70 ans : c'est la durée qu'il faudra pour ramener les déficits publics à zéro si, toutes choses égales par ailleurs, les réductions d'effectifs fonctionnaires continuent au rythme actuel.
Un tel chiffre rend bien le ridicule de la politique sarkozyenne. Plus timoré, tu meurs.
Mais, bien entendu, les choses ne restent jamais égales par ailleurs. En réalité, dans 70 ans, soit notre Etat aura fait banqueroute depuis longtemps (probablement avant 2015), soit le pays se sera redressé suite à une réforme d'ampleur de l'Etat (comprendre : une coupe claire dans les effectifs de fonctionnaires).
dimanche, juillet 27, 2008
vendredi, juillet 25, 2008
The Hitler-Hess deception (Martin Allen)
Comme je ne vais pas toujours vous mâcher le boulot, je vous explique juste de quoi cause ce livre en vous conseillant de le lire.Il s'agit de la manipulation («deception» est un faux-ami) pour aboutir à une paix séparée entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne (ou faire croire à telle paix), qui conduisit Rudolf Hess à voler jusqu'en Ecosse pour prendre contact avec des éléments très hauts placés dans le gouvernement et l'aristocratie anglaise.
Et comment les Britanniques ont éliminé la plupart des preuves (mais heureusement pas toutes) qui mettaient en cause l'image du pays uni dans la guerre au nazisme (et aussi pour d'autres raisons, mais il faut lire le livre).
Lindbergh, l'ange noir (B. Marck)
Bernard Mack avait déjà commis une biographie d'Hélène Boucher, maintenant Charles Lindbergh. Les personnalités sont symétriques, autant celle de la «fiancée de l'air» est lumineuse, le meilleur résumé de sa carrière est : un trait de lumière dans le ciel (1), autant celle de Lindbergh est sombre.Le titre est très bien trouvée : Lindbergh est très pur, il est de ces pilotes comme Mermoz qui semblent en état de grâce aux commandes d'un avion, qui mènent machines et hommes au-delà de tout ce qu'on croyait possible.
Sa traversée de l'Atlantique est élégante de simplicité : un monomoteur, peu d'instruments, pas d'équipage.
Mais c'est un caractère noir dans sa pureté.
Son passage comme figure de proue du fascisme américain, sous couvert d'isolationnisme, est bien connu (2). La réalité est moins nette, mais c'est ce qu'a retenu le public.
La célébrité souvent insupportable (3), l'horrible meurtre de son bébé et le procès qui a suivi ont contribué à cette noirceur.
L'existence de ses deux (!!!) familles allemandes, qui vécurent en parallèle de sa famille américaine et ne fut rendue publique qu'après sa mort, accroit le malaise.
Et pourtant quelle personnalité : véritable héros de la guerre du Pacifique bien que son passé pro-nazi et sa célébrité lui aient interdit le combat, auteur de recherches en cardiologie que les spécialistes estiment de valeur, écologiste sur le tard (4).
L'histoire de l'aviation est riche de ses personnages cumulant courage physique et courage intellectuel.
Le film avec James Stewart se laisse voir, mais il fut un flop : la page Lindbergh était tournée pour le public et il traina sa réputation sulfureuse, même atténuée.
Dans ce cadre général, revenons sur quelques points :
> le «fascisme» de Lindbergh. Il a bien tenu quelques propos antisémites, extrêmement rares, et reçu des mains de Goering une décoration nazie. Mais cela ne suffit pas à faire de lui un fasciste.
En fait, il a commis la même erreur que nombre de pétainistes qui ont cru avoir à faire à un conflit classique où la «realpolitik» était de mise. Dans cette optique, la position isolationniste de Lindbergh se comprend : laisser les Européens se battrent entre eux sans s'en mêler était la meilleure option pour les USA afin de sortir encore plus forts de ce conflit qui les auraient épargnés.
Il faut cependant dire que, si ses convictions humanistes ne sont pas en cause, il se trouve que sa promotion de l'isolationnisme jouait très directement dans la main d'Hitler à cette époque.
Comme beaucoup de pétainistes, quand il a compris son erreur, Lindbergh s'est bien rattrapé.
> Alexis Carrel : le cas est intéressant et hélas pas vraiment en notre honneur. Carrel et Lindbergh étaient amis et ont mené leurs recherches en cardiologie ensemble. Carrel, prix Nobel de médecine, était un génie du calibre de Pasteur, il a notamment réussi à faire vivre un coeur de poulet 23 ans, nettement plus longtemps qu'un poulet, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur l'étude du vieillissement.
Carrel a promu l'eugénisme et a travaillé avec le gouvernement pétainiste dans le domaine médical, mais il était opposé au nazisme sans aucune ambiguité, ces écrits sont très clairs, et il a aidé des résistants.
Malgré cela, en dépit des protestations d'éminents médecins, toutes les rues et universités de France portant son nom ont été débaptisées. Il semble que notre époque, confite dans sa bonne conscience prétentieuse, soit inapte à la nuance et, pour tout dire, à l'intelligence.
> Lindbergh dans la guerre du Pacifique : cas probablement unique à cette époque, il était un civil participant à des missions aériennes de combat. En théorie, il menait une étude sur les performances des avions, qu'il a considérablement améliorées en changeant certaines procédures, mais il en profitait pour participer à des missions de combat. Bien que de vingt ans plus agé que ses compagnons d'armes, il s'est révélé plus endurant, plus habile et plus précis, bref meilleur. Sa réputation de pilote exceptionnel s'est à nouveau vérifiée.
> la vie familiale : Lindbergh était un despote maniaque, tout le temps en voyage et qui terrorisait la maisonnée par ses minutieuses exigences lors de ses retours impromptus. Il est clair que ce n'était pas un sentimental, c'est le moins qu'on puisse sire, la chaleur et l'affection n'étaient vraiment pas ses points forts et, ce faisant, il était très difficile à vivre. Ces immenses qualités intellectuelles n'avaient pas pour pendant des qualités sociales du même tonneau.
Considérons à sa décharge que le rapt et le meurtre de son premier enfant très médiatisés, alors même que son mariage était sa première aventure sentimentale, l'ont probablement meurtri à jamais et ont arrêté net son épanouissement affectif.
> la mort de Lindbergh. Atteint d'un cancer, Charles Lindbergh meurt en 1974. De l'avis unanime de ceux qui y ont assisté, Lindbergh a préparé son voyage dans l'au-delà avec autant de minutie qu'il a préparé sa traversée de l'Atlantique, le parallèle a frappé tous les observateurs. Il s'est réconcilié avec un de ses fils avec lequel il était fâché depuis des années. Rarement un homme est entré dans la mort avec autant de lucidité, allant jusqu'à demander à un ami «Est-ce que je meurs bien ?». Comme il n'y a jamais eu chez lui de forfanterie, ça ne peut être que l'ouvrier consciencieux qui demande si le travail est bien fait. Le récit est très impressionnant.
(1) : quand elle est morte, elle volait depuis trois ans, avait accumulé des prix, des records, des premières, et pourtant, elle avait à peine plus d'heures de vol que moi (c'est le genre de comparaison qui me remettrait à ma place si j'avais des velleités de grosse tête).
(2) : Philip Roth a écrit un excellent roman, Le complot contre l'Amérique, où, en décalant avant les élections un authentique discours de Lindbergh prononcé après celles-ci, il imagine que Lindbergh remporte les présidentielles face à Roosevelt, entrainant les USA dans un fascisme local teinté d'antisémitisme. C'est irréaliste dans la mesure où c'est justement son isolationnisme qui a fait perdre sa popularité à Lindbergh, mais c'est un roman.
(3) : l'incroyable popularité de Lindbergh est un peu oubliée aujourd'hui.
(4) : j'ai remarqué une nette tendance à l'écologie chez certains pilotes, peut-être parce que l'avion donne un point de vue plus élevé ! Mais il est vrai que l'écologisme est une misanthropie et que Lindbergh virait grognon.
jeudi, juillet 24, 2008
Qu'est-ce que l'ultra-libéralisme ?
Le libéralisme, vous voyez à peu près ce que c'est. Mais vous entendez régulièrement parler d'ultralibéralisme et ça reste pour vous un mystère.
Vous êtes bien sûr de ne l'avoir jamais rencontré dans notre belle France où les dépenses publiques font 55 % du PIB.
Grâce à La Lime™, vous allez enfin apprendre ce qu'est l'ultralibéralisme.
L'ultralibéralisme est un être imaginaire destiné à faire peur aux enfants (1), à l'instar des ogres, des dragons et de Chantal Goya. Il est le descendant direct du déjà très horrible libéralisme.
Dès qu'il arrive malheur à des prébendiers de l'Etat, ou même qu'ils sont simplement menacés d'un éventuel malheur si lointain qu'eux seuls le devinent, c'est la faute au méchant ultralibéralisme, dont j'abrège le patronyme en UL pour la suite de ce message.
