mercredi, juin 02, 2010

École : pourquoi pas un élève par professeur ?

Natacha Polony écrit d'une manière mesurée ce que j'aurais dit sur un ton nettement plus agressif.

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École : pourquoi pas un élève par professeur ?


Par Natacha Polony
01/06/2010 | Mise à jour : 20:26
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Par Natacha Polony, journaliste en charge de l’éducation

Symboliquement, l'effet est désastreux. Le document du ministère de l'Éducation nationale à destination des recteurs ne pouvait que provoquer l'ire de tous les acteurs de l'école dans une période où l'échec criant du système ne peut plus être nié. Selon ce document, les recteurs, dans chaque académie, doivent organiser le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite en privilégiant quelques pistes jugées adaptées à chaque réalité locale et ne devant pas «nuire à la qualité de la formation dispensée aux élèves».

Réaction indignée des syndicats d'enseignants et des fédérations de parents d'élèves, qui y voient un renoncement à la volonté d'améliorer, au contraire, la formation. «La question des moyens n'est pas la réponse aux problèmes de l'Éducation nationale aujourd'hui», s'est défendu hier le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, dans les couloirs de l'Assemblée. Et d'expliquer : «J'ai choisi une méthode qui consiste à ne pas décider de manière autoritaire depuis le ministère mais à travailler académie par académie, école par école, à partir des besoins locaux.»

Mais quelles sont les pistes évoquées ? La non-scolarisation des enfants de 2 ans est un choix politique ancien puisqu'on est passé en quinze ans de 35 % à 15 % d'enfants de moins de 3 ans scolarisés. Mais, alors que l'académie de Créteil, où la scolarisation précoce pourrait être utile, a un des taux les plus faibles, celle de Lille scolarise 42 % des enfants de 2 à 3 ans. L'appel à des non-titulaires pour assurer les remplacements, une des autres pistes évoquées, est pratiqué de fait dans de nombreuses académies.

La véritable nouveauté consiste en l'idée d'augmenter le nombre d'élèves par classe. Depuis les années 1980, la politique constante des ministères, à la demande des syndicats et des fédérations de parents, fut au contraire une baisse de ce taux. Baisse marginale, puisque cette politique coûte une fortune en postes de professeurs. Avec aujourd'hui environ 22 élèves par classe dans le primaire et 24 élèves par classe au collège, la France se situe parmi les pays comptant les classes les plus nombreuses, le lycée faisant, du fait des nombreuses options, chuter les statistiques avec neuf élèves par professeur en moyenne.

Pour autant, les statistiques montrent que la baisse du nombre d'élèves par classe n'a pas d'effet significatif sur leur niveau. Pourquoi une telle crispation sur le sujet ? Ceux qui fouillent leur mémoire se souviendront, il y a quarante ans, de classes de quarante-cinq élèves où l'on entendait une mouche voler.

Mais c'est que justement on ne veut plus entendre les mouches voler dans les classes, et que, de fait, on ne les y entend plus. Les pédagogies à partir d'ateliers, de petits groupes… impliquent un niveau sonore parfois intenable. Et des jeunes qui n'ont jamais appris à rester silencieux et concentrés.

Au collège, la présence dans les classes d'élèves en très grande difficulté, agités parce que perdus, complique largement les choses. À ces données structurelles, qui expliquent les protestations des enseignants, s'ajoute une dimension plus générale, presque civilisationnelle : la demande pressante des parents que l'on prenne en compte l'individualité de leur enfant. Le modèle proposé à l'école depuis trente ans semble être celui du précepteur : un élève par professeur. Mais cela coûte cher et explique en grande partie le doublement du budget de l'Éducation nationale depuis 1980.

D'autant qu'on uniformise pour ne fâcher personne. Or des lycéens bien formés en amont, encadrés, et habitués à se concentrer, peuvent suivre un cours de mathématiques ou de français à quarante, voire davantage, dans un établissement qui s'y prête et sans que l'enseignement en pâtisse. Et cela permettrait, dans les endroits difficiles, d'opérer une baisse significative qui, là, serait efficace. Mais un tel choix nécessite de s'intéresser aux méthodes d'enseignement autant qu'aux symboles

Excellent article d'Yves de Kerdrel dans Le Figaro

La chronique d'Yves de Kerdrel

Par Yves de Kerdrel

Le Figaro 31/05/2010 | Mise à jour : 19:15 Réaction (2)

Société de confiance versus société d'assistance


Lors d'un récent déjeuner réunissant le corps de l'Inspection des finances, Alain Minc a dit, à ses pairs présents, qu'en tant que «représentants de l'élite du pays» ils avaient le devoir «de propager un message d'optimisme». Cette scène incroyable, où le conseiller du monarque demande aux «fermiers généraux» de répandre des mots doux aux oreilles des citoyens, pour qu'ils cessent de penser à la crise, a quelque chose de surréaliste, sinon de suranné.

Les Français n'attendent pas qu'on leur raconte tous les soirs Alice au pays des merveilles, afin de les endormir. Ils réclament des politiques, un devoir de vérité et d'action. En cela, le travail que mène depuis quelques semaines Éric Woerth, sans se laisser distraire par les bruits de la Cour, est exemplaire. Voilà un ministre qui a pris en mains, dans le sillage de ce qu'a déjà fait, sur les régimes spéciaux, Xavier Bertrand, un dossier ô combien complexe. Il s'est fixé un but et un calendrier. Et il trace son chemin. Il mène sa réforme. Il bouscule les tabous. Bref, il fait le job, comme disent les Américains.

Il a réussi à faire passer dans l'opinion le recul de l'âge de la retraite avec une facilité déconcertante. Et les manifestations syndicales de la semaine passée ressemblaient davantage à un convoi funèbre enterrant les dernières illusions d'archéo-socialistes qu'à un baroud d'honneur. Si tout continue de se passer de cette manière, Éric Woerth pourra dévoiler à la mi-juin les couleurs de sa réforme. Et un mois plus tard la présenter en Conseil des ministres.

Une perte de confiance dans l'État

S'il est important que cette réforme soit menée de manière claire, rapide et courageuse, c'est parce qu'elle peut redonner confiance, primo en l'action politique, secundo en la capacité de la France à se transformer et tertio, parce que c'est tout de même un sujet à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Les socialistes qui sont encore bouleversés à l'idée que Nicolas Sarkozy ait pu ébranler, la semaine passée, la statue de François Mitterrand, pensent toujours que les Français aiment entendre dire «demain on rasera gratis!». Ils croient que c'est par de nouvelles protections et un surcroît d'État-providence que l'on va redonner de l'enthousiasme à une France anxiogène. Ils ressortent de vieilles théories de sociologues américains sur la société du «care» et du «bien-être», pour réinventer un État surpuissant dont la seule tâche sera de redistribuer davantage d'allocations, et donc de ponctionner plus d'impôts. Quel programme enthousiasmant!

Si au lieu d'aller chercher leurs idées dans des théories éculées, ils regardaient la France de ce début 2010, ils verraient que la consommation s'enraye et que l'épargne atteint des niveaux records. Qu'est-ce que cela veut dire? Tout simplement que lorsque l'on a plus confiance dans un État surendetté, et que l'on ignore encore quel type de retraite on aura, il est rationnel de se créer une épargne de précaution. Dès lors que les Français reprendront confiance dans l'action de ceux qu'ils ont élus et dans la solidité de leur pays, alors ils consommeront de nouveau. Ils s'endetteront. Ils feront des projets pour l'avenir. Et il en est de même pour les 2,7 millions de petites et moyennes entreprises qui n'osent plus investir par peur de cette incertitude ambiante.

Un climat de précampagne

Alain Peyrefitte avait montré, dans le sillage du sociologue Max Weber, les liens qui unissent l'économie et la confiance. Pas un mot n'est à changer dans ce qu'il a écrit sur la société de confiance. Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI, donnait il y a quelques jours un exemple précis de cette mécanique vertueuse: «Si les gens prennent leur retraite plus tard, rappelle-t-il comme une évidence, ils ont moins besoin d'épargner et ils peuvent donc consommer un peu plus.» De la même manière s'ils constatent que l'État peut mener une politique sérieuse et rigoureuse en matière de finances publiques, ils arrêteront de s'inquiéter pour l'avenir de leurs enfants. Point n'est besoin de parler d'austérité, ou de promettre «du sang, de la sueur et des larmes», il suffit de suivre les prescriptions du rapport Champsaur-Cotis qui suggère une diminution raisonnée, mais tonique, des dépenses publiques au cours des dix années qui viennent.

À deux ans de la prochaine élection présidentielle, la France semble déjà entrée dans un climat de précampagne. Avec, d'un côté, des socialistes en situation de déni de vérité et, de l'autre, une majorité qui a fort à faire avec la sortie de crise. Le plus important, c'est que dans ce moment crucial, le gouvernement ne cède en rien ni sur son calendrier ni sur sa volonté réformatrice. Ce sont les meilleurs gages que la droite pourra présenter en 2012, «à ce vieux pays recru d'épreuves», comme l'écrivait le général de Gaulle. À ce pays qui mérite davantage une société de confiance, qu'une société d'assistance… et donc d'aliénation.

lundi, mai 31, 2010

La politique bloquée

J'entends souvent :«Nous avons les responsables politiques que nous méritons : nous les élisons… de quoi se plaint-on ?»

Je suis hanté en ce moment par la phrase d'Huntington : «Après avoir inventé la démocratie représentative, les Français ont inventé la démocratie non-représentative».

Mot cruel, mais juste : tous les symptômes et les signes montrent les Français se sentent peu ou pas représentés par leurs élus.

Et la cause en est relativement claire : la bien-pensance, au pouvoir médiatico-politique, censure tout un pan du spectre politique, le conservatisme.

Mis à part Jean-Marie Le Pen, qui est repoussé dans son coin, en partie à cause de ses propres obsessions, on ne nous propose toujours le choix qu'entre un progressiste de droite et un progressiste de gauche. Jamais un conservateur.

Nicolas Sarkozy n'est en rien le représentant d'une «droite décomplexée», cette assertion est un bobard. Au contraire, notre «droite» est plus que jamais soumise au magistère de la gauche, qui, elle, est sans complexes, voire carrément arrogante.

Pour caricaturer, on n'a le choix qu'entre «voulez vous le mariage homosexuel tout de suite ou la semaine prochaine ?» «Voulez vous plus d'immigration ou beaucoup plus d'immigration ?» (1) ...

Jamais on ne nous propose «voulez vous refuser le mariage homosexuel ?» ou «voulez vous arrêter l'immigration ?»

Les racines de ce phénomène sont connues : elle est dans la stratégie d'influence de groupes placés à des points stratégiques.

On voit bien que les politiciens ne recherchent pas l'approbation des Français mais l'approbation des journalistes et des curés de la bien-pensance. C'est pourquoi il est logique que les journalistes soient pris dans le même discrédit que les politiciens.

Or, cette censure du conservatisme, qui provoquerait un malaise en des temps normaux, devient extrêmement dangereuse dans des temps agités comme ceux vers lesquelles nous allons.

Tout d'abord parce que, j'en suis convaincu, le conservatisme est la solution de la plupart de nos maux. Se priver du conservatisme, c'est se priver de la possibilité de résoudre nos problèmes. Ca ne peut que mener à la catastrophe.

Ensuite, même si j'ai tort, même si le conservatisme n'est pas la solution de nos maux, le fait de censurer et de priver de représentants une tendance politique que je soupçonne importante ne peut qu'engendrer la rancœur, la colère ou l'indifférence à la vie politique. Tous sentiments qui augurent mal de l'avenir.

