mardi, avril 24, 2007

"Pour réformer, il faut beaucoup travailler"

"Pour réformer, il faut beaucoup travailler", c'est le reproche à peine voilé qu'adressait Anthony Giddens, un des inspirateurs du blairisme, à Ségolène Royal.

En effet, comme je vous l'ai expliqué à propos de Margaret Thatcher, mais c'est aussi valable pour Tony Blair, une réforme réussie demande beaucoup de préparation, d'attention aux détails : quel est le but de la réforme ? Qui va y gagner ? Quoi ? Qui va s'y opposer ? Comment ? Comment acheter ou paralyser les oppositions ? Comment fédérer et mobiliser les appuis ?

On est très loin des généralités fumeuses à la française sur "la valeur travail", "réhabiliter l'impôt" et autres fadaises.

Thatcher et Blair aussi ont proféré des généralités, mais soutenues par de solides assises. Il y avait un aller-retour constant entre mesures concrètes et idées générales.

Il est clair que, dans cette optique, les candidats au deuxième tour devraient déjà avoir dans leurs cartons des projets de loi, or cela ne semble pas être le cas.

Coté Royal, on perçoit clairement l'improvisation et l'amateurisme, peut-être même l'insouciance, vis-à-vis de l'après élection.

Ce n'est pas étonnant pour un parti qui est en pleine déliquescence intellectuelle. Pour être socialiste à la française aujourd'hui, il ne faut guère s'intéresser aux idées et aux faits. Le goût pour les mots ronflants, les discours creux et le sentimentalisme bon marché suffit.

Mais ce n'est pas beaucoup mieux de l'autre coté. L'impression d'amateurisme y est moindre, mais comme le candidat a dit tout et son contraire, on peut à bon droit douter que rien soit prêt pour l'exercice du pouvoir.

Enfin, poursuivant la comparaison avec l'exemple britannique, on sent bien que manque à nos édifices électoraux la réflexion générale articulant les propositions.

Par peur de passer pour des intellectuels, pour "faire peuple" (quelle étrange conception du peuple cela révèle) et, peut-être même, par incompétence, les candidats se sont bien gardés d'exprimer une analyse politique cohérente.

Ainsi, on oscille des généralités, creuses car sans substance, sur les valeurs aux propositions de mesures, saupoudrées et contradictoires.

C'est à l'électeur, qui a besoin de beaucoup de bonne volonté pour ce faire, d'essayer de deviner une cohérence qu'on lui cache. Je trouve déjà l'électeur bien gentil de supposer qu'il y a une cohérence.

Bref, à mon sens, les candidats ont encore 13 jours pour travailler, mais je ne vois pas comment ils arriveraient à faire maintenant ce qu'il n'ont pas su faire en plusieurs mois.

Ajout du soir : il semblerait que NS ait tout prêt un système de réformes des universités qu'il présenterait à l'été en session extraordinaire du parlement.

Je ne connais pas le contenu de cette réforme mais cela me semble une priorité.

dimanche, avril 22, 2007

Présidentielles, premiers commentaires à chaud

Le journal suisse Le Temps donne :

Sarko 30 %

Ségo 26 %

Bayrou 19 %

Le Pen 11 %


Sauf grosse bourde ou appel de Bayrou à voter Ségo, Sarko sera le prochain président de la République.

C'est à mon avis un moindre mal parmi tous les candidats proposés, mais sera-ce suffisant ? J'en doute.

L'antilibéralisme sauvage


L'échec d'une icone médiatique

mercredi, avril 18, 2007

Un petit point sur la science du climat qui éprouve bien des difficultés

La fièvre médiatique est tout le contraire de la sérénité scientifique.

Loin fadaises réchauffistes :

Groupe de travail académie des sciences


Lindzen dans les Echos


D'ailleurs, ça me fait d'autant plus rire qu'on présente un très hypothétique réchauffement climatique comme une catastrophe que les populations ont une nette propension à se déplacer vers les endroits chauds, Côte d'Azur ou Californie, ce qu'on appelle l'héliotropisme.

Soit les gens sont cons, soit ceux qui nous prédisent que la chaleur est une catastrophe ont raté quelque chose.

Au pire, si le réchauffement s'avère néfaste, ceux qui sont descendus vers le sud remonteront vers le nord de la même manière qu'ils en sont partis.

En conclusion, les réchauffistes conséquents devraient investir dans l'immobilier septentrional. Or, je n'ai pas entendu dire que Nicolas Hulot, Albert Jacquard, Hubert Reeves et compagnie aient investi à Dunkerque. Est-ce à dire que ce sont gens inconséquents ? Je vous laisse juges.

En lisant les affiches : la France hémiplégique

Reuters fait remarquer dans un papier qu'alors que deux candidats utilisent le mot "gauche" sur leurs affiches, personne n'ose utiliser le mot" droite".

Ainsi, en lisant les affiches électorale, on est tenté de croire que la France est de gauche et rurale. Il se pourrait bien que la réalité se révèle être l'exact inverse !

Il paraît qu'il existe un phénomène TSS, Tout Sauf Sarkozy. Il me semble que ce phénomène n'intéresse que les 7 premiers arrondissements de Paris et est infinitésimal au delà du périphérique.

mardi, avril 17, 2007

Paul Watzlawick

Paul Watzlawick est mort.

C'est un des fondateurs de l'école de psychologie de Palo Alto qui a obtenu des résultats remarquables.

Pour lui, ce qui se passe dans la tête du patient est son intimité, le thérapeute doit au maximum éviter de s'y introduire. Les thérapies les meilleures sont les plus rapides car elles minimisent ces intrusions. Vous l'aurez compris, Watzlawick n'était pas un grand ami de la psychanalyse freudienne.

Il considérait que l'on est pris dans un réseau de relations que l'on se construit (ce constructivisme mal compris a d'ailleurs inspiré nos néfastes d'IUFM) et que la thérapie consiste à soigner le réseau de relations tel qu'il est aujourd'hui.

Les méthodes de Palo Alto donnent des résultats remarquables en quelques séances (les freudiens ont trouvé la parade : ils nient la notion de résultats mesurables en psychanalyse, ben voyons ...)

Ruralité, enjeu des élections !


J'habite près d'un bureau de vote, je passe donc tous les jours devant les affiches officielles.

J'ai toujours le même malaise devant les dinosaures communistes (Besancenot, Laguiller, Buffet), je me dis que nous avons au minimum 30ans de retard, mais que dire des ruraux (Bové, Schivardi, Nihous, Bayrou) ?

Je suis désolé de mettre fin aux fantasmes bucoliques de certains, mais les faits sont là : 8 à 9 (suivant comment on compte) Français sur 10 vivent à la ville. La ruralité en tant que thème principal de campagne, c'est un enjeu des années 50.

Lors de leur dernière campagne présidentielle, les Américains ont parlé cellules-souches, politique étrangère, mondialisation. Mais c'est bien connu, ils sont cons, bornés, incultes, tandis que nous Français sommes fins, cultivés, spirituels, ouverts sur le monde, n'est-ce pas ?

Les affiches électorales me dépriment tous les matins : 11 candidats sont des partisans plus ou moins déclarés de l'immobilisme (1) ; quant au 12ème, il y a de sérieuses questions sur le fait qu'il confond agitation et mouvement.

Bref, pas grand'chose de bon à en espérer.

L'Etat français, aujourd'hui, tel qu'il est organisé, est une calamité, comme la grêle et les sauterelles. Il faut faire avec. Ca sera encore ainsi après les élections.

Comme me disait récemment un ami qui est son propre patron : "L'Etat ? Je n'en attends rien. Les impôts ? Je considère que c'est un coup du sort qui fait que la moitié de mes revenus disparaît dans un grand trou noir."

Alors, choisir qui sera président de la République, c'est comme choisir qui va vous voler. Pas très réjouissant.

(1) : promouvoir une forme d'utopie tellement radicale qu'on peut être certain qu'elle ne sera jamais réalisée est une forme dissimulée d'immobilisme.

dimanche, avril 15, 2007

Alcatel : la démocratie actionnariale en défaut

Serge Tchuruk, l'autocrate incompétent d'Alcatel, a réussi l'exploit de diviser par 2 le cours de l'action de sa société durant sa présidence alors que dans le même temps le CAC40 était multiplié par 2, de gérer systématiquement à contre-temps, vendant au plus bas, achetant au plus haut et le tout aboutissant à des destructions de centaines de milliers d'emplois.

Sa seule réussite éclatante est d'avoir éliminé ses dauphins les uns après les autres.

Pourquoi n'a-t-il pas été viré avec un grand coup de pied au cul par les actionnaires ? Quand vous saurez expliquer cela, vous aurez compris un des plus gros problèmes du capitalisme actuel.

Le problème Sarkozy

Dans le message précédent, je me moque des critiques irrationnelles de Nicolas Sarkozy.

Il y a tout de même une critique qui me semble fondée : l'inconstance et la nervosité. Nous avons encore quelques jours pour décider si cela suffit ou non pour ne pas voter pour lui.

samedi, avril 14, 2007

L'ennemi public numéro un

Je vous mets en copie cet article du Monde car je suis comme Patrick Jarreau intrigué par ce qu'une certaine opposition à Nicolas Sarkozy peut avoir d'apparemment irrationnelle, à tel point que l'argument que j'estime le plus fondé contre NS, c'est-à-dire le flou, l'imprécision et l'inconstance, ne vient que rarement dans les conversations de ses opposants.

Je sais bien qu'on juge l'opposition à Ségolène Royal également irrationnelle au nom d'un machisme latent d'autant plus fort qu'il serait plus dissimulé. Laissons aux imbéciles ces explications psychologisantes à deux balles.

Pour ma part, je pense avoir assez clairement et assez en détail exprimé ce qui motivait mon opposition à la maldonne du néo-socialisme pour ne pas encourir de bonne foi ce reproche. Mais il est vrai que les reproches injustifiés sont ceux qui persistent le plus longtemps en cela qu'étant infondés, on ne peut en discuter les fondements.

J'ai "graissé" quelques passages et ajouté des commentaires entre crochets

L'ennemi public numéro un

LE MONDE | 13.04.07 | 14h14 • Mis à jour le 13.04.07 | 14h14

Sur les panneaux officiels de la campagne, en place depuis moins d'une semaine, c'est celui dont les affiches sont le plus souvent barbouillées d'injures ou de graffitis vengeurs. Il est le seul qui ait droit à l'insulte suprême : la mèche et la moustache d'Adolf Hitler, autrefois réservées à Jean-Marie Le Pen.

Les sondages le placent constamment en tête des intentions de vote des Français. Quand on leur demande qui a le plus de chances d'être élu président de la République le 6 mai, plus de la moitié d'entre eux citent son nom. Pourtant, une grande partie de la société semble voir en lui l'ennemi public numéro un.

Ce statut est exceptionnel. Seul le chef de l'extrême droite est apparu, dans le passé, comme le danger absolu, l'incarnation de ce qui menace la République et qu'elle doit combattre, l'homme qui provoque une exécration exponentielle par rapport à l'adhésion qu'il suscite. Comment expliquer que Nicolas Sarkozy, qui n'a jamais frayé de près ni de loin avec l'extrême droite, occupe aujourd'hui, aux yeux de beaucoup de Français, la place qui était celle de cette famille politique ?

Une première explication réside dans son succès même. L'élection présidentielle de 2007 est dominée depuis longtemps - on pourrait dire depuis toujours - par celui qui est aujourd'hui le candidat du principal parti de la droite. Cette domination est l'une des causes, peut-être la principale, du double phénomène mesuré par les sondages et que traduisent la plupart des médias. Il y a ceux qui souhaitent son élection et tous les autres, qui veulent ou qui affirment vouloir l'éviter par-dessus tout, à tout prix, quoi qu'il en coûte [La France est la patrie de Poulidor : on préfère les glorieux vaincus aux arrogants vainqueurs, les décotés aux favoris].

