**************
INFO LE FIGARO - Selon nos informations, des opposants au régime, encadrés par des commandos jordaniens, israéliens et américains, progressent vers Damas depuis mi-août. Cette offensive pourrait expliquer le possible recours du président syrien à des armes chimiques.
**************
On parle également d'instructeurs français.
Je comprends l'intérêt américain dans cette affaire : soutenir les sunnites (c'est à mon avis une mauvaise idée, mais c'est la stratégie américaine dans la région) et emmerder les Russes. Je comprends déjà un peu moins l'intérêt israélien.
En revanche, j'ignore toujours qu'elle pourrait être l'intérêt de la France d'intervenir dans cette histoire, puisqu'elle a même abandonné sa mission historique de protection des chrétiens d'orient.
Il est vrai que nos politiciens ne réagissent pas suivant ces considérations rationnelles mais suivant des stimuli médiatiquement corrects savamment orchestrés. Il faut lire Désinformation : flagrant délit, de Vladimir Volkoff, pour se rendre compte à quel point nos politiciens sont vulnérables à une campagne médiatique bien menée.
C'est d'autant plus facile que nos politiciens (comme les journalistes) sont conditionnés à avoir un a priori favorable à l'analyse américaine à coup de droit-de-l'hommisme plus ou moins factice. Les politiciens français qui ont une analyse géostratégique personnelle se comptent sur les doigts des mains -si on est généreux, on y a joute les pieds- et on n'y trouve certainement pas le président du conseil général de Corrèze.
Leur faire avaler que les Gentils, ce sont les rebelles et que le Méchant, c'est Assad, est alors un jeu d'enfant. L'histoire d'attaque au gaz est tombe à pic, peu importe que la ficelle soit un peu grosse : ils vont avaler l'appât, l'hameçon et la ligne.
Dans ce contexte d'incompétence crasse, on peut s'attendre à tout, surtout au pire.
Affichage des articles dont le libellé est le printemps des matraques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est le printemps des matraques. Afficher tous les articles
jeudi, août 22, 2013
mercredi, août 14, 2013
A propos des événements égyptiens
Je suis incapable de porter un jugement sur les événements égyptiens car je ne sais pas en faire une analyse politique. Or, il faut pouvoir faire cette analyse pour juger de manière éclairée.
J'ai parlé récemment de la révolution française : si on me disait «avec 150 morts le 14 juillet 1789, Louis XVI évite la révolution», je signerais sans hésiter, quitte à me trouver dans les 150. C'est mon analyse politique et historique qui me fait dire cela.
Si, au moins, cette tragédie pouvait éclairer les imbéciles sur deux points :
> une élection, ça ne fait pas la démocratie (d'ailleurs, en France, il y a des élections régulières et je doute que nous soyons en démocratie).
> la démocratie n'est pas forcément le meilleur régime en toutes circonstances.
J'ai parlé récemment de la révolution française : si on me disait «avec 150 morts le 14 juillet 1789, Louis XVI évite la révolution», je signerais sans hésiter, quitte à me trouver dans les 150. C'est mon analyse politique et historique qui me fait dire cela.
Si, au moins, cette tragédie pouvait éclairer les imbéciles sur deux points :
> une élection, ça ne fait pas la démocratie (d'ailleurs, en France, il y a des élections régulières et je doute que nous soyons en démocratie).
> la démocratie n'est pas forcément le meilleur régime en toutes circonstances.
Libellés :
le printemps des matraques
vendredi, août 09, 2013
Printemps arabe : le point de vue de Bernard Lugan
Sur son blog :
*************
Ce numéro 44 de l’Afrique Réelle est en totalité consacré à l’Egypte et au mythe du « printemps arabe » en Afrique du Nord.
Mythe en effet puisque sur les cinq pays composant cette région (Egypte, Libye, Tunisie, Algérie et Maroc), seuls deux furent concernés par ce prétendu « printemps arabe » : la Tunisie et l’Egypte. La Libye constitue un cas à part car elle a subi, non pas une révolution, mais une guerre civile qui a vu la victoire d’un camp sur l’autre à la suite de cette colossale erreur politique que fut l’intervention militaire franco-otanienne.
