samedi, novembre 29, 2008
De l'anonymat sur les blogs
Mon idée est qu'on assume ses opinions ou qu'on ferme sa gueule.
J'ai par exemple compté un jour que 97 % des commentaires d'un article du journal Le Monde étaient anonymes. On peut prendre les choses comme on veut, c'est une assez bonne mesure du taux de «grandes gueules, petits bras».
L'anonymat est une impolitesse qui renforce l'impolitesse générale : on est plus hargneux quand on commente anonymement et, réciproquement, on réplique de manière moins mesurée à un commentaire anonyme.
C'est particulièrement désagréable de se faire traiter de nul, de type qui n'a rien compris, par un minus qui n'a même pas le courage de signer de son vrai nom.
Cela vaut d'ailleurs aussi pour les anonymes avec lesquels je me trouve en accord : être plus intelligents que ceux avec qui je suis en désaccord :-) ne les rend pas plus polis pour autant.
J'admets que la publicité est lourde : je ne suis pas à l'abri de me faire attaquer par un collègue ou un commerçant ou ma voisine qui désapprouveraient férocement ce que j'écris ici.
Mais c'est également une garantie pour mes lecteurs : je ne fais pas le Tartarin devant mon clavier. Ce que j'écris, j'y crois, puisque je suis prêt à le défendre de vive voix.
Enfin, certains commentateurs ont trouvé un moyen terme : ils apparaissent sous un pseudonyme mais m'écrivent sous leur vrai nom. Sans approuver complètement le procédé, je me dis que c'est un moindre mal.
Bref, si internet a bien des avantages, c'est aussi un grand bond en arrière de la civilité.
(1) : dans l'anonymat, je compte l'usage d'un pseudo.
Carnage à Bombay : les Pakistanais exportent leurs matières premières
Carnage à Bombay : les Pakistanais exportent leurs matières premières
Je ne m’attendais certes pas à passer la matinée de Thanksgiving à boire du café soluble et passer de CNN à la BBC. Mais les attaques sur Bombay sont si énormes et comme ils disent si “insolentes” que je me suis couché tard et levé tôt.
À l’heure qu’il est, on connaît toutes les infos essentielles : des terroristes islamistes ont déferlé sur les quartiers riches et touristiques de Bombay, se sont emparés de deux hôtels et ont ouvert le feu à la gare centrale. Ils se sont aussi emparés de plusieurs bâtiments. Ce qui est clair c’est qu’il s’agissait d’une entreprise exigeant une importante masse de main-d’œuvre. En principe, en terrorisme, on cherche à épargner le plus possible son personnel, mais quelqu’un en rapport avec Al Qaïda ou son fan-club pakistanais a décidé de sacrifier un paquet de vies sur ce coup-là. C’est ce qui rend ces attaques intéressantes si on les examine d’un œil froid.
Imaginez que vous soyez une huile d’Al Qaïda, en train de se demander comment profiter au maximum de vos ressources. Jusqu’à présent la solution, la plupart du temps, c’était la bombe. Parce que pour poser des bombes, il suffit de quelques hommes valeureux, et pour peu qu’ils règlent le détonateur correctement et sachent faire profil bas, ils ont une bonne chance de s’en sortir pour pouvoir reposer des bombes un autre jour. Dans la mesure où il n’est pas facile de trouver des hommes valeureux, et encore moins des hommes valeureux prêts à risquer de se faire arracher les ongles dans le sous-sol d’un service de police, c’est là la démarche standard de la plupart des mouvements terroristes.
Pas cette fois. Si ces mecs ont envoyé des hommes sur dix objectifs différents à Bombay, ils dépensent beaucoup de vies humaines. Il leur faut supposer que ces hommes ne reviendront pas. La moitié environ d’entre eux vont mourir, et les autres seront sérieusement passés à la question, avant de se faire abattre «lors d’une tentative d’évasion», ou alors, s’ils ont vraiment un bol de cocu, de se faire jeter dans une oubliette obscure.
Imaginons qu’ils aient envoyé dix hommes par objectif. Il faut bien ça pour mener ce genre d’assaut frontal dans une ville où la police est massivement présente, le chiffre est donc plausible. Pas le genre de truc qui réjouit particulièrement votre Directeur des Ressources Humaines.
Sauf qu’en fait, le problème se réduit finalement aux forces à l’œuvre sur le marché, et en ce sens, ça tient parfaitement debout. L’offre et la demande. Offre: il semble qu’une bonne partie des assaillants soient venus du Pakistan par bateau. L’offre en jeunes Pakistanais pas très futés, démangés de la gâchette et impatients de se sacrifier est à peu près illimitée. Grâce au financement de la CIA, des Saoudiens et de l’ISI, il existe maintenant près de 4000 madrasas, académies du martyr, au Pakistan. Ce sont les seules MJC qu’on trouve là-bas, et leurs animateurs n’hésitent jamais à faire des heures sup’ pour convaincre tous les jeunes idiots du pays que se porter volontaire pour une mission-suicide, c’est comme gagner une croisière à la loterie. En l’occurrence s’ils sont bien venus par la mer, c’en était une.