Comme un exemple vaut mieux qu'un long discours, je vais vous parler de l'école.
Les résultats de l'école primaire et secondaire se dégradent lamentablement depuis trente ans, il y a quasi-unanimité sur la question.
Comme cette école est étatisée à 99 %, soit directement (public) soit indirectement (privé sous contrat), vous croyez bien qu'UL n'y est rien. Détrompez-vous. Vous n'avez rien compris, vous êtes un naïf, un innocent, ou pire, un infâme suppôt d'UL.
L'école a été détruite par des syndicalistes de gauche imposant le pédagogisme, lui aussi venu de la gauche ? Peu importe : la gauche ne saurait être coupable tandis qu'UL ne saurait être innocent. C'est donc de la faute d'UL.
Comment cela ? Voyez le machiavélisme d'UL : il a encouragé les gauchistes sous hypnose à saper les fondements de l'école républicaine pour mieux pouvoir la privatiser.
Les ministres qui, terrifiés par les grèves à répétition, ont lâchement laissé la bride sur le cou des gauchistes pédagogistes ? Des alliés objectifs d'UL qui s'ignorent (ou peut-être même pas).
Les expérimentations débiles en ZEPs ? Encore un effet du complot d'UL, d'autant plus redoutable qu'il est dissimulé.
Les parents qui veulent, ô sacrilège, ô infamie, ô cabane sur le chien, avoir leur mot à dire sur l'école de leurs enfants ? De vils consuméristes, suppôts d'UL.
Les boites de cours privés pour compenser les dégâts des néfastes de l'éducation nationaze ? Arghh, d'affreux sectateurs d'UL.
Vous avez compris. Armés de ce principe cardinal «La gauche ne saurait être coupable, l'ultralibéralisme ne saurait être innocent», vous pourrez à titre d'exercice expliquer vous mêmes : le phyllloxera, la rage, le sida, la peste et le choléra, l'obésité ici et la faim ailleurs, la bourse qui descend, la température qui monte, le travail des Chinois, la paresse des Français, l'équipe de France de foot, le tour de France, la misère, les abeilles malades ...
Ensuite, une fois bien rôdé sur des cas généraux, vous pourrez passer à votre cas personnel et démontrer que l'ultralibéralisme est coupable de votre vie ennuyeuse, de votre salaire trop bas, de votre mariage raté et de votre divorce réussi, des enfants qui se barrent, de votre Renault qui tombe en panne, du chien du voisin qui pisse sur votre paillasson, des impots trop lourds, des raideurs qui se déplacent, de vos mauvais numéros au Loto, de la machine à laver qui fuit, du lave-vaisselle bouché ...
(1) : ou aux adultes qui pensent comme des enfants.
Vous êtes bien sûr de ne l'avoir jamais rencontré dans notre belle France où les dépenses publiques font 55 % du PIB.
Grâce à La Lime™, vous allez enfin apprendre ce qu'est l'ultralibéralisme.
L'ultralibéralisme est un être imaginaire destiné à faire peur aux enfants (1), à l'instar des ogres, des dragons et de Chantal Goya. Il est le descendant direct du déjà très horrible libéralisme.
Dès qu'il arrive malheur à des prébendiers de l'Etat, ou même qu'ils sont simplement menacés d'un éventuel malheur si lointain qu'eux seuls le devinent, c'est la faute au méchant ultralibéralisme, dont j'abrège le patronyme en UL pour la suite de ce message.
Comme un exemple vaut mieux qu'un long discours, je vais vous parler de l'école.
Les résultats de l'école primaire et secondaire se dégradent lamentablement depuis trente ans, il y a quasi-unanimité sur la question.
Comme cette école est étatisée à 99 %, soit directement (public) soit indirectement (privé sous contrat), vous croyez bien qu'UL n'y est rien. Détrompez-vous. Vous n'avez rien compris, vous êtes un naïf, un innocent, ou pire, un infâme suppôt d'UL.
L'école a été détruite par des syndicalistes de gauche imposant le pédagogisme, lui aussi venu de la gauche ? Peu importe : la gauche ne saurait être coupable tandis qu'UL ne saurait être innocent. C'est donc de la faute d'UL.
Comment cela ? Voyez le machiavélisme d'UL : il a encouragé les gauchistes sous hypnose à saper les fondements de l'école républicaine pour mieux pouvoir la privatiser.
Les ministres qui, terrifiés par les grèves à répétition, ont lâchement laissé la bride sur le cou des gauchistes pédagogistes ? Des alliés objectifs d'UL qui s'ignorent (ou peut-être même pas).
Les expérimentations débiles en ZEPs ? Encore un effet du complot d'UL, d'autant plus redoutable qu'il est dissimulé.
Les parents qui veulent, ô sacrilège, ô infamie, ô cabane sur le chien, avoir leur mot à dire sur l'école de leurs enfants ? De vils consuméristes, suppôts d'UL.
Les boites de cours privés pour compenser les dégâts des néfastes de l'éducation nationaze ? Arghh, d'affreux sectateurs d'UL.
Vous avez compris. Armés de ce principe cardinal «La gauche ne saurait être coupable, l'ultralibéralisme ne saurait être innocent», vous pourrez à titre d'exercice expliquer vous mêmes : le phyllloxera, la rage, le sida, la peste et le choléra, l'obésité ici et la faim ailleurs, la bourse qui descend, la température qui monte, le travail des Chinois, la paresse des Français, l'équipe de France de foot, le tour de France, la misère, les abeilles malades ...
Ensuite, une fois bien rôdé sur des cas généraux, vous pourrez passer à votre cas personnel et démontrer que l'ultralibéralisme est coupable de votre vie ennuyeuse, de votre salaire trop bas, de votre mariage raté et de votre divorce réussi, des enfants qui se barrent, de votre Renault qui tombe en panne, du chien du voisin qui pisse sur votre paillasson, des impots trop lourds, des raideurs qui se déplacent, de vos mauvais numéros au Loto, de la machine à laver qui fuit, du lave-vaisselle bouché ...
(1) : ou aux adultes qui pensent comme des enfants.
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politique
mercredi, juillet 23, 2008
Les deux blogs
Le fait d'avoir été obligé de déserter le blog de JP Brighelli sous la pression des matons de Panurge m'a conduit à transformer ma réflexion qui couvait en action.
Comme il y a deux types de conversations (voir De l'art de conférer, de Montaigne, auquel je n'ai parait-il rien compris), il y a deux types de discussion sur les blogs :
> le mauvais : la discussion consiste en une querelle d'egos, avec une pincée d'étalage narcissique de ses connaissances. On ne cherche pas la vérité mais à avoir raison, il faut abattre son adversaire ou au moins l'impressionner, quitte, sans même quelquefois s'en rendre compte, à être de mauvaise foi.
Dans ces circonstances, il n'est pas incongru de l'insulter ou de le diaboliser. Un grand classique : «Ces idées réactionnaires qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ...»
Généralement, ces blogs tournent en rond (Oui ! Non ! Mais oui ! Mais non ! Noir ! Blanc ! Vous en êtes un autre, monsieur etc ...), on y utilise mille mots quand cent suffisent, on s'écoute beaucoup parler mais on n'entend pas les autres, et si, dans ce fatras, il y a trois idées valables, c'est bien de la chance. Des montagne de tchatche et zéro idée neuve.
Ce sont, suivant le mot d'un commentateur, des blogs «de premiers de la classe qui se mesurent la quéquette intellectuelle».
> le bon : la discussion est une collaboration pour découvrir ensemble la vérité. C'est difficile car cela suppose qu'on laisse son ego sur le seuil du blog, qu'on «rende les armes à la vérité d'aussi loin qu'on la voit s'approcher». Et pour y accéder, il faut pratiquer l'humilité en public, attitude peu commune et qui nécessite d'y travailler. C'est d'autant plus ardu qu'il ne faut pas passer de l'humilité à la servilité : si vous ne voyez pas la vérité s'approcher, ne rendez pas les armes.
Pour que la discussion se passe bien, il y faut ce que j'appelle la présomption d'intelligence (un autre nom du respect ?) : commencez par envisager que votre contradicteur a raison, pour bien comprendre ses arguments et ses raisons.
L'agréable de ce genre de blogs est d'être concis, clair et direct, car on n'y parle que si l'on a quelque chose à dire et on y dit que ce qu'on a à dire. Et les discussions n'y tournent pas en rond : en trois ou quatre messages, les termes du débat sont en général posés ; libre ensuite à l'humeur vagabonde des intervenants de dériver sur autre chose.
Il y a effectivement comme le remarque Epicier Vénéneux un ratio longueur des messages/nombre de messages qui mesure approximativement la qualité des discussions (à condition que les messages ne soient pas trop longs, sinon, ça devient verbeux).
Or, de même qu'une pomme pourrie suffit à pourrir le panier entier, un malotru suffit à pourrir un fil de discussion. Le blog Secret Défense a perdu beaucoup de son intérêt depuis que JD Merchet modère a posteriori : trop de hors sujets et de commentaires creux. Il y a un effet d'éviction : les mauvais commentaires chassent les bons.
