lundi, avril 30, 2007
La gauche la plus bête du monde ?
Si Sarkozy est élu :
Je suis perplexe : tant qu'on y était à faire dans la nuance, pourquoi n'y a-t-il pas comme proposition "Je me suicide" ?
Comme d'autres, je suis particulièrement choqué par le "j'entre en résistance", qui est pourtant la proposition anti-sarkozyste recueillant le plus de suffrages. Bien sûr, on arguera d'une forme d'humour branché, mais il y a des formes d'humour pitoyables.
Rappelons aux oublieux que la résistance, tout comme le fascisme, date d'une autre époque, autrement plus dramatique que la nôtre.
C'est à mes yeux injurieux, profondément irrespectueux, de mettre "résistance" et "fascisme" à toutes les sauces ; cela témoigne de plus de la bêtise de ceux qui emploient ces termes. Cela fait bien longtemps que je me désespère de voir revenir l'intelligence disparue de la gauche française.
Et si Royal est élue, que fais-je ? Rien de plus que d'habitude. Simplement, je saurai que je paierai plus d'impôts, que je devrai continuer à mettre de l'argent de coté en prévision de la faillite de nos systèmes sociaux et que la France continuera de décliner pendant 5 ans supplémentaires.
dimanche, avril 29, 2007
Le grand méchant Sarko, juste pour rire
Par ailleurs, il me semble inutile de trop épiloguer sur le ridicule achevé des gens qui crient au Grand Méchant Loup Sarko.
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Pour le syndicat de la presse régionale, les pressions sont venues de Mme Royal, non de M. Sarkozy

Il explique que la demande de la candidate PS à être accompagnée de François Bayrou et des caméras de France 2 devant le forum de la SPQR vendredi matin ne pouvait être acceptée en raison des règles d'équité.
Mais "une formidable machine à désinformer s'est alors mise en marche", écrit-il. "Nous cédions" aux pressions. "La virulence de ces attaques a été très relayée, il faut le dire, de l'intérieur même du syndicat" car le SPQR "n'est pas comme on voudrait le faire croire monolithique et à droite exclusivement", ajoute-t-il.
"Oui, le syndicat a été délibérément l'instrument d'une campagne orchestrée. Non, Mme Royal, il n'y a pas eu de pression de Nicolas Sarkozy. En revanche, il y en a eu de très fortes de votre côté, exercées directement par votre équipe, et aussi par vous-même à travers vos déclarations", déclare le président du SPQR. Il réaffirme par ailleurs ne pas avoir rencontré Nicolas Sarkozy jeudi matin, contrairement aux affirmations de Mme Royal.
Le débat Bayrou-Royal s'est finalement déroulé samedi matin, organisé et diffusé par la télévision BFM TV et la radio RMC, en partenariat avec Aujourd'hui en France et Le Parisien. Canal+, qui s'était proposé jeudi, avait jeté l'éponge, arguant des règles sur le temps de parole édictées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.
samedi, avril 28, 2007
Le Curtiss H75 au combat

Un numéro hors série du Fana de l'aviation est consacré au journal de marche entre aout 1939 et juillet 1940 de l'escadrille dite des Petits Poucets, équipée d'avions américains Curtiss Hawk H75.
La guerre fut perdue sans que les pilotes aient l'impression d'avoir démérité ni même d'avoir été vaincus.
La désorganisation de l'armée française et l'inadaptation à la guerre moderne furent telles que prédites par De Gaulle dans Vers l'armée de métier et dans La France et son armée et telles que décrites par Marc Bloch dans L'étrange défaite.
J'avais déjà consacré un texte à ces problématiques : Pourquoi l’échec de l’aéronautique française des années 30 ?
On remarquera qu'on est là à l'étape suivante de la réflexion : les gouvernants ont pris acte que l'aéronautique française n'était pas à la hauteur des exigences de la guerre imminente et ont décidé d'acheter américain.
