lundi, février 13, 2012

Désinformation : qui a gagné la Guerre froide ?

Pour bien comprendre l'extrait ci-dessous, il faut avoir assimilé que la désinformation est comme le vampirisme : de même qu'un vampirisé devient à son tour un vampire, un désinformé devient à son tour un désinformateur, en propageant la désinformation dont il a été victime.

C'est ainsi que la désinformation peut survivre bien longtemps après que le désinformateur initial, qui avait intérêt à cette désinformation, a disparu.

L'exemple du Protocole des sages de Sion est célèbre : il date du XIXème siècle, son auteur est mort depuis longtemps, mais il circule toujours. Plus récemment, on a dit beaucoup de mal des Serbes lors de la guerre du Kosovo, et un journaliste propageant ces mauvais clichés a obtenu un prix (non pas que ces articles soient factuellement faux, mais le choix même du sujet est orienté : il n'a pas choisi d'enquêter sur les séquelles des exactions des milices islamistes).

Désinformation : qui a gagné la Guerre Froide ?

On rejoint la thèse de Bezmenov ou de Maurice Druon dans La France aux ordres d'un cadavre (le cadavre en question étant celui de l'URSS). L'Occident est victime de la désinformation communiste par delà la mort du communisme.

Maintenant, comment reconnaître la désinformation ?

La grille des symptômes est la suivante :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les mauvais de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Vous remarquerez que ces critères s'appliquent très bien au politiquement correct. C'est normal : le politiquement correct est au débat ce que le stalinisme est à l'art de gouverner. Il est l'apothéose de la campagne de désinformation communiste : non seulement, il a des réponses qu'il est sacrilège de contester, mais le fait même de poser certaines questions devient «nauséabond». C'est le triomphe de la dictature de la bêtise auto-destructrice.

Ceci étant dit, que faire contre la désinformation quand on est un consommateur d'informations ?

> Ne pas compter sur l'Etat. Lutter contre la désinformation devrait faire partie de ses fonctions régaliennes mais, en pratique, il est l'un des principaux vecteurs de la désinformation.

> Attacher du prix à la vérité. C'est essentiel : penser que tout se vaut, qu'il n'y a pas de vérité, que des opinions, c'est s'offrir en victime consentante à la désinformation.

> Débrancher. Ne pas se laisser submerger par l'hystérie informative. Très peu de télé, pas d'infos en continu. Ne pas se laisser hypnotiser, notamment par la télé. Se ménager des places de silence et de méditation.

> Préférer s'informer à des sources dont l'orientation est claire plutôt que prendre le risque de s'endormir sur une fausse objectivité. Mieux vaut lire l'Huma et Minute et Radio Courtoisie que Le Monde et Le Figaro. Volkoff donne des exemples particulièrement cruels de la très hypocrite fausse objectivité du Monde. Finalement, j'ai plus de respect pour l'Huma qui avance à découvert.

> Apprendre par des exercices réguliers à détecter une campagne de désinformation à l'aide des critères définis plus haut.

> Pratiquer l'esprit de contradiction.

> Préférer se forger des opinions plutôt que les acheter toutes faites (cela prend du temps).

> Refuser l'auto-censure.

Au fond, pour résister à la désinformation, il faut avoir des valeurs, des connaissances et du caractère, et le goût de la lucidité et de la vérité, qui n'est pas forcément partagé.

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