C'est le rôle du propriétaire des lieux de virer le malappris comme le bon jardinier vire les doryphores.
C'est pourquoi je n'ai aucun scrupule à demander une identification et si ça ne suffit pas, comme le laisse entendre Matthieu, je n'hésiterai pas à recourir à la modération a priori, sachant que je suis plus enclin à censurer le ton et le vocabulaire que les idées.
Qu'on se le dise.
Comme il y a deux types de conversations (voir De l'art de conférer, de Montaigne, auquel je n'ai parait-il rien compris), il y a deux types de discussion sur les blogs :
> le mauvais : la discussion consiste en une querelle d'egos, avec une pincée d'étalage narcissique de ses connaissances. On ne cherche pas la vérité mais à avoir raison, il faut abattre son adversaire ou au moins l'impressionner, quitte, sans même quelquefois s'en rendre compte, à être de mauvaise foi.
Dans ces circonstances, il n'est pas incongru de l'insulter ou de le diaboliser. Un grand classique : «Ces idées réactionnaires qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ...»
Généralement, ces blogs tournent en rond (Oui ! Non ! Mais oui ! Mais non ! Noir ! Blanc ! Vous en êtes un autre, monsieur etc ...), on y utilise mille mots quand cent suffisent, on s'écoute beaucoup parler mais on n'entend pas les autres, et si, dans ce fatras, il y a trois idées valables, c'est bien de la chance. Des montagne de tchatche et zéro idée neuve.
Ce sont, suivant le mot d'un commentateur, des blogs «de premiers de la classe qui se mesurent la quéquette intellectuelle».
> le bon : la discussion est une collaboration pour découvrir ensemble la vérité. C'est difficile car cela suppose qu'on laisse son ego sur le seuil du blog, qu'on «rende les armes à la vérité d'aussi loin qu'on la voit s'approcher». Et pour y accéder, il faut pratiquer l'humilité en public, attitude peu commune et qui nécessite d'y travailler. C'est d'autant plus ardu qu'il ne faut pas passer de l'humilité à la servilité : si vous ne voyez pas la vérité s'approcher, ne rendez pas les armes.
Pour que la discussion se passe bien, il y faut ce que j'appelle la présomption d'intelligence (un autre nom du respect ?) : commencez par envisager que votre contradicteur a raison, pour bien comprendre ses arguments et ses raisons.
L'agréable de ce genre de blogs est d'être concis, clair et direct, car on n'y parle que si l'on a quelque chose à dire et on y dit que ce qu'on a à dire. Et les discussions n'y tournent pas en rond : en trois ou quatre messages, les termes du débat sont en général posés ; libre ensuite à l'humeur vagabonde des intervenants de dériver sur autre chose.
Il y a effectivement comme le remarque Epicier Vénéneux un ratio longueur des messages/nombre de messages qui mesure approximativement la qualité des discussions (à condition que les messages ne soient pas trop longs, sinon, ça devient verbeux).
Or, de même qu'une pomme pourrie suffit à pourrir le panier entier, un malotru suffit à pourrir un fil de discussion. Le blog Secret Défense a perdu beaucoup de son intérêt depuis que JD Merchet modère a posteriori : trop de hors sujets et de commentaires creux. Il y a un effet d'éviction : les mauvais commentaires chassent les bons.
C'est le rôle du propriétaire des lieux de virer le malappris comme le bon jardinier vire les doryphores.
C'est pourquoi je n'ai aucun scrupule à demander une identification et si ça ne suffit pas, comme le laisse entendre Matthieu, je n'hésiterai pas à recourir à la modération a priori, sachant que je suis plus enclin à censurer le ton et le vocabulaire que les idées.
Qu'on se le dise.
Le génie américain du siècle dernier



L'usine de Willow Run, près de Detroit, faisait 5 km de long, employait 14 000 personnes et était conçue pour sortir 1 B24 par heure. Elle en produisit finalement 8 685.
mardi, juillet 22, 2008
«Lutte contre les phobies» institutionalisée : pourquoi je suis contre
Plutôt qu'un long discours, une illustration. Qu'est-ce qui justifie que les sketchs ci-dessous ne soient plus possibles ?
Ou encore :
On avait le choix entre la Résistance et la collaboration
La collaboration, c'était la notabilité, un prie-Dieu à Saint-Honoré d'Eylau,les indulgences de Pie XII et des places de faveur aux concerts de Tino Rossi et Maurice Chevalier.
Oui mais ... La Résistance, c'était la vie au grand air : You kaï di you kaï da.
Oui, mais la collaboration, c'était la possibilité d'apprendre une jolie langue étrangère à peu de frais.
Oui, mais dans la Résistance, on ne se cultivait pas, mais on rigolait bien : "Et boum le train. Et boum le petit viaduc ..."
Oui, mais la collaboration, on faisait pas sauter les ponts, mais on pouvait sauter les connes !
Oui, mais la collaboration ... Pour bien gagner sa vie, fallait dénoncer les Juifs. C'est pas très joli comme méthode ... non, mais ... dans la Résistance, on dénonçait pas les juifs ... Mais fallait vivre avec !
Ou encore :
On avait le choix entre la Résistance et la collaboration
La collaboration, c'était la notabilité, un prie-Dieu à Saint-Honoré d'Eylau,les indulgences de Pie XII et des places de faveur aux concerts de Tino Rossi et Maurice Chevalier.
Oui mais ... La Résistance, c'était la vie au grand air : You kaï di you kaï da.
Oui, mais la collaboration, c'était la possibilité d'apprendre une jolie langue étrangère à peu de frais.
Oui, mais dans la Résistance, on ne se cultivait pas, mais on rigolait bien : "Et boum le train. Et boum le petit viaduc ..."
Oui, mais la collaboration, on faisait pas sauter les ponts, mais on pouvait sauter les connes !
Oui, mais la collaboration ... Pour bien gagner sa vie, fallait dénoncer les Juifs. C'est pas très joli comme méthode ... non, mais ... dans la Résistance, on dénonçait pas les juifs ... Mais fallait vivre avec !
lundi, juillet 21, 2008
De l'anonymat sur les blogs en général et sur celui-ci en particulier
J'ai remarqué que les messages les plus méprisants, les plus insultants, viennent d'utilisateurs anonymes (brillante découverte !).
Je ne vois pas pourquoi je tolérerais plus longtemps l'impolitesse qui consiste à venir critiquer sans même dévoiler son identité de la part de gens dont je soupçonne qu'ils n'auraient pas le courage de me répéter en face ce qu'ils écrivent sous couvert de l'anonymat (c'est plus facile de faire la grande gueule devant son clavier).
Désormais, pour poster des commentaires, il faudra un compte Google, ce qui suppose un adresse mail valide.
Et si ça ne convient pas à certains, je monterai les barreaux de l'escalade de la terreur : je modérerai les commentaires a priori. Les commentaires impolis, outranciers ou simplement cons, hop dehors.
Je ne vois pas pourquoi je tolérerais plus longtemps l'impolitesse qui consiste à venir critiquer sans même dévoiler son identité de la part de gens dont je soupçonne qu'ils n'auraient pas le courage de me répéter en face ce qu'ils écrivent sous couvert de l'anonymat (c'est plus facile de faire la grande gueule devant son clavier).
Désormais, pour poster des commentaires, il faudra un compte Google, ce qui suppose un adresse mail valide.
Et si ça ne convient pas à certains, je monterai les barreaux de l'escalade de la terreur : je modérerai les commentaires a priori. Les commentaires impolis, outranciers ou simplement cons, hop dehors.
dimanche, juillet 20, 2008
Irak et Afghanistan
Il se pourrait bien que l'intervention américaine en Irak, si unanimement décriée dans notre doulce France, puisse devenir un succès, tandis que L'intervention en Afghanistan, qui avait pour elle le droit international, soit en passe d'échouer complétement.
Je n'ai malheureusement pas le temps de faire un article complet sur la question avant le mois d'aout. C'est pourquoi j'encourage mes bien-aimés lecteurs à se renseigner par eux-mêmes en attendant que je trouve le temps de me consacrer à ce problème captivant.
Je n'ai malheureusement pas le temps de faire un article complet sur la question avant le mois d'aout. C'est pourquoi j'encourage mes bien-aimés lecteurs à se renseigner par eux-mêmes en attendant que je trouve le temps de me consacrer à ce problème captivant.
The bottomless well
Traduction du titre : le puits sans fond.Un livre iconoclaste mais qui me semble autrement plus intelligent que le discours catastrophiste habituel en matière d'énergie.
Il repose sur des arguments qu'on entend peu et qui semblent contre-intuitifs au premier abord mais qui se portent très bien dès qu'on y réfléchit.
