samedi, octobre 10, 2009

Faut-il faire un autodafé de Proust, Nabokov et autres pervers ?

Voici l'argument d'Alain Finkielkraut sur France Inter : l'affaire Mitterrand-Polanski est une chasse aux hommes, une revanche de la populace et de la médiocrité sur ceux qui sont différents, plus intelligents, plus sensibles, plus artistes.

Ils ne sont pas conspués à cause de leurs crimes mais de leur qualité.

De plus, la chasse au pédophile sort du raisonnable et devient obsession. Derrière cette chasse au pédophile se profile la chasse au fantasme et à la conquête, c'est-à-dire à la sexualité masculine. Une fois de plus, nous sommes soumis à la camisole du maternalisme (je rappelle que tant dans l'affaire Poloanski que dans l'affaire Mitterrand on est loin du manichéisme hommes mauvais - femmes bonnes : il y a des mères qui s'y entendent pour exploiter leurs enfants).

Si l'on suit la logique démente de la foule en colère, il faudrait faire un autodafé de Proust, Nabokov et autres pervers.

Je suis entièrement d'accord avec cette analyse. J'ai déjà dit tout le mal que je pense de l'hystérie anti-pédophile et je déteste les réactions de la populace moderne, qui oscille toujours entre excès d'honneur et excès d'indignité, et, en tout cas, qui vise toujours au rabaissement de ceux qui lui sont supérieurs.

Je suis donc d'accord avec l'analyse de Finkielkraut. A un détail près. C'est que ni Polanski ni Mitterrand ne répondent d'une morale d'exception ni d'une justice particulière.

Dans cette petite divergence, git une action bien différente de la passive indulgence de Finky. Je ne conteste pas l'arrestation et l'extradition de Polanski, je demande à ce qu'il ait un procès équitable, mais procès tout de même. Je ne veux pas que Mitterrand soit poursuivi ou banni, je veux qu'il ne soit plus ministre parce qu'il nous fait honte.

Est-ce si difficile à comprendre ? En quoi est ce fasciste, nauséabond, populiste etc. ?

vendredi, octobre 09, 2009

Humour post-moderne

L'actualité est tellement riche en humour post-moderne que j'ouvre une nouvelle catégorie.

Bien sûr, le premier prix revient à Frédéric Mitterrand, puisque, grâce à lui, on a appris qu'un éphèbe était un homme d'environ quarante ans.

Le deuxième prix va au comité Nobel, qui vient de désigner Barack Obama,seulement dix mois de présidence, prix Nobel de la paix 2009. On en reparlera quand l'Iran aura vitrifié Israël.

Un prix spécial bien qu'un peu tardif au club Créteil Bébel qui refuse de jouer contre des homosexuels au nom du respect des cultures (forcément enrichissantes).

Ségolène : une carrière d'un homme à l'autre ?

On a dit que Ségolène Royal s'était engagée dans la course à la présidentielle par dépit vis-à-vis de François Hollande, qui la trompait.

Maintenant, Le Point écrit que le comportement de son nouveau compagnon a fait le vide autour d'elle.

Il ne faut pas être un psychologue chevronné pour s'apercevoir qu'elle a un petit problème avec les hommes. Fulgurance étrange en ces temps de maternalisme sur-aigu : elle s'engage dans la course au pouvoir par haine de la sexualité masculine et quitte cette course quand elle se réconcilie avec un homme.

Je suis perplexe. Je ne sais qu'en penser.

jeudi, octobre 08, 2009

20 000 / 800 000

C'est la soirée des chiffres : celui concerne l'affaire Mitterrand (je rappelle qu'à la sortie de son livre FM a soutenu qu'il avait vécu les histoires de prostitution qu'il raconte).

20 000, c'est le nombre de prostitués majeurs estimés en Thaïlande et 800 000, le nombre de prostitués au total, (toujours une estimation).

On peut donc penser qu'il y avait 1 chance sur 40 que les prostitués de Mitterrand fussent majeurs.

Tirez en vos propres conclusions.

J'arrête là sur ce sujet : il ne vaut pas qu'on s'en préoccupe plus, c'est trop minable.

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Correction : utilisant un article tronqué, je croyais que 800 000 était le nombre total de prostitués.