La vaillance des pilotes n'a pas suffi, l'intendance si importante dans les guerres modernes n'a pas suivi. La France, sans être la Russie, n'a jamais été économe du sang de ses soldats, on préfère fatiguer les troufions et gaspiller leurs vies qu'embarrasser la cervelle des généraux de considérations triviales de logistique. Vauban, un ingénieur, le déplorait déjà (1).
Par exemple, des avions précieux ont été accidentés à cause de pistes mal drainées.
Les manuels d'entretien des avions ne sont arrivés en escadrille qu'en juin 1940, ce n'est pas mortel, on se débrouille, mais tout de même, c'est pénible, surtout pour des avions de fabrication étrangère.
Les H75, à parité avec les Me 109 en 1939, étaient surclassés en 1940, faute d'évolution.
Après les erreurs de logistiques, les erreurs d'organisation. La doctrine était figée : la chasse était vue comme une auxiliaire de l'armée de terre. Il en est résulté des chaînes hiérarchiques, embrouillées, redondantes et des zones d'opération trop étroites (un avion parcourt en dix minutes la distance qu'un bidasse fait en une journée).
Les Anglais et les Américains ont aussi commis des fautes (Too few, too late), mais ils avaient la Manche et la Pacifique pour leur donner le temps de se redresser.
Nous qui n'avions pas ces protections, nous nous devions d'être plus intelligents, plus ouverts, un peu comme les Finlandais le furent pour lutter contre les Russes. Nous ne l'avons pas été.

NB : je regrette amèrement que les deux seuls avions en état de vol représentant la guerre 1939-1940 coté français soient détenus l'un, le H75, par un Anglais, certes francophile, et l'autre par un Suisse, qui ont cependant tous deux eu le bon goût de peindre leurs engins aux couleurs françaises. Dormez bien, bonnes gens, l'Etat veille sur le patrimoine national.
(1) : j'en profite pour redresser une caricature : dans les armée allemandes depuis Bismarck, les différences de rang sont nettement moins marquées que dans l'armée française et les officiers ont plus proches de leurs hommes et, comme par hasard, plus préoccupés de logistique.
Le centre fou
Mais je trouve cela tellement lamentable que je n'ai pas le coeur à m'en féliciter.
Désormais que l'élection est gagnée pour Sarkozy (1), je souhaite que Bayrou appelle à voter Royal. Cela permettrait l'émergence de cette gauche moderne qui manque tant à la France.
Je note chez les partisans de Royal que je connais (pardon pour eux) un grand vide intellectuel sur le monde comme il va. "La Chine ? L'Inde ? Le terrorisme ? La démographie ? Sans opinion, mais Ségolène est une femme, votez pour elle, ça nous changera et Sarko est un fâcho." C'est rigolo mais pas très sérieux.
Il est temps de remettre le PS dans le sens de la marche et qu'il profite de l'occasion pour recommencer à penser.
(1) : la raison conjoncturelle en est que SR n'a pas su installer une dynamique de second tour lui permettant, en se mettant "au-dessus des partis", de ne pas perdre à gauche ce qu'elle gagne au centre. La raison fondamentale en est ce que je répète depuis des mois : SR est la candidate du PS car le PS a refusé de choisir entre les archéo et les modernes (ou les moins-archéo). Ce qui fait qu'elle est au second tour est cela même qui la condamne à le perdre.
Bien sûr, tant que les bulletins ne sont pas dans les urnes, Sarkozy peut encore perdre, mais plus le temps passe, moins c'est probable.
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Le centre fou
L'éditorial d'Alexis Brézet.
Publié le 28 avril 2007
Actualisé le 28 avril 2007 : 22h37
Il était entré dans la campagne revêtu de probité candide et de lin blanc. Il allait « changer le système », « réconcilier les deux France », en finir avec cette « guerre civile froide » qui, selon lui, empêche le pays d'avancer. Et voici qu'aujourd'hui le desperado du Béarn canarde à tout-va. Voici qu'avec une brutalité confondante il lance contre Nicolas Sarkozy une pluie d'invectives puisées dans les eaux saumâtres du cynisme politicien. Comment l'apôtre du « et droite et gauche » s'est-il mué en huit jours, au mépris des convictions d'une bonne moitié de ses électeurs, en imprécateur du « ni Sarko ni Sarko » ? François Bayrou n'aurait-il rompu avec la longue tradition du centre mou que pour imaginer le centre fou ?