Tant qu'on bavarde, qu'on se bat sur des mots (ah, l'absurde débat sur le «rigueur» qui n'en est pas une), on repousse le moment où il faudrait montrer quelque courage et agir. Et comme nos politicards crèvent de trouille d'aller contre contre la bien-pensance socialiste, corporatiste et immigrationniste, et contre quelques agitateurs colériques, ils continuent à bavasser indéfiniment au lieu d'agir immédiatement. Procrastination, quand tu nous tiens ...

N'oubliez jamais que les pauvres n'ont qu'une chose qu'on ne peut pas leur prendre : leur patrie.

Nier la France, nier ses spécificités, ses coutumes, faire comme si la France était n'importe quel pays et que n'importe quel pays pouvait être la France (c'est ce que sous-entend le discours fallacieux qui réduit la France aux mystérieuses «valeurs républicaines». Si la France n'est qu'une question de valeurs, n'importe quel pays peut les adopter et devenir la France), c'est arracher aux pauvres leur ultime assurance en cas de crise grave. On a connu des politiques plus judicieuses !

La première chose que Clemenceau a dite en arrivant au pouvoir est : «Le pays saura qu'il est défendu». Les Français d'aujourd'hui peuvent à bon droit dire : «Nous savons que le pays n'est pas défendu».

Et pour être bien certaine que le pays ne puisse être défendu, notre intelligentsia a corseté toute velléité d'auto-défense dans des entraves non démocratiques, faites de traités, de normes, chartes, de déclarations solennelles des droits de ceci ou cela, de conseils tartempionnels, de commissions théodulesques, de cours internationales de machin, de supra-choses-bidules, qui ont tous pour point commun de correspondre aux préjugés de la bien-pensance.

Aujourd'hui, pour reprendre mes exemples, le respect des traités nous contraint à terme à accepter le mariage homosexuel et l'invasion migratoire.

A partir de là, on nous joue la comédie fétichiste de l'Etat de droit : «Nous, on voudrait bin, mais on peut point, c'est la faute à lacharte Bidule. Oui, c'est con mais que voulez vous, mon bon monsieur ? Faut respecter l'Etat de droit».

Que peut-on attendre d'autre d'élites dénationalisées, qui vivent dans leur bulle, détachées du peuple ? Nous allons vers le pire : le ressort longtemps comprimé de la frustration qui se détend en des violences sauvages.

Ivan Rioufol propose ce qui me semble une excellente solution (avec des défauts bien sûr) :

Le référendum pour débloquer la société

Mais en sommes nous capables ? Plus précisément : nos politiciens sont-ils capables de se dessaisir d'une partie de leur pouvoir maintenant pour éviter de se faire lyncher demain ? Je ne sais. Je ne compte pas sur leur intelligence, fort limitée (2), plutôt sur leur instinct de survie, qui quelquefois fait des miracles.

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(1) : je rappelle que, sous le gouvernement du «fasciste» Sarkozy, ils entrent en France plus de 200 000 immigrés par an.

(2) : les meilleurs Français, les vrais intelligents, ne font pas de politique, ils partent à l'étranger.

jeudi, mai 27, 2010

Réformes des retraites : tous socialistes !

La vraie solution aux problèmes des retraites, c'est la capitalisation, avec un fond de secours financé par l'impôt.

On sait pourquoi les politiciens ont peur de cette solution : en réduisant le pouvoir de l'Etat, elle réduit les privilèges de ceux qui savent traire leurs concitoyens par l'intermédiaire de la force étatique, à savoir les fonctionnaires et assimilés, dont les politicards eux-mêmes.

Néanmoins, les Français productifs,notamment ceux du privé, ont intérêt à cette solution. Je suis donc étonné qu'aucune offre politique en ce sens n'ait émergé. Cela reste pour moi un mystère qu'aucun politicien n'ait entrepris d'occuper ce terrain. Peut-être la pensée unique socialiste qui règne dans les medias décourage-t-elle ceux qui savent que leurs discours seront déformés, vilipendés, ou, simplement, passés sous silence ?

dimanche, mai 23, 2010

Apéros géants, binge drinking et tutti quanti

Les jeunes ont toujours bu de l'alcool que ce soit pour fêter la quille ou la réussite du concours. Et puis, tout simplement, pour boire.

Car devenir adulte n'est pas facile, alors on boit. Mais un homme qui a été éduqué finit par accepter de ne plus être un enfant.

Seulement voilà, nos enfants ont été éduqués à rester des enfants, alors ils boivent sans fin, sans jamais devenir adultes, ou alors à regret, sans vraiment comprendre ce qui leur arrive, ils boivent comme des rois qui ne se remettent pas d'être tombés de leur trône. Ils ne boivent pas en sachant tout au fond que ce n'est qu'un passage qui finira.

Ils ont la cuite triste, anonyme et moutonnière, celle d'enfants sans caractère d'un monde sans espoir.

Il n'y a aucune fantaisie dans leurs beuveries. Ils ne sont pas Gabin et Belmondo dans un singe en hiver, ce n'est pas à eux que viendrait l'idée de déclamer du Péguy à la statue de Jeanne d'Arc pour entrer en communication avec la Sainte, ils ne connaissent plus Péguy, ou de considérer qu'un bain de minuit en février à Deauville (en venant de Paris beurrés comme petits Lu - il y a prescription), c'est classe, ils croient que les riches et les endroits pour riches, c'est pas «solidaire» et qu'il faut en dire du mal.

Ces jeunes me font pitié, on ne leur a pas appris qu'ils sont mortels, alors ils ne savent pas maîtriser leur peur de la mort, encore moins que les hommes devenus adultes, qui, pourtant, eux aussi ont la trouille. Alors ils boivent, tristes et désespérés, ou alors abrutis, et ils grimacent quelques malheureux sourires.

Le scolaire de la honte

Le scolaire de la honte

De Gaulle : la grandeur et le néant (D. Venner)

Dominique Venner accuse De Gaulle d'être en grande partie responsable de la mort de la France(élites dénationalisées, invasion migratoire, mœurs puériles). La question mérite assurément d'être posée, puisque notre agonie devient visible avec Giscard, soit cinq ans seulement après que De Gaulle eut quitté le pouvoir.

Voyons l'acte d'accusation :

> Dominique Venner est pétainiste. Il considère que l'armistice était inévitable et que le gouvernement de Vichy était légitime.

> la résistance pétainiste au sein de l'armée a fait plus que la résistance gaulliste.

> De Gaulle était un diviseur qui, pour s'imposer, a entretenu un climat de guerre civile par deux fois (aussi à propos des affaires d'Algérie). Et, par deux fois, il a favorisé la gauche pour éliminer ses adversaires de droite. Le reproche principal de Venner est là : De Gaulle a usé de ses immenses talents politiques pour sa grandeur, qu'il confondait abusivement avec celle de la France.

> De Gaulle avait une idée abstraite de la France , «une certaine idée», et méprisait son peuple («les Français sont des veaux»), ce qui a préparé la dénationalisation des élites, toute en mépris du peuple français (n'est pire insulte que populiste). Notons que De Gaulle, en disant à Peyrefitte que la France est «une nation de race blanche et de culture grecque et latine», était mille fois plus concret que les traitres qui nous tympanisent avec les «valeurs de la raie publique» et le «pays des drouâdelôme». En même temps, il accuse De Gaulle d'avoir négliger la force des idées et d'avoir laissé les gauchistes infiltrer la fonction publique et notamment l'éducation, avec les ravages qu'on voit aujourd'hui.

Les deux premières accusations sont controuvées. En revanche les deux dernières méritent examen. Venner est là sur un terrain beaucoup plus solide.

On trouvera étrange que les autres nations européennes, qui n'ont pas eu un De Gaulle, soient touchées des mêmes maux que nous.

mercredi, mai 19, 2010

Retraites : nous crèverons de notre bêtise

La solution, non point parfaite -il n'existe aucune solution parfaite, sauf dans le monde criminel des utopies socialistes-, de nos problèmes de retraite est connue, c'est la capitalisation.

Mais voilà, elle a été diabolisée pour des raisons d'idéologie et de soif de pouvoir inextinguible. En effet, la retraite par répartition offre aux politiciens et aux «partenaires sociaux» (nom politiquement correct des vautours copains-coquins du syndicalisme) un champ sans égal pour le déploiement de leur mégalomanie. Sans compter que spolier les jeunes grâce à la contrainte étatique au profit des vieux soixante-huitards leur garantit de rester au pouvoir.

Les Français ne sont pas dupes des conneries qu'on leur raconte : dès qu'ils le peuvent, ils mettent de l'argent de coté pour leur retraite, une capitalisation décidée spontanément, mais sans les avantages d'un système organisé dans ce but.

Nous nous y prenons si tard que la transition sera douloureuse mais nous aurons au moins l'expérience de la foule de pays qui nous ont précédés pour nous guider. Hélas, un ministre vient encore de déclarer qu'il n'était pas question d'évoquer la capitalisation (1).

Nous crèverons de cette bêtise de refuser un système meilleur parce qu'une oligarchie qui tire avantage du système mauvais existant nous répète des fadaises pour faire durer un peu plus longtemps son gagne-pain.

Car, tout comme l'Euro éclatera, la retraite par répartition disparaîtra (2). C'est inscrit dans la démographie.

L'intelligence aurait consisté à préparer cette transition, comme le Chili, il y a vingt ans. Le simple bon sens consisterait à la faire tout de suite. La bêtise consiste à la repousser encore de dix ans.

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(1) : on le comprend. La capitalisation, ce sont des citoyens responsables. La répartition, ce sont des citoyens-enfants réfugiés dans le giron de l'Etat-mamma qui décide pour eux. Un politicien véreux incline à préférer la solution qui augmente son pouvoir.

(2) : presque : il ne serait pas idiot d'avoir un système minimal de répartition comme filet pour les plus imprévoyants.

mardi, mai 18, 2010

Il faut démonter l'Euro

Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que je suis d'accord avec cet article à une nuance près : l'éclatement de l'Euro arrivera, oui.

Mais ça sera très long et très douloureux car les politiciens qui nous dirigent ont bâti leur carrière sur l'Euro et Bruxelles représente pour eux une retraite dorée en cas de défaite électorale.

Ils (et avec eux, les journalistes qui leur servent la soupe) ont donc tout intérêt à préserver le système qui les a faits rois. Cependant arrivera un moment où la clientèle électorale qui voudra sortir de l'Euro sera telle que des politiciens en feront leur électorat et qu'ils gagneront les élections.

En attendant, nous allons souffrir, beaucoup et longtemps.

A moins que la combinaison funeste de l'invasion migratoire et des tensions économiques crée un mélange explosif qui ouvre la voie à toutes les aventures les plus terribles.

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Il faut démonter l'Euro

Le Figaro 19/05/2010

L'économiste et le président de Philippe Villin Conseil livrent un regard pessimiste sur l'avenir de la monnaie unique.

L'euro se noie. L'euro s'est noyé. C'était prévisible. C'était prévu par beaucoup, et notamment par les auteurs de ces lignes, dès le début des années 1990. Aujourd'hui, ce qui était prévu est arrivé. Au premier choc économique majeur, celui de 2007-2009, les économies nationales dissemblables de la zone, déjà affaiblies par des années d'euro trop cher, ont fortement divergé. Privées de la possibilité de dévaluer et de mener ainsi des politiques monétaires adaptées à leurs particularités, plusieurs d'entre elles ont eu recours à des déficits budgétaires massifs pour amortir les effets de la grande récession. Et ces déficits, dans plusieurs cas, mettent en cause leur solvabilité.

