Extrait de l'article De l'usage de la Nation par les historiens, et réciproquement :
************
[...] une sorte de «paradigme dominant» apparaît chez les collaborateurs des
Lieux de mémoire [ouvrage monumental dirigé par P.Nora] qui adoptent ce qu'ailleurs P. Chaunu appelle «l'indissociabilité» de
l'État et de la nation dans l'histoire de France. Ainsi, tout au long des 2615 pages de
l'ouvrage, c'est à peine si l'on suggère que la nation pourrait s'être révélée bien autre
chose que le produit d'initiatives d'origine étatique, et encore moins qu'elle pourrait être
le résultat d'une action menée par des groupes ou des individus contre l'État, ce que le
jésuite Cerutti appelait au XVIIIe siècle «le langage du patriotisme mêlé à celui de la
rébellion». Au contraire, les contributions se caractérisent par une sorte de dérive
téléologique qui tend à concevoir la «nation» comme une simple forme de sentiment
patriotique plutôt que comme un système structuré de discours, à des époques
anciennes où cette notion est marginale et diffère sensiblement de ce qu'elle a signifié
par la suite.
[...]
On peut imaginer la réaction de Marc Bloch face à l'intention avouée de C. Beaune de
«compléter» l'étude qu'il a faite de la «religion royale» (Les Rois thaumaturges) par sa
propre théorie sur «la naissance de la nation France». Il aurait pu lui faire observer, ainsi
qu'à quelques autres des auteurs des Lieux de mémoire, qu'il n'y a pas seulement une
différence mais souvent une opposition entre «royal» et «national» et que le discours
national, loin de se réduire à des concepts élaborés par l'État et l'État seul, comme le
pensent C. Beaune et quelques autres, a été plus souvent utilisé par les élites —
municipalités, états, parlements, ultramontains, etc. — pour s'opposer à l'État.
[...]
L'histoire française semble fonctionner selon une
sorte de Loi pour la Préservation de la sainteté : le sacré peut être déplacé, voire
transformé, mais non perdu. Les historiens républicains ont méthodiquement enlevé
leur caractère sacré aux concepts religieux tels «Église», «Dieu» et «roi» à seule fin de les
réinvestir (ou d'essayer de le faire) dans leurs équivalents laïcs, c'est-à-dire «Patrie»,
«Nation», et surtout «République». Plus que dans d'autres pays — comme la Pologne ou
les pays protestants qui développèrent des Églises purement «nationales» — la
conception française de la nation fut un puissant contrepoids au christianisme, ce que
même les plus nationaux des prêtres jureurs durent admettre avec horreur et désespoir
pendant la Révolution. Mona Ozouf, dans sa remarquable contribution aux Lieux de
mémoire, oppose au vide austère du Panthéon le mélange plus heureux de sacré laïque
et religieux que l'on trouve dans l'Abbaye de Westminster ou l'Église de Santa Croce à
Florence. La remarque est pertinente. Les laïcs français n'ont peut-être pas trouvé une
nourriture spirituelle très satisfaisante dans les abstractions séculières qui
manifestement sont des idoles. Comme le dit Mona Ozouf, «la mémoire du Panthéon
n'est pas la mémoire nationale mais une des mémoires politiques offertes aux
Français». Quel dommage que la justesse de cette simple remarque n'ait pas éclairé
l'ensemble de l'ouvrage !
[...]
La «nation», proposée
en tant que sacré laïque n'a nulle part été plus fermement rejetée que dans le Traité du
désespoir de Sören Kierkegaard, ne serait-ce parce que la critique offerte dans cet
ouvrage est elle-même fondée, voire centrée sur un solide principe d'autocritique qui
fait défaut dans les Lieux de mémoire. Le philosophe danois écrit «la qualité d'homme
est différente de celle de l'animal, où le spécimen est toujours moins que l'espèce.
L'homme se distingue des autres animaux non seulement par les avantages
communément cités, mais aussi qualitativement, par le fait que l'individu vaut plus que
l'espèce [. .] [l'individu] est protégé à tout jamais, beaucoup plus que n'importe quel roi
face à la nation, au peuple, à la foule». On pourrait suggérer que la quête d'un «sacré
laïque» est sans espoir, dangereuse peut-être, et que celui qui l'entreprend, surtout s'il
est tourmenté, passionné et assoiffé de spiritualité, sera à tout le moins toujours déçu.
Quand on a perdu sa foi en Dieu, peut-être vaut-il mieux s'efforcer de trouver le
courage (la grâce) de l'athéisme plutôt que de réinvestir dans d'autres concepts qui ne
résistent ni à l'épreuve ni à l'analyse.
************
Si un de mes érudits lecteurs avait un ouvrage à me conseiller d'histoire de France non-étatiste, je suis preneur.
Je rappelle aux étatistes que si nous avions compté sur l'appareil d'Etat dans les années 1420, la France parlerait anglais. Jeanne d'Arc n'était pas une énarque.
