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samedi, décembre 07, 2013
mercredi, décembre 04, 2013
A propos du naufrage éducatif français
Christian Vanneste : la France mauvaise élève
Ivan Rioufol : les idéologues, responsables du désastre édducatif
Enfin, le plus intéressant :
Eric Verhaeghe : la question des méthodes
Car il remet au centre la question douloureuse des méthodes débiles du système éducatif français. Question soigneusement occultée par tous les commentateurs amis du désastre qui préfèrent détourner l'attention en se concentrant sur «les moyens» (tous ces gens qui détestent l'argent des autres en sont obsédés) et les «inégalités».
Ivan Rioufol : les idéologues, responsables du désastre édducatif
Enfin, le plus intéressant :
Eric Verhaeghe : la question des méthodes
Car il remet au centre la question douloureuse des méthodes débiles du système éducatif français. Question soigneusement occultée par tous les commentateurs amis du désastre qui préfèrent détourner l'attention en se concentrant sur «les moyens» (tous ces gens qui détestent l'argent des autres en sont obsédés) et les «inégalités».
Libellés :
education,
instruction,
la France qui coule
lundi, septembre 16, 2013
Ecole : par leur prénom, comme les bébés
De nos jours, à l'école primaire, les instituteurs et les élèves s'adressent les uns aux autres par leur prénom.
Cela montre un irrespect réciproque bien regrettable. Mais pas seulement.
Alors que le but de l'éducation est d'élever (c'est la racine latine), l'école de 2013 infantilise. Pour faire de parfaits petits gibiers de politiquement correct.
Cela montre un irrespect réciproque bien regrettable. Mais pas seulement.
Alors que le but de l'éducation est d'élever (c'est la racine latine), l'école de 2013 infantilise. Pour faire de parfaits petits gibiers de politiquement correct.
lundi, septembre 19, 2011
vendredi, juin 24, 2011
«Un jeune qui passe immédiatement devant un tribunal ne cherchera pas à s'améliorer» : les commentaires des lecteurs.
«Un jeune qui passe immédiatement devant un tribunal ne cherchera pas à s'améliorer» : les commentaires des lecteurs.
Je suis épaté par les commentaires des lecteurs du Monde : très peu de commentaires Bisounours, lénifiants et laxistes. Si même les abonnés du Monde se mettent à avoir du bon sens (certes, un peu tard), il y a encore de l'espoir.
Je suis épaté par les commentaires des lecteurs du Monde : très peu de commentaires Bisounours, lénifiants et laxistes. Si même les abonnés du Monde se mettent à avoir du bon sens (certes, un peu tard), il y a encore de l'espoir.
Libellés :
education,
saloperies gauchistes
samedi, février 19, 2011
La mère tigre et le basculement du monde
Deux articles extraits du journal suisse Le Temps.
Polémique samedi19 février 2011
La mère tigre et le basculement du monde
Rinny Gremaud
Les tribulations pédagogiques d’une mère sino-américaine font scandale aux Etats-Unis et ailleurs. Entre identité nationale et course mondiale à l’excellence, le livre d’Amy Chua appuie là où ça fait mal
Sept mille commentaires outrés sur l’article qui annonçait sa sortie, plus de 100 000 réactions sur Facebook, des menaces de mort et un débat qui continue de faire rage. Pourquoi le dernier livre d’Amy Chua, Battle Hymn of the Tiger Mother* («L’hymne guerrier de la mère tigre»), a-t-il provoqué un tel tollé lors de sa sortie aux Etats-Unis mi-janvier?
Brossant le portrait d’une famille sino-juive-américaine de classe sociale supérieure, le livre raconte les péripéties pédagogiques d’une «mère tigre», c’est-à-dire chinoise de cœur, d’esprit et de principes éducatifs, dans l’Amérique qui l’a vu naître. Une histoire d’héritage multiculturel dont les protagonistes sont deux parents professeurs de droit à l’Université de Yale, deux filles aujourd’hui adolescentes, et deux grands chiens blancs, dans une grande maison de New Haven, Connecticut.
Peut-être aurait-elle passé plus inaperçue – et sans doute aurait-elle moins vendu – si Amy Chua n’avait pas annoncé ceci, en préambule de son livre: «Voici une liste de choses que mes filles Sophia et Louisa n’ont jamais été autorisées à faire: aller dormir chez des copines (sleepovers) – aller jouer avec d’autres enfants (playdates) – jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école (schoolplays) – se plaindre de ne pas pouvoir jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école – regarder la télévision ou jouer à des jeux vidéo – choisir elles-mêmes leurs activités extrascolaires – avoir des notes inférieures à «A» – ne pas être les meilleures dans toutes les branches sauf en gym ou en théâtre – jouer d’un autre instrument que le piano ou le violon – ne pas jouer du piano ou du violon.»
Au pays des «mama-grizzly»
Et voici, en substance, ce que lui ont répondu bon nombre de lecteurs: «Vous êtes la pire mère du monde», «ce que vous faites est criminel», ou encore «j’en connais qui se sont suicidés parce qu’ils ont eu une mère comme vous». Bienvenue au pays des mama-grizzly de Sarah Palin et des soccer-moms de série télé – ces femmes qui ont fait vœux de protection inconditionnelle de leurs petits. Et dont la raison d’être spacio-temporelle consiste à conduire des 4x4 plein d’enfants, d’un terrain de foot à un sleepover, d’un playdate à une schoolplay. Dans ce pays-là, les 10 commandements péremptoires de la mère tigre chinoise, même tempérés d’une certaine ironie, ont été reçus comme une gifle à l’échelle continentale.
«Ma chère maman tigre, c’est que les gens n’ont pas compris ton sens de l’humour», rassure la fille aînée de l’auteur, Sophia Chua-Rubenfeld, 18 ans, dans une lettre ouverte à sa mère publiée par le New York Post dans le sillage du scandale. «Mais ce n’est pas de leur faute. Vu de l’extérieur, personne ne peut comprendre ce qui se passe réellement chez nous, comme on passe notre temps à rire et à se moquer les uns des autres, en mangeant des hamburgers avec du riz cantonnais.» Apparemment épanouie et reconnaissante, cette fille de fauve a donné son premier récital au Carnegie Hall de New York à l’âge de 15 ans, non sans avoir réalisé en parallèle un parcours scolaire exemplaire. Et tout comme sa sœur cadette Louisa, aussi brillante et musicale, elle envisage déjà d’être une vraie tigresse pour ses propres enfants.
Depuis la sortie du livre, «je passe jour et nuit à essayer de clarifier les malentendus», explique Amy Chua au New York Times. Pleine d’humour et d’autodérision, l’histoire qu’elle raconte n’a jamais eu vocation de manuel d’éducation «à la chinoise», répète-t-elle sans cesse. Ce n’est rien d’autre qu’une narration personnelle de ses aventures de mère sino-américaine née en Californie de parents chinois immigrés. Une story on ne peut plus états-unienne, en somme.
Orgueil et ténacité
Et c’est bien ainsi qu’on le comprend lorsqu’on lit ce petit livre d’un bout à l’autre – et non pas ses seuls extraits hors contexte qui circulent aujourd’hui dans la presse et sur Internet. Sur une structure narrative simple-comme-chez-Disney, l’héroïne-mère part pleine de certitudes à l’aventure de la puériculture et de la pédagogie. Mais elle finit par apprendre que rien n’est si simple et qu’il faut, parfois, savoir faire des compromis. A la fin, c’est bien l’amour qui gagne. Un récit parfois trop sucré, mais que l’on traverse somme toute volontiers pour y découvrir trois générations d’une famille qui n’est pas sans rappeler celles des livres d’Amy Tan (The Joy Luck Club, entre autres). Et puis la narratrice y déploie, effectivement, un humour serré qui la rend attachante dans ses excès, son orgueil et sa ténacité débordante de mauvaise foi.
Ceux qui sont nés de parents asiatiques immigrés y reconnaîtront, avec plus ou moins de bonheur, qui une mère, qui un patriarche. Et avec plus ou moins de loyauté, se diront que cette éducation «à la dure» que défend l’auteur, ils en ont bénéficié, autant qu’ils en ont souffert.
En soi, donc, pas de quoi fouetter un chat. Si ce n’est que le titre de l’article paru dans le Wall Street Journal en guise de lancement de sa campagne de promotion n’a pas aidé à mettre les choses en perspectives: «Pourquoi les mères chinoises sont supérieures». Un titre qu’elle n’a pas choisi, précise Amy Chua. Mais dans un pays qui nage en pleine sino-phobie, il n’en aura pas fallu plus pour réveiller des fiertés patriotes déjà bien mises à mal.
