> Le Grand Cirque (3 millions d'exemplaires vendus).
> le carnet de vol de Pierre Clostermann.
> les journaux de marche et d'opérations (JMO en français, ORB en anglais) des unités où il a volé.
Il relève de nombreuses erreurs, qui sont aussi des licences d'auteur. Clostermann regroupe souvent plusieurs incidents disparates dans une seule mission. Il s'attribue aussi quelques aventures arrivées à d'autres.
D'un point de vue historiographique, c'est intéressant : les ORB et le carnet de vol contiennent aussi des erreurs.
C'est qu'ils étaient écrit quand on pouvait, quelques fois plusieurs jours après l'action.
C'est l'occasion de revenir sur la mort du commandant René Mouchotte le 27 août 1943.
Dupérier, successeur de Mouchotte et militaire de carrière qui n'aimait pas Clostermann pour son côté fantasque (les militaires de carrière sont de grands psychologues, comme chacun sait), lui reproche d'avoir, en tant qu'ailier, abandonné Mouchotte et l'interdit de facto de vol (en ne l'inscrivant plus pour aucune mission). Ce qui entrainera le transfert de Clostermann dans une escadrille anglaise où il sera, finalement, plus à l'aise.
La version de Clostermann qui est que Mouchotte est mort de fatigue a quelque vraisemblance : il se plaignait d'un épuisement général et, quand son corps a été retrouvé après guerre, il n'était ni blessé ni noyé. Il est donc possible que son cœur ait lâché.
Il participe au débarquement en Normandie, après quoi mise au repos.
En 1945, Clostermann retourne en opérations après passage de six mois en état-major à Paris à se tourner les pouces (on n'avait pas tellement d'as, on ne voulait pas les perdre).
Le rythme d'opérations est effréné, puisque la Luftwaffe a ratiboisé les autres escadres alliées lors de l'opération surprise Bodenplatte (qui a aussi marqué la fin de la Luftwaffe en tant qu'armée cohérente). Les pilotes carburent aux amphétamines.
Les suppôts du pouvoir emploient l'épithète « complotiste » pour disqualifier les opposants auprès des crétins (qui sont hélas fort nombreux).
Parlons donc d'un complot avéré et documenté. Et pas des moindres puisqu'il aboutit en 1913 à la création de l'organisme peut-être le plus puissant du monde : la Réserve Fédérale américaine (FED).
Qu'est-ce que la FED ?
Dans un régime d'étalon (par exemple bi-métallique or-argent), il n'y a pas besoin de banque centrale. Un organisme d'émission (la Monnaie de Paris, par exemple) émet autant de monnaie qu'il y a de métal disponible et le tour est joué. Les taux fixés aujourd'hui par les banques centrales sont fixés par le marché et voilà.
Avant la création de la FED, la politique monétaire était du ressort du Congrès, mais c'était réduit à pas grand'chose.
Milton Friedman proposait une fixation de l'émission de monnaie par un algorithme, ce qui ressemble fortement au Bitcoin.
Il y a alors une concurrence des monnaies : si l'organisme émetteur se comporte de manière à déprécier sa monnaie (le rognage des pièces), les gens peuvent utiliser d'autres monnaies (c'était courant au moyen-âge).
Les banques centrales ont été créés pour financer les guerres (France 1800). Elles ont le monopole de la monnaie et l'utilisation en est obligatoire (puisque l'idée sous-jacente à la création des banques centrales est toujours de pervertir la monnaie, il faut bien forcer les gens à utiliser cette monnaie de singe). Kaputt la concurrence des monnaies sur un territoire donné.
La FED est une banque dont les actionnaires sont d'autres banques. Hé oui, ce n'est pas un organisme public, mais semi-public. Pourtant, elle bénéficie d'un privilège public exorbitant : le monopole de la monnaie.
La FED est une banque centrale indépendante : ses décisions ne sont pas sujettes à l'autorisation du président des États-Unis ou d'une autre partie du gouvernement fédéral, elle ne reçoit pas de budget du Congrès, et les mandats des gouverneurs sont beaucoup plus longs que ceux des élus fédéraux. Le gouvernement peut cependant exercer un contrôle : l'autorité de la Fed est définie par le Congrès et celui-ci peut exercer son droit de surveillance (congressional oversight). Les membres du bureau des gouverneurs, y compris le président et le vice-président, sont nommés par le président des États-Unis et confirmés par le Sénat. Le gouvernement nomme également les hauts fonctionnaires de la banque et fixe leur salaire.
En réalité, la combinaison de la complexité du système et de la longueur des mandats fait que le contrôle démocratique sur la FED est inexistant. On peut d'ailleurs dire à peu près la même chose du FBI (1908) et de la CIA (1947). Et de la BCE.
On notera au passage que le délit d'initiés est consubstantiel à la FED puisqu'il y a des gens qui, plusieurs fois par an, savent à la minute près dans quel sens vont évoluer les marchés de taux. Il est comique que deux membres de la FED aient été grondés récemment (on leur a fait les gros yeux et une commission sénatoriale rendra un rapport en ... 2027) pour quelques dizaines de millions de dollars alors que certains calculateurs estiment ces profits depuis la création de la FED en dizaines de milliards de dollars (sans compter les profits plus subtils, comme un pouvoir illimité).
Une opposition farouche des Pères Fondateurs
L'opposition des premiers dirigeants américains (à part Hamilton, vendu aux banquiers new-yorkais) est sans ambiguïté : la création d'une banque centrale fédérale, c'est la fin de la démocratie.
L'argument brûlant d'actualité est simple : une banque qui dispose du privilège de manipulation de la monnaie peut fausser les élections. Trump s'en est suffisamment plaint (mais bien sûr, on l'a traité de « complotiste ». Comme c'est facile !).
Thomas Jefferson a continué sa carrière politique pour empêcher cette création. On peut se demander si la polémique récente sur les esclaves de Jefferson n'arrangeait pas les financiers.
Le dernier président à avoir été violent dans son opposition est Andrew Jackson (1836). Ensuite, la finance a patiemment grignoté de l'influence.
Tous ces présidents sont critiqués comme démagogues par les universitaires. Car il y a une règle implicite mais très forte aux Etats-Unis : si on veut faire carrière (université, politique, journalisme), on ne critique pas le principe de la FED. Seuls des marginaux (Hayek, Ron Paul) peuvent se le permettre.
Il y a un tabou carriériste aussi fort en Europe sur l'Euro et l'UE.
Le grignotage : communisme et planche à billets
La famille Roosevelt, celle de deux présidents des Etats-Unis, est fondatrice et dirigeante pendant longtemps de la Banque de New-York, une de celles qui vont être à l'origine de la FED.
Sutton exhume une brochure de Clinton Roosevelt (un prénom pareil, c'est prémonitoire) qui ressemble étrangement au manifeste du parti communiste, avec quelques années d'avance et écrit par un banquier.
Et c'est logique : les cocos et les financiers communient dans la destruction du vieux monde et de tous les liens non-matériels.
Un argument plus technique : le communisme a besoin de la planche à billets pour se financer. Et la planche à billets a besoin des nécessités du communisme pour justifier son existence. Ces deux phrases expliquent toute la vie monétaire et l'Etat-Providence en parallèle depuis 1945. Et, aujourd'hui, le parallèle entre Monnaie Numérique de Banque Centrale et Great Reset.
Et la création d'une banque centrale est le cinquième point du Manifeste du Parti Communiste de Marx en1848. Je remarque qu'Hitler détestait l'étalon or.
Sutton insiste un peu trop sur le fait que Marx aurait été payé par les banquiers (il travaillera plus tard pour le New York Tribune) : cette thèse est très fragile et elle n'apporte rien, ces idées étaient dans l'air. Comme la plupart des socialistes, c'était un sale type (méchant, envieux ...).
Lincoln est coincé par la nécessité de financer la Guerre de Sécession et doit céder du terrain aux banquiers.
Le complot de 1910
En 1907, JP Morgan et ses copains new-yorkais orchestrent une panique boursière. Episode documenté par une commission parlementaire de 1976 (mieux vaut tarte que jamais, n'est-ce pas ?).
Cette panique, présentée à l'époque évidemment comme un phénomène naturel, sert d'argument pour la FED : « Avec une banque centrale, ça ne serait pas arrivé ».
Toute l'ironie (pour ne pas dire plus) de l'argument est que la FED jouera un rôle central et délibéré dans le krach de 1929 ; le but (atteint) étant d'éliminer le maximum d'institutions financières indépendantes « quoi qu'il en coûte » (c'est-à-dire une guerre mondiale, fort lucrative pour certains).
En 1910, des banquiers se réunissent sur Jekyll Island sous de faux noms, c'est donc bien un complot (deux d'entre eux en ont témoigné dans leurs mémoires).
Plan en 2 étapes :
1) Faire élire Woodrow Wilson en 1912, qui fait campagne contre Wall Street, alors que les deux tiers de son budget de campagne viennent de quatre financiers. C'est déjà un énorme mensonge anti-démocratique.
2) Faire passer la loi sur la FED en utilisant l'opposition contrôlée, qui soulève un tas d'objections, sauf les deux tabous essentiels, qui sont étouffés : la concession d'un monopole public à des intérêts privés, l'absence de responsabilité démocratique.
La loi sur la FED est très probablement anticonstitutionnelle. En effet, en commission de convergence Sénat-Chambre des Représentants, ont été introduits des amendements qui n'avaient été votés par aucune des deux chambres. Wilson (le même enculé qui plus tard sabotera la paix au détriment de la sécurité de la France) s'empresse de signer la loi le surlendemain.
Sutton dresse la liste (assez amusante d'un certain point de vue) des allers-retours public-privé de Paul Volcker, mythique gouverneur de la FED.
Aujourd'hui, la FED est intouchable.
On ne peut critiquer son fonctionnement et, encore moins, son principe, sans voir sa carrière brisée par de mystérieux maléfices (des financements qui se tarissent, des commanditaires qui se dédissent, une mauvaise réputation qui s'installe, des rumeurs qui courent, des invitations qui se raréfient, un éditeur qui a piscine etc.). Ce qui est très compréhensible : des fortunes colossales, tout un système de richesse et de pouvoir, dépendent de la FED.
La FED est l'instrument principal de l'euthanasie de la classe moyenne et de la fin de la démocratie.
A Montfaucon !
Conclusion : les financiers sont vraiment des êtres par essence sataniques (les exceptions ne font que confirmer la règle : pour faire métier de manier l'argent, il faut n'avoir aucune morale). Le moyen-âge avait bien raison de s'en méfier comme de la peste et d'en pendre quelques uns à intervalles réguliers.
Tant que nous vénérerons Mammon et que nous ne reprendrons pas le fil de cette saine pratique, nous serons dans la merde.
J'ai lu ces livres dans l'ordre chronologique (Henri IV, puis noblesse du XVIIIème siècle, ordre inverse de leur écriture).
Dans les deux cas, l'auteur passe en revue les différentes sources de légitimité. Il essaie un peu d'humour, mais ça reste écrit en style universitaire.
C'est intéressant aujourd'hui que tout notre système politique (y compris les maires) est frappé d'illégitimité (si vous croyez que « on est en démocratie, si t'es pas content, t'as qu'à aller en Corée du Nord », vous êtes con).
Légitimité dynastique, légitimité des succès militaires, légitimité de défenseur du pays, légitimité de défenseur de la religion ...
