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mardi, mars 24, 2009

La folie injectrice (32) ne désarme pas : l'affaire Heuliez.

Pendant que la pulsion spoliatrice gagne en force, la folie injectrice continue.

Heuliez est un sous-traitant automobile au bord de la cessation de paiement.

C'est bien dommage pour lui et ses employés, mais tout le monde sait que l'industrie automobile est en sur-capacité. Avant la crise, des chiffres circulaient de 10 usines en trop en Europe. Evidemment, la résolution d'une sur-capacité passe par une diminution des capacités, c'est-à-dire par la faillite des plus faibles.

Essayer de faire vivre des sociétés agonisantes dans un secteur surcapacitaire, c'est de l'acharnement thérapeuthique couteux et sans intérêt (1). Ca ne fait que retarder l'assainissement, donc la sortie de crise. C'est pourquoi, tout à fait logiquement, la commission consultée sur l'opportunité d'une aide étatique à Heuliez a rendu un avis négatif.

Le gouvernement, par incompétence, par démagogie, passe outre : nous sommes dans un cas très net où, pour des bénéfices immédiats, d'ailleurs assez illusoires, ler gouvernement retarde la sortie de crise et hypothèque l'avenir.

Et ne parlons pas de justice : que doivent penser les concurrents d'Heuliez en meilleure situation, mieux gérés ou plus chanceux, et qui pensaient profiter de sa défaillance ?

Ah , oui, j'oubliais le prétexte officiel de ce sauvetage est qu'Heuliez développe une voiture électrique. Je m'urine dessus de rire : si la voiture électrique est rentable, point besoin des subsides étatiques. Si elle ne l'est pas, les subventions ne seront que de l'argent bien mal dépensé. Je vais vous révéler un secret de Polichinelle : la voiture électrique n'a aucun intérêt commercial, les consommateurs n'en veulent pas (2). C'est juste une pompe à finances pour soutirer des subventions et des aides.

Le plus comique, c'est que le PDG de General Motors l'avait dit il y a deux ans en des termes très crus. Maintenant qu'il a besoin de subventions, il dit exactement le contraire, mais je ne pense qu'il ait changé d'avis dans sa tête.

Une affaire Heuliez, ça n'est pas grave, mais des dizaines, des centaines, comme c'est bien parti, et c'est toute la sortie de crise qui est retardée (3). Super ! Avoir des politiciens si mauvais, c'est à se taper la tête contre les murs.

(1) : de plus, ça favorise la corruption et les magouilles. Rappelons nous la fameuse affaire Air Lib : ça aurait couté moins cher de faire à chaque employé un chèque de deux ans de salaire que de soutenir vainement cette compagnie pendant deux ans, et il n'y aurait pas eu de détournements de fonds. Avons nous la mémoire si courte ? Quand j'entends qu'il faut nationaliser les banques, je pense au Crédit Lyonnais. Suis je le seul à me souvenir au delà de la semaine dernière ?

(2) : les voitures électriques ne sont absolument pas mûres pour atteindre le confort des voitures à combustion interne.

Même à prix égal, ce qui est loin d'être le cas, la clientèle prête à accepter les inconvénients d'une voiture électrique pour pouvoir afficher une bonne conscience écolo est très restreinte.

Les voitures électriques concerneront un jour le grand public, mais ce jour n'est pas encore arrivé et, à mon avis, il est beaucoup plus éloigné qu'on le croit généralement (si je pariais, je dirais une trentaine d'années : à moins d'une percée technique par définition surprenante, le problème de la recharge et du stockage de l'électricité se résoudra très lentement). De plus, la clé me semble être également commerciale : je ne suis pas sûr que la propriété privée soit la meilleure formule pour les voitures électriques, peut-être qu'un système de location en libre service serait plus adapté.

D'ici là, le moteur à pétrole a encore de très beaux jours devant lui, quitte à ce qu'il soit de plus en plus un générateur électrique transportable, comme dans les voitures hybrides.

(3) : rappelons que c'est exactement ce qui s'est passé durant le New Deal : la pire rechute de la crise de 1929 aux USA se situe en 1937, c'est-à-dire cinq ans après l'élection de Roosevelt. Contrairement à ce qu'on entend partout, on ne tire aucune leçon du passé, on refait les mêmes erreurs.

mercredi, mars 11, 2009

La folie injectrice (31) : Keynes toujours pas ressuscité

LA MAGIQUE DÉMONSTRATION DE LORD KEYNES

« Keynes est mort », avait constaté Milton FRIEDMAN en 1975. La crédibilité scientifique de « La Théorie Générale » (1936) avait en effet été totalement ruinée par les analyses des adversaires du keynésianisme, mais aussi par les échecs de toutes les politiques qu’il avait inspirées. Aujourd’hui, avec la crise, et la façon dont y répondent les politiciens, c’est le retour de l’Etat, c’est le retour de Keynes. Mais la démonstration de Keynes aurait-elle retrouvé quelque valeur explicative ? Certainement pas : elle est toujours aussi fallacieuse. Cela mérite d’être dit, car il faut démasquer une supercherie aujourd’hui fatale.

Keynes veut prouver qu’une économie de marché laissée à elle-même débouche mécaniquement sur le chômage massif. Une intervention de l’Etat est donc indispensable pour retrouver le « plein emploi ». Reste à le démontrer. Pour y parvenir Keynes introduira pas moins de huit hypothèses, qui sont huit raccourcis sans aucun fondement. Pour expliquer ces tours de passe-passe je dois d’abord résumer le cheminement de la théorie Générale. Écoutons Lord Keynes.