Deux points essentiels sont à retenir dans la crise:

1. Le fonds d'intervention de 750 milliards d'euros - obtenu de haute lutte par Nicolas Sarkozy - ne permet que de faire face au danger immédiat de liquidité, mais n'améliore en rien, sur le fond, la solvabilité des débiteurs.


Bien au contraire, il va aggraver leurs difficultés en accroissant d'abord leur endettement et leurs charges d'intérêts. De plus, les plans d'austérité sévère dans lesquels s'engagent la Grèce, le Portugal et l'Espagne vont aggraver la récession, réduire les recettes fiscales, accroître les demandes d'aides sociales et de transferts, et donc creuser encore davantage les déficits publics. Des politiques déflationnistes appliquées à des économies en récession marquée, c'est la politique de Gribouille. Elle nous enferme toujours davantage dans le «tunnel Trichet», cette stratégie sans issue qui se voudrait irréversible. Elle conduit directement à la mécanique dévastatrice de majoration des dettes par la déflation, l'erreur dramatique qui a transformé la crise boursière en grande dépression dans les années 1930, alors qu'une sortie de l'euro redonnerait à nos économies l'oxygène qui leur manque.

Tout cela pour sauver le dogme de la monnaie unique, raison majeure de la sous-performance de la zone au cours des dernières années, et qui demeurera si celle-ci est maintenue.

2. Mais, de toute façon, l'euro était déjà en voie de décomposition, et cela ne date pas d'aujourd'hui. Il y a eu plusieurs étapes:

Tout d'abord, toutes les promesses de ses concepteurs ont été démenties.

L'euro «fort» (c'est-à-dire cher) était censé favoriser la croissance et l'emploi, contrairement à tous les enseignements de l'économie, mais conformément au credo officiel lors de sa mise en place en 1999. Toute l'évolution qui a suivi a confirmé le bien-fondé de l'analyse économique et l'absurdité de cet argument de propagande. L'euro devait aussi obliger à la convergence les économies nationales et leurs conjonctures jusque-là relativement indépendantes, ou même divergentes, ainsi que leurs rythmes d'inflation. Il n'en a évidemment rien été.

Ainsi, non seulement l'euro fort a pénalisé, à des degrés divers, les exportations de tous ses membres vers les pays tiers, mais, de plus, les divergences irrépressibles des coûts au sein même de la zone ont favorisé les exportations allemandes et laminé toutes les autres.

L'euro devait, par magie pure, constituer un «bouclier» contre les aléas de la conjoncture économique aussi bien que boursière, protégeant l'Europe des à-coups dont les infortunés pays tiers subiraient la rigueur. On a vu!

Il devait aussi parachever l'unification du grand marché européen en déterminant une convergence complète des prix et en instaurant une transparence parfaite pour le consommateur. Et là encore rien de tel ne s'est produit.

Il devait enfin marquer un progrès essentiel de l'intégration politique, mais il est aujourd'hui, à propos des politiques monétaires et budgétaires, un sujet majeur de discorde.

En deuxième lieu, l'euro est déjà entré en déliquescence parce que les conditions initiales restrictives du traité de Maastricht, qui étaient censées assurer son bon fonctionnement, ont été passées par pertes et profits: le pacte de stabilité et de croissance limitait strictement l'importance des déficits publics que les gouvernements nationaux étaient autorisés à pratiquer. Il est mort aujourd'hui. Et si ces principes ont été jetés aux orties c'est bien parce qu'ils étaient totalement irréalistes.

Il était aussi prévu que la Banque centrale européenne (BCE) n'interviendrait jamais pour refinancer un gouvernement national en difficulté. Elle rachète aujourd'hui les obligations grecques des banques pour leur éviter des pertes, qui ne résultent pourtant que de leurs seules décisions, et pour contribuer ainsi à refinancer la Grèce.

Quant à la sacro-sainte indépendance de la BCE à l'égard des pouvoirs politiques, on vient de voir que le principe en est aboli. Les dirigeants politiques lui ont dicté leur loi.

Les investisseurs internationaux ont tiré les conséquences découlant des perspectives déflationnistes que ces politiques accréditent, en révisant à la baisse les valeurs des actions des entreprises de la zone, ainsi que celle de l'euro. Ce dernier va continuer à baisser, et c'est une bonne nouvelle pour les économies européennes dont la compétitivité est en partie restaurée par la dévaluation monétaire, de façon très classique, sans malheureusement tenir compte de la situation spécifique de chaque pays comme pourrait le faire un ensemble de dévaluations différenciées.

3. Que faire?


L'euro tel qu'il a été conçu est mort, submergé sous le poids des déséquilibres qu'il engendre. Sa remise à flot est impossible. «Coordonner les politiques budgétaires» en Euroland signifie revenir en plus strict au pacte de stabilité qui, limitant étroitement les déficits budgétaires nationaux, supprime le seul amortisseur de conjoncture disponible et laisse les économies nationales à la merci de tous les cahots de conjoncture, ce qui est socialement inacceptable et ne réglera rien. C'est une fausse fenêtre ou un trompe-l'œil pour les naïfs. C'est pourtant l'exigence allemande immédiate, qui fait fi de l'intérêt de ses partenaires.

L'euro ne pourrait éventuellement subsister qu'en tant que monnaie d'une fédération levant une part majeure de l'impôt dans la zone, et qui compenserait conjoncturellement et structurellement les pays économiquement les plus affaiblis par cette monnaie unique. Dans l'actuel Euroland, les pays du sud, y compris la France, risqueraient alors de constituer progressivement un vaste «mezzogiorno» de l'Europe, ou l'équivalent, à beaucoup plus grande échelle, de ce que sont pour la France les régions assistées de l'outre-mer.

Mais instituer une Europe véritablement fédérale suppose nécessairement un vote des électeurs de chaque pays concerné. On ne saurait concéder en catimini à la Commission un examen a priori des budgets des États, soustrayant du même coup leurs politiques au processus démocratique. La fuite en avant vers le fédéralisme suppose de définir un périmètre, un projet, et d'organiser une ratification démocratique. Or on peut aisément imaginer l'issue d'un tel vote, au vu des réactions allemandes devant toute aide à la Grèce.

En réalité, la seule voie possible, c'est de mettre à profit l'accalmie temporaire, et fragile, que les 750 milliards de prêts virtuels ont permis d'obtenir, et que la poursuite de la baisse de l'euro vis-à-vis du dollar peut conforter, pour organiser une restructuration - c'est-à-dire un défaut partiel - de la dette des pays les moins solvables et le démontage de l'euro de manière organisée.

Dans la politique actuelle, toute la charge de l'aide financière à ces économies repose sur les contribuables des pays qui fournissent l'aide, et sur les sacrifices difficilement tolérables que doivent supporter les salariés des pays insolvables eux-mêmes. Il faut négocier un partage plus équitable entre pays surendettés, pays prêteurs et banques qui ont souscrit des montants déraisonnables de dettes de qualité douteuse émises par des pays aujourd'hui insolvables.

Ce partage assuré, et la faillite partielle étant convenablement gérée, la Grèce pourrait donner le signal de la sortie de l'euro sans catastrophe et dans un certain calme plutôt que dans l'affolement ou la débâcle. Plusieurs pays de la zone, instruits par l'expérience puisqu'ils n'ont pas voulu l'être par la raison économique initiale, devraient alors saisir cette opportunité de retrouver leurs marges de manœuvre monétaire et budgétaire, et de ce fait la voie de la compétitivité et de la croissance, grâce à la dévaluation et à l'étalement dans le temps de la dette, des efforts et des réformes.

Cela ne réclame de nos responsables qu'un peu de modestie et de bon sens. Est-ce vraiment trop demander? L'arrogance et l'obstination de ceux qui nous ont conduits sur la voie du désastre doivent céder devant l'acceptation des réalités. Errare humanum, perseverare diabolicum.

La démocratie à la française : le conseil d'Etat a imposé l'immigrationnisme

Eric Zemmour : "Le Conseil d'Etat a toujours gagné sa guérilla juridique face au politique"

dimanche, mai 16, 2010

Cécile Duflot est une connasse

C'est décidément la journée des connasses.

Je ne connaissais pas Cécile Duflot car je savais ce que j'allais y trouver si je m'y intéressais. Ca n'a pas raté : je viens de regarder On n'est pas couché. Elle est bien aussi conne que je le soupçonnais.

Elle a du bagou a en dégouter d'avoir des oreilles, c'est une bavasseuse comme tous les politiciens d'aujourd'hui. Et après ? Rien. Le vide, le creux, le néant.

Clotilde Reiss libérée : une Bisounours de retour à Bisounoursland (qu'elle n'aurait jamais du quitter)

Quand on est Bisounours, on ne sort pas de Bisounoursland, on ne s'aventure pas dans le vrai monde, c'est trop dangereux et on n'est pas éduqué pour affronter le danger. On reste entre Bisounours à se caresser la fourrure.

Je suis sûr, que cons comme on est, on va fêter le retour de Clotilde Reiss au lieu de l'engueuler et de lui faire baver des ronds de chapeau. Car elle a quand même fait très fort : confondre l'Iran avec le pays de Candie, pour une prétendue spécialiste, cela montre une imbécillité peu ordinaire (malgré les extraordinaires progrès qu'on fait quotidiennement dans ce domaine, c'est bien le seul où l'on progresse).

C'est comme l'autre connasse, non contente de partir se balader de façon totalement irresponsable dans une région infestée de pirates, avec des gosses en plus, elle a le toupet de se plaindre que son crétin de mari s'est pris une balle mortelle lors des opérations de libération. Et il n'y a personne au gouvernement pour l'envoyer paitre comme elle le mérite.

Bref, tout ça, c'est bien beau, mais ça fait tout même une conne de plus en France. Ce n'est pas une bonne nouvelle.

samedi, mai 15, 2010

Know thyself

Know Thyself

Rather than pointing fingers, Greek citizens should look in the mirror.
7 May 2010

In normal circumstances, people in Britain would have viewed the riots in Athens with a certain disdainful amusement: those excitable Mediterraneans at it again! What else can you expect, really? But thanks to Prime Minister Gordon Brown, Britain is now the Greece of the North Sea; he has turned the healthiest public finances in Europe into the sickest, with a budget deficit as large as Greece’s (and soon to be much larger) and a public debt that will before long exceed 100 percent of GDP. So when we look at what is happening in Athens, we have the eerie sensation that this might be London a few weeks or months hence. We have seen our future, and it riots.

In fact, Greece is only a particularly acute or virulent case of the sickness that afflicts much of the Western world. Greece’s overall debt is higher, no doubt, and its deficit larger, than those of other countries, but the difference is one of degree, not of kind. Like most of the rest of us, the Greeks have been living beyond their means.

When the crowd tried to storm the Greek parliament, shouting, “Thieves! Thieves!,” its anger was misdirected. It was a classic case of what Freudians call projection: the attribution to others of one’s own faults. It is true that the Greek politicians are much to blame for the current situation, and no doubt many of them are thieves; but their real crime was not stealing, but offering a substantial proportion of the Greek population a standard of living that was economically unjustified, maintained for a time by borrowing, and in the long run unsustainable, in return for votes. The crime of that substantial proportion of the Greek population was to accept the bribe that the politicians offered; they were only too prepared to live well at someone else’s expense. The thieves were not principally the politicians, but the demonstrators.

Such popular dishonesty is by no means confined to Greece. In varying degrees, most countries in the West have displayed it, Britain above all. It is perhaps an inherent problem wherever the universal franchise is unaccompanied by widespread virtues such as honesty, self-control, providence, prudence, and self-respect. Greece is therefore a cradle not only of democracy, but of democratic corruption.

