Extrait du Wall Street Journal Europe :
Airport security and our incomptetent civilisation
When does a civilization become incompetent? I've been mulling the question in a number of contexts over the last year, including our inability to put a stop to Somali piracy, detain a terrorist who can neither be charged nor released, think rationally about climate change, or rebuild Ground Zero in an acceptable time frame.
But the question came to me again in Brussels on Sunday as I watched my children—ages six, four, and four months—get patted down before boarding our U.S.-bound flight. The larger-than-allowed bottle of cough syrup in my carry-on, however, somehow escaped our screener's humorless attentions.
Yes, the screener in this case was Belgian, not American. Yes, terrorists come in any number of skin colors, and they aren't above strapping explosives to their own children. And yes, the Obama administration took a half-step toward sanity by ordering additional screening of passengers from 14 countries, including Yemen, Pakistan, Saudi Arabia and Nigeria, home of Flight 253 would-be bomber Umar Farouk Abdulmutallab.
But here's a predictive certainty: Not one non-Muslim from any of these countries (or others such as Egypt or Jordan, which were oddly excluded from the list) will ever become a suicide bomber. The localized case of Sri Lanka's Tamils aside, suicide bombing is a purely Islamic phenomenon. Note that during the whole of the intifada there was not a single case of a Palestinian Christian blowing himself up, making a nonsense of the view that Israel's checkpoints and curfews and security fences were the main cause of the terror.
So as Homeland Security, TSA and the rest of the government's counterterrorism apparatus struggle to upgrade travel security in a way that doesn't involve freeze-drying passengers in their seats, it's worth noting that we have finally reached the outer bounds of a politically correct approach to airport security. To wit, the U.S. government is now going to profile Muslim passengers, albeit partially, indirectly and via the euphemism of nationality instead of religion. Insofar as actual security is concerned, it would be both more honest and effective if it dropped the remaining pretense.
The obvious rub is that profiling goes against the American grain. We shudder at the memory of previous instances of it, particularly the internment of Japanese-Americans in the 1940s. Rightly so.
But a civilization becomes incompetent not only when it fails to learn the lessons of its past, but also when it becomes crippled by them. Modern Germany, to pick an example, has learned from its Nazi past to eschew chauvinism and militarism. So far, so good. But today's Multikulti Germany, with its negative birth rate, bloated welfare state and pacifist and ecological obsessions is a dismal rejoinder to its own history. It is conceivable that within a century Germans may actually loathe themselves out of existence.
In the U.S., our civilizational incompetence takes various forms. For instance: No country in the world collects more extensive statistical data about its own population than the U.S. And no country is as conflicted about the uses to which that data may or may not be put than the U.S. So what exactly is the point of all this measuring, collating and parsing?
Our deeper incompetence stems from an inability to recognize the proper limits to our own virtues; to forget, as Aristotle cautioned, that even good things "bring harm to many people; for before now men have been undone by reason of their wealth, and others by reason of their courage."
Thus we reject profiling on the commendable grounds that human beings ought not to be treated as statistical probabilities. But at some point, the failure to profile puts innocent lives recklessly at risk. We also abhor waterboarding for the eminently decent reason that it borders on torture. But there are worse things than waterboarding—like allowing another 9/11 to unfold because we recoil at the means necessary to prevent it. Similarly, there are worse things than Guantanamo—like releasing terrorists to Yemen so they can murder and maim again (and so we can hope to take them out for good in a "clean" Predator missile strike).
Put simply, we do not acquit ourselves morally by trying to abstain from a choice of evils. We just allow the nearest evil to make the choice for us.
And so it goes. We can be proud of how deeply we mourn the losses of troops in Afghanistan and Iraq. But a nation that mourns too deeply ultimately becomes incapable of conducting a war of any description, whether for honor, interest or survival. We rightly care about the environment. But our neurotic obsession with carbon betrays an inability to distinguish between pollution and the stuff of life itself. We are a country of standards and laws. Yet we are moving perilously in the direction of abolishing notions of discretion and judgment.
One of life's paradoxes is that we are as often undone by our virtues as by our vices. And so it is with civilizations, ours not least.
Write to bstephens@wsj.com
dimanche, janvier 10, 2010
samedi, janvier 09, 2010
Principe de précaution, principe pour les cons
Extrait d'un entretien de François Ewald dans Le Monde :
Quelle leçon tirer pour une prochaine crise sanitaire ?
L'application, demain, du principe de précaution a toutes les chances de passer par les mêmes phases : excès dans l'évaluation de la menace, puis déception.
Qu'est-ce que cela veut dire de la société d'aujourd'hui ?
Avec le principe de précaution, on revient sur cette ascèse chère aux philosophes du XVIIIe selon laquelle un jugement juste devrait être dépassionné. Nous revendiquons un nouvel usage des émotions, de la peur en particulier, qui ne préserve pas de l'erreur. Le principe de précaution, loin de renforcer l'autorité de l'Etat, l'affaiblit et finalement prive la décision publique de sa légitimité. Enfin, en raison de l'exagération des émotions qui le constitue, il tend à placer la société dans une situation de crise, d'urgence permanente comme on le constate par exemple avec la question du climat.
Cela témoigne d'un changement de paradigme politique, à une sorte d'hyperdémocratie des individus qui est fort préoccupante. Car on ne voit plus ce qui, dans un tel monde de dispersion des valeurs et des passions, pourrait rassembler les individus déboussolés.
Quelle leçon tirer pour une prochaine crise sanitaire ?
L'application, demain, du principe de précaution a toutes les chances de passer par les mêmes phases : excès dans l'évaluation de la menace, puis déception.
Qu'est-ce que cela veut dire de la société d'aujourd'hui ?
Avec le principe de précaution, on revient sur cette ascèse chère aux philosophes du XVIIIe selon laquelle un jugement juste devrait être dépassionné. Nous revendiquons un nouvel usage des émotions, de la peur en particulier, qui ne préserve pas de l'erreur. Le principe de précaution, loin de renforcer l'autorité de l'Etat, l'affaiblit et finalement prive la décision publique de sa légitimité. Enfin, en raison de l'exagération des émotions qui le constitue, il tend à placer la société dans une situation de crise, d'urgence permanente comme on le constate par exemple avec la question du climat.
Cela témoigne d'un changement de paradigme politique, à une sorte d'hyperdémocratie des individus qui est fort préoccupante. Car on ne voit plus ce qui, dans un tel monde de dispersion des valeurs et des passions, pourrait rassembler les individus déboussolés.
«Sécuriser les lycées» qu'ils disent
Le lycéen poignardé par un camarade est mort de ses blessures.
On nous parle de «sécuriser les lycées». Qu'est-ce que ça veut dire ? Installer un portique de détection d'armes et un commissariat à l'entrée de chaque lycée ?
Puis ensuite, on nous parlera de «sécuriser les collèges», de «sécuriser les écoles primaires» et de «sécuriser les maternelles» ? Et pourquoi pas les bus, les abris-bus ? Partout où un fauve peut passer ?
La bien-pensance est toujours très forte pour dévier les coups, pour faire dériver les vraies questions vers de faux problèmes, qu'évidemment rien ne peut résoudre.
Soyons clairs : on n'en a rien à foutre de «sécuriser les lycées», de le protéger des fauves. On ne devrait pas avoir besoin de «sécuriser les lycées».
L'essentiel n'est pas : comment vivre avec les fauves ? Mais : comment ne plus produire de fauves et comment se débarrasser de ceux qui existent ?
Et la réponse est parfaitement connue : le retour du père, la fin du maternalisme.
Les fauteurs de troubles expulsés ou enfermés, les parents irresponsables sanctionnés. La justice qui arrête de défendre les coupables, les sociologues de les excuser, les medias de les protéger. L'école qui se montre de nouveau exigeante.
Ce qui manque, c'est un mai soixante-huit à l'envers. Je le souhaite ordonné et légal, nous risquons de l'avoir violent et dictatorial. En France, tout finit par des chansons, mais aussi par des Bonaparte.
En attendant, revenir sur le maternalisme, c'est trop difficile ? Trop pénible ? Pas grave : les honnêtes gens qui en ont les moyens continueront à s'enfermer entre eux et les bonnes âmes à crier aux scandaleuses inégalités.
Tout le monde sera content. Sauf les pauvres. Mais qui s'en soucie vraiment ?
On nous parle de «sécuriser les lycées». Qu'est-ce que ça veut dire ? Installer un portique de détection d'armes et un commissariat à l'entrée de chaque lycée ?