Dans une économie, en un moment donné, le niveau de l’emploi global dépend du niveau de la demande globale anticipé par les entrepreneurs : ils n’embaucheront que s’ils ont la perspective de vendre leur production. La demande globale a deux composantes, la consommation et l’investissement. La consommation privée manque de dynamisme, à cause d’une « loi psychologique fondamentale » : plus de revenu conduit à plus d’épargne (la « propension marginale à consommer » son revenu excédentaire est inférieure à un). La léthargie de la consommation peut-elle être compensée par le dynamisme de l’investissement ? L’investisseur regarde ce que lui rapporte sa dépense en équipement (« efficacité marginale du capital ») et ce que lui coûte l’emprunt nécessaire pour la financer (taux d’intérêt). Or, l’efficacité marginale ne cessant de diminuer au fur et à mesure de l’accumulation du capital, il faudrait que le taux d’intérêt s’abaisse également.

Le taux d’intérêt dépend d’un choix de l’épargnant : veut-il placer son épargne ou la conserver sous forme liquide ? La demande de liquidité est faite de trois composantes : encaisses de transaction (avoir toujours un volant de trésorerie), de précaution (faire face à des dépenses inattendues), de spéculation. Les encaisses de transaction et de précaution sont stables, tandis que les encaisses de spéculation augmentent avec la baisse des taux d’intérêt. Donc, en dessous d’un taux d’intérêt critique, la préférence pour la liquidité devient totale, l’épargnant ne veut plus engager son argent, trop mal rémunéré. Si les banques mettent des liquidités sur le marché en créant de la monnaie, celle-ci ne fait plus retour sous forme d’investissement, elle grossira une encaisse devenue stérile : c’est la « trappe monétaire ».

L’investissement ne peut donc pas davantage relancer l’économie que la consommation. La « demande globale spontanée » est insuffisante. Faute de débouchés suffisants, les entrepreneurs n’ont donc aucune raison d’embaucher. Aussi l’insuffisance de la demande globale spontanée doit-elle être compensée par une demande de la part des pouvoirs publics : les dépenses de l’Etat vont prendre le relais pour assurer un plein emploi qui sans cela ne sera jamais atteint. CQFD.

Magistral, magique, irréfutable. Voici maintenant les huit hypothèses sous-jacentes.


1° L’emploi global dépend de la demande globale. On est dans le « global », et une relation mécanique s’établit entre l’embauche de toutes les entreprises et leurs débouchés. Les entrepreneurs embauchent ou licencient au hasard de la conjoncture qu’ils anticipent. Il n’y a donc aucune flexibilité dans le processus de production, qui est le même pour tous.

2° Seule la demande est prise en compte parce qu’à court terme les entrepreneurs ne modifient pas les conditions de leur offre, les effets d’un investissement et de la productivité n’interviennent qu’à long terme, or « à long terme nous serons tous morts », disait Keynes.





3° La consommation n’augmente pas aussi vite que le revenu. Cette « loi psychologique » a été démentie par la mise en évidence (par Friedman) d’un « revenu permanent » : les consommateurs ne changent pas leurs habitudes à la moindre variation de leurs gains.


4° L’efficacité marginale du capital diminuerait. Keynes veut faire croire à la « baisse tendancielle des profits » imaginée par Ricardo et Marx. Pourquoi la baisse ? Qui l’a vue ?


5° La théorie des encaisses suppose que l’épargnant ne considère que le taux d’intérêt lié à la spéculation. Les ménages ont en réalité une demande d’encaisses réelles tout à fait stable. Ils connaissent leur niveau « d’encaisses réelles désirées » et n’ont pas l’habitude d’accumuler de l’argent qui ne sert à rien, l’argent supplémentaire ne passe pas « à la trappe ».


6° Le financement de la dépense publique importe peu. Le budget peut être mis en déficit. Donc on ignore « l’effet d’éviction » : pas besoin d’impôt pour relancer l’activité, donc pas de risque que la dépense publique « évince » la dépense privée.


7° Les déficits de l’Etat sont financés par la banque centrale. Cette création monétaire mène à l’inflation, Keynes en convient, mais l’inflation est le prix à payer pour le plein emploi.


8° La relance va s’opérer grâce au miracle du multiplicateur d’investissement public : un euro de dépense publique permet de distribuer des dizaines d’euros à ceux qui retrouvent un emploi, dans un programme de grands travaux par exemple.


Au total, la théorie de Keynes est une théorie de la demande, du court terme, de la nocivité de l’épargne. L’entrepreneur n’est pris en compte que pour ses anticipations pessimistes, il n’y a ni innovation, ni création d’emplois. L’épargnant ne sait pas quoi faire de son argent. Le travailleur subit les méfaits de la conjoncture. Seul l’Etat peut sauver tout le monde.


Voilà la démonstration terminée, le magicien a sorti son lapin. Au prix de raccourcis et d’erreurs, il est arrivé à ses fins. C’est ce que le doyen Alain BARRERE avait appelé « le finalisme keynésien ». La fin justifie les moyens.

Quand va-t-on en finir avec la magie, et avec le magicien ?

Jacques Garello

Le 9 mars 2009

jeudi, mars 19, 2009

L'obsession spoliatrice (1) : prendre l'argent aux riches, c'est justice

Prendre l'argent aux riches, c'est justice.

C'est ce qu'on lit et ce qu'on entend ces jours-ci.

Après la folie injectrice, il est bien naturel que nous passions à l'obsession spoliatrice, version moderne de la fable où la cigale, après avoir distribué des avantages exquis tout l'été aux copains, aux clients et aux gueulards, utilise le fisc pour braquer la fourmi.

J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi c'est juste de prendre plus d'argent, en proportion de leurs revenus, aux riches qu'aux autres.

Ils ne l'ont pas volé cet argent, que je sache. Pourquoi devraient ils moins en jouir que les autres ?

Quand je pose cette question, on commence par me répondre : «Comme ils sont plus riches, il est normal qu'ils fassent plus d'efforts de solidarité». Vous savez ce que je pense de la «solidarité» étatique, un voile pudique dissimulant une lutte sans merci pour participer au recel du vol fiscal. Cette réponse me fait donc bien rire.

J'insiste. Cela finit généralement par : «ils n'ont pas besoin de tout ça».

