mardi, février 04, 2014
Eloge du préjugé
On nous dit que les stéréotypes sont obligatoirement mauvais (c'est bien ce que sous-entendent les expressions comme «lutter contre les stéréotypes»). Ce biais contre les préjugés est ... un préjugé d'intellectuels méprisant la sagesse populaire.
Il n'y a aucune raison que les préjugés soient systématiquement faux et il y a de bonne chance que le préjugé des intellectuels contre les préjugés (des autres) soit une erreur. Les préjugés peuvent être ou faux ou vrais, il se trouve juste que ce sont des jugements collectifs légués par l'habitude. Mais les jugements personnels peuvent tout aussi bien être erronés.
En réalité, il y a plus de chances que les préjugés soient vrais : on peut espérer que l'épreuve du temps agit comme un filtre et permet de d'invalider certains jugements erronés et de conserver les justes. C'est une approche probabiliste et traditionaliste. Faire confiance à la tradition qui, elle au moins, est arrivée jusqu'à nous, est une démarche simple et très puissante.
En tout cas, une certitude : les préjugés sont utiles à ceux qui les transmettent et propagent, sinon ils disparaîtraient pour cause d'inutilité.
J'ajoute que tout le monde a des préjugés, car aucun homme ne peut juger de tout par lui-même. Alors changez vos habitudes : plutôt que d'être indulgents avec vos préjugés et sévères avec ceux des autres, essayez donc l'inverse.
L'ironie de la chose est que les préjugés les plus susceptibles d'être faux sont ceux des intellectuels, qui sont si courroucés par les préjugés (des autres).
En effet, les intellectuels sont mis à l'épreuve non des faits mais des autres intellectuels.
Le paysan, l'ingénieur ou le médecin sont mis à l'épreuve du réel : si leurs préjugés sont mauvais, le blé ne pousse pas, les malades meurent et les avions tombent. L'accident de la navette Challenger est en grande partie du à un préjugé des ingénieurs de la NASA sur la météo en Floride.
Pas de ça pour les intellectuels : peu importe que leurs préjugés soient idiots pourvu qu'ils soient partagés par les autres intellectuels, qui les jugent, font leurs réputations et leurs carrières. C'est le sens du célèbre «Mieux vaut avoir tort avec Sartre que raison avec Aron».
Il est donc probable que le préjugé des intellectuels contre les préjugés (des autres) est une erreur et un snobisme.
Bien sûr, on peut faire une longue liste de préjugés idiots. Mais on peut également faire une longue liste de préjugés valides et utiles.
Je vous laisse avec Burke (merci Aristide) :
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Vous voyez, Monsieur, que dans ce siècle de lumières, je ne crains pas d’avouer que chez la plupart d’entre nous les sentiments sont restés à l’état de nature ; qu’au lieu de secouer tous les vieux préjugés, nous y tenons au contraire tendrement ; et j’ajouterais même, pour notre plus grande honte, que nous les chérissons parce que ce sont des préjugés - et que plus longtemps ces préjugés ont régné, plus ils se sont répandus, plus nous les aimons. C’est que nous craignons d’exposer l’homme à vivre et à commercer avec ses semblables en ne disposant que de son propre fonds de raison, et cela parce que nous soupçonnons qu’en chacun ce fonds est petit, et que les hommes feraient mieux d’avoir recours, pour les guider à la banque générale et au capital constitué des nations et des siècles. Beaucoup de nos penseurs, au lieu de mettre au rebut les préjugés communs, emploient toute leur sagacité à découvrir la sagesse cachée qu’ils renferment. S’ils parviennent à leur but, et rarement ils le manquent, ils estiment qu’il vaut mieux garder le préjugé avec ce qu’il contient de raison que de se défaire de l’enveloppe pour ne garder que la raison toute nue ; et cela parce qu’un préjugé donne à la raison qu’il contient le motif qui fait sa force agissante et l’attrait qui assure sa permanence. En cas d’urgence le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu, si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et la perplexité. Le préjugé fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées. Par le préjugé fondé en raison, le devoir entre dans la nature de l’homme.
Sur ces questions, vos hommes de lettres et vos politiques sont d’un avis tout à fait différent, de même que chez nous tout le clan des esprits éclairés. Ils n’ont aucun respect pour la sagesse des autres ; mais en compensation ils font à la leur une confiance sans bornes. Il leur suffit toujours d’un seul motif pour détruire un ordre de choses ancien, c’est son ancienneté même. Quant à ce qui est nouveau, ils n’éprouvent aucune inquiétude au sujet de la durée d’un bâtiment construit à la hâte ; parce que la durée n’est d’aucune conséquence pour ceux qui estiment que rien ou presque rien ne s’est fait avant leur temps, et qui placent toutes leurs espérances dans l’innovation. Comme ils pensent très systématiquement que tout ce qui peut assurer quelque perpétuité est nuisible, ils ont déclaré une guerre inexpiable à toutes les institutions. Ils croient que les types de gouvernement peuvent varier comme la mode, sans que cela tire plus à conséquence ; et qu’il n’est nul besoin pour attacher les hommes à la constitution de leur pays, d’un autre principe que la commodité du moment. Ils semblent persuadé que le pacte entre le peuple et ses magistrats a ceci de singulier qu’il n’engage que le magistrat, sans condition de réciprocité : aussi la majesté du peuple est-elle en droit de dissoudre ledit pacte sans autre motif que sa volonté. Même leur attachement à leur pays n’existe qu’autant qu’il se rencontre avec tels de leurs projets flottants ; chez eux le patriotisme commence et finit avec le système politique qui s’accorde avec leur opinion du moment.
(Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution française)
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samedi, février 01, 2014
La société adolescente
Cela fait partie de leur condition d'enfants. Il n'y a rien là de dérangeant puisqu'un enfant grandit et s'améliore sans cesse. C'est l'objet de l'éducation que d'organiser cette croissance.
Or, les réactions outrées et totalement imbéciles (je n'avais fait qu'écrire une vérité d'évidence) m'avait fait prendre conscience à quel point nous vivions dans une société infantilisée.
Je sais, on peut me ressortir la sempiternelle phrase de Chesterton sur les valeurs chrétiennes devenues folles. L'injonction du Christ à retrouver un coeur d'enfant se transforme en «comportez vous comme des enfants».
Mais ce n'est pas un secret : plus qu'une société infantile, nous avons une société adolescente. Car les enfants n'ont pas cette obsession sexuelle qui est la nôtre, alors que les adolescents l'ont.
Tout se tient : la féminisation, le maternalisme, la forclusion du père et l'adolescence sans fin.
L'adolescent n'est jamais très loin du ridicule. Les anciennes expressions ont du bon : on appelait l'adolescence l'âge bête.
Or, une société d'adolescents, c'est non seulement une société d'imbéciles mais aussi une société d'esclaves. Rien n'est plus facile à endoctriner et à manipuler qu'un adolescent. Tous les politiciens le savent. Pas un dictateur qui ait oublié d'en faire l'expérience. Plus près de nous, quiconque connaît la pantalonnade que sont les «grèves de lycéens» n'a aucun doute sur la question.
Ce n'est pas un hasard si nombre de nos politiciens (Dray, Julliard, Batho, Vallaud) ont commencé leur carrière politique dès le plus jeune âge en manipulant des lycéens.