Puis ensuite, on nous parlera de «sécuriser les collèges», de «sécuriser les écoles primaires» et de «sécuriser les maternelles» ? Et pourquoi pas les bus, les abris-bus ? Partout où un fauve peut passer ?
La bien-pensance est toujours très forte pour dévier les coups, pour faire dériver les vraies questions vers de faux problèmes, qu'évidemment rien ne peut résoudre.
Soyons clairs : on n'en a rien à foutre de «sécuriser les lycées», de le protéger des fauves. On ne devrait pas avoir besoin de «sécuriser les lycées».
L'essentiel n'est pas : comment vivre avec les fauves ? Mais : comment ne plus produire de fauves et comment se débarrasser de ceux qui existent ?
Et la réponse est parfaitement connue : le retour du père, la fin du maternalisme.
Les fauteurs de troubles expulsés ou enfermés, les parents irresponsables sanctionnés. La justice qui arrête de défendre les coupables, les sociologues de les excuser, les medias de les protéger. L'école qui se montre de nouveau exigeante.
Ce qui manque, c'est un mai soixante-huit à l'envers. Je le souhaite ordonné et légal, nous risquons de l'avoir violent et dictatorial. En France, tout finit par des chansons, mais aussi par des Bonaparte.
En attendant, revenir sur le maternalisme, c'est trop difficile ? Trop pénible ? Pas grave : les honnêtes gens qui en ont les moyens continueront à s'enfermer entre eux et les bonnes âmes à crier aux scandaleuses inégalités.
Tout le monde sera content. Sauf les pauvres. Mais qui s'en soucie vraiment ?
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vendredi, janvier 08, 2010
Le drame du double tiret
Comme vous le lirez chez Maitre Eolas, ce drame ubuesque découle de la volonté loufoque du législateur de remplacer le «nom patronymique» par le «nom de famille», c'est-à-dire d'aller toujours plus loin dans le fantasme de l'égalité homme-femme.
Les enfants peuvent porter à égalité le nom de leur père et de leur mère. Vous imaginez le ridicule de la situation à l'horizon de quelques générations.
Je fais donc le commentaire suivant sur le blog d'Eolas :
C’est assez marrant, cette propension du législateur à nier les réalités psychologiques les plus élémentaires.
Rappelons l’adage : «Maman sûrement, papa peut-être». Le nom était celui du père parce que c’était sa manière à lui de s’affirmer le père, de reconnaître l’enfant; affirmation qui n’était pas nécessaire dans le cas de la mère pour les raisons biologiques que vous savez.
Cela découlait aussi du fait que le père représentait l’interdit, les règles, bref, le social.
Je sais bien que, désormais, en nos temps de tests ADN, nous sommes supérieurement intelligents et que nous pouvons bazarder toutes les vieilleries léguées par nos ancêtres.
Permettez moi de le regretter.
Cependant, ça me fait bien rire de constater que ces damnables «nouvelletés» mènent dans des situations ridicules et ubuesques ceux qui s’y livrent. Il y a donc une justice immanente.
(Inutile de me préciser que je suis un vieux con, je suis au courant)
J'aggrave mon cas quelques temps plus tard :
Je trouve cette innovation des doubles noms ridicule et idiote, cela détruit la notion de lignée, puisqu’il n’y a quasiment aucune chance qu’un enfant porte le même nom que son grand-père, nous devenons des êtres tout entiers dans le présent, sans passé ni avenir.
Certains répondent que rien n’oblige, qu’on a le choix.
Mais c’est ce que je reproche à cette loi : de donner la liberté de faire ce que je considère comme une connerie dommageable pour la société.
Je me doute bien que cet avis sera minoritaire, mais quoi ? J’ai bien le droit de me réjouir qu’il y ait des gens qui portent le nom de leur ancêtre qui a fait les croisades ou de leur ancêtre paysan au fin fond du Berry et de regretter qu’avec de telles innovations, ces chaînes qui ont duré des siècles soient détruites en l’espace de quelques décennies et pour quel profit ? Le plaisir facile de satisfaire madame dont on sera peut-être divorcé dans dix ans ?
Une bêcheuse, se croyant évidemment maline, me répond en transposant mon commentaire au féminin.
Nous sommes en plein dans les idioties des demi-habiles, ceux qui se croient assez forts pour changer le monde mais qui n'ont pas l'intelligence d'être humbles vis-à-vis de ce qui s'est fait avant eux. Vous savez, les adeptes du «j'vois pas pourquoi» une femme n'aurait pas exactement les mêmes droits qu'un homme (et vice-versa, pendant qu'on y est). On peut toujours leur répondre que c'est bien ce qu'on leur reproche, de ne pas voir pourquoi, de ne pas être assez intelligents pour voir pourquoi.
Bien sûr, la perte de contact de la pimbêche avec la réalité est flagrante. J'ai commis l'odieux impair de lui rappeler que les rôles psychologiques, éducatifs et sociaux des femmes et des hommes n'étaient pas symétriques et interchangeables (1).
Il y a même un féministe (ça existe) qui a cru bon du surenchérir sur la greluche.
Cette cause est défendue par des médiocres, même pas capables d'être un peu retenus, de tirer des conséquences absurdes de leur cause un peu de modération, mais voilà, ils sont nombreux.
Ce monde me désespère, non seulement nous sommes cernés par les cons, mais aussi par les connes. On n'est pas sorti de l'auberge.
Mais une chose me réconforte, c'est que la bêtise des semperplusultristes (2) finit, à force d'être poussée à bout de sa logique folle, par avoir des conséquences franchement hilarantes. Vous imaginez à la troisième génération ? Albert-Kevin Dupont--Martin----M'Bamba--De la Griotière, fils de Jacques Dupont--Martin et de Marie-Louise M'Bamba--De la Griotière. On n'a pas fini de se marrer.
En revanche, les présentations en début de réunion, ça va être d'un chiant ...
************************
(1) : ce qui n'implique d'ailleurs aucune supériorité ou domination d'un sexe sur l'autre. Les relations entre les sexes sont bien plus subtiles que les schémas grossiers des doctrinaires ayant abusé du marxisme. Par exemple, il se peut qu'une domination publique se paye d'une soumission privée.
(2) : ceux qui vont toujours plus loin. Vers où ? On ne sait, mais l'essentiel est d'y aller.
Les enfants peuvent porter à égalité le nom de leur père et de leur mère. Vous imaginez le ridicule de la situation à l'horizon de quelques générations.
Je fais donc le commentaire suivant sur le blog d'Eolas :
C’est assez marrant, cette propension du législateur à nier les réalités psychologiques les plus élémentaires.
Rappelons l’adage : «Maman sûrement, papa peut-être». Le nom était celui du père parce que c’était sa manière à lui de s’affirmer le père, de reconnaître l’enfant; affirmation qui n’était pas nécessaire dans le cas de la mère pour les raisons biologiques que vous savez.
Cela découlait aussi du fait que le père représentait l’interdit, les règles, bref, le social.
Je sais bien que, désormais, en nos temps de tests ADN, nous sommes supérieurement intelligents et que nous pouvons bazarder toutes les vieilleries léguées par nos ancêtres.
Permettez moi de le regretter.
Cependant, ça me fait bien rire de constater que ces damnables «nouvelletés» mènent dans des situations ridicules et ubuesques ceux qui s’y livrent. Il y a donc une justice immanente.
(Inutile de me préciser que je suis un vieux con, je suis au courant)
J'aggrave mon cas quelques temps plus tard :
Je trouve cette innovation des doubles noms ridicule et idiote, cela détruit la notion de lignée, puisqu’il n’y a quasiment aucune chance qu’un enfant porte le même nom que son grand-père, nous devenons des êtres tout entiers dans le présent, sans passé ni avenir.
Certains répondent que rien n’oblige, qu’on a le choix.
Mais c’est ce que je reproche à cette loi : de donner la liberté de faire ce que je considère comme une connerie dommageable pour la société.
Je me doute bien que cet avis sera minoritaire, mais quoi ? J’ai bien le droit de me réjouir qu’il y ait des gens qui portent le nom de leur ancêtre qui a fait les croisades ou de leur ancêtre paysan au fin fond du Berry et de regretter qu’avec de telles innovations, ces chaînes qui ont duré des siècles soient détruites en l’espace de quelques décennies et pour quel profit ? Le plaisir facile de satisfaire madame dont on sera peut-être divorcé dans dix ans ?
Une bêcheuse, se croyant évidemment maline, me répond en transposant mon commentaire au féminin.