La France est partagée entre deux majorités concurrentes. D'un côté, elle est à droite : la somme des sympathisants du parti actuellement au pouvoir, du centre et de l'extrême droite représente autour de 60 % des citoyens ; la gauche et l'extrême gauche en réunissent moins de 40 %. D'un autre côté, il semble exister une majorité de Français hostiles au candidat qui fait la course en tête.

Et si les deux réalités étaient liées ? Ce pourrait être une deuxième explication de l'aversion qu'inspire le président de l'UMP. Il révèle cette majorité de droite que le pays ne veut pas voir. Les Français veulent bien vivre à droite à condition de pouvoir penser qu'ils sont de gauche [Je suis d'accord : un des succès indéniables de la gauche est d'avoir ancré l'idée qu'elle était le Bien, la générosité et que la droite était l'égoïsme, ce que ne soutient pas une seconde l'analyse historique. Comme la politique française est ainsi basée sur une idée fausse, tout le débat politique en est faussé : la droite doit donner des gages à la gauche, la gauche à l'extrême-gauche, et puis quoi encore ?]. Jean-Marie Le Pen a rendu la droite inavouable. La faute de Nicolas Sarkozy est de chercher à l'emporter en faisant se rejoindre "la majorité sociologique" et la "majorité politique". Cette formule fameuse fut inventée par François Mitterrand pour décrire sa victoire en 1981. La victoire de la gauche.

Ségolène Royal et François Bayrou représentent deux voies possibles pour empêcher que les droites n'opèrent leur jonction. La candidate socialiste tente de ramener la gauche au pouvoir en attirant des électeurs qui souhaitent, dans certains domaines tels que l'éducation et la sécurité, des politiques de droite. Le président de l'UDF propose, en sens inverse, une droite qui tiendrait compte, dans une certaine mesure, des préoccupations de la gauche.

Ces deux projets sont-ils envisageables ? Sont-ils crédibles ? Les variations des sondages traduisent les doutes des électeurs. La synthèse "royaliste" paraît tantôt entraînante, tantôt illusoire. Les uns jugent les idées de Ségolène Royal plus convaincantes que sa personne. Pour d'autres, c'est l'inverse : sa détermination, son énergie, sa volonté suscitent davantage l'adhésion que son programme. Sa personnalité et son projet sont en tout cas porteurs de changement, quand François Bayrou n'en propose pas d'autre que de ne voter ni pour la gauche ni pour la droite.

Le philosophe Alain (1868-1951) disait qu'on reconnaît un homme de droite à ce qu'il nie l'opposition entre droite et gauche. [Je ne suis pas d'accord, mais on me dira que ça prouve que je suis de droite !]

Patrick Jarreau
Article paru dans l'édition du 14.04.07

vendredi, avril 13, 2007

Le problème du PS

Il se trouve que les deux seules personnes de mon entourage dont je suis sûr qu'elles ne vont voter ni pour un paléogauchiste ni pour un droitier mais bien pour Ségolène Royal sont aussi, et de loin, les plus riches de mon entourage.

Je soupçonne que cela est représentatif.

Passons assez rapidement sur l'indécence de leurs propos : leurs revenus sont tels que les impôts, bien ou mal utilisés, ne les empêcheront pas de s'acheter une nouvelle voiture ou un nouvel avion. Ils peuvent donc promouvoir une pseudo-générosité sur le dos de la collectivité pour s'acheter à bon compte une "belle âme" (il serait mesquin de leur poser une question telle que : "Mais si vous tenez tant à être généreux, pourquoi passer par l'intermédiaire de l'Etat ?").

Ils entrent tout à fait dans le dicton : "quand on oublie de compter, c'est qu'on oublie la peine des hommes." C'est choquant, mais, bon, c'est comme ça.

D'autre part, ils ne semblent pas s'apercevoir de ce que l'assistanat généralisé, laxiste et sans contrepartie, peut avoir de dégradant.

Je suis frappé que nombre de jeunes baptisent "indépendance" le fait de recevoir une subvention étatique, bien sûr ils ne sont ainsi plus dépendants de leurs parents, mais est-ce préférable d'être dépendant de la collectivité ? Apparemment, cette question ne les effleure pas.

Il ne faut pas discuter longtemps pour remarquer que, sous cette pseudo-générosité à compte de tiers, les partisans de la gauche caviar ou bobo voient surtout dans le PS le gardien des statuts, le garant de l'immobilisme de la société française, le gardien de notre soi-disant modèle social.

Cela se comprend : puisqu'ils sont en haut de l'échelle, ils ne peuvent que craindre qu'on bouscule l'échelle.

Mais, tout de même, que tout cela se dissimule derrière un discours superficiellement généreux est soit une preuve de bêtise, ce qui est possible puisqu'ils refusent toute réflexion le principe des subventions et des aides étatiques, soit une preuve de cynisme, ce qui est plus probable.

En tous les cas, ce n'est pas avec une assise électorale pareille que le PS fera des scores mirifiques.

Ajout du 15/04 : je viens de découvrir que Martin Hirsch, président d'Emmaüs, qu'on peut difficilement accuser d'être un ennemi des pauvres, s'oppose à la gratuité, votée par le PS, des transports publics en Ile de France pour les chômeurs pour la raison suivante, je cite : "Lier une prestation sociale à un statut d'inactivité est dangereux. En particulier vis-à-vis des travailleurs pauvres qui vont, eux, continuer à payer leurs billets." Il ajoute qu'on doit trouver un équilibre entre la nécessité de soulager la pauvreté et la nécessité d'inciter les RMIstes à retravailler.

L'assistanat peut être dégradant car il crée ce qu'on appelle des "trappes à pauvreté". Ce phénomène a été très étudié, ce qui a par exemple amené les gouvernements Clinton et Blair à conditionner les aides à un travail.

On sait qu'en France les trappes à pauvreté existent, mais, finalement, ces questions n'intéressent pas nos socialistes.

En effet, ce qui les préoccupe n'est pas l'effet économique et social des mesures qu'ils préconisent (réfléchir et analyser est fatigant), mais leurs effets d'image : "Est-ce que préconiser telle ou telle chose me donne l'air généreux ?"

jeudi, avril 12, 2007

Deux articles m'inclinant à un profond pessimise

Le premier article de Guy Sorman, dont le titre est parlant :

Lady Di, président

Le deuxième est une superbe défense de Vauban.

Les hommes d'autrefois avaient tendance à se prendre pour des nains, dans un monde en chute libre, éventuellement montés sur les épaules de géants, leurs ancêtres.

Nous nous prenons pour des géants. Mais avons nous vraiment raison ? Ne sommes nous pas dans un monde en chute libre, tout au moins en ce qui concerne les usages, le bien vivre et le bien parler, par rapport à nos ancêtres ?

En lisant Vauban, je me demande combien d'hommes de notre temps pourraient écrire si net, si carré ? Pourraient ainsi tirer droit de l'épaule, comme disait Montaigne ? (1)

Un plaidoyer du temps jadis

(1) : certainement pas un énarque en tout cas : pris entre le langage ampoulé qu'on lui a enseigné et la furieuse envie d'être à la mode, il est douteux qu'un énarque arrive jamais à s'exprimer nettement et correctement.

Alfred Sauvy, mis à rude épreuve par la fréquentation de technocrates, disait préférer le français populaire, même incorrect, mais direct et clair, à l'exemple de "Elle est gironde, la fille à Tintin." à toutes les circonvolutions de ronds-de-cuir diplomés.

mercredi, avril 11, 2007

Vivement les élections ! (2)

Je commence à en avoir franchement marre de cette campagne électorale.

J'avais déjà trouvé que la campagne pour le référendum sur le TCE ne volait pas très haut, mais la campagne présidentielle 2007, c'est vraiment le pompon dans la nullité, le vide intergalactique, le néant total.

Il est vrai que la France politique est le royaume des tabous, comme je l'explique dans un message précédent. Il y a donc fouletitude de sujets, et, parmi les plus importants, dont ne peut pas parler, ou pas parler sans passer aussitôt pour un provocateur, du moins, aux yeux des "faiseurs d'opinion" ce qui, évidemment, n'aide pas le débat.

C'est ainsi que des sujets aussi graves que l'éducation, la dette publique, l'immigration ont été à peine abordés, et souvent de façon biaisée ; que des sujets comme le vieillissement de la population, la défense, la politique étrangère ont été tout bonnement ignorés (ce n'est pas les petits tours à l'étranger des candidats pour amuser la galerie qui tiennent lieu de débat).

Je sais que la qualité d'une campagne dépend en grande partie de la qualité des candidats et qu'avec Ségolène Royal, on n'est pas gâté, et que Nicolas Sarkozy n'est pas toujours tellement mieux.

Probablement n'a-t-on que les candidats que l'on mérite. Après tout, si un politicien avait pensé qu'un discours ouvert sur le monde, ses évolutions, notre avenir, était porteur, un discours qui forcément, les choses étant ce qu'elles sont, aurait été libéral, il l'aurait tenu.

Tout de même, il faut avoir le coeur bien accroché (et des principes libéraux fermement ancrés) pour continuer à considérer que la démocratie est le pire système, à l'exception de tous les autres.

Heureusement, grosse consolation, que la politique et l'Etat ne sont pas tout, et sont même quelquefois pas grand'chose, juste des désagréments avec lesquels il faut faire.

La campagne électorale et les patrons

Un patron expliquait ce matin à la radio que, de plus en plus, les patrons méprisent les politiciens.

Avant, ils allaient quémander une aide, une subvention, un coup de pouce à Bercy.

Maintenant, ils pensent à l'échelle de la planète (1) et évoluent sans cesse. Ils en finissent par trouver nos politiciens très bornés, très immobiles et, au fond, très mauvais.

Quand on connaît le monde, comment ne pas partager ce sentiment ? On vit une campagne électorale limitée par nos frontières, au-delà, comme sur les anciennes cartes, commence le pays des dragons.

C'est exactement le contraire du monde actuel, ouvert jusqu'au vertige : les hommes, les expériences, les capitaux, l'information circulent.

Soyons clairs, les meilleurs, les plus intelligents ne font plus de politique, ils font de l'informatique, de la biologie,de la banque, du "private equity", ils montent des LBOs.

Prenons au hasard un patron du CAC 40 qui ne fait guère parler de lui, Daniel Bouton, de la Société Générale, par exemple.

Je suis bien prêt à parier qu'il a des capacités supérieures à Nicolas Sarkozy ou à Ségolène Royal, que ce soit en matière de vision à long terme, de direction d'équipes, de relations sociales ou de relations internationales.

Et j'aurais pu prendre d'autres exemples. Tous ne sont pas comme Noël Forgeard, mais, au fait, était-il un industriel ou un politicien ? Bien difficile à dire.

(1) au moins les patrons des mille premières entreprises françaises et quelques uns des plus petites.

Irak, la guerre parfaite ?


Réflexion d'un Marine : "It's a perfect war : they want to die, we want to kill them." (c'est la guerre parfaite : ils veulent mourir, nous voulons les tuer.)

Au delà de la boutade, cela mérite réflexion.

Il est admis dans les medias européens que la guerre en Irak est, évidemment, un échec, que les Américains ont, évidemment, fait n'importe quoi et que, évidemment, la situation actuelle n'a que des inconvénients.

Je mets ces opinions plus sur le compte d'un anti-américanisme qu'il faut bien appeler primaire qu'au crédit d'analyses circonstanciées.