Les meilleurs sont Chinois
En effet, alors que la Chine se profile résolument en puissance dominante, les Etats-Unis, eux, ne sont pas seulement en rémission de crise économique, mais aussi, par voie de conséquence, en pleine crise d’identité. Les valeurs américaines par lesquelles on avait coutume d’expliquer la réussite du pays – liberté individuelle, dérégulation et croyance mordicus en de beaux lendemains – se trouvent être aussi celles qui expliquent la débâche bancaire de 2008.
Aujourd’hui, dire à une mère de famille américaine qu’elle ferait mieux, pour l’avenir de ses enfants, d’investir dans des heures de répétitions de calcul mental au lieu de les encourager à s’ébattre dans la boue d’un terrain de football, revient, à peu de chose près, à lui expliquer qu’elle ferait mieux d’épargner au lieu d’acheter à crédit. Une leçon que l’Amérique se refuse peut-être encore à entendre de la bouche d’une «Chinoise».
Car elle a beau être américaine jusqu’au bout des ongles – y compris dans sa revendication d’une ascendance ethnique lointaine – Amy Chua se positionne en «Chinoise» lorsqu’il s’agit d’éduquer ses enfants. Or dans l’œil de Washington, la Chine est une menace que tout concourt à rendre plus inquiétante. Pas plus tard qu’en décembre 2010, sortaient les résultats de la dernière étude PISA, qui mesure les performances scolaires des élèves de 15 ans dans les principaux pays industrialisés. Evalués pour la première fois cette année-là, les étudiants chinois de Shanghai sont entrés en pole position dans les trois catégories mesurées que sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences. Parmi les mieux classés aux côtés des Sud-Coréens (2e), des Chinois de Hongkong (4e) et des Singapouriens (5e), seuls les Finlandais (3e) et les Canadiens (6e) représentent un systèmes éducatifs «occidental». Les Etats-Unis, eux, arrivent en 17e position (et la Suisse en 14e). C’est dire si le plaidoyer d’Amy Chua en faveur du drill et des longues heures de répétitions appuie très justement là où ça fait mal.
La créativité en plus
Mais qu’importe, entend-on encore trop souvent en Occident, puisque ces méthodes ne forment que des singes savants. Alors que les écoles de part et d’autre de l’Atlantique, elles, encouragent la créativité et l’innovation, mamelles des économies. Ce discours persistant ignore soigneusement les grandes réformes éducatives menées tambour battant en Asie. Et ignore aussi cette récente étude menée à l’Université William & Mary en Virginie: sur la base de tests de Torrence, qui mesurent la créativité, la recherche démontre une baisse significative de celle-ci chez les Américains depuis les années 1990. Les causes en sont encore floues, mais des indices pointent gentiment vers l’excès de télévision et de jeux vidéo d’une part… et vers le manque d’encouragement à la créativité dans le système scolaire américain d’autre part.
Aujourd’hui, dans les plus prestigieux concours de danse ou de musique classique, dans les meilleures universités et écoles d’art du monde, l’endurance et la créativité des étudiants asiatiques force l’admiration. En matière d’éducation, l’Occident semble vivre son «Sputnik moment», pour reprendre les mots de Barack Obama. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe réalisent aujourd’hui que, dans la course mondiale à l’excellence, ils ont été pris de vitesse.
Et pendant ce temps, la mère tigre fredonne son hymne guerrier en exhibant des chatons qui réussissent en tout. Ça irrite, bien sûr. Mais en cachette, ça interroge. La preuve? Le livre d’Amy Chua se classe depuis sa sortie parmi les 20 meilleures ventes de la librairie Amazon.
* Battle Hymn of the Tiger Mother (pas de traduction française pour l’instant), Penguin Press, Janvier 2011, 256 p.
Amour et tête de bois
Rinny Gremaud
Le parent «postmoderne» peinerait à être «chinois»
Le premier pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que «la mère chinoise présuppose de la force chez son enfant, et non pas de la fragilité». C’est pourquoi elle est exigeante avec lui, le pousse dans ses derniers retranchements et ne tolère de lui que le meilleur. La «mère occidentale», elle, est «pleine d’angoisses s’agissant de l’amour-propre de ses enfants» et se préoccupe avant tout de son développement psychique. C’est pourquoi elle prodigue moult encouragements et applaudit des deux mains au moindre battement de cil de sa progéniture.
Bien sûr, l’auteur de Battle Hymn of the Tiger Mother s’autorise à simplifier le propos en divisant en deux le monde de la parentalité: d’un côté, la «mère chinoise», de l’autre, la «mère occidentale». Tout en concédant volontiers qu’il y a des pères à Berlin, Mumbai et Séoul à qui l’étiquette de «mère chinoise» sied parfaitement. Et qu’à l’inverse, toujours plus de Chinoises sont devenues de parfaites «mères occidentales».
Et c’est en cela qu’elle s’oppose le plus à la «mère postmoderne» (Amy Chua dit «occidentale»), qui se caractérise par le doute. Qui doute d’être une bonne mère, doute d’être une bonne personne en général… Des doutes que seule la certitude d’être aimé parvient, parfois, à apaiser. On comprend dès lors pourquoi le rugissement de la mère tigre inspire, ici comme outre-Atlantique, un mélange de respect et d’effroi.
Parfois, ne pas être aimée
Le deuxième pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que la mère tigre sait ce qui est bon pour son enfant. Elle le sait si bien qu’elle ne lui laissera le choix de rien. Ni du nombre d’heures qu’il passera à réviser ses devoirs, ni de la nature de ses activités extrascolaires. Pas question de négocier, ni de s’adapter à ses inclinations naturelles. Il se contentera d’obéir et d’être le meilleur. L’auteur rappelle à juste titre que, loin de mettre des barrières à son enfant, c’est finalement la meilleure manière de laisser ouvertes toutes les portes de son avenir.
C’est une pédagogie exigeante que défend Amy Chua. Non pas (seulement) pour l’enfant, mais surtout pour la mère. Et c’est là qu’elle est touchante. Les heures qu’elle passera à driller, sermonner et enguirlander sont un véritable sacrifice pour elle. Car dans son acharnement, à la fois grotesque et admirable, à vouloir élever des enfants parfaits, la mère tigre doit accepter d’être parfois détestée de ceux qu’elle aime le plus au monde. Pour cela, elle s’armera d’un caractère en acier et d’une certitude inébranlable d’avoir toujours raison. La mère tigre est une tête de bois par amour.
Polémique samedi19 février 2011
La mère tigre et le basculement du monde
Rinny Gremaud
Les tribulations pédagogiques d’une mère sino-américaine font scandale aux Etats-Unis et ailleurs. Entre identité nationale et course mondiale à l’excellence, le livre d’Amy Chua appuie là où ça fait mal
Sept mille commentaires outrés sur l’article qui annonçait sa sortie, plus de 100 000 réactions sur Facebook, des menaces de mort et un débat qui continue de faire rage. Pourquoi le dernier livre d’Amy Chua, Battle Hymn of the Tiger Mother* («L’hymne guerrier de la mère tigre»), a-t-il provoqué un tel tollé lors de sa sortie aux Etats-Unis mi-janvier?
Brossant le portrait d’une famille sino-juive-américaine de classe sociale supérieure, le livre raconte les péripéties pédagogiques d’une «mère tigre», c’est-à-dire chinoise de cœur, d’esprit et de principes éducatifs, dans l’Amérique qui l’a vu naître. Une histoire d’héritage multiculturel dont les protagonistes sont deux parents professeurs de droit à l’Université de Yale, deux filles aujourd’hui adolescentes, et deux grands chiens blancs, dans une grande maison de New Haven, Connecticut.
Peut-être aurait-elle passé plus inaperçue – et sans doute aurait-elle moins vendu – si Amy Chua n’avait pas annoncé ceci, en préambule de son livre: «Voici une liste de choses que mes filles Sophia et Louisa n’ont jamais été autorisées à faire: aller dormir chez des copines (sleepovers) – aller jouer avec d’autres enfants (playdates) – jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école (schoolplays) – se plaindre de ne pas pouvoir jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école – regarder la télévision ou jouer à des jeux vidéo – choisir elles-mêmes leurs activités extrascolaires – avoir des notes inférieures à «A» – ne pas être les meilleures dans toutes les branches sauf en gym ou en théâtre – jouer d’un autre instrument que le piano ou le violon – ne pas jouer du piano ou du violon.»
