dimanche, janvier 04, 2009

Le livre noir de la révolution française

Ce livre a fait l'objet de critiques, très violentes mais fort convenues, de la presse de gauche.

Comme on ne ne pouvait nier que Jean Tulard et Emmanuel Le Roy Ladurie étaient des historiens réputés et qu'ils ont participé à ce livre, on a raconté qu'ils l'avaient fait à contre-coeur (pourquoi ne se sont-ils pas abstenus alors ?) et que de toute façon, ils sont réactionnaires (pour nos poulets sans tête degôches, insulte suprême au même titre que «fascistes»). Vous voyez le niveau.

Quant à la maigre presse de droite, toujours aussi honteuse, elle a réagi mollement.

En réalité, c'est un livre assez inégal, marqué par le fait qu'il a été dirigé par un dominicain. Cependant, il y a quelques articles excellents, sur le vandalisme révolutionnaire, sur les massacres de Vendée, sur le droit révolutionnaire, sur la marine et quelques autres.


Un manque, important à mes yeux : la comparaison avec les pays qui ont accédé à la démocratie moderne avec peu ou pas de violences. En effet, mon idée est qu'on aurait pu se passer de la révolution, qu'elle constitue pour la France un traumatisme toujours présent, que les conquêtes révolutionnaires auraient pu être acquises à meilleur marché. J'étais donc intéressé par cette histoire comparative pour me faire idée de la justesse de mon opinion.

Bref, ce livre ne mérite ni excès d'honneur, ni excès d'indignité.

Il y a un petit point d'humour, avec l'uchronie de Jacques Bainville, inspirée du général De Gaulle : «Je dissous aujourd'hui les parlements. Je ne convoquerai pas les états généraux. Je ne me rendrai pas à Paris. Je ne dénoncerai pas l'alliance autrichienne. Je ne céderai pas à l'ultimatum prussien. J'en appelle à l'armée. Je forme sans délai un gouvernement de salut public.» (bien sûr, discours de Louis XVI)

Mais, pour certains, mettre en cause le mythe révolutionnaire, c'est encore impossible, sacrilège. Alors, voici les points sur les i : la révolution fut sanguinaire dès son début (la tête de De Launay au bout d'une pique au 14 juillet). Il y a même eu des cas de cannibalisme. Ce qu'on a présenté comme «le peuple» était bien trop la plus basse populace parisienne. C'est ainsi.

Pourtant, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, aucun fait nouveau, mais quelques analyses originales. Il est vrai que déboulonner la révolution, c'est déligitimer la prétention de la gauche à avoir le monopole du Bien.

Enfin, un point qui énerve également la gauche : il y a beaucoup de jeunes auteurs pour ce livre.

mardi, décembre 30, 2008

La folie injectrice (12) : deux manières de voir les choses

Comme le signale Arnold Kling, la présentation habituelle est que les opposants aux plans de relance sont irresponsables et idéologues, que les gouvernements sont bien forcés de se précipiter au secours de l'économie plombée par les folies du privé ; alors que la présentation suivante des plans de relance est sans doute plus juste : des tentatives mal conçues pour empêcher les marchés de nettoyer les dégâts provoqués par un mélange d'échec des marchés et d'échec des politiques publiques.

Ne pas oublier Augustin Cochin

Je suis en train de lire à sauts et à gambades Le livre noir de la révolution française.

Ce livre me remet en mémoire Augustin Cochin, trop tôt disparu. Il était déjà évoqué dans Penser la révolution française, de François Furet.

Le grand mérite de Cochin, venant après Taine et avant Furet, est d'avoir réussi à s'abstraire du mythe révolutionnaire à la Michelet, «l'histoire du grand On», comme il disait. «On» a rédigé les cahiers de doléances, «on» a pris la Bastille, «on» a massacré en septembre etc .

Cochin a travaillé pour savoir qui était réellement ce «on». Et il a trouvé non pas le mythique peuple unanime, mais quelques meneurs qui réglaient leurs querelles de pouvoir entre eux, puis imposaient leur solution à la foule (1), dès la rédaction des cahiers de doléance.

Il ne s'agit pas d'une théorie du complot : Cochin ne pense pas, comme les contre-révolutionnaires, à une pieuvre franc-maçonne. Mais quand les individus sont atomisés et qu'il n'y a pas de corps intermédiaires (cas du règlement de vote des Etats Généraux de 1788, Cochin est très sévère vis-à-vis de Necker), quelques personnages convaincus et motivés, même peu nombreux, même peu organisés, sont en mesure de prendre barre sur la foule, avec un peu d'intimidation si besoin (Cochin considérait la révolution comme un bloc : la Terreur était déjà en germe dans certains comportements de 1788).

