Latin et grec : au-delà de l'utilitarisme, la beauté deslangues anciennes
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Nous vivons une époque qui suggère que le beau soit à ce point
dispensable qu'il ne mérite plus d'être même évoqué. Et lorsqu'on l'évoque, c'est
seulement comme outil, pour faire des phrases correctes, dans cette conception
d'un français irréprochable sans saveur et sans aspérité. Un français automatique
qui devient une langue morte. Une précaution scientiste qui sied mal, en réalité, à
ce que sont les langues anciennes, au mouvement de leurs phrases, tant la justesse
des termes, la synthèse opérée n'est pas l'appauvrissement, l'amenuisement
contemporain du vocabulaire. Tant le latin n'est pas l'anglais d'aéroport.
Cet amour décharné pour les antiquités, ce réveil élégiaque des consciences
indignées, délimitées d'avance par l'enjeu politique, charrie une certaine dose de
tartuferie s'il ne délivre pas l'école de l'idéologie. On ne peut déplorer
l'évanouissement du latin et du grec des programmes scolaires et vouloir ce
monde-là, le désirer toujours plus matériel et plus efficace. Toujours plus rentable.
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Latiniste un jour, latiniste toujours ! Sursum corda !
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mardi, juin 02, 2015
dimanche, octobre 16, 2011
La mort de la culture me laisse en grand désarroi
La culture donne un sens au monde.
Bien sûr, je n'entends pas la culture comme ce fourre-tout «jacklanguien» qui irait du rap à Dalida. La culture est ce qui permet le dialogue avec les hommes du passé, comme dans cette lettre célèbre de Machiavel expliquant qu'après le labeur du jour, il retrouve les auteurs antiques sur le forum. Elle permet de se sentir à l'aise dans la continuité des temps et de faire que l'univers n'est pas uniquement peuplé de signes mystérieux et incompréhensibles.
Une simple balade dans Paris suffit : ici été assassiné Henri IV, Quasimodo est sans doute passé par là, cette tour a été édifiée par Catherine de Medicis pour ses astrologues, dans ce café le colonel Rémy donnait rendez-vous à ses courriers, sur cette place eut lieu un duel célèbre (et Marion de Lorme perdit son pucelage) . Je suis chez moi car ces souvenirs sont devenus personnels. Etant chez moi, je me sens en sécurité.
Mais rien n'est plus fragile que la culture : il suffit que sa transmission soit interrompue le temps d'une génération pour qu'elle cesse d'être vivante. Or, précisément, nous sommes la génération de la mort de la culture, cette génération à laquelle la culture n'a pas été transmise. D'avoir passé le latin comme deuxième langue au baccalauréat fait de moi un anachronisme.
Notre culture est morte. Comme l'araméen, elle est désormais le privilège de quelques érudits. Montaigne et Pascal, Homère et Virgile, ces noms disent encore vaguement quelque chose, mais pour combien de temps ? Et qui, même parmi les étudiants du supérieur, les a lus ?
Nous avons été sciemment, délibérément, criminellement, coupés de nos racines (la télévision, que je déteste de toutes mes fibres, a donné le coup de grâce). Je ne connais pas la suite des événements, mais j'ai peur : la plupart des plantes coupées de leurs racines meurent. Il a fallu cinq siècles à l'Occident pour se remettre de la mort de la culture romaine.
Nous en voyons déjà les premiers effets destructeurs : faute d'être capables (et pour cause) de prendre du recul sur ce que nous sommes et d'où nous venons, nous laissons nos sociétés devenir les proies d'idées folles, par exemple la liberté confondue avec la licence.
Bien sûr, je n'entends pas la culture comme ce fourre-tout «jacklanguien» qui irait du rap à Dalida. La culture est ce qui permet le dialogue avec les hommes du passé, comme dans cette lettre célèbre de Machiavel expliquant qu'après le labeur du jour, il retrouve les auteurs antiques sur le forum. Elle permet de se sentir à l'aise dans la continuité des temps et de faire que l'univers n'est pas uniquement peuplé de signes mystérieux et incompréhensibles.