En fait, c'est le nombre de mineurs prostitués. Avec l'article complet, je comprends qu'il y a 8 millions de prostitués en Thaïlande et 800 000 mineurs. Ca prouve au moins que que n'ai pas fait de tourisme sexuel en Thaïlande, moi !

Bien entendu, ça invalide complètement mon argument probabiliste et me ridiculise plus qu'un peu, d'autant qu'un brin de recul m'aurait permis de m'en rendre compte de mon erreur.

Cependant, sur le fond de l'affaire, je ne crois toujours pas un seul mot des explications de Frédéric Mitterrand : c'est invraisemblable, ça jure avec le texte qu'il a lui-même écrit. On voit bien qu'il est pédéraste, qu'il a des fantasmes de pédéraste et il avait en Thaïlande les moyens de les assouvir.

De plus, rappelons que l'objet du débat n'est pas de faire un procès en bonne et due forme à M. Mitterrand, mais de savoir si il est digne d'être ministre. Ma réponse est toujours aussi fermement négative. Je suis même affligé qu'il faille tant de débats devant une telle évidence.

10 %

10 % du budget de l'Etat (soit la moitié de l'impôt sur les revenus), c'est ce que coûtent les absences des fonctionnaires français, d'après Jacques Marseille dans Le Point.

Le fossé et l'honneur perdu de Frédéric Mitterrand

J'ai lu les extraits de Mauvaise vie, le livre de Frédéric Mitterrand qui fait scandale, parce qu'il y étale complaisamment sa pédérastie (il n'y donne pas l'âge de ses partenaires, mais il faut être de très mauvaise foi pour ne pas se rendre compte qu'il ne veut surtout pas le savoir, car il est attiré par les très jeunes adolescents et on ne va pas en Thaïlande pour y chercher des prostitués majeurs qu'on trouve dans le bois de Boulogne).

Ce texte est non seulement exhibitionniste, une tare de notre époque, mais également sordide, vulgaire, minable, de très mauvais goût. Et franchement immoral. Ah, la morale, c'est «facho». Vous parlez morale et aussitôt on vous accuse d'être un partisan de «l'ordre moral», ce qui dans la novlangue des têtes de linotte modernes équivaut à nazi. Sauf que, point de détail, sans morale, il n'y a plus de société, il n'y a qu'une jungle.

Mais déjà on, c'est-à-dire les medias et les politiques, s'apprête à passer l'éponge, sous divers prétextes, aussi fallacieux les uns que les autres. On ignorera (j'allais écrire «on feindra d'ignorer» : mais non, on est au fond des égouts moraux, on se roule dans la fange : on ignorera vraiment) on ignorera, donc, que les puissants ont un devoir d'exemplarité qui balaye toutes les arguties, tous les coupages de cheveux en quatre, des salonards.

Vous remarquerez le talent des medias, quand ça les arrange, pour tout niveler, tout affadir, pour relativiser, pour noyer le poisson : un scandale de mœurs devient un sujet à débats, à palabres sans fin, et au bon du compte, de ce qui était à vomir ne reste qu'une simple affaire d'opinions, qui, comme chacun le sait, se valent toutes (0).

Il ne faut pas s'y tromper : les importants médiatico-politiques peuvent bien nous marteler leurs arguments, les répéter en boucles abrutissantes, il y a des limites au bourrage de crâne. Il me suffit de discuter autour de moi : Dupont et Durand sont prêts à pardonner à l'homme Mitterrand (ce qui est déjà beaucoup d'indulgence), quitte à le trouver minable, mais le garder comme ministre ? Certainement pas, ils auraient trop honte (1).

Jamais, je ne le dis pas à la légère, jamais le fossé entre les élites et le peuple français (du moins ce qu'il en reste) n'a été aussi profond. Aux époques les plus dures de la féodalité, les seigneurs et leurs serfs partageaient souvent la même église et vivaient dans le même pays. Plus tard, la morale dont Bossuet foudroyait Louis XIV n'était pas différente de celle du curé de campagne.

Aujourd'hui, les élites, prétendues mondialisées (2), n'ont plus de pays et vivent selon une morale qui leur est très particulière. D'ailleurs, est-ce bien une morale ? Car enfin, une morale qui trouve scandaleux un prêtre pédophile et bénin un ministre pédophile est fort étrange.

