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jeudi, février 07, 2013

Qu'est-ce que l'éducation ?

Avec mes collègues, nous tenons des conversations de plus en plus élevées. Je commence à avoir la trouille : c'est anormal. Et tout ce qui est anormal doit susciter la peur, par pur instinct de  conservation (les «phobies» sont un signe d'intelligence basique). Donc, j'ai de plus en plus peur de mes collègues, déjà que je rase les murs et que  je porte un slip en zinc. Je me demande si je ne vais pas aller jusqu'au gilet pare-balles et à la kalach.

Vivement que nous recommencions à parler foot et bagnole.

Le sujet du jour était : «Qu'est-ce que l'éducation ?»

Excellente question puisque, sur ce sujet, le bon sens a subi depuis quelques décennies  une défaite en rase campagne dont nous voyons tous les jours les dramatiques conséquences.

Comme la guerre, l'éducation est un art tout d'exécution, mais, en théorie, c'est simplissime.

Eduquer, étymologiquement, c'est «conduire hors». Hors de quoi ? De l'enfance, bien entendu.

Et ce n'est pas nouveau, ça date des Romains (au moins). C'est dire si les relents réactionnaires et passéistes de l'éducation sont puissants, nauséabonds comme un clodo qui se déchausse.

Conduire hors de l'enfance ? Donc de la fusion maternelle et du fantasme de toute-puissance. C'est pourquoi l'éducation est à la fois frustrante et libératrice.

Frustrante, parce qu'elle pose des limites, la limite ultime et insurmontable de la vie adulte étant la mort acceptée. Libératrice parce qu'elle donne les outils pour affronter le réel et s'y épanouir. Toutes les micro-limites érigées quotidiennement par l'éducation «Mouche ton nez», «Dis bonjour à la dame», «Tiens toi droit» ne sont que les projections sur de petites situations de la Limite. Et ce rôle d'éducateur est symboliquement dévolu au père, cet ignoble intrus qui brise la fusion maternelle.

Inversement, la fusion maternelle est nécessaire pour acquérir la confiance mais devient à la longue étouffante et mortifère.

Bref, je pousse la folie jusqu'à prétendre cette chose horrible, fachisse, nazie, à savoir qu'en matière d'éducation, les sexes sont complémentaires.

Je n'ai malheureusement pas gardé un article fort intéressant d'un professeur de lycée expliquant qu'il trouvait que ses élèves étaient de plus en plus facilement découragés par les obstacles et devenaient dépressifs, qu'il y en avait de moins en moins de persévérants. Or, c'est pour moi un symptome de non-éducation, puisque je définis l'éducation comme l'apprentissage de la frustration afin de savoir s'épanouir malgré toutes les emmerdes qui nous tombent sur la gueule dans la vie.

La non-éducation est la facilité, c'est agreable de dire oui, mais aussi une trahison de ses devoirs.

L'explication de cette non-éducation ? La forclusion du père.

La plupart des pères que je connais se comportent comme des mères-bis et ne remplissent que très mal (en tout cas, pas aussi bien qu'ils le pourraient avec un peu de couilles) leur rôle d'éducateur. Seule leur présence, qu'ils ne peuvent totalement effacer, en introduisant un coin dans la fusion maternelle, joue encore un rôle éducatif. Quant aux «familles» monoparentales, mieux vaut ne pas en parler (on peut saluer les femmes seules qui arrivent quand même à éduquer leurs gosses).

Et l'on retombe sur le problème du conformisme qui modèle une société. Nos grands-parents se posaient-ils plus de questions que nous sur l'éducation ? Je n'en sais rien mais j'en doute. En revanche, l'exemple venu d'en haut et l'atmosphère générale étaient très différents.

Le père, et donc l'éducation, étaient valorisés. Aujourd'hui, le père, et donc l'éducation, sont dévalorisés. On a ce qu'on mérite.

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

mercredi, octobre 26, 2011

Mais où est passée la virilité ?

Je me suis amusé à vous copier trois articles sur le maternalisme. L'idéal de notre société n'est plus la mère, c'est la maman (et le «papa», maman-bis). Je ricane chaque fois que je vois un «papa» porter son gnard sur le ventre, pour compenser le fait de n'avoir pu être enceinte. Evidemment, je trouve cela grotesque.

Les femmes ont les hommes qu'elles méritent, puisque ce sont elles, comme mères et comme femmes, qui les font. On en connaît les conséquences pour notre société : suicide démographique, naufrage éducatif, anarchie à l'intérieur, faiblesse à l'extérieur.

Bien sûr, tout cela a un rapport évident avec la société de consommation : vous ne convaincrez pas un homme qui pense que l'action consiste à parvenir le premier en haut de l'Everest ou à casser la gueule de tous ses petits copains dans la cour de récré que le shopping est un acte passionnant. Pour transformer votre homme en «consomm'acteur» (expression ridicule de pubeurs mais qui dit bien notre époque), il faut d'abord l'avoir escouillé.

On a organisé une réserve d'hommes virils, cette espèce en voie de disparition. On appelle cela l'armée de métier. Mais sa féminisation prouve qu'elle est aussi en danger. On n'imagine pas des femmes aux Thermopyles, ou chargeant bayonnette au canon au cri de «Vive l'Empereur !», ou au bois des Caures (9/10 de pertes en une matinée). La féminisation de l'armée française montre qu'elle n'est déjà plus faite pour la guerre. Ce n'est pas un hasard si les rares unités d'élite encore guerrières sont très peu féminisées.

On peut trouver une explication à cette maternalisation : en notre époque de bombe atomique, l'agressivité virile est devenue trop dangereuse.

Cependant, l'être humain étant ce qu'il est, il y aura toujours des hommes virils, africains, chinois ou européens retrouvant leurs racines, pour partir à la conquête de ceux qui ne le sont pas. C'est pourquoi notre société est condamnée.




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Mais où est passée la virilité ?

Par Patrice De Méritens pour le Figaro Magazine- le 15/10/2011

«Après le triomphe de la virilité au XIXe siècle, une crise s'est peu à peu manifestée, laquelle se prolonge de nos jours», observe l'historien Alain Corbin qui publie Les Héros de l'histoire de France expliqués à mon fils et dirige la publication de Histoire de la virilité . «Mais ce délitement n'est pas venu de soi-même, ce fut une volonté idéologique pour imposer une dévirilisation doublée de féminisation», lui répond Eric Zemmour , auteur du Premier Sexe .

Eric Zemmour est journaliste au Figaro, chroniqueur et écrivain.

Sans l'effacement, pour ne pas dire la mort de la virilité, auriez-vous eu l'idée d'en écrire l'histoire?

Alain Corbin -
Il était temps effectivement de faire le point. Ce qui m'a intéressé, c'est la profondeur historique doublée de cette ambiguïté qui fait que la virilité est un accomplissement reconnu à travers les âges en même temps qu'un fardeau. Ceux qui ont laissé des journaux intimes, des agendas, de l'écriture de soi durant le XIXe siècle ont toujours eu des interrogations dans ce domaine. L'inquiétude est consubstantielle à la sexualité. Après le triomphe de la virilité au XIXe siècle, une crise s'est peu à peu manifestée, laquelle se prolonge de nos jours...