En effet, on peut relever quelques points positifs qui ne sont jamais cités :

> les djihadistes étrangers tués en Irak, évalués à plusieurs milliers, n'ont pas sévi autre part. D'ailleurs, cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu d'attentats aux USA, simple coïncidence ?

> les conditions de vie dans certaines parties de l'Irak se sont améliorées (les attentats ont lieu dans 4 régions d'Irak où vivent 37 % de la population, autrement dit 63 % de la population vivent dans des régions sans attentats).

> les pétro-monarchies archaïques et oppressives commencent lentement à s'ouvrir à la modernité et ce qui se passe en Irak (et en Iran) n'y est pas étranger.

Et il me reste une question : la guerre civile en Irak est elle de la responsabilité des Américains ? N'a-t-on pas à faire à des Irakiens qui tuent d'autres Irakiens ?

Il me semblait que ces quelques faits et cette question devaient être rappelés pour une vision plus nuancée de la situation en Irak.

Ajout du 11/04 : Irak, une intoxication stupéfiante

Vous êtes surpris ? Moi pas, et vous non plus, peut-être.

Ajout du 13/04 : j'ai mis la photo.

Vivement les élections !

Voici une dépêche de l'AFP :

Ségolène Royal a demandé mercredi "aux dirigeants d'Airbus de retirer la totalité du plan" Power8 qui prévoit 10.000 suppressions d'emplois, après les informations sur le montant des indemnités reçues par l'ex-PDG Noël Forgeard.

Vu comme la campagne électorale vole haut, il est temps que ça se termine.

L'information que contient cette dépêche est d'une telle stupidité qu'on peut douter de sa véracité : en quoi les indemnités de M. Forgeard payant ses courbettes devant J. Chirac changent-elles la nécessités d'un plan de remise en ordre d'Airbus ?

Enoncé dans ce sens là, ça n'a strictement aucun rapport.

Evidemment, on peut trouver scandaleux que M. Forgeard reçoive un tel chèque pour avoir foutu un tel bordel. Mais c'est la France telle qu'elle est : ami des seigneurs et maîtres qui gouvernent l'Etat omniprésent, tout est permis.

Sans compter que M. Forgeard n'est pas du genre à avoir des scrupules, il a une opinion de lui-même si haute qu'il estime sans doute que tout ce qu'il fait est juste par le simple fait que c'est lui qui le fait.

lundi, avril 09, 2007

Nelson fait le tournebroche


Rappelons les faits :

1) Des marins britanniques dont une femme sont capturés par les Iraniens.

2) Les dits marins font ami-ami avec leurs ravisseurs et disent sagement à la télé ce que ceux-ci ont envie d'entendre.

3) Le gouvernement de Sa Majesté fait délivrer ces marins en se couchant devant les exigences iraniennes. Triomphe de l'Iran.

4) Les marins libérés sont autorisés à raconter leurs histoires et se dépêchent, tels des gagnants de la Star AC, de monnayer leur présence médiatique.

Examinons les alternatives d'un point de vue "nelsonien" :

1) Ils auraient pu se battre, je croyais même, naïvement, que les soldats étaient faits pour ça. Il est vrai que la présence d'une femme dans l'équipe ne doit pas en améliorer la combativité.

2) Ils auraient pu se contenter de répéter "Marin Tartempion, matricule 1234567" sans se répandre en détails superflus du genre "Les Pasdarans sont très gentils.".

3) Le gouvernement britannique a par le passé montré plus de fermeté.

4) Un bon procès en cour martiale ou une discrète mais pressante invitation à démissionner de l'armée me paraissent plus adaptés au comportement de ces soldats qu'un gros chèque.

Nelson doit se retourner dans sa tombe à grande vitesse.

Clémenceau disait : "Le pays saura qu'il est défendu." Aujourd'hui, malgré toute la paranoïa sécuritaire de leur gouvernement, les Britanniques savent que la pays n'est pas défendu.

dimanche, avril 08, 2007

Il y a les fonctionnaires, et les autres (vieille rengaine)

Nicolas Lecaussin a publié il y a un an Cet Etat qui tue la France. L'expression peut paraître excessive et pourtant, elle se révèle chaque jour plus vraie et à tous les niveaux (voir ci-dessous l'extrait du blog de JM Aphatie).

Je sais qu'il n'est pas toujours facile à mes amis fonctionnaires (car j'en ai) d'entendre qu'ils travaillent pour une entité qui, en l'état actuel des choses, est nocive pour le pays. D'ailleurs, la plupart refuse même de l'entendre (encore moins, ce que je comprends, d'en être d'accord.)

Ce qui ne veut pas dire que tous les fonctionnaires sont inutiles, ça veut juste dire qu'il y a suffisamment de fonctionnaires inutiles, ou mal organisés, ou mal utilisés, pour que le pays en souffre.

Quand je me plains des avantages et privilèges des fonctionnaires et assimilés, on me réplique couramment, c'est de bonne guerre, que, si il y a tant d'avantages à la fonction publique, pourquoi n'y entré-je pas ? La réponse est simple : ce n'est pas ma vocation, compte-tenu de ce que je pense de l'Etat, j'aurais mauvaise conscience à travailler pour lui, je serais en contradiction avec moi-même.

Sachant mon intérêt pour les questions d'instruction, il n'est pas rare qu'on me conseille les métiers d'enseignement. Pourquoi pas ? Mais dans le privé hors contrat, qui est rare et précaire.

Je trouve l'extrait ci-dessous du blog de JM Aphatie, journaliste à RTL, très révélateur du fonctionnement d'une certaine France : contournement des difficultés, déni des vérités qui dérangent, bricolage, refus d'analyser les problèmes en niant qu'ils existent et, pour finir, défaut de réflexion et d'analyse des solutions ... Le tout étant fait en général pour préserver des privilèges indéfendables en bonne justice ; comme ils sont indéfendables, on évite d'en parler, après quoi on ne risque pas de résoudre les troubles au bon fonctionnement de la société qu'ils créent.

Autrement dit, la France est conjointement le pays des statuts et des tabous qui protègent ces statuts.

Le plus gros tabou est celui qui consiste à dire que l'Etat est bon par essence et que la liberté du citoyen est dangereuse par essence. Il est impossible d'envisager sereinement que l'intervention de l'Etat puisse être mauvaise dans certains domaines et la liberté bonne.

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Rappel des faits qui ont justifié l'invitation [de Patricke Ollier]. A l'automne 2003, le bureau de l'Assemblé nationale a décidé de modifier le régime indemnitaire des députés non fonctionnaires qui seraient battus lors du renouvellement législatif. Jusque là, ils percevaient leurs indemnités pendant six mois, régime calqué sur celui des ministres. Avec la modification, l'accompagnement financier a été étendu à cinq ans, avec une dégressivité dès le deuxième semestre (70% de l'indemnité de base), puis au troisième semestre (60%), pour ne plus toucher au bout de cinq ans que 20% de la dite indemnité, soit 1.080 euros bruts.


Au moment de son adoption, cette mesure n'a pas été commentée par les députés et n'a pas non plus retenu l'attention des observateurs. Il a fallu attendre le 7 février dernier pour voir, dans le Canard Enchainé, un article relatant ces modifications. Depuis, la mèche se consume lentement, suscitant ici et là de timides réprobations.

Hier, sur RTL, nous avons décidé de présenter la réforme. Le député qui l'a initié a dialogué sur l'antenne avec Christophe Hondelatte. J'ai profité du passage de François Bayrou, hier matin, à 7h50, pour l'interroger. Il s'est désolidarisé de ses collègues, jugeant que l'exemplarité des élus se trouvait, ici, prise en défaut. Cette déclaration a suscité de l'irritation chez le tout nouveau président de l'Assemblée nationale, Patrick Ollier, d'où la décision de l'inviter pour évoquer le sujet.

Au micro, ce matin, Patrick Ollier a défendu l'allongement des indemnités. Il a expliqué que l'ensemble était financé par une cotisation prise sur les sommes que perçoivent les parlementaires chaque mois et donc, que l'allongement à cinq ans du versement d'une somme pour les élus qui ne trouveraient pas de travail après une défaite ne coûtait rien à la collectivité.

Une défense globalement juste, et pourtant intellectuellement insatisfaisante.

Le raisonnement qui va suivre a cette particularité de tirer un tout petit fil d'une très grosse pelote. Au bout du raisonnement, il ne s'agit certes pas de prétendre changer le monde, mais tout de même la politique en France. Alors, allons-y.

Il y a deux catégories de députés: ceux qui viennent de la fonction publique et les autres. Imaginez un fonctionnaire battu. Pas de problème, il réintègre l'administration et, souvent, prépare sa revanche. Comme il s'agit souvent d'un haut fonctionnaire, il réintègre en fait le Conseil d'Etat, ou la Cour des comptes, ou quelque chose d'approchant, c'est à dire plutôt un poste dans l'administration centrale que sur le terrain. Quand cet élu vient du secteur privé en revanche, le problème est différent. On peut imaginer qu'un député se recase facilement, son expérience d'élu national et son carnet d'adresses pouvant être valorisés dans une entreprise. Cependant, si une modification de la durée d'indemnisation est intervenue, prouve que des problèmes se posent et qu'alterner carrière publique et activité privée ne va pas forcément de soi.

Plutôt que ce bricolage, on se cotise pour te payer pendant cinq ans, il serait rationnel de procéder autrement.

Un élu est battu, risque lié au suffrage universel. Il serait plus rationnel, plus sain, de l'accompagner dans la recherche d'emploi. En clair, l'encourager ou l'inciter à faire un bilan de compétences, l'aider dans ses démarches envers de futurs employeurs. Bref, agir avec lui comme agit l'ANPE avec des cadres supérieurs qui connaissent un accident de parcours professionnel. Ceci paraît banal et on s'excuserait presque de l'écrire ainsi.

Au lieu de procéder ainsi, l'Assemblée agit différemment, de manière complexe, allant même jusqu'au risque de l'incompréhension avec les citoyens. Bizarre, bizarre. Pourquoi donc procède-t-elle ainsi?

En fait, c'est assez simple. S'il fallait traiter les députés non fonctionnaires comme des cadres supérieurs du secteur privé auxquels ils peuvent être comparés, il faudrait commencer à écrire quelque part le statut qui les régirait. Il faudrait définir, publiquement, en les situant par rapport à la loi générale et ordinaire, les droits à la formation, à l'accompagnement dans la recherche d'emploi, et donc à l'indemnisation des personnes concernées. Opérer ceci viendrait à étaler publiquement la différence qui existe entre ceux qui sont fonctionnaires et ceux qui ne le sont pas. Étaler publiquement cette différence reviendrait à interroger la pertinence de cette exception française qui permet à un fonctionnaire élu de se mettre en congé de son administration et de retrouver son poste public s'il est battu. Pour dire les choses autrement, camoufler cette différenciation de situation, la garder entre soi, en régler entre soi les conséquences, évite d'examiner la possibilité de réclamer la démission d'un fonctionnaire qui choisit la carrière politique, ce qui par parenthèses est la règle dans les autres démocraties.

Si on réclamait cette démission sitôt l'élection, alors on se poserait la question du reclassement de l'ex fonctionnaire comme elle se pose pour l'élu venant du privé. Si on se posait cette question, alors, on en viendrait à la nécessaire définition du statut de l'élu.

Le statut de l'élu est le serpent de mer de la vie politique française depuis vingt ans. En fait, cette réflexion débute avec le financement public de la vie politique. Jusque là, tout était bricolage. Les partis étaient financés par les entreprises qui se remboursaient par le détournement de l'impôt. Au passage, beaucoup de billets atterrissaient dans des poches anonymes. Cela a été normalisé par les lois de financement Rocard, Bérégovoy et Balladur. Il aurait été normal, et cela a été beaucoup réclamé, qu'un statut de l'élu complète le dispositif.