De nos jours, cette situation est bien connue et étudiée : la foule souffre du syndrome du passager clandestin. La majorité n'est point si convaincue ni si extrémiste que les meneurs, mais on espère que ça sera le voisin qui élèvera la voix pour dire à ceux-ci «Nous trouvons que vous exagérez». Ce syndrome est renforcé si les meneurs recourent à la menace et à la violence.

Nous retrouvons ce schéma systématisé par Lénine.

Le grand mérite de Cochin est de s'être attaché aux faits, d'avoir posé les question : qui ? Quand ? Comment ? (2)

Après la réponse précise, Cochin théorise et va vers la sociologie : si de tels meneurs ont pu apparaître, c'est que la société y était prête. Mais il n'oublie pas la contingence, les circonstances. On en revient à Necker : l'organisation des Etats Généraux (par exemple, le vote public) était la porte ouverte aux pires dérives, qui se sont effectivement produites (3).

Au long de cette révolution, la France n'a pas eu beaucoup de chance (4). Jusqu'au 9 thermidor, toutes les occasions de tomber du coté de la modération plutôt que du coté de la radicalisation ont été perdues.

Bien sûr, nous sommes loin de la légende révolutionnaire, nous sommes plus près de la Terreur et du génocide vendéen.

Mais, avec deux cents ans de recul, et aussi parce qu'en vieillissant je déteste de plus en plus la violence et les foules exaltées, je me demande si cette révolution était bien nécessaire.

Après tout, bien des pays ont accédé à des formes démocratiques dont nous pourrions prendre leçon sans de telles violences.

(1) : exactement ce que fait la direction du PS actuel vis-à-vis de ses militants.

(2) : «... il reste à mettre en pratique [cette prise de pouvoir par un groupuscule], sous la forme du tri des personnes, dont le moyen n’est certes pas la discussion philosophique, mais l’exclusion, l’expulsion. Augustin Cochin étudie ainsi le cas de la ville de Rennes. Sur les huit cents délégués des paroisses, il n’identifie que 5% tout au plus de sympathisants des " philosophes ", tous gens de la ville. Comment ces derniers pourraient-ils en imposer à cette masse essentiellement paysanne ? Cochin note la faiblesse de cette masse, composée de gens dépourvus de conscience commune, sans liens entre eux, sans chefs ni conseils, désorientés, bruyants, parfois ivres... La manoeuvre s’exécute en deux temps : des intrus, hommes de main à la solde des tireurs de ficelles, viennent grossir les rangs de cette assemblée déjà bien disparate. Un des agents du " petit peuple " propose alors d’exclure certains membres jugés indésirables. Après un gros tumulte, auquel participent les éléments du bas peuple qui se sont immiscés dans l’assemblée, le coup de force réussit, permettant dans les jours suivants au groupe dirigeant d’imposer l’ordre du jour et surtout de sélectionner les " bons " députés aux Etats Généraux. Le succès de l’opération est foudroyant, d’autant plus que la majorité des délégués des paroisses ne demandent qu’à rentrer chez eux où le travail les attend. Augustin Cochin cite le discours d’un personnage de la loge maçonnique " Parfaite Union " de Rennes (23 juillet 1789) : " Mes très chers frères, le triomphe de la liberté et du patriotisme est le triomphe le plus complet du véritable maçon. [...] Qu’il est beau, mes très chers frères, le jour où un roi citoyen vient annoncer qu’il veut commander à un peuple libre et former de son superbe empire une vaste loge dans laquelle tous les bons français vont véritablement être frères "... »

(3) : c'est pourquoi j'ai une aversion pour la «démocratie participative» de Ségolène Royal, car on sait bien, c'est justement une réminiscence de la révolution, ce qui sort de telles réunions : le débat est orienté par le maitre de cérémonies et ses quelques acolytes dans la foule. Mais, avant le «débat», ils ne représentaient qu'eux mêmes. Après le «débat», ils ont reçu l'onction du «peuple», et les mettre en cause revient à attaquer le peuple souverain, crime de lèse-majesté.

Le «débat» sert donc à sanctifier des opinions qui, auparavant, n'étaient que des idées parmi d'autres.

(4) : si seulement Louis XVI avait été un peu plus ferme au début (comment a-t-il pu tolérer sans répression qu'«on» baladât la tête du gouverneur de la Bastille sur une pique ? Essayez donc de faire pareil aujourd'hui, vous verrez comment le gouvernement, tout républicain qu'il est, réagira), on aurait peut-être eu une transition démocratique plus paisible. Et puis, il restait le conseil de Mirabeau : fuir l'émeute, non pas vers l'est, à cause du soupçon de trahison, mais vers l'ouest et reprendre la pouvoir à partir de la province (c'est exactement ce que Thiers, instruit par le précédent révolutionnaire, fera lors de la commune de 1871).

dimanche, décembre 28, 2008

A summer bright and terrible (David Fisher)

Ce livre est essentiellement pour réhabiliter, si il en était besoin, HCT Dowding.