Bon, la qualité de cette main-d’œuvre, ça c’est autre chose. Quel est le prix de la vie de cette chair à canon pour la mouvance? Ça dépend de beaucoup de facteurs. Si vous étiez le DRH d’Al Qaïda et qu’il était question de faire le portrait-robot de la recrue idéale, il parlerait l’anglais ou l’américain sans accent; il serait blanc ou extrême-oriental; il saurait s’adapter au mode de vie yuppie/urbain n’importe où en Occident; il aurait la tête froide, serait capable de sourire comme un vendeur d’automobile et de parler de sport ; et sous cette carapace, il serait parfaitement maître de lui-même, armé d’un dévouement genre Terminator à la cause et d’une indifférence totale aux séductions du monde diabolique que vous l’avez envoyé infiltrer.
Sauf que quand on regarde les recrues des madrasas pakistanaises, on voit bien que ces puceaux sont très loin des objectifs. La plupart sont des mômes venus du bled ou des bidonvilles, qui aiment la bouffe gratuite et l’idée de tirer les gens comme des lapins, deux choses dont les adolescents raffolent spontanément. Ils sont d’accord pour appuyer sur la gâchette et assez abrutis pour se porter volontaires; c’est à peu près tout ce qu’on peut dire en leur faveur. Tous ces mômes sont prêts, ça ne signifie pas qu’ils soient doués. Ils ne savent pas se fondre dans l’univers des aéroports, ni celui des affaires. Ils ne parlent pas l’anglais ou alors le genre de baragouin enturbanné qui fait sonner les signaux d’alarme dans tous les postes-frontière du monde. Ils ont l’air pakistanais, et pas Pakistanais de l’élite au teint clair, de haute taille comme la star de l’équipe nationale de cricket. Ils ont encore sous les ongles la boue des labours.
En d’autres termes, voici vos ressources humaines, et elles sont d’une valeur limitée. Vous n’en ferez jamais des James Al-Bond, infiltrant le FBI et Wall Street. Ils sont aussi bornés que des briques. Mais ils sont également courageux et ont envie de tuer. Comment se servir d’une telle main d’œuvre ? Pas selon le schéma classique d’Al Qaïda, dans lequel on en envoie un ou deux à la fois pour faire la liaison avec les islamistes locaux et préparer l’attentat traditionnel où cinq bombes explosent simultanément. Ils n’ont pas le savoir-faire. Ils se feraient repérer aussitôt.
Reste leur seule arme : le nombre. On ne peut les introduire à Londres ou à Manhattan, mais il existe une cible facile beaucoup plus proche du Pakistan où traînent un tas d’Anglais et d’Américains. Mieux encore, il s’agit d’un centre financier pour l’Inde, l’ennemi détesté du Pakistan, ce qui range l’ISI dans votre camp parce que rien ne fait plus fulminer les cercles dirigeants des services spéciaux pakistanais que de voir l’Inde s’enrichir et devenir ultra-tendance, tandis que le Pakistan s’enfonce dans le chaos.
Attention, quand je dis que l’ISI est du côté des assaillants, je ne suis pas en train de dire que tous les chefs de l’ISI ont approuvé ce plan officiellement. Rien n’est simple au Pakistan, tout est obscur, et en coulisses, même l’atmosphère est pleine de ténèbres. C’est plutôt comme ça que ça c’est passé : un chef de l’ISI en a entendu parler, a donné une approbation officieuse d’un hochement de tête et a refilé le bébé à un crétin quelconque marqué pour l’abattoir, qu’on peut pendre ou refiler aux “alliés” occidentaux quand tout sera fini, comme le traître qui a collaboré avec ces jihadistes diaboliques. Cet officiel de bas étage s’assure que le bateau plein d’ados des madrasas abrutis et assoiffés de sang ne se fasse pas arrêter à la douane. Il descend la côte ouest de l’Inde jusqu’à la péninsule où se concentrent toutes les cibles de valeur à Bombay. Et si vous regardez une carte de la ville (vous n’aurez pas de peine à vous en procurer une ces prochains jours) vous verrez à quel point il est facile d’y aborder en pleine nuit sur de petits canots à moteur venus d’un navire au large.
C’est un bon plan, tout simplement parce qu’il utilise au mieux les ressources islamistes locales. Ces types-là ne sont pas assez passe-partout pour franchir le contrôle de sécurité d’un hôtel ou pour poser une bombe, mais ça n’était pas un souci : ils sont passés par la grande porte en lâchant des rafales d’armes automatiques.
C’est pour ça qu’il est ridicule de dire que la sécurité était efficace dans les hôtels. Son but est d’empêcher les attaques sournoises, les poseurs de bombes. Pour stopper les sections-suicide qui s’en sont pris aux hôtels, il aurait fallu une compagnie d’infanterie au grand complet.
Au final, le tableau est tel qu’un économiste le comprend mieux qu’un analyste militaire. Je répugne à avoir l’air aussi cynique, mais finalement, l’affaire est simple. Souffrant d’un excès de main-d’œuvre non qualifiée, les islamistes pakistanais ont cherché à lui faire rendre sa rentabilité maximum, en termes de destruction et de bain de sang. C’est ce qu’on appelle l’exploitation rationnelle des ressources humaines.