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lundi, janvier 27, 2014
samedi, avril 03, 2010
Ca n'est pas mieux ailleurs, mais ça ne console pas
Theodore Dalrymple
The Fix Is In
Why Britain’s National Health Service spends so much and does so little
22 March 2010
Americans would do well to ponder a recent admission by a former British minister in the Blair government. On March 2, the Guardian reported that the ex-minister, now Lord Warner, said that while spending on Britain’s National Health Service had increased by 60 percent under the Labour government, its output had decreased by 4 percent. No doubt the spending of a Soviet-style organization like the NHS is more easily measurable than its output, but the former minister’s remark certainly accords with the experiences of many citizens, who see no dramatic improvement in the service as a result of such vastly increased outlays. On the contrary, while the service has taken on 400,000 new staff members—that is to say, one-fifth of all new jobs created in Britain during the period—continuity of medical care has been all but extinguished. Nobody now expects to see the same doctor on successive occasions, in the hospital or anywhere else.
The ex-minister admitted that most of the extra money—which by now must equal a decent proportion of the total national debt—had been simply wasted. (The same might be said, of course, of the increased outlays put toward state education.) But his explanation for this state of affairs was superficial and self-exculpating, to say the least: he said that the NHS received more money than it knew what to do with because of managerial inexperience. “It was like giving a starving man foie gras and caviar,” he said.
As it happens, the NHS knew exactly what to do with the money: give it to its staff, new and old. British doctors, for example, are now the second-highest-paid in the world, though not necessarily the happiest. They have accepted the money on condition that they also accept—as quietly as mice—increasing government interference in their work. When you go to a family doctor in Britain, he is more likely to do what the government thinks he ought to do and will pay him a bonus for doing than what he thinks is right. This is sinister, even when what the government thinks is right happens to be right.
There is a possible explanation other than managerial inexperience for the waste, namely that the waste was intended and desired: indeed, that it was the principal object of the spending. Experience has long shown that further spending by state-monopoly suppliers of services (if services is quite the word I seek) benefits not the consumers but the providers. And they—ever more numerous—naturally vote for their own providers, the politicians. Thus the NHS has become an enormously expensive method of ballot-stuffing. Personally, I would rather have outright electoral fraud. It would be less expensive and slightly more honest.
Just before the last election, the chief executive of one of the hospitals in which I once worked was overheard saying, “My job is to make sure that the government is reelected.” (The government’s job, in turn, was to make sure that she remained chief executive.) She also explained that the hospital could expect no increase in its government funding, unlike other hospitals—because it was located in an area in which most people voted for the government anyway.
****************
Theodore Dalrymple, a physician, is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute. His most recent book is The New Vichy Syndrome.
The Fix Is In
Why Britain’s National Health Service spends so much and does so little
22 March 2010
Americans would do well to ponder a recent admission by a former British minister in the Blair government. On March 2, the Guardian reported that the ex-minister, now Lord Warner, said that while spending on Britain’s National Health Service had increased by 60 percent under the Labour government, its output had decreased by 4 percent. No doubt the spending of a Soviet-style organization like the NHS is more easily measurable than its output, but the former minister’s remark certainly accords with the experiences of many citizens, who see no dramatic improvement in the service as a result of such vastly increased outlays. On the contrary, while the service has taken on 400,000 new staff members—that is to say, one-fifth of all new jobs created in Britain during the period—continuity of medical care has been all but extinguished. Nobody now expects to see the same doctor on successive occasions, in the hospital or anywhere else.
The ex-minister admitted that most of the extra money—which by now must equal a decent proportion of the total national debt—had been simply wasted. (The same might be said, of course, of the increased outlays put toward state education.) But his explanation for this state of affairs was superficial and self-exculpating, to say the least: he said that the NHS received more money than it knew what to do with because of managerial inexperience. “It was like giving a starving man foie gras and caviar,” he said.
As it happens, the NHS knew exactly what to do with the money: give it to its staff, new and old. British doctors, for example, are now the second-highest-paid in the world, though not necessarily the happiest. They have accepted the money on condition that they also accept—as quietly as mice—increasing government interference in their work. When you go to a family doctor in Britain, he is more likely to do what the government thinks he ought to do and will pay him a bonus for doing than what he thinks is right. This is sinister, even when what the government thinks is right happens to be right.
There is a possible explanation other than managerial inexperience for the waste, namely that the waste was intended and desired: indeed, that it was the principal object of the spending. Experience has long shown that further spending by state-monopoly suppliers of services (if services is quite the word I seek) benefits not the consumers but the providers. And they—ever more numerous—naturally vote for their own providers, the politicians. Thus the NHS has become an enormously expensive method of ballot-stuffing. Personally, I would rather have outright electoral fraud. It would be less expensive and slightly more honest.
Just before the last election, the chief executive of one of the hospitals in which I once worked was overheard saying, “My job is to make sure that the government is reelected.” (The government’s job, in turn, was to make sure that she remained chief executive.) She also explained that the hospital could expect no increase in its government funding, unlike other hospitals—because it was located in an area in which most people voted for the government anyway.
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Theodore Dalrymple, a physician, is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute. His most recent book is The New Vichy Syndrome.
