rien de solidaire.

On essaie d'appliquer des critères moraux de manière inappropriée. La retraite par répartition aurait une valeur morale si elle était volontaire : ceux qui cotiseraient feraient un vrai geste généreux. (De plus, tant qu'à considérer l'argument moral, la retraite par capitalisation (1) est au moins aussi défendable : chacun profite des fruits de son travail sans voler son voisin.)

Se placer sur le terrain de la morale est pernicieux : cela engendre des débats théologiques sans fin et sans grand intérêt, puisque dépourvus de pertinence.

Les cotisants de la répartition ne payent pas pour faire vivre les vieux, mais pour s'acheter des droits à la retraite pour eux-mêmes.

La question est donc : vaut-il mieux mettre de coté de l'argent pour soi ou payer pour les retraités actuels de manière à s'ouvrir pour plus tard des droits à la retraite ?

Le deuxième système est par construction plus lourd, plus déresponsabilisant et pèse sur l'économie, le premier est donc meilleur.

Chevallier conclut par ces phrases qui ont provoqué mon hilarité en imaginant à la tête des pères-la-pudeur de l'orthodoxie antilibérale les lisant :

C’est en financiarisant (presque) toutes leurs activités que les hommes peuvent s’enrichir mutuellement et résorber la pauvreté. En continuant à s’opposer au capitalisme libéral, les Français s’autodétruisent d’années en années…

Il n’y a pas d’opposition entre les intérêts des individus et des entreprises, mais au contraire une communauté d’intérêts.

L'argument pour les fonds de pension est simple : il est économique.

Mais comme l'économie n'a jamais été notre domaine d'excellence collective, nous nous y montrons sous notre plus mauvais jour : stupides, agissant à l'encontre de nos intérêts.

(1) : je me sens presque honteux de devoir ajouter cette précision, mais on ne sait jamais : le principe des fonds de pension ne préjuge en rien de qui gère les fonds, comment et suivant quels critères. La ministre Christine Lagarde a proposé des fonds de pension gérés par l'Etat, idée particulièrement idiote, à éviter à tout prix, vu les performances de l'Etat-actionnaire, certes, mais idée tout de même.

Alain Soral

Je viens de découvrir Alain Soral, frère de l'actrice Agnès. Quel dommage qu'il vote FN (ce qui, à mes yeux, prouve une majeure faute dans la réflexion politique et dans les valeurs), car certains de ses propos ne sont pas idiots (il est d'ailleurs heureux qu'une position politique ne disqualifie pas la totalité des propos, n'est-ce pas messieurs les communistes ?).

Il est vrai que je suis enclin à l'indulgence car le politiquement correct et les tabous de la pensée restreinte me pèsent. Je vois donc d'un oeil pas trop regardant qui en défonce les prétendues barrières avec allégresse.

Autant je désapprouve fermement les idées d'Alain Soral, dont certaines comme l'antisémitisme puent carrément, autant je trouve que sa manière de mettre les pieds dans le plat fait du bien.

Il est dommage qu'en France le débat soit si verrouillé qu'il faille être une grande gueule extrêmiste pour pouvoir dire des choses aussi évidentes que les ravages du gauchisme dans l'EN ou les effets pervers de l'assistanat.

Les femmes SDF :



La culture gauchiste :




Les jeunes cons :

lundi, septembre 10, 2007

Les subtilités de la langue française : le lexique politico-syndicale

La langue française est fort riche et recèle des finesses aussi inaccessibles à un étranger que la différence entre le Mont-d'Or et le vacherin.

Examinons le vocabulaire politico-syndical.

Il obéit à un grand principe : les mots y prennent un sens très différent, voire contraire, de leur sens dans le vocabulaire courant.

Prenons en titre d'aujourd'hui : les syndicats craignent que le gouvernement passe en force sur les régimes spéciaux de retraite.

Au premier abord, cette phrase paraît limpide au naïf. Il imagine des syndicats tremblants à l'idée que le pouvoir politique, par une loi inique, piétine le voeu populaire, déclenche des manifestations massives proches d'émeutes et sombre dans les dérives des violences policières.

Le naïf n'imaginerait pas que l'on parle là d'une mesure gouvernementale approuvée par la grande majorité des Français, qui n'est que simple justice, et à laquelle les syndicats sont préparés depuis des années puisque tout le monde savait que ça arriverait un jour.

Prenons un autre exemple : "En matière de réformes, le Président montre la voie." N'imaginez surtout pas Christophe Colomb sautant de la Santa Maria, drapeau claquant au vent. Ce titre signifie que le Président ne sait absolument pas où il est, où il veut aller et pourquoi. En attendant que, par un coup du sort, le brouillard se lève, il pérore et gesticule à destination des olibrius payés pour gloser sur ces moindres faits et gestes.