Donc, Nicolas Sarkozy est un apprenti dictateur. Le fils caché de Poutine et de Berlusconi. Encore un effort : Ceausescu et Pinochet ne sont pas loin ! Universelle aragne engraissée par le grand capital, le candidat UMP a tissé sa toile sur tous les médias. La presse régionale est aux ordres. Canal +, à la botte. TF1, Europe 1 et Le Figaro, cela va de soi. Contre le général de Gaulle, l'auteur du Coup d'État permanent n'en avait pas tant fait.
Question : comment expliquer que les principaux lieutenants de Bayrou - Maurice Leroy, son porte-parole ; Pierre Albertini, maire de Rouen et coauteur de son projet ; Charles de Courson, inspirateur de son programme économique, et dix autres encore - appellent tous à voter Sarkozy ? N'ont-ils pas d'yeux pour voir la terrible vérité ? Sont-ils cyniques à ce point que, pour un siège de député, ils seraient prêts à laisser la France s'enfoncer dans la nuit des libertés et le brouillard de la morale publique ? Vraiment, l'UDF ne mérite pas François Bayrou.
Trêve de plaisanterie. Si le prophète de l'extrême centre semble avoir un peu de mal à se faire à l'idée qu'il n'est pas au second tour, il est loin, très loin, d'être insensé. Son calcul, qui s'alimente à son obsession de revanche, est d'une biblique simplicité : persuadé que Ségolène Royal ne peut en aucun cas être élue, il préempte, pour la suite, tout l'espace de l'opposition. Et la dame, qui ne voit rien, offre son cou à ce baiser qui tue.
L'ennui avec ces fines stratégies est que l'on sait où elles commencent, pas où elles finissent. Avant de trahir Giscard en 1981, Jacques Chirac était persuadé d'emporter la mise aux législatives qui suivraient la présidentielle. Résultat : quatorze années de Mitterrand. Est-ce vraiment cela que veut François Bayrou ?
Nous n'en sommes pas là. La manoeuvre de diabolisation tentée par les socialistes contre Nicolas Sarkozy s'est brisée sur le premier tour du scrutin : difficile de peindre en croquemitaine un candidat qui rassemble onze millions et demi de voix ! La vendetta du centriste ne réussira probablement pas davantage : on imagine mal ses électeurs « antisystème » se laisser prendre à cette caricature de combinaison partisane, le tendre ménage Bayrou-Royal. Il n'empêche : le risque existe, que François Bayrou prend sciemment pour ménager son intérêt politique. Quoi qu'il advienne, il portera une lourde responsabilité devant le pays.
vendredi, avril 27, 2007
Le débat de Bécassine et de Tintin
Lui qui avait un jour comparé un congrès du PS à une bagarre d'ivrognes dans un bordel mexicain aurait su trouver les mots pour nous faire rire de cette histoire ridicule de débat entre Bayrou et Royal.
Manque à Nicolas Sarkozy l'humour de Mongénéral, j'imagine assez bien celui-ci se laisser aller à un "Mais pourquoi diable empêcherais-je Bécassine de débattre avec Tintin ?"
Ajout du 28/04 : le débaba entre Tintin et Bécassine a eu lieu. Fidèle à ma conviction qu'il était sans importance aucune, je suis allé voir les avions à St-Cyr. Je n'ai donc pas d'opinion sur ce qui s'est passé dans ce débat.
Par contre, j'ai trouvé sur le blog de JM Apathie le compte-rendu de son entretien avec F. Bayrou, je suis d'accord avec son opinion sur la tenue de ce débat :
Aphatie sur Bayrou
Des fois, je me demande si on ne nous prend pas pour des cons : des commentateurs s'extasient que le débat entre SR et FB se soit bien passé. 'faut pas pousser pépère dans les orties : chacun avait intérêt à aider l'autre à paraître un adversaire de haute volée, ça aurait été le comble que le débat se passe mal !
