mercredi, février 28, 2007

Bannisons le monoxyde de dihydrogène

Cette video très marrante :

Bannissons le monoxyde de dihydrogène


Je résume comme c'est en anglais : la dame fait signer une pétition pour interdire le monoxyde de dihydrogène, qu'on trouve dans les centrales nucléaires et chez les fabricants de pesticides mais aussi dans les biberons des bébés. Et les gens signent. Sauf que le monoxyde de dihydrogène, c'est H20, l'eau.

Depuis longtemps, je suis persuadé que l'écologisme est la doctrine politique qui fait la part la plus belle à l'irrationnel :

> le religieux païen : la généreuse mais colérique mère Nature perturbée, blessée, par le présomptueux homme industriel.

> le conformisme, la pose : c'est intrinsèquement bien, sans réflexion, sans recul, de se montrer préoccupé par l'écologie, de s'afficher écolo. Ce phénomène grégaire de conformisme se retrouve bien entendu dans toutes les opinions politiques (on pense ce qu'on pense, mais on réfléchit aussi à l'image de soi que projette le fait d'affirmer telle ou telle opinion). Mais il me semble particulièrement fort dans le cas écologiste.

> la peur. Ce phénomène est relié à la religion païenne, l'homme a peur de sa propre puissance et s'imagine les catastrophes qu'il va déclencher.

Les préoccupations écologiques sont légitimes, mais je conteste que l'écologisme ait un rapport avec l'écologie autre que faux, mensonger et trompeur.

Bien sûr, il y a des gens qui s'y laissent prendre de bonne foi, mais sont-ils si nombreux ?

lundi, février 26, 2007

L'appel du 18 juin en Power Point

Tout travailleur dans une entreprise moderne moyennement originale (voire complètement conformiste) a été abruti, au moins une fois, plus vraisemblablement très souvent, par une présentation Power Point, laide, longue, incompréhensible et, surtout, inutile. On se dit alors qu'un bon discours remplacerait avec profit ces mauvaises planches.

Il traîne dans nos couloirs des spécialistes de ce "Power Point engineering" qui savent se faire mousser avec des trucs "qui en jettent" mais qui seraient bien en peine d'articuler un discours.

Ayant trouvé sur internet une "Gettysburg address" en Power Point, il m'est venu à l'idée d'en faire un équivalent français à partir de l'Appel du 18 juin 1940.

Le jeu consiste bien entendu à toucher le moins possible au modèle Microsoft choisi, en l'occurence "Recommending A Strategy.pot", dont le titre m'a, vous le comprendrez, séduit. J'ai juste changé l'ordre de deux pages pages de manière à correspondre au déroulement du célèbre appel.

NB : n'ayant pas sous la main ma documentation, j'ai mis des chiffres fantaisistes pour la présentation de la page 3, si quelqu'un pouvait me fournir les vrais, je rectifierais.

appel18061940.ppt

Je me suis fait plaisir en me déchaînant sur les sons.

Pour ceux qui auraient vraiment du mal à s'adapter à la modernité, voici le texte original :

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.

La réforme de l'Etat : l'armée britannique a des solutions

Un général anglais a récemment déclaré : "On nous a demandé de réduire les effectifs au nom des nouvelles technologies qu'on nous promettait. Ensuite, on nous a coupé les budgets, sous prétexte qu'avec si peu d'effectifs, nous n'avions pas besoin de nouveaux matériels."

Il n'y a pas à dire : la réputation de pragmatisme de nos amis anglais n'est plus à faire. Nous savions déjà depuis Mme Thatcher qu'ils s'y connaissaient en réforme de l'Etat. Voilà maintenant qu'ils prouvent qu'ils peuvent réformer l'Etat grâce à des nouvelles technologies totalement virtuelles.

J'ajoute, pour ceux qui seraient tentés de se moquer, que la Suisse, la Grande-Bretagne et la France sont les seuls pays d'Europe ayant presque, hélas seulement presque, des capacités de défense de leurs intérêts vitaux. Tous les autres sont obligés de faire appel massivement aux USA.

