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lundi, juin 01, 2020
lundi, avril 20, 2020
En France, l’hystérie du coronavirus ne fait que commencer.
En France, l’hystérie du coronavirus ne fait que commencer.
*****************
Que la grande faucheuse passe… Voilà l’angoisse du moment, qui prend à froid toute une société convaincue d’être à l’abri des problèmes, avec sa belle sécurité sociale qui coûte la peau des fesses, et ses protections, ses précautions à foison, qui se révèlent autant de châteaux de carte face au grand méchant loup du Wuhan.
Plutôt miséreux que mort
Cette peur de tirer le mauvais numéro à la loterie conduit à tous les excès, partout dans le monde.. Soudain l’on mesure combien l’après-guerre a changé les esprits. En 1920, des millions de gens pouvaient mourir de la grippe espagnole sans que personne n’ordonne le moindre confinement. Aujourd’hui, 100.000 morts dans le monde (l’équivalent de la campagne de France en 1940) paraissent insupportables. Pour les éviter, on est prêt à tout, même à organiser sciemment la pire crise économique de l’histoire.
Plutôt que d’encourir un risque sur 200 ou 300 de mourir en attrapant le virus dans la rue, les gouvernements, sous la pression de leur opinion publique, préfèrent condamner les 200 ou 300 à une longue, très longue pauvreté… qui leur sera reprochée très vite. Édouard Philippe l’a compris. Il a amorcé hier, dans son utile conférence de presse, le virage vers une austérité sans état d’âme.
Qui paiera ? La grande somnolence éveillée des Français.
Cette semaine, la polémique a enflé sur le thème du « qui paiera la crise? ». Comme s’il existait une cagnotte cachée (ce vieux fantasme antisémite qui hante toujours la gauche), ou comme si la solidarité se limitait à recevoir des bienfaits et à choisir un bouc-émissaire au moment de rembourser. On veut bien tous bénéficier d’une aide, mais on ne veut surtout pas qu’elle soit payée par les autres !
L’exercice ne sera pas facile à mener pour des gouvernants qui bercent d’illusions leurs gouvernés depuis des décennies sur le thème de « notre richesse est éternelle, insubmersible, et sans peine ». Le spectre d’une hausse des impôts se profile. Le moment de rembourser sonnera comme une terrible trompette dans la bataille : les efforts viendront, inéluctables.
Macron s’y attend. Il préparerait un gouvernement d’union nationale, avec des gens de droite et un discours de gauche. Pas sûr que le « en même temps » fonctionne bien cette fois. Les Français qui ne veulent pas payer ne pardonneront pas aux gens de droite d’aller à la gamelle pour mener une politique socialiste, où les impôts frapperont d’abord les riches, et ensuite tout le monde.
Les vannes de la jacquerie risquent bien d’être ouvertes ce jour-là.
Solitude et derniers jours heureux
En dehors de la solitude imposée par le confinement, la période que nous traversons est heureuse. Les plus lucides savent qu’il faut bien en jouir avant que ne s’installent les jours mauvais.
[…]
Les nuages s’amoncellent sur l’horizon international
Ceux qui s’informent comprennent progressivement qu’un piège se referme. Depuis plusieurs semaines, le ton monte entre les États-Unis et la Chine. Tout laisse à penser que cette situation pourrait dégénérer. Face à la crise économique qui s’annonce, nul ne sait quelle stratégie internationale chacun de ces acteurs déploiera pour rendre les efforts acceptables à son peuple.
Trump ne cache plus désormais ses soupçons : il est bien possible que la Chine ait délibérément laissé courir le virus. Il menace de représailles.
Jusqu’où cette escalade ira-t-elle ?
*****************
Vous savez ce que j'en pense : Les caractères d'une psychose collective.
Bref, nous sommes dans une folie collective et ce n'est pas glorieux. Mais c'est dans la continuité de l'abrutissement de l'homme moderne.
Nous allons payer très cher d'être devenus cons comme des balais et lâches comme des femmelettes. Je ne pense pas que la France se relèvera de mon vivant.
*****************
Que la grande faucheuse passe… Voilà l’angoisse du moment, qui prend à froid toute une société convaincue d’être à l’abri des problèmes, avec sa belle sécurité sociale qui coûte la peau des fesses, et ses protections, ses précautions à foison, qui se révèlent autant de châteaux de carte face au grand méchant loup du Wuhan.
