jeudi, avril 18, 2019

L'incendie de Notre Dame à l'heure de Twitter et des blogs









Y en a, il ferait mieux de se taire, mais ils ne peuvent pas s'empêcher :

Frôlé seulement ? Il est gentil.











N'importe quoi

Emmanuel Macron :
« Nous rebâtirons Notre-Dame plus belle encore. »
Personne ne « rebâtira Notre-Dame », puisque l’essentiel du bâtiment est intact, comme les photos le montrent clairement. Et l’on voit là quelle était la suréminente excellence du travail des bâtisseurs de cathédrales.
Ce qui est à refaire, en dehors de quelques morceaux de voûte (notamment la croisée du transept), c’est le toit. Je ne doute pas que la charpente fût un chef-d’œuvre, mais comme personne ne pouvait la voir la perte est du domaine de l’imagination. Si quelqu’un veut voir une belle charpente qu’il vienne voir les halles du Faouët à côté de chez moi… Ou qu’on se souvienne que la charpente de la cathédrale de Reims est en béton, et celle de la cathédrale de Chartes métallique, ce que les visiteurs ne soupçonnent pas…
Quant à l’outrecuidance du « plus belle encore », non seulement elle montre la fatuité du personnage, mais c’est une insulte aux bâtisseurs. Une insulte à la chrétienté. En Allemagne et en Pologne, on a réellement reconstruit des églises. A Gdansk on a reconstruit la plus grande église de brique de la chrétienté, et à Varsovie la cathédrale. On les a reconstruites à l’identique. Personne n’aurait osé dire qu’il les reconstruirait « plus belles encore »…
Enfin un mot de cette immense clameur venant de gens qui se moquent éperdument de ce que représente une cathédrale. Nous sommes dans une société de sensiblerie et d’hypertrophie de l’émotion qui ne croit en rien et qui paraît attendre les catastrophes et les attentats avec avidité, une avidité attisée et cultivée par les médias. Comme un divertissement. Et l’on pleure à la commande, sur n’importe quoi. Sur des dizaines de morts comme sur un toit qui brûle. Nous sommes dans une société où c’est un droit de tuer tous les jours des enfants avant la naissance mais où c’est un drame épouvantable que la charpente de Notre-Dame brûle. De ce bâtiment qui est, comme l’ont immédiatement souligné les médias, un « haut lieu touristique ». C’est cela qui est terrible : voilà un haut lieu touristique qui va demeurer inaccessible un certain temps. Personne ne s’est ému des églises détruites en Irak, notamment à Mossoul où certaines sont plus vénérables que Notre-Dame de Paris, ou à Qaraqosh capitale de la petite Eglise syro-catholique. Beaucoup moins « touristiques ». Mais des vraies églises de la chrétienté d’aujourd’hui. Reconstruites par des chrétiens qui savent ce qu’est une vraie catastrophe.

Popeye (Guest):