Et, au fait, Berlusconi, c'est bien ou non qu'il se tape des petites jeunes ?

Allons, je dévoile le pot-aux-roses, le secret de cette morale à géométrie variable. Vous comprendrez tout quand vous connaîtrez son vrai nom : elle s'appelle le gauchisme. On est de gauche, on est absous de toutes ses turpitudes par le simple fait d'appartenir au camp du Bien. On est de droite, on est coupable de tout, rien ne saurait être pardonné.

Frédéric Mitterrand est de gauche, il est sauvé.

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(1) : F. Mitterrand est un homme de télévision. Nul doute qu'il saura retourner l'opinion comme une crêpe grâce à des tartines de pathos. Mais il continuera à être méprisé de ceux qui ont une tête pour réfléchir et juger. De plus, une fois le choc du sentimentalisme dégoulinant passé, les gens reviendront à leur jugement initial.

(1) : vous l'imaginez, ministre de De Gaulle ?

(2) : mondialisées ? Quand ça les arrange. Je connais des pays du monde où de tels faits n'auraient pas attiré l'indulgence des élites.

«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de moeurs»

Pierre Moscovici a déclaré au Figaro : «On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de moeurs».

Concept intéressant dont on peut trouver tout plein de déclinaisons aussi instructives les unes que les autres :

«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de corruption»

«On ne va pas demander la démission d'un ministre pour une affaire de fraude électorale»

«On ne va pas demander l'emprisonnement d'un pédophile pour une affaire de moeurs»

«On ne va pas demander l'emprisonnement d'un violeur pour une affaire de moeurs»

«On ne va pas demander» est une variante du J'Vois Pas Pourquoi™ qui justifie à peu près toutes les conneries modernes.

Nota : il semble que la machine du militantisme homosexuel se met en marche pour défendre «son» ministre. Vive le communautarisme.

Bell, réveille toi, ils sont devenus fous

Le parlement interdit les téléphones portables à l'école sous prétexte de «principe de précaution». Encore une défaite de la pensée.

On est tellement terrifié à l'idée de dire non à des enfants que l'appui de parlement est nécessaire. A quand la légion et les chars à l'école pour faire faire des lignes d'écriture ?

Rappelons que dans un monde qui n'aurait pas tourné totalement con, les enseignants auraient le droit sans l'avis du parlement ni de personne de confisquer les portables, et pas sous un prétexte débile de principe de précaution mais pour la discipline, car ce ne sont pas les Monchéris-Moncoeurs qui commandent mais bien les adultes et il serait bon de le leur rappeler de temps en temps.

Erratum : c'est Bell, l'inventeur du téléphone, pas Edison. Aucun de ces ;/#" de commentateurs n'a pensé à me le faire remarquer :-) Faut tout faire soi-même sur ce blog !

L'honneur de Frédéric Mitterrand

L'honneur de Frédric Mitterrand

J'ai me bien Philippe Bilger, il garde de sa carrière de magistrat une certaine rectitude :

«J'ai lu "La mauvaise vie" et j'ai d'emblée perçu ce qu'il y avait de nauséeux à la fois dans le récit et dans l'accueil complaisant qui lui était fait. Les critiques littéraires littéralement énamourées - je pense notamment à celle de Jean-Paul Enthoven [un des multiples amants de la présidente de la république]- qui ont célébré ce livre m'ont paru plus, dans leur excès, saluer le sulfureux que le talentueux, le transgressif que la qualité de l'écriture. Parfaite illustration de ce "copinage" culturel et médiatique qui sans cesse diffuse ses méfaits en égarant les esprits et en dénaturant les goûts. J'avais été étonné alors par l'absence de la moindre voix discordante comme s'il fallait - j'insiste sur l'obligation - porter aux nues Frédéric Mitterrand. Il y a des devoirs que le snobisme impose et qui apparemment peuvent durer.

[...]