Plutôt miséreux que mort
Cette peur de tirer le mauvais numéro à la loterie conduit à tous les excès, partout dans le monde.. Soudain l’on mesure combien l’après-guerre a changé les esprits. En 1920, des millions de gens pouvaient mourir de la grippe espagnole sans que personne n’ordonne le moindre confinement. Aujourd’hui, 100.000 morts dans le monde (l’équivalent de la campagne de France en 1940) paraissent insupportables. Pour les éviter, on est prêt à tout, même à organiser sciemment la pire crise économique de l’histoire.
Plutôt que d’encourir un risque sur 200 ou 300 de mourir en attrapant le virus dans la rue, les gouvernements, sous la pression de leur opinion publique, préfèrent condamner les 200 ou 300 à une longue, très longue pauvreté… qui leur sera reprochée très vite. Édouard Philippe l’a compris. Il a amorcé hier, dans son utile conférence de presse, le virage vers une austérité sans état d’âme.
Qui paiera ? La grande somnolence éveillée des Français.
Cette semaine, la polémique a enflé sur le thème du « qui paiera la crise? ». Comme s’il existait une cagnotte cachée (ce vieux fantasme antisémite qui hante toujours la gauche), ou comme si la solidarité se limitait à recevoir des bienfaits et à choisir un bouc-émissaire au moment de rembourser. On veut bien tous bénéficier d’une aide, mais on ne veut surtout pas qu’elle soit payée par les autres !
L’exercice ne sera pas facile à mener pour des gouvernants qui bercent d’illusions leurs gouvernés depuis des décennies sur le thème de « notre richesse est éternelle, insubmersible, et sans peine ». Le spectre d’une hausse des impôts se profile. Le moment de rembourser sonnera comme une terrible trompette dans la bataille : les efforts viendront, inéluctables.
Macron s’y attend. Il préparerait un gouvernement d’union nationale, avec des gens de droite et un discours de gauche. Pas sûr que le « en même temps » fonctionne bien cette fois. Les Français qui ne veulent pas payer ne pardonneront pas aux gens de droite d’aller à la gamelle pour mener une politique socialiste, où les impôts frapperont d’abord les riches, et ensuite tout le monde.
Les vannes de la jacquerie risquent bien d’être ouvertes ce jour-là.
Solitude et derniers jours heureux
En dehors de la solitude imposée par le confinement, la période que nous traversons est heureuse. Les plus lucides savent qu’il faut bien en jouir avant que ne s’installent les jours mauvais.
[…]
Les nuages s’amoncellent sur l’horizon international
Ceux qui s’informent comprennent progressivement qu’un piège se referme. Depuis plusieurs semaines, le ton monte entre les États-Unis et la Chine. Tout laisse à penser que cette situation pourrait dégénérer. Face à la crise économique qui s’annonce, nul ne sait quelle stratégie internationale chacun de ces acteurs déploiera pour rendre les efforts acceptables à son peuple.
Trump ne cache plus désormais ses soupçons : il est bien possible que la Chine ait délibérément laissé courir le virus. Il menace de représailles.
Jusqu’où cette escalade ira-t-elle ?
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Vous savez ce que j'en pense : Les caractères d'une psychose collective.
Bref, nous sommes dans une folie collective et ce n'est pas glorieux. Mais c'est dans la continuité de l'abrutissement de l'homme moderne.
Nous allons payer très cher d'être devenus cons comme des balais et lâches comme des femmelettes. Je ne pense pas que la France se relèvera de mon vivant.
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verhaeghe
samedi, novembre 16, 2019
Un monde post-chrétien n'est pas neutre, il est anti-chrétien.
Post-Christian America?
Je suis d'accord avec cet article : un monde post-chrétien n'est pas neutre, il est anti-chrétien.
Ce n'est pas la même chose de ne pas avoir connu le Christ et de l'avoir connu puis l'avoir rejeté.
La vogue de l'islam a des racines très profondes dans la psychologie. Le clientélisme est un phénomène de surface. Mais, au fond, l'islam en occident est à la mode, reçu avec une indulgence proprement extraordinaire, favorisé par action et par omission, parce qu'il est l'anti-christianisme par excellence.