Encore un exemple : "Le gouvernement travaille." Cela ne veut pas seulement dire que le gouvernement turbine, plongé dans la masse de ses importantes affaires, car c'est la moindre des choses et ce n'est pas une information. Non, la signification véritable est que le gouvernement ne sait pas quoi faire, qu'il n'a donc pas d'annonce pour aujourd'hui et qu'il cache son désarroi sous une apparence de sérieux responsable, professionnel et paternel du plus bel effet. "Le gouvernement travaille" signifie donc "Le gouvernement est prêt à tout et bon à rien."

Maintenant que vous commencez à comprendre, un petit exercice facile de mise en application : expliquez en quelques lignes le véritable sens politico-syndical du mot "rupture".

jeudi, septembre 06, 2007

La défense française en danger ?

L'efficacité de l'armée française pourrait être menacée par les coupes budgétaires prévues par l'actuel gouvernement.

Et comme l'armée sert à la défense (je le rappelle pour les ignorants) et à la promotion de la politique française («Sans la menace de la force armée, la diplomatie n'est qu'aboiements de roquet.» Daniel Hélavi), c'est l'avenir de la France qui est engagé.

Nos gouvernants ont pu croire que les militaires, avec leur sens du devoir, suppléeraient grâce à des astuces et à de la bonne volonté les crédits, les personnels et les matériels manquants. Hélas, si il est bien un monde où la dure réalité s'impose et où les voeux pieux et effets de manche ne suffisent pas, c'est bien celui de la guerre.

La pensée stratégique française à l'épreuve des restrictions budgétaires


J'ai bien peur que l'armée française perde ses capacités : il y a des effets de seuil. Quand il manque 1 % de pièces détachées pour réparer un avion, on ne vole pas 1 % moins loin, on ne vole plus du tout. Et ainsi du reste.

Autre chose, je vous avais parlé du décès de Caroline Aigle, je ne savais pas qu'elle était enceinte et qu'elle a choisi de faire passer la vie de son enfant avant la sienne. L'enfant se porte bien et se nomme Gabriel.

La devise de l'armée de l'air est «Faire face».

Instruction : je me fous de l'égalité

Un article du Point débat du fait de savoir si les inégalités scolaires se sont aggravées.

Le sociologue Eric Maurin prétend que non. Mis à part que le mot «sociologue» suscite chez moi une grande méfiance, pour ne pas dire un profond scepticisme (autant vous le dire brutalement, mon premier mouvement est de ne pas croire Eric Maurin), je trouve que la question n'est pas pertinente : je préfère l'inégalité dans l'excellence que l'égalité dans la médiocrité.

En réalité, je ne m'en fous pas tant que ça : je considère que la formation, l'apprentissage, sont des activités devant lesquelles nous ne sommes pas tous égaux en talents et en qualités et que le seul moyen d'égaliser les résultats, c'est de ne plus rien exiger. C'est la politique actuelle.

Mais, si une politique d'exigence était de nouveau suivie, je m'attacherais à ce que tous bénéficient des mêmes droits et des mêmes chances.

mercredi, septembre 05, 2007

La croissance ne se décrète pas, mais ...

En France, nous attendons avec ferveur le retour de la croissance comme les peuplades primitives attendent la pluie ou le soleil.

Si vous évoquez qu'il est possible de faire autrement, on vous répond : La croissance ne se décrète pas.

Puis, de temps à autre, un homme politique montre son volontarisme, qui est une vertu d'idiot, puisque, dixit le Petit Robert, elle consiste à essayer d'imposer sa volonté en négligeant les réalités. Et, bien entendu, notre volontariste échoue.

La croissance ne se décrète pas, mais il est tout à fait possible de la favoriser en s'appuyant sur la réalité.

La méthode est même parfaitement connue car elle a maintenant été expérimentée avec succès dans une quinzaine de pays occidentaux. On sait qu'elle produit ses pleins effets au bout de dix ans environ.

Les conditions pour favoriser la croissance sont :

1) Une diminution des effectifs publics de l'ordre d'un tiers.

2) L'équilibre budgétaire et le désendettement de l'Etat.

Ces deux première mesures entraînent immanquablement une désétatisation et une déréglementation de la société.

3) Une fiscalité simple, juste et compréhensible. Par "juste", j'entends que l'Etat ne doit pas, par l'intermmédiaire de la fiscalité, se donner des missions qui ne sont pas les siennes (comme modifier la répartition des revenus). D'où la mode du taux d'imposition unique ("flat tax").

4) Un conditionnement des aides aux personnes en difficulté à une responsabilisation de leur part.

5) Une organisation de la recherche et de l'enseignement efficace, c'est-à-dire favorisant l'autonomie des établissements, suivie dans un investissement massif dans ces domaines.

Il n'y a aucun doute sur l'efficacité de ces mesures : ça marche, un pays est plus prospère avec que sans.