Deux remarques doivent être faites : elles concernent un double échec, celui des Etats-Unis et celui de leurs alliés, les Frères musulmans :
1) Le rôle des Etats-Unis apparaît de plus en plus comme ayant été central dans ces évènements ; quant au suivisme des Européens, à commencer par la France, il fut plus que caricatural.
La clé d’explication est pourtant limpide : les Etats-Unis qui ont décidé de réorienter leur géopolitique vers l’Asie et qui ne vont plus avoir besoin du pétrole du Moyen-Orient en raison de leurs considérables réserves de schistes, ont voulu « organiser » leur départ. Pour cela, ils ont passé un pacte avec les Frères musulmans auxquels ils avaient prévu de confier les rênes du pouvoir, depuis la Turquie jusqu’en Tunisie.
La Maison Blanche pensait qu'en soutenant les Frères musulmans, mouvement supranational et très organisé, il serait possible de plaquer un semblant de paix sur l’ensemble de la région, tout en limitant l’influence des salafistes, et donc permettre un retrait en bon ordre.
Voilà qui explique pourquoi, et jusqu’au bout, l’ambassadeur des Etats-Unis en Egypte, madame Ann Patterson, a soutenu les Frères musulmans et le président Morsi.
Le renversement de ce dernier ayant fait capoter leur plan, les Etats-Unis ont ensuite improvisé un « plan B » en légitimant le coup d’Etat militaire tout en pesant sur l’armée égyptienne qui dépend financièrement d’eux. L’échec des Américains est donc une fois de plus total et c’est un nouveau champ de ruines qu’ils vont laisser derrière eux ; ils en ont d’ailleurs l’habitude...
2) La crise économique, sociale et politique qui a suivi l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en Tunisie et en Egypte a mis en évidence la réalité de ce mouvement dont les projets ont davantage divisé qu’ils n’ont rassemblé. Quant à leur martingale alliant conservatisme religieux et modernité économique, elle est vite apparue pour ce qu’elle est : un mythe.
L’échec des Frères musulmans lève-t-il pour autant l’hypothèque islamiste ? Rien n’est moins certain. La nouveauté est cependant que pour une partie des populations des pays concernés, ils ne constituent plus un recours.
Désormais, il est temps de tirer les leçons de ces dramatiques évènements pour enfin revenir au réel qui s’expose de la manière la plus politiquement incorrecte qui soit :
1) Cesser de pousser ces pays dans l’impasse mortelle pour eux qu’est la démocratie.
2) Laisser se reconstituer ces pouvoirs forts qui, seuls peuvent éviter le double écueil de l’anarchie et de l’islamisme. Ce sont en effet de nouveaux Nasser dont ont besoin ces pays et non d'élections puisqu'elles ne servent qu'à élargir les fractures sociétales.
*************
Ce numéro 44 de l’Afrique Réelle est en totalité consacré à l’Egypte et au mythe du « printemps arabe » en Afrique du Nord.
Mythe en effet puisque sur les cinq pays composant cette région (Egypte, Libye, Tunisie, Algérie et Maroc), seuls deux furent concernés par ce prétendu « printemps arabe » : la Tunisie et l’Egypte. La Libye constitue un cas à part car elle a subi, non pas une révolution, mais une guerre civile qui a vu la victoire d’un camp sur l’autre à la suite de cette colossale erreur politique que fut l’intervention militaire franco-otanienne.
Deux remarques doivent être faites : elles concernent un double échec, celui des Etats-Unis et celui de leurs alliés, les Frères musulmans :
1) Le rôle des Etats-Unis apparaît de plus en plus comme ayant été central dans ces évènements ; quant au suivisme des Européens, à commencer par la France, il fut plus que caricatural.
La clé d’explication est pourtant limpide : les Etats-Unis qui ont décidé de réorienter leur géopolitique vers l’Asie et qui ne vont plus avoir besoin du pétrole du Moyen-Orient en raison de leurs considérables réserves de schistes, ont voulu « organiser » leur départ. Pour cela, ils ont passé un pacte avec les Frères musulmans auxquels ils avaient prévu de confier les rênes du pouvoir, depuis la Turquie jusqu’en Tunisie.
La Maison Blanche pensait qu'en soutenant les Frères musulmans, mouvement supranational et très organisé, il serait possible de plaquer un semblant de paix sur l’ensemble de la région, tout en limitant l’influence des salafistes, et donc permettre un retrait en bon ordre.