Au pays des «mama-grizzly»
Et voici, en substance, ce que lui ont répondu bon nombre de lecteurs: «Vous êtes la pire mère du monde», «ce que vous faites est criminel», ou encore «j’en connais qui se sont suicidés parce qu’ils ont eu une mère comme vous». Bienvenue au pays des mama-grizzly de Sarah Palin et des soccer-moms de série télé – ces femmes qui ont fait vœux de protection inconditionnelle de leurs petits. Et dont la raison d’être spacio-temporelle consiste à conduire des 4x4 plein d’enfants, d’un terrain de foot à un sleepover, d’un playdate à une schoolplay. Dans ce pays-là, les 10 commandements péremptoires de la mère tigre chinoise, même tempérés d’une certaine ironie, ont été reçus comme une gifle à l’échelle continentale.
«Ma chère maman tigre, c’est que les gens n’ont pas compris ton sens de l’humour», rassure la fille aînée de l’auteur, Sophia Chua-Rubenfeld, 18 ans, dans une lettre ouverte à sa mère publiée par le New York Post dans le sillage du scandale. «Mais ce n’est pas de leur faute. Vu de l’extérieur, personne ne peut comprendre ce qui se passe réellement chez nous, comme on passe notre temps à rire et à se moquer les uns des autres, en mangeant des hamburgers avec du riz cantonnais.» Apparemment épanouie et reconnaissante, cette fille de fauve a donné son premier récital au Carnegie Hall de New York à l’âge de 15 ans, non sans avoir réalisé en parallèle un parcours scolaire exemplaire. Et tout comme sa sœur cadette Louisa, aussi brillante et musicale, elle envisage déjà d’être une vraie tigresse pour ses propres enfants.
Depuis la sortie du livre, «je passe jour et nuit à essayer de clarifier les malentendus», explique Amy Chua au New York Times. Pleine d’humour et d’autodérision, l’histoire qu’elle raconte n’a jamais eu vocation de manuel d’éducation «à la chinoise», répète-t-elle sans cesse. Ce n’est rien d’autre qu’une narration personnelle de ses aventures de mère sino-américaine née en Californie de parents chinois immigrés. Une story on ne peut plus états-unienne, en somme.
Orgueil et ténacité
Et c’est bien ainsi qu’on le comprend lorsqu’on lit ce petit livre d’un bout à l’autre – et non pas ses seuls extraits hors contexte qui circulent aujourd’hui dans la presse et sur Internet. Sur une structure narrative simple-comme-chez-Disney, l’héroïne-mère part pleine de certitudes à l’aventure de la puériculture et de la pédagogie. Mais elle finit par apprendre que rien n’est si simple et qu’il faut, parfois, savoir faire des compromis. A la fin, c’est bien l’amour qui gagne. Un récit parfois trop sucré, mais que l’on traverse somme toute volontiers pour y découvrir trois générations d’une famille qui n’est pas sans rappeler celles des livres d’Amy Tan (The Joy Luck Club, entre autres). Et puis la narratrice y déploie, effectivement, un humour serré qui la rend attachante dans ses excès, son orgueil et sa ténacité débordante de mauvaise foi.
Ceux qui sont nés de parents asiatiques immigrés y reconnaîtront, avec plus ou moins de bonheur, qui une mère, qui un patriarche. Et avec plus ou moins de loyauté, se diront que cette éducation «à la dure» que défend l’auteur, ils en ont bénéficié, autant qu’ils en ont souffert.
En soi, donc, pas de quoi fouetter un chat. Si ce n’est que le titre de l’article paru dans le Wall Street Journal en guise de lancement de sa campagne de promotion n’a pas aidé à mettre les choses en perspectives: «Pourquoi les mères chinoises sont supérieures». Un titre qu’elle n’a pas choisi, précise Amy Chua. Mais dans un pays qui nage en pleine sino-phobie, il n’en aura pas fallu plus pour réveiller des fiertés patriotes déjà bien mises à mal.
Les meilleurs sont Chinois
En effet, alors que la Chine se profile résolument en puissance dominante, les Etats-Unis, eux, ne sont pas seulement en rémission de crise économique, mais aussi, par voie de conséquence, en pleine crise d’identité. Les valeurs américaines par lesquelles on avait coutume d’expliquer la réussite du pays – liberté individuelle, dérégulation et croyance mordicus en de beaux lendemains – se trouvent être aussi celles qui expliquent la débâche bancaire de 2008.
Aujourd’hui, dire à une mère de famille américaine qu’elle ferait mieux, pour l’avenir de ses enfants, d’investir dans des heures de répétitions de calcul mental au lieu de les encourager à s’ébattre dans la boue d’un terrain de football, revient, à peu de chose près, à lui expliquer qu’elle ferait mieux d’épargner au lieu d’acheter à crédit. Une leçon que l’Amérique se refuse peut-être encore à entendre de la bouche d’une «Chinoise».
Car elle a beau être américaine jusqu’au bout des ongles – y compris dans sa revendication d’une ascendance ethnique lointaine – Amy Chua se positionne en «Chinoise» lorsqu’il s’agit d’éduquer ses enfants. Or dans l’œil de Washington, la Chine est une menace que tout concourt à rendre plus inquiétante. Pas plus tard qu’en décembre 2010, sortaient les résultats de la dernière étude PISA, qui mesure les performances scolaires des élèves de 15 ans dans les principaux pays industrialisés. Evalués pour la première fois cette année-là, les étudiants chinois de Shanghai sont entrés en pole position dans les trois catégories mesurées que sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences. Parmi les mieux classés aux côtés des Sud-Coréens (2e), des Chinois de Hongkong (4e) et des Singapouriens (5e), seuls les Finlandais (3e) et les Canadiens (6e) représentent un systèmes éducatifs «occidental». Les Etats-Unis, eux, arrivent en 17e position (et la Suisse en 14e). C’est dire si le plaidoyer d’Amy Chua en faveur du drill et des longues heures de répétitions appuie très justement là où ça fait mal.
La créativité en plus
Mais qu’importe, entend-on encore trop souvent en Occident, puisque ces méthodes ne forment que des singes savants. Alors que les écoles de part et d’autre de l’Atlantique, elles, encouragent la créativité et l’innovation, mamelles des économies. Ce discours persistant ignore soigneusement les grandes réformes éducatives menées tambour battant en Asie. Et ignore aussi cette récente étude menée à l’Université William & Mary en Virginie: sur la base de tests de Torrence, qui mesurent la créativité, la recherche démontre une baisse significative de celle-ci chez les Américains depuis les années 1990. Les causes en sont encore floues, mais des indices pointent gentiment vers l’excès de télévision et de jeux vidéo d’une part… et vers le manque d’encouragement à la créativité dans le système scolaire américain d’autre part.
Aujourd’hui, dans les plus prestigieux concours de danse ou de musique classique, dans les meilleures universités et écoles d’art du monde, l’endurance et la créativité des étudiants asiatiques force l’admiration. En matière d’éducation, l’Occident semble vivre son «Sputnik moment», pour reprendre les mots de Barack Obama. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe réalisent aujourd’hui que, dans la course mondiale à l’excellence, ils ont été pris de vitesse.
Et pendant ce temps, la mère tigre fredonne son hymne guerrier en exhibant des chatons qui réussissent en tout. Ça irrite, bien sûr. Mais en cachette, ça interroge. La preuve? Le livre d’Amy Chua se classe depuis sa sortie parmi les 20 meilleures ventes de la librairie Amazon.
* Battle Hymn of the Tiger Mother (pas de traduction française pour l’instant), Penguin Press, Janvier 2011, 256 p.
Amour et tête de bois
Rinny Gremaud
Le parent «postmoderne» peinerait à être «chinois»
Le premier pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que «la mère chinoise présuppose de la force chez son enfant, et non pas de la fragilité». C’est pourquoi elle est exigeante avec lui, le pousse dans ses derniers retranchements et ne tolère de lui que le meilleur. La «mère occidentale», elle, est «pleine d’angoisses s’agissant de l’amour-propre de ses enfants» et se préoccupe avant tout de son développement psychique. C’est pourquoi elle prodigue moult encouragements et applaudit des deux mains au moindre battement de cil de sa progéniture.
Bien sûr, l’auteur de Battle Hymn of the Tiger Mother s’autorise à simplifier le propos en divisant en deux le monde de la parentalité: d’un côté, la «mère chinoise», de l’autre, la «mère occidentale». Tout en concédant volontiers qu’il y a des pères à Berlin, Mumbai et Séoul à qui l’étiquette de «mère chinoise» sied parfaitement. Et qu’à l’inverse, toujours plus de Chinoises sont devenues de parfaites «mères occidentales».