1) Plus on dépense d'énergie, plus on en a
Plus une société dépense d'énergie, plus elle est sophistiquée (car on ne dépense pas de l'énergie pour le plaisir de la dépenser mais pour faire des choses, et plus on dépense d'énergie, plus on peut faire de choses) et plus elle est capable d'extraire de l'énergie de son environnement
Deux raisons justifient cette affirmation :
> une raison historique : c'est une constante de l'histoire humaine et il n'y a aucune raison que ça change. La première application de la machine à vapeur au charbon a été une pompe pour assécher les mines et extraire encore plus de charbon.
> une raison technique : c'est tout simplement logique. Même si le rendement est moins bon, si on extrait plus, il reste plus (si extraire 100 coute 20, il reste 80. Si extraire 200 coute 100, il reste 100).
L'exemple du pétrole est flagrant : correction faite de l'inflation, ça coûte le même prix d'extraire le pétrole aujourd'hui à 5 km sous terre sous cinq cents mètres d'eau que ça coutait il y a un siècle d'extraire du pétrole au Texas à quelques mètres sous terre.
C'est évidemment un argument contre le faux bon sens de la décroissance. Ce n'est pas en dépensant moins d'énergie que les hommes seront plus à l'aise, mais en en dépensant plus.
Les auteurs renvoient d'ailleurs dos à dos les deux camps :
> les partisans de la décroissance : oui, ils ont raison, plus il y aura de progrès technique et de croissance économique, plus nous consommerons d'énergie. Mais ils ont tort de croire que c'est un problème et qu'il faut de la décroissance. Plus nous utiliserons d'énergie plus nous aurons les moyens d'en trouver.
> les partisans du progrès : oui, le progrès technique permettra de dépenser moins d'énergie pour faire la même chose, mais comme nous ferons beaucoup plus de choses, au total, nous dépenserons beaucoup plus d'énergie.
2) Ce qui compte c'est l'énergie ordonnée, la part de l'énergie brute diminue avec la sophistication
La notion d'énergie parait simple, mais en réalité, elle est incomprise par 99 % des gens : on ne perd jamais d'énergie, elle se conserve. Ce qui compte, c'est l'énergie ordonnée, utilisable.
Ainsi, l'énergie solaire existe à profusion mais on ne peut rien en faire.
Il y a une progression dans l'énergie ordonnée vers toujours plus de sophistication, toujours plus de densité : énergie animale, bois, charbon, pétrole, électricité, énergie ordonnée de très haut niveau (laser, ordinateur, moteurs perfectionnés, ...)
Or, plus on monte en gamme, plus la part de l'énergie brute dans la coût total de l'énergie diminue. Ainsi, la part du bois dans un chauffage au bois est bien plus importante que la part de l'uranium dans une centrale nucléaire. Quant à la part de l'électricité dans un laser, elle est négligeable.
Cette constatation est d'ailleurs également valable pour les voitures : les prix des voitures augmentent plus vite que leur consommation, la part du carburant dans le coût d'un gros 4x4 est plus faible que dans celui d'une Mini.
3) Le gaspillage est une bonne chose
On gaspille de l'énergie en faisant de l'électricité haute tension avec du charbon, en faisant de l'électricité basse tension avec l'électricité haute tension, en faisant de l'électricité stabilisée avec l'électricité basse tension, en faisant des bits d'information avec de l'électricité stabilisée. Bref, si de votre Pentium sort 1 % de l'énergie qui était au départ dans le charbon, vous aurez bien la chance.
Ce gaspillage est plus ample que tout ce qu'on peut nous raconter sur les voitures économes et les doubles vitrages. Il vient de la deuxième loi de la thermodynamique : on perd de l'énergie quand on essaie d'ordonner le chaos.
Et pourtant, c'est une excellente chose, car ce qui compte, ce n'est pas l'énergie brute, mais l'énergie ordonnée. La lumière diffuse du soleil fait sauter quelques électrons dans une cellule photovoltaïque alors que la lumière ordonnée du laser fait des trous à travers l'acier.
4) L'électricité, énergie de l'avenir, futur reine du transport routier
L'électricité a un défaut : elle n'est pas, ou très difficilement, stockable (sauf dans les barrages hydroélectriques réversibles et dans les lourdes batteries). Cependant, par toutes ses autres qualités (possibilités de contrôle et de modulation presque infinies, compacité), elle va envahir le transport routier : le mouvement vers le transport routier presque tout électrique est déjà en route : freinage électrique, direction électrique, motricité électrique.
Les prototypes existent déjà. Seule restera pétrolière l'énergie primaire, car le pétrole se stocke mieux que l'électricité. Mais un moteur thermique qui tourne a un régime constant pour alimenter un alternateur est beaucoup plus efficace que que nos ensembles tout mécaniques actuels. Et même ce moteur thermique aura beaucoup d'électricité : plus d'arbres à cames, les soupapes seront actionnées individuellement par des actuateurs électriques (ça a déjà été testé en F1).
Sans compter que les voitures urbaines, peu pénalisées par les contraintes d'autonomie, pourront être tout électriques avec recharge dans les parkings (on peut même imaginer des formules de microvoitures en libre service moins idiotes que Vélib).
Cette électrification du transport routier rencontre des obstacles techniques et financiers, c'est pourquoi elle prend du temps, mais aucune contrainte théorique fondamentale (à part le stockage) ne l'entrave.
5) Les politiques gouvernementales pour orienter la consommation d'énergie sont de dispendieuses nuisances
L'imagination des ingénieurs, des industriels et des clients est plus forte que les plans des technocrates.
Les auteurs citent le cas de la lumière. Dans les années 80-90, l'administration américaine a subventionné les néons, plus économes que les lampes à incandescence. Ca a couté cher pour un échec total : l'arrivée des LEDs, des halogènes, des ampoules basse tension et des lasers a changé radicalement le marché de l'éclairage.
Tous ceux qui lisent régulièrement ce blog n'en seront pas étonnés, c'est un cas typique de constructivisme qui, comme chacun de mes lecteurs sait, est voué à l'échec.
On m'objectera l'éternel exemple de l'électricité nucléaire française. Que voulez vous ? Une horloge en panne marque l'heure exacte deux fois par jour (et puis, rien ne dit que l'électricité à la française est optimale puisqu'il n'y a pas de concurrence).
Un point particulier, un cocorico de ma part : je me souviens d'une conversation avec quelques amis ingénieurs il y a une quinzaine d'années. Je soutenais qu'avec le recul, la révolution du laser et de la lumière serait vue comme aussi importante que la révolution du silicium et de l'informatique. Ils m'avaient pris pour un con, ce qui m'avait vexé, bien évidemment.
Or, les auteurs de ce livre sont pleinement d'accord avec ma vision des choses. Con peut-être, mais pas tout seul.
6) Les USA seront les dirigeants du monde qui vient
C'est pour moi une évidence.
Ceux qui décrivent les Américains comme de méchants pollueurs en retard sur l'écologie sont soit des malhonnêtes soit des imbéciles (ou les deux à la fois ?).
Je rappelle quelques faits :
> l'écologie moderne est née aux USA
> Quand on rapporte leur pollution à leur production (ce qu'«oublient» toujours de faire leurs détracteurs), les Américains sont parmi ceux qui polluent le moins.
> les USA refusent les usines à gaz dans le style du protocole de Kyoto tout simplement parce qu'elles coûtent cher pour pas grand'chose.
> par contre, les Américains profitent de leur richesse pour énormément investir dans les technologies «vertes», avec un goût particulier pour les améliorations assez facilement utilisables dans un futur proche.
Comment cela va-t-il se passer ?
C'est très simple à prévoir puisque cela s'est déjà produit pour l'histoire du trou dans la couche d'ozone et des substituts aux CFCs.
Quand les industriels américains seront prêts, ils enverront à leur gouvernement, à travers leurs lobbys, un signal qui dira à peu près ceci : «Ca y est, on est au point. Alors, toutes ces normes contraignantes que vous refusiez jusqu'à maintenant, vous pouvez y aller, et même en rajouter une louche, pour asphyxier nos concurrents.»
Et les Européens qui sautent comme des cabris en criant «Ecologie, écologie» depuis des années se retrouveront gros-jean comme devant. Pourquoi ? Comme d'habitude, c'est l'éternel problème, en Europe, et particulièrement en France, les Etats, avec leur myopie, s'imposent aux industriels, demandant suivant les cas ou trop ou pas assez, tandis qu'USA, sur les sujets stratégiques, les échanges se font mieux, les industriels sont plus libres et les gouvernants moins dogmatiques (évidemment, on voit mal des Borloo ou des NKM concevoir une stratégie intelligente et souple).
Les auteurs, fidèles à leur principe «Une société qui consomme plus d'énergie est plus sophistiquée», voit dans la moindre consommation des Européens un symptôme de retard (par exemple, en moyenne, on n'est pas loin de 2 PCs par foyer US contre un seul en Europe).
7) Le nucléaire et les hydrocarbures sont les énergies de l'avenir
Les énergies solaires et éoliennes sont intéressantes comme énergies d'appoint et vont se développer, mais elles ne peuvent constituer des sources d'énergie principales pour une raison simple : elles ne sont pas assez denses. Pour fournir 1 km² de ville, il faudrait 3 km² de cellules photovoltaïques (en plus en supposant des rendements supérieurs aux rendements actuels).