Je ne me fais aucune illusion. En dépit de Benoît Hamon, Marine Le Pen servira de repoussoir et Christine Boutin, qui désapprouve aussi, de prétexte. L'UMP, décidément méconnaissable et progressiste en diable, est venue en renfort du ministre. Cette controverse qui n'est pourtant pas dérisoire va s'éteindre, étouffée par cette philosophie ironique et compréhensive, marque de l'identité de notre temps, qui postule qu' il n'y a rien de grave, rien d'interdit et que le gouvernement de la France a le droit de mêler qui il veut en son sein puisque le Pouvoir peut tout. S'il fallait une preuve pour justifier ce pessimisme, il suffirait de voir à quel point les "grands" médias ont été discrets - sauf au journal de France 2 - sur cette affaire et comme le Net, une fois de plus, a été décisif. Marianne 2, notamment, a souligné cette grave carence et pallié les manques. Gérald Andrieu, en expliquant l'indulgence à l'égard de Frédéric Mitterrand par le fait qu'il est "un membre éminent de la caste des mondains parisiens", fait preuve d'une pertinence qu'on souhaiterait davantage partagée.»

mercredi, octobre 07, 2009

«Pour qu'il y ait un déficit, il faut qu'il y ait un prêteur»

Je ne suis pas toujours d'accord avec Paul Fabra, mais je n'ai pas un mot à ajouter ou à retrancher de cet article :

Culture du déficit

«Pour qu'il y ait un déficit, il faut qu'il y ait un prêteur». Souvenez vous de cette phrase : c'est autour d'elle que s'ordonneront réellement, peu importent les discours dont on les habillera, toutes les décisions des gouvernements français pour au moins les dix prochaines années ayant trait à la finance, à la fiscalité, aux assurances sociales et à l'Etat.

Ca n'est d'ailleurs pas nouveau : l'affreuse, la terrible, l'odieuse libéralisation des services financiers date en France du gouvernement Fabius (ne riez pas en pensant aux discours radicaux de 2009 du personnage) et trouve son origine dans l'impérieuse nécessité d'attirer des créanciers suite à la gabegie provoquée par les lendemains qui chantent (faux) de 1981.

C'est assez facile à comprendre : nos politiciens ont une soif inextinguible de pouvoir et l'Etat est l'instrument du défoulement de ce désir irrépressible. Il est donc hors de question, autrement qu'à la marge et cosmétiquement, de réduire la place de l'Etat dans la société et de changer son organisation dispendieuse, ce qu'on appelle son train de vie.

La seule question qui tracasse un politcien est donc : comment voler encore plus d'argent ? Bien sûr, on peut augmenter les impots, c'est facile, ça demande juste quelques efforts assez bénins de communication vis-à-vis de ces crétins de contribuables (voir l'épisode de la «taxe carbone»). Mais , tout de même, ces cochons finissent par ne plus en ramer une si on leur pique une part trop importante de leurs revenus et les impots ne rentrent pas si bien qu'ils devraient.

C'est pourquoi on complète par la dette. Il faut trouver des créanciers, qui eux, contrairement aux contribuables, ne sont pas prisonniers. Il faut donc les choyer, les cajoler, les séduire. On comprend que ça soit un métier à plein temps.

Deux chiffres pour vous donner une idée :

> en 2010, l'Etat français devra trouver des prêteurs pour 700 millions d'€ par jour. Il y a un danger réel pour la France que les pétro-monarchies arabes y prennent une place importante. Les discours immigrationnistes, chantant les louanges de l'invasion islamique de la France, cachent chez les moins naïfs la sordide arrière-pensée de voir fuir ces indispensables prêteurs.

> les étrangers détiennent 66 % de la dette publique française. L'impot sur le revenu couvre les intérêts de cette dette, c'est-à-dire 66 % de l'impot sur le revenu part à l'étranger sous forme d'intérets. Pensez y quand vous paierez vos impots sur le revenu : 66 % paient la retraite de l'intitutrice californienne ou de l'agriculter texan ou le jet du cheikh.

Des trois scénarios :

> hyper-inflation

> banqueroute

> stagnation à la japonaise,

le troisième est de loin le plus probable, et il peut durer très longtemps. Mais quand il s'écroulera parce que les prêteurs rechigneront (comme la pluie succède au beau temps, les prêteurs finissent toujours par se lasser), ça sera extrêmement brutal : plus on recule les ajustements, plus on gonfle la dette, plus la catastrophe est violente. Ca arrivera entre dans une semaine et dans quinze ans, je suis incapable d'être plus précis (vu la démographie -hé non, les «chances pour la France» ne paieront pas les retraites des Français- il est douteux que ça dure plus de quinze ans).