Nous voilà alors au fond du problème. Ceux qui ont moins estiment, c'est assez naturel, que ceux qui ont beaucoup plus qu'eux versent dans le superflu. Pourquoi une Aston Martin quand une Clio suffit ?

Certes, mais c'est affaire d'opinion personnelle. Et si moi je retire un vif plaisir de conduire mon Aston Martin bleu ciel à sièges rose bonbon que j'ai gagnée à la sueur de mon front, quelle est la légitimité de m'en empêcher ? Tout simplement aucune.

Toute atteinte à la propriété privé me préoccupe, même si je suis loin d'avoir les moyens de l'Aston Martin de mes rêves.

Je n'oublie pas, contrairement à d'autres, que le propriété est le garant matériel de la liberté. C'est parce que je fais ce que je veux de ce que je possède et dont je suis responsable, que je suis libre.

Voltaire l'avait bien compris, lui qui avait méthodiquement entrepris de faire fortune : sans argent, pas de domaine de Fernet-Voltaire hors d'atteinte de la colère des puissants.

C'est pourquoi les attaques contre la propriété sont toujours des formes dissimulées d'offensives contre la liberté.

C'est vrai qu'il y en a pour qui restreindre la liberté d'autrui n'est pas gênant, voire est souhaitable. Je ne suis pas de ceux-là.

De nos jours, il suffit d'avoir un bon plan de communication pour justifier et faire accepter (avec les meilleures intentions du monde, bien entendu !) n'importe quelle atteinte aux droits élémentaires.

Voilà pour l'aspect philosophique.

Quant à l'aspect pratique, est-ce seulement nécessaire d'en parler ? La France est ce pays qui importe des pauvres et exporte des riches. Et nous nous croyons intelligents !


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Quant à l'éditorial du Figaro de ce matin, je l'approuve :

Frondeuse France

L'éditorial de Yves Thréard du 19 mars.

Donc la grève et des manifestations. Comme le 29 janvier. Et en attendant les prochaines. Aux incertitudes que provoque la crise économique s'oppose une évidence : la grogne sociale est partie pour durer. A-t-elle d'ailleurs jamais cessé ?

Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, la France n'en finit pas d'exprimer ses mécontentements en ordre rangé sur les pavés de la République. Contrairement à d'autres pays, elle n'a jamais connu le plein-emploi, pas plus que de fortes périodes de croissance. Elle n'a jamais accepté de se réformer en profondeur. Elle ne s'est jamais affranchie de la surenchère exercée par des syndicats pourtant numériquement faibles. Elle préfère défiler dans la rue quand le temps se gâte plutôt que de trouver des solutions négociées. Contrairement à d'autres, enfin, elle est l'otage de ses fonctionnaires et agents assimilés, toujours en première ligne.

Depuis Pompidou, les présidents passent, les ciels cléments sont de courte durée, mais les récriminations permanentes. Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac sont, chacun, arrivés porteurs d'espoirs avant de se transformer en gestionnaires obligés du fameux modèle social français issu de la guerre. Cédant sous la pression des résistances, de la «gréviculture» ou des hoquets de la conjoncture internationale.

Et maintenant, avec Sarkozy ? On est tenté de répondre que rien, ou presque, n'a changé sous les crânes de la contestation. Même en accédant à toutes les revendications, diffuses et confuses, présentées par les syndicats, la colère resterait jusqu'au-boutiste. Pareille faveur, qui se traduirait immanquablement par une augmentation des salaires et des dépenses publiques, déboucherait sur une dangereuse faillite qui, elle-même, engendrerait une violente explosion sociale.

La tempête économique est une dramatique réalité - il ne s'agit pas de la nier -, mais elle ne suffit pas à expliquer la singulière réaction française, mélange d'inquiétudes fondées et de révoltes spontanées. Depuis près de quarante ans, cet état d'esprit frondeur est comme inscrit dans notre ADN. Une profession crie son indignation, un avantage catégoriel est menacé, une réforme dérange des habitudes, il se trouve toujours, dans les sondages, une majorité de l'opinion pour applaudir l'étendard de la protestation sur son passage. Ainsi, 78 % des Français estiment justifiée la mobilisation d'aujourd'hui.

Contre quoi ? La mauvaise politique économique du gouvernement ? Sauf à raser gratis, comme on l'a déjà dit, celui-ci a une faible marge de manœuvre. Mais nul ne l'admettra. La solution est aussi mondiale.

Contre qui ? On retrouve, bien sûr, Nicolas Sarkozy, sa personnalité autant que sa politique. Dans la crise, l'antisarkozysme est devenu, pour beaucoup, un nouvel humanisme, posture morale suspectant tout ce qui touche à l'argent, aux entreprises, aux patrons, au pouvoir. En fait, les manifestants rêvent d'un ordre nouveau, mais qui n'entamerait pas leurs propres avantages et droits acquis. Paradoxe ancien, bien français, qui dépasse, de loin, la seule défiance à Nicolas Sarkozy.

lundi, février 23, 2009

La folie injectrice (25) : regarde les banques tomber

J'ai longtemps fluctué sur cette question du sauvetage des banques.

En bon libéral, je trouvais normal que l'Etat n'intervienne pas et laisse les banques faire faillite.

Puis, matraqué par les medias, je me suis dit que des faillites en chaine auraient été une catastrophe.

Aujourd'hui, je m'aperçois que nous risquons de tomber de Charybde en Sylla, soit des faillites des banques, soit des faillites des Etats (1) s'épuisant à sauver les secteurs en péril, dont les banques.

Suite à la fréquentation d'Econ Log et de La déflation arrive, je me suis fait à l'idée que :

1) Les Etats n'ont pas les moyens financiers de sauver toutes les banques et les sauvetages en cours, en récompensant les mauvais gestionnaires et en empêchant l'émergence de nouveaux acteurs plus performants, prolongent la crise et la transforment en dépression.

2) Les Etats ont des possibilités juridiques pour non pas empêcher la faillite des banques mais pour l'ordonner de manière à diminuer le risque d'une panique.