Les USA trouvent d'ailleurs que ça commence à bien faire puisque Robert Gates, le secrétaire d'Etat à la défense a récemment déclaré que "l’Alliance (l'OTAN) n’est pas un salon mondain et un club de discussions, c’est une alliance militaire qui a de très sérieuses obligations mondiales", manière un peu rude de signifier aux alliés qu'il serait temps qu'ils fassent leur part.

Pour en revenir à nos moutons, je trouve que la manoeuvre du gouvernement anglais vis-à-vis de son armée est dépourvue d'élégance. Avec les militaires, il peut se le permettre, ce sont des hommes de devoir qui ne font pas grève pour un oui pour un non, eux (suivez mon regard).

Mais ce n'est pas très glorieux.

samedi, février 24, 2007

24 février 1525 : le désastre de Pavie (Jean Giono)


FFFF

(image : tapisserie de la bataille de Pavie, la capture du roi)

Superbement écrit, très agréable à lire.

D'après Giono, pour François 1er, la guerre n'est qu'un des trois passe-temps d'un noble chevalier, avec la chasse et les dames, et non la continuation de la politique par d'autres moyens. Ceci expliquerait sa désinvolture.

Et pourtant, au fur à mesure que l'histoire se déroule, on ne peut s'empêcher de ressentir la bêtise bien compacte du camp français, qui perd peu à peu ses avantages initiaux face aux Impériaux.

Et l'on arrive au désastre final : une escarmouche presque gagnée transformée en déroute par l'intervention inopportune du roi, François 1er fait prisonnier et la chevalerie française broyée dans une bataille inutile (1). Charles Quint, resté chez lui bien au chaud, rafle la mise.

De retour de captivité, François 1er s'aigrit, les guerres de religion commencent.

Il est difficile de ne pas juger très sévèrement François 1er (2).

La bataille de Pavie, c'est le pire des Français. Car, à des causes accidentelles, se mêlent des causes plus profondes : courtisans plus écoutés que les hommes d'expérience, négligence de la logistique, recherche de la gloire plus que de l'efficacité. Ne sont-ce pas des traits bien français ?

Tant de catastrophes et de sang pour un peu de gloriole.

Je suis tenté de comparer avec Henri IV, mais, allons, un peu d'indulgence, la comparaison serait trop sévère pour François.

(1) : les canonniers français déciment les Impériaux venus aider les assiégés de Pavie. François 1er, plutôt que d'attendre la fin du carnage à son avantage, charge avec la cavalerie, masquant ses propres canons, s'enlise dans les marécages. Les Impériaux se reprennent, font le roi prisonnier et massacre la fine fleur de la chevalerie française. Le drame a duré moins d'une heure, de 26 000 français avant, il en reste 16 000 après.

(2) : au moment d'être pris, François 1er se croyait vainqueur depuis un quart d'heure et, se voyant entouré d'ennemis, criait : "Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui arrive ?"

Ségène Royal : où sont les handicapés ?

Ségolène Royal déclarait, à l’occasion de son grand oral sur TF1, « dans une équipe où il y a une vingtaine de personnes, il devrait y avoir une à deux personnes handicapés,…sinon c’est de la discrimination », se faisant ainsi la championne de la mixité sociale, du changement de regard de la société sur le handicap. Dommage que Marie-Ségolène ne tienne pas compte de ces propres engagements car dans son équipe de campagne (de 36 membres) pas l’ombre d’une personne handicapée.

Je crois qu'il y a là une des choses les plus dégueulasses (pas d'autres qualificatifs) du socialisme français : la générosité en paroles, la compassion pour épater la galerie, l'empathie pour faire pleurer dans les chaumières, et après ? Rien.

C'est obscène, puisque l'obscénité consiste à exposer ce qui devrait rester intime.

La générosité, la compassion, l'empathie, on les pratique mais on n'en parle pas.

Au lieu de quoi, les socialistes font exactement la contraire : ils en parlent, ils s'en vantent même, ils en font un copieux étalage télévisé mais ils ne les pratiquent pas : en pratique, ils se distribuent les places, créées grâce à l'argent extorqué aux Français sous prétexte de solidarité.