Nous sommes en plein dans les idioties des demi-habiles, ceux qui se croient assez forts pour changer le monde mais qui n'ont pas l'intelligence d'être humbles vis-à-vis de ce qui s'est fait avant eux. Vous savez, les adeptes du «j'vois pas pourquoi» une femme n'aurait pas exactement les mêmes droits qu'un homme (et vice-versa, pendant qu'on y est). On peut toujours leur répondre que c'est bien ce qu'on leur reproche, de ne pas voir pourquoi, de ne pas être assez intelligents pour voir pourquoi.
Bien sûr, la perte de contact de la pimbêche avec la réalité est flagrante. J'ai commis l'odieux impair de lui rappeler que les rôles psychologiques, éducatifs et sociaux des femmes et des hommes n'étaient pas symétriques et interchangeables (1).
Il y a même un féministe (ça existe) qui a cru bon du surenchérir sur la greluche.
Cette cause est défendue par des médiocres, même pas capables d'être un peu retenus, de tirer des conséquences absurdes de leur cause un peu de modération, mais voilà, ils sont nombreux.
Ce monde me désespère, non seulement nous sommes cernés par les cons, mais aussi par les connes. On n'est pas sorti de l'auberge.
Mais une chose me réconforte, c'est que la bêtise des semperplusultristes (2) finit, à force d'être poussée à bout de sa logique folle, par avoir des conséquences franchement hilarantes. Vous imaginez à la troisième génération ? Albert-Kevin Dupont--Martin----M'Bamba--De la Griotière, fils de Jacques Dupont--Martin et de Marie-Louise M'Bamba--De la Griotière. On n'a pas fini de se marrer.
En revanche, les présentations en début de réunion, ça va être d'un chiant ...
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(1) : ce qui n'implique d'ailleurs aucune supériorité ou domination d'un sexe sur l'autre. Les relations entre les sexes sont bien plus subtiles que les schémas grossiers des doctrinaires ayant abusé du marxisme. Par exemple, il se peut qu'une domination publique se paye d'une soumission privée.
(2) : ceux qui vont toujours plus loin. Vers où ? On ne sait, mais l'essentiel est d'y aller.
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défenestration volontaire
Islam, religion de paix d'amour et de tolérance : l'exemple malaisien
Ah oui, j'oubliais : il ne faut pas généraliser, il ne faut pas stigmatiser.
Trois églises ont été la cible d'engins incendiaires en Malaisie, où s'accentue un litige sur le droit des catholiques d'écrire le mot "Allah" dans un pays largement musulman, a-t-on appris aujourd'hui de source officielle. Un des édifices religieux a été incendié et gravement endommagé la nuit dernière dans la banlieue de Kuala Lumpur. Deux autres cocktails Molotov ont été projetés sur deux autres églises mais aucun dégât sérieux n'a été déploré.
"Je prends les événements de cette nuit très au sérieux", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre de l'Intérieur, Hishammuddin Hussein. "Nous tenons à assurer la population qu'il ne s'agissait pas d'actes coordonnés et planifiés", a-t-il ajouté.
Le chef de la police, Musa Hassan, a quant à lui annoncé le déploiement d'effectifs pour protéger les églises alors que des groupes musulmans ont prévu de manifester.
La haute cour de Malaisie a suspendu avant-hier l'autorisation accordée à un journal catholique local d'employer le mot "Allah" après que le gouvernement eut agité la menace de tensions interconfessionnelles dans un pays majoritairement musulman.
Cette même juridiction avait pourtant jugé la semaine dernière que le Herald Weekly, était bien en droit d'utiliser le mot "Allah".
Le gouvernement se prévalait d'une décision du haut conseil national de la fatwa de mai 2008 statuant que le mot "Allah" ne pouvait être utilisé que par les seuls musulmans en Malaisie.
Trois églises ont été la cible d'engins incendiaires en Malaisie, où s'accentue un litige sur le droit des catholiques d'écrire le mot "Allah" dans un pays largement musulman, a-t-on appris aujourd'hui de source officielle. Un des édifices religieux a été incendié et gravement endommagé la nuit dernière dans la banlieue de Kuala Lumpur. Deux autres cocktails Molotov ont été projetés sur deux autres églises mais aucun dégât sérieux n'a été déploré.
"Je prends les événements de cette nuit très au sérieux", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre de l'Intérieur, Hishammuddin Hussein. "Nous tenons à assurer la population qu'il ne s'agissait pas d'actes coordonnés et planifiés", a-t-il ajouté.
Le chef de la police, Musa Hassan, a quant à lui annoncé le déploiement d'effectifs pour protéger les églises alors que des groupes musulmans ont prévu de manifester.
La haute cour de Malaisie a suspendu avant-hier l'autorisation accordée à un journal catholique local d'employer le mot "Allah" après que le gouvernement eut agité la menace de tensions interconfessionnelles dans un pays majoritairement musulman.
Cette même juridiction avait pourtant jugé la semaine dernière que le Herald Weekly, était bien en droit d'utiliser le mot "Allah".
Le gouvernement se prévalait d'une décision du haut conseil national de la fatwa de mai 2008 statuant que le mot "Allah" ne pouvait être utilisé que par les seuls musulmans en Malaisie.
jeudi, janvier 07, 2010
Deux articles sur les quotas de boursiers
Bien sûr, le moteur de cette polémique est l'envie, la haine du talent.
Les quotas de l'absurde
Boursiers : un débat si biaisé
Les quotas de l'absurde
Boursiers : un débat si biaisé
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Seguin, les mutins et les Waffen SS
Lorsque Lionel Jospin a décidé de réhabiliter les mutins de 1917, Philippe Seguin a commenté, outré : «Tant qu'à assumer toute notre histoire, pourquoi ne pas réhabiliter les Waffen SS de la division Charlemagne ?»J'aime cette droiture un peu grande gueule, qui s'efforce de mépriser l'air du temps et la démagogie émolliente.
A l'heure où un ministre de la France (1) croit bon de nous expliquer, certainement avec l'assentiment du président, que notre pays est un «métissage de peuples», il va nous manquer.
Sinon, c'était un politicien : on préférerait se passer de cette engeance, mais puisque nous devons les subir, autant souhaiter qu'ils soient bons.
***************
(1) : je n'ose écrire «un ministre français». Bien que cela soit juridiquement vrai, ces mots me font mal. La France a déjà eu des ministres étrangers, ce n'est pas un crime en soi, mais nous sommes hélas plus près de Concini que de Mazarin.
mercredi, janvier 06, 2010
Jeunesses climatiques et quand les bouseux se rebellent
Jeunesses climatiques
Jacquerie catholique à Thiberville
Il m'a plu de juxtaposer ces deux nouvelles. D'un coté, le progressisme dans ce qu'il a de plus néfaste ; de l'autre, le bon sens traditionnel paysan contre la technocratie (car il peut arriver qu'un évêque comme un énarque -ce n'est pas un compliment).
Jacquerie catholique à Thiberville
Il m'a plu de juxtaposer ces deux nouvelles. D'un coté, le progressisme dans ce qu'il a de plus néfaste ; de l'autre, le bon sens traditionnel paysan contre la technocratie (car il peut arriver qu'un évêque comme un énarque -ce n'est pas un compliment).
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Débat sur l'identité nationale : on s'en doutait que ça allait finir comme ça
Eric Besson à La Courneuve :
«la France n'est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c'est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n'y a pas de Français de souche, il n'y a qu'une France de métissage».
Ce n'est pas parce que le gouvernement est peuplé de gens qui renient notre pays qu'il faut en conclure qu'il n'existe plus.
«la France n'est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c'est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n'y a pas de Français de souche, il n'y a qu'une France de métissage».
Ce n'est pas parce que le gouvernement est peuplé de gens qui renient notre pays qu'il faut en conclure qu'il n'existe plus.
mardi, janvier 05, 2010
Des quotas ? D'accord, mais pour tous
Vous avez sûrement entendu cette idée du débile de Science Po d'imposer des quotas de boursiers dans les grands écoles (1).
Je suis d'accord à une condition : que le système soit étendu partout. A quand un quota de boursiers chez les élus ?
**********
(1) évidemment, il est plus facile de baisser le niveau des GE que de monter le niveau des boursiers. Il faudra quand même qu'on m'explique pourquoi ce qui était possible en 1910 ne l'est plus en 2010.
Je suis d'accord à une condition : que le système soit étendu partout. A quand un quota de boursiers chez les élus ?
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(1) évidemment, il est plus facile de baisser le niveau des GE que de monter le niveau des boursiers. Il faudra quand même qu'on m'explique pourquoi ce qui était possible en 1910 ne l'est plus en 2010.
lundi, janvier 04, 2010
Système éducatif français : toujours pas guéri. Et pas près de l'être ?