Bien sûr, le risque d'un «bank run» n'est pas nul et les conséquences en sont violentes. Mais ce n'est rien par rapport à la faillite d'un Etat.

En France, où l'expropriation (des autres) ne fait pas peur, on se dit que la banqueroute lessivera les créanciers de l'Etat puis on repartira comme en 40 avec un Etat désendetté de nouveau prêt à distribuer à pleines mains aux assistés et aux parasites habituels.

Mais ce n'est pas du tout cela qui va se passer : la banqueroute de l'Etat, ce sont les épargnants qui sont ruinés, c'est l'économie qui s'effondre. L'Etat, discrédité, ne trouve plus de créanciers, les fonctionnaires ne sont plus payés, les assistés et les parasites non plus (ils occuperont leur oisiveté à faire des émeutes pour réclamer l'argent qui n'existe plus).

Je n'oublie pas, et vous non plus, n'oubliez pas, que la révolution française et les millions de morts, en comptant les guerres napoléoniennes, qui en ont résulté a commencé par une banqueroute.

Alors, entre une faillite des banques et celle de l'Etat, je préfère la première (2).

Mais, alors, pourquoi n'est-ce pas la solution qui a a été choisie ?

Essentiellement, à mon avis, parce que les politiciens sont restés dans un état mental d'avant la crise : un Etat ne peut pas faire faillite, on ouvre les vannes du déficit, la popularité des gouvernants augmente (c'est au fond le point essentiel de la démarche), le fluide bienfaisant de la dépense publique se répand dans l'économie et celle-ci refleurit.

De plus, ils sont victimes de leur incompétence et de leur démagogie : ils s'attachent à ce qui se voit tout de suite au détriment de ce qui ne se voit pas encore et qui provoquera demain (qui est un autre jour) la catastrophe.

Mais il est vrai qu'ils ont l'excuse d'être soumis à une forte pression : même A. Merkel, dont le premier mouvement, refuser d'intervenir, était le bon, a fait volte-face.

(1) : vous remarquerez que les crétins qui vous prenaient pour un con il y a encore peu quand vous évoquiez cette possibilité sont nettement moins sonores.

«Beaucoup d'Etats, dont la France, vont faire faillite !»


(2) : je précise que je suis client d'une de ces banques qui peuvent faire faillite. Je ne dis donc pas cela à la légère.

mardi, février 24, 2009

La folie injectrice (26) : un désastre annoncé

Les journaux américains voient fleurir des titres du genre «Le Trésor peut-il faire face ?».

En France, où l'hystérie étatiste se porte encore bien, on est d'une discrétion de rosière sur le sujet, mais on sent les relancistes un peu moins à l'aise.

Deux manières de voir ce sujet :

> quand les journalistes s'intéressent à un problème, c'est en général un faux problème. C'est plutôt rassurant.

> il arrive qu'un vrai problème soit si flagrant que même les journalistes s'en aperçoivent. C'est plutôt inquiétant.

Si la deuxième hypothèse s'avérait juste, j'aurais l'amère satisfaction, avec d'autres, de vous avoir annoncé depuis déjà que la logique relanciste était folle (mon premier message «La folie injectrice» date du 26 novembre 2008, bien tard).

mardi, mars 10, 2009

La folie injectrice (28) : la fin de l'Etat-Mamma n'est peut-être pas pour demain

La France est plus qu'à demi une URSS : : 55 % du PIB vient de l'Etat, plus de la moitié des adultes touchent leur revenu principal de l'Etat.

Comme l'URSS et pour les mêmes raisons, l'Etat français est impossible à réformer, trop de gens ont intérêt à s'opposer à la moindre tentative d'évolution, même du plus pur bon sens (voir les manifestations grotesques des enseignants-chercheurs). Le système est trop fort et trop répandu.

L'Etat français a donc le choix entre l'écroulement ou la continuation sans changement.

Bien sûr, beaucoup de signes pointent vers l'écroulement : la combinaison de la crise et du vieillissement de la population crée un mur de dettes impressionnant.

Mais il reste à l'Etat des armes pour éviter à la fois l'écroulement et la réforme : l'inflation et l'augmentation des impots.

Bien sûr, l'usage de ces deux armes est extrêmement difficile, mais, la panique aidant, je ne doute pas que les technocrates feront encore une fois la preuve de leur néfaste imagination en la matière.

Si, en 1975, on avait dit aux «experts» : «Ceci est le dernier budget en équilibre. Pendant les 40 ans qui viennent, l'Etat français sera systématiquement et significativement en déficit», pas un n'y aurait cru.

L'écroulement ne me paraît pas l'hypothèse la plus probable. Mon scénario favori est «le parasite tue son hôte». A force d'inflation et de taxes, la spoliation des épargnants et des entreprenants sera radicale, mais l'Etat, les hommes de l'Etat et leurs assistés ne feront aucun effort, subiront des peines insignifiantes.

mardi, décembre 02, 2008

La folie injectrice (4) : la bagnole, c'est sacré

Les gouvernements des deux cotés de l'Atlantique s'apprêtent à aider financièrement les fabricants d'automobiles.

Or, il y a unanimité pour admettre que leurs difficultés sont structurelles, une offre trop abondante, et que la crise n'est qu'un révélateur.

Les gouvernements, en contrepartie de leur aide, demanderont des choses. C'est normal, qui paye commande.

Le gouvernement français a déjà annoncé qu'il attend des «efforts en termes d'emplois», c'est-à-dire, en clair, qu'il interdit les fermetures d'usines.

Autrement dit, les aides gouvernementales sont conditionnées au fait de ne pas régler les problèmes.

Loin d'être une anomalie, ça devient un comportement répétitif.

Déjà, les aides aux banques étaient assorties d'une exigence de facilité d'accès au crédit, ce qui était également une manière d'exiger des banques qu'elles ne règlent pas leurs problèmes en contrepartie des aides étatiques.