Connaissez vous un autre mot que "dégueulasse" pour qualifier ce genre de choses ?

vendredi, février 23, 2007

Pour que ça change fort !

Ségolène Royal nous a déclaré : "Pour que ça change fort ! Mais pas trop, parce que je ne sais pas quoi dire, et que je rappelle mes copains les éléphants, et que je suis dans la merde, et que Bayrou et Sarko, ils vont me ridiculiser et que François me fait la tronche, iet que j'en ai marre de raconter n'importe quoi pour faire l'intéressante..."

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Bon, je sais, ça n'est pas beau de tirer sur l'ambulance, mais Mme Royal est tellement donneuse de leçons que je n'éprouve aucun scrupule.

La fausse opposition entre l'industrie et la finance

La chimère du capitalisme sans capital ni capitalistes

Les élections présidentielles vues de la Bourse


Les élections présidentielles vues de la Bourse


Bien que travaillant dans l'industrie je n'ai aucun préjugé contre la finance et je suis par ailleurs amené à m'informer sur le monde, ce qui fait que je partage assez la vision des élections qui est décrite dans cet article.

Je suis persuadé que le débat entre socialisme et libéralisme est d'abord un débat de valeurs.

Le socialisme est fondamentalement la politique de l'envie, de la jalousie et de la contrainte. Les socialistes ont sans cesse le mot solidarité à la bouche pour mieux masquer le caractère liberticide et oligarchique de leurs idées.

A contrario, le libéralisme est la politique de la rasion et de la liberté (et non de la générosité, qui n'est pas du domaine politique).

The deniers (2)

J'étais fort embêté de ne vous présenter que des textes en anglais, voici la réparation :

Réflexions d'un sceptique

Je suis très content d'avoir trouvé ce texte : l'auteur explique en spécialiste ce dont j'avais l'intuition en amateur (mes professeurs peuvent se réjouir : j'ai mis à profit ma formation d'ingénieur généraliste) ; à savoir que tenter de prévoir le climat est voué à l'échec pour des raisons fondamentales et que, en conséquence, les modèles climatiques qu'on nous propose sont des jouets pour chercheurs qui n'ont qu'un rapport extrêmement lointain avec ce que lae climat va devenir.

Quant à prendre des décisions politiques à partir de tels modèles, vous devinez ce que j'en pense.

Voici un autre texte, d'un Français celui-là :

Le réchauffement climatique est un mythe !


Maintenant, je m'interroge entre deux possibilités :

1) Ne plus vous parler de climat car le savoir vraiment significatif sur le sujet progresse très lentement, voire stagne chez les scientifiques et régresse dans les médias. Je serais donc contraint de rabâcher.

2) Continuer à vous parler de réchauffisme, car il s'agit en fait de politique, domaine où les idées fausses ou infondées doivent être sans cesse contestées.

Il est probable que je vais m'orienter vers un moyen terme : vous parler de moins en moins du climat.

jeudi, février 22, 2007

The deniers

The deniers

Au lien ci dessus, vous trouverez une série d'articles (en anglais hélas) sur les "deniers", les négationnistes, sous entendu "du climat", comme on les appelle péjorativement et très abusivement.

En effet, les certitudes sur le climat sont quasiment inexistantes, ce qui n'est bien sûr pas le cas pour les chambres à gaz.

Ce vocabulaire nous en apprend plus sur ceux qui l'emploie (pas la peine que je vous fasse un dessin) que sur ceux qu'il désigne.

A mes yeux, les anti-réchauffistes se trouvent dans la situation des libéraux il y a quarante ans : l'Etat-providence et le socialisme régnaient en maître, mais les libéraux, estimant ces politiques mauvaises parce que basées sur des idées fausses, continuaient, dans leur coin totalement négligé par les grands médias, à exister, à réfléchir et à exposer leurs conceptions.

Quand l'idée de la faillite du socialisme eut fait son chemin dans les têtes, les libéraux étaient prêts et des politiciens se réclamant du libéralisme, et l'ayant compris, contrairement à J. Chirac, ont été portés au pouvoir (sauf, pour notre malheur, en France).