Plus que tout autre, il mérite les lauriers de la Bataille d'Angleterre. C'est lui qui a conçu l'architecture de défense et fait développer les matériels, qui ont permis cette victoire. Il a de plus imaginé la meilleure (ou la moins mauvaise) stratégie possible.

Cependant la fin de sa carrière fut ce que les Anglais appellent une disgrace, une honte. Ni Churchill ni Douglas Bader ni Sholto Douglas ne se montrèrent dans cette affaire sous leur meilleur jour, c'est le moins qu'on puisse dire.

Cerné des médisances et des jalousies que lui valut son caractère abrupt, il fut démis comme un malpropre de son commandement du Fighter Command, un rapport officiel allant même jusqu'à dire que la Bataille d'Angleterre fut «mishandled», ce qui est rigoureusement l'inverse de l'avis de la majorité des pilotes de l'époque et de la totalité des historiens et experts actuels.

Mais déferle la bassesse, lui peut regarder le ciel sans pâlir et le terre sans rougir (1).

Deux conclusions :

> les hommes sont d'une ingratitude féroce même, et peut-être surtout, envers ceux à qui ils doivent le plus. Le sommet fut atteint par le Ministère de l'Air, qui réussit à écrire une histoire de la Bataille d'Angleterre sans mentionner Dowding, ce que Churchill compara à écrire l'histoire de Trafalgar sans parler de Nelson, mais lui-même fit peu de cas de Dowding dans ses propres mémoires.

> on finit toujours par savoir qui sont les vrais héros. Ni Douglas Bader (qui fut dans son genre un héros), ni Sholto Douglas n'ont leur statue sur le Strand. Dowding l'a (2). Les pilotes de base n'ont jamais eu aucun doute.

Enfin, on se concentre souvent sur les organisations, mais les individus comptent. Un De Gaulle, un Churchill, un Dowding, et la face du monde est changée.



Addendum : j'ai oublié de préciser. Dowding s'est opposé à Churchill sur l'envoi d'escadrons outre-Manche dans une tentative désespérée d'aider les Français. Ce qui a fait dire à Dowding : «Churchill peut raconter ce qu'il veut sur la Bataille d'Angleterre. Sans moi, il l'aurait perdue avant quelle commence.»

Hitler n'avait probablement pas l'intention de débarquer en Angleterre (Churchill en était convaincu, contrairement à ce qu'il dit dans ses discours). Mais si la RAF avait été éradiquée pendant la Bataille de France, le parti du «bon sens», c'est-à-dire de la négociation avec Hitler, de Lord Halifax aurait peut-être triomphé.

Enfin, la propagande vichyste a insisté sur la trahison britannique. Pourtant, il est clair que Churchill était prêt à se raccrocher à la moindre velléité de résistance française et c'est faute d'avoir reçu un signe d'une quelconque volonté de résister qu'il s'est résigné à retrancher derrière la Manche.

(1) : citation de De Gaulle pour les parachutistes de la France Libre qui me semble convenir à Dowding.

(2) : non pas payée par l'Etat, les haines des ronds-de-cuir sont tenaces et vous poursuivent par delà la mort, mais par une souscription des pilotes, ce qui augmente sa valeur.

jeudi, décembre 25, 2008

Préparez vous à une décennie perdue

Get ready for a lost decade

Sommes nous toujours en guerre avec l'Allemagne ?

Un ami me soutient que, juridiquement, nous sommes toujours en guerre avec l'Allemagne.

Les hostilités commencées par la déclaration de guerre française du 3 septembre 1939 ont été suspendues par l'armistice infamant, mais il n'y aurait pas eu de traité de paix mettant fin pour les juristes à cette guerre.

Ni la capitulation du 8 mai 1945 ni le traité franco-allemand du 22 janvier 1963 ne pourraient en tenir lieu.

Je suis surpris par cette thèse, et franchement incrédule. Un de mes savants lecteurs pourrait-il m'éclairer ?

mercredi, décembre 24, 2008

Joyeux Noël à tous

Instruction : le lycée de tous les dangers

J'aimerais bien savoir ce que pensent de ce texte, copié des Echos de ce jour, les adultes, inconscients et irresponsables, à mon avis, qui encouragent et tolèrent, voire qui organisent, les «mouvements» lycéens.

Je l'ai déjà écrit : la seule activité politique à laquelle les lycéens sont assez mûrs pour participer, c'est la guerre (civile ou étrangère) en tant que chair à canon.

Comme il serait préférable d'éviter cela, leur place est au travail, avec un bon coup de pied au cul si nécessaire.


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MICHEL SEGAL
Le lycée de tous les dangers
Il y a une semaine, Xavier Darcos renonçait à sa réforme du lycée, sans doute inquiet du risque d'épidémie présenté par des événements tels que le blocage répétitif d'établissements par les élèves. Au-delà de la péripétie d'une réforme avortée, c'est la question globale de l'autorité qui se pose justement dans l'institution censée l'incarner. Qu'en reste-t-il ? C'est parce que je suis enseignant dans le secondaire que je veux témoigner de la réalité d'une situation à cet égard très dégradée et qui présente un danger autrement plus inquiétant.