Et c'est normal : les Etats sont à l'origine, à travers la réglementation et la fiscalité, de la crise actuelle.

Les actions des Etats qui ont mené à ce désastre étaient guidées par la conception erronée qui fait de la consommation un bien et de l'épargne un mal.

Les banques et les industriels sont obligés de se remettre en cause, mais pas encore les gouvernements (ça viendra).

La remise en cause gouvernementale n'ayant pas eu lieu, il est parfaitement logique, quoique dommageable, que les gouvernants continuent sur la lancée intellectuelle qui a abouti à la crise et persistent à considérer comme un bien (les dettes risquées, les emplois inutiles, etc ...)ce qui est en réalité la cause du cataclysme. A leur manière, les gouvernements vivent toujours dans le monde d'avant la crise.

Cette crise est celle du «capitalisme sans capital». Tant que les hommes de l'Etat ne l'auront pas compris, tant qu'ils ne favoriseront pas l'accumulation de capital et l'efficacité économique plutôt que l'endettement, toutes leurs mesures n'aboutiront qu'à prolonger la crise.

Il pourra y avoir des rémissions, mais elles seront toujours suivies d'une rechute.

Vous voulez un signe sûr que l'on approche de la sortie de la crise ? C'est simple : quand un politicien revendiquera l'expression «rigueur budgétaire», en fera un étendard et s'en glorifiera, alors, le bout du tunnel ne sera pas loin.

mercredi, mars 11, 2009

La folie injectrice (30) : «un biais idéologique»

D'après le journal Le Monde, ceux qui refusent la nationalisation des banques seraient victimes d'un «biais idéologique», une maladie honteuse, une psychorigidité malencontreuse, qui peine les technocrates qui nous entourent, à l'esprit si souple et à l'imagination si féconde.

Rappelons tout de même qu'il y a quelques excellentes raison, bien réelles et non le produit d'un fantasmatique «biais idéologique» de s'opposer à la nationalisation des banques :

> les Etats se sont révélés, toujours et presque partout, de très mauvais banquiers et pour des raisons faciles à comprendre : le clientélisme, la démagogie, la négligence de la rentabilité, l'incompétence.

> cette solution n'est probablement ni la meilleure ni la plus juste. La solution de triage d'A. Kling paraît beaucoup plus pertinente : faillite des banques les plus mal en point (le ratio mu peut être un critère de choix), aide aux banques en difficultés passagères, liberté pour les autres.

> on nous martèle à longueur de journées qu'une faillite bancaire, c'est la catastrophe. Mais la catastrophe pour qui ? Ses dirigeants, ses actionnaires, ses créanciers et ses employés. Ca fait du monde, mais ce n'est pas non plus la terre entière. Le maintien en survie artificielle des banques zombies prolonge la crise. Actuellement, on ne sauve pas les banques, mais les banquiers.

Mais la tentation est trop forte pour les hommes de l'Etat de mettre leurs pattes partout.

La nationalisation de certaines banques n'a de sens que si elle est une forme déguisée de mise en faillite et de liquidation. Malheureusement, les pulsions politiciennes étant ce qu'elles sont, il y a très peu de chances que ça se passe ainsi.

En réalité, le «biais idéologique» ne serait-il pas du coté des étatistes ?

samedi, décembre 06, 2008

La folie injectrice (8) : l'agonie la plus chère du monde

En échange des 40 Mds $ nécessaires au sauvetage de Ford, Chrysler et GM, le Congrès s'apprête à exiger que ces firmes soient gérées suivant des critères politiques (voitures vertes et préservations des avantages acquis de l'UAW).

Nous, Français, qui avons l'expérience de ces choses avec la RNUR (la Régie Nationale des Usines Renault, pour les plus jeunes), savons que c'est la condamnation à mort de Detroit : une boite peut se relever de mauvaises décisions économiques.

Par contre, elle ne se relève jamais d'être dirigée par la politique, car la politique et la rentabilité sont comme l'eau et l'huile, elles ne se mélangent pas.

Or, quand tout est dit, pour qu'une société soit pérenne, il faut qu'elle soit rentable. Donc, la politique est le bourreau d'une société privée.

Si les Big Three n'obtiennent pas d'aide du Congrès, elles meurent.Si les Big Three obtiennent une aide du Congrès, elles meurent aussi, mais c'est plus cher, plus long et plus douloureux.

La suite des événements ?

L'aide du Congrès arrive, les coûts ne sont pas réduits, les voitures vertes ne se vendent pas, les Big Three demandent encore plus d'aides, le Congrès ne pouvant se dédire de la catastrophe qu'il a lui-même provoqué accorde ces aides supplémentaires tout en passant des lois (taxes, normes) pour obliger d'une manière ou d'une autre les consommateurs américains à acheter GM, Ford et Chrysler. Mais comme on ne peut pas obliger les consommateurs étrangers, ces voitures ne s'exporteront pas, donc les trois grands seront toujours au bord de la faillite.

Ca va durer des années, couter des centaines de milliards de dollars (certains disent 2 ou 3), pour rien, pour un résultat connu d'avance. GM, c'est L'Air Lib des Américains (en matière de catastrophes provoquées par l'interventionnisme étatique, nous pouvons leur donner des leçons, nous ne sommes pas à court d'exemples).

Ca s'arrêtera quand suffisamment de législatures (et de milliards de dollars) auront passé et que les parlementaires ne se sentiront plus engagés par la décision de sauvetage initiale.

Le contribuable US n'a pas fini de payer pour des voitures dont il ne veut pas.

jeudi, novembre 27, 2008

La folie injectrice (2) : les scénarios

Les Etats injectent des centaines de milliards dans l'économie. C'est ce que l'on voit.

Les Etats prélèvent par la force, les impots, ou par l'appel au volontariat, l'emprunt, des centaine de milliards sur l'économie. C'est ce que l'on ne voit pas.

Or, dans la logique habituelle de la politique, on est occupé à sauver le passé, qui existe et qui vote, plutôt qu'à préparer l'avenir, qui n'existe pas encore et qui ne vote pas.