Il arrivera au réchauffisme la même chose qu'au socialisme puisque ce sont des errements cousins. Et les anti-réchauffistes deviendront à la mode.

D'ici là, il suffit de ne pas se décourager, de continuer à réfléchir et à exposer ses idées. Internet est d'une grande aide, le bon sens aussi (il suffit d'un peu discuter dans la rue et on ne tarde pas à s'apercevoir que les gens cernent souvent le fond du problème : "Toutes ces histoires de climat, c'est pour nous inventer des impôts.")

mercredi, février 21, 2007

Je suis mûr pour être président de la république

SR : "déduction d'impots aux entreprises qui investissent." Ca existe déjà : ça s'appelle l'amortissement (décidément, c'est la grande spécialité de SR de proposer des choses qui existent déjà).

NS : "Déductions d'impôts aux entreprises qui augmentent leurs salariés." Autrement dit, faire financer par tous les contribuables les augmentations de quelques salariés : un non-sens économique absolu.

Ayant démonté en deux courtes phrases les propositions des deux principaux candidats, je peux avancer les miennes :

> proposer à tout fonctionnaire démissionnant un chèque de 3 ans de salaire.

> ne remplacer aucun départ à la retraite dans la fonction publique

> nommer un responsable de la réforme d'l'Etat imposant à chaque ministère une diminution de budget et fixant les objectifs en termes de résultat.

> décliner au sein de chaque ministère la réduction de des dépenses grâce à des groupes de travail partant de la base (oui, je crois, une fois les objectifs fixés politiquement de manière irrévocable, les fonctionnaires les mieux à même de savoir comment atteindre ces objectifs).

Comme je ne propose que ce qui a déjà marché ailleurs, je ne crains pas trop la contradiction.

Je n'attends plus qu'un cri "Boizard Président ! Boizard Président !"

lundi, février 19, 2007

Pour en finir avec le multiculturalisme

Pour en finir avec le multiculturalisme

La vraie nature de Ségolène Royal

Comme d'hab', mes commentaires en crochets. Je trouve la photo particulièrement réussie !

La vraie nature de Ségolène Royal

Papon : l'esprit de Vichy


N. Baverez, dans mon message précédent, parle de l'esprit de Vichy à propos de J. Chirac et de F. Mitterrand.

M. Papon, à l'occasion de sa mort et des commentaires qu'elle provoque, m'apparaît quelque peu comme un bouc-émissaire pour condamner cet esprit de Vichy. Guy Sorman s'interroge dans Les héritiers de Papon sur le fait de savoir si les leçons ont été tirées, si le culte de l'Etat, la "raison d'Etat" et le carriérisme politico-administratif les accompagnant, qui ensemble ont été les motivations de Papon, ont disparu.

Voici le commentaire que j'ai posté sur le blog de Guy Sorman :

C'est vrai que nous sommes bien en peine pour savoir comment nous réagirions dans une situation comparable.

Mais il me semble que nous avons un indice : depuis vingt ans, le chômage est un drame social en France, tout le monde en est d'accord.

Or, les solutions contre le chômage sont parfaitement connues grâce aux exemples étrangers.

Pourtant, aucun de nos énarques, de nos fonctionnaires, de nos gouvernants n'a ressenti assez de colère pour agir efficacement contre le chômage qui ne les touche pas, car il aurait fallu remettre en cause l'Etat et son fonctionnement, pire, l'idée comme quoi ce qui vient de l'Etat est nécessairement juste et généreux, bon pour le pays.

Ce n'est qu'un indice, mais pas très encourageant.

Tant que persistera l'idée que le service de l'Etat est noble et bon par essence (1) et ne saurait avoir de conséquences néfastes que par accident, tant qu'être fonctionnaire ne sera pas considéré tout à fait comme un métier comme un autre, à l'exception des missions risquées (militaires, pompiers, etc.); nous nous exposons à ce qu'il y ait abondance de Papon.