Et c’est en cela qu’elle s’oppose le plus à la «mère postmoderne» (Amy Chua dit «occidentale»), qui se caractérise par le doute. Qui doute d’être une bonne mère, doute d’être une bonne personne en général… Des doutes que seule la certitude d’être aimé parvient, parfois, à apaiser. On comprend dès lors pourquoi le rugissement de la mère tigre inspire, ici comme outre-Atlantique, un mélange de respect et d’effroi.
Parfois, ne pas être aimée
Le deuxième pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que la mère tigre sait ce qui est bon pour son enfant. Elle le sait si bien qu’elle ne lui laissera le choix de rien. Ni du nombre d’heures qu’il passera à réviser ses devoirs, ni de la nature de ses activités extrascolaires. Pas question de négocier, ni de s’adapter à ses inclinations naturelles. Il se contentera d’obéir et d’être le meilleur. L’auteur rappelle à juste titre que, loin de mettre des barrières à son enfant, c’est finalement la meilleure manière de laisser ouvertes toutes les portes de son avenir.
C’est une pédagogie exigeante que défend Amy Chua. Non pas (seulement) pour l’enfant, mais surtout pour la mère. Et c’est là qu’elle est touchante. Les heures qu’elle passera à driller, sermonner et enguirlander sont un véritable sacrifice pour elle. Car dans son acharnement, à la fois grotesque et admirable, à vouloir élever des enfants parfaits, la mère tigre doit accepter d’être parfois détestée de ceux qu’elle aime le plus au monde. Pour cela, elle s’armera d’un caractère en acier et d’une certitude inébranlable d’avoir toujours raison. La mère tigre est une tête de bois par amour.
dimanche, juillet 04, 2010
Le désarroi des parents topless
Dans Causeur, un article que j'aurai pu écrire. D'ailleurs, j'en ai écrit de semblables :
Le désarroi des parents topless
Le désarroi des parents topless
dimanche, juin 27, 2010
La société des enfants trompés
La vie est dure. Le bonheur est fragile et jamais à l'abri des assauts du malheur. On peut trouver des satisfactions éphémères (mais parfois intenses) dans les épreuves surmontées. Tout cela se termine par la maladie et la mort.
Mais ce n'est pas du tout ce que les parents «modernes» apprennent à leurs enfants : ils leur apprennent qu'ils sont le centre du monde, tout tourne autour d'eux, leur moindre caprice est disséqué et analysé, leurs colères et leurs bouderies sont des événements de portée mondiale. Ils ont droit à tout, ils sont couverts de cadeaux. Leurs pulsions narcissiques connaissent bien peu de limites. On leur enseigne que la vie est une éternelle jouissance consumériste et qu'ils sont les maitres du monde.
Mais en contrepartie de cette tyrannie infantile, qu'ils ne demandent pas à avoir une famille stable, qu'ils n'exigent pas de leurs parents qu'ils cessent de se comporter en adolescents attardés, qu'ils ne se plaignent pas qu'on ne leur a pas appris à lire, écrire et compter correctement, qu'ils ne fassent pas reproche qu'on ne leur a pas enseigner à vivre en société, avec ses règles et ses frustrations, qu'on leur a caché que la vie n'était pas rose.
Puis arrive l'adolescence, le choc de la réalité, le dévoilement du mensonge. L'enfant-roi se révèle être un adolescent paumé, qui n'a pas les outils pour faire face aux difficultés, quand se rouler par terre en hurlant ne suffit plus. Certains n'y résistent pas. Et Chloé et ses copains se suicident (1). Et Chloé redevient une dernière fois une star, le centre du monde, elle retrouve cet état de toute-puissance qu'elle n'a pas supporté de quitter.
Comble d'hypocrisie, on lui «rend hommage». Un village rend hommage à une enfant qui a refusé de devenir adulte ! Auto-célébration larmoyante d'une société auto-satisfaite de sa puérilité. L'émotion comme substitut à la réflexion.
Mais c'était avant, qu'il fallait s'en préoccuper ; c'était avant, qu'il fallait avoir pitié ; c'était avant qu'il fallait se poser des questions. Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé.
******************
(1) Le Figaro : «Les jeunes avaient peut-être été durement touchés par la mort récente de deux anciens de l'établissement dans des accidents de la route, expliquait-on à Coursan, une localité de 6.000 habitants, proche de Narbonne. La justice et la préfecture ont souligné la complexité et la diversité des situations personnelles des quatre collégiens. Chloé souffrait peut-être d'un chagrin amoureux. Il y avait aussi des situations familiales conflictuelles. Et les adolescents qui ont survécu n'avaient pas forcément la même volonté de mourir.»
Mais ce n'est pas du tout ce que les parents «modernes» apprennent à leurs enfants : ils leur apprennent qu'ils sont le centre du monde, tout tourne autour d'eux, leur moindre caprice est disséqué et analysé, leurs colères et leurs bouderies sont des événements de portée mondiale. Ils ont droit à tout, ils sont couverts de cadeaux. Leurs pulsions narcissiques connaissent bien peu de limites. On leur enseigne que la vie est une éternelle jouissance consumériste et qu'ils sont les maitres du monde.
Mais en contrepartie de cette tyrannie infantile, qu'ils ne demandent pas à avoir une famille stable, qu'ils n'exigent pas de leurs parents qu'ils cessent de se comporter en adolescents attardés, qu'ils ne se plaignent pas qu'on ne leur a pas appris à lire, écrire et compter correctement, qu'ils ne fassent pas reproche qu'on ne leur a pas enseigner à vivre en société, avec ses règles et ses frustrations, qu'on leur a caché que la vie n'était pas rose.
Puis arrive l'adolescence, le choc de la réalité, le dévoilement du mensonge. L'enfant-roi se révèle être un adolescent paumé, qui n'a pas les outils pour faire face aux difficultés, quand se rouler par terre en hurlant ne suffit plus. Certains n'y résistent pas. Et Chloé et ses copains se suicident (1). Et Chloé redevient une dernière fois une star, le centre du monde, elle retrouve cet état de toute-puissance qu'elle n'a pas supporté de quitter.
Comble d'hypocrisie, on lui «rend hommage». Un village rend hommage à une enfant qui a refusé de devenir adulte ! Auto-célébration larmoyante d'une société auto-satisfaite de sa puérilité. L'émotion comme substitut à la réflexion.
Mais c'était avant, qu'il fallait s'en préoccuper ; c'était avant, qu'il fallait avoir pitié ; c'était avant qu'il fallait se poser des questions. Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé.
******************
(1) Le Figaro : «Les jeunes avaient peut-être été durement touchés par la mort récente de deux anciens de l'établissement dans des accidents de la route, expliquait-on à Coursan, une localité de 6.000 habitants, proche de Narbonne. La justice et la préfecture ont souligné la complexité et la diversité des situations personnelles des quatre collégiens. Chloé souffrait peut-être d'un chagrin amoureux. Il y avait aussi des situations familiales conflictuelles. Et les adolescents qui ont survécu n'avaient pas forcément la même volonté de mourir.»
dimanche, mai 23, 2010
Apéros géants, binge drinking et tutti quanti
Les jeunes ont toujours bu de l'alcool que ce soit pour fêter la quille ou la réussite du concours. Et puis, tout simplement, pour boire.
Car devenir adulte n'est pas facile, alors on boit. Mais un homme qui a été éduqué finit par accepter de ne plus être un enfant.
Seulement voilà, nos enfants ont été éduqués à rester des enfants, alors ils boivent sans fin, sans jamais devenir adultes, ou alors à regret, sans vraiment comprendre ce qui leur arrive, ils boivent comme des rois qui ne se remettent pas d'être tombés de leur trône. Ils ne boivent pas en sachant tout au fond que ce n'est qu'un passage qui finira.
Ils ont la cuite triste, anonyme et moutonnière, celle d'enfants sans caractère d'un monde sans espoir.
Il n'y a aucune fantaisie dans leurs beuveries. Ils ne sont pas Gabin et Belmondo dans un singe en hiver, ce n'est pas à eux que viendrait l'idée de déclamer du Péguy à la statue de Jeanne d'Arc pour entrer en communication avec la Sainte, ils ne connaissent plus Péguy, ou de considérer qu'un bain de minuit en février à Deauville (en venant de Paris beurrés comme petits Lu - il y a prescription), c'est classe, ils croient que les riches et les endroits pour riches, c'est pas «solidaire» et qu'il faut en dire du mal.
Ces jeunes me font pitié, on ne leur a pas appris qu'ils sont mortels, alors ils ne savent pas maîtriser leur peur de la mort, encore moins que les hommes devenus adultes, qui, pourtant, eux aussi ont la trouille. Alors ils boivent, tristes et désespérés, ou alors abrutis, et ils grimacent quelques malheureux sourires.