Ce 18 décembre au matin, un peu avant 8 heures, comme tous les jours depuis une semaine, un petit groupe d'élèves ferme la porte principale de mon établissement puis se poste à l'entrée latérale. La quinzaine de lycéens arbore des airs fiers, prend des postures militaires, porte parfois des brassards et forme une haie pour dévisager chaque élève qui se présente. Ce sont les bloqueurs, ils ont quinze ou seize ans. Ils laisseront entrer qui ils veulent et refouleront qui ne leur plaît pas. Par exemple, il leur arrive de laisser entrer les étudiants des classes préparatoires, mais d'autres fois, non. Ça dépend de leur humeur. Comme tous les enfants, et c'est bien naturel, ils sont contents de jouer aux soldats, ravis de soumettre la communauté à leur pouvoir discrétionnaire, pour une fois sans risquer de punitions. Le lycée sera-t-il fermé aujourd'hui ? y aura-t-il cours ? Il leur arrive d'être une vingtaine à décider en toute tranquillité de l'ouverture ou non d'un établissement de 1.500 élèves et de 150 enseignants. Ils mettent quelques poubelles devant la porte, se montrent entre 8 heures et 10 heures puis s'en vont. Les portes resteront fermées et les poubelles en tas toute la journée.

Jamais l'école ne m'a paru aussi efficace que dans cette forme singulière d'enseignement du mépris de la République et du droit. De fait, elle incite des adolescents à tenir ce discours : « Nous fermons le lycée quand bon nous semble et si ce droit nous est contesté, alors nous créerons des désordres. » Quant au millier d'autres, ceux respectueux de la loi qui croient donc encore à l'autorité de l'école, ils sont invités à baisser la tête et attendre. Les bloqueurs n'ont ni courage, ni imagination, ni conscience politique, et encore moins le sens de la révolte : ils font ce qu'on leur dit. Malheureusement, même à cela on ne peut leur trouver aucun mérite. Avec le temps, ils ont compris que la seule chose que les rectorats et directions d'établissement redoutent, ce sont les incidents. Autrement dit, ils savent qu'en face d'eux il n'y a rien d'autre que la peur. Ils s'imaginent prendre modèle sur les grandes gueules de Mai 68 lorsqu'ils ne reproduisent que les techniques des lieutenants de Hitler du début des années 1930 : menaces de troubles pour se faire obéir, utilisation de la faiblesse du pouvoir en place, intimidations par la terreur pour finalement parvenir à leur fin : imposer leur loi à la communauté.

Au lycée Honoré-de-Balzac à Paris, c'est chose faite. Que ce soit par le soutien de quelques enseignants complaisants et de parents nostalgiques, ou par le silence craintif et massif de tous les autres, c'est par la seule défaillance des adultes en charge de l'autorité que ces enfants sont devenus malgré eux de véritables archétypes fascistes. Lorsqu'ils sont là, en rang, pour dicter leur loi au chef d'établissement et aux autres élèves, lorsqu'il faut se glisser entre eux pour se soumettre à leur contrôle sous les yeux d'une direction navrée et impuissante qui se tient en retrait, il règne une odeur acre et pestilentielle : celle de l'oeuf du serpent.

Et qu'on ne s'y trompe pas, ces blocages n'ont absolument rien à voir avec une réforme ou une autre : autant sur un plan local que national, leur seul objectif est de contester la légitimité du pouvoir. A Balzac, la direction ayant choisi de ne pas s'opposer aux blocages, c'est devenu une simple formalité que de laisser fermer le lycée par quelques dizaines d'élèves mécontents. Au plan national, Darcos adopte la même tactique : après avoir retiré sa réforme (ce qu'il n'avait aucune raison objective de faire, à part la peur), il continue à présenter ses excuses aux lycéens qui continuent de bloquer puisque bon leur semble. Il peut maintenant promettre des états généraux ou des séminaires de réflexion sur la Lune, la partie est déjà perdue car ce qui est en jeu n'est pas une réforme, mais plutôt la question de savoir qui est le plus fort. Voici où nous en sommes : un proviseur demande aux élèves l'autorisation d'ouvrir le lycée pendant que le ministre demande aux enfants quelle éducation il doit leur donner. C'est le déni de sa propre autorité motivé par le refus de considérer les enfants et les jeunes pour ce qu'ils sont.

Pendant ce temps, les grands syndicats du secondaire fanfaronnent. Pour eux, les brigades de bloqueurs sont une aubaine car en interdisant l'entrée des lycées, ils permettent aux enseignants de faire une grève non déclarée comme telle, donc payée. Cela conduit à s'interroger sur la spontanéité et la motivation des fameux « syndicats lycéens », surtout à la lecture de leurs revendications et de leurs moyens d'action. C'est devant une promesse de troubles que le gouvernement a reculé, et pour les syndicats d'enseignants, c'est une victoire inespérée à laquelle ils ne pouvaient croire eux-mêmes, compte tenu de la faible mobilisation des personnels.