J'analyse le problème fondamental du système éducatif français comme un problème politique, voire philosophique.
C'est le refus du réel. Le système éducatif français repose sur des fantasmes : l'élève rousseauiste naturellement bon, généreux et intelligent qu'il suffirait de révéler à lui-même par une maïeutique appropriée. Tous sont égaux en talents et en aptitudes.
De ce fantasme initial découle tous les autres : la sélection oppression de classe, l'exigence odieuse survivance passéiste, la transmission lubie de réactionnaires etc.
Or, voici que le journal Le Monde traite des «grandes écoles». Et que préconise-t-il ? Evidemment (1), de détruire ce système qui fonctionne en faveur de l'université qui ne fonctionne pas. On est donc toujours dans la négation du réel.
La prise en compte du réel commande une démarche prudente, humble : ne pas toucher à ce qui marche, essayer de réparer ce qui déconne. C'est bien entendu le contraire qui est préconisé : on est toujours dans le nivellement par le bas, dans l'obsession de couper les têtes qui dépassent, de faire comme si les élèves étaient tous égaux.
Sans compter une question de pouvoir : les grandes écoles échappent de fait au système sociétique de l'EN. C'est insupportable.
Il y a unanimité chez les professeurs de prépas pour constater sur vingt ans une baisse du niveau des élèves en maths et en physique, sous les assauts du pédagogisme.
Courage, camarades ! Vous êtes en passe de réussir. Bientôt, nous serons tous égaux dans la connerie. Pour les journalistes, c'est le cas depuis quelques temps déjà.
Une remarque : les IUT prouvent que les universités sont capables elles aussi de mettre en place des filières reconnues.
********************
(1) : j'écris «évidemment» car Le Monde est très prévisible dans la connerie. De Gaulle avait bien raison de le surnommer L'immonde.
C'est le refus du réel. Le système éducatif français repose sur des fantasmes : l'élève rousseauiste naturellement bon, généreux et intelligent qu'il suffirait de révéler à lui-même par une maïeutique appropriée. Tous sont égaux en talents et en aptitudes.
De ce fantasme initial découle tous les autres : la sélection oppression de classe, l'exigence odieuse survivance passéiste, la transmission lubie de réactionnaires etc.
Or, voici que le journal Le Monde traite des «grandes écoles». Et que préconise-t-il ? Evidemment (1), de détruire ce système qui fonctionne en faveur de l'université qui ne fonctionne pas. On est donc toujours dans la négation du réel.
La prise en compte du réel commande une démarche prudente, humble : ne pas toucher à ce qui marche, essayer de réparer ce qui déconne. C'est bien entendu le contraire qui est préconisé : on est toujours dans le nivellement par le bas, dans l'obsession de couper les têtes qui dépassent, de faire comme si les élèves étaient tous égaux.
Sans compter une question de pouvoir : les grandes écoles échappent de fait au système sociétique de l'EN. C'est insupportable.
Il y a unanimité chez les professeurs de prépas pour constater sur vingt ans une baisse du niveau des élèves en maths et en physique, sous les assauts du pédagogisme.
Courage, camarades ! Vous êtes en passe de réussir. Bientôt, nous serons tous égaux dans la connerie. Pour les journalistes, c'est le cas depuis quelques temps déjà.
Une remarque : les IUT prouvent que les universités sont capables elles aussi de mettre en place des filières reconnues.
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(1) : j'écris «évidemment» car Le Monde est très prévisible dans la connerie. De Gaulle avait bien raison de le surnommer L'immonde.
dimanche, janvier 03, 2010
Quand l'idéalisme médiatique et la démagogie rencontrent la réalité : l'exemple de Guantanamo
Barack Obama a promis de fermer la prison de Guantanamo en un an. Un an plus tard, ce n'est toujours pas fait.
Les démagogues répondront : mauvaise volonté. Tout est si simple dans le monde irréel des idéalistes irresponsables.
Pourtant, il y a eu de multiples tentatives.
Pourquoi alors y a-t-il toujours des détenus sans procès ?
Tout simplement parce que la raison qu'avait GW Bush pour ouvrir Guantanamo persiste : les USA ont capturé des individus qu'ils considèrent dangereux pour leur sécurité sans être en situation de leur faire un procès en bonne et due forme.
En un autre temps, ils auraient tout simplement subi une «corvée de bois» ou un saut dans la mer avec des bottes en béton.
Finalement, Guantanamo est peut-être un progrès.
Ce n'est pas satisfaisant intellectuellement, mais c'est la vie, il arrive qu'elle présente des situations ambiguës où l'on est forcé de choisir la moins mauvaise solution.
Evidemment, cela ne convient pas au manichéisme médiatique ou au sentimentalisme d'estrade, aux «belles âmes» qui font la leçon au monde entier du fond de leur canapé bio-commerce équitable. Dommage qu'on n'entende que ce son de cloches (et quelles cloches !).
Les démagogues répondront : mauvaise volonté. Tout est si simple dans le monde irréel des idéalistes irresponsables.
Pourtant, il y a eu de multiples tentatives.
Pourquoi alors y a-t-il toujours des détenus sans procès ?
Tout simplement parce que la raison qu'avait GW Bush pour ouvrir Guantanamo persiste : les USA ont capturé des individus qu'ils considèrent dangereux pour leur sécurité sans être en situation de leur faire un procès en bonne et due forme.
En un autre temps, ils auraient tout simplement subi une «corvée de bois» ou un saut dans la mer avec des bottes en béton.
Finalement, Guantanamo est peut-être un progrès.
Ce n'est pas satisfaisant intellectuellement, mais c'est la vie, il arrive qu'elle présente des situations ambiguës où l'on est forcé de choisir la moins mauvaise solution.
Evidemment, cela ne convient pas au manichéisme médiatique ou au sentimentalisme d'estrade, aux «belles âmes» qui font la leçon au monde entier du fond de leur canapé bio-commerce équitable. Dommage qu'on n'entende que ce son de cloches (et quelles cloches !).
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Zemmour-Naulleau : misère de la télé
Regardez cette video :
Eric Zemmour contre le show-biz
Ce qui me frappe, c'est que la critique de Zemmour et Naulleau est assez pauvre et mesquine. Et pourtant, à la télé, ça paraît un pic d'intelligence et de brise-tabou.
Cela montre le conformisme totalitaire de la télé : la moindre opinion qui dérange, qui dérange vraiment, pas le dérangement préfabriqué en carton-pâte des professionnels de la rebellitude, lui est insupportable.
Et je pense avec angoisse à l'idée de Pierre Chaunu : le premier pouvoir, celui qui oriente les idées, c'est le pouvoir médiatique. On n'est pas sortis de l'auberge.
Le jour où la «réacosphère» passera à la télé, ça sera pour un jeu de lynchage.
Nota : les saltimbanques télévisuelles sont vraiment des cons !
Eric Zemmour contre le show-biz
Ce qui me frappe, c'est que la critique de Zemmour et Naulleau est assez pauvre et mesquine. Et pourtant, à la télé, ça paraît un pic d'intelligence et de brise-tabou.
Cela montre le conformisme totalitaire de la télé : la moindre opinion qui dérange, qui dérange vraiment, pas le dérangement préfabriqué en carton-pâte des professionnels de la rebellitude, lui est insupportable.
Et je pense avec angoisse à l'idée de Pierre Chaunu : le premier pouvoir, celui qui oriente les idées, c'est le pouvoir médiatique. On n'est pas sortis de l'auberge.
Le jour où la «réacosphère» passera à la télé, ça sera pour un jeu de lynchage.
Nota : les saltimbanques télévisuelles sont vraiment des cons !
samedi, janvier 02, 2010
Islam, religion de paix, d'amour et de tolérance : l'exemple danois
Ah oui, j'oubliais : il ne faut pas généraliser, il ne faut pas stigmatiser.
Un Somalien armé d'une hache et d'un couteau a tenté d'assassiner l'un des dessinateurs danois des "caricatures de Mahomet" chez lui hier soir, selon les services de renseignements du Danemark. La victime désignée, Kurt Westergaard, a alerté la police qui a arrêté l'agresseur, un Somalien de 28 ans soupçonné d'implication dans des activités terroristes en Afrique de l'Est.
Le suspect a cassé une fenêtre au domicile du dessinateur peu après 22h, dans la ville d'Aarhus, située à 200km au nord-ouest de Copenhague. Kurt Westergaard, âgé de 75 ans, s'est réfugié dans une chambre forte avec sa petite-fille âgée de 5 ans, qui passait la nuit chez lui, et a pressé un bouton d'alarme.
