Les étatistes se grattent avec inquiétude la tête pour savoir comment aider les PMEs.
Ce n'est pourtant pas compliqué, nul besoin d'énarques pour comprendre (au contraire, fusiller les énarques pourrait être un bon début de la résolution de nos problèmes).
Il suffit de baisser les charges uniformément (pour supprimer les effets de seuil qui empêchent les PMEs de grossir), baisses de charges gagées sur une baisse des dépenses publiques (sans quoi l'Etat reprend d'une manière ou d'une autre ce qu'il a cédé sur les charges).
Mais en France, on doit être plus con que la moyenne : combien y a-t-il eu de plans d'aide aux PMEs depuis 1970, consistant à «injecter» de l'argent dans les PMEs (toujours cette sinistre folie injectrice™) tous sans aucun résultat probant ? Des dizaines ? Des centaines ? Et on continue pourtant les mêmes conneries.
Ecoutez au moins jusqu'à la 16ème minute (vous devinerez que je suis en opposition complète avec leurs commentaires sur Nicolas Hulot, je préfère de loin la remarque de Luc Ferry «Quand un charlatan et un scientifique débattent à la télévision, c'est le charlatan qui gagne») :
Les experts 5 octobre 2009
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lundi, octobre 05, 2009
mardi, mars 24, 2009
La folie injectrice (32) ne désarme pas : l'affaire Heuliez.
Pendant que la pulsion spoliatrice gagne en force, la folie injectrice continue.
Heuliez est un sous-traitant automobile au bord de la cessation de paiement.
C'est bien dommage pour lui et ses employés, mais tout le monde sait que l'industrie automobile est en sur-capacité. Avant la crise, des chiffres circulaient de 10 usines en trop en Europe. Evidemment, la résolution d'une sur-capacité passe par une diminution des capacités, c'est-à-dire par la faillite des plus faibles.
Essayer de faire vivre des sociétés agonisantes dans un secteur surcapacitaire, c'est de l'acharnement thérapeuthique couteux et sans intérêt (1). Ca ne fait que retarder l'assainissement, donc la sortie de crise. C'est pourquoi, tout à fait logiquement, la commission consultée sur l'opportunité d'une aide étatique à Heuliez a rendu un avis négatif.
Le gouvernement, par incompétence, par démagogie, passe outre : nous sommes dans un cas très net où, pour des bénéfices immédiats, d'ailleurs assez illusoires, ler gouvernement retarde la sortie de crise et hypothèque l'avenir.
Et ne parlons pas de justice : que doivent penser les concurrents d'Heuliez en meilleure situation, mieux gérés ou plus chanceux, et qui pensaient profiter de sa défaillance ?
Ah , oui, j'oubliais le prétexte officiel de ce sauvetage est qu'Heuliez développe une voiture électrique. Je m'urine dessus de rire : si la voiture électrique est rentable, point besoin des subsides étatiques. Si elle ne l'est pas, les subventions ne seront que de l'argent bien mal dépensé. Je vais vous révéler un secret de Polichinelle : la voiture électrique n'a aucun intérêt commercial, les consommateurs n'en veulent pas (2). C'est juste une pompe à finances pour soutirer des subventions et des aides.
Le plus comique, c'est que le PDG de General Motors l'avait dit il y a deux ans en des termes très crus. Maintenant qu'il a besoin de subventions, il dit exactement le contraire, mais je ne pense qu'il ait changé d'avis dans sa tête.
Une affaire Heuliez, ça n'est pas grave, mais des dizaines, des centaines, comme c'est bien parti, et c'est toute la sortie de crise qui est retardée (3). Super ! Avoir des politiciens si mauvais, c'est à se taper la tête contre les murs.
(1) : de plus, ça favorise la corruption et les magouilles. Rappelons nous la fameuse affaire Air Lib : ça aurait couté moins cher de faire à chaque employé un chèque de deux ans de salaire que de soutenir vainement cette compagnie pendant deux ans, et il n'y aurait pas eu de détournements de fonds. Avons nous la mémoire si courte ? Quand j'entends qu'il faut nationaliser les banques, je pense au Crédit Lyonnais. Suis je le seul à me souvenir au delà de la semaine dernière ?
(2) : les voitures électriques ne sont absolument pas mûres pour atteindre le confort des voitures à combustion interne.
Même à prix égal, ce qui est loin d'être le cas, la clientèle prête à accepter les inconvénients d'une voiture électrique pour pouvoir afficher une bonne conscience écolo est très restreinte.
Les voitures électriques concerneront un jour le grand public, mais ce jour n'est pas encore arrivé et, à mon avis, il est beaucoup plus éloigné qu'on le croit généralement (si je pariais, je dirais une trentaine d'années : à moins d'une percée technique par définition surprenante, le problème de la recharge et du stockage de l'électricité se résoudra très lentement). De plus, la clé me semble être également commerciale : je ne suis pas sûr que la propriété privée soit la meilleure formule pour les voitures électriques, peut-être qu'un système de location en libre service serait plus adapté.
D'ici là, le moteur à pétrole a encore de très beaux jours devant lui, quitte à ce qu'il soit de plus en plus un générateur électrique transportable, comme dans les voitures hybrides.
(3) : rappelons que c'est exactement ce qui s'est passé durant le New Deal : la pire rechute de la crise de 1929 aux USA se situe en 1937, c'est-à-dire cinq ans après l'élection de Roosevelt. Contrairement à ce qu'on entend partout, on ne tire aucune leçon du passé, on refait les mêmes erreurs.
Heuliez est un sous-traitant automobile au bord de la cessation de paiement.
C'est bien dommage pour lui et ses employés, mais tout le monde sait que l'industrie automobile est en sur-capacité. Avant la crise, des chiffres circulaient de 10 usines en trop en Europe. Evidemment, la résolution d'une sur-capacité passe par une diminution des capacités, c'est-à-dire par la faillite des plus faibles.
Essayer de faire vivre des sociétés agonisantes dans un secteur surcapacitaire, c'est de l'acharnement thérapeuthique couteux et sans intérêt (1). Ca ne fait que retarder l'assainissement, donc la sortie de crise. C'est pourquoi, tout à fait logiquement, la commission consultée sur l'opportunité d'une aide étatique à Heuliez a rendu un avis négatif.
Le gouvernement, par incompétence, par démagogie, passe outre : nous sommes dans un cas très net où, pour des bénéfices immédiats, d'ailleurs assez illusoires, ler gouvernement retarde la sortie de crise et hypothèque l'avenir.
Et ne parlons pas de justice : que doivent penser les concurrents d'Heuliez en meilleure situation, mieux gérés ou plus chanceux, et qui pensaient profiter de sa défaillance ?
Ah , oui, j'oubliais le prétexte officiel de ce sauvetage est qu'Heuliez développe une voiture électrique. Je m'urine dessus de rire : si la voiture électrique est rentable, point besoin des subsides étatiques. Si elle ne l'est pas, les subventions ne seront que de l'argent bien mal dépensé. Je vais vous révéler un secret de Polichinelle : la voiture électrique n'a aucun intérêt commercial, les consommateurs n'en veulent pas (2). C'est juste une pompe à finances pour soutirer des subventions et des aides.
Le plus comique, c'est que le PDG de General Motors l'avait dit il y a deux ans en des termes très crus. Maintenant qu'il a besoin de subventions, il dit exactement le contraire, mais je ne pense qu'il ait changé d'avis dans sa tête.
Une affaire Heuliez, ça n'est pas grave, mais des dizaines, des centaines, comme c'est bien parti, et c'est toute la sortie de crise qui est retardée (3). Super ! Avoir des politiciens si mauvais, c'est à se taper la tête contre les murs.
(1) : de plus, ça favorise la corruption et les magouilles. Rappelons nous la fameuse affaire Air Lib : ça aurait couté moins cher de faire à chaque employé un chèque de deux ans de salaire que de soutenir vainement cette compagnie pendant deux ans, et il n'y aurait pas eu de détournements de fonds. Avons nous la mémoire si courte ? Quand j'entends qu'il faut nationaliser les banques, je pense au Crédit Lyonnais. Suis je le seul à me souvenir au delà de la semaine dernière ?
(2) : les voitures électriques ne sont absolument pas mûres pour atteindre le confort des voitures à combustion interne.
Même à prix égal, ce qui est loin d'être le cas, la clientèle prête à accepter les inconvénients d'une voiture électrique pour pouvoir afficher une bonne conscience écolo est très restreinte.
Les voitures électriques concerneront un jour le grand public, mais ce jour n'est pas encore arrivé et, à mon avis, il est beaucoup plus éloigné qu'on le croit généralement (si je pariais, je dirais une trentaine d'années : à moins d'une percée technique par définition surprenante, le problème de la recharge et du stockage de l'électricité se résoudra très lentement). De plus, la clé me semble être également commerciale : je ne suis pas sûr que la propriété privée soit la meilleure formule pour les voitures électriques, peut-être qu'un système de location en libre service serait plus adapté.