Cette société adolescente explique aussi que les réformes «sociétales» que propose la gauche totalitaire ne soient pas rejetées avec un grand éclat de rire collectif. L'adolescence est l'âge où l'on souffre que tout ne soit pas possible, que deux hommes ne puissent pas se marier, qu'on ne puisse pas être une femme quand on est un homme, que les pauvres ne soient pas riches etc.
Ce n'est pas un hasard si notre société adolescente a élu des adolescents attardés, Sarkozy et Hollande, comme présidents de la république.
Ce problème est très répandu dans le monde, notamment en Occident, mais je pense qu'il est aggravé en France par le jacobinisme (comme il est aggravé aux Etats-Unis par le juridisme) qui prive les rares adultes des moyens de se défendre.
Le problème d'une société adolescente, c'est que les adolescents ne tiennent pas le choc face à une société d'adultes. Jean Cau pensait que le rôle des adultes serait joué par les Chinois. Je ne sais pas.
samedi, juillet 03, 2010
Annonce : Black red necks and white liberals / Intellectuals and society (Thomas Sowell)
J'avais ces deux livres sur ma table. C'est un article de Causeur qui m'a donné envie de m'y attaquer (j'ai ainsi une pile de livres qui attendent un déclic).
Je vous ferai un compte-rendu quand j'aurai fini. Mais, déjà, je peux vous dire que c'est un auteur clair et intelligent. Tout le contraire de certains machin-logues qui dissimulent derrière l'enflure des phrases et l'obscurité du vocabulaire le vide de leur pensée.
Notamment, il explicite la différence entre «intellectualisme» et intelligence. J'ai déjà souvent ici dénoncé la plaie des demi-savants.
Il ne connaît probablement pas la blague française «Quelle est la différence entre un polytechnicien et un train ? Le train, quand il déraille, il s'arrête», mais il en sent l'esprit.
Recension quand j'aurai fini.
vendredi, mai 15, 2009
Féminisation = dévalorisation
Je lisais ce matin un article (1) expliquant que l'enseignement en université s'est largement féminisé. Inutile d'insister sur le prestige en déclin de l'université française.
Plus largement, les professions qui se sont beaucoup féminisées, enseignement, judiciaire, médical, journalisme, ministres, ont beaucoup perdu de leur aura. On note aussi qu'en entreprise, les femmes sont souvent dans des fonctions support : RH, comptabilité, communication.
Inversement, des professions qui restent prestigieuses ou puissantes, avocats d'affaire, banquiers, pilotes en tout genre (de F1, de chasse (2), de ligne) résistent très bien à la féminisation. Je ne vois pas un seul directeur de programme dans l'aéronautique qui soit une femme (Pascale Sourisse, PDG, est une exception).
Je ne sais trop quel est l'ordre causal, éternel problème de la poule et de l'oeuf. Est-ce la perte de prestige qui facilite la féminisation ou est-ce la féminisation qui entraîne la perte de prestige ?
En tous les cas, je me demande si, dans une certaine mesure, le féminisme n'a pas fait perdre les femmes sur deux tableaux.
L'infériorité féminine dans la sphère publique (3) s'accompagnait d'un devoir masculin de protection.
Aujourd'hui, les hommes sont dégagés par le féminisme de leur devoir de protection et les femmes ont gagné le droit de travailler dans des professions dévalorisées.
La belle victoire féministe que voilà !
Rappelons que si il y avait des femmes au foyer soumises, il y en avait aussi qui étaient capables de crever leur homme à la tâche par leurs exigences.
Je pense néanmoins que le bilan du féminisme est globalement positif (4) mais j'ai tout de même une interrogation : est-ce que le féminisme n'a pas entraîné la baisse de fécondité, auquel cas il serait catastrophique à long terme ?
(1) : également, cet article Pourquoi les bloqueurs de facs sont souvent des bloqueuses. Vous remarquerez que les femmes choisissent la fonction publique pour «concilier travail et vie de famille», ce qui est une manière politiquement correct de dire qu'elles choisissent la fonction publique parce qu'on y travaille beaucoup moins que dans le privé. Mais bon, tout le monde le sait (sauf les syndicats qui nous tympanisent avec l'enfer que vivraient les fonctionnaires suite aux réductions de postes).
(2) : signalons tout de même le capitaine Virginie Guyot qui intègre la Patrouille de France comme charognard (et donc futur leader si tout va bien) et le Flight Lieutenant Kirsty Moore qui fait de même dans les Red Arrows. Pilote, c'est un très bon exemple : il n'y a aucune barrière physique qui peut expliquer qu'il y ait moins de femmes. Pourtant, la proportion de femmes pilotes est faible. Pourtant, l'aviation pour les femmes est toujours un combat, malgré la place importante qu'elle tienne dans son histoire.
(3) : mais nullement dans l'espace privé. C'est pourquoi la notion que la société d'antan était patriarcale est infondée.
(4) : comme le bilan du communisme d'après Georges Marchais
vendredi, mai 08, 2009
la pédophilostérie
A mon avis, l'hystérie anti-pédophile et, en partie (1), l'infantolâtrie sont des formes de compensation pour le fait que les parents modernes privent leurs enfants de choses indispensables à leur bon développement : la stabilité familiale (les familles «recomposées», en réalité décomposées), l'éducation (2), l'instruction (3).Et, surtout, ils privent leurs enfants d'avenir : toutes les places sont prises, les dettes contractées, les engagements signés et, en plus, il est hors de question de prendre le moindre risque pour essayer de s'en sortir (le fameux principe de précaution).
Face à un tel passif, je ne suis pas sûr que l'hystérie anti-pédophile(4) suffise à gagner le pardon des enfants.
C'est pourquoi il est curieux et instructif de voir comment était prise la pédophilie en 1959 :
Du coté de chez Coty
(1) : l'autre source de l'infantolâtrie est la contraception : sauf en cas de viol, les enfants ont toujours été désirés, au sens où ils étaient le produit du désir de leurs parents. Avec la contraception, c'est l'escalade, ils sont non seulement désirés, mais ils sont voulus, programmés, ce qui les rend infiniment précieux. Trop précieux pour leur propre bien.
(2) : me trouvant au restaurant à coté d'un couple avec enfants, j'ai entendu des commentaires laudateurs parce que les enfants se tenaient bien. Voilà où en est l'éducation en France en 2009 : des enfants qui ne se comportent pas comme des gorets dans leur bauge sont un sujet d'émerveillement.
(3) : inutiles d'insister sur ces adolescents qui savent pas lire, pas écrire, pas compter, qui, en fait, ne savent rien.
(4) : je ne conteste pas que la pédophilie soit un crime. Je m'interroge sur le fait qu'elle soit LE crime, celui qui obsède notre société.
jeudi, mai 07, 2009
Pitié pour les jeunes
Regardons d'un peu plus près.
L'enfance
Grâce à notre éthique moderne de singes bonobos, un petit sur deux a des chances de ne pas finir son enfance dans la famille où il l'a commencée. Rester ensemble à cause des gosses ? Quelle ringarditude ! La vie est courte, il faut s'éclater, vous dis-je. Enfilons nous les uns les autres, mes frères, dans la grande extase des «familles» recomposées.
