samedi, mai 12, 2012

La rééducation de la droite fière d'être de gauche, première leçon : les mots

Comme vous le savez, il y a une droite fière d'être de gauche (les Juppé, Borloo, NKM, Bertrand, Pécresse, Jouanno, etc.). C'est la droite salope. Salope : quand un degauche est de gauche, qu'on approuve ou qu'on désapprouve, il est fidèle à lui-même, quand un dedroite fait allégeance à la gauche, il trahit sa mission d'offrir au peuple français une alternative à la gauche. C'est bien plus grave.

Une arme très puissante qu'a la gauche est un virus qui mange les cerveaux et fait tomber les barrières immunitaires, une sorte de sida mental, pour reprendre l'expression de Louis Pauwels. C'est le vocabulaire de gauche.

Les mots ne sont pas neutres, ils véhiculent des idées, mais aussi des connotations, des images et des associations. Rappelez vous Joseph Goebbels : «Nous ne cherchons à convaincre les gens de nos idées. Nous cherchons à changer le vocabulaire pour qu'ils ne puissent plus exprimer que nos idées».

Or, il se trouve que, par son hégémonie médiatique, la gauche a réussi à imposer son vocabulaire.

La droite doit commencer par se délivrer de ce carcan et utiliser ses propres mots.

Ce sera donc notre première leçon pour la droite sans couilles.

> «République», «valeurs républicaines» : ces mots sont liés à l'idéal révolutionnaire et anticlérical de la gauche. Les employer, c'est implicitement admettre que l'idéal révolutionnaire gauchiste est louable.

De plus, ces mots ont été tellement utilisés à tort et à travers pour discréditer les adversaires de la gauche qu'ils ont acquis une grande imprécision. Il est malsain, malgré Montesquieu, de lier des valeurs à un régime politique, surtout pour un emploi aussi général et vague. Leur utilisation exclusive sous-entend que les autres régimes politiques n'ont pas de valeurs positives, ce qui est évidemment faux, parlez-en aux Anglais. Cette pratique comporte une forte odeur de malhonnêteté.

Vous voyez donc qu'il est extrêmement important de proscrire ces mots.

La droite, tour à tour constitutionnelle, royaliste, légitimiste, orléaniste, bonapartiste, gaulliste, n'est pas liée à un régime particulier. La droite est patriote et nationale.

A la place, préférez la précision : plutôt que de parler vaguement de «valeurs républicaines», nommez vos valeurs clairement en fonction des circonstances : liberté individuelle, liberté d'entreprendre, responsabilité, patriotisme, loyauté, fidélité, etc.

Si, en raison de la situation, vous voulez rester bref, employez «valeurs démocratiques», ou éventuellement «valeurs françaises».

> «Citoyen», «citoyenne» : là encore, Achtung ! Connotation révolutionnaire gauchiste.  La citoyenneté est universaliste, la droite se préoccupe de nationalité et de patriotisme. Préférez civique, patriote, compatriote.

> «égalité» : la gauche a réussi à faire dériver l'égalité en droit vers une égalité de fait justifiant les droits les plus farfelus, au nom de raisonnements spécieux, comme le fameux «mariage homosexuel», qui ne sera jamais qu'une parodie de mariage, une mascarade.

La droite ne se préoccupe pas d'égalité mais de mérite.

Préférez éviter tout en emploi du mot «égalité». En cas de force majeure, soyez précis : «égalité de traitement», «égalité en droit».

> «justice sociale», «justice fiscale» : ces mots sont le paravent de la jalousie et de l'extorsion légale. A proscrire autant que possible.

«Justice fiscale» peut éventuellement s'employer pour justifier une diminution d'impôt, jamais une augmentation.

> «redistribution», «distribution des revenus» : ces mots viennent de l'idée que l'Etat serait légitime à prendre tous les revenus, à les mettre dans une grande piscine, puis à les redistribuer au gré de ses humeurs en puisant dans la piscine.

Non, la plupart des revenus ne sont pas distribués, mais gagnés. Ils appartiennent aux individus qui les ont gagnés.

De plus, ce vocabulaire joue sur une confusion entre le terme technique de distribution statistique et l'acte de distribuer.

A proscrire absolument (voir le mot suivant).

> «solidarité» : la solidarité est un devoir individuel. C'est un acte volontaire. Employer ce mot pour décrire l'acte de distribuer à des clientèles les fruits de l'extorsion fiscale est malhonnête. Pour parler de ces choses dégoutantes, il y a «assistance d'Etat», «assistanat».