Mais vous aurez remarqué que chacun de ces points touche à un tabou français. Il est donc non seulement peu vraisemblable qu'ils soient tous mis en oeuvre, mais j'ai tendance à penser qu'aucun ne deviendra réalité.

Donc la croissance française va stagner, et ça n'aura rien à voir avec la pluie ou le beau temps.

Or, la différence entre 2 % de croissance et 4 % de croissance, sur 10 ans c'est 20 % de richesse en plus, sur 15 ans c'est 34 % de richesses en plus et sur 20 ans c'est 49 % de richesses en plus.

Nul besoin de chercher plus loin les causes du malaise français qu'on sent sous différentes formes : un pays qui stagne se porte moins bien qu'un pays qui prospère.

En attendant mieux, continuons à nous comporter comme une peuplade primitive.

lundi, septembre 03, 2007

La pensée restreinte

Ce texte a plusieurs années, mais mis à part quelques allusions circonstancielles qui ne sont plus d'actualité, je trouve qu'il conserve sa pertinence.

La pensée restreinte

Le bio en difficulté : je me marre

Le bio en difficulté qui fait appel à la chimie : je me marre, mais, alors là, je me marre ... Je sais, c'est un peu puéril, mais ça soulage, parce que, franchement, des fois, y en ras la casquette de tous ces cons qui nous expliquent que c'était mieux avant (1), qu'il faut faire confiance à Mère Nature, et que les inventions de l'homme sont méchantes, méchantes, méchantes ...

Alors, je me marre. Je me marre mais pas trop quand même : parce que ce n'est pas à Mère Nature que les cocus du bio vont réclamer des subventions, vous devinez bien à qui.

(1) : 'il faut vraiment ne rien connaître à rien pour croire que l'agriculture était mieux avant l'invention des produits chimiques, mais quand on est con, on est con.


La viticulture bio mise en échec par le mildiou et un été maussade
LE MONDE | 03.09.07 | 15h00 • Mis à jour le 03.09.07 | 15h00

empératures douces, pluies abondantes à partir de mai... les conditions météorologiques de 2007 ont fait apparaître dans les vignes, ainsi que sur les tomates et les pommes de terre, un mildiou particulièrement ravageur, que viticulteurs et maraîchers bio ont eu beaucoup de mal à maîtriser. Au point que certains ont dû se résigner, pour assurer leur revenu, à traiter leurs vignes contre ce champignon avec des produits chimiques de synthèse, une pratique strictement interdite par la réglementation européenne sur l'agriculture biologique, car elle pollue les sols.


En quinze ans, "je n'ai jamais, quelles que soient les difficultés, utilisé un produit qui ne soit biologique", a écrit, en juillet, un viticulteur dans une lettre ouverte au président d'Ecocert, l'organisme qui délivre les certificats d'agriculture biologique. En haut à gauche de sa missive, ce Bordelais bien connu pour son engagement pour la viticulture bio, a inscrit : "objet : retrait de la certification". Puis il informe que, "dans une situation aussi sensible, où l'éventualité d'une perte totale de récolte se posait directement, seule l'application d'un produit non autorisé (lui) permettait de sauver (sa) récolte". Sa décision est lourde de sens : sa production va être déclassée, et il lui faudra désormais trois ans, s'il le souhaite, pour convertir de nouveau son vignoble à l'agriculture biologique.

Selon Ecocert, quelques agriculteurs bio ("moins d'une dizaine"), uniquement des viticulteurs, se sont résignés à prendre cette douloureuse décision cet été, mais d'autres ont préféré perdre tout ou partie de leur récolte annuelle et rester en bio. "Beaucoup de gens nous ont alertés sur les attaques fongiques auxquelles ils étaient confrontés. Ceux qui ont traité juste au bon moment s'en sont sortis, pour les autres, les traitements utilisés en bio n'ont pas été efficaces", explique Antoine Faure, responsable de la certification chez Ecocert. L'organisme a décidé de réaliser 40 % de contrôles supplémentaires pour vérifier qu'il n'y avait pas eu, à son insu, de traitements chimiques dans les vignobles bio. Ceux qui cèdent à la tentation sont rares : une vingtaine de cas par an, sur 8 000 producteurs bio, précise M. Faure, ajoutant que les viticulteurs non bio "ont dû utiliser beaucoup de pesticides" pour cette récolte.

PAS DE TRAITEMENT CURATIF

Face aux attaques de mildiou, les agriculteurs bio ne peuvent avoir recours qu'aux moyens de lutte préventifs, et à aucun traitement curatif. Ils sont autorisés, selon la réglementation européenne, à utiliser quelques produits, principalement le sulfate de cuivre, plus communément appelé "bouillie bordelaise", avec lequel ils traitent fréquemment leur vigne, tout comme les viticulteurs conventionnels. Si le produit est naturel, il n'est pas totalement inoffensif : son utilisation en bio est donc limitée, afin de préserver la vie du sol, à 6 kilos de cuivre-métal par hectare, sur une moyenne de cinq ans. Cette année, beaucoup auront poussé jusqu'à 8, voire 10 kilos, traitant exceptionnellement chaque semaine en juillet et en août sans toujours que cela suffise à sauver leur récolte.