D'ici là, le moteur à pétrole a encore de très beaux jours devant lui, quitte à ce qu'il soit de plus en plus un générateur électrique transportable, comme dans les voitures hybrides.
(3) : rappelons que c'est exactement ce qui s'est passé durant le New Deal : la pire rechute de la crise de 1929 aux USA se situe en 1937, c'est-à-dire cinq ans après l'élection de Roosevelt. Contrairement à ce qu'on entend partout, on ne tire aucune leçon du passé, on refait les mêmes erreurs.
jeudi, mars 19, 2009
L'obsession spoliatrice (1) : prendre l'argent aux riches, c'est justice
Prendre l'argent aux riches, c'est justice.
C'est ce qu'on lit et ce qu'on entend ces jours-ci.
Après la folie injectrice, il est bien naturel que nous passions à l'obsession spoliatrice, version moderne de la fable où la cigale, après avoir distribué des avantages exquis tout l'été aux copains, aux clients et aux gueulards, utilise le fisc pour braquer la fourmi.
J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi c'est juste de prendre plus d'argent, en proportion de leurs revenus, aux riches qu'aux autres.
Ils ne l'ont pas volé cet argent, que je sache. Pourquoi devraient ils moins en jouir que les autres ?
Quand je pose cette question, on commence par me répondre : «Comme ils sont plus riches, il est normal qu'ils fassent plus d'efforts de solidarité». Vous savez ce que je pense de la «solidarité» étatique, un voile pudique dissimulant une lutte sans merci pour participer au recel du vol fiscal. Cette réponse me fait donc bien rire.
J'insiste. Cela finit généralement par : «ils n'ont pas besoin de tout ça».
Nous voilà alors au fond du problème. Ceux qui ont moins estiment, c'est assez naturel, que ceux qui ont beaucoup plus qu'eux versent dans le superflu. Pourquoi une Aston Martin quand une Clio suffit ?
Certes, mais c'est affaire d'opinion personnelle. Et si moi je retire un vif plaisir de conduire mon Aston Martin bleu ciel à sièges rose bonbon que j'ai gagnée à la sueur de mon front, quelle est la légitimité de m'en empêcher ? Tout simplement aucune.
Toute atteinte à la propriété privé me préoccupe, même si je suis loin d'avoir les moyens de l'Aston Martin de mes rêves.
Je n'oublie pas, contrairement à d'autres, que le propriété est le garant matériel de la liberté. C'est parce que je fais ce que je veux de ce que je possède et dont je suis responsable, que je suis libre.
Voltaire l'avait bien compris, lui qui avait méthodiquement entrepris de faire fortune : sans argent, pas de domaine de Fernet-Voltaire hors d'atteinte de la colère des puissants.
C'est pourquoi les attaques contre la propriété sont toujours des formes dissimulées d'offensives contre la liberté.
C'est vrai qu'il y en a pour qui restreindre la liberté d'autrui n'est pas gênant, voire est souhaitable. Je ne suis pas de ceux-là.
De nos jours, il suffit d'avoir un bon plan de communication pour justifier et faire accepter (avec les meilleures intentions du monde, bien entendu !) n'importe quelle atteinte aux droits élémentaires.
Voilà pour l'aspect philosophique.
Quant à l'aspect pratique, est-ce seulement nécessaire d'en parler ? La France est ce pays qui importe des pauvres et exporte des riches. Et nous nous croyons intelligents !
******************************
Quant à l'éditorial du Figaro de ce matin, je l'approuve :
Frondeuse France
L'éditorial de Yves Thréard du 19 mars.
Donc la grève et des manifestations. Comme le 29 janvier. Et en attendant les prochaines. Aux incertitudes que provoque la crise économique s'oppose une évidence : la grogne sociale est partie pour durer. A-t-elle d'ailleurs jamais cessé ?
Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, la France n'en finit pas d'exprimer ses mécontentements en ordre rangé sur les pavés de la République. Contrairement à d'autres pays, elle n'a jamais connu le plein-emploi, pas plus que de fortes périodes de croissance. Elle n'a jamais accepté de se réformer en profondeur. Elle ne s'est jamais affranchie de la surenchère exercée par des syndicats pourtant numériquement faibles. Elle préfère défiler dans la rue quand le temps se gâte plutôt que de trouver des solutions négociées. Contrairement à d'autres, enfin, elle est l'otage de ses fonctionnaires et agents assimilés, toujours en première ligne.
Depuis Pompidou, les présidents passent, les ciels cléments sont de courte durée, mais les récriminations permanentes. Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac sont, chacun, arrivés porteurs d'espoirs avant de se transformer en gestionnaires obligés du fameux modèle social français issu de la guerre. Cédant sous la pression des résistances, de la «gréviculture» ou des hoquets de la conjoncture internationale.
Et maintenant, avec Sarkozy ? On est tenté de répondre que rien, ou presque, n'a changé sous les crânes de la contestation. Même en accédant à toutes les revendications, diffuses et confuses, présentées par les syndicats, la colère resterait jusqu'au-boutiste. Pareille faveur, qui se traduirait immanquablement par une augmentation des salaires et des dépenses publiques, déboucherait sur une dangereuse faillite qui, elle-même, engendrerait une violente explosion sociale.
La tempête économique est une dramatique réalité - il ne s'agit pas de la nier -, mais elle ne suffit pas à expliquer la singulière réaction française, mélange d'inquiétudes fondées et de révoltes spontanées. Depuis près de quarante ans, cet état d'esprit frondeur est comme inscrit dans notre ADN. Une profession crie son indignation, un avantage catégoriel est menacé, une réforme dérange des habitudes, il se trouve toujours, dans les sondages, une majorité de l'opinion pour applaudir l'étendard de la protestation sur son passage. Ainsi, 78 % des Français estiment justifiée la mobilisation d'aujourd'hui.
Contre quoi ? La mauvaise politique économique du gouvernement ? Sauf à raser gratis, comme on l'a déjà dit, celui-ci a une faible marge de manœuvre. Mais nul ne l'admettra. La solution est aussi mondiale.
Contre qui ? On retrouve, bien sûr, Nicolas Sarkozy, sa personnalité autant que sa politique. Dans la crise, l'antisarkozysme est devenu, pour beaucoup, un nouvel humanisme, posture morale suspectant tout ce qui touche à l'argent, aux entreprises, aux patrons, au pouvoir. En fait, les manifestants rêvent d'un ordre nouveau, mais qui n'entamerait pas leurs propres avantages et droits acquis. Paradoxe ancien, bien français, qui dépasse, de loin, la seule défiance à Nicolas Sarkozy.
C'est ce qu'on lit et ce qu'on entend ces jours-ci.
Après la folie injectrice, il est bien naturel que nous passions à l'obsession spoliatrice, version moderne de la fable où la cigale, après avoir distribué des avantages exquis tout l'été aux copains, aux clients et aux gueulards, utilise le fisc pour braquer la fourmi.
J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi c'est juste de prendre plus d'argent, en proportion de leurs revenus, aux riches qu'aux autres.
Ils ne l'ont pas volé cet argent, que je sache. Pourquoi devraient ils moins en jouir que les autres ?
Quand je pose cette question, on commence par me répondre : «Comme ils sont plus riches, il est normal qu'ils fassent plus d'efforts de solidarité». Vous savez ce que je pense de la «solidarité» étatique, un voile pudique dissimulant une lutte sans merci pour participer au recel du vol fiscal. Cette réponse me fait donc bien rire.
J'insiste. Cela finit généralement par : «ils n'ont pas besoin de tout ça».
Nous voilà alors au fond du problème. Ceux qui ont moins estiment, c'est assez naturel, que ceux qui ont beaucoup plus qu'eux versent dans le superflu. Pourquoi une Aston Martin quand une Clio suffit ?
Certes, mais c'est affaire d'opinion personnelle. Et si moi je retire un vif plaisir de conduire mon Aston Martin bleu ciel à sièges rose bonbon que j'ai gagnée à la sueur de mon front, quelle est la légitimité de m'en empêcher ? Tout simplement aucune.
Toute atteinte à la propriété privé me préoccupe, même si je suis loin d'avoir les moyens de l'Aston Martin de mes rêves.
Je n'oublie pas, contrairement à d'autres, que le propriété est le garant matériel de la liberté. C'est parce que je fais ce que je veux de ce que je possède et dont je suis responsable, que je suis libre.
Voltaire l'avait bien compris, lui qui avait méthodiquement entrepris de faire fortune : sans argent, pas de domaine de Fernet-Voltaire hors d'atteinte de la colère des puissants.
C'est pourquoi les attaques contre la propriété sont toujours des formes dissimulées d'offensives contre la liberté.
C'est vrai qu'il y en a pour qui restreindre la liberté d'autrui n'est pas gênant, voire est souhaitable. Je ne suis pas de ceux-là.