Une latte contre Sarkozy
Leçon de droit européen pour un futur président de la République
Ca ne m'empêchera pas de voter pour lui, mais sans illusions sur le personnage. Entre deux maux, il faut choisir le moindre (et il n'y a pas de troisième choix !).
jeudi, avril 26, 2007
Bayroute en rase campagne
Il a participe à une élection où seuls les deux premiers candidats sont retenus pour aller au tour suivant. Il est troisième, donc il rentre dans sa campagne se reposer d'une campagne exténuante.
Hé bien, pas du tout ! Il continue ses tours de piste et Mme Royal lui propose un débat. Quellle utilité, puisque ce n'est pas lui l'autre candidat ? Qu'est ce que c'est ces histoires de duel à trois ?
Ce faisant, Bayrou empêche la nécessaire cristallisation du débat entre SR et NS. Je comprends en quoi ça arrange la candidate Royal dont toute la tactique a été d'éviter la prise de positions claires, mais en quoi cela arrange-t-il les Français qui ont à choisir entre NS et SR et non entre FB et NS ?
C'est à tout le moins une malhonnêteté de l'esprit que ces pas de deux.
J'espère que le bon sens des électeurs saura donner à ces manoeuvres dilatoires la justice qu'elles méritent.
mercredi, avril 25, 2007
La diabolisation de Nicolas Sarkozy
Mais avant, il me faut être clair, je voterai Sarkozy par défaut ; il me paraît un candidat moyen qui ne mérite ni excès d'honneurs, ni excès d'indignité.
Y a-t-il diabolisation ? Assurément, internet et une caricature accompagné de "Arbeit macht frei" suffirait à le montrer, mais passons, internet est la lieu des libres excès.
Il suffit de lire Libération ou le Nouvel Obs. J'appelle diabolisation les critiques qui sont au-delà du raisonnable, les procès d'intention, les dénigrements.
Pourquoi ?
> Il me semble que NS est le premier homme de droite depuis longtemps à ne pas s'excuser d'être de droite, à ne pas donner des gages à la gauche. De ce point de vue, c'est un anti-Chirac. Or, la gauche s'était habituée à ce qu'on la flatte comme le Bien, la Générosité. Ca la choque d'autant plus d'être bousculée.
> Certains ont réellement peur d'être dérangés dans leurs avantages exquis. Cette peur me semble, hélas, très exagérée, mais ils l'ont.
> Même chez ceux qui sont les victimes du système actuel, la peur du changement, la peur du renouveau, le déclin est si doux au son de Manu Chao et de de Vincent Delerm. Cela me rappelle une phrase : "La France a des réactions d'épave dérangée dans son sommeil."
> Enfin, je rejoins là dessus Max gallo, les républicains d'autorité ont toujours suscité une part de haine : il est pénible de sentir le joug.
mardi, avril 24, 2007
Où vont aller les électeurs de Bayrou ?
A un brusque rétablissement, beaucoup préfèrent un lent déclin.
"Pour réformer, il faut beaucoup travailler"
En effet, comme je vous l'ai expliqué à propos de Margaret Thatcher, mais c'est aussi valable pour Tony Blair, une réforme réussie demande beaucoup de préparation, d'attention aux détails : quel est le but de la réforme ? Qui va y gagner ? Quoi ? Qui va s'y opposer ? Comment ? Comment acheter ou paralyser les oppositions ? Comment fédérer et mobiliser les appuis ?
On est très loin des généralités fumeuses à la française sur "la valeur travail", "réhabiliter l'impôt" et autres fadaises.
Thatcher et Blair aussi ont proféré des généralités, mais soutenues par de solides assises. Il y avait un aller-retour constant entre mesures concrètes et idées générales.
Il est clair que, dans cette optique, les candidats au deuxième tour devraient déjà avoir dans leurs cartons des projets de loi, or cela ne semble pas être le cas.
Coté Royal, on perçoit clairement l'improvisation et l'amateurisme, peut-être même l'insouciance, vis-à-vis de l'après élection.