Une simple balade dans Paris suffit : ici été assassiné Henri IV, Quasimodo est sans doute passé par là, cette tour a été édifiée par Catherine de Medicis pour ses astrologues, dans ce café le colonel Rémy donnait rendez-vous à ses courriers, sur cette place eut lieu un duel célèbre (et Marion de Lorme perdit son pucelage) . Je suis chez moi car ces souvenirs sont devenus personnels. Etant chez moi, je me sens en sécurité.
Mais rien n'est plus fragile que la culture : il suffit que sa transmission soit interrompue le temps d'une génération pour qu'elle cesse d'être vivante. Or, précisément, nous sommes la génération de la mort de la culture, cette génération à laquelle la culture n'a pas été transmise. D'avoir passé le latin comme deuxième langue au baccalauréat fait de moi un anachronisme.
Notre culture est morte. Comme l'araméen, elle est désormais le privilège de quelques érudits. Montaigne et Pascal, Homère et Virgile, ces noms disent encore vaguement quelque chose, mais pour combien de temps ? Et qui, même parmi les étudiants du supérieur, les a lus ?
Nous avons été sciemment, délibérément, criminellement, coupés de nos racines (la télévision, que je déteste de toutes mes fibres, a donné le coup de grâce). Je ne connais pas la suite des événements, mais j'ai peur : la plupart des plantes coupées de leurs racines meurent. Il a fallu cinq siècles à l'Occident pour se remettre de la mort de la culture romaine.
Nous en voyons déjà les premiers effets destructeurs : faute d'être capables (et pour cause) de prendre du recul sur ce que nous sommes et d'où nous venons, nous laissons nos sociétés devenir les proies d'idées folles, par exemple la liberté confondue avec la licence.
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vendredi, août 26, 2011
Exposition Madame Gres au musée Bourdelle
Madame Grès - La couture à l'œuvre par paris_musees
Je vous conseille vivement cette exposition. C'est de l'art suivant la définition de Saint-Exupéry : «Non pas lorsqu'il n'y plus rien à ajouter mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer».
Rigueur et austérité, mais sublimées par un immense talent et beaucoup de travail. Le «pli Gres» était tel que certaines robes, une fois déployées, avaient une envergure de 21 m !
Nous sommes très loin des laides excentricités, destinées à faire parler d'elles en choquant le vulgaire, qu'on baptise aujourd'hui pompeusement haute couture.
jeudi, avril 30, 2009
Le pays saura qu'il est défendu
L'origine de l'immigrationnismeDans son plus célèbre discours de guerre, Clemenceau a prononcé cette phrase qui a marqué les esprits : «le pays saura qu'il est défendu».
Aujourd'hui, c'est au contraire le sentiment d'abandon qui domine : le pays sait qu'il n'est pas défendu, quand il n'est pas trahi. Nos politiciens et nos médiatiques considèrent que tout ce qui est français, «franchouillard» dans leur langue, ne mérite pas d'être défendu, et ce n'est pas plus mal si c'est détruit. On peut épiloguer sur la haine des élites pour leur peuple, au point qu'elles participent activement à l'extinction de sa culture.
Cette haine des élites pour le peuple est à l'origine de l'immigrationnisme, cette politique qui consiste à considérer que tout ce qui vient de l'étranger est bien et tout ce qui vient de chez nous est mal (un Arabe fier de ses racines, c'est bien ; un Français fier de ses racines, c'est un beauf). On assiste à une véritable tentative de substitution de population et de culture.
C'est ainsi que les professeurs en viennent, exemple entre mille, à expliquer, sans crainte d'un cuisant ridicule, que l'Europe doit énormément à l'Islam médiéval et a des racines musulmanes. Qu'on parle d'Averroes ne me choquerait pas, si on ne cessait dans le même temps d'enseigner Chrétien de Troyes.
Sur le long terme, je ne suis pas trop inquiet : partout où la question d'une invasion étrangère (appelons les choses par leur nom) s'est posée, les cultures ont montré une résistance tout à fait étonnantes. Songez aux Juifs, aux Grecs et aux Arméniens sous domination ottomane.
Et, puisqu'on en est aux vérités, la culture musulmane n'a rien de si séducteur (qu'a-t-elle apporté au progrès de l'humanité depuis six ou sept siècles ?) que l'on puisse croire qu'elle a la capacité d'attirer au point d'éteindre la culture européenne. Nous ne sommes pas vis-à-vis des musulmans dans la posture des Gaulois vis-à-vis des Romains.