De nos jours, il suffit d'avoir un bon plan de communication pour justifier et faire accepter (avec les meilleures intentions du monde, bien entendu !) n'importe quelle atteinte aux droits élémentaires.
Voilà pour l'aspect philosophique.
Quant à l'aspect pratique, est-ce seulement nécessaire d'en parler ? La France est ce pays qui importe des pauvres et exporte des riches. Et nous nous croyons intelligents !
******************************
Quant à l'éditorial du Figaro de ce matin, je l'approuve :
Frondeuse France
L'éditorial de Yves Thréard du 19 mars.
Donc la grève et des manifestations. Comme le 29 janvier. Et en attendant les prochaines. Aux incertitudes que provoque la crise économique s'oppose une évidence : la grogne sociale est partie pour durer. A-t-elle d'ailleurs jamais cessé ?
Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, la France n'en finit pas d'exprimer ses mécontentements en ordre rangé sur les pavés de la République. Contrairement à d'autres pays, elle n'a jamais connu le plein-emploi, pas plus que de fortes périodes de croissance. Elle n'a jamais accepté de se réformer en profondeur. Elle ne s'est jamais affranchie de la surenchère exercée par des syndicats pourtant numériquement faibles. Elle préfère défiler dans la rue quand le temps se gâte plutôt que de trouver des solutions négociées. Contrairement à d'autres, enfin, elle est l'otage de ses fonctionnaires et agents assimilés, toujours en première ligne.
Depuis Pompidou, les présidents passent, les ciels cléments sont de courte durée, mais les récriminations permanentes. Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac sont, chacun, arrivés porteurs d'espoirs avant de se transformer en gestionnaires obligés du fameux modèle social français issu de la guerre. Cédant sous la pression des résistances, de la «gréviculture» ou des hoquets de la conjoncture internationale.
Et maintenant, avec Sarkozy ? On est tenté de répondre que rien, ou presque, n'a changé sous les crânes de la contestation. Même en accédant à toutes les revendications, diffuses et confuses, présentées par les syndicats, la colère resterait jusqu'au-boutiste. Pareille faveur, qui se traduirait immanquablement par une augmentation des salaires et des dépenses publiques, déboucherait sur une dangereuse faillite qui, elle-même, engendrerait une violente explosion sociale.
La tempête économique est une dramatique réalité - il ne s'agit pas de la nier -, mais elle ne suffit pas à expliquer la singulière réaction française, mélange d'inquiétudes fondées et de révoltes spontanées. Depuis près de quarante ans, cet état d'esprit frondeur est comme inscrit dans notre ADN. Une profession crie son indignation, un avantage catégoriel est menacé, une réforme dérange des habitudes, il se trouve toujours, dans les sondages, une majorité de l'opinion pour applaudir l'étendard de la protestation sur son passage. Ainsi, 78 % des Français estiment justifiée la mobilisation d'aujourd'hui.
Contre quoi ? La mauvaise politique économique du gouvernement ? Sauf à raser gratis, comme on l'a déjà dit, celui-ci a une faible marge de manœuvre. Mais nul ne l'admettra. La solution est aussi mondiale.
Contre qui ? On retrouve, bien sûr, Nicolas Sarkozy, sa personnalité autant que sa politique. Dans la crise, l'antisarkozysme est devenu, pour beaucoup, un nouvel humanisme, posture morale suspectant tout ce qui touche à l'argent, aux entreprises, aux patrons, au pouvoir. En fait, les manifestants rêvent d'un ordre nouveau, mais qui n'entamerait pas leurs propres avantages et droits acquis. Paradoxe ancien, bien français, qui dépasse, de loin, la seule défiance à Nicolas Sarkozy.
mercredi, mars 11, 2009
La folie injectrice (31) : Keynes toujours pas ressuscité
LA MAGIQUE DÉMONSTRATION DE LORD KEYNES
« Keynes est mort », avait constaté Milton FRIEDMAN en 1975. La crédibilité scientifique de « La Théorie Générale » (1936) avait en effet été totalement ruinée par les analyses des adversaires du keynésianisme, mais aussi par les échecs de toutes les politiques qu’il avait inspirées. Aujourd’hui, avec la crise, et la façon dont y répondent les politiciens, c’est le retour de l’Etat, c’est le retour de Keynes. Mais la démonstration de Keynes aurait-elle retrouvé quelque valeur explicative ? Certainement pas : elle est toujours aussi fallacieuse. Cela mérite d’être dit, car il faut démasquer une supercherie aujourd’hui fatale.
Keynes veut prouver qu’une économie de marché laissée à elle-même débouche mécaniquement sur le chômage massif. Une intervention de l’Etat est donc indispensable pour retrouver le « plein emploi ». Reste à le démontrer. Pour y parvenir Keynes introduira pas moins de huit hypothèses, qui sont huit raccourcis sans aucun fondement. Pour expliquer ces tours de passe-passe je dois d’abord résumer le cheminement de la théorie Générale. Écoutons Lord Keynes.
Dans une économie, en un moment donné, le niveau de l’emploi global dépend du niveau de la demande globale anticipé par les entrepreneurs : ils n’embaucheront que s’ils ont la perspective de vendre leur production. La demande globale a deux composantes, la consommation et l’investissement. La consommation privée manque de dynamisme, à cause d’une « loi psychologique fondamentale » : plus de revenu conduit à plus d’épargne (la « propension marginale à consommer » son revenu excédentaire est inférieure à un). La léthargie de la consommation peut-elle être compensée par le dynamisme de l’investissement ? L’investisseur regarde ce que lui rapporte sa dépense en équipement (« efficacité marginale du capital ») et ce que lui coûte l’emprunt nécessaire pour la financer (taux d’intérêt). Or, l’efficacité marginale ne cessant de diminuer au fur et à mesure de l’accumulation du capital, il faudrait que le taux d’intérêt s’abaisse également.
Le taux d’intérêt dépend d’un choix de l’épargnant : veut-il placer son épargne ou la conserver sous forme liquide ? La demande de liquidité est faite de trois composantes : encaisses de transaction (avoir toujours un volant de trésorerie), de précaution (faire face à des dépenses inattendues), de spéculation. Les encaisses de transaction et de précaution sont stables, tandis que les encaisses de spéculation augmentent avec la baisse des taux d’intérêt. Donc, en dessous d’un taux d’intérêt critique, la préférence pour la liquidité devient totale, l’épargnant ne veut plus engager son argent, trop mal rémunéré. Si les banques mettent des liquidités sur le marché en créant de la monnaie, celle-ci ne fait plus retour sous forme d’investissement, elle grossira une encaisse devenue stérile : c’est la « trappe monétaire ».
L’investissement ne peut donc pas davantage relancer l’économie que la consommation. La « demande globale spontanée » est insuffisante. Faute de débouchés suffisants, les entrepreneurs n’ont donc aucune raison d’embaucher. Aussi l’insuffisance de la demande globale spontanée doit-elle être compensée par une demande de la part des pouvoirs publics : les dépenses de l’Etat vont prendre le relais pour assurer un plein emploi qui sans cela ne sera jamais atteint. CQFD.
Magistral, magique, irréfutable. Voici maintenant les huit hypothèses sous-jacentes.
1° L’emploi global dépend de la demande globale. On est dans le « global », et une relation mécanique s’établit entre l’embauche de toutes les entreprises et leurs débouchés. Les entrepreneurs embauchent ou licencient au hasard de la conjoncture qu’ils anticipent. Il n’y a donc aucune flexibilité dans le processus de production, qui est le même pour tous.
2° Seule la demande est prise en compte parce qu’à court terme les entrepreneurs ne modifient pas les conditions de leur offre, les effets d’un investissement et de la productivité n’interviennent qu’à long terme, or « à long terme nous serons tous morts », disait Keynes.
3° La consommation n’augmente pas aussi vite que le revenu. Cette « loi psychologique » a été démentie par la mise en évidence (par Friedman) d’un « revenu permanent » : les consommateurs ne changent pas leurs habitudes à la moindre variation de leurs gains.
4° L’efficacité marginale du capital diminuerait. Keynes veut faire croire à la « baisse tendancielle des profits » imaginée par Ricardo et Marx. Pourquoi la baisse ? Qui l’a vue ?
5° La théorie des encaisses suppose que l’épargnant ne considère que le taux d’intérêt lié à la spéculation. Les ménages ont en réalité une demande d’encaisses réelles tout à fait stable. Ils connaissent leur niveau « d’encaisses réelles désirées » et n’ont pas l’habitude d’accumuler de l’argent qui ne sert à rien, l’argent supplémentaire ne passe pas « à la trappe ».
6° Le financement de la dépense publique importe peu. Le budget peut être mis en déficit. Donc on ignore « l’effet d’éviction » : pas besoin d’impôt pour relancer l’activité, donc pas de risque que la dépense publique « évince » la dépense privée.