> «création d'emplois» : généralement employé pour parler de décréter des embauches dans l'appareil d'Etat.

La création d'emplois ne se décrète pas et ce n'est pas l'Etat qui crée les emplois. Chaque embauche de fonctionnaire détruit 1,5 emploi dans l'économie marchande.

De plus, on n'en a rien à foutre des emplois, c'est très facile de créer des emplois : interdisez les camions, rendez les brouettes obligatoires et vous avez créé des millions d'emplois.

Ce qui compte, c'est la création de richesses.

Parlez de «création de richesses».

> «relancer la croissance» : à proscrire définitivement.  Parlez de «libérer la croissance». Voir le billet dédié.

> «sans-papiers» : sous-entend que les immigrés clandestins ont tous vocation à avoir un jour des papiers. Employez «entrants illégaux» (ceux qui sont entrés illégalement ont vocation à ressortir légalement), «immigrés clandestins».

> «Europe» : préemption d'une entité culturelle, historique et géographique par une forme politique. Ne vous faites par les receleurs de ce vol, soyez précis, nommez cette institution politique par son nom «Union Européenne», «UE».

vendredi, mai 11, 2012

«La relance, la relance, la relance» crient-ils, en sautant comme des cabris


«Comment relancer la croissance» se demandent avec des airs inquiets et concentrés nos penseurs étatiques à gros cerveau technocrate.

Moi, bêtement (parce que je ne suis pas un technocrate à gros cerveau), je pensais que «relancer la croissance», c'est exactement ce qu'on essayait de faire depuis trente ans avec pour seul résultat d'étouffer un peu plus chaque année la croissance.

Evidemment, si on se posait la bonne question, cela irait sans doute mieux. Hélas, je n'ai entendu personne demander comment libérer la croissance. Mais, comme je ne suis pas technocrate à gros cerveau, je n'ai sans doute rien compris.

Chien : Coluche était prémonitoire

Vous vous souvenez peut-être du sketch de Coluche : «Un chien mord une vieille dame. Vous vous rendez compte, la vie de ses pauvres bêtes : être obligé de manger des vieux ...»

Un chien a été abattu Gare du Nord après avoir mordu plusieurs personnes.

Croyez vous que les commentateurs du Figaro félicitent les policiers de leur initiative ? Pas du tout, ils les accusent de cruauté et espèrent que la SPA va porter plainte !

Quand je vous dis que nous sommes cernés par les cons ...

Il est vrai aussi qu'il y a beaucoup de citadins qui n'ont plus la notion de ce qu'est un animal, à plus forte raison un animal féroce (à part dans les banlieues CPF), qui confondent avec une peluche ou un enfant.

mercredi, mai 09, 2012

Les Français aiment-ils qu'on leur raconte des foutaises ?

En votant Hollande, les Français (au moins 51,6 %) ont choisi celui qui leur chantait la meilleure berceuse.

Et, pourtant, deux tiers disent dans les sondages qu'ils redoutent un destin à la grecque.

Comment réconcilier cette apparente contradiction ?

Très simple : les Français sont inquiets pour leur pays, mais, quand il s'agit de voter, ils choisissent celui dont il pense qu'il leur demandera, à eux personnellement, le moins d'efforts (et, évidemment, beaucoup à leur voisin).

Bref, les Français ont bien mérité ce qui va leur arriver. Comme disait un célèbre humoriste politique de la deuxième moitié du XXème siècle, les Français sont des veaux.

L'idéal serait de changer de peuple (on me dit dans l'oreillette que c'est en cours mais que le peuple de remplacement risque de ne pas me plaire beaucoup).


mardi, mai 08, 2012

L'art moderne pour les crétins qui lisent La Lime


Les Inconnus - La sept Culture par inconnu25

Les votes blancs, ça ne compte pas

Certains font une batteuse du fait que Hollande est minoritaire parmi les votants :

Hollande, déjà minoritaire ?

Et alors ? Les votes blancs ne comptent pas. Point barre. C'est un caprice de tortilleurs du cul. La politique, c'est sale. Quand on veut s'en mêler en votant, on se salit les mains en choisissant un candidat. Sinon on s'abstient et on n'emmerde pas le monde.

J'aurais bien aimé psychanalyser François Hollande ...

J'aurais bien aimé psychanalyser François Hollande ...