Ce n'est pas étonnant pour un parti qui est en pleine déliquescence intellectuelle. Pour être socialiste à la française aujourd'hui, il ne faut guère s'intéresser aux idées et aux faits. Le goût pour les mots ronflants, les discours creux et le sentimentalisme bon marché suffit.
Mais ce n'est pas beaucoup mieux de l'autre coté. L'impression d'amateurisme y est moindre, mais comme le candidat a dit tout et son contraire, on peut à bon droit douter que rien soit prêt pour l'exercice du pouvoir.
Enfin, poursuivant la comparaison avec l'exemple britannique, on sent bien que manque à nos édifices électoraux la réflexion générale articulant les propositions.
Par peur de passer pour des intellectuels, pour "faire peuple" (quelle étrange conception du peuple cela révèle) et, peut-être même, par incompétence, les candidats se sont bien gardés d'exprimer une analyse politique cohérente.
Ainsi, on oscille des généralités, creuses car sans substance, sur les valeurs aux propositions de mesures, saupoudrées et contradictoires.
C'est à l'électeur, qui a besoin de beaucoup de bonne volonté pour ce faire, d'essayer de deviner une cohérence qu'on lui cache. Je trouve déjà l'électeur bien gentil de supposer qu'il y a une cohérence.
Bref, à mon sens, les candidats ont encore 13 jours pour travailler, mais je ne vois pas comment ils arriveraient à faire maintenant ce qu'il n'ont pas su faire en plusieurs mois.
Ajout du soir : il semblerait que NS ait tout prêt un système de réformes des universités qu'il présenterait à l'été en session extraordinaire du parlement.
Je ne connais pas le contenu de cette réforme mais cela me semble une priorité.
dimanche, avril 22, 2007
Présidentielles, premiers commentaires à chaud
Sarko 30 %
Ségo 26 %
Bayrou 19 %
Le Pen 11 %
Sauf grosse bourde ou appel de Bayrou à voter Ségo, Sarko sera le prochain président de la République.
C'est à mon avis un moindre mal parmi tous les candidats proposés, mais sera-ce suffisant ? J'en doute.
L'antilibéralisme sauvage
L'échec d'une icone médiatique
mercredi, avril 18, 2007
Un petit point sur la science du climat qui éprouve bien des difficultés
Loin fadaises réchauffistes :
Groupe de travail académie des sciences
Lindzen dans les Echos
D'ailleurs, ça me fait d'autant plus rire qu'on présente un très hypothétique réchauffement climatique comme une catastrophe que les populations ont une nette propension à se déplacer vers les endroits chauds, Côte d'Azur ou Californie, ce qu'on appelle l'héliotropisme.
Soit les gens sont cons, soit ceux qui nous prédisent que la chaleur est une catastrophe ont raté quelque chose.
Au pire, si le réchauffement s'avère néfaste, ceux qui sont descendus vers le sud remonteront vers le nord de la même manière qu'ils en sont partis.
En conclusion, les réchauffistes conséquents devraient investir dans l'immobilier septentrional. Or, je n'ai pas entendu dire que Nicolas Hulot, Albert Jacquard, Hubert Reeves et compagnie aient investi à Dunkerque. Est-ce à dire que ce sont gens inconséquents ? Je vous laisse juges.
En lisant les affiches : la France hémiplégique
Ainsi, en lisant les affiches électorale, on est tenté de croire que la France est de gauche et rurale. Il se pourrait bien que la réalité se révèle être l'exact inverse !
Il paraît qu'il existe un phénomène TSS, Tout Sauf Sarkozy. Il me semble que ce phénomène n'intéresse que les 7 premiers arrondissements de Paris et est infinitésimal au delà du périphérique.
mardi, avril 17, 2007
Paul Watzlawick
C'est un des fondateurs de l'école de psychologie de Palo Alto qui a obtenu des résultats remarquables.