The Greek demonstrators did not understand, or did not want to understand, that if there were justice in the world, many people, including themselves, would be worse rather than better off, and that a reduction in their salaries and perquisites was not only economically necessary but just. They had never really earned their wages in the first place; politicians borrowed the money and then dispensed largesse, like monarchs throwing coins to the multitudes.

It is an obvious but often forgotten lesson of economics: what cannot continue will not continue.

Theodore Dalrymple, a physician, is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute. His most recent book is The New Vichy Syndrome.

A propos des apéros géants

La jeunesse boit, en attendant mieux, ou pire

Les apéros géants ne me gênent pas. En revanche, ce qui me met très mal à l'aise, c'est encore une fois la manifestation de l'instinct grégaire de notre jeunesse. Les pédagogistes ont eu bien raison de détruire toute culture scolaire : on se retrouve avec une foule de petits cons manipulables à souhait. Comme l'écrit Dalrymple, le monde moderne, c'est l'individualisme sans l'individualité.

Nous sommes vraiment à la merci d'un dictateur un peu habile (une femme ?) qui saura tirer profit de ces jeunes.

Marc de Scitivaux chez Lupus

Marc de Scitivaux chez Lupus

Marc de Scitivaux, comme toujours excellent.

Cette crise a au moins une vertu : elle permet de distinguer les bons économistes, qui font des prévisions justes, des autres.

vendredi, mai 14, 2010

Le retour du Général (Benoit Duteurtre)

Délicieux (comme toujours) roman de Benoit Duteurtre.

Suite à une sombre histoire de mayonnaise industrielle imposée par « Bruxelles », le général De Gaulle revient au pouvoir, âgé de cent vingt ans, pour sauver les œufs mayonnaise à la française. Il chasse les fossoyeurs, dont Sarkozy, et fait du gaullisme.

Evidemment, il dérange tout le monde, à commencer, bien sûr, par les gaullistes auto-proclamés (Chirac et Sarkozy sont habillés pour l'hiver).

Je ne vous en raconte pas plus.

Comme le remarque Brighelli, il y a une parenté baroque avec Mélancolie française d'Eric Zemmour.

Finalement, du fait de la légèreté de ce livre, on ressent peut-être encore plus profondément la perte de la France, assassinée au profit d'une république métissée, diverse, solidaire, ouverte, spontanée, repentante, anti-colonialiste, écologiste, festive, concernée, apatride, déracinée, inhumaine, irréelle, inculte, barbare, stérile et sans intérêt.

Duteurtre est toujours aussi charmant.

Amelia (B. Marck)

Bernard Marck est spécialisé dans la biographie d'aviateurs.

Il semble que, pour celle que certains considèrent comme la plus grande aviatrice (pour ma part, je ne m'aventurerais pas à ce jugement), il ait eu quelques difficultés. Amelia Earhart manque d'aspérités à force de perfection (sauf dans les vertus familiales). Peut-être aussi que ce livre de commande, programmé pour sortir en même temps que le film, n'inspirait pas l'auteur.

Amelia Earhart avait d'éminentes qualités, flair, persévérance, intelligence, mais il semble qu'il lui a manqué le soin maniaque de Lindbergh, et peut-être un peu de chance, pour survivre. Lindbergh avait ce supplément d'âme qui fait de lui un pilote de génie. Amelia était juste excellente.

Lindbergh et Earhart avaient aussi en commun des enfances chaotiques. Peut-être n'est-ce pas un hasard : il faut en avoir un grain, avoir une revanche à prendre, pour se livrer au sport de combat qu'était l'aviation de records des pionniers.

Marck se perd sur la fin, qui occupe un tiers du livre, à propos de la disparition de l'héroïne.

Deux hypothèses sont en concurrence :

> l'hypothèse «officielle» : l'aviatrice et son navigateur se sont perdus et sont tombés en mer.

> l'hypothèse de Goerner : volontairement(à des fins d'espionnage) ou involontairement, le Lockheed Electra est passé à proximité d'une base secrète japonaise et a été forcé d'y atterrir. Les aviateurs y seraient morts discrètement, exécutés ou de maladie.

Même si la seconde hypothèse a de sérieux indices en sa faveur, aucune des deux n'emportent la conviction.

Ce mystère continue de passionner certains.


Il est dommage que cette aviatrice remarquable soit essentiellement remémorée pour sa mort.

Papophobie : rigolons avec les abonnés du Monde

Lire les commentaires des abonnés du Monde est source de grande poilade. Mais dès que le pape est mis en cause, c'est le délire (vous connaissez mon explication psychnalytique).

Je vous ai fait un petit florilège :

L'avortement est un problème féminin, je ne vois pas ce que les hommes ont à décider dans cette affaire. Surtout des religieux...

Transposons : la pédophilie des prêtres est un problème pastoral, je ne vois pas ce que les non-catholiques ont à décider dans cette affaire. Surtout des athées...

Il est urgent de légaliser le mariage des prêtres.


C'est vrai ça, quelle urgence !

Le défi le plus dangereux, c'est sûrement la surpopulation humaine ! La bêtise absolue de l'Eglise catholique et des fanatiques de tous poils de toutes croyances qui veulent accroître leur cheptel de brebis crédules nous fait aller droit dans le mur.

Et la bêtise absolue des lecteurs du Monde et des fanatiques de tous poils de toutes croyances qui veulent accroître leur cheptel de brebis crédules et qui nous fait aller droit dans le mur ?

Le défi le plus dangereux, c'est la religion, et plus précisément la religion catholique.

Précisons encore : catholique romaine ayant son siège au Vatican et Benoît XVI comme pape. En revanche, la religion à barbus dynamiteurs, aucun danger.

Je suis catholique et affligé par tant de haine. De plus en plus souvent, j'ai du mal à reconnaitre mon Eglise dans ce Pape tellement éloigné du message d'amour et de tolérance du Christ. Les vrais chrétiens ont d'après moi d'autres "défis" à relever aujourd'hui: lutte contre la pauvreté, la misère et l'intolérance ; accueil des autres, de tous les autres. Vive les futurs mariés portugais, et qu'ils reçoivent les amitiés d'un hétérosexuel catholique qui se réjouit pour ses frères gays.


Encore un catholique français qui a confondu l'église du village avec la section locale du parti socialiste de Bisounoursland et Jésus avec Vincent Mc Doom.

jeudi, mai 13, 2010

L'Europe persévère dans l'erreur

L'Europe persévère dans l'erreur. Ce qui, comme vous le savez, est diabolique. Il ne faut pas plus de supra-nationalité, plus de fédéralisme, plus d'Europe. L'Europe n'est pas la solution, c'est le problème.

L'Europe n'existe pas, il n'y a que les nations qui existent. L'européisme est une construction idéologique qui suppose une haine de soi, une haine de son pays et le refus des réalités. Les commentaires des lecteurs des journaux gauchistes, plus naïfs et plus francs que les journalistes professionnels et les politiciens, sont tout à fait édifiants sur ce point : se dire «européen», en réalité européiste, c'est d'abord refuser d'être français, allemand, etc.

C'est en vertu de ce principe idéologique de refus de la réalité que les européistes ont méthodiquement entrepris de nier la réalité la plus gênante : les peuples. On les a réduits au silence en les baillonnant dans des traités, des chartes et des analyses constitutionnelles (1).

La manœuvre des européistes est très claire : ils espèrent qu'à force de nier, de dénigrer, de vilipender, d'emprisonner le sentiment national, de l'empêcher de s'exprimer, de ne le laisser vivre que pour des choses ridicules (le béret et la baguette), on finira par le faire disparaître des têtes. Evidemment, cette stratégie a une chance en Europe qu'elle n'a nulle part ailleurs : la culpabilisation du nationalisme à cause des guerres mondiales.

Seulement voilà : l'Euro pourrait bien être l'arme du suicide de cette Europe là. Les européistes, ces salopiauds, ont voulu créer un fait accompli irréversible, en faisant bien attention à ne pas prévoir un mécanisme de sortie de l'Euro.

Mais l'économie est impitoyable, elle est prosaïque. Les discours, les idéologies, elle s'en fiche. Un sou est un sou. S'être aventuré sur ce terrain où leurs mensonges ont du mal à prendre pourrait bien être la plus grosse bourde des européistes.

Tant que les Allemands ne se sentiront pas solidaires des Grecs, l'Euro est condamné à l'éclatement. Or, si mon analyse (les nations existent, pas l'Europe) est juste, les Allemands ne se sentiront jamais solidaires des Grecs, l'Euro éclatera. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais il éclatera.

Et cela restera un des crimes des européistes de ne pas avoir prévu ce mécanisme d'éclatement, le rendant d'autant plus douloureux et chaotique.

**************
(1) croyez vous que, si il avait été consulté, le peuple français aurait été de l'avis du conseil constitutionnel, que les traités européens sont supérieurs en droit aux lois françaises ?

mercredi, mai 12, 2010

Vive Bruxelles !

Ce n'est pas souvent que je félicite la bureaucratie bruxelloise, mais, pour le coup, en proposant de mettre sous tutelle les budgets nationaux, elle est parfaitement logique :

> soit on a une monnaie unique et il faut qu'une instance supra-nationale surveille les budgets des différents pays.

> soit on refuse cette surveillance, mais alors il faut abandonner la monnaie unique.

N'oublions pas que ceux qui, à force de propagande, nous ont imposé l'Euro sont les héritiers de gens détestant les nations, fauteuses à leurs yeux de toutes les guerres, et rêvant de faire de l'Europe une fédération de régions, les nations étant détruites par la machinerie européiste.

La proposition bruxelloise est dans cette lignée. Ce n'est qu'une étape de plus de cette stratégie de long terme.

A l'inverse, je pense que la destruction des nations est profondément nocive, qu'elle fait des citoyens des déracinés et qu'elle prépare le chaos. C'est pourquoi je suis pour un abandon ordonnée de l'Euro. Je préfère que la France ressemble à la Suisse qu'à la Belgique.

Mais il faut choisir : ceux qui s'insurgent contre la proposition bruxelloise tout en se déclarant partisans de l'Euro sont des idiots ou des menteurs.

mardi, mai 11, 2010

Frankenchet et ses copains en action

Deux solutions :

> d'un coté, la solution que nous appellerons nordique : réduction des déficits et des dettes publics grâce au travail et à des mesures intelligentes de transformation de l'Etat.

> de l'autre, la solution que nous appellerons sudiste : faire marcher la planche à billets, générer de l'inflation, bouffer l'épargne et l'investissement. Mais, gros avantage, ça ne demande aucun effort, ni physique ni intellectuel.

Bien sûr, résultat de cette brillante politique, les pays du sud restent, suivant le mot de de Gaulle, des «pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.»

Mais De Gaulle, ce con, essayait de faire atteindre à la France la haute ambition qu'il avait pour elle. Les vrais intelligents, qui ont fait les grandes écoles, comme Juppé, Rocard, Sarkozy ou Aubry, ont une technique bien plus rusée : ils abaissent leur ambition pour la France jusqu'à la rendre accessible à sa médiocrité. En fait, ils l'abaissent tellement qu'elle devient une ambition pour eux-mêmes : rouler avec chauffeur et vivre dans des palais de l'Ancien Régime. Une ambition à la taille des nains qu'ils sont.

Et alors, que croyez vous que Trichet et sa bande ont choisi pour l'Euroland ? Hé oui, la monétisation des dettes publiques, autrement dit, la solution sudiste.