Texte original publié sur le 28 novembre 2008 sur eXileD. Traduit de l’anglais par Thierry Marignac.
Issues de la crise : les minoritaires
> celle de Loïc Abadie : nous sommes dans une crise de déflation durable et même les Etats vont subir cette déflation (c'est contraire à la thèse majoritaire qui voit un petit renforcement des Etats et une hyper-inflation épongeant leurs dettes).
> celle de Peter Schiff, qui prédit que l'Asie, qui vit de l'épargne et de l'investissement, va se découpler de l'Europe et des USA, qui vivent sur la consommation et l'endettement. Peter Schiff présente deux traits remarquables : il avait prévu la crise actuelle et son ampleur, ce n'est pas si fréquent (je ne fais pas partie de cette catégorie d'élite : j'avais vu venir la crise, mais nullement son ampleur). Voir cette video marrante à pleurer :
Aujourd'hui, ce sont ses contradicteurs qui ont l'air de cons.
Deuxième trait remarquable : il base sa stratégie d'investissement sur cette idée du découplage Occident-Asie, ce n'est donc pas que des mots, il met son argent et sa réputation,contrairement à 99 % des boniments des bateleurs d'estrade médiatique.
Autant j'admets assez facilement la thèse de Peter Schiff (1), autant je doute de celle de Loïc Abadie. Je ne vois pas comment ces milliards «déversés d'hélicoptère» (2) pourraient ne pas relancer l'hyper-inflation à un moment ou un autre.
On peut aussi envisager une déflation suivie d'une hyper-inflation. Je ne sais pas.
(1) : contrairement aux racistes et aux anti-racistes qui pensent en termes de races, je pense en termes économiques. Les Asiatiques sont des grands garçons, je ne vois pas bien pourquoi ils ne pourraient pas poursuivre leur expansion économique sans nous.
(2) : c'est ainsi que Ben Bernanke, patron de la Fed, a défini sa politique : je monte dans un hélicoptère et je déverse des milliards.
vendredi, novembre 28, 2008
En défense d'Angela
C'est pourquoi j'ai apprécié cet article d'Eric Le Boucher dans Les Echos, en défense d'Angela Merkel.
L'égoïsme allemand a été critiqué de toutes parts à l'étranger au point qu'Angela Merkel a cru devoir s'en expliquer devant le Bundestag, mercredi. Sa réponse est très intéressante parce que, comme toujours outre-Rhin, elle va au fond des choses.
1) Ces plans de relance sont dangereux. Ils ouvrent les vannes du crédit alors que c'est un trop-plein de crédits (immobiliers aux Etats-Unis) qui a provoqué la crise. En clair, les pays anglo-saxons, qui ont fait des bêtises avec de l'argent facile, nous invitent, nous vertueux Allemands, à les suivre. « Nein ».
2) Le rôle du gouvernement n'est pas « de surmonter la crise » mais de « préparer un pont pour la reprise qui viendra en 2010 ». Comme les ménages allemands n'ont pas perdu confiance (les indices l'indiquent en effet) et que la baisse du pétrole va apporter du pouvoir d'achat, il suffit de mesures ciblées de sauvegarde (automobile par exemple). Si les choses s'aggravent, on verra.
« Ce sont des arguments pré-keynésiens », dénonce Jean Pisani-Ferry de l'institut Bruegel. L'effondrement de la demande des ménages impose aux Etats de prendre le relais. La récession, si aucun plan de relance n'était décidé, pourrait vite devenir dépression. « La Commission l'a compris, elle a basculé. Mais pas l'Allemagne, qui n'a toujours pas pris conscience de l'ampleur de cette crise. » Patrick Artus, de Natixis, va plus loin en évoquant « une politique économique constante, ces dernières années, de passager clandestin ». L'Allemagne a baissé ses coûts en réduisant ses salaires depuis sa réunification. Ses exportations se portent bien, elle croît grâce aux marchés des autres. Mais, inversement, son propre marché est terne et ses partenaires ne peuvent rien y vendre. Berlin recommence avec le plan européen. Cette attitude « non coopérative pose problème de la part du plus gros pays européen ».
L'Allemagne a, chevillée au corps, la certitude de mener une bonne politique, celle de la rigueur des salaires, celle de l'orthodoxie budgétaire. Ce sont les autres, laxistes, qui se trompent. En pleine année électorale (vote en septembre prochain), le débat a peu de chances de remettre en cause cette idéologie allemande. Mais les faits pourraient l'y conduire tout de même. L'approfondissement de la crise pourrait forcer l'Allemagne à ne plus seulement pouvoir compter sur la relance des autres. Si son moteur des exports s'éteint, ne va- t-elle pas être contrainte à relancer sa propre consommation interne ? La gauche allemande défend désormais ce virage politique.