Ou, pour présenter les choses autrement, les Etats prélèvent de l'argent sur les parties saines de l'économie pour le donner aux parties malsaines. C'est, sous couvert d'un mécanisme complexe, un extraordinaire gaspillage.

Bien sûr, la destruction des parties malsaines, tout comme leur sauvetage, à un coût, c'est pourquoi la question se pose de savoir si il faut sauver ou laisser périr.

Mais les Etas sont-ils en mesure de décider ? Ont-ils les bonnes informations ? Bien évidemment que non (il suffit de relire l'article de Hayek sur le mécanisme des prix et l'information). On voit (presque) tout ce qu'on perdrait à laisser couler GM mais on ne voit pas, ou l'on ne veut pas voir, tout ce qu'on perdrait à le sauver (je prends volontairement un exemple américain). C'est le combat du passé contre l'avenir aux frais du contribuable.

Bref, après un gigantesque gaspillage privé, nous assitons à un non moins grandiose gaspillage public.

Quelles vont en être les conséquences ?

Je ne sais pas, je ne suis pas Madame Soleil, circulez, y a rien à voir :-)

Deux scénarios s'opposent :

1) La déflation. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Les Etats et les banques centrales ont beau injecter des milliards, ils ne seront pas utilisés, la déflation continuera et les Etats seront étranglés par leur dette (déflation = hausse mécanique des taux d'intérêt réels). C'est la fin brutale et mouvementée des Etats-providence (on ne peut exclure que le sang coule). Le cycle économique des 60 dernières années qui avaient vu le gonflement ininterrompu des Etats se referme. C'est la thèse de Loïc Abadie par exemple. Elle est minoritaire.

2) L'inflation galopante. Après une période de latence due à l'apurement des dettes, les milliards injectés provoquent un retour de l'hyper-inflation. C'est très pénalisant pour l'économie mais les Etats sont soulagés de leur dette. C'est la thèse majoritaire.

On remarquera que ces deux thèses opposées ont pourtant un point commun : les interventions étatiques actuelles finissent par avoir des conséquences néfastes,ce qui est somme toute logique si on envisage, comme je le fais, qu'elles sont des formes élaborées de gaspillage.

jeudi, janvier 29, 2009

La folie injectrice (16) : «La reprise se fera en marchant sur le cadavre des mauvaises banques»

Deux excellents articles, hélas en Anglais, d'Arnold Kling, le tenancier d'Econ Log, dont je vous conseille la lecture régulière :

How economists analyze the simulus


Profits and recovery


Kling raisonne comme suit :

> Après un excès spéculatif, les prêteurs ne veulent plus prêter, mais, également, les emprunteurs potentiels hésitent, par prudence. Les banques sont donc moins utiles.

Croire qu'il est indispensable de sauver les banques, c'est une pensée d'avant la crise (je suis moi aussi persuadé que les gouvernements sont restés bloqués sur des schémas d'avant la crise, c'est pourquoi ils essaient contre toute logique de guérir une crise de dette par plus de dette).

> Puisque la reprise économique n'est plus alimentée par la dette, elle l'est par les profits.

Plutôt que de sauver les banques, les gouvernements feraient mieux d'organiser la faillite des banques qui sont en cessation de paiement et d'augmenter les profits des entreprises viables, par exemple en baissant, uniformément car dès que les gouvernements choisissent, ils choisissent mal (1), les charges sociales.

Puisque les gouvernements font le contraire de ce que Kling conseille, on peut conclure, si il a raison, que nous sommes mal partis, . On s'en doutait.

(1) : cf la théorie de l'information d'Hayek et la théorie des choix publics

dimanche, décembre 07, 2008

La folie injectrice (9) : il y a de l'électricité dans l'air






















Les Etats, pour maquiller leurs aides aux constructeurs automobiles, prennent prétexte d'activer l'émergence de la «voiture verte».

Je ne suis pas sûr que l'urgence écologiste soit là, mais personne ne se pose la question, parce qu'en fait, tout le monde s'en fout, le but n'étant pas de faire la politique écologiste la plus intelligente mais de sauver Renault, Peugeot, GM etc ..

Et les écolos, toujours aussi cons, sautent à pieds joints dans le piège (il est vrai qu'ils peuvent difficilement faire autrement).

C'est là qu'un articulet du magazine Le Point prend toute sa saveur : un rapport public est enterré dans un bureau de ministère parce qu'il dit «que la voiture électrique souffre de trop de handicaps pour pouvoir se substituer massivement au moteur thermique». Et ça n'est pas près de changer.

Cette politique en faveur de la «voiture verte» est donc un pur gaspillage : on va concevoir des voitures qui soient ne se vendront pas, soient se vendront un petit peu, à coup de subventions, ce qui est encore pire puisqu'on ajoute le gaspillage au gaspillage.

Ce problème de «voiture verte» n'est pas seulement technique, il est commercial : les gens se sentent très bien dans leurs voitures actuelles. Pour que la «voiture verte» soit un succès, il faudrait que ses inconvénients soient minimes par rapport aux voitures thermiques.

Or, c'est absolument impossible, il n'y a pas de miracles à attendre à brève échéance.

A problème commercial, solution commerciale. Or, je ne crois pas que les Etats soient très bons commerçants, ils peuvent juste tordre le marché en taxant les produits qui leur font concurrence.

Bref, nous ne sommes pas près de voir nos routes envahies de «voitures vertes», par contre, nous sommes sûrs de voir les fabricants de bagnoles arrosés d'une pluie d'euros sortis de nos poches (c'est d'ailleurs le but de tout ce boniment de bateleurs de foire autour la «voiture verte»).

Preuve supplémentaire que c'est du gaspillage : la voiture verte existe déjà (voir photo illustrant l'article).

mercredi, décembre 03, 2008

La folie injectrice (5) : la crise rend vraiment fou, RIP RGPP

Ca y est, c'est officieux, mais de telle manière que ça vaut de l'officiel, la RGPP est morte et sera enterrée à la sauvette.