Les Allemands doivent se sentir bien seuls.

lundi, mai 10, 2010

Plan de 750 Mds € «pour sauver l'Euro» : nous boirons le calice jusqu'à la lie

«More of the same». Les dettes publiques mettent nos économies à genoux ? Le remède ? Creuser encore plus les dettes publiques !

Nous savons que «too big to fail» n'existe pas. Alors à quoi ça sert de creuser la bulle de dettes européennes si ce n'est à rendre la catastrophe de l'éclatement de l'Euro encore plus terrible ?

Nous vivons dans un monde fou, ou plutôt, avec des politiciens fous.

CPEPF

samedi, mai 08, 2010

Les mots du Diable : austérité, rigueur

Il est navrant, affligeant, de voir le gouvernement se défendre de faire une politique de rigueur.

C'est vrai : dans le monde des réalités, il ne fait pas une politique de rigueur, tout juste une politique très légèrement moins irresponsable. Mais tout de même, dans le monde irréel du microcosme politico-médiatique français, c'est ce qui se rapproche le plus de la rigueur. Alors pourquoi ne pas l'assumer ?

Je suis navré que «rigueur», un beau mot, soit ainsi calomnié.

Quand on a peur des mots, c'est vraiment qu'on n'a plus de courage, peut-être même qu'on n'en a jamais eu. Et pourtant, il va en falloir pour affronter les épreuves qui viennent.

CPEPF (Ce Pays Est Presque Foutu).

Le secret des jours (P. de Saint Robert)

Je découvre avec beaucoup de plaisir ce livre quinze ans après sa sortie.

P. de Saint Robert y dresse un bilan de la Vème République après Pompidou. C'est féroce pour nos politiciens et, hélas, juste. Giscard, Chirac et Mitterrand sont ramenés à leur juste taille, petite, minuscule.

P. de Saint Robert fait l'erreur fondamentale de renvoyer dos à dos libéralisme et conservatisme pour leur préférer le «gaullisme de gauche», qui n'existe pas. Le gaullisme est au contraire un judicieux mélange de conservatisme et de libéralisme, au sens ancien du terme.

Comme il a un talent pour choisir ses citations, en voici quelques unes :

Abel Bonnard :«La faiblesse d'âme de tant d'hommes qui ont paradé parmi les événements au lieu d'agir sur eux est d'autant plus facile à spécifier qu'il s'agit, comme bien on pense, d'une faiblesse française, c'est-à-dire fardée, pomponnée,attifée de mille raisons, d'une faiblesse à panache.»

Alain Juppé : «De Gaulle était très bien , mais tout de même, il n'avait pas fait les grandes écoles.»

Philippe de Saint-Robert : «Dans le principe, les constitutions sont au dessus du législateur comme Dieu était au dessus des rois. Mais aucun système n'est à l'abri de la faiblesse ou de la trahisons des hommes. C'est pourquoi il ne faut, comme l'avait si fortement établi Simone Weil, idolâtrer aucun système social. Un jour, François Mitterrand a prononcé une phrase bien étrange lorsqu'il a mis en garde contre "la force injuste de la loi". [...] Ce jour-là, le Président a insinué que les démocraties n'étaient pas à l'abri des mêmes excès [que les régimes dictatoriaux usant de lois injustes] et que le rôle arbitral qu'il incarnait pouvait se situer au-delà de tels dilemmes. Malheureusement, le jour où il a dit cela, ce n'était probablement que pour couvrir une filouterie. Le moyen d'en sortir ? Mais pourquoi en sortir ? L'impossible est toujours possible, mais ce qui le caractérise, c'est qu'il n'arrive pas.»

Philippe de Saint-Robert : «En 1970, la France était un pays libre, indépendant, encore prospère, respecté malgré la commotion soixante huitarde. On avait dit et redit qu'elle n'avait pas les moyens de sa politique. Cet argument est fallacieux car on n'a jamais les moyens de faire tout ce qu'on voudrait faire, et c'est sans doute tant mieux ainsi, car le vouloir comme le rêve seraient fous s'ils n'avaient leurs limites. [...] Mais dans ces milieux qui font ou qui imitent l'opinion, on ne croyait pas à des choses aussi simples : choisir, vouloir, assumer, mais plutôt à des exercices très compliqués : nommer, gérer, normaliser. Ils disent tous -c'est le slogan à la mode- qu'il ne faut pas être frileux, mais ils sont déjà morts de peur ou de froid à chaque fois qu'il leur paraît que la France pourrait être "isolé" dès lors qu'elle se ferait un devoir de ne pas s'aligner sur la folie du moment, de ne pas céder aux intérêts exclusifs d'une puissance dominante.»

Henri Hude : «Le progressisme est le degré zéro de la liberté. C'est une conception pitoyablement superficielle de la liberté humaine. C'est un rejet irrationnel, adolescent, puéril même, de la normativité, contraire à toute observation attentive et à toute réflexion sérieuse, misérable bavardage arrogant, inconscient de n'être que la réinstitution d'une normativité d'autant plus tyrannique qu'elle est plus occulte et plus perverse, et d'autant plus nocive qu'elle justifie n'importe quoi, établit une société sans droit et débouche sur le fascisme. Le progressisme, c'est le degré zéro de la liberté. Appelons les choses par leur nom. Ce degré zéro de la liberté, ce n'est rien d'autre que le pouvoir de ne pas être juste. C'est, pour commencer, la liberté de na pas satisfaire aux obligations qui nous incombent au titre de la nécessaire conservation à court terme d'une société riche et en sécurité, et de se délier résolument de toute obligation relative à ses intérêts à moyen et à long terme (les intérêts de la génération montante ou ceux de nos cadets). C'est encore la faculté de faire, sans avoir à craindre une coercition ou un remords, tout le mal qui n'est pas strictement incompatible avec une conception toute matérielle, matérialiste, à court terme et à courte vue, de l'ordre public. Le progressisme, en prétendant n'imposer aucune normativité (ce qui est pure faribole), se permet aussitôt de détruire ses adversaires, alors que c'est lui qui est le plus moralisateur de tous les autoritarismes et le plus fanatique de tous les dogmatismes, parce qu'il est le plus fourbe et le seul à se refuser au débat loyal, auquel il substitue la manipulation. Aussi n'a-t-il pas à faire l'effort de de réfuter ses adversaires. Il lui suffit le les mettre en accusation[écrit vingt ans avant l'"affaire Zemmour" et la chasse permanente aux "dérapages" !]»

Chateaubriand [époustouflante prescience de 1834] : «Quelle sera la société nouvelle ? Je l'ignore. Ses lois me sont inconnues. Je ne la comprends pas plus que les anciens ne comprenaient la société sans esclaves produite par le christianisme. Comment les fortunes se nivelleront-elles, comment le salaire se balancera-t-il avec le travail, comment la femme parviendra-t-elle à l'émancipation légale ? Je n'en sais rien. Jusqu'à présent, la société a progressé par agrégation, par famille. Quel aspect offrira-t-elle lorsqu'elle ne sera plus qu'individuelle ainsi qu'on la voit déjà se former aux Etats-Unis ? Vraisemblablement, l'espèce humaine s'agrandira mais il est à craindre que l'homme ne diminue, que quelques facultés éminentes du génie ne se perdent, que l'imagination, la poésie, les arts, ne meurent dans les trous d'une société-ruche où chaque individu ne sera plus qu'une abeille, une roue dans une machine, un atome dans la matière organisée. Si la religion chrétienne s'éteignait, on arriverait par la liberté à la pétrification sociale où la Chine est arrivée par l'esclavage.»

vendredi, mai 07, 2010

L'impardonnable défaite (C. Quetel)

Un des moins mauvais livres qui s'intéressent aux causes françaises de la défaite de 1940. C'est normal, il cite dans sa bibliographie des livres de François Delpla, il ne néglige pas complètement l'habileté hitlérienne.

Le mystère n'est pas la défaite militaire, tant il faut à la guerre jeter de choses au hasard, comme disait Henri IV, mais l'armistice. Car il appartenait aux politiciens d'ouvrir le champ des possibles.

jeudi, mai 06, 2010

Peut on dire «merde» aux marchés ?

J'entends les conneries habituelles sur la dictature des marchés et qu'il suffirait de leur dire merde pour claquer autant d'argent public que l'on veut.

Le mot «marchés» est un mot trompeur car trop vague. Nous ne sommes pas soumis à la contrainte des marchés, mais à celle des prêteurs.

Pour faire fonctionner l'Etat, du fait qu'il dépense plus qu'il gagne, le gouvernement français a besoin d'emprunter (surpris ? L'argent public ne sort pas d'un puits miraculeux). Il doit donc séduire les prêteurs car ils ne sont pas obligés de nous prêter (c'est la différence entre le prêt et l'impot, l'impot est obligatoire, pas le prêt). Un point, c'est tout.

Maintenant, on peut toujours «dire merde aux marchés». Simplement, il n'y aura plus d'argent à la fin du mois pour payer les fonctionnaires. Est-ce vraiment ce que veulent ceux qui nous conseillent de dire merde aux marchés ?

Si nous sommes soumis aux prêteurs, c'est entièrement de notre faute. Il y a un moyen de simplissime de se délivrer de cette soumission : réduire les déficits publics. C'est possible, le Canada, la Suisse, l'Australie, la Suède, la Nouvelle-Zélande, l'Allemagne, la Pologne, la Lettonie l'ont fait.

Bien sûr, nous choisirons une autre voie que celle de l'effort justement réparti : la spoliation des épargnants et des actifs, par le pillage de l'assurance-vie et par l'augmentation des impots sur le travail, permettra de ne pas demander trop d'efforts à ces nouveaux privilégiés que sont les retraités et les fonctionnaires (et assimilés).

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

mercredi, mai 05, 2010

Les Etats providence survivront ils à la mondialisation ?

Les Etats providence survivront ils à la mondialisation ?

Marc de Scitivaux posait cette question en 1998 et y répondait par la négative. Nous y sommes.

A noter Francis Mer, disant que les jeunes pourraient en venir à rejeter la démocratie qui les spolie au profit des vieux.

Pour l'anecdote, vous noterez aussi que Michel Rocard, une fois de plus, se trompe. Evidemment, de quelqu'un qui se glorifie d'être l'inventeur de la CSG, on peut tout attendre en matière de connerie.

mardi, mai 04, 2010

Un homme à femmes est-il un polygame ?

De nombreux abonnés du Journal Le Monde arguent qu'avoir des maitresses, comme François Mitterrand, ou avoir plusieurs épouses, c'est la même chose et que, en conséquence, la polygamie est tout à fait admissible en France et n'est pas une raison suffisante pour dire de quelqu'un qu'il n'est pas intégré.

Bien sûr, ce raisonnement est totalement idiot : allez donc expliquer à votre épouse qu'elle n'est pas plus qu'une maitresse, vous risquez d'entendre parler du pays.

Mais, hélas, il ne témoigne pas seulement de la bêtise, profonde, crasse, indécrottable, de ceux qui le tiennent, nous sommes habitués. Plus rien ne nous surprend quand il s'agit pour les progressistes d'ignorer les bases de la vie en société et de la nature humaine.

Il est aussi le symptôme d'une grande lâcheté. Car, comme d'habitude, il s'agit de ne pas froisser les islamistes à sensibilité de rosière. Brocarder la polygamie des mormons, on peut. Critiquer la polygamie des musulmans, on se l'interdit, on minimise, on détourne le regard. On ment, on trouve des arguments fallacieux, on se perd en discutailleries hypocrites.