Le seul point positif de cet écroulement c'est qu'il mettra fin à l'Etat-providence et donc à l'invasion migratoire.

Fallait-il un statut du «beau-parent» ?

Un des traits de notre société est de soulever des problèmes qui n'en sont pas pour mieux s'éviter de résoudre les vrais problèmes.

Rappelons que la notion de vide juridique est une fadaise de journaliste en mal d'inspiration et de politicien voulant faire voter une loi à son nom.

La loi pose les principes, la justice les interprète en fonction des situations.

Fallait-il un statut du «beau-parent» (1)? Franchement, je n'en vois pas la nécessité. Un enfant n'a que deux parents, ils sont responsables de leur enfant. Je ne comprends pas quelle saine motivation peut justifier des bricolages juridiques autour de ce principe d'évidence.

La filiation a-t-elle changé récemment ? Peut-on faire des enfants à trois ? Non. Donc cette loi est inutile et probablement néfaste.

Par contre, il serait fort intéressant d'étudier le coût humain et financier pour la société de la décomposition des familles, je le soupçonne d'être énorme. Mais cette question ne sera pas posée.

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(1) : «beau-parent» entendu au sens moderne de relation sexuelle de la mère (du père) divorcé(e) ou séparé(e).

mardi, octobre 06, 2009

Pas d'argent contre l'école

Vous avez tous entendu parler de cette initiative ahurissante du gouvernement. Sous couvert de pragmatisme, un pragmatisme à bien courte vue, ignorant le bon sens et l'humain, il se propose de payer des élèves de lycée professionnel pour qu'ils viennent en cours.

Pas d'argent contre l'école

Un exemple déplorable et méprisable

C'est encore une occasion de constater à quel point l'absence de valeurs et de principes de ce gouvernement entraîne des décisions dommageables, et aussi ridicules.

Les profs qui manifestent ou qui font grève pour un oui ou pour un non ont une bonne occasion de faire grève pour des valeurs. Mais là, c'est moi qui suis ridicule.

Hors sujet, pour le plaisir :

Hulot, tu nous fatigues

Dilbert, raciste ?



J'aime beaucoup le «denial is proof», en français «le démenti est une preuve».

Comme le constatait Dalrymple, le racisme est une accusation contre laquelle on ne peut pas se défendre : soit on avoue et les accusateurs ont gagné, soit on proteste et ça prouve qu'on n'a pas la conscience tranquille et donc qu'au fond de soi, même inconsciemment, on est raciste.

Racisme entre «ouverts » et «divers»

Source fdesouche :

C’est par un email que les joueurs du Paris Foot Gay ont appris le 3 octobre dernier que leurs adversaires du jour refusaient de les affronter dans le cadre d’un match de championnat de foot loisir.

«Désolé mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot, encore une fois excusez-nous de vous avoir prévenu si tard», justifie le Créteil Bébel.

Le Paris Foot Gay – qui est aussi composé d’hétérosexuels – envisage de porter plainte pour homophobie. La Commission de Football Loisirs (CFL) a décidé de convoquer les responsables de Créteil Bébel pour s’expliquer sur leur attitude.


Evidemment, c'est une claque à l'idéologie de l'enrichissement par la diversitude. Ca m'a bien fait rire.

Addendum provenant du Figaro :

Pour le président de la Commission Football Loisirs, Jacques Stouvenel, la situation n'est «pas acceptable». «Le football n'a ni couleur, ni religion».

En voilà un qui n'a jamais vu un match France-Algérie !

Et ce qui est merveilleux, c'est que le président du club homophobe a parfaitement compris la rhétorique bisounours et retourne l'argument bien-pensant comme une crêpe dans le plus pur «respecte ma culture, ma religion, touche pas à mon pote» et, hop la tirade sur les Français de seconde zone. Grandiose !

Le président Zahir Belgharbi défend une décision qu'il a prise seul, et qui, reconnaît-il, suscite le débat dans son équipe. «On n'est pas homophobes. Chacun vit sa sexualité, sa religion …, comme il l'entend. Mais nous ne soutenons simplement pas la cause du PFG», explique-t-il au figaro.fr. «Je refuse que des considérations politiques pénètrent sur le terrain». «J'aurais très bien pu invoquer un manque de licences valides, ce qui était d'ailleurs le cas, mais j'ai préféré être franc ... Nous avons nos convictions (sur l'homosexualité, ndlr), n'a-t-on pas le droit de les affirmer ? Citant les débats récurrents sur le voile islamique, la construction de mosquées, il conclut : «Je constate souvent que nous ne sommes pas dans la même catégorie de Français, nous n'avons pas les mêmes droits».