Cette faveur par anti-christianisme est explicite chez un Mélenchon, mais je pense que c'est implicite, peut-être inconscient, chez tous les compagnons de route de l'islamisation de l'occident (même quand ce sont des prêtres !).
Je suis d'accord avec cet article : un monde post-chrétien n'est pas neutre, il est anti-chrétien.
Ce n'est pas la même chose de ne pas avoir connu le Christ et de l'avoir connu puis l'avoir rejeté.
La vogue de l'islam a des racines très profondes dans la psychologie. Le clientélisme est un phénomène de surface. Mais, au fond, l'islam en occident est à la mode, reçu avec une indulgence proprement extraordinaire, favorisé par action et par omission, parce qu'il est l'anti-christianisme par excellence.
Cette faveur par anti-christianisme est explicite chez un Mélenchon, mais je pense que c'est implicite, peut-être inconscient, chez tous les compagnons de route de l'islamisation de l'occident (même quand ce sont des prêtres !).
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christianisme,
déchristianisation,
islamisation de l'occident
dimanche, août 25, 2019
La religion de son corps
Le dimanche matin, je vois plus de gens qui font du jogging que de gens qui vont à la messe.
Je surprendrais sans doute les premiers si je leur disais que j’y vois une relation, beaucoup moins les seconds.
jeudi, avril 25, 2019
Pêle-mêle : christianistes, Notre Dame, les enfants bons-à-rien
Pour poursuivre notre réflexion sur les christianistes (ceux qui louent notre civilisation mais refusent la croyance chrétienne qui la fonde) :
Can We Believe? A personal reflection on why we shouldn’t abandon the faith that has nourished Western civilization. Andrew Klavan.
Résumé à très gros traits pour ceux qui ne lisent pas le Rosbeef dans le texte : il est possible de refuser de croire seulement dans le cadre intellectuel issu de la Renaissance et des Lumières où on vénère la Raison. Dans un cadre intellectuel « normal », non aveuglé par le rationalisme, les croyances ont droit de cité et ne sont pas considérées comme des idioties pour crédules.
A propos de Notre Dame de Paris :
LE BAL DES FAUX-CULS
Et une vidéo qui m'a évoqué des gens très proches :
Can We Believe? A personal reflection on why we shouldn’t abandon the faith that has nourished Western civilization. Andrew Klavan.
Résumé à très gros traits pour ceux qui ne lisent pas le Rosbeef dans le texte : il est possible de refuser de croire seulement dans le cadre intellectuel issu de la Renaissance et des Lumières où on vénère la Raison. Dans un cadre intellectuel « normal », non aveuglé par le rationalisme, les croyances ont droit de cité et ne sont pas considérées comme des idioties pour crédules.
A propos de Notre Dame de Paris :
LE BAL DES FAUX-CULS
Et une vidéo qui m'a évoqué des gens très proches :
Libellés :
Combaz,
déchristianisation,
federbusch,
Notre Dame de Paris
dimanche, mai 20, 2018
Comment notre monde a cessé d’être chrétien (G. Cuchet)
Un livre très intéressant qui ne donne pas forcément des réponses mais au moins des pistes.
Préliminaire méthodologique : ce livre traite de la pratique chrétienne mesurable (sacrements, assistance à la messe, etc) et non de la croyance ou de la culture. Mais il me semble illusoire de croire qu’on puisse préserver la croyance et la culture sans la pratique (exemple : si les enfants ne vont plus au catéchisme, comment pourrait-on préserver la culture chrétienne ?). D’une manière générale, la notion de « croyant non pratiquant » est un mensonge, une fuite, à mes yeux, puisque qu’il n’y a pas de chrétien sans sacrements (1). On voit même aujourd’hui des « pratiquants non croyants » !
Bref, pour moi, la mesure de la pratique, quels que soient les bémols qu’on y mette, me paraît bonne pour avoir une idée du christianisme de la population, pour une raison toute simple : la pratique est christianisante, l'absence de pratique est déchristianisante. Ceux qui se consolent en disant que les messalisants d'aujourd'hui sont des meilleurs croyants que les messalisants sociologiques de jadis oublient que quelqu'un qui ne va pas à la messe n'a aucune chance d'être un bon chrétien.
En 1960, en France, 90 % de la génération étaient baptisés et 25 % allaient à la messe régulièrement. Aujourd'hui, 30 % et 2%. Pourquoi ?