Pour l'instant donc, ils se félicitent de cette collaboration. Mais c'est encore une histoire d'apprenti sorcier qui finira mal. Cela ne prendra pas cinq ans avant que les petits frères de ces enfants-là, plus jeunes et d'humeur plus capricieuse, imposent par les mêmes méthodes leur loi là où il leur plaira. Combien de temps attendront les vautours avant de fondre maintenant sur les collèges pour fabriquer encore d'autres petites armées de « syndiqués », cette fois âgés de treize ans ? En voulant se concerter avec d'hypothétiques syndicats lycéens, puis en reculant devant eux, Xavier Darcos a pris successivement les deux attitudes à ne jamais adopter en matière d'éducation : la complaisance et la peur. Ayant renoncé à exercer son autorité, notre ministre ne saurait s'étonner de l'avoir perdue.

Piqué sur le blog Intelligence Economique des Echos

Comment "planter" à coup sûr une entreprise
[ 24/12/2008 - 14h02 ]
Pourquoi des entreprises réussissent là où d’autres échouent ?
Depuis son origine, l’intelligence économique tâche d’identifier les raisons et d’établir des référentiels utiles pour comprendre.
Voici proposés 16 commandements pour « planter » à coup sûr une entreprise

1. Penser d’abord à soi.
2. Raisonner pour économiser des impôts.
3. Pratiquer le népotisme ou sa variante, « la gouvernance des copains ».
4. Faire toute confiance aux experts.
5. Suivre à la lettre la Bourse et les conseils des analystes financiers.
6. Préférer le développement, même sans marge, pour obtenir plus tard une position forte
7. Développer le chiffre d’affaires et négliger la valeur ajoutée.
8. Raisonner en coût marginal.
9. Ne suivre les coûts salariaux qu’en BBS.
10. Fixer des bonus maximum.
11. Pratiquer des augmentations de salaires non individualisées.
12. Rechercher ou même accepter des subventions publiques.
13. Raisonner en BFR (Besoin de Fonds de Roulement).
14. Parler de « Partenaires sociaux ».
15. Négliger l’honnêteté intellectuelle et pratiquer la magouille (parfois appelée « creative accounting » ou en français « comptabilité flatteuse »).
16. Considérer la trésorerie comme une variable subalterne.

Voulez-vous le compléter ?

Gérard Philippot

Interrogations à 100%
[ 23/12/2008 - 12h40 ]
Dans un film comique des années 30, un personnage hésite à se rendre chez son dentiste, et décide de s’en remettre au sort : « Pile, j’y vais, face, j’y vais pas », « c’est pile, j’y vais pas quand même ». Morale de l’histoire : souvent quand quelqu’un ne veut pas faire quelque chose, il fait appel à une autorité tierce en espérant que celle-ci confortera sa position ; si l’inverse se produit il l’ignore et fait finalement ce qu’il avait décidé de faire dès l’origine.

Ainsi persistent ici ou là des situations qui ne s’expliquent que pour ces raisons. Malgré les données disponibles, malgré les faits, des responsables qui pourtant ont le savoir, n’en tiennent pas compte et acceptent des situations intenables soit par entêtement soit pour n’effrayer, ne culpabiliser, n’accuser, ne vexer, ne mécontenter personne.

La rigueur que requiert l’intelligence économique dans la prise en compte du réel et, dans sa communication aux décideurs, devrait pourtant s’imposer dans tous les cas.

Prenons l’exemple d’un sujet à l’ordre du jour depuis des années, dont l’importance sociale et financière est majeure : celui des affections de longue durée, graves et chroniques (ALD) remboursables à 100% par l’Assurance maladie. L’impact d’une décision à leur sujet peut se révéler considérable. Les gestionnaires-décideurs font appel régulièrement à des études qui fournissent chaque fois le même diagnostic, toujours ignoré. Par exemple : l’accroissement de la population métropolitaine en deux ans (2005 – 2006) a été de 706 000 personnes. Pendant ces deux mêmes années le nombre de personnes en ALD est passé de 6 millions à 7,7 millions soit 1,7 millions de personnes en plus. Aurait-on subitement tant vieilli pour expliquer une telle discordance ?

En 2001 déjà, la même distorsion était constatée : accroissement de la population de 400 000 ; nouvelles personnes mises en ALD : 900 000. Peut-être faut-il trouver là l’explication au paradoxe suivant : augmentation des dépenses en ALD, 41% ; accroissement de la population 1,9% (entre 2000 et 2003). Selon les derniers chiffres connus, 13,6% de notre population est officiellement en ALD à 100% ce qui ferait qu’en France plus d’un habitant sur 8 serait gravement malade …et pour la vie. En toute logique tous ces chiffres tendraient à démontrer que notre pays se meurt. Est-ce possible ?

