Par trois fois en deux jours, je me suis heurté à des propriétaires de blogs qui publient des billets intéressants mais qui ne supportent pas d'être critiqués. Ne pas supporter d'être critiqué signifie qu'ils ne publient mes commentaires, pourtant tout à fait corrects, et y répondent en privé de manière à peine polie, quand ce n'est pas franchement impolie.
Cela m'inquiète : nous sommes très loin de l'extraordinaire De l'art de conférer de Montaigne :
*************
Quand on me contrarie, on esveille mon attention, non pas ma cholere : je m'avance vers celuy qui me contredit, qui m'instruit. La cause de la verité, devroit estre la cause commune à l'un et à l'autre : Que respondra-il ? la passion du courroux luy a desja frappé le jugement : le trouble s'en est saisi, avant la raison. Il seroit utile, qu'on passast par gageure, la decision de nos disputes : qu'il y eust une marque materielle de nos pertes : affin que nous en tinssions estat, et que mon valet me peust dire : Il vous cousta l'annee passee cent escus, à vingt fois, d'avoir esté ignorant et opiniastre.
Je festoye et caresse la verité en quelque main que je la trouve, et m'y rends alaigrement, et luy tends mes armes vaincues, de loing que je la vois approcher. Et pourveu qu'on n'y procede d'une troigne trop imperieusement magistrale, je prens plaisir à estre reprins. Et m'accommode aux accusateurs, souvent plus, par raison de civilité, que par raison d'amendement : aymant à gratifier et à nourrir la liberté de m'advertir, par la facilité de ceder. Toutesfois il est malaisé d'y attirer les hommes de mon temps. Ils n'ont pas le courage de corriger, par ce qu'ils n'ont pas le courage de souffrir à l'estre : Et parlent tousjours avec dissimulation, en presence les uns des autres. Je prens si grand plaisir d'estre jugé et cogneu, qu'il m'est comme indifferent, en quelle des deux formes je le soys. Mon imagination se contredit elle mesme si souvent, et condamne, que ce m'est tout un, qu'un autre le face : veu principalement que je ne donne à sa reprehension, que l'authorité que je veux. Mais je romps paille avec celuy, qui se tient si haut à la main : comme j'en cognoy quelqu'un, qui plaint son advertissement, s'il n'en est creu : et prend à injure, si on estrive à le suivre. Ce que Socrates recueilloit tousjours riant, les contradictions, qu'on opposoit à son discours, on pourroit dire, que sa force en estoit cause : et que l'avantage ayant à tomber certainement de son costé, il les acceptoit, comme matiere de nouvelle victoire. Toutesfois nous voyons au rebours, qu'il n'est rien, qui nous y rende le sentiment si delicat, que l'opinion de la préeminence, et desdaing de l'adversaire. Et que par raison, c'est au foible plustost, d'accepter de bon gré les oppositions qui le redressent et rabillent. Je cherche à la verité plus la frequentation de ceux qui me gourment, que de ceux qui me craignent. C'est un plaisir fade et nuisible, d'avoir affaire à gens qui nous admirent et facent place. Anthistenes commanda à ses enfans, de ne sçavoir jamais gré ny grace, à homme qui les louast. Je me sens bien plus fier, de la victoire que je gaigne sur moy, quand en l'ardeur mesme du combat, je me faits plier soubs la force de la raison de mon adversaire : que je ne me sens gré, de la victoire que je gaigne sur luy, par sa foiblesse.
En fin, je reçois et advoue toute sorte d'atteinctes qui sont de droict fil, pour foibles qu'elles soient : mais je suis par trop impatient, de celles qui se donnent sans forme. Il me chaut peu de la matiere, et me sont les opinions unes, et la victoire du subject à peu pres indiffente. Tout un jour je contesteray paisiblement, si la conduicte du debat se suit avec ordre. Ce n'est pas tant la force et la subtilité, que je demande, comme l'ordre. L'ordre qui se voit tous les jours, aux altercations des bergers et des enfants de boutique : jamais entre nous. S'ils se detraquent, c'est en incivilité : si faisons nous bien. Mais leur tumulte et impatience, ne les devoye pas de leur theme. Leur propos suit son cours. S'ils previennent l'un l'autre, s'ils ne s'attendent pas, aumoins ils s'entendent. On respond tousjours trop bien pour moy, si on respond à ce que je dits. Mais quand la dispute est trouble et des-reglee, je quitte la chose, et m'attache à la forme, avec despit et indiscretion : et me jette à une façon de debattre, testue, malicieuse, et imperieuse, dequoy j'ay à rougir apres.
Il est impossible de traitter de bonne foy avec un sot. Mon jugement ne se corrompt pas seulement à la main d'un maistre si impetueux : mais aussi ma conscience.
*************
Quel mot revient le plus souvent dans ce passage de Montaigne ? « Vérité ».
C'est bien le fond du problème : ce qui unit Montaigne et son contradicteur, quelle que soit la violence de leurs désaccords, c'est qu'ils ont en commun la recherche de la Vérité. Ils croient qu'il existe une Vérité qu'ils cherchent tous deux.
Si on ne croit plus que la Vérité existe mais que tout est relatif et que toutes les opinions se valent, attaquer mon opinion, c'est non pas débattre avec, comme étalon, la Vérité, mais attaquer ma personne.
Certains me reprochent de commenter sur le blog de Philippe Bilger, qui, c'est vrai, est un bourgeois centriste, néo-pétainiste (voir ailleurs sur ce blog le sens que je donne à mot), mais il a cette grande qualité de tolérer tous les commentaires (je dois admettre qu'il lui arrive de tellement m'énerver que je suis à la limite de l'insulte. Il est bien patient avec moi !).
Affichage des articles dont le libellé est internet. Afficher tous les articles
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dimanche, décembre 30, 2018
vendredi, novembre 02, 2018
Disqus déconne
Des commentaires disparaissent. Je n'y suis pas rien, je ne censure pas.
Pas la peine de gueuler (en tout cas, pas contre moi), je n'y peux rien.
Pas la peine de gueuler (en tout cas, pas contre moi), je n'y peux rien.
mardi, août 22, 2017
Prenons des précautions avec la vérité : baillonnons internet
Charlottesville et l’agonie d’Internet
Je ne peux même pas me déclarer surpris : à partir du moment où les gauchistes considèrent que celui qui pense différemment est un ennemi à abattre, qu'ils sont le Bien et que, par malheur, ils ont le pouvoir, il est dans l'ordre des choses qu'ils agissent ainsi.
C'est marrant que la tyrannie arrive par internet, qu'on nous présentait, avec beaucoup d'hypocrisie, comme un espace de liberté. En fait, la seule liberté qu'on nous laisse sur internet, c'est de consommer, et, si ça nous amuse, de dire comme tout le monde des choses insignifiantes.
Bref, comme d'habitude, la liberté des gauchistes consiste à penser et à faire comme eux.
C'est exemplaire : l'alliance des gauchistes et des capitalistes, unis par un même matérialisme, finit toujours par oppresser ceux qui ne veulent pas être réduits à la condition de gnou-consommateur.
Je ne peux même pas me déclarer surpris : à partir du moment où les gauchistes considèrent que celui qui pense différemment est un ennemi à abattre, qu'ils sont le Bien et que, par malheur, ils ont le pouvoir, il est dans l'ordre des choses qu'ils agissent ainsi.
C'est marrant que la tyrannie arrive par internet, qu'on nous présentait, avec beaucoup d'hypocrisie, comme un espace de liberté. En fait, la seule liberté qu'on nous laisse sur internet, c'est de consommer, et, si ça nous amuse, de dire comme tout le monde des choses insignifiantes.
Bref, comme d'habitude, la liberté des gauchistes consiste à penser et à faire comme eux.
C'est exemplaire : l'alliance des gauchistes et des capitalistes, unis par un même matérialisme, finit toujours par oppresser ceux qui ne veulent pas être réduits à la condition de gnou-consommateur.
samedi, octobre 29, 2016
Internet : qui se ressemble ...
Qui fréquente internet remarque que les commentaires des sites s'uniformisent très vite. Les sites ont un niveau et un corps d'idées et d'intérêts et quiconque est en dehors ne reste pas très longtemps. Ce qui fait que, par élimination, les sites deviennent très uniformes.
Il y a peu de sites de vrai débat et encore moins de sites où le niveau est élevé. On est souvent dans la médiocrité avec quelques pointes de pédanterie.
C'est pourquoi je suis très sceptique quant à placer des espoirs de renouvellement du débat public dans internet. Plus qu'un lieu de débat, internet est un monde où l'on s'ignore, on vit côte à côte sans se parler.
Le bistro et les fêtes de village ayant quasiment disparu, il n'y a plus de lieu où l'on se rencontre et on discute. La télévision et internet ne peuvent remplacer. Au contraire, ils sont les agents très actifs de cette dissolution des liens.
L'amitié Facebook, ce n'est pas de l'amitié et le débat internet n'existe pas.
Il y a peu de sites de vrai débat et encore moins de sites où le niveau est élevé. On est souvent dans la médiocrité avec quelques pointes de pédanterie.
C'est pourquoi je suis très sceptique quant à placer des espoirs de renouvellement du débat public dans internet. Plus qu'un lieu de débat, internet est un monde où l'on s'ignore, on vit côte à côte sans se parler.
Le bistro et les fêtes de village ayant quasiment disparu, il n'y a plus de lieu où l'on se rencontre et on discute. La télévision et internet ne peuvent remplacer. Au contraire, ils sont les agents très actifs de cette dissolution des liens.
L'amitié Facebook, ce n'est pas de l'amitié et le débat internet n'existe pas.
dimanche, janvier 05, 2014
Officiel : la France n'est plus une démocratie (2)
Christophe Barbier est un con. Qu'ils disent des conneries n'a donc rien pour surprendre.
Christophe Barbier appelle à la censure : c'est le Barbier de sévices.
Ce qui me terrifie, c'est que ces gens qui sont profondément lâches, qui ont conquis leur place dans l'oligarchie en allant toujours dans le sens du vent, ne cachent même plus leurs pulsions anti-démocratiques. C'est dire à quel point notre démocratie est agonisante, pour ne dire déjà morte, sinon ces pleutres ne s'y risqueraient pas.