Les policiers sont arrivés deux minutes plus tard et ont essayé d'arrêter l'agresseur, qui a été blessé par balle au genou et à la main par un agent qu'il menaçait avec sa hache, a affirmé Preben Nielsen. Le suspect, qui possède un permis de séjour au Danemark, devait être inculpé aujourd'hui de tentatives de meurtre contre Westergaard et un policier.
Un Somalien armé d'une hache et d'un couteau a tenté d'assassiner l'un des dessinateurs danois des "caricatures de Mahomet" chez lui hier soir, selon les services de renseignements du Danemark. La victime désignée, Kurt Westergaard, a alerté la police qui a arrêté l'agresseur, un Somalien de 28 ans soupçonné d'implication dans des activités terroristes en Afrique de l'Est.
Le suspect a cassé une fenêtre au domicile du dessinateur peu après 22h, dans la ville d'Aarhus, située à 200km au nord-ouest de Copenhague. Kurt Westergaard, âgé de 75 ans, s'est réfugié dans une chambre forte avec sa petite-fille âgée de 5 ans, qui passait la nuit chez lui, et a pressé un bouton d'alarme.
Les policiers sont arrivés deux minutes plus tard et ont essayé d'arrêter l'agresseur, qui a été blessé par balle au genou et à la main par un agent qu'il menaçait avec sa hache, a affirmé Preben Nielsen. Le suspect, qui possède un permis de séjour au Danemark, devait être inculpé aujourd'hui de tentatives de meurtre contre Westergaard et un policier.
Vigiles donc coupables ?
Encore un exemple de maternalisme : apriori, le voleur est la victime, c'est aux forces de l'ordre de démontrer le contraire.
Je ne suis pas surpris que le procureur verse dans ce maternalisme : ça fait au moins vingt ans que la justice française est persuadée que sa mission est de défendre les délinquants contre la société.
Vigiles donc coupables ?
Je ne suis pas surpris que le procureur verse dans ce maternalisme : ça fait au moins vingt ans que la justice française est persuadée que sa mission est de défendre les délinquants contre la société.
Vigiles donc coupables ?
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Appel au peuple : la féminisation de l'enseignement, un fléau pour l'éducation ?
La féminisation de l'enseignement, un fléau pour l'éducation ? Si on me demandait mon avis (je suis sur mon blog, alors je peux le donner !), je répondrais positivement (1).
Mais je manque d'éléments pour confirmer ou, le cas échéant, infirmer mon opinion. Témoignages ? Réflexions ?
*************
(1) : sans compter l'éternel problème de la poule et de l'œuf : le métier d'enseignant est-il dévalorisé parce qu'il y a plus de femmes ou y a-t-il plus de femmes parce qu'il est dévalorisé ?
Mais je manque d'éléments pour confirmer ou, le cas échéant, infirmer mon opinion. Témoignages ? Réflexions ?
*************
(1) : sans compter l'éternel problème de la poule et de l'œuf : le métier d'enseignant est-il dévalorisé parce qu'il y a plus de femmes ou y a-t-il plus de femmes parce qu'il est dévalorisé ?
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vendredi, janvier 01, 2010
Il n'est jamais trop tôt pour mal faire : la désinformation commence dès le 1er janvier
Publié dans Le Point (c'est moi qui souligne ), journal point extrémiste dans la bien-pensance :
La nuit de la Saint-Sylvestre a été plutôt calme en France, selon le bilan publié vendredi par le ministère de l'Intérieur, qui fait état de 549 interpellations, la plupart pour des incendies de voitures. "La nuit de la Saint-Sylvestre s'est bien déroulée sur l'ensemble du territoire national", a souligné le ministre Brice Hortefeux.
Au total, 549 personnes ont été interpellées (contre 288 l'an dernier) et 481 placées en garde à vue (contre 219 l'an dernier), selon le bilan définitif. "Ces résultats sont la conséquence de l'engagement important et de la réactivité des 45.000 policiers et gendarmes, qui a permis d'assurer une présence dissuasive qui a contribué au maintien de l'ordre public et au caractère festif de cette nuit du 1er janvier", a estimé le ministère de l'Intérieur.
Quant au nombre de voitures brûlées, il a "légèrement" diminué par rapport à l'an dernier, s'élevant à 1.137, contre 1.147 un an plus tôt, selon les chiffres de la Place Beauvau. Sur Paris et les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne), le nombre des véhicules brûlés a diminué "dans des proportions sensiblement plus importantes qu'au plan national", a précisé le ministre. Le nombre de voitures brûlées est en baisse de plus de 20 %, à 198, contre 248 il y a un an.
La nuit de la Saint-Sylvestre a été plutôt calme en France, selon le bilan publié vendredi par le ministère de l'Intérieur, qui fait état de 549 interpellations, la plupart pour des incendies de voitures. "La nuit de la Saint-Sylvestre s'est bien déroulée sur l'ensemble du territoire national", a souligné le ministre Brice Hortefeux.
Au total, 549 personnes ont été interpellées (contre 288 l'an dernier) et 481 placées en garde à vue (contre 219 l'an dernier), selon le bilan définitif. "Ces résultats sont la conséquence de l'engagement important et de la réactivité des 45.000 policiers et gendarmes, qui a permis d'assurer une présence dissuasive qui a contribué au maintien de l'ordre public et au caractère festif de cette nuit du 1er janvier", a estimé le ministère de l'Intérieur.
Quant au nombre de voitures brûlées, il a "légèrement" diminué par rapport à l'an dernier, s'élevant à 1.137, contre 1.147 un an plus tôt, selon les chiffres de la Place Beauvau. Sur Paris et les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne), le nombre des véhicules brûlés a diminué "dans des proportions sensiblement plus importantes qu'au plan national", a précisé le ministre. Le nombre de voitures brûlées est en baisse de plus de 20 %, à 198, contre 248 il y a un an.
Année 2010 : cerné par les cons
J'ai un mauvais pressentiment pour 2010.
A lirez les contributions de différents commentateurs sur différentes sites, j'ai bien peur que l'année 2010 soit dans la droite ligne de 2010 : cerné par les cons.
Courage, on les aura !
A lirez les contributions de différents commentateurs sur différentes sites, j'ai bien peur que l'année 2010 soit dans la droite ligne de 2010 : cerné par les cons.
Courage, on les aura !
Quand le Vatican brisait la loi du silence
Article de François Miclo dans Causeur. Je le copie car je n'en peux plus de «l'émeute contre les morts», cette manière ridicule de prétention et de vanité qu'a notre époque d'expliquer aux morts ce qu'ils auraient du faire.
Pie XII, pape bavard
Publié le 01 janvier 2010 à 06h00
Notre époque porte sur l’histoire un regard insensible. Elle considère le passé non pas tel qu’il a été, mais tel qu’elle voudrait qu’il fût. Elle sermonne les morts, leur dicte une conduite, ne rechigne pas à l’anachronisme pour les juger au nom de principes qu’elle ne s’applique jamais à elle-même, mais qu’elle leur demande rétroactivement de respecter. Notre époque n’est pas historienne : elle est vindicative. Tenter de comprendre les hommes et leurs raisons, dans le temps, le système de représentations et les circonstances qui furent les leurs, penser la complexité sans la réduire à une rationalité binaire : là n’est ni son fort ni son objet. Ce qu’elle veut, ce sont des coupables.
Des coupables, oui. Mais pas n’importe lesquels. Il lui en faut trouver d’exemplaires, par qui elle puisse se livrer tout entière à ce qui caractérise aujourd’hui l’Occident chrétien : la haine de soi. Notre époque hait ce qu’elle est, et voue à la détestation tout ce qui la fonde. Et comme elle tire son existence entière de Rome et de l’Eglise (jusqu’à l’athéisme, posture philosophique impossible en dehors du christianisme), c’est l’Eglise romaine que l’on charge de la culpabilité maximale.
Regardons “l’affaire Pie XII”. On critique avec aplomb son prétendu “silence” pendant la Shoah, on le soupçonne de collusion avec le régime nazi, on imagine les postures héroïques qu’il aurait pu adopter pour mettre fin à la persécution. On en vient à oublier l’essentiel : le “silence” de Pie XII n’est pas une réalité historique, mais une fable.
En 1963, la pièce Der Stellvertreter, est montée à Berlin. Elle entend dénoncer “les hésitations et le silence” de la papauté face au nazisme et aux persécutions dont les juifs ont été victimes pendant la guerre. Pie XII nous y présenté comme un couard, plus inquiet de la protection des biens matériels de l’Eglise que du salut des juifs.
