lundi, juin 18, 2012

Gendarmes tués : les femmes sont-elles des hommes comme les autres ?

A propos des femmes-gendarmes tuées par un cambrioleur, notre ami Bob Marchenoir a commenté (voir infra).

Je suis réservé. Il est toujours difficile d'analyser une situation opérationnelle où tout se joue en quelques secondes et quelques gestes.

L'agresseur a réagi de manière parfaite de son point de vue hyperviolent : il a frappé le premier, sans sommation et très violemment (on pensera qu'il n'a pas oublié de lever la sécurité de l'arme, ce que chacun interprétera à sa manière). Peut-être des hommes auraient-ils été tout aussi surpris et auraient  réagi de la même façon que les victimes (je crains que Bob Marchenoir ne surestiment les hommes (1) en pensant qu'un gendarme masculin ne se serait pas enfui).

Mais il est vrai qu'il vaut mieux avoir le maximum de facteurs de son coté, et que, au physique, une femme n'est pas un homme, n'en déplaise aux féministes.

On peut aussi s'interroger sur la légitime défense : le tueur ayant commencé par prendre l'arme d'un gendarme, il n'était pas armé dans la première séquence, donc pas de tir pour cause de riposte proportionnée à l'attaque, puis, une fois qu'il était armé, il était trop tard.

En matière de légitime défense, la doctrine devrait être : mieux vaut une injustice qu'un désordre. Quoiqu'en disent les amis du désastre, nous vivons dans une société où le narcissisme pathologique a ouvert la voie à la violence extrême. Bien sûr, j'ai entendu une magistrate à C dans l'air expliquer qu'en cas d'attaque, il ne fallait surtout se défendre mais appeler la policie.

En revanche, une chose me paraît certaine. L'égalitarisme est une revendication intellectuelle qui repose sur des lubies idéologiques. Dans le drame, les hommes et les femmes ne sont pas traités à égalité, le naturel revient au galop : l'émotion est plus vive quand les victimes sont des femmes. C'est une des raisons de ne pas envoyer des femmes au combat : l'ennemi tuerait de préférence des femmes de manière à gagner un meilleur rendement médiatique (on l'a vu dans le cas des opérations américaines, par exemple).

Cependant, je suis parfaitement d'accord avec la conclusion de Bob : de toute façon, le meurtrier, bien connu des services de police, cette victime de la méchante société, sera libéré dans dix ans, grand maximum, pour bonne conduite. A quarante ans, on a toute la vie devant soi.

Tous avec moi : Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

Et on a une pensée pour ces gendarmes morts en service.

***************
(1) : on peut être formé et préparé à une situation de stress soudain et intense, mais il faudrait être bien présomptueux pour anticiper les réactions de chaque individu. Untel, qui est parfait à l'entrainement, se révélera lamentable en opérations et tel autre, très moyen à l'entrainement, se révèle un guerrier (Guynemer est en France l'exemple le plus célèbre).