Vous parler de sa haine du père et de son adoration de la mère. De son goût pour les femmes dominatrices et castratrices. Gloser sur le fait qu'un jour, il a comparé la dépression d'après-élection à la dépression post-accouchement, ce qui est bien peu viril (Jean-Marie Le Pen sur le même sujet a dit : «Post coïtum, ...»). J'aurais même envisagé que son embonpoint pût être un ersatz de grossesse et j'aurais tiré des lignes sur sa disparition.

Mais tout cela me fatigue. Une prochaine fois, peut-être.

Que peut-on espérer de la présidence Hollande ?

Puisque François Hollande est président, essayons de savoir ce qui en sortir de bon.

Le discrédit du socialisme ?

Certainement pas. Si le socialisme pouvait être discrédité par ses échecs, cela fait longtemps qu'il n'y aurait plus un socialiste sur terre.

D'autant plus qu'une presse enamourée protégera M. Hollande à la mesure de ce qu'elle a attaqué Nicolas Sarkozy. La liste des boucs-émissaires est déjà dressée, dans l'ordre : les Allemands, la finance sans visage, les riches sans coeur, les patrons mauvais Français, les Américains, les Chinois, les technocrates de Bruxelles.

L'union de la droite ?

Là encore, prudence. La droite sans couilles a largement prouvé son exceptionnelle capacité à se soumettre à la gauche et, en conséquence, à refuser tout ce qui pourrait la faire gagner.

Des réformes que la droite n'a pas osé faire ?

Cela, c'est possible. On sait bien que les oppositions syndicales et les grèves sont moins virulentes sous la gauche (preuve que syndicats font de la politique).

Le problème, c'est que tout cela est payé à chaque fois de concessions qui paralysent le pays pour des décennies.


Tesson : "Hollande, homme d'apaisement et d'illusion"

Tesson : "Hollande, homme d'apaisement et d'illusion"

Le désespoir de Malika Sorel

Les misérables

lundi, mai 07, 2012

La droite vaincue parce que victime docile et consentante d'une escroquerie intellectuelle ?

Dans tout ce que j'ai lu, ce texte de Gilles-William Goldnagel sur Atlantico est celui que je partage le plus et que j'aurai aimé écrire moi-même :


Ainsi, le président vilipendé aura été battu sur le fil du rasoir. Ainsi, c’était pour rire, Nicolas Pétain, ne méritait pas, finalement, autant d’indignité, mais du respect, comme l’a indiqué hier soir son victorieux rival dans un discours dont la hauteur n’était pas qu’habileté.


Ceux qui, surtout à gauche, veulent, évidemment pour son bien, empêcher la droite d’être la droite, expliquent doctement sa défaite par l’ignoble « droitisation » et les clins d’œil aux électeurs du Front National, auront du mal à le faire croire au regard du résultat final.


En dépit d’une campagne de dénigrement rarement observé depuis le général De Gaulle, en dépit d’une crise économique et financière qu’il serait euphémique de qualifier d’exceptionnelle et qui a sanctionné tous les sortants en Europe, le nouveau président élu l’aura été à la minorité des électeurs votants [allusion au vote blanc plus important que l'écart entre les deux candidats].


Bien au rebours, si ce retour au peuple avait été à la fois moins tardif et plus franc, donc plus crédible, il est permis de penser que le pari impossible aurait été tenu.


Si l’on décide d’organiser un débat sur l’identité nationale, on ne choisit pas pour le tenir un transfuge du PS qui en avait honte.


Si l’on décide de mener une campagne électorale décomplexée, on ne choisit pas comme porte-parole une femme, certes gracieuse et élégante, mais dont le principal titre littéraire aura été de morigéner la représentante de la droite extrêmement décomplexée.


Il est des erreurs de casting et de timing que comprend le Français.


Il n’empêche, le petit homme tant raillé, y compris pour sa taille, n’aura pas été dégagé par la fenêtre, mais sorti par la porte.


La grande.


Avec la bienveillance qui la caractérise, on peut imaginer, sans grande spéculation intellectuelle, la réflexion de la gauche et de ses relais, si d’aventure le président sortant l’avait emporté avec une majorité aussi étroite : « un président légal sans doute, mais vraiment légitime ? »


Fort heureusement, ce qui caractérise le camp vaincu, c’est précisément, son légitimisme démocratique qui fait de François Hollande, désormais, le président de tous les Français.