Les premières études scientifiques assez extensives de la pratique religieuse datent des années 30 et ont été poussées dans les années 40 et 50.
La carte est très contrastée, entre certaines régions de Vendée, à 97 % ! d’assistance dominicale en 1950, et l’Aisne à moins de 20 %. Deux populations avaient une notion intuitive de cette carte : les évêques, à cause du denier du culte, et les politiciens.
Plus surprenant : cette carte recoupe la carte des prêtres réfractaires et des prêtres jureurs de 1791. Les prêtres jureurs, déclarés et identifiés, ont été exterminés tandis que leurs collègues réfractaires, réfugiés au bocage ou au maquis, ont finalement eu un taux de survie plus grand. Le recrutement des curés étant local, ces disparités se sont perpétués.
Entre 1964 et 1966, la pratique s’effondre, allant parfois jusqu’à une division par deux chez les jeunes. Une évolution si rapide et généralisée est un mystère. Le phénomène ne semble pas limité à la France. Certes, cela correspond au changement de liturgie (sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde, comme disait Brassens).
Mais la corrélation n’est pas une explication.
Cuchet voit plusieurs explications concordantes :
♗ l'achèvement de l'exode rural et la désertification des campagnes, qui tarissent les gros réservoirs de pratiquants. On peut aussi ajouter diverses causes sociologiques diffuses, notamment les mutations de la transmission entre parents et enfants.
♗ l'entrée a l'âge adulte a toujours entrainé une baisse de la pratique. Mais, quand la génération des baby-boomers est arrivée à l'âge adulte (y est-elle jamais vraiment arrivée ?), ce fut un effondrement. Cette génération de pourris-gâtés était, sur plein d'indicateurs, pas seulement religieux, un changement de monde.
♗ Vatican II, par son existence même : tout ce qui tend à mettre en cause des dogmes jusqu'ici présentés comme immuables mine la confiance dans la doctrine et dans l'institution et fait baisser la pratique, notamment dans les couches populaires. D'une manière générale, l'intellectualisation du catholicisme après guerre est une catastrophe pour la pratique populaire, comme l'avait bien perçu sur le moment les défenseurs du catholicisme populaires comme le père Bonnet.
♗ autre conséquence de Vatican II : l'idée, qui n'est pas dans le dogme mais dans le changement de priorité et d'atmosphère, que la pratique n'est pas si obligatoire que ça. Cette notion a eu des conséquences ravageuses sur ceux qui allaient à la messe d'une demi-fesse.
♗ : un sacrement a connu une désaffection spectaculaire, au point de quasiment disparaître : la confession. C'est le sacrement le plus problématique, celui qui est le plus éprouvant (2). Alors dès qu'on ouvre une porte de sortie aux fidèles pour l'éviter, ils sautent sur l'occasion.
♗ : l'explication principale de Cuchet : les clercs ont trahi. Ils ont abandonné l'obligation de pratique. Pas en théorie, mais ... en pratique. Par divers moyens, écrits, comportements, ils ont laissé entendre que les anciennes contraintes devaient tomber en désuétude. Message reçu cinq sur cinq : la fréquentation des églises a été divisée par dix. Je rappelle mon préliminaire : on peut se tripoter la nouille tant qu'on veut, il n'y a pas de transmission du christianisme s'il n'y a pas de pratique.
Et pourquoi les clercs ont-ils trahi ? Parce qu'ils ne croient plus aux fins dernières (le Salut, le Purgatoire, l'Enfer, le Paradis) et n'en parlent plus. Et jusqu'au sommet, puisque le pape François a dit que même Judas, on n'était pas sûr qu'il fût en Enfer. Propos scandaleux au point qu'un abbé a écrit un livre pour rétablir quelques vérités théologiques.
L'ancien catéchisme enseignait que l'homme était sur terre pour faire son Salut. C'était simple, logique et compréhensible par tous. Si on abandonne cela, il n'y a plus de raison d'être chrétien. Rappelez vous Chesterton : le christianisme est un édifice complexe et cohérent, enlevez une pièce et il perd l'équilibre.
D'où la conclusion terrible de Cuchet : il y a toujours une religion qui s'appelle christianisme catholique, mais en réalité, on a changé de religion.