Mais, tout cela, c'est à long terme. Or, c'est bien connu, nous serons tous morts.
A court terme, il reste à comprendre, pour en combattre les effets, la racine du mal : la haine des élites françaises pour leur peuple. Pourquoi ces «collabos» de l'immigrationnisme (1) ?
La haine des élites pour le peuple : le cas de Rachida Dati
Cette haine est particulièrement frappante chez les gens de gauche, parce qu'ils posent comme défenseurs de ce peuple. Or, je suis bien sûr que tous les bobos que je connais vivraient très mal une soirée chez des gens du peuple, chez des smicards franchouillards, qu'ils ne connaissent d'ailleurs pas et évitent soigneusement (il est toujours amusant de constater que ces amoureux du peuple et des immigrés vivent dans des quartiers où il n'y a ni immigrés ni gens du peuple).
On peut juger que la dernière fois que la gauche s'est intéressée aux préoccupations du peuple, c'est quand un maire communiste a fait raser au bulldozer un foyer de travailleurs immigrés !
Un des exemples les plus illustratifs, d'un comique savoureux et navrant, de cette haine des élites pour le peuple est l'histoire de Rachida Dati. Au début, tout allait bien, un vrai conte de fées immigrationniste, un petit bonheur pour les degôches multiculturalistes.
Quand les choses ont-elles commencé à se dégrader ? Quand les critiques permanentes ont elles pris leur essor ? Quand la chasse à la Dati a-t-elle été ouverte ? Quand elle a commencé à se comporter en nouvelle riche, c'est-à-dire en ancienne pauvre. Il faut faire partie de la haute, être bourré d'argent, avoir vécu dès sa plus tendre enfance dans l'aisance (il y a des fosses pour cela), pour afficher son mépris de l'argent.
Mépriser l'argent, c'est un truc de type qui n'a jamais eu de souci d'argent. Le code est subtil : il faut afficher son mépris de l'argent. Mais, en même temps, l'étaler discrètement pour bien faire voir qu'on en a ; le tout sans avoir l'air d'y toucher, et cependant y penser toujours. Bref, être faux cul avec le fric, ça s'apprend. Je constate que les plus rapiats dans les aéroclubs sont ceux qui ont le plus d'argent. Ils sont aussi les plus prêts à déclarer qu'ils ne comptent pas et sont généreusement de gauche.
Rachida Dati ne savait pas tout cela, ne connaissait pas les usages de la caste. Elle s'est comportée, ô horreur, ô abomination, comme une fille du peuple qui a gagné au Loto. Et on ne lui reproche pas d'avoir gagné au Loto politique, d'avoir intrigué et magouillé, tous le font. On lui reproche d'avoir agi benoîtement en fille du peuple, d'avoir déclaré qu'elle aimait les belles robes et les bijoux. Les autres aussi, ils ne s'habillent pas chez Tati et leur bijoux ne sont pas en toc, mais ils savent qu'ils ne faut pas s'en vanter.
Ils ont découvert avec autant d'horreur une fille du peuple en leur sein que des bonnes sœurs découvriraient une hardeuse dans leurs rangs et l'ont rejetée encore plus vite (les bonnes soeurs auraient fait preuve de charité chrétienne).
Pourquoi tant de haine ?
Question difficile : pourquoi les élites détestent-elles leur peuple ? Le snobisme a toujours existé et est naturel.
La Révolution Française a créé une peur du peuple qui a plus ou moins subi un coup d'arrêt avec la Commune, mais le changement fondamental me semble dans les conditions de vie : on peut désormais vivre dans des beaux quartiers totalement aseptisés, débarrassés des RMIstes et des smicards. Allez à Auteuil, Neuilly, Boulogne-Billancourt pour voir.
Les progrès techniques font que les élites peuvent désormais vivre avec le minimum de contact avec le peuple, la domesticité a quasiment disparu, les organisations modernes sont telles que les rapports avec la base passent par des intermédiaires.
Ce mouvement technique a coïncidé avec un mouvement historique. Deux guerres mondiales en trente ans, ça fait beaucoup. Le peuple, qui s'est fait hacher menu, était le coupable tout trouvé. N'est-ce pas lui qui a braillé comme un con en 1914 «A Berlin !» ou «Nach Paris !» ?