7° Les déficits de l’Etat sont financés par la banque centrale. Cette création monétaire mène à l’inflation, Keynes en convient, mais l’inflation est le prix à payer pour le plein emploi.
8° La relance va s’opérer grâce au miracle du multiplicateur d’investissement public : un euro de dépense publique permet de distribuer des dizaines d’euros à ceux qui retrouvent un emploi, dans un programme de grands travaux par exemple.
Au total, la théorie de Keynes est une théorie de la demande, du court terme, de la nocivité de l’épargne. L’entrepreneur n’est pris en compte que pour ses anticipations pessimistes, il n’y a ni innovation, ni création d’emplois. L’épargnant ne sait pas quoi faire de son argent. Le travailleur subit les méfaits de la conjoncture. Seul l’Etat peut sauver tout le monde.
Voilà la démonstration terminée, le magicien a sorti son lapin. Au prix de raccourcis et d’erreurs, il est arrivé à ses fins. C’est ce que le doyen Alain BARRERE avait appelé « le finalisme keynésien ». La fin justifie les moyens.
Quand va-t-on en finir avec la magie, et avec le magicien ?
Jacques Garello
Le 9 mars 2009
« Keynes est mort », avait constaté Milton FRIEDMAN en 1975. La crédibilité scientifique de « La Théorie Générale » (1936) avait en effet été totalement ruinée par les analyses des adversaires du keynésianisme, mais aussi par les échecs de toutes les politiques qu’il avait inspirées. Aujourd’hui, avec la crise, et la façon dont y répondent les politiciens, c’est le retour de l’Etat, c’est le retour de Keynes. Mais la démonstration de Keynes aurait-elle retrouvé quelque valeur explicative ? Certainement pas : elle est toujours aussi fallacieuse. Cela mérite d’être dit, car il faut démasquer une supercherie aujourd’hui fatale.
Keynes veut prouver qu’une économie de marché laissée à elle-même débouche mécaniquement sur le chômage massif. Une intervention de l’Etat est donc indispensable pour retrouver le « plein emploi ». Reste à le démontrer. Pour y parvenir Keynes introduira pas moins de huit hypothèses, qui sont huit raccourcis sans aucun fondement. Pour expliquer ces tours de passe-passe je dois d’abord résumer le cheminement de la théorie Générale. Écoutons Lord Keynes.
Dans une économie, en un moment donné, le niveau de l’emploi global dépend du niveau de la demande globale anticipé par les entrepreneurs : ils n’embaucheront que s’ils ont la perspective de vendre leur production. La demande globale a deux composantes, la consommation et l’investissement. La consommation privée manque de dynamisme, à cause d’une « loi psychologique fondamentale » : plus de revenu conduit à plus d’épargne (la « propension marginale à consommer » son revenu excédentaire est inférieure à un). La léthargie de la consommation peut-elle être compensée par le dynamisme de l’investissement ? L’investisseur regarde ce que lui rapporte sa dépense en équipement (« efficacité marginale du capital ») et ce que lui coûte l’emprunt nécessaire pour la financer (taux d’intérêt). Or, l’efficacité marginale ne cessant de diminuer au fur et à mesure de l’accumulation du capital, il faudrait que le taux d’intérêt s’abaisse également.
Le taux d’intérêt dépend d’un choix de l’épargnant : veut-il placer son épargne ou la conserver sous forme liquide ? La demande de liquidité est faite de trois composantes : encaisses de transaction (avoir toujours un volant de trésorerie), de précaution (faire face à des dépenses inattendues), de spéculation. Les encaisses de transaction et de précaution sont stables, tandis que les encaisses de spéculation augmentent avec la baisse des taux d’intérêt. Donc, en dessous d’un taux d’intérêt critique, la préférence pour la liquidité devient totale, l’épargnant ne veut plus engager son argent, trop mal rémunéré. Si les banques mettent des liquidités sur le marché en créant de la monnaie, celle-ci ne fait plus retour sous forme d’investissement, elle grossira une encaisse devenue stérile : c’est la « trappe monétaire ».
L’investissement ne peut donc pas davantage relancer l’économie que la consommation. La « demande globale spontanée » est insuffisante. Faute de débouchés suffisants, les entrepreneurs n’ont donc aucune raison d’embaucher. Aussi l’insuffisance de la demande globale spontanée doit-elle être compensée par une demande de la part des pouvoirs publics : les dépenses de l’Etat vont prendre le relais pour assurer un plein emploi qui sans cela ne sera jamais atteint. CQFD.
Magistral, magique, irréfutable. Voici maintenant les huit hypothèses sous-jacentes.
1° L’emploi global dépend de la demande globale. On est dans le « global », et une relation mécanique s’établit entre l’embauche de toutes les entreprises et leurs débouchés. Les entrepreneurs embauchent ou licencient au hasard de la conjoncture qu’ils anticipent. Il n’y a donc aucune flexibilité dans le processus de production, qui est le même pour tous.
2° Seule la demande est prise en compte parce qu’à court terme les entrepreneurs ne modifient pas les conditions de leur offre, les effets d’un investissement et de la productivité n’interviennent qu’à long terme, or « à long terme nous serons tous morts », disait Keynes.
3° La consommation n’augmente pas aussi vite que le revenu. Cette « loi psychologique » a été démentie par la mise en évidence (par Friedman) d’un « revenu permanent » : les consommateurs ne changent pas leurs habitudes à la moindre variation de leurs gains.
4° L’efficacité marginale du capital diminuerait. Keynes veut faire croire à la « baisse tendancielle des profits » imaginée par Ricardo et Marx. Pourquoi la baisse ? Qui l’a vue ?
5° La théorie des encaisses suppose que l’épargnant ne considère que le taux d’intérêt lié à la spéculation. Les ménages ont en réalité une demande d’encaisses réelles tout à fait stable. Ils connaissent leur niveau « d’encaisses réelles désirées » et n’ont pas l’habitude d’accumuler de l’argent qui ne sert à rien, l’argent supplémentaire ne passe pas « à la trappe ».
6° Le financement de la dépense publique importe peu. Le budget peut être mis en déficit. Donc on ignore « l’effet d’éviction » : pas besoin d’impôt pour relancer l’activité, donc pas de risque que la dépense publique « évince » la dépense privée.
7° Les déficits de l’Etat sont financés par la banque centrale. Cette création monétaire mène à l’inflation, Keynes en convient, mais l’inflation est le prix à payer pour le plein emploi.
8° La relance va s’opérer grâce au miracle du multiplicateur d’investissement public : un euro de dépense publique permet de distribuer des dizaines d’euros à ceux qui retrouvent un emploi, dans un programme de grands travaux par exemple.
Au total, la théorie de Keynes est une théorie de la demande, du court terme, de la nocivité de l’épargne. L’entrepreneur n’est pris en compte que pour ses anticipations pessimistes, il n’y a ni innovation, ni création d’emplois. L’épargnant ne sait pas quoi faire de son argent. Le travailleur subit les méfaits de la conjoncture. Seul l’Etat peut sauver tout le monde.
Voilà la démonstration terminée, le magicien a sorti son lapin. Au prix de raccourcis et d’erreurs, il est arrivé à ses fins. C’est ce que le doyen Alain BARRERE avait appelé « le finalisme keynésien ». La fin justifie les moyens.
Quand va-t-on en finir avec la magie, et avec le magicien ?
Jacques Garello
Le 9 mars 2009
La folie injectrice (30) : «un biais idéologique»
D'après le journal Le Monde, ceux qui refusent la nationalisation des banques seraient victimes d'un «biais idéologique», une maladie honteuse, une psychorigidité malencontreuse, qui peine les technocrates qui nous entourent, à l'esprit si souple et à l'imagination si féconde.
Rappelons tout de même qu'il y a quelques excellentes raison, bien réelles et non le produit d'un fantasmatique «biais idéologique» de s'opposer à la nationalisation des banques :
> les Etats se sont révélés, toujours et presque partout, de très mauvais banquiers et pour des raisons faciles à comprendre : le clientélisme, la démagogie, la négligence de la rentabilité, l'incompétence.
> cette solution n'est probablement ni la meilleure ni la plus juste. La solution de triage d'A. Kling paraît beaucoup plus pertinente : faillite des banques les plus mal en point (le ratio mu peut être un critère de choix), aide aux banques en difficultés passagères, liberté pour les autres.
> on nous martèle à longueur de journées qu'une faillite bancaire, c'est la catastrophe. Mais la catastrophe pour qui ? Ses dirigeants, ses actionnaires, ses créanciers et ses employés. Ca fait du monde, mais ce n'est pas non plus la terre entière. Le maintien en survie artificielle des banques zombies prolonge la crise. Actuellement, on ne sauve pas les banques, mais les banquiers.
Mais la tentation est trop forte pour les hommes de l'Etat de mettre leurs pattes partout.
La nationalisation de certaines banques n'a de sens que si elle est une forme déguisée de mise en faillite et de liquidation. Malheureusement, les pulsions politiciennes étant ce qu'elles sont, il y a très peu de chances que ça se passe ainsi.