Ensuite, le rôle le plus ingrat des parents, c'est d'être une barrière et un guide. C'est pénible de dire non et, c'est bien connu, tout ce qui est pénible est à proscrire absolument. D'ailleurs, on vous le dit, on vous le répète, c'est TRAUMATISANT. Laissons donc les enfants se croire les rois.
Quand ils seront adultes, ils feront la fortune des psychanalystes. Mais de quoi se plaignent-ils ? N'ont-ils pas été couverts de jouets ? Leur moindre caprice n'a-t-il pas été satisfait ? Justement, c'est bien le problème.
Et comme, décidément, toutes ces histoires d'éducation sont bien embêtantes et peu festives, on ne va pas se gâcher la vie à insister sur la lecture, l'écriture, le calcul et l'orthographe, ces vieilleries. Pour tout cela, il y a des ordinateurs, non ? Soyons de notre temps. Passons aux choses sérieuses : où allons nous en vacances l'été prochain ?
De toute façon, tant qu'il échappe aux pédophiles, c'est l'essentiel.
L'adolescence
Ca y est, le petit grandit et l'enfant-roi devient un adolescent frustré et inculte, qui, si il a quelques sensibilité, souffre de son inculture et de sa frustration. Il fait sa «crise d'adolescence». Comme c'est étonnant ! Il s'habille bizarre, il mange bizarre, il parle bizarre, il vit bizarre. Bref, il est bizarre. Bizarre, vous avez dit bizarre ?
Il se teint les cheveux en mauve, il a tellement de piercings qu'on le prend pour une publicité de Facom, il écoute de la musique (enfin, si on peut appeler ça de la musique).
Il nous pique déjà assez de colères, on ne va pas en plus se fâcher, des fois que ça le pousserait à se droguer. Et puis, vous savez les goûts et les couleurs ...
Les études
On aimerait bien qu'il travaille à l'école, mais bon, c'est pas trop son truc. Heureusement, le bac est donné, même si il a eu un peu de mal à le décrocher.
Ensuite la fac, c'est gratuit et il suffit d'avoir le bac. Il a une vocation : il s'intéresse à la psycho-sociologie de l'histoire de l'art.
Je veux bien reconnaître que ça n'a aucun avenir et que c'est un passeport direct pour l'ANPE, mais qui sommes nous pour contrarier une si noble vocation ? OK, nous sommes ses parents, mais ce n'est pas une raison : nous ne sommes ni paternalistes ni autoritaires.
Quelques politiciens viendront hypocritement faire des courbettes aux jeunes-avenir-du-pays à la télévision. Le jeune n'aura pas tout perdu.
L'entrée dans la vie active
Les bons emplois sont verrouillés par ceux qui les ont, c'est-à-dire les vieux. Par un phénomène physique et économique évident, plus il est difficile de virer les détenteurs d'un poste, plus il est difficile d'y entrer. On dit que les barrières à la sortie et les situations de rentes créent des barrières à l'entrée.
Plus prosaïquement, ça veut dire que le confort des vieux fait la précarité des jeunes. Jeune, réjouis toi, exulte, tu as le choix entre le chomage, les boulots précaires et les emplois sous-qualifiés (ta super-licence de psycho-sociologue de l'histoire de l'art se révèle un papier de merde sur le marché du travail, mais personne n'avait insisté sur ce point). C'est ainsi que j'ai vu une femme de ménage qui avait une licence ; frustrée, évidemment, et en plus pas très bonne femme de ménage.
Même chose pour le logement : les prix élevés, parce que les permis de construire sont distribués au compte-goutte, favorisent ceux qui sont propriétaires, c'est-à-dire, vous avez compris, les vieux.
Enfin, le jeune qui a réussi, par chance et par miracle, à se loger et à trouver du travail, voit la moitié de ses revenus pris par les impôts et autres prélévements obligatoires. Parce qu'il faut bien payer la Sécu des vieux, la retraite des vieux et la dette publique des vieux. Il ne manquerait plus que ce jeune con à qui on a tout donné rechigne à la solidarité entre les générations.
Car lui aussi, quand il prendra sa retraite à 80 ans, il pourra bénéficier de la solidarité entre les générations.
Quand je vous dis qu'on adorrre nos gosses ...
lundi, février 16, 2009
La politesse
Nous vivons dans un monde fou, où les principes les plus élémentaires, surtout lorsqu'ils ont trait à la vie en société, sont oubliés.
Comme le mariage, la politesse fait partie de ces usages qui ont percolé et filtré à travers les siècles.
J'ai lu dans les commentaires un certain nombre de contre-sens. Je voudrais rappeler quelques notions concernant la politesse :
> de nombreux usages de politesse sont explicables, mais on ne perd rien, sauf la connaissance, à les considérer comme arbitraires : il n'ait pas besoin de comprendre les règles de la politesse pour les appliquer.
> la politesse n'est pas facultative : c'est son caractère obligatoire, le fait qu'on l'adresse également à tous, quels que soient par ailleurs l'estime ou le mépris qu'on a pour son destinataire, qui en fait la prix. Une politesse sélective, c'est de l'impolitesse (1).
Bien sûr, comme toute règle, celle-ci souffre des exceptions. Mais il y a une différence entre faire des exceptions à la règle et ne pas avoir de règles.
> la politesse est un instrument pour canaliser la violence naturelle entre les hommes. C'est pourquoi elle est d'autant plus importante vis-à-vis des gens que l'on n'aime pas.
> on peut considérer la politesse comme hypocrite, mais mieux vaut l'hypocrisie que la violence. De plus, si elle est hypocrite, elle est aussi riche de ressources: combien il est plus jouissif de faire sentir ce qu'on pense de lui à quelqu'un en restant dans la politesse, que de le traiter platement de con.
> enfin, bien qu'étant sensible aux charmes d'internet, je ne crois pas que la fréquentation régulière d'un blog suffise à établir cette familiarité qui permet d'abréger les politesses.
(1) : dans Les racines du ciel, Romain Gary raconte qu'un missionnaire avait l'habitude de saluer d'un sonore «Bonjour, cocu !». Un jour, ce missionnaire rejoint un groupe de causeurs dans lequel se trouve le secrétaire de mairie, connu pour ses cornes prodigieuses, le missionnaire salue un à un les présents :
_ Bonjour, cocu !
_ Bonjour, cocu !
_ Bonjour, cocu !
_ Bonjour, M. le secrétaire de mairie.
_ Bonjour, cocu !
_ Bonjour, cocu !
samedi, janvier 31, 2009
When hooligans Bach down
29 January 2009
Staying recently in a South Yorkshire town called Rotherham—described in one guidebook as “murky,” an inadequate word for the place—I was interested to read in the local newspaper how the proprietors of some stores are preventing hooligans from gathering outside to intimidate and rob customers. They play Bach over loudspeakers, and this disperses the youths in short order; they flee the way Count Dracula fled before holy water, garlic flowers, and crucifixes. The proprietors had previously tried a high-pitched noise generator whose mosquito-like whine only those younger than 20 could detect. This method, too, proved effective, but the owners abandoned it out of fear that it might damage the youths’ hearing and infringe upon their human rights, leading to claims for compensation.