Un statut de l'élu, cela veut dire un salaire pour l'élu, et non pas des indemnités comme aujourd'hui. Un salaire, cela veut dire des cotisations sociales, pour les Assedic, pour la retraite, pour le régime général de la sécurité sociale. Bref, le droit ordinaire applicable à ceux qui veulent servir la collectivité. Comme les électeurs sont versatiles, le métier est précaire. Alors, il faut réfléchir aux procédures de reclassement, pour tout le monde, la formation, l'évolution. Ce serait cela, le statut de l'élu.

Mais en même temps, mettre tout cela en place, ce serait inciter les battus à quitter la politique, donc à organiser le renouvellement de ceux qui veulent représenter la collectivité.

Ceci, chacun le constate, n'est pas du tout dans la mentalité française. Cumulant souvent deux mandats, le député battu prépare souvent sa vengeance. Il est fréquent, dans l'excès, de constater qu'un député-maire battu réintègre l'administration, continue de gérer sa mairie et retente sa chance aux législatives suivantes. On est là dans le fin du fin de l'aberration.

Dans les faits, l'élaboration d'un statut amènerait aussi à réfléchir au cumul des mandats, autre exception française. Au bout du compte, organiser la poursuite d'une vie professionnelle hors de la politique présenterait le double avantage de diversifier le recrutement de ceux qui souhaiteraient servir leurs concitoyens en même temps que se créerait une rotation des élus. Dans le droit fil, se trouverait posé la question du nombre des députés, beaucoup trop nombreux en France, du mode de recrutement des sénateurs, totalement archaïque, du nombre de communes, un élu rendu à un mandat en accélérerait le regroupement, et même du nombre de structures publiques, régions et départements entremêlant leurs compétences à un point d'embrouilles qui devrait autant scandaliser que faire rire.

Au lieu de cette modernisation qui finira bien par arriver un jour, les responsables politiques français organisent la complexité qui leur garantie l'opacité sans leur éviter la fragilité. Comme rien n'est fixé, tout est précaire, d'où une certaine hâte à engranger des garanties. Ces chemins psychologiques ont conduit les députés, il y a longtemps, à prélever une double cotisation de retraite sur les indemnités annuelles de telle sorte que, pour les quinze premières, chaque année passée au Palais-Bourbon vaut double pour la retraite. Parmi tous les régimes spéciaux de retraite que l'on connaît en France, et certains sont cocasses, celui est le plus spécial. Il n'est justifiable, au bout du bout du raisonnement, que par la volonté de ne rien organiser, qui n'est rien d'autre qu'une inertie de commodités de la part d'élus qui veulent préserver des bastions électoraux et vieillir à la tâche. Certains, parfois, donnent le sentiment que mourir dans leur fauteuil de maire constitue le but ultime d'une vie présentée comme dévouée au bien public.

Voilà donc la problématique que nous avons sommairement abordée, ce matin, avec Patrick Ollier. Moderniser la politique n'est jamais la priorité dans une société qui a toujours des problèmes plus urgents à régler. Pourtant, moderniser la politique est aussi un moyen de retrouver les chemins d'une confiance aujourd'hui en voie de disparition entre les citoyens et ceux qu'ils mettent aux postes de responsabilité par l'intermédiaire de leur bulletin de vote.

vendredi, avril 06, 2007

Sire, surtout, ne faites rien

Quand j'entends l'avalanche de propositions aussi hétéroclites que mal pensées (1) que les candidats au poste suprême nous exposent pour que l'Etat vienne, soit-disant, en aide aux entreprises et particulièrement aux petites, je ne puis m'empêcher d'être terrifié.

Si j'étais chef d'entreprise, j'aurais le sentiment d'être une araignée à qui un éléphant propose de l'aider à tisser sa toile.

La meilleure chose que l'Etat puisse faire aujourd'hui, c'était de dépenser le moins possible et de rendre l'argent ainsi économisé sous forme de baisses des prélèvements. Je ne m'inquiète pas : les Français seraient assez grands pour savoir comment utiliser au mieux l'argent qui leur serait ainsi rendu.

Mais on est toujours dans le même phénomène : nos politiciens se révélant absolument incompétents pour remettre l'Etat dans le droit chemin, ils font diversion en allant se mêler d'expliquer aux patrons comment gérer leur boites.

Reagan disait "L'Etat n'est pas la solution, c'est le problème." Mais, en France, nous avons aussi une tradition de libéralisme qui remonte à loin. Il faudrait peu de choses pour la retrouver (des politiciens non fonctionnaires ?).

Je vous ai déjà cité la réponse de ce pécheur dieppois, auprès de qui Louis XIV s'enquéraitde ce qu'il pouvait faire pour l'aider : "Sire, surtout, ne faites rien."

(1) : la palme revient sans doute à S. Royal qui propose de faire payer par l'Etat deux jeunes embauchés par PME !

On croit rêver ! Elle ose énoncer une proposition aussi anti-économique sans que le rouge lui monte au front. Mais les autres propositions, plus subtiles, comme les allégements de charges, tournent au fond autour du même raisonnement : faire payer par l'Etat ce qui devrait être payé par des activités rentables. Et on nous demande de croire que ces gens sont issus d'écoles françaises du plus haut niveau ? Effectivement, le niveau baisse !

mercredi, avril 04, 2007

Irak : des enfants comme diversion

Sans commentaires, cette entrefilet de L. Monnerat.

L'escalade des mesures et contre-mesures qui est le lot de tous les conflits armés
trouve en Irak des applications extrêmes : d'après les Forces armées américaines, dimanche dernier, deux adultes en voiture ont traversé un checkpoint à Bagdad grâce à la présence de deux enfants à l'arrière, puis ont parqué leur automobile, se sont éloignés et ont mis à feu la bombe qu'elle transportait. Les enfants étaient toujours à l'intérieur.

Cette tactique n'a pour l'instant été employée qu'une seule fois. Cependant, si elle témoigne d'une détermination et d'une férocité manifestes, cette méthode de contourner les mesures de protection est tellement repoussante qu'elle risque probablement d'en devenir contre-productive, en mobilisant la population contre les auteurs de tels crimes de guerre. Ce que la volonté fait, la légitimité peut le défaire - et plus encore.

Les effets immédiats d'une telle attaque, qui a fait 5 morts (avec les enfants) et 7 blessés, n'en seront pas moins de modifier les règles de comportement à l'endroit des enfants et en leur présence. Avec pour objectif d'éloigner toujours plus les armées des habitants, alors que la contre-insurrection vise précisément à les en rapprocher .

mardi, avril 03, 2007

25ème anniversaire de la guerre des Malouines

Je m'interroge : une telle guerre serait-elle encore possible aujourd'hui ? Le gouvernement britannique ne préférerait-il pas rapatrier et dédommager les habitants des territoires contestés ?

Rappelons aussi que ce fut une guerre menée avec une indépendance certaine vis-à-vis des USA.

Aujourd'hui qu'il semble entendu que toute guerre est jugée illégitime qu'elles qu'en soient les causes et les raisons (1), je pense que nous serions prêts à sacrifier nos intérêts vitaux, quitte à nier qu'ils fussent vitaux, plutôt qu'à faire preuve de la moindre fermeté à l'égard d'un quelconque agresseur.

Je rejoins d'ailleurs ce faisant la thèse des islamistes, qui jugent que, si nous avons la technologie et l'argent, nous n'avons ni le coeur ni la tête.

Enfin, il ne me paraît indifférent pas à la question de rappeler que Lady Thatcher (2) a une formation scientifique (chimiste, exactement), comme Angela Merkel d'ailleurs. Je me dis que cela prédispose au pragmatisme et à la confrontation des faits.

04/04/2007 : Les temps changent, mais estce-vraiment pour le meilleur ? J'en doute :

Les Britanniques ne veulent pas de la force


(1) : j'en veux pour preuve la baisse régulière du soutien de la guerre en Afghanistan exprimée par les sondages ; alors même que les causes et les buts de cette guerre ne sont pas contestés.

(2) : une anecdote que j'ai des raisons de croire authentique : Mme Thatcher invite ses ministres au restaurant :

Le serveur : "Que désirez-vous ?"

MT : "Un steak"

Le serveur : "Et pour les légumes ?"

MT, regardant ses ministres : "Ils prendront aussi un steak."

Ca n'a rien à voir avec le sujet, mais ça m'a fait rire.

dimanche, avril 01, 2007

"Martine Aubry, la maire de Lille"

"Martine Aubry, la maire de Lille" : c'est ce que j'ai entendu à la radio. Horrible barbarisme, sous prétexte de modernité.

Cela choque les oreilles ! Et "la maire", qu'est-ce que ça veut dire ? "La mer" ?"La mère" ?

Rappelons que les noms de fonctions sont neutres et que les sexuer témoigne à la fois d'une régression sexiste (en quoi le fait de savoir que le maire est une femme est il significatif ?) et d'une totale méconnaissance de la langue française.

Quand dira-t-on "le sentinel", "le vigie", "son sainteté le pape" ?

Je me suis déjà suffisamment expliqué sur le sujet pour ne pas insister plus longtemps. Abandonnons là nos modernes cuistres.

Encore une petit mot, cependant : Mme Alliot-Marie a toujours suscité mon estime pour avoir exigé qu'on l'appelle Mme le ministre de la défense, c'est au moins ça.

Si Mme Royal est élue, se fera-t-elle appeler "Mme le président" ? Ayant constaté la sensibilité de la candidate aux modes, mêmes les plus absurdes, j'en doute, hélas.

Et le pire, c'est que "Mme la présidente" nous sera présenté comme un progrès remarquable de la condition féminine ! O bêtise !

Pour qui voter ?


Comme vous le savez, j'ai d'abord songé à voter Sarkozy, puis Bayrou.

Maintenant, je suis fermement décidé à voter Royal. Ceci est le fruit d'une mûre réflexion et, il faut le dire, d'un raisonnement un peu tordu.

En effet, ce sont les défauts mêmes de Mme Royal, dont je ne vous ai rien caché, qui m'amènent à voter pour elle.

Je considère que l'étatisme tue la France. Et, au sommet de cet étatisme, qu'y a-t-il ? La présidence de la République.

Quel meilleur moyen de discréditer l'Etat que d'élire à sa tête Mme Royal ?

Bien sûr, c'est la politique du pire, mais, au point où nous en sommes, cela vaut le coup d'être tenté.

C'est donc décidé, pour moi, c'est elle.

vendredi, mars 30, 2007

Rions un peu aux dépens des réchauffistes

L'un de mes lecteurs a récemment commenté en rappelant que c'est un plaisir de gourmet de se faire traiter de con par des imbéciles.

Etant donné le catastrophisme, l'hystérie et l'affreux sérieux (1) des réchauffistes, c'est un autre plaisir de gourmet, du même acabit, que de prendre un peu de recul, par exemple en lisant le journal et en sirotant une bière bien fraîche, et de se payer une bonne tranche de rigolade de toute cette foire à l'apocalypse :

Hécatombe chez les bébés phoques ?


(1) : au moins dans l'attitude, parce que, pour ce qui est du sérieux du raisonnement, il y a comme un défaut ...

lundi, mars 26, 2007

La vie en entreprise : "Avoir toujours raison est un grand tort"

Cette phrase de Turgot, reprise comme titre pour ses mémoires par Edgar Faure, "Avoir toujours raison est un grand tort" me fait penser à deux excellents ingénieurs que je connais.

Ils partagent certains traits de caractère : droits et francs au point d'en être adrupts, réfléchis, expérimentés, analytiques, voyant loin.