Par contre, l'énergie nucléaire est propre, sûre et très dense. La quantité de déchets et le nombre de victimes d'accidents par rapport aux autres sources d'énergie sont très bas (le nucléaire civil a fait moins de victimes dans toute son histoire qu'une année d'exploitation du charbon en Chine). L'énergie nucléaire fissile est inépuisable à l'horizon de plusieurs décennies et l'électricité a le vent en poupe. Le nucléaire est donc promis a un bel avenir.
Les hydrocarbures sont encore très abondants. Si on compte les sables et les schistes bitumeux dont les gisements sont connus, ainsi que le charbon, nous avons devant nous pour plusieurs siècles de consommation. Et le pétrole n'est toujours pas épuisé.
Enfin, on peut espérer qu'un jour la fusion nucléaire sera maitrisée et, pour le coup, ce sera des millénaires d'énergies que nous aurons devant nous.
8) Nous ne manquerons jamais d'énergie
Les points évoqués en 7) nous permettent de penser que quelques siècles sans problème énergétique majeur nous attendent. Mais, à encore plus long terme, tant que le soleil est chaud et l'univers froid, et que la terre, en tournant sur elle-même, passe de l'un à l'autre, nous pourrons appliquer la deuxième principe de la thermodynamique et nous ne manquerons pas d'énergie ordonnée.
Pour résumer, je tire deux conclusions :
1) La simplicité apparente des questions d'énergie est une illusion. Les gouvernements ne doivent pas s'en mêler, c'est trop compliqué pour eux.
En fait, les notions d'énergie, d'entropie, de chaleur et de travail sont incomprises, y compris par les décideurs politiques. Les ingénieurs et les scientifiques qui comprennent ces notions ne sont pas capables d'avoir une vue d'ensemble d'un tableau si complexe et d'élaborer une politique. Seule l'intelligence collective d'une économie libre à les capacités à traiter les questions d'énergie.
2) Plus on dépense d'énergie, plus on est capable d'en extraire de son environnement.
Bien que ça aille à l'inverse de l'intuition, il suffit de se poser cinq minutes pour se rendre compte que cet argument est imparable. Mêmes les moyens dit propres (éoliennes, cellules photovoltaïques, ...) demandent beaucoup d'énergie pour être fabriqués.
La grande élégance intellectuelle de cette assertion est qu'il n'est pas besoin de dire comment pourquoi, quand, par qui, avec quelles techniques, ceci suffit : plus on dépense d'énergie, plus on est capable d'en extraire de son environnement.
Je vous encourage à lire ce livre et j'espère qu'en tous les cas mon résumé vous aura été utile.
Je vais encore recevoir plein de messages d'écolos à la con (je distingue deux types d'écolos : les écolos intelligents et les écolos à la con).
jeudi, juillet 17, 2008
Du progressisme en matière de moeurs
Je suis très dubitatif sur la possibilité d'un progrès en matière de moeurs dans leurs traits les plus fondamentaux : parenté, naissance, relations familiales, mort, sauf à ce que la science change radicalement la condition humaine (procréation sans grossesse, arrêt du vieillissement, etc ...)
Notre société a dissous le mariage (1) et escamoté la mort (2).
Vous trouverez à ce lien un point de vue politique : Libéralisme et famille.
J'aimerais m'attacher à des considérations plus humaines, plus psychologiques.
Il suffit de considérer le mariage car c'est autour de celui-ci que le système de moeurs familiales s'ordonne (3).
Dans le mariage traditionnel, un homme et une femme s'engagent irrévocablement et solennellement devant la société (4) (représentée par M. le maire et les témoins) à passer leur vie ensemble, avec l'espoir de fonder une famille en ayant des enfants.
Il n'y a pas de différence de ce point de vue entre le mariage civil et le mariage religieux : l'autorité qui valide le mariage et qu'on prend à témoin change, d'un coté Dieu, de l'autre la société, mais les fondements sont les mêmes.
Je rappelle que le mariage n'est pas une horrible invention imposée à une société innocente par la coercition d'affreux nuptialistes (ultra, forcément ultra). Le mariage n'a pas été inventé, il est aussi vieux, pour ce qu'on en sait, que l'homme lui-même.
L'ancienneté même du mariage, sa constance à travers le temps et l'espace, mettent en lumière la singularité de l'entreprise de ceux qui se sont donnés pour objectif de le détruire, de le vider de son sens, (ils touchent au but, l'autorisation du mariage homosexuel sera la cerise sur le gateau, leur apothéose) (5).
La pérennité du mariage est assez aisée à comprendre, il permet de canaliser le puissant désir sexuel et produit ainsi plusieurs effets :
a) garantir la filiation paternelle, ce qui serait impossible en cas de butinage sexuel généralisé (c'est pourquoi l'adultère féminin était plus mal vu que l'adultère masculin : maman surement, papa peut-être).
b) construire une cellule durable en vue de l'élevage et de l'éducation des enfants.
c) préserver un certain confort sentimental en installant une routine, ou au moins une familiarité, obligatoire.
d) unir deux familles.
Evidemment, le mariage a aussi des inconvénients. Mais si il a perduré, c'est tout de même qu'il avait plus d'avantages que d'inconvénients.
Détruit le mariage tout ce qui porte atteinte à ses caractéristiques :
> l'irrévocabilité. Plus le divorce est facile, plus cette caractéristique disparaît.
> la publicité et la solennité. Tout ce qui fait aussi du mariage un acte trop facile, trop privé, le mine.
> en vue de fonder une famille. Comme jamais les homosexuels ne pourront avoir d'enfants, le mariage homosexuel est l'anti-mariage par excellence. On me répond : et les couples stériles, ils ne peuvent pas se marier ? La loi est la même pour tous, les couples normaux ne sont pas a priori stériles, tandis que les couples homosexuels sont forcément stériles.
Il ne faut pas se livrer à un effort de réflexion intense pour constater que la destruction du mariage est pratiquement achevée dans la plupart des pays occidentaux.
Les conséquences en sont faciles à analyser en inversant les effets du mariage tels que je les ai décrits :
a) la filiation est moins bien assurée. Bien sûr, il y a les techniques modernes. Mais faire la démarche pour vérifier que son père est bien son père, vous imaginez le b..... dans la tête ? De plus, autant que la filiation réelle compte la filiation symboliqe.
b) la cellule familliale détruite. C'est le point le plus lourd et aussi le plus connu. Il y a encore quelques années, on considérait que mieux valait un bon divorce qu'un mauvais mariage.
Aujourd'hui, on doute que ce soit vrai pour les parents, et on en doute encore plus vis-à-vis des enfants. On a beaucoup tourné en dérision le «on reste ensemble à cause des gosses».
Maintenant, ça ne fait plus tant rire parce que çe ne parait plus si bête. Les fameuses familles recomposées sont avant tout des familles décomposées et j'ai toujours trouvé que «famille monoparentale» (6) était un oxymore.
Quant aux conséquences de tout cela sur les enfants, il est hélas inutile d'y insister.
c) La stabilité obligatoire disparue, le confort sentimental s'évanouit. Par la force des choses, je connais pas mal de divorcés (ils sont nombreux). Il ne me semble pas qu'ils soient plus heureux que ceux qui sont restés en couple malgré les difficultés.
d) L'union des familles, ce point est maintenant passé de mode, ça ne me chagrine pas.
En résumé, toute cette modernité des moeurs qu'on nous a présenté comme un progrès (c'est là qu'il y a progressisme : dans la confusion entre nouveauté et progrès, il y a des nouveautés qui ne sont pas des progrès), je suis loin d'être sûr qu'elle ait fait le bonheur des individus.
Je suis curieux qu'on me démontre qu'en famille nous sommes plus heureux que nos grands-parents et que nos enfants sont mieux élevés.
J'aurais pu faire le même type d'analyse sur l'escamotage de la mort.
Les anciennes moeurs ont reçu l'onction du temps, la culture et la psychologie y sont accordées. Comme on ne change pas de culture ou de psychologie par un puissant raisonnement de l'intellect, je ne vois pas pourquoi on y arriverait pour les moeurs.
Je pense que les nouvelles moeurs se jugeront à l'épreuve du temps et je doute qu'elles durent aussi longtemps que le mariage démodé sans que nous tombions dans l'anarchie (ce que souhaitent d'ailleurs certains de leurs partisans).
Enfin, je sais que mon discours n'est pas populaire mais je le fais sans provocation, je me place plutôt dans la perspective de Pascal : «Quand tous vont vers le débordement, nul n'y semble aller. Celui qui s'arrête fait remarquer l'emportement des autres, comme un point fixe.»
(1) : le mariage n'apporte pratiquement plus contrainte ni aucun engagement juridiques. Si certains individus se sentent engagés par le mariage, c'est uniquement en fonction de leurs valeurs et de leurs convictions personnelles.