"...laisser la gestion de la reconstruction à une fondation gérée par la Fondation de France, en exclure autant que faire se peut l'Etat et ses grosses pattes velues. ..."
Oh que oui!!!!
Jetez un oeil au billet de H16 du jour.
j'ai laissé ce commentaire chez Yves Daoudal (billet "n'importe quoi" à propos du "nous rebâtirons" de ce ... de Macron
"Je tique sur le "nous" : en tant que catholique, je n'ai pas besoin de Macron pour contribuer à la reconstruction de Notre-Dame.
Pour le dire plus directement : je n'ai aucune confiance en lui pour qu'il décide quoi que ce soit dans le reconstruction.
L'état républicain a déjà spolié deux fois les biens de l'Eglise. En termes d'honnêteté, le "track record" n'est pas en sa faveur.
Macron et sa clique surfent sur la légitime émotion de nombre de parisiens et de français, amplifiée et modifiée par les media.
Ils n'ont aucune volonté de reconstruire un sanctuaire digne : il veulent au plus vite se donner une posture de bâtisseur et remettre en service au plus cheap (et si possible en atténuant voire faisant disparaître la dimension catholique) un musée drainant 14 millions de touristes.
S'il doit y avoir un concours d'architecte, le décideur au final devra être ès-qualité l'archevêque de Paris, point barre.
L'état peut participer au financement s'il veut-t, ce ne sera(it) pas à lui de décider de comment la cathédrale doit être reconstruite."
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Cette cathédrale vieille de plusieurs siècles a pu survivre à des guerres, des épidémies, des famines, des grandes inondations, et même aux nazis !!
Cette cathédrale a survécu à tout, sauf à notre génération.
Cette génération de nihilistes, d’individualistes, de consommateurs, de « technophiles».
Pas un i-pad, un i-phone ou une console de jeux pour sauver la cathédrale, mais des millions pour immortaliser impuissants le moment.
Nous avons toutes les technologies, nous n’en avons jamais eu autant, mais nous sommes, au mieux, infichu de ne pas mettre le feu à nos bâtiments quand on y fait des travaux.
A tous les niveaux, parce que tout se vaut, qu’il ne faut plus ni punir, ni noter, parce qu’il faut être égalitariste en tout et pour chacun, il n’y a plus d’exigence, de recherche d’ambition et d’excellence.
Les générations actuelles cachent leur médiocrité dans l’orgueil et l’arrogance du politiquement correct étouffant.
Les pertes de savoir-faire sont multiples et généralisées. Nous ne savons plus construire de centrales nucléaires. Nous saurons encore moins les démanteler.
Vous découvrirez effaré, que nous n’avons évidemment presque plus de tailleurs de pierres.
Vous découvrirez effaré, que nous n’avons plus assez de chênes pour refaire une seule grande charpente, ce qui est logique, vu que c’est les Chinois qui achètent tous nos chênes (comme nos terres agricoles). Il faut dire que nous sommes gouvernés par des glands.
Nous sommes en réalité incapables de faire aujourd’hui ce qu’ont fait ceux qui construisaient les cathédrales il y a plus de 850 ans…
Nous sommes incapables de prendre soin de ce que nous avons reçu en héritage.
Ils étaient des bâtisseurs, nous sommes des pilleurs, les fossoyeurs.
Nous détruisons tout.
De l’environnement à notre patrimoine, de notre culture à notre langue, de nos institutions à nos écoles, tout.
Nous détruisons consciencieusement tout ce qui architecturait notre pays et le faisait tenir debout.
Nous pillons tout et laissons tout le monde piller.
C’est un grand saccage.
Ceux qui ont sauvé Notre-Dame sont 400 gueux appelés sapeur-pompier et gagnants moins de 2000 euros par mois et qui subissent les restrictions budgétaires parce que nous avons « trop » de fonctionnaires, et que partout en France les pompiers coûtent trop chers.
Les nations sont vendues par les riches, et sauvées par les gueux.
Ce n’est pas uniquement Notre-Dame qu’il faut reconstruire, c’est l’ensemble de notre pays et de notre nation.
Comme toute œuvre d’ampleur, une telle reconstruction ne peut être que collective.
Comme toute œuvre collective elle n’a comme objectif que le bien commun.
L’incendie de Notre-Dame, est un symbole. Une allégorie, presque un message.
Réparons notre pays tant que nous le pouvons encore.
Après il sera trop tard.
Pourquoi ?
Parce que pour réparer, pour construire, il faut des savoir-faire, des connaissances, des compétences. En dessous d’une certaine perte de savoir, il est trop tard. La perte est irrémédiable et il est impossible de pouvoir former en nombre suffisant faute de professeurs, d’enseignants, de maîtres.
Nous sommes exactement à ce point de bascule.
C’est à nous de savoir quel chemin nous prenons.
Celui de l’ambition collective, du travail, et de la reconstruction de la nation, ou alors celui de la déliquescence totale pour être fusionner dans ce grand ensemble européen et mondialiste sans aucun sens où l’on ne veut pas de gens brillants mais des crétins décérébrés pour en faire des consommateurs sans cervelle.
Dieu ne nous demande pas tant de construire de somptueux édifices que de bâtir notre temple intérieur.
Tout le reste n’est que vanité, et la vanité termine toujours en drames et en cendres.
Puisse la reconstruction de notre cathédrale servir de symbole pour une reconstruction bien plus importante qui est celle de notre nation.
Il est venu le temps des cathédrales.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !











mercredi, avril 17, 2019

Incendie de Notre-Dame : décadence, nous y sommes.





Effondrement du goût

On ne parlera plus, pas un mot, des fidèles de la cathédrale, d’un sanctuaire incendié en plein milieu de la veillée pascale… Cela n’est pas de bon ton. Un «fidèle» est aujourd’hui un être plus étrange qu’un Bantou, qu’un Taupinambou au temps de Voltaire. D’ailleurs, on n’en voit plus. On parlera des «touristes», par centaines de milliers, par millions, déçus de trouver porte close, auxquels le ministère de la Culture - et non des cultes - devra porter par conséquent assistance.
On sait tout cela. Mais a-t-on jamais imaginé que cet effondrement du goût, cette voyoucratie des plaisirs, son laisser-aller dans une langue devenue un désastre, est de ces phénomènes profonds, lents, qui sont dans une société ceux des désastres, désastres d’un pays , d’une patrie, d’une nation, d’une langue, d’une culture - auxquels seul le feu, allumé par le hasard malheureux ou bien par une intention maligne, célébrant la puissance vindicatrice des dieux, alimenté, nourri par tous les déchets d’une modernité agonisante et les humeurs des intestins, mettra fin ? Nous y sommes.
* De l’Académie française. Ancien conservateur général du patrimoine. Ancien directeur du Musée Picasso. Dernier ouvrage paru: La Part de l’ange. Journal 2012-2015 (Gallimard, 2016).
Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 17/04/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici




Incendie de Notre Dame : les salauds de sépulcres mal blanchis

Autant je me réjouis de la mobilisation des Français de France pour Notre Dame, autant la générosité ostentatoire des requins dont on peut douter qu'ils soient réellement français m'indispose, pour dire le moins.

Rappelons deux méfaits de ces gens qui font système et ne sont pas sans rapport avec l'incendie de Notre Dame :

1) Pendant que les églises de France crient misère pour leur entretien, ces gens là préfèrent financer des plugs anals (anaux ?) et des chiens en plastique :



Et ce n'est pas fini :


2) Ils sont les profiteurs et les promoteurs d'un système qui fait de la destruction des nations, des cultures et des patrimoines son arme principale.









Je ne suis visiblement pas le seul que ça gratte :

Edouard Husson : Je trouve pathétique la tentative des dirigeants pour s’emparer d’un événement qui dit d’abord la démission de leur volonté, depuis des décennies. Je comprends qu’ils aient peur de devenir la cible de questionnements courroucés. Mais ce qu’on attend est un mea culpa pour des budgets de la culture et du patrimoine réduits à la portion congrue. Il faut savoir aussi que les équipes de la cathédrale, à commencer par l’actuel recteur, qui a énormément fait pour la réorganisation efficace des services, se sont heurtés à une faible appétence pour le mécénat dans la catégorie de ceux qui, aujourd’hui, une fois la catastrophe arrivée, aiment que l’on proclame combien de zéros comporte leur chèque. Dans leur grand aveuglement, consistant à vouloir tout financer un petit peu, l’Etat et la Ville ont émis cette règle absurde d’un euro privé à trouver pour chaque euro public en vue de la restauration de la cathédrale. Comme si la restauration d’un bâtiment qui porte l’âme de la France relevait de la comptabilité d’un partenariat public/privé. De même qu’ils ont été incapables de voir venir la catastrophe matérielle, nos dirigeants sont surpris par l’ampleur de la réaction populaire et par l’écho international de la catastrophe. En écoutant hier soir ou ce soir le président de la République, j’avais dans l’oreille sa déclaration de campagne sur le fait qu’il n’y a pas de « culture française ». Je veux bien que l’on change d’avis, pour le meilleur. Cependant je pense que ce qui va plutôt s’imposer c’est l’étrange correspondance entre le monument privé de toiture et dévasté à l’intérieur, d’une part, et, d’autre part, la population appauvrie, craignant pour ses fins de mois, incapable de dépenser ce qu’il faut pour assurer un avenir décent. La culture, le patrimoine, la langue, c’est tout ce que possèdent les pauvres, ceux qui vivent de peu, ceux qui ne gagnent pas assez pour épargner. Je ne peux pas m’empêcher de mettre en parallèle ces Gilets Jaunes éborgnés, mutilés, meurtris et notre cathédrale ravagée par le feu. 


Edouard Husson : Lorsque Valéry Giscard d’Estaing avait déclaré, dans les années 1970, que la France ne serait plus désormais qu’une puissance moyenne parce qu’elle pèserait démographiquement très peu, il montrait la voie à tous ceux qui veulent réduire la France à des statistiques et de la technocratie. François Mitterrand avait bien compris qu’il fallait être un peu plus subtil que son prédécesseur et donc il s’adonna à la construction. Mais ce fut largement pour emprisonner symboliquement  les Français dans des lieux signifiant le despotisme: une pyramide, un arc de triomphe - à l’opposé de l’architecture ouverte vers le ciel de nos cathédrales. La pyramide est un lieu funéraire alors que nous avons besoin de lieux où l’on célèbre la beauté de la création, la vie plus forte que la mort, la possibilité de sortir de la souffrance, d’échapper aux limites de la condition terrestre. Le président suivant, Jacques Chirac crut, lui, qu’il suffisait d’une coupe du monde de football gagnée pour nourrir l’âme du pays. C’est le même homme qui, un jour, à Rome, déclara à l’un de ses collaborateurs, que « toutes ces pierres » l’écrasaient, l’oppressaient. Avec son musée des Arts Premiers, il a clairement dit qu’il n’aimait pas la beauté ni la puissance de notre civilisation. C’est le même homme qui a supprimé le service militaire, comme si les Français ne devaient plus jamais être amenés à se battre pour défendre leur patrie ou une grande cause. Nicolas Sarkozy, lui, était plus tiraillé: les discours d’Henri Guaino, évoquant l’âme de la France, étaient-ils en mesure de peser face à la dictature de la communication et de la technocratie monétaire.
 
Alors, évidemment, nous pouvons faire le pari que la France va, de plus en plus réaffirmer la grandeur de la politique et même, redécouvrir ce que Péguy appelait la mystique en politique. Je pense que l’événement de Notre-Dame est un déclencheur - au même titre, toutes choses égales par ailleurs, que le 11 septembre 2001 pour les Américains. 

Alors, comment remettre de l'ordre dans cette indécente escalade ostentatoire entre canailles ploutocrates ?

Très simple : limiter les dons à un chiffre bas, genre 30 000 € par personne (3, comme la trinité) et laisser la gestion de la reconstruction à une fondation gérée par la Fondation de France, en exclure autant que faire se peut l'Etat et ses grosses pattes velues.

Cette restauration serait alors vraiment celle des Français.


Incendie de Notre Dame : l'hypothèse criminelle

Nous savons que les services officiels, en qui je n'ai aucune confiance (ou plutôt si : j'ai une grande confiance dans leur capacité à mentir et à aller dans un sens qui arrange le pouvoir. Faire l'historique de la perte de confiance dans la police et dans la justice est une autre histoire) ne trouveront pas ce qu'ils font bien attention de ne pas chercher.

Mais les Français ont conscience que l'hypothèse criminelle ne peut être aisément écartée. Comme dit notre commentateur P. Jaunet, un barbu, c'est un barbu. Trois barbus, c'est des barbouzes. Après Lavaur, Saint Sulpice et Saint Denis (et bien d'autres), l'hypothèse criminelle est au minimum à égalité avec l'hypothèse accidentelle.

Maintenant, est-ce que je peux m'avancer plus ? Non. Les incendies accidentels de vieilles charpentes, ça arrive aussi.

Nous n'aurons probablement aucune certitude (sauf revendication) mais une hypothèse la plus vraisemblable cernée de questions, comme pour l'assassinat de Kennedy. Si je suis plus que sceptique concernant les services officiels, nous finirons cependant par avoir beaucoup d'éléments disponibles, peut-être trop, il s'agira ensuite pour chacun de faire le tri, et ce n'est pas gagné (voir Marion Cotillard et le 11 septembre).

En ces affaires, j'utilise volontiers le rasoir d'Ockham : je me raccroche à l'hypothèse la moins alambiquée. C'est pourquoi, par exemple, je crois à un Oswald solitaire (mais manipulé) ou à la thèse officielle pour le 11 septembre.





De la signification de l'événement :
















Addendum : l’orentation des médias dans le sens exclusif de la thèse de l’accident est ridicule. Tout le monde pense à la thèse du sacrilège volontaire, la taire ne fait que renforcer le complotisme.

mardi, avril 16, 2019

Et spes nostra, salve.

Je me demande souvent :« Si les Français ne sont pas chrétiens, que sont-ils ? ».

Je réponds de plus en plus souvent : « Rien. Si les Français ne sont pas chrétiens, ils ne sont rien ».

Bien sûr, individuellement, il y a des Français tout à fait légitimes qui ne sont pas chrétiens.

Je ne vous parle pas d'individus, mais de peuple. Si le peuple français n'est pas composé à 80 % de chrétiens (j'aime bien les 80/20 de Pareto), est-ce encore le peuple français ?

Quand il reste en France 5 % de chrétiens pratiquants, probablement moins que de musulmans pratiquants, peut-on dire que la France existe encore ? Ou n'y a-t-il plus qu'une entité administrative sur le territoire de ce qui fut jadis la France ?

Il se trouve que je lis le remarquable La révolution française ou les prodiges du sacrilège, de Jean Dumont.



C'est pourquoi l'incendie de Notre Dame me frappe tant : si ce n'est pas un châtiment divin (les voies du Seigneur sont impénétrables et ce n'est pas mon genre de faire le ventriloque pour Lui), c'est vachement bien imité.




Cela ne signifie d'ailleurs pas que la France est morte. Elle est seulement en dormition.

Pour une raison très simple, très primaire : les athées ne font pas assez d'enfants pour renouveler les générations. Rémi Brague dit que si l'on ne pense pas que la vie est intrinsèquement bonne car donnée par Dieu (ou par des dieux, des divinités ou équivalent), on ne se donne pas la peine de la donner (bon, d'accord la répétition du mot « don » est lourde, mais c'est pour que ça rentre).

On risque en France le face à face entre les religieux de divers bords, comme en Israël. Dans ce cas, les prolongeurs de courbes donnent la victoire aux musulmans, mais, heureusement, l'histoire est plus agitée et plus incertaine que cela.

La somme de toutes nos fautes

Qu’il soit accidentel ou criminel (à plus forte raison, bien sûr, dans ce dernier cas), l’incendie de Notre Dame m’apparait comme la somme de toutes nos fautes.