Voilà qui explique pourquoi, et jusqu’au bout, l’ambassadeur des Etats-Unis en Egypte, madame Ann Patterson, a soutenu les Frères musulmans et le président Morsi.
Le renversement de ce dernier ayant fait capoter leur plan, les Etats-Unis ont ensuite improvisé un « plan B » en légitimant le coup d’Etat militaire tout en pesant sur l’armée égyptienne qui dépend financièrement d’eux. L’échec des Américains est donc une fois de plus total et c’est un nouveau champ de ruines qu’ils vont laisser derrière eux ; ils en ont d’ailleurs l’habitude...
2) La crise économique, sociale et politique qui a suivi l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en Tunisie et en Egypte a mis en évidence la réalité de ce mouvement dont les projets ont davantage divisé qu’ils n’ont rassemblé. Quant à leur martingale alliant conservatisme religieux et modernité économique, elle est vite apparue pour ce qu’elle est : un mythe.
L’échec des Frères musulmans lève-t-il pour autant l’hypothèque islamiste ? Rien n’est moins certain. La nouveauté est cependant que pour une partie des populations des pays concernés, ils ne constituent plus un recours.
Désormais, il est temps de tirer les leçons de ces dramatiques évènements pour enfin revenir au réel qui s’expose de la manière la plus politiquement incorrecte qui soit :
1) Cesser de pousser ces pays dans l’impasse mortelle pour eux qu’est la démocratie.
2) Laisser se reconstituer ces pouvoirs forts qui, seuls peuvent éviter le double écueil de l’anarchie et de l’islamisme. Ce sont en effet de nouveaux Nasser dont ont besoin ces pays et non d'élections puisqu'elles ne servent qu'à élargir les fractures sociétales.
*************
La démocratie est une impasse dans ces pays divisés. Je me demande si ce n'est pas en train d'en devenir une en France pour les mêmes raisons (à force d'importer massivement des populations africaines, on finit par avoir les problèmes de l'Afrique).
Libellés :
Bernard Lugan,
le printemps des matraques
jeudi, mai 30, 2013
Syrie : la diplomatie française à la rue
Excellent article de Roland Hureaux qui permet de comprendre les causes lointaines et proches des errements de la diplomatie française au Moyen-Orient :
Hureaux sur la Syrie
On constate les ravages du droits-de-l'hommisme sur les imbéciles de droite et de gauche.
Hureaux sur la Syrie
On constate les ravages du droits-de-l'hommisme sur les imbéciles de droite et de gauche.
Libellés :
la décadence,
La lie,
le printemps des matraques
jeudi, juin 14, 2012
Une vision géopolitique trompeuse
Les journalistes sont des cons. Individuellement, il peut y avoir de brillantes exceptions, mais collectivement, il n'y a aucun doute. Il n'y a pas plus efficace usine à conneries qu'une rédaction, à part une salle des profs.
En matière économico-sociale, on rit. Mais en géopolitique, on pleure.
Et comme les polytocards qui nous dirigent se soumettent aux journalistes, on recommence toujours les mêmes conneries.
Rien ne correspond moins au seul schéma que connaissent les journalistes, les bons contre les méchants, que la politique étrangère. D'où la facilité avec laquelle la presse est manipulée et intoxiquée sur ces sujets. Et aucune claque ne sert jamais de leçon : les journalistes sont trop vaniteux et trop superficiels pour apprendre de leurs erreurs. Les politiciens étrangers savent profiter de cette crédulité. De faux massacre en faux massacre, ce sont toujours les mêmes grosses ficelles, et ces couillons de journalistes qui se prennent pour des baroudeurs courent.
Thomas Friedman raconte comment, dans les années 80, les milices druzes coupaient la tête des cadavres puis invitaient les journalistes à constater la barbarie de leurs adversaires qui décapitaient de pauvres innocents. C'était, paraît-il, du plus bel effet médiatique.
Rappelons quelques vérités cruelles pour prendre un peu de distance avec les foutaises médiatiques :
> une dictature peut être moralement condamnable (pas toujours : il arrive qu'elle soit le meilleur garant de la paix) mais politiquement utile.
> on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne. Une situation existante a toujours de mauvais cotés, mais est-on assuré, si on la bouscule, que la suite sera meilleure ?