La phrase de Bismarck (qui aurait pu être de Montaigne) à sa femme le jour de son mariage : «Je ne vous connais pas, j'ai toute la vie pour apprendre à vous aimer» est incompréhensible à un esprit moderne.
(2) : ces gens qui veulent rester éternellement jeunes et ignorer que leur mort est au bout de la route font pitié.
(3) : les homosexuels ne font pas erreur en s'attaquant au mariage, ils choisissent bien leur cible. Détruire le peu de sens qui reste au mariage en en accordant la possibilité aux homosexuels, c'est achever de détruire les fondements d'une société d'hommes libres et responsables.
(4) : je n'ai pas été surpris que certains se soient étonnés que je dise que le mariage n'est pas (pas seulement, pas prioritairement) une affaire personnelle : ça montre juste à quel point nous avons perdu des notions basiques.
(5) : tentative de destruction du mariage purement constructiviste : quelques prétentieux croient par la force de leur intellect pouvoir réduire à néant ce qui a été construit par les siècles.
(6) : sauf dans le cas de la mort d'un des parents, où cet avis peut être atténué, puisqu'il n'y a pas eu d'abandon volontaire et que l'image du parent disparu reste positive.
Notre société a dissous le mariage (1) et escamoté la mort (2).
Vous trouverez à ce lien un point de vue politique : Libéralisme et famille.
J'aimerais m'attacher à des considérations plus humaines, plus psychologiques.
Il suffit de considérer le mariage car c'est autour de celui-ci que le système de moeurs familiales s'ordonne (3).
Dans le mariage traditionnel, un homme et une femme s'engagent irrévocablement et solennellement devant la société (4) (représentée par M. le maire et les témoins) à passer leur vie ensemble, avec l'espoir de fonder une famille en ayant des enfants.
Il n'y a pas de différence de ce point de vue entre le mariage civil et le mariage religieux : l'autorité qui valide le mariage et qu'on prend à témoin change, d'un coté Dieu, de l'autre la société, mais les fondements sont les mêmes.
Je rappelle que le mariage n'est pas une horrible invention imposée à une société innocente par la coercition d'affreux nuptialistes (ultra, forcément ultra). Le mariage n'a pas été inventé, il est aussi vieux, pour ce qu'on en sait, que l'homme lui-même.
L'ancienneté même du mariage, sa constance à travers le temps et l'espace, mettent en lumière la singularité de l'entreprise de ceux qui se sont donnés pour objectif de le détruire, de le vider de son sens, (ils touchent au but, l'autorisation du mariage homosexuel sera la cerise sur le gateau, leur apothéose) (5).
La pérennité du mariage est assez aisée à comprendre, il permet de canaliser le puissant désir sexuel et produit ainsi plusieurs effets :
a) garantir la filiation paternelle, ce qui serait impossible en cas de butinage sexuel généralisé (c'est pourquoi l'adultère féminin était plus mal vu que l'adultère masculin : maman surement, papa peut-être).
b) construire une cellule durable en vue de l'élevage et de l'éducation des enfants.
c) préserver un certain confort sentimental en installant une routine, ou au moins une familiarité, obligatoire.
d) unir deux familles.
Evidemment, le mariage a aussi des inconvénients. Mais si il a perduré, c'est tout de même qu'il avait plus d'avantages que d'inconvénients.
Détruit le mariage tout ce qui porte atteinte à ses caractéristiques :
> l'irrévocabilité. Plus le divorce est facile, plus cette caractéristique disparaît.
> la publicité et la solennité. Tout ce qui fait aussi du mariage un acte trop facile, trop privé, le mine.
> en vue de fonder une famille. Comme jamais les homosexuels ne pourront avoir d'enfants, le mariage homosexuel est l'anti-mariage par excellence. On me répond : et les couples stériles, ils ne peuvent pas se marier ? La loi est la même pour tous, les couples normaux ne sont pas a priori stériles, tandis que les couples homosexuels sont forcément stériles.
Il ne faut pas se livrer à un effort de réflexion intense pour constater que la destruction du mariage est pratiquement achevée dans la plupart des pays occidentaux.
Les conséquences en sont faciles à analyser en inversant les effets du mariage tels que je les ai décrits :
a) la filiation est moins bien assurée. Bien sûr, il y a les techniques modernes. Mais faire la démarche pour vérifier que son père est bien son père, vous imaginez le b..... dans la tête ? De plus, autant que la filiation réelle compte la filiation symboliqe.
b) la cellule familliale détruite. C'est le point le plus lourd et aussi le plus connu. Il y a encore quelques années, on considérait que mieux valait un bon divorce qu'un mauvais mariage.
Aujourd'hui, on doute que ce soit vrai pour les parents, et on en doute encore plus vis-à-vis des enfants. On a beaucoup tourné en dérision le «on reste ensemble à cause des gosses».
Maintenant, ça ne fait plus tant rire parce que çe ne parait plus si bête. Les fameuses familles recomposées sont avant tout des familles décomposées et j'ai toujours trouvé que «famille monoparentale» (6) était un oxymore.
Quant aux conséquences de tout cela sur les enfants, il est hélas inutile d'y insister.
c) La stabilité obligatoire disparue, le confort sentimental s'évanouit. Par la force des choses, je connais pas mal de divorcés (ils sont nombreux). Il ne me semble pas qu'ils soient plus heureux que ceux qui sont restés en couple malgré les difficultés.
d) L'union des familles, ce point est maintenant passé de mode, ça ne me chagrine pas.
En résumé, toute cette modernité des moeurs qu'on nous a présenté comme un progrès (c'est là qu'il y a progressisme : dans la confusion entre nouveauté et progrès, il y a des nouveautés qui ne sont pas des progrès), je suis loin d'être sûr qu'elle ait fait le bonheur des individus.
Je suis curieux qu'on me démontre qu'en famille nous sommes plus heureux que nos grands-parents et que nos enfants sont mieux élevés.
J'aurais pu faire le même type d'analyse sur l'escamotage de la mort.
Les anciennes moeurs ont reçu l'onction du temps, la culture et la psychologie y sont accordées. Comme on ne change pas de culture ou de psychologie par un puissant raisonnement de l'intellect, je ne vois pas pourquoi on y arriverait pour les moeurs.
Je pense que les nouvelles moeurs se jugeront à l'épreuve du temps et je doute qu'elles durent aussi longtemps que le mariage démodé sans que nous tombions dans l'anarchie (ce que souhaitent d'ailleurs certains de leurs partisans).
Enfin, je sais que mon discours n'est pas populaire mais je le fais sans provocation, je me place plutôt dans la perspective de Pascal : «Quand tous vont vers le débordement, nul n'y semble aller. Celui qui s'arrête fait remarquer l'emportement des autres, comme un point fixe.»
(1) : le mariage n'apporte pratiquement plus contrainte ni aucun engagement juridiques. Si certains individus se sentent engagés par le mariage, c'est uniquement en fonction de leurs valeurs et de leurs convictions personnelles.
La phrase de Bismarck (qui aurait pu être de Montaigne) à sa femme le jour de son mariage : «Je ne vous connais pas, j'ai toute la vie pour apprendre à vous aimer» est incompréhensible à un esprit moderne.
(2) : ces gens qui veulent rester éternellement jeunes et ignorer que leur mort est au bout de la route font pitié.
(3) : les homosexuels ne font pas erreur en s'attaquant au mariage, ils choisissent bien leur cible. Détruire le peu de sens qui reste au mariage en en accordant la possibilité aux homosexuels, c'est achever de détruire les fondements d'une société d'hommes libres et responsables.
(4) : je n'ai pas été surpris que certains se soient étonnés que je dise que le mariage n'est pas (pas seulement, pas prioritairement) une affaire personnelle : ça montre juste à quel point nous avons perdu des notions basiques.
(5) : tentative de destruction du mariage purement constructiviste : quelques prétentieux croient par la force de leur intellect pouvoir réduire à néant ce qui a été construit par les siècles.
(6) : sauf dans le cas de la mort d'un des parents, où cet avis peut être atténué, puisqu'il n'y a pas eu d'abandon volontaire et que l'image du parent disparu reste positive.
lundi, juillet 14, 2008
Le «mariage» homosexuel
J'entends à nouveau parler de mariage homosexuel.
J'en veux à notre époque d'être si stupide qu'elle m'oblige à débattre de sujets ridicules.
Rappelons que le mariage n'est pas un évènement privé, mais une évènement public et social, et pour une bonne raison. La famille est la cellule de base de la société.
Se marier, ce n'est pas seulement un évènement personnel, c'est aussi s'inscrire dans une lignée, avec une ascendance et, surtout, une descendance, même seulement potentielle.
Or, de descendance homosexuelle, on peut torturer les mots dans tous les sens, point n'est possible. Même potentielle, même symbolique. Donc le mariage homosexuel ne peut être la base sur laquelle construire la société : le mariage homosexuel n'a aucun sens.