Vous noterez qu'il n'y a pas de légitimité économique à l'époque, pas de « Le duc de Guise, il est bien, il a réduit le chômage de 3 % ».
Les légitimités s'entrecroisent : le duc de Guise, défenseur de la religion, est aussi un traitre au service de l'Espagne.
Mais à la fin des fins, le verdict est sans appel : ce qui fait la légitimité, c'est la défense de la nation.
Les Valois ont déserté les armées, leur crédibilité a décliné.
Henri IV l'a bien compris. Il n'était pas un grand stratège (Montaigne le lui reprochait implicitement) mais il mettait en scène sa présence aux armées (« Ralliez vous à mon panache blanc etc »).
Même problème pour la noblesse un siècle plus tard.
Quelle est sa raison d'être ? La guerre. Perdre la moitié de ses enfants mâles dans la défense du pays.
Mais quand il n'y a plus la guerre, comme au XVIIIème siècle ?
Il y a une réflexion autour du commerce et de la cupidité des nobles qui s'ennuient de la guerre.
La noblesse est victime de maux physiques : dénatalité (maladies vénériennes ?) et consanguinité.
Ce problème de la perte de légitimité de la noblesse fut très débattu, mais, comme dans tous les systèmes décadents, chaque tentative de réforme étant trop peu trop tard, ce remue-ménage n'aboutit qu'à accélérer la chute.
De nombreux aristocrates participèrent avec enthousiasme à la dissolution de leur ordre, ce qui témoigne d'une belle inconscience (j'allais écrire « rare », mais c'est faux : la plupart des hommes sont des crétins qui suivent la mode même si celle-ci doit finir par les tuer).
Vous ne serez pas étonnés de reconnaitre dans ces portraits du XVIIIème siècle nos Pécresse, Wauquiez et compagnie (pas Macron, car sa personnalité de psychopathe est tout de même particulière).
Récit semi-autobiographique, resté inédit jusqu’à la mort de l’auteur.
Texte plaisant mais contenant une ode au pacifisme paysan (les envahisseurs passent, la terre reste et le paysan serait bien idiot de se mêler de tout cela) fort désagréable.
D’une part, le pacifisme est toujours une ignoble tartufferie qui prospère à l'abri parce que d’autres ne se donnent pas le luxe d’être pacifistes et vont à la riflette.
Je n'ai pas connaissance que les ancêtres celtes de Vincenot fussent particulièrement pacifistes.
D’autre part, je n’aime pas ces terres de mollesse patriotique, de compromis politique, Corrèze, Charente, Bourgogne, terres qui, logiquement, n’ont cessé de donner des politiciens catastrophiques à la France.
Vincenot a deux excuses :
1) il n’a pas publié cette œuvre de jeunesse.
2) Il écrit en 1942. Il se peut qu’il brouille les pistes puisqu’il a eu quelques activités Résistantes.
Sinon, c'est du Blondin bourguignon : ça picole et ça baffre à doses d'hommes (je suis bien content qu'il mette du Puligny avec le lapin : le vin rouge avec le conil m'a toujours paru une faute de goût).
C'est un livre pour l'histoire. A garder dans le fond de sa bibliothèque et à ressortir à ses enfants ou petits-enfants dans vingt ans.
Il démontre que l'élection de 2020 a été truquée et que Biden a été élu, et Trump battu, par fraude électorale.
Tous ceux qui ont de la jugeote, de l'honnêteté et un peu de culture politique américaine (espèce finalement fort rare de nos jours) n'avaient aucun doute.
Très révélateur de notre époque : ce livre a été peu attaqué, les fraudeurs considérant sans doute que la vérité ne compte pas, du moment qu'ils continuent à régner sur les représentations (on a 50 articles dans la presse européenne "fact-checkant", c'est-à-dire réfutant, les trumpistes, pour 1 concédant qu'ils ont probablement raison).
Les Echos nous offre un magnifique exemple de journalisme très peu curieux « Les autorités soupçonnées d'avoir organisé la fraude nous disent qu'il n'y a pas eu de fraude. Croyons les ».
Un peu d'histoire et de système électoral
« Le régime politique américain est la démocratie tempérée.
Tempérée par l'assassinat politique et par la fraude électorale. »
On peut ajouter « et par la corruption ». Je ne sais pas de qui est cette citation mais elle est terriblement exacte.
Le mode de scrutin présidentiel américain (combinant cantons-clés, vote par correspondance étalé sur plusieurs semaines, vote électronique et modalités de vote variant localement) est tellement propice à la fraude que les mauvais esprits comme moi se demandent si ce n'est pas fait exprès.
A contrario, ceux qui croient que Macron a été élu et réélu par fraude électorale sont des crétins. Nos politiciens sont aussi malhonnêtes que les autres mais notre mode de scrutin est plus robuste.
C'est pourquoi Macron a été élu par fraude médiatique et judiciaire et réélu par fraude médiatique, et non par fraude électorale.
Les cas de fraude électorale à l'élection présidentielle américaine ayant changé le résultat :
1876 : Hayes contre Tilden (fraude prouvée).
1960 : Kennedy contre Nixon (fraude prouvée. Collusion avec la mafia. Résultat corrigé 3 ans plus tard par balles à Dallas.)
2000 : Bush Jr contre Gore (fraude probable)
Contrairement au"narratif" pour les cons, évoquer la possibilité d'une élection présidentielle truquée aux Etats-Unis n'est ni sacrilège, ni « complotiste », ni délirant. Ca témoigne juste d'une bonne connaissance de ce pays (plus que 99 % des journalistes français).
Des moyens fort simples
La fraude de 2020 repose sur des moyens fort simples, à la portée des trop riches nababs de la Silicon Valley :
1) un bourrage massif des urnes sur le vote par correspondance, les fameuses 2000 mules : le délire covidiste y a joué un grand rôle en favorisant à outrance le vote par correspondance, mais c'est encore de l'artisanat.
2) un trucage des machines à voter Dominion. C'est l'essentiel du livre de Byrne.
Le système américain est tel qu'il suffit de faire basculer 6 villes (Atlanta, Philadelphia, Detroit, Milwaukee, Phoenix et Las Vegas) pour inverser le résultat. Or, les machines à voter ont arrêté de transmettre les résultats (les fraudeurs ne sont même pas fins) puis ont redémarré en transmettant du vote Biden à fond.
Cette fraude se voyait d'ailleurs comme le nez au milieu de la figure pendant la nuit électorale : des tas de comtés ont commencé pro-Trump et fini pro-Biden, on nous a expliqué (sans le prouver) que c'était parce que les électeurs Biden votaient plus par correspondance.
Comme par hasard, les comtés dont le mode de scrutin est le plus rigoureux (vérification d'identité, vote papier et comptage manuel) n'ont pas eu cet effet.
Des pirates se sont introduits dans les machines, ont reproduit ce phénomène, tout enregistré et ... rien.
3) une campagne de presse et une campagne judiciaire violentes pour paralyser les enquêtes sur les machines à voter. Le parti-pris démocrate du FBI (qui ne fait aucun doute pour ceux qui connaissent les Etats-Unis) a joué un grand rôle.
Pourquoi la fraude est en faveur des Démocrates et pas de Républicains ? Pas parce que les Républicains sont plus honnêtes mais parce que seuls les Démocrates détiennent les moyens de la fraude : la Silicon Valley, le FBI et la presse.
La démocratie américaine est-elle morte ?
Oui. Mais elle n'était déjà pas très vivante.
Dès les années 20, le journaliste à succès Walter Lippman, pas du tout un marginal, écrivait que la démocratie devait être factice, orientée par les élites. C'était censé être une réponse aux fascismes !
L'Etat Profond américain a été théorisé dans les années 50 comme une nécessité face à une attaque nucléaire. Des fonctionnaires inconnus et bien sûr non-élus devaient avoir le pouvoir de faire fonctionner le pays même si les institutions démocratiques étaient à terre.
On notera avec intérêt que la plupart des Républicains, y compris à la Cour Suprême, préfèrent fermer les yeux sur cette fraude patente plutôt que de mettre en cause le système qui les fait vivre.
Même si les partisans du système arguent qu'aucun procès n'est allé au bout (c'est faux, des mules ont été lourdement condamnées), de nombreux défauts ont été relevés en 2020. Aucun n'a été corrigé pour 2024. Cela prouve bien que la fraude n'est pas une anomalie mais une composante normale du système électoral américain, admise comme telle par les protagonistes. Cette complaisance pour la fraude électorale patente témoigne d'un écroulement moral de proportions apocalyptiques.
Mais, en 2024, le cirque électoral américain reprendra et les medias nous présenteront une compétition démocratique, juste et loyale.
Le moderne est très très malade dans sa tête : il ne vit plus la réalité, mais dans la réalité telle que la représente les écrans. C'est un fou enfermé dans une cellule capitonnée virtuelle.
Et, pendant ce temps, dans la réalité, l'espérance de vie des blancs américains régresse.
Il démontre clairement, irréfutablement (d'ailleurs, les antispécistes les plus honnêtes l'admettent), que l'antispécisme est une haine génocidaire de l'humanité (dans les deux sens du mot : l'ensemble des humains et la condition des humains).
Heureusement que les Petites Dindes Diplômées vegans (les femmes sont plus influençables par la mode que les hommes) sont inaccessibles à toute forme de surmoi, de remise en cause de leurs habitudes, sinon un gouffre s'ouvrirait sous leurs pieds à la perspective que les écologistes sont pires que les nazis (les nazis voulaient exterminer les juifs et quelques autres, les écologistes veulent exterminer toute l'humanité).
La négation de l'homme
Pour dire que l'homme est un animal comme les autres et que les animaux ont des droits, il faut nier tout ce qui fait l'homme : la conscience, la science, l'intelligence, la tradition, l'art, la beauté, il faut nier la Chapelle Sixtine et la bombe atomique.
Les évolutionnistes considèrent que le fait que l'homme soit carnivore a eu un impact direct sur le développement de son cerveau.
Les anti-spécistes emploient souvent un argument ... spécieux : « Donner des droits aux animaux n'enlève rien aux hommes ». Non, ça nie juste leur humanité. Trois fois rien, une broutille. Peter Singer, le gourou de l'anti-spécisme, lui, est plus logique : il préfère expérimenter sur des handicapés mentaux, humains déficients, que sur des animaux sains.
L'antispécisme, l'anti-christianisme à la portée des caniches
Si les antispécistes sont aussi à l'aise pour considérer les animaux pour ce qu'ils ne sont pas, c'est qu'ils n'en ont rien à foutre des animaux. Leur vrai problème est la haine des hommes, ils sont dans un combat anti-humain.
Evidemment, l'ennemi suprême de l'antispécisme est le christianisme, cette religion qui croit que l'homme est fait à l'image de Dieu, que la vie, celle des hommes, donnée par Dieu est bonne et que la nature est à la disposition de l'homme.
En réalité, l'antispécisme est comme tous les anti-christianismes : une révolte d'adolescents pourris contre le Père.
Les deux philosophies
Il n'y a, en pratique, que deux systèmes philosophiques :
1) Le déontologisme : on pose des règles a priori (« Tu n'auras qu'un seul Dieu », « Tu ne commettras pas de meurtre », « Tu ne commettras pas d'adultère » (1) ...) qui servent de référence à juger les actions.