Libellés :
Etat,
kleptocratie française
jeudi, avril 01, 2010
«Un Etat ne peut pas faire faillite» : silence assourdissant
Vous avez remarqué ? Il y a encore quelques mois, il y avait des gens très médiatiques pour soutenir mordicus qu'un Etat ne peut pas faire faillite (expression populaire pour défaut de paiement) et prendre de haut quiconque s'aventurait à prétendre le contraire.
On les entend beaucoup moins. Etrange, non ?
On les entend beaucoup moins. Etrange, non ?
Libellés :
cerné par les cons,
crise,
éclatement de l'Euro,
Etat
jeudi, mars 25, 2010
Les Bisounours, bientôt victimes de banqueroute ?
Les Bisounours vivent dans une bulle d'irréalité.
Vous en connaissez les mantras, les slogans, les attendus : l'immigration est une richesse, toutes les cultures se valent (sauf la nôtre), l'homme est une femme comme les autres, l'enfant au centre, la santé n'a pas de prix, la guerre c'est mal, les homosexuels sont des couples comme les autres, la retraite est un droit inaliénable, non-discrimination, on n'est pas vieux si l'on est jeune dans sa tête, le mélange, la mixité, le métissage, etc ...
Or, quand on y regarde de près, on constate que les thèmes favoris des Bisounours ont un lien, plus ou moins direct, mais fort, avec l'Etat-mamma déficitaire.
C'est vrai à l'évidence avec l'immigration arabo-africaine qui d'après JP Gourevitch coûte de 26 à 28 milliards d'€ par an. C'est vrai du bordel scolaire. C'est vrai du foutoir dans les moeurs (combien coûtent aux pays tous ces divorces, ces familles recomposées, avec les pertes de productivité, de stabilité et de constance, qui les accompagnent ?). Et ainsi du reste de Bisounoursland.
De plus, toutes les lubies des Bisounours sont soutenues par des organismes étatiques ad hoc, de la Halde à l'INED, en passant par tous les observatoires Tartempion et autres hototorités Bidules. Et mêmes les medias les plus en pointe du politqiuement correct sont subventionnés, sans parler des «zartistes».
A partir d'un niveau que nous avons dépassé depuis longtemps, le désordre et le manque de discipline coûtent, et coûtent très cher.
Il est bon qu'un pays connaisse un peu de désordre, car c'est dans les interstices que s'insinuent la liberté et l'innovation. Cependant, quand on bascule dans l'excès, comme c'est notre cas, l'entropie dévore les énergies et abrutit le pays.
Jusqu'à maintenant, nous avons réussi à garder un mode de vie déréglé, qui nous séduisait par sa licence, en vivant à crédit depuis trente-cinq ans, essentiellement aux frais de ceux qui avaient des capitaux à nous prêter. Mais il semble que nous serons bientôt à l'heure des comptes. La France suit la même pente que la Grèce.
A ce moment-là, les voiles dont les Bisounours tentaient de couvrir la condition humaine seront déchirés.
Quand nous ne pourrons plus payer CMU, RMI et allocations familiales, pourra-t-on continuer à feindre que l'immigration est forcément une richesse ? Quand nous ne pourrons plus payer des professeurs de «remédiation», ne sera-t-on pas obligé de rétablir la discipline dans les classes, parce c'est ce qui coûte le moins ? Quand nous serons appauvris au point qu'une femme seule ne pourra plus élever un enfant, y aura-t-il autant de divorces (1) ?
Et quand la police et la justice seront obligées, faute de moyens, de revenir à l'essentiel, que restera-t-il des Halde et compagnie ?
Vivre à crédit nous a permis d'entretenir l'illusion que la vieille société, dure mais humaine, faite pour des temps durs, appartenait au passé, que désormais l'homme, la femme, la naissance, l'enfance, la maladie, la vieillesse, la mort, soi, l'autre, tout avait changé et jusqu'à la nature humaine.
Les illusions sont faites pour être dissipées. Elles le seront par la banqueroute de l'Etat. Hélas, nous abordons l'épreuve dans de mauvaises conditions : comment vont réagir ces enfants au cœur d'agneau que sont devenus beaucoup de nos concitoyens ? Sauront-ils trouver en eux des ressources qu'ils avaient l'habitude d'attendre de la collectivité ? Ou seront-ils prêts à suivre le premier charlatan venu ?
Les premiers signes venus de Grèce n'incitent guère à l'optimisme. Les Grecs croulent sous la dette, croyez vous qu'ils se retroussent les manches et s'activent ? Non, ils font grève et manifestent.
Nous allons vers les lendemains qui déchantent.
***************
(1) : des études américaines, tabous en France, montrent que le nombre de femmes seules avec enfants est étroitement corrélé avec le montant des aides. On s'en serait douté.
Vous en connaissez les mantras, les slogans, les attendus : l'immigration est une richesse, toutes les cultures se valent (sauf la nôtre), l'homme est une femme comme les autres, l'enfant au centre, la santé n'a pas de prix, la guerre c'est mal, les homosexuels sont des couples comme les autres, la retraite est un droit inaliénable, non-discrimination, on n'est pas vieux si l'on est jeune dans sa tête, le mélange, la mixité, le métissage, etc ...
Or, quand on y regarde de près, on constate que les thèmes favoris des Bisounours ont un lien, plus ou moins direct, mais fort, avec l'Etat-mamma déficitaire.
C'est vrai à l'évidence avec l'immigration arabo-africaine qui d'après JP Gourevitch coûte de 26 à 28 milliards d'€ par an. C'est vrai du bordel scolaire. C'est vrai du foutoir dans les moeurs (combien coûtent aux pays tous ces divorces, ces familles recomposées, avec les pertes de productivité, de stabilité et de constance, qui les accompagnent ?). Et ainsi du reste de Bisounoursland.
De plus, toutes les lubies des Bisounours sont soutenues par des organismes étatiques ad hoc, de la Halde à l'INED, en passant par tous les observatoires Tartempion et autres hototorités Bidules. Et mêmes les medias les plus en pointe du politqiuement correct sont subventionnés, sans parler des «zartistes».
A partir d'un niveau que nous avons dépassé depuis longtemps, le désordre et le manque de discipline coûtent, et coûtent très cher.
Il est bon qu'un pays connaisse un peu de désordre, car c'est dans les interstices que s'insinuent la liberté et l'innovation. Cependant, quand on bascule dans l'excès, comme c'est notre cas, l'entropie dévore les énergies et abrutit le pays.
Jusqu'à maintenant, nous avons réussi à garder un mode de vie déréglé, qui nous séduisait par sa licence, en vivant à crédit depuis trente-cinq ans, essentiellement aux frais de ceux qui avaient des capitaux à nous prêter. Mais il semble que nous serons bientôt à l'heure des comptes. La France suit la même pente que la Grèce.
A ce moment-là, les voiles dont les Bisounours tentaient de couvrir la condition humaine seront déchirés.
Quand nous ne pourrons plus payer CMU, RMI et allocations familiales, pourra-t-on continuer à feindre que l'immigration est forcément une richesse ? Quand nous ne pourrons plus payer des professeurs de «remédiation», ne sera-t-on pas obligé de rétablir la discipline dans les classes, parce c'est ce qui coûte le moins ? Quand nous serons appauvris au point qu'une femme seule ne pourra plus élever un enfant, y aura-t-il autant de divorces (1) ?
Et quand la police et la justice seront obligées, faute de moyens, de revenir à l'essentiel, que restera-t-il des Halde et compagnie ?
Vivre à crédit nous a permis d'entretenir l'illusion que la vieille société, dure mais humaine, faite pour des temps durs, appartenait au passé, que désormais l'homme, la femme, la naissance, l'enfance, la maladie, la vieillesse, la mort, soi, l'autre, tout avait changé et jusqu'à la nature humaine.
Les illusions sont faites pour être dissipées. Elles le seront par la banqueroute de l'Etat. Hélas, nous abordons l'épreuve dans de mauvaises conditions : comment vont réagir ces enfants au cœur d'agneau que sont devenus beaucoup de nos concitoyens ? Sauront-ils trouver en eux des ressources qu'ils avaient l'habitude d'attendre de la collectivité ? Ou seront-ils prêts à suivre le premier charlatan venu ?
Les premiers signes venus de Grèce n'incitent guère à l'optimisme. Les Grecs croulent sous la dette, croyez vous qu'ils se retroussent les manches et s'activent ? Non, ils font grève et manifestent.
Nous allons vers les lendemains qui déchantent.
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(1) : des études américaines, tabous en France, montrent que le nombre de femmes seules avec enfants est étroitement corrélé avec le montant des aides. On s'en serait douté.
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mardi, mars 09, 2010
PIGS : «more of the same»
Les psychiatres de Palo Alto avaient insisté sur le schéma «more of the same», c'est-à-dire la tendance à répéter sous des formes différentes les mêmes relations dysfonctionnelles et à rencontrer des échecs toujours plus douloureux.
Quand j'observe la crise économique actuelle en Europe, je vois exactement le «more of the same» en action.
Une des causes de la crise réside dans des Etats envahissants et inefficaces ? La solution : plus d'Etat et plus d'interventionnisme.
La Grèce est victime d'une zone Euro fondamentalement malsaine puisque agglomérant des Etats aux intérêts et aux politiques divergents ? La solution : venir au secours de la Grèce, renforcer la zone Euro, pour être bien sûr que la Grèce ne sera pas seule à couler, que nous coulerons tous ensemble.
Comment en est-on arrivé là ? En s'enfermant dans un réseau de mensonges nous protégeant de la réalité : les citoyens sont des enfants et la protection de l'Etat leur est indispensable dans tous les actes de la vie, Bruxelles c'est l'Europe, un Etat ne peut pas faire faillite, il n'y a pas mieux que la social-démocratie, l'Europe fait l'admiration du monde entier, la démographie c'est pas grave et l'immigration est forcément une chance etc ...
On pressent sans se l'avouer que la rupture de ce réseau de mensonges est très douloureuse. C'est pourquoi on fait des pieds des mains pour retarder l'échéance. «Encore une minute, s'il vous plaît, monsieur le bourreau.»
Quand j'observe la crise économique actuelle en Europe, je vois exactement le «more of the same» en action.
Une des causes de la crise réside dans des Etats envahissants et inefficaces ? La solution : plus d'Etat et plus d'interventionnisme.
La Grèce est victime d'une zone Euro fondamentalement malsaine puisque agglomérant des Etats aux intérêts et aux politiques divergents ? La solution : venir au secours de la Grèce, renforcer la zone Euro, pour être bien sûr que la Grèce ne sera pas seule à couler, que nous coulerons tous ensemble.
Comment en est-on arrivé là ? En s'enfermant dans un réseau de mensonges nous protégeant de la réalité : les citoyens sont des enfants et la protection de l'Etat leur est indispensable dans tous les actes de la vie, Bruxelles c'est l'Europe, un Etat ne peut pas faire faillite, il n'y a pas mieux que la social-démocratie, l'Europe fait l'admiration du monde entier, la démographie c'est pas grave et l'immigration est forcément une chance etc ...
On pressent sans se l'avouer que la rupture de ce réseau de mensonges est très douloureuse. C'est pourquoi on fait des pieds des mains pour retarder l'échéance. «Encore une minute, s'il vous plaît, monsieur le bourreau.»
lundi, novembre 16, 2009
Dette : l'Etat français sera-t-il sauvé par l'épargne privée ?
J'ai lu le nom d'Henri Guaino pour la première fois de ma vie en signature en bas d'un article des Echos expliquant que la dette publique n'est pas un problème parce que les Français, eux, plus prévoyants que les politicards, épargnent. Sous-entendu : quand l'Etat sera au bout des artifices comptables, il suffira de spolier les Français de leur épargne (après tout, c'est pour leur bien que l'Etat s'endette, non ?).
J'avais été scandalisé par cette mentalité de voleurs cyniques.
Guaino est un danger public. Mais voilà que j'ai entendu le même raisonnement d'un chroniqueur de BFM.
Disons le tout simplement : cette réflexion, en plus d'être amorale, est idiote.
L'Etat n'a pas les moyens de spolier les Français de leur épargne au point de lui permettre de rembourser ses dettes. Je ne minimise aucunement le pouvoir de nuisance de la politique fiscale.
Les deux tiers de la dette publique sont déjà détenus par des étrangers. Les Français n'en peuvent ou n'en veulent plus.
Et leur épargne est souvent sous des formes immobilières qu'il n'est pas facile de réaliser, sans compter que l'épargne mobile s'enfuira à toutes jambes.
En fait, l'Etat, à partir d'un taux d'imposition insupportable, n'a plus qu'un moyen de spolier ses citoyens : l'inflation.
Or, nous ne sommes pas maîtres de notre monnaie. Et sortir de l'Euro n'est pas une solution : notre dette étant libellée en Euros, il faudrait la rembourser en Euros, même si nous revenions au Franc.
Bref, la résolution de la crise de dette par la spoliation de l'épargne me paraît invraisemblable.
Je prévois plutôt de longues années de stagnation. Les épargnants seront pressurés, mais pas plus que les autres.
J'avais été scandalisé par cette mentalité de voleurs cyniques.
Guaino est un danger public. Mais voilà que j'ai entendu le même raisonnement d'un chroniqueur de BFM.
Disons le tout simplement : cette réflexion, en plus d'être amorale, est idiote.
L'Etat n'a pas les moyens de spolier les Français de leur épargne au point de lui permettre de rembourser ses dettes. Je ne minimise aucunement le pouvoir de nuisance de la politique fiscale.
Les deux tiers de la dette publique sont déjà détenus par des étrangers. Les Français n'en peuvent ou n'en veulent plus.
Et leur épargne est souvent sous des formes immobilières qu'il n'est pas facile de réaliser, sans compter que l'épargne mobile s'enfuira à toutes jambes.
En fait, l'Etat, à partir d'un taux d'imposition insupportable, n'a plus qu'un moyen de spolier ses citoyens : l'inflation.
Or, nous ne sommes pas maîtres de notre monnaie. Et sortir de l'Euro n'est pas une solution : notre dette étant libellée en Euros, il faudrait la rembourser en Euros, même si nous revenions au Franc.
Bref, la résolution de la crise de dette par la spoliation de l'épargne me paraît invraisemblable.
Je prévois plutôt de longues années de stagnation. Les épargnants seront pressurés, mais pas plus que les autres.
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dimanche, novembre 09, 2008
Ce qui ne va pas dans l'Etat français : un exemple et un petit calcul valent mieux qu'un grand discours
Les ministres, hauts fonctionnaires et autres éminences de la République usent et abusent des avions de l'Etat à un rythme proprement inconnu dans toutes les autres démocraties, y compris les USA, alors même que la France a un bon réseau ferroviaire.Par exemple, François Fillon se rend régulièrement en Falcon à Angers. Temps de vol approximatif, une heure, au prix de l'heure du Falcon, 8 000 €.
Soit l'équivalent de 90 billets de TGV en première classe.
Comme le trajet en train dure 1h30 mais que Villacoublay est plus loin de Matignon que Montparnasse, qu'il y a des TGV toutes les heures et que les voyageurs de première classe ne puent pas des pieds habituellement, vous vous dites que la décision de prendre le Falcon plutôt que le train est économiquement irrationnelle, que les menus avantages du Falcon ne valent pas les 8 800 € de différence (si on compte que le Premier Ministre ne voyage jamais seul).
Sans le savoir, vous touchez au coeur de la problématique de l'Etat français :
ce n'est pas que les hommes de l'Etat sont piètres économistes, c'est que, par essence, le calcul économique ne s'applique pas à leurs augustes personnes.
A cause d'un un vieux reste monarchique, le pouvoir qu'ils détiennent les sanctifient, ils s'estiment au dessus du commun des mortels, il est indigne que leur bien-être soit atteint par un calcul économique, procédé vulgaire bien suffisant pour les manants.
Bien sûr, l'exemple du Falcon et du TGV est anecdotique, mais c'est bien, me semble-t-il, cette idée que l'Etat, et les hommes qui le servent, sont d'essence supérieure et, de ce fait, hors de la juridiction des lois naturelles (1), notamment celles de l'économie (2), qui expliquent quasiment l'ensemble des maux de notre pays.
(1) : autre exemple, on nous dit qu'un Etat ne peut pas faire faillite (donc qu'il est hors des lois de l'économie), certes, mais il peut faire banqueroute, la différence est-elle si grande ?
(2) : sans compter qu'une telle manière d'envisager les choses est la porte ouverte à la corruption. Ce n'est d'ailleurs pas que le pouvoir corrompt, c'est qu'il attire les hommes corruptibles. La sagesse ancienne, celle de la république de Venise comme celle des pères fondateurs américains, voulait qu'on tienne les hommes de pouvoir enchainés. J'ai peur que nous l'ayions oubliée.
mardi, septembre 16, 2008
mardi, août 28, 2007
La suppression de postes dans la fonction publique.
Le problème français est fort simple à poser : sans une équipe dirigeante ayant une vision claire de la juste place de l'Etat, autrement dit libérale, -ce qui n'est pas le cas du gouvernement actuel- la France continuera à s'enfoncer, lentement mais sûrement.
Le point de vue de JM Aphatie ci-dessous fait écho à ce que j'écris sur ce blog (depuis si longtemps que ça en devient désespérant) :
La suppression de postes dans la fonction publique
L'an prochain, 22.700 postes disparaitront sur les quelques 2,5 millions que compte la fonction publique d'État. Ceci est inférieur aux engagements de campagne pris par Nicolas Sarkozy. Il avait annoncé le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite durant chaque année jusqu'en 2012. En 2008, ce sera un sur trois qui ne sera pas remplacé et plus nous approcherons de l'échéance électorale de la prochaine présidentielle, et moins il y aura de suppressions de postes, chacun le sait.
En 2008, l'économie réalisée sera d'environ 500 millions d'euros, une gouttelette d'eau dans l'océan de nos déficits. Largement insuffisant, en tout cas, pour financer les plus de dix milliards d'euros que coûte le "paquet fiscal". Une remarque d'ailleurs inutile puisque selon le discours officiel, ce "paquet fiscal" n'est pas une dépense mais un investissement. L'humour en politique prend des chemins souvent inattendus, ou bien involontaires.
Pour ne pas se limiter à la seule comptabilité, l'action publique est bien le seul domaine où l'on décrète d'abord la suppression des postes, comme un objectif à atteindre, et où l'on se penche ensuite sur les besoins et la répartition. C'est bien parce que le travail a été fait ainsi, à l'envers, que le président Sarkozy est et sera incapable de tenir l'engagement du candidat Sarkozy. La vérité toute simple est presque horrible. Le budget de l'État, abondamment abondé, si l'on peut dire, par des prélèvements fiscaux en constante augmentation ne peut plus financer le lourd et conséquent appareil d'État. Pourtant, quand on regarde les besoins dans les hôpitaux, à l'Université, dans la police, dans la justice, on peut établir sans peine la nécessité d'embaucher encore et encore.
Drôle de constat qui se résout ainsi : mal géré et depuis longtemps, l'État, son poids, son périmètre, son inorganisation, demeure l'un des grands problèmes de ce pays. Et qui est responsable de la situation? Eh bien, à la vérité, personne, personne de connu en tout cas [c'est vrai, mais par contre, on connaît ceux qui auraient pu résoudre le problème et ne l'ont pas fait : Mitterrand, Chirac et, sans doute, Sarkozy].
Que l'on s'étonne après des sentiments singuliers que suscite la politique en France.