> pour les gens intelligents, en politique étrangère, les arguments moraux ne sont que des prétextes pour avancer ses intérêts. Il faut toujours chercher derrière les élans du coeur les calculs de la raison. Quand une ONG fait un rapport scandalisé, ma première question est : par qui est-elle financée ? Quels sont ses intérêts ? Qui la manipule et la fait mousser ?
> c'est une des faiblesses de la démocratie qu'on tienne compte sur ces sujets de l'opinion de gens qui n'y comprennent rien.
> tout cela n'empêche pas qu'on use quelquefois de valeurs morales pour juger une politique, mais avec la plus grande circonspection. Au contraire, toute prudence oubliée, le jugement moral est utilisé en permanence en politique étrangère, on en fait des tonnes, parce que c'est tout ce que peuvent comprendront les imbéciles : les bons contre les méchants.
Récemment, il y a eu la Libye. Et, comme si on n'avait pas fait assez de conneries comme cela, voilà qu'on nous remet le couvert avec la Syrie.
Dans la grande lutte entre chiites et sunnites, je comprends bien l'intérêt de certains pays, y compris, peut-être, les Etats-Unis à dessouder Assad. Mais, l'intérêt des pays européens, en particulier la France et la Grande-Bretagne, je le vois dans le statu quo.
Finalement, j'en viens à me demander si la monarchie (la vraie, pas à l'anglaise), avec ses amateurs éclairés qui n'avaient pas besoin de se faire élire, n'était pas mieux, pour la politique étrangère, que notre système actuel.
En matière économico-sociale, on rit. Mais en géopolitique, on pleure.
Et comme les polytocards qui nous dirigent se soumettent aux journalistes, on recommence toujours les mêmes conneries.
Rien ne correspond moins au seul schéma que connaissent les journalistes, les bons contre les méchants, que la politique étrangère. D'où la facilité avec laquelle la presse est manipulée et intoxiquée sur ces sujets. Et aucune claque ne sert jamais de leçon : les journalistes sont trop vaniteux et trop superficiels pour apprendre de leurs erreurs. Les politiciens étrangers savent profiter de cette crédulité. De faux massacre en faux massacre, ce sont toujours les mêmes grosses ficelles, et ces couillons de journalistes qui se prennent pour des baroudeurs courent.
Thomas Friedman raconte comment, dans les années 80, les milices druzes coupaient la tête des cadavres puis invitaient les journalistes à constater la barbarie de leurs adversaires qui décapitaient de pauvres innocents. C'était, paraît-il, du plus bel effet médiatique.
Rappelons quelques vérités cruelles pour prendre un peu de distance avec les foutaises médiatiques :
> une dictature peut être moralement condamnable (pas toujours : il arrive qu'elle soit le meilleur garant de la paix) mais politiquement utile.
> on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne. Une situation existante a toujours de mauvais cotés, mais est-on assuré, si on la bouscule, que la suite sera meilleure ?
> pour les gens intelligents, en politique étrangère, les arguments moraux ne sont que des prétextes pour avancer ses intérêts. Il faut toujours chercher derrière les élans du coeur les calculs de la raison. Quand une ONG fait un rapport scandalisé, ma première question est : par qui est-elle financée ? Quels sont ses intérêts ? Qui la manipule et la fait mousser ?
> c'est une des faiblesses de la démocratie qu'on tienne compte sur ces sujets de l'opinion de gens qui n'y comprennent rien.
> tout cela n'empêche pas qu'on use quelquefois de valeurs morales pour juger une politique, mais avec la plus grande circonspection. Au contraire, toute prudence oubliée, le jugement moral est utilisé en permanence en politique étrangère, on en fait des tonnes, parce que c'est tout ce que peuvent comprendront les imbéciles : les bons contre les méchants.
Récemment, il y a eu la Libye. Et, comme si on n'avait pas fait assez de conneries comme cela, voilà qu'on nous remet le couvert avec la Syrie.
Dans la grande lutte entre chiites et sunnites, je comprends bien l'intérêt de certains pays, y compris, peut-être, les Etats-Unis à dessouder Assad. Mais, l'intérêt des pays européens, en particulier la France et la Grande-Bretagne, je le vois dans le statu quo.