En réalité, le «biais idéologique» ne serait-il pas du coté des étatistes ?
Rappelons tout de même qu'il y a quelques excellentes raison, bien réelles et non le produit d'un fantasmatique «biais idéologique» de s'opposer à la nationalisation des banques :
> les Etats se sont révélés, toujours et presque partout, de très mauvais banquiers et pour des raisons faciles à comprendre : le clientélisme, la démagogie, la négligence de la rentabilité, l'incompétence.
> cette solution n'est probablement ni la meilleure ni la plus juste. La solution de triage d'A. Kling paraît beaucoup plus pertinente : faillite des banques les plus mal en point (le ratio mu peut être un critère de choix), aide aux banques en difficultés passagères, liberté pour les autres.
> on nous martèle à longueur de journées qu'une faillite bancaire, c'est la catastrophe. Mais la catastrophe pour qui ? Ses dirigeants, ses actionnaires, ses créanciers et ses employés. Ca fait du monde, mais ce n'est pas non plus la terre entière. Le maintien en survie artificielle des banques zombies prolonge la crise. Actuellement, on ne sauve pas les banques, mais les banquiers.
Mais la tentation est trop forte pour les hommes de l'Etat de mettre leurs pattes partout.
La nationalisation de certaines banques n'a de sens que si elle est une forme déguisée de mise en faillite et de liquidation. Malheureusement, les pulsions politiciennes étant ce qu'elles sont, il y a très peu de chances que ça se passe ainsi.
En réalité, le «biais idéologique» ne serait-il pas du coté des étatistes ?
mardi, mars 10, 2009
La folie injectrice (28) : la fin de l'Etat-Mamma n'est peut-être pas pour demain
La France est plus qu'à demi une URSS : : 55 % du PIB vient de l'Etat, plus de la moitié des adultes touchent leur revenu principal de l'Etat.
Comme l'URSS et pour les mêmes raisons, l'Etat français est impossible à réformer, trop de gens ont intérêt à s'opposer à la moindre tentative d'évolution, même du plus pur bon sens (voir les manifestations grotesques des enseignants-chercheurs). Le système est trop fort et trop répandu.
L'Etat français a donc le choix entre l'écroulement ou la continuation sans changement.
Bien sûr, beaucoup de signes pointent vers l'écroulement : la combinaison de la crise et du vieillissement de la population crée un mur de dettes impressionnant.
Mais il reste à l'Etat des armes pour éviter à la fois l'écroulement et la réforme : l'inflation et l'augmentation des impots.
Bien sûr, l'usage de ces deux armes est extrêmement difficile, mais, la panique aidant, je ne doute pas que les technocrates feront encore une fois la preuve de leur néfaste imagination en la matière.
Si, en 1975, on avait dit aux «experts» : «Ceci est le dernier budget en équilibre. Pendant les 40 ans qui viennent, l'Etat français sera systématiquement et significativement en déficit», pas un n'y aurait cru.
L'écroulement ne me paraît pas l'hypothèse la plus probable. Mon scénario favori est «le parasite tue son hôte». A force d'inflation et de taxes, la spoliation des épargnants et des entreprenants sera radicale, mais l'Etat, les hommes de l'Etat et leurs assistés ne feront aucun effort, subiront des peines insignifiantes.
Comme l'URSS et pour les mêmes raisons, l'Etat français est impossible à réformer, trop de gens ont intérêt à s'opposer à la moindre tentative d'évolution, même du plus pur bon sens (voir les manifestations grotesques des enseignants-chercheurs). Le système est trop fort et trop répandu.
L'Etat français a donc le choix entre l'écroulement ou la continuation sans changement.
Bien sûr, beaucoup de signes pointent vers l'écroulement : la combinaison de la crise et du vieillissement de la population crée un mur de dettes impressionnant.
Mais il reste à l'Etat des armes pour éviter à la fois l'écroulement et la réforme : l'inflation et l'augmentation des impots.
Bien sûr, l'usage de ces deux armes est extrêmement difficile, mais, la panique aidant, je ne doute pas que les technocrates feront encore une fois la preuve de leur néfaste imagination en la matière.
Si, en 1975, on avait dit aux «experts» : «Ceci est le dernier budget en équilibre. Pendant les 40 ans qui viennent, l'Etat français sera systématiquement et significativement en déficit», pas un n'y aurait cru.
L'écroulement ne me paraît pas l'hypothèse la plus probable. Mon scénario favori est «le parasite tue son hôte». A force d'inflation et de taxes, la spoliation des épargnants et des entreprenants sera radicale, mais l'Etat, les hommes de l'Etat et leurs assistés ne feront aucun effort, subiront des peines insignifiantes.
mercredi, mars 04, 2009
La folie injectrice (27) : tous n'en sont pas victimes
Le Wall Street Journal raconte que les «venture capitalists», c'est-à-dire les amorceurs d'entreprise, font des pétitions et tiennent des blogs pour expliquer que les entreprises naissantes n'ont pas besoin de l'argent de l'Etat, n'en auront jamais besoin, qu'il est néfaste et que tous les entrepreneurs véritables devraient le refuser sans hésiter.
Quand je vois les cohortes de patrons français qui vont pleurer à larmes de crocodile pour avoir les sous détenus par Sarko, je me dis : «Véritables entrepreneurs, comptez vous !»
Quand je vois les cohortes de patrons français qui vont pleurer à larmes de crocodile pour avoir les sous détenus par Sarko, je me dis : «Véritables entrepreneurs, comptez vous !»
jeudi, février 26, 2009
La folie injectrice (26) : «faire appel au à l'aide de l'Etat,» qu'ils disaient
Ces derniers temps, j'entends beaucoup cette expression «faire appel à l'aide de l'Etat», à propos de la bagnole, de la banque, des agriculteurs, des chômeurs, etc ...
Rappelons que, comme le disait très justement Bastiat, l'Etat est une fiction.
«faire appel à l'aide de l'Etat» signifie, sous des dehors anodins, une action très violente : «demander à l'Etat qu'il utilise sa force pour prendre aux contribuables sans leur approbation -c'est-à-dire les voler- de l'argent à mon profit.»
Ceux qui «font appel à l'aide de l'Etat» posent donc ouvertement leur candidature comme receleurs du vol étatique.
Ce n'est pas joli-joli. Mais quand c'est dit par un technocrate en costume et cravate, comme Carlos Goshn, ça passe beaucoup mieux.
Rappelons que, comme le disait très justement Bastiat, l'Etat est une fiction.
«faire appel à l'aide de l'Etat» signifie, sous des dehors anodins, une action très violente : «demander à l'Etat qu'il utilise sa force pour prendre aux contribuables sans leur approbation -c'est-à-dire les voler- de l'argent à mon profit.»
Ceux qui «font appel à l'aide de l'Etat» posent donc ouvertement leur candidature comme receleurs du vol étatique.
Ce n'est pas joli-joli. Mais quand c'est dit par un technocrate en costume et cravate, comme Carlos Goshn, ça passe beaucoup mieux.
mardi, février 24, 2009
La folie injectrice (26) : un désastre annoncé
Les journaux américains voient fleurir des titres du genre «Le Trésor peut-il faire face ?».
En France, où l'hystérie étatiste se porte encore bien, on est d'une discrétion de rosière sur le sujet, mais on sent les relancistes un peu moins à l'aise.
Deux manières de voir ce sujet :
> quand les journalistes s'intéressent à un problème, c'est en général un faux problème. C'est plutôt rassurant.
> il arrive qu'un vrai problème soit si flagrant que même les journalistes s'en aperçoivent. C'est plutôt inquiétant.
Si la deuxième hypothèse s'avérait juste, j'aurais l'amère satisfaction, avec d'autres, de vous avoir annoncé depuis déjà que la logique relanciste était folle (mon premier message «La folie injectrice» date du 26 novembre 2008, bien tard).
En France, où l'hystérie étatiste se porte encore bien, on est d'une discrétion de rosière sur le sujet, mais on sent les relancistes un peu moins à l'aise.
Deux manières de voir ce sujet :
> quand les journalistes s'intéressent à un problème, c'est en général un faux problème. C'est plutôt rassurant.
> il arrive qu'un vrai problème soit si flagrant que même les journalistes s'en aperçoivent. C'est plutôt inquiétant.
Si la deuxième hypothèse s'avérait juste, j'aurais l'amère satisfaction, avec d'autres, de vous avoir annoncé depuis déjà que la logique relanciste était folle (mon premier message «La folie injectrice» date du 26 novembre 2008, bien tard).
lundi, février 23, 2009
La folie injectrice (25 bis) : regarde les banques tomber
Certains de mes commentateurs divaguent à pleins tubes : à les en croire, nationaliser les banques des particuliers serait une solution envisageable pour rendre les banquiers plus raisonnables. Disons le de suite au risque de froisser des susceptibilités, même très haut placées, celle de Barack Obama par exemple, elle est stupide.