Enfin, Cuchet invite à étudier la vigueur du protestantisme évangélique par rapport à toutes les autres formes de christianismes. Car si le catholicisme sombre pour les raisons analysées par Cuchet, le protestantisme traditionnel et l'orthodoxie ne se portent guère mieux et il serait intéressant de savoir pourquoi..
***********
(1) : pourquoi Saint Français d’Assise n’est-il pas devenu hérétique quand les tensions étaient très fortes avec le clergé ? Probablement parce qu’il avait besoin des sacrements dispensés par les prêtres.
(2) : la suppression du confessionnal, qui permettait une certaine discrétion, est une faute psychologique.
Préliminaire méthodologique : ce livre traite de la pratique chrétienne mesurable (sacrements, assistance à la messe, etc) et non de la croyance ou de la culture. Mais il me semble illusoire de croire qu’on puisse préserver la croyance et la culture sans la pratique (exemple : si les enfants ne vont plus au catéchisme, comment pourrait-on préserver la culture chrétienne ?). D’une manière générale, la notion de « croyant non pratiquant » est un mensonge, une fuite, à mes yeux, puisque qu’il n’y a pas de chrétien sans sacrements (1). On voit même aujourd’hui des « pratiquants non croyants » !
Bref, pour moi, la mesure de la pratique, quels que soient les bémols qu’on y mette, me paraît bonne pour avoir une idée du christianisme de la population, pour une raison toute simple : la pratique est christianisante, l'absence de pratique est déchristianisante. Ceux qui se consolent en disant que les messalisants d'aujourd'hui sont des meilleurs croyants que les messalisants sociologiques de jadis oublient que quelqu'un qui ne va pas à la messe n'a aucune chance d'être un bon chrétien.
En 1960, en France, 90 % de la génération étaient baptisés et 25 % allaient à la messe régulièrement. Aujourd'hui, 30 % et 2%. Pourquoi ?
Les premières études scientifiques assez extensives de la pratique religieuse datent des années 30 et ont été poussées dans les années 40 et 50.
La carte est très contrastée, entre certaines régions de Vendée, à 97 % ! d’assistance dominicale en 1950, et l’Aisne à moins de 20 %. Deux populations avaient une notion intuitive de cette carte : les évêques, à cause du denier du culte, et les politiciens.
Plus surprenant : cette carte recoupe la carte des prêtres réfractaires et des prêtres jureurs de 1791. Les prêtres jureurs, déclarés et identifiés, ont été exterminés tandis que leurs collègues réfractaires, réfugiés au bocage ou au maquis, ont finalement eu un taux de survie plus grand. Le recrutement des curés étant local, ces disparités se sont perpétués.
Entre 1964 et 1966, la pratique s’effondre, allant parfois jusqu’à une division par deux chez les jeunes. Une évolution si rapide et généralisée est un mystère. Le phénomène ne semble pas limité à la France. Certes, cela correspond au changement de liturgie (sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde, comme disait Brassens).
Mais la corrélation n’est pas une explication.
Cuchet voit plusieurs explications concordantes :
♗ l'achèvement de l'exode rural et la désertification des campagnes, qui tarissent les gros réservoirs de pratiquants. On peut aussi ajouter diverses causes sociologiques diffuses, notamment les mutations de la transmission entre parents et enfants.
♗ l'entrée a l'âge adulte a toujours entrainé une baisse de la pratique. Mais, quand la génération des baby-boomers est arrivée à l'âge adulte (y est-elle jamais vraiment arrivée ?), ce fut un effondrement. Cette génération de pourris-gâtés était, sur plein d'indicateurs, pas seulement religieux, un changement de monde.
♗ Vatican II, par son existence même : tout ce qui tend à mettre en cause des dogmes jusqu'ici présentés comme immuables mine la confiance dans la doctrine et dans l'institution et fait baisser la pratique, notamment dans les couches populaires. D'une manière générale, l'intellectualisation du catholicisme après guerre est une catastrophe pour la pratique populaire, comme l'avait bien perçu sur le moment les défenseurs du catholicisme populaires comme le père Bonnet.
♗ autre conséquence de Vatican II : l'idée, qui n'est pas dans le dogme mais dans le changement de priorité et d'atmosphère, que la pratique n'est pas si obligatoire que ça. Cette notion a eu des conséquences ravageuses sur ceux qui allaient à la messe d'une demi-fesse.