Reste un point de blocage fondamental. Au Bundestag, Mme Merkel n'a pas donné un troisième argument, moral celui-là, mais qui est dans toutes les têtes : nous, Allemands, avons fait des efforts budgétaires au contraire d'autres pays membres (en premier la France) et il faudrait maintenant récompenser leur laxisme ? Nicolas Sarkozy, plutôt que de faire semblant de s'entendre avec Angela Merkel, devrait passer un grand accord avec elle : vous relancez, moi je m'engage à réduire vraiment et drastiquement mon déficit sitôt la reprise venue. Voilà le plan européen idéal.
jeudi, novembre 27, 2008
La folie injectrice (2) : les scénarios
Les Etats prélèvent par la force, les impots, ou par l'appel au volontariat, l'emprunt, des centaine de milliards sur l'économie. C'est ce que l'on ne voit pas.
Or, dans la logique habituelle de la politique, on est occupé à sauver le passé, qui existe et qui vote, plutôt qu'à préparer l'avenir, qui n'existe pas encore et qui ne vote pas.
Ou, pour présenter les choses autrement, les Etats prélèvent de l'argent sur les parties saines de l'économie pour le donner aux parties malsaines. C'est, sous couvert d'un mécanisme complexe, un extraordinaire gaspillage.
Bien sûr, la destruction des parties malsaines, tout comme leur sauvetage, à un coût, c'est pourquoi la question se pose de savoir si il faut sauver ou laisser périr.
Mais les Etas sont-ils en mesure de décider ? Ont-ils les bonnes informations ? Bien évidemment que non (il suffit de relire l'article de Hayek sur le mécanisme des prix et l'information). On voit (presque) tout ce qu'on perdrait à laisser couler GM mais on ne voit pas, ou l'on ne veut pas voir, tout ce qu'on perdrait à le sauver (je prends volontairement un exemple américain). C'est le combat du passé contre l'avenir aux frais du contribuable.
Bref, après un gigantesque gaspillage privé, nous assitons à un non moins grandiose gaspillage public.
Quelles vont en être les conséquences ?
Je ne sais pas, je ne suis pas Madame Soleil, circulez, y a rien à voir :-)
Deux scénarios s'opposent :
1) La déflation. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Les Etats et les banques centrales ont beau injecter des milliards, ils ne seront pas utilisés, la déflation continuera et les Etats seront étranglés par leur dette (déflation = hausse mécanique des taux d'intérêt réels). C'est la fin brutale et mouvementée des Etats-providence (on ne peut exclure que le sang coule). Le cycle économique des 60 dernières années qui avaient vu le gonflement ininterrompu des Etats se referme. C'est la thèse de Loïc Abadie par exemple. Elle est minoritaire.
2) L'inflation galopante. Après une période de latence due à l'apurement des dettes, les milliards injectés provoquent un retour de l'hyper-inflation. C'est très pénalisant pour l'économie mais les Etats sont soulagés de leur dette. C'est la thèse majoritaire.
On remarquera que ces deux thèses opposées ont pourtant un point commun : les interventions étatiques actuelles finissent par avoir des conséquences néfastes,ce qui est somme toute logique si on envisage, comme je le fais, qu'elles sont des formes élaborées de gaspillage.
mercredi, novembre 26, 2008
Le journal Le Monde : la bien-pensance à fond les ballons
«N'en déplaise à la ministre du logement, Christine Boutin, on s'autorisera à commenter une décision de justice. La condamnation, lundi 24 novembre, de l'association Droit au logement à une amende de 12 000 euros pour avoir installé à l'automne 2007 un campement de mal-logés rue de la Banque à Paris, est une décision choquante. "Question d'ordre public", a tranché la ministre avec un sens aigu de la nuance.»
Les français sont égaux devant la justice, mais ceux qui ont le soutien du journal Le Monde devraient avoir le droit d'enfreindre la loi.
Ecologisme : le point de vue de George Carlin
La folie injectrice
Il y a un comique de haute volée chez ces gouvernants incapables de gérer leur Etat qui donnent des leçons d'économie à la terre entière.
Les milliards qui volent, sans discernement ni logique, dans la plus complète folie, nous les porteront comme un fardeau pendant des années. Comme d'habitude, tous paieront pour quelques-uns.
Sauver la banque avait ses raisons, le risque systémique, mais l'automobile ? Mais la consommation ? Autant dire tout de suite qu'on considère que l'Etat est plus efficace dans l'allocation des ressources que l'économie libre. Ca s'appelle le socialisme et c'est voué à l'échec.
Autrement dit, les gouvernements sont en passe de réaliser ce que je redoutais d'eux depuis le début : transformer une crise violente mais assez courte en une dépression durable.
mardi, novembre 25, 2008
L'écologisme en action : ma dose de rire quotidienne (post récurrent)
Il parait que cinq minutes de rire valent un bon steak. Au rythme où l'écologisme me fournit des occasions de rigolade, je vais bientôt pouvoir me passer de viande.
Dernière en date, je vais chez Go Sport acheter des chaussures légères, genre tennis. A la caisse la vendeuse me dit : «Maintenant, les sacs en plastique sont payants, vous en voulez un ?» Devant mon air ahuri (je veux dire, plus ahuri que d'habitude), elle croit nécessaire d'ajouter : «C'est écologique».
Un instant, il m'est venu à l'esprit de lui expliquer qu'elle me donnait le choix entre augmenter mon inconfort ou augmenter le chiffre d'affaire de Go Sport, mais que, quel que soit mon choix, il avait aussi peu de rapport avec l'écologie que, disons, mon destin avec la position des constellations, puisque les sacs gratuits finissaient à l'incinérateur ou à la décharge, ce qui avait un impact écologique minime, pour ne pas dire nul.
Un peu lâche, j'ai avalé mes pulsions pédagogiques et je suis parti avec mes chaussures sous le bras.
Je suis tout de même satisfait de ma générosité : avec munificence, j'ai augmenté les bénéfices de Go Sport de la valeur d'un sac en plastique, en me passant, sans faire le scandale pourtant bien mérité, du précieux contenant dont le coût amputait auparavant de manière insupportable les dits bénéfices.
Comme disait l'autre, le progrès fait rage.
La monarchie française
Je pense que l'article suivant est suffisamment éloquent pour que le passage en rouge gras que quelques mots suffise à illustrer mon propos.
Collision évitée avec Fillon : un procès d'exception
25/11/2008 | Mise à jour : 19:09 | Commentaires

Crédits photo : Associated Press
Reporté une première fois le 15 octobre faute de copie papier du dossier, le procès du pilote de Cessna 172 doit avoir lieu mercredi à Versailles. Le dimanche 28 septembre, son monomoteur de quatre places volait hors des zones autorisées et s'était rapproché du Falcon de l'Escadron de transport (Etec, ex-Glam) en approche à Villacoublay à bord duquel se trouvait François Fillon. Mais le dossier reçu de la justice par Me Gilles Khaiat, l'avocat du pilote privé, est édulcoré. «N'y figurent ni la vitesse du Falcon sur les copies d'écran radar, ni ses «boîtes noires», ni les enregistrements des communications radio de cet avion de l'armée de l'air avec l'approche d'Orly ou la tour de contrôle de Villacoublay», s'étonne-t-il. Le Figaro avait révélé que l'avion militaire transportant le premier ministre était lui aussi hors des clous, volant à plus de 250 nœuds (460 km/h) en dessous du niveau 100 (environ 3 000 mètres). Matignon démentait à demi-mots, soulignant qu'il n'y a pas «de mentions d'un problème de vitesse dans la procédure concernant cet incident». Avant le rapprochement avec le Cessna, un contrôleur aérien d'Orly avait noté sur son écran la vitesse de 320 nœuds (592 km/h) au niveau 60 (environ 2000 mètres).
Pas de risque réel de collision
Quelques précisions techniques sont nécessaires pour bien comprendre la nature de cet incident. Il y avait bien «60 mètres d'écart» comme l'ont annoncé les enquêteurs mais seulement en altitude, ce qui est très différent du plan horizontal. En fait, les deux avions étaient distants de 0,6 mille nautique (plus d'un kilomètre). Le «crash évité de justesse» qui avait été évoqué, est considéré maintenant comme un rapprochement anormal par les experts qui écarte le risque de collision. Il n'en reste pas moins que le pilote du Cessna 172, qui faisait route des châteaux de la Loire vers Pontoise, était en infraction et ne contrôlait pas sa navigation. Il se trouvait entre 1 800 et 2 300 pieds, bien au-dessus des 1 500 pieds (500 mètres) autorisés dans le secteur de Toussus-le-Noble. Au-dessus de 1 500 pieds, l'espace est, en effet, réservé au trafic de Villacoublay, aérodrome où atterrissent les avions militaires et ceux de l'Etat. Encore au dessus volent les avions de ligne en approche à Orly, du moins quand le vent souffle de l'Est.
Air France ne dépose pas d'Airprox
L'équipage du Falcon a déposé, à l'arrivée à l'Escadron de transport (Etec) de Villacoublay, une déclaration d'«Airprox» (Air Proximity, lorsque que deux appareils se rapprochent trop) qui ne déclenche, en principe, qu'une enquête technique. Le substitut du tribunal de Versailles s'est néanmoins saisi de l'affaire. Le pilote privé a alors bénéficié d'un «traitement d'exception», arrêté, placé en garde à vue et mis sous contrôle judiciaire avec interdiction d'approcher d'un aérodrome. Accusé de «mise en danger de la vie d'autrui», il risque un an de prison et 15 000 euros d'amende. Comme le dossier demandait à être musclé, la Gendarmerie du transport aérien a recherché l'équipage d'un Airbus A 320 en approche à Orly à cette heure là et lui a demandé, avec insistance, de déposer un Airprox vis-à-vis du Cessna. Selon nos informations, Air France et le commandant de bord s'y sont refusés, la sécurité n'étant pas en jeu et l'exploitation n'ayant pas été gênée.
La tour de Toussus aux abonnés absents
Habituellement, l'enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'aviation civile cherche à identifier les causes profondes d'un tel incident une erreur de pilotage et la complexité de la navigation en région parisienne, en l'occurrence tandis qu'une commission de discipline prononce une suspension temporaire de licence assortie éventuellement d'une remise à niveau de quelques heures de vol avec un instructeur. La suspension définitive n'est prononcée qu'en cas de récidive.