Et puis j'aimerais bien savoir en quoi les gestionnaires fonctionnaires et socialistes du Crédit Lyonnais se sont montrés raisonnables !
Comme pour les autres aspects de cette crise, il existe pourtant une solution simple, libérale, morale et qui ne coûte pas un sou à l'Etat : voter une loi obligeant les banques à être des sociétés en commandite.
Les commandités sont responsables sur leurs biens propres sans limite, indéfiniment et solidairement, des dettes de l'entreprise.
On comprendra que ce statut incite à la prudence et on ne s'étonnera donc pas de trouver en commandite quelques unes des sociétés les mieux gérées, comme Michelin ou Lagardère.
La commandite a été inventée par les armateurs italiens du Moyen-Age qui expédiait des cargaisons lointaines sous la responsabilité d'un seul homme. Cette antique et exotique origine ajoute à son charme.
Cependant, cette solution, comme les autres solutions, simples, libérales, morales et qui ne coûtent pas un sou à l'Etat, sera soigneusement évitée car elle ne flatte pas l'ego des politiciens et leur appétit d'interventionnisme et de solutions spectaculaires.
Et puis j'aimerais bien savoir en quoi les gestionnaires fonctionnaires et socialistes du Crédit Lyonnais se sont montrés raisonnables !
Comme pour les autres aspects de cette crise, il existe pourtant une solution simple, libérale, morale et qui ne coûte pas un sou à l'Etat : voter une loi obligeant les banques à être des sociétés en commandite.
Les commandités sont responsables sur leurs biens propres sans limite, indéfiniment et solidairement, des dettes de l'entreprise.
On comprendra que ce statut incite à la prudence et on ne s'étonnera donc pas de trouver en commandite quelques unes des sociétés les mieux gérées, comme Michelin ou Lagardère.
La commandite a été inventée par les armateurs italiens du Moyen-Age qui expédiait des cargaisons lointaines sous la responsabilité d'un seul homme. Cette antique et exotique origine ajoute à son charme.
Cependant, cette solution, comme les autres solutions, simples, libérales, morales et qui ne coûtent pas un sou à l'Etat, sera soigneusement évitée car elle ne flatte pas l'ego des politiciens et leur appétit d'interventionnisme et de solutions spectaculaires.
La folie injectrice (25) : regarde les banques tomber
J'ai longtemps fluctué sur cette question du sauvetage des banques.
En bon libéral, je trouvais normal que l'Etat n'intervienne pas et laisse les banques faire faillite.
Puis, matraqué par les medias, je me suis dit que des faillites en chaine auraient été une catastrophe.
Aujourd'hui, je m'aperçois que nous risquons de tomber de Charybde en Sylla, soit des faillites des banques, soit des faillites des Etats (1) s'épuisant à sauver les secteurs en péril, dont les banques.
Suite à la fréquentation d'Econ Log et de La déflation arrive, je me suis fait à l'idée que :
1) Les Etats n'ont pas les moyens financiers de sauver toutes les banques et les sauvetages en cours, en récompensant les mauvais gestionnaires et en empêchant l'émergence de nouveaux acteurs plus performants, prolongent la crise et la transforment en dépression.
2) Les Etats ont des possibilités juridiques pour non pas empêcher la faillite des banques mais pour l'ordonner de manière à diminuer le risque d'une panique.
Bien sûr, le risque d'un «bank run» n'est pas nul et les conséquences en sont violentes. Mais ce n'est rien par rapport à la faillite d'un Etat.
En France, où l'expropriation (des autres) ne fait pas peur, on se dit que la banqueroute lessivera les créanciers de l'Etat puis on repartira comme en 40 avec un Etat désendetté de nouveau prêt à distribuer à pleines mains aux assistés et aux parasites habituels.
Mais ce n'est pas du tout cela qui va se passer : la banqueroute de l'Etat, ce sont les épargnants qui sont ruinés, c'est l'économie qui s'effondre. L'Etat, discrédité, ne trouve plus de créanciers, les fonctionnaires ne sont plus payés, les assistés et les parasites non plus (ils occuperont leur oisiveté à faire des émeutes pour réclamer l'argent qui n'existe plus).
Je n'oublie pas, et vous non plus, n'oubliez pas, que la révolution française et les millions de morts, en comptant les guerres napoléoniennes, qui en ont résulté a commencé par une banqueroute.
Alors, entre une faillite des banques et celle de l'Etat, je préfère la première (2).
Mais, alors, pourquoi n'est-ce pas la solution qui a a été choisie ?
Essentiellement, à mon avis, parce que les politiciens sont restés dans un état mental d'avant la crise : un Etat ne peut pas faire faillite, on ouvre les vannes du déficit, la popularité des gouvernants augmente (c'est au fond le point essentiel de la démarche), le fluide bienfaisant de la dépense publique se répand dans l'économie et celle-ci refleurit.
De plus, ils sont victimes de leur incompétence et de leur démagogie : ils s'attachent à ce qui se voit tout de suite au détriment de ce qui ne se voit pas encore et qui provoquera demain (qui est un autre jour) la catastrophe.
Mais il est vrai qu'ils ont l'excuse d'être soumis à une forte pression : même A. Merkel, dont le premier mouvement, refuser d'intervenir, était le bon, a fait volte-face.
(1) : vous remarquerez que les crétins qui vous prenaient pour un con il y a encore peu quand vous évoquiez cette possibilité sont nettement moins sonores.
«Beaucoup d'Etats, dont la France, vont faire faillite !»
(2) : je précise que je suis client d'une de ces banques qui peuvent faire faillite. Je ne dis donc pas cela à la légère.
En bon libéral, je trouvais normal que l'Etat n'intervienne pas et laisse les banques faire faillite.
Puis, matraqué par les medias, je me suis dit que des faillites en chaine auraient été une catastrophe.
Aujourd'hui, je m'aperçois que nous risquons de tomber de Charybde en Sylla, soit des faillites des banques, soit des faillites des Etats (1) s'épuisant à sauver les secteurs en péril, dont les banques.
Suite à la fréquentation d'Econ Log et de La déflation arrive, je me suis fait à l'idée que :
1) Les Etats n'ont pas les moyens financiers de sauver toutes les banques et les sauvetages en cours, en récompensant les mauvais gestionnaires et en empêchant l'émergence de nouveaux acteurs plus performants, prolongent la crise et la transforment en dépression.
2) Les Etats ont des possibilités juridiques pour non pas empêcher la faillite des banques mais pour l'ordonner de manière à diminuer le risque d'une panique.
Bien sûr, le risque d'un «bank run» n'est pas nul et les conséquences en sont violentes. Mais ce n'est rien par rapport à la faillite d'un Etat.
En France, où l'expropriation (des autres) ne fait pas peur, on se dit que la banqueroute lessivera les créanciers de l'Etat puis on repartira comme en 40 avec un Etat désendetté de nouveau prêt à distribuer à pleines mains aux assistés et aux parasites habituels.
Mais ce n'est pas du tout cela qui va se passer : la banqueroute de l'Etat, ce sont les épargnants qui sont ruinés, c'est l'économie qui s'effondre. L'Etat, discrédité, ne trouve plus de créanciers, les fonctionnaires ne sont plus payés, les assistés et les parasites non plus (ils occuperont leur oisiveté à faire des émeutes pour réclamer l'argent qui n'existe plus).
Je n'oublie pas, et vous non plus, n'oubliez pas, que la révolution française et les millions de morts, en comptant les guerres napoléoniennes, qui en ont résulté a commencé par une banqueroute.
Alors, entre une faillite des banques et celle de l'Etat, je préfère la première (2).
Mais, alors, pourquoi n'est-ce pas la solution qui a a été choisie ?
Essentiellement, à mon avis, parce que les politiciens sont restés dans un état mental d'avant la crise : un Etat ne peut pas faire faillite, on ouvre les vannes du déficit, la popularité des gouvernants augmente (c'est au fond le point essentiel de la démarche), le fluide bienfaisant de la dépense publique se répand dans l'économie et celle-ci refleurit.
De plus, ils sont victimes de leur incompétence et de leur démagogie : ils s'attachent à ce qui se voit tout de suite au détriment de ce qui ne se voit pas encore et qui provoquera demain (qui est un autre jour) la catastrophe.
Mais il est vrai qu'ils ont l'excuse d'être soumis à une forte pression : même A. Merkel, dont le premier mouvement, refuser d'intervenir, était le bon, a fait volte-face.
(1) : vous remarquerez que les crétins qui vous prenaient pour un con il y a encore peu quand vous évoquiez cette possibilité sont nettement moins sonores.
«Beaucoup d'Etats, dont la France, vont faire faillite !»
(2) : je précise que je suis client d'une de ces banques qui peuvent faire faillite. Je ne dis donc pas cela à la légère.
jeudi, février 19, 2009
La folie injectrice (24 bis) : la malédiction des gouvernements sans principes, bis repetita ...