Pour lui, ce qui se passe dans la tête du patient est son intimité, le thérapeute doit au maximum éviter de s'y introduire. Les thérapies les meilleures sont les plus rapides car elles minimisent ces intrusions. Vous l'aurez compris, Watzlawick n'était pas un grand ami de la psychanalyse freudienne.
Il considérait que l'on est pris dans un réseau de relations que l'on se construit (ce constructivisme mal compris a d'ailleurs inspiré nos néfastes d'IUFM) et que la thérapie consiste à soigner le réseau de relations tel qu'il est aujourd'hui.
Les méthodes de Palo Alto donnent des résultats remarquables en quelques séances (les freudiens ont trouvé la parade : ils nient la notion de résultats mesurables en psychanalyse, ben voyons ...)
Ruralité, enjeu des élections !

J'habite près d'un bureau de vote, je passe donc tous les jours devant les affiches officielles.
J'ai toujours le même malaise devant les dinosaures communistes (Besancenot, Laguiller, Buffet), je me dis que nous avons au minimum 30ans de retard, mais que dire des ruraux (Bové, Schivardi, Nihous, Bayrou) ?
Je suis désolé de mettre fin aux fantasmes bucoliques de certains, mais les faits sont là : 8 à 9 (suivant comment on compte) Français sur 10 vivent à la ville. La ruralité en tant que thème principal de campagne, c'est un enjeu des années 50.
Lors de leur dernière campagne présidentielle, les Américains ont parlé cellules-souches, politique étrangère, mondialisation. Mais c'est bien connu, ils sont cons, bornés, incultes, tandis que nous Français sommes fins, cultivés, spirituels, ouverts sur le monde, n'est-ce pas ?
Les affiches électorales me dépriment tous les matins : 11 candidats sont des partisans plus ou moins déclarés de l'immobilisme (1) ; quant au 12ème, il y a de sérieuses questions sur le fait qu'il confond agitation et mouvement.
Bref, pas grand'chose de bon à en espérer.
L'Etat français, aujourd'hui, tel qu'il est organisé, est une calamité, comme la grêle et les sauterelles. Il faut faire avec. Ca sera encore ainsi après les élections.
Comme me disait récemment un ami qui est son propre patron : "L'Etat ? Je n'en attends rien. Les impôts ? Je considère que c'est un coup du sort qui fait que la moitié de mes revenus disparaît dans un grand trou noir."
Alors, choisir qui sera président de la République, c'est comme choisir qui va vous voler. Pas très réjouissant.
(1) : promouvoir une forme d'utopie tellement radicale qu'on peut être certain qu'elle ne sera jamais réalisée est une forme dissimulée d'immobilisme.
dimanche, avril 15, 2007
Alcatel : la démocratie actionnariale en défaut
Serge Tchuruk, l'autocrate incompétent d'Alcatel, a réussi l'exploit de diviser par 2 le cours de l'action de sa société durant sa présidence alors que dans le même temps le CAC40 était multiplié par 2, de gérer systématiquement à contre-temps, vendant au plus bas, achetant au plus haut et le tout aboutissant à des destructions de centaines de milliers d'emplois.Sa seule réussite éclatante est d'avoir éliminé ses dauphins les uns après les autres.
Pourquoi n'a-t-il pas été viré avec un grand coup de pied au cul par les actionnaires ? Quand vous saurez expliquer cela, vous aurez compris un des plus gros problèmes du capitalisme actuel.
Le problème Sarkozy
Il y a tout de même une critique qui me semble fondée : l'inconstance et la nervosité. Nous avons encore quelques jours pour décider si cela suffit ou non pour ne pas voter pour lui.
samedi, avril 14, 2007
L'ennemi public numéro un
Je sais bien qu'on juge l'opposition à Ségolène Royal également irrationnelle au nom d'un machisme latent d'autant plus fort qu'il serait plus dissimulé. Laissons aux imbéciles ces explications psychologisantes à deux balles.
Pour ma part, je pense avoir assez clairement et assez en détail exprimé ce qui motivait mon opposition à la maldonne du néo-socialisme pour ne pas encourir de bonne foi ce reproche. Mais il est vrai que les reproches injustifiés sont ceux qui persistent le plus longtemps en cela qu'étant infondés, on ne peut en discuter les fondements.