Car devenir adulte n'est pas facile, alors on boit. Mais un homme qui a été éduqué finit par accepter de ne plus être un enfant.
Seulement voilà, nos enfants ont été éduqués à rester des enfants, alors ils boivent sans fin, sans jamais devenir adultes, ou alors à regret, sans vraiment comprendre ce qui leur arrive, ils boivent comme des rois qui ne se remettent pas d'être tombés de leur trône. Ils ne boivent pas en sachant tout au fond que ce n'est qu'un passage qui finira.
Ils ont la cuite triste, anonyme et moutonnière, celle d'enfants sans caractère d'un monde sans espoir.
Il n'y a aucune fantaisie dans leurs beuveries. Ils ne sont pas Gabin et Belmondo dans un singe en hiver, ce n'est pas à eux que viendrait l'idée de déclamer du Péguy à la statue de Jeanne d'Arc pour entrer en communication avec la Sainte, ils ne connaissent plus Péguy, ou de considérer qu'un bain de minuit en février à Deauville (en venant de Paris beurrés comme petits Lu - il y a prescription), c'est classe, ils croient que les riches et les endroits pour riches, c'est pas «solidaire» et qu'il faut en dire du mal.
Ces jeunes me font pitié, on ne leur a pas appris qu'ils sont mortels, alors ils ne savent pas maîtriser leur peur de la mort, encore moins que les hommes devenus adultes, qui, pourtant, eux aussi ont la trouille. Alors ils boivent, tristes et désespérés, ou alors abrutis, et ils grimacent quelques malheureux sourires.
samedi, mai 01, 2010
Le livre dont votre enfant est le héros
Je viens de recevoir une publicité : «Offrez à votre enfant le livre dont il est le héros».
Je ne sais pas pourquoi mais c'est toujours la bêtise la plus simple qui me frappe le plus.
Le livre dont votre enfant est le héros ne sert qu'à flatter le narcissisme des enfants. Comme si ils en avaient besoin ! On leur rend déjà un culte bien assez néfaste.
Et quelle étroitesse d'esprit. Quelle pauvreté. On dirait que toute la «littérature jeunesse» tourne autour de ce dogme stupide : les livres doivent être «proches du quotidien des enfants». Toujours ce crime des imbéciles que de croire qu'il faut refermer les enfants sur eux-mêmes, qu'il faut les enfoncer dans la fusion maternante, dans l'egocentrisme stérile.
Bande de nazes !
Il n'y a que des gens qui détestent la littérature et qui haïssent la culture pour écrire de telles fadaises. Ils n'ont jamais rêvé d'être coureur des bois avec le dernier des Mohicans, d'être bandit avec Colomba, d'être gitan au Moyen-Age avec Quasimodo. Ils n'ont pas survolé le monde avec Robur le Conquérant ni parcouru les steppes au service du Tsar avec Michel Strogoff.
Au contraire, il faut sortir les enfants d'eux-mêmes, les bousculer, les provoquer à la réflexion, à la curiosité. Un enfant développe ses capacités et ses talents en apprenant, pas en se regardant dans un miroir.
Il y a infiniment plus de richesse à se projeter dans le personnage de tel ou tel héros plutôt qu'à être directement le héros.
Vu la méséducation que nous donnons obstinément à nos enfants depuis deux générations, ça ne m'étonne pas que nous devenions cons comme des balais, au point de ne plus savoir distinguer une bonne sœur d'une emburquisée.
Décidément, CPEF.
***********
(1) : la bêtise commence à ce barbarisme de cuistre : pourquoi ne dit-on plus la «littérature enfantine» ?
Je ne sais pas pourquoi mais c'est toujours la bêtise la plus simple qui me frappe le plus.
Le livre dont votre enfant est le héros ne sert qu'à flatter le narcissisme des enfants. Comme si ils en avaient besoin ! On leur rend déjà un culte bien assez néfaste.
Et quelle étroitesse d'esprit. Quelle pauvreté. On dirait que toute la «littérature jeunesse» tourne autour de ce dogme stupide : les livres doivent être «proches du quotidien des enfants». Toujours ce crime des imbéciles que de croire qu'il faut refermer les enfants sur eux-mêmes, qu'il faut les enfoncer dans la fusion maternante, dans l'egocentrisme stérile.
Bande de nazes !
Il n'y a que des gens qui détestent la littérature et qui haïssent la culture pour écrire de telles fadaises. Ils n'ont jamais rêvé d'être coureur des bois avec le dernier des Mohicans, d'être bandit avec Colomba, d'être gitan au Moyen-Age avec Quasimodo. Ils n'ont pas survolé le monde avec Robur le Conquérant ni parcouru les steppes au service du Tsar avec Michel Strogoff.
Au contraire, il faut sortir les enfants d'eux-mêmes, les bousculer, les provoquer à la réflexion, à la curiosité. Un enfant développe ses capacités et ses talents en apprenant, pas en se regardant dans un miroir.
Il y a infiniment plus de richesse à se projeter dans le personnage de tel ou tel héros plutôt qu'à être directement le héros.
Vu la méséducation que nous donnons obstinément à nos enfants depuis deux générations, ça ne m'étonne pas que nous devenions cons comme des balais, au point de ne plus savoir distinguer une bonne sœur d'une emburquisée.
Décidément, CPEF.
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(1) : la bêtise commence à ce barbarisme de cuistre : pourquoi ne dit-on plus la «littérature enfantine» ?
lundi, avril 05, 2010
Sorman / Bégaudeau / Zemmour / Naulleau
Sorman / Bégaudeau / Zemmour / Naulleau
Cette phrase très juste de Zemmour : «Ce que je vous reproche, c'est que sous prétexte de faire l'apologie du jeune, vous faites en réalité l'apologie du jeune con.»
Je note avec tristesse que Joy Sorman est la fille de Guy Sorman. Ca me fait de la peine pour cet homme avec qui je ne suis certes pas toujours d'accord, mais que j'estime. L'intelligence est peut-être héréditaire, mais, dans ce cas précis, la génétique a probablement eu un raté.
Il est vrai qu'on choisit ses amis, pas ses enfants.
Cette phrase très juste de Zemmour : «Ce que je vous reproche, c'est que sous prétexte de faire l'apologie du jeune, vous faites en réalité l'apologie du jeune con.»
Je note avec tristesse que Joy Sorman est la fille de Guy Sorman. Ca me fait de la peine pour cet homme avec qui je ne suis certes pas toujours d'accord, mais que j'estime. L'intelligence est peut-être héréditaire, mais, dans ce cas précis, la génétique a probablement eu un raté.
Il est vrai qu'on choisit ses amis, pas ses enfants.
Libellés :
dictature du Bien,
education,
zemmour
dimanche, mars 21, 2010
Rage anti-catholique : le suicide continue en cinéma permanent
La laïcité est maintenant dévoilée pour ce qu'elle est : une machine de guerre anti-catholique et seulement cela.
Les laïcistes qui ne laissent rien passer à l'Eglise catholique financent sans rechigner les mosquées et les cantines scolaires hallal. Ils tolèrent la burqa. Tout cela au nom du «respect des cultures». Et il y a même des catholiques pour trouver cela très bien, c'est dire si il y a des cons partout.
On connaît la raison profonde de cet acharnement : l'Eglise catholique, à cause de son organisation hiérarchique et de son pape, véhicule quelques valeurs masculines, comme la fidélité et l'obéissance. En tant que notre matrice culturelle, elle nous rappelle douloureusement que nous ne nous sommes pas faits tous seuls.
Cela met les petits soldats du maternalisme dans une rage hystérique, qui n'est pas explicable par les raisons qu'ils en donnent : il faut tuer, discréditer, frapper et frapper encore, les derniers vestiges du Père. Chaque jour où l'Eglise n'est pas trainée dans la boue est une insulte au culte de la Mère.
Sans cette interprétation psychologique, on ne comprendrait pas la dissymétrie dans le traitement des scandales religieux. Les prétendus laïcistes ne critiquent pas tant les autres religions parce que ce n'est pas leur père, ils n'en ont rien à foutre de les tuer, et qu'en plus, ce sont des foirards qui ont la trouille de critiquer l'Islam.
Mais tout cela est suicidaire : tuer le père, c'est un passage de l'adolescence. Ensuite, on devient suffisamment adulte pour accepter tous ses héritages, aussi imparfaits soient-ils.
Justement, nous sommes dans une société d'adolescents attardés, d'enfants, qui à force d'avoir été choyés par la Mère, la leur, puis Big Mamma-Etat, n'arrivent pas grandir.