Il y a là, en plus de l'esprit de Vichy, l'esprit d'Ancien Régime dénoncé par Bernard Salanié, les deux notions se recouvrant en partie.

A l'heure où les principaux candidats à l'élection présidentielle donnent à croire, par leurs propositions, que la seule action qui vaille est l'action de l'Etat, il y a de quoi s'interroger et s'inquiéter.

(1) : idée totalement fausse : l'Etat n'est qu'un rouage de la société et le plus gros de risques d'abus et d'oppression.



dimanche, février 18, 2007

Non, Ségolène Royal n'est pas finie

Le microcosme politico-médiatique a le chic pour les engouements ridicules : il y a trois mois à peine, c'est tout juste si les élections présidentielles se justifiaient, Mme Royal pouvait être sacrée immédiatement, le vote n'était qu'une formalité.

Aujourd'hui, on en serait plutôt à lui conseiller de se retirer pour éviter l'humiliation.

Rappelons donc un fait de base qui est sûrement trop simple pour nos grosses têtes de journalistes et de politiciens : 40 %-45 % des Français votent indéfectiblement à gauche et 40 %-45 % des Français votent indéfectiblement à droite.

On peut en tirer deux conclusions :

> une élection présidentielle est forcément disputée.

> il faut vraiment une combinaison exceptionnelle pour que le deuxième tour ne se fasse entre le principal candidat de droite et le principal candidat de gauche.

François Bayrou compte que cette combinaison exceptionnelle se présentera et lui permettra d'éliminer S. Royal. Je le souhaite, mais ce n'est pas le plus probable.

Quant à savoir si S. Royal était le meilleur choix pour le PS, je vois les choses ainsi : comme l'a si bien dit JM Bockel, le PS, en refusant tout libéralisme, se met en position de ne pas comprendre le monde actuel et donc de ne pas pouvoir penser droit et agir.

Il en est donc réduit à de mauvais choix, situation fort périlleuse. Parmi ces mauvais choix, a-t-il fait le moins mauvais en désignant S. Royal ? Je n'en sais rien, bien que je préfère DSK, mais je sais qu'il aurait du se mettre en position de faire des bons choix, situation de beaucoup plus confortable.

Pour qui voter ?

J'hésite entre :

1 er tour : Bayrou ; 2ème tour : Sarkozy (sauf si Bayrou est au 2ème tour)

1 er tour : Sarkozy ; 2ème tour : Sarkozy (sauf si Bayrou est au 2ème tour)

Il s'agit de toute façon d'un "vote utile" (c'est-à-dire du moindre mal), puisqu'il n'y a pas de libéral avec de vraies chances. J'essaie donc de louvoyer, entre l'exigence de faire barrage au socialisme et celle de se rapprocher de mes idées. Pas facile du tout !

Avec le recul, je suis assez content de mon vote de 2002 (1er tour : Bayrou ; 2ème tour : abstention). Je n'ai pas gobé l'attrape-nigaud du danger-fasciste-à-nos-portes (c'était assez facile : vu que Chirac avait reçu plus de voix que Le Pen, il suffisait que les partisans des deux votent comme au premier tour pour que Le Pen ne passe pas. Toute cette hystérie des petits Malraux avec soixante ans de retard m'a simultanément fait rire et pleurer : c'était à la fois grotesque et navrant.)

Quant à mon vote de 1995, je n'en souviens pas, mais il me semble que j'ai voté Chirac à l'un des deux tours. Je sais, je sais, ce n'est pas glorieux, mais nul n'est parfait !

Jacques Chirac vu par Nicolas Baverez


Le président d'une France vaincue

Si l'on accepte la définition de "l'esprit de Vichy" que donne Nicolas Baverez, je suis d'accord avec l'article.

Comparaison n'est certes pas toujours raison, mais j'ai la conviction que la France subie en ce moment une "étrange défaite", intellectuelle, politique et économique comme la précédente fut intellectuelle, politique et militaire.

En tous les cas, si cette comparaison ne fait pas l'unanimité, je crois qu'il y a par contre un consensus (ou presque) pour considérer que J. Chirac a suivi les pas de F. Mitterrand.

samedi, février 17, 2007

Quel est le taux de prélèvement obligatoire idéal ?