Il faut lui reconnaitre une habileté politique dont le mérite est à peine diminué par la complicité de la classe médiatique idéologisée.


Il faut reconnaître également à la gauche d’avoir su, elle, mener cinq années un combat culturel que son camp adverse n’aura finalement mené qu’un trimestre.


François Hollande, il l’a dit, ne pratiquera pas d’ouverture à droite.


A l’aune de l’intelligence politique et de la cohérence intellectuelle, sa victoire est méritée.


A ce stade, il faut, encore et encore, écrire que la droite française aura été la victime docile d’une escroquerie intellectuelle légale que je n’aurais cessé de dénoncer vainement.


Alors que le camp des droites, le premier tour l’aura encore montré, est plus nombreux que son antipode, c’est un président de gauche qui l’aura emporté.


L’explication réside toute entière dans le surmoi qu’aura réussi à imposer la classe médiatique à une partie de la droite française tout en décomplexant la gauche de ses propres liaisons autrement moins platoniques.


Alors que Gérard Longuet aura été tancé pour avoir suggéré que Marine Le Pen, contrairement à son père, était une interlocutrice possible, François Hollande remercie publiquement et impunément son interlocuteur Mélenchon et s’apprête à mener campagne avec un PCF, dans le cadre d’une alliance que même les représentants de la droite démocratique ont oublié hier soir de critiquer dans son principe.


Lorsque la victime est aussi sottement dupe, ce n’est plus, juridiquement, une escroquerie.


Mais il est une autre escroquerie, récidivante, qui aura été commise délibérément et impunément dans la dernière quinzaine : celle de dénoncer la dérive vichyssoise du président aujourd’hui battu.


J’aurais passé une bonne partie de ma vie d’homme à dénoncer et démonter cette escroquerie trentenaire en bande organisée.


Dans sa dernière séquence, il a été reproché à Nicolas Sarkozy de marcher sur les plates-bandes minées de Marine Le Pen.


Le Monde, alors que les jeux étaient faits, dans un article du samedi 5 mai, a reconnu, mais sans le critiquer le « glissement idéologique du PS ». : « Force est de constater que sous la double pression du score de Marine Le Pen au premier tour et d’un Nicolas Sarkozy décidé à faire de cette question le champ majeur de l’affrontement présidentiel, les socialistes, depuis le premier tour, usent d’un registre lexical jusqu’ici plutôt inhabituel ».


« Il y a trop d’immigrés en situation irrégulière » a déclaré le candidat socialiste « celui qui aurait dit ça dans un congrès se serait fait étriper. Jamais personne n’aurait osé, même pas Manuel Valls » déclare un responsable de la rue de Solferino.


Et pourtant, qui a osé dire que Hollande devrait désormais s’appeler Allemagne ?


Un dernier mot : Il ne s’est pas trouvé, un journaliste, un commentateur, un responsable politique pour protester contre la sortie de nombreux drapeaux turcs, marocains et algériens, à la Bastille.


Je le fais. En Français et en républicain.

Enfin un parti qui prend les Français au sérieux

La revanche des électeurs FN contre Sarkozy

Par Ivan Rioufol le 7 mai 2012 13h57 |

Les électeurs du FN, en s’abstenant ou votant blanc, ont fait perdre la droite qui est redevenue la plus bête du monde : alors que le pays est culturellement et sociologiquement à droite, la majorité vient de payer son incapacité à s’adresser au peuple perdu. Les principaux leaders de l’UMP, qui ont cru malin de faire la fine bouche devant l’électorat de Marine Le Pen et ses inquiétudes, sont coresponsables de l’échec de Nicolas Sarkozy (48,38% contre 51,62% à François Hollande), le candidat vaincu payant lui-même ses promesses non  tenues en 2007.  Il est de bon ton dans les médias de critiquer la "ligne Buisson", du nom du conseiller présidentiel qui  avait convaincu le candidat de faire, à côté de ses discours peu mobilisateurs sur le désendettement et le rapprochement franco-allemand, une campagne sur la défense de l’identité française. Je pense, pour ma part, que cette ligne était la bonne et qu’elle a permis à Sarkozy de faire une belle remontée jusqu’à espérer gagner au second tour. Mais cette stratégie à été décidée trop tard, laissant deviner un manque de conviction du candidat. Les réticences de nombreux ténors de la majorité à parler immigration ou communautarisme ont pu convaincre aussi de l’insincérité de la posture de Sarkozy.