Le point de vue de JM Aphatie ci-dessous fait écho à ce que j'écris sur ce blog (depuis si longtemps que ça en devient désespérant) :
La suppression de postes dans la fonction publique
L'an prochain, 22.700 postes disparaitront sur les quelques 2,5 millions que compte la fonction publique d'État. Ceci est inférieur aux engagements de campagne pris par Nicolas Sarkozy. Il avait annoncé le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite durant chaque année jusqu'en 2012. En 2008, ce sera un sur trois qui ne sera pas remplacé et plus nous approcherons de l'échéance électorale de la prochaine présidentielle, et moins il y aura de suppressions de postes, chacun le sait.
En 2008, l'économie réalisée sera d'environ 500 millions d'euros, une gouttelette d'eau dans l'océan de nos déficits. Largement insuffisant, en tout cas, pour financer les plus de dix milliards d'euros que coûte le "paquet fiscal". Une remarque d'ailleurs inutile puisque selon le discours officiel, ce "paquet fiscal" n'est pas une dépense mais un investissement. L'humour en politique prend des chemins souvent inattendus, ou bien involontaires.
Pour ne pas se limiter à la seule comptabilité, l'action publique est bien le seul domaine où l'on décrète d'abord la suppression des postes, comme un objectif à atteindre, et où l'on se penche ensuite sur les besoins et la répartition. C'est bien parce que le travail a été fait ainsi, à l'envers, que le président Sarkozy est et sera incapable de tenir l'engagement du candidat Sarkozy. La vérité toute simple est presque horrible. Le budget de l'État, abondamment abondé, si l'on peut dire, par des prélèvements fiscaux en constante augmentation ne peut plus financer le lourd et conséquent appareil d'État. Pourtant, quand on regarde les besoins dans les hôpitaux, à l'Université, dans la police, dans la justice, on peut établir sans peine la nécessité d'embaucher encore et encore.
Drôle de constat qui se résout ainsi : mal géré et depuis longtemps, l'État, son poids, son périmètre, son inorganisation, demeure l'un des grands problèmes de ce pays. Et qui est responsable de la situation? Eh bien, à la vérité, personne, personne de connu en tout cas [c'est vrai, mais par contre, on connaît ceux qui auraient pu résoudre le problème et ne l'ont pas fait : Mitterrand, Chirac et, sans doute, Sarkozy].
Que l'on s'étonne après des sentiments singuliers que suscite la politique en France.
lundi, août 27, 2007
L'Etat, soigneux gardien de l'argent du contribuable
Un agent du Trésor s'est fait virer un salaire de professeur pendant 15 ans
Un agent du Trésor public de Seine-Saint-Denis a réussi pendant 15 ans à se faire verser un salaire de professeur des universités d'environ 4.000 euros avant d'être arrêtée en milieu de semaine dernière, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Le ministère du Budget a confirmé l'existence de ce détournement, qui atteindrait 600.000 euros au total, dans un communiqué publié en début de soirée.
Cette fonctionnaire de 54 ans, chargée de la paye des professeurs de l'Université de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), a été mise en examen vendredi pour "détournement de fonds publics par personne dépositaire de l'autorité publique", selon la source judiciaire, qui confirmait une information du Journal du Dimanche (JDD).
Mise en détention provisoire, elle risque 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.
"Une procédure judiciaire de révocation de l'agent concerné" a de surcroît été engagée par l'administration, selon le ministère.
Convoquée mercredi par la police judiciaire à l'issue d'une enquête ouverte en juin 2007, la fonctionnaire a avoué en garde à vue avoir ouvert en février 1992 un compte fictif à la trésorerie générale, au nom d'un professeur qui n'existait pas, d'abord rattaché à l'Université Paris VIII-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), puis à l'université de Seine-et-Marne.
"Les salaires étaient versés sur un compte bancaire ouvert par l'agent sous une fausse identité", selon la source judiciaire, qui précise qu'elle "a fait des investissements immobiliers, donné de l'argent à sa famille ou fait des prêts à des proches".
"Elle gérait directement le dossier fictif en calculant régulièrement augmentations et avancements", précise cette source.
L'enquête a démarré après que l'Université de Marne-la-Vallée se fut aperçu en mai et juin 2007 avoir reçu des bulletins de paie ne correspondant à aucun professeur. Selon le JDD, la fonctionnaire, en congés, n'avait pas réussi cette fois à intercepter les bulletins envoyés par le Trésor public avant qu'ils ne parviennent à l'université.
Le ministère du Budget a annoncé avoir débloqué des "crédits spécifiques dès le prochain budget 2008" pour accélérer le programme de réorganisation de la paie et de modernisation de l'informatique, engagé en mai, qui doit permettre de "renforcer les contrôles".
Le ministre Eric Woerth a également demandé "sous huit jours" un rapport au directeur général de la comptabilité publique, qui doit proposer des mesures de renforcement des contrôles à court terme.
AFP 27/08/2007
Un agent du Trésor public de Seine-Saint-Denis a réussi pendant 15 ans à se faire verser un salaire de professeur des universités d'environ 4.000 euros avant d'être arrêtée en milieu de semaine dernière, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Le ministère du Budget a confirmé l'existence de ce détournement, qui atteindrait 600.000 euros au total, dans un communiqué publié en début de soirée.