Au fait, et moi qu'est-ce que j'en pense ? C'est simple. En bon libéral, je refuse toute police de la pensée. Chacun devrait avoir le droit de discriminer comme il l'entend, à la condition qu'il n'y ait pas d'atteinte aux personnes, à charge pour lui d'en assumer les conséquences.

Le club de football homophobe perdait le match sur forfait, ça me semble une peine suffisante, ça et la réputation de se défiler devant des pédés (ils n'auraient pas fini de se faire charrier dans les vestiaires). Pas la peine d'en faire une batteuse.

Et pan, on en profite pour remettre une couche de rééducation bien-pensante :

Paris Foot Gay souhaiterait la mise en place de modules de formation sur la discrimination à destination des éducateurs sportifs. Il entend également sensibiliser la Fédération française de football et la Ligue de football professionnel.

lundi, octobre 05, 2009

Hulot-Allègre : «Lorsqu'un charlatan et un scientifique débattent à la télévision, c'est le charlatan qui gagne»

«Lorsqu'un charlatan et un scientifique débattent à la télévision, c'est le charlatan qui gagne», ce n'est pas seulement un bon mot de l'ancien ministre Luc Ferry, c'est une vérité de notre monde moderne.

On peut définir la science comme l'apprivoisement du doute et de la complexité par une méthode rationnelle.

Or, rien ne passe plus mal à la télévision que le doute, le rationalité et la complexité. Ce qui marche dans les émissions de télévision, c'est l'affirmation, le sentiment et la simplicité ; pour une raison évidente : les spectateurs sont des veaux et les veaux sont barbés par tout ce qui demande de réfléchir, ils «zappent» dès qu'ils entrevoient le bout d'une oreille d'effort intellectuel.

Peu importe que, dans la vraie vie, vous soyez Albert Einstein ou Brigitte Bardot, vautré dans votre canapé devant le cyclope, vous avez toutes les chances, entre l'allumage de l'écran hypnotiseur et son extinction, de vous transformer en veau.

Alors, la complexité, le doute, la rationalité ... C'est d'un fatiguant, mais d'un fatiguant ...

Le scientifique qui entame un combat contre le charlartan dans ces conditions est un inconscient. Quand en plus s'y ajoute l'élément de religiosité millénariste flagellante propre à l'écologisme, le combat est carrément perdu d'avance.

A ce point de la réflexion, je me demande si Claude Allègre ne fait pas une erreur stratégique en acceptant de débattre, directement ou indirectement, avec Nicolas Hulot. Il le légitime dans un combat médiatique perdu d'avance. L'idéal serait de laisser le temps, à mesure que la bêtise des idées hulotiennes apparaîtra, faire son oeuvre.

Je suis partisan du mépris : exposer l'état de la science face aux lubies réchauffistes, sans attaquer nommément aux charlatans (le style «Mort aux cons» suscitant l'inévitable et désespérant «Vaste programme !»).

Malheureusement, il y a urgence : cet illuminé d'Hulot pourrait bien finir par persuader le gouvernement de prendre des décisions néfastes, c'est déjà en route.

Mais est-ce bien la peine de combattre la bêtise ? Y a-t-il une bonne action politique à en espérer ?

Un ami entrepreneur, fataliste, m'invitait à considérer que les impôts que nous payions disparaissaient dans un grand trou noir et qu'il était vain de se poser la question de leur bon ou de leur mauvais usage, de leur légitimité ou de leur illégitimité, que les lois et les règlements étaient des boulets mis à nos pieds par la fatalité et qu'il était également vain d'en discuter.

Bien entendu, ce fatalisme est l'expression d'un immense mépris de la politique et de ceux qui la font, car cela revient à estimer qu'il ne peut advenir de ces gens-là que des malheurs pour le peuple et qu'il faut s'y résigner.