  • Robert Marchenoir
    Quand l'idéologie tue :
    "Dans la bagarre, le voleur présumé, décrit comme un colosse rasé de 1,80 mètre et pesant 90 kilos, a alors assommé à coups de pieds la maréchale-des-logis chef avant de s'emparer de son arme de service, un «Sig sauer pro» 9 mm alimenté par une dizaine de munitions. Avec une froide détermination, il abat la gradée a priori de plusieurs balles en plein visage."
    Mais évidemment :
    "«Il n'est pas anormal que deux femmes gendarmes aient été envoyées sur ce type d'intervention car, au sein de notre institution, personne ne songerait à faire le distinguo entre les sexes. Nous sommes tous gendarmes avant tout», précise un officier."
    Personne "ne songerait" qu'une gendarmette, même "gradée", impressionne moins un "colosse rasé de 1,80 mètre et pesant 90 kilos" qu'un gendarme. En effet, ce serait une pensée discriminatoire envers léfâm, donc personne ne s'y risque.
    Résultat : deux morts. Mais c'est pour la cause du féminisme, donc ça valait le coup.
  • Robert Marchenoir
    Et puis, sans vouloir jouer les warriors de clavier...
    Il y avait deux gendarmes de sexe féminin sur l'intervention.
    Que fait le second gendarme, une fois que le voleur a (je suppose) violemment frappé le premier gendarme, puis l'a jeté à terre, puis, comme l'écrit le Figaro, l'a "assommé à coups de pieds", puis s'est emparé de son pistolet, puis l'a abattu de plusieurs balles en pleine tête -- ce qui prend tout de même un certain temps ?
    Eh bien, le second gendarme, celui dont "personne ne songerait à faire le distinguo en fonction du sexe", mais qui se trouve tout de même être une femme, eh bien ce second gendarme s'enfuit...
    "Quelques mètres plus loin, l'adjudante est à son tour mortellement touchée de plusieurs projectiles dans le dos alors qu'elle tentait de se mettre à l'abri dans une rue voisine."
    Otez-moi d'un doute : "l'adjudante", elle avait aussi sur elle, comme l'écrit le Figaro, "son arme de service, un Sig Sauer Pro 9 mm alimenté par une dizaine de munitions" ? Et qu'en a-t-elle fait, pendant  que le "colosse rasé de 1,80 mètre et pesant 90 kilos" assommait sa collègue gradée à coups de pied dans la tête, puis lui volait son pistolet, puis lui tirait dans la tête ?
    Rien. Elle "tentait de se mettre à l'abri".
    C'est ce qu'on appelle aujourd'hui, dans la gendarmerie, "une militaire".
    Tirez-en vos conclusions.
  • Robert Marchenoir
    "Les faits ont été "d'une très grande violence, surprenante parfois", surtout qu'il s'agissait en l'occurrence "d'envoyer deux gendarmes pour régler un différend", a rappelé M. Valls."
    Le ministre de l'Intérieur appelle "différend" l'interpellation d'un cambrioleur "déjà connu des services de police et de gendarmerie".
    La femme qui a appelé les gendarmes s'était fait voler son sac par le meurtrier, mais voyez-vous, selon le ministre de l'Intérieur socialiste, ce n'était qu'un "différend". 
    La plaignante était peut-être dans son bon droit, peut-être pas. Si ça se trouve, c'est elle qui a commencé. Elle a peut-être provoqué le meurtrier à la cambrioler, elle a peut-être eu un mauvais regard, une pensée raciste, on ne sait pas.
    On notera également que le ministre de l'Intérieur socialiste est tout "surpris" que les Français soient régulièrement en butte à une "très grande violence". Il ne savait pas. Personne ne le lui avait dit.
    Dans le monde tel que le connaît le ministre de l'Intérieur socialiste, un monde de subventions, de vivre-ensemble et de bisous, la violence est toujours modérée, d'ailleurs elle n'existe pratiquement pas, et en fait il s'agit toujours d'un "différend", qui se règle par le "dialogue" et la "concertation".
    D'ailleurs, les victimes ont toujours leur part de responsabilité : un "différend", c'est un peu comme une querelle de ménage, chacun insulte à son tour, chacun donne des coups, et c'est un peu la faute de tout le monde.
    La femme qui s'est fait voler son sac n'avait probablement pas mis suffisamment de "lien social" dans son "ouverture à l'Autre".
    Normalement, selon la normalité socialiste, il devait suffire de deux gendarmes bonnasses de sexe féminin (et "gradées") pour que tout le monde redevienne raisonnable et que les "différends" se résolvent.
    Le problème, c'est que la normalité socialiste n'a pas grand'chose à voir avec la réalité.
  • Robert Marchenoir
    "Abdallah Boumezaar, le suspect interpellé après les meurtres, hier, de deux gendarmes à Collobrières (Var), a reconnu être l'auteur des coups de feu, selon le procureur de la République de Toulon. Cet homme de 30 ans était sorti de prison en septembre après 6 ans d'incarcération, a précisé le procureur Xavier Tarabeux."
    Eeeeeeh ben voilà !... On envoie deux femmesgendarmes interpeller Abdallah Boumezaar (qui, par ailleurs, est un "colosse", etc), et on suppose que ça va bien se passer.
    Sous prétexte que les féministes assurent qu'une femme c'est pareil qu'un homme. Sous prétexte que les socialistes prétendent qu'un musulman c'est pareil qu'un chrétien.