Il y a quelques jours, le gouvernement nous expliquait que les problèmes de la Guadeloupe étaient profonds (la paresse, constamment entretenue par l'assistanat, ne se guérit pas en un jour) et qu'il ne s'agissait pas d'acheter une paix précaire par des gratifications ponctuelles.Voilà qu'aujourd'hui, le gouvernement annonce qu'il fait précisément ce qu'il disait vouloir éviter : il achète une paix précaire (et momentanée) par des gratifications ponctuelles. Il prépare ainsi la prochaine flambée de violence, puisqu'il avalise le principe des revendications.
Bien sûr, il y a de lâcheté dans cette décision, mais pas seulement me semble-t-il.
Il y a aussi l'idée que tout se vaut, qu'on peut refuser de payer le lundi et accepter le mardi, que ce n'est pas grave, que les idées, les mots et même les décisions ne sont que des ornements pour habiller un exercice du pouvoir au fil de l'eau, comme un chien crevé.
Cela m'irait très bien, moi qui ne révère pas le pouvoir et les hommes qui l'exercent, s'ils ne sévissaient pas dans tant de domaines.
mardi, février 17, 2009
La folie injectrice (24) : la malédiction des gouvernements sans principes
Avant les élections, je vous écrivais que Nicolas Sarkozy était un homme sans principes : libéral le lundi, étatiste le mardi, centriste le mercredi, anarcho-capitaliste le jeudi, conservateur le vendredi, carliste le week-end.
Cela m'inquiétait fort. Ce girouettisme avait beau être baptisé pragmatisme par les charlatans en communication, je n'étais guère convaincu.
Depuis, mes pires craintes se sont confirmées : non seulement, cet homme est une girouette à courte vue, mais nous avons sur les bras une crise comme il en arrive tous les cinquante ans.
Pour ajouter le désespoir à l'inquiétude, il n'est pas le seul dans ce cas à accumuler les c...ries faute de ligne directrice (Obama, un second Mitterrand ?).
Quelques exemples :
> le sauvetage des banques est en réalité un sauvetage des banquiers, ce qui est bien entendu très différent.
La crise ne finira pas tant que les dettes pourries ne seront pas liquidées. Les aides gouvernementales, en rendant ces dettes pourries supportables, prolongent la crise. Il existait d'autres solutions,qui, de plus, ne coutaient rien aux Etats. Ma préférée est la transformation, par la force de la loi, des créances des banques en capital : ça lessive les créanciers et les actionnaires imprudents, ça ne coûte pas un sou aux Etats, et ça sauve les banques sans sauver les banquiers.
> Entre 75 % et 85 % du plan Obama (qui représente un an de charges sociales !) seront injectés dans l'économie après 2010, donc bien trop tard pour avoir l'effet de relance invoqué par ceux qui y croient ; approximativement la même proportion correspond à du «pork barrel», c'est-à-dire à des su-sucres pour des lobbys, n'ayant aucun rapport avec une relance économique.
> tous les plans de relance présentent le risque d'un Cygne Noir négatif, la banqueroute des Etats, contre un Cygne Noir positif, une reprise plus rapide. Très clairement, le premier est beaucoup plus dangereux que le second n'est bénéfique, cette analyse est au coeur du raisonnement d'A. Kling pour refuser les plans de relance acttuels. Or, on dirait que nos gouvernants l'ignorent complètement.
Bref, rien de très rassurant.
Cela m'inquiétait fort. Ce girouettisme avait beau être baptisé pragmatisme par les charlatans en communication, je n'étais guère convaincu.
Depuis, mes pires craintes se sont confirmées : non seulement, cet homme est une girouette à courte vue, mais nous avons sur les bras une crise comme il en arrive tous les cinquante ans.
Pour ajouter le désespoir à l'inquiétude, il n'est pas le seul dans ce cas à accumuler les c...ries faute de ligne directrice (Obama, un second Mitterrand ?).
Quelques exemples :
> le sauvetage des banques est en réalité un sauvetage des banquiers, ce qui est bien entendu très différent.
La crise ne finira pas tant que les dettes pourries ne seront pas liquidées. Les aides gouvernementales, en rendant ces dettes pourries supportables, prolongent la crise. Il existait d'autres solutions,qui, de plus, ne coutaient rien aux Etats. Ma préférée est la transformation, par la force de la loi, des créances des banques en capital : ça lessive les créanciers et les actionnaires imprudents, ça ne coûte pas un sou aux Etats, et ça sauve les banques sans sauver les banquiers.
> Entre 75 % et 85 % du plan Obama (qui représente un an de charges sociales !) seront injectés dans l'économie après 2010, donc bien trop tard pour avoir l'effet de relance invoqué par ceux qui y croient ; approximativement la même proportion correspond à du «pork barrel», c'est-à-dire à des su-sucres pour des lobbys, n'ayant aucun rapport avec une relance économique.
> tous les plans de relance présentent le risque d'un Cygne Noir négatif, la banqueroute des Etats, contre un Cygne Noir positif, une reprise plus rapide. Très clairement, le premier est beaucoup plus dangereux que le second n'est bénéfique, cette analyse est au coeur du raisonnement d'A. Kling pour refuser les plans de relance acttuels. Or, on dirait que nos gouvernants l'ignorent complètement.
Bref, rien de très rassurant.
La folie injectrice (23) : la relance de l'alcoolisme ?
D'une manière discrète mais néanmoins très forte, les plans de «relance» suppose que les politiciens sont des surhommes.Quelques centaines d'entre eux armés de quelques dizaines de statistiques seraient plus à même de prendre les bonnes décisions globales que des centaines de millions d'hommes prenant des décisions locales à l'aide de milliards d'informations.
Pourquoi pas ? Mais encore faudrait-il que nous soyions certains que ce sont des surhommes.
C'est dans ce contexte que la récente conférence de presse du ministre japonais de l'économie prend tout son relief : il était ivre. Je ne l'en blâme pas, le penchant pour la dive bouteille ne rend pas forcément antipathique, mais il devient difficile de croire qu'il est de l'essence supérieure des surhommes.
Et si le ministre de l'économie de la deuxième puissance économique mondiale n'est pas un surhomme, quel politicien le sera ?
vendredi, février 13, 2009
La folie injectrice (22) : la (presque) passe de 4 d'Obama
Sur Econ Log, vous trouverez une liste des 4 erreurs de politique économique des gouvernements américains de la grande dépression, en plus du gaspillage (c'est bien le moment !) que représentent les plans dits de relance :
1) Hausse des tarifs douaniers et protectionnisme
2) Forcer les patrons à maintenir des salaires élevés
3) Augmenter les impôts sur le revenu.
4) essayer d'empêcher les prix de chuter
Pour l'instant, Obama a commis les erreurs 2 (par l'intermédiaire de nouvelles règles de marchés publics) et 4 (subventions agricoles, soutien artificiel aux créances bancaires, premières tentatives de manipulation du marché immobilier).
L'erreur 1 est clairement en préparation.
Qu'est-ce que ça serait si c'est gens ne nous répétaient pas à longueur de journées qu'ils ont tiré les leçons de la crise de 1929 et que, promis, craché, juré, ils ne recommenceront pas les mêmes erreurs !
1) Hausse des tarifs douaniers et protectionnisme
2) Forcer les patrons à maintenir des salaires élevés
3) Augmenter les impôts sur le revenu.
4) essayer d'empêcher les prix de chuter
Pour l'instant, Obama a commis les erreurs 2 (par l'intermédiaire de nouvelles règles de marchés publics) et 4 (subventions agricoles, soutien artificiel aux créances bancaires, premières tentatives de manipulation du marché immobilier).
L'erreur 1 est clairement en préparation.
Qu'est-ce que ça serait si c'est gens ne nous répétaient pas à longueur de journées qu'ils ont tiré les leçons de la crise de 1929 et que, promis, craché, juré, ils ne recommenceront pas les mêmes erreurs !
jeudi, février 12, 2009
La folie injectrice (21) : j'ai peur en voiture, surtout quand Sarkozy est au volant

Les gouvernements sont déboussolés et, dans ces cas-là, on se raccroche à ce qu'on sait faire, c'est-à-dire, pour eux, la démagogie la plus bête, la plus néfaste.
Comme l'explique bien Elie Cohen :
Plan auto : le pire des deux mondes
le plan Sarkozy pour l'automobile est protectionniste. Le premier mouvement de refus de Christian Streiff, PDG de Peugeot-Citroen, était le bon, il aurait du en rester là.
J'ai peur.
Je ne plaisante pas : les lois protectionnistes Smoot-Hawley ont transformé la crise de 1929 en longue dépression.