2) L'utilitarisme : on juge chaque action en fonction de son utilité par rapport à un étalon, en général le bonheur (individuel ou collectif ? Les difficultés commencent). Par exemple, on peut juger utile, et donc moral, de tuer Hitler. Malheureusement, ça dérive vite : tuer les bébés dans le ventre de leur mère et tuer les vieux dans les maisons de retraite.
Le propre de l'homme
Que les Petites Dindes Diplômées vegans croient qu'il y a une continuité parfaite entre le singe et l'homme, qu'il n'y a pas de propre de l'homme, c'est normal : le propre de l'homme est l'intelligence et, justement, elles en sont fort dépourvues.
Mais que des gens écrivent des livres entiers pour dire qu'il n'y a pas de propre de l'homme me fait irrésistiblement penser à Orwell : « Vous devez être un. intellectuel. Jamais quelqu'un de normal ne croirait une chose pareille ».
Bien sûr qu'il y a un propre de l'homme, mais il n'est pas de l'ordre du matériel, c'est pourquoi les matérialistes scientistes n'y comprennent rien.
Ce propre de l'homme est pourtant évident, il saute littéralement aux yeux. GK Chersterton : « Donnez un pot d'ocre à un singe. Même si vous attendez des milliers d'années, jamais il ne vous peindra Lascaux. ».
L'antispécisme, une gnose millénariste
Oh ! Quelle surprise ! L'antispécisme est une gnose millénariste !
Vous savez que c'est mon dada (voir les billets ici et là) :
1) Gnose : la vie est mauvaise, la chair est mauvaise (donc on peut la prostituer, la tatouer, la mutiler pour la faire « changer de sexe », la priver de nourriture animale etc.).
2) Millénarisme : si on fait une action sacrificielle appropriée (c'est toujours un massacre : tuer les riches, tuer les juifs, tuer les mangeurs de viande ...), on fait advenir le Paradis sur Terre pour mille ans.
Bien sûr, ce délire (les gnoses sont toujours des délires sectaires : aucune société basée sur la Gnose ne peut être viable. Cf l'URSS) a été démonté par Saint Augustin à coups de cric de camion dans la chetron (Marie-Eugène Camion, bienfaiteur de l'humanité, inventeur éponyme du véhicule, l'a spécialement imaginé pour le cric qui l'accompagne, afin de pouvoir donner des coups de cric de camion dans la gueule des Petites Dindes Diplômées vegans de son époque, déjà insupportables).
Sugy cite (ça me fait bien plaisir) La postérité spirituelle de Joachim de Flore, du cardinal de Lubac, qui est un hénaurme pavé (le livre, pas l'auteur) et Karl Marx, le roi moderne des gnostiques millénaristes.
Homme moderne, homme diminué
L'homme moderne, l'individu des droits de l'homme, est un homme diminué : il est amputé de sa dimension sacrée (nous sommes la première civilisation, plutôt fin de civilisation, à considérer que l'homme n'est que matière) et de sa dimension historique (nous sommes aussi les premiers à considérer que les hommes ne sont pas des passeurs, entre le passé, le présent et l'avenir, où la lignée, la famille, le clan ne comptent pas).
Gunther Anders (ex-mari de Hannah Arendt et plus intéressant qu'elle) a baptisé cela L'obsolescence de l'homme.
Puisqu'on a implicitement amputé l'homme de ce qui le différencie de l'animal, il est facile de comprendre que certains esprits systématiques poussent la logique jusqu'au bout, explicitent le sous-entendu et en tirent les conséquences extrêmes.
L'anti-spécisme n'est possible que dans monde où on considère déjà que la Pietà de Michel Ange (qu'aucun animal ne fera jamais) est superflue, accessoire.
Ca énerve beaucoup les écologistes et les végétariens quand on leur dit qu'Hiler était végétarien, qu'il a pris les premiers lois écologistes et de protection des animaux. Mais ce rappel est justifié parce que le végétarisme d'Hitler n'est pas un accident.
Les outils mentaux sont en place pour traiter les hommes comme des animaux.
Mal barrés
Tout n'est pas parfait : Sugy croit (mollement, semble-t-il) au catastrophisme climatique. Il n'a pas compris que c'est la même logique de haine viscérale de l'humanité que l'antispécisme.
Les idées à retenir :
1) L'homme n'est pas un animal comme les autres. Parce qu'il a une conscience, il est infiniment supérieur à tous les animaux. De ce fait, il a des droits sur eux (et éventuellement quelques devoirs). Oui, il a entre autres le droit de les tuer pour manger et pour certains rituels (je pense à la corrida).
2) non, les antispécistes et les vegans ne sont pas de gentils crétins qui aiment bien faire des mamours aux animaux. Ce sont de très méchants crétins qui détestent l'humanité, qui sont disposés à la génocider pour assouvir cette haine, ils n'en ont en réalité rien à foutre des animaux, qui ne sont que des prétextes de leur narcissisme pathologique.
Les antispécistes me font très peur : toutes les catastrophes humaines commencent par des catastrophes dans l'ordre des idées (Claude Tresmontant). Or, la catastrophe dans l'ordre des idées qu'est l'antispécisme a gagné ou est en passe de gagner (« Les animaux sont gentils, les hommes sont méchants, tuer des animaux c'est mal » est devenu un lieu commun), la catastrophe humaine va suivre.
Un dernier mot : à tous ceux qui sont tentés de dire « Meuh non, tu exagères, ils sont marginaux », réfléchissez au fait que vous disiez exactement la même chose des transexuels il y a dix ans. Depuis, leur folie furieuse a été transformée en lois que la police fait respecter.
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(1) Histoire juive :
Moïse descend du Mont Sinaï avec les tables de la loi et s'adresse au peuple d'Israël :
« Je suis monté, j'ai prié, j'ai reçu les Commandements de Dieu.
Voilà : j'ai une bonne et une mauvaise nouvelles.
La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a plus que Dix Commandements.
La mauvaise nouvelle, c'est que l'adultère reste interdit ».
Un livre sur les liaisons dangereuses entre l'Angleterre et le IIIème Reich.
Royal Heilnesses !
En 2015, le Sun titrait Royal Heilnesses ! à cause de cette video de 1933 de la jeune Elizabeth faisant le salut nazi à l'instigation de son enculé d'oncle :
C'est injuste, car si le très fugace roi Edouard VIII et sa salope d'Américaine étaient d'authentique traitres au service des nazis, ce ne fut pas le cas des parents de la reine Elizabeth, qui ont soutenu, malgré leurs doutes initiaux, de plus en plus fermement Churchill.
Branca se sert de cet épisode pour rappeler que la famille royale actuelle est bien plus allemande qu'anglaise, ce sont, de leur vrai nom, des Saxe-Cobourg-Gotha. 2022 est la première année depuis longtemps que le souverain en exercice, Charles, et son successeur désigné, William, sont tous deux mariés à des Anglaises et non, au moins un des deux, à des Allemandes (ou à des Allemands : le prince Philip, père de Charles, était un Teuton).
Bien sûr, ce n'est que l'introduction du l'ouvrage : l'auteur est conscient que le famille royale a peu de pouvoir.
On mesure toutefois la vaste finesse du prince Harry de se pointer à un bal masqué déguisé en SS (la consanguinité, ça attaque le cerveau). On remarquera que son frère n'a pas protesté.
Une politique très mal avisée
Dans l'entre-deux-guerres, l'Angleterre fut fidèle à sa politique traditionnelle « Pas de puissance dominante sur le continent ».
Mais, au-delà de sympathies idéologiques avec les nazis fort déplaisantes, beaucoup de dirigeants britanniques commirent une énorme erreur de calcul : la puissance qu'ils craignaient était la France.
Certes, les colonies faussaient l'évaluation du rapport de forces et envenimaient les relations franco-britanniques, mais tout de même !
Les gouvernements allemands ont poussé à cette faute avec beaucoup de talent.
De 1918 à 1936, la politique britannique fut de favoriser l'Allemagne aux dépens de la France (aussi sous l'influence maléfique des Etats-Unis).
De 1936 à 1938, quelque chose comme « Damned ! On est peut-être en train de faire une grosse connerie ! ».
Et, à partir de 1938, bien trop tard, une politique pro-française.
Quelques Britanniques (Eden, Churchill) ont avoué après la guerre, plus ou moins à demi-mots, la responsabilité britannique dans son déclenchement (ce que les Américains n'ont pas fait).
Pétain et Weygand n'ont pas tort de pointer la duplicité britannique, mais elle ne justifie pas leur politique d'abandon. C'est de Gaulle, passant l'éponge (à peu près), qui avait raison. Son intelligence volait des kilomètres au dessus des deux badernes.
La primauté des intérêts financiers
Montaigu Norman (francophobe rabique : « Il y a quatre sortes de brebis galeuses : les Français, les juifs, les Ecossais et les experts-comptables » et ce n'était pas tout à fait de l'humour anglais), gouverneur de la Banque d'Angleterre et Hjalmar Schacht (le financier de génie sans qui l'aventure hitlérienne aurait été impossible), gouverneur de la Reichsbank, se mirent d'accord pour écrouler le Mark, tuer le Franc français et les réparations de guerre, quitte à plonger les Allemands, notamment la classe moyenne, dans la misère.
Ce n'est pas sans rappeler ce que font la FED et la BCE depuis 15 ans.
S'il y avait eu une justice, ces deux-là auraient été les deux premiers condamnés à mort à Nuremberg, parce qu'ils sont les premiers fauteurs de guerre dans l'ordre chronologique.
Oswald Mosley est le très riche et très aristocrate fondateur de la British Union of Fascists. Mais, avant cela, tout jeune député et ministre travailliste (les fascistes viennent de la gauche), il proposa en 1930 le Memorandum Mosley, qui, par certains côtés, préfigurait l'Etat-providence. Celui-ci fut rejeté comme portant atteinte aux intérêts commerciaux et financiers du commerce international, notamment avec l'Allemagne.
Le racisme aristocratique en partage
Houston Stewart Chamberlain (très lointain rapport avec Neville Chamberlain) était un des rares hommes vivants qu'Hitler admirait. Anglais naturalisé Boche (il a passé la première guerre mondiale en Bochie), il fut l'un des théoriciens du racisme exterminateur moderne.
Des tranches entières de l'aristocratie britanniques sont conquises.
On connait les sœurs Mitford (5 sur les 6 furent plus ou moins, plutôt plus que moins, nazies. Leur seul frère mourut en Birmanie, où il avait demandé à être envoyé, pour ne pas avoir à combattre les Allemands. Leur père, Lord Redesdale disait : « Je suis normal, ma femme est normale, mais mes filles sont toutes plus folles les unes que les autres. »).
La Grande-Bretagne fut la nation qui s'est le plus déplacée pour la grande fête publicitaire nazie des Jeux Olympiques de 1936. Notamment, la haute société était très représentée : pas moins de 20 000 VIP (!!!!), au point que l'ambassadeur britannique en Allemagne s'alarma auprès de son gouvernement : « Mayfair (le Neuilly londonien) déménage à Berlin et beaucoup parlent alors qu'ils feraient mieux de se taire».
Le pompeux crétin sur le trône
Edward VIII, roi de janvier à décembre 1936, était un pompeux crétin (vous avez sans doute remarqué que l'intelligence n'est pas le point fort de la famille royale britannique), sympathisant nazi.
Son père, le roi George V, horrifié par ses dépenses pharaoniques, l'avait fait mettre sur écoutes, et découvrit à cette occasion l'étendue de ses sympathies nazies.