On pourrait d'ailleurs retourner l'argument de Christophe Barbier. Oui, aujourd'hui, on est libre de raconter n'importe quoi sur internet, et alors ?
Où sont les dégâts épouvantables de cette funeste liberté totale ? Nulle part. On se gargarise de mots ronflants, mais où sont les faits ?
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mardi, janvier 22, 2013
Les Etats peuvent-ils gagner leur guerre fiscale contre les géants du net ?
Je n'ai aucun doute : localement et temporairement, les Etats peuvent en foutre plein la gueule aux géants du net. Je fais confiance aux allumés de Bercy pour bien continuer l'euthanasie de l'économie française en taxant à mort Google et Amazon.
Mais, sur le moyen terme et mondialement, certainement pas : il y aura toujours des pays plus intelligents que les autres, plus intelligents que nous, qui n'oublieront pas qu'on gagne plus à être un paradis fiscal qu'un enfer fiscal. Et les géants mondialisés se déplaceront.
Bien sûr, les événements ne seront pas si clairs, les amis du désastre pourront continuer à nous enfumer : les géants feront quelques concessions, les Etats, avec l'appui américain, crieront temporairement victoire. Mais qu'est-ce qui empêche Google de s'installer en Australie, au Luxembourg, à Singapour ?
Les Etats-mamma-mammouth sont condamnés par la mondialisation. Deux réactions possibles :
> se jeter dans le bain de la nouvelle économie, individualisée, souple, réactive. Cela signifie diminuer les dépenses publiques et privatiser, privatiser, privatiser.
> refuser la nouvelle donne. Se replier sur le protectionnisme pour sauver l'Etat-mamma. C'est le choix du déclin, à la manière de l'Espagne du XVIIIème siècle.
Aujourd'hui, la France semble faire ce choix du déclin. J'y insiste : c'est bien un choix, nous pouvons décider autrement.
Il ne faut jamais désespérer de son pays. Mais la France est-elle encore la France quand un quart de ses habitants ne sont pas vraiment des Français et quand on a tout fait pour que les trois-quarts de vrais Français considèrent le patriotisme comme une saloperie ? De ce fait, la France n'a-t-elle pas perdu les capacités de sursaut de jadis, puisque le sursaut s'est toujours fait au nom du salut commun et du patriotisme ?
samedi, août 04, 2012
Repos ! Vous pouvez fumer ...
Quiconque fréquente internet sait que les cons, sous-espèce demi-habiles, y sont en masses compactes à toute heure du jour et de la nuit : c'est normal, les demi-habiles recrutent beaucoup dans les professions demi-oisives, chez les gens qui ont beaucoup de temps libre. Pas la peine de vous faire un dessin.
Les demi-habiles, aussi dits gardiens de vaches diplômés, sont une catégorie de cons pernicieuse et épuisante à combattre. De plus, comme dit Montaigne, discuter avec des sots ne corrompt pas seulement mon jugement, mais aussi ma conscience.
C'est pourquoi je vais faire quelques temps la grève des commentaires hors de ce blog. Retour à la maison, repos du guerrier.
Les demi-habiles, aussi dits gardiens de vaches diplômés, sont une catégorie de cons pernicieuse et épuisante à combattre. De plus, comme dit Montaigne, discuter avec des sots ne corrompt pas seulement mon jugement, mais aussi ma conscience.
C'est pourquoi je vais faire quelques temps la grève des commentaires hors de ce blog. Retour à la maison, repos du guerrier.
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samedi, mars 03, 2012
Freebox kaputt
Je n'ai plus d'Internet fixe pour deux semaines. Mes messages et commentaires seront donc réduits.
samedi, décembre 04, 2010
Faut-il parler aux cons ?
Quiconque fréquente un tant soit peu internet a été confronté à ce problème cornélien : faut-il parler aux cons ?
D'un coté, les ignorer leur laisse la place et, comme ils sont fort nombreux, on finit par n'entendre qu'eux. D'un coté, ils sont butés comme des buches, leur parler ne sert à rien, on s'y énerve, on s'y épuise. Sans profit aucun, puisque, c'est bien connu, les imbéciles ne changent pas d'avis.
Il est très fréquent de voir un «troll» avoir le dernier mot, simplement par épuisement des adversaires qui réfléchissent plus et donc se fatiguent, ce qui risque pas d'arriver aux cons.
Bon alors ? Parler aux cons, ou ne pas leur parler ?
D'un coté, les ignorer leur laisse la place et, comme ils sont fort nombreux, on finit par n'entendre qu'eux. D'un coté, ils sont butés comme des buches, leur parler ne sert à rien, on s'y énerve, on s'y épuise. Sans profit aucun, puisque, c'est bien connu, les imbéciles ne changent pas d'avis.
Il est très fréquent de voir un «troll» avoir le dernier mot, simplement par épuisement des adversaires qui réfléchissent plus et donc se fatiguent, ce qui risque pas d'arriver aux cons.
Bon alors ? Parler aux cons, ou ne pas leur parler ?
dimanche, février 28, 2010
J'ai atteint la sérénité bloggueuse
Le blog régulier est une longue initiation, une ascèse. Je pense avoir atteint le stade suprême de la sérénité bloggueuse.
Depuis quelques temps, j'avais remarqué que les commentaires cons laissés par des crétins ignares et impolis à l'orthographe défaillante, endoctrinés et répétant les conneries à la mode, comme seule l'école citoyenne est capable d'en produire, ne me faisaient plus bouillir les sangs comme avant.
Je laissais passer, je ne me sentais plus le cœur de leur foutre la claque dans la figure que tant de bêtise méritait. J'ai d'abord cru à un moment de faiblesse de ma part, à un coup de pompe.
Mais j'ai du me rendre à l'évidence : je me suis surpris à sourire à un de ces commentaires débiles. Il n'y a qu'une explication : je suis serein, détaché.
Cependant, il faut que je me méfie : à être trop serein, je risque de laisser les trolls festifs et citoyens m'envahir. Méfiance !
Depuis quelques temps, j'avais remarqué que les commentaires cons laissés par des crétins ignares et impolis à l'orthographe défaillante, endoctrinés et répétant les conneries à la mode, comme seule l'école citoyenne est capable d'en produire, ne me faisaient plus bouillir les sangs comme avant.
Je laissais passer, je ne me sentais plus le cœur de leur foutre la claque dans la figure que tant de bêtise méritait. J'ai d'abord cru à un moment de faiblesse de ma part, à un coup de pompe.
Mais j'ai du me rendre à l'évidence : je me suis surpris à sourire à un de ces commentaires débiles. Il n'y a qu'une explication : je suis serein, détaché.
Cependant, il faut que je me méfie : à être trop serein, je risque de laisser les trolls festifs et citoyens m'envahir. Méfiance !
vendredi, décembre 25, 2009
Réflexions de Luc Ferry dans le Figaro sur internet et la morale
Pas grand chose à ajouter, je suis globalement d'accord. Tout juste puis-je préciser que si internet prend une telle liberté, c'est que les élites se sont complètement coupées du peuple.
******************
Comme la colonne d'une tornade, le tourbillon médiatique poursuit maintenant son chemin aveugle vers d'autres victimes. À qui le tour ?
Voici venu le temps des humoristes, l'époque où Stéphane Guillon remplacera définitivement Raymond Aron. Ainsi le veut la folie médiatique qui déploie chaque semaine sa démentielle cohorte de faux débats qui appellent la dérision.
Jugez-en par vous-mêmes : en quelques mois, il nous a fallu, séance tenante, nous prononcer sur des sujets aussi divers que les montres de Julien Dray, l'Hadopi d'Albanel, le travail du dimanche, le financement des cancres, l'avenir de Polanski, le passé de Mitterrand, la main de Thierry Henry, la castration chimique, le Goncourt de Raoult, les Auvergnats d'Hortefeux, la nation de Besson, le Corrézien de Chirac, les minarets de Suisse, la terminale de Chatel, le clip de l'UMP, les musulmans de Morano, le drame européen de Rachida, les médecins de Johnny, le pseudo-traité de Copenhague, le grand emprunt de Sarkozy, la burqa de ces dames, la béatification de Pie XII, j'en passe et peut-être même de meilleures ! Comme disait Coluche : jusqu'où s'arrêtera-t-on ? Le plus grotesque, c'est que dans tous les cas de figures, nous sommes sommés d'avoir de toute urgence une opinion ferme et définitive, de prendre parti, si possible avec la plus grande véhémence, afin de hurler notre indignation, fût-ce dans la méconnaissance la plus complète des «affaires» qui défilent devant nos yeux ébahis. Le sommet fut sans doute atteint avec l'ignoble lynchage, d'abord médiatique puis bel et bien physique, du médecin de Johnny, Stéphane Delajoux. Trop charmant et talentueux pour être honnête aux yeux de procureurs jaloux, il fut jugé, condamné et exécuté dans l'ignorance la plus totale du dossier médical auquel nul n'aura eu si peu que ce soit accès. Répugnant. Peu importent les faits, peu importent ses proches, il fallait à tout prix apaiser la foule, trouver un bouc émissaire face au calvaire du vieillard qui fut naguère encore l'idole des jeunes. Comme la colonne d'une tornade, le tourbillon médiatique poursuit maintenant son chemin aveugle vers d'autres victimes. À qui le tour ?
Face à ces déchaînements aussi féroces qu'insensés, quatre leçons s'imposent. La première, c'est qu'à défaut d'avoir le temps d'analyser au fond chacun de ces dossiers - lesquels, au demeurant, sont loin, très loin d'en valoir tous la peine - c'est bien la dérision qui prévaut. Comme ce personnage de Proust, si stupide qu'il doit sans cesse épier les autres avant de décider s'il faut rire ou pleurer pour être comme tout le monde, nous affichons en permanence un brin d'ironie : elle confère aux plus niais un air averti sans engager pour autant à rien. D'où la prééminence, désormais irréversible, des humoristes sur les experts dans le paysage médiatique.