Eric Zemmour - Être à la hauteur du plaisir des femmes, se comparer aux autres, ne pas connaître de défaillance d'érection, tel est le fardeau existentiel de la virilité depuis toujours, qui explique l'angoisse des hommes. Mais il y a un deuxième fardeau: la mort, pour protéger la femme et les enfants. C'est là que le passage du XIXe au XXe siècle est passionnant: au corps dressé, splendidement vêtu, des batailles napoléoniennes et à la fierté de trouver la mort, s'oppose le corps couché de 1914, l'humiliation des hommes aplatis comme des rats dans la boue des tranchées. La crise de la virilité vient notamment de cet épisode historique. Le fardeau devient trop lourd. L'homme y renonce. Dès lors, tout s'enchaîne: les victoires féministes, l'idéologie de 1968 puis post-soixante-huitarde, avec les jeunes générations éduquées dans la persuasion que la virilité est le mal absolu - sans mauvais jeu de mots.

Alain Corbin -
J'introduirai des éléments d'historicité dans vos propos, aussi bien en ce qui concerne l'angoisse de l'érection que l'attitude face à la mort. Dans l'écriture de soi autant que dans le roman, le fiasco - c'est-à-dire la panne sexuelle - est resté longtemps objet de moquerie et d'autodérision sans être considéré comme un véritable drame. Evidemment, au XVIIe siècle, en cas de carence permanente, cela pouvait amener l'individu à comparaître devant le tribunal de l'impuissance et à le faire condamner pour avoir attenté à l'institution du mariage et avoir dupé son épouse, s'il n'était pas capable de l'honorer. Mais ce sont là des cas extrêmes. Ce n'est qu'à partir du début du XIXe siècle, reportons-nous à Astolphe de Custine ou à Stendhal, qu'avec la montée d'un certain romantisme le fiasco répété est devenu un destin tragique: le destin de celui qui se persuadait d'être impuissant au point de ne plus même tenter d'«affronter» le coït.

Eric Zemmour - Le XVIIIe siècle prend en effet tout avec distance, ironie, et surtout avec cette langue magnifique qui fait que les pannes de Valmont lui-même ne peuvent avoir été que brillantes - au moins ont-elles été vécues avec esprit. Le XIXe siècle est plus grave, qui observe que de la passion surgit le fiasco. Dans De l'amour, Stendhal décrit cette contradiction chez l'homme entre l'amour et le désir, qui meurtrit tant les femmes. Lorsqu'il y a trop d'amour, le désir s'évanouit : «Plus on aime, moins on fout», observait plaisamment Alfred Delvau. C'est une constante masculine.

Alain Corbin -
Deuxième point: la mort. Les cliniciens français du XIXe siècle sont persuadés qu'au moment de l'éjaculation, l'homme abrège sa vie. Il y a donc un rapport immédiat et fort entre Eros et Thanatos. Et la femme est dangereuse qui, par ses excès, peut tuer son partenaire, telle une mante religieuse. Reste l'angoisse suscitée par la capacité ou non de regarder la mort en face. Le défi, tel est le mot clef. La conscience d'un manque éventuel de virilité s'opère alors autour de cette double interrogation: suis-je à la hauteur dans le défi comme dans la guerre? L'expression comme la vocation de la virilité est d'assurer sa domination sur l'ennemi ou sur le colonisé: le bizutage du bleu appartient à la «technologie des endurcissements», pour reprendre une formule de Michel Foucault ; de même que les apprentissages du code de virilité comme, par exemple, la résistance au froid. Michelet s'est fort bien décrit dans sa jeunesse, écrasant ses engelures dans son pensionnat...`

Eric Zemmour - Dans cette même perspective, Stendhal affirme sans sourciller que ceux qui étaient morts durant la retraite de Russie n'étaient que des faibles qui avaient renoncé à vivre.

Alain Corbin -
Plus s'approfondit le dimorphisme sexuel, plus l'homme est destiné à la mêlée sociale. C'est pourquoi, revenant à son foyer, il doit être accueilli, dorloté, d'où l'importance de la sphère privée, à laquelle répond en miroir l'extrême proli fération des lieux typiquement masculins de l'entre-soi au XIXe siècle: pensionnats, casernes, salles de garde, bordels, cercles. Jusque dans les salons des soirées mondaines où, à l'écart des femmes, on se retire au fumoir. L'alliance du tabac et de la politique n'est pas qu'une habitude, c'est une culture. Toutes choses qui se sont délitées depuis.

Eric Zemmour - Elles ne se sont pas délitées d'elles-mêmes. En vérité, on a détruit tous les entre-soi pour imposer aux hommes la mixité obligatoire, laquelle a détruit l'acquisition de la culture virile. Ce fut une volonté délibérée, idéologique, pour imposer une dévirilisation doublée d'une féminisation, un projet politique porté par les progressistes, les féministes, autant de personnes ou de groupes d'intérêts décidés à abattre ce qu'ils nommaient le «stupide XIXe siècle». L'entreprise a parfaitement réussi.

Alain Corbin - Vous portez ici un jugement de valeur dont je me garderai.
Eric Zemmour - Pour autant, ce sont vos ouvrages qui me nourrissent! Et vous ne niez pas la violence de l'antithèse entre le XIXe et le XXe siècle. Dans un ouvrage consacré à l'érotisme durant la Seconde Guerre mondiale, Patrick Buisson montre très bien comment l'humiliation des soldats vaincus se transfère immédiatement sur un abaissement civil et sexuel: les Françaises se mettent à coucher avec les Allemands. C'est la France horizontale...

Alain Corbin - Ce qui n'a nullement empêché les prisonniers français de prendre une revanche sexuelle dans les fermes allemandes !

Eric Zemmour - Parce que les Allemandes y étaient seules! Mais chez nous, même les prostituées se refusaient à nos soldats, parce qu'ils étaient sans le sou. Avec le Reichsmark, les Allemands avaient fait grimper les prix, créant de l'inflation dans le marché de la prostitution. L'humiliation virile, dans la suite logique de la guerre, s'est d'ailleurs propagée à l'Allemagne. Une Allemande anonyme raconte dans son Journal comment, lors de la chute de Berlin en 1945, les Soviétiques ont violé systématiquement les femmes de 15 à 60 ans, en rétorsion des exactions sexuelles commises par la Wehrmacht en 1942. Elle explique comment elles ont été abandonnées par ceux qui devaient les protéger et assure que, dès lors, plus rien ne sera comme avant. Avec ses guerres meurtrières, ses corps couchés et non plus dressés, ses défaites successives prolongées avec la lutte des anciennes colonies pour leur indépendance, le XXe siècle est globalement celui de l'humiliation du mâle occidental. Entre les deux guerres, il y eut bien un projet de réaction face à ce renoncement, mais ce ne fut qu'une viri lité purement démonstrative, quasi parodique: celle du fascisme et du communisme.