Si sa volonté de se marier avec une divorcée fut la cause réelle et sérieuse de son abdication, les gens qui savaient furent bien contents de débarrasser l'Angleterre de ce dangereux imbécile. Les inspecteurs de Scotland Yard avaient les oreilles écorchées par le langage ordurier employé par l'Américaine pour parler à celui qui était tout de même le roi.
Il était vaniteux, dépensier, creux, bête, méchant, joueur, alcoolique, paresseux, écrasé par sa pouffiasse (il était une sorte de Harry en plus nocif). Un proche de la famille royale a résumé : « il n'avait pas d'âme ». C'est à l'honneur du système britannique d'avoir réussi à éjecter du trône ce danger public.
Devenu duc de Windsor, il ne trouva rien de mieux que de s'afficher avec Hitler :
La position du bulldog couché
Vers 1935, on peut définir trois types de politiciens britanniques vis-à-vis de l'Allemagne :
1) l'establishement pro-nazi.
2) l'establishment « équilibre des puissances », complètement manœuvré par la force et par le vice d'Hitler.
3) les churchilliens, à l'effectif très réduit, puisqu'il fut souvent de un (deux, si on compte Clementine).
En 1935, eut lieu une catastrophe diplomatique comme il y en a peu dans l'histoire : la Grande-Bretagne signa un traité naval avec l'Allemagne, en cachette de l'Italie et de la France.
Le contenu du traité importait peu face à la défiance entre alliés qu'installait cette duplicité britannique, c'était tout le système d'alliance contre l'Allemagne qui volait en éclats, si ce n'était dans les textes, au moins dans les têtes. Avec le recul, on peine à expliquer une bourde pareille. Paraît-il qu'Hitler eut du mal à contenir sa joie. On le comprend.
Lord Holy Fox
Halifax est de ces personnages historiques (Voltaire, Weygand, ...) pour qui j'éprouve une aversion au-delà du raisonnable.
Aristocrate hautain, qui se croyait plus intelligent que tout le monde, il prit de funestes initiatives dans le dos de ses collègues (c'était un serpent) qui outrepassaient son mandat de ministre des affaires étrangères. Et toujours dans le sens de concessions à Hitler.
Evidemment, manœuvrer ce genre de vaniteux par la flatterie, ce fut l'enfance de l'art pour les nazis. Göring lui organisa des chasses grandioses.
Il était aussi l'ami du roi George VI.
En mai et juin 1940, il conspirait dans le sens d'une paix avec Hitler (c'est très probablement pour cela qu'Halifax a laissé Churchill devenir Premier Ministre quand Chamberlain lui a proposé le poste le 9 mai 1940 au soir : d'abord, laisser échouer et décrédibiliser l'option jusqu'au boutiste, puis avoir les mains libres pour négocier la paix avec Hitler. Sauf que Churchill a duré plus longtemps que prévu par Halifax).
Mais, à manœuvrier, manœuvrier et demi, Churchill coinça Halifax.
D'abord, il fit voter le 22 mai 1940 la Defence Regulation 18B qui lui permettait d'emprisonner qui il voulait. Il fit aussitôt arrêter les fascistes de Mosley, qui n'avaient aucune importance en eux-mêmes. Mais le message fut reçu 5 sur 5 dans la haute société à laquelle Mosley appartenait : les soutiens de Halifax se firent soudain moins fermes, plus distants.
Ensuite, Churchill eut deux habiletés :
1) il se ménagea l'appui de Chamberlain, déjà très malade, qui restait le chef du parti conservateur (le pouvoir de Churchill était très fragile) et qui avait été si souvent trompé par Hitler qu'il n'était plus prêt à faire des concessions. Il sut ne pas le brusquer, et même le flatter.
2) il temporisa, il évita la confrontation avec Halifax et le laissa s'enfermer dans ses erreurs.
Première erreur en mai : Halifax choisit comme intermédiaires de paix les Italiens. Or, ceux-ci étaient déjà décidés à entrer en guerre contre la France (ce que Churchill, lui, devina). Mauvaise pioche. Comme Halifax a menti au Cabinet, en parlant d'initiative italienne, ça tourna court sans rattrapage possible.
Deuxième erreur en juin : Halifax passe par les Suédois mais une bonne âme dévoile tout à la presse dès le début et il est obligé de se désolidariser piteusement. Et là, il commet la boulette de cette année 1940 très chargée (celle de Gamelin est hors concours) : il propose au Cabinet de céder Gibraltar aux Espagnols pour les encourager à jouer les intermédiaires.
Dans les poubelles de l'histoire, Halifax. Mais Churchill a senti le vent du boulet. Dès qu'il le put, à l'automne 1940 (après la mort de Chamberlain, Churchill devint enfin le chef du parti conservateur), il expédia Halifax aux Etats-Unis.
La dupe
Mieux que ses services de renseignements, qui n'y croyaient guère, Churchill a compris qu'Hitler brulait de se retourner contre l'URSS. Il voulait encourager cette décision qu'il estimait, à raison, avantageuse pour son pays.
Dans le plus pur style d'intoxication anglaise (je ne parle pas que de la cuisine), il s'est servi d'appeasers retournés pour faire passer des signaux de faiblesse.
Le voyage rocambolesque de Rudolf Hesss en mais 1941 l'a embarrassé : Hess avait l'espoir fou de négocier la paix dans le dos de Churchill avant l'attaque de l'URSS et son échec instantané a prouvé que le Premier Ministre était fermement installé à son poste.
Mais, bon, tout est bien qui finit bien : le 22 juin 1941, s'est produite l'attaque que vous savez. Le jour même, Churchill prononça, en soutien de l'URSS, un de ses plus grands discours. Et six mois plus tard, c'était l'échec allemand devant Moscou.
« Collaboration », ça se dit aussi en anglais
La proposition d'Hitler aux Anglais, la co-direction du monde, était bien plus séduisante que sa proposition aux Français, l'asservissement.
Sans Churchill, il se serait facilement trouvé un gouvernement pour discuter avec Hitler. L'occupation des iles anglo-normandes a prouvé que les Anglais n'étaient pas intrinsèquement plus Résistants que les autres.
Je note avec amusement (mais sans surprise, après le délire covidiste) que la plupart des appeasers sont devenus des churchilliens farouches et sincères, à commencer par son secrétaire, Sir John Colville, et par le roi George VI, tant il est vrai qu'il ne faut pas chercher loin les raisons des opinions des hommes. Le conformisme et le suivisme suffisent à les expliquer dans 90 % des cas.
Charmley se dégage de la légende churchillienne. Dresse-t-il un portrait à charge ou juste objectif ? j'y reviendrai à la fin de la billet.
Churchill l'insupportable
Les reproches que Charmley fait à Churchill sont tout à fait classiques, ce sont ceux qu'on lui faisait de son vivant, et pas que ses ennemis : brouillon, pas fiable, manquant de discernement.
Brouillon : Churchill avait ce défaut fréquent des autodidactes (ce qu'il était largement), il manquait de structure. Ca partait de tous les sens.
Pas fiable : Churchill n'a été fidèle qu'à deux choses, à lui-même et à son épouse. Il a changé deux fois de parti et il a très souvent changé d'avis.
Manque de discernement : c'est le reproche le plus grave pour un chef. Egocentrique à un niveau olympique, il n'écoutait pas la contradiction et, surtout, il n'écoutait pas les signaux de la réalité. Sa spécialité était de foncer droit dans le mur jusqu'au choc, puis d'utiliser sa formidable énergie pour limiter des dégâts qui auraient pu être complètement évités s'il avait écouté. Il se lançait fréquemment dans des discours grandiloquents et dans des idées grandioses manquant de réalisme.
Churchill était totalement dépourvu de bon sens. Mais c'est aussi ce qui lui permettait d'imaginer des choses que de plus raisonnables s'interdisaient d'envisager.
C'est Roosevelt qui a le mieux résumé le fonctionnement de Churchill : « Winston a 100 idées par jour. Malheureusement, il n'y en a que 3 bonnes et il ne sait pas lesquelles ». Et c'était bien le problème : il arrivait que Churchill ait des conceptions intelligentes et qui voyaient plus loin que ses collègues, mais noyées au milieu d'un tissu de fantaisies.
Bonar Law, un des chefs du parti conservateur, était de ces hommes imperméable au charme de Churchill : « Winston est dangereux, car son énergie est égale à son manque de jugement ». Ce qui donnait des sorties pittoresques en conseil des ministres : « Maintenant que nous avons écouté les absurdités de Winston, reprenons les choses sérieuses » ou « Mr Churchill, si vous pensez que le gouvernement dont vous faites partie se trompe gravement, vous avez une solution à votre main : démissionnez ».
C'était infernal de travailler avec Churchill, de nombreux témoignages dans ce sens. Ses subordonnés font un gros travail de filtrage, pas toujours judicieux d'ailleurs.
Mais ses défauts l'ont bien servi pendant sa traversée du désert des années 30. Quelqu'un de plus ordinaire ne se serait pas obstiné dans l'anti-hitlérisme.
Les Dardanelles ou l'art churchillien de la guerre
Dans la catastrophe des Dardanelles (prendre le détroit pour venir au secours des Russes et faire sortir la Turquie de la guerre), tout le pire de Churchill y est : plan grandiose mais irréaliste, vœux pieux, mépris de l'ennemi, des détails pratiques et des solutions de repli, passage en force, exagération des bénéfices et négations des risques. Le plus grave pour un chef est l'irréalisme, Churchill nageait dedans.
Balfour souleva tout de suite l'objection fondamentale à l'idée que l'opération pourrait avoir un impact stratégique sur l'Allemagne : « Les Allemands ne viennent au secours de leurs alliés que lorsqu'ils sont directement menacés, ça ne sera pas le cas. Cette opération ne rapportera rien ». Et ça, c'était en cas de succès.
Alors pourquoi est-ce passé ? Parce que, dans un cabinet désorienté par l'évolution désastreuse de la guerre, Churchill était le seul à proposer quelque chose, même si c'était totalement idiot.
Le résultat : une défaite et 250 000 pertes (morts, blessés malades, prisonniers) alliées (je sais que les chiffres de la première guerre mondiale sont vite énormes, mais tout de même).
Les conservateurs mirent une condition à leur participation à un gouvernement de coalition, l'éjection de Churchill. Il retourna au front où il prouva une fois de plus que le courage physique faisait partie de ses qualités.
En 1917, il redevint ministre, des armements, mais dans un statut très affaibli. Il n'était plus le petit jeune qui montait mais l'homme qui avait des casseroles. C'est pour ça qu'il fut nommé : sans appuis, il dépendait entièrement du premier ministre Lloyd George (l'homme qui a un jour reçu un journaliste dans son lit, encadré de ses deux maitresses. Bon, en France, Thiers, avait aussi deux maitresses, la mère et la fille. Quand je vous dis que nous vivons une époque triste ...).
L'obsession hitlérienne de Churchill
Cependant, la mort de sa fille Marigold et divers échecs politiques ont fait mûrir Churchill dans les années 20.
La thèse politique de Charmley a le mérite de la clarté : dans sa lutte à outrance contre Hitler, Churchill, poussé par son exaltation égocentrique, a fait une erreur grossière de calcul, a ruiné la Grande-Bretagne, détruit l'empire et donné le pouvoir aux Américains. Il aurait bien mieux fait de conclure la paix avec Hitler en 1940 et de laisser les Russes et les Allemands s'entretuer, ce qui était exactement la politique voulue par tonton Adolf. Bref, Charmley est un halifaxien.