Nous sommes que, nous le voulions ou non, de culture catholique, la langue française en est imprégnée (vous allez me dire, ça n'est pas grave : le nombre de gens qui parlent français diminuent dramatiquement, aujourd'hui, on ne le parle plus, on le baragouine), cette rage anti-catholique, c'est une rage contre nous-mêmes, nous nous en voulons d'avoir des racines.
Nous sommes plus que jamais engagés dans cette course folle à l'homme nouveau, sans passé, sans histoire, sans héritages, sans devoirs filiaux, et, bien entendu, sans avenir.
On nous donne des prétextes moraux, mais personne (en tout cas, pas ceux qui prennent du recul) n'est dupe. Croyez vous que les étrangers non-catholiques nous admirent de la rigueur que nous montrons vis-à-vis de l'Eglise ? Non, ils nous trouvent bizarres, même si souvent ils se réjouissent de nous voir détruire nous-mêmes une religion concurrente.
Bref, le suicide civilisationnel continue, sous les acclamations enthousiastes de la bien-pensance.
Les laïcistes qui ne laissent rien passer à l'Eglise catholique financent sans rechigner les mosquées et les cantines scolaires hallal. Ils tolèrent la burqa. Tout cela au nom du «respect des cultures». Et il y a même des catholiques pour trouver cela très bien, c'est dire si il y a des cons partout.
On connaît la raison profonde de cet acharnement : l'Eglise catholique, à cause de son organisation hiérarchique et de son pape, véhicule quelques valeurs masculines, comme la fidélité et l'obéissance. En tant que notre matrice culturelle, elle nous rappelle douloureusement que nous ne nous sommes pas faits tous seuls.
Cela met les petits soldats du maternalisme dans une rage hystérique, qui n'est pas explicable par les raisons qu'ils en donnent : il faut tuer, discréditer, frapper et frapper encore, les derniers vestiges du Père. Chaque jour où l'Eglise n'est pas trainée dans la boue est une insulte au culte de la Mère.
Sans cette interprétation psychologique, on ne comprendrait pas la dissymétrie dans le traitement des scandales religieux. Les prétendus laïcistes ne critiquent pas tant les autres religions parce que ce n'est pas leur père, ils n'en ont rien à foutre de les tuer, et qu'en plus, ce sont des foirards qui ont la trouille de critiquer l'Islam.
Mais tout cela est suicidaire : tuer le père, c'est un passage de l'adolescence. Ensuite, on devient suffisamment adulte pour accepter tous ses héritages, aussi imparfaits soient-ils.
Justement, nous sommes dans une société d'adolescents attardés, d'enfants, qui à force d'avoir été choyés par la Mère, la leur, puis Big Mamma-Etat, n'arrivent pas grandir.
Nous sommes que, nous le voulions ou non, de culture catholique, la langue française en est imprégnée (vous allez me dire, ça n'est pas grave : le nombre de gens qui parlent français diminuent dramatiquement, aujourd'hui, on ne le parle plus, on le baragouine), cette rage anti-catholique, c'est une rage contre nous-mêmes, nous nous en voulons d'avoir des racines.
Nous sommes plus que jamais engagés dans cette course folle à l'homme nouveau, sans passé, sans histoire, sans héritages, sans devoirs filiaux, et, bien entendu, sans avenir.
On nous donne des prétextes moraux, mais personne (en tout cas, pas ceux qui prennent du recul) n'est dupe. Croyez vous que les étrangers non-catholiques nous admirent de la rigueur que nous montrons vis-à-vis de l'Eglise ? Non, ils nous trouvent bizarres, même si souvent ils se réjouissent de nous voir détruire nous-mêmes une religion concurrente.
Bref, le suicide civilisationnel continue, sous les acclamations enthousiastes de la bien-pensance.
jeudi, mars 11, 2010
Why we don't marry
Why we don't marry
Le mariage est en chute libre. Ca se comprend très bien.
Alain Finkielkraut explique que la vague de repentance, «l'émeute contre les morts» comme il l'appelle, provient en grande partie du fait que le festivus festivus, le post-moderne à rollers, ne veut plus être engagé par rien, et surtout pas par ses ascendants.
Mais il ne veut pas être engagé par lui-même non plus : c'est pourquoi le mariage, qui est un engagement à durée indéfinie (par ce fait même, comporte une part de sacré, même tacite, et l'on sait que, comme l'engagement, le sacré fait horreur au post-moderne, ce qui ne l'empêche pas de vénérer religieusement jusqu'au ridicule les ours blancs et les petits oiseaux), lui est trop lourd, insupportable.
Et les couples qui ont des enfants sans être mariés ? C'est pareil : ils sont à mi-chemin de l'engagement, ils s'engagent à travers les enfants, mais ils ne poussent pas le risque de l'engagement jusqu'au bout en s'engageant l'un vis-à-vis de l'autre sans intermédiaire. La meilleure preuve en est qu'il arrive que des couples établis rompent après le mariage, c'est donc bien que le mariage n'est pas anodin, même pour ces couples là.
Heureusement, il y a une logique humaine dans les us et coutumes : les gens mariés vivent plus longtemps et en meilleur santé. Ce n'est guère surprenant : la vie est pleine d'incertitudes pas toujours faciles à vivre, le mariage en enlève une : malgré toutes les «avancées» (qui sont à mes yeux souvent de vrais reculs), il est encore aujourd'hui plus facile de laisser une note sur la table «J'en ai marre de toi. Je me casse» que de divorcer.
Mais, au fond, je parle du passé : quand 77 % des sondés affirment qu'ils ne voient pas en quoi élever des enfants seule pose problème, on se dit que les notions familiales élémentaires que je viens d'évoquer ont disparu depuis déjà longtemps. Heureusement, ou malheureusement, je ne sais, la réalité se venge de ses lubies d'hommes nouveaux détachés des entraves traditionnelles de la condition humaine : les enfants élevés par des femmes seules ont deux à trois fois plus de risques d'être drogués, chomeurs ou sans qualification (et l'économie explique à peine la moitié de ce risque).
Enfin, l'explication de pourquoi ce sont les basses couches sociales qui souffrent le plus des mouvements lancés par les snobs est intéressante.
Bref, le progrès fait rage.
Le mariage est en chute libre. Ca se comprend très bien.
Alain Finkielkraut explique que la vague de repentance, «l'émeute contre les morts» comme il l'appelle, provient en grande partie du fait que le festivus festivus, le post-moderne à rollers, ne veut plus être engagé par rien, et surtout pas par ses ascendants.
Mais il ne veut pas être engagé par lui-même non plus : c'est pourquoi le mariage, qui est un engagement à durée indéfinie (par ce fait même, comporte une part de sacré, même tacite, et l'on sait que, comme l'engagement, le sacré fait horreur au post-moderne, ce qui ne l'empêche pas de vénérer religieusement jusqu'au ridicule les ours blancs et les petits oiseaux), lui est trop lourd, insupportable.
Et les couples qui ont des enfants sans être mariés ? C'est pareil : ils sont à mi-chemin de l'engagement, ils s'engagent à travers les enfants, mais ils ne poussent pas le risque de l'engagement jusqu'au bout en s'engageant l'un vis-à-vis de l'autre sans intermédiaire. La meilleure preuve en est qu'il arrive que des couples établis rompent après le mariage, c'est donc bien que le mariage n'est pas anodin, même pour ces couples là.
Heureusement, il y a une logique humaine dans les us et coutumes : les gens mariés vivent plus longtemps et en meilleur santé. Ce n'est guère surprenant : la vie est pleine d'incertitudes pas toujours faciles à vivre, le mariage en enlève une : malgré toutes les «avancées» (qui sont à mes yeux souvent de vrais reculs), il est encore aujourd'hui plus facile de laisser une note sur la table «J'en ai marre de toi. Je me casse» que de divorcer.
Mais, au fond, je parle du passé : quand 77 % des sondés affirment qu'ils ne voient pas en quoi élever des enfants seule pose problème, on se dit que les notions familiales élémentaires que je viens d'évoquer ont disparu depuis déjà longtemps. Heureusement, ou malheureusement, je ne sais, la réalité se venge de ses lubies d'hommes nouveaux détachés des entraves traditionnelles de la condition humaine : les enfants élevés par des femmes seules ont deux à trois fois plus de risques d'être drogués, chomeurs ou sans qualification (et l'économie explique à peine la moitié de ce risque).
Enfin, l'explication de pourquoi ce sont les basses couches sociales qui souffrent le plus des mouvements lancés par les snobs est intéressante.