Bien entendu, les élites étaient aussi responsables, mais comme elles désignaient les coupables, elles ont pris soin de s'éviter trop de désagréments. On a donc honni le nationalisme populaire, celui qui défile en chantant, en oubliant les motivations guerrières spécifiques à la haute, comme l'intérêt ou le goût de la distinction ou l'ennui.
Mai 68 a été l'épiphanie de ce snobisme : quoi de plus snob que de revendiquer la licence des mœurs ? Il y a là un trait commun avec les nobles d'Ancien Régime dont l'ironie semble avoir échappé à beaucoup.
On remarquera qu'aux Etats-Unis, qui n'ont pas de raison de culpabiliser à propos des deux guerres mondiales, cette haine des élites pour le peuple est nettement moins prononcée, «mainstream» n'y est pas infamant comme «populaire» chez nous.
Les «zartistes» en première ligne
Dans cette haine du peuple, les «zartistes» sont en première ligne. Quand je vois Pierre Arditi, Fanny Ardant ou Emmanuelle Béart faire leur numéro de groupies gauchistes des immigrés illégaux (sous-entendu, la France est peuplée d'affreux franchouillards racistes), je me demande quelle est leur légitimité et quelle est leur compétence. Pourquoi écouterai-je quelqu'un qui, comme Emmanuelle Béart, revendique son inculture ? (Elle a quitté l'école tôt et s'en glorifie).
Si ils ont quelque chose à dire, qu'ils fassent comme tout le monde : qu'ils tiennent un blog ! Personne ne sera obligé d'aller y voir et de les subir.
Tous ces gens se contenteraient de faire leur métier, nous n'en serions que mieux. Est-ce que je vais à la télé et à la radio donner mes opinions sur ceci ou cela ?
Les élites parlent entre elles et parlent d'elles-mêmes avec grandiose nombrilisme et se félicitent mutuellement de leurs belles âmes. Grand bien leur fasse. Mais pourquoi sommes nous astreints à nous faire tympaniser de leurs bavardages ?
Que faire ?
La réponse individuelle est simple : transmettre, sans haine sans crainte ni remords, la culture française. On peut préférer sans culpabiliser Piaf à Diams, l'andouillette au kebab, les femmes en mini-jupe aux femmes en tchador, le christianisme à l'islam et la France à l'Algérie.
J'ose à peine évoquer le rôle du système éducatif dans cette transmission de la culture. Cependant, tout espoir n'est pas perdu : les profs ont été et sont encore les fourriers du multiculturalisme, mais ils en sont aussi les premières victimes donc les premiers à être forcés de se remettre en question, soit en tombant carrément du coté de la soumission (2), soit en résistant (voir le succès parmi les enseignants du film La journée de la jupe).
Par contre, la réponse collective, c'est-à-dire politique, est nettement plus problématique. J'ai peur de violences.
Les fauteurs de troubles n'inspirent la crainte que parce qu'ils ne rencontrent pas d'opposition. Ce sont des tigres de papier. Je vous ai raconté cette histoire de touristes russes qui ont cassé la gueule dans le métro de «jeunes issus de l'immigration» qui les provoquaient.
Or, on ne bande pas à fond le ressort de l'ego d'un peuple en l'humiliant constamment sans risquer d'en prendre un bon coup quand il se détendra.
Je ne sais pas comment ça se passera, peut-être qu'il y aura une émeute de banlieue de trop.
Les immigrés qui se voient comme des conquérants risquent alors de découvrir qu'ils sont très faibles, qu'ils ont contre eux l'appareil de l'Etat, l'armée et la police, sans compter que les «de souche», tout soumis et veules qu'ils paraissent aujourd'hui, seraient tout à fait capables de s'organiser.
Et si en plus on ajoute par là-dessus une possible tension économique, on n'est pas sorti de l'auberge.
Le malheur dans tout cela, c'est que même les immigrés intégrés, pour peu qu'ils se repèrent facilement à leur couleur de peau, risqueraient de ne pas être épargnés. La colère populaire, c'est comme le dentifrice : allez donc la faire rentrer dans le tube une fois qu'elle est sortie.