♗ : un sacrement a connu une désaffection spectaculaire, au point de quasiment disparaître : la confession. C'est le sacrement le plus problématique, celui qui est le plus éprouvant (2). Alors dès qu'on ouvre une porte de sortie aux fidèles pour l'éviter, ils sautent sur l'occasion.
♗ : l'explication principale de Cuchet : les clercs ont trahi. Ils ont abandonné l'obligation de pratique. Pas en théorie, mais ... en pratique. Par divers moyens, écrits, comportements, ils ont laissé entendre que les anciennes contraintes devaient tomber en désuétude. Message reçu cinq sur cinq : la fréquentation des églises a été divisée par dix. Je rappelle mon préliminaire : on peut se tripoter la nouille tant qu'on veut, il n'y a pas de transmission du christianisme s'il n'y a pas de pratique.
Et pourquoi les clercs ont-ils trahi ? Parce qu'ils ne croient plus aux fins dernières (le Salut, le Purgatoire, l'Enfer, le Paradis) et n'en parlent plus. Et jusqu'au sommet, puisque le pape François a dit que même Judas, on n'était pas sûr qu'il fût en Enfer. Propos scandaleux au point qu'un abbé a écrit un livre pour rétablir quelques vérités théologiques.
L'ancien catéchisme enseignait que l'homme était sur terre pour faire son Salut. C'était simple, logique et compréhensible par tous. Si on abandonne cela, il n'y a plus de raison d'être chrétien. Rappelez vous Chesterton : le christianisme est un édifice complexe et cohérent, enlevez une pièce et il perd l'équilibre.
D'où la conclusion terrible de Cuchet : il y a toujours une religion qui s'appelle christianisme catholique, mais en réalité, on a changé de religion.
Enfin, Cuchet invite à étudier la vigueur du protestantisme évangélique par rapport à toutes les autres formes de christianismes. Car si le catholicisme sombre pour les raisons analysées par Cuchet, le protestantisme traditionnel et l'orthodoxie ne se portent guère mieux et il serait intéressant de savoir pourquoi..
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(1) : pourquoi Saint Français d’Assise n’est-il pas devenu hérétique quand les tensions étaient très fortes avec le clergé ? Probablement parce qu’il avait besoin des sacrements dispensés par les prêtres.
(2) : la suppression du confessionnal, qui permettait une certaine discrétion, est une faute psychologique.
Libellés :
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livre
samedi, mars 31, 2018
Si vous voulez faire carrière, ne soyez pas chrétien, encore moins catholique
Christian Belief is a Mark of Low Status
Cet article a été une illumination :
J'en avais vaguement conscience, j'avais bien remarqué que beaucoup « perdaient la foi » lors de leurs études supérieures, mais je mettais cela sur le compte de la rupture d'environnement et de condition.
L'article ci-dessous est plus précis : dans les milieux dits supérieurs, la foi chrétienne est vue comme une marque d'arriération (mille symptômes le montrent, ne serait-ce, pour aller au plus accessible, que les commentaires anti-chrétiens sur les sites des journaux intellos. Autre symptôme : le christianisme affiché de François Fillon a été porté à son débit).
Pour faire carrière, pour rester dans le troupeau des conquérants, il vaut mieux abandonner la foi chrétienne ou la dissimuler. La pression sociale, même si elle est inconsciente, est très forte. Les souvenirs de mes études en témoignent, je comprends mieux maintenant pourquoi ce fut le point bas de ma pratique religieuse.
Etre chrétien aujourd'hui est une marque de grande originalité et un danger social.
Heureusement, certains hommes sont assez courageux pour se distinguer de la masse :
« Je pensais être rebelle en rejetant le sacré, mais je ne faisais qu'obéir au conformisme ambiant ».
**********
Adolescent, vous avez même été jusqu'à cracher sur le Christ. Pourquoi cette violence à l'égard de la religion ?
Parce que j'étais avant tout le produit d'une époque et - bien plus encore - celui d'une génération. À la télévision comme à l'école, nous avons appris que la religion était synonyme d'obscurantisme. De rétrécissement de la pensée. De fanatisme. J'ai malgré moi véhiculé ces préjugés et mon tempérament volontiers provocateur a fait le reste… Je pensais être rebelle en rejetant le sacré, alors que je ne faisais qu'obéir au conformisme ambiant. Je pensais répondre à une violence par une autre violence, jusqu'à la prise de conscience. J'ai ensuite compris qu'il s'agissait d'une peur de l'amour. J'ai eu peur d'aimer le Christ. Son amour est si gratuit, si grand, que je ne me sentais pas capable de l'aimer en retour.