    Résultat : bam, deux morts.
    Notez aussi :
    "Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect a tiré dans un premier temps deux coups de feu sur Audrey Berthaut, un fait considéré comme "un meurtre", avant de poursuivre sa collègue et de tirer six balles dans sa direction, a souligné le procureur, qui, dans ce second cas, a retenu "une volonté de donner la mort par préméditation, donc l'assassinat"."
    Donc, si jamais un gendarme vient vous demander des explications et que ça vous défrise, considérez que vous avez quelques dizaines de secondes pour l'abattre avec son arme, moyennant quoi cela ne sera considéré que comme un meurtre.
    Le fait de lui donner des coups de pied au visage, le fait de lui prendre son arme, le fait de le viser et le fait de tirer à deux reprises, ce n'est pas de la préméditation.
    Ce n'est que si vraiment vous montrez beaucoup de mauvaise volonté et que vous tuez son collègue après lui que cela sera considéré comme un assassinat.
    En quelque sorte, vous bénéficiez d'une sorte de droit à la légitime défense face aux indiscrétions des gendarmes. Ils viennent vous casser les pieds, par conséquent si ça tourne mal et que vous leur tirez dessus, on vous accordera des circonstances atténuantes.
    Enfin, je suppose que ça aide d'être arabe, aussi.
  • Florence
    5h30: INFO VAR-MATIN: le suspect de Collobrières a échappé à la prison la semaine dernière
    Le suspect interpellé ce dimanche soir pour le meurtre des deux gendarmes de Collobrières serait Abdallah Boumezaar.Comme évoqué plus tôt ce lundi, cet homme né en 1982, décrit comme un colosse rasé de 1,80 mètre et pesant 90 kg, est"connu des services de police". Il est même passé ce mercredi 13 juin devant le tribunal correctionnel de Toulon pour "violences commis sur un ascendant". Il s'en était pris violemment à sa mère.
    Les faits se seraient déroulés le 11 mai dernier à La Seyne-sur-mer. Cette dernière avait expliqué à la barre: "Mon fils devient fou dès qu'il boit de l'alcool." Déjà connu pour des faits de violences, il était sous le coup de l'application de la peine plancher: deux ans ferme.
    Le tribunal avait finalement écarté cette disposition et avait prononcé un peine mixte: six mois avec sursis, une mise à l'épreuve et une obligation de soins. Il avait ensuite été remis en liberté avec une interdiction de se présenter au domicile de sa mère.
    Il ne s'agit pas du seul passé judiciaire d' Abdallah Boumezaar. Orginaire de la cité Berthe, il avait aussi été condamné en 2002 à trente mois de prison ferme pour trafic de drogue. Il faisait parti d'une équipe d'une douzaine de jeunes gens de La Seyne, habitués de la revente de résine et de pollen de cannabis.
  • Florence
    Quant à la seconde femme gendarme, elle a peut-être fui car si elle avait tiré, elle aurait été accusée de bavure.
    Dans ce pays, pour avoir raison, il suffit juste de se faire voler, violer, tuer gentiment.
    Celui qui se rebiffe a tort, sur tout la ligne tout le temps. 
  • Robert Marchenoir
    Il ne faut pas exagérer. Certes, la hiérarchie et la justice sont très réticents face à la légitime défense, mais là, d'après ce qu'on sait de l'affaire, elle n'aurait fait aucun doute.
    Le deuxième gendarme a raté trois occasions de dégainer (et éventuellement de faire feu) :
    - Quand le malfaiteur a assommé son collègue à coups de pieds (ce qui est déjà une tentative de meurtre).
    - Quand il a tenté de se saisir de son arme (je ne sais pas quelles sont les instructions en France, mais aux Etats-Unis, si vous touchez l'arme d'un policier, vous êtes virtuellement mort ; c'est le bon sens même).
    - Quand il a réussi à la sortir de son étui et qu'il a visé sa collègue inanimée avec.
    Bien sûr, personne ne va le dire parce que la mollesse généralisée de la société rend une telle remarque inconvenante, mais les responsables de ces meurtres sont dans l'ordre :
    - Le meurtrier.
    - Les pouvoirs publics qui ont décidé d'admettre des femmes dans la gendarmerie (et d'ouvrir les portes à l'immigration de masse).
    - Le deuxième gendarme, qui s'est enfui au lieu de défendre la vie de son collègue et la sienne propre, ce qu'il avait très probablement la possibilité de faire en tuant l'agresseur.
    Soyez tranquille qu'il y aura un bel "hommage de la nation" avec de beaux drapeaux sur ces cercueils, et que cela empêchera opportunément d'ouvrir ce débat vraiment "dérangeant", pour le coup.
  • FlorenceRéduire
    Je suis d'accord avec vous sur le fait que si les gendarmes avaient été des hommes, les faits ne se seraient probablement pas été les mêmes.
    Je suis d'accord que la parité, l'égalité hommes:femmes à tout prix est une énorme connerie. Du reste, on constate dans les prisons que les hommes et les femmes ne sont pas en proportions égales.
    Notez dans un des mes commentaires que l'homme a échappé il y a tout juste quelques semaines à une peine plancher de 2 ans ferme. Le juge y a renoncé.
    Cela non plus ne fera pas débat, on pleurera les victimes et puis c'est tout.