> Les libéraux, considérant les sociétés libérales du passé, la Hollande du XVIIème siècle par exemple, et les sommes qu'on peut estimer nécessaires pour remplir les fonctions régaliennes, arrivent à un consensus autour de 20 % du PIB de dépenses publiques (Milton Friedman dit entre 17 % et 23 %)

> La dette publique est immorale, elle est une corruption électorale : l'Etat, c'est-à-dire les hommes au pouvoir qui espèrent être réélus, offre au citoyen-électeur des services qu'il ne fait pas payer au citoyen-contribuable.

En conséquence, considérant que le taux de dépenses publiques idéal de 20 % devrait être financé par l'impôt, on arrive à un taux de prélèvement obligatoire idéal de 20 % , soit la moitié du taux français officiel, qui est probablement sous-évalué.

Quand on est si éloigné de l'idéal de démocratie libérale, il n'y a pas de quoi s'étonner que la société souffre.

Pratiquement tous les problèmes de la France peuvent être ramenés à l'excès d'étatisation, que ce soit l'immigration, ou l'éducation, ou la dénatalité ou tant d'autres choses.

Quel est le taux de prélèvement obligatoire ?

On nous dit, couramment, officiellement, que le taux de prélèvement obligatoire en France est de 44 %.

J'ai des raisons élémentaires d'en douter :

Prenons un salarié non imposable sur le revenu qui a un salaire brut de 100.

> son salaire réel est de 140, puisque son patron a déjà payé pour lui 40 de charges patronales.

> son salaire net est de 80.

> on arrondit les impôts sur ce qui reste à 15 % (l'argent épargné est assez peu taxé -c'est encore à voir, et l'argent consommé est taxé à 19.6 %)

> il lui reste donc 68. Son salaire a donc été taxé de 140- 68 = 72

le taux de prélèvement obligatoire est donc de 72/140 = 51 %

Et cela me paraît un minimum puisque je n'ai pas compté les impots sur le revenu.

Le salariat étant la condition très largement dominante (au moins pour ceux qui travaillent et payent des impôts), il me paraît difficile de croire que le taux de prélèvements obligatoire est seulement de 44 %.

Au fond, on tourne toujours autour du même problème qu'on peut prendre par tous les bouts : il y a trop d'Etat en France, beaucoup trop : les ressources allouées par planification sont par essence moins efficaces que les ressources réparties par des millions de décisions quotidiennes d'acteurs économiques agissant au mieux de leurs intérêts.

Plus la part de l'Etat est importante dans l'économie, au-delà des fonctions régaliennes (dont ne fait pas partie l'éducation, par exemple), plus l'économie est inefficace. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause de la croissance molle et du chômage.

Sans compter qu'il y a le problème philosophique fondamental : il me semble plus juste que les individus aient le maximum de prise sur leur vie, que ça soit le choix de l'école de leurs enfants, de leur logement, de leur voiture, de leur retraite, de leur assurance maladie, plutôt que tout cela soit décidé par une entité tutélaire et soi-disant supérieure.

Car le taux de dépenses publiques (dont la composante est principale est le taux de prélèvement obligatoire), c'est bien cela : la part de richesse nationale soustraite aux décisions individuelles.

vendredi, février 16, 2007

Rigueur et audace aux aux essais en vol (J. Noetinger)


FF

Dommage que ce livre renferme de nombreuses coquilles et une ou deux erreurs factuelles (par exemple, Pierre Clostermann n'est pas compté dans les Français ayant essayé le Me 262, il est vrai qu'il était dans la RAF), sinon c'est un hommage mérité aux pilotes du CEV (Cenntre d'essais en Vol) qui sacrifièrent quelquefois leur vie et souvent leur santé à l'avancement de la connaissance aéronautique.

Désormais Melun-Villaroche et Brétigny sont fermés ou quasi. Mais parmi ces héros quelques uns sont encore vivants dans l'anonymat, dont André Turcat et Jean Sarrail (Voler, ça préserve).