Je ne suis pas sûr que nos immigrationnistes réalisent à quel point ils jouent avec le feu.
Nota : j'ai découvert récemment le sigle CPF. J'ai mis un certain temps à comprendre ce que ça signifiait : Chance Pour la France. Evidemment, c'est une manière de tourner en dérision le discours des immigrationnistes qui nous expliquent que l'immigration est une chance pour la France. Application du jour : Youssouf Fofana, qui a torturé Ilan Halimi comme un SS, avec l'aide 26 (26 !!!)complices est un CPF.
(1) : ceux qui nous expliquent qu'il faut s'adapter au fait accompli de la présence d'immigrés (en modifiant nos comportements -l'habillement des femmes, par exemple, pour ne pas «provoquer») sont-il si différents de ceux qui nous expliquaient qu'il fallait s'adapter au fait accompli de la présence de beaux guerriers blonds parlant Germain ?
(2) : dans La journée de la jupe, un prof soumis se fait casser la gueule par ses élèves et explique qu'il faut les comprendre. Le flic répond sobrement : «Après tout, si ça vous plaît de prendre des pains dans la tronche ...».
mercredi, avril 29, 2009
Immigration : il n'y a qu'à demander au Wall Street Journal
Il y a quelquefois des coïncidences. Je tombe dans le Wall Street Journal, sur cet article qui concerne le sujet dont nous débattons depuis quelques jours.
Heirs to Fortyun ?
Heirs to Fortyun ?
lundi, avril 27, 2009
Les Arabes vus par un Amazighe
A coté de ces articles, j'ai l'air d'un enfant de choeur avec mes précautions de langage et mes tortillements du cul :
Les Arabes dans l'impasse de la chaussure
L'arabo-islamo-intégrisme, une culture de la haine
Les Arabes dans l'impasse de la chaussure
L'arabo-islamo-intégrisme, une culture de la haine
mercredi, novembre 19, 2008
L'hyper-démocratie
J'emprunte ce concept à Renaud Camus, je le trouve très éclairant.
La démocratie est un concept politique : nous déclarons les hommes égaux en droit.
Le miracle de cette idée, ce qui fait qu'elle doit être célébrée, c'est qu'elle est hautement contraire à l'intuition, les hommes sont en réalité inégaux en tout. L'idée démocratique est le fruit de siècles de maturation.
L'hyperdémocratie consiste à sortir du champ de la politique cette égalité entre les hommes et à l'appliquer à toute chose : à l'éducation, à l'art, à la pensée, à nier toutes les hiérarchies qui font que la société n'est pas un chaos amorphe mais un ordre humain.
L'hyperdémocratie, c'est avant tout une bêtise stupéfiante, une incompréhension totale, radicale, de ce qu'est la démocratie et, même, l'homme.
C'est ainsi qu'on en vient à refuser des distinctions qui structurent l'homme et la société : l'enfant est l'égal des parents, tous les goûts se valent, les cultures sont interchangeables, les pensées méritent toutes d'être exprimées, toutes les pulsions sont légitimes etc ...
C'est plus qu'une erreur, c'est un cruel mensonge : en réalité, les parents sont supérieurs aux enfants, il y a des pensées lumineuses et d'autres indigentes, il y a des croûtes et des chefs d'oeuvres etc ...
La limitation, la plus grande étant la mort, est au coeur même de la condition humaine, et les hommes sont tous singuliers. De là, ils découlent que tous les hommes sont limités, et que les limites de chacun sont différentes, d'où une inégalité consubstantielle à la condition humaine.
C'est pourquoi il ne peut exister qu'une seule d'égalité de fait entre les hommes, celle du néant, de l'inexistence.
Il ne faut pas chercher plus loin l'explication du fait que lorsque l'on a cherché à égaliser les hommes que ça soit dans l'éducation, dans les arts ou dans le reste, on n'a trouvé qu'un seul moyen, c'est le nivellement par le bas.
Il n'y a qu'un seul moyen que tout le monde court le cent mètres à la même vitesse, c'est de ne pas courir. Il n'y a qu'un seul moyen que tous aient le même niveau d'éducation, c'est de ne pas éduquer. Il n'y a qu'un seul moyen que l'art soit accessible à tous, c'est qu'il n'y ait plus d'art.