There is surely something deeply emblematic about the use of one of the great glories of Western civilization, the music of Bach, to prevent the young inheritors of that civilization from committing crimes. The barbarians are well and truly within the gates. However, in these dark times it is best to look on the bright side. Our prime minister, Gordon Brown, has told us that we must expect crime to rise along with unemployment (which has already reached more than 13 percent of the labor force, if one takes into account those whom the government dishonestly counts as sick). If proprietors all over the country follow Rotherham’s lead, therefore, we may hear much more Bach, and less rock music, than we did previously. Hegel was right when he said that the owl of Minerva flies by night.
The Rotherham example, incidentally, bears out a story told by the great Belgian Sinologist, Simon Leys, in his recent book of exquisite short essays, Le bonheur des petits poissons. Leys was sitting in a café where other customers were chatting, playing cards, or having a drink. The radio was on, tuned to a station that relayed idle chatter and banal popular music (you are lucky these days if popular music is banal only). But suddenly, and for no apparent reason, it played the first movement of Mozart’s clarinet quintet, transforming the café into what Leys called “the antechamber of paradise.” The customers stopped what they were doing, as if startled. Then one of them stood up, went over to the radio, and tuned it to another station, restoring the idle chatter and banal music. There was general relief, as if everyone felt that the beauty and refinement of Mozart were a reproach to their lives to which they could respond only by suppressing Mozart.
I sympathize with the criminal youths of Rotherham for reacting to Bach in a similar way. Any other response would be too unbearably painful for them. Rotherham boasts a lot of fine early nineteenth-century architecture (and even a very fine fifteenth-century church), but everything has been overwhelmed, dwarfed, and ruined by highways and brutalist concrete buildings of surreal hideousness, many of them municipal and all of them erected with municipal consent. If the powerful do not care about the world, why should the powerless?
Theodore Dalrymple, a physician, is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute.
mardi, novembre 25, 2008
La monarchie française
Je pense que l'article suivant est suffisamment éloquent pour que le passage en rouge gras que quelques mots suffise à illustrer mon propos.
Collision évitée avec Fillon : un procès d'exception
25/11/2008 | Mise à jour : 19:09 | Commentaires

Crédits photo : Associated Press
Reporté une première fois le 15 octobre faute de copie papier du dossier, le procès du pilote de Cessna 172 doit avoir lieu mercredi à Versailles. Le dimanche 28 septembre, son monomoteur de quatre places volait hors des zones autorisées et s'était rapproché du Falcon de l'Escadron de transport (Etec, ex-Glam) en approche à Villacoublay à bord duquel se trouvait François Fillon. Mais le dossier reçu de la justice par Me Gilles Khaiat, l'avocat du pilote privé, est édulcoré. «N'y figurent ni la vitesse du Falcon sur les copies d'écran radar, ni ses «boîtes noires», ni les enregistrements des communications radio de cet avion de l'armée de l'air avec l'approche d'Orly ou la tour de contrôle de Villacoublay», s'étonne-t-il. Le Figaro avait révélé que l'avion militaire transportant le premier ministre était lui aussi hors des clous, volant à plus de 250 nœuds (460 km/h) en dessous du niveau 100 (environ 3 000 mètres). Matignon démentait à demi-mots, soulignant qu'il n'y a pas «de mentions d'un problème de vitesse dans la procédure concernant cet incident». Avant le rapprochement avec le Cessna, un contrôleur aérien d'Orly avait noté sur son écran la vitesse de 320 nœuds (592 km/h) au niveau 60 (environ 2000 mètres).
Pas de risque réel de collision
Quelques précisions techniques sont nécessaires pour bien comprendre la nature de cet incident. Il y avait bien «60 mètres d'écart» comme l'ont annoncé les enquêteurs mais seulement en altitude, ce qui est très différent du plan horizontal. En fait, les deux avions étaient distants de 0,6 mille nautique (plus d'un kilomètre). Le «crash évité de justesse» qui avait été évoqué, est considéré maintenant comme un rapprochement anormal par les experts qui écarte le risque de collision. Il n'en reste pas moins que le pilote du Cessna 172, qui faisait route des châteaux de la Loire vers Pontoise, était en infraction et ne contrôlait pas sa navigation. Il se trouvait entre 1 800 et 2 300 pieds, bien au-dessus des 1 500 pieds (500 mètres) autorisés dans le secteur de Toussus-le-Noble. Au-dessus de 1 500 pieds, l'espace est, en effet, réservé au trafic de Villacoublay, aérodrome où atterrissent les avions militaires et ceux de l'Etat. Encore au dessus volent les avions de ligne en approche à Orly, du moins quand le vent souffle de l'Est.
Air France ne dépose pas d'Airprox
L'équipage du Falcon a déposé, à l'arrivée à l'Escadron de transport (Etec) de Villacoublay, une déclaration d'«Airprox» (Air Proximity, lorsque que deux appareils se rapprochent trop) qui ne déclenche, en principe, qu'une enquête technique. Le substitut du tribunal de Versailles s'est néanmoins saisi de l'affaire. Le pilote privé a alors bénéficié d'un «traitement d'exception», arrêté, placé en garde à vue et mis sous contrôle judiciaire avec interdiction d'approcher d'un aérodrome. Accusé de «mise en danger de la vie d'autrui», il risque un an de prison et 15 000 euros d'amende. Comme le dossier demandait à être musclé, la Gendarmerie du transport aérien a recherché l'équipage d'un Airbus A 320 en approche à Orly à cette heure là et lui a demandé, avec insistance, de déposer un Airprox vis-à-vis du Cessna. Selon nos informations, Air France et le commandant de bord s'y sont refusés, la sécurité n'étant pas en jeu et l'exploitation n'ayant pas été gênée.
La tour de Toussus aux abonnés absents
Habituellement, l'enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'aviation civile cherche à identifier les causes profondes d'un tel incident une erreur de pilotage et la complexité de la navigation en région parisienne, en l'occurrence tandis qu'une commission de discipline prononce une suspension temporaire de licence assortie éventuellement d'une remise à niveau de quelques heures de vol avec un instructeur. La suspension définitive n'est prononcée qu'en cas de récidive.
Autre facteur que va prendre en compte le BEA dans son enquête visant à améliorer la sécurité : le jour de l'incident, la tour de contrôle de Toussus-le-Noble, à laquelle le pilote du Cessna aurait pu demander assistance, ne répondait pas, faute d'effectif suffisant. L'aérodrome des Yvelines est pourtant l'un des plus fréquentés de France.
Plus de cent incidents par an
En 2007, selon le rapport annuel sur la sécurité de la Direction générale de l'aviation civile, 86 incidents comparables sont survenus entre avions civils et 35 avec des appareils militaires qui ont donné lieu à des enquêtes, parfois des sanctions, jamais à des mises en examen. La communauté aéronautique s'étonne du traitement donné à cette affaire. «Demain en débarquant à Orly ou à Roissy, je peux donc me retrouver menottes au poignet», s'indigne un pilote d'Air France, «car nous ne sommes pas à l'abri d'une telle erreur heureusement détectée, comme cela a été le cas, par les systèmes de navigation modernes».
lundi, novembre 24, 2008
L'hyper-démocratie (3)
Si on est généreux et qu'on pense à la société, à coup sûr.
Mais si on est égoïste ?
Après tout, les musées sont pollués par des hordes de touristes qui ne savent même pas ce qu'ils vont voir, mais si on choisit bien ses heures, on peut être assez tranquille.