Alain Corbin - Les preuves de virilité ont alors existé: songeons à celle qu'ont manifesté les soldats alliés et allemands au cours de terrible combats. Vous minimisez...

Eric Zemmour - Non ! Je n'évoque pas ici les combats, mais les parades et postures de l'entre-deux guerres, repérant seulement que la crise a entraîné en réaction une virilité exacerbée. Au reste, les affrontements entre bandes de supporters auxquels on assiste dans notre société actuelle sont révélateurs de la pérennité de cette recherche. La compétition s'exprime par la violence - compétition ethnique, parfois, quand il s'agit d'enfants de l'immigration contre des «Blancs». Elle ressuscite en tout cas l'entre-soi qui existait à profusion au XIXe siècle.

Alain Corbin - Cet entre-soi, je l'ai observé comme professeur à la fin des années 60 : j'enseignais à cinquante-deux garçons en blouse grise en terminale dans un lycée et, parallèlement, devant une quarantaine de blouses roses dans un lycée de filles. Pour autant montait depuis déjà plusieurs années la crise de l'autorité. Durant la guerre d'Algérie, alors que j'étais homme de troupe, j'ai vu les troufions refuser d'obéir à la hiérarchie et se réjouir, après le putsch d'Alger, que de Gaulle ait cassé un certain nombre d'officiers généraux. C'était de la part de ces jeunes soldats un refus d'autorité bien plus dangereux que celui qui s'est manifesté sept ans plus tard sur le boulevard Saint-Michel. Ils ont alors marqué leur hostilité à l'encontre des engagés, des militaires de carrière, estimant leur monde obsolète.

Que vous inspire la théorie du genre, qui fait actuellement polémique en matière d'éducation?


Alain Corbin
- J'adhère totalement aux travaux sur l'histoire des femmes telle qu'elle est pratiquée, notamment, par Michelle Perrot : en permanence s'opère l'inculcation d'un code qui a pour but de définir à chaque période des rôles à la fois masculin et féminin. C'est indéniable. Si l'on analyse la phrase: «On ne naît pas femme, on le devient», il est clair que Simone de Beauvoir se réfère à l'inculcation des rôles et des conduites, et du sentiment d'identité lié au sexe. Phénomène venu des Etats-Unis aux alentours des années 1970-1980, la théorie du genre veut appliquer au passé des concepts aboutissant à une dissociation du sexe et du genre. A ce propos, comme en bien d'autres domaines, je crains l'anachronisme psychologique. Pour prendre un autre exemple: le mot sexualité n'existait pas en France en 1830-1840, vouloir s'en servir en critique histo rique, avec tout ce que la psychologie et la psychanalyse y ont introduit, serait erroné.

Eric Zemmour - Qu'il y ait acquisition culturelle des rôles est une évidence; c'est ainsi que Pascal a dit qu'il craignait que la nature elle-même ne soit qu'une somme d'habitudes, et que l'habitude ne soit qu'une seconde nature. L'imbrication entre l'inné et l'acquis est d'une parfaite banalité, or la nouveauté avec le genre (si j'ai bien compris, car il paraît que sa papesse américaine conteste désormais sa propre théorie) est qu'il nie le biologique en vue d'éradiquer tout rapport entre masculin et virilité.

Alain Corbin - Attention, nuance entre virilité et masculinité! Car ce dernier mot, employé au XVIIIe siècle pour un usage essentiellement grammatical (le masculin et le féminin), n'apparaît largement répandu dans son acception actuelle qu'au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. La masculinité n'a jamais correspondu à la virilité, laquelle est vertu de grandeur, de maîtrise de soi, de force, d'honneur, de consentement au sacrifice. D'un combattant peu hardi à sortir de la tranchée, on n'aurait jamais dit durant la Grande Guerre qu'il manquait de masculinité, mais de virilité. Au reste, tout spectateur de télévision le sent. «Quelle virilité dans le contact!», entend-on souvent dans les commentaires de matchs de rugby. On n'imagine guère ledit contact qualifié de «masculin »...

Eric Zemmour -
L'émergence du terme même de «masculinité » à l'issue du XIXe siècle et son développement au début du XXe est symptomatique de la crise. J'y reviens donc: on l'emploie désormais pour détacher le masculin de la virilité.
Alain Corbin - Je me garderai de tout jugement de valeur, pour me limiter aux éléments essentiels qui ont déterminé cette crise: l'effondrement de la culture de la victoire, la disparition de nombreux lieux de l'entre-soi masculin, ainsi que la psychologie et la psychanalyse qui ont fouaillé dans le domaine de la sexologie, remettant en cause des choses qui allaient précédemment de soi.

Eric Zemmour -
Au «savoir mourir pour la patrie», devenu obsolète, au colonialisme conspué, au présentéisme qui a refoulé le grand récit national, à la psychologie et à la psychanalyse, j'ajouterai le travail qui s'accomplit désormais dans notre société avec moins de force et de plus en plus de machines. Enfin, cet élément : le capitalisme moderne veut des consommateurs, d'où la dévirilisation programmée des hommes qui ne consommaient pas assez. Aujourd'hui, le mâle féminisé et piloté par la publicité use de produits de beauté.

Alain Corbin - À propos de consommation, j'observerai une atteinte à l'ordre biologique. Les phtalates, bisphénols et autres produits n'ont pas abouti qu'à la diminution du nombre de sperma tozoïdes chez les poissons, mais aussi chez les hommes. C'est une atteinte sourde...

Quel peut être l'avenir de notre société par rapport aux valeurs viriles revendiquées, par exemple, par l'islam?

Eric Zemmour -
Il est vrai que dans Mélancolie française, mon dernier chapitre était assez... mélancolique sur les possibilités de conflits. Si l'entre-soi des banlieues se fait en réaction d'une société féminisée, pour ce qui est de la famille, certains jeunes musulmans tyrannisent et terrorisent leurs sœurs, adoptant des comportements que n'avaient pas forcément leurs pères. Question d'identité, donc. Or, justement, il ne faut pas négliger le fait que l'islam soit aussi en crise à cause de cette modernité...

Alain Corbin -
Quant à moi, j'estime que les historiens ne doivent jamais se mêler de prospective, pour la simple raison que les sociétés ont toujours le regard fixé sur les dernières menaces, ce qui les rend aveugles aux menaces qui ne se sont pas encore révélées.

Eric Zemmour - Reste que, dans ce domaine, Stendhal a exactement annoncé notre époque en constatant que nombre de ses contemporains prenaient l'affaissement de leur âme pour de l'humanisme et de la tolérance. Diagnostiquer cela il y a deux siècles, c'était admirable de lucidité.



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«Les mères font des fils, les femmes font des hommes»

Par Pascale Senk pour Le Figaro - le 09/10/2011

Maryse Vaillant, psychologue clinicienne, a publié Les Hommes, L'amour, la Fidélité et plus récemment, Être mère, mission impossible? (Ed. Albin Michel).

LE FIGARO. -Vous parlez dans vos écrits de la difficulté d'élever un garçon. Pensez-vous que les mères sont en partie responsables du syndrome du «bon garçon» relevé chez les hommes d'aujourd'hui?