Le problème de cette thèse, aujourd'hui comme à l'époque, est qu'elle fait l'impasse sur les particularités du nazisme. Significativement, Charmley n'en parle pas. Il traite le nazisme comme une tyrannie ordinaire, soumise au froid calcul de la realpolitik.
Or, tous les penseurs du totalitarisme nous ont montré que le totalitarisme est comme un vélo : il ne s'arrête jamais, sinon il tombe (ce qui le distingue de la tyrannie ordinaire : Pinochet et Franco n'ont jamais eu l'ambition de conquérir le monde). Ceci invalide au passage la thèse à la mode que la guerre froide est une pure création des Américains : si les Soviétiques avaient pu, ils auraient conquis le monde.
1942, année de la liquidation de l'empire britannique
1941 est l'année où Churchill rampa devant l'URSS et les USA. Il était cohérent avec son obsession hitlérienne, mais Staline et Roosevelt n'avaient pas de telles obsessions, ils avaient des objectifs d'après-guerre. Et en 1942 et 1943, ça ne s'est pas arrangé.
Il ne faut jamais oublier, malgré Hollywood, que les Etats-Unis ne sont entrés dans la deuxième guerre mondiale que 2 ans 4 mois et 6 jours après son début, et même pas de leur propre initiative. Une thèse infondée (le complotisme ne date pas de 2023) prétend que Roosevelt a laissé faire l'attaque de Pearl Harbor pour entrainer son pays dans la guerre. C'est faux mais ça aurait été plutôt à son honneur.
Toujours est-il que l'Amérique est entrée en guerre à la date idéale pour tirer les marrons du feu.
Les ministres britanniques avaient bien conscience de se faire avoir et manifestaient un certain anti-américanisme, mais Churchill ne voulait rien entendre, son Cabinet était dysfonctionnel, peuplé de yes men.
L'exercice solitaire du pouvoir churchillien eut des conséquences dramatiques : le jugement de Churchill était toujours aussi pauvre. Son obsession (il allait d'obsession en obsession) du moyen-orient l'amena à dégarnir l'Asie contre l'avis des militaires. Il est directement responsable de la chute de Singapour (lui et le général sur place, totalement inepte), qui mit la Grande-Bretagne sous la dépendance américaine, en coupant les approvisionnements orientaux, et signa la fin de l'empire.
Charmley reproche aussi à Churchill d'avoir trop cédé à Staline. On ne peut lui donner tort.
Mais personne n'était de taille à prendre la place de Churchill, parce que personne n'en avait l'énergie.
La faute de Charmley
Charmley répète plusieurs fois le proverbe « Il arrive que les idiots (sous-entendu, comme Churchill) soient de meilleurs prophètes que les raisonnables ». C'est bien le nœud de l'affaire. Charmley commet une faute parce que, visiblement il a compris où le problème de sa thèse et il persiste dans l'erreur malgré tout.
L'avenir n'est pas toujours calculable, en fait il ne l'est presque jamais, et la raison des raisonnables est fautive, toujours à côté de la plaque. C'est pourquoi les modérés, les centristes, les raisonnables, sont à l'aise dans le fascisme : le monde, réduit à un paramètre obsédant (les juifs, le virus, les Russes ...), devient enfin (faussement) calculable. C'est aussi la thèse (entre autres) d'Abel Bonnard dans Les modérés.
On remarquera que Charmley est catholique. Il y a deux sortes de catholiques : ceux qui aiment de Gaulle parce qu'il se prend pour Jeanne d'Arc et ceux qui le détestent à cause de cela (on peut facilement transposer à Churchill). Charmley appartient à la seconde catégorie, celle qui se trompe et que je méprise.
Et pourtant, le livre de Charmley, fondamentalement erroné, a un mérite : il montre (pour l'accuser) à quel point Churchill était seul en 1940 et tenait le destin du monde sur ses épaules.
Les autres faisaient-ils mieux ?
Ce n'est pas par chauvinisme (ou alors juste un petit peu), mais je pense que de Gaulle dans la situation difficile qui était la sienne, a fait moins de fautes de jugement (Dakar 1940, à part ça ...). Roosevelt : c'est plus facile de prendre les bonnes décisions quand on est en position dominante, il y a plus de moyens, plus d'options et moins de risques.
La faute de Churchill
La grande faute de Churchill est la campagne de bombardement délibéré des civils, conseillé par le maléfique « Prof » Lindemann (le premier cercle de Churchill était d'assez mauvais conseil, Clementine ne l'aimait guère). Contrairement à mes manichéens contemporains, j'en comprends les raisons, qui ne sont pas toutes à rejeter (voir mes explications dans les billets The fall of Forteresses et Dresden), mais, quand tout est dit, cela reste une grave faute morale.
L'intérêt contemporain de ce livre
En ce moment où on traite de « collabos » et de « munichois » à tout bout de champ ceux (dont je suis) qui pensent et disent que la guerre d'Ukraine est un événement local qui ne met pas en jeu les intérêts de la France, Charmley montre que les accords de Munich étaient la moins mauvaise solution dans une situation fort mal engagée (je ne dis pas la même chose de la Collaboration).
Churchill a fait à ce moment là de beaux discours, mais il était trop tard pour une autre politique que celle choisie par Chamberlain. Sauf, dada churchillien, une alliance avec les Soviétiques, à laquelle Staline n'était pas prêt (mais on n'a pas essayé très fort).
La politique internationale, c'est un peu plus compliqué que les bons et les méchants à BFM.
Dominion (CJ Sansom)
La réponse à Charmley, c'est l'uchronie Dominion. L'auteur imagine qu'Halifax est devenu Premier Ministre le 10 mai 1940 et a appliqué la politique de Charmley.
La puissance et l'empire britanniques disparaissent aussi, parce que l'Allemagne nazie n'est pas une puissance amicale. C'est très vraisemblable.
Bref, les critiques de Charmley se réduisent à pas grand'chose. C'est un portrait à charge, mais pas totalement idiot.
Ca faisait un certain temps que j'avais envie de voir ce film qu'on m'a recommandé. De 1964 (remake en 2007).
Le titre Je suis une légende est un peu bizarre, le titre original italo-américain Le dernier homme est mieux.
On dit que la science-fiction voit parfois juste. C'est le cas. Ce film a des ressemblances indéniables avec le délire covidiste.
L'humanité a été détruite par un mystérieux bacille qui transforme ses victimes en vampires. Le dernier homme est confiné chez lui tous les soirs (il peut sortir le jour, les vampires ont peur du soleil).
Le jour, après avoir pourvu à ses besoins, le dernier homme pourchasse avec des pieux en bois les vampires, chez qui il est une légende (d'où le titre français). Ce dernier homme, un biologiste, comprend peu à peu qu'il est protégé par son système immunitaire, suite à une vieille morsure de chauve-souris (en 1964, ils n'ont pas pensé au pangolin).
Des vampires ont réussi à plus ou moins guérir grâce à une injection qu'ils doivent répéter régulièrement. Effrayés par le dernier homme, ils finissent par le tuer.
Le film n'est pas très bon, mais il est intéressant après le délire que nous avons vécu.
Ce qui est bien dans ce livre, c'est que l'auteur va directement au cœur du problème : l'écologisme est une haine morbide de de la condition humaine. C'est un animisme archaïque qui pousse sur les ruines du monothéisme chrétien, qui, lui, avait la bonne idée de mettre l'homme au centre juste après Dieu.
Les manifestations grotesques de l'écologisme dans la bourgeoisie urbaine (veganisme de petites dindes bourgeoises, carbophobie de moutons, vélos de crétins, trottinettes d'idiots, Teslas d'abrutis, « petits gestes » d'imbéciles ...) ne sont pas tant risibles que pitoyables, elles témoignent d'une idéologie grosse de misère, de génocides et de massacres.
Priver les gens d'hydrocarbures et d'électricité nucléaire, donc de chauffage, de transport, d'engrais, de médicaments, de plastiques et en fait d'industrie, est un programme génocidaire qui fait passer les nazis et les communistes pour de gentils amateurs.
Même le début de commencement d'application, à travers l'absurde « bilan carbone », est catastrophique.
L'écologisme est la méga-croyance de luxe qui permet à la bourgeoisie urbaine de réaliser son plein potentiel d'égoïsme nihiliste. J'aimerais bien qu'elle se détruise elle-même en foutant la paix aux autres. Hélas, ce n'est pas du tout dans ses intentions.
La marâtre et le condition humaine
Roucaute démontre aisément que la nature (sans majuscule, merci) n'est pas une gentille mère malmenée par le méchant homme, qui lui serait extérieur, mais une tueuse en série, en très grandes séries, qu'il est vital pour l'homme de dompter. Maitrise que l'homme, plongé dans cette nature dangereuse, est légitime à rechercher.
L'auteur dresse une liste fort longue, mais très instructive, de toutes les espèces d'hominidés anéanties par les caprices de la nature, les variations climatiques.
A cette époque, je ne vrombissais pas au volant à moumoute de ma peccamineuse voiture hydrocarburante. Roucaute confirme mon innocence : parmi les causes probables de ces variations climatiques génocidaires, le CO2 n'est jamais envisagé, aucune donnée n'allant dans ce sens. Beaucoup plus probablement, les cycles de Milankovitch de variation de l'axe de rotation de la Terre et les flux solaires (la grosse boule de feu là haut dans le ciel a une influence prépondérante sur les variations climatiques, étrange, non ?).
Il insiste aussi sur les éruptions volcaniques, qui semblent être le principal facteur d'évolutions brusques du climat (les variations de l'axe de rotation de la Terre sont beaucoup plus lentes). Les éruptions majeures durant l'histoire humaine (même pas la peine de remonter plus loin) ont eu chacune la puissance de milliers de bombes atomiques et ont envoyé chacune des km3 de cendres dans l'atmosphère.
Virus, bactéries, animaux : nos ennemis.
Roucaute continue à dresser la liste des ennemis naturels de l’homme. Il y a un passage intéressant sur les cancers et tumeurs détectés sur les hommes préhistoriques, signe que ces maux ont existé bien avant les méchants produits chimiques fabriqués par le tout aussi méchant homme industriel.
L’auteur s’en donne à cœur joie sur le thème « les animaux, nos ennemis ».
Les ressources naturelles n'existent pas
Roucaute est un des rares que je lis à avoir bien compris que le concept de « ressources naturelles » est erroné. Il n'existe pas de ressources données par la nature en stock fini. Il n'existe que des choses sans intérêt tant que l'ingéniosité humaine ne leur trouve pas un usage.
L'âge du silex n'a pas fini par manque de silex, l'âge du bois n'a pas fini par manque de bois, l'âge du charbon n'a pas fini par manque de charbon (à supposer qu'il soit fini) ... C'est contre-intuitif pour les naïfs, mais l'âge du pétrole ne finira pas par manque de pétrole et l'âge du nucléaire ne finira pas par manque d'uranium.
Le slogan « Des ressources finies pour un monde fini » (variante : « La croissance infinie dans un monde fini est impossible ») a l'apparence du bon sens, mais ce n'est que cela, une apparence. La réalité, c'est « Tout est à disposition de l'ingéniosité de l'homme, qui est infinie ».