Alors, faut-il réformer ou ne rien faire ? La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a proposé de reporter sur les mutuelles le remboursement des médicaments remboursés à 35% pour les patients ordinaires, mais à 100% pour les patients en ALD.

Première question concernant ces médicaments remboursés à 35% au lieu des 65% habituels : sont-ils moins remboursés que les autres parce que leur efficacité n’a pas été démontrée par la communauté scientifique ? Si tel est le cas, c’est de l’argent dépensé au mieux pour un effet placebo, au pire pour une absence totale d’action sur la maladie ciblée. La logique aurait voulu qu’on les déremboursât complètement. La CNAM a choisi de le faire progressivement : 35% puis 0% pour ne pas choquer un grand nombre de patients qui croient quasi religieusement à leur traitement.

Y-a-t-il d’autres causes ? Pourquoi cette décision a-t-elle entraîné une telle levée de boucliers ?

La réponse est à chercher évidemment auprès de ceux que cela concerne :

- chez le patient qui n’y a pas droit mais qui fait pression sur son médecin pour le mettre « à 100% »…. même lorsqu’il a une mutuelle qui pourrait payer le ticket modérateur,

- chez le médecin : chaque dossier ALD est en effet gratifié, depuis 2000/2001, d’une prime au médecin de 40 euros par an par la CNAM (300 millions par an…). Il est difficile de ne pas faire un rapport avec la montée vertigineuse du nombre de patients en ALD,

- chez les mutuelles : un patient à 100% ne leur coûte plus les 35% du ticket modérateur mais il continue à verser sa cotisation. C’est une belle rente,

- chez tous les « démagogues » pour qui toucher au moindre remboursement est une atteinte intolérable à la nécessaire « gratuité » de la médecine.

Reprenant la scène du début, les décideurs en charge de ces dossiers ont jusqu’ici fait comme le comédien, « pile, je réforme, face, je ne bouge pas », c’est « pile, je ne bouge pas quand même ».

Il serait néanmoins judicieux et instructif de mettre à jour et de faire savoir les raisons pour lesquelles des solutions qui apparemment s’imposent d’elles-mêmes ne sont jamais retenues.


Guy Abitbol

Finest Hour (Craig et Clayton)

C'est à la fois un DVD et un livre (vendus séparément).

Ils se répondent utilement. Le DVD est surtout fait de témoignages d'Anglais ayant vécu l'été 40, ce fameux été brillant et terrible, brillant pour les Anglais, terrible pour tout le monde.

Le livre étoffe les témoignages. Il ne cache rien des tensions et des doutes, à la fois des deux cotés de l'Atlantique et dans le Cabinet anglais.Il est complété d'extraits de journaux intimes.

Somme toute, rien d'inédit mais un ensemble plaisant.

Seul inconvénient tout est en Anglais.

La folie injectrice (11) : le Talmud et l'auto

Guy Sorman est décidément en grande forme :

Le talmud et l'auto.

Quand dix personnes réunies pensent la même chose , c'est qu'elles se trompent , dit le Talmud : car dix sages à la fois , cela ne se peut pas.

En cette fête de Hanuka, constatant que tous les gouvernements à l'unisson viennent en aide à leur industrie automobile nationale , cette parabole talmudique me revient à l'esprit : il faut envisager que ces gouvernements ne sont pas sages . A leur décharge, ce n'est pas leur argent

La rose vie associative

Extrait d'un article de Luc Rosenzweig dans Causeur :

«Dans le microcosme politique parisien, ce qui arrive aujourd’hui à Julien Dray ne surprend pas grand-monde : l’homme est depuis des décennies un bricoleur de génie en matière de création et de contrôle d’associations destinées à encadrer des mouvements plus ou moins spontanés [plutôt moins que plus] surgissant dans les facs, lycées et quartiers difficiles. Cette technique “mouvementiste”, apprise dans les rangs de la section française de la IVe internationale (canal Frank-Krivine), n’a rien en soi de répréhensible. L’avant-garde du prolétariat se met à la disposition des masses opprimées, leur fournit un package idéologique et organisationnel leur permettant de dépasser le stade de la révolte passionnelle contre les injustices de tout poil pour atteindre celui de l’action révolutionnaire consciente visant la prise du pouvoir par les masses laborieuses à l’échelle nationale, puis mondiale.

Mais lorsque cette technique est importée dans un contexte où le pouvoir est déjà détenu par celui qui veut s’en servir pour canaliser à son profit les révoltes de la jeunesse, cela donne le mitterrandisme associatif, version “degauche” du gaullisme immobilier. Grassement subventionnées, ces organisations plutôt maigres en forces militantes, mais très douées médiatiquement, deviennent des viviers de cadres pour les parti politiques qui les ont suscitées : mouvements étudiants, lycéens, antiracistes associations (SOS Racisme, Ni putes ni soumises), secrètent ainsi des leaders qui deviendront des permanents. Harlem Désir, Malek Boutih, Isabelle Thomas, Bruno Julliard sont sortis de ce moule.

Si on ne veut pas que l’investissement soit perdu, il est indispensable d’assurer un verrouillage bureaucratique très strict de ces organisations, afin d’éviter qu’elles aient la mauvaise idée de penser, d’agir et de décider par elles-mêmes [vive la liberté !]. C’est un domaine dans lequel excelle Julien Dray, bien qu’il ait subi un revers de taille en se faisant piquer Fadela Amara par Sarkozy, alors que le PS avait porté Ni putes ni soumises sur les fonts baptismaux et vers les fonds publics. Dans la pouponnière de Juju, ça ne rigole pas tous les jours.»

lundi, décembre 22, 2008

On est abruti quand on a 15 ans (2) : je ne suis pas seul

Dans les podcasts de BFM, j'ai trouvé ce commentaire de Marc de Scitivaux que je vous retranscris :

« _ Je voudrais dire quelque chose sur les lycéens. Personne ne le dit et ça m'énerve énormément. Les lycéens n'ont qu'à fermer leur gueule. Point final.

Leur compétence dans le domaine qui les concerne est inexistante. Ils n'ont pas 18 ans, ils ne sont pas votants, ils ne payent pas d'impôts, ils reçoivent le produit de nos impôts.

C'est à nous qui sommes des électeurs de plus de 18 ans de décider par les organes démocratiques des réformes à faire.

Si ils sont dans la rue, c'est de la faute de leurs parents à qui on devrait flanquer une bonne claque sur le derrière si ils ne sont pas capables de la donner à leurs enfants.

Il faut que ce soit dit.

La notion de "syndicat lycéen" est dans le genre "fariboles et conneries" une des choses les plus merveilleuses qu'on puisse entendre. Que le gouvernement ne le dise pas aussi fortement que moi prouve simplement l'extraordinaire démagogie qui règne dans ce pays. Personne n'ose dire la vérité.

La vérité : les lycéens sont en classe, ils ferment leur gueule, ils n'ont aucune espèce de lumière que ce soit sur l'organisation de leurs études. Ils ne sont pas capables d'avoir une seule idée intelligente là-dessus, ce n'est pas leur boulot.

Qu'ils commencent en classe par apprendre à écrire et à compter, il apparait clairement que ce n'est pas le cas pour beaucoup.

_ Donc, Marc de Scitivaux, vous n'avez pas envie de participer à un réveillon revendicatif dans un lycée ?

_ J'ai envie de leur envoyer un coup de pied au derrière pour qu'ils aillent manger des petits fours avec leurs parents.»

Ca soulage de voir que l'on n'est pas seul à garder un peu de bon sens (merci également aux commentateurs).

dimanche, décembre 21, 2008

Un site économique intéressant

En France, sauf rares exceptions, «site économique» signifie «site de tripatouilleurs de curseurs».

Il faut aller chercher les sites intéressants ailleurs :

Library of economics and liberty

La folie injectrice (10) : l'angoisse du goal au moment du penalty

Trouvé sur le blog de Guy Sorman :

Penalty


Deux disciples de l'école du choix rationnel, fondée par Gary Becker à Chicago , viennent de publier une étude sur le comportement des gardiens de but confrontés à un penalty .

Dans 95% des cas, le goal s'avère incapable de bloquer le ballon . Or , dans la totalité des cas, le gardien de but plonge à droite ou à gauche avant même que le but ne soit tiré : une stratégie d'apparence incohérente . Pour améliorer ses chances , le goal devrait plutôt rester immobile et au centre du filet .

Pourquoi plonge-t-il ? C'est que sachant qu'il n'arrêtera pas le ballon, il joue pour ses supporters et le public : on lui reprocherait , immobile et au centre , de ne faire rien, de ne pas agir. Irrationnel au regard du jeu, le gardien de but est cohérent dans le regard du public.

Cette analyse est-elle juste ? Sans doute , certains ici souhaiteront la réfuter, prouver qu'elle est fausse : allez-y.

Et , ne serait-ce pas une métaphore pour tout gouvernement confronté à une crise économique ? Bondir avant que le but ne soit tiré est probablement inutile mais satisfait le désir d'action, chez les joueurs et le public : on appelle cela "la relance".

samedi, décembre 20, 2008

Education : nostalgie

En notre époque de parents fous à lier, qui vivent dans la peur de traumatiser leurs enfants, qui perdent le sommeil à l'idée qu'ils puissent courir le moindre danger, qui les habillent comme des footballeurs américains pour aller au coin de la rue en vélo et qui leur obéissent au doigt et à l'oeil (je caricature à peine, certains parents me semblent bons pour l'asile), rappelons le bon temps pas si vieux :

Nostalgie

C'est mignon.

Les économistes et la crise

«Le keynesianisme est une preuve que l'économie ne doit pas être laissée aux économistes.»

J'ai trouvé cette citation dans un article du Wall Street Journal.

Il en profite pour rappeler que 364 économistes avaient signé une pétition disant que la politique de Mme Thatcher était suicidaire. On sait ce qu'il en est advenu : un collègue britannique m'expliquait encore récemment que, bien que de gauche, il considérait que le passage de la dame de fer avait été bénéfique.

J'avais déjà commencé une réflexion sur ce sujet après ma fréquentation d'Econoclaste.

Aujourd'hui, les économistes qu'on entend sont des mécanistes : pour eux, tout est histoire de curseurs, lesquels pousser, comment. Ils tiennent là dessus des propos fort savants et qui, quelquefois, m'en bouchent un coin ... et ont des débats houleux et obscurs.

Je n'ai qu'un problème : ils me rappellent ces astrologues médiévaux qui construisaient des systèmes planétaires fort élaborés dont le seul défaut était de tenir par des liens trop ténus à la réalité.

J'accorde beaucoup plus de considération aux démarches pragmatiques des micro-économistes.

Seule consolation : il y a des astrologues qui ont fait progresser l'astronomie.

jeudi, décembre 18, 2008

De la difficulté à définir le socialisme

Dès qu'on nous parle de socialisme, nous (je veux dire nous, infâmes libéraux aux pieds fourchus et à l'haleine fétide) pensons immédiatement à Staline, Pol Pot, Thorez et Mitterrand 1 (celui de 1981).

Paraît-il que nous errons gravement, que nous caricaturons, que nous sommes réducteurs.

Pas méchants, avides de savoir, nous cherchons à nous renseigner sur le socialisme, à acquérir ce rose sens de la nuance qui nous manque cruellement.

Nous savons bien que nous ne trouverons pas la réponse auprès du parti socialiste français : ce parti se caricature lui-même à un point qui ferait monter le rouge au front de libéraux pathologiques.

Nous posons des questions.

On nous dit que le socialisme se propose de corriger les imperfections du marché. Mais qui va juger de ces imperfections ? L'Etat. Très bien, nous applaudissons, mais qui va corriger les imperfections de l'Etat ? Silence embarrassé. Nous insistons, sur quels critères va-t-on juger ceci ou cela comme une imperfection du marché ? Ne serait-ce pas ouvrir la voie à la sélection par le plaignant le plus braillard, la victime le plus poignante, l'intérêt particulier le plus introduit auprès des puissants ? Vagues murmures peu convaincus, ni convaincants, sur les gouvernements élus représentant l'intérêt général, puis silence embarrassé.

On nous explique alors que le socialisme se carctérise par son aspiration sociale : il veut faire le bonheur des gens. Bruyamment, nous nous félicitons, nous applaudissons, quel noble but ! Mais un doute nous vient : toutes les doctrines politiques ne se proposent-elles pas, chacune à leur manière, de faire le bonheur des gens ? Silence embarrassé.

Nous sommes à deux doigts de conclure que le socialisme se caractérise par un silence embarrassé : le socialisme est un mutisme ? Mais ça ne correspond guère aux socialistes que nous connaissons, bruyants, querelleurs et donneurs de leçons. Le socialisme, ce n'est pas le monde du silence !

Alors, une dernière fois, nous insistons, nous chargeons bayonnette au canon. Qu'est-ce donc que le socialisme ? Là, révélation, on finit par nous donner une définition par la négative : le socialisme n'est ni le libéralisme, ni le communisme (bien au contraire).

Nous voilà bien renseignés !

Et vous, vous savez ce que c'est, le socialisme ?

mercredi, décembre 17, 2008

France-Suisse : une phrase saisie au vol qui explique bien des choses

«Pour mémoire, nous rappelons que la Suisse, qui se tire très honorablement de cette crise, ne compte que sept ministres; ces ministres n'ont chacun que trois membres du cabinet et n'ont pas de voitures de fonction.»

Nous, nous avons 38 ministres et secrétaires d'Etat. Ils ont tous voitures de fonction, escorte pléthorique et domesticité imposante. Ils vivent dans des palais à faire pâlir de jalousie des milliardaires.

La Suisse est prospère. La France s'appauvrit.

Y a-t-il un rapport ? Je le crois.

En France, on a beaucoup plus fort que Madoff

Comme le signale un lecteur, en France, nous avons beaucoup plus fort que Bernard Madoff en matière d'escroquerie pyramidale.

Ca s'appelle le système de retraite par répartition, et en plus les victimes ne peuvent pas s'échapper, verser son écot à l'escroquerie est obligatoire.

Alors Madoff, avec ses 50 Md $, petit joueur. Nous jouons avec 4 000 Md €.

La France, grand pays.