MARYSE VAILLANT. -
Oui, en grande partie. Le premier mouvement d'une mère est toujours plus facile vers la fille, sa semblable. Alors qu'avec le garçon, elle est freinée dans son élan par de nombreuses différences comportementales, émotionnelles. Mais cette mère peut aussi s'attacher énormément à la plus visible de ces différences, celle qui se voit physiquement, et de manière inconsciente, transformer son fils en homme de la maison. Or les hommes qui ont été mis en position de puissance phallique au foyer par leur mère deviennent soit falots, soit machos. Dans les deux cas, l'identité masculine est défaillante. Les machos sont des coqs de bruyère qui ne savent que dominer et agresser avec leur virilité ; les falots, ceux qu'on appelle les «gentils garçons» de nos jours, sont des chapons un peu dodus intérieurement. Très tendres, ils inhibent en réalité leurs pulsions et n'osent pas utiliser ni montrer leurs poussées de testostérone.

Qu'est-ce qui dans l'histoire des mères explique une telle évolution?

Jusqu'au début de notre siècle, les femmes ont vu en leurs garçons de beaux coqs de bruyère, à qui elles remettaient tous les pouvoirs, notamment sur leurs sœurs. Ces femmes vénéraient la virilité de leurs fils. Puis, à partir des années 1970, quand la contraception a libéré les jeunes filles de la fatalité de la maternité, les mères ont été fascinées par la féminité de leurs filles, et se sont moins intéressées à leurs fils. Résultat, ça a été le «grand vrac» du côté des garçons. Les mères ont pensé que les pères pourraient s'occuper des fils, or les pères étaient totalement pris par leur travail (aujourd'hui, avec la crise, ils le sont encore plus). Elles n'ont pas initié leurs garçons aux tâches domestiques, les ont élevés sans contraintes mais ne leur ont rien donné à se mettre sous la dent quand leur virilité venait les titiller.

Comment faudrait-il élever un garçon pour que sa masculinité s'épanouisse?


Déjà, il faut être deux pour élever un enfant: quelle que soit la situation, la mère doit laisser de la place au père et même elle doit lui demander de s'occuper de son fils. Aussi, elle évitera de faire de son fils le confident ou le complément affectif qui lui manque dans sa vie amoureuse. Heureusement, les garçons ont toujours une bande de copains. Ceux-ci sont leurs alliés les plus précieux pour le corps à corps avec d'autres hommes dont ils ont tant besoin: la pratique du rugby par exemple est selon moi hautement formatrice en matière de masculinité.

Et comment aimer ces «bons garçons» devenus hommes?


En ne se comportant pas en mère avec eux ! Les mères font des fils, les femmes font des hommes. Celles-ci peuvent ainsi encourager leurs conjoints à réaliser les rêves de leur adolescence par exemple: faire de l'escalade, se remettre au foot… Elles peuvent aussi construire une vraie démocratie avec ces hommes qu'elles doivent reconnaître comme responsables du bien commun qu'est leur couple. Elles éviteront, comme des mères intrusives, de leur demander sans cesse des comptes. Elles comprendront, enfin, que si la virilité est caricaturale, la masculinité est une dimension plus complexe et fragile qu'il n'y paraît trop souvent.




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Les hommes seraient-ils devenus de «bons garçons» ?
Par Pascale Senk pour Le Figaro- le 09/10/2011

Immatures, tendres, compagnons rêvés de femmes affirmées et débordantes d'énergie, les «mâles doux» seraient de plus en plus nombreux.

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«Charmant, tendre, à l'écoute, plein d'humour et de fantaisie…» Quand elle décrit son dernier partenaire amoureux, Sophie ne tarit pas d'éloges. «Cet homme était absolument délicieux.» La jeune femme profita presque une année entière de cet être idéal, jusqu'au jour où, à quelques semaines de leur mariage, il est tout simplement parti, sans prévenir, ni même laisser un mot d'explication. Et n'a jamais plus donné aucune nouvelle. Sophie, deux ans après, en est encore bouleversée. «Qu'il ait mis fin de manière aussi lâche à notre histoire m'a sidérée et atteinte au plus profond de moi, déplore-t-elle. Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ni laissé entrevoir ?»

Pour le Dr Jean-Paul Mialet, psychiatre et psychothérapeute, qui vient de publier un brillant essai sur les différences entre hommes et femmes, Sex Aequo (Éd. Albin Michel), ce scénario inimaginable n'a rien de surprenant. Lui reçoit chaque jour dans sa consultation un certain nombre de ces hommes qui, après avoir donné le meilleur d'eux-mêmes dans leur couple, s'en échappent dès que possible, et soudainement. Leur caractéristique princi­pale? «Ils ont la fâcheuse tendance depuis toujours à se conformer aux exigences et normes féminines jusqu'au moment où ils lâchent ce personnage, et ce tout à coup.»

Les femmes veulent des compagnons attentifs

On les voit faire les boutiques avec leurs douces, pousser le landau pendant qu'elles essayent des chaussures, se montrer attentifs au moindre de leurs souhaits, car les femmes, c'est vrai, veulent aujourd'hui des compagnons très attentifs. «Mais dans l'intimité, ils n'osent guère exprimer leurs désirs - notamment sexuels - ni parler de leurs problèmes au bureau, poursuit le Dr Jean-Paul Mialet. Alors que la vie professionnelle est devenue effroyablement menaçante et concurrentielle pour eux, ils n'osent pas confier leurs soucis de cet ordre à leurs compagnes, car elles considèrent que c'est déjà une chance d'être un homme professionnellement, quand elles ont des salaires plus bas, etc. Résultat, elles ignorent souvent cet aspect de la vie masculine, continuant juste à vouloir être aidées pour la gestion domestique.»

Serviables, ils se plieraient en quatre pour que leurs compagnes soient satisfaites. Ils ont peur des conflits et veulent avant tout se faire aimer, rejouant là une forme de séduction qu'ils ont développée face à leurs mères. Mais soudain, parce qu'ils ont toujours refoulé leur agressivité, ils se retrouvent parfois à faire le pire: après avoir tout donné à sa compagne vénérée, le bon garçon quitte parfois le navire… pour une autre. «Mais attention, prévient le Dr Jean-Paul Mialet, dès que la nouvelle femme a repris la main, le gentil toutou réapparaît.» Autres échappatoires à leur profil si lissé pendant tant d'années: l'infidélité, l'addiction au jeu ou à l'alcool, le harcèlement envers leurs collègues de bureau…

Des hommes «préadultes»

Aux États-Unis, on les a baptisés les «Mr Nice Guys», suivant la définition qu'en a donnée au début des années 2000 Robert Glover, un psychothérapeute de Seattle, qui a su identifier et théoriser ce syndrome du gentil garçon qui a même inspiré un film avec Jim Carrey (voir son livre Trop gentil pour être heureux. Le syndrome du chic type, traduit de l'anglais par Clémence Ma et publié chez Payot).