Finalement, j'en viens à me demander si la monarchie (la vraie, pas à l'anglaise), avec ses amateurs éclairés qui n'avaient pas besoin de se faire élire, n'était pas mieux, pour la politique étrangère, que notre système actuel.
samedi, juillet 09, 2011
Libye : "Une guerre civile, pas une insurrection générale contre un dictateur"
Libye : "Une guerre civile, pas une insurrection générale contre un dictateur"
Nous n'avions vraiment rien à faire en Libye. Maintenant que Sarko One nous a mis dans la merde, ça serait bien qu'il nous en sorte, mais c'est vrai qu'il est idiot de compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre.
Nous n'avions vraiment rien à faire en Libye. Maintenant que Sarko One nous a mis dans la merde, ça serait bien qu'il nous en sorte, mais c'est vrai qu'il est idiot de compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre.
Libellés :
le printemps des matraques,
Libye
dimanche, mai 08, 2011
Violents heurts entre coptes et musulmans : le Mal démocratique
La vulgate dominante est de faire de la démocratie (au sens moderne, radicalement différent du sens antique) le bien politique suprême. Comme tout absolu en matière politique, c'est une idiotie.La démocratie a ses défauts. L'un d'eux est de permettre le déchainement des passions majoritaires. La guerre de 14 n'a été si atroce que parce que des peuples entiers s'y sont engagés corps et âmes. Les guerres des peuples sont plus terribles que celles des rois.
En Egypte, les coptes subissent le joug de ces pulsions de masse. Une dictature tempérée est quelquefois meilleure qu'une démocratie exaltée. Une coexistence séculaire bon an mal entre chrétiens d'Orient et musulmans est en train d'être anéantie par quelques années de glissement vers la démocratie.
Contrairement au discours qui seul a droit de citer, la démocratie, c'est l'uniformisation dans la médiocrité. Les différences ne sont plus que d'apparence. La démocratie ne tolère pas les vraies différences.
Cette relation est à double sens : en démocratie, les différences sont pourchassées ; inversement, quand les différences s'accentuent, c'est la démocratie qui disparaît (je reviendrai bientôt sur ce point).
Libellés :
coptes,
démocratie,
dictature du Bien,
le printemps des matraques
mardi, mars 15, 2011
Et la Libye ?
Une actualité chasse l'autre. On ne parle pratiquement plus de la Libye. C'est bien les journalistes dans toute leur splendeur.
Je me réjouis tout de même d'avoir montré plus de finesse que notre président, qui doit être bien marri d'avoir reconnu des opposants qui sont en train de se faire laminer. Je me demande si je ne vais pas me présenter en 2012.
Je me réjouis tout de même d'avoir montré plus de finesse que notre président, qui doit être bien marri d'avoir reconnu des opposants qui sont en train de se faire laminer. Je me demande si je ne vais pas me présenter en 2012.
mardi, mars 08, 2011
La Libye façon Sergio Leone
Ca y est, la presse occidentale nous fait la Libye façon western : les bons insurgés contre le méchant Khadafi.
Bien sûr, elle ignore totalement qu'il s'agit d'une guerre civile, avec toute la complexité de ces situations. Je ne serais pas surpris qu'on découvre dans quelques mois des exactions peu ragoutantes des gentils insurgés.
Mais, pour l'instant, fidèle à son schéma manichéen habituel qui permet de scotcher le peuple-consommateur devant la télévision, la presse prépare les esprits à une superbe interventioncoloniale humanitaire.
Je n'aurai donc pas la cruauté de rappeler que dessouder le méchant tyran et apporter la démocratie aux arabes était le prétexte invoqué par GW Bush pour son intervention en Irak.
Je ne rappellerai pas non plus que les interventionscoloniales humanitaires se sont toujours faites au nom des sentiments les plus nobles et qu'elles finissent en général en faisant plus de dégâts qu'elles ne règlent de problèmes.
Alors, que faire ? C'est simple : rien. Prendre le peu pétrole qu'ils nous envoient encore, arrêter de livrer des armes (sauf si ils payent comptant)et laisser les Libyens se débrouiller entre eux.
Et j'oubliais : refouler à nos frontières les immigrés.
Bien sûr, elle ignore totalement qu'il s'agit d'une guerre civile, avec toute la complexité de ces situations. Je ne serais pas surpris qu'on découvre dans quelques mois des exactions peu ragoutantes des gentils insurgés.