Roucaute rappelle (ceux qui s'y intéressent le savent déjà, les autres ne veulent pas le savoir) que les réserves prouvées de pétrole ne cessent de croitre, on a dépassé les 40 ans de consommation, on va vers les 50 (les réserves prouvées ne dépassent guère 50 ans parce qu'il est inutile d'explorer plus, ça ne veut pas dire que nous manquerons de pétrole dans 50 ans).
Quand le pétrole conventionnel sera épuisé, dans un siècle ou deux, peut-être, il restera les sources dites non-conventionnelles (production à partir du charbon, des algues ou de la photosynthèse artificielle). Bref, la fin de l'âge du pétrole n'est pas en vue.
Julian Simon disait que la seule vraie menace pesant sur l'humanité était la dépopulation : moins d'hommes, moins d'ingéniosité, moins d'inventions.
Roucaute fait une liste de toutes les techno-bactéries qui sont en train de révolutionner le traitement des déchets. Non seulement l'industrie n'est pas polluante par rapport à ce qu'elle produit mais il y a des espoirs fondés qu'elle ne soit plus polluante du tout.
Le carbone, notre ami
Roucaute n'emploie pas le mot « carbone » comme substitut à « dioxyde de carbone ». Il parle du carbone en général. Bien sûr, il trouve cette obsession carbonique des neuneus stupide et très nuisible. Il rappelle que le carbone sous toutes ses formes est indispensable à la vie, que plus il y a de dioxyde de carbone, mieux c'est.
Dominer la nature pour sauver l'humanité
Résultat des courses ? On estime qu'il y a 12 000 ans, à la fin de la dernière glaciation, les hommes étaient 500 000. Pour la générosité de mère nature, vous repasserez.
Pour l'homme, dominer la nature, ce n'est pas un caprice, c'est une nécessité vitale. Cesser de dominer la nature, c'est mourir.
Les sectaires de Gaïa les plus cohérents l'admettent et assument implicitement d'être génocidaires. C'est par exemple le cas de notre ami Bill Gates : quand il dit que la population terrestre idéale, c'est 500 millions, il est sous-entendu qu'on passe de 7 millards à 500 millions par un gigantesque génocide.
Le sarcastique et les mortifères
Je trouve le ton très sarcastique de Roucaute désagréable (c'est dommage car ce livre regorge d'informations intéressantes qui auraient été mieux mises en valeur par un ton plus neutre). Je comprends que c'est une manière d'exprimer à la fois son profond mépris et sa grande inquiétude.
Contrairement à certains naïfs qui s'opposent aux écologistes en considérant qu'ils sont de gentils zozos, Roucaute a compris le potentiel mortifère de l'écologisme.
Non, les vegans, les anti-spécistes, les carbophobes, les trottinetteurs, les vélotaffeurs, les teslanautes ne sont pas gentils, ils portent la mort en eux. Ils ont d'autant moins d'excuses que l'idée que l'homme est un intrus sur cette terre, qu'il doit réduire au minimum son impact et, finalement, disparaître est de plus en plus explicite.
L'écologisme, le veganisme, l'anti-spécisme sont des idéologies d'extermination de l'humanité.
Oui mais ...
Roucaute fait trop confiance à la technique. La technique, c'est aussi un moyen destruction de l'humanité, le nucléaire civil et la bombe atomique, la guérison génétique et le transhumanisme ... C'est pour cela que Roucaute a été un de ces salauds qui ont fait la publicité du délire covidiste et qu'il a donné dans tous les panneaux (la muselière qui protège, la piquouse qui sauve ...).
Bref, un con.
Pourquoi ? C'est simple : comme les écolos, Roucaute refuse la condition humaine. Les écolos la refusent en disant que la nature est bonne, Roucaute la refuse en disant que la technique va nous sauver de tout, même des dangers imaginaires.
Décidément, il est bien difficile en Occident de penser juste : la condition humaine est éprouvante et rien ne nous en sauve (en ce monde).
Je suis très inquiet que les débilités écologistes soient désormais considérées comme des choses allant de soi, comme naguère la dangerosité du COVID, et qu'il soit considéré comme incongru de rire du « bilan carbone » comme il l'était de rire des simagrées magiques des hypocondriaques, la muselière, les confinements et les gestes de crétins.
L'homme blanc (car c'est le seul qui prend vraiment au sérieux ces conneries) est mu d'une pulsion suicidaire qu'il me semble très difficile d'arrêter. Je ne suis inquiet ni de la contamination, ni du climat, mais de ça, je suis très très soucieux.
La gauche hurlait au navet truffé d'erreurs historiques. Comme la gauche est l'incarnation du mensonge, je n'ai pas été surpris que ce film ne soit ni un navet ni faux.
Il est sain, il est juste (ah, la justice, une notion bien oubliée), que le grand massacre de la paysannerie française commencé en 1793 (et achevé en 1918) par la bourgeoisie urbaine ne soit plus ignoré.
Le film n'est pas un navet, mais il manque de souffle et de talent (par exemple, un dialoguiste plus audacieux se serait permis une ou deux pointes d'humour pour jouer sur l'humeur du spectateur), c'est un film très moderne pour des conservateurs ! Le personnage principal est tellement prenant, c'est un héros à l'antique, que cela efface les défauts du film.
Je sais bien que les gauchistes sont incultes, mais c'est Gracchus Babeuf, de la Montagne (l'extrême-gauche de l'époque), qui a inventé le terme « populicide » pour qualifier et dénoncer ce que le gouvernement de la raie-publique faisait aux Vendéens. Il avait le bon goût d'appeler Robespierre « l'exterminateur ».
Je ne veux pas discuter si la politique vendéenne de la Raie-volution est un génocide. Ce débat sémantique détourne de l'essentiel : ce fut horrible et déshonorant.
Il y a fouletitude de différences superficielles mais au fond les « patriotes », comme se baptisaient les exterminateurs, sont les ancêtres de nos « bobos/bourgeois bolchéviques », toujours la bourgeoisie urbaine décadente et exterminatrice (priver les gens d'hydrocarbures et d'électricité nucléaire est plus lent en matière d'extermination que de leur couper la tête, mais plus efficace à terme).
Ca confirme tellement tout ce que je pense que je n'ai pas grand chose à ajouter :
1) Aujourd'hui, le crime suprême est de rappeler que la réalité existe.
2) Une conséquence directe de 1) est que la censure est indispensable, souhaitable, recommandée, habituelle. La liberté est détestée, haïe, honnie, crainte.
3) Les « transexuels » sont les nouvelles vaches sacrées.
Il ne faut pas chercher ailleurs que dans sa propre folie furieuse les sources du discrédit qui frappe l'Occident dans le reste du monde.
Redisons le une bonne fois pour toutes :
Les transexuels n’existent pas. Il n’y a que des travestis, qui ont de graves problèmes psychologiques et qu'il est immoral d'entretenir dans leurs problèmes.
J'appellerai dans la suite le Saint Suaire de Turin « le Linceul ».
L'auteur ne cache pas ses convictions chrétiennes.
Le livre est divisé en deux parties : l'histoire et la science
L'histoire
L'histoire est simple : on connait le parcours du Linceul, sauf un trou d'un siècle et demi au moyen-âge qui permet d'introduire l'hypothèse de la contrefaçon.
La science
Il faut bien différencier deux hypothèses :
1) le Linceul est authentique, il n'est pas une contrefaçon.
2) le Linceul a contenu le corps de Jésus tel que décrit dans les Evangiles.
L'authenticité
L'hypothèse de l'authenticité, si elle n'était pas si chargée idéologiquement, serait une évidence.
On n'a aucun exemple d'une telle contrefaçon, ni même qu'une telle contrefaçon soit possible, aucune idée des procédés qui permettraient d'y parvenir.
C'est comme l'idée que les Evangiles sont une contrefaçon : il faudrait un miracle pour parvenir à une contrefaçon aussi parfaite, or cette hypothèse de la contrefaçon est soutenue par des gens qui ne croient pas aux miracles.
Un exemple parmi d'autres. Si contrefaçon il y a, elle vient de l'Antiquité, de gens qui ont vu des crucifixions. En effet, les clous dans les poignets sont à l'endroit exact où les os peuvent tenir le poids du corps, mais sans toucher aux artères, l'hémorragie aurait abrégé les souffrances du supplicié, cette disposition témoigne d'une excellente technique des bourreaux. Au Moyen-Age, on représentait la crucifixion avec les clous dans les mains. Par quel miracle un contrefacteur médiéval se serait-il exclamé « Bon sang ! Mais c'est bien sûr ! Il faut mettre les clous dans l'espace de Destot » ?
Donc l'hypothétique contrefaçon vient de l'Antiquité. Comment a-t-elle été faite ? Mystère total : on n'a pas trouvé trace de coups de crayon ou de pinceau.
Un mot sur la crucifixion : l'homme n'a jamais été avare de tortures sur ses semblables mais la crucifixion est un des supplices les plus terribles. Le condamné meurt par asphyxie lente, du fait d'avoir son poids pendu par les bras, il ne peut soulever sa cage thoracique pour respirer correctement, il s'appuie sur ses pieds cloués pour reprendre de l'air, ça peut durer des une journée entière (les Romains s'étonnent que Jésus, épuisé par la flagellation, soit déjà mort). Les Romains cassaient les jambes des condamnés à coups de barre de fer quand ils voulaient les achever (c'est ce qui arrive aux deux larrons).
On note que le supplicié du Linceul n'a pas les jambes cassées mais le côté transpercé, comme dans les Evangiles. Transpercé du côté droit, où il n'y a pas de bouclier, comme les légionnaires romains étaient entraînés à faire (encore un détail difficile à inventer au Moyen-Age, une chance sur deux, gauche ou droite).
Le Linceul n’a recueilli le corps que pour quelques jours, puisqu’on ne détecte aucun produit de décomposition.
Le livre fourmille de détails et de réflexions scientifiques intéressants. Cependant, à mes yeux, c’est pour le plaisir de la discussion. La question de l’authenticité du Linceul est vite tranchée : si un jour il était prouvé que le Linceul est fait de main d’homme, ça serait une révolution vertigineuse de notre évaluation des connaissances et des capacités de nos ancêtres.
L'hypothèse de la contrefaçon du linceul d'un crucifié est à ce point invraisemblable que certains opposants à la thèse de l'authenticité complète ont émis l'hypothèse d'un crucifié médiéval.
Mais cette hypothèse se heurte toujours au même problème : il n'y a aucune explication satisfaisante de la formation de cette image sur le Linceul, en cohérence avec toutes les caractéristiques qu'on a pu mesurer.
Le Linceul du Christ ?
Le supplicié du Linceul est-il Jésus ? A-t-il ressuscité ?
La connaissance historique de Jésus incontestée (sauf pour des cons très marginaux qui ont un train de retard comme Onfray) est la suivante : « Il a existé, au premier siècle, en Palestine, un prophète juif nommé Jésus, qui a eu des disciples, puis a été crucifié et dont les disciples ont prétendu qu’il était ressuscité ».
Comment cela se réconcilie-t-il avec le Linceul ?
Aucun problème pour la crucifixion, ça colle. Ce supplice n’était pas rare, donc retrouver un linceul de crucifié n’a rien d’incroyable (même si c’est le seul connu).
Par contre, la couronne d’épines et la flagellation, ça dérange. En effet, ce supplice n’est connu que pour le Jésus des Evangiles donc il n’y a que 3 hypothèses :
1) Le Linceul prouve les Evangiles.