Par leurs qualités, je ne les ai jamais vu en matière technique, ni même organisationnelle, avoir tort, ils éclaircissent les problèmes complexes. Quand ils ne trouvent pas la solution, ils proposent une méthode pour y arriver.

Malheureusement, ils se détachent du lot des médiocres, des moyens, qui, par nécessité statistique, peuplent une grande entreprise.

Ils font tache. Pour peu que la société qui les emploie n'ait pas une culture du dissentiment, de la différence, le caractère entier qui est l'autre face de leur raisonnement droit les dessert.

Ils excitent les jalousies, les médisances. Comme on ne peut leur reprocher leur compétence, on fait mine d'avoir des difficultés avec leur caractère sur l'air de "Il est très bien, mais ..." Cependant, au fond, c'est pour leurs qualités qu'on leur en veut.

Trait qui ne trompe pas : on leur reproche volontiers d'être des "fouteurs de merde". Il suffit d'y regarder pour comprendre qu'on veut dire par là qu'ils ont révélé des problèmes qu'un consensus d'inertie s'accordait à laisser glisser sous le tapis.

Pour des esprits bas se soutenant l'un l'autre, des qualités trop éclatantes sont un miroir trop cruel, une insulte qui appelle réparation.

L'un n'a pas la carrière qu'à mon sens il mérite, l'autre a été prié d'aller voir ailleurs.

Il me semble qu'il y a une fable de La Fontaine sur le sujet, il faudra que je cherche.

dimanche, mars 25, 2007

Toujours plus d'assistanat

Voilà qu'on nous ressort l'allocation étudiante d'autonomie, payée par la collectivité, comme de juste.

A l'âge censé être le plus audacieux, le plus entreprenant de la vie, être autonome, ça serait dépendre de l'Etat, bel oxymore !

Je veux bien admettre qu'il y ait un problème pour financer les études (quoique je n'en sois pas totalement convaincu), mais pourquoi le recours à l'Etat serait-il la seule solution, et la meilleure ?

Et tout ce qui ce fait dans les autres pays : prêts étudiants bonifiés, jobs étudiants, c'est impossible en France ? La France est d'une autre essence ?

Bien sûr que non, mais une banque ne peut raisonnablement accorder un prêt étudiant que si la probabilité d'avoir un emploi à la sortie des études est forte, c'est pourquoi les prêts étudiants ne s'adressent en France qu'aux élèves de grandes écoles.

Evidemment, les prêts étudiants à la place de l'arrosage étatique, ça serait la fin , bienvenue, des caprices estudiantins : je connais une "jeune" qui à 28 ans est toujours aux études car elle en est à sa troisième filière, et, à chaque fois, il faut reprendre à zéro.

C'est une des grandes vertus du prêt étudiant : obliger les étudiants à se poser la question du remboursement et donc leurs futurs emploi et salaire.

A contrario, l'allocation étudiante d'autonomie serait une pompe supplémentaire fort puissante pour alimenter la machine à étudiants prolongés, sans métier et sans avenir. Est-ce vraiment ce que nous voulons ? Est-ce vraiment la meilleure manière de préparer l'avenir ?

samedi, mars 24, 2007

"Le PS a un QI de pétoncle"

Campagne médiocre : la faute à Tony Blair

Pourquoi le niveau de réflexion économique dans cette campagne est-il si médiocre ? Alors que le diagnostic sur la profondeur de la crise française est maintenant bien établi et partagé par les trois camps principaux, UMP, UDF et PS, pourquoi les candidats ne proposent-ils que peu de mesures pour stopper la dégradation de la compétitivité nationale et relancer la croissance et pourquoi ces lapins sortis du chapeau comme les heures supplémentaires chez Sarkozy, les deux emplois sans taxes chez Bayrou, ou le "rétablissement de la confiance" d'un coup de baguette magique, ploup !, chez Royal

Pourquoi, en somme, les candidats ne sont-ils toujours pas à la hauteur de l'enjeu énorme : la guerre mondiale économique, la Chine, l'Inde, les Etats-Unis, l'accélération technologique, le vieillissement, etc. ?

Le fautif s'appelle Tony Blair. Il y a dix ans, les socialistes français ont qualifié, a priori et sans examen, le blairisme de politique "de droite" et ils n'ont toujours pas corrigé leur erreur depuis. Le déport gauche-gauche opéré alors dans l'ambiance post-1995 bourdieusienne et trotskiste a provoqué une perturbation magnétique du paysage politique français qui dure encore, malgré la tentative de Ségolène Royal. La gauche déportée sur sa gauche a profité en 2002 à Jacques Chirac, qui préfère les girouettes aux boussoles, mais elle a surtout évité à la droite de devoir construire une réponse au blairisme, c'est-à-dire une réelle politique économique libérale française de droite. Blair nié, pas de confrontation intellectuelle, pas besoin d'idées.

Voilà pourquoi, dix ans après l'arrivée de Tony Blair au pouvoir outre-Manche, ni la gauche ni la droite française n'ont de doctrine étudiée, confrontée, validée, forte, face aux défis de la mondialisation.

Voilà pourquoi la campagne est médiocre et pourquoi les trois candidats sont si imprécis, si ambivalents, si peu fiables, en un mot. Et voilà pourquoi les électeurs hésitent. On les comprend.

Revenons au point de départ, à ce PS français au QI de pétoncle. Il a sous ses yeux, de l'autre côté du Channel, à deux heures trente de train, une politique de gauche qui réussit, et il s'obstine à affirmer que c'est une politique de droite qui échoue. L'erreur est devenue cette fois-ci grosse comme le nez au milieu de la figure, et on peut espérer que même le PS peut en voir l'effet : si François Bayrou occupe 18-22 % des voix dans les sondages, c'est que le PS a déserté le centre, laissant le champ libre à une renaissance de l'oubliée UDF.

Toute la remagnétisation correcte du paysage droite-gauche et le débat d'idées qui s'ensuivra attendent la reconnaissance de leur erreur par les socialistes : le blairisme est non seulement de gauche, mais c'est la réponse intelligente de gauche à la mondialisation. Insistons : ce n'est pas seulement le sort du Parti socialiste qui est en jeu, mais bien l'atterrissage, si retardé, de toute la France dans la réalité.

Remplissons donc un devoir "citoyen", pour employer un mot tarte à la crème qui fait vibrer de plaisir les militants : voici un manuel de démonstration du caractère de gauche de la politique conduite par Tony Blair et Gordon Brown, son ministre des finances, depuis leur arrivée au pouvoir, en mai 1997 :- Le taux de chômage a été réduit à 5,5 % (baisse de 3 points en dix ans).- 75 % de la population entre 15 et 64 ans a un emploi, contre 63 % en France. Le gouvernement a créé un smic en 1999. Les inégalités, qui ont crû jusqu'en 2000, ont depuis tendance à se réduire.- La moitié des créations d'emplois depuis 2000 l'a été dans les services publics, soit 600 000 emplois.- Le gouvernement a réalisé des efforts d'investissements historiques dans la santé, les transports et l'éducation.

L'examen budgétaire constitue la preuve par neuf : les dépenses publiques britanniques ont crû de 8 points de PIB depuis 2000 (elles avaient baissé, il est vrai, pendant le premier mandat), pour atteindre 45,6 % de ce même PIB, selon l'OCDE, soit un niveau proche de l'Allemagne ! A cette vitesse-là, camarades, Blair n'est pas seulement de gauche : il est communiste !

Cette hausse des dépenses n'est pas seulement un rattrapage par rapport aux coupes claires du thatchérisme. Elle constitue un pilier de la doctrine stratégique de la troisième voie blairiste : une économie complètement ouverte à la mondialisation, mais accompagnée par un Etat très actif. Actif dans les services publics, actif dans la défense des plus faibles, actif dans l'innovation, actif dans le discret mais déterminé positionnement dans les services à valeur ajoutée. Demandez à Gordon Brown comment il défend la City !

Tout n'est pas parfait au pays de la rose : la productivité reste faible, la croissance dépend de l'endettement immobilier, les divergences régionales se sont accentuées. Mais "nous n'avons jamais été aussi bien", titrait récemment le magazine The Economist. La richesse par habitant en Grande-Bretagne est passée du septième rang au sein du G7 en 1997 au deuxième derrière les Etats-Unis aujourd'hui.

La clé première de cette politique de gauche qui réussit, Antony Giddens, père intellectuel du blairisme, la donnait récemment (www.telos-eu.com) : "Accorder la primauté à l'économie et à la croissance."

Are you listening, madame Royal ?

Eric Le Boucher

Ajout du 25/03 : Je pense que la déliquescence intellectuelle du PS, même DSK ne sait rien proposer d'autre que de nouvelles taxes, est terrible pour la France.

Elle favorise la transformation de la politique en un concours de jet de fantasmes à la face de l'adversaire. La politique française est aujourd'hui totalement détachée de la réalité du monde.

La droite, qui n'a jamais voulu assumer le peu de libéralisme qui est le sien, en est co-responsable.

vendredi, mars 23, 2007

Même à l'école, nous avons la gôche la plus bête du monde

Certaines nouvelles peuvent se passer de commentaires, mais je n'ai pas pu me retenir.

Tollé contre l'arrestation d'une directrice d'école

PARIS, 23 mars (Reuters) - Partis de gauche et associations de défense des étrangers [illégaux] ont dénoncé vendredi la mise en garde à vue d'une directrice d'école maternelle du XIXe arrondissement de Paris, qui a été relâchée après quelques heures.

Tous reprochent à Nicolas Sarkozy d'avoir donné des consignes permettant aux forces de l'ordre de s'en prendre aux enseignants qui protègent les sans-papiers [c'est-à-dire les immigrés clandestins illégalement en France], à quelques jours de son départ du ministère de l'Intérieur, qui interviendra lundi [bref, ce qu'ils reprochent à NS, c'est de faire appliquer la loi.].

Convoquée dans la matinée au commissariat, la directrice, Valérie Boukobza, était suspectée "d'outrages et dégradations de biens publics en réunion" et deux autres personnes également entendues "d'incitation à l'émeute [pour une directrice d'école, elle n'a pas honte].

L'enquête portait sur des incidents survenus mardi devant l'école en marge d'arrestations de parents d'élèves sans papiers. Après plusieurs heures d'interrogatoire, le parquet a ordonné leur remise en liberté, a dit le bureau du procureur.

Les échauffourées, mardi, avaient opposé des particuliers et des policiers qui venaient interpeller des parents d'élèves sans papiers chinois dans cette école, rue Rampal.

Les policiers auraient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les personnes qui intervenaient en faveur des étrangers. Un enregistrement vidéo de ces incidents, effectué apparemment sur téléphone portable, circule sur internet [La video est disponible à ce lien Arrestation à l'école Rampal : vous entendez clairement que les manifestants s'opposent violemment à ce qu'ils savent être une arrestation.]

Selon le parquet, une voiture de police a été dégradée et un policier frappé s'est vu prescrire dix jours d'incapacité totale de travail. Le parquet assure que les policiers ont identifié la directrice comme la responsable des dégradations sur la voiture [génial, et c'est elle qui fait les cours d''instruction civique ?].

PROTESTATIONS A GAUCHE

Dans un communiqué, le Parti socialiste a demandé "solennellement à ce que toute la lumière soit faite sur l'arrestation de la directrice d'une école maternelle" [Préciser "directrice de maternelle", ça fait plus pitié, on est dans le sentimentalisme, dans la démagogie. N'empêche que ça n'a rien à voir avec l'affaire. C'est du beau, pour des gens qui proclament républicains].

Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, le député PS Jack Lang se déclare "totalement solidaire de ces enfants" qu'il se dit prêt à accueilllir et à protéger [protéger des délinquants : jack Lang remonte dans mon estime !], ainsi que de la directrice d'école "qui mérite notre plein respect." [Si c'est ça le respect, je comprends que les enfants ne respectent plus rien].

Marie-George Buffet, candidate communiste à l'élection présidentielle, a jugé cette arrestation "révoltante", de même que le candidat altermondialiste José Bové, qui avait appelé à manifester devant le commissariat.

"C'est à l'un des derniers refuges des valeurs de la République - l'école - que le ministre-candidat de l'UMP s'attaque en posant la dernière pierre de son action au sein de ce gouvernement" [l'école comme refuge contre la loi, il fallait l'inventer, celle-là. Après, on cherche pourquoi il y a des problèmes de violence à l'école !], s'indigne la candidate des Verts, Dominique Voynet.

Pour la Ligue communiste révolutionnaire, "le ministre candidat Sarkozy", derrière ses discours électoralistes, "montre son vrai visage."

L'Unsa Education dénonce les "tentatives d'intimidation [c'est normal qu'ils soient intimidés, ça s'appelle la peur du gendarme, bien connue de tous les délinquants] à l'encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers [immigrés illégaux]" et SOS-Racisme demande que cessent "ces harcèlements policiers" [des policiers qui travaillent, c'est du harcèlement. Déjà qu'ils ne travaillent pas beaucoup, ça va leur mettre le moral à zéro] qui "ressemblent beaucoup à un signe électoral."

Après une vive polémique sur les expulsions d'étrangers parents d'enfants scolarisés, l'été dernier, Nicolas Sarkozy avait annoncé le 18 septembre sa décision de régulariser 6.924 personnes sur les 30.000 ayant demandé à rester en France.

De nombreuses associations demandent une opération de régularisation globale [Et puis quoi encore ?]. Une campagne sur les écrans de cinéma en faveur des enfants étrangers a été lancée par des cinéastes et des artistes [ça ne leur coûte pas cher aux "artistes" et c'est de la bonne pub].

Le mois dernier, la Cour de cassation a condamné la méthode policière consistant à arrêter un étranger sans titre de séjour en préfecture après l'avoir convoqué sous le prétexte d'un examen de sa situation, une méthode utilisée par la police.

La semaine dernière, le Conseil d'Etat a annulé pour des raisons de procédure la décision de Nicolas Sarkozy de créer un fichier informatique baptisé "Eloi" pour les étrangers illégaux et leurs proches.

[Qu'on me comprenne bien : je suis pour l'immigration libre à condition de supprimer les systèmes collectivistes (sécu, retraites, chomage, alloc) pour les remplacer par des systèmes privés. Puisque cette condition n'est pas remplie, il est cohérent qu'il y ait des lois limitant l'immigration et qu'elles soient appliquées.]

Vendre EADS à un LBO ?

Je vous joins cet article, car en rédigeant pour ce blog une analyse à propos d'EADS, j'ai songé que la meilleure solution pour rétabir cette société serait un LBO. Mais je n'ai pas osé l'écrire, pensant que, dans le contexte actuel, je serais pris pour un fou.

Et voilà que Jacques Marseille, lui, n'hésite pas à l'écrire, même si c'est sous forme de boutade !

Bien sûr, nous parlons d'un vrai LBO, pas d'un LBO "à la française" entre copains de promotion de l'X ou de l'ENA.

La finance mode d'emploi

Une conséquence prévisible de la démagogie

La grogne des riverains du canal St Martin s'amplifie

jeudi, mars 22, 2007

Témoignage d'une prof

Vous excuserez le style relâché de cet extrait d'une correspondance familière. Je le publie juste parce que j'en ai ma claque d'entendre dire que la baisse de niveau scolaire est un fantasme de bourgeois, une affabulation de conservateur, voire la faute de la société (c'est ce que dit P. Meirieu dans Le Monde d'aujourd'hui) :

Dès que j'ai un moment je vais voir les sites [que je lui avais conseillés], même consacrés à l'école primaire ils m'intéressent, de toute façon tout part de là. Un peu pessimiste aujourd'hui , au collège on n'a pas trop de pouvoir, quand un élève a été "gâché" au primaire par des méthodes idiotes.

Le collège recrute sur plusieurs écoles primaires, et je vois bien des différences entre les différentes écoles, et des échos nous viennent sur certains instit ... où ma foi, on n'apprend pas toujours l'essentiel (réflexion d'un élève : "l'an passé, avec M Machin, on a appris plein de trucs, mais en fait j'crois bien que ce n'est pas vraiment des trucs qui servent ..." ça veut tout dire !! ) et d'autres, qui s'obstinent à donner des devoirs écrits à la maison, qui font apprendre par coeur (et qui s'eng... avec leur inspecteur ! ). Quels élèves s'en sortent mieux ? Je te laisse deviner ! Et qu'on arrête de me dire que c'est parce que dans le1er cas, le niveau social est défavorisé par rapport au 2ème ...

Je me bagarre en ce moment avec toutes mes classes, y compris les 3ème pour leur apprendre les conjugaisons (les profs de langue, je ne t'en parle même pas !! ) Les 3ème marquent un refus d'apprendre ce qu'est un temps composé, repérer un plus que parfait est impossible (pour peu qu'on case un adverbe entre l'auxiliaire et le participe passé, tout est fichu ! ) je n'ose même pas faire le passif pourtant indispensable en anglais ... et me heurtent de la part des plus mauvais à un "je ne comprends rien" . J'ai beau leur expliquer qu'il n'y a pas grand chose à comprendre, mais surtout beaucoup à apprendre . A force de vouloir tout leur faire découvrir ... ils pensent que comprendre suffit .

Aucun rapport :

les impôts : une collègue (que je déteste assez ... ) vient claironner en salle des profs, que cette année elle ne paiera pas d'impôt !! Un mari qui travaille , sa paie, 3 gamins ... il n'y a pas un truc qui cloche, quand même ?

Tout ça grâce aux frais de garde, peu importe. Je n'ai même pas osé lui voler dans la plume en lui expliquant ce que je paie, et en rappelant à elle (et aux autres contents pour elle qui ne paie rien), à quoi servaient les impôts ... ah, oui parce que si on pouvait payer moins
d'impôt, faire du social, et garder tout plein de fonctionnaires !!!

Qu'est ce qui vaut mieux : être face aux élèves qui n'apprennent rien par coeur (à quoi ça sert de savoir ça?) ou face aux collègues qui parlent sans réfléchir ? J'aime mieux encore m'exciter avec les plus que parfait !! (ou le futur, d'ailleurs c'est pareil, car ça se confond au choix avec : du passé simple, du conditionnel et même de l'imparfait -avec "je" uniquement...)

L'hiver le plus chaud ... depuis 9 ans ?

L'hiver le plus chaud ... depuis 9 ans ?

La conclusion surtout me fait rire : "Que tant de bruit et de fureur émane de quelques dixièmes de degré aussi incertains est décidément une expérience fascinante sur le comportement collectif de l'humanité, à un âge soi-disant débarrassé des croyances irrationnelles..."

Avis que je partage entièrement.

C'est bien le point de vue avec lequel j'aborde le problème, je suis désormais convaincu que ces histoires de réchauffement climatique anthropique sont, en l'état actuel de nos connaissances, de la foutaise.

Par contre, je suis fasciné de constater à quel point des gens, parmi lesquels des esprits censés être brillants, se précipitent dans le panneau.

J'en finirais par croire Voltaire , qu'une forme ou une autre de religion est nécessaire à l'équilibre d'une société.

lundi, mars 19, 2007

Qu'est-ce que l'affaire Battisti ?

Cesare Battisti fut, d'après la justice italienne, un terroriste. Il fut ultérieurement auteur de romans policiers réfugié en France.

Condamné, en fuite, puis arrêté au Brésil, il est menacé d'extradition en Italie. L'Italie étant un état de droit, de nombreux recours existants, qui ont été épuisés, on peut considérer que M. Battisti est coupable aux yeux de la justice, certes imparfaite, des hommes.

Cela émeut la GRC (Gauche Radicale Chic, proche parente de la GTBP Guimauve Totalitaire Bien Pensante).

Lamentables sont les cris germano-pratins pour défendre celui qui reste, jusqu'à plus ample informé, un criminel.

Je sais bien qu'être ou se dire de gauche fournit une onction sanctifiante qui fait que les crimes n'en sont plus vraiment, qu'au contraire ils tracent la route semée de fleurs vers le paradis universel et doivent de ce fait être passés sous silence, pardonnés, enterrés, voire au contraire célébrés.

Tout comme Staline ne doit pas être comparé à Hitler, Battisti et ses complices ne sauraient donc être comparés, disons, à l'OAS.

Tout cela est ridicule en plus d'être ignoble.

Les plus malins détournent l'attention de l'essentiel indéfendable que je viens de rappeler pour se concentrer sur l'accessoire, à savoir un affreux, forcément affreux, soupçon de manoeuvre électoraliste de Nicolas Sarkozy.

C'est du vent : non pas que le soupçon soit infondé, mais quelle influence a le sort de Cesare Battisti sur la campagne électorale en cours ? Si c'est une manoeuvre électorale, elle n'est pas bien conséquente.

A choisir, la propension d'une certaine gauche à innocenter un criminel du simple fait de ses appartenances politiques me paraît bien plus grave.

Si il y a une affaire Battisti, elle n'est pas judiciaire, ce volet est clos, elle est politique : comment admettre qu'en France, en 2007, certains préconisent la justice politique, indulgente pour les crimes de gauche, sévère pour les crimes de droite ?

dimanche, mars 18, 2007

Qui donc relèvera la fortune de France ?

Qui donc relèvera la fortune de France ?

Cette interrogation angoissée du chancelier Michel de l'Hospital, "dans le moyeu de nos guerres" de religion, est encore aujourd'hui d'actualité.

Cet espoir d'un homme dit providentiel, ou de plusieurs, semblera puérile aux esprits forts. Mais quoi ? L'histoire n'était-elle pas faite d'hommes, providentiels ou non ? Sans hommes pour les servir, les structures ne sont que des objets de débat pour désoeuvrés du microcosme pédant.

Et je tiens, allez savoir pourquoi, que "le chef est toujours seul face au mauvais destin".

Mai 2007, un "accident démocratique" ?

Sous le terme pudique d' "accident démocratique", JM Apahatie redoute sur son blog une plongée dans l'aventurisme politique. J'ai longtemps redouté qu'il vienne de Ségolène Royal :

Inquiétante Ségolène

Le monologue et la flatterie


Jugeons populairement, pardon, citoyennement

Aujourd'hui, la campagne étant lancée, chacun des quatre principaux candidats m'apparaît également inquiétant ; chacun bien sûr pour des raisons superficiellement différentes mais fondamentalement identiques.

En effet, tous promeuvent des solutions anti-libérales.

Or, le libéralisme présente deux caractéristiques essentielles :

> il s'efforce de considérer les hommes tels qu'ils sont et non tels qu'ils devraient être, il est réaliste ; les libéraux ont même ceci d'irritant qu'ils se lancent souvent dans des explications techniques certes intéressantes mais asseez barbantes.

> ce n'est pas une théorie politique ou économique, c'est une philosophie du droit, qui, en insistant sur la liberté et sur la responsabilité individuelles, protège juridiquement le citoyen.

L'absence dans le débat présidentiel actuel de ces deux éléments, principe de réalité et protection de la liberté individuelle, me semble très lourde de menaces de dérives à la fois fantasmatiques et grégaires.