Bref, le progrès fait rage.
samedi, février 27, 2010
Violence des mineurs : les jolis tartuffes !
Certains se plaignent de la violence des mineurs. On se demande vraiment pourquoi : «Le 7 février dernier, à Arnouville-lès-Gonesse, un boulanger était frappé à coups de battes de base-ball par quatre adolescents de 14 et 15 ans après les avoir surpris en train de voler des bonbons.».
Depuis quarante ans, on a tout fait, absolument tout, pour que la violence des mineurs augmente.
A l'école, on a mis «les élèves au centre du système», on a «interdit d'interdire», parents et hiérarchie ligués ont sapé l'autorité des rares professeurs qui n'y avaient pas renoncé spontanément. On a flatté jusqu'à la bassesse l'enfant, roi puis tyran, de toutes les manières imaginables. Et, surtout, on a rendu l'école inutile, on l'a vidée de sa mission, en imposant des programmes et des méthodes contraires à toute idée d'enseignement.
Hors de l'école, on a entretenu de mille manières la notion que l'enfant, à la vie chaque jour menacée par d'omniprésents pervers, était un être intouchable et précieux dont le moindre caprice devrait être satisfait sous peine d'insupportable traumatisme. On est allé dans la sacralisation jusqu'à signer la charte internationale des droits de l'enfant alors que la commission ad hoc l'avait déconseillé, justement parce c'était excessif.
Le père, la loi et la norme ont été trainés dans la boue, avec la pudeur, la retenue et la discrétion. Du haut en bas de la société, on a exalté la jouissance immédiate. Et ça continue.
On a attaqué et détruit les conditions et les instruments de l'éducation, dont un des buts est justement de canaliser dans des formes acceptables la violence inhérente à l'homme. On a fait sauter toutes les barrières capables de retenir la violence.
Comme si ça ne suffisait pas, on a multiplié les images de violences, de plus en plus fortes, de plus en plus sauvages, avec des films, de la télévision, des jeux videos. Des fois que les bambins ne seraient pas naturellement assez sadiques, on les a forcés à regarder, toujours plus, toujours plus près.
En résumé, on a fait ce qu'il fallait pour persuader les enfants qu'ils ont droit à tout et que la violence est un recours légitime si on leur refuse quoi que ce soit.
Et après, il se trouve encore des gens pour déplorer la violence des mineurs, qu'ils ont favorisée, encouragée, applaudie.
Ah, les salauds !
Addendum du 14/03 : Aldo Naouri est de mon avis
Depuis quarante ans, on a tout fait, absolument tout, pour que la violence des mineurs augmente.
A l'école, on a mis «les élèves au centre du système», on a «interdit d'interdire», parents et hiérarchie ligués ont sapé l'autorité des rares professeurs qui n'y avaient pas renoncé spontanément. On a flatté jusqu'à la bassesse l'enfant, roi puis tyran, de toutes les manières imaginables. Et, surtout, on a rendu l'école inutile, on l'a vidée de sa mission, en imposant des programmes et des méthodes contraires à toute idée d'enseignement.
Hors de l'école, on a entretenu de mille manières la notion que l'enfant, à la vie chaque jour menacée par d'omniprésents pervers, était un être intouchable et précieux dont le moindre caprice devrait être satisfait sous peine d'insupportable traumatisme. On est allé dans la sacralisation jusqu'à signer la charte internationale des droits de l'enfant alors que la commission ad hoc l'avait déconseillé, justement parce c'était excessif.
Le père, la loi et la norme ont été trainés dans la boue, avec la pudeur, la retenue et la discrétion. Du haut en bas de la société, on a exalté la jouissance immédiate. Et ça continue.
On a attaqué et détruit les conditions et les instruments de l'éducation, dont un des buts est justement de canaliser dans des formes acceptables la violence inhérente à l'homme. On a fait sauter toutes les barrières capables de retenir la violence.
Comme si ça ne suffisait pas, on a multiplié les images de violences, de plus en plus fortes, de plus en plus sauvages, avec des films, de la télévision, des jeux videos. Des fois que les bambins ne seraient pas naturellement assez sadiques, on les a forcés à regarder, toujours plus, toujours plus près.
En résumé, on a fait ce qu'il fallait pour persuader les enfants qu'ils ont droit à tout et que la violence est un recours légitime si on leur refuse quoi que ce soit.
Et après, il se trouve encore des gens pour déplorer la violence des mineurs, qu'ils ont favorisée, encouragée, applaudie.
Ah, les salauds !
Addendum du 14/03 : Aldo Naouri est de mon avis
mardi, février 09, 2010
La France décadente
C'est à des petits signes comme cela qu'on sent une décadence :
La chaîne TF1 proposait [dimanche] soir 'Le Corniaud' de Gérard Oury avec Bourvil et Louis de Funès. TF1 indique que le film a réuni 6,7 millions de téléspectateurs et 26,3% de pda, 27,4% de pda sur les femmes de moins de 50 ans RdA (responsables des achats).
Les enfants étaient particulièrement présents au rendez-vous de ce classique de la comédie avec 49,6% de pda sur les 4/14 ans.
Que foutent devant la télévision un dimanche soir des enfants de 4 à 14 ans alors qu'il y a école le lendemain ?
La chaîne TF1 proposait [dimanche] soir 'Le Corniaud' de Gérard Oury avec Bourvil et Louis de Funès. TF1 indique que le film a réuni 6,7 millions de téléspectateurs et 26,3% de pda, 27,4% de pda sur les femmes de moins de 50 ans RdA (responsables des achats).
Les enfants étaient particulièrement présents au rendez-vous de ce classique de la comédie avec 49,6% de pda sur les 4/14 ans.
Que foutent devant la télévision un dimanche soir des enfants de 4 à 14 ans alors qu'il y a école le lendemain ?
samedi, janvier 09, 2010
«Sécuriser les lycées» qu'ils disent
Le lycéen poignardé par un camarade est mort de ses blessures.
On nous parle de «sécuriser les lycées». Qu'est-ce que ça veut dire ? Installer un portique de détection d'armes et un commissariat à l'entrée de chaque lycée ?
Puis ensuite, on nous parlera de «sécuriser les collèges», de «sécuriser les écoles primaires» et de «sécuriser les maternelles» ? Et pourquoi pas les bus, les abris-bus ? Partout où un fauve peut passer ?
La bien-pensance est toujours très forte pour dévier les coups, pour faire dériver les vraies questions vers de faux problèmes, qu'évidemment rien ne peut résoudre.
Soyons clairs : on n'en a rien à foutre de «sécuriser les lycées», de le protéger des fauves. On ne devrait pas avoir besoin de «sécuriser les lycées».
L'essentiel n'est pas : comment vivre avec les fauves ? Mais : comment ne plus produire de fauves et comment se débarrasser de ceux qui existent ?
Et la réponse est parfaitement connue : le retour du père, la fin du maternalisme.
Les fauteurs de troubles expulsés ou enfermés, les parents irresponsables sanctionnés. La justice qui arrête de défendre les coupables, les sociologues de les excuser, les medias de les protéger. L'école qui se montre de nouveau exigeante.
Ce qui manque, c'est un mai soixante-huit à l'envers. Je le souhaite ordonné et légal, nous risquons de l'avoir violent et dictatorial. En France, tout finit par des chansons, mais aussi par des Bonaparte.
En attendant, revenir sur le maternalisme, c'est trop difficile ? Trop pénible ? Pas grave : les honnêtes gens qui en ont les moyens continueront à s'enfermer entre eux et les bonnes âmes à crier aux scandaleuses inégalités.
Tout le monde sera content. Sauf les pauvres. Mais qui s'en soucie vraiment ?
On nous parle de «sécuriser les lycées». Qu'est-ce que ça veut dire ? Installer un portique de détection d'armes et un commissariat à l'entrée de chaque lycée ?
Puis ensuite, on nous parlera de «sécuriser les collèges», de «sécuriser les écoles primaires» et de «sécuriser les maternelles» ? Et pourquoi pas les bus, les abris-bus ? Partout où un fauve peut passer ?
La bien-pensance est toujours très forte pour dévier les coups, pour faire dériver les vraies questions vers de faux problèmes, qu'évidemment rien ne peut résoudre.
Soyons clairs : on n'en a rien à foutre de «sécuriser les lycées», de le protéger des fauves. On ne devrait pas avoir besoin de «sécuriser les lycées».
L'essentiel n'est pas : comment vivre avec les fauves ? Mais : comment ne plus produire de fauves et comment se débarrasser de ceux qui existent ?
Et la réponse est parfaitement connue : le retour du père, la fin du maternalisme.