La deuxième leçon figurait déjà dans Pascal : la vraie morale se moque de la morale. Elle est aux antipodes de cette «moraline» aussi facile que funeste dont le tourbillon est désormais le lieu privilégié. Pourquoi ? Parce que l'exigence éthique, la vraie, s'applique d'abord à soi, pas aux autres. Ne nous y trompons pas, l'indignation, si chère à nos nouveaux Tartuffe et si prisée dans l'univers intellectuel, est une passion plutôt médiocre. D'abord parce qu'elle est par essence réservée à autrui, ensuite parce qu'elle traduit bien davantage le désir de faire l'intéressant que le souci réel du bien commun. La troisième leçon, nous la connaissons tous, nous qui œuvrons à des degrés divers dans les médias : c'est que le but ultime de tout ce tapage est bel et bien de vendre du papier ou de l'image, le monde dût-il en crever.
En veut-on un indice ? Voyez la pétition lancée contre la prétendue suppression de l'histoire en terminale S. Étrangement - et sauf erreur, c'est une première ou peu s'en faut - elle émane, non d'une poignée d'universitaires, mais d'un journal qui a compris tout le profit qu'il pouvait en tirer. Ajoutons pour finir le fait que la fabrication d'un maelström serait impossible sans l'Internet, ce formidable accélérateur de particules. Il faut toute la parano de l'antisarkozysme actuel pour ne pas voir qu'il est bien davantage un lieu de conformisme qu'un espace de liberté. Certains prétendent que notre président contrôle la presse et qu'il n'est plus de liberté que sur le Net. Quelle blague ! Jamais président ne fut aussi critiqué. Quant à l'Internet, il fonctionne comme les bancs de poissons dans un film de Cousteau, sans chef d'orchestre aucun pour régler le ballet des rumeurs. Et c'est bien cela, justement, qui le rend inquiétant. Rien là, à vrai dire, qui prête vraiment à rire...
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Comme la colonne d'une tornade, le tourbillon médiatique poursuit maintenant son chemin aveugle vers d'autres victimes. À qui le tour ?
Voici venu le temps des humoristes, l'époque où Stéphane Guillon remplacera définitivement Raymond Aron. Ainsi le veut la folie médiatique qui déploie chaque semaine sa démentielle cohorte de faux débats qui appellent la dérision.
Jugez-en par vous-mêmes : en quelques mois, il nous a fallu, séance tenante, nous prononcer sur des sujets aussi divers que les montres de Julien Dray, l'Hadopi d'Albanel, le travail du dimanche, le financement des cancres, l'avenir de Polanski, le passé de Mitterrand, la main de Thierry Henry, la castration chimique, le Goncourt de Raoult, les Auvergnats d'Hortefeux, la nation de Besson, le Corrézien de Chirac, les minarets de Suisse, la terminale de Chatel, le clip de l'UMP, les musulmans de Morano, le drame européen de Rachida, les médecins de Johnny, le pseudo-traité de Copenhague, le grand emprunt de Sarkozy, la burqa de ces dames, la béatification de Pie XII, j'en passe et peut-être même de meilleures ! Comme disait Coluche : jusqu'où s'arrêtera-t-on ? Le plus grotesque, c'est que dans tous les cas de figures, nous sommes sommés d'avoir de toute urgence une opinion ferme et définitive, de prendre parti, si possible avec la plus grande véhémence, afin de hurler notre indignation, fût-ce dans la méconnaissance la plus complète des «affaires» qui défilent devant nos yeux ébahis. Le sommet fut sans doute atteint avec l'ignoble lynchage, d'abord médiatique puis bel et bien physique, du médecin de Johnny, Stéphane Delajoux. Trop charmant et talentueux pour être honnête aux yeux de procureurs jaloux, il fut jugé, condamné et exécuté dans l'ignorance la plus totale du dossier médical auquel nul n'aura eu si peu que ce soit accès. Répugnant. Peu importent les faits, peu importent ses proches, il fallait à tout prix apaiser la foule, trouver un bouc émissaire face au calvaire du vieillard qui fut naguère encore l'idole des jeunes. Comme la colonne d'une tornade, le tourbillon médiatique poursuit maintenant son chemin aveugle vers d'autres victimes. À qui le tour ?
Face à ces déchaînements aussi féroces qu'insensés, quatre leçons s'imposent. La première, c'est qu'à défaut d'avoir le temps d'analyser au fond chacun de ces dossiers - lesquels, au demeurant, sont loin, très loin d'en valoir tous la peine - c'est bien la dérision qui prévaut. Comme ce personnage de Proust, si stupide qu'il doit sans cesse épier les autres avant de décider s'il faut rire ou pleurer pour être comme tout le monde, nous affichons en permanence un brin d'ironie : elle confère aux plus niais un air averti sans engager pour autant à rien. D'où la prééminence, désormais irréversible, des humoristes sur les experts dans le paysage médiatique.
La deuxième leçon figurait déjà dans Pascal : la vraie morale se moque de la morale. Elle est aux antipodes de cette «moraline» aussi facile que funeste dont le tourbillon est désormais le lieu privilégié. Pourquoi ? Parce que l'exigence éthique, la vraie, s'applique d'abord à soi, pas aux autres. Ne nous y trompons pas, l'indignation, si chère à nos nouveaux Tartuffe et si prisée dans l'univers intellectuel, est une passion plutôt médiocre. D'abord parce qu'elle est par essence réservée à autrui, ensuite parce qu'elle traduit bien davantage le désir de faire l'intéressant que le souci réel du bien commun. La troisième leçon, nous la connaissons tous, nous qui œuvrons à des degrés divers dans les médias : c'est que le but ultime de tout ce tapage est bel et bien de vendre du papier ou de l'image, le monde dût-il en crever.
En veut-on un indice ? Voyez la pétition lancée contre la prétendue suppression de l'histoire en terminale S. Étrangement - et sauf erreur, c'est une première ou peu s'en faut - elle émane, non d'une poignée d'universitaires, mais d'un journal qui a compris tout le profit qu'il pouvait en tirer. Ajoutons pour finir le fait que la fabrication d'un maelström serait impossible sans l'Internet, ce formidable accélérateur de particules. Il faut toute la parano de l'antisarkozysme actuel pour ne pas voir qu'il est bien davantage un lieu de conformisme qu'un espace de liberté. Certains prétendent que notre président contrôle la presse et qu'il n'est plus de liberté que sur le Net. Quelle blague ! Jamais président ne fut aussi critiqué. Quant à l'Internet, il fonctionne comme les bancs de poissons dans un film de Cousteau, sans chef d'orchestre aucun pour régler le ballet des rumeurs. Et c'est bien cela, justement, qui le rend inquiétant. Rien là, à vrai dire, qui prête vraiment à rire...
vendredi, décembre 18, 2009
Le droit de lynchage en question
Le lynchage est-il un droit ?
La problématique soulevé par cet article me soucie.
J'estime que la fracture béante entre les élites et les peuples rend nécessaire l'expression sans filtre d'une certaine voix du peuple (les internautes ne sont pas le peuple à eux seuls) à travers internet.
Alors même que dans les affaires Mitterrand et Polanski, je n'ai pas été avare de critiques et de jugements sévères, des réactions d'internautes m'ont choqué et même effrayé.
La cas Berlusconi est particulier : comme le note Rosenzweig, il est victime d'une tactique chère à la gauche (mais quelquefois pratiquée par la droite) consistant à déligitimer, par des attaques incessantes sur sa morale et son comportement, un élu qui n'a pas l'heur de lui plaire.
Je n'oublie pas que Ravaillac a peut-être agi seul mais que son esprit faible était préparé de longue date au régicide par une propagande incessante et très violente.
La problématique soulevé par cet article me soucie.
J'estime que la fracture béante entre les élites et les peuples rend nécessaire l'expression sans filtre d'une certaine voix du peuple (les internautes ne sont pas le peuple à eux seuls) à travers internet.
Alors même que dans les affaires Mitterrand et Polanski, je n'ai pas été avare de critiques et de jugements sévères, des réactions d'internautes m'ont choqué et même effrayé.
La cas Berlusconi est particulier : comme le note Rosenzweig, il est victime d'une tactique chère à la gauche (mais quelquefois pratiquée par la droite) consistant à déligitimer, par des attaques incessantes sur sa morale et son comportement, un élu qui n'a pas l'heur de lui plaire.
Je n'oublie pas que Ravaillac a peut-être agi seul mais que son esprit faible était préparé de longue date au régicide par une propagande incessante et très violente.
Libellés :
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morale,
Polanski-Mitterrand
samedi, novembre 29, 2008
De l'anonymat sur les blogs
Je suis profondément gêné de l'anonymat (1) qui a cours sur internet et plus particulièrement sur les blogs.
Mon idée est qu'on assume ses opinions ou qu'on ferme sa gueule.
J'ai par exemple compté un jour que 97 % des commentaires d'un article du journal Le Monde étaient anonymes. On peut prendre les choses comme on veut, c'est une assez bonne mesure du taux de «grandes gueules, petits bras».
L'anonymat est une impolitesse qui renforce l'impolitesse générale : on est plus hargneux quand on commente anonymement et, réciproquement, on réplique de manière moins mesurée à un commentaire anonyme.
C'est particulièrement désagréable de se faire traiter de nul, de type qui n'a rien compris, par un minus qui n'a même pas le courage de signer de son vrai nom.
Cela vaut d'ailleurs aussi pour les anonymes avec lesquels je me trouve en accord : être plus intelligents que ceux avec qui je suis en désaccord :-) ne les rend pas plus polis pour autant.
J'admets que la publicité est lourde : je ne suis pas à l'abri de me faire attaquer par un collègue ou un commerçant ou ma voisine qui désapprouveraient férocement ce que j'écris ici.
Mais c'est également une garantie pour mes lecteurs : je ne fais pas le Tartarin devant mon clavier. Ce que j'écris, j'y crois, puisque je suis prêt à le défendre de vive voix.
Enfin, certains commentateurs ont trouvé un moyen terme : ils apparaissent sous un pseudonyme mais m'écrivent sous leur vrai nom. Sans approuver complètement le procédé, je me dis que c'est un moindre mal.
Bref, si internet a bien des avantages, c'est aussi un grand bond en arrière de la civilité.
(1) : dans l'anonymat, je compte l'usage d'un pseudo.
Mon idée est qu'on assume ses opinions ou qu'on ferme sa gueule.
J'ai par exemple compté un jour que 97 % des commentaires d'un article du journal Le Monde étaient anonymes. On peut prendre les choses comme on veut, c'est une assez bonne mesure du taux de «grandes gueules, petits bras».
L'anonymat est une impolitesse qui renforce l'impolitesse générale : on est plus hargneux quand on commente anonymement et, réciproquement, on réplique de manière moins mesurée à un commentaire anonyme.
C'est particulièrement désagréable de se faire traiter de nul, de type qui n'a rien compris, par un minus qui n'a même pas le courage de signer de son vrai nom.
Cela vaut d'ailleurs aussi pour les anonymes avec lesquels je me trouve en accord : être plus intelligents que ceux avec qui je suis en désaccord :-) ne les rend pas plus polis pour autant.
J'admets que la publicité est lourde : je ne suis pas à l'abri de me faire attaquer par un collègue ou un commerçant ou ma voisine qui désapprouveraient férocement ce que j'écris ici.
Mais c'est également une garantie pour mes lecteurs : je ne fais pas le Tartarin devant mon clavier. Ce que j'écris, j'y crois, puisque je suis prêt à le défendre de vive voix.
Enfin, certains commentateurs ont trouvé un moyen terme : ils apparaissent sous un pseudonyme mais m'écrivent sous leur vrai nom. Sans approuver complètement le procédé, je me dis que c'est un moindre mal.
Bref, si internet a bien des avantages, c'est aussi un grand bond en arrière de la civilité.
(1) : dans l'anonymat, je compte l'usage d'un pseudo.
dimanche, novembre 09, 2008
Je suis de retour, la censure aussi
C'est bien connu, plus on devient vieux, plus on devient con. Je n'échappe pas à cette règle.
J'ai donc décidé de supprimer, sans justification ni explication, les propos injurieux et impolis, mais aussi ceux que je considérerai comme idiots ou infondés. Comme je suis assez soupe-au-lait, la limite de l'idiotie selon mes critères et mon humeur risque d'être vite atteinte par certains (sauf la mienne, qui n'a pas de limite, mais je suis chez moi).
Si j'ai tort, ma foi, la baisse du nombre de commentaires me punira.
J'ai donc décidé de supprimer, sans justification ni explication, les propos injurieux et impolis, mais aussi ceux que je considérerai comme idiots ou infondés. Comme je suis assez soupe-au-lait, la limite de l'idiotie selon mes critères et mon humeur risque d'être vite atteinte par certains (sauf la mienne, qui n'a pas de limite, mais je suis chez moi).
Si j'ai tort, ma foi, la baisse du nombre de commentaires me punira.
mardi, septembre 16, 2008
lundi, septembre 15, 2008
De la vie des blogs en général, et de celui en particulier
Les blogs naissent, vivent et meurent.
La naissance se fait généralement dans l'enthousiasme.
L'enfance, la période de croissance, est la plus enrichissante : les commentateurs du blog se sélectionnent eux-mêmes, suivant qu'ils accrochent ou non.
Une certaine connivence se crée avec l'hôte qui en profite pour affiner sa réflexion.
Arrive une période de maturité, où l'hôte maitrise ses sujets, ses commentateurs savent en gros à quoi s'attendre et peuvent travailler les détails, aller chercher les erreurs dans les coins.
Vient ensuite le vieillissement : l'hôte radote, a du mal à innover, les commentateurs fidèles sont un peu moins fidèles.
Comme la nature a horreur du vide, les commentaires commencent à être monopolisés par des polémiques qui ne volent pas bien haut, provoqués par ceux que, à défaut d'un mot plus grossier, j'appellerai les importuns,qui souvent ne se donnent même pas la peine de comprendre la démarche de l'auteur.
Le boulot des importuns est très simple : zéro réflexion, il suffit de coller des slogans et de tout critiquer, si possible en tutoyant et avec un maximum d'impolitesse.
Cette facilité donne un grand avantage aux importuns : ne se fatiguant pas et ne doutant pas, ils tiennent plus longtemps. De plus, ils ont l'avantage du nombre (Une fois passeés les enthousiasmes humanistes de l'adolescence, il faut bien se résigner : nous sommes cernés par les cons).
On tient là me semble-t-il une règle intangible des blogs : un blog finit toujours par être envahi par les cons.
Murit alors chez l'hôte du blog la tentation de la censure suivant la ligne plus ou moins avouée «C'est mon blog, pas un forum pour permettre aux cons de exprimer leur connerie.» C'est ainsi que JD Merchet a carrément fermé son espace de commentaires, que JM Aphatie modère assez violemment et ainsi des autres.
A partir de là, deux routes s'ouvrent :
> la mort du blog. L'hôte, peiné, fatigué, par la bêtise humaine, se retire et passe à autre chose.
> la survie. L'hôte, ayant ajusté son niveau de censure, continue, tout de même désabusé. Les cons aussi finissent par se lasser.
La naissance se fait généralement dans l'enthousiasme.
L'enfance, la période de croissance, est la plus enrichissante : les commentateurs du blog se sélectionnent eux-mêmes, suivant qu'ils accrochent ou non.
Une certaine connivence se crée avec l'hôte qui en profite pour affiner sa réflexion.
Arrive une période de maturité, où l'hôte maitrise ses sujets, ses commentateurs savent en gros à quoi s'attendre et peuvent travailler les détails, aller chercher les erreurs dans les coins.
Vient ensuite le vieillissement : l'hôte radote, a du mal à innover, les commentateurs fidèles sont un peu moins fidèles.
Comme la nature a horreur du vide, les commentaires commencent à être monopolisés par des polémiques qui ne volent pas bien haut, provoqués par ceux que, à défaut d'un mot plus grossier, j'appellerai les importuns,qui souvent ne se donnent même pas la peine de comprendre la démarche de l'auteur.
Le boulot des importuns est très simple : zéro réflexion, il suffit de coller des slogans et de tout critiquer, si possible en tutoyant et avec un maximum d'impolitesse.
Cette facilité donne un grand avantage aux importuns : ne se fatiguant pas et ne doutant pas, ils tiennent plus longtemps. De plus, ils ont l'avantage du nombre (Une fois passeés les enthousiasmes humanistes de l'adolescence, il faut bien se résigner : nous sommes cernés par les cons).
On tient là me semble-t-il une règle intangible des blogs : un blog finit toujours par être envahi par les cons.
Murit alors chez l'hôte du blog la tentation de la censure suivant la ligne plus ou moins avouée «C'est mon blog, pas un forum pour permettre aux cons de exprimer leur connerie.» C'est ainsi que JD Merchet a carrément fermé son espace de commentaires, que JM Aphatie modère assez violemment et ainsi des autres.
A partir de là, deux routes s'ouvrent :
> la mort du blog. L'hôte, peiné, fatigué, par la bêtise humaine, se retire et passe à autre chose.
> la survie. L'hôte, ayant ajusté son niveau de censure, continue, tout de même désabusé. Les cons aussi finissent par se lasser.
mercredi, juillet 23, 2008
Les deux blogs
Le fait d'avoir été obligé de déserter le blog de JP Brighelli sous la pression des matons de Panurge m'a conduit à transformer ma réflexion qui couvait en action.
Comme il y a deux types de conversations (voir De l'art de conférer, de Montaigne, auquel je n'ai parait-il rien compris), il y a deux types de discussion sur les blogs :
> le mauvais : la discussion consiste en une querelle d'egos, avec une pincée d'étalage narcissique de ses connaissances. On ne cherche pas la vérité mais à avoir raison, il faut abattre son adversaire ou au moins l'impressionner, quitte, sans même quelquefois s'en rendre compte, à être de mauvaise foi.
Dans ces circonstances, il n'est pas incongru de l'insulter ou de le diaboliser. Un grand classique : «Ces idées réactionnaires qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ...»
Généralement, ces blogs tournent en rond (Oui ! Non ! Mais oui ! Mais non ! Noir ! Blanc ! Vous en êtes un autre, monsieur etc ...), on y utilise mille mots quand cent suffisent, on s'écoute beaucoup parler mais on n'entend pas les autres, et si, dans ce fatras, il y a trois idées valables, c'est bien de la chance. Des montagne de tchatche et zéro idée neuve.
Ce sont, suivant le mot d'un commentateur, des blogs «de premiers de la classe qui se mesurent la quéquette intellectuelle».
> le bon : la discussion est une collaboration pour découvrir ensemble la vérité. C'est difficile car cela suppose qu'on laisse son ego sur le seuil du blog, qu'on «rende les armes à la vérité d'aussi loin qu'on la voit s'approcher». Et pour y accéder, il faut pratiquer l'humilité en public, attitude peu commune et qui nécessite d'y travailler. C'est d'autant plus ardu qu'il ne faut pas passer de l'humilité à la servilité : si vous ne voyez pas la vérité s'approcher, ne rendez pas les armes.
Pour que la discussion se passe bien, il y faut ce que j'appelle la présomption d'intelligence (un autre nom du respect ?) : commencez par envisager que votre contradicteur a raison, pour bien comprendre ses arguments et ses raisons.
L'agréable de ce genre de blogs est d'être concis, clair et direct, car on n'y parle que si l'on a quelque chose à dire et on y dit que ce qu'on a à dire. Et les discussions n'y tournent pas en rond : en trois ou quatre messages, les termes du débat sont en général posés ; libre ensuite à l'humeur vagabonde des intervenants de dériver sur autre chose.
Il y a effectivement comme le remarque Epicier Vénéneux un ratio longueur des messages/nombre de messages qui mesure approximativement la qualité des discussions (à condition que les messages ne soient pas trop longs, sinon, ça devient verbeux).
Or, de même qu'une pomme pourrie suffit à pourrir le panier entier, un malotru suffit à pourrir un fil de discussion. Le blog Secret Défense a perdu beaucoup de son intérêt depuis que JD Merchet modère a posteriori : trop de hors sujets et de commentaires creux. Il y a un effet d'éviction : les mauvais commentaires chassent les bons.
C'est le rôle du propriétaire des lieux de virer le malappris comme le bon jardinier vire les doryphores.
C'est pourquoi je n'ai aucun scrupule à demander une identification et si ça ne suffit pas, comme le laisse entendre Matthieu, je n'hésiterai pas à recourir à la modération a priori, sachant que je suis plus enclin à censurer le ton et le vocabulaire que les idées.
Qu'on se le dise.
Comme il y a deux types de conversations (voir De l'art de conférer, de Montaigne, auquel je n'ai parait-il rien compris), il y a deux types de discussion sur les blogs :
> le mauvais : la discussion consiste en une querelle d'egos, avec une pincée d'étalage narcissique de ses connaissances. On ne cherche pas la vérité mais à avoir raison, il faut abattre son adversaire ou au moins l'impressionner, quitte, sans même quelquefois s'en rendre compte, à être de mauvaise foi.
Dans ces circonstances, il n'est pas incongru de l'insulter ou de le diaboliser. Un grand classique : «Ces idées réactionnaires qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ...»
Généralement, ces blogs tournent en rond (Oui ! Non ! Mais oui ! Mais non ! Noir ! Blanc ! Vous en êtes un autre, monsieur etc ...), on y utilise mille mots quand cent suffisent, on s'écoute beaucoup parler mais on n'entend pas les autres, et si, dans ce fatras, il y a trois idées valables, c'est bien de la chance. Des montagne de tchatche et zéro idée neuve.
Ce sont, suivant le mot d'un commentateur, des blogs «de premiers de la classe qui se mesurent la quéquette intellectuelle».
> le bon : la discussion est une collaboration pour découvrir ensemble la vérité. C'est difficile car cela suppose qu'on laisse son ego sur le seuil du blog, qu'on «rende les armes à la vérité d'aussi loin qu'on la voit s'approcher». Et pour y accéder, il faut pratiquer l'humilité en public, attitude peu commune et qui nécessite d'y travailler. C'est d'autant plus ardu qu'il ne faut pas passer de l'humilité à la servilité : si vous ne voyez pas la vérité s'approcher, ne rendez pas les armes.
Pour que la discussion se passe bien, il y faut ce que j'appelle la présomption d'intelligence (un autre nom du respect ?) : commencez par envisager que votre contradicteur a raison, pour bien comprendre ses arguments et ses raisons.
L'agréable de ce genre de blogs est d'être concis, clair et direct, car on n'y parle que si l'on a quelque chose à dire et on y dit que ce qu'on a à dire. Et les discussions n'y tournent pas en rond : en trois ou quatre messages, les termes du débat sont en général posés ; libre ensuite à l'humeur vagabonde des intervenants de dériver sur autre chose.
Il y a effectivement comme le remarque Epicier Vénéneux un ratio longueur des messages/nombre de messages qui mesure approximativement la qualité des discussions (à condition que les messages ne soient pas trop longs, sinon, ça devient verbeux).
Or, de même qu'une pomme pourrie suffit à pourrir le panier entier, un malotru suffit à pourrir un fil de discussion. Le blog Secret Défense a perdu beaucoup de son intérêt depuis que JD Merchet modère a posteriori : trop de hors sujets et de commentaires creux. Il y a un effet d'éviction : les mauvais commentaires chassent les bons.
C'est le rôle du propriétaire des lieux de virer le malappris comme le bon jardinier vire les doryphores.
C'est pourquoi je n'ai aucun scrupule à demander une identification et si ça ne suffit pas, comme le laisse entendre Matthieu, je n'hésiterai pas à recourir à la modération a priori, sachant que je suis plus enclin à censurer le ton et le vocabulaire que les idées.
Qu'on se le dise.
jeudi, mars 06, 2008
De l'effet de meute dans les blogs (2)
Le premier message sur ce sujet ayant eu un grand succès, je commente les commentaires :
Anonyme a dit…
«Le libéralisme a une histoire mais aussi une réalité particulièrement brutale pour des gens dont la base professionnelle est le service public et dont le quotidien est de côtoyer la misère du monde à travers les enfants.»
Je relève ce qui est à mes yeux deux erreurs :
> le quotidien du service public n'est pas toujours de cotoyer la misère et cotoyer ne veut pas dire connaitre.
> il y a biais antilibéral dans votre propôs évident : en France, un couple avec deux enfants a plus d'intérêt financier à rester au RMI qu'à travailler au SMIC. Qu'est-ce qui désinsère ? L'assistanat ou le libéralisme ?
Patchan74 a dit…
« Anonyme,
Je suis libéral, ce qui ne m’empêche pas d’être moi aussi révolté par la misère et de vouloir agir pour qu’elle disparaisse de ce monde.
Je ne crois pas pour autant que l’intervention de l’Etat dans l’économie de marché soit le moyen le plus efficace pour y mettre fin, bien au contraire l’intervention de l’Etat dans le domaine économique ne permet , à terme, que de provoquer une misère encore plus grande ; l’exemple de tous les régime communistes ou même celui du gouvernement Atlee en Grande Bretagne nous le démontre assez clairement.
Seule la création de richesse permet à une population de sortir de la misère, et cette création de richesse ne peut être le seul fait de l’Etat mais surtout de celui qui investit son temps et son argent encouragé par la perspective de gains probables plus importants. Cette création de richesse ne devient en effet possible que lorsque ses fruits sont la propriété de celui qui en est à l’origine.
Vous ne pouvez nier que les ressources de l’Etat proviennent en grande partie de cette création de richesse, cela est d’autant plus vrai qu’une grande partie des pays riches sont démunis en ressources naturelles.
[...]
Conscient que leur pays ne pouvait sortir de cet engrenage infernal sans remettre en cause cette vision étatiste de l’économie, les gouvernements américains et britanniques ont mis fin à leur politique économique keynésienne au profit de la libéralisation de leur système économique avec les succès que nous connaissons tous.
Vous allez alors me répondre que dans ces pays la misère existe toujours et c’est vrai. Mais cette misère a-t-elle pu être endiguée en France et cela malgré toute la politique sociale mise en œuvre depuis 30 ans ?
Avouez tout de même que les personnes qui s’installent en France pour des motifs économiques proviennent rarement des pays libéraux mais bien au contraire fuient des pays où l’économie est entre les mains de l’Etat.
Ces populations sont en effet attirées le plus souvent par les perspectives de pouvoir participer au développement économique de leur pays d’accueil, ce qui se révèle être impossible dans leur pays d’origine, où l’Etat se réserve une partie importante de ses ressources (prenez l’exemple de l’Algérie, Etat socialiste riche en hydrocarbure de tous genres…) au détriment de sa population.
Je persiste en outre à penser que cette politique se révèle être néfaste au renforcement du lien de solidarité qu’il existe entre toutes les personnes.
Regardez l’état de la société française actuelle qui est loin d’être libérale (elle est étatiste), les votes extrémistes augmentent, le communautarisme s’intensifie, les personnes âgées sont abandonnées par leur propre famille au bon soin de l’Etat etc. …
Ce qui démontre bien que l’égoïsme et la régression sociale que vous attribuez au libéralisme existe donc aussi en France, pays étatiste par excellence qui tolère à peine l’existence du marché qu’elle remet en cause quand cela ne l’arrange pas.
Croyez-vous par exemple que les Restos du cœur seraient plus performants si ils étaient entre les mains de l’administration française ?
Coluche se plaignait de payer des impôts qui ne profitaient pas aux plus démunis, pourtant l’association qu’il a fondée est beaucoup plus efficace en étant prise en charge par de nombreux bénévoles, ce qui lui permet d’économiser en masse salariale donc de réserver une partie plus importante de ses fonds aux objectifs qu’elle a elle-même définie. Imaginez un peu si cette association devenait un bureau administratif…
Aucune politique libérale, aucun penseur libéral ne s’oppose à la libre association des personnes pour défendre de nobles causes, ils pensent avec juste raison que ces causes seront toujours mieux servies par l’initiative et les motivations individuelles que par l’intervention de l’Etat pour des raisons structurelles que je vous invite à découvrir en lisant tous les ouvrages disponibles sur le libéralisme.
Je crois deviner que, comme de nombreuses personne en France, vous souhaitez moraliser le capitalisme, jugé comme intrinsèquement immoral, grâce à l’intervention de l’Etat.
Sans revenir sur la confusion entre capitalisme et libéralisme, je puis vous affirmer que le capitalisme n’est ni moral ni immoral, il est amoral (lisez donc le livre : « le capitalisme est-il moral ? »).
La moralité ce n’est pas l’affaire du capitalisme, c’est votre affaire personnel et si il se trouve que certaines situations vous révoltent par leur injustice, alors rien ne vous empêche d’y consacrer l’énergie et l’argent nécessaire pour y remédier.
Vous constaterez ainsi assez rapidement que cette manière de procéder est beaucoup plus économique et efficace que de la mettre entre les mains de l’Etat.
En tant que libéral, je pense en effet que l’Etat ne peut pas s’occuper de tout, et que pour certains domaines c’est bien la société civile qui est plus efficace.
Le problème de ma théorie, c’est bien sûr qu’elle repose sur la confiance que j’attribue à mes concitoyens sur leurs capacités de se rassembler pour agir sur ce qu’il leur paraît insupportable.
Je m’appuierai alors sur votre définition de l’homme : animal social qui ne vit que pour le don et l’échange réciproque que je partage en partie mais je me permets seulement de remarquer que l’Etat ne représente en aucune manière un cadre nécessaire à ces échanges pour toutes les raisons que je viens d’exposer.»
Un petit livre fort intéressant est sorti il y quelques mois, j'en avais parlé sur ce blog : La société de défiance. De nombreux tests (dont celui qui consiste à perdre des portefeuilles et à mesurer combien sont rapportés avec l'argent qu'ils contenaient) montre que les Français sont moins civiques et se défient beaucoup plus fortement de leurs concitoyens (et d'eux mêmes ! Les Français ont le score le plus bas à la question «Feriez vous confiance à quelqu'un comme vous ?») que dans les autres pays avancés, notamment libéraux. Cela invalide complètement l'argument comme quoi le libéralisme installerait le règne de l'égoïsme et de la guerre de tous contre tous.
Les auteurs expliquent la défiance par le (prétendu) modèle social français : cette guerre de tous contre tous proviendrait du corporatisme et de l'étatisme, chaque catégorie ayant l'impression, pas souvent fausse, que ce que d'autres catégories gagnent (aux dépens de l'Etat), elle le perd.
Cette thèse étant assez difficile à démontrer, on peut ne pas être convaincu, mais le simple fait qu'on puisse la défendre avec quelques chances devrait invalider le manichéisme anti-libéral. Il est vrai que n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre.
Je peux ajouter une remarque anecdotique : je trouve le comportement des Américains plus social, plus respectueux que celui des Français. Peut-être ai-je eu de la chance.
Libéralisateur a dit…
«@ anonyme
C'est sur qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.»
C'est bien ce que je disais !
Doc38 a dit…
« Je viens de passer une heure à lire les commentaires du post du 27/02 sur les droits d'inscription à la fac, sur le blog de JPB, et bien c'est ahurissant, tout bonnement.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu commentaires aussi sectaires. Si effectivement Franck Boizard n'a pas été insulté, il a fait l'objet de commentaires plus que méprisant à de nombreuses reprises.
Le gauchisme le plus archaïque transpire des propos de nombreux intervenants (ex : Cyrano, Victor...) et l'on note comme souvent, à côté des propos clairs, bien écrits, remarquablement argumentés de F Boizard ou Cadichon, une prose maladroite, jamais étayée, sauf à coups de poncifs et de caricatures, jamais d'arguments solides...
C'est effrayant de voir de jeunes esprits aussi stérilisés par le milieu uniforme dans lequel ils baignent (cela m'évoque une image : des fœtus conservés dans du formol).»
Je vais vous désespérer encore plus : je fréquente depuis assez longtemps le blog de JPB, généralement sans y intervenir. Je peux donc donc vous dire que certains des commentateurs sectaires ne sont pas de «jeunes esprits» mais des enseignants.
Quand on interroge des profs chenus, on n'a pas trop de mal à leur faire dire qu'il y a une baisse de niveau chez leurs successeurs. Phénomène naturel bien compréhensible, mais peut-être a-t-il un fond de vérité ?
Libéralisateur a dit…
«Et c'est vrai qu'il y a souvent une relation entre l'inculture de certains et leur refuge dans les vieux poncifs éculés. Mais comment pourrait-il en être autrement ? La culture cela commence par beaucoup lire et beaucoup communiquer avec les autres et à cet exercice, c'est rapidement que l'on s'aperçoit qu'un système économique collectiviste ne peut perdurer.»
Pour être un anti-libéral primaire, il faut être inculte (ou autiste). Quand on a un minimum de culture et d'ouverture, on sait qu'il y a eu et qu'il y a des sociétés libérales montrant une certaine prospérité, dont on débat éventuellement.
Alors que, à ma connaissance, de systèmes collectivistes qui aient fonctionné, il n'y a que des cas très particuliers, impossibles à étendre à une société moderne (monastères, kibboutz, etc.).
On peut être antilibéral, mais il y faut un peu de finesse.
Enfin, il ne faut pas oublier qu'antilibéral (comme libéral) n'est pas seulement une opinion, c'est aussi une posture sociale. C'est important quand on parle de l'antilibéralisme des enseignants : être antilibéral dans l'EN, c'est se faire des amis, des relations ; être libéral, c'est se faire des ennemis. On comprend que ce facteur psychologique pèse. Tout le monde n'a pas l'indépendance d'esprit du rebelle.
daredevil2007 a dit…
«Mais, au fait, comment pouvait-il en aller autrement ? Vouloir s’en remettre au bon vouloir d’un « être » supérieur – en l’occurrence l’Etat -, c’est s’ôter toute liberté et croire que par nature, les représentants de l’Etat, au nom du fameux service public, sont prêts à tout pour aider leur prochain – encore une vision idyllique et parfaitement détachée de la réalité humaine (même si quelques exceptions peuvent exister)… Une telle conception prétend faciliter la vie des gens alors qu’elle les berne et les rend irresponsables : souvenons-nous des propos de certains ministres lors de l’affaire du sang contaminé… responsable mais pas coupable !
Un dernier point : cette croisade anti-capitaliste et anti-libérale est pour nombre de personnes l’unique moyen d’exister… puisque leur monde idéal, leur objectif ultime n’est plus, il leur faut à tout prix trouver un ersatz, histoire de ne pas sombrer corps et âme… il s’agit d’une lutte pour la survie en quelque sorte.»
Vous mettez le doigt sur un point extrêmement important : les hommes passent, les structures mentales restent. Il est assez facile de voir que l'étatisme et l'antilibéralisme français sont un héritage de la monarchie de droit divin.
Les hauts fonctionnaires sont les héritiers des commis colbertiens, ils détiennent une étincelle de l'autorité du roi qui la tient de Dieu seul.
En France, il est difficile de faire entendre que les hommes de l'Etat ont leurs intérêts propres, qui n'ont aucune raison de correspondre à l'intérêt général. L'Etat est sacralisé, il est Bon comme Dieu seul est bon. On admet qu'il fait des conneries, mais par mauvaise organisation ou par information défectueuse, jamais par mauvaise intention.
Lawyer a dit…
«Mais la sélection pourrait tout à fait être évitée, si l'on promouvait enfin une véritable communication sur les métiers et les débouchés en France.»
Vous avez raison qu'une meilleure orientation permettrait de diminuer le gâchis, mais ça ne supprimerait pas la nécessité de la sélection pour autant.
J'entends autour de moi des cas ahurissants : des gens de 27, 29, 32 ans qui sont encore étudiants, et pas pour devenir prix Nobel, mais parce qu'ils n'ont trouvé leur voie, les pauv' choux. Ca n'est possible que parce que papa-maman et l'Etat-mamma leur en donnent les moyens.
Lawyer a dit…
«Quant à "anonyme", il est évident que JAMAIS les libéraux n'ont prétendu que l'homme était un être isolé et abstrait, qui n'aurait pas besoin des autres.»
C'est même mieux que ça : le libéralisme se pose justement la question des relations entre individus.
Hayek explique très bien par exemple que la solidarité est une valeur familiale ou tribale inadaptée à des relations dans les sociétés modernes, composées de millions d'individus très différents, que l'Etat de droit est bien mieux adapté et moins générateur d'injustices.
erdav a dit…
«N'oubliez-pas, pour un gauchiste, l'intention a toujours plus de poids que le résultat.
Partant de ce principe, il est évident que la discussion n'est pas aisée pour celui qui apporte les preuves de l'échec du collectivisme à travers le monde et à travers les décennies.»
C'est effectivement un problème qui rend le dialogue avec les gauchistes difficiles : ils opposent toujours les intentions aux résultats. Le communisme a fini au goulag, pas grave les intentions étaient bonnes -ce qui reste à prouver ; tandis que le capitalisme est condamné par ses mauvaises intentions -imaginaires-, bien qu'il ait apporté le bien-être matériel.
De même, ils opposent toujours une utopie, inexistante mais parfaite, et un homme nouveau, inexistant mais parfait, à une société libérale, imparfaite mais existante, et à l'homme tel qu'il est, imparfait mais existant.
Il est tout de même assez bizarre que notre récente, à l'échelle de l'histoire humaine, prospérité coïncide avec la libéralisation, l'affranchissement du clan, de la tribu, du village et un passage à l'état de droit.
Robert Marchenoir a dit…
«Brighelli fait partie de ce mouvement de profs minoritaires mais courageux qui ont compris la perversité intrinsèque du système éducatif français, et qui s'emploient à le dénoncer.»
C'est vrai, et c'est même là qu'on voit à quel point les opinions ne sont pas rationnelles. Brighelli fait une analyse «tactique» excellente des maux du système éducatif français, mais dès qu'il se place au niveau «stratégique», il continue, moins fort qu'avant me semble-t-il, à accuser le libéralisme.
Il faut porter des lunettes très particulières pour voir une once de libéralisme dans l'EN !
Anonyme a dit…
«Ceci dit vous même, cher Mr Boizard, vous devenez rapidement soupe au lait lorsqu'on vous porte la contradiction, d'ailleurs je ne m'y risque plus, je vous lis, c'est tout.
Le seul blog que je connais où on peut tout dire droite, gauche, libéral, réac, stalinien, c'est celui de Gabriel Culioli. Juste, il ne faut pas dire du mal des Corses...»
Cordonnier est maitre chez lui : quand on entre sans s'essuyer les pieds, sans dire bonjour à la dame et sans caresser le chat, on s'expose à quelque remarque acerbe.
Coc 38 a dit :
«Mais si parmi des profs de bon sens on retrouve autant de présupposés antilibéraux, qu'en est-il chez les profs "standards" ?»
Vous devriez lire Pourquoi les intellectuels n'aiment pas libéralisme (R. Boudon) et Etre de droite un tabou français (E. Brunet).
Anonyme a dit ...
"Et surtout un civisme que nous aurions bien du mal à trouver en France." dit Libéralisateur qui n'oublie pas, j'espère, que le paiement de l'impôt fait partie intégrante de ce civisme...
Cette question de la fraude fiscale montre bien la différence entre socialistes et libéraux :
> les socialistes imaginent soit des solutions totalitaires (je ne suis pas sûr que le Français moyen se rende compte des pouvoirs inquisiteurs actuels du fisc, les renforcer comme certains le conseillent, c'est entrer un peu plus dans un régime de surveillance de moins en moins démocratique) soit des solutions utopiques (un homme nouveau qui, par miracle, ne frauderait1 plus).
> les libéraux cherchent à savoir pourquoi les gens, tels qu'ils sont, fraudent autant et ils constatent que la causes est dans les excès spoliateurs de l'Etat et préconisent une siolution simple : diminuer les impots (voir l'article de Stéphane Denis).
Anonyme a dit…
«Le libéralisme a une histoire mais aussi une réalité particulièrement brutale pour des gens dont la base professionnelle est le service public et dont le quotidien est de côtoyer la misère du monde à travers les enfants.»
Je relève ce qui est à mes yeux deux erreurs :
> le quotidien du service public n'est pas toujours de cotoyer la misère et cotoyer ne veut pas dire connaitre.
> il y a biais antilibéral dans votre propôs évident : en France, un couple avec deux enfants a plus d'intérêt financier à rester au RMI qu'à travailler au SMIC. Qu'est-ce qui désinsère ? L'assistanat ou le libéralisme ?
Patchan74 a dit…
« Anonyme,
Je suis libéral, ce qui ne m’empêche pas d’être moi aussi révolté par la misère et de vouloir agir pour qu’elle disparaisse de ce monde.
Je ne crois pas pour autant que l’intervention de l’Etat dans l’économie de marché soit le moyen le plus efficace pour y mettre fin, bien au contraire l’intervention de l’Etat dans le domaine économique ne permet , à terme, que de provoquer une misère encore plus grande ; l’exemple de tous les régime communistes ou même celui du gouvernement Atlee en Grande Bretagne nous le démontre assez clairement.
Seule la création de richesse permet à une population de sortir de la misère, et cette création de richesse ne peut être le seul fait de l’Etat mais surtout de celui qui investit son temps et son argent encouragé par la perspective de gains probables plus importants. Cette création de richesse ne devient en effet possible que lorsque ses fruits sont la propriété de celui qui en est à l’origine.
Vous ne pouvez nier que les ressources de l’Etat proviennent en grande partie de cette création de richesse, cela est d’autant plus vrai qu’une grande partie des pays riches sont démunis en ressources naturelles.
[...]
Conscient que leur pays ne pouvait sortir de cet engrenage infernal sans remettre en cause cette vision étatiste de l’économie, les gouvernements américains et britanniques ont mis fin à leur politique économique keynésienne au profit de la libéralisation de leur système économique avec les succès que nous connaissons tous.
Vous allez alors me répondre que dans ces pays la misère existe toujours et c’est vrai. Mais cette misère a-t-elle pu être endiguée en France et cela malgré toute la politique sociale mise en œuvre depuis 30 ans ?
Avouez tout de même que les personnes qui s’installent en France pour des motifs économiques proviennent rarement des pays libéraux mais bien au contraire fuient des pays où l’économie est entre les mains de l’Etat.
Ces populations sont en effet attirées le plus souvent par les perspectives de pouvoir participer au développement économique de leur pays d’accueil, ce qui se révèle être impossible dans leur pays d’origine, où l’Etat se réserve une partie importante de ses ressources (prenez l’exemple de l’Algérie, Etat socialiste riche en hydrocarbure de tous genres…) au détriment de sa population.
Je persiste en outre à penser que cette politique se révèle être néfaste au renforcement du lien de solidarité qu’il existe entre toutes les personnes.
Regardez l’état de la société française actuelle qui est loin d’être libérale (elle est étatiste), les votes extrémistes augmentent, le communautarisme s’intensifie, les personnes âgées sont abandonnées par leur propre famille au bon soin de l’Etat etc. …
Ce qui démontre bien que l’égoïsme et la régression sociale que vous attribuez au libéralisme existe donc aussi en France, pays étatiste par excellence qui tolère à peine l’existence du marché qu’elle remet en cause quand cela ne l’arrange pas.
Croyez-vous par exemple que les Restos du cœur seraient plus performants si ils étaient entre les mains de l’administration française ?
Coluche se plaignait de payer des impôts qui ne profitaient pas aux plus démunis, pourtant l’association qu’il a fondée est beaucoup plus efficace en étant prise en charge par de nombreux bénévoles, ce qui lui permet d’économiser en masse salariale donc de réserver une partie plus importante de ses fonds aux objectifs qu’elle a elle-même définie. Imaginez un peu si cette association devenait un bureau administratif…
Aucune politique libérale, aucun penseur libéral ne s’oppose à la libre association des personnes pour défendre de nobles causes, ils pensent avec juste raison que ces causes seront toujours mieux servies par l’initiative et les motivations individuelles que par l’intervention de l’Etat pour des raisons structurelles que je vous invite à découvrir en lisant tous les ouvrages disponibles sur le libéralisme.
Je crois deviner que, comme de nombreuses personne en France, vous souhaitez moraliser le capitalisme, jugé comme intrinsèquement immoral, grâce à l’intervention de l’Etat.
Sans revenir sur la confusion entre capitalisme et libéralisme, je puis vous affirmer que le capitalisme n’est ni moral ni immoral, il est amoral (lisez donc le livre : « le capitalisme est-il moral ? »).
La moralité ce n’est pas l’affaire du capitalisme, c’est votre affaire personnel et si il se trouve que certaines situations vous révoltent par leur injustice, alors rien ne vous empêche d’y consacrer l’énergie et l’argent nécessaire pour y remédier.
Vous constaterez ainsi assez rapidement que cette manière de procéder est beaucoup plus économique et efficace que de la mettre entre les mains de l’Etat.
En tant que libéral, je pense en effet que l’Etat ne peut pas s’occuper de tout, et que pour certains domaines c’est bien la société civile qui est plus efficace.
Le problème de ma théorie, c’est bien sûr qu’elle repose sur la confiance que j’attribue à mes concitoyens sur leurs capacités de se rassembler pour agir sur ce qu’il leur paraît insupportable.
Je m’appuierai alors sur votre définition de l’homme : animal social qui ne vit que pour le don et l’échange réciproque que je partage en partie mais je me permets seulement de remarquer que l’Etat ne représente en aucune manière un cadre nécessaire à ces échanges pour toutes les raisons que je viens d’exposer.»
Un petit livre fort intéressant est sorti il y quelques mois, j'en avais parlé sur ce blog : La société de défiance. De nombreux tests (dont celui qui consiste à perdre des portefeuilles et à mesurer combien sont rapportés avec l'argent qu'ils contenaient) montre que les Français sont moins civiques et se défient beaucoup plus fortement de leurs concitoyens (et d'eux mêmes ! Les Français ont le score le plus bas à la question «Feriez vous confiance à quelqu'un comme vous ?») que dans les autres pays avancés, notamment libéraux. Cela invalide complètement l'argument comme quoi le libéralisme installerait le règne de l'égoïsme et de la guerre de tous contre tous.
Les auteurs expliquent la défiance par le (prétendu) modèle social français : cette guerre de tous contre tous proviendrait du corporatisme et de l'étatisme, chaque catégorie ayant l'impression, pas souvent fausse, que ce que d'autres catégories gagnent (aux dépens de l'Etat), elle le perd.
Cette thèse étant assez difficile à démontrer, on peut ne pas être convaincu, mais le simple fait qu'on puisse la défendre avec quelques chances devrait invalider le manichéisme anti-libéral. Il est vrai que n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre.
Je peux ajouter une remarque anecdotique : je trouve le comportement des Américains plus social, plus respectueux que celui des Français. Peut-être ai-je eu de la chance.
Libéralisateur a dit…
«@ anonyme
C'est sur qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.»
C'est bien ce que je disais !
Doc38 a dit…
« Je viens de passer une heure à lire les commentaires du post du 27/02 sur les droits d'inscription à la fac, sur le blog de JPB, et bien c'est ahurissant, tout bonnement.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu commentaires aussi sectaires. Si effectivement Franck Boizard n'a pas été insulté, il a fait l'objet de commentaires plus que méprisant à de nombreuses reprises.
Le gauchisme le plus archaïque transpire des propos de nombreux intervenants (ex : Cyrano, Victor...) et l'on note comme souvent, à côté des propos clairs, bien écrits, remarquablement argumentés de F Boizard ou Cadichon, une prose maladroite, jamais étayée, sauf à coups de poncifs et de caricatures, jamais d'arguments solides...
C'est effrayant de voir de jeunes esprits aussi stérilisés par le milieu uniforme dans lequel ils baignent (cela m'évoque une image : des fœtus conservés dans du formol).»
Je vais vous désespérer encore plus : je fréquente depuis assez longtemps le blog de JPB, généralement sans y intervenir. Je peux donc donc vous dire que certains des commentateurs sectaires ne sont pas de «jeunes esprits» mais des enseignants.
Quand on interroge des profs chenus, on n'a pas trop de mal à leur faire dire qu'il y a une baisse de niveau chez leurs successeurs. Phénomène naturel bien compréhensible, mais peut-être a-t-il un fond de vérité ?
Libéralisateur a dit…
«Et c'est vrai qu'il y a souvent une relation entre l'inculture de certains et leur refuge dans les vieux poncifs éculés. Mais comment pourrait-il en être autrement ? La culture cela commence par beaucoup lire et beaucoup communiquer avec les autres et à cet exercice, c'est rapidement que l'on s'aperçoit qu'un système économique collectiviste ne peut perdurer.»
Pour être un anti-libéral primaire, il faut être inculte (ou autiste). Quand on a un minimum de culture et d'ouverture, on sait qu'il y a eu et qu'il y a des sociétés libérales montrant une certaine prospérité, dont on débat éventuellement.
Alors que, à ma connaissance, de systèmes collectivistes qui aient fonctionné, il n'y a que des cas très particuliers, impossibles à étendre à une société moderne (monastères, kibboutz, etc.).
On peut être antilibéral, mais il y faut un peu de finesse.
Enfin, il ne faut pas oublier qu'antilibéral (comme libéral) n'est pas seulement une opinion, c'est aussi une posture sociale. C'est important quand on parle de l'antilibéralisme des enseignants : être antilibéral dans l'EN, c'est se faire des amis, des relations ; être libéral, c'est se faire des ennemis. On comprend que ce facteur psychologique pèse. Tout le monde n'a pas l'indépendance d'esprit du rebelle.
daredevil2007 a dit…
«Mais, au fait, comment pouvait-il en aller autrement ? Vouloir s’en remettre au bon vouloir d’un « être » supérieur – en l’occurrence l’Etat -, c’est s’ôter toute liberté et croire que par nature, les représentants de l’Etat, au nom du fameux service public, sont prêts à tout pour aider leur prochain – encore une vision idyllique et parfaitement détachée de la réalité humaine (même si quelques exceptions peuvent exister)… Une telle conception prétend faciliter la vie des gens alors qu’elle les berne et les rend irresponsables : souvenons-nous des propos de certains ministres lors de l’affaire du sang contaminé… responsable mais pas coupable !
Un dernier point : cette croisade anti-capitaliste et anti-libérale est pour nombre de personnes l’unique moyen d’exister… puisque leur monde idéal, leur objectif ultime n’est plus, il leur faut à tout prix trouver un ersatz, histoire de ne pas sombrer corps et âme… il s’agit d’une lutte pour la survie en quelque sorte.»
Vous mettez le doigt sur un point extrêmement important : les hommes passent, les structures mentales restent. Il est assez facile de voir que l'étatisme et l'antilibéralisme français sont un héritage de la monarchie de droit divin.
Les hauts fonctionnaires sont les héritiers des commis colbertiens, ils détiennent une étincelle de l'autorité du roi qui la tient de Dieu seul.
En France, il est difficile de faire entendre que les hommes de l'Etat ont leurs intérêts propres, qui n'ont aucune raison de correspondre à l'intérêt général. L'Etat est sacralisé, il est Bon comme Dieu seul est bon. On admet qu'il fait des conneries, mais par mauvaise organisation ou par information défectueuse, jamais par mauvaise intention.
Lawyer a dit…
«Mais la sélection pourrait tout à fait être évitée, si l'on promouvait enfin une véritable communication sur les métiers et les débouchés en France.»
Vous avez raison qu'une meilleure orientation permettrait de diminuer le gâchis, mais ça ne supprimerait pas la nécessité de la sélection pour autant.
J'entends autour de moi des cas ahurissants : des gens de 27, 29, 32 ans qui sont encore étudiants, et pas pour devenir prix Nobel, mais parce qu'ils n'ont trouvé leur voie, les pauv' choux. Ca n'est possible que parce que papa-maman et l'Etat-mamma leur en donnent les moyens.
Lawyer a dit…
«Quant à "anonyme", il est évident que JAMAIS les libéraux n'ont prétendu que l'homme était un être isolé et abstrait, qui n'aurait pas besoin des autres.»
C'est même mieux que ça : le libéralisme se pose justement la question des relations entre individus.
Hayek explique très bien par exemple que la solidarité est une valeur familiale ou tribale inadaptée à des relations dans les sociétés modernes, composées de millions d'individus très différents, que l'Etat de droit est bien mieux adapté et moins générateur d'injustices.
erdav a dit…
«N'oubliez-pas, pour un gauchiste, l'intention a toujours plus de poids que le résultat.
Partant de ce principe, il est évident que la discussion n'est pas aisée pour celui qui apporte les preuves de l'échec du collectivisme à travers le monde et à travers les décennies.»
C'est effectivement un problème qui rend le dialogue avec les gauchistes difficiles : ils opposent toujours les intentions aux résultats. Le communisme a fini au goulag, pas grave les intentions étaient bonnes -ce qui reste à prouver ; tandis que le capitalisme est condamné par ses mauvaises intentions -imaginaires-, bien qu'il ait apporté le bien-être matériel.
De même, ils opposent toujours une utopie, inexistante mais parfaite, et un homme nouveau, inexistant mais parfait, à une société libérale, imparfaite mais existante, et à l'homme tel qu'il est, imparfait mais existant.
Il est tout de même assez bizarre que notre récente, à l'échelle de l'histoire humaine, prospérité coïncide avec la libéralisation, l'affranchissement du clan, de la tribu, du village et un passage à l'état de droit.
Robert Marchenoir a dit…
«Brighelli fait partie de ce mouvement de profs minoritaires mais courageux qui ont compris la perversité intrinsèque du système éducatif français, et qui s'emploient à le dénoncer.»
C'est vrai, et c'est même là qu'on voit à quel point les opinions ne sont pas rationnelles. Brighelli fait une analyse «tactique» excellente des maux du système éducatif français, mais dès qu'il se place au niveau «stratégique», il continue, moins fort qu'avant me semble-t-il, à accuser le libéralisme.
Il faut porter des lunettes très particulières pour voir une once de libéralisme dans l'EN !
Anonyme a dit…
«Ceci dit vous même, cher Mr Boizard, vous devenez rapidement soupe au lait lorsqu'on vous porte la contradiction, d'ailleurs je ne m'y risque plus, je vous lis, c'est tout.
Le seul blog que je connais où on peut tout dire droite, gauche, libéral, réac, stalinien, c'est celui de Gabriel Culioli. Juste, il ne faut pas dire du mal des Corses...»
Cordonnier est maitre chez lui : quand on entre sans s'essuyer les pieds, sans dire bonjour à la dame et sans caresser le chat, on s'expose à quelque remarque acerbe.
Coc 38 a dit :
«Mais si parmi des profs de bon sens on retrouve autant de présupposés antilibéraux, qu'en est-il chez les profs "standards" ?»
Vous devriez lire Pourquoi les intellectuels n'aiment pas libéralisme (R. Boudon) et Etre de droite un tabou français (E. Brunet).
Anonyme a dit ...
"Et surtout un civisme que nous aurions bien du mal à trouver en France." dit Libéralisateur qui n'oublie pas, j'espère, que le paiement de l'impôt fait partie intégrante de ce civisme...
Cette question de la fraude fiscale montre bien la différence entre socialistes et libéraux :
> les socialistes imaginent soit des solutions totalitaires (je ne suis pas sûr que le Français moyen se rende compte des pouvoirs inquisiteurs actuels du fisc, les renforcer comme certains le conseillent, c'est entrer un peu plus dans un régime de surveillance de moins en moins démocratique) soit des solutions utopiques (un homme nouveau qui, par miracle, ne frauderait1 plus).
> les libéraux cherchent à savoir pourquoi les gens, tels qu'ils sont, fraudent autant et ils constatent que la causes est dans les excès spoliateurs de l'Etat et préconisent une siolution simple : diminuer les impots (voir l'article de Stéphane Denis).
mardi, mars 04, 2008
De l'effet de meute dans les blogs
Cadichon et moi sommes allés nous promener sur le blog de JP Brighelli, peuplé presque totalement par des enseignants. Nous avons essayé d'y défendre des thèses libérales sans aucun succès.
Le manque de talent est peut-être une explication. Mais il y en a une autre qui s'ajoute : l'effet de meute.
Je persiste à penser que si nos réflexions étaient contestables, elles n'étaient pas idiotes. Mais il s'est agi justement de démontrer que nous étions des idiots, pire, de mauvais cons (car le libéralisme était aussitôt et sans discussion considéré comme une preuve d'égoïsme forcené) et chacun de surenchérir, d'y aller de sa pique, de son bon mot, de sa leçon de morale. Nos idées étaient inaudibles : la compétition pour nous tacler était trop bruyante.
A part une petite note d'une intervenante pour dire que cette curée était un peu facile, l'unanimité dans la critique n'a semblé gêner personne. Pourtant, c'est bien connu, quand on pense tous la même chose, il y a lieu de se poser la question si ce n'est pas parce qu'on a arrêté de penser.
Cet effet de meute se retrouve sur ce blog même : il n'est guère aisé d'y défendre des thèses socialistes.
Cela diminue de beaucoup l'intérêt des blogs «à contenu» : si c'est pour se retrouver tous de la même opinion et se congratuler de se tenir si chaud, c'est dommage.
J'essaie de traiter «l'opposition» avec un minimum d'égards pour ne pas la décourager, mais je suis chez moi et il est si rare de rencontrer un argument valable et si facile de se moquer qu'il m'arrive trop souvent de me laisser aller.
Pas toujours facile de tenir un blog !
Et l'art de la conversation se perd.
Le manque de talent est peut-être une explication. Mais il y en a une autre qui s'ajoute : l'effet de meute.
Je persiste à penser que si nos réflexions étaient contestables, elles n'étaient pas idiotes. Mais il s'est agi justement de démontrer que nous étions des idiots, pire, de mauvais cons (car le libéralisme était aussitôt et sans discussion considéré comme une preuve d'égoïsme forcené) et chacun de surenchérir, d'y aller de sa pique, de son bon mot, de sa leçon de morale. Nos idées étaient inaudibles : la compétition pour nous tacler était trop bruyante.
A part une petite note d'une intervenante pour dire que cette curée était un peu facile, l'unanimité dans la critique n'a semblé gêner personne. Pourtant, c'est bien connu, quand on pense tous la même chose, il y a lieu de se poser la question si ce n'est pas parce qu'on a arrêté de penser.
Cet effet de meute se retrouve sur ce blog même : il n'est guère aisé d'y défendre des thèses socialistes.
Cela diminue de beaucoup l'intérêt des blogs «à contenu» : si c'est pour se retrouver tous de la même opinion et se congratuler de se tenir si chaud, c'est dommage.
J'essaie de traiter «l'opposition» avec un minimum d'égards pour ne pas la décourager, mais je suis chez moi et il est si rare de rencontrer un argument valable et si facile de se moquer qu'il m'arrive trop souvent de me laisser aller.
Pas toujours facile de tenir un blog !
Et l'art de la conversation se perd.
vendredi, septembre 14, 2007
La loi de Godwin
La loi de Godwin dit ceci : « Plus une discussion sur Internet, quel qu'en soit le sujet, dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou avec Hitler s'approche de 1 ».
Cette loi, assez peu vérifiée sur ce blog d'ailleurs, s'explique de la manière suivante : le nazisme étant considéré comme la pire idéologie, la discussion s'éternisant et s'envenimant, la probabilité qu'on insulte l'adversaire avec la pire insulte augmente.
On peut aussi y voir un symptôme de la pauvreté des discussions sur internet : quand deux types moyennement intelligents discutent, ça va ; quand s'y joignent quelques imbéciles (qui, à mon avis de misanthrope sont plus nombreux que les intelligents), ça dégénère.
Cette loi, assez peu vérifiée sur ce blog d'ailleurs, s'explique de la manière suivante : le nazisme étant considéré comme la pire idéologie, la discussion s'éternisant et s'envenimant, la probabilité qu'on insulte l'adversaire avec la pire insulte augmente.
On peut aussi y voir un symptôme de la pauvreté des discussions sur internet : quand deux types moyennement intelligents discutent, ça va ; quand s'y joignent quelques imbéciles (qui, à mon avis de misanthrope sont plus nombreux que les intelligents), ça dégénère.
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