Que valent ma crainte et mon pronostic ? Rétrospectivement, la pertinence de mon analyse des élections présidentielles est mitigée :

> en 1995, j'avais prévu le score final de J. Chirac à 0.1 % près (cette précision est un coup de chance) alors qu'il était au plus bas des sondages.

> en 2002, j'ai été surpris par l'irruption de Le Pen au deuxième tour.

Pour la croissance et contre le chômage, en France on a tout essayé ... sauf ce qui marche (ou l'idéologie en action)

Dans le message précédent, je vous parlais de l'idéologie à l'école. Parlons d'économie.

Il faut vraiment être aveuglé, comme Jacques Chirac et tant d'autres, par l'idéologie anti-libérale, pour ne pas voir ce qui est évident pour tous ceux qui se donnent la peine de regarder honnêtement : ce sont les mesures libérales des années 80 et 90 qui font la prospérité du monde actuel.

Ne cherchons pas d'exemple lointain, en ce lendemain assez difficile de St Patrick bien arrosée, il suffit de faire une petite heure d'avion pour aller en Irlande :

Irish réussite

Est-ce possible en France ? Bien entendu :

France : une croissance de 5 % n'est pas une utopie

Encore faut-il refuser l'obscurantisme, la fuite dans la sodomie des diptères, les raisonnements fallacieux et, tout bonnement, le mensonge :

Incompréhensible !


On est en mer, on se noit, mais plutôt que de s'agripper à la barque qui vient secourir, on fait la fine bouche, on ne la trouve pas assez belle, assez fine, assez parfaite, tandis qu'on loue la solidarité du boulet qui entraîne vers le fond et, effectivement, le boulet est solidaire de sa victime !

Ajout du 20/03 : Il faut mettre le modèle social français au quai Branly

samedi, mars 17, 2007

Désastre scolaire : vive l'ampleur ! (ou l'idéologie en action)

JF Revel définissait l'idéologie comme l'habitude de nier les faits ou de les tordre pour ne pas avoir à remettre en cause une conception fausse des choses.

L'idéologie est discréditée en politique bien qu'elle y existe encore fortement sous des formes dissimulées (l'étatisme jacobin en est un exemple). Mais dans les questions d'éducation, censées être apolitiques (ce qui est totalement faux), elle se laisse aller à l'exubérance irrationnelle.

J'entendais hier un apparatchik syndical nous expliquer à la radio que le niveau ne baissait pas, que les élèves actuels avaient simplement d'autres savoirs que leurs parents, sans préciser lesquels (je suppose macramé et "comportement citoyen").

Je m'interroge : quels savoirs, autres, forcément autres, peuvent être si importants, si précieux, que la lecture, l'écriture, le calcul, l'histoire, deviennent secondaires et soient négligés ?

Car je l'ai constaté de visu et de auditu, il y a des élèves de terminale , pas de sixième, de terminale, qui ne savent pas lire sans buter sur les mots, qui n'écrivent pas sans une faute par ligne, qui éprouvent les pires difficultés à tenir un raisonnement mathématique notamment par ignorance du sens exact des mots "donc", "or", "car" et qui ne peuvent pas classer Napoléon, Louis XIV et Henri IV dans l'ordre chronologique, quant à Corneille, c'est bien entendu un chanteur à succès.

Seule lueur infime d'espoir : à propos de Napoléon, l'un d'eux a eu le réflexe, certes de fuite, de demander "Lequel ?", signe évident qu'il savait qu'il y en avait eu plusieurs.

Les élèves en question sont-ils de malheureuses exceptions ? C'est possible, mais ça serait bien ma veine, si l'éducation nationale produisait tant de génies que je tombe toujours sur des crétins (1) !

Bien sûr, on peut aussi considérer que toutes ces connaissances que je pense élémentaires et fondamentales sont inutiles. Mais comment pourrais-je admettre un tel nihilisme, une telle haine du savoir et de la culture par les hommes qui ont vocation à enseigner (2) ?

Ajout du 18/03, extrot du blog de Jean-Michel Aphatie :

Au détour de l'un de ses raisonnements, [Claude Allègre] a évalué à 3.000 le nombre des permanents des différents syndicats qui seraient payés par le ministère. Le chiffre est important et les pouvoirs s'abstiennent de faire la moindre publicité là dessus. C'est une forme de tabou, entretenu dans la République par des pouvoirs pusillanimes. Les syndicats, eux, jouent parfaitement de la terreur qu'ils inspirent aux ministres qui se succèdent pour garder entière leur rente de situation qui, sans doute, retarde, freine, empêche peut-être parfois les évolutions nécessaires de la citadelle enseignante.

Claude Allègre a aussi raconté avec une certaine jovialité que quand il était ministre, il essayait de regarder dans les zones d'ombre des non affectations, ou des spécialisations marginales, ou encore de la situation de ces professeurs sans élèves, constatant à chaque fois des résistances dans sa quête d'informations.

En le regardant et en l'écoutant, ce matin, à la table de RTL, je me suis souvenu d'un épisode singulier. C'était en septembre 1997, à Montpellier, lors des journées parlementaires du PS. Je couvrais l'événement pour l'Express. Lionel Jospin s'était installé à l'Hôtel Matignon quelques semaines auparavant, début juin, et lui et son équipe bénéficiaient des faveurs de l'opinion.

L'après-midi du premier jour de de cette réunion des parlementaires socialistes, Claude Allègre, qui avait déjà annoncé son intention de "dégraisser le mammouth", se trouvait à la tribune. Au fil d'un propos comme toujours chez lui à la fois construit et zigzaguant, il s'engagea la tête la première dans le tunnel de l'absentéisme des professeurs. Pédagogue, il choisit l'exemple de stages de poterie qui vidaient malencontreusement les classes et laissaient les élèves en peine d'enseignants. Il voulait, sans diminuer l'importance de la poterie dans les sociétés occidentales de la fin du XX° siècle, que cela cesse et que des professeurs ne soient plus absents pour d'aussi mauvaises raisons.


Dans la salle, l'auditoire se partagea en trois. Certains parlementaires, anciens enseignants ou amis d'enseignants, paraissaient sincèrement offusqués. D'autres, hilares, contemplaient le spectacle en comptant le nombre de feux rouges que le ministre, lancé à vive allure, grillait. Une poignée enfin découvrait que le travestissement de la pensée pouvait par exception céder le pas à une robuste franchise. Les journalistes, eux, s'affairaient. Claude Allègre n'avait pas quitté son estrade que déjà les dépêches d'agence crépitaient de ces formules.

Lionel Jospin était attendu à Montpellier dans la soirée. Une nuée de journalistes s'abbatît sur lui sitôt son arrivée auprès des parlementaires. Informé des propos de son compagnon, il avait eu le temps de préparer sa réponse. Elle fut singulière. Sans vouloir commenter le fond du problème, il parla de l'homme. Il rappela devant les micros et les caméras qu'il était titulaire du prix Crawford, l'équivalent du prix Nobel dans le petit monde des mathématiciens. Il fallait donc, assura-t-il avoir davantage d'égards pour lui que n'en témoignaient les plumitifs avides de polémiques.

Le tout frais premier ministre, un peu nerveux, nous planta avec cela. Au fond, sous couvert d'indulgence, il disait assez nettement qu'il aimait l'ami et détestait le politique chez Allègre. Il mit encore deux ans avant d'en tirer le constat et de le débarquer du ministère de l'Education nationale.


Quelqu'un sait-il si des stages de poterie sont organisés, aujourd'hui encore, pour les enseignants désireux de se familiariser avec cet artisanat?

En lisant les commentaires du blog de JM Aphatie, j'ai l'impression qu'au fond, au delà de toutes les arguties, ce que les profs (au moins ceux qui commentent) ne pardonnent pas à Allègre, c'est d'avoir essayé de les faire bosser plus.

Ca vous étonne ? Moi pas.

(1) : au sens où JP Brighelli l'entend dans La fabrique du crétin : on ne peut pas, ou très peu -car ils peuvent toutefois lire par eux-mêmes, reprocher à ces jeunes gens de ne pas savoir ce que nul n'a jamais tenté de leur apprendre.

(2) : la vocation à enseigner d'un syndicaliste de l'éducation nationale tel que décrit peut être mise en doute.

vendredi, mars 16, 2007

SR : DSK coupable ?

Vous trouverez ci-dessous la charge violente d'Eric Besson contre Ségolène Royal :

Diatribe d'un déçu de "Madame Royal"

Le propos ne me surprend pas et ne m'apprend pas grand'chose. C'est ainsi que je voyais la madone du néo-socialisme depuis le début et le déroulement de la campagne n'a fait que confirmer mon opinion.

Bref, Mme royal ne m'intéresse pas, j'espère qu'elle ne sera pas élue et je serais bien embêté si elle l'était.

Par contre, une question me paraît plus intéressante : comment en est-on arrivé là ?

Je dois dire que je n'ai pas la réponse complète, même si l'archaïsme intellectuel du PS a sans doute joué un grand rôle.

jeudi, mars 15, 2007

L'argument fallacieux des socialistes sur l'école

L'argument des socialistes sur l'école est le suivant : "L'école est victime du libéralisme, de l'exigence qu'on lui impose(rait) de produire des jeunes Français employables." Il faut donc plus de moyens et, surtout, plus d'Etat.

Soyons clairs : cet argument est un sommet d'hypocrisie. N'importe quel employeur vous dira que les jeunes Français ne brillent pas par leur "employabilité" et que, de toute façon, l'école est très imperméable aux entreprises, ce qui ne l'empêche pas d'être très perméable aux modes, ce qui est différent.

Je l'ai dit en long, en large et en travers sur ce blog : le problème fondamental de l'école française est d'organisation et encore plus de philosophie et de méthodes, et non de moyens.

Lucie Aubrac est morte

La mort d'une héroïne

Il y a des gens dont on espère qu'ils sont éternels. Ca n'est hélas jamais le cas.

Les hommages nationaux se succéderont, du moins, on peut l'espérer malgré cette époque si inconséquente. Il est donc inutile que j'en rajoute. Simplement, on manque de Lucie Aubrac.

Bientôt un ministère de l'identité nationale et de l'immigration ?

Le lien entre immigration et identité nationale est évident, comme le rappelle Ludovic Monnerat. Il est dommageable que, à cause des tabous bien-pensants, il soit impossible d'en débattre sereinement.

Cependant, il faut se garder de deux écueils :

> l'angélisme, qui peut venir de gens vivants dans des quartiers sans immigrés et qui se permettent de pseudo-générosités aux dépens de ceux qui ont des problèmes avec les immigrés, ce sont nos hypocrites "belles âmes" et autres "consciences universelles". Il y a aussi ceux qui ont capitulé : les féministes admettant le voile au nom du multiculturalisme où ces jeunes "blancs" qui se convertissent à l'Islam (1).

(2) la démagogie. Si la France n'a jamais été une terre traditionnelle d'immigration, contrairement aux dires de quelques imbéciles intentionnés, il n'en demeure pas moins que tous nos problèmes d'intégration ne vienne pas des immigrés mais aussi de nous, de nos choix, par exemple de notre système social, qui est un assistanat hypertrophié, le contraire exact d'une incitation à l'intégration par le travail et par l'effort.

Nous ne règlerons pas nos problèmes en les mettant sur le dos des immigrés.

Lino Ventura avait très bien résumé comment un immigré s'intègre : "Je ne suis pas d'ici, je n'ai que le droit de fermer ma gueule et de bosser. Et c'est normal (2)." La suite du propos donne clairement à comprendre qu'à force de "bosser", on gagne le droit "d'ouvrir sa gueule".

(1) : les raisons de ces conversions révèlent bien des failles de notre société.