jeudi, juin 14, 2012

Invitus invitam dimisit

Stéphane Denis nous rappelle que, dans la littérature classique, il y a tout, y compris Hollande-Titus et Trierweiller-Bérénice. Sauf, bien entendu, des familles homoparentales polygames zoophiles recomposées.

Elisabeth Lévy insiste sur la distance très courte entre femme de caractère et emmerdeuse de compétition.

Ma contribution sera musicale :

Montebourg moi le mou

Cabinet Montebourg : sur 15 personnes, 3 ont une réelle expérience du privé. Le redressement productif, on y croit un peu plus chaque jour.

Une vision géopolitique trompeuse

Les journalistes sont des cons. Individuellement, il peut y avoir de brillantes exceptions, mais collectivement, il n'y a aucun doute. Il n'y a pas plus efficace usine à conneries qu'une rédaction, à part une salle des profs.

En matière économico-sociale, on rit. Mais en géopolitique, on pleure.

Et comme les polytocards qui nous dirigent se soumettent aux journalistes, on recommence toujours les mêmes conneries.

Rien ne correspond moins au seul schéma que connaissent les journalistes, les bons contre les méchants, que la politique étrangère. D'où la facilité avec laquelle la presse est manipulée et intoxiquée sur ces sujets. Et aucune claque ne sert jamais de leçon : les journalistes sont trop vaniteux et trop superficiels pour apprendre de leurs erreurs. Les politiciens étrangers savent profiter de cette crédulité. De faux massacre en faux massacre, ce sont toujours les mêmes grosses ficelles, et ces couillons de journalistes qui se prennent pour des baroudeurs courent.

Thomas Friedman raconte comment, dans les années 80, les milices druzes coupaient la tête des cadavres puis invitaient les journalistes à constater la barbarie de leurs adversaires qui décapitaient de pauvres innocents. C'était, paraît-il, du plus bel effet médiatique.

Rappelons quelques vérités cruelles pour prendre un peu de distance avec les foutaises médiatiques :

> une dictature peut être moralement condamnable (pas toujours : il arrive qu'elle soit le meilleur garant de la paix) mais politiquement utile.

> on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne. Une situation existante a toujours de mauvais cotés, mais est-on assuré, si on la bouscule, que la suite sera meilleure ?

> pour les gens intelligents, en politique étrangère, les arguments moraux ne sont que des prétextes pour avancer ses intérêts. Il faut toujours chercher derrière les élans du coeur les calculs de la raison. Quand une ONG fait un rapport scandalisé, ma première question est : par qui est-elle financée ? Quels sont ses intérêts ? Qui la manipule et la fait mousser ?

> c'est une des faiblesses de la démocratie qu'on tienne compte sur ces sujets de l'opinion de gens qui n'y comprennent rien.

> tout cela n'empêche pas qu'on use quelquefois de valeurs morales pour juger une politique, mais avec la plus grande circonspection. Au contraire, toute prudence oubliée, le jugement moral est utilisé en permanence en politique étrangère, on en fait des tonnes, parce que c'est tout ce que peuvent comprendront les imbéciles : les bons contre les méchants.

Récemment, il y a eu la Libye. Et, comme si on n'avait pas fait assez de conneries comme cela, voilà qu'on nous remet le couvert avec la Syrie.

Dans la grande lutte entre chiites et sunnites, je comprends bien l'intérêt de certains pays, y compris, peut-être, les Etats-Unis à dessouder Assad. Mais, l'intérêt des pays européens, en particulier la France et la Grande-Bretagne, je le vois dans le statu quo.

Finalement, j'en viens à me demander si la monarchie (la vraie, pas à l'anglaise), avec ses amateurs éclairés qui n'avaient pas besoin de se faire élire, n'était pas mieux, pour la politique étrangère, que notre système actuel.

mercredi, juin 13, 2012

Obama, Hollande, les nouveaux fascistes ?

Socialist or Fascist ?

Excellent article de Thomas Sowell comme d'habitude.

Ils ne sont pas opposés à la propriété privée.

Mais ils se méfient tellement des capitalistes qu'ils les entourent de contraintes paralysantes qui, de fait, font perdre leur liberté aux capitaines d'industrie.

Le résultat est que les capitalistes prennent le blâme quand cela échoue et les hommes de l'Etat prennent les louanges quand cela fonctionne.

Qui sont-ils ? Ce sont les fascistes.

Mais cela peut aussi être Barack Obama et François Hollande.

Vous méditerez Raymond Aron :


« Il me semble que les cinq éléments principaux sont les suivants :
  1. Le phénomène totalitaire intervient dans un régime qui accorde à un parti le monopole de l'activité politique.
  2. Le parti monopolistique est animé ou armé d'une idéologie à laquelle il confère une autorité absolue et qui, par suite, devient la vérité officielle de l'État.
  1. Pour répandre cette vérité officielle, l'État se réserve à son tour un double monopole, le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion. L'ensemble des moyens de communication, radio, télévision, presse, est dirigé, commandé par l'État et ceux qui le représentent.
  2. La plupart des activités économiques et professionnelles sont soumises à l'État et deviennent, d'une certaine façon, partie de l'État lui-même. Comme l'État est inséparable de son idéologie, la plupart des activités économiques et professionnelles sont colorées par la vérité officielle.
  3. Tout étant désormais activité d'État et toute activité étant soumise à l'idéologie, une faute commise dans une activité économique ou professionnelle est simultanément une faute idéologique. D'où, au point d'arrivée, une politisation, une transfiguration idéologique de toutes les fautes possibles des individus et, en conclusion, une terreur à la fois policière et idéologique. (…) Le phénomène est parfait lorsque tous ces éléments sont réunis et pleinement accomplis. »

Tous les éléments du totalitarisme ne sont pas encore présents, mais on s'en approche petit à petit.

Pour en finir avec l'affaire Tweetweiler

Que Hollande fasse taire sa compagne !