La démocratie est un concept politique : nous déclarons les hommes égaux en droit.
Le miracle de cette idée, ce qui fait qu'elle doit être célébrée, c'est qu'elle est hautement contraire à l'intuition, les hommes sont en réalité inégaux en tout. L'idée démocratique est le fruit de siècles de maturation.
L'hyperdémocratie consiste à sortir du champ de la politique cette égalité entre les hommes et à l'appliquer à toute chose : à l'éducation, à l'art, à la pensée, à nier toutes les hiérarchies qui font que la société n'est pas un chaos amorphe mais un ordre humain.
L'hyperdémocratie, c'est avant tout une bêtise stupéfiante, une incompréhension totale, radicale, de ce qu'est la démocratie et, même, l'homme.
C'est ainsi qu'on en vient à refuser des distinctions qui structurent l'homme et la société : l'enfant est l'égal des parents, tous les goûts se valent, les cultures sont interchangeables, les pensées méritent toutes d'être exprimées, toutes les pulsions sont légitimes etc ...
C'est plus qu'une erreur, c'est un cruel mensonge : en réalité, les parents sont supérieurs aux enfants, il y a des pensées lumineuses et d'autres indigentes, il y a des croûtes et des chefs d'oeuvres etc ...
La limitation, la plus grande étant la mort, est au coeur même de la condition humaine, et les hommes sont tous singuliers. De là, ils découlent que tous les hommes sont limités, et que les limites de chacun sont différentes, d'où une inégalité consubstantielle à la condition humaine.
C'est pourquoi il ne peut exister qu'une seule d'égalité de fait entre les hommes, celle du néant, de l'inexistence.
Il ne faut pas chercher plus loin l'explication du fait que lorsque l'on a cherché à égaliser les hommes que ça soit dans l'éducation, dans les arts ou dans le reste, on n'a trouvé qu'un seul moyen, c'est le nivellement par le bas.
Il n'y a qu'un seul moyen que tout le monde court le cent mètres à la même vitesse, c'est de ne pas courir. Il n'y a qu'un seul moyen que tous aient le même niveau d'éducation, c'est de ne pas éduquer. Il n'y a qu'un seul moyen que l'art soit accessible à tous, c'est qu'il n'y ait plus d'art.
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mardi, novembre 18, 2008
La mort de la culture
Il y a maintenant trois ou quatre décennies, des éminences ont décrété que la culture classique, requalifiée, par un terme prétendument insultant, de «bourgeoise», était un instrument de domination et qu'il convenait de la tuer et de la remplacer par une autre culture, dite populaire, qui avait la particularité d'être la culture des incultes (1), c'est-à-dire en réalité de ne pas être une culture.
C'est au nom de ce sain principe qu'un Jack Lang a pu expliquer sans rencontrer d'oppositions majeures que le rap était de la culture au même titre que Mozart et Bach.
L'école, jamais en retard d'un zèle gauchiste, a parfaitement réussi à éradiquer toute prétention à apprendre cette culture classique, qu'elle refuse de toute façon d'enseigner (2), la curiosité sur ces sujets est vue comme une grave déviance.
Imaginez un instant qu'un élève d'un lycée public se lève et déclare tout à trac «J'en ai marre de Pierre Perret, je préférerais qu'on étudie Ronsard». Il serait immédiatement classé dans les rétrogrades, les lepénistes, les infâmes, pire les élitistes, les asociaux.
Corneille est définitivement un chanteur de variétés et tout le monde trouve ça très bien.
Comme la science, comme l'enseignement, comme la musique, la culture est par nature élitiste, ce qui est déjà en soi motif de condamnation, mais il se trouve, pour ajouter à ce malheur, que l'élite culturelle recoupe très souvent l'élite sociale.
Il y a un village gaulois qui résiste à l'invasion de la barbarie, à l'ignorance crasse généralisée et satisfaite. Ce village gaulois, souffre, se réduit peu à peu, mais il persiste à exister, bien que virtuel.
Il rassemble tous ceux qui, par hasard (ceux qui fréquentent les écoles «modernes» et dont les parents s'en foutent) ou par obligation (ceux qui fréquentent les écoles «rétrogrades» ou dont les parents ne s'en foutent pas), ont été en contact avec la culture classique et y ont pris goût.