Le syndrome du gentil garçon reste d'actualité puisqu'une chercheuse de l'institut Manhattan, Kay Hymowitz, a ouvert une polémique au printemps dernier en publiant Manning up: How the Rise of Women Has Turned Men into Boys («Comment l'élévation des femmes a transformé les hommes en petits garçons»). Pour cette décrypteuse de tendances, le postféminisme a donné naissance à cette nouvelle catégorie d'hommes «préadultes». À force de leur envoyer des messages contradictoires: «le rôle du père est fondamental» et, en même temps, «les pères sont une option»; ou «nous aimons les hommes qui ont confiance en eux» et «nous refusons toute marque d'autoritarisme», les femmes auraient accentué la crise identitaire d'un mâle incertain.

Pour le Dr Jean-Paul Mialet, il est bien question de répartition des pouvoirs entre les deux sexes: «un couple est un équilibre de pouvoirs tempéré par le respect de l'autre et par le besoin de préserver le lien. Mais certains, par défaut de construction, sont incapables de défendre leur territoire. Cela se rencontre aussi bien chez la femme que chez l'homme. La crainte de perdre son conjoint, quand il y a une fragilité abandonnique, place dans un état de dépendance qui justifie toutes les concessions. Trop de concessions rendent la situation irrespirable et dès qu'une ouverture (souvent illusoire) se présente, on lâche!» Autrefois, il n'y avait qu'à suivre le mode d'emploi pour fixer les rôles. Aujourd'hui, chacun doit oser porter haut ses désirs sans agresser l'autre. Les «bons garçons» sauront-ils muer?

samedi, octobre 15, 2011

Quelle politique après notre naufrage éducatif ?

Nous vivons un naufrage éducatif.

Certains psychologues tiennent que le matriarcat intégral que nous subissons est une figure inédite dans l'histoire, aux conséquences imprévisibles.

Dans l'éducation traditionnelle qui remonte (au moins) à l'Antiquité, l'alternance de la protection maternelle et de l'exigence paternelle préparait les enfants à être des adultes affrontant la réalité du monde.

Aujourd'hui, les enfants, élevés dans le mensonge qui consiste à leur faire croire qu'ils sont le centre du monde, étouffés par la sollicitude des vraies mères et des mères-bis que sont devenus les pères biologiques, découvrent à l'entrée de l'âge adulte que leur vie était bâtie sur une tromperie. C'est la fameuse crise de l'adolescence.

Au lieu d'avoir eu toute l'enfance pour se préparer à affronter le monde, ils doivent en quelques années turbulentes se forger les armes et les outils qu'on a refusé de leur enseigner. Il est bien normal qu'ils n'y réussissent qu'imparfaitement.

Quelles conséquences ?

La première conséquence, nous l'avons déjà sous les yeux : une décadence évidente de la vie sociale, intellectuelle et spirituelle. On ne compte plus les comportements et les idées marqués par la frustration, la puérilité et le caprice.

Je redoute que l'ère des conséquences n'en soit qu'au commencement.

On a pu décrire le nazisme comme la politique des enfants sans père, Hitler faisant office de père de substitution.

Mais il est une autre politique des enfants sans père possible : le retour dans le giron maternel d'où la méchante réalité nous a arrachés.

Une figure castratrice comme Ségolène Royal pourrait parfaitement incarner cette dictature maternelle du conformisme, de la fusion communautaire. Je crois d'ailleurs que cette dimension n'est pas absente de l'enthousiasme qu'elle a suscitée en 2007 : je suis frappé par le registre émotionnel et affectif de ses partisans.

En politique, c'est sûr, les années qui viennent vont être passionnantes. Heureuses, c'est moins sûr.

samedi, octobre 01, 2011

Les "salopes" marchent... et s'aveuglent sur la réalité des rapports hommes femmes

Ce billet est dédié à l'épouse et à la fille de Philippe.

Arthur Vivien est le fondateur et animateur du site Homme Culture & Identité, un laboratoire d'idées sur les question liées à l'identité.

Un certain féminisme diffuse tant de clichés sur les relations entre les femmes et les hommes, tant d’idées convenues qu’il n’est que trop temps de ne plus laisser le champ libre à ces idéologues. Les femmes sont enfermées dans des rôles de victime par ces idéologues. Leur dogme le plus abouti est la sacro-sainte domination masculine. Idée devenue simpliste qui ne résiste plus à l’épreuve des faits : la vérité est beaucoup plus en nuance comme nous le verrons ci-après.

Il convient de noter l’immense faiblesse du féminisme : il est à géométrie variable. Lorsque dans un domaine les hommes dominent : elles vont le dénoncer à corps et à cri au nom de l’égalité. La Journée de la femme (le 8 mars) est le moment privilégié de cette dénonciation. En revanche, dans tous les domaines où ce sont les femmes qui dominent alors l’égalité n’a plus lieu d’être ! Tout cela les discrédite fortement.

Mais faut-il leur laisser encore le monopole de la parole sur ces questions sociétales plus que fondamentales. Ne serait-il pas venu le temps d’aider nos politiques à structurer réponse politique courageuse ?

Voici quelques perspectives qui permettront de combattre le dogme de la domination masculine et le sexisme anti-hommes qu’il génère insidieusement :

- Les violences conjugales n’ont pas de sexe : en 2009, 100 000 hommes ont porté plainte pour violences physiques au sein de leur couple (chiffres publiés par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales). Ce chiffre n’inclut évidemment pas le champ des violences psychologiques. Depuis 2010 justement, les violences psychologiques sont pénalement condamnées. Des femmes sont aujourd’hui condamnées pour cela. Le tabou social demeure largement même si des études et des ouvrages commencent à émerger sur cette question. En attendant, des initiatives apparaissent pour venir en aide aux hommes victimes au sein de leur couple.

- Le salaire et l’emploi : Les femmes ont un rôle évident à tenir dans le monde de l’économie mais pas en se laissant bercer par des slogans égalitaristes convenus et simplistes. Est-ce l’avenir de la femme de singer l’homme, de se mettre au niveau des hommes professionnellement ? Travailler au 4/5ème et voir ses enfants grandir n’est-ce pas un signe de progrès pour les femmes et les hommes qui font ce choix avec le souci bien compris d’équilibrer leurs vies familiale et professionnelle (Lire les Echos sur l’égalité salariale hommes-femmes)

- Dans les études, les femmes dominent : aujourd’hui en médecine et en droit, 75% des étudiants sont des étudiantes. Sur 150 000 élèves qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme, 100 000 sont des garçons… La liste est longue et fastidieuse des domaines où les femmes sont devant les hommes. Les féministes ont très bon jeu de parler uniquement des formations d’ingénieurs où les garçons restent largement majoritaires, mais c’est devenu aujourd’hui un arbre qui cache la forêt.