L'éducation nationale est un crève-coeur, mais on peut mettre ses enfants dans le privé hors contrat (à condition d'avoir des sous).
Et ainsi du reste.
Les individus pourraient donc limiter les nuisances de l'hyper-démocratie.
Mais, à cela, il faut hélas ajouter de sévères restrictions :
> si, dans l'espace privé, il est possible de se préserver, c'est plus difficile dans l'espace public.
> l'hyper-démocratie s'exprime de plus en plus par des lois, et des lois de plus en plus intrusives.
Par exemple, la future loi européenne sur les fessées est hallucinante dans son principe : les parents n'auront plus le droit de porter la main sur leur enfant de quelque manière que ce soit. Alors que c'est un choix d'éducation dont rien, absolument rien, ne justifie qu'il soit enlevé aux parents.
Chacun peut juger que la fessée bien ou mal, mais que ce jugement soit arraché au libre arbitre des parents pour être imposé par la loi, voilà qui est totalitaire (Petit Robert : totalitaire : se dit d'un système de pensée qui annexe tous les éléments d'un ensemble).
mardi, juillet 22, 2008
«Lutte contre les phobies» institutionalisée : pourquoi je suis contre
Ou encore :
On avait le choix entre la Résistance et la collaboration
La collaboration, c'était la notabilité, un prie-Dieu à Saint-Honoré d'Eylau,les indulgences de Pie XII et des places de faveur aux concerts de Tino Rossi et Maurice Chevalier.
Oui mais ... La Résistance, c'était la vie au grand air : You kaï di you kaï da.
Oui, mais la collaboration, c'était la possibilité d'apprendre une jolie langue étrangère à peu de frais.
Oui, mais dans la Résistance, on ne se cultivait pas, mais on rigolait bien : "Et boum le train. Et boum le petit viaduc ..."
Oui, mais la collaboration, on faisait pas sauter les ponts, mais on pouvait sauter les connes !
Oui, mais la collaboration ... Pour bien gagner sa vie, fallait dénoncer les Juifs. C'est pas très joli comme méthode ... non, mais ... dans la Résistance, on dénonçait pas les juifs ... Mais fallait vivre avec !
vendredi, février 01, 2008
La gifle
Si toute l'absurdité et l'incongruité de cette nouvelle ne vous sautent pas aux yeux, passez votre chemin ou consultez les deux liens suivants :
La gifle
Classe tous risques : «L'étonnant est déjà qu'aujourd'hui, une telle péripétie entraîne un tel émoi et que le professeur, avant une heureuse réaction collective, ait d'abord été accablé. Force est de constater la perversion d'une modernité qui se croit obligée de placer sur le même plan l'enseignant et l'enseigné, le maître et l'élève.»
Pour ma part, je fais juste une remarque : mes parents ne sont pas gendarmes, mais il ne leur serait pas venu à l'idée de me soutenir contre un professeur que j'aurais traité de «connard».
Bien entendu, je trouve particulièrement choquant que le gendarme se présente en uniforme.
mercredi, janvier 16, 2008
L'internationale des braillards se porte bien, merci pour elle
mschifres@lefigaro.fr
16/01/2008 | Mise à jour : 11:19 Le billet de Michel Schifres du 16 janvier.
Faute, selon elle, de pouvoir être entendue, l'opposition utilise des mégaphones lors des séances du conseil municipal d'Asnières. Ce folklore fait grand bruit. Non seulement dans la mairie où les délibérations prennent des allures de manifestations. Mais aussi sur le Net où ces images rencontrent un succès considérable chez les sites spécialisés dans la diffusion des vidéos de la vie quotidienne : Asnières est, du coup, devenue une star de la Toile. Voilà, n'en doutons pas, qui renforce l'espoir quant à l'avenir de la démocratie et bouscule des idées reçues. Oui, la politique passionne : encore doit-elle donner de la voix et utiliser les méthodes des discothèques. Si, il faut hurler pour être écouté. Oui, l'internationale des braillards a le vent en poupe. Il est vrai qu'en ce domaine, le terrain est quelque peu encombré.
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Dans ce monde de fous et d'imbéciles, il fait bon lire en silence. Amis lecteurs silencieux, bien le bonjour.
dimanche, novembre 25, 2007
Les contredanses de New York
Le choix de respecter ou non la loi est donc seulement affaire de conscience.
Bon premier (je n'en suis pas étonné) : le Koweit, avec 246 contraventions par diplomate en 5 ans. 21 pays pays dont tous les pays scandinaves et la majeure partie des pays anglo-saxons n'ont aucune contravention sur cette période.
Sur 146 pays, la France est 78ème, avec l'Inde et le Laos, et un score de 6.1 contraventions par diplomate.
Seules en Europe de l'ouest l'Italie (14,6 46è), l'Espagne (52è) et le Portugal (68è) font un meilleur score, donc sont moins civiques, que la France.
jeudi, octobre 11, 2007
«L'esprit de Polytechnique» : l'exemple de Jean Bichelonne
Il y a des Polytechnicens qui n'ont pas cet «esprit de Polytechnique» et des non-Polytechniciens qui l'ont.
Pourtant, cet «esprit de Polytechnique» est trop présent dans notre histoire récente, Genevoix s'en plaignait déjà en 1914, les erreurs se payaient au prix du sang - des autres, pour qu'on puisse le négliger par souci du moral de nos X.
L'histoire de Jean Bichelonne, major de l'école à l'entrée et la sortie, est extrême, mais elle n'en est que plus emblématique.
Biographie de Jean Bichelonne
Je connaissais un directeur de «grande école» qui disait : «La proportion de cons est à peu près la même partout. Simplement, plus les cons sont diplômés, plus ils ont de pouvoir, plus ils sont dangereux.» (Il pensait à Noël Forgeard ?)
vendredi, septembre 14, 2007
En lisant Commentaire : Mme Agacinski et «homoparentalité»
Elle conclut un peu hypocritement son article par une question, mais son opinion ne fait aucun doute.
Pendant tout le reste de l'article, j'emploierai les mots «homoparentalité» et «hétérosexualité» avec des guillemets. En effet, ces termes adoptent déjà le point de vue des homosexuels militants, comme je vais l'expliquer par la suite, leur emploi n'est donc pas neutre, les guillemets signalent que je ne suis pas dupe.
C'est une des marques de réussite des lobbys que de faire en sorte de poser le débat public dans des termes qui les favorisent (autre exemple : «sans-papiers» par rapport à «immigré clandestin»).
Je résume l'article, avec lequel je suis globalement d'accord :
> le droit considère les sexes (homme, femme) mais pas les sexualités (homosexuel, «hétérosexuel», zoophile, échangiste, etc ...). Baser le droit sur une chose aussi changeante que les orientations sexuelles ne parait pas sain en principe (le sexe est une donnée biologique et sociale, la sexualité est un choix intime et personnel) ni judicieux en pratique.
> le mariage est une affaire de sexes et non de sexualité. Le mariage, anthropologiquement et juridiquement, est mixte : c'est un homme et une femme, mais aussi deux familles, deux lignées, deux patrimoines. Ce n'est pas sexualité qui fait le mariage, mais la constitution d'une cellule familiale potentielle.
C'est pourquoi l'opposition «hétérosexuels» / homosexuels est orientée : elle fait du mariage une question de sexualité alors que ce n'est pas le cas.
> Le mot «homoparentalité» souffre du même travers : «il laisse croire, par un tour de passe passe verbale, qu'on est parent parce qu'on est homosexuel ou que l'on peut être parent en tant qu'homosexuel.»
L'homosexualité des parents n'a en réalité aucun rapport avec leur maternité ou leur paternité.
Sylviane Agacinski propose éventuellement un statut pour le «beau-père» ou la «belle-mère», étant entendu que l'autre membre du couple est le parent de l'enfant (adoptif ou biologique) pour faciliter la vie dans des cas qui existent, mais refuse la création d'une nouvelle forme de filiation, la filiation homosexuelle.
> la question du mariage homosexuel étant intimement lié à l'«homoparentalité», le refus de l'une entraine le refus de l'autre pour des raisons similaires (parler de sexualité là où il est question de mixité).
> enfin, dernier argument pour justifier l'«homoparentalité» : le culturalisme radical. Le mariage serait une pure construction culturelle qu'il serait loisible de modifier. Mais on n'enlèvera pas que l'existence humaine est sexuée et, par conséquent, le mariage mixte.
mardi, juillet 24, 2007
Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
Je suis en accord avec le texte ci-dessous du regretté Philippe Muray.
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Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
par Philippe Muray, écrivain*
Par-delà le néo-mariage, et quelques autres revendications divertissantes, c'est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c'est l'écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d'expression, c'est la mise en examen automatique pour délit de lucidité.
Le mariage est une invention qui remonte à la plus haute antiquité. Je parle du mariage à l'ancienne, cette institution conformiste, vermoulue et petite-bourgeoise qui véhicule depuis la nuit des temps « les valeurs hétéro-patriarcales et familialistes » pour m'exprimer comme Christophe Girard et Clémentine Autain.
Sauf erreur de ma part, cette mémorable conquête n'a pas été arrachée, l'arme à la main, de nuit, dans la précipitation et sous la menace des pires représailles, par une petite bande de fanatiques de la nuptialité bien décidés à se servir de la lâcheté des uns, de l'ambition des autres, de la démagogie tremblotante de tous, pour faire triompher leur cause. Nulle part ce type de mariage ne paraît avoir été imposé par la force. Ni en jetant à l'opinion publique un fatras précipité de raisonnements contradictoires afin d'extorquer d'elle, par sondage, une approbation apeurée. Il n'est pas davantage le fruit d'une volonté claironnée de mettre à genoux le pouvoir politique. Aucun gouvernement, à ma connaissance, n'a cédé aux partisans de la conjugalité dans la crainte de se voir accusé de gamophobie (du grec gamos, mariage).
Y a-t-il même eu « débat », à propos de cette importante « question de société », chez les Égyptiens pharaoniques, à Babylone, en Inde, à Lascaux, entre psychanalystes lacustres, sociologues troglodytes, militants de l'un ou l'autre bord ? En a-t-on discuté, dans le désert de Chaldée, à la lueur de la Grande Ourse ? A-t-on menacé de ringardisation les adversaires de cette nouveauté ? Les a-t-on accusés de ne rien comprendre à l'évolution des mœurs, de s'accrocher à des modèles désuets, d'alimenter la nostalgie d'un ordre soi-disant naturel qui ne relève que de la culture ? La Guerre des Games (de gamos, mariage, je ne le répéterai plus) a-t-elle eu lieu ?
Il semble bien que non. La chose, c'est horrible à dire, s'est faite toute seule, suivant la pente de l'espèce, laquelle sait si bien jouer sur les deux tableaux pour protéger ses intérêts, manier en même temps la carotte et le bâton, l'appât et l'hameçon, le désir de satisfaction sexuelle des individus et ses propres nécessités vitales de perpétuation, et emballer cela dans les mirages vaporeux de la pastorale romantique.
On a tout essayé, par la suite, avec le mariage. On l'a plié dans tous les sens. On a tâté de la polygamie, de la bigamie, de la monogamie, de l'adultère, du divorce à répétition, du mariage forcé, du mariage civil, du mariage religieux, du mariage d'argent, du mariage raté. On a même vu des mariages heureux. On a vu des mariages stériles et d'autres féconds, des unions dramatiques et des noces de sang. On en a fait des vaudevilles et des tragédies. Avec des placards pleins d'amants, des cocus en caleçon, des maîtresses acariâtres. Le mariage, en résumé, n'a été inventé que pour fournir des sujets de romans et pour assurer la chaîne sans fin des générations ainsi que le veut l'espèce.
Il n'en va pas exactement de même du futur mariage homosexuel, dont la genèse aura laissé tant de traces, à l'inverse de l'autre, qu'il sera aisé de la reconstituer. C'est que cette nouveauté ne va pas de soi, comme d'ailleurs la plupart des opérations expérimentales de notre temps.
L'époque moderne, dont l'essence même est le soupçon dans tous les domaines, explose en cette affaire dans une sorte d'opéra-bouffe stupéfiant où la mauvaise foi et le chantage se donnent la réplique inlassablement. C'est d'abord le code civil qui a été instrumenté. On a prétendu qu'il n'y était stipulé nulle part que le mariage était réservé aux personnes de sexe opposé. Les homosexuels militants se sont engouffrés dans cet « oubli » pour exiger, au nom de l'égalité des droits, « l'accès des gays et des lesbiennes au mariage et à l'adoption ».
L'exigence d'égalité est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l'égalité absolue remplace, chez les minorités dominantes et furibondes, le défunt sens de l'Histoire. Pour ce qui est du code civil, d'abord paré de toutes les vertus, il n'a plus été qu'une sorte d'opuscule diffamatoire sitôt qu'on découvrit l'article 75, qui détermine que le mariage consiste à « se prendre pour mari et femme ». Peu soucieux de logique, les militants de la nouvelle union conclurent aussitôt à l'urgence d'une refonte de ce code que, l'instant d'avant, ils portaient aux nues. Et, en somme, puisque la loi est contre les homos, il faut dissoudre la loi.
Dans le même temps Noël Mamère, bonimenteur de Bègles, agitait son barnum ; et les notables socialistes se bousculaient au portillon de l'avenir qui a de l'avenir dans l'espoir de décrocher le titre de premier garçon d'honneur aux nouvelles épousailles. Le terrorisme et la démagogie se donnaient le bras sur le devant de la scène.
On « déconstruisait » en hâte le mariage à l'ancienne. On affirmait qu'il est aujourd'hui « en crise » quand la vérité est qu'il l'a toujours été, par définition, puisqu'il unit deux personnes de sexe opposé, ce qui est déjà source de crise, et que, par-dessus le marché, il les soumet à des postulations contradictoires, le mensonge romantique et la vérité procréatrice. On rappela, contre les réactionnaires qui lient mariage et reproduction, qu'il n'en allait plus ainsi depuis la révolution contraceptive (ce qui ne pouvait manquer, ajoutait-on, de rapprocher les comportements homos et hétéros), quand c'est en fait depuis toujours, et dans toutes les civilisations, que l'on a cherché, certes avec moins d'efficacité technique qu'aujourd'hui, à réguler la fécondité, c'est-à-dire à autonomiser la sexualité par rapport à la « reproduction biologique ».