Les proclamations affirmant qu'on a tiré les leçons du passé sont creuses, nous voyons au contraire se dérouler sous nos yeux, lentement mais sûrement, ce que je redoute depuis des mois, la transformation de la crise en dépression du fait de l'intervention intempestive des Etats.
mercredi, février 11, 2009
La folie injectrice (20) : je ne suis pas le seul à m'inquiéter
Il serait intéressant de lire ce genre d'articles dans la presse française. Il ne faut hélas pas y compter.
It's not a stimulus bill
There is no stimulus free lunch
It's not a stimulus bill
There is no stimulus free lunch
samedi, février 07, 2009
La folie injectrice (19) : et la morale dans tout ca ?
Voici un article de Loïc Abadie, qui croit encore plus que moi (si, si, c'est possible)que les actuels plans de relance sont néfastes :
Keynésianisme et morale financière
Là nous touchons le sommet de l'absurdité du système actuel.
Nous voyons des dirigeants fustiger les banquiers et les spéculateurs pour avoir pris trop de risques avant la crise (alors que ce sont ces mêmes dirigeants qui les ont incité à le faire), puis demander ensuite à ces mêmes banquiers de relancer le crédit à n'importe quel prix.
En France, 60% des ménages pourront ainsi bénéficier de prêts à taux zéro garantis par l'état. Message clair (qui se fait même menaçant ces derniers temps) adressé aux banques : prêtez à fond à n'importe qui, ne vous occupez surtout pas des risques, on vous couvre !
Aux USA, en Angleterre et dans d'autres pays, on met en place des « bad banks », consistant à décharger les banques de tous les mauvais choix faits auparavant, et on les inonde dans le même temps de liquidités (quantitative easing) afin qu'elles puissent prêter encore et toujours plus...Les exemples pourraient être multipliés presque à l'infini.
Ensuite on dit au « bon peuple » qu'il va y avoir des « règlementations plus strictes » (où ???) et de la « morale ».
Il s'agit sans doute de la « morale » très spéciale de la génération baby-boom (également connue sous le nom de génération 68), actuellement au pouvoir, qui consiste :
- A consommer avant de produire et de travailler, et à faire produire par des pays émergents naïfs (mais ils ne le resteront pas toujours, sauf dans les rêves des baby-boomers !) les biens dont on a besoin en les payant avec dettes, et si nécessaire avec de la monnaie qui ressemblera de plus en plus à de la monnaie de singe, en espérant que ce système pourra durer éternellement.
- A prendre de l'argent aux agents économiques (ménages, entreprises et autres) qui sont restés responsables et raisonnables, ainsi qu'aux générations futures (elles aussi ne resteront pas éternellement aussi naïves !) pour le donner à ceux qui font le plus de bêtises et de cavalerie...Cette « grande» idée a un nom : le socialisme.
Keynésianisme et morale financière
Là nous touchons le sommet de l'absurdité du système actuel.
Nous voyons des dirigeants fustiger les banquiers et les spéculateurs pour avoir pris trop de risques avant la crise (alors que ce sont ces mêmes dirigeants qui les ont incité à le faire), puis demander ensuite à ces mêmes banquiers de relancer le crédit à n'importe quel prix.
En France, 60% des ménages pourront ainsi bénéficier de prêts à taux zéro garantis par l'état. Message clair (qui se fait même menaçant ces derniers temps) adressé aux banques : prêtez à fond à n'importe qui, ne vous occupez surtout pas des risques, on vous couvre !
Aux USA, en Angleterre et dans d'autres pays, on met en place des « bad banks », consistant à décharger les banques de tous les mauvais choix faits auparavant, et on les inonde dans le même temps de liquidités (quantitative easing) afin qu'elles puissent prêter encore et toujours plus...Les exemples pourraient être multipliés presque à l'infini.
Ensuite on dit au « bon peuple » qu'il va y avoir des « règlementations plus strictes » (où ???) et de la « morale ».
Il s'agit sans doute de la « morale » très spéciale de la génération baby-boom (également connue sous le nom de génération 68), actuellement au pouvoir, qui consiste :
- A consommer avant de produire et de travailler, et à faire produire par des pays émergents naïfs (mais ils ne le resteront pas toujours, sauf dans les rêves des baby-boomers !) les biens dont on a besoin en les payant avec dettes, et si nécessaire avec de la monnaie qui ressemblera de plus en plus à de la monnaie de singe, en espérant que ce système pourra durer éternellement.
- A prendre de l'argent aux agents économiques (ménages, entreprises et autres) qui sont restés responsables et raisonnables, ainsi qu'aux générations futures (elles aussi ne resteront pas éternellement aussi naïves !) pour le donner à ceux qui font le plus de bêtises et de cavalerie...Cette « grande» idée a un nom : le socialisme.
jeudi, février 05, 2009
La folie injectrice (18) : Yes, we can (not)
J'aurais pu aussi titrer ce message No change has come to America.
En matière de sauvetage des banques, le gouvernement Obama reprend le pire de la politique de Bush, le sauvetage des banques aux frais du contribuable sans discussion.
Les histoires de bonus et de salaires, c'est de la poudre aux yeux pour les gogos.
Le sauvetage des banques qui serait à la fois sain et efficace, sans rien couter au contribuable, consisterait à forcer la transformation des créances en capital. Cela ratiboiserait les créanciers et les actionnaires imprudents des mauvaises banques.
L'autre possibilité, plus radicale, est de laisser les mauvaises banques faire faillite les banques et de récupérer les dettes des faillis à prix cassés.
Bien entendu, les dits actionnaires et créanciers ne veulent à aucun prix de ces solutions et ils ont l'oreille du gouvernement Obama. C'est vrai que la révolution par rapport à Bush crève les yeux !
La seule chose qui puisse nous sauver de la dépression, c'est que les Américains rétablissent la santé de leur économie malgré leur gouvernement.
Accrochez vos ceintures.
The bad bank assets proposal : even worse than you imagined
En matière de sauvetage des banques, le gouvernement Obama reprend le pire de la politique de Bush, le sauvetage des banques aux frais du contribuable sans discussion.
Les histoires de bonus et de salaires, c'est de la poudre aux yeux pour les gogos.
Le sauvetage des banques qui serait à la fois sain et efficace, sans rien couter au contribuable, consisterait à forcer la transformation des créances en capital. Cela ratiboiserait les créanciers et les actionnaires imprudents des mauvaises banques.
L'autre possibilité, plus radicale, est de laisser les mauvaises banques faire faillite les banques et de récupérer les dettes des faillis à prix cassés.
Bien entendu, les dits actionnaires et créanciers ne veulent à aucun prix de ces solutions et ils ont l'oreille du gouvernement Obama. C'est vrai que la révolution par rapport à Bush crève les yeux !
La seule chose qui puisse nous sauver de la dépression, c'est que les Américains rétablissent la santé de leur économie malgré leur gouvernement.
Accrochez vos ceintures.
The bad bank assets proposal : even worse than you imagined
mercredi, février 04, 2009
La folie injectrice (17) : quand les Etats feront banqueroute, la prese française en parlera-t-elle ?
Vincent Bénard publie un excellent article sur son blog :
Hyperinflation ou faillite des Etats, quel sera le prochain cygne noir ?
Comme lui, je suis frappé de l'unanimité relanciste de la presse française.
Sur BFM ou dans Les Echos, on commence à entendre de timides objections. Cependant, même eux ont comme une opinion de fond «La relance est très dangereuse mais nécessaire.»
Que les politiques étatistes de relance massive et de sauvetage généralisé aggravent la crise et soient à éviter n'est pas une idée recevable dans les medias français.
A contrario, dans la presse américaine, le débat et vif, et instructif, depuis des mois.
Par exemple, voici les deux derniers articles que je viens de lire.
Stimulus just digs debt hole deeper
The stimulus package is more debt we don't need
Washington could use less Keynes and more Hayek
Big risks for US in trying to value bad bank assets
On trouve du coté opposé, Krugman, le récent prix Nobel, du New York Times.
Il est vrai que nous sommes si intelligents, si fins, si cultivés, et les Américains si bêtes, si incultes et si abrutis ....
Hyperinflation ou faillite des Etats, quel sera le prochain cygne noir ?
Comme lui, je suis frappé de l'unanimité relanciste de la presse française.
Sur BFM ou dans Les Echos, on commence à entendre de timides objections. Cependant, même eux ont comme une opinion de fond «La relance est très dangereuse mais nécessaire.»
Que les politiques étatistes de relance massive et de sauvetage généralisé aggravent la crise et soient à éviter n'est pas une idée recevable dans les medias français.
A contrario, dans la presse américaine, le débat et vif, et instructif, depuis des mois.
Par exemple, voici les deux derniers articles que je viens de lire.
Stimulus just digs debt hole deeper
The stimulus package is more debt we don't need
Washington could use less Keynes and more Hayek
Big risks for US in trying to value bad bank assets
On trouve du coté opposé, Krugman, le récent prix Nobel, du New York Times.
Il est vrai que nous sommes si intelligents, si fins, si cultivés, et les Américains si bêtes, si incultes et si abrutis ....
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