L'affaire Trierweiler est risible et lamentable

Mon dernier mot à moi : les socialistes ont mené une campagne acharnée contre Nicolas Sarkozy sur le thème des valeurs et du comportement. Or, Valérie Trierweiler est une adulte responsable, on peut donc juger que le célèbre tweet témoigne d'une sale mentalité, de valeurs vicieuses et d'un comportement critiquable. Je pense que le coté «famille moderne» joue beaucoup dans cette immoralité.

Le plus grave : si François Hollande n'a aucune autorité sur ... sa quoi ? Compagne ? Concubine ? Petite amie ? Maitresse ?, comment peut-il en avoir pour le reste, c'est-à-dire, sur nous ?


mardi, juin 12, 2012

Chroniques de la Cour Normale : rien ne sert de pleurer sur le tweet renversé

Ce matin, Sa Majesté Normale était fort contrariée. Sa séance de flagellation par Son Altesse Normale ne lui avait pas procuré le plaisir attendu. Elle se mit au travail en bougonnant.

Entourée de son cercle intime des trente plus proches conseillers, Sa Majesté Normale était sur le point de prendre une décision. On le sentait à son air encore plus lunaire que d'habitude. Vous imaginez la fébrilité qui régnait dans l'entourage devant cette situation inhabituelle. On attendait une sorte d'oracle.

On se murmurait des pronostics, on s'échangeait des supputations, on glissait dans la conversation, mine rien, des hypothèses. Mais on prenait garde de ne point trop le faire sentir à Sa Majesté Normale de peur qu'un souffle n'interrompe ce processus rare et fragile, quasi-miraculeux : Sa Majesté Normale décide.

L'effervescence est montée toute la matinée. Au déjeuner, pris dans l'intimité de ses cinquante serviteurs et de son Altesse Normale la Première Concubine, Sa Majesté Normale demeura étrangement silencieuse, ne distillant aucun de Ses bons mots et de Ses traits d'humour qu'on se répète à la Cour Normale comme autant de paroles historiques. Sa Majesté Normale méditait.

Au Palais, ce n'était plus un secret pour personne, même le commis aux cuisines en était conscient, Sa Majesté Normale murissait une décision. Ainsi finit le déjeuner : dans un silence que l'attente tendait.

Le travail repris l'après-midi. L'annonce était imminente.

Puis, soudain, la catastrophe survint. Le Premier Ministre, le marquis Jean-Marc des Seychelles, en visite au Palais, entra dans le bureau Normal avec sa mine des mauvais jours :

«PM : _ Sire, je viens d'apprendre une bien fâcheuse nouvelle.

SMN : _ L'impératrice Angela refuse de payer ?

PM : _ Pire, Sire. Son Altesse Normale la Première Concubine ...

SMN : _ Dites, enfin ! Ne me faites pas languir !

PM : _ Voilà : Son Altesse Normale la Première Concubine a posté un tweet assassin pour la Mère Normale des Enfants Normaux.»

Que s'était-il passé ? Son Altesse Normale la Première Concubine se rongeait les sangs de n'avoir pas procuré à Sa Majesté Normale le plaisir attendu. Croyant bien faire, Elle se dit qu'un petit coup de fouet, par Twitter interposé, serait de nature à réveiller les vigueurs endormies de Sa Majesté Normale. «Et comme ça, il saura qui c'est le chef !» lança-t-elle à ses dames d'atour. Elle ne mesura pas bien les conséquences.

Effondrée à l'annonce de ce cataclysme, Sa Majesté Normale, après un moment d'hébétude, passa des heures au téléphone avec Laurent, Martine, Ségolène, Jean-François pour essayer de limiter les dégâts.

Ce soir, harassée, Sa Majesté Normale se retira de sombre humeur  dans Ses appartements et lâcha : «Cette affaire arrive à un bien mauvais moment. J'allais vous annoncer ma décision concernant concernant la couleur du papier de la chambre Présidentielle Normale».

Tout est normal au pays du relativisme

Je sais, c'est de l'affreux copiage, mais je résiste pas à vous recopier l'excellent billet d'Amiral Woland à propos du dérapage tweetesque de la Première Concubine.

Tout est normal au pays du relativisme

Dieu que c’est amusant.
Reprenons depuis le début comme pourrait le dire DSK à une fille de petite vertu qui aurait raté une étape après avoir déroulé pendant plus de deux heures un fantasme particulièrement original d’icelui.
On met au pouvoir un président « normal », type qui a fait une ribambelle de mômes à une première femme et qui désormais vit à la colle avec une autre sans jamais s’être marié. Déjà, faudra me dire en quoi cette situation est « normale ». Ce qui est normal c’est de se marier puis d’avoir des enfants. Tout le reste revient à convoler en juste noces avec une chèvre au pays de la compagnie des lapins bleus.
Ensuite, le président « normal » a apparemment un goût très prononcé pour les bonnes femmes qui écrasent leurs mégots de clopes sur ses roustons avec le talon de leur escarpin. Pas franchement « normal » non plus sauf si on passe trop de temps sur internet pour des « recherches scientifiques » bien entendu.