La RGPP, c'était cette fameuse Révision Générale des Politiques Publiques qui devait permettre une réforme intelligente de l'Etat.

Maintenant, plus de réforme, plus d'intelligence, vive la crise.

Car c'est la crise qui fait dire à nos dirigeants que ce n'est pas le moment de chasser les gaspillages publics et les dépenses inutiles (1).

Je ne vois pas le rapport ou, plus exactement, je le vois en sens inverse : c'est en temps de crise que la rigoureuse gestion et le souci constant du bon emploi des deniers extorqués au contribuable à la peine devraient être prioritaires et plus que jamais nécessaires.

Visiblement, du Président de la République et de moi, l'un des deux a tort. Et je suis persuadé que ce n'est pas moi.

(1) : d'ailleurs, vous aurez remarqué que ça n'est jamais le moment : quand tout va bien, ça ne vaut pas le coup et quand tout va mal, il faut attendre que tout aille bien.

jeudi, février 05, 2009

La folie injectrice (18) : Yes, we can (not)

J'aurais pu aussi titrer ce message No change has come to America.

En matière de sauvetage des banques, le gouvernement Obama reprend le pire de la politique de Bush, le sauvetage des banques aux frais du contribuable sans discussion.

Les histoires de bonus et de salaires, c'est de la poudre aux yeux pour les gogos.

Le sauvetage des banques qui serait à la fois sain et efficace, sans rien couter au contribuable, consisterait à forcer la transformation des créances en capital. Cela ratiboiserait les créanciers et les actionnaires imprudents des mauvaises banques.

L'autre possibilité, plus radicale, est de laisser les mauvaises banques faire faillite les banques et de récupérer les dettes des faillis à prix cassés.

Bien entendu, les dits actionnaires et créanciers ne veulent à aucun prix de ces solutions et ils ont l'oreille du gouvernement Obama. C'est vrai que la révolution par rapport à Bush crève les yeux !

La seule chose qui puisse nous sauver de la dépression, c'est que les Américains rétablissent la santé de leur économie malgré leur gouvernement.

Accrochez vos ceintures.

The bad bank assets proposal : even worse than you imagined

mardi, février 17, 2009

La folie injectrice (24) : la malédiction des gouvernements sans principes

Avant les élections, je vous écrivais que Nicolas Sarkozy était un homme sans principes : libéral le lundi, étatiste le mardi, centriste le mercredi, anarcho-capitaliste le jeudi, conservateur le vendredi, carliste le week-end.

Cela m'inquiétait fort. Ce girouettisme avait beau être baptisé pragmatisme par les charlatans en communication, je n'étais guère convaincu.

Depuis, mes pires craintes se sont confirmées : non seulement, cet homme est une girouette à courte vue, mais nous avons sur les bras une crise comme il en arrive tous les cinquante ans.

Pour ajouter le désespoir à l'inquiétude, il n'est pas le seul dans ce cas à accumuler les c...ries faute de ligne directrice (Obama, un second Mitterrand ?).

Quelques exemples :

> le sauvetage des banques est en réalité un sauvetage des banquiers, ce qui est bien entendu très différent.

La crise ne finira pas tant que les dettes pourries ne seront pas liquidées. Les aides gouvernementales, en rendant ces dettes pourries supportables, prolongent la crise. Il existait d'autres solutions,qui, de plus, ne coutaient rien aux Etats. Ma préférée est la transformation, par la force de la loi, des créances des banques en capital : ça lessive les créanciers et les actionnaires imprudents, ça ne coûte pas un sou aux Etats, et ça sauve les banques sans sauver les banquiers.

> Entre 75 % et 85 % du plan Obama (qui représente un an de charges sociales !) seront injectés dans l'économie après 2010, donc bien trop tard pour avoir l'effet de relance invoqué par ceux qui y croient ; approximativement la même proportion correspond à du «pork barrel», c'est-à-dire à des su-sucres pour des lobbys, n'ayant aucun rapport avec une relance économique.

> tous les plans de relance présentent le risque d'un Cygne Noir négatif, la banqueroute des Etats, contre un Cygne Noir positif, une reprise plus rapide. Très clairement, le premier est beaucoup plus dangereux que le second n'est bénéfique, cette analyse est au coeur du raisonnement d'A. Kling pour refuser les plans de relance acttuels. Or, on dirait que nos gouvernants l'ignorent complètement.

Bref, rien de très rassurant.

samedi, février 07, 2009

La folie injectrice (19) : et la morale dans tout ca ?

Voici un article de Loïc Abadie, qui croit encore plus que moi (si, si, c'est possible)que les actuels plans de relance sont néfastes :

Keynésianisme et morale financière

Là nous touchons le sommet de l'absurdité du système actuel.

Nous voyons des dirigeants fustiger les banquiers et les spéculateurs pour avoir pris trop de risques avant la crise (alors que ce sont ces mêmes dirigeants qui les ont incité à le faire), puis demander ensuite à ces mêmes banquiers de relancer le crédit à n'importe quel prix.

En France, 60% des ménages pourront ainsi bénéficier de prêts à taux zéro garantis par l'état. Message clair (qui se fait même menaçant ces derniers temps) adressé aux banques : prêtez à fond à n'importe qui, ne vous occupez surtout pas des risques, on vous couvre !

Aux USA, en Angleterre et dans d'autres pays, on met en place des « bad banks », consistant à décharger les banques de tous les mauvais choix faits auparavant, et on les inonde dans le même temps de liquidités (quantitative easing) afin qu'elles puissent prêter encore et toujours plus...Les exemples pourraient être multipliés presque à l'infini.

Ensuite on dit au « bon peuple » qu'il va y avoir des « règlementations plus strictes » (où ???) et de la « morale ».