Mais, pour l'instant, fidèle à son schéma manichéen habituel qui permet de scotcher le peuple-consommateur devant la télévision, la presse prépare les esprits à une superbe intervention
Je n'aurai donc pas la cruauté de rappeler que dessouder le méchant tyran et apporter la démocratie aux arabes était le prétexte invoqué par GW Bush pour son intervention en Irak.
Je ne rappellerai pas non plus que les interventions
Alors, que faire ? C'est simple : rien. Prendre le peu pétrole qu'ils nous envoient encore, arrêter de livrer des armes (sauf si ils payent comptant)et laisser les Libyens se débrouiller entre eux.
Et j'oubliais : refouler à nos frontières les immigrés.
Libellés :
Connerie journalistique,
le printemps des matraques
mardi, mars 01, 2011
vendredi, février 25, 2011
Révoltes arabes : les Français s'en foutent
L'évocation trop insistante des révoltes arabes fait chuter les audiences télévisuelles.
Il y a une interprétation pessimiste : les Français sont décidément d'indécrottables bornés.
Il y a mon interprétation optimiste : ils s'en foutent comme de l'an quarante (1). Les Français ont plus de bon sens que les journalistes. Ces révoltes arabes ne les concernent pas, mis à part le prix de l'essence, les possibles vagues migratoires et les éventuels terroristes islamistes, toutes choses certes importantes mais qui ne demandent pas un suivi à la minute. Et les Français restent circonspects face aux enthousiasmes médiatiques de commande.
***************
(1) alerte, humour subtile. «S'en foutre comme de l'an quarante» est probablement une déformation de «s'en foutre comme de l'Al Coran».
Il y a une interprétation pessimiste : les Français sont décidément d'indécrottables bornés.
Il y a mon interprétation optimiste : ils s'en foutent comme de l'an quarante (1). Les Français ont plus de bon sens que les journalistes. Ces révoltes arabes ne les concernent pas, mis à part le prix de l'essence, les possibles vagues migratoires et les éventuels terroristes islamistes, toutes choses certes importantes mais qui ne demandent pas un suivi à la minute. Et les Français restent circonspects face aux enthousiasmes médiatiques de commande.
***************
(1) alerte, humour subtile. «S'en foutre comme de l'an quarante» est probablement une déformation de «s'en foutre comme de l'Al Coran».
Libellés :
le printemps des matraques,
vie française
jeudi, février 24, 2011
Révolutions arabes : «C'est génial !»
J'entendais sur BFM ce matin des loups-ravis de la mondialisation s'extasier sur les révolutions arabes.
Sans vouloir être méchant, j'ai trouvé que le propos confinait à la naïveté.
De notre point de vue de non-arabes, que les arabes aient l'occasion de vivre dans des démocraties, c'est très bien, mais c'est tout de même leur problème et pas le nôtre. Notre intérêt est qu'il nous envoie du pétrole et qu'ils s'abstiennent de nous envoyer des immigrés et des terroristes.
Le danger islamiste est réel. L'islamisme s'accommode très bien, au moins jusqu'à sa prise de pouvoir, de la démocratie et de ses outils. L'islamisme n'a rien à voir avec un islam arriéré et paysan, c'est un projet politique moderne, fruit de l'urbanisation et de la mondialisation. Comme toujours, l'avenir est incertain : si les troubles ouvrent des occasions à l'islamisme, il est également vrai que l'islamisme perd de son charme quand il exerce le pouvoir (mais c'est alors trop tard).
Je parie sur un avenir mitigé : la Tunisie et le Maroc ont la chance de ne pas avoir d'hydrocarbures, qui à la fois aiguisent les appétits et financent les pouvoirs dictatoriaux, j'espère un avenir point trop pourri. Pour l'Algérie, l'Egypte et la Libye, je suis moins optimiste.
Nous verrons bien. En attendant, notre devoir est de nous préparer à plusieurs scénarios et, en tous les cas, de ne pas importer les troubles chez nous, c'est-à-dire de repousser les réfugiés, présents et à venir.
Toutefois, ces événements nous portent un message d'optimisme : la dormition des peuples sous le joug d'oligarchies n'est pas éternelle et le réveil est très brutal.
Sans vouloir être méchant, j'ai trouvé que le propos confinait à la naïveté.