Ensuite toujours, la maîtresse en place crache sur le décorum nécessaire à la fonction de son concubin. On est dans le presque anormal là non ? Parce que moi j’ai bien suivi hein, et on m’a expliqué en long en large et en travers (le titre du prochain film porno de Virginie Despentes ?) que Sarkozy avait laissé la fonction dégradée comme Justine dans la forêt de Bondy.
Et maintenant, la favorite du moment s’immisce dans une campagne électorale pour aller à l’encontre de la ligne prônée par le parti du président auto-proclamé des bisous pour le simple plaisir de poursuivre de son ire l’ex qui ne lui a pourtant rien demandé a priori et sans doute pas de se faire cocufier dans les coins. Si ça c’est encore normal je veux bien manger mon tricorne assaisonné à l’harissa.
Vous allez me dire qu’on s’en tape, et en surface c’est parfaitement exact. Cependant, je reste persuadé que morale privée et morale publique sont intimement liées, que les gens qui se comportent comme des fifrelins ne valent pas plus et que tout ce petit monde abject serait avantageusement remplacé par des koalas myxomateux qui au moins me voleraient moins de mes sous durement gagnés pour subvenir aux besoins et aux plaisirs de ma famille.

La vengeance d'une blonde


Tweet tout à fait incongru, et mesquin, de Valérie Trierweiller.

Cela prouve deux choses dont on se doutait déjà :

> la position ambigue de la Première Concubine est intenable. Elle n'est rien, juridiquement et politiquement, et ne sait pas s'y résigner. Elle ne veut pas "faire la potiche", il y a là une vanité tout à fait déplacée. Anormale, pour tout dire.

> visiblement, le "couple élu" a du mal à s'adapter à la dignité de la fonction. N'était-ce pas, précisément, le reproche fait à Nicolas Sarkozy ? On attend avec impatience le titre vengeur de Libé, l'éditorial assassin de JFK, la mine courroucée de Joffrin.

Bien sûr, si François Hollande avait des couilles, cela se réglerait par une bonne engueulade et on passerait à autre chose. Mais, vous savez comment il est : il change de femme, mais c'est toujours elle qui porte la culotte.

Quand je vous le dis, qu'elle ressemble à Hélène de Portes.

En attendant, François, il est bien content : il a le bouton de l'arme atomique pour lui tout seul.

Le président «normal» et le sapeur Camember

Le président «normal» et le sapeur Camember

lundi, juin 11, 2012

L'histoire se répète ?

Dans le Point de cette semaine, des chroniqueurs font le parallèle entre 1940 et 2012. J'éprouve la même angoisse. Comparaison n'est pas raison, mais on peut s'efforcer d'apprendre, de ne pas répéter toujours les mêmes erreurs.

Bien sûr, nous n'avons pas, heureusement, un ennemi extérieur du type Hitler, mais notre état intérieur est étrangement similaire :

> des institutions inefficaces et paralysées. La constitution de Vème était faite pour éviter cela en assommant les partis et en instituant un exécutif fort. C'était doublement insupportable pour les hommes d'appareils, privés des poisons et délices des jeux de partis, qui sont leur drogue. Ils ont patiemment défait cette constitution. Le faux gaulliste mais vrai apparatchik Jacques Chirac a posé le dernier clou du cercueil, le quinquennat.

C'est ainsi, couronnement de ce crime, que François Hollande, un magouilleur de bas étage, un manoeuvrier de partis, un assidu des couloirs, a été élu.

> un personne politique infâme. On ignore ce qui l'emporte : la bassesse, la médiocrité ou la cupidité ?

> une presse qui ne provoque que deux sentiments : la honte et la colère. Encore que la presse de 1940, elle, écrivait en français, et non pas en franglish avec fautes d'orthographe et de syntaxe toutes les trois lignes.

> des Français qui se réfugient dans des débats dérisoires pour éviter d'affronter l'essentiel. Hier, sauver la «la petite Finlande». Aujourd'hui, la tranche d'impôts à 75 %. Hier, pour éviter la seule vraie question, comment attaquer l'Allemagne ? Aujourd'hui, pour ne pas débattre de l'unique problème : comment baisser les dépenses publiques ?

> des Français qui plongent la tête la première dans les futilités mais n'arrivent à dissimuler leur malaise.

> comme en 1940, une poignée de fous isolés tentent de faire entendre leur poignante inquiétude, leurs analyses et leurs solutions. Sans succès.


dimanche, juin 10, 2012

Le biais gauchiste de la presse (2)

Titre des Echos :

La gauche en tête à l’issue du premier tour des législatives

Dans le texte de l'article :

Selon les premiers sondages, la gauche obtiendrait 46,3 % des voix au niveau national, la droite atteindrait 37,4 %, le Front national 13,7 %.

On peut considérer que le Front National n'est ni de droite ni de gauche, ou un peu des deux. Mais, dans ce cas, il faut être cohérent et ne pas le baptiser extrême-droite.