- Le médecin Boris Cyrulnik vient de donner une interview au magazine Le Point (édition du 29/09/2011). En voici un extrait qui aborde précisément la question de la supposée domination masculine : « Les partisans de la théorie du genre considèrent qu'on éduque distinctement les filles des garçons pour perpétuer la domination masculine. Les croyez-vous ? Je ne crois pas du tout à la suprématie des garçons, bien au contraire. Vers 17 mois, les filles disposent de cinquante mots, de règles de grammaire et d'un début de double réarticulation, par exemple être capable de dire "réembarquons", au lieu de "on va encore une fois dans cette barque". Avec quatre phonèmes, les filles expriment un discours. Les garçons obtiennent cette performance six mois plus tard ! 75 % des garçons commettent de petites transgressions (chiper un biscuit, pincer un bras, etc.), contre 25 % des filles. Alors ces filles, plus dociles, parlant aisément, sont bien mieux entourées. Il est plus aisé d'élever une fille qu'un garçon. D'ailleurs, en consultation de pédopsychiatrie, il n'y a que des petits garçons, dont le développement est bien plus difficile.

Certains scientifiques expliquent ce décalage par la biologie. La combinaison de chromosomes "XX" serait plus stable, parce qu'une altération sur un "X" pourra être compensée par l'autre "X". La combinaison "XY" serait, elle, en difficulté évolutive. Ajoutons à cela le rôle majeur de la testostérone, l'hormone de la hardiesse et du mouvement, et non de l'agressivité, comme on le croit souvent. À l'école, les garçons ont envie de grimper aux murs, ils bougent, ils souffrent d'être immobilisés. Or notre société ne valorise plus la force et le courage physique, mais l'excellence des résultats scolaires. Elle valorise la docilité des filles.

Pourquoi n'avoir rien dit dans cette querelle autour de la théorie du genre ? Je pense que le " genre" est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. Freud disait que le pervers est celui qu'indisposait l'absence de pénis chez sa mère. On y est. Pourtant, ces théories font observer que les filles, meilleures à l'école, sont beaucoup moins nombreuses dans les études prestigieuses ? C'est vrai, mais il n'est pas dit que cela dure. Aux États-Unis et au Canada, les filles ont envahi les grandes écoles. Et on est obligé d'aider les garçons à y parvenir. »

A force de nous laisser bercer par un discours qui met en exergue chaque zone d’inégalité à la défaveur de femmes en passant sous silence les domaines dans lesquels elles dominent incontestablement, on passe au moins à côté de la moitié du sujet… tout cela pour asseoir un discours revendicatif de lutte entre les sexes. Il est grand temps d’ouvrir collectivement les yeux pour permettre à notre société d’avancer sans idéologie, ni démagogie. Une exigence de vérité et de justesse en somme !

jeudi, juillet 07, 2011

Tristane Banon, une enfance socialiste

Tristane Banon, l'accusatrice de DSK, a bénéficié d'une enfance socialiste rêvée :

> un père en fuite. C'est génial : pas de paternalisme, pas de l'horrible machisme, pas d'ignobles interdits (il est interdit d'interdire), pas de règles stérilisantes.

> une mère qui s'absorbe dans le travail. Quel formidable exemple qui prouve bien que la femme est un homme comme les autres. La nounou alcoolique qui la bat : un regrettable incident de parcours mais qui ne saurait occulter les bénéfices d'une mère si exemplaire.

> l'argent ne manque pas (comme chez DSK !). Un socialiste pauvre ? Vous n'imaginez pas. De nos jours, cela serait déchoir.

> un milieu cultureux. Indispensable de se pâmer devant les jacklangueries.

> les amants maternels qui défilent. Ah, enfin une femme qui se comporte comme un homme et vit ses désirs sans tabous. Méga super génial. Bon, il y a bien quelques attouchements dérangeants résultant de cette situation fausse, mais on ne fait pas l'omelette de la libération sexuelle sans casser d'oeufs.

> une mère copine super géniale avec qui on se dit tout sans retenue. C'est tout juste si elle a «sous-estimé le traumatisme».

Il paraît que Tristane Banon n'est pas très heureuse et pas très bien dans sa peau. On se demande bien pourquoi. En tout cas, ce malaise ne peut pas venir d'une mère si méga géniale, c'est certain.

J'en profite pour porter à votre connaissance un texte de Tristane Banon publié sur Atlantico. Mes fidèles lecteurs ne seront pas étonnés de mon approbation.

Les hommes n'existent plus

A 31 ans, l'écrivain Tristane Banon regarde les hommes se "féminiser". Et reste célibataire :

J’ai 31 ans et je suis célibataire. Pas que je ne trouve pas d’homme à qui je convienne, ou plutôt si, car les hommes n’existent plus. J’ai 31 ans et mon ex faisait un régime macrobiotique, le précédent m’expliquait que les lingettes imprégnées de Monsieur Propre étaient une aberration écologique et qu’il convenait de récurer l’évier avec une éponge et du Cif, celui d’avant encore avait décidé de troquer sa pause déjeuner contre une séance de fitness à la salle de sport.

Portrait de l'homme des années 2000

Lorsque je promène mon braque au bois de Boulogne, des pères célibataires, bébés-poussette au bout des bras, m’expliquent l’inconvénient de la couche Pampers sur les fesses irritables du petit schtroumpf de onze mois. Ils continuent sur le bilan carbone de la chose à scratch et concluent sur leur probable retour imminent à la bonne vieille version tissu lavable de la chose. « Oui, peut-être, je ne sais pas, je n’ai pas d’avis sur la question », c’est tout ce que je sais répondre.

Au restaurant, rares sont ceux qui assument l’entrée-plat-dessert mauvais pour la ligne, car quand ils ne sont pas complètement à la diète, ils se « surveillent ». L’homme de 2011 est une femme comme les autres, une femme au foyer modèle, une femme fatale parfois, une femme-objet même…L’homme des années 2000 est toutes les femmes, dans ce qu’elles ont de pire !

Tanguy et la vie dure

Les familles pullulent de « Tanguy » qui squattent chez papa-maman avant de migrer directement chez mademoiselle, qu’il transformeront en Madame sans nécessairement trouver bon d’apprendre à gagner leur vie entre-temps, après tout « ma femme a une bonne situation, et il faut bien quelqu’un pour garder les enfants ». Pourquoi personne n’est-il surpris que les « Tanguettes » n’aient pas fait leur apparition dans le langage courant au même titre que leur homologue masculin ? Parce que l’homme est aussi une femme entretenue quand la femme a gagné son indépendance en réclamant le droit au travail. La dernière fois qu’un homme m’a accosté vulgairement et sans finesse dans la rue, le garçon qui m’accompagnait n’a pas bronché, « la violence ne sert à rien » m’a-t-il dit. Mon chien, lui, a montré les crocs. J’ai failli demander mon chien en mariage !

Où sont les hommes ?

Avant, c’était dans un autre siècle, une autre civilisation, c’était avant mai 68 et la libéralisation de la femme, en ce temps reculé, les hommes protégeaient les femmes qui acceptaient, en échange, un rôle bien à elle. Est-ce revenir au machisme et au sexisme d’antan d’avouer que les hommes relativisent beaucoup plus les problèmes d’argent quand les femmes gèrent plus aisément l’intendance du quotidien ? Bien sûr, des choses devaient changer, et tant mieux qu’elles l’aient fait. Bien sûr, ces mesdemoiselles devaient s’imposer dans les milieux professionnels, politiques, sportifs. Bien sûr tout ça. Mais quand je vois que la femme gagne toujours, à poste égal, un salaire bien inférieur à monsieur qui ne prend même plus la peine de l’inviter au restaurant pour la draguer car ça serait une sorte de machisme, « nous sommes égaux, payons à deux » ; quand je vois ça, je ne suis pas certaine que nous ayons gagné au change.