Bien sûr, on en parle parce que le lobby homosexuel a réussi un remarquable tour de passe-passe sémantique : il y aurait des orientations sexuelles (hétérosexuelles, homosexuelles), toutes équivalentes.
C'est simplement faux : il y a une orientation sexuelle normale, qui permet la perpétuation de l'espèce et de la société, et des déviances, certes non condamnables et au libre choix de chacun, mais qui sont stériles et sur lesquels on ne peut pas construire une société, bref, qui sont de la sphère privée et qui n'ont aucun rapport avec le mariage.
Mais comme nous vivons une époque formidable, je n'ai aucun doute que le «mariage» homosexuel finira par être légalisé. Ce sera une nouvelle preuve de la confusion des idées et des valeurs dans notre monde suicidaire.
Ce n'est pas une raison pour se laisser aller, se taire et faire semblant de croire qu'une stupidité est une preuve de progrès et d'ouverture.
Quand ceux qui sont censés maintenir et diriger la société abdiquent sous la pression de forces destructrices, il appartient aux individus de rappeler les principes et les valeurs qui font l'honneur et la simple survie d'une société.
Philippe Muray, décidément allègre :
Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
Sur un ton plus sérieux :
Pourquoi je suis contre le mariage homosexuel
J'en veux à notre époque d'être si stupide qu'elle m'oblige à débattre de sujets ridicules.
Rappelons que le mariage n'est pas un évènement privé, mais une évènement public et social, et pour une bonne raison. La famille est la cellule de base de la société.
Se marier, ce n'est pas seulement un évènement personnel, c'est aussi s'inscrire dans une lignée, avec une ascendance et, surtout, une descendance, même seulement potentielle.
Or, de descendance homosexuelle, on peut torturer les mots dans tous les sens, point n'est possible. Même potentielle, même symbolique. Donc le mariage homosexuel ne peut être la base sur laquelle construire la société : le mariage homosexuel n'a aucun sens.
Bien sûr, on en parle parce que le lobby homosexuel a réussi un remarquable tour de passe-passe sémantique : il y aurait des orientations sexuelles (hétérosexuelles, homosexuelles), toutes équivalentes.
C'est simplement faux : il y a une orientation sexuelle normale, qui permet la perpétuation de l'espèce et de la société, et des déviances, certes non condamnables et au libre choix de chacun, mais qui sont stériles et sur lesquels on ne peut pas construire une société, bref, qui sont de la sphère privée et qui n'ont aucun rapport avec le mariage.
Mais comme nous vivons une époque formidable, je n'ai aucun doute que le «mariage» homosexuel finira par être légalisé. Ce sera une nouvelle preuve de la confusion des idées et des valeurs dans notre monde suicidaire.
Ce n'est pas une raison pour se laisser aller, se taire et faire semblant de croire qu'une stupidité est une preuve de progrès et d'ouverture.
Quand ceux qui sont censés maintenir et diriger la société abdiquent sous la pression de forces destructrices, il appartient aux individus de rappeler les principes et les valeurs qui font l'honneur et la simple survie d'une société.
Philippe Muray, décidément allègre :
Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
Sur un ton plus sérieux :
Pourquoi je suis contre le mariage homosexuel
dimanche, juillet 13, 2008
EADS s'enfonce dans la crise
Thomas Enders, PDG d'Airbus a fait des déclarations tout en finesse :
Le patron de l'avionneur européen Airbus, Thomas Enders, a estimé que l'enquête sur les délits d'initiés présumés contre les dirigeants de EADS était un "procès joué à l'avance", lors d'un séminaire ce week-end, avant le Salon de Farnborough qui s'ouvre lundi.
"C'est un procès joué à l'avance. C'est du mauvais théâtre. Je pense que cela doit être dit très clairement. Point", a dit en anglais l'Allemand Thomas Enders, devant plus d'une centaine de journalistes.
C'est bien connu que d'aller expliquer à la presse que le procès est joué d'avance, c'est le meilleur moyen de se concilier les juges !
Hélas, trois fois hélas, mon diagnostic maintes fois répété se confirme : les problèmes graves d'EADS deviennent mortels à force de ne pas être réglés.
Comme je le répète aussi depuis des années, la conjoncture ascendante permet toutes les fautes, le moment de vérité se produit au retournement de cycle, qui finit toujours par arriver dans l'aéronautique : c'est là qu'on voit si la période de vaches grasses a été mise à profit pour se préparer la période de vaches maigres. Or, j'ai bien peur que dans le cas d'EADS, on ne voit pas grand'chose.
Et le retournement de cycle pointe à l'horizon.
Ce qui sauverait EADS, c'est un nettoyage des écuries d'Augias : le rachat par un actionnaire libre de tout lien avec des Etats européens (1). Et ça n'arrivera pas.
(1) : même si il est toujours bon de faire des efforts à la base, les comptes montrent qu'un ouvrier d'EADS n'est pas moins productif qu'un ouvrier de Boeing. Le problème est celui des choix stratégiques, le poisson pourrit par la tête. Or, les incompétents (et sur ce plan de l'incompétence, je ne fais pas de différences entre Français et Allemands) qui dirigent EADS sont protégés pour des raisons politiques.
Nous avons un admirable étalon de bonne gestion aéronautique en France : Dassault Aviation. Les liens avec l'Etat y sont forts, mais ni l'administration ni la politique ne s'immiscent dans la gestion et dans le choix des hommes.
Ce n'est pas un hasard si DAv ressemble plus à un Boeing en miniature qu'à un EADS en réduction.
Les gens de DAv peuvent avoir l'impression d'être devenus une bureaucratie et que l'esprit pionnier des années 50 a disparu, mais qu'ils se rassurent, ils ont la même impression chez Boeing et c'est pire ailleurs !
Le patron de l'avionneur européen Airbus, Thomas Enders, a estimé que l'enquête sur les délits d'initiés présumés contre les dirigeants de EADS était un "procès joué à l'avance", lors d'un séminaire ce week-end, avant le Salon de Farnborough qui s'ouvre lundi.
"C'est un procès joué à l'avance. C'est du mauvais théâtre. Je pense que cela doit être dit très clairement. Point", a dit en anglais l'Allemand Thomas Enders, devant plus d'une centaine de journalistes.
C'est bien connu que d'aller expliquer à la presse que le procès est joué d'avance, c'est le meilleur moyen de se concilier les juges !
Hélas, trois fois hélas, mon diagnostic maintes fois répété se confirme : les problèmes graves d'EADS deviennent mortels à force de ne pas être réglés.
Comme je le répète aussi depuis des années, la conjoncture ascendante permet toutes les fautes, le moment de vérité se produit au retournement de cycle, qui finit toujours par arriver dans l'aéronautique : c'est là qu'on voit si la période de vaches grasses a été mise à profit pour se préparer la période de vaches maigres. Or, j'ai bien peur que dans le cas d'EADS, on ne voit pas grand'chose.
Et le retournement de cycle pointe à l'horizon.
Ce qui sauverait EADS, c'est un nettoyage des écuries d'Augias : le rachat par un actionnaire libre de tout lien avec des Etats européens (1). Et ça n'arrivera pas.
(1) : même si il est toujours bon de faire des efforts à la base, les comptes montrent qu'un ouvrier d'EADS n'est pas moins productif qu'un ouvrier de Boeing. Le problème est celui des choix stratégiques, le poisson pourrit par la tête. Or, les incompétents (et sur ce plan de l'incompétence, je ne fais pas de différences entre Français et Allemands) qui dirigent EADS sont protégés pour des raisons politiques.
Nous avons un admirable étalon de bonne gestion aéronautique en France : Dassault Aviation. Les liens avec l'Etat y sont forts, mais ni l'administration ni la politique ne s'immiscent dans la gestion et dans le choix des hommes.
Ce n'est pas un hasard si DAv ressemble plus à un Boeing en miniature qu'à un EADS en réduction.
Les gens de DAv peuvent avoir l'impression d'être devenus une bureaucratie et que l'esprit pionnier des années 50 a disparu, mais qu'ils se rassurent, ils ont la même impression chez Boeing et c'est pire ailleurs !
Quelques videos de Finkielkraut pour mes amis bobos
Contre Nouvel Observateur :
Contre Jean-François Kahn (c'est saignant) :
Sur les violences scolaires :
Partie 1 :
Partie 2 (vous pourrez relier sans mal cette deuxième partie à l'article de la NRH où est évoqué l'effet néfaste de l'exclusivité des valeurs féminines dans l'éducation) :
Sur le bac comme épreuve de bien-pensance :
Et puisque j'en suis là, contre le mariage gay :
Contre Jean-François Kahn (c'est saignant) :
Sur les violences scolaires :
Partie 1 :
Partie 2 (vous pourrez relier sans mal cette deuxième partie à l'article de la NRH où est évoqué l'effet néfaste de l'exclusivité des valeurs féminines dans l'éducation) :
Sur le bac comme épreuve de bien-pensance :
Et puisque j'en suis là, contre le mariage gay :
Libellés :
actualités,
instruction,
politique
vendredi, juillet 11, 2008
Sarkozy en «off» sur France 3 : les «media people» sont ils tous des cons ?