J'ai "graissé" quelques passages et ajouté des commentaires entre crochets
L'ennemi public numéro un
LE MONDE | 13.04.07 | 14h14 • Mis à jour le 13.04.07 | 14h14
Sur les panneaux officiels de la campagne, en place depuis moins d'une semaine, c'est celui dont les affiches sont le plus souvent barbouillées d'injures ou de graffitis vengeurs. Il est le seul qui ait droit à l'insulte suprême : la mèche et la moustache d'Adolf Hitler, autrefois réservées à Jean-Marie Le Pen.
Les sondages le placent constamment en tête des intentions de vote des Français. Quand on leur demande qui a le plus de chances d'être élu président de la République le 6 mai, plus de la moitié d'entre eux citent son nom. Pourtant, une grande partie de la société semble voir en lui l'ennemi public numéro un.
Ce statut est exceptionnel. Seul le chef de l'extrême droite est apparu, dans le passé, comme le danger absolu, l'incarnation de ce qui menace la République et qu'elle doit combattre, l'homme qui provoque une exécration exponentielle par rapport à l'adhésion qu'il suscite. Comment expliquer que Nicolas Sarkozy, qui n'a jamais frayé de près ni de loin avec l'extrême droite, occupe aujourd'hui, aux yeux de beaucoup de Français, la place qui était celle de cette famille politique ?
Une première explication réside dans son succès même. L'élection présidentielle de 2007 est dominée depuis longtemps - on pourrait dire depuis toujours - par celui qui est aujourd'hui le candidat du principal parti de la droite. Cette domination est l'une des causes, peut-être la principale, du double phénomène mesuré par les sondages et que traduisent la plupart des médias. Il y a ceux qui souhaitent son élection et tous les autres, qui veulent ou qui affirment vouloir l'éviter par-dessus tout, à tout prix, quoi qu'il en coûte [La France est la patrie de Poulidor : on préfère les glorieux vaincus aux arrogants vainqueurs, les décotés aux favoris].
La France est partagée entre deux majorités concurrentes. D'un côté, elle est à droite : la somme des sympathisants du parti actuellement au pouvoir, du centre et de l'extrême droite représente autour de 60 % des citoyens ; la gauche et l'extrême gauche en réunissent moins de 40 %. D'un autre côté, il semble exister une majorité de Français hostiles au candidat qui fait la course en tête.
Et si les deux réalités étaient liées ? Ce pourrait être une deuxième explication de l'aversion qu'inspire le président de l'UMP. Il révèle cette majorité de droite que le pays ne veut pas voir. Les Français veulent bien vivre à droite à condition de pouvoir penser qu'ils sont de gauche [Je suis d'accord : un des succès indéniables de la gauche est d'avoir ancré l'idée qu'elle était le Bien, la générosité et que la droite était l'égoïsme, ce que ne soutient pas une seconde l'analyse historique. Comme la politique française est ainsi basée sur une idée fausse, tout le débat politique en est faussé : la droite doit donner des gages à la gauche, la gauche à l'extrême-gauche, et puis quoi encore ?]. Jean-Marie Le Pen a rendu la droite inavouable. La faute de Nicolas Sarkozy est de chercher à l'emporter en faisant se rejoindre "la majorité sociologique" et la "majorité politique". Cette formule fameuse fut inventée par François Mitterrand pour décrire sa victoire en 1981. La victoire de la gauche.
Ségolène Royal et François Bayrou représentent deux voies possibles pour empêcher que les droites n'opèrent leur jonction. La candidate socialiste tente de ramener la gauche au pouvoir en attirant des électeurs qui souhaitent, dans certains domaines tels que l'éducation et la sécurité, des politiques de droite. Le président de l'UDF propose, en sens inverse, une droite qui tiendrait compte, dans une certaine mesure, des préoccupations de la gauche.