La pièce vient à point nommé, nous apprend Ian Pacepa (1), ancien lieutenant général des services secrets roumains passé à l’Ouest à la fin des années 1970. Conseillé par Alexander Shelepin, patron du KGB, Nikita Kroutchev a entrepris, depuis le début des années 1960, de livrer à l’Eglise catholique, dont il mesure les capacités de résistance et de nuisance, une lutte sans merci à l’intérieur du bloc soviétique. En Hongrie, les services secrets venaient d’avoir la peau du cardinal Mindszenty, un prélat aussi intransigeant avec les communistes qu’il l’avait été, dès le milieu des années 1930, avec Szálasi et les nazis des Croix fléchées. Même si Mindszenty avait pu se réfugier in extremis à l’ambassade américaine de Budapest (il y restera cloîtré quinze ans !), une victoire avait été remportée. Maintenant, il fallait jouer plus fort encore. C’est ce que fit le général Ivan Agayants, chef de la désinformation du KGB, en commandant à Rolf Hochhult (2) une pièce jetant le discrédit sur l’action du Vatican pendant la guerre. Pie XII était mort, il ne s’en plaindrait pas. Ainsi sont nés Le Vicaire et la légende du “silence coupable” de Pie XII.
D’ailleurs, qu’est-ce qu’un dramaturge allemand comme Rolf Hochhult pouvait en avoir bien à faire de l’attitude du pape pendant la guerre ? En Allemagne, le catholicisme est une religion minoritaire et, si le scandale existe, c’est celui du protestantisme. Le gros de l’électorat nazi est protestant – et le ralliement tardif du Zentrum catholique et de Franz Von Papen reste un phénomène marginal (3). Malgré des héros comme Dietrich Bonhöffer ou Martin Niemöller, l’Eglise luthérienne ne se contenta pas de garder le silence face à l’irrésistible ascension d’Adolf Hitler. Elle en épousa la cause et les convictions, se rallia corps et âme au parti nazi et trouva dans son antisémitisme une heureuse réalisation de l’antijudaïsme de Martin Luther. Qu’on se souvienne du Juif Süss, commandé en 1940 par Goebbels (il supervisa le tournage) à Veit Harlan : la référence de la “révolution allemande”, de cet “antisémitisme qui sauvera le Reich”, c’est Luther. Qui trahit le peuple allemand et protestant du Wurtemberg dans ce film de propagande ? Ce sont les catholiques et leurs alliés juifs.
Avant la publication de la pièce de Rolf Hochhult, on célébrait unanimement l’action de Pie XII en faveur des juifs pendant la guerre. Certes, comme le rappelait récemment dans Le Monde l’excellent Patrick Kéchichian, Paul Claudel se plaignait fin 1945 auprès de Maritain du caractère “inaudible” de la condamnation du nazisme par Pie XII. Mais Pie XII fut à Claudel aussi inaudible que de Gaulle pendant la guerre. C’est qu’on ne peut pas être partout : écrire Paroles au Maréchal et écouter radio Vatican (4). Pendant ce temps, Golda Meir rendait hommage à Pie XII. Les rescapés des camps venaient à Rome le remercier pour ce qu’il avait fait. La vérité, crue et scandaleuse aujourd’hui, est qu’il n’y eut certainement pas, dans l’histoire de la chrétienté, de pape plus proche des juifs que Pie XII. Voilà où réside l’héroïcité de ses vertus.
Sûr, à l’époque, Pie XII n’encombra pas les plateaux télés pour se plaindre. Il ne participa ni à “On n’est pas couché”, ni au “Grand Journal” de Canal+. On ne le vit pas se répandre en larmes chez Pascale Clark. Il se contenta de participer, avant de devenir pape, à la rédaction en 1937 de l’encyclique de son prédécesseur Pie XI : Mit brennender Sorge, condamnation explicite du nazisme. Il se contenta, une fois élu au siège de Pierre, de consacrer sa première encyclique, Summi pontificatus, à dénoncer le racisme et le culte de l’Etat. Elle fut aussitôt larguée par les avions britanniques sur l’Allemagne à plus de 100 000 exemplaires. Il demanda aux universités catholiques de délivrer un enseignement contre l’antisémitisme, fidèle à la lettre de Summi pontificatus et à ce que le Souverain Pontife professait déjà en 1938 : “Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites.” Il alerta les Alliés, américains et anglais, sur les persécutions dont les juifs étaient victimes. Mais la libération des camps de la mort n’était pas, pour eux, une priorité de la guerre ni un objectif militaire – un “point de détail”, sans doute. Pie XII se contenta aussi, dans son message de Noël 1942, d’évoquer «”les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif”, avant de faire diffuser ce message, en juin 1943, sur les ondes de Radio Vatican : “Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu.” Il n’y a pas, pour un chrétien, d’excommunication plus directe.
Pie XII parla. C’était un pape bavard. Il parla beaucoup. Mais il agit aussi, levant la discipline de certaines institutions religieuses (afin que des hommes juifs pussent notamment rentrer dans les carmels et y trouver protection), finançant des réseaux et des filières, aidant là où il le pouvait. Les historiens avancent un chiffre de plusieurs dizaines de milliers de juifs, qui auraient bénéficié de la sollicitude du Pontife.
Ce qu’il y a de miraculeux, dans cette affaire, ce fut que Pie XII ne garda pas le silence et ne se réfugia pas dans l’inaction. Il aurait pu. Tout l’y incitait. Lorsqu’il avait prêté sa main en 1937 à Pie XI pour écrire l’encyclique Mit brennender Sorge, il en avait éprouvé les lourdes conséquences. Aussitôt l’encyclique parue, les nazis arrêtèrent dans les Länder catholiques du sud de l’Allemagne près de 1 100 religieux et prêtres. Ils dévastèrent les évêchés de Munich, de Fribourg et de Rottenburg, avant de dissoudre les organisations catholiques et de proscrire l’enseignement catholique dans le Reich.
Les plus de 300 prêtres et religieux qui moururent en déportation à Dachau furent la plus grande douleur de Pie XII. S’ils étaient morts, c’était sa faute. Lui, et pas un autre – il en était convaincu – les avait précipités au martyr. Jamais il n’en ferait le deuil. Par une simple parole, il avait livré plus de 300 femmes et hommes à leurs bourreaux. Y a-t-il une chose plus exécrable quand on a voué sa vie à la Vie ?
Il se souvint aussi de la protestation publique, en août 1942, de ses évêques hollandais contre les persécutions. Les nazis répliquèrent par des persécutions plus atroces encore, arrêtant et déportant, en une seule nuit, 40 000 juifs hollandais, dont de nombreux juifs convertis au catholicisme tels Edith Stein. La Hollande détint, dès lors, le plus triste record de la persécution : 85 % de ses juifs disparurent dans les camps de la mort. Toute parole de l’Eglise condamnait plus qu’elle ne protégeait : voilà la vérité (5).
La “prudence toute diplomatique” dont on accuse Pie XII aujourd’hui n’est pas de la prudence, encore moins de la couardise. C’est la simple prise en compte du réel : en Allemagne et dans une Europe livrées à l’un des pires systèmes totalitaires, il ne suffit pas de signer une pétition depuis son confortable appartement pour faire changer les choses. On essaie uniquement de mener la politique des petits gestes, de sauver ceux que l’on peut sans attenter à la vie d’un plus grand nombre. Car, face au déferlement de la totalité sur soi, c’est elle seule, cette politique des petits mouvements, qui peut sauver non seulement des hommes, mais aussi la part humaine qui est en nous. Peter Sloterdijk oppose à la grandiloquente politique idéaliste, héritée du romantisme dix-neuviémiste et d’un héroïsme très Sturm und Drang, la politique des “petits gestes”. Dans un système totalitaire, on ne joue pas héroïsme contre héroïsme. On joue comme on peut. Et finalement on ne joue pas. Car ce n’est pas un jeu.
Voilà Pie XII. Désolé, ce n’est pas un super-héros. Vous ne trouverez en lui rien de Flash Gordon ni de Catwoman. Il n’a pas retroussé ses manches pour dévoiler ses biscoteaux antiracistes, comme n’importe lequel d’entre nous qui n’a pas vécu en son temps l’aurait, bien entendu, fait. Il a essayé simplement d’agir en homme parmi les hommes. Et c’est cela, précisément, que l’on appelle la sainteté.