Une anecdote : le 6 mai 2011, soit un an jour pour jour avant sa défaite, j’avais fait partie de la délégation d’un club de réflexion reçue par le chef de l’Etat à l’Elysée.  Après avoir reconnu l’existence chez les Français d’un besoin "d’enracinement", Il avait exposé les quatre sujets qu’il entendait décliner : la protection sociale, la revalorisation du statut des enseignants, les relations avec l’Allemagne, et Internet, cette société virtuelle qu’il entendait "civiliser". M’étonnant qu’il ne dise pas un mot des problèmes liés à l’identité française et à l’immigration de peuplement, il avait expliqué qu’il entendait laisser à son ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, le soin de traiter ces sujets, visiblement subalternes pour lui. J’étais ressorti de cette brève (et unique) entrevue avec la sensation d’avoir eu en face de moi un homme aux préoccupations fluctuantes et déroutantes. C’est, me semble-t-il, ce sentiment qu’ont voulu exprimer hier ceux qui n’ont pas été convaincus par ses derniers discours à la gloire la France éternelle et de ses racines chrétiennes. Je le regrette.

En tout cas, l’élection de Hollande a eu pour premier mérite d’illustrer la réalité du communautarisme en France, ce sujet que le candidat a dit vouloir combattre tout en promettant de faire respecter la laïcité. Je ne pense pas avoir été le seul à avoir été choqué de voir, dimanche soir sur les télévisions, les multiples drapeaux étrangers brandis aux alentours de la colonne de la Bastille : algériens, marocains, palestiniens, etc. Ces manifestations d’appartenance sont à mettre en parallèle avec les excellents scores qu’Hollande enregistre dans les "quartiers populaires" (comprendre : quartiers musulmans). En Seine-Saint-Denis, il l’emporte massivement avec 65,32% des suffrages contre 34,68% pour Sarkozy. A Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes de 2005, il enregistre  72,07%, et même 89,04% dans le quartier "sensible" du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. De semblables résultats se retrouvent jusque dans certains arrondissements de Paris, comme le XX e, le XVIII e ou le XIX e. Hollande s’est donné deux priorités : la justice et la jeunesse. Il n’a pas dit : le désendettement et le communautarisme…

L'ouvre-boite qui ouvre toutes les boites

Quelle est l'autorité en politique d'un ingénieur, d'un médecin, d'un magistrat, d'un linguiste, d'un historien, d'un pharmacien, d'un journaliste, d'un généticien ?

Nulle. Ou à peu près. En tout cas, ils n'ont pas plus d'autorité qu'un paysan creusois. L'histoire le prouve d'abondance : les intellectuels parisiens ont dit beaucoup plus de conneries politiques que les paysans creusois.

C'est simple à expliquer : l'intelligence d'un intellectuel est validée par les autres intellectuels. Donc, pourvu que tout le monde soit d'accord, on peut soutenir de grossières conneries. Il y a même un mécanisme grégaire qui provoque l'émulation dans la connerie.

A l'inverse le paysan creusois peut soutenir les plus belles théories horticoles du monde, si ça ne veut pas pousser, ça ne pousse pas.

Hélas, il y a une révérence imméritée pour les intellectuels en politique : c'est le mythe de l'ouvre-boite qui ouvre toutes les boites. Si Einstein est si fort en physique, il ne doit pas être con en politique. Si Axel Kahn est si doué en génétique, il doit parler d'or en politique.

Mythe ayant reçu des démentis cinglants : je ne n'aurais pas assez d'une semaine pour dresser la liste des cadors dans leur domaine qui ont soutenu des horreurs risibles en politique.

A qui ferais-je confiance ? Au retraité, au dilettante, au rentier, à celui qui a le temps de se renseigner sans s'abrutir. La politique doit être une occupation, non une profession. Mais une occupation sérieuse, où on prend le temps de remettre cent fois l'ouvrage sur le métier.

Parmi les professions intellectuelles, je ferais deux exceptions, qui peut-être (et encore) errent moins que les autres en politique : ingénieur et médecin (je dis bien médecin, pas chercheur en médecine).

Pourquoi ? Parce que je suis ingénieur et qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même !

Plus sérieusement, ce sont des professions, au moins dans certains cas, où la réalité empêche la fascination pour les constructions intellectuelles trop parfaites, limite l'engouement pour ses propres idées, où il y a nécessité d'un certain pragmatisme.