Depuis des décennies, nous nous montrons infidèles, impies, négligents, futiles et jouisseurs. Nous prétendons ne rien devoir hériter et ne rien devoir transmettre, ne rien devoir assumer de ce que nous sommes. Le destin commence à nous présenter l’addition depuis Charlie et ce n’est que le début.

Bien sûr, les esprits forts me rétorqueront que ce n’est qu’un événement matériel qui avait une certaine probabilité et que le mauvais numéro est malheureusement sorti. Mais c’est oublier un peu vite Montesquieu. Les fragilités ne sortent pas de nulle part, elles sont construites par les décisions qu’on a prises et qu’on prend encore.

Telle bataille perdue apparaît contingente, mais on avait accumulé assez de fragilités pour qu’une bataille perdue devienne très probable. Si une cathédrale n’avait pas brûlé à Paris, une autre aurait brûlé à Marseille.

J’ai bon espoir que Notre Dame soit reconstruite mais rien ne nous lavera de la honte que ce fût à notre époque et non à une autre que l’incendie a pris.

Notre Dame de Paris : la France brûle.


Notre-Dame : la nausée et la colère

Notre-Dame : la nausée et la colère

Les bonnes questions de Serge Federbusch.

Hélas, je crois qu'elles seront éludées : les medias vont temporiser en focalisant leur attention sur des anecdotes, puis on passera petit à petit, en deux jours, à autre chose et, hop, le tour sera joué. On a déjà vu ce numéro mille fois. Ils savent faire.

lundi, avril 15, 2019

Un goût de cendre




Voici un SMS que j'ai envoyé, allusion évidemment à la restauration qui était en cours :



Bref, notre époque.

Incendie à Notre Dame de Paris



Ca devient franchement pénible, la destruction de notre patrimoine, que les causes soient accidentelles ou volontaires.

Notre Dame a survécu aux guerres, aux invasions et aux révolutions.

Elle est mise en danger par notre époque. Ce petit fait nous juge.

Il s'avance beaucoup en attribuant une origine criminel à l'incendie de Notre Dame, mais cela ne change rien au fond, aux centaines de profanations annuelles d'églises.

Dissonance cognitive : quoi que c'est-il ? 4 exemples.

Le J'accuse de Charles Gave

C'est très important car les journalistes sont les nouveaux inquisiteurs.