Cette fonctionnaire de 54 ans, chargée de la paye des professeurs de l'Université de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), a été mise en examen vendredi pour "détournement de fonds publics par personne dépositaire de l'autorité publique", selon la source judiciaire, qui confirmait une information du Journal du Dimanche (JDD).
Mise en détention provisoire, elle risque 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.
"Une procédure judiciaire de révocation de l'agent concerné" a de surcroît été engagée par l'administration, selon le ministère.
Convoquée mercredi par la police judiciaire à l'issue d'une enquête ouverte en juin 2007, la fonctionnaire a avoué en garde à vue avoir ouvert en février 1992 un compte fictif à la trésorerie générale, au nom d'un professeur qui n'existait pas, d'abord rattaché à l'Université Paris VIII-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), puis à l'université de Seine-et-Marne.
"Les salaires étaient versés sur un compte bancaire ouvert par l'agent sous une fausse identité", selon la source judiciaire, qui précise qu'elle "a fait des investissements immobiliers, donné de l'argent à sa famille ou fait des prêts à des proches".
"Elle gérait directement le dossier fictif en calculant régulièrement augmentations et avancements", précise cette source.
L'enquête a démarré après que l'Université de Marne-la-Vallée se fut aperçu en mai et juin 2007 avoir reçu des bulletins de paie ne correspondant à aucun professeur. Selon le JDD, la fonctionnaire, en congés, n'avait pas réussi cette fois à intercepter les bulletins envoyés par le Trésor public avant qu'ils ne parviennent à l'université.
Le ministère du Budget a annoncé avoir débloqué des "crédits spécifiques dès le prochain budget 2008" pour accélérer le programme de réorganisation de la paie et de modernisation de l'informatique, engagé en mai, qui doit permettre de "renforcer les contrôles".
Le ministre Eric Woerth a également demandé "sous huit jours" un rapport au directeur général de la comptabilité publique, qui doit proposer des mesures de renforcement des contrôles à court terme.
AFP 27/08/2007
lundi, février 26, 2007
La réforme de l'Etat : l'armée britannique a des solutions
Un général anglais a récemment déclaré : "On nous a demandé de réduire les effectifs au nom des nouvelles technologies qu'on nous promettait. Ensuite, on nous a coupé les budgets, sous prétexte qu'avec si peu d'effectifs, nous n'avions pas besoin de nouveaux matériels."
Il n'y a pas à dire : la réputation de pragmatisme de nos amis anglais n'est plus à faire. Nous savions déjà depuis Mme Thatcher qu'ils s'y connaissaient en réforme de l'Etat. Voilà maintenant qu'ils prouvent qu'ils peuvent réformer l'Etat grâce à des nouvelles technologies totalement virtuelles.
J'ajoute, pour ceux qui seraient tentés de se moquer, que la Suisse, la Grande-Bretagne et la France sont les seuls pays d'Europe ayant presque, hélas seulement presque, des capacités de défense de leurs intérêts vitaux. Tous les autres sont obligés de faire appel massivement aux USA.
Les USA trouvent d'ailleurs que ça commence à bien faire puisque Robert Gates, le secrétaire d'Etat à la défense a récemment déclaré que "l’Alliance (l'OTAN) n’est pas un salon mondain et un club de discussions, c’est une alliance militaire qui a de très sérieuses obligations mondiales", manière un peu rude de signifier aux alliés qu'il serait temps qu'ils fassent leur part.
Pour en revenir à nos moutons, je trouve que la manoeuvre du gouvernement anglais vis-à-vis de son armée est dépourvue d'élégance. Avec les militaires, il peut se le permettre, ce sont des hommes de devoir qui ne font pas grève pour un oui pour un non, eux (suivez mon regard).
Mais ce n'est pas très glorieux.
Il n'y a pas à dire : la réputation de pragmatisme de nos amis anglais n'est plus à faire. Nous savions déjà depuis Mme Thatcher qu'ils s'y connaissaient en réforme de l'Etat. Voilà maintenant qu'ils prouvent qu'ils peuvent réformer l'Etat grâce à des nouvelles technologies totalement virtuelles.
J'ajoute, pour ceux qui seraient tentés de se moquer, que la Suisse, la Grande-Bretagne et la France sont les seuls pays d'Europe ayant presque, hélas seulement presque, des capacités de défense de leurs intérêts vitaux. Tous les autres sont obligés de faire appel massivement aux USA.
Les USA trouvent d'ailleurs que ça commence à bien faire puisque Robert Gates, le secrétaire d'Etat à la défense a récemment déclaré que "l’Alliance (l'OTAN) n’est pas un salon mondain et un club de discussions, c’est une alliance militaire qui a de très sérieuses obligations mondiales", manière un peu rude de signifier aux alliés qu'il serait temps qu'ils fassent leur part.
Pour en revenir à nos moutons, je trouve que la manoeuvre du gouvernement anglais vis-à-vis de son armée est dépourvue d'élégance. Avec les militaires, il peut se le permettre, ce sont des hommes de devoir qui ne font pas grève pour un oui pour un non, eux (suivez mon regard).
Mais ce n'est pas très glorieux.
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