2) Le Linceul a été fabriqué pour coller aux Evangiles (fabrication du Linceul : hypothèse peu vraisemblable, sauf s'il y a eu une vraie crucifixion suivant la recette des Evangiles pour créer un faux linceul, hypothèse pour le moins étrange, mais pas totalement incroyable).
3) Il y a eu d’autres suppliciés antiques couronne d’épines, flagellation, crucifixion, mais nous n’en avons pas connaissance.
La date aiderait bien. Des chercheurs ont cru détecter sur les yeux des pièces de l'époque de Tibère, mais d'autres pensent qu'ils ont vu ce qu'ils voulaient voir.
Le supplicié a-t-il ressuscité ? Impossible de le dire. La seule chose qu’on peut dire, c’est que le corps ne s’est pas décomposé dans le Linceul. Les premiers opposants des chrétiens ont émis l’hypothèse d’un déplacement du corps par les disciples. pourquoi pas ?
Un mystérieux rayonnement ?
Les croyants ont trouvé une explication simple à la formation de l'image : le rayonnement du à la résurrection.
Mais comme la résurrection est un phénomène non reproductible jusqu'au Jugement Dernier, impossible de savoir si elle rayonne.
La rage de ne pas croire
L'affirmation maintes fois répétée par les opposants à l'authenticité que « la science a dit », qu'« il y a consensus des scientifiques », que « le débat est clos » rappelle d'autres débats à prétention scientifique lourdement chargés par l'idéologie.
En réalité, le seul contre-argument (qui serait suffisant à invalider l'authenticité s'il était vrai) est une datation au Carbone 14 fort contestée (la datation au C14 n'est pas adaptée à un objet qui a eu une vie aussi mouvementée que le Linceul).
Résumons
1) Il n'y a pas de preuve que le Linceul est un faux, à part une datation au Carbone 14 contestée.
2) Faux ou pas faux, le processus de formation de l'image reste inconnu. Aucune des tentatives d'explication n'arrive à être en cohérence avec toutes les données.
3) L'hypothèse du faux se heurte à l'éléphant dans la pièce, quel que soit le procédé utilisé : la qualité anatomique de l'image.
Aujourd’hui, l’hypothèse de très loin la plus vraisemblable est : le linceul exposé à Turin est bien un linge très ancien ayant contenu pour quelques jours le corps d’un supplicié qui a reçu une couronne d’épines, été flagellé, puis crucifié jusqu’à ce que mort s’en suive.
Le reste est affaire de croyance personnelle.
La position de l'Eglise
La position de l'Eglise est la même que pour toutes les reliques, la méfiance. Elles sont une aide à la Foi et non une preuve. Le débat sur l'authenticité du Linceul ne change rien à la théologie : si c'est un faux, ça ne prouve pas que les Evangiles sont faux, et si c'est un vrai, on savait déjà ce qu'il nous raconte (à part qu'on aurait une image du Christ).
L'Eglise refuse dorénavant les expertises sur le Linceul.
De toute façon, tout a déjà été dit : « Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui de Jonas. Puis il les quitta, et s'en alla. ».
Quand on ne veut pas croire, on sait trouver toutes les « bonnes » raisons de ne pas croire. Le mot de Nixon peut s'appliquer aujourd'hui à Jésus : « Si je marchais sur l'eau, les journalistes titreraient "Il ne sait pas nager" ».
« Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois.
Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit :
Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! »
S'il y a un vainqueur de la Bataille d'Angleterre, c'est lui, HCT Dowding.
En tant que directeur scientifique de la Royal Air Force, il a développé la chaîne de radars et de postes de commandement et l'équipement radio des avions. Il a aussi préparé les radars embarqués pour la chasse de nuit.
En tant que chef du Fighter Command, il a supervisé son organisation et la formation des pilotes.
Il a aussi pris les décisions stratégiques de la bataille.
Il est aujourd'hui considéré comme un des plus grands (le plus grand ?) généraux d'aviation de l'histoire.
Et pourtant, à l'issue de la bataille, il a été sacqué comme un malpropre. Pourquoi ? Parce que, pendant que les grouillots meurent, les généraux continuent à intriguer pour leur carrière. C'est le déshonneur de Churchill d'avoir prêté la main à ces intrigues de bas étage.
C'est instructif d'y revenir plus en détails.
Leigh-Mallory et Sholto Douglas sont aujourd'hui considérés comme des commandants médiocres (d'une manière générale, les Anglo-Saxons ont souffert de la médiocrité de leurs généraux. Dans ces nations peu bellicistes, les meilleurs d'une génération ne faisaient pas carrière dans l'armée) : pendant qu'ils gaspillaient des pilotes au-dessus de la France en offensives couteuses et inefficaces (les Grands Cirques décrits par Clostermann), d'autres remportaient avec peu de moyens des victoires aériennes stratégiques à Malte et au Moyen-Orient.
La création d'un homme
La Royal Air Force, en tant que première armée aérienne indépendante de l'histoire, est la création d'un homme : Hugh Trenchard. C'est sa volonté, son intelligence, ses manœuvres, qui aboutirent à la création de la RAF en avril 1918.
En 1916 (comme quoi la crise de 1940 remonte à loin), Dowding et Trenchard se sont déjà violemment opposés.
Fallait-il envoyer les pilotes au front dès leur sortie de l'école, quitte à provoquer une boucherie, ou adopter une attitude moins offensive et permettre aux jeunes pilotes de s'aguerrir ? Trenchard était pour la première solution, Dowding pour la seconde. Dowding fut renvoyé en Angleterre. La question se posera à nouveau lors du Bloody April de 1917 (un ratio de pertes de 1 à 4 en faveur des Allemands !) avec la même réponse sanguinaire (voir La patrouille de l'aube de 1930 avec Douglas Fairbanks ou le 'remake' de 1938 avec Erroll Flynn et David Niven ).
Le problème du fait d'être née de la volonté d'un homme à forte personnalité fut que le commandement de la RAF fonctionnait comme une secte autour de son gourou et non comme une machinerie militaire où on peut examiner librement les options avant de décider. Les Anglais auront le problème avec Trenchard puis son fils spirituel Bomber Harris, les Américains avec Hap Arnold puis Curtis Le May, à peine (hélas) caricaturé dans Docteur Folamour :
A l'inverse, Dowding fut très ouvert aux faits. Il avait du mal à s'insérer dans le cirque Trenchard. C'était une pièce rapportée. Il s'imposa à force de compétence. C'est impressionnant. Un peu comme de Gaulle, il dérangeait mais ses qualités étaient si évidentes qu'on se sentait obligé de le promouvoir.
De plus, Dowding était un grand diplomate : il avait publié un livre dont un chapitre s'intitule Why are senior officers so stupid? (ça se passe de traduction !). Je me demande toujours ce que ce genre de personne penserait de nos officiers actuels.
Le fonctionnement idéologique du commandement (par « commandement », j'entends l'Air Ministry et l'état-major de la RAF) a de nombreuses conséquences, dont une qui se fait sentir dans toute l'organisation : la coupure entre le haut et le bas, par la fuite des grands penseurs devant les triviales réalités.
Fuite favorisée par un phénomène bien connu de ce genre de fonctionnement, l'irresponsabilité. Plus exactement : la seule responsabilité des petits chefs et des moyens chefs, c'est de plaire au grand chef.
On se retrouvait donc avec une l'organisation ayant une forte culture de la responsabilité (le mécano signe sa form, le pilote signe sa form ...) dont les grands chefs vivaient dans les nuages de leurs idées fixes. Ce fut tout un psychodrame de distraire quelques bombardiers pour la décisive bataille de l'Atlantique alors que des dizaines étaient sacrifiés inutilement toutes les nuits au-dessus de l'Allemagne.
Le bordel
Du fait de cet esprit sectaire du commandement, la RAF des années 30/40 était gravement dysfonctionnelle. Elle attribuait des moyens énormes (125 000 aviateurs avec 73% !!! de pertes -tués, blessés, prisonniers, 1 million d'hommes au total) au Bomber Command, à peu près inutile (les Soviétiques s'en sont très bien passés. L'effet reconnu des bombardements stratégiques sur l'Allemagne fut d'empêcher l'accélération de la production, pas de la faire chuter, sauf fin 1944, quand la guerre était déjà perdue. Tout ça pour ça), tandis que les services vraiment décisifs Fighter Command, Coastal Command et Transport Command étaient négligés presque jusqu'au point de rupture.
Ce qui sauve ce genre d'organisation, c'est le bordel, la liberté qu'ont les grouillots à leur petite échelle de corriger les erreurs des chefs. La cruciale Bataille de l'Atlantique (puisque c'est l'exemple que j'ai pris) fut sauvée, entre autres, par quelques bombardiers « égarés » au Coastal Command.
Ne pas se fier aux politiciens
Dowding a appris dans sa carrière, par diverses péripéties, que la parole des politiciens ne vaut rien et que seuls les fous s'y fient. En 1940, il eut l'occasion de le vérifier.
Il y a pourtant un politicien qui a bien travaillé pour lui, Lord Inskip. Chargé de réfléchir à la stratégie de la Grande-Bretagne dans les années cruciales 1936-1939, il a convaincu le Cabinet de son raisonnement limpide (à la grande rage des idéologues du bombardement stratégique) :
1) La Grande-Bretagne n'a pas les moyens économiques de bâtir en temps de paix une force aérienne d'attaque (bombardement) et une force aérienne de défense (chasse) et n'a pas les moyens d'arriver à la parité de bombardiers avec l'Allemagne.
2) La stratégie gagnante pour la Grande-Bretagne est (comme toujours) une guerre longue.
3) La priorité doit donc être donnée à une force aérienne de défense, pour permettre à la Grande-Bretagne de tenir, le temps de se mobiliser industriellement.
Dowding eut peu de soutien des politiciens (sauf celui, défaillant, de Churchill, qui manquait, bizarrement, de constance), mais certains hauts fonctionnaires avaient bien compris que l'obsession du commandement de la RAF pour le bombardement stratégique était fumeuse.
La cabale
Une fois que vous avez compris le fonctionnement sectaire et idéologique du commandement de la RAF, il n'est pas difficile de comprendre la cabale contre Dowding, elle coule de source,
Travaillez au corps quelques députés et hauts fonctionnaires qui vous serviront de paravents, briefez les d'une manière très orientée, faites croire par leur intermédiaire qu'un mouvement de contestation vient de la base (un précurseur de la célèbre méthode de manipulation astroturfing), savonnez consciencieusement la planche de Dowding dans les couloirs auprès des ministres pendant qu'il est occupé par la bataille, et le tour est joué. Ces procédés déshonorants sont de toutes les machinations.
L'attaque de la Big Wing échoue.
Douglas Bader, le pilote cul-de-jatte, était très courageux, très combatif et obstiné, mais aussi con comme un balai. Il croyait qu'il valait mieux opposer aux Allemands des masses d'avion (les fameuses Big Wings) plutôt que des escadrilles au détail comme préconisé par Dowding.
Pour des raisons techniques (temps perdu à rassembler les Big Wings, difficultés à les contrôler), cette idée ne tenait pas la route. Tous les squadron leaders bien plus expérimentés que Bader (son accident l'a éloigné de la RAF pendant 8 ans) en ont témoigné. La RAF a fini par le reconnaître dans son histoire officielle en ... 1990.