Tout le monde se souvient de l’article dans l’Aurore où Zola prenait la défense de capitaine Dreyfus. L’idée centrale de l’article était que la Justice était supérieure à tout et que rien ne pouvait justifier qu’un homme soit déshonoré, avili, et maintenu en prison alors qu’il était innocent.
Eh bien, je soutiens qu’aujourd’hui nous avons des milliers de Dreyfus un peu partout dans le monde, dont la vie et la carrière furent brisées comme le furent celle du capitaine Dreyfus, que les coupables sont des journalistes, et que cela se passe sans qu’il y ait eu le moindre procès. Et les victimes ne peuvent même pas faire appel.
Pour mieux expliquer ce que je veux dire, revenons en arrière.
La civilisation Judéo- Chrétienne a ceci d’admirable que la frontière entre le mal et le bien passe àl’intérieur de chacun d’entre nous et non pas en dehors.
Cela nous est expliqué dès les premières lignes de la Bible : après avoir mangé la pomme de la connaissance, Adam et Eve se virent nus, c’est-à-dire fragiles et mortels. Mais en comprenant ce qui pouvait leur faire du mal à eux, ils comprirent instantanément aussi comment faire du mal aux autres. De la prise de conscience que nous sommes mortels et vulnérables est donc née l’idée que nous pouvons tuer les autres ou leur faire du mal.  Et c’est à cet exact moment que le serpent, le Malin, entre dans l’histoire du monde, à l’instant même où nous sommes devenus conscients de notre propre vulnérabilité. Cette idée, que je trouve très forte, n’est pas de moi mais de Jordan Peterson. Et elle implique que chacun d’entre nous peut être en même temps ou à tour de rôle un salaud ou un saint, un héros ou un couard…
Et le Christ de nous dire « ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé », ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas condamner, mais qu’en aucun cas il ne faut juger que l’autre est mauvais dans son essence. Un homme peut être coupable, et donc soumis au châtiment, mais jamais il ne peut être totalement mauvais. Le péché est haïssable, le pécheur jamais.
C’est ce qu’avait compris de Gaulle quand le Père Bruckberger vint lui demander la grâce de Joseph Darnand, immense héros de la guerre de quatorze et chef de la milice. Il répondit à Bruck, après avoir refusé de commuer la peine, « Dites-lui en tout cas que je suis obligé de le faire fusiller par raison d’État, mais que de soldat à soldat, je lui garde toute mon estime. » Darnand était condamné, mais pas jugé, le jugement n’appartient qu’à Dieu.
Sur cette base, où des condamnations ont lieu mais où personne ne prononce un jugement sur l’essence de chaque individu, on peut construire une société véritablement humaine car le pardon, le repentir et la miséricorde y sont possibles.
Mais la dérive de nos sociétés aujourd’hui amène exactement à l’inverse : les crimes ne sont plus condamnés tandis que des jugements condamnant des individus sont portés au motif que ces personnes seraient fondamentalement mauvaises, tout simplement parce qu’elles ne sont pas d’accord avec ceux qui s’autorisent à juger leurs contemporains. Et ceux qui ostracisent leurs contemporains sont presque toujours des journalistes, qui se sont arrogés le pouvoir divin de juger de l’essence de chaque individu sans même que la faute ait été prouvée.
Et donc, aujourd’hui, des milliers d’hommes et de femmes ont été déshonorés, mais non condamnés, ce qui est bien pire que ce qui est arrivé à Dreyfus car, dans le monde dans lequel nous vivons, il n’y a ni appel, ni pardon, ni miséricorde, ni même nécessité de prouver le crime : l’homme qui a perdu son honneur ne peut le récupérer.
J’ACCUSE donc la classe médiatique d’avoir créée un monde inhumain et donc totalitaire en se transformant de fournisseur d’informations en ayatollahs.Dans ma jeunesse, le journaliste dans une première partie du journal ou de son article vous présentait les faits tels qu’ils avaient pu être établis, et dans une deuxième partie vous donnait son interprétation de ces faits et c’était très bien ainsi. Et donc la première étape était la collecte de l’information, la deuxième la mise en place du raisonnement du journaliste, sous tendu par les faits, que le lecteur pouvait consulter librement et la troisième, qui ne concernait que le lecteur, la formation d’une opinion que chacun pouvait effectuer librement.
Aujourd’hui, des procureurs que personne ne contrôle passent des jugements sans appel sans même que tous les faits aient été connus, et ces jugements sont toujours fondés sur l’argument d’autorité qui cherche à nous faire croire que le journaliste sait mieux que nous et que donc nous devons y souscrire.
Le résultat final est, qu’en tant que lecteur, je n’ai plus accès aux faits et donc je n’ai plus la possibilité de me former mon opinion librement. Je dois hurler avec les loups.
On est passé en cinquante ans du trois étoiles au McDonald et l’on m’explique qu’il s’agit d’un progrès.
Et cette chute est le résultat de la déchristianisation de nos sociétés. Car, comme nous le savons tous, depuis un siècle, notre monde s’est déchristianisé à toute allure, et il s’est passé ce que Chesterton avait prévu lorsqu’il écrivait « Quand les hommes ne croiront plus en Dieu, cela ne voudra pas dire qu’ils ne croient plus en rien, cela voudra dire qu’ils croiront n’importe quoi »
Nous y sommes et les journalistes qui ne croient plus ni à Dieu ni à Diable se sont mis à croire n’importe quoi et en particulier qu’eux ils étaient bons et que leur tâche était de lutter contre le mal.
Ce qui revient à dire que la ligne entre le bien et le mal ne passe plus à l’intérieur de chacun d’entre eux (puisqu’ils sont bons) et que leur seul et unique devoir est de débusquer les défenseurs du Mal. Nous sommes passés d’un monde objectif à un autre, fondé sur la subjectivité de ceux qui ont le droit de s’exprimer. Nous sommes passés de la Démocratie à la théocratie ou les prêtres nous informent de ce que nous devons penser. En fait, nous sommes retombés dans le manichéisme le plus pur, d’un côté les bons, de l’autre les mauvais et c’est toujours à ce moment que commence le totalitarisme puisque les mauvais doivent être détruits.
Et donc, dès que des informations extraordinairement partielles, partiales ou incomplètes semblent justifier leurs préjugés, ces nouveaux chiens de garde attaquent en meute, non pas pour essayer de comprendre ce que celui qu’il faut bien appeler une victime a pu vouloir dire, mais pour le détruire.
Et pour détruire celui qui pense mal, ils utilisent deux armes, toutes les deux létales dans le monde des idées :
  • Ils tournent en ridicule le peuple, qui pense rarement comme eux, en les traitant de « beauf » incultes et grossiers. C’est le traitement qu’ils font subir aux gilets jaunes en France, qui correspond aussi à l’appellation de « déplorables » dont madame Clinton avait affublé les électeurs de Trump et au nom « little englander », donné en Grande-Bretagne au partisan du Brexit.