En quelques jours apparurent les étonnantes notions de « mariage fermé » (antipathique, hétéro) et de « mariage ouvert » (sympathique) puis « universel » (supersympa). On publia des sondages dans lesquels la société française déclarait qu'elle était d'accord pour applaudir aux évolutions de la société française, mais de grâce, qu'on arrête de lui brailler dans les oreilles. Les partisans du néo-mariage expliquèrent à la fois qu'il ne fallait pas interpréter leur demande comme une volonté de normalisation ou comme un désir d'imitation mais qu'il y avait de ça quand même, et que d'ailleurs ils se moquaient des institutions dont ils étaient exclus, sauf que le seul fait d'en être exclus leur apparaissait comme un outrage.
Réclamant en même temps le droit à la différence et à la similitude, exigeant de pouvoir se marier par conformisme subversif et pour faire « un pied de nez à la conception traditionnelle du mariage » (comme l'écrivent encore les impayables Christophe Girard et Clémentine Autain), ils affirmaient aussi que ce même mariage, à la fois convoité et moqué, revendiqué pour être rejeté, et de toute façon transformé s'ils y accédaient jusqu'à en être méconnaissable, serait un remède souverain contre « l'alarmant taux de suicide » qui sévit chez les jeunes homosexuels, ce qui laisse supposer que ces derniers se suicident tous par désespoir de ne pouvoir convoler officiellement. On aurait pu imaginer d'autres motifs.
Mais ces réflexions tomberont très bientôt sous le coup des lois anti-homophobie qu'un gouvernement vassalisé par les associations se prépare en toute sottise à faire voter. Mieux vaut donc se taire. Par-delà le néo-mariage, en effet, et quelques autres revendications divertissantes (suppression de la mention relative au sexe sur les papiers d'identité afin d'en terminer avec les « problèmes kafkaïens rencontrés par les individus de sexe mixte, hermaphrodites, transsexuels, transgenres », ou encore « dépsychiatrisation des opérations de changement de sexe »), c'est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c'est l'écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d'expression, c'est la mise en examen automatique pour délit de lucidité.
Il est urgent que personne ne l'ouvre pendant que se dérouleront les grandes métamorphoses qui s'annoncent, dont ce petit débat sur l'effacement de la différence sexuelle est l'avant-propos. Le néo-mariage, dans cette affaire, n'est que l'arbre baroque qui cache la prison.
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Ce texte a été publié dans une version légèrement réduite sous le titre "La guerre du mariage a-t-elle eu lieu ?" dans Marianne (18/09/2004, page 79). Cette version intégrale est reproduite avec l'autorisation de l'auteur.
vendredi, juillet 13, 2007
Pour prolonger notre discussion sur les homosexuels, le changement climatique et tout ce genre de choses ...
Au fond, je pense que le mariage homosexuel est grotesque et la légalisation de l'adoption par des couples homosexuels immorale (quand on a choisi de vivre une vie différente, il faut l'assumer et non pas exiger de la société que se soit elle qui s'adapte et les enfants qui trinquent.). Pourrais-je exprimer cette opinion publiquement, à la radio par exemple, sans me faire insulter ? Je ne pense pas.
Sur des sujets aussi creux que le prétendu "changement climatique d'origine humaine", il est déjà dangereux d'affirmer qu'on ne sait rien. Je me suis fait traiter de "révisonniste climatique", l'expression, délicieusement ridicule par ailleurs, laisse évidemment supposer que je ne suis pas loin d'avoir les valeurs et la probité intellectuelle de M. Faurisson.
Dans ces cas là, je me dis qu'il vaut que je rentre chez moi, que j'ouvre Montaigne et que je cesse de prendre le risque de rencontrer des ânes pareils.
En fouillant les articles de Dalrymple (objet du message précédent), je suis tombé sur celui-ci :
Freedom and his discontents
Tiraillé entre le remords de vous proposer un texte en Anglais et la paresse de vous le traduire, j'ai fait appel à l'outil de traduction Google et j'ai laissé le résultat intact, à quelques corrections mineures près afin d'améliorer la compréhension, pour que vous puissiez vous enorgueillir de la supériorité de l'homme sur la machine.
La traduction commence au moment où l'auteur explique pourquoi il a été bien content d'avoir une excuse pour ne pas aller à la BBC pour donner son avis sur l'opération d'un transexuel autrichien âgé de 12 ans.
Heureusement, j'ai eu une bonne excuse à ne pas apparaître sur le programme, bien que pourquoi je devrais avoir estimé que j'ai eu besoin une excuse soit elle-même peu une impaire. En tout cas, j'ai eu un enclenchement de dîner à l'heure de l'émission, qui m'a libéré de tout le sens d'engagement. J'ai senti un soulagement presque physique.
Immédiatement, de la façon d'un intellectuel professionnel, j'ai commencé à analyser les raisons de ceci. La réponse ni ne flattait à moi, ni rassurait au sujet de l'état de notre liberté. Si j'avais parlé mon esprit, sans laisse ou obstacle, je devrais avoir dit que ce que je suspecte une majorité de personnes très grande penser : ce là est quelque chose de grotesque, et répugnant égal, au sujet de l'idée même de sexe-change, encore moins de sexe-change pour douze années-vieux. Un sentiment de répugnance n'est pas un argument moral complet, naturellement ; quelque chose de plus profond est exigé. Néanmoins, une intuition qui une action ou une politique est profondément erronée est le commencement, sinon la fin, de la réflexion morale.
Cependant, le fait est (si je suis véridique) qu'une certaine crainte ou pusillanimité a présenté dans mon soulagement que je ne devais pas annoncer à ce sujet. Si j'avais fait l'émission, j'aurais dû m'asseoir vis-à-vis d'un avocat de transport-sexualisme dans le studio (ainsi le producteur m'avait dit), et être vrai à me et à mes avis que j'aurais dû dire elle/lui, devant une assistance de beaucoup de millions de milliers sinon, que j'ai pensé que quel il/elle avait fait était fondamentalement égotiste et antisocial. Sachant le format pour les programmes par radio, il était peu probable que j'aurais pu donner mes raisons de la pensée ainsi ; et je suis en général peu disposé donne l'offense gratuite à une personne particulière, en partie de poltronnerie morale et en partie d'une croyance que donner d'une telle offense est une mauvaise chose en soi.
Mais je me rendais également compte que transport-sexuels constituent maintenant un groupe considérable d'entrée, pas en raison de leur nombre, qui est inconsidérable, mais en raison de l'appui de cette partie de l'intelligentsia qui voit la dissolution des frontières (morales) sinon comme le travail de Dieu exactement, au moins comme le travail de l'élite morale. Ils avaient combattu des frontières (morales) pendant des années.