L'avion qui tombe, pour l'ingénieur, ou le malade qui meurt sur la table d'opération, pour le médecin, sont des rappels à la modestie dans son analyse.

Je n'ai pas d'exemple d'ingénieur en politique. En revanche, j'ai un exemple de médecin : Clemenceau.

L'impasse

La vérité n'ayant pas été dite, les vrais problèmes n'ayant pas été posés, dans la campagne électorale qui vient de s'achever, il est illusoire d'espérer que la politique française soit dans autre chose que dans une impasse.

Il faut donc s'attendre à ce que les Français de tout bord soient déçus et molestés.

Marc de Scitivaux : ça fait du bien par où ça passe

Ecoutez Marc de Scitivaux à partir de 37'30 :

Good Morning Week End 5/05/12

A quelque chose malheur est bon ?

Ah, si seulement la droite pouvait conclure de cette élection perdue que, lorsqu'on est élu par la droite et l'extrême-droite, il faut faire une politique de droite et l'assumer, ça serait bien.

Hélas, la droite sans couilles est tellement «stockholmisée» par la gauche qu'elle va encore nous sortir le «pacte républicain» et les «valeurs humanistes». C'est le signal habituel pour signifier «S'il te plaît, Grand Maître de Gauche, ne tape pas trop fort. Vois comme ton serviteur de droite s'humilie et se soumet à tes catégories et à ton vocabulaire».

Evidemment, comme tous les sadiques, le Grand Maitre de Gauche est excité par la soumission masochiste et tape encore plus fort sur cette pauvre droite molle.

Et il a bien raison : quand on veut être respecté, il faut commencer par se respecter soi-même et ne pas passer son temps à se soumettre.

dimanche, mai 06, 2012

Les conneries commencent déjà

François Hollande a remplacé «mes chers compatriotes» par «mes chers concitoyens».

Ce n'est ni innocent ni anodin : tout le monde peut être citoyen, d'où l'expression «citoyens du monde». En revanche, il n'y a que les natifs d'une même patrie, ceux qui y ont leurs pères, qui peuvent être «compatriotes».

Toujours cette haine du père qui est la marque profonde de François Hollande. Appliquée à notre cas particulier, elle devient la haine de la France historique et des Français de souche.

Tout se déroule comme prévu.

Une leçon que devrait en tirer la droite : les gauchistes élus font une politique de gauche. Pourquoi les droitiers élus ne font-ils pas une politique de droite ?

Psychologie du socialisme (G. Le Bon)

Comme vous le voyez, j'ai des lectures adaptées à l'actualité.

Ce livre écrit en 1905 est remarquable.

Au premier abord, il met mal à l'aise. Car, malgré sa prétention scientifique, c'est de la sociologie du XIXème siècle, très peu chiffrée, très littéraire, raisonnant par types et par catégories, peu étayés par des études et des données.

Mais, comme beaucoup des anticipations de Le Bon se sont avérées justes, cela rassure sur la pertinence du propos. Notamment, excusez du peu, il a prévu  en 1895 la férocité des socialistes au pouvoir, il a prévu que la première guerre mondiale serait terrible et que Hitler était très dangereux dès 1924.

Que dit Le Bon ? Que le socialisme est la réaction tribale à l'individualisme moderne. Qu'il s'apparente à une religion et que, de ce fait, se battre contre lui avec des arguments rationnels est aussi futé que de combattre des moulins à vent.

Il n'est pas très optimiste mais pense que les ressources d'une vieille civilisation résident dans ses «fourmis».

Enfin, pour le sujet de notre décadence, sa théorie est limpide : la décadence est d'abord dans le caractère puis dans la morale, puis dans l'intelligence. Nous en sommes bien là : décadence du caractère dans les années 20, décadence de la morale dans les années 60, décadence de l'intelligence dans les années 80, jusqu'à nos jours.

Je vous présente un extrait sur mon dada, les demi-savants. J'ai laissé, par ironie mal-pensante, une note de bas de page sur l'affaire Dreyfus susceptible de choquer un crétin moderne, mais qui, remise dans le contexte, ne me dérange pas.

Quant à l'emploi du mot race, ne vous méprenez pas : il signifie simplement hérédité (Le Bon parle de race limousine et de race parisienne à propos des ouvriers).

Demi-savants et doctrinaires




La droite la plus bête du monde : le point de vue de Polemia

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde