> La crise en elle-même ne m'a pas appris grand'chose sur le Proche-Orient.
> J'ai la confirmation que nous sommes bien mal dirigés. En effet, la position actuelle du gouvernement français est une position à usage interne, elle correspond à l'image que se fait le public français de la situation c'est-à-dire qu'il faut que "la communauté internationale", qui représente le droit et la justice comme chacun sait, s'interpose entre les cruels sionistes et les innocents Libanais. Seul hic : cela ne correspond absolument pas à la réalité puisqu'il n'y est question ni d'Iran ni de Syrie, qui sont le coeur du problème. C'est une limite de la démocratie d'opinion : on ne peut attendre de chaque Français qu'il pense en stratège et qu'il conseille en diplomate (1), mais c'est justement ce qu'on peut espérer de nos gouvernants. Une fois de plus, se confirme le fait que la devise de J. Chirac est "Gouverner, c'est mollir" : au moment où il faudrait être dur avec le Hezbollah, il est mou.
> Les medias français ne sont pas seulement mauvais, ils sont biaisés et manipulateurs, contre Israel. Dans la presse étrangère, il y a eu des articles sur la mise en scène du "massacre de Cana" ; Reuters a reconnu par un communiqué tout à fait officiel que certaines photos de Beyrouth ont été trafiquées ; les "victimes civiles" ne sont pas toutes tellement civiles ; la pratique du Hezbollah consistant à se cacher dans ou près des hopitaux, des postes de l'ONU, des écoles et des habitations méritait quelques éclaircissements ; la tactique israelienne est expliquée dans ses raisons.
La moindre des choses était de prendre un peu de recul, des pincettes, de rester circonspect, de remettre du contexte autour de l'événement ; par exemple avec un article sur les conditions de travail des journalistes à Beyrouth, "drivés" par les "public relations" du Hezbollah. Autre exemple, les medias français rapportent systématiquement les bombardements israeliens en mentionnant le nombre de victimes civiles. L'effet de répétition finit par créer le sentiment que les Israeliens s'ingénient à frapper des civils, ce qui est de la pure propagande islamiste. Il suffirait pourtant d'ajouter prudemment "le nombre de victimes militaires est caché par les autorités libanaises" pour rétablir un peu de vérité.
La désinformation par omission, voire, dans les cas extrêmes, par action, atteint un tel stade qu'il est impossible de la mettre sur le compte de la paresse des journalistes français. Il y faut des idées préconçues, une conviction, et même un engagement. Cet engagement, c'est l'anti-sionisme. Pourquoi pas ? Chaque journaliste est libre de ses opinions. Mais ce qui donne une force nocive à cet engagement, c'est que de très nombreux journalistes français semblent le partager (effet de groupe), être animés de la certitude qu'ils savent mieux que les autres (effet d'orgueil) et penser qu'ils ont pour mission non pas d'informer mais d'éveiller les consciences (effet Zola).
Comme en toute chose, rien ne vaut la pluralité des opinions pour faire jaillir la lumière. Hélas, c'est ce qui manque le plus au journalisme français à propos du Proche-Orient.
Tout cela aboutit à ce tableau pitoyable, fait de partialité, de transmission servile, d'omissions répétées, d'erreurs non corrigés, de doutes cachés, de vérités enfouies.
Seule consolation : grâce à internet, on peut accéder à toutes sortes de sources, israeliennes, libanaises, anglaises, suisses, américaines, iraniennes qui permettent par recoupement et comparaison de mieux comprendre. Mais ces recherches demandent du temps ; c'est pourquoi j'avais la naïve idée que je payais mon journal justement pour qu'un journaliste fasse ce travail à ma place. Puisque ce n'est pas ainsi, je ne sais plus pourquoi je paye mon journal.
Conclusion logique : j'ai cessé d'acheter le Monde, je le consulte maintanant sur internet, comme une source, pas trop fiable, parmi d'autres.
(1) : vous me trouverez peut-être naïf, mais mon plus grand étonnement est le vide intellectuel des contributions attachées par les abonnés internet aux articles du journal Le Monde. Des "bons" sentiments à la pelle, mais écrire que" bombarder des innocents, c'est mal" ne fait pas beaucoup avancer le débat, d'autant plus qu'en l'occurence, il n'y a aucune analyse des causes expliquant que des civils sont touchés (mis à part l'insensibilité et la cruauté congénitales des Israeliens). Le ton est non seulement très majoritairement anti-israelien, et quelquefois avec une passion stupide, mais, surtout les arguments sont d'une faiblesse insigne : au risque d'être présomptueux, je me dis, en lisant certaines opinions, à propos des auteurs "Et ça a le droit de vote !"
lundi, août 07, 2006
samedi, août 05, 2006
vendredi, août 04, 2006
Les meilleures sources d'informations sur le Proche-Orient
Actuellement, les meilleures sources sont les journaux israeliens, notamment les rubriques opinions, qui ne reculent pas devant des critiques très sévères d'Israel.
Haaretz
Jerusalem Post
Inversement, les sources arabes, qui n'ont pas la liberté de la presse, et les journaux français, ou même européens (la BBC est encore pire que Le Monde, si si c'est possible), qui se discréditent en servant la soupe au Hezbollah, ne valent rien.
Quelques sources libaniases sont intéressantes. (Libanascopie)
En jugeant les journaux d'un belligérant plus fiables que ceux de prétendus neutres, j'ai bien conscience qu'on pourrait m'accuser de prendre parti pour ce belligérant, c'est-à-dire Israel.
Je ne peux prétendre à l'objectivité, ça serait présomptueux, du moins je peux m'efforcer de garder du recul.
Or, les journaux israeliens parlent beaucoup de stratégie et de politique, y relient les faits connus, émettent des doutes sur la communication des belligérants, respectent la chronologie et l'importance relative des choses.
Toutes qualités que vous ne trouverez pas dans Le Monde, qui verse dans un pathos inconsistant.
Par exemple, à regarder les photos publiées par le journal bien-pensant et le texte qui les accompagne, il est impossible de savoir que 95 % de Beyrouth est absolument intact, l'impression est plutôt que Beyrouth va bientôt ressembler à Grozny.
Sur le site du New York Times, vous trouverez une video du correspondant à Beyrouth qui dit être à quelques centaines de mètres des immeubles bombardés : l'arrière-plan est révélateur, on y voit une circulation automobile tout ce qu'il y a de normale et même quelques embouteillages (ce qui n'est pas pour me rassurer : quiconque a circulé en voiture au Liban en a ramené une grande frousse !).
Bien entendu, je n'essaie d'amoindrir le drame que vit le Liban, mais seulement de lui donner ses proportions véritables.
Haaretz
Jerusalem Post
Inversement, les sources arabes, qui n'ont pas la liberté de la presse, et les journaux français, ou même européens (la BBC est encore pire que Le Monde, si si c'est possible), qui se discréditent en servant la soupe au Hezbollah, ne valent rien.
Quelques sources libaniases sont intéressantes. (Libanascopie)
En jugeant les journaux d'un belligérant plus fiables que ceux de prétendus neutres, j'ai bien conscience qu'on pourrait m'accuser de prendre parti pour ce belligérant, c'est-à-dire Israel.
Je ne peux prétendre à l'objectivité, ça serait présomptueux, du moins je peux m'efforcer de garder du recul.
Or, les journaux israeliens parlent beaucoup de stratégie et de politique, y relient les faits connus, émettent des doutes sur la communication des belligérants, respectent la chronologie et l'importance relative des choses.
Toutes qualités que vous ne trouverez pas dans Le Monde, qui verse dans un pathos inconsistant.
Par exemple, à regarder les photos publiées par le journal bien-pensant et le texte qui les accompagne, il est impossible de savoir que 95 % de Beyrouth est absolument intact, l'impression est plutôt que Beyrouth va bientôt ressembler à Grozny.
Sur le site du New York Times, vous trouverez une video du correspondant à Beyrouth qui dit être à quelques centaines de mètres des immeubles bombardés : l'arrière-plan est révélateur, on y voit une circulation automobile tout ce qu'il y a de normale et même quelques embouteillages (ce qui n'est pas pour me rassurer : quiconque a circulé en voiture au Liban en a ramené une grande frousse !).
Bien entendu, je n'essaie d'amoindrir le drame que vit le Liban, mais seulement de lui donner ses proportions véritables.
jeudi, août 03, 2006
De l'objectivité des medias
Je résume pour les non-anglophones :
> le correspondant de CNN admet que son reportage du 18 juillet sur les victimes civiles au Liban a été mis en scène de bon en bout ("stage-managed from start to finish") par le Hezbollah.
> Le correspondant de Time Magazine a révélé que le Hezbollah avait une copie des passeports des journalistes et qu'il avait harcelé quelques confrères.
Tant d'objectivité et de liberté laissent pantois et inspirent toute confaince !
CNN "senior international correspondent" Nic Robertson admitted that his anti-Israel report from Beirut on July 18 about civilian casualties in Lebanon, was stage-managed from start to finish by Hizbullah. He revealed that his story was heavily influenced by Hizbullah's "press officer" and that Hizbullah has "very, very sophisticated and slick media operations."
When pressed a few days later about his reporting on the CNN program "Reliable Sources," Robertson acknowledged that Hizbullah militants had instructed the CNN camera team where and what to film. Hizbullah "had control of the situation," Robertson said. "They designated the places that we went to, and we certainly didn't have time to go into the houses or lift up the rubble to see what was underneath."
[...]
Another journalist let the cat out of the bag last week. Writing on his blog while reporting from southern Lebanon, Time magazine contributor Christopher Allbritton, casually mentioned in the middle of a posting: "To the south, along the curve of the coast, Hizbullah is launching Katyushas, but I'm loathe to say too much about them. The Party of God has a copy of every journalist's passport, and they've already hassled a number of us and threatened one."
Source : Jerusalem Post (oui, je sais mais lisez l'article avant de critiquer : ils citent des émissions faciles à vérifier)
> le correspondant de CNN admet que son reportage du 18 juillet sur les victimes civiles au Liban a été mis en scène de bon en bout ("stage-managed from start to finish") par le Hezbollah.
> Le correspondant de Time Magazine a révélé que le Hezbollah avait une copie des passeports des journalistes et qu'il avait harcelé quelques confrères.
Tant d'objectivité et de liberté laissent pantois et inspirent toute confaince !
CNN "senior international correspondent" Nic Robertson admitted that his anti-Israel report from Beirut on July 18 about civilian casualties in Lebanon, was stage-managed from start to finish by Hizbullah. He revealed that his story was heavily influenced by Hizbullah's "press officer" and that Hizbullah has "very, very sophisticated and slick media operations."
When pressed a few days later about his reporting on the CNN program "Reliable Sources," Robertson acknowledged that Hizbullah militants had instructed the CNN camera team where and what to film. Hizbullah "had control of the situation," Robertson said. "They designated the places that we went to, and we certainly didn't have time to go into the houses or lift up the rubble to see what was underneath."
[...]
Another journalist let the cat out of the bag last week. Writing on his blog while reporting from southern Lebanon, Time magazine contributor Christopher Allbritton, casually mentioned in the middle of a posting: "To the south, along the curve of the coast, Hizbullah is launching Katyushas, but I'm loathe to say too much about them. The Party of God has a copy of every journalist's passport, and they've already hassled a number of us and threatened one."
Source : Jerusalem Post (oui, je sais mais lisez l'article avant de critiquer : ils citent des émissions faciles à vérifier)
Olmert sur Douste Blabla, dit "Condorcet"
Je trouve que c'est un bel exemple de foutage de gueule en termes diplomatiques et humoristiques.
Mickey d'Orsay, c'est un peu la honte.
Comment réagissez-vous aux propos de Philippe Douste-Blazy affirmant que l'Iran joue un rôle stabilisateur au Proche-Orient ?
E. Olmert : Je crois qu'il a rectifié ces propos. Est-ce vrai ? Lors de mes divers entretiens avec M.Douste-Blazy, j'ai trouvé que je pouvais facilement m'entendre avec lui sur… le football, et sur certaines questions politiques. Il est très charmant. Nous sommes tout à fait d'accord sur l'importance des biotechnologies.
Mais nous divergeons quelque peu sur le rôle que joue l'Iran. Lorsque j'entends le président de l'Iran dire qu'il faut rayer Israël de la carte, et lorsque je vois ses efforts pour obtenir des armes nucléaires, je ne vois pas très bien la stabilisation qu'il apporte
Mickey d'Orsay, c'est un peu la honte.
Comment réagissez-vous aux propos de Philippe Douste-Blazy affirmant que l'Iran joue un rôle stabilisateur au Proche-Orient ?
E. Olmert : Je crois qu'il a rectifié ces propos. Est-ce vrai ? Lors de mes divers entretiens avec M.Douste-Blazy, j'ai trouvé que je pouvais facilement m'entendre avec lui sur… le football, et sur certaines questions politiques. Il est très charmant. Nous sommes tout à fait d'accord sur l'importance des biotechnologies.
Mais nous divergeons quelque peu sur le rôle que joue l'Iran. Lorsque j'entends le président de l'Iran dire qu'il faut rayer Israël de la carte, et lorsque je vois ses efforts pour obtenir des armes nucléaires, je ne vois pas très bien la stabilisation qu'il apporte
Un exemple de manipulation journalistique
Hier, je vous disais tout le peu de bien que je pense des journalistes. Aujourd'hui, je tombe dans mon journal habituel sur un magnifique exemple de journalisme biaisé.
Le Monde publie un entretien avec le premier ministre israelien Olmert intitulé : Ehoud Olmert : "Il n'y a pas de limite" à l'offensive israélienne".
Le titre de l'article est à l'évidence biaisé. Factuellement, c'est vrai, la phrase est extraite de l'entretien, il n'empêche que le sens de l'entretien est tout le contraire : limite dans le temps (arrivée d'une force internationale), limite dans l'objectif (juste le Hezb), limite dans l'espace (pas d'extension à la Syrie).
Je ne donne pas d'opinion sur le fond des propos de Ehoud Olmert, c'est une autre histoire. Je prends juste Le Monde en flagrant délit de malhonnêteté.
Le Monde publie un entretien avec le premier ministre israelien Olmert intitulé : Ehoud Olmert : "Il n'y a pas de limite" à l'offensive israélienne".
Le titre de l'article est à l'évidence biaisé. Factuellement, c'est vrai, la phrase est extraite de l'entretien, il n'empêche que le sens de l'entretien est tout le contraire : limite dans le temps (arrivée d'une force internationale), limite dans l'objectif (juste le Hezb), limite dans l'espace (pas d'extension à la Syrie).
Je ne donne pas d'opinion sur le fond des propos de Ehoud Olmert, c'est une autre histoire. Je prends juste Le Monde en flagrant délit de malhonnêteté.
Une politique rusée de la France ?
Le gouvernement français exige le cessez-le-feu au Liban tout retardant sa mise en oeuvre.
Si c'est une subtile politique pour laisser le temps à Israel d'achever le Hezbollah tout en préservant l'image "arabe" de la France, ce n'est pas mal joué, même si l'honnêteté et la franchise en prennent un coup.
Malheureusement, les politiciens français, et notamment J. Chirac, étant peu familiers de l'action en politique, des durs choix qu'elle suppose parfois (1), je crois plutôt qu'il faut prendre au premier degré la demande de cessez-le-feu (2) et mettre le retard sur la pusillanimité de nos gouvernants.
Je leur laisse tout de même le bénéfice du doute.
(1) : Nicolas Baverez pense que la devise de Jacquot est "Gouverner, c'est mollir"
(2) alors, que tout bien considéré, l'action actuelle d'Israel est dans l'intérêt du Liban (hé oui) et de la France.
ue l'élimination du Hezbollah en tant que force armée soit un bienfait pour le Liban est peu contestable, sauf à être islamiste. L'impact sur l'économie pourrait être assez vite réparé si un Liban plus stable rassurait les investisseurs. Enfin, le nombre de morts assurément civils reste relativement limité (moins d'un mois d'accidents de la route).
C'est dommage qu'on soit obligé d'en passer par ces méthodes cruelles, mais quelquefois, il faut ce qu'il faut.
Quant aux histoires de "rancoeur accumulée qui crée de nouveaux terrroristes", c'est vrai seulement dans la mesure où il n'y a pas d'autre exutoire à la frustration. Si, comme en Irlande par exemple, les dirigeants changent de discours et donnent un autre but (la prospérité par exemple), on verra autre chose
Si c'est une subtile politique pour laisser le temps à Israel d'achever le Hezbollah tout en préservant l'image "arabe" de la France, ce n'est pas mal joué, même si l'honnêteté et la franchise en prennent un coup.
Malheureusement, les politiciens français, et notamment J. Chirac, étant peu familiers de l'action en politique, des durs choix qu'elle suppose parfois (1), je crois plutôt qu'il faut prendre au premier degré la demande de cessez-le-feu (2) et mettre le retard sur la pusillanimité de nos gouvernants.
Je leur laisse tout de même le bénéfice du doute.
(1) : Nicolas Baverez pense que la devise de Jacquot est "Gouverner, c'est mollir"
(2) alors, que tout bien considéré, l'action actuelle d'Israel est dans l'intérêt du Liban (hé oui) et de la France.
ue l'élimination du Hezbollah en tant que force armée soit un bienfait pour le Liban est peu contestable, sauf à être islamiste. L'impact sur l'économie pourrait être assez vite réparé si un Liban plus stable rassurait les investisseurs. Enfin, le nombre de morts assurément civils reste relativement limité (moins d'un mois d'accidents de la route).
C'est dommage qu'on soit obligé d'en passer par ces méthodes cruelles, mais quelquefois, il faut ce qu'il faut.
Quant aux histoires de "rancoeur accumulée qui crée de nouveaux terrroristes", c'est vrai seulement dans la mesure où il n'y a pas d'autre exutoire à la frustration. Si, comme en Irlande par exemple, les dirigeants changent de discours et donnent un autre but (la prospérité par exemple), on verra autre chose
Roquettes : encore faut-il savoir viser ...
Hier, une roquette du Hezbollah a atterri sur le village palestinien de Jénine sans faire de victimes. Pas un commentaire dans la presse française sur cette "frappe aveugle et disproportionnée" ? Comme c'est étrange :-)
Les chèvres sont-elles douées pour la Kalachnikov ?
Ce commentaire, que je trouve comique, piqué sur le site de Ludovic Monnerat :
Bravo pour ce blog... Enfin des gens qui tendent vers l'honnêteté intellectuelle et le respect des FAITS.
Encore une petite info sur le Hezbollah: au Sud-Liban, parmi les soi-disant "victimes civiles innocentes de l'aggression israélienne", il y a eu paraît-il de nombreux "bergers"...
En Suisse, on compte généralement un berger pour une trentaine de bêtes, voire plus... Or, au Sud-Liban, des photos montrent qu'il faut à peu près inverser les choses: environ 30 "bergers" pour une ou deux chèvres... Mais les journaleux de nos media, fidèles à la doxa ambiante, jugent ce genre d'information peu utile... No comment...
Bravo pour ce blog... Enfin des gens qui tendent vers l'honnêteté intellectuelle et le respect des FAITS.
Encore une petite info sur le Hezbollah: au Sud-Liban, parmi les soi-disant "victimes civiles innocentes de l'aggression israélienne", il y a eu paraît-il de nombreux "bergers"...
En Suisse, on compte généralement un berger pour une trentaine de bêtes, voire plus... Or, au Sud-Liban, des photos montrent qu'il faut à peu près inverser les choses: environ 30 "bergers" pour une ou deux chèvres... Mais les journaleux de nos media, fidèles à la doxa ambiante, jugent ce genre d'information peu utile... No comment...
Je suis victime de la censure
J'avais laissé sur le site du Monde un commentaire mettant en doute (et non pas niant) le "massacre de Cana". J'ai été aussitôt traité de négationniste (ben voyons).
On remarquera toujours cette obsession de la 2ème GM, Israel étant vu par les mêmes comme "fasciste, génocidaire, criminel contre l'humanité".
J'en viens de plus en plus à considérer que cet anti-israelisme l'écume aux lèvres viendrait d'un passé mal assumé : Puisqu'on n'a pas pu sauver les victimes de cette folie européenne, le génocide des juifs, essayons de ternir les descendants symboliques des victimes, les Israeliens, pour avoir moins mal.
Israel est très critiquable, mais avec des faits, des arguments, pas avec cette emphase hors de toute mesure. Je me dis donc que seuls le refoulé et le déni peuvent donner une motivation et une énergie assez fortes pour alimenter une telle colère.
Pour en revenir au "massacre de Cana" sur le site du Monde, j'ai ensuite donné , en réponse aux lecteurs, divers liens afin qu'ils puissent se faire une idée. Aucun de ces messages, qui ne contenaient pas un mot plus haut que l'autre, n'a été publié par Le Monde, marrant, non ?
Les journalistes français ne remontent pas dans mon estime, où ils n'étaient pas bien haut. Dans mon esprit, journaliste devient synonyme de : partisan, conformiste, moutonnier, paresseux, malhonnête, bas de plafond et fat. Ca vous surprend ?
Heureusement, il y en a sûrement quelques uns qui sauvent l'honneur, mais lesquels ?
Je suis particulièrement heureux d'être victime de quelque chose, ça me manquait, j'avais l'impression de ne pas être à la mode.
Bon, ce n'est pas tout : il faut que je monte un comité de défense, que j'alerte les medias, que je fasse part de mon indicible souffrance, que j'attaque en justice afin de "pouvoir faire mon deuil" (et non pas vulgairement de gagner des sous). Ca ne paraît pas, mais victime, c'est un boulot à plein temps.
On remarquera toujours cette obsession de la 2ème GM, Israel étant vu par les mêmes comme "fasciste, génocidaire, criminel contre l'humanité".
J'en viens de plus en plus à considérer que cet anti-israelisme l'écume aux lèvres viendrait d'un passé mal assumé : Puisqu'on n'a pas pu sauver les victimes de cette folie européenne, le génocide des juifs, essayons de ternir les descendants symboliques des victimes, les Israeliens, pour avoir moins mal.
Israel est très critiquable, mais avec des faits, des arguments, pas avec cette emphase hors de toute mesure. Je me dis donc que seuls le refoulé et le déni peuvent donner une motivation et une énergie assez fortes pour alimenter une telle colère.
Pour en revenir au "massacre de Cana" sur le site du Monde, j'ai ensuite donné , en réponse aux lecteurs, divers liens afin qu'ils puissent se faire une idée. Aucun de ces messages, qui ne contenaient pas un mot plus haut que l'autre, n'a été publié par Le Monde, marrant, non ?
Les journalistes français ne remontent pas dans mon estime, où ils n'étaient pas bien haut. Dans mon esprit, journaliste devient synonyme de : partisan, conformiste, moutonnier, paresseux, malhonnête, bas de plafond et fat. Ca vous surprend ?
Heureusement, il y en a sûrement quelques uns qui sauvent l'honneur, mais lesquels ?
Je suis particulièrement heureux d'être victime de quelque chose, ça me manquait, j'avais l'impression de ne pas être à la mode.
Bon, ce n'est pas tout : il faut que je monte un comité de défense, que j'alerte les medias, que je fasse part de mon indicible souffrance, que j'attaque en justice afin de "pouvoir faire mon deuil" (et non pas vulgairement de gagner des sous). Ca ne paraît pas, mais victime, c'est un boulot à plein temps.
mercredi, août 02, 2006
Derniers développements au Liban
Les évènements de ces dernières heures confirment ce qu'on pouvait deviner : le but de guerre d'Israel est d'ôter toute capacité militaire au Hezbollah, vassal de l'Iran, non pas en s'attaquant au matériel mais aux hommes : troupes d'élite, cadres, techniciens, conseillers militaires syriens ou iraniens ; de manière à ne plus vivre sous une menace iranienne par procuration à ses frontières.
Il semblerait que ça soit en bonne voie (par exemple, les tirs de roquettes diminuent et en plus sont nettement moins précis, ce qui laisse soupçonner une pénurie de personnel qualifié).
Cela enlève pour le futur un risque d'escalade entre Israel et l'Iran, ce qui est particulièrement important si l'Iran devient puissance nucléaire (1).
Ceci ferait du Liban un pays plus libre (car le Hezbollah poursuit des objectifs qui sont ceux de puissances étrangères et non du pays) et constituerait une défaite pour l'Iran et la Syrie. Ce résultat étant considéré comme souhaitable par la quasi-totalité des acteurs (sauf bien entendu l'Iran et la Syrie), y compris les politiciens libanais non inféodés au Hezbollah (2), l'absence de réaction concrète s'explique : on fait du bruit avec la bouche (3) mais on se garde bien de rien faire qui puisse vraiment gêner l'action israelienne.
En raisonnant par rapport à l'enjeu, les accusations de riposte israelienne "disproportionnée" sont pour le moins légères, voire de mauvaise foi (4). Quant à la prétendue cécité des bombardements, il ne faut pas oublier qu'un combattant du Hezbollah à qui on a retiré sa Kalachnikov est une pauvre victime civile des affreux sionistes.
J'ai pu lire des évaluations par des journalistes libanais de victimes véritablement civiles entre 300 et 700, c'est toujours trop, mais on est loin des 1500 annoncées hier par le Figaro.
Je vous signale au passage que Ludovic Monnerat se fait l'écho des doutes sur la réalité du "massacre de Cana" (Autopsie d'une mise en scène ? )
Je suis navré que ça ne soit pas du tout ainsi que la situation soit présentée au public français, mais je me suis fait une raison : notre presse est tellement habituée à servir la soupe à la gauche (pour qui Israel est le diable), à ne plus aller enquêter elle-même et à jouer de l'émotion qu'il est vain d'en attendre grand'chose.
Maintenant, tournons nous vers l'avenir. Autant je fais confiance à Israel pour gagner la guerre, autant j'ai un doute sur la paix.
Il est clair qu'un élément apaisant serait un Liban indépendant, plus à la recherche de prospérité que du conflit avec le bouc-émissaire sioniste. Ceci suppose l'accord de la Syrie, qui a toute capacité à pourrir le Liban ; c'est-à-dire qu'il faudrait que la Syrie aille contre l'Iran, qui, lui, a intérêt à l'anarchie au Liban.
Aujourd'hui, la Syrie est proche de l'Iran parce que ses réserves pétrolières s'épuisent et qu'il lui faut un allié pour la soutenir (et pour soutenir la dictature en place). Comment détacher la Syrie de l'Iran sans effrayer la caste au pouvoir, avec laquelle il faut bien composer ?
Je n'ai pas de réponse, mais c'est un problème crucial. Je suppose que la Russie, qui est proche de la Syrie et n'a pas un grand amour pour les islamistes, a un rôle essentiel à jouer.
Dans un mouvement audacieux, Israel pourrait rendre le plateau du Golan comme signe d'apaisement en échange d'autres garanties (par exemple, l'accord de la Syrie pour une force d'interposition au Liban). Je crois que le Golan ne serait pas cher payer pour Israel si cela pouvait être gage d'un Liban libre.
Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait, mais il me semble que la situation se clarifie à grands pas.
J'espère que la France, revenant de ses lubies de "politique arabe", qui consiste à défendre le statu-quo, jouera un rôle constructif. Je n'en suis pas sûr.
(1) : leçon de la crise des missiles de Cuba : éviter au maximum les occasions de friction entre puissances nucléaires
(2) : il semble que beaucoup de politiciens libanais ont un double discours : scandalisés dans les médias, bien contents en privé qu'on les débarrasse de l'Etat dans l'Etat hezbollahi.
(3) : dont notre inénarrable ministre des affaires étrangères, que le monde ne nous envie pas, Douste-Blabla, dit "Condorcet", qui a prononcé une phrase qui méritera de figurer au top du bêtisier 2006 : "L'Iran est une puissance stabilisatrice de la région."
(4) : Beyrouth n'est pas détruit, on peut estimer que 95 % de la ville est intact, notamment les quartiers reconstruits du centre-ville, et les destructions sont très localisées. De même pour le reste du Liban. Seule l'économie est gravement touchée, mais ce n'est peut-être pas si irrémédiable : comme d'habitude, l'UE et l'Arabie Saoudite paieront.
Il semblerait que ça soit en bonne voie (par exemple, les tirs de roquettes diminuent et en plus sont nettement moins précis, ce qui laisse soupçonner une pénurie de personnel qualifié).
Cela enlève pour le futur un risque d'escalade entre Israel et l'Iran, ce qui est particulièrement important si l'Iran devient puissance nucléaire (1).
Ceci ferait du Liban un pays plus libre (car le Hezbollah poursuit des objectifs qui sont ceux de puissances étrangères et non du pays) et constituerait une défaite pour l'Iran et la Syrie. Ce résultat étant considéré comme souhaitable par la quasi-totalité des acteurs (sauf bien entendu l'Iran et la Syrie), y compris les politiciens libanais non inféodés au Hezbollah (2), l'absence de réaction concrète s'explique : on fait du bruit avec la bouche (3) mais on se garde bien de rien faire qui puisse vraiment gêner l'action israelienne.
En raisonnant par rapport à l'enjeu, les accusations de riposte israelienne "disproportionnée" sont pour le moins légères, voire de mauvaise foi (4). Quant à la prétendue cécité des bombardements, il ne faut pas oublier qu'un combattant du Hezbollah à qui on a retiré sa Kalachnikov est une pauvre victime civile des affreux sionistes.
J'ai pu lire des évaluations par des journalistes libanais de victimes véritablement civiles entre 300 et 700, c'est toujours trop, mais on est loin des 1500 annoncées hier par le Figaro.
Je vous signale au passage que Ludovic Monnerat se fait l'écho des doutes sur la réalité du "massacre de Cana" (Autopsie d'une mise en scène ? )
Je suis navré que ça ne soit pas du tout ainsi que la situation soit présentée au public français, mais je me suis fait une raison : notre presse est tellement habituée à servir la soupe à la gauche (pour qui Israel est le diable), à ne plus aller enquêter elle-même et à jouer de l'émotion qu'il est vain d'en attendre grand'chose.
Maintenant, tournons nous vers l'avenir. Autant je fais confiance à Israel pour gagner la guerre, autant j'ai un doute sur la paix.
Il est clair qu'un élément apaisant serait un Liban indépendant, plus à la recherche de prospérité que du conflit avec le bouc-émissaire sioniste. Ceci suppose l'accord de la Syrie, qui a toute capacité à pourrir le Liban ; c'est-à-dire qu'il faudrait que la Syrie aille contre l'Iran, qui, lui, a intérêt à l'anarchie au Liban.
Aujourd'hui, la Syrie est proche de l'Iran parce que ses réserves pétrolières s'épuisent et qu'il lui faut un allié pour la soutenir (et pour soutenir la dictature en place). Comment détacher la Syrie de l'Iran sans effrayer la caste au pouvoir, avec laquelle il faut bien composer ?
Je n'ai pas de réponse, mais c'est un problème crucial. Je suppose que la Russie, qui est proche de la Syrie et n'a pas un grand amour pour les islamistes, a un rôle essentiel à jouer.
Dans un mouvement audacieux, Israel pourrait rendre le plateau du Golan comme signe d'apaisement en échange d'autres garanties (par exemple, l'accord de la Syrie pour une force d'interposition au Liban). Je crois que le Golan ne serait pas cher payer pour Israel si cela pouvait être gage d'un Liban libre.
Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait, mais il me semble que la situation se clarifie à grands pas.
J'espère que la France, revenant de ses lubies de "politique arabe", qui consiste à défendre le statu-quo, jouera un rôle constructif. Je n'en suis pas sûr.
(1) : leçon de la crise des missiles de Cuba : éviter au maximum les occasions de friction entre puissances nucléaires
(2) : il semble que beaucoup de politiciens libanais ont un double discours : scandalisés dans les médias, bien contents en privé qu'on les débarrasse de l'Etat dans l'Etat hezbollahi.
(3) : dont notre inénarrable ministre des affaires étrangères, que le monde ne nous envie pas, Douste-Blabla, dit "Condorcet", qui a prononcé une phrase qui méritera de figurer au top du bêtisier 2006 : "L'Iran est une puissance stabilisatrice de la région."
(4) : Beyrouth n'est pas détruit, on peut estimer que 95 % de la ville est intact, notamment les quartiers reconstruits du centre-ville, et les destructions sont très localisées. De même pour le reste du Liban. Seule l'économie est gravement touchée, mais ce n'est peut-être pas si irrémédiable : comme d'habitude, l'UE et l'Arabie Saoudite paieront.
mardi, août 01, 2006
La tactique de l'armée israelienne
Une explication donnée par l'agence arabo-israelienne (si, si, c'est possible) Metula News Agency :
Gueule de bois stratégique
Gueule de bois stratégique
Le Hezbollah à genoux ?
Fidèle à mon voeu de silence, je ne fais que vous répéter un lien que je vous avis déjà mis en commentaire :
Une saignée discrète et mortelle
Il semble bien que ce message soit prémonitoire. Dépêche d'une agence libanaise ce matin :
Hier, lundi, le Hezbollah a été incapable de tirer la moindre roquette contre le territoire israélien. Cela fait déjà 4 jours que les terroristes n'ont pas réussi à atteindre la région de Haïfa.
Comme il est peu probable que cela vienne de la bonté d'âme du Hezbollah, on peut supposer qu'Israel est en passe d'atteindre un de ses buts de guerre.
On pourra discuter ensuite des tactiques utilisées, mais enfin tous ceux qui ont hurlé à la "riposte disproportionnée" auront l'air un peu couillons si ça se confirme (je suis désolé d'être aussi cynique, mais la guerre, ce n'est pas une réunion de poètes, il n'y a que le résultat qui compte).
Restera à valider ensuite que la victoire est bien une victoire, c'est-à-dire que le Hezbollah ne va pas se recréer ensuite, mais de ce coté, un espoir (fragile) peut être entretenu : pour la première fois au Liban , certains, dont des musulmans, ont osé traiter le Hizb d'irresponsable.
Une saignée discrète et mortelle
Il semble bien que ce message soit prémonitoire. Dépêche d'une agence libanaise ce matin :
Hier, lundi, le Hezbollah a été incapable de tirer la moindre roquette contre le territoire israélien. Cela fait déjà 4 jours que les terroristes n'ont pas réussi à atteindre la région de Haïfa.
Comme il est peu probable que cela vienne de la bonté d'âme du Hezbollah, on peut supposer qu'Israel est en passe d'atteindre un de ses buts de guerre.
On pourra discuter ensuite des tactiques utilisées, mais enfin tous ceux qui ont hurlé à la "riposte disproportionnée" auront l'air un peu couillons si ça se confirme (je suis désolé d'être aussi cynique, mais la guerre, ce n'est pas une réunion de poètes, il n'y a que le résultat qui compte).
Restera à valider ensuite que la victoire est bien une victoire, c'est-à-dire que le Hezbollah ne va pas se recréer ensuite, mais de ce coté, un espoir (fragile) peut être entretenu : pour la première fois au Liban , certains, dont des musulmans, ont osé traiter le Hizb d'irresponsable.
lundi, juillet 31, 2006
Le Proche-Orient rend fou, mais l'étude de la folie n'est pas sans intérêt
Je connais suffisamment le Proche-Orient, je m'y intéresse depuis suffisamment longtemps et du point de vue de tous les "belligérants" pour avoir une certaine "philosophie" : il n'y a ni bons ni méchants, il y a des gens qui poursuivent des buts plus ou moins honorables avec des méthodes plus ou moins morales. A prendre des positions seulement morales sans considérer le froid calcul politique, les manoeuvres et les intérêts (voir mon message précédent), on risque le ridicule.
J'ai beau m'attendre à tout de notre bien-pensance, je suis un peu surpris de la violence des réactions anti-israeliennes ; d'autant qu'elles ne découlent pas d'une analyse circonstanciée des événements. Par exemple, elles prennent très peu, voire pas du tout, en compte les autres acteurs (Hamas, Hezbollah, Liban, Syrie, Iran), leurs actions, leurs responsabilités et leurs motivations et encore moins l'opinion arabe (Understanding Arab media analysis).
Je suis estomaqué par la violence des passions et des propos, bien proches de l'hystérie. C'est désespérant : si nous, qui ne sommes quoi qu'on en dise pas directement impliqués dans le conflit, sommes incapables de réagir de manière sereine et distanciée, comment attendre des acteurs qu'ils agissent avec raison ?
Ce phénomème m'intéresse, voire me captive, en tant qu'objet d'étude : je parcours avec attention les débats attachés aux articles du journal Le Monde, j'y cherche les opinions absurdes, qui ne sont pas rares hélas, et j'essaie d'en comprendre les raisons.
Elles sont souvent inquiétantes et révélatrices sur le fond des pensées de leurs défenseurs, intolérants et absolutistes, mais c'est ainsi : il y aura toujours des gens persuadés de détenir la Vérité et d'avoir le devoir de l'imposer aux autres. Sont-ils, comme le prétendent certains, les "idiots utiles" du "fascisme vert" ? C'est possible, mais cette idée de "fascisme vert" me gêne encore : "obscurantisme" me suffirait.
Je note que leurs opinions reprennent souvent les traits attribués aux medias arabes :
> la primauté de l'identité : "Tu penses ce que tu penses parce que tu es qui tu es" avec pour corollaire "Etant ce que tu es, ton opinion sur tel sujet est partisane, ne vaut rien, quels que soient tes arguments" Exemple typique de ce raisonnement : "Tu soutiens Israel (ou tu te contentes d'être neutre), donc tu es pro-américain, donc tu es ultra-libéral (insulte suprême), donc ton opinion ne vaut rien."
> la recherche de l'absolu : il n'y a pas de gris, il n'y a que du noir et blanc "Si tu n'es pas contre Israel, c'est que tu es pour." (et vice-versa comme dirait W.) On applique comme grille d'analyse le Proche-Orient idéal en paix, prospère, débarrassé d'israel, etc. et l'on mesure les écarts. Je pense que cette attitude (comparer le réel avec une utopie) est directement héritée du communisme, concerne les mêmes populations et mène aux mêmes impasses.
> les théories du complot : on n'est généralement plus dans le billard à trois bandes mais plutôt à seize dix-huit ou plus. On tient souvent lesthéories du complot pour un trait fasciste. C'est bien possible, mais je crois surtout qu'elles permettent d'éliminer la complexité du monde : il est plus rassurant d'imaginer une machiavélique volonté humaine à la source de tout, même après de nombreux ricochets, que de faire sa place au hasard, à l'erreur, à la bêtise, à l'enchainement non maitrisé des évévements, aux circonstances imprévues.
> Enfin dernier élément du cocktail délirant : une ignorance qui fait que l'on ne peut pas échafauder une argumentation sur des faits ; on ne peut alors que poser des jugements sommaires ("Tuer des enfants, c'est scandaleux") qui n'apportent aucune lumière. On en arrive au narcissique "Que je me vois si résistant-antifasciste-compatissant (rayer la mention inutile) en ce miroir médiatique".
L'autre solution, pour les ignorants, serait de se taire, mais c'est au-dessus des forces de beaucoup.
Dans tout cela, je retrouve la trace des exaltations collectives broyant l'individu (les guerres de religion, le communisme, le fascisme) : être persuadé que la Cause est Juste, trouver réconfort à se trouver du coté de la Juste Cause, prendre plaisir à être au coude à coude avec d'autres partisans de la Juste Cause, exhiber son courage en combattant les ennemis de la Cause, exalter le prépondérance du sentiment Juste, forcément Juste, sur la triste et compasseé raison des froids, des timides, des sans-coeurs.
Le rouleau compresseur des bons sentiments, quand il a été en mesure d'agir, a toujours mené au bain de sang : le monde est sale, impur, un monde pur et parfait est impossible, mais on peut tenter d'y arriver en éradiquant le maximum d'impurs. Au Proche-Orient, on est dans la même logique : chaque camp a ses Purs prêts à exterminer l'autre camp sans remords.
Nous, en France, avons aussi nos Purs (j'ai pris en exemple ceux du camp anti-israelien, mais je suis bien sûr qu'il y en a aussi dans le camp pro-israelien, sans doute moins populeux). Il ne leur manque qu'une chose pour être véritablement nocifs : le pouvoir ; qui serait à n'en pas douter utilisé à faire taire les voix discordantes ou même pire.
Je pense avoir fait le tour de la situation proche-orientale dans la mesure de mes moyens, je vous ai indiqué certains des sites que je consulte, il ne me reste plus qu'à me taire jusqu'à ce que la situation évolue.
Par politesse, je continuerai à répondre à ceux qui ont l'amabilité de me laisser des commentaires. Je suis particulièrement preneur des témoignages et des informations factuelles ("informations factuelles" est un pléonasme, mais de nos jours, on n'est jamais trop prudent).
Un petit bonus pour ceux qui ne sont pas encore emportés par la chaleur de la passion :
Une saignée discrète et mortelle
Si Ludovic Monnerat a raison (ce que je souhaite), la fin du Hezbollah comme force armée n'est pas loin.
Malheureusement, je n'ai trouvé que des sources israeliennes donnant les pertes du Hezbollah (évidemment, vu l'ambiance quasi hystérique dont je vous parlais précédemment, ce n'est pas dans la presse française qu'on va apprendre que les actions israeliennes, au lieu d'être seulement vaines et cruelles, pourraient avoir un sens et même être efficaces).
J'ai beau m'attendre à tout de notre bien-pensance, je suis un peu surpris de la violence des réactions anti-israeliennes ; d'autant qu'elles ne découlent pas d'une analyse circonstanciée des événements. Par exemple, elles prennent très peu, voire pas du tout, en compte les autres acteurs (Hamas, Hezbollah, Liban, Syrie, Iran), leurs actions, leurs responsabilités et leurs motivations et encore moins l'opinion arabe (Understanding Arab media analysis).
Je suis estomaqué par la violence des passions et des propos, bien proches de l'hystérie. C'est désespérant : si nous, qui ne sommes quoi qu'on en dise pas directement impliqués dans le conflit, sommes incapables de réagir de manière sereine et distanciée, comment attendre des acteurs qu'ils agissent avec raison ?
Ce phénomème m'intéresse, voire me captive, en tant qu'objet d'étude : je parcours avec attention les débats attachés aux articles du journal Le Monde, j'y cherche les opinions absurdes, qui ne sont pas rares hélas, et j'essaie d'en comprendre les raisons.
Elles sont souvent inquiétantes et révélatrices sur le fond des pensées de leurs défenseurs, intolérants et absolutistes, mais c'est ainsi : il y aura toujours des gens persuadés de détenir la Vérité et d'avoir le devoir de l'imposer aux autres. Sont-ils, comme le prétendent certains, les "idiots utiles" du "fascisme vert" ? C'est possible, mais cette idée de "fascisme vert" me gêne encore : "obscurantisme" me suffirait.
Je note que leurs opinions reprennent souvent les traits attribués aux medias arabes :
> la primauté de l'identité : "Tu penses ce que tu penses parce que tu es qui tu es" avec pour corollaire "Etant ce que tu es, ton opinion sur tel sujet est partisane, ne vaut rien, quels que soient tes arguments" Exemple typique de ce raisonnement : "Tu soutiens Israel (ou tu te contentes d'être neutre), donc tu es pro-américain, donc tu es ultra-libéral (insulte suprême), donc ton opinion ne vaut rien."
> la recherche de l'absolu : il n'y a pas de gris, il n'y a que du noir et blanc "Si tu n'es pas contre Israel, c'est que tu es pour." (et vice-versa comme dirait W.) On applique comme grille d'analyse le Proche-Orient idéal en paix, prospère, débarrassé d'israel, etc. et l'on mesure les écarts. Je pense que cette attitude (comparer le réel avec une utopie) est directement héritée du communisme, concerne les mêmes populations et mène aux mêmes impasses.
> les théories du complot : on n'est généralement plus dans le billard à trois bandes mais plutôt à seize dix-huit ou plus. On tient souvent lesthéories du complot pour un trait fasciste. C'est bien possible, mais je crois surtout qu'elles permettent d'éliminer la complexité du monde : il est plus rassurant d'imaginer une machiavélique volonté humaine à la source de tout, même après de nombreux ricochets, que de faire sa place au hasard, à l'erreur, à la bêtise, à l'enchainement non maitrisé des évévements, aux circonstances imprévues.
> Enfin dernier élément du cocktail délirant : une ignorance qui fait que l'on ne peut pas échafauder une argumentation sur des faits ; on ne peut alors que poser des jugements sommaires ("Tuer des enfants, c'est scandaleux") qui n'apportent aucune lumière. On en arrive au narcissique "Que je me vois si résistant-antifasciste-compatissant (rayer la mention inutile) en ce miroir médiatique".
L'autre solution, pour les ignorants, serait de se taire, mais c'est au-dessus des forces de beaucoup.
Dans tout cela, je retrouve la trace des exaltations collectives broyant l'individu (les guerres de religion, le communisme, le fascisme) : être persuadé que la Cause est Juste, trouver réconfort à se trouver du coté de la Juste Cause, prendre plaisir à être au coude à coude avec d'autres partisans de la Juste Cause, exhiber son courage en combattant les ennemis de la Cause, exalter le prépondérance du sentiment Juste, forcément Juste, sur la triste et compasseé raison des froids, des timides, des sans-coeurs.
Le rouleau compresseur des bons sentiments, quand il a été en mesure d'agir, a toujours mené au bain de sang : le monde est sale, impur, un monde pur et parfait est impossible, mais on peut tenter d'y arriver en éradiquant le maximum d'impurs. Au Proche-Orient, on est dans la même logique : chaque camp a ses Purs prêts à exterminer l'autre camp sans remords.
Nous, en France, avons aussi nos Purs (j'ai pris en exemple ceux du camp anti-israelien, mais je suis bien sûr qu'il y en a aussi dans le camp pro-israelien, sans doute moins populeux). Il ne leur manque qu'une chose pour être véritablement nocifs : le pouvoir ; qui serait à n'en pas douter utilisé à faire taire les voix discordantes ou même pire.
Je pense avoir fait le tour de la situation proche-orientale dans la mesure de mes moyens, je vous ai indiqué certains des sites que je consulte, il ne me reste plus qu'à me taire jusqu'à ce que la situation évolue.
Par politesse, je continuerai à répondre à ceux qui ont l'amabilité de me laisser des commentaires. Je suis particulièrement preneur des témoignages et des informations factuelles ("informations factuelles" est un pléonasme, mais de nos jours, on n'est jamais trop prudent).
Un petit bonus pour ceux qui ne sont pas encore emportés par la chaleur de la passion :
Une saignée discrète et mortelle
Si Ludovic Monnerat a raison (ce que je souhaite), la fin du Hezbollah comme force armée n'est pas loin.
Malheureusement, je n'ai trouvé que des sources israeliennes donnant les pertes du Hezbollah (évidemment, vu l'ambiance quasi hystérique dont je vous parlais précédemment, ce n'est pas dans la presse française qu'on va apprendre que les actions israeliennes, au lieu d'être seulement vaines et cruelles, pourraient avoir un sens et même être efficaces).
Synthèse de mon opinion sur la situation au Proche-Orient
Le Hezbollah est condamnable :
1) par ses buts de guerre : l'anéantissement d'Israel ; qui n'est en rien un bien pour le Liban. Le Liban aurait bien plus intérêt à commercer avec Israel qu'à le détruire. C'est pourquoi baptiser le Hizb de "Résistance" est hypocrite et déplacé.
Le Hizb ne "roule" pas pour le Liban, mais pour l'Iran et la Syrie. (et qu'on ne vienne me bassiner avec les "fermes de Chebaa", ce n'est tout de même pas l'Alsace-Lorraine)
2) Par les méthodes avec Israel qu'il emploie : se planquer au milieu des civils
3) Par les méthodes qu'il emploie avec les Libanais : "Je t'aide à finir de payer ta maison et ton taxi mais, tu seras gentil, ta fille porte le voile et ton fils va à l'école coranique, sinon, adieu l'aide"
Israel :
Etant donné l'évolution des fusées (portée et charge militaire), Israel devait faire quelque chose sans quoi son existence même aurait été menacée dans les années qui viennent. A-t-il choisi la bonne méthode ? Je ne sais pas, je n'arrive pas à me former une opinion sur la question.
J'ai une sympathie certaine pour Israel : c'est un pays où s'expriment cent fois plus de libres opinions, y compris en temps de guerre, que dans tous les pays arabes l'entourant.
L'Iran : un acteur dont le jeu est clair : il a un intérêt à accroitre le chaos et la tension dans la région car, par l'intermédiaire des mouvements chiites dont le Hezbollah, cette situation lui profite.
Le Liban : les Libanais ont eu le tort de soutenir le Hezbollah ou de laisser faire. Aujourd'hui, une fraction des Libanais se réjouit de l'intervention israelienne pendant qu'une autre la condamne.
Une évaluation mesurée des degâts, avec grande prudence :
> Beyrouth n'est que peu touché (quelques immeubles)
> Par contre, les infrastuctures économiques (routes, ponts, aéroport, centrales électriques) sont atteintes. Cependant, quand j'entends dire qu'Israel "détruit tout un pays", je sais que c'est à l'évidence faux.
> Je ne me prononce pas sur les pertes (civiles ou non), je n'ai pas de moyens de faire la part entre le propagande (toujours présente), la mise en scène (toujours possible) et la vérité (toujours fragile). Par exemple, on nous parle d'enfants tués à Cana : que faisaient-ils dans un immeuble dont personne ne semble contester qu'il abritait le Hezbollah ? Faute d'une réponse fiable, il est difficile de juger.
Les autres pays arabes : souvent à dominante sunnite, ils sont bien contents qu'Israel lance un avertissement musclé aux chiites pro-iraniens, d'où un silence assourdissant de leur part.
Les USA, l'Europe : nous sommes un peu près dans la même position que les pays arabes.
Le "reste du monde" (Chine, Russie, Inde) : ayant leurs propres soucis d'islamisme et d'approvisionnement pétrolier, la neutralité bienveillante est aussi de circonstance.
Al Quaida : organisation sunnite, elle est très gênée par l'engouement de la "rue arabe" pour le Hezbollah chiite. Elle propage une théorie du complot comme quoi les USA et le Hizbollah seraient alliés pour repousser le sunnisme (question sur un site internet proche de Al Quaida : "Peut on dire une prière pour le Hezbollah ?" "Non, ce sont des mécréants qui font le jeu des croisés"). Il est à craindre que Al Quaida essaie de reprendre l'avantage sur le terrain du "marketing" par un attentat bien meurtrier, bien spectaculaire et bien médiatique, en Israel, en Arabie Saoudite, aux USA ou en Europe.
1) par ses buts de guerre : l'anéantissement d'Israel ; qui n'est en rien un bien pour le Liban. Le Liban aurait bien plus intérêt à commercer avec Israel qu'à le détruire. C'est pourquoi baptiser le Hizb de "Résistance" est hypocrite et déplacé.
Le Hizb ne "roule" pas pour le Liban, mais pour l'Iran et la Syrie. (et qu'on ne vienne me bassiner avec les "fermes de Chebaa", ce n'est tout de même pas l'Alsace-Lorraine)
2) Par les méthodes avec Israel qu'il emploie : se planquer au milieu des civils
3) Par les méthodes qu'il emploie avec les Libanais : "Je t'aide à finir de payer ta maison et ton taxi mais, tu seras gentil, ta fille porte le voile et ton fils va à l'école coranique, sinon, adieu l'aide"
Israel :
Etant donné l'évolution des fusées (portée et charge militaire), Israel devait faire quelque chose sans quoi son existence même aurait été menacée dans les années qui viennent. A-t-il choisi la bonne méthode ? Je ne sais pas, je n'arrive pas à me former une opinion sur la question.
J'ai une sympathie certaine pour Israel : c'est un pays où s'expriment cent fois plus de libres opinions, y compris en temps de guerre, que dans tous les pays arabes l'entourant.
L'Iran : un acteur dont le jeu est clair : il a un intérêt à accroitre le chaos et la tension dans la région car, par l'intermédiaire des mouvements chiites dont le Hezbollah, cette situation lui profite.
Le Liban : les Libanais ont eu le tort de soutenir le Hezbollah ou de laisser faire. Aujourd'hui, une fraction des Libanais se réjouit de l'intervention israelienne pendant qu'une autre la condamne.
Une évaluation mesurée des degâts, avec grande prudence :
> Beyrouth n'est que peu touché (quelques immeubles)
> Par contre, les infrastuctures économiques (routes, ponts, aéroport, centrales électriques) sont atteintes. Cependant, quand j'entends dire qu'Israel "détruit tout un pays", je sais que c'est à l'évidence faux.
> Je ne me prononce pas sur les pertes (civiles ou non), je n'ai pas de moyens de faire la part entre le propagande (toujours présente), la mise en scène (toujours possible) et la vérité (toujours fragile). Par exemple, on nous parle d'enfants tués à Cana : que faisaient-ils dans un immeuble dont personne ne semble contester qu'il abritait le Hezbollah ? Faute d'une réponse fiable, il est difficile de juger.
Les autres pays arabes : souvent à dominante sunnite, ils sont bien contents qu'Israel lance un avertissement musclé aux chiites pro-iraniens, d'où un silence assourdissant de leur part.
Les USA, l'Europe : nous sommes un peu près dans la même position que les pays arabes.
Le "reste du monde" (Chine, Russie, Inde) : ayant leurs propres soucis d'islamisme et d'approvisionnement pétrolier, la neutralité bienveillante est aussi de circonstance.
Al Quaida : organisation sunnite, elle est très gênée par l'engouement de la "rue arabe" pour le Hezbollah chiite. Elle propage une théorie du complot comme quoi les USA et le Hizbollah seraient alliés pour repousser le sunnisme (question sur un site internet proche de Al Quaida : "Peut on dire une prière pour le Hezbollah ?" "Non, ce sont des mécréants qui font le jeu des croisés"). Il est à craindre que Al Quaida essaie de reprendre l'avantage sur le terrain du "marketing" par un attentat bien meurtrier, bien spectaculaire et bien médiatique, en Israel, en Arabie Saoudite, aux USA ou en Europe.
dimanche, juillet 30, 2006
Rions de peur d'avoir à en pleurer
Voici un commentaire relevé à propos du "massacre" (1) de Cana sur le site du journal Le Monde :
SEBASTIEN (prof de philo)30.07.06 16h05
Quand donc, nous les européens tolérants, allons-nous nous unir pour enfin détruire les Etats-Unis d'Amérique: pays responsable de tant de sang, et de tant d'abrutissement? Quand donc allons-nous décider de boycoter tous les produits américains et servir d'exemple aux autres pays plus timides, afin, par un moyen légal et digne, d'affaiblir leur économie despotique ? Soyons JUSTES! Rendons aux USA le résultat de leurs actions passées: punissons-les par nos mots et nos délibérations quotidiennes!
Je me demande ce qui est le plus risible (ou affligeant, suivant les tempéraments) : les propos eux-mêmes ou qu'ils soient tenus par un prétendu "prof de philo" ?
Soyons des "Européens tolérants", exterminons les USA et rendons leurs le résultat de leurs actions passées : c'est une excellente idée, ressuscitons l'empereur Guillaume, Adolf Hitler et Leonid Brejnev.
Certes, il vaut mieux lire cela que d'être aveugle, mais, tout de même, il y a de quoi se demander dans quel monde on vit.
(1) : je mets massacre entre guillemets jusqu'à plus ample informé : le "massacre de Jénine" n'a jamais existé alors que le "massacre de sabra et Chatila" a bien eu lieu. La plus extrême prudence est donc de rigueur.
SEBASTIEN (prof de philo)30.07.06 16h05
Quand donc, nous les européens tolérants, allons-nous nous unir pour enfin détruire les Etats-Unis d'Amérique: pays responsable de tant de sang, et de tant d'abrutissement? Quand donc allons-nous décider de boycoter tous les produits américains et servir d'exemple aux autres pays plus timides, afin, par un moyen légal et digne, d'affaiblir leur économie despotique ? Soyons JUSTES! Rendons aux USA le résultat de leurs actions passées: punissons-les par nos mots et nos délibérations quotidiennes!
Je me demande ce qui est le plus risible (ou affligeant, suivant les tempéraments) : les propos eux-mêmes ou qu'ils soient tenus par un prétendu "prof de philo" ?
Soyons des "Européens tolérants", exterminons les USA et rendons leurs le résultat de leurs actions passées : c'est une excellente idée, ressuscitons l'empereur Guillaume, Adolf Hitler et Leonid Brejnev.
Certes, il vaut mieux lire cela que d'être aveugle, mais, tout de même, il y a de quoi se demander dans quel monde on vit.
(1) : je mets massacre entre guillemets jusqu'à plus ample informé : le "massacre de Jénine" n'a jamais existé alors que le "massacre de sabra et Chatila" a bien eu lieu. La plus extrême prudence est donc de rigueur.
On the eve of madness
Je me permets de recopier un article du New York Times à propos du Proche-Orient que je trouve assez juste :
On the eve of madness
Et comme toujours, je vous renvoie aussi à l'excellent site de Ludovic Monnerat :
Gagner la guerre, perdre la paix ?
Monnerat ne dit rien d'extraordinaire, seulement il analyse la situation avec l'oeil froid du technicien et, par ces temps de passsions aussi déchainées qu'irréfléchies, ce n'est pas si courant et c'est reposant.
Il serait lassant que je vous fasse la liste de toutes les théories du complot, plus machiavéliques les unes que les autres, que j'entends autour de moi, avec, bien entendu, toujours Israel dans le rôle du méchant.
Quand je commence à évoquer le simple fait que, dans la région, il n'y ni parfait méchant ni parfait gentil, on me regarde comme si j'étais Pervers Pépère faisant la sortie des écoles. Je me demande ce qui enrage tant les gens dans Israel, qu'ils éprouvent un besoin si fort d'en faire le Méchant.
Comme ce n'est pas du domaine du rationnel et que cela s'appuie le plus souvent sur une connaissance très superficielle, voire une totale méconnaissance, de la région, je me tais assez souvent : tant de passion appuyée sur tant de vide, ce n'est pas la peine de discuter.
Faites un test : demandez à tous ces gens qui ont un avis définitif qu'elle est la différence entre chiites et sunnites, vous aurez bien peu de réponses cohérentes. Pourtant, c'est un point fondamental pour comprendre. Et ainsi du reste.
Et pour ajouter une couche de raison, Guy Sorman :
Liban-Israel, la guerre des images
On the eve of madness
Et comme toujours, je vous renvoie aussi à l'excellent site de Ludovic Monnerat :
Gagner la guerre, perdre la paix ?
Monnerat ne dit rien d'extraordinaire, seulement il analyse la situation avec l'oeil froid du technicien et, par ces temps de passsions aussi déchainées qu'irréfléchies, ce n'est pas si courant et c'est reposant.
Il serait lassant que je vous fasse la liste de toutes les théories du complot, plus machiavéliques les unes que les autres, que j'entends autour de moi, avec, bien entendu, toujours Israel dans le rôle du méchant.
Quand je commence à évoquer le simple fait que, dans la région, il n'y ni parfait méchant ni parfait gentil, on me regarde comme si j'étais Pervers Pépère faisant la sortie des écoles. Je me demande ce qui enrage tant les gens dans Israel, qu'ils éprouvent un besoin si fort d'en faire le Méchant.
Comme ce n'est pas du domaine du rationnel et que cela s'appuie le plus souvent sur une connaissance très superficielle, voire une totale méconnaissance, de la région, je me tais assez souvent : tant de passion appuyée sur tant de vide, ce n'est pas la peine de discuter.
Faites un test : demandez à tous ces gens qui ont un avis définitif qu'elle est la différence entre chiites et sunnites, vous aurez bien peu de réponses cohérentes. Pourtant, c'est un point fondamental pour comprendre. Et ainsi du reste.
Et pour ajouter une couche de raison, Guy Sorman :
Liban-Israel, la guerre des images
samedi, juillet 29, 2006
Les Français et leurs animaux (JP Digard)

FFF
Livre très intéressant mais pas du tout "animalitairement" (1) correct.
Les thèses de l'auteur, fort bien étayées, peuvent se résumer ainsi :
1) Jamais la séparation animaux de rente (élevage) / animaux familiers n'a été si forte. On peut penser qu'on sur-investit les uns jusqu'au ridicule pour mieux oublier les traitements infligés aux autres.
2) Les animaux nous sont d'autant plus familiers qu'ils n'ont pas d'autre utilité que celle de nous être dévoués. Exemple : le chat est devenu un animal familier, a été autorisé à pénétrer dans les maisons, que du jour où il n'était plus nécessaire pour chasser les rats.
3) La connaissance des animaux diminuent. Exemple : les accidents de travail chez les paysans élevant des bovins augmentent.
4) La conséquence directe du 3) est que nous ne nous représentons plus les animaux comme des animaux.
Soit ils sont ignorés et considérés comme une source de matière (cuir, viande, etc ...), c'est une barbarie, un ensauvagement ; soit ils sont traités comme des hommes ("Mon petit chéri aime le foie gras", ça parle d'un petit garçon ou d'un chat ?).
Digard est sans ambiguité sur ce point : traiter les animaux comme des hommes est une forme de maltraitance, certes plus douce que les traitements brutaux et négligents. Pour lui, pas de chien dans le lit ou sur le canapé, ce n'est pas sa place. Digard cite des chiens qui ressemblent à des bébés (même poids, peau lisse, grands yeux).
Exemple de maltraitance par anthropomorphisme : le chiot dalmatien traité comme une gentille peluche. Sauf qu'un dalmatien adulte, ça a besoin de courir plusieurs kilomètres par jour et que ça dévore le canapé quand ça s'ennuie ; d'où de nombreux abandons.
Autre exemple mi-risible mi-navrant : les fauves du zoo de Vincennes ont été retirés sous la pression du public qui considérait leur condition comme barbare. Maintenant ils dépriment par ennui, mais loin des yeux du public.
5) Logiquement, suite à cette confusion, l'homme en vient à ignorer sa position vis-à-vis des animaux au point de leur donner des droits, alors que, êtres sensibles mais non pensants, les animaux ne peuvent avoir ni droits ni devoirs. Exemple extrême mais authentique de cette déformation : certains considèrent qu'il faudrait empêcher les lions de manger les gazelles au nom du droit à la vie des gazelles. Problème : et le droit des lions de ne pas mourir de faim ?
Par contre, l'homme néglige certains de ses devoirs élémentaires, comme celui de réguler les populations animales.
6) L'homme, par sa seule présence, modèle la nature. Ceux qui luttent pour une nature "vierge" ou "sauvage" sont condamnés à échouer, sauf à éradiquer l'homme. Exemple : les ours en Espagne : de manière à empêcher les activités agricoles d'empiéter sur le territoire des ours, on en a fait des plantigrades une source de revenus touristiques. Seulement, les touristes font fuir les ours. Faut-il supprimer agriculteurs et touristes pour que les ours vivent en paix ?
7) On peut facilement rattacher la passion animalitaire, les animaux comme substituts affectifs, à la violence symbolique ou réelle d'une société. Cela devrait nous interroger que la France soit le pays d'Europe où il y a le plus d'animaux familiers.
C'est brutal à dire, mais quelqu'un qui aime trop les animaux ou les enfants révèle souvent une incapacité à aimer les hommes dans leur diversité et dans leur complexité. L'amour des animaux d'Hitler et le fait que la législation nazie était la plus favorable aux animaux devraient nous interpeller.
En conclusion : Digard nous appelle à traiter les animaux comme des animaux et les hommes comme des hommes alors que nous sommes embarqués dans le schéma inverse.
(1) : "animalitaire" se rattache au militantisme
vendredi, juillet 28, 2006
La connaissance inutile
La connaissance inutile est le titre d'un excellent livre de JF Revel.
La question centrale de ce livre "Pourquoi certaines connaissances sont elles ignorées, travesties ou inutilisées ?" me tracasse souvent. D'autant plus que cette attitude est indépendante du niveau d'études ; simplement, plus le niveau d'études est élevé plus les arguments voilant la réalité tendent à être sophistiqués (et encore pas toujours : souvent il n'y a que le vocabulaire qui est sophistiqué voire snob).
On en trouve des exemples sur tous les sujets. JF Revel écrivait qu'il faut avoir fait beaucoup d'études pour ne pas comprendre les causes du chômage en France. Ou encore, des gens très bien m'ont soutenu récemment que la guerre en Irak était bénéfique à l'économie américaine suivant un raisonnement très proche de La vitre cassée de Bastiat.
La guerre, qui est par définition destructrice, ne peut en aucun cas être économiquement bénéfique pour les belligérants ; c'est contraire à tout bon sens (la théorie comme quoi la seconde guerre mondiale aurait "relancée" l'économie allemande puis américaine est un mythe : voir A. Sauvy).
On essaie bien de contrer cet argument en invoquant le fait que cette guerre serait payée par les pays pétroliers arabes, il y a là une erreur d'un ordre de grandeur : le PIB de l'Arabie Saudite est 36 fois moindre que celui des USA. Si l'Arabie Saoudite donnait l'intégralité de son PIB aux USA, elle arriverait à peine à financer la guerre en Irak.
L'argent saoudien est impressionnant parce qu'il est investi à l'étranger massivement et avec constance, il n'en demeure pas moins négligeable par rapport aux flux de capitaux mondiaux.
Il est vrai cependant que les USA sentent moins le coût de cette guerre du fait qu'ils financent leur déficit en siphonnant l'épargne étrangère ; ça n'en rend pas pour autant la guerre bénéfique : si il n'y avait pas eu cette guerre, il y aurait eu aussi un déficit financé par l'épargne étrangère mais l'argent aurait été utilisé ailleurs, à des choses constructives, il faut espérer.
Démontons l'enchaînement des erreurs :
> du fait que la guerre en Irak rapporte à quelques entreprises américaines, on en conclut que toute l'économie américaine en profite. Ce qu'on ne voit pas, c'est que le contribuable américain qui paye pour que l'armée puisse acheter des missiles à Raytheon, lui, n'en profite pas du tout ; on retombe dans le sophisme de Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas.
> il y a aussi un complexe d'infériorité : les Américains sont cupides, c'est bien connu, ils ne peuvent pas se tromper quand il s'agit d'argent, ils sont d'infaillibles capitalistes (un peu comme les juifs, quoi). Si ils font la guerre en Irak, c'est que ça leur rapporte. Et s'ils n'étaient pas en Irak pour l'argent ou si ils avaient fait un mauvais calcul ? (La thèse du mauvais calcul est d'autant plus pertinente qu'il semble bien que le gouvernement croyait réellement à une guerre courte).
> enfin, l'économie des USA, qui font la guerre, se porte mieux que l'économie de l'Europe, qui ne fait pas la guerre. La guerre expliquerait donc cette différence de santé économique. Mais la guerre est-elle la seule différence entre les USA et l'Europe ?
Pourquoi parler de connaissance inutile ?
> parce que le coût exorbitant de la guerre est Irak est connu, il a été discuté lors de la campagne Bush-Kerry.
> parce que les causes de (relative) bonne santé économique des USA sont connues et n'ont rien à voir avec la guerre en Irak : recherche abondante, esprit d'entreprise, marché du travail souple, taux d'intérêts bas, endettement des ménages, dette publique en partie financée par l'étranger (seul ce point à un lointain rapport avec l'armée américaine : les USA ne seront pas envahis de sitôt, l'argent y est en sécurité).
Il s'agit donc d'un cas où l'on met de coté ce que l'on connaît pour ne pas bousculer ses préjugés (à savoir que l'Empire du Mal, au machaivélisme surnaturel, est sur l'autre rive de l'Atlantique).
En réalité, il faut faire un usage abondant du rasoir d'Hanlon, petit cousin du rasoir d'Ockham, et on s'aperçoit qu'il existe une hypothèse bien plus simple expliquant la présence des Américains en Irak qu'une cupidité dont on a bien du mal à voir les cheminements et les effets : la bêtise.
Mais pour réaliser à quel point la connaissance est inutile, il faut aussi s'apercevoir que ce sont ceux qui il y a trois ans nous expliquaient que les Américains étaient stupides d'envahir l'Irak et allaient s'y enliser contre leur gré qui nous racontent maintenant que les Yankees y restent volontairement par une cupidité très sophistiquée.
En résumé, pour importent les faits, les Américains ont toujours tort.
La question centrale de ce livre "Pourquoi certaines connaissances sont elles ignorées, travesties ou inutilisées ?" me tracasse souvent. D'autant plus que cette attitude est indépendante du niveau d'études ; simplement, plus le niveau d'études est élevé plus les arguments voilant la réalité tendent à être sophistiqués (et encore pas toujours : souvent il n'y a que le vocabulaire qui est sophistiqué voire snob).
On en trouve des exemples sur tous les sujets. JF Revel écrivait qu'il faut avoir fait beaucoup d'études pour ne pas comprendre les causes du chômage en France. Ou encore, des gens très bien m'ont soutenu récemment que la guerre en Irak était bénéfique à l'économie américaine suivant un raisonnement très proche de La vitre cassée de Bastiat.
La guerre, qui est par définition destructrice, ne peut en aucun cas être économiquement bénéfique pour les belligérants ; c'est contraire à tout bon sens (la théorie comme quoi la seconde guerre mondiale aurait "relancée" l'économie allemande puis américaine est un mythe : voir A. Sauvy).
On essaie bien de contrer cet argument en invoquant le fait que cette guerre serait payée par les pays pétroliers arabes, il y a là une erreur d'un ordre de grandeur : le PIB de l'Arabie Saudite est 36 fois moindre que celui des USA. Si l'Arabie Saoudite donnait l'intégralité de son PIB aux USA, elle arriverait à peine à financer la guerre en Irak.
L'argent saoudien est impressionnant parce qu'il est investi à l'étranger massivement et avec constance, il n'en demeure pas moins négligeable par rapport aux flux de capitaux mondiaux.
Il est vrai cependant que les USA sentent moins le coût de cette guerre du fait qu'ils financent leur déficit en siphonnant l'épargne étrangère ; ça n'en rend pas pour autant la guerre bénéfique : si il n'y avait pas eu cette guerre, il y aurait eu aussi un déficit financé par l'épargne étrangère mais l'argent aurait été utilisé ailleurs, à des choses constructives, il faut espérer.
Démontons l'enchaînement des erreurs :
> du fait que la guerre en Irak rapporte à quelques entreprises américaines, on en conclut que toute l'économie américaine en profite. Ce qu'on ne voit pas, c'est que le contribuable américain qui paye pour que l'armée puisse acheter des missiles à Raytheon, lui, n'en profite pas du tout ; on retombe dans le sophisme de Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas.
> il y a aussi un complexe d'infériorité : les Américains sont cupides, c'est bien connu, ils ne peuvent pas se tromper quand il s'agit d'argent, ils sont d'infaillibles capitalistes (un peu comme les juifs, quoi). Si ils font la guerre en Irak, c'est que ça leur rapporte. Et s'ils n'étaient pas en Irak pour l'argent ou si ils avaient fait un mauvais calcul ? (La thèse du mauvais calcul est d'autant plus pertinente qu'il semble bien que le gouvernement croyait réellement à une guerre courte).
> enfin, l'économie des USA, qui font la guerre, se porte mieux que l'économie de l'Europe, qui ne fait pas la guerre. La guerre expliquerait donc cette différence de santé économique. Mais la guerre est-elle la seule différence entre les USA et l'Europe ?
Pourquoi parler de connaissance inutile ?
> parce que le coût exorbitant de la guerre est Irak est connu, il a été discuté lors de la campagne Bush-Kerry.
> parce que les causes de (relative) bonne santé économique des USA sont connues et n'ont rien à voir avec la guerre en Irak : recherche abondante, esprit d'entreprise, marché du travail souple, taux d'intérêts bas, endettement des ménages, dette publique en partie financée par l'étranger (seul ce point à un lointain rapport avec l'armée américaine : les USA ne seront pas envahis de sitôt, l'argent y est en sécurité).
Il s'agit donc d'un cas où l'on met de coté ce que l'on connaît pour ne pas bousculer ses préjugés (à savoir que l'Empire du Mal, au machaivélisme surnaturel, est sur l'autre rive de l'Atlantique).
En réalité, il faut faire un usage abondant du rasoir d'Hanlon, petit cousin du rasoir d'Ockham, et on s'aperçoit qu'il existe une hypothèse bien plus simple expliquant la présence des Américains en Irak qu'une cupidité dont on a bien du mal à voir les cheminements et les effets : la bêtise.
Mais pour réaliser à quel point la connaissance est inutile, il faut aussi s'apercevoir que ce sont ceux qui il y a trois ans nous expliquaient que les Américains étaient stupides d'envahir l'Irak et allaient s'y enliser contre leur gré qui nous racontent maintenant que les Yankees y restent volontairement par une cupidité très sophistiquée.
En résumé, pour importent les faits, les Américains ont toujours tort.
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