Chaque catholique y est appelé. Parfois, l’Eglise en prend l’un ou l’autre et décide de l’élever à la dignité de ses autels. Pie XII, ne le mérite-t-il pas ? Allez savoir. C’est à Benoît XVI d’en décider. Dieu seul en sera juge.
C’est que les chemins de la sainteté ne correspondent pas en tout point à ceux de la Star Academy. Baiser dans la piscine, montrer ses nichons à la caméra, plaire aux médias : tout cela ne suffit pas pour être un saint. Les votes du public n’ont pas cours auprès du Dieu des catholiques. Les vaines déclarations, non plus.
Un saint est, avant tout, un témoin. Non pas celui qui témoigne à charge et qui enfonce l’accusé, mais qui essaie, par ses moyens humains, toujours modestes face aux implacables machineries des Etats et des idéologies, de le sauver. Ce témoin, Pie XII l’a été pour d’innombrables juifs. Il l’a été aussi pour l’Eglise universelle. Sa théologie inspira Vatican II : c’est dans son encyclique Mystici Corporis que la Constitution Lumen Gentium va puiser ses définitions et son sens. Avec Mediator Dei, il amorce, dès 1947, la réforme liturgique que Vatican II n’aura qu’à valider.
Le principal problème de Pie XII demeure : il a été pape. Voilà la difficulté. Elle ne lui sera jamais pardonnée par ces gens qui se considèrent être nés de la cuisse d’Œdipe et de Jupiter réunis, plutôt que de la jambe de saint Paul. Les pauvres, pardonnez-leur, ils ne savent pas d’où ils viennent.
En attendant, les catholiques ont de bonnes raisons de vénérer Pie XII. Pour son action, ses paroles et son silence qui appelle chaque être à l’éthique de responsabilité.
1. Ian Mihai Pacepa, Red Horizons : Chronicles of a Communist Spy Chief, Regnery, 1987.
2. Si Rolf Hochhuth dénonce les silences de Pie XII, il garde bien, quant à lui, le silence sur son propre embrigadement dans les Hitlerjugend. Cette période peu glorieuse de sa jeunesse lui reviendra plus tard en tête, quand il se mettra à s’afficher avec des négationnistes tels que Daniel Irving ou à publier des articles dans des revues d’extrême droite. Allez savoir pourquoi.
3. Pie XII retire à Franz Von Papen le titre de chambellan pontifical que Pie XI lui avait octroyé avant guerre et refuse qu’il soit nommé ambassadeur du Reich auprès du Saint-Siège. Il devra attendre que Jean XXIII lui restitue son titre honorifique.
4. “France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père. Fille de Saint-Louis, écoute-le ! Et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?” Paul Claudel, Paroles au maréchal, 10 mai 1941.
5. Le lendemain de l’annonce des représailles nazies contre la déclaration des évêques hollandais, sœur Pascalina Lehnert, gouvernante du pape, raconte que Pie XII vint la trouver dans sa cuisine pour brûler dans le poêle deux grandes feuilles “couvertes d’une écriture serrée” : “Je voudrais brûler ces feuilles : c’est ma protestation contre l’affreuse persécution des juifs. Elle devait paraître ce soir dans l’Osservatore Romano. Mais si la lettre des évêques hollandais a coûté 40 000 vies humaines, ma protestation en coûterait peut-être 200 000. Je ne dois ni ne veux prendre cette responsabilité.” S. Pascalina Lehnert, Pie XII, mon privilège fut de le servir, Tequi, 2000.
Pie XII, pape bavard
Publié le 01 janvier 2010 à 06h00
Notre époque porte sur l’histoire un regard insensible. Elle considère le passé non pas tel qu’il a été, mais tel qu’elle voudrait qu’il fût. Elle sermonne les morts, leur dicte une conduite, ne rechigne pas à l’anachronisme pour les juger au nom de principes qu’elle ne s’applique jamais à elle-même, mais qu’elle leur demande rétroactivement de respecter. Notre époque n’est pas historienne : elle est vindicative. Tenter de comprendre les hommes et leurs raisons, dans le temps, le système de représentations et les circonstances qui furent les leurs, penser la complexité sans la réduire à une rationalité binaire : là n’est ni son fort ni son objet. Ce qu’elle veut, ce sont des coupables.
Des coupables, oui. Mais pas n’importe lesquels. Il lui en faut trouver d’exemplaires, par qui elle puisse se livrer tout entière à ce qui caractérise aujourd’hui l’Occident chrétien : la haine de soi. Notre époque hait ce qu’elle est, et voue à la détestation tout ce qui la fonde. Et comme elle tire son existence entière de Rome et de l’Eglise (jusqu’à l’athéisme, posture philosophique impossible en dehors du christianisme), c’est l’Eglise romaine que l’on charge de la culpabilité maximale.
Regardons “l’affaire Pie XII”. On critique avec aplomb son prétendu “silence” pendant la Shoah, on le soupçonne de collusion avec le régime nazi, on imagine les postures héroïques qu’il aurait pu adopter pour mettre fin à la persécution. On en vient à oublier l’essentiel : le “silence” de Pie XII n’est pas une réalité historique, mais une fable.
En 1963, la pièce Der Stellvertreter, est montée à Berlin. Elle entend dénoncer “les hésitations et le silence” de la papauté face au nazisme et aux persécutions dont les juifs ont été victimes pendant la guerre. Pie XII nous y présenté comme un couard, plus inquiet de la protection des biens matériels de l’Eglise que du salut des juifs.
La pièce vient à point nommé, nous apprend Ian Pacepa (1), ancien lieutenant général des services secrets roumains passé à l’Ouest à la fin des années 1970. Conseillé par Alexander Shelepin, patron du KGB, Nikita Kroutchev a entrepris, depuis le début des années 1960, de livrer à l’Eglise catholique, dont il mesure les capacités de résistance et de nuisance, une lutte sans merci à l’intérieur du bloc soviétique. En Hongrie, les services secrets venaient d’avoir la peau du cardinal Mindszenty, un prélat aussi intransigeant avec les communistes qu’il l’avait été, dès le milieu des années 1930, avec Szálasi et les nazis des Croix fléchées. Même si Mindszenty avait pu se réfugier in extremis à l’ambassade américaine de Budapest (il y restera cloîtré quinze ans !), une victoire avait été remportée. Maintenant, il fallait jouer plus fort encore. C’est ce que fit le général Ivan Agayants, chef de la désinformation du KGB, en commandant à Rolf Hochhult (2) une pièce jetant le discrédit sur l’action du Vatican pendant la guerre. Pie XII était mort, il ne s’en plaindrait pas. Ainsi sont nés Le Vicaire et la légende du “silence coupable” de Pie XII.
D’ailleurs, qu’est-ce qu’un dramaturge allemand comme Rolf Hochhult pouvait en avoir bien à faire de l’attitude du pape pendant la guerre ? En Allemagne, le catholicisme est une religion minoritaire et, si le scandale existe, c’est celui du protestantisme. Le gros de l’électorat nazi est protestant – et le ralliement tardif du Zentrum catholique et de Franz Von Papen reste un phénomène marginal (3). Malgré des héros comme Dietrich Bonhöffer ou Martin Niemöller, l’Eglise luthérienne ne se contenta pas de garder le silence face à l’irrésistible ascension d’Adolf Hitler. Elle en épousa la cause et les convictions, se rallia corps et âme au parti nazi et trouva dans son antisémitisme une heureuse réalisation de l’antijudaïsme de Martin Luther. Qu’on se souvienne du Juif Süss, commandé en 1940 par Goebbels (il supervisa le tournage) à Veit Harlan : la référence de la “révolution allemande”, de cet “antisémitisme qui sauvera le Reich”, c’est Luther. Qui trahit le peuple allemand et protestant du Wurtemberg dans ce film de propagande ? Ce sont les catholiques et leurs alliés juifs.
Avant la publication de la pièce de Rolf Hochhult, on célébrait unanimement l’action de Pie XII en faveur des juifs pendant la guerre. Certes, comme le rappelait récemment dans Le Monde l’excellent Patrick Kéchichian, Paul Claudel se plaignait fin 1945 auprès de Maritain du caractère “inaudible” de la condamnation du nazisme par Pie XII. Mais Pie XII fut à Claudel aussi inaudible que de Gaulle pendant la guerre. C’est qu’on ne peut pas être partout : écrire Paroles au Maréchal et écouter radio Vatican (4). Pendant ce temps, Golda Meir rendait hommage à Pie XII. Les rescapés des camps venaient à Rome le remercier pour ce qu’il avait fait. La vérité, crue et scandaleuse aujourd’hui, est qu’il n’y eut certainement pas, dans l’histoire de la chrétienté, de pape plus proche des juifs que Pie XII. Voilà où réside l’héroïcité de ses vertus.