J' ai entendu parler d'une video «off», c'est-à-dire piratée, où l'on était censé voir Nicolas Sarkozy tenir des propos scandaleux.
Comme un imbécile, je suis allé voir. Je m'attendais à trouver du Sarkozy d'anthologie. Pas du tout.
Le président y fait une réflexion digne d'une rombière du seizième mais rien de plus. Je ne vous ai pas mis le lien tellement c'est insignifiant.
Je prends généralement nos politiciens pour des pas grand'choses, mais en des occurrences comme celle-ci, j'ai plutôt envie de les plaindre. Voir le moindre mot, même pas vraiment de travers, ainsi décortiqué et monté en épingle, il y a de quoi devenir fou.
Faut-il que les journalistes l'aiment, cette monarchie républicaine qu'ils dénoncent, pour que parole du monarque fasse l'objet de tant d'attention.
Peu avant sa mort, Julien Freund avait des réticences vis-à-vis de la démocratie.
D'une part, le système de sélection des gouvernants amène au sommet les plus retors, les plus acharnés, pas les plus compétents. D'autre part, les sujets abordés ne sont pas ceux qui comptent vraiment, mais ceux qui sont compréhensibles par le public des électeurs.
Sans que je partage totalement ces préventions, ce genre de petit fait me fait descendre à un point bas d'optimisme démocratique.
Comme un imbécile, je suis allé voir. Je m'attendais à trouver du Sarkozy d'anthologie. Pas du tout.
Le président y fait une réflexion digne d'une rombière du seizième mais rien de plus. Je ne vous ai pas mis le lien tellement c'est insignifiant.
Je prends généralement nos politiciens pour des pas grand'choses, mais en des occurrences comme celle-ci, j'ai plutôt envie de les plaindre. Voir le moindre mot, même pas vraiment de travers, ainsi décortiqué et monté en épingle, il y a de quoi devenir fou.
Faut-il que les journalistes l'aiment, cette monarchie républicaine qu'ils dénoncent, pour que parole du monarque fasse l'objet de tant d'attention.
Peu avant sa mort, Julien Freund avait des réticences vis-à-vis de la démocratie.
D'une part, le système de sélection des gouvernants amène au sommet les plus retors, les plus acharnés, pas les plus compétents. D'autre part, les sujets abordés ne sont pas ceux qui comptent vraiment, mais ceux qui sont compréhensibles par le public des électeurs.
Sans que je partage totalement ces préventions, ce genre de petit fait me fait descendre à un point bas d'optimisme démocratique.
jeudi, juillet 10, 2008
NRH : ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne guerre ...
Cet article de la NRH prolonge indirectement certaines de mes réflexions sur l'instruction et l'éducation :
Guerre et masculinité
La NRH est toujours aussi politiquement incorrecte, mais de temps en temps, ça fait du bien.
Guerre et masculinité
La NRH est toujours aussi politiquement incorrecte, mais de temps en temps, ça fait du bien.
Citation piquée sur un autre blog
Citation de Sir Peter Medawar piquée sur un autre blog :
«Just as compulsory primary education created a market catered for by cheap dailies and weeklies, so the spread of secondary and latterly tertiary education has created a large population of people, often with well-developed literary and scholarly tastes, who have been educated far beyond their capacity to undertake analytical thought.»
Traduction :
Tout comme l'éducation primaire obligatoire a créé un marché fourni par des quotidiens et des hebdomadaires à bas prix, la diffusion de l'instruction secondaire puis tertiaire a créé une grande population de gens au goût littéraire et savant développé qui ont été instruits bien au-delà de leur capacité à soutenir une pensée analytique.
Cette phrase explique assez bien pourquoi certains membres de populations instruites, je pense notamment à des enseignants et à des journalistes, montrent parfois des faiblesses d'analyse étonnantes.
Je ne vois guère de manière de prévenir ces faiblesses si ce n'est d'avoir la modestie de ne pas s'aventurer sur des terrains trop complexes (1).
Par exemple, pour comprendre le libéralisme, je sens bien que mes notions de thermodynamique statistique sont de puissantes aides, car l'idée comme quoi à partir de quelques objets simples, on peut obtenir des ensembles ordonnés très complexes n'est pas intuitive.
Or, si je fais le compte, il m'a bien fallu six ans d'école (à partir de la terminale) plus quelques années qui ont suivi pour me sentir à l'aise avec ces concepts. Il n'est donc pas étonnant que ceux dont les études n'avaient pour objet ces modes d'analyse ne les maitrisent pas.
(1) : pour ma part, j'avoue que les problèmes liés à l'immigration ou à la religion me laissent perplexes et que je m'y colle avec difficulté. J'ai quelquefois du mal à comprendre des stratégies politiques à 36 000 bandes.
«Just as compulsory primary education created a market catered for by cheap dailies and weeklies, so the spread of secondary and latterly tertiary education has created a large population of people, often with well-developed literary and scholarly tastes, who have been educated far beyond their capacity to undertake analytical thought.»
Traduction :
Tout comme l'éducation primaire obligatoire a créé un marché fourni par des quotidiens et des hebdomadaires à bas prix, la diffusion de l'instruction secondaire puis tertiaire a créé une grande population de gens au goût littéraire et savant développé qui ont été instruits bien au-delà de leur capacité à soutenir une pensée analytique.
Cette phrase explique assez bien pourquoi certains membres de populations instruites, je pense notamment à des enseignants et à des journalistes, montrent parfois des faiblesses d'analyse étonnantes.
Je ne vois guère de manière de prévenir ces faiblesses si ce n'est d'avoir la modestie de ne pas s'aventurer sur des terrains trop complexes (1).
Par exemple, pour comprendre le libéralisme, je sens bien que mes notions de thermodynamique statistique sont de puissantes aides, car l'idée comme quoi à partir de quelques objets simples, on peut obtenir des ensembles ordonnés très complexes n'est pas intuitive.
Or, si je fais le compte, il m'a bien fallu six ans d'école (à partir de la terminale) plus quelques années qui ont suivi pour me sentir à l'aise avec ces concepts. Il n'est donc pas étonnant que ceux dont les études n'avaient pour objet ces modes d'analyse ne les maitrisent pas.
(1) : pour ma part, j'avoue que les problèmes liés à l'immigration ou à la religion me laissent perplexes et que je m'y colle avec difficulté. J'ai quelquefois du mal à comprendre des stratégies politiques à 36 000 bandes.
Ségolène Royal : toujours plus bas
Ségolène Royal laisse entendre que le cambriolage de son appartement pourrait être une manœuvre d'intimidation d'une officine sarkozyste.
C'est évidemment stupide : quel intérêt ? Qu'en retirerait le gouvernement ?
Ségolène Royal accuse d'autre part Sarkozy de se comporter comme un roi à la tête d'un clan.
J'ai du rater quelque chose, mais je ne vois pas que Nicolas Sarkozy se comporte plus royalement ni plus comme un chef de clan que, disons, François Mitterrand. Cela ne semblait pas la gêner à l'époque. Nicolas Sakozy est un président démocratiquement élu qui exerce son mandat dans le cadre des institutions françaises, certes perfectibles.
On comprend bien à quoi riment ces outrances : s'attirer les sympathies des militants socialistes (qu'elle prend vraiment pour des cons) en vue du prochain congrès.
Mais je considère de telles tactiques comme basses et néfastes : transformer l'adversaire politique en ennemi social et personnel réveille le vieux culte français de la haine civile.
J'espère qu'elles sont dépassées et que le vote des militants socialistes le prouvera, mais je n'en suis pas sûr : les socialistes ne brillent pas par leur intelligence (c'est au moins un point d'accord de entre SR et moi !).
C'est évidemment stupide : quel intérêt ? Qu'en retirerait le gouvernement ?
Ségolène Royal accuse d'autre part Sarkozy de se comporter comme un roi à la tête d'un clan.
J'ai du rater quelque chose, mais je ne vois pas que Nicolas Sarkozy se comporte plus royalement ni plus comme un chef de clan que, disons, François Mitterrand. Cela ne semblait pas la gêner à l'époque. Nicolas Sakozy est un président démocratiquement élu qui exerce son mandat dans le cadre des institutions françaises, certes perfectibles.
On comprend bien à quoi riment ces outrances : s'attirer les sympathies des militants socialistes (qu'elle prend vraiment pour des cons) en vue du prochain congrès.
Mais je considère de telles tactiques comme basses et néfastes : transformer l'adversaire politique en ennemi social et personnel réveille le vieux culte français de la haine civile.
J'espère qu'elles sont dépassées et que le vote des militants socialistes le prouvera, mais je n'en suis pas sûr : les socialistes ne brillent pas par leur intelligence (c'est au moins un point d'accord de entre SR et moi !).
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