Bien, lequel de cela ? Nous certainement ne vivons pas dans une société dans laquelle on doit craindre les coups de minuit sur la porte parce qu'on a fait un pas hors de la ligne en exprimant des avis défectueux. Pourtant les groupes d'entrée (entrée = lobby) et leurs alliés néanmoins ont une manière d'exiger un prix de l'expression des vues très différentes de leurs propres. Ils peuvent dépeindre cette personne qui s'oppose à eux en tant que peu raisonnable et fanatique, en tant que certain genre de cerveau en petits pois antédiluvien. Et le fait est qu'ils sont probablement disposés à mettre plus d'effort dans faire ceci que la personne qui s'oppose à eux n'est disposée à mettre dans défendre son avis, parce qu'il une personne pas de monomane ou d'un-question, à la différence au moins de certains de ses adversaires. La vérité est que je ne m'inquiète pas infiniment de transport-sexualism, et ainsi je n'ai pas voulu risquer même un peu d'opprobre public des personnes de droit-pensée sur le sujet. Les cieux ne tomberont pas si un douze-année-vieux garçon autrichien obtient sexe-changent, après tous ; et il y a, pour adapter légèrement une énonciation d'Adam Smith, une affaire de ruine dans une civilisation.
Ainsi nous voyons comment le changement social, d'une sorte opposée à la majorité de la population, peut survenir : personne ne peuvent s'avérer pour s'opposer à lui fortement, parce que le changement individuel n'importe pas que beaucoup, à moins qu'aux bénéficiaires, et au prix de s'opposer à lui soit rendu trop haut. Des précédents sont placés, et placent une fois, suivi ; il n'y a aucun dos allant (going back = retour en arrière). Les omelettes jamais peuvent ne encore devenir des oeufs ; ou, pour changer la métaphore, le génie ne revient jamais à la bouteille.
Il était que les gouvernements étaient la plus grande menace à la liberté d'expression, mais maintenant c'est pression sociale de la sorte que j'ai décrite qui menace la discussion. J'ai réalisé la première fois ceci quand j'ai écrit un article concernant une condition connue sous le nom de syndrome chronique de fatigue (la dépression, en gros), remettant en cause - je dois admettre, en moins de des limites d'émollient - la vue ferme de ceux qui souffrent de elle, à savoir ce c'est un état viral plutôt que psychosocial (Dalrymple a écrit un article pour dire que la dépression était plus un auto-apitoiement approuvé par la société, remboursé par la sécu, qu'une vraie maladie).
Ce que je n'avais pas réalisé alors j'ai écrit étais que les victimes de la fatigue chronique étaient, en fait, inlassablement en activité à la défense de leur vue de leur état, et n'amuserais aucun autre. Était pas plus tôt l'article édité que j'ai commencé à recevoir des protestations par le téléphone et le poteau, souvent fonte dans la langue désagréable et abusive ; mon hôpital a reçu des appels pour mon renvoi ; même un ministre de gouvernement a été contacté.
J'ai découvert quand j'ai parlé à d'autres journalistes qui avaient écrit ou à émission dans le sujet à peu près identique de veine semblable qui le traitement que j'ai reçu aux mains du chroniquement fatiguées était comparativement doux, peut-être en raison de mon obscurité et faible importance. Des journalistes de télévision en particulier ont été incités pour souffrir, parce que la longue réception appelle au milieu de la nuit, un barrage des insultes et ainsi de suite, souvent pour mois après mois, de sorte que leur sommeil ait été chroniquement dérangé. Pas étonnamment, elles n'ont jamais résolu pour toucher le sujet encore (elles ont résolu de ne plus jamais aborder le sujet) : pour elles, après tout, c'était seulement un sujet parmi beaucoup, alors que pour les protestataires c'était le sujet des sujets. Même les chercheurs comparativement discrets, qui ont écrit en beaucoup plus de termes gardés, m'ont dit que s'ils déviaient par un prendre ou tittle de la ligne proposée par chroniquement fatigué, ils ont été inondés avec des protestations. Un, un professeur éminent, dit me qu'il s'était senti presque sous le siège.
Et l'argument est allé ainsi par défaut : et on a permis à seulement une vue d'écrire la conscience publique (on a permis à une seule opinion de s'imprimer dans la conscience du public). La question n'est pas si chroniquement fatigués sont exacts dans leurs vues , mais s'ils devraient essayer de raccourcir la discussion légitime de cette façon.
Soyons honnêtes : il y a peu de nous qui n'ont jamais senti la tentation d'amortir (de faire taire) ces imbéciles et les canailles qui ont des vues différentes de nos propres. Elles doivent, après tout, être stupides ou malveillantes (ou, naturellement, tous deux). Si les moyens de les amortir étaient actuels (disponibles), nous serions douloureusement tentés pour les employer.
Lesquels de nous écoutent sans impatience et même colère les arguments de nos adversaires ? Si vous croyez qu'il faut chauffer global comme résultat des activités de l'homme, pouvez-vous demeurer les arguments évidemment tordus des sceptiques, être dans dont le salaire, ou au moins dans le thrall mental à, les multinationales de pollution ? Ou si vous croyez qu'Al Gore veut seulement augmenter la puissance des gouvernements, de préférence avec lui responsable du plus grand de elles, pouvez vous écouter sans élévation de fréquence du pouls et tension artérielle les arguments des climatologists qui insistent sur le fait que c'est nous - je veux dire, nous les humains - qui causent une élévation dans la température globale ? Ce qui est Pilate de plaisanterie par vérité, et ne resterait pas pour une réponse (qu'est-ce que la vérité, demanda Pilate en plaisantant, et ne resta pour entendre la réponse).
La La Rochefoucauld a indiqué que l'amour de la justice chez la plupart des hommes est seulement crainte de l'injustice de souffrance (de souffrir de l'injustice). Par analogie, l'amour du discours libre chez la plupart des hommes est seulement crainte de l'fermeture vers le haut (shut up = se taire). S'ils étaient un peu plus fort qu'ils sont, ils auraient juste les monologues, le plus agréable de toutes les formes de la parole. Qui parmi nous n'a pas participé à une conversation dans excepté laquelle son souci principal était avec ce qu'il allait dire après, à peine prenant la peine en attendant d'écouter les autres, pour attendre une pause dans laquelle il peut exclamer ses mots merveilleux ?
La menace pour libérer la parole n'existe pas, donc, seulement dans les gouvernements, mais à nos coeurs. Et dans le monde moderne, une menace particulière vient des monomanes de droit-pensée qui s'associent pour constituer des groupes de pression. Avec le déclin dans l'idéologie grande du socialisme, nous n'avons pas vu le déclin de l'idéologie, mais l'élévation de micro-idéologies. L'idéologie a été divisée en fragments et privatisée, comme elle étaient, mais elle demeure juste comme idéologique. Et peu de plaisirs sont plus grands que ceux de l'exercice de la puissance, particulièrement au nom du bien le plus grand. Pour être puissant et vertueux, comment délicieux ! Svp ne pas répondre à toute partie de cet article. Je ne le lirai pas : Je sais que j'ai raison.
Pourquoi les intellectuels aiment le génocide
Je partage souvent ses points de vue, fort éloignés du politiquement correct et de la bien pensance, mêlant libéralisme et conservatisme assumés.
Par contre, j'ai bien du mal à adhérer à son noir pessimisme. Il rejoint cependant Marc Fumaroli sur un point qui a mon accord : la culture pour tous promue par nos gouvernements (britannique et français), c'est plus de culture du tout.
J'ai déjà évoqué l'hypothèse que l'hostilité des intellectuels au le libéralisme était du au fait que celui-ci ne se préoccupe pas de leur accorder une place éminente. Le prétendu génocide dont il est question est celui des aborigènes d'Australie :
Why intellectuals like genocide
Pendant que j'y suis :
The case for mistrusting Muslims