Tant qu'il y aura une bibliothèque debout, le village gaulois des tenants de la culture classique aura quelques habitants.
Mais ces habitants sont ostracisés : il ne fait pas bon, sauf en certains milieux, passer pour cultivé, c'est suspect.
C'est bien là qu'est le fond du drame, la culture est sommée de rester une affaire privée, presque honteuse, on est cultivé comme on est collectionneur de petites culottes.
Or, la culture, qui est distinction (3), meurt de rester cachée : pour vivre, elle doit sans cesse attirer de nouveaux fidèles. Elle doit être un phare.
Addendum : alors que je finis ce message, je trouve, après quelque recherche, ce texte de Renaud Camus, La grande déculturation, qui dit bien mieux que moi la même chose.
(1) : pour la plupart, des immigrés, population chérie de notre gauche confusioniste.
(2) : je serais né cinquante ans plus tôt et j'aurais fait un parcours scolaire identique, ma culture classique serait bien plus solide qu'elle n'est. Et pourtant, je n'ai pas à me plaindre : j'ai fait du latin, on m'a fait étudier La guerre des Gaules, Lucrèce, Chrétien de Troyes, Goethe, Marot, du Bellay ...
(3) : être cultivé, c'est avoir du goût, c'est préférer ceci à cela, pas par caprice, mais par un goût longuement muri.
C'est au nom de ce sain principe qu'un Jack Lang a pu expliquer sans rencontrer d'oppositions majeures que le rap était de la culture au même titre que Mozart et Bach.
L'école, jamais en retard d'un zèle gauchiste, a parfaitement réussi à éradiquer toute prétention à apprendre cette culture classique, qu'elle refuse de toute façon d'enseigner (2), la curiosité sur ces sujets est vue comme une grave déviance.
Imaginez un instant qu'un élève d'un lycée public se lève et déclare tout à trac «J'en ai marre de Pierre Perret, je préférerais qu'on étudie Ronsard». Il serait immédiatement classé dans les rétrogrades, les lepénistes, les infâmes, pire les élitistes, les asociaux.
Corneille est définitivement un chanteur de variétés et tout le monde trouve ça très bien.
Comme la science, comme l'enseignement, comme la musique, la culture est par nature élitiste, ce qui est déjà en soi motif de condamnation, mais il se trouve, pour ajouter à ce malheur, que l'élite culturelle recoupe très souvent l'élite sociale.
Il y a un village gaulois qui résiste à l'invasion de la barbarie, à l'ignorance crasse généralisée et satisfaite. Ce village gaulois, souffre, se réduit peu à peu, mais il persiste à exister, bien que virtuel.
Il rassemble tous ceux qui, par hasard (ceux qui fréquentent les écoles «modernes» et dont les parents s'en foutent) ou par obligation (ceux qui fréquentent les écoles «rétrogrades» ou dont les parents ne s'en foutent pas), ont été en contact avec la culture classique et y ont pris goût.
Tant qu'il y aura une bibliothèque debout, le village gaulois des tenants de la culture classique aura quelques habitants.
Mais ces habitants sont ostracisés : il ne fait pas bon, sauf en certains milieux, passer pour cultivé, c'est suspect.
C'est bien là qu'est le fond du drame, la culture est sommée de rester une affaire privée, presque honteuse, on est cultivé comme on est collectionneur de petites culottes.
Or, la culture, qui est distinction (3), meurt de rester cachée : pour vivre, elle doit sans cesse attirer de nouveaux fidèles. Elle doit être un phare.
Addendum : alors que je finis ce message, je trouve, après quelque recherche, ce texte de Renaud Camus, La grande déculturation, qui dit bien mieux que moi la même chose.
(1) : pour la plupart, des immigrés, population chérie de notre gauche confusioniste.
(2) : je serais né cinquante ans plus tôt et j'aurais fait un parcours scolaire identique, ma culture classique serait bien plus solide qu'elle n'est. Et pourtant, je n'ai pas à me plaindre : j'ai fait du latin, on m'a fait étudier La guerre des Gaules, Lucrèce, Chrétien de Troyes, Goethe, Marot, du Bellay ...
(3) : être cultivé, c'est avoir du goût, c'est préférer ceci à cela, pas par caprice, mais par un goût longuement muri.
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