Autre facteur que va prendre en compte le BEA dans son enquête visant à améliorer la sécurité : le jour de l'incident, la tour de contrôle de Toussus-le-Noble, à laquelle le pilote du Cessna aurait pu demander assistance, ne répondait pas, faute d'effectif suffisant. L'aérodrome des Yvelines est pourtant l'un des plus fréquentés de France.
Plus de cent incidents par an
En 2007, selon le rapport annuel sur la sécurité de la Direction générale de l'aviation civile, 86 incidents comparables sont survenus entre avions civils et 35 avec des appareils militaires qui ont donné lieu à des enquêtes, parfois des sanctions, jamais à des mises en examen. La communauté aéronautique s'étonne du traitement donné à cette affaire. «Demain en débarquant à Orly ou à Roissy, je peux donc me retrouver menottes au poignet», s'indigne un pilote d'Air France, «car nous ne sommes pas à l'abri d'une telle erreur heureusement détectée, comme cela a été le cas, par les systèmes de navigation modernes».
La fallace des cinq planètes
Entendre des fadaises pareilles sur une radio à vocation économique, ça fend le coeur. Je sais bien que c'est à la mode, même un futur président des Etats-Unis en parle, mais le nombre ne fait rien à l'affaire : une idiotie reste une idiotie.
Cette image des cinq planètes est du pur malthusianisme. Or, le malthusiasnisme s'est toujours, constamment, sans aucune exception, révélé faux. Pour une raison simple : il prolonge demain les tendances d'aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il fait fi de ce qui est justement la spécificité de l'homme : l'inventivité et la capacité d'adaptation.
Cent fois, les malthusiens nous ont annoncé la catastrophe finale qui n'est jamais venue.
Bien sûr que si les Indiens et les Chinois passaient en une nuit à notre niveau de vie, il y aurait un problème, mais ce n'est pas du tout comme cela que les choses vont se dérouler. Certains prix vont monter, promouvant l'investissement et la découverte de techniques nouvelles.
L'augmentation du niveau de vie des Chinois et des Indiens n'est pas un malheur mais au contraire un grand bonheur, qui profitera à tous.
Alors pourquoi cette image, fausse des cinq planètes ? Le lobby vert est dans la panade : il ennuie tout le monde et l'argent ne rentre pas dans ses caisses. Il se fait donc menaçant (la création et l'agitation de peurs est sa grande spécialité) en exigeant des aides étatiques. Si il a besoin de subventions, c'est qu'il n'a pas de marché. Si il n'a pas de marché, c'est qu'il n'y a pas de besoin.
Et mettre de l'argent, même étatique, là où il n'y a pas de besoin, ça porte un nom : le gaspillage.
Autrement dit, ce que nous proposent les plans Obama et autres de relance par la subvention aux lobbys verts, c'est un gigantesque gaspillage. Et ça devrait remettre l'économie mondiale d'aplomb ? Sommes nous dirigés par des plaisantins ?
lundi, novembre 24, 2008
Pour en finir avec le PS
Cet article de Telos est très bien :
Qui a gagné le congrès de Reims ?
Le passage le plus important est :
Comme organisation, il [le PS] a échoué à produire un leader incontesté, ce qui est sa tâche principale. Il lui faudra dans l’avenir revoir l’ensemble de ses processus internes de désignation. Car, le Parti socialiste, aujourd’hui, « ça ne marche pas ». Incapable de gérer efficacement la question du leadership, il apparaît inutile. Et l’on voit que la démocratisation des processus de sélection n’est pas une réponse suffisante à la crise [à mes yeux, c'est une réponse qui ne souffre pas seulement d'insuffisances, c'est une mauvaise réponse, une voie sans issue].
C'est tout à fait dans la tonalité de mes messages précédents : la mission d'un parti politique dans une démocratie à régime présidentiel, c'est de trouver et de promouvoir un «présidentiable» (1). Si il n'y arrive pas, il ne sert à rien, et peu importe la méthode.
Certains socialistes tentent de se défendre en arguant de la vie démocratique de leur parti qui serait exemplaire. On s'en fout, ce n'est pas le problème.
Le pays n'attend pas du PS qu'il soit un exemple de démocratie, le pays attend du PS qu'il se débrouille pour pousser sur le devant de la scène un opposant à Sarkozy qui tienne la route, et, manifestement, il n'y arrive pas.
Le PS est en situation de blocage. Il a une solution très simple pour s'en sortir (si on ne perd pas de vue que son unique but doit être de dégager un leader) : invalider l'élection, nommer un secrétaire de transition (Hollande, par exemple), puis recommencer dans un an.
Pourquoi la situation devrait être débloquée dans un an ? Très simple là encore : ne nous leurrons pas, le vote n'était pas «Martine ou Ségolène» mais «Pour ou contre Ségolène». En un an, soit Ségolène Royal s'impose, soit elle disparait.