Le texte de l'article des Echos appelle donc l'un des titres suivants :

La gauche minoritaire à l’issue du premier tour des législatives

La droite majoritaire mais divisée

Soit le contraire de ce qui est écrit. C'est à se demander si les journalistes ont un cerveau.



samedi, juin 09, 2012

Zemmour : timbrage politiquement correct de Baldelli

Timbrer une chaudière : faire monter la pression au-delà de la normale afin de vérifier les marges de sécurité.

La décision de virer ou non Eric Zemmour de RTL que prendra Christophe Baldelli cette semaine est une expérience de timbrage politiquement correct qui a le mérite de la pureté. RTL peut-elle résister à la pression politiquement correcte du parisianisme bobo ?

En effet, le politiquement correct est la seule raison de virer Zemmour. Car il fait de l'audience, a le soutien des auditeurs, a du style et n'est pas vulgaire. Dans un pays libre, une radio commerciale n'aurait aucune raison de le virer.

D'ailleurs,  RTL serait implantée au fin fond de l'Auvergne, loin des miasmes méphitiques de l'atmosphère parisienne, la question ne se poserait même pas.

Bref, la pression politiquement correcte est-elle suffisamment puissante pour faire aller un dirigeant contre l'intérêt de son entreprise ?

Pour ma part, je pense que oui. Et c'est terrifiant. Réponse prochainement.

vendredi, juin 08, 2012

J'ai peur d'une UE sans UK


J'ai des tendances anglophobes, mais je suis terrifié à l'idée d'une Union Européenne sans Grande-Bretagne. C'est la porte ouverte au technocratisme et à l'étatisme débridés. La tradition libérale des Britanniques nous protégeait des pires errements étatistes.

Nous risquons de nous retrouver avec des grands pays qui ont tous eu à un moment ou un autre de leur histoire un culte pathologique de l'Etat et qui ont une tradition de liberté sous surveillance.

Le biais gauchiste de la presse

Le biais gauchiste est d'autant plus efficace qu'il est subtil. Dans un roman de Volkoff, l'agent d'influence demande juste à l'auteur d'un livre sur les goulags de remplacer "léniniste" par "stalinien", parce que mettre en cause Staline est moins problématique que d'accuser Lénine, fondateur du bolchevisme.

Les Echos d'aujourd'hui titre : «Europe : la contre-attaque de Merkel face à Paris». Ce titre est déséquilibré . On avait le choix entre «Europe : la contre-attaque de Berlin face à Paris» et «Europe : la contre-attaque de Merkel face à Hollande».

Mais le tire choisi «Europe : la contre-attaque de Merkel face à Paris» laisse entendre que Merkel serait isolé alors que Hollande ne le serait pas. De plus, il évite de mettre Hollande et ses forfanteries en première ligne.

C'est un biais de rien du tout, insigifiant. Mais des milliers de ces micro-biais, répétés mille fois par jour, pendant des décennies, sont plus efficaces que tous les discours de propagande.


Modération de blog : le choix de l'arbitraire


Philippe Bilger a fait le choix de l'absence de censure (à part sur le vocabulaire, où il est quelquefois un peu bégueule).

Je pense que cette décision est mortelle pour un blog : de même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les mauvais commentateurs chassent les bons. Rien de tel qu'une suite de commentaires interminables, insultants, verbeux, narcissiques ou idiots -quand ils ne sont pas tout cela à la fois- pour décourager les bonnes volontés qui voudraient débattre loyalement et de bonne foi.

Or, un blog bien géré s'enrichit de ses commentateurs.

Après avoir tergiversé, j'ai choisi de censurer de  manière arbitraire. Mais arbitraire ne signifie pas sans raison. Simplement, je ne peux pas définir de critères a priori.

Je pourrais censurer toutes les insultes, mais il en est qui sont comiques ou qui, par contraste, mettent en valeur les autres commentateurs. J'ai tendance à montrer de l'impatience vis-à-vis des commentaires trop longs mais il y en a d'excellents. Je laisse passer des commentaires que je trouve franchement idiots mais qui me paraissent résulter d'une honnête réflexion.

Finalement, je marque le plus d'hostilité aux commentaires rédigés en petit-nègre.

Je pratique deux niveaux de censure :

> soit je juge le commentateur irrécupérable et je l'exclus définitivement sans explication.

> soit j'avertis le commentateur des raisons pour lesquelles je l'ai censuré et je lui donne une ou deux chances avant de l'exclure.

L'expérience montre que le commentateur honnête fait un effort. Personne n'aime voir ses commentaires jetés à la poubelle.

Comment justifiai-je cet arbitraire ?

1) Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

2) C'est une politesse vis-à-vis des commentateurs que j'estime : je dois leur laisser espace de discussion aussi propre que possible, libres de trolls et de malotrus.