(2) Lino n'avait pas oublié que les immigrés ont choisi d'immigrer et qu'ils doivent assumer toutes les conséquences de leur choix, y compris sur l'éducation des enfants (combien de parents mulsulmans, mais pas seulement, en extase devant leurs petits mâles qui se croient ainsi tout permis ?)

mardi, mars 13, 2007

Bayrou, l'électeur entre désir de tout casser et envie d'immobilisme ?

Je suis sensible au discours bien structuré de François Bayrou.

Cependant, il n'y a pas grand'chose dans son discours mise à part sa sensibilité à la dette publique.

Son coté "ni gauche, ni droite" traduit bien la volonté d'immobilisme, la volonté d'arrêt du temps, d'une majorité du pays (1), car un gouvernement Bayrou serait probablement paralysé, en tout cas incapable d'actions tranchantes. D'ailleurs le tranchant n'est pas dans son caractère. Or, avant de coudre, il faut d'abord trier le bon grain de l'ivraie (j'aime bien jouer avec des images incohérentes !).

De plus, un gouvernement paralysé serait instable, c'est la tentation de la politique du pire.

Si les Français se précipitent ainsi vers la catastrophe, c'est que personne ne propose la seule politique efficace : la désétatisation, la décollectivisation, la libéralisation.

Cette politique exposée clairement remporterait des suffrages consistants. En effet, si beaucoup de Français espèrent vivre au crochet de l'Etat, c'est-à-dire des autres Français, je ne pense pas que ça soit l'ambition de la majorité pour peu qu'on sache lui redonner courage.

(1) : c'est mon sentiment qu'il s'agit d'une majorité.

lundi, mars 12, 2007

EADS, Intelligence économique et Monnerat

Au lien ci-dessous, vous trouverez un pot-pourri des thèmes dans le titre de mon message :

Intelligence économique en France

Si je ne souscris pas entièrement, c'est plus sur des questions de forme (l'auteur oublie un caveat : ce qu'il décrit n'est pas systématique) que sur le fond : depuis vingt ans, la France subit une défaite intellectuelle majeure de ses élites dirigeantes ; la faute à l'endogamie, à l'absence d'air, à l'étatisme comme religion et comme routine.

Je sais que cette comparaison irritera, mais il me semble que nous vivons un mai 1940 au ralenti, au moins un mai 1940 tel que décrit dans L'étrange défaite.

D'ailleurs, la NRH s'interroge dans son dernier numéro sur le fait de savoir si Vichy n'est pas une des formes de la République, la réponse est assurément positive, c'est pourquoi les technocrates dans le genre Papon, Bousquet et Mitterrand ont poursuivi une carrière honorable sous Vichy puis sous la IVème puis encore sous la Vème : il y avait continuité dans la conception étatiste de la société.

J. Chirac s'en va

Il est d'usage lors de départ en retraite ou pour l'éternité de ne pas dire de mal du partant. Cependant, il est loisible de préférer la réaction de Clémenceau à qui on annonçait le décès d'un adversaire : "Un con de moins !"

mardi, mars 06, 2007

Eads et les politicards : pendant les élections, le naufrage continue

Thierry Breton, ci-devant ministre des finances, a déclaré qu'il souhaitait une augmentation de capital d'EADS et que l'Etat français y participerait. Bref, il n'a rien compris et rien appris.

Le poison mélangeant politique et industrie continue à être injecté au malade. Va-t-on imposer aux Chinois d'acheter des Airbus a des prix et en des quantités fixés par décret de l'Etat français ?

Reste à espérer que cette déclaration procède d'un bas cynisme électoraliste, puisque dans deux mois le gouvernement aura changé et que l'Etat serait bien en peine de trouver les milliards d'€ nécessaires à une augmentation de capital (à moins qu'on nous invente un impôt Airbus, ce qui aurait au moins le mérite de rendre évident qu'il s'agit de détourner l'argent de tous au profit de quelques uns).

Mais hélas, je ne n'en suis pas si sûr : la tentation est grande pour les politiciens français de sortir de leur domaine et d'étendre leur pouvoir en se livrant au meccano industriel, si nocif (but who cares ? Le contribuable paiera) mais tellement voluptueux.

On voit ça aussi en entreprise : des gens qui s'occupent de faire le boulot des autres parce qu'ils n'arrivent pas à faire le leur.

lundi, mars 05, 2007

La météo en 2100

J'ai pris ça dans Les Echos. Cette lettre montre juste qu'en quelques phrases, on peut démonter les obsessions réchauffistes. Je suis persuadé que les réchauffistes sont soit des gogos soit des escrocs.

Idées et Débats > Forum des Lecteurs

ENVIRONNEMENT -

La météo en 2100

C'est désormais officiel : la seule question concernant l'avenir de l'humanité qui mérite d'être posée est celle du temps qu'il fera en 2100. Une telle démarche entreprise en 1900 aurait manqué deux guerres mondiales, un quadruplement de la population, la révolution informatique et, bien sûr, le temps qu'il a fait en 2000.

Que dit la science sur ce sujet ? D'une part que le climat change perpétuellement. D'autre part que la croissance de la population conduit à de nombreuses interactions avec l'environnement. Enfin que le climat sera probablement plus chaud (en moyenne !) dans un siècle sans vraiment savoir ce qu'il serait dans deux ou trois.

Si l'on examine à présent les menaces pour 2020 ou 2030, on obtient une liste impressionnante : chômage, terrorisme, financement des retraites et de la santé... Et on veut nous faire croire que l'enjeu essentiel de l'humanité serait la température de la planète en... 2100 ?

Imagine-t-on une seconde qu'on pourrait miraculeusement arrêter les évolutions climatiques alors que le passé révèle des variations brutales et imprévisibles ? A-t-on analysé l'impact d'interventions arbitraires telles que le renchérissement artificiel d'énergie ou la destruction d'emplois dans l'automobile, l'aviation ou le tourisme ? La concentration de CO2 dans l'atmosphère et la mise de l'écologie au « centre de toute politique » donneront-elles des emplois à nos enfants ? Et si la réponse était non aux trois questions ?

Avant de se préoccuper du temps qu'il fera dans un siècle ou deux, nous devons nous préoccuper des prochaines décennies.

Tomas Vanicek, ingénieur physicien 92200 Levallois-Peret


samedi, mars 03, 2007

Le grand méchant marché (A. Landier, D. Thesmar)

FFF

Sous titré "Décryptage d'un fantasme français", ce livre essaie de d'expliquer l'aversion française au marché.

Les auteurs essaient de trouver des explications rationnelles.

> L'économie libérale n'a pas tous les défauts qu'on lui donne en France : les "licenciements boursiers" n'existent pas, les OPAs hostiles (ie hostiles à la direction en place) créent plus de valeur que les OPAs amicales et la bourse est parfaitement capables de voir à long terme (exples : Texas Instruments, Microsoft, Google, ...)

> Ce rejet du marché est spécifiquement français. Dans aucun autre pays, y compris en Amérique Latine, on ne retrouve un phénomène aussi massif.

> L'aversion à l'économie libérale n'est pas culturelle. Les explications culturalistes oublient que la France de la IIIème république était fort libérale sous tous ses aspects (notamment une grande détention d'actions par les particuliers), à l'exception d'une hostilité à la concurrence étrangère.

> Les auteurs considèrent d'abord une erreur d'attribution : la nostalgie des Trente Glorieuses attribue au dirigisme des vertus qu'il n'a pas. La croissance de ces années est avant tout du à un phénomène de rattrapage de notre retard économique que le dirigisme n'a fait qu'accompagner.

> A la faveur du dirigisme, s'est créée une caste de patrons-fonctionnaires ou de fonctionnaires-patrons, qui ne brillent pas par leur excès de compétences à diriger une entreprise, qui ont tout intérêt à dénigrer les mécanismes (pressions d'actionnaires, chute du cours de bourse, OPA hostile, ...) qui peuvent les remettre en cause. Les patrons qui pestent contre le court-termisme de la bourse ont surtout peur de perdre leur place à court terme.


> Le système de retraite par répartition donne des créances, des droits à la retraite, en contrepartie de cotisations. Ce système pousse donc les Français à se comporter en créanciers, averses au risque, et non entrepreneurs. Ce système a aussi fait que, par absence de fonds de pension, le capital des entreprises français est détenu dans une proportion inconnue ailleurs par des étrangers. Ce système est donc triplement néfaste : pour la démographie (sujet d'un précédent message), pour le capital des sociétés françaises et pour l'attitude générale des Français vis-à-vis de l'économie.

Les préconisations des auteurs découlent de cette analyse :

> Liquider les restes de l'économie mixte et ses ravages (et les auteurs ne parlent pas d'EADS !)

> Remettre à plat les mécanismes redistributifs pour les rendre plus justes (et j'ajouterais : plus légers)

> Favoriser toutes les actions de mécénat qui réconcilie avec la richesse.

> Enfin, changer le système de retraites, passer de la répartition, qui ne convient plus du tout à notre régime démographique, à la capitalisation.

vendredi, mars 02, 2007

Des régions dans le capital d'EADS

"Des régions dans le capital d'EADS ?", ai-je entendu, "c'est bien une idée à la c.. de socialistes !" Bien sûr, celui qui m'a dit cela n'est pas un grand fan de Ségolène et de ses boys.

Cependant, on peut partager sa colère : c'est vraiment ne rien avoir compris aux difficultés d'EADS, ou alors s'en contre-battre, que de renforcer le mélange des genres industrie-politique qui est le poison même qui tue cette société.

Ce n'est pas parce que les landers allemands le font que c'est une bonne idée, ou alors qu'on aille au bout de la logique, que les acteurs publics prennent la majorité, assument la direction et financent la recapitalisation à venir.

Faute de cohérence, on court à la catastrophe, une catastrophe certes étalée sur plusieurs années vu la durée des cycles aéronautiques, mais catastrophe tout de même.

Addendum : j'ai entendu un éditorialiste dire "De deux propositions totalement connes [ce sont ses mots], régionalisation d'EADS et droit opposable au logement, on pourrait faire une bonne idée : mettre les SDF dans les Airbus invendus."

Bon, c'est un peu gros, mais le niveau du débat est tellement nul que ça ne vaut pas une réaction plus élevée.

Nathalie Brion réfléchit à un article dont elle a déjà le titre : "Le jour où j'ai découvert que Ségolène était blonde."

Airbus : l'envol des erreurs

jeudi, mars 01, 2007

Désolé, je n'ai pas résisté



Cette campagne électorale affligeante ressemble à une réunion de copropriétaires : "Qu'est-ce qu'on fait pour les poubelles ? Qui paye la porte cassée ? Les visites au médecin du 5ème dérangent. Le concierge n'a toujours pas remplacé l'ampoule grillée sur le palier du 4ème., etc."


La vision d'avenir, la politique, tout ça, au panier.

La France a des syndicats qui font dans le bizarre

La CFDT Métallurgie émet contre Airbus une critique qui me laisse perplexe : "Ils imitent Boeing."

Boeing ? Cette boite à la dérive qui engage un redressement spectaculaire ? Cette société qui a fait le bon choix avec le 787 pendant qu'Airbus faisait le mauvais avec l'A380 ? (1)

Je comprends ce que le syndicat essaie de dire, mais en regard de la dure réalité économique et concurrentielle, ça n'a aucune pertinence : quand tout est dit, sera le plus sûr de survivre et de se développer, et donc d'assurer le travail de ses employés, est celui qui gagnera le plus de sous.

(1) Airbus a trois problèmes : par ordre d'importance :

> un actionnariat et une structure de direction qui mènent EADS et Airbus au suicide.

> l'A380 et l'A350 ne se vendent pas.

> l'organisation et la structure de coûts sont archaïques (et je suis gentil)