**********
Jean-Guilhem Xerri : « Notre âme n'a pas changé. Ce qui la perturbe, oui ! »
**********
Vous posez le diagnostic d'une société de plus en plus assistée par la technique mais souffrant d'un « malaise intérieur »…
Jean-Guilhem XERRI. - L'homme fait violence à sa propre nature ! Extérieure, environnementale et intérieure. Il se réduit à ses seuls aspects biologiques et psychologiques, ignorant sa composante spirituelle, son intériorité, ce souffle intérieur qui l'habite. À cela s'ajoute une société hédoniste, consumériste, techniciste et sans transcendance que tous les observateurs dénoncent. Tout cela aliène notre équilibre intérieur. Et nous entretient dans l'illusion que le bonheur est extérieur dans une quête infinie de technologie et de consommation. Or le bonheur réside en notre intérieur. Au malaise intérieur donc, je réponds par l'écologie intérieure! Elle consiste à respecter et à prendre soin de notre vie intérieure.
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Cet article a été une illumination :
J'en avais vaguement conscience, j'avais bien remarqué que beaucoup « perdaient la foi » lors de leurs études supérieures, mais je mettais cela sur le compte de la rupture d'environnement et de condition.
L'article ci-dessous est plus précis : dans les milieux dits supérieurs, la foi chrétienne est vue comme une marque d'arriération (mille symptômes le montrent, ne serait-ce, pour aller au plus accessible, que les commentaires anti-chrétiens sur les sites des journaux intellos. Autre symptôme : le christianisme affiché de François Fillon a été porté à son débit).
Pour faire carrière, pour rester dans le troupeau des conquérants, il vaut mieux abandonner la foi chrétienne ou la dissimuler. La pression sociale, même si elle est inconsciente, est très forte. Les souvenirs de mes études en témoignent, je comprends mieux maintenant pourquoi ce fut le point bas de ma pratique religieuse.
Etre chrétien aujourd'hui est une marque de grande originalité et un danger social.
Heureusement, certains hommes sont assez courageux pour se distinguer de la masse :
« Je pensais être rebelle en rejetant le sacré, mais je ne faisais qu'obéir au conformisme ambiant ».
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Adolescent, vous avez même été jusqu'à cracher sur le Christ. Pourquoi cette violence à l'égard de la religion ?
Parce que j'étais avant tout le produit d'une époque et - bien plus encore - celui d'une génération. À la télévision comme à l'école, nous avons appris que la religion était synonyme d'obscurantisme. De rétrécissement de la pensée. De fanatisme. J'ai malgré moi véhiculé ces préjugés et mon tempérament volontiers provocateur a fait le reste… Je pensais être rebelle en rejetant le sacré, alors que je ne faisais qu'obéir au conformisme ambiant. Je pensais répondre à une violence par une autre violence, jusqu'à la prise de conscience. J'ai ensuite compris qu'il s'agissait d'une peur de l'amour. J'ai eu peur d'aimer le Christ. Son amour est si gratuit, si grand, que je ne me sentais pas capable de l'aimer en retour.
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Jean-Guilhem Xerri : « Notre âme n'a pas changé. Ce qui la perturbe, oui ! »
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Vous posez le diagnostic d'une société de plus en plus assistée par la technique mais souffrant d'un « malaise intérieur »…
Jean-Guilhem XERRI. - L'homme fait violence à sa propre nature ! Extérieure, environnementale et intérieure. Il se réduit à ses seuls aspects biologiques et psychologiques, ignorant sa composante spirituelle, son intériorité, ce souffle intérieur qui l'habite. À cela s'ajoute une société hédoniste, consumériste, techniciste et sans transcendance que tous les observateurs dénoncent. Tout cela aliène notre équilibre intérieur. Et nous entretient dans l'illusion que le bonheur est extérieur dans une quête infinie de technologie et de consommation. Or le bonheur réside en notre intérieur. Au malaise intérieur donc, je réponds par l'écologie intérieure! Elle consiste à respecter et à prendre soin de notre vie intérieure.
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