De notre point de vue de non-arabes, que les arabes aient l'occasion de vivre dans des démocraties, c'est très bien, mais c'est tout de même leur problème et pas le nôtre. Notre intérêt est qu'il nous envoie du pétrole et qu'ils s'abstiennent de nous envoyer des immigrés et des terroristes.
Le danger islamiste est réel. L'islamisme s'accommode très bien, au moins jusqu'à sa prise de pouvoir, de la démocratie et de ses outils. L'islamisme n'a rien à voir avec un islam arriéré et paysan, c'est un projet politique moderne, fruit de l'urbanisation et de la mondialisation. Comme toujours, l'avenir est incertain : si les troubles ouvrent des occasions à l'islamisme, il est également vrai que l'islamisme perd de son charme quand il exerce le pouvoir (mais c'est alors trop tard).
Je parie sur un avenir mitigé : la Tunisie et le Maroc ont la chance de ne pas avoir d'hydrocarbures, qui à la fois aiguisent les appétits et financent les pouvoirs dictatoriaux, j'espère un avenir point trop pourri. Pour l'Algérie, l'Egypte et la Libye, je suis moins optimiste.
Nous verrons bien. En attendant, notre devoir est de nous préparer à plusieurs scénarios et, en tous les cas, de ne pas importer les troubles chez nous, c'est-à-dire de repousser les réfugiés, présents et à venir.
Toutefois, ces événements nous portent un message d'optimisme : la dormition des peuples sous le joug d'oligarchies n'est pas éternelle et le réveil est très brutal.
Libellés :
colonisation à rebours,
le printemps des matraques
mercredi, février 23, 2011
Leurs révolutions, notre problème
On peut se réjouir de ces révolutions dans le monde arabe (sans pour autant se faire trop d'illusions).
Mais, déjà, des oiseaux, de mauvais augure mais lucides, nous prévoient un afflux de réfugiés.
Aurons nous le courage et l'intelligence de les repousser ?
Les belles âmes doivent être cohérentes. Soit ces réfugiés sont des séides des anciennes dictatures et notre devoir est de les repousser pour qu'ils soient jugés dans leur pays, soit ils n'ont rien à se reprocher et notre devoir est également de les repousser pour qu'ils profitent chez eux des joies de la démocratie.
Mais nous savons bien que le courage, l'intelligence et la cohérence ne sont pas le fort des belles âmes.
Et puis, si, comme moi, on n'est pas une belle âme, on s'en fout que ces réfugiés soient des mangeurs de bébés ou des saints, ils ne sont pas de chez nous, nous n'avons pas besoin d'eux,qu'ils règlent leurs problèmes entre eux. Qu'on les renvoie d'où ils viennent. Chez nous, ce n'est pas chez eux.
Cela implique quelques violences, c'est la vie. La défense des frontières ne s'est jamais faite sans casse. N'oubliez pas le prix attaché au refus de défendre nos frontières : soumission et anarchie. Le sentimentalisme sirupeux nous paralyse et nous tue.
Mais, déjà, des oiseaux, de mauvais augure mais lucides, nous prévoient un afflux de réfugiés.
Aurons nous le courage et l'intelligence de les repousser ?
Les belles âmes doivent être cohérentes. Soit ces réfugiés sont des séides des anciennes dictatures et notre devoir est de les repousser pour qu'ils soient jugés dans leur pays, soit ils n'ont rien à se reprocher et notre devoir est également de les repousser pour qu'ils profitent chez eux des joies de la démocratie.
Mais nous savons bien que le courage, l'intelligence et la cohérence ne sont pas le fort des belles âmes.
Et puis, si, comme moi, on n'est pas une belle âme, on s'en fout que ces réfugiés soient des mangeurs de bébés ou des saints, ils ne sont pas de chez nous, nous n'avons pas besoin d'eux,qu'ils règlent leurs problèmes entre eux. Qu'on les renvoie d'où ils viennent. Chez nous, ce n'est pas chez eux.
Cela implique quelques violences, c'est la vie. La défense des frontières ne s'est jamais faite sans casse. N'oubliez pas le prix attaché au refus de défendre nos frontières : soumission et anarchie. Le sentimentalisme sirupeux nous paralyse et nous tue.
Libellés :
colonisation à rebours,
le printemps des matraques
Inscription à :
Articles (Atom)