Enfin, JF Revel ne se savait pas, bien qu'académicien, éternel, et pourtant, ne trouvez vous pas que son descriptif du congrès de Rennes s'applique à merveille au congrès de Reims ? C'était : «une bagarre d'ivrognes dans un bordel mexicain».
(1) : le fait qu'un parti politique doit être une écurie à présidentiables est imposé par la logique de la constitution. Si ça déplait aux socialistes, qu'il change la constitution. En attendant, c'est ainsi.
L'hyper-démocratie (3)
Si on est généreux et qu'on pense à la société, à coup sûr.
Mais si on est égoïste ?
Après tout, les musées sont pollués par des hordes de touristes qui ne savent même pas ce qu'ils vont voir, mais si on choisit bien ses heures, on peut être assez tranquille.
L'éducation nationale est un crève-coeur, mais on peut mettre ses enfants dans le privé hors contrat (à condition d'avoir des sous).
Et ainsi du reste.
Les individus pourraient donc limiter les nuisances de l'hyper-démocratie.
Mais, à cela, il faut hélas ajouter de sévères restrictions :
> si, dans l'espace privé, il est possible de se préserver, c'est plus difficile dans l'espace public.
> l'hyper-démocratie s'exprime de plus en plus par des lois, et des lois de plus en plus intrusives.
Par exemple, la future loi européenne sur les fessées est hallucinante dans son principe : les parents n'auront plus le droit de porter la main sur leur enfant de quelque manière que ce soit. Alors que c'est un choix d'éducation dont rien, absolument rien, ne justifie qu'il soit enlevé aux parents.
Chacun peut juger que la fessée bien ou mal, mais que ce jugement soit arraché au libre arbitre des parents pour être imposé par la loi, voilà qui est totalitaire (Petit Robert : totalitaire : se dit d'un système de pensée qui annexe tous les éléments d'un ensemble).
dimanche, novembre 23, 2008
L'erreur majeure du PS (je veux dire, en plus de celle qui consiste à ne pas s'être aperçu que le socialisme était mort et enterré depuis longtemps)
Le suffrage universel est le système le plus juste, car chaque citoyen y a un poids égal, mais rien n’indique qu’il soit le plus judicieux.
Il n’est pas certain que le suffrage universel assure l’élection du plus apte à gouverner.
Il convient donc que les partis politiques fassent une sélection préalable afin que, même si c’est le moins apte des candidats qui est élu, on sache tout de même qu’il a un minimum d’aptitudes.
Généralement, la méthode de sélection choisie par les partis est la lutte féroce en coulisses, qui permet de vérifier quelques qualités politiques (ténacité, férocité, intelligence, anticipation, etc …).
Mais, si, par aberration, un parti politique choisit comme méthode de sélection de ses dirigeants le suffrage universel, il reporte un cran plus haut l’incertitude qui pèse sur la qualité du choix au suffrage universel.
C’est évidemment l’erreur majeure que vient de commettre le PS.
Autrement dit, laisser les éléphants du PS s’entretuer jusqu’à ce qu’il se dégage un leader puis faire entériner le résultat de l’hécatombe par les militants avec un score stalinien aurait sans doute paru moins démocratique mais aurait sans doute été plus conforme au rôle des partis politiques.
Pour prendre une image : dans les logiciels d'avions, pour les rendre plus sûrs, on essaie de diversifier les méthodes de calcul afin que, si une méthode se révèle mauvaise, l'erreur reste cantonnée et n'affecte pas l'ensemble du logiciel. En appliquant ce raisonnement à la politique : si la désignation finale, l'élection, se fait au suffrage universel, les désignations intermédiaires doivent se faire par d'autres méthodes, afin que le candidat, étant passé par des filtres différents, ait montré l'étendue de ses qualités.
Pour bien comprendre ce qui se passe au PS
Or, le meilleur moyen de perdre un fief, c'est d'être emporté par la vague d'une défaite nationale. Pas de pouvoir national, pas de risques de perdre un fief.
Conclusion : les barons socialistes sont tout à fait contents que le PS reste éternellement un parti d'opposition.
C'est pourquoi aucun ne cherche vraiment à résoudre la crise nationale du parti.
Ca ne fait pas les affaires du pays, qui a besoin d'une opposition crédible ? Les socialistes s'en foutent. Ce qui les intéresse, c'est la mairie de Trifouillis-les-Calbutes, le conseil général de Charente occidentale et ainsi de suite.
Ca ne vole pas haut ? C'est socialiste.
Démocratie socialiste (à ne pas confondre avec démocratie populaire)
Soyons sérieux cinq minutes : ce qui se passe au PS a autant de rapports avec la démocratie qu'un Beaujolais nouveau avec un Romanée-Conti. Les commentateurs prédisaient que les conditions de vote étaient telles qu'un écart de moins de 1000 voix serait contesté, alors 42 ...
Pendant ce temps, les medias font le compte des magouilles, tricheries, bourrages d'urnes ...
Bel exemple de démocratie !
Les bons plans : comment se serrer la ceinture sans souffrir
> le Darty de Pierrefitte(93) vend les modèles d'exposition ou invendables (défauts d'aspect : rayures, chocs, etc ...) avec 20 à 40 % de remise. Et, en plus, vous avez le dépaysement d'un voyage en Afrique.