"Une fois que les taches sont là, la maladie est difficile à stopper en bio. On y a donc moins droit à l'erreur qu'en agriculture conventionnelle", explique Monique Jonis, chargée des fruits et légumes et de la viticulture à l'Institut technique de l'agriculture biologique (ITAB). "C'était particulièrement dur cette année", ajoute-t-elle, rappelant, que comme le mildiou est arrivé tardivement en Europe, au XIXe siècle, les cépages n'ont pas de moyens de défense naturels contre lui.

Certains viticulteurs bio réclament que l'accent soit mis davantage sur la recherche, et non seulement sur les normes et les contrôles, pour permettre à ceux qui font le choix d'une agriculture plus respectueuse de l'environnement d'être moins démunis face au champignon. Sur 840 000 hectares de vignes en France, 20 000 ont été convertis au bio, un chiffre en progression de 40 % sur cinq ans.

La virulence du champignon, cette année, aura mis en exergue la technicité que demande ce mode de production. "Ce n'est pas une agriculture d'arrière-garde, bien au contraire. Ce sont les meilleurs en conventionnel qui se mettent en bio, car cela demande un professionnalisme qui n'est pas à la portée de tous", plaide Antoine Faure. Avec les traitements préventifs, la disponibilité doit aussi être supérieure : "J'ai été trop absent", raconte le président de la Fédération nationale de l'agriculture biologique, Henri Thépaut, maraîcher en Bretagne. "Ma production de pommes de terre de conservation sera égale à zéro, mais d'autres, plus présents et techniciens que moi, auront réussi à en faire tout de même", conclut-il.

dimanche, septembre 02, 2007

The peace (studies) racket

The peace (studies) racket

Cet article est radical, mais je suis d'accord. Citons :

George Orwell would have understood the attraction of privileged young people to the Peace Racket. “Turn-the-other-cheek pacifism,” he observed in 1941, “only flourishes among the more prosperous classes, or among workers who have in some way escaped from their own class. The real working class . . . are never really pacifist, because their life teaches them something different. To abjure violence it is necessary to have no experience of it.” If so many young Americans have grown up insulated from the realities that Vegetius and Sun Tzu (Si vis pacem, para bellum] elucidated centuries ago, and are therefore easy marks for the Peace Racket, it’s thanks to the success of the very things the Peace Racket despises above all—American capitalism and American military preparedness.

Orwell avait vraiment la liberté et l'anti-totalitarisme chevillés, non pas au corps, mais à l'intellect, ce qui est beaucoup plus intéressant.

Si nos imbéciles de gauche (et même nos imbéciles de droite) pouvaient lire Orwell, ça leur ferait le plus grand bien.

Sarkonaparte

J'ai voté Sarkozy, j'ai dit que je réservais mon jugement jusqu'à fin septembre, mais ce jugement, vous le sentez poindre :

Sarkonaparte

samedi, septembre 01, 2007

Rognons de veau flambés au cognac

Je ne peux pas toujours vous parler de choses graves (la cuisine, c'est sérieux mais pas grave). Voici mon «chef-d'oeuvre» de ce soir :

Maths 1920

Vous trouverez ci-dessous les programmes officiels de 1920 pour le primaire supérieur, c'est-à-dire l'équivalent de nos 5ème et 6ème (mais ce programme était souvent étudié en équivalent CM2, ce que reproche une instruction de 1923) :

Programmes officiels du 18 aout 1920


Vous remarquerez que les programmes tenaient sur une page. On était très loin de la diarrhée verbale actuelle. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et avec concision !

Si vous lisez attentivement la «Note pour la 1re, la 2e et la 3é année», vous ne serez pas étonnés que des bacheliers actuels ne soient plus capables de faire certains problèmes, notamment ceux nécessitant du calcul mental (1).

Je le sais : avec mon sadisme habituel, il m'arrive de poser subrepticement des questions ressemblantes aux bacheliers de l'aéroclub.

Mais les bacheliers de 2007 ont une excuse : ils n'ont que 18 ans alors que les élèves de primaire supérieur avaient 12 ans (et étaient sélectionnés par le certificat d'études, sauf si ce programme était étudié en CM2 à l'initiative de l'instituteur).

(1) : on n'a pas toujours une calculatrice sous la main (aux commandes d'un avion, par exemple !) et, surtout, raisonnement sans papier et calcul mental sont une saine gymnastique permettant de maîtriser concepts et ordres de grandeur.