Et alors ? N'est-ce pas mérité ? Je suis convaincu que si les politiciens, lors des trente-cinq dernières années, s'étaient simplement abstenus, sombrant dans une molle paresse, ne votant aucune loi, ne signant aucun décret, le pays se porterait mieux.

C'est pareil pour l'écologisme : que le gouvernement ne fasse plus rien, plus aucune loi, plus aucun décret, rien, et ça sera déjà beau.

Le même ... en texte

Vous l'avez apprécié en couleurs ? Le voici en texte.

Que peut faire l'Etat pour les PMEs ?

Les étatistes se grattent avec inquiétude la tête pour savoir comment aider les PMEs.

Ce n'est pourtant pas compliqué, nul besoin d'énarques pour comprendre (au contraire, fusiller les énarques pourrait être un bon début de la résolution de nos problèmes).

Il suffit de baisser les charges uniformément (pour supprimer les effets de seuil qui empêchent les PMEs de grossir), baisses de charges gagées sur une baisse des dépenses publiques (sans quoi l'Etat reprend d'une manière ou d'une autre ce qu'il a cédé sur les charges).

Mais en France, on doit être plus con que la moyenne : combien y a-t-il eu de plans d'aide aux PMEs depuis 1970, consistant à «injecter» de l'argent dans les PMEs (toujours cette sinistre folie injectrice™) tous sans aucun résultat probant ? Des dizaines ? Des centaines ? Et on continue pourtant les mêmes conneries.

Ecoutez au moins jusqu'à la 16ème minute (vous devinerez que je suis en opposition complète avec leurs commentaires sur Nicolas Hulot, je préfère de loin la remarque de Luc Ferry «Quand un charlatan et un scientifique débattent à la télévision, c'est le charlatan qui gagne») :

Les experts 5 octobre 2009

dimanche, octobre 04, 2009

Le petit Nicolas, symptôme de la France moisie

J'ai moi aussi été frappé par les critiques du film Le petit Nicolas, critiques non pas cinématographiques mais politiques.

On reproche à ce film de ne pas faire de propagande pour la diversité, le multiculturel et le laxisme éducatif (c'est la traduction de «ce film montre une France trop lisse»). Mais cette critique est un révisionnisme : la France des années 50 n'était ni muticulturelle ni laxiste.

Le même genre de critique avec été adressé à Amélie Poulain. Tout film qui montre laudativement la France traditionnelle est une infâme propagande fasciste.

Toujours cette soif totalitaire et dictatoriale des bien-pensants, qui sont même prêts à ré-écrire l'histoire pour promouvoir leurs thèses. Il appelle cela pédagogie (novlangue pour endoctrinement xénomaniaque)

Faut-il que nos élites gauchistes (le cinéma est pourri de gauchisme) détestent notre pays !

Le petit Nicolas, symptôme de la France moisie

Petite lueur d'espoir : le public se contrefout de l'avis des critiques. Je détecte dans cette appétence une nostalgie, indicible (car encourant l'accusation de moisissure), pour la France d'avant le cataclysme soixante-huitard.

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(1) : à l'inverse, tout film montrant le génie des banlieues est une graine de chef d'oeuvre.

samedi, octobre 03, 2009

Il n'y aura pas d'inflation pour combler les déficits publics

Certains, lâches et irresponsables, espèrent, pour résorber les déficits publics, l'inflation des prix à la consommation et des salaires, cette drogue que les Français ont tant aimée.

Cela n'arrivera pas, il n'y a pas de bouton pour déclencher l'inflation : les réserves de productivité dans notre monde ouvert sont telles que le prix des biens de consommation bougeront peu. La création monétaire excessive, si elle arrive (n'oublions plus que la France ne contrôle pas sa politique monétaire), ira gonfler les bulles spéculatives d'actifs (actions, immobilier, ...). Mais bien sûr, suis-je bête, les bulles spéculatives, c'est la faute des méchants traders.

Addendum : fort inquiétant : Good Morning Weekend du 3/10/2009

100 000

100 000 : c'est le nombre de fonctionnaires de la territoriale qu'il y aurait en moins si le taux d'absentéisme de la dite territoriale était à la moyenne de l'absentéisme du privé.

Salariés du privé, vous qui payez ce bordel avec vos efforts de productivité, on vous prend vraiment pour des pigeons. Mais vous le saviez, n'est-ce pas ?