Mesdames, poussons le vice jusqu’au bout : pour 2011 c’est trop tard, mais pour 2012 soyons reconnaissantes pour toutes ces femmes à barbe et instaurons la journée de l’homme !

jeudi, juin 09, 2011

En congé de virilité

Roselyne Bachelot propose d'étendre le congé paternité. C'est un petit pas de plus dans le sens, bien engagé, de transformer les hommes en femmes.

Cette volonté soviétique de changer les hommes me paraitrait seulement ridicule :

1) Si je n'étais pas un homme ! Je ne sais pas, je me serais peut-être trouvé bien d'être une femme, mais voilà, je suis un homme et j'estime plus que ridicule, navrant, de faire semblant d'être une femme.

2) Si l'homme n'avait pas des fonctions de défense et d'autorité. Peut-être que dans une société Bisounours idéale, ces fonctions n'auraient pas lieu d'être, et donc la virilité non plus, mais nous vivons dans le vrai monde, où la faiblesse ne suscite pas un surcroît d'applaudissements, mais un surcroît d'agressivité de la part des forts.

Paraît-il que les sexes n'existent plus, il ne resterait que des "genres", échangeables à volonté. Nous sommes plongés en pleine irréalité typique de la bien-pensance actuelle.

Ce qui est marrant, c'est que ce «progrès» est fait pour «la présence du père dans la famille». Encore une fois, la bien-pensance sirupeuse mélange tout, ne comprend rien : ce n'est pas la présence du père dans la famille qui est nécessaire, c'est son action, son exemple et son influence sur l'Èducation, en un mot (mot honni, horrible), son autorité, c'est totalement diffèrent. Ce n'est certainement pas en transformant l'homme en mère-bis qu'on renforcera son autorité.

Il vaut mieux un père travailleur peu présent qu'un père chomeur très présent.

Je crains que le réveil soit fort brutal. Les barbares sont à nos portes, comme de tous temps (certains les ont même déjà franchies), ils ne s'embarrassent pas de congés paternité.

mercredi, juin 01, 2011

La rumeur de pédophilie de Jack Lang (ou d'un autre)

Luc Ferry a lancé un pavé dans la mare en faisant publiquement état de la rumeur de pédophilie d'un misnistre(sans le citer).



Je suis amusé que l'on dise que les témoins de cette sortie étaient «horrifiés». Horrifiés par quoi ? Par la rumeur ou par le fait de la rendre publique ?

Les témoins, qui font partie des «sachant», ne pouvaient ignorer cette rumeur de pédophilie si il s'agit de Jack Lang : tout Blois, dont Jack Lang a été maire, la connaît et on ne peut pas dire, même si j'y suis né, que Blois est le centre du monde. Alors si Blois la connaît, Paris aussi.

Si il ne s'agit pas de Jack Lang, il y a donc au moins deux ministres que la rumeur dit pédophiles (Jack Lang et un autre).

On tombe sur ma seconde hypothèse : les témoins ne furent pas horrifiés par la rumeur, qu'ils connaissaient, mais par le fait qu'un membre du microcosme ose dévoiler au public une rumeur réservée aux initiés.

Comme dans l'affaire DSK, il y a la caste, qui sait, respecte l'omerta et fait à sa guise, et nous, les couillons, qui sommes tenus dans l'ignorance mais avons l'obligation de payer abondance d'impôts pour faire vivre ces parasites.

Je ne sais pas si la rumeur est fondée. Ce que je sais, c'est que je la tiens pas pour incroyable : Jack Lang est à mes yeux un sale type, immoral.

Le procès, si procès il y a, permettra peut-être d'y voir clair. Cependant, le plus probable est que toute cette histoire tourne en eau de boudin. Dans ces affaires nébuleuses, la question «avez vous des preuves ?», prononcée sur un ton menaçant est un bon moyen de faire taire celui qui dérange. Mais absence de preuves ne signifie évidemment pas absence de faits.

On peut tout de même s'interroger : alors que l'on porte plainte sur un oui sur un non, que les journaux enquêtent sur n'importe quoi, là personne pour s'avancer et dire : «j'ai enquêté, ça ne repose sur rien», comme si s'intéresser aux comportements privés des puissants était une faute de goût.

Allons plus loin : le simple fait que l'accusation de Luc Ferry ne fasse pas éclater de rire tout le plateau, qu'elle ne soit pas ridicule, pose problème. On la prend au sérieux, c'est donc qu'elle est vraisemblable. On peut tout de même se faire quelque souci de savoir qu'un ministre pédophile participant à des partouses avec des petits garçons, ça paraît du domaine du possible (il faut dire qu'il y a un pédophile revendiqué ministre en exercice).

Comprenez moi bien : je ne suis pas un Savonarole, les ministres ne sont que des hommes (je me souviens de l'affaire des ballets roses) et je n'aime pas la manière dont les harpies féministes se sont emparées de l'affaire DSK. Raison de plus pour que les ministres se montrent un peu exemplaires, de manière à ne pas donner prise à ces fous qui veulent transformer l'homme en femme comme les autres.

Alors, Luc Ferry a-t-il eu tort ? Non. Au stade de déliquescence de notre système politique, il faut faire la lumière tant que possible. Pour s'en convaincre il suffit de lire la déclaration de ce salaud de Joffrin «Luc Ferry est un type que je n'aurais pas aimé connaître sous l'Occupation». Quand la bien-pensance en est réduite à confondre pédophiles et Résistants, il est temps de donner un coup de pied dans la fourmilière.

dimanche, mai 15, 2011

Dominique nique (2) ...

Certains socialistes entonnent le grand air de la présomption d'innocence et de la possible machination. On aimerait qu'ils aient autant de retenue quand ce n'est pas un grand de ce monde de leurs amis qui est en cause, un inculpé d'Outreau, un instituteur de campagne, etc.

La palme de la mauvaise foi revient haut la main à Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, qui déclare que cela «ne ressemble en rien à DSK». Cela ne lui ressemble tellement pas que tout le monde y a cru sans une seconde d'hésitation. Cela ne lui ressemble tellement pas que Stéphane Guillon en avait fait un sketch. Pour une fois, que Guillon était drôle, c'est dommage de mépriser son petit talent.


Guillon: Visite de DSK à France Inter, tous aux... par franceinter

Moins marrant : certains abrutis commencent à nous raconter que l'assaut strausskahnien est une insulte à toutes les femmes. Et pourquoi pas un crime contre l'humanité, pendant qu'on y est ?

Dominique nique ...

DSK en garde à vue à New-York pour agression sexuelle, c'est la fin de sa campagne présidentielle. Comme je l'avais prévu il y a trois ans, je ne suis pas surpris.