Les fauteurs de troubles expulsés ou enfermés, les parents irresponsables sanctionnés. La justice qui arrête de défendre les coupables, les sociologues de les excuser, les medias de les protéger. L'école qui se montre de nouveau exigeante.
Ce qui manque, c'est un mai soixante-huit à l'envers. Je le souhaite ordonné et légal, nous risquons de l'avoir violent et dictatorial. En France, tout finit par des chansons, mais aussi par des Bonaparte.
En attendant, revenir sur le maternalisme, c'est trop difficile ? Trop pénible ? Pas grave : les honnêtes gens qui en ont les moyens continueront à s'enfermer entre eux et les bonnes âmes à crier aux scandaleuses inégalités.
Tout le monde sera content. Sauf les pauvres. Mais qui s'en soucie vraiment ?
Libellés :
défenestration volontaire,
education,
instruction
samedi, janvier 02, 2010
Appel au peuple : la féminisation de l'enseignement, un fléau pour l'éducation ?
La féminisation de l'enseignement, un fléau pour l'éducation ? Si on me demandait mon avis (je suis sur mon blog, alors je peux le donner !), je répondrais positivement (1).
Mais je manque d'éléments pour confirmer ou, le cas échéant, infirmer mon opinion. Témoignages ? Réflexions ?
*************
(1) : sans compter l'éternel problème de la poule et de l'œuf : le métier d'enseignant est-il dévalorisé parce qu'il y a plus de femmes ou y a-t-il plus de femmes parce qu'il est dévalorisé ?
Mais je manque d'éléments pour confirmer ou, le cas échéant, infirmer mon opinion. Témoignages ? Réflexions ?
*************
(1) : sans compter l'éternel problème de la poule et de l'œuf : le métier d'enseignant est-il dévalorisé parce qu'il y a plus de femmes ou y a-t-il plus de femmes parce qu'il est dévalorisé ?
Libellés :
appel au peuple,
education,
instruction
jeudi, décembre 31, 2009
A propos de l'accueil des handicapés mentaux dans les écoles normales
La mode est à l'accueil des handicapés mentaux dans les écoles normales sous le prétexte qui sert à justifier toutes les démissions et toutes les trahisons, «l'ouverture».
Soyons sérieux cinq minutes. Cette mode est en fait une double escroquerie et une lâcheté :
> escroquerie qui consiste à faire croire que les écoles sont capables de cet accueil. En réalité, il n'en est rien. Il y faudrait un effort financier et humain, pour quel intérêt ? En quoi est-ce une priorité ?
> escroquerie qui laisse supposer aux parents que leurs pauvres enfants seraient presque normaux. Le vrai profit est là : rassurer les parents dans leurs angoisses. Mais les enfants ? Je doute que l'ambiance parfois cruelle et agitée d'une cour d'école leur soit meilleure que des éducateurs et un milieu spécialisés.
> lâcheté de ne pas reconnaître que tout cela retarde les classes dans leur enseignement avec un profit minime.
Mais quoi ? C'est une mode bien-pensante et, comme telle, lâche, molle, évitant à tout prix d'appeler un chat un chat et de regarder la réalité en face.
Que l'intégration d'handicapés mentaux dans des écoles puisse être au cas par cas bénéfique, pourquoi pas ? Mais à mon sens, cela concerne un effectif très restreint.
Alors, en faire une mode ...
On veut faire quelque chose pour les handicapés mentaux ? Louable intention. Qu'on commence donc par financer correctement ce qui existe avant de se lancer dans l'achat de bonne conscience.
Soyons sérieux cinq minutes. Cette mode est en fait une double escroquerie et une lâcheté :
> escroquerie qui consiste à faire croire que les écoles sont capables de cet accueil. En réalité, il n'en est rien. Il y faudrait un effort financier et humain, pour quel intérêt ? En quoi est-ce une priorité ?
> escroquerie qui laisse supposer aux parents que leurs pauvres enfants seraient presque normaux. Le vrai profit est là : rassurer les parents dans leurs angoisses. Mais les enfants ? Je doute que l'ambiance parfois cruelle et agitée d'une cour d'école leur soit meilleure que des éducateurs et un milieu spécialisés.
> lâcheté de ne pas reconnaître que tout cela retarde les classes dans leur enseignement avec un profit minime.
Mais quoi ? C'est une mode bien-pensante et, comme telle, lâche, molle, évitant à tout prix d'appeler un chat un chat et de regarder la réalité en face.
Que l'intégration d'handicapés mentaux dans des écoles puisse être au cas par cas bénéfique, pourquoi pas ? Mais à mon sens, cela concerne un effectif très restreint.
Alors, en faire une mode ...
On veut faire quelque chose pour les handicapés mentaux ? Louable intention. Qu'on commence donc par financer correctement ce qui existe avant de se lancer dans l'achat de bonne conscience.
mercredi, décembre 09, 2009
Education rétrécie contre éducation libérale
Le mot «libéral» n'est jamais plus beau que dans l'expression «éducation libérale».
L'éducation libérale suppose l'humanisme dans ce qu'il a d'élevé, la foi dans la capacité de l'élève à recevoir et à apprendre, la foi dans la capacité du maître à transmettre et à former.
Bien sûr, l'éducation nazionale, s'abaissant toujours plus, abandonnant toujours plus ses exigences, est aux antipodes de cette tradition droite, fière.
Le professeur de français qui avait décidé en seconde de nous faire étudier Perceval le Gallois serait aujourd'hui assailli de plaintes parentales lui reprochant de traumatiser les pauvres Monchéris-Moncoeurs et il subirait les véhéments reproches de sa hiérarchie, outrée devant ce manque de discernement («Perceval, vous n'y pensez pas ? C'est du niveau universitaire»).
Voilà le résultat : on m'a enseigné des choses que les élèves actuels n'ont plus la chance d'apprendre. Et qu'ont-ils reçu en contrepartie ? Que leur a-t-on enseigné qu'on ne m'a pas enseigné ? Qu'ont-ils appris que je souffre de ne pas avoir appris ? Rien, absolument rien. L'école est vraiment devenue la «fabrique des crétins».
Cette instruction rétrécie basée sur une vision étroite, pour ne pas dire plus, de l'efficacité dit assez la folie des élites, poulets sans tête. Ca doit être cela qu'on appelle l'obscurantisme.
Evidemment, on retombe sur l'actualité : l'idée de supprimer l'enseignement de l'histoire dans les filières scientifiques est aberrant.
D'un autre coté, on peut comprendre qu'un président de la république hongrois, marié à une Italienne après avoir divorcé d'une Espagnole, ayant nommé comme ministre de l'identité nationale un demi-Libanais élevé par un beau-père égyptien, se soucie assez peu de l'enseignement de l'histoire-géographie française.
Voir également Philippe Bilger.
Lien vers la pétition
L'éducation libérale suppose l'humanisme dans ce qu'il a d'élevé, la foi dans la capacité de l'élève à recevoir et à apprendre, la foi dans la capacité du maître à transmettre et à former.
Bien sûr, l'éducation nazionale, s'abaissant toujours plus, abandonnant toujours plus ses exigences, est aux antipodes de cette tradition droite, fière.
Le professeur de français qui avait décidé en seconde de nous faire étudier Perceval le Gallois serait aujourd'hui assailli de plaintes parentales lui reprochant de traumatiser les pauvres Monchéris-Moncoeurs et il subirait les véhéments reproches de sa hiérarchie, outrée devant ce manque de discernement («Perceval, vous n'y pensez pas ? C'est du niveau universitaire»).
Voilà le résultat : on m'a enseigné des choses que les élèves actuels n'ont plus la chance d'apprendre. Et qu'ont-ils reçu en contrepartie ? Que leur a-t-on enseigné qu'on ne m'a pas enseigné ? Qu'ont-ils appris que je souffre de ne pas avoir appris ? Rien, absolument rien. L'école est vraiment devenue la «fabrique des crétins».
Cette instruction rétrécie basée sur une vision étroite, pour ne pas dire plus, de l'efficacité dit assez la folie des élites, poulets sans tête. Ca doit être cela qu'on appelle l'obscurantisme.
Evidemment, on retombe sur l'actualité : l'idée de supprimer l'enseignement de l'histoire dans les filières scientifiques est aberrant.
D'un autre coté, on peut comprendre qu'un président de la république hongrois, marié à une Italienne après avoir divorcé d'une Espagnole, ayant nommé comme ministre de l'identité nationale un demi-Libanais élevé par un beau-père égyptien, se soucie assez peu de l'enseignement de l'histoire-géographie française.
Voir également Philippe Bilger.
Lien vers la pétition
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