  • Pour les plus dangereux de ceux qui ne partagent pas leurs idées car ils savent s’exprimer par eux-mêmes et qui auraient émergé grâce à leurs propres talents, ils pratiquent l’excommunication, sans retour en grâce possible. Ces pauvres individus, accusés de racisme, de fascisme, d’islamophobie ou de tout autre péché mortel n’ont comme solution que de se suicider intellectuellement et de cesser de produire quoi que ce soit car ils ne seront plus jamais invités à aucun débat, leur carrière universitaire sera brisée et leurs livres ne bénéficieront jamais de la moindre recension.
Tourner en ridicule le Peuple, excommunier les opposants à la pensée unique en se servant du monopole sur les media officiels qu’ils se sont créés avec l’aide des puissances d’argent, tels sont les deux outils que ces « journalistes » utilisent pour assécher les maigres oasis qui essaient de continuer à exister ici ou là et pour survivre dans le désert intellectuel dans lequel nous vivons.
J’ACCUSE donc les journalistes payés par les media officiels d’être devenu le bras séculier de la pensée unique, à qui l’on livre les criminels pour qu’ils soient condamnés et exécutés sur la place publique. Ils sont devenus le sous-officier qui a brisé l’épée de Dreyfus et arraché ses galons.
Mais ce n’est pas tout : J’ACCUSE aussi certains journalistes d’avoir pris pour exemple le Colonel Henry qui fabriqua les fausses pièces à conviction qui accablèrent le pauvre capitaine Dreyfus. Car beaucoup d’entre eux, non contents de déshonorer ceux qui ne peuvent répondre, vont jusqu’à fabriquer de fausses « preuves » ou à utiliser des preuves » dont ils savent qu’elles sont fausses ou incomplètes.
Et pour ajouter à leurs crimes, J’ACCUSE enfin bon nombre de journalistes d’être des Esterhazy qui tout en connaissant le vrai coupable, hurlent à la mort pour faire condamner un innocent.
Que le lecteur me permette de donner deux exemples de ces pratiques abominables, l’un immense, l’autre minuscule et qui tous deux viennent de se produire.
Depuis près de trois ans, la classe journalistique dans son immense majorité nous a certifié que le Président des Etats-Unis était arrivé au pouvoir avec l’aide de monsieur Poutine.
Et tout l’arsenal qui avait servi à faire condamner Dreyfus y est passé.
  • Fabrication de fausses preuves et utilisation de ces fausses preuves pour faire espionner le Président et son entourage.
  • Fuites « anonymes » vers des media complices, appuyées sur ces fausses preuves, tendant toutes à prouver la culpabilité du Président.
  • Campagnes de presses reprenant des éléments dont tous les journalistes savaient qu’ils étaient faux, en partant du principe que la fin justifie les moyens et que, comme le Président était une ordure, mentir et tricher étaient non seulement permis mais recommandable, ce qui est une monstruosité. Car chaque homme est responsable des moyens qu’il a utilisé sans considération aucune des fins qu’il poursuivait, et dire ou recommander le contraire, c’est encore une fois la voie ouverte au totalitarisme.
  • Protection des vrais coupables, c’est-à-dire les équipes de madame Clinton et madame Clinton elle-même, à qui rien ne fut jamais reproché…
  • Utilisation de la justice pour essayer de forcer certains proches du Président qui avaient commis quelques peccadilles à charger le Président en contrepartie d’un allègement de leur peine.
Tous les composants de l’affaire Dreyfus sont là, et l’on retrouve les mêmes personnages sous des noms différents, Esterhazy (Steele, l’espion britannique), le Colonel Henry (Comey, le patron du FBI), le général Picquart (le ministre de la Justice Barr) etc… mais le combat est à front renversé : cette fois ci, les salauds sont tous à gauche et les honnêtes gens à droite. Mais qu’est que la gauche aujourd’hui puisqu’elle hait le peuple ?
L’opinion publique a plutôt soutenu Trump comme elle avait soutenu Dreyfus tandis que quelques media (Fox, Breitbart) reprirent le rôle de Zola et de l’Aurore et défendirent le Président, mais la majorité de la presse « institutionnelle », y compris la presse française, a endossé sans état d’âme le rôle qu’avait choisi l’Action Française de Charles Maurras.
Mais nous savons maintenant, grâce au rapport Mueller et au nouveau ministre de la Justice monsieur Barr, que le Président est innocent et que les foudres de la Loi vont tomber-enfin- et sur les vrais coupables et sur ceux dans les media qui ont été complices de la première tentative de coup d’état dans l’histoire des USA. La vérité l’emportera toujours sur le mensonge disait Jean-Paul II
Venons-en au minuscule exemple.
Un transsexuel est attaqué à Paris et la presse se déchaine immédiatement contre l’homophobie de la population française et cela sans même connaitre les coupables. Je suis moi -même très affecté puisque mon jeune frère était homosexuel et qu’il est mort du sida au début des années 90, ce qui acheva de tuer ma mère après perdu mon père aussi d’une longue maladie. Voilà qui réveilla chez moi des souvenirs très douloureux.
Les coupables sont trouvés, et ils sont musulmans.
En une journée, l’information sort de tous les journaux, tant tous nos héros du bien ont peur de pratiquer le fameux amalgame.  Et pourtant, dans ce cas-là, ils devraient défendre les homosexuels, car il y a 17 pays au monde qui pratiquent la peine de mort pour homosexualité et ils sont tous musulmans. Les musulmans qui ont attaqué la victime n’ont fait que ce que le Coran leur enjoint de faire. Dénoncer l’homophobie présente partout dans le Coran devrait être un devoir sacré pour tous les défenseurs du bien. Hélas, défendre les homosexuels ne rapporte rien, mais dire du mal du Coran ou du prophète peut couter cher comme l’a montré l’exemple de Charlie Hebdo.  Certes, « Nous sommes tous Charlie », mais pas au point de les accompagner au cimetière.  Et donc, non seulement beaucoup de ces journalistes ont menti en accusant sans preuve aucune la population française mais dès qu’ils ont su la vérité, ils ont couru se cacher… On songe aux allemands qui pendant la guerre n’ont jamais vu passer les trains…   Ils sont comme les chacals, agressifs en groupe, mais lâches individuellement.
Que faire ? va me dire le lecteur… La solution est toute simple et existe en Grande-Bretagne. Les journalistes peuvent tout dire, tout écrire mais si ce qu’ils ont dit ou écrit est faux et diffamatoires, alors les tribunaux condamnent et le journaliste et son media sont littéralement ruinés par les dommages et intérêts payés à la victime. Cela n’empêche en rien la liberté de la presse, qui est sacrée, mais cela empêche assez efficacement les journalistes de détruire des vies et des carrières sans aucune preuve et sans que ces forfaits aient le moindre effet sur eux.
Voilà une réforme qui, pour une fois, serait utile.