> sur rare books (curieux nom pour un site de libraires francophones), on trouve quantité de livres d'occasion, notamment des livres de la Pleiade des années 50-60 (pour lesquelles vous savez que j'ai une préférence) en excellent état pour le même prix que les Folio neufs constituant le volume, et c'est quand même bien plus agréable.
Si vous avez d'autres idées du même style ...
samedi, novembre 22, 2008
PS, chef d'oeuvre en péril
C'était une émission de télévision de notre jeunesse. On y voyait en noir et blanc des monuments délabrés, proposés à l'attention et à la charité publiques. La vieille maison de Léon Blum ressemble à ces monuments-là. Voilà des mois que ses héritiers l'ont changée en maison de trafic, trafic de voix, de prébendes et d'honneurs, et la pitié le dispute au dégoût. Si peu socialiste qu'on soit, ce parti-là restait digne d'estime, malgré Nucci, malgré Dumas et les accommodements du dernier mitterrandisme, à raison des idées qu'il avait incarnées - celles de « Jaurès, veillé par la justice », comme disait Malraux au Panthéon -, des grandes voix qui s'y étaient fait entendre, des humbles espoirs auxquels il avait donné une forme.
Nous sommes sortis hier d'un épisode de la bibliothèque noire où le club des Cinq, ayant abusé de substances toxiques, se serait déchiré, où François et Claude auraient creusé des pièges mortels sous les pieds d'une Annie attaquée par le chien Dagobert. De programmes ou de vision, point. C'était en effet prudent. Qui pouvait sérieusement croire qu'Aubry, Royal, Delanoë ou Hamon mèneraient, parvenus au pouvoir, une politique nouvelle, qui justifierait qu'on les choisisse ? Passé le temps d'un mollétisme tactique, Martine Aubry se contentera sans doute de nommer des amis à la tête de banques fraîchement nationalisées. Royal aurait ouvert des bagnes d'enfants. Et ni Hamon ni Delanoë, qui sont si modernes, n'auraient songé - le vide de leurs propos là-dessus en témoigne - à réformer la politique pénale pour la rendre plus juste et plus humaine. S'ils n'y pensaient pas, c'est qu'ils étaient trop occupés d'eux-mêmes, habités par ce désir de nuire qui pour eux avait remplacé les autres. Ces permanents du spectacle sont des intermittents de la conscience. À quelle intensité faut-il que l'amour des places rémunérées de la politique professionnelle soit poussé, pour qu'un anticlérical blanchi sous le tablier supporte les prêches étranges de la sainte du Zénith, sorte de mère l'Oye d'une France au miroir, ou pour qu'hier soir des disciples de Mendès (qui, il est vrai, n'était pas à proprement parler socialiste) ou même d'Auriol, qui fut un bon argentier, hissent sur le pavois la statue de saindoux des trente-cinq heures ? C'est à soupçonner une conspiration de l'échec. Il est douteux que ce pugilat, par lequel une revenante a volé à de jeunes vieillards l'héritage imaginé d'un président américain qu'ils ne connaissent pas, puisse se conclure un jour prochain par l'entrée d'un socialiste à l'Élysée. Ainsi les notables de la gauche pourront-ils conserver leurs villes, leurs régions, les avantages d'une opposition confortable.
Ce spectacle est réjouissant pour le moraliste, et d'abord parce qu'on y voit de quelle morne tristesse s'accompagne le déchaînement des passions égoïstes. Il n'est pas un de ces postulants qui n'ait semblé vouloir prendre une revanche, satisfaire un ressentiment, venger un affront secret, et c'est cela sans doute qui a empêché chacun d'entre eux de se sacrifier à la cause. Mais ce spectacle n'a rien pour satisfaire le citoyen, qui pense avec raison que le pouvoir, en démocratie, demande une opposition. Aubry ou Royal, nous en sommes loin.
Vive Ségolène Royal !

Je ne suis pas socialiste et je déteste Ségolène Royal, ce que je vais écrire pourra donc vous paraitre déplacé.
Je pense que Ségolène Royal, qui vient d'obtenir 49.98 % au vote des militants (contre 50.02 % pour Aubry)est la personne qu'il faut aux socialistes.
Foin de toutes les conneries que nous racontent les socialistes. Ils manquent d'un leader et d'idées. Mais ce ne sont pas les idées qui sont aujourd'hui prioritaires, c'est le leader. Une fois que les socialistes auront un leader, il se démerdera pour faire émerger des idées.
Or, malgré tous ses défauts, il faut bien admettre que Ségolène Royal est leur seul leader qui a un peu d'étoffe (Delanoe est apparu minable. Quant à Aubry, elle a toujours été minable).
Une victoire nette de Mme Royal aurait donc été préférable pour le PS, et donc pour la politique en France.
Face à cela, les militants ont brillamment réussi à atteindre le résultat le plus catastrophique qui soit : une victoire contestable d'Aubry.
Et après, on me dira que j'exagère d'écrire que les socialistes sont des cons ...