Ces deux projets sont-ils envisageables ? Sont-ils crédibles ? Les variations des sondages traduisent les doutes des électeurs. La synthèse "royaliste" paraît tantôt entraînante, tantôt illusoire. Les uns jugent les idées de Ségolène Royal plus convaincantes que sa personne. Pour d'autres, c'est l'inverse : sa détermination, son énergie, sa volonté suscitent davantage l'adhésion que son programme. Sa personnalité et son projet sont en tout cas porteurs de changement, quand François Bayrou n'en propose pas d'autre que de ne voter ni pour la gauche ni pour la droite.
Le philosophe Alain (1868-1951) disait qu'on reconnaît un homme de droite à ce qu'il nie l'opposition entre droite et gauche. [Je ne suis pas d'accord, mais on me dira que ça prouve que je suis de droite !]
Patrick Jarreau
Article paru dans l'édition du 14.04.07
vendredi, avril 13, 2007
Le problème du PS
Je soupçonne que cela est représentatif.
Passons assez rapidement sur l'indécence de leurs propos : leurs revenus sont tels que les impôts, bien ou mal utilisés, ne les empêcheront pas de s'acheter une nouvelle voiture ou un nouvel avion. Ils peuvent donc promouvoir une pseudo-générosité sur le dos de la collectivité pour s'acheter à bon compte une "belle âme" (il serait mesquin de leur poser une question telle que : "Mais si vous tenez tant à être généreux, pourquoi passer par l'intermédiaire de l'Etat ?").
Ils entrent tout à fait dans le dicton : "quand on oublie de compter, c'est qu'on oublie la peine des hommes." C'est choquant, mais, bon, c'est comme ça.
D'autre part, ils ne semblent pas s'apercevoir de ce que l'assistanat généralisé, laxiste et sans contrepartie, peut avoir de dégradant.
Je suis frappé que nombre de jeunes baptisent "indépendance" le fait de recevoir une subvention étatique, bien sûr ils ne sont ainsi plus dépendants de leurs parents, mais est-ce préférable d'être dépendant de la collectivité ? Apparemment, cette question ne les effleure pas.
Il ne faut pas discuter longtemps pour remarquer que, sous cette pseudo-générosité à compte de tiers, les partisans de la gauche caviar ou bobo voient surtout dans le PS le gardien des statuts, le garant de l'immobilisme de la société française, le gardien de notre soi-disant modèle social.
Cela se comprend : puisqu'ils sont en haut de l'échelle, ils ne peuvent que craindre qu'on bouscule l'échelle.
Mais, tout de même, que tout cela se dissimule derrière un discours superficiellement généreux est soit une preuve de bêtise, ce qui est possible puisqu'ils refusent toute réflexion le principe des subventions et des aides étatiques, soit une preuve de cynisme, ce qui est plus probable.
En tous les cas, ce n'est pas avec une assise électorale pareille que le PS fera des scores mirifiques.
Ajout du 15/04 : je viens de découvrir que Martin Hirsch, président d'Emmaüs, qu'on peut difficilement accuser d'être un ennemi des pauvres, s'oppose à la gratuité, votée par le PS, des transports publics en Ile de France pour les chômeurs pour la raison suivante, je cite : "Lier une prestation sociale à un statut d'inactivité est dangereux. En particulier vis-à-vis des travailleurs pauvres qui vont, eux, continuer à payer leurs billets." Il ajoute qu'on doit trouver un équilibre entre la nécessité de soulager la pauvreté et la nécessité d'inciter les RMIstes à retravailler.
L'assistanat peut être dégradant car il crée ce qu'on appelle des "trappes à pauvreté". Ce phénomène a été très étudié, ce qui a par exemple amené les gouvernements Clinton et Blair à conditionner les aides à un travail.
On sait qu'en France les trappes à pauvreté existent, mais, finalement, ces questions n'intéressent pas nos socialistes.
En effet, ce qui les préoccupe n'est pas l'effet économique et social des mesures qu'ils préconisent (réfléchir et analyser est fatigant), mais leurs effets d'image : "Est-ce que préconiser telle ou telle chose me donne l'air généreux ?"