On peut s'interroger sur les qualités d'un officier subalterne inexpérimenté, qui critique avec entêtement son commandant en chef en public, en des termes proches de l'insulte. Dowding a admis bien plus tard qu'il avait peut-être eu tort de ne pas le sanctionner.
Pour finir, Bader a été abattu et fait prisonnier en août 1941, au grand soulagement de ses subordonnés (témoignages sans ambiguïtés) qui commençaient à trouver que la recherche de score du patron, c'est-à-dire de gloire personnelle, leur coutait très cher. Ca éclaire la querelle précédente.
Toujours est-il que cette polémique inutile a affaibli Dowding. Les journalopes d'aujourd'hui lui colleraient l'étiquette infamante de « personnage controversé ».
Tirer la chasse de nuit
Puisque la bataille d'Angleterre se termina sur une victoire qu'il est impossible de ne pas attribuer à Dowding, ses ennemis choisirent un autre angle : « Il a réussi de jour, mais il n'a pas bien préparé la chasse de nuit ».
Factuellement, c'est faux, Dowding a poussé à fond le développement des radars embarqués. Mais, comme le reste, ce n'était qu'un prétexte.
L'essentiel était que Dowding ne devînt pas Air Chief of Staff comme c'est son destin naturel. Ca aurait été un désaveu terrible pour les idéologues du bombardement stratégique qui, comme tous les idéologues, étaient des gens obstinés et sans scrupules.
La faiblesse de Churchill
Pourquoi Churchill, grand défenseur de Dowding, a-t-il fini par le lâcher ?
Au bout du bout, ce n'est pas très flatteur pour Churchill : il a lâché Dowding parce que celui-ci était un froid calculateur et qu'il refusait les sacrifices qu'il jugeait inutiles alors que Churchill ne rechignait pas aux gesticulations sanglantes.
il semblerait cependant qu'il ait eu quelques remords de sa mauvaise action (elle n'était pas seulement mauvaise en termes moraux, elle était mauvaise en termes d'efficacité opérationnelle).
Une pauvre justice et une punition
La justice a progressivement été rendue à Dowding par les historiens.
La punition, ce fut pour les jeunes aviateurs anglais tués inutilement (lire Clostermann), Douglas et Leigh-Mallory (les successeurs de Dowding et de Park, sacqué en même temps que son chef) étant nettement moins bons que ceux contre qui ils ont comploté (moins imaginatifs, moins rigoureux, moins économes du sang de leurs hommes).
Par comparaison, ce que peut l'imagination : Basil (futur Sir Basil) Embry, commandant une escadrille de chasse de nuit, ayant compris que le point clé était la formation des opérateurs du radar embarqué a fait une descente à Cambridge un week-end, a recruté de façon pirate quelques étudiants en science, les a formés et mis dans les avions pour voir ce que ça donnait. A la première sortie, un ennemi a été abattu.
Les petits hommes
Dowding a été victime de petits hommes, supérieurs à lui hiérarchiquement mais très inférieurs humainement : jaloux, mesquins, égoïstes, dogmatiques et méchants.
Cela ne devrait pas étonner : les grosses bureaucraties sont propices à l'ascension de ce genre de profils. Et la coalition des médiocres contre l'homme de qualité est aussi vieille que le monde.
C'est la carrière de Dowding, avec toutes ses qualités évidentes et donc gênantes, qui est étonnante. Il est étrange qu'il n'ait pas été éliminé avant d'accéder au commandement du Fighter Command.
Les généraux anglo-saxons étaient pour la plupart médiocres, mais cela n'a pas favorisé la carrière des quelques bons, bien au contraire. Par exemple, Slim en Asie n'a vraiment pas eu un chemin semé de roses.
Dowding fut le seul des grands généraux de la RAF à ne pas être fait Air Marshal à la fin de la guerre.
Dans la RAF, Dowding n'est pas un cas isolé : Ludlow-Hewitt, Cotton, Embry, Malan, Park ont tous été sanctionnés alors que leur supériorité ne fait aujourd'hui aucun doute, notamment leur imagination et leur sens de l'initiative. Mais ce sont justement ces qualités qui les rendaient insupportables à une organisation bureaucratique.
Il faut revenir à ce que j'écris au début de ce billet : la RAF des années 40 était une machine gravement dysfonctionnelle : elle gaspillait, pour son obsession (approuvée par un Churchill très mal conseillé) de l'area bombing, la transformation des villes allemandes en parkings de supermarché, des ressources considérables et atteignait un résultat douteux, à la fois moralement et militairement.
On ne peut qu'imaginer l'efficacité diabolique d'une RAF moins dogmatique, constituée de Mosquitos, moins couteux en matériels et en hommes (2 aviateurs au lieu de 10), quasi-indétectables au radar (ils étaient en bois) et pouvant transporter jusqu'à Berlin la charge de bombes d'un B17. Le Mosquito était insaisissable, il a fini la guerre avec le ratio de pertes le plus bas de la RAF.
Je n'évoque pas le Mosquito par hasard. Cet avion remarquable en bois moulé, ancêtre des composites, était l'un des très rares appareils étrangers a avoir été utilisé par les Américains, c'est dire. La timidité de la RAF à l'exploiter (produit à 7800 exemplaires, juste 500 de plus que les Lancaster, il aurait du l'être 3 à 4 fois plus) est souvent citée comme exemple d'aveuglement.
Mais il y a pire, jusqu'au début de 1943 !!!!, la RAF refusait obstinément de développer les chasseurs d'escorte à long rayon alors que :
1) dès 1940, Sidney Cotton, l'inventeur de la reconnaissance stratégique (qui, bien sûr, a été sacqué), a fait voler un Spitfire, modifié avec l'aide de Supermarine, de 3000 km d'autonomie (4 fois l'autonomie nominale).
2) les Américains prouvaient avec le P51 équipé d'un moteur Merlin (donc anglais) que c'était tout à fait possible.
La RAF n'a remporté que deux victoires nettes et sans bavures, la Bataille d'Angleterre et Malte, à rebours de sa doctrine et par des hommes, Dowding et Park, dont elle a entravé la carrière.
Après la guerre, ce dogmatisme, issu de la création de la RAF en 1918, est devenu obsolète et s'est estompé avec le changement de génération et le changement de conditions matérielles (avions à réaction et bombe atomique).
Enfin, on notera que le roi George VI a bien compris l'offense faite à Dowding et qu'il a insisté pour qu'il soit fait baron. Ca ne répare pas l'injustice, mais ça parle en faveur de la monarchie !
L'inaptitude criminelle du commandement de la Royal Air Force est le fruit d'une histoire. Elle ne doit pas faire oublier le courage des jeunes hommes qui montaient dans leurs avions et allaient à la guerre.
Relecture de décembre 2025
En relisant, je vois mieux que le commandement de la RAF de la fin des années 30 est une bureaucratie typique :
> imperméabilité aux faits et au réel. Energie totalement dévouée aux luttes internes.
> pensée (si on peut appeler cela ainsi) obtuse et bornée. Dogmatique.
> mesquinerie et méchanceté dans la gestion des hommes. Esprit de cour. Des anecdotes, des on-dit, des impressions suffisent à faire et à défaire les carrières. La manipulation habile de parlementaires pas très futés (dont une femme) est aussi à noter.
> culte de la procédure et du beau papier.
Que la sommes d'intrigues, impliquant des militaires, des hauts fonctionnaires et des politiciens, déployées pour expédier à la retraite le meilleur général d'aviation de cette guerre ait été couronnée de succès est une tache sur le système anglais. D'ailleurs, certains, à commencer par le roi, l'ont vécu ainsi. Surtout que, comme je le signalais dans le corps principal du billet, c'était une pratique courante (symptôme d'un grave problème) dans la RAF de ces années là de sanctionner ses meilleurs officiers. Dowding n'a été vraiment réhabilité, par la pression d'historiens extérieurs à l'institution, qu'en ... 1990 !
Churchill a montré (comme d'habitude, diront ses détracteurs) son pire défaut : le manque de jugement. Il a passé sa vie à commettre d'énormes bourdes puis à utiliser sa formidable énergie pour en corriger les conséquences. Il n'aurait pas plus mal choisir son conseiller scientifique, « prof » Lindemann, un sale type nocif (d'ailleurs, il était végétarien et abstinent, jamais un bon signe).
Dommage que ces bassesses aient eu des conséquences très concrètes pour les jeunes gens qui s'entretuaient dans les airs. Entre 1941 et 1944, la RAF fut un épouvantable gaspillage d'hommes et de matériel pour un résultat douteux. Bomber Command : 55 723 morts en opérations plus 5 327 à l'entrainement. Un membre d'équipage du Bomber Command avait moins de chances de survivre qu'un officier de la première guerre mondiale (sur 100 hommes, 55 morts, 3 blessés, 12 prisonniers). Il est certain que Dowding n'aurait pas toléré cela.
Comme De Gaulle, Dowding n'avait aucune confiance dans l'intelligence des militaires. Notamment dans leur capacité à s'élever au niveau stratégique (de ce point de vue, les mémoires d'Alanbrooke, chef de l'état-major impérial pendant toute la guerre, sont éclairants : plus d'une fois, ce très excellent homme montre qu'il ne comprend pas les raisons de Churchill).
S'il n'y avait pas eu deux politiciens, Inskip et Churchill (il lui arrivait quand même de ne pas manquer de jugement), et un militaire atypique, Dowding, les Anglais n'auraient pas perdu la Bataille d'Angleterre. Parce qu'elle n'aurait pas eu lieu, faute de chasseurs et de radars.
Si le rôle de la chasse était resté ce que le commandement de la RAF planifiait en 1935, la RAF n'aurait plus eu un chasseur en état de vol à l'issue de la campagne de France. Toutes les ressources auraient été mises à construire des bombardiers inutiles (les bombardiers ont commencé à avoir des capacités, distance franchissable, emport, vitesse, qui les rendaient militairement utiles en 1943, pas avant).
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Stratégie alternative de la RAF (pour ne pas être anachronique, je n'évoque que des idées émises sur le moment, par des gens qui ont été sacqués par l'institution) :
> développer les chasseurs d'escorte à long rayon d'action. Comprendre leur intérêt stratégique. La RAF ne le fera que sous la pression des Américains, perdant trois précieuses années, alors que Sidney Cotton avait testé un Spitfire capable d'aller jusqu'à Berlin dès 1940.
> plutôt que les aera bombings de nuit, immoraux, très coûteux en hommes et en matériel et peu efficaces, se concentrer, de jour, sur les points névralgiques de l'industrie de guerre allemande. A cause des tours de crakage, les raffineries (avec les barrages hydro-électriques) sont une des rares industries impossibles à camoufler. La campagne anti-pétrole commencée en 1944 (seulement en 1944 !) donna des résultats remarquables. Ca va évidemment avec les chasseurs à long rayon d'action.
> fournir plus de moyens au Coastal Command pour la Bataille de l'Atlantique. Alors que Butcher Harris (surnom d'époque) perdait des centaines de bombardiers au dessus de l'Allemagne, 12 Liberators (3 sur les 15 prévus ont été retenus au dernier moment par les connards du Bomber Command !) ont changé la donne in extremis dans l'Atlantique.
> une fois la sécurité de la home base assurée, mettre plus de chasseurs sur les théâtres périphériques. Les Américains débarquant en Angleterre en 1942 s'étonnèrent du peu d'emploi des chasseurs. Si Singapour avait été sauvé, la guerre et l'après-guerre auraient été différents.