Et un direct du droit à la langue de buis


Le cardinal Müller

Sur ceux qui critiquent le texte de Benoît XVI (ils osent parler de « misère intellectuelle »…) :
Ils parlent de renouveau et de réforme de l’Eglise, mais n’ont en tête que l’adaptation à leur propre état de décadence. Il est impensable que ceux qui possèdent ne serait-ce qu’une étincelle d’amour chrétien, se laissent entraîner par ce genre de pamphlet grossier. En effet, comment l’amour peut-il encore structurer la foi dans un contexte où la foi au Dieu de la Révélation en Jésus-Christ a été abandonnée ou bien lorsque ne subsistent que quelques éléments de cette foi pour tenter de justifier une vision du monde autoréférentielle.
Il est scandaleux de voir que des évêques catholiques financent, en détournant les fonds propres de l’Eglise, des organismes qui soutiennent ouvertement des positions incompatibles avec l’enseignement catholique sur la foi et la morale. Je sais, bien sûr, que les évêques concernés voient les choses autrement, parce qu’ils définissent selon leur bon plaisir ce qui est catholique et ce qui ne l’est pas. Leur vision du monde repose sur la distinction un peu primitive entre progressisme et conservatisme. Ce qui relève de la foi catholique telle qu’elle a été formulée jusqu’ici est ainsi qualifié de « conservatisme » et seule leur vision « progressiste » serait l’avenir de l’Eglise, comme dans ces autres contrées anciennement catholiques et dévastées par de semblables idéologies.
En conséquence, il s’agit pour eux de mettre hors-jeu, ou du moins de museler, ces catholiques catalogués « conservateurs » qui restent fidèles à la Sainte Ecriture, à la Tradition Apostolique et au Magistère. Et dans ce but, tous les moyens sont bons, jusqu’à calomnier et déshonorer. Car est permis tout ce qui sert son intérêt propre qui est, bien sûr, identifié au bien commun. C’est de cette façon qu’a été traité aussi mon « Manifeste pour la foi » : comme un ensemble de demi-vérités, un choix d’idées subjectives, éloignées de la Sainte Ecriture, des propos sortis de leur contexte… comme si la Trinité, l’Incarnation, la sainteté de l’Eglise, la divine Liturgie, l’unité de la foi et de la morale, le jugement dernier et la vie éternelle, n’étaient pas, dans la « hiérarchie des vérités » (d’après le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II au n°11), le « fondement de la foi ».
L’infâme refus de Dieu qui s’expose ainsi est à son comble lorsqu’on se sert du crime et du péché mortel constitués par l’abus sexuel de jeunes mineurs pour couvrir la bénédiction des actes homosexuels entre adultes, pour ridiculiser le célibat des prêtres et les vœux des religieux et banaliser les péchés contre l’indissolubilité du mariage.
(Kath.net traduction Pro Liturgia)