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samedi, mars 24, 2012

Crusader castles (TE lawrence)

A vingt ans, TE Lawrence, futur Lawrence d'Arabie, a parcouru la France à vélo pour visiter les châteaux. Il faisait des fusains des pierres tombales. C'est une activité saine à la fois physiquement et intellectuellement.

Plus tard, il a fait sa thèse à Oxford sur les châteaux des croisades. A cette occasion, il a parcouru le proche-orient avec des moyens de fortune. Cette thèse a été éditée après la mort de Lawrence.

En discutant avec un collègue, je me suis aperçu que nous partagions le goût de cette région. Nos autres collègues, ayant une vision déformée par la télévision, nous prennent pour des fous. Et pourtant, je ne saurais trop conseiller le Liban et israël comme destination de vacances itinérantes.

Ce collègue me confie qu'il cherche la thèse de Lawrence (il n'a pas du chercher bien fort, on la trouve sur abebooks). Toujours est-il que je l'ai et que cela me donne l'occasion de la relire.

Je vous la conseille si vous comptez vous rendre au proche-orient. C'est un guide plaisant et original.

vendredi, février 20, 2009

Pourquoi les journalistes (et les universitaires) sont ils nuls ?

A quelques exceptions, la presse ne brille pas par ses qualités intellectuelles.

On peut accuser le gauchisme (1), qui abrutit le débat, ceux qui y participent et ceux qui le rapportent : sur des sujets aussi importants que l'immigration, la culture et l'assistanat, il est impossible de tenir publiquement un discours autre que celui de la gauche sans se faire traiter de fasciste (prière de ne pas rigoler : le fascisme, c'est sérieux, l'ennemi est à nos portes et tout et tout ...).

C'est bien connu, quand on pense tous la même chose, c'est qu'on ne pense plus.

Mais Nicholas Nassim Taleb (NNT), dans le Cygne Noir, pointe une autre cause, plus originale.

Le monde est chaotique. Il arrive des événements surprenants et peu explicables, qui ne répondent pas de gentilles logiques bien linéaires : les attentats du 11 septembre, le krach boursier, etc ...

Or, les journalistes sont, par nécessité professionnelle, parce que c'est ce qui fait plaisir à leurs lecteurs, des raconteurs d'histoires. Il leur faut de belles causes, bien nettes, qui s'enchainent avec de beaux effets, entourés de circonstances précises.

Pour un journaliste, déclarer «Il arrive ça. Hé bien ma foi, je n'ai absolument aucune idée de la cause, mais alors là, que dalle !» est quasiment une faute professionnelle (alors que ça serait une preuve de modestie et d'honnêteté, mais «journaliste modeste» est un oxymore).

C'est particulièrement flagrant avec la bourse : si vous écoutez une radio d'information, vous l'avez constaté.

La bourse monte à 11 h, on vous explique que c'est du à une bonne statistique. La même bourse descend à 13 h, le journaliste (celui de tout à l'heure) vous explique sans se démonter que la bonne statistique fait craindre une remontée des taux directeurs par la banque centrale.

Alors que la seule vraie explication, c'est qu'il n'y a pas d'explication ou, ce qui revient au même, qu'il y a autant d'explications que d'intervenants sur le marché.

En résumé, par sa position de raconteur d'histoire, le journaliste est condamné à être toujours en porte-à-faux vis-à-vis du monde tel qu'il est, chaotique, désordonné, sans guère de rime ni raison.

C'est pourquoi le bavardage journalistique finit toujours par sonner creux aux oreilles habituées au bruit du monde.

NNT fait le même genre de critique aux universitaires : ils sont bornés, enfermés dans leur petit savoir étroit, et en plus, souvent arrogants et précieux.

Mais le monde déborde, bouscule les jolis cadres qui délimitent les disciplines universitaires et qui commandent la distribution des places et des crédits.

NNT oppose les érudits, que leurs connaissances diversifiées rendent capables de comprendre la précarité et l'instabilité du monde («le monde est une branloire pérenne») aux universitaires, prisonniers de leur savoir «gaussien».

Pour illustrer son propos, il soumet une devinette : je fais l'hypothèse que j'ai une pièce équilibrée. Je la lance 99 fois, elle fait pile 99 fois, quelle est la probabilité qu'elle fasse pile la centième fois ?

Je vous mets une photo (ayant un rapport lointain avec le sujet) pour retarder la réponse, histoire que vous jouiez vous aussi.



Un universitaire, fier de son savoir, répondra 50 %.

Un entrepreneur originaire de Brooklyn (pour NNT, le sommet de l'intelligence pratique) pensera «out of the box» et vous répondra que votre hypothèse comme quoi la pièce est équilibrée est fausse.

Bien évidemment, le vrai monde, c'est celui du brooklynien, celui de l'universitaire n'existe pas, il n'a aucun intérêt.

Je me sens à l'aise avec NNT : sa vision du monde, et certaines détestations qui l'accompagnent (2), rejoint la mienne.

Mais il est vrai que ce Libanais, vivant aux Etats-Unis, éduqué en un temps où l'on n'avait pas encore honte d'enseigner la culture «bourgeoise» dans un lycée français, classe Montaigne en tête de ses auteurs préférés !

(1) : sondage de Marianne à l'occasion des dernières élections présidentielles. Les rédactions interrogées votaient à gauche, y compris celles des quotidiens réputés de droite, à plus de 60 %.

(2) : ils n'aiment pas beaucoup les PDGs, les politiciens et les banquiers, gens qui ont l'arrogance de croire et de vouloir persuader autrui qu'ils sont capables de maitriser l'incertitude du monde.

lundi, juillet 16, 2007

Le Liban par le colonel Monnerat

Vous savez dans quel mépris je tiens la plupart des médias et les journalistes français (1), vous ne serez donc pas surpris si je partage l'avis de ce billet :

Deux poids, deux mesures

(1) : trop d'endogamie, de connivences, de bien-pensance, de barbichettes qui se tiennent ...