Comme South Park, on se couche. Les bien-pensants sont des rebelles contre ce qui ne peut pas mordre, l'Eglise par exemple, mais dès qu'il faut avoir un peu de tripes, c'est autre chose. On intériorise la censure, on s'enorgueillit même de l'auto-censure sous le nom usurpé de tolérance.

Les cons ! Ils préfèrent le déshonneur à la guerre, ils auront les deux.

lundi, mai 03, 2010

Un paradoxe français : les antiracistes dans la Collaboration, les antisémites dans la Résistance (S. Epstein)

Comme l'auteur le prévoit lui-même dans son avant-propos, ce livre ne risque pas de rencontrer le succès commercial, il dérange trop.

L'antiracisme est devenu le «communisme du XXIème siècle» (Finkielkraut), le combat du Bien contre le Mal. Il ne s'embarrasse pas de scrupules et surtout pas des faits. Et il refuse à tout prix d'être remis en cause dans sa vision manichéenne du monde, qui est sa substance même.

L'antiracisme d'après-guerre ne se sent pas pisser, il croit qu'il a tout inventé, que si les nazis ont pu massacrer des juifs, c'est parce que personne n'avait pensé avant Harlem Désir à combattre le racisme. Avant la «génération Mitterrand», pas de sentiment, pas de courage et pas d'intelligence.

C'est d'une vanité risible et bien entendu totalement faux : l'actuelle LICRA a été créée dans l'entre-deux-guerres. La réalité est plus désespérante que les fadaises pour lycéens décérébrés de «Touche pas à mon pote». Il y a bien eu un antiracisme, mais il a échoué à protéger les juifs. Pire encore que cela : beaucoup d'antiracistes sont devenus collaborateurs. Ce n'est pas hélas un phénomène négligeable qui ne toucherait que quelques individus.

Simon Epstein dresse un annuaire de ces convertis assez impressionnant (1), au point que le taire est déjà un aveu de malaise. Les raisons de ces conversions ne sont pas toujours faciles à cerner, mais on peut dégager trois causes principales entremêlées : le gauchisme, séduit par le coté social et révolutionnaire du nazisme et du pétainisme, le pacifisme (Giono :«Mieux vaut être Allemand vivant que Français mort») et enfin l'air du temps, la mode change, les girouettes tournent.

Logiquement, Simon Epstein en est venu à étudier le phénomène inverse, les résistants antisémites. Il est exagéré de dire que la France libre de 1940 était un repaire de cagoulards, mais, tout de même, ce n'était pas un congrès de la SFIO. Les raisons en sont assez symétriques à celles de leurs adversaires : le conservatisme, le patriotisme, et aussi un certain goût de la rebellion (2).

Simon Epstein fait un sort particulier à François Mitterrand, qui a réussi l'exploit de cumuler au cours de sa vie toutes ces catégories.

Je suis sorti de cette lecture conforté dans mon opinion pascalienne : qui veut faire l'ange fait la bête. Vouloir sauver la France, c'est un but bien assez grand. Quand on commence à raconter qu'on veut sauver l'humanité ou la planète, méfiance.

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(1) : Simon Epstein s'est intéressé aux antiracistes devenus collabos et aux antisémites devenus résistants. C'est volontairement qu'il a ignoré les antiracistes devenus résistants et les antisémites devenus collabos.

(2) : la vraie, pas la rebellitude actuelle qui est conformiste jusqu'à la caricature.

Comment sauver l'Euro ?

Précisons dès l'abord. Je considère que :

> l'Euro va éclater dans une dizaine d'années.

> que nous n'aurions jamais du faire l'Euro. Comme toute la construction bureaucratique européenne, c'est un voeu pieux (1). Bien loin d'être la traduction institutionnel de réalités politique, la monnaie unique a été conçue comme un moyen de violer les nations et de forcer la amin des peuples.

Si l'Euro devait éclater comme par enchantement, je m'en réjouirais. Hélas, il n'éclatera pas par enchantement, il éclatera à grande douleur. C'est pourquoi je me demande ce qu'il faudrait faire pour préserver l'Euro.

Je ne vois qu'une solution sûre : le courage d'affronter la vérité.

Depuis trois ans, nous affrontons des événements qu'on nous présentait la veille comme «impossibles», sortis du cerveau enfiévré de quelque Cassandre, qui faisaient ricaner nos maitres à penser. Le résultat est simple : nos gouvernants ont constamment eu un temps de retard. Cela rappelle le «trop peu, trop tard», des débuts de la deuxième guerre mondiale.

Pour avoir un temps d'avance sur l'événement, il faut envisager le pire. Plutôt que de répéter comme des perroquets que l'Euro ne peut pas éclater, nos politiciens feraient mieux de prendre le problème à bras-le-corps et d'en informer les peuples : d'accord, l'Euro peut éclater, que dot-on faire pour que ça n'arrive pas ?

Alors seulement, l'Euro aurait une chance de survie. Mais c'est là une démarche éminemment politique, par opposition à électoraliste, dont je crois que nos politiciens sont bien incapables. Pas assez de courage, pas assez de talent, pas assez d'intelligence.

Il n'y a plus qu'une seule chose qui puisse sauver l'Euro : le temps. Si tous les pays européens se retrouvaient dans la même panade suite à une aggravation de la crise, ils pourraient s'entendre pour une dévaluation qui sauveraient les plus fragiles, mais ça paraît illusoire pour l'instant.

Mais il n'en resterait pas moins que le différentiel entre les pays à l'intérieur de la zone serait dangereux pour l'Euro.

Il y a une autre solution : faire marcher la planche à billets. Ca ne ferait que spolier les épargnants et euthanasier le capital. Dans une société de fonctionnaires-cigales, on s'en fout, non ? Seulement voilà : il y a ces satanés Boches pour nous empêcher de faire ce genre de conneries, coomment s'en débarrasser ? Bah, quand ils en auront marre, ils sortiront d'eux-mêmes de l'Euro.

(1) : je regrette d'avoir appeler à voter oui au traité constitutionnel européen. La haine des nonistes m'aveuglait. Contrairement à un gauchiste, je ne me glorifie pas de mes erreurs : j'ai été con.

dimanche, mai 02, 2010

Le juridisme peut-il détruire une société ?

Le juridisme (j’entends par là la tendance à l’hégémonie du droit dans la vie en société) est un choix politique, celui de l'hyper-individualisme.

Comme sujets de droits, les individus n'ont rien de supérieur à eux-mêmes, ni la civilité, ni la décence, ni la tradition, ni la collectivité.

Le juridisme, par l'usage qu'il fait du droit, limite sévèrement le champ du politique, et donc, notre liberté collective.

En effet, le droit, tel qu'il est aujourd'hui, est encadré par des chartes, des traités, des textes constitutionnels, qui n’ont la plupart du temps pas grand’chose de démocratique (souvenez vous du «re-vote» sur le traité constitutionnel européen) tellement que les options de droit sont fort limitées. C’est que le québécois Mathieu Bock-Coté appelle la chartisme, dans son livre La dénationalisation tranquille.

Accepter de faire du droit dans un cadre si restreint, c’est déjà aller dans le sens d’une certaine politique, celle du progressisme.

Je pourrais avoir l’envie politique de fermer les frontières du pays, d’annexer la Wallonie (avec le consentement des Wallons)ou de retirer le droit de vote aux femmes (ou aux hommes !) ou, plus sérieusement, d’interdire ou d’imposer aux étrangers certains comportements ou de limiter leur accès à nos systèmes sociaux, ou de ne pas légiférer sur la fessée.

Toutes ces options politiques me sont interdites par notre cadre juridique (à part peut-être l'annexion de la Wallonie).

Fréquenter le blog de Maitre Eolas permet de mesurer à quel point l'analyse juridique dissimule des choix politiques.

A ma question initiale : le juridisme peut-il détruire un pays ? La réponse est : oui, c'est déjà fait.

Je pense que, si notre pays devait se rétablir un jour, un signe sûr serait qu'on violerait ou qu'on supprimerait sans hésiter quelques unes lois de circonstance dont ces dernières années ont été fécondes (j'espère que ce ne sera pas la loi sur la burqua !).

Je vous rappelle ce texte de Soljenitsyne : le déclin du courage.

«J'ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu'une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n'allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s'en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l'homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d'une structure sociale légaliste.»

samedi, mai 01, 2010

Doit-on restituer les pièces de musée provenant de pays étrangers ?

Il y a un moyen simple de ne pas se faire voler ses chefs d'oeuvre : gagner les guerres. Malheur aux vaincus.

Tout le reste, c'est ethnomasochisme et repentation.

Nicolas Sarkozy en tête du combat pour sauver la Grèce, dit l'AFP

On n'en a jamais douté, pas un instant : dès qu'il s'agit de faire les généreux avec l'argent des autres, à savoir les moutontribuables français, nos politiciens sont champions du monde. Il peuvent donner des leçons à la planète entière, voire à la galaxie.

Pauvres de nous !

Le livre dont votre enfant est le héros

Je viens de recevoir une publicité : «Offrez à votre enfant le livre dont il est le héros».

Je ne sais pas pourquoi mais c'est toujours la bêtise la plus simple qui me frappe le plus.

Le livre dont votre enfant est le héros ne sert qu'à flatter le narcissisme des enfants. Comme si ils en avaient besoin ! On leur rend déjà un culte bien assez néfaste.

Et quelle étroitesse d'esprit. Quelle pauvreté. On dirait que toute la «littérature jeunesse» tourne autour de ce dogme stupide : les livres doivent être «proches du quotidien des enfants». Toujours ce crime des imbéciles que de croire qu'il faut refermer les enfants sur eux-mêmes, qu'il faut les enfoncer dans la fusion maternante, dans l'egocentrisme stérile.

Bande de nazes !

Il n'y a que des gens qui détestent la littérature et qui haïssent la culture pour écrire de telles fadaises. Ils n'ont jamais rêvé d'être coureur des bois avec le dernier des Mohicans, d'être bandit avec Colomba, d'être gitan au Moyen-Age avec Quasimodo. Ils n'ont pas survolé le monde avec Robur le Conquérant ni parcouru les steppes au service du Tsar avec Michel Strogoff.

Au contraire, il faut sortir les enfants d'eux-mêmes, les bousculer, les provoquer à la réflexion, à la curiosité. Un enfant développe ses capacités et ses talents en apprenant, pas en se regardant dans un miroir.

Il y a infiniment plus de richesse à se projeter dans le personnage de tel ou tel héros plutôt qu'à être directement le héros.

Vu la méséducation que nous donnons obstinément à nos enfants depuis deux générations, ça ne m'étonne pas que nous devenions cons comme des balais, au point de ne plus savoir distinguer une bonne sœur d'une emburquisée.

Décidément, CPEF.

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(1) : la bêtise commence à ce barbarisme de cuistre : pourquoi ne dit-on plus la «littérature enfantine» ?

vendredi, avril 30, 2010

Un mot de Serge Galam : «c'est la capacité à affirmer des choses infondées qui est la clef de la victoire»

Un mot de Serge Galam : «c'est la capacité à affirmer des choses infondées qui est la clef de la victoire dans le débat public et médiatique bien plus qu'une attitude mesurée fondée sur des faits précis et vérifiables»

Je ne pense pas trahir Serge Galam en vous citant un extrait de notre correspondance :

La parution du livre « choc » de Sylvester Huet « L'imposteur c'est lui ! », ne semble pas avoir ramené l'opinion publique à la raison climatique. Il est cependant remarquable que ce soit un journaliste qui joue les Zorros pour défendre l'honneur bafoué des gentils climato-alarmistes maltraités par le méchant" Allègre.