Il s'agit sans doute de la « morale » très spéciale de la génération baby-boom (également connue sous le nom de génération 68), actuellement au pouvoir, qui consiste :

- A consommer avant de produire et de travailler, et à faire produire par des pays émergents naïfs (mais ils ne le resteront pas toujours, sauf dans les rêves des baby-boomers !) les biens dont on a besoin en les payant avec dettes, et si nécessaire avec de la monnaie qui ressemblera de plus en plus à de la monnaie de singe, en espérant que ce système pourra durer éternellement.

- A prendre de l'argent aux agents économiques (ménages, entreprises et autres) qui sont restés responsables et raisonnables, ainsi qu'aux générations futures (elles aussi ne resteront pas éternellement aussi naïves !) pour le donner à ceux qui font le plus de bêtises et de cavalerie...Cette « grande» idée a un nom : le socialisme.

jeudi, février 12, 2009

La folie injectrice (21) : j'ai peur en voiture, surtout quand Sarkozy est au volant


Les gouvernements sont déboussolés et, dans ces cas-là, on se raccroche à ce qu'on sait faire, c'est-à-dire, pour eux, la démagogie la plus bête, la plus néfaste.

Comme l'explique bien Elie Cohen :

Plan auto : le pire des deux mondes

le plan Sarkozy pour l'automobile est protectionniste. Le premier mouvement de refus de Christian Streiff, PDG de Peugeot-Citroen, était le bon, il aurait du en rester là.

J'ai peur.

Je ne plaisante pas : les lois protectionnistes Smoot-Hawley ont transformé la crise de 1929 en longue dépression.

Les proclamations affirmant qu'on a tiré les leçons du passé sont creuses, nous voyons au contraire se dérouler sous nos yeux, lentement mais sûrement, ce que je redoute depuis des mois, la transformation de la crise en dépression du fait de l'intervention intempestive des Etats.

dimanche, janvier 25, 2009

La folie injectrice (14) : faut-il sauver les banques ?

Comme le savent mes fidèles lecteurs, je suis très perplexe à propos du sauvetage des banques. D'un coté, je comprends que notre système économique ne peut fonctionner si les banques s'écroulent.

D'un autre coté, sauver des banques mal gérées ne sert qu'à éviter la purge et à prolonger les problèmes.

Dans cet article, qui n'est pas pour me rassurer :

Can the Fed uncrunch credit ?

Nicole Gelinas argumente que :

> les sauvetage favorisent les grosses banques (25 % des dépots dans les 4 premières banques américaines en 2007, 36 % aujourd'hui).

> en cas de problèmes, elles sont tellement grosses qu'elles sont impossibles à sauver, même par le gouvernement, engendrant le risque d'une catastrophe plus grande que celle d'aujourd'hui.

> les mauvaises pratiques n'entrainant pas la faillite, elles ne sont pas éliminées. La sortie de crise en est retardée.

> les quelques petites banques qui ont été prudemment gérées ne sont pas récompensées de leur prudence, puisqu'elles sont toujours en concurrence avec les grosses sauvées par l'Etat et qui auraient du couler. Là encore, la sortie de crise en est retardée.

Gelinas exprime l'espoir que les forces économiques (les taux d'intérêt) et les forces politiques (le plan Paulson a été rejeté en première lecture) empêcheront le gouvernement américain de faire n'importe quoi et de perdre le sens de la mesure : les gouvernements peuvent atténuer les effets les plus violents de la récession, mais chercher à tout prix à l'empêcher ne pourrait que provoquer une catastrophe.

samedi, janvier 17, 2009

La folie injectrice (13) : les malheurs de Bank of America

Rappelons les termes du débat :

> les étatistes, c'est-à-dire 99 % de ceux que l'on entend, soutiennent que la crise entraine une tétanisation excessive des acteurs économiques et que les Etats doivent soutenir la demande et les canards boiteux à coups de déficit public pour éviter l'effondrement de l'économie.

> les libéraux soutiennent eux que la prudence des acteurs économique est légitime, que la juger «excessive» est subjectif et ne repose sur rien (1) et que les interventions de l'Etat ne font que contrarier les ajustements économiques, au risque de transformer une récession en dépression.

Je pensais que le sauvetage des banques était nécessaire mais a minima.

Or, ne voilà-t-il pas que les événements tendent à montrer que l'analyse des libéraux a peut-être quelque fondement.

Bank of America, après avoir entrepris d'acheter Merril Lynch, avait renoncé à cette opération par prudence. Mais, sous la pression des autorités et de leur dévouement obsessionnel vis-à-vis des banques en difficulté, BofA a finalement réalisé ce rachat contre son gré.

Aujourd'hui, elle est de ce fait en grand péril. La sollicitude étatique a donc abouti à mettre en danger une grosse banque plutôt qu'à en laisser mourir une moyenne.

Je trouve que ça n'entre pas mal dans le thème «les interventions étatiques transforment une récession brutale et courte en une dépression longue et profonde».

Une raison toutefois d'être optimiste : l'économie apparait tout de même très résistante et il se pourrait qu'elle soit forte au point d'arriver à surmonter les obstacles mis à son rétablissement par les Etats.

(1) : car il n'y a aucune raison que les hommes de l'Etat en sachent plus long que les autres

samedi, décembre 06, 2008

La folie injectrice (7) : la presse aussi

Je n'ai jamais vraiment tenu la presse française en grande estime, mais là, les journalistes ne sont pas loin de toucher le fond.

Alors que je vous ai dit ici tous les doutes qu'on pouvait avoir sur les plans de relance, et je suis très loin d'être le seul; aucun écho dans la presse.

Quelques journalistes chipotent sur tel ou tel détail. Mais, à part Paul Fabra des Echos, je n'en ai entendu absolument aucun émettre des doutes sur le principe même de la «relance».

Il faut aller dans la presse anglo-saxonne (Wall Street Journal, The Economist, FT) ou sur internet pour trouver des opinions contestataires.

Bref, encore une preuve que le journalisme français baigne dans le socialisme comme le poisson dans l'eau et la sardine dans l'huile.