J'entends les éclats de rire dans de nombreux foyers français, les Sarkozy et les Hollande, par exemple. Vous imaginez la scène ? DSK bedonnant sortant nu de la salle de bain et se jetant sur la soubrette tel un satyre de comédie.

Cependant, cela ne fait pas, contrairement aux apparences, les affaires de Hollande, c'est trop tôt. Il aurait renforcé sa stature par une lutte sanglante avec DSK. Cela lui aurait permis de modifier son image de mou rigolard. Hélas, il sera privé de cette occasion en or de prouver sa pugnacité.

Ce n'est pas la bataille titanesque qui s'annonce avec Martine «conne comme une buche» Aubry qui lui offrira ce gain d'image.

Et puis, tout cela va encourager Ségolène Royal dans sa névrose anti-viril : c'est donc bien vrai ce qu'elle nous sous-entend depuis des années, que les hommes, tous les hommes, même les socialistes, ces hommes supérieurs, ont une bite à la place du cerveau. Elle n'a pas fini de nous emmerder, celle-là.

On remarquera que les journaux commencent à traiter la chose comme une pathologie, Le Monde titre un article La rechute. Etre un homme un peu porté sur la bagatelle est donc une maladie, merci de confirmer, je m'en doutais. Etre un homme tout court est déjà une anomalie, tolérée si cet homme se comporte comme une femme.

Deuxième tour Le Pen-Hollande ?


soeur sourire - dominique par Boumbomagique

samedi, avril 23, 2011

Quand Philippe Caubère va aux putes ...

Ah, cette envie de répression de la sexualité masculine ! L'homme, c'est mal : il est poilu, violent et il va aux putes.


Caubere Vs Zemmour & Naulleau Plenel 1 [ITW]... par peanutsie


Caubere Vs Zemmour & Naulleau Plenel 2 [ITW]... par peanutsie

dimanche, novembre 21, 2010

L'éducation sera bientôt un délit

Edwige Antier, une pédiatre foldingue qui, pour notre malheur, se trouve être député UMP, veut faire interdire la fessée et les «violences morales» sur les enfants.

Bien sûr, on nous sort l'éternel argument panurgesque que la France serait «en retard». Mais depuis quand est-ce une honte d'être en retard d'une connerie ?

Cette loi porte en germe l'interdiction de toute éducation.

En effet, l'éducation est une violence morale. Elle repose sur deux piliers : protéger et élever. Cette deuxième partie de l'éducation, l'élévation, recèle nécessairement une dose de violence. Elle consiste à frustrer l'enfant, à imposer des limites à son sentiment de toute-puissance et à l'arracher à la fusion maternelle. Pour élever un enfant (j'aime ce mot «élever»), il faut le hisser au-dessus de lui-même, lui faire faire des choses qu'au premier abord il n'a pas envie de faire, le forcer à faire plus : se tenir mieux, parler mieux, se comporter mieux.

Cette violence éducative peut s'exprimer de manière plus ou moins ostensible suivant les familles, les milieux et les traditions. Mais, elle est centrale à l'éducation, on ne peut l'en ôter sous peine de renoncer à l'éducation elle-même.

Car, cette violence éducative n'est ni sadique ni vaine, elle a un but et une utilité, elle est altruiste. Elle n'est en réalité que le reflet de la violence et de la finitude de la condition humaine. Pourquoi faut-il apprendre à un enfant à supporter les frustrations et à ne pas être esclave de son narcissisme ? Parce que la vie humaine est pleine de frustrations, de limites et d'atteintes au narcissisme, dont les ultimes ne sont rien d'autre que la vieillesse, la maladie et la mort.

Eduquer un enfant, c'est lui apprendre à vivre, et peut-être à être heureux, malgré les limites. Ne pas éduquer un enfant, c'est faire un adulte colérique et narcissique, sans cesse frustré, découragé, velléitaire et dépressif.

Donc, la bonne éducation ne va pas sans violence morale. Est-ce à l'Etat d'en juger les modalités, au-delà des lois qui existent, protégeant les personnes ? Bien sûr que non.

On me citera des Thénardier, mais ceux-là ne sont-ils pas déjà réprimés par la loi ? De manière plus réaliste, j'imagine un couple au bord du divorce où le simple fait de priver un enfant d'une glace parce qu'il n'a pas été sage sera dénoncé comme une insupportable violence à faire payer devant le juge.

On voit vite où cela mène : à l'auto-censure des rares pulsions d'éducation qui restent aux parents ; les maternants, les infantilisants, les laxistes, les ensauvageurs, les déséducateurs ayant désormais la loi pour eux.

Qu'il est triste d'avoir à rappeler ces notions si élémentaires qu'elles devraient aller sans dire.

samedi, juillet 17, 2010

Tout doit disparaître

Tout doit disparaître

Le Figaro Magazine fait un article sur l'épilation intégrale, très à la mode, notamment chez les adolescentes.

Anecdotique, me direz vous ? Oui, mais il est des anecdotes significatives.

Le poil, voilà l'ennemi. C'est tout à fait dans le fil de mes analyses habituelles sur l'état de délabrement de notre société :

> les poils, c'est un ornement d'adulte. Or rien n'obsède plus notre société que le désir impossible de rester enfant toute sa vie (avec comme corollaire, cette exigence d'enfant capricieux : je fais ce qui me plaît, quand ça me plaît).

> les poils, c'est la virilité, quelle horreur ! Inutile d'insister sur ce point : nos medias sont remplis d'odes à la femme et de critiques des hommes qui refusent de se comporter comme des femmes, suivant les bons préceptes des valeurs féminines : ils boivent de la bière, regardent le foot à la télé ... Et ils ont des poils. Les salauds !

> les poils, c'est la réalité bassement génitale de l'homme, venue en droite ligne des cavernes préhistoriques. C'est une intolérable piqure dans la bulle d'irréalité dans laquelle notre monde veut vivre ; un monde où les hommes ne sont plus vraiment des hommes, où les femmes ne sont plus vraiment des femmes, où les étrangers ne sont plus vraiment des étrangers, où plus personne ne hait, ne souffre et ne meurt. Le poil, c'est l'anti-fusion maternaliste, l'anti-grand-tout, le facteur différenciant, le sale truc qui montre que tu vieillis, que tu vas mourir et que la dure réalité te retournera en poussière.

Mais, j'y songe, en France, tout le monde n'est pas ennemi du poil : j'attends avec curiosité l'affrontement prochain des épilés et des barbus.

(Je n'ai pas mis de photo pour illustrer l'article afin de ne pas choquer les âmes sensibles.)

samedi, mai 15, 2010

A propos des apéros géants

La jeunesse boit, en attendant mieux, ou pire

Les apéros géants ne me gênent pas. En revanche, ce qui me met très mal à l'aise, c'est encore une fois la manifestation de l'instinct grégaire de notre jeunesse. Les pédagogistes ont eu bien raison de détruire toute culture scolaire : on se retrouve avec une foule de petits cons manipulables à souhait. Comme l'écrit Dalrymple, le monde moderne, c'est l'individualisme sans l'individualité.

Nous sommes vraiment à la merci d'un dictateur un peu habile (une femme ?) qui saura tirer profit de ces jeunes.