Je profite donc de ce calme relatif pour vous annoncer la parution prochaine d'un article scientifique qui me tient particulièrement à coeur car il s'agit de ma première contribution « spécialisée » à la question climatique, du point de vue des mécanismes qui régissent la dynamique de l'opinion publique qui lui est associée.

C'est un article de sociophysique, basé sur un modèle, et bien sûr, ayant critiqué depuis longtemps, la confusion entretenue par les climato-alarmistes entre la réalité et leurs modèles, je ne pécherai pas de la même façon. Je précise donc bien que mes conclusions sont obtenues à partir d'une modélisation de la dynamique d'opinion prolongeant une série de travaux que j'effectue depuis maintenant plusieurs décennies. S'ils éclairent la réalité, ils ne sont pas la
réalité.

Une fois, cette mise en perspective affirmée, j'en viens au contenu de cet article, qui je dois dire me perturbe. C'est l'intérêt, entre autre, d'une mise en équations d'un problème complexe, que de parfois produire des résultats non seulement contre-intuitifs, mais qui peuvent même être surprenants et dérangeants. J'avoue ne pas trop savoir ce qu'il faut en conclure et surtout quoi en faire à ce stade.

Ce travail repose sur une étude comparative de trois débats publics qui ont chacun fait appel à des données scientifiques incomplètes, en l'occurrence, le réchauffement climatique, la théorie de l'évolution et la pandémie de grippe A. Il semblerait que dans de tels cas, c'est la capacité à affirmer des choses infondées qui soient la clef de la victoire dans le débat public et médiatique bien plus qu'une attitude mesurée fondée sur des faits précis et vérifiables.


Je suis en train de lire l'article de Serge. Je n'ai pas d'avis pour l'instant. Cependant, la phrase qui sert de titre à ce billet a été écrite sous une forme plus littéraire par Luc Ferry, ayant en tête Allègre et Hulot : «Quand un scientifique et un charlatan débattent à la télévision, c'est le charlatan qui gagne.»

Ce se comprend d'ailleurs aisément au niveau individuel : le discours scientifique authentique est cerné d'hypothèses, de caveats, de domaines de validité, d'incertitudes, il est fatigant intellectuellement (l'effort) et psychologiquement (le doute). A contrario, le discours du charlatan est affirmatif, net, sans nuances.

Cependant, comment passe-t-on de l'individu à l'opinion collective, sachant que tous les individus ne sont pas des pigeons comme les aiment les Hulot ?

Serge s'occupe plus de la proportion entre les inflexibles (ceux qui ne changeront pas d'avis quoiqu'il arrive) et les indécis et des mécanismes d'interaction, dans un modèle itératif de débat.

Il montre que, pour emporter l'opinion publique, il vaut mieux augmenter le nombre des inflexibles, plutôt que de convaincre les indécis.

Burqa : une loi pour de mauvaises raisons

La burqa dans un article du Figaro :

«Le gouvernement a bien veillé à ne pas rejeter le niqab au nom de la laïcité». Déjà, ça démarre mal : pourquoi ne pas invoquer le laïcité ? C'est une coutume bien française qui était fort bienvenue dans ce cas.

«Le gouvernement n'a pas souhaité clarifier plus avant les bases de l'interdiction, qui repose implicitement sur la dignité» Phrase consternante, le gouvernement a honte de défendre la dignité.

«De toute façon, le Conseil d'État n'a trouvé aucun motif qui permette, selon lui, l'interdiction totale. Donc nous ne sommes pas étendus sur les fondements». Ils se foutent vraiment du monde.

«La dignité est le seul fondement valable. Mais ce n'est pas gagné, croit-on à Matignon, car cette notion n'est pas définie dans la Constitution» Là c'est trop : le fondement de l'interdiction de la burqa est l'insulte faite à ceux qui la voient.

mercredi, avril 28, 2010

Banqueroute des Etats surdendettés : y a-t-il une solution ?

Y a-t-il une solution évitant la banqueroute des Etats surendettés ?

Oui, cette solution s'appelle la croissance. Comment avoir de la croissance ? Non pas en la décrétant de manière ridicule comme un certain nabot présidentiel français monté sur son tabouret.

Non, pour avoir de la croissance, la recette est connue : il faut la provoquer, en l'attirant, en la séduisant.

La technique de séduction a déjà été expérimentée avec succès : elle s'appelle le libéralisme. Et en plus, la France a une grande chance : parmi tous les outils libéraux pour établir une croissance saine, il en est un qui s'appelle la retraite par capitalisation. Ca tombe bien, à la veille du débat sur les retraites.

Bien sûr, la transition de la répartition vers la capitalisation est délicate, mais si nos zhommes politiques vivent dans un luxe digne des grands courtisans versaillais d'Ancien Régime, c'est à cause de leurs aptitudes exceptionnelles, non ?

Alors, ça ne devrait pas leur poser de problème.

Banqueroute des Etats surdendettés : je l'avais bien dit

Necker ou Turgot ?

La malédiction des gouvernements sans principes


Il s'agit surtout de me vanter, ça fait du bien !

L'écroulement du modèle européen

Ne nous méprenons pas : l'écroulement de la Grèce auquel nous assistons actuellement est celui du modèle européen, qui, pour certains aspects, s'étend jusqu'aux Etats-Unis.

Simplement, suivant les particularités de chaque pays, cet écroulement est plus ou moins proche. Il se trouve qu'il faut bien commencer par quelqu'un et que ce quelqu'un, c'est la Grèce. Il n'empêche : les autres suivront.

L'écroulement du modèle socio-économique européen

Le modèle socio-économique européen est fait d'un Etat-providence tentaculaire et envahissant, l'Etat-mamma, d'une économie organisée pour les vieux (1) et d'une démographie en berne. Les phénomènes sont liés : l'Etat providence n'est pas victime d'un phénomène exogène de démographie déclinante, c'est lui qui la provoque en infantilisant les citoyens.

Nous sommes à la conjonction de trois phénomènes qui s'entremêlent. Je ne sais pas quelle est la cause et quel est l'effet, mais je sais qu'il se renforcent l'un lautre.

> une mentalité d'après-guerre, maternaliste et féministe, qui pense les citoyens comme des enfants, qui répugne aux conflits, aux décisions difficiles, aux sacrifices, aux avis tranchés. Une telle pensée est idiote : la vie est conflictuelle, c'est ainsi. Ca ne sert à rien de le nier, il faut avoir l'intelligence de faire avec. Cela signifie : la politique plutôt que la morale, le débat plutôt que le consensus, la parole, même grossière, plutôt que la censure, le combat plutôt que la soumission, la réalité imparfaite plutôt que l'utopie.

> Un Etat-mamma qui soulage les citoyens de leurs responsabilités et les enfonce dans la puérilité. Un tel monde, protégé de tout, et pourquoi pas, de la mort, est un fantasme privé de réalité. C'est profondément con (en plus d'être immoral) : les adultes doivent se comporter comme des adultes et ne compter que sur eux-mêmes. Le refuge dans l'irréel que suscite l'assistanat généralisé aboutit au comble de l'irresponsabilité : vivre depuis trente ans à crédit.

> une démographie qui s'écroule. C'est cohérent avec le reste : les enfants-citoyens, trop narcissiques, comme tous les enfants, n'ont pas envie de faire des enfants, ils n'ont pas assez le sens des responsabilités. On notera qu'une fois que l'éducation à la responsabilité a été ratée, l'irresponsabilité se poursuit tout au long de la vie, c'est ainsi qu'on voit la génération des soixante-huitards spolier sans hésitation leurs (rares) enfants.

L'écroulement du modèle politique européen

Le modèle politique est cohérent avec le modèle socio-économique. Puisque les citoyens sont des enfants, on leur demande leur avis en permanence, c'est l'hyperdémocratie, pour leur faire plaisir, mais on n'en tient aucun compte, c'est la non-représentativité.

L'instrument de cette non-représentativité est le chartisme : les élites signent des chartes internationales qui étouffent la latitude de décisions des enfants-citoyens. Dernier exemple en date : la fessée. Peu importe que les Français soient pour ou contre la fessée, la France a signé une charte des droits de l'enfant, supérieure aux lois nationales, qui finira par imposer l'interdiction de la fessée. Et ainsi du reste. La bureaucratie européenne est le chef d'oeuvre du chartisme. Par exemple, l'invasion migratoire et le multiculturalisme inquiétent les Français ? Ca n'a aucune importance : la France a signé des textes qui l'empêchent d'agir contre efficacement.

Nous vivons donc dans une hyper-démocratie non-représentative. C'est un système particulièrement hypocrite, son penchant vers l'oligarchie est évident. Le coup de génie du système actuel est d'avoir suffisamment étendu l'ologarchie pour que ceux qui voudraient protester rencontrent une opposition assez nombreuse pour les étouffer. Partager le pouvoir entre mille, ça rapporte plus, mais partager le pouvoir entre cent mille, ça dure plus longtemps (2). Ca entretient une dictature molle et diffuse qu'il est bien plus difficile de combattre qu'une vraie dictature.

On remarquera que la seule tendance politique qui est combattue et pourchassée, forcée aux catacombes, est le conservatisme. L'ancien monde était bien plus viril, c'est insupportable.

Il est tout à fait logique que ce système néfaste soit tué par une crise financière : l'argent a peut-être beaucoup d'inconvénients, mais il a un avantage, il n'est pas sensible au baratin. Un sou est un sou et la loi des intérêts composés est la même partout dans le monde. Tous les boniments, les embrassades, les bisounourseries ne peuvent rien contre ce petit fait : quand on dépense constamment plus qu'on gagne, ça finit mal.

Bien sûr, la solution est connue, elle s'appelle le libéralisme et un peu de conservatisme.


***************

(1) : hé oui, retraite précoce, prix de l'immobilier élevés et inflation faible : c'est une économie organisée pour les vieux. Signe qui ne trompe pas : les retraités sont la tranche d'âge en France où il y a la proportion de pauvres la plus faible.

(2) : c'est une estimation à la va vite, mais je pense que si on fait le compte de ceux qui perpétuent activement ce système mauvais et empêchent toute réforme, entre les journalistes, les politiciens, les syndicalistes et les activistes de toutes sortes, on est dans cet ordre de grandeur. Bien sûr, les troupes sont plus nombreuses, mais pas ceux qui donnent le mouvement.

dimanche, avril 25, 2010

Le mythe climatique (B. Rittaud)

Ce livre d'un mathématicien complète utilement L'homme est-il responsable du réchauffement climatique ?

Dans son introduction, pour montrer que le consensus en sciences ne prouve rien («Tant de gens si éminents peuvent-ils se tromper ?» Sans hésiter, oui), Benoit Rittaud ressuscite un exemple que j'avais oublié. J'avais en tête l'asepsie, l'eugénisme, la dérive des continents.

Benoit Rittaud sort du placard les canaux martiens. L'exemple est très bien choisi : une théorie alléchante, des gens convaincus, un précurseur de Nicolas Hulot, Camille Flammarion, un précurseur d'Al Gore, Lowell.

Fidèle à sa spécialité d'origine, il prouve la fausseté de deux affirmations fortes des réchauffistes :

> Les affirmations du GIEC «Il y a X % de chances que ...» n'ont aucune valeur prédictive : elles résultent indirectement d'un vote des membres du GIEC, non d'une étude probabiliste. Elles montrent ce que les membres du GIEC pensent, pas la probabilité qu'il arrive telle ou telle chose.

> la thèse, très proche du stupide principe de précaution, «dans l'incertitude, réduisons tout de même nos émissions de CO2, ça ne peut pas faire de mal», repose sur une approche probabiliste biaisée. On suppose qu'on maitrise suffisamment les mécanismes climatiques d'un coté et les mécanisme politico-économiques de l'autre, pour savoir qu'une réduction des émissions de CO2 a plus d'avantages que d'inconvénients. Or, c'est justement ce que l'on ne sait pas.