Sûr, à l’époque, Pie XII n’encombra pas les plateaux télés pour se plaindre. Il ne participa ni à “On n’est pas couché”, ni au “Grand Journal” de Canal+. On ne le vit pas se répandre en larmes chez Pascale Clark. Il se contenta de participer, avant de devenir pape, à la rédaction en 1937 de l’encyclique de son prédécesseur Pie XI : Mit brennender Sorge, condamnation explicite du nazisme. Il se contenta, une fois élu au siège de Pierre, de consacrer sa première encyclique, Summi pontificatus, à dénoncer le racisme et le culte de l’Etat. Elle fut aussitôt larguée par les avions britanniques sur l’Allemagne à plus de 100 000 exemplaires. Il demanda aux universités catholiques de délivrer un enseignement contre l’antisémitisme, fidèle à la lettre de Summi pontificatus et à ce que le Souverain Pontife professait déjà en 1938 : “Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites.” Il alerta les Alliés, américains et anglais, sur les persécutions dont les juifs étaient victimes. Mais la libération des camps de la mort n’était pas, pour eux, une priorité de la guerre ni un objectif militaire – un “point de détail”, sans doute. Pie XII se contenta aussi, dans son message de Noël 1942, d’évoquer «”les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif”, avant de faire diffuser ce message, en juin 1943, sur les ondes de Radio Vatican : “Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu.” Il n’y a pas, pour un chrétien, d’excommunication plus directe.
Pie XII parla. C’était un pape bavard. Il parla beaucoup. Mais il agit aussi, levant la discipline de certaines institutions religieuses (afin que des hommes juifs pussent notamment rentrer dans les carmels et y trouver protection), finançant des réseaux et des filières, aidant là où il le pouvait. Les historiens avancent un chiffre de plusieurs dizaines de milliers de juifs, qui auraient bénéficié de la sollicitude du Pontife.
Ce qu’il y a de miraculeux, dans cette affaire, ce fut que Pie XII ne garda pas le silence et ne se réfugia pas dans l’inaction. Il aurait pu. Tout l’y incitait. Lorsqu’il avait prêté sa main en 1937 à Pie XI pour écrire l’encyclique Mit brennender Sorge, il en avait éprouvé les lourdes conséquences. Aussitôt l’encyclique parue, les nazis arrêtèrent dans les Länder catholiques du sud de l’Allemagne près de 1 100 religieux et prêtres. Ils dévastèrent les évêchés de Munich, de Fribourg et de Rottenburg, avant de dissoudre les organisations catholiques et de proscrire l’enseignement catholique dans le Reich.
Les plus de 300 prêtres et religieux qui moururent en déportation à Dachau furent la plus grande douleur de Pie XII. S’ils étaient morts, c’était sa faute. Lui, et pas un autre – il en était convaincu – les avait précipités au martyr. Jamais il n’en ferait le deuil. Par une simple parole, il avait livré plus de 300 femmes et hommes à leurs bourreaux. Y a-t-il une chose plus exécrable quand on a voué sa vie à la Vie ?
Il se souvint aussi de la protestation publique, en août 1942, de ses évêques hollandais contre les persécutions. Les nazis répliquèrent par des persécutions plus atroces encore, arrêtant et déportant, en une seule nuit, 40 000 juifs hollandais, dont de nombreux juifs convertis au catholicisme tels Edith Stein. La Hollande détint, dès lors, le plus triste record de la persécution : 85 % de ses juifs disparurent dans les camps de la mort. Toute parole de l’Eglise condamnait plus qu’elle ne protégeait : voilà la vérité (5).
La “prudence toute diplomatique” dont on accuse Pie XII aujourd’hui n’est pas de la prudence, encore moins de la couardise. C’est la simple prise en compte du réel : en Allemagne et dans une Europe livrées à l’un des pires systèmes totalitaires, il ne suffit pas de signer une pétition depuis son confortable appartement pour faire changer les choses. On essaie uniquement de mener la politique des petits gestes, de sauver ceux que l’on peut sans attenter à la vie d’un plus grand nombre. Car, face au déferlement de la totalité sur soi, c’est elle seule, cette politique des petits mouvements, qui peut sauver non seulement des hommes, mais aussi la part humaine qui est en nous. Peter Sloterdijk oppose à la grandiloquente politique idéaliste, héritée du romantisme dix-neuviémiste et d’un héroïsme très Sturm und Drang, la politique des “petits gestes”. Dans un système totalitaire, on ne joue pas héroïsme contre héroïsme. On joue comme on peut. Et finalement on ne joue pas. Car ce n’est pas un jeu.
Voilà Pie XII. Désolé, ce n’est pas un super-héros. Vous ne trouverez en lui rien de Flash Gordon ni de Catwoman. Il n’a pas retroussé ses manches pour dévoiler ses biscoteaux antiracistes, comme n’importe lequel d’entre nous qui n’a pas vécu en son temps l’aurait, bien entendu, fait. Il a essayé simplement d’agir en homme parmi les hommes. Et c’est cela, précisément, que l’on appelle la sainteté.
Chaque catholique y est appelé. Parfois, l’Eglise en prend l’un ou l’autre et décide de l’élever à la dignité de ses autels. Pie XII, ne le mérite-t-il pas ? Allez savoir. C’est à Benoît XVI d’en décider. Dieu seul en sera juge.
C’est que les chemins de la sainteté ne correspondent pas en tout point à ceux de la Star Academy. Baiser dans la piscine, montrer ses nichons à la caméra, plaire aux médias : tout cela ne suffit pas pour être un saint. Les votes du public n’ont pas cours auprès du Dieu des catholiques. Les vaines déclarations, non plus.
Un saint est, avant tout, un témoin. Non pas celui qui témoigne à charge et qui enfonce l’accusé, mais qui essaie, par ses moyens humains, toujours modestes face aux implacables machineries des Etats et des idéologies, de le sauver. Ce témoin, Pie XII l’a été pour d’innombrables juifs. Il l’a été aussi pour l’Eglise universelle. Sa théologie inspira Vatican II : c’est dans son encyclique Mystici Corporis que la Constitution Lumen Gentium va puiser ses définitions et son sens. Avec Mediator Dei, il amorce, dès 1947, la réforme liturgique que Vatican II n’aura qu’à valider.
Le principal problème de Pie XII demeure : il a été pape. Voilà la difficulté. Elle ne lui sera jamais pardonnée par ces gens qui se considèrent être nés de la cuisse d’Œdipe et de Jupiter réunis, plutôt que de la jambe de saint Paul. Les pauvres, pardonnez-leur, ils ne savent pas d’où ils viennent.
En attendant, les catholiques ont de bonnes raisons de vénérer Pie XII. Pour son action, ses paroles et son silence qui appelle chaque être à l’éthique de responsabilité.
1. Ian Mihai Pacepa, Red Horizons : Chronicles of a Communist Spy Chief, Regnery, 1987.
2. Si Rolf Hochhuth dénonce les silences de Pie XII, il garde bien, quant à lui, le silence sur son propre embrigadement dans les Hitlerjugend. Cette période peu glorieuse de sa jeunesse lui reviendra plus tard en tête, quand il se mettra à s’afficher avec des négationnistes tels que Daniel Irving ou à publier des articles dans des revues d’extrême droite. Allez savoir pourquoi.
3. Pie XII retire à Franz Von Papen le titre de chambellan pontifical que Pie XI lui avait octroyé avant guerre et refuse qu’il soit nommé ambassadeur du Reich auprès du Saint-Siège. Il devra attendre que Jean XXIII lui restitue son titre honorifique.
4. “France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père. Fille de Saint-Louis, écoute-le ! Et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?” Paul Claudel, Paroles au maréchal, 10 mai 1941.
5. Le lendemain de l’annonce des représailles nazies contre la déclaration des évêques hollandais, sœur Pascalina Lehnert, gouvernante du pape, raconte que Pie XII vint la trouver dans sa cuisine pour brûler dans le poêle deux grandes feuilles “couvertes d’une écriture serrée” : “Je voudrais brûler ces feuilles : c’est ma protestation contre l’affreuse persécution des juifs. Elle devait paraître ce soir dans l’Osservatore Romano. Mais si la lettre des évêques hollandais a coûté 40 000 vies humaines, ma protestation en coûterait peut-être 200 000. Je ne dois ni ne veux prendre cette responsabilité.” S. Pascalina Lehnert, Pie XII, mon privilège fut de le servir, Tequi, 2000.
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