De plus, c'est lâcher la proie pour l'ombre, car on sait que les coûts d'une réduction des émissions de CO2 sont exorbitants, alors que les gains sont tout à fait hypothétiques. Même dans une approche probabiliste, les réchauffistes sont aveugles ou malhonnêtes.

Evidemment, il en passe aussi par la capacité prédictive totalement inexistante des modèles climatiques informatiques. L'argument vous est connu.

Une partie très intéressante concerne les forces et les faiblesses de la notion de température globale, qui n'a rien de l'évidence qu'on nous présente.

Benoit Rittaud finit sur une note philosophique. Il remarque que les sciences dans l'enfance vivent en couple avec une pseudo-science : astronomie / astrologie, chimie / alchimie, physique / parapsychisme, algèbre / numérologie, médecine / «médecines parallèles» etc ...

La climatologie vit en couple avec la climatomancie, pseudo-science qui consiste à faire des prédictions basées sur le climat, c'est ainsi qu'on nous a prédit que le climat provoquerait des guerres, une augmentation du nombe de prostituées et de caries, de moustiques et de malaria.

C'est un signe de maturité d'une science de se détacher de sa pseudo-science soeur.

Pour l'instant, ce n'est pas le cas pour la climatologie. On a encore des raisons de douter que la climatologie soit une science. En effet, le célèbre critère de Popper, à savoir qu'une science doit être réfutable, n'est pas rempli par la climatologie.

L'exemple le plus flagrant de cette absence de réfutabilité réside dans les arguments glissants : on nous présente la courbe en crosse de hockey comme la preuve frappante du réchauffisme, celle-ci est invalidée, on nous explique alors que ce n'était qu'une preuve parmi d'autres et que le réchauffisme n'est pas remis en cause. Ensuite, on nous explique que les carottages de glace montrent que température et CO2 sont liés, malheureusement des études plus précises constatent que la température précède le C02, on nous explique alors qu'il faut chercher plus et qu'en attendant, le réchauffisme n'est pas invalidé. Puis, les fameux modèles numériques prédisent que la troposhère équatoriale se réchauffe, or on ne voit pas ce réchauffement, on nous explique donc que ce n'est qu'un détail et que le réchauffement n'est pas remis en cause. Et ainsi du reste.

A chaque fois qu'une preuve du réchauffement anthropique est invalidée, on nous explique qu'il s'agit d'un élément mineur et que la théorie globale n'est pas atteinte. Un tel comportement est la marque d'une foi, non d'une attitude scientifique.

En vérité, si le réchauffisme n'était que de la science, les réchauffistes auraient dit quelque chose comme «notre théorie déconne complètement, on va se remettre au travail».

Benoit Rittaud va encore plus loin : il pense que le réchauffisme est déjà à bout de course et se demande quelle pseudo-science va le remplacer.

Je pense qu'il va trop vite en besogne, mais on peut quand même jouer. La pseudo-science qui remplacera le réchauffisme aura les caractéristiques suivantes : elle fera peur, elle sera globale et elle proposera une solution à condition de faire des sacrifices. Des idées ?

Bref, un livre instructif assez facile à lire.

Ca sent le roussi pour le réchauffisme.

D'ailleurs, à part l'inénarrable trio infernal des journalistes réchauffistes Huet, Kempf, Foucart (1), qui sont cons à se taper la tête contre les murs, complété quelquefois de Jouzel et de Le Treut, proches de la malhonnêteté, tant leur parti-pris est flagrant, les réchauffistes montrent quand même quelques signes de flottement.

(1) : guère de doute qu'en 1950, ils auraient fait de bons staliniens : l'état d'esprit est identique.

Un petit sursis pour Pink Lady

Je vous avais parlé des déboires de Pink Lady.

Comme la piste de la Ferté est trop courte pour qu'elle puisse décoller, on pouvait considérer que l'administration l'avait tuée.

Jean Salis nous explique dans le dernier Fana, qu'il a intention de faire allonger la piste (si il pouvait en profiter pour la faire raboter ...)

Acceptons en, avec scepticisme, l'augure.

Un exemple de demi-habile : Caroline Fourest

En suivant le débat Zemmour Naullau Fourest, je me suis dit que je parlais souvent des demi-habiles et que, là, j'en voyais une à la télévision.

Elle a des religions une conception extrêmement grossière. Le spectre de la religion va du mysticisme à la politique, mais les choses sont étroitement mêlées, pensons à Port-Royal.

Elle a aussi une vision très sommaire des relations familiales et du patriarcat. Lorsqu'elle dit qu'une famille décomposée, mono-parentale (sous-entendu sans père), est une vraie famille, je peux témoigner tous les jours que c'est faux : une «famille» monoparentale n'est pas une famille car il lui manque l'équilibre et la complexité de la relation triangulaire. L'attaque de Zemmour sur le divorce des parents de Fourest était basse mais juste. Fourest méconnaît la richesse de la vie familiale.

Zemmour montre moins d'aplomb et a plus de mal à s'expliquer, ce qui est compréhensible pour une pensée plus complexe. Fourest a une pensée très adaptée à la télévision : claire, nette, ronflante mais creuse.

Elle a l'humanisme plein la bouche, et, comme beaucoup de ceux qui se proclament humanistes, elle conçoit un homme très particulier, sculpté pour lui convenir, qui n'a pas tous les mystères, les ombres et les lumières des vrais hommes.

Finalement, Caroline Fourest est épatante pour notre époque, bavarde et prétentieuse. Je crois que c'est ce qui me navre le plus.

samedi, avril 24, 2010

«Le principe de précaution est un principe d'incohérence»

Je pense que l'inscription du principe de précaution dans notre constitution fait partie de ces quelques décisions mortelles pour un pays.

Vous croyez que j'exagère ?

Que dit le principe de précaution ? Que, face à un risque perçu mais non rationnellement mesuré, il faut faire quelque chose : agir sans savoir ... Comment a-t-on pu faire de ce principe fou un principe constitutionnel ?

Le principe de précaution attaque ce qui a fait le succès de l'Occident jusqu'à maintenant : la prise de risque rationnelle et la responsabilité assumée.

Le fait qu'il soit dans la constitution signifie que son poison va se diffuser dans toute la société.

«Le principe de précaution est un principe d'incohérence»

Remake : La burqa, surtout stigmatiser

Pas un mot à changer : La burqa, surtout stigmatiser

La Grèce va faire défaut, et alors ?

La Grèce va faire défaut, c'est inscrit dans ses taux d'intérêts.

Le défaut de paiements est la forme étatique de la faillite.

Les salopards qui ont répété qu'«un Etat ne peut pas faire faillite», alors que ça arrive très régulièrement nous ont vraiment pris pour des cons. Passons.

Qu'est-ce que le défaut de paiement ?

C'est quand un Etat en déficit ne trouve plus de créanciers pour lui prêter de l'argent. A ce moment-là, il ne peut plus payer ce qu'il doit payer : les fournitures, les salaires des fonctionnaires, les subventions, les allocations, ses créances.

Il doit donc faire des choix : parmi tous ceux à qui je dois de l'argent, qui je choisis de ne pas payer en priorité ?

En général, tout le monde en prend pour son grade : les salaires des fonctionnaires sont diminués (on a vu jusqu'à un tiers), des allocations sont supprimées (1) et les créanciers sont spoliés.

La spoliation des créanciers s'appelle pudiquement «restructuration de la dette». L'Etat en défaut dit aux créanciers «Je vous dois 100, je ne vous rembourserai que 70. Et pas dans 10 ans comme prévu, mais dans 20 ans».

Le problème est le suivant : malgré les mesures d'urgence, un Etat en défaut reste en déficit, donc il doit trouver des créanciers, alors même qu'il vient de spolier ses anciens créanciers.

La seule manière d'y arriver est de prendre des mesures tellement drastiques que les créanciers n'aient aucun doute sur le fait qu'ils seront remboursés.

C'est là qu'intervient la FMI, à la fois comme prêteur et comme garant des mesures d'austérité.

Bon, après le défaut de la Grèce, que se passera-t-il ?

On passera au Portugal. Et à la France. Ca va être marrant de voir Strauss-Kahn, président du FMI, imposer à Nicolas Sarkozy ou à Martine Aubry les mesures d'austérité que nous refusons depuis quarante ans.

(1) : par exemple, en France, je supprime l'allocation parent isolé : un enfant, ça se fait à deux, ça s'élève à deux. Quand ce n'est pas le cas, cela résulte de choix personnels (pas obligatoirement du parent qui reste isolé, mais quoi ? On n'a qu'à mieux choisir avec qui on fait un enfant), ce n'est pas à la collectivité de payer pour des décisions personnelles idiotes et irresponsables (sauf éventuellement en cas de veuvage).

jeudi, avril 22, 2010

Loi sur la burqa «inapplicable» ?

Ca y est, maintenant qu'il est possible que la burqa soit interdite en France, le chœur des bien-pensants nous explique qu'elle sera «inapplicable», dans l'espoir bien sûr qu'elle ne soit pas votée (à quoi ça sert de voter une loi inapplicable ?) ou pas appliquée.

Pour le coup, ils se foutent vraiment de notre gueule (nous avons l'habitude) : rien n'est plus facile à repérer qu'une burqa et, quant à rédiger une contravention, il suffit de savoir lire et écrire, ce qui est, paraît-il, indispensable pour devenir policier.

Alors, inapplicable, la loi ?

Notez que , pour ma part, je faisais le raisonnement inverse : je trouve la loi tellement applicable que j'estime qu'une loi sur la burqa superflue, il suffit d'appliquer les lois existantes.

Mais, quand on est politicien et qu'on n'a pas de couilles, on vote des lois pour se donner du courage, comme le troufion boit du rhum avant l'assaut.

mercredi, avril 21, 2010

Eric Zemmour : «Le principe de précaution, c'est un peu le monde des bisounours»

Eric Zemmour : «Le principe de précaution, c'est un peu le monde des bisounours»

Il y en a marre des histoires de retraite

Il y en a marre des histoires de retraite.

Le problème est connu de puis trente ans. Les solutions aussi. Et ça discutaille, et ça discutaille. Dans l'attente d'un consensus qui, comme Godot, ne viendra jamais.

Pendant ce temps, le déficit s'aggrave, devient dramatique et fait courir à l'économie française un grand péril.

Sur tous les discours lus, sur toutes les tables rondes réunies, sur tous les rapports de prétendus sages publiés, sur toutes les concertations annoncées, procrastination, j'écris ton nom.

La solution ? La capitalisation matinée de répartition pour les plus démunis et les plus imprévoyants. C'est le seul système qui, par conception, est indépendant (ou presque) de la démographie.

Je signale, ce n'est pas la moindre ironie de ce théâtre de mensonges et d'à peu près idéologiques, que les fonctionnaires et les professions libérales sont les seuls à avoir doit à un fonds de pension. Vous avez dit «égalité» ?

S'y prendre si tard a plein d'inconvénients, mais un avantage : on peut s'enrichir de l'expérience des pays qui nous ont précédés.

Alors, on arrête de raconter des foutaises sur la «solidarité», qui dissimule, à peine, la spoliation des jeunes par les vieux et des salariés du privé par les fonctionnaires, et on le fait ?

Hélas, je ne vois partout chez nos politiciens que bêtise, paresse et lâcheté. CPEF. Nous boirons le calice jusqu'à la lie.