Le méchant et le gentil

On dirait parfois, à lire les commentaires de presse et à écouter les médias, qu'il n'y a plus que les apparences et les anecdotes qui comptent. Hier, nous avions le président de "casse toi pov'con" et aujourd'hui, le "président des bisous" (voir actualité du jour) Hier le méchant, aujourd'hui le gentil. Et pour qui nous prennent-ils? Jusqu'où va-t-on aller dans l'infantilisation et la semi débilité ? [Les journalistes auraient tort de se gêner : ils ont monté une baraque gigantesque et une majorité d'imbéciles est tombée dans le panneau. Si la campagne présidentielle de 2012 a prouvé quelque chose, c'est que prendre les gens pour des cons, les bourrer de fadaises sans queue ni tête, permet d'être élu.]

La seule chose qui compte c'est de savoir qu'elle sera la politique de l'emploi, de lutte contre la dette et les déficits, de réduction de l'insécurité et de maîtrise de l'immigration, la place de la France dans le monde. C'est tout ce qui importe. Le reste, on s'en fout parce que nous sommes un peuple intelligent. D'ailleurs, bien souvent "qui veut faire l'ange fait la bête" disait Pascal. J'use et j'abuse de cette citation, je sais, mais elle est si vraie...  Comme j'aimerais que les Français réagissent dans les urnes, surtout pas en votant aux extrêmes ni en s'abstenant, mais en lançant un petit message clair et net, bien senti, inattendu, surprise du peuple,  signifiant: on est pas dupe et on vous tient à l'oeil... [Aucune chance : l'UMP est trop conne.]

Maxime TANDONNET

La même chose en images (vous apprécierez la conclusion !) :

jeudi, juin 07, 2012

La première Bobo de France

Ca tape dur mais juste.

Le premier drame de France

François Hollande, politicard normal

Dans Causeur, à propos de l'Afghanistan :

Sans doute celui qui faisait croire qu’il allait imposer un nouveau rapport de force à Angela Merkel et annoncer à ses alliés un changement dans l’engagement militaire français en Afghanistan a découvert l’écart entre l’omnipotence de la parole et les contraintes du réel. N’empêche, ses derniers gestes diplomatiques démontrent que seul compte le message adressé à sa base électorale. Elle qui voit dans l’action extérieure de la France autant de missions inutiles que de pertes superflues.


Ce tour de passe-passe qui confine à la politique-spectacle, si vivement critiquée au cours de la présidence précédente, est symptomatique du double langage de Hollande. Sa méthode consiste à envoyer des messages ambigus de façon à ne jamais dire la vérité sans pour autant mentir formellement. Tiraillé entre une opinion publique hostile au conflit afghan et les engagements de la France vis-à-vis de ses alliés, Hollande a choisi une des « synthèses » dont il a le secret depuis ses années à Solferino. En n’ayant jamais montré qu’un visage lisse, sans clarifier aucune de ses positions, il ne peut être pris en défaut que par ceux qui ne lui ont pas accordé leur confiance. C’est une arme politique redoutable que ce style présidentiel… jusqu’au moment où, à force d’essayer de contenter les uns et les autres, Hollande finira par décevoir tout le monde.


Guy Sorman aussi découvre le hollandisme :


En augmentant le SMIC , Hollande réduit les chances des jeunes les moins qualifiés de trouver un emploi; il dissuade aussi les PME de recruter. En restaurant la retraite à 60 ans, il accroît les charges sociales sur les entreprises et réduit leurs perspectives de croissance , voire de survie.


Mais les chômeurs votent peu , les patrons penchent à droite tandis que les bénéficiaires de ces mesures un peu démagogiques et totalement anti- économiques, remercieront le gouvernment pour ces petits cadeaux qui déplacent des voix.


Il est normal qu'un politicien fasse de l'électoralisme, mais je crains qu'il sache faire que cela. C'est en tout cas la seule chose qu'il a faite jusqu'à maintenant. Se découvre-t-on des talents d'homme d'Etat à 57 ans ?





Lenglet sur les retraites

Comme d"'habitude, François Lenglet est limpide.

A défaut de passer à la retraite par capitalisation, qui est de loin le meilleur système (je rappelle aux utopistes qu'il n'il n'y a pas de système parfait), on pourrait passer à la retraite par points, qui s'en rapproche dans l'esprit, même s'il garde beaucoup des inconvénients du système actuel, puisque la retraite par points reste un système par répartition.

Lenglet sur les retraites

Rien de tel qu'un Anglais (2)

Décidément, j'aime bien Peter Hitchens :

What is so Good about Democracy? What’s wrong with ‘Libertarianism’? And who has the right to review what? Sur les conseils lumineux de certain d'entre vous, je lis Bochenski.

mercredi, juin 06, 2012

La Grande Armée (G. Blond)


Je trouve que George Blond Ècrit plaisamment.

Il ne cache rien des turpitudes de la Grande Armée, les viols, les pillages, les désertions, la conscription, la corruption de l'intendance, le manque de moyens des services de santé, l'avidité des maréchaux.

Mais dans l'ensemble, on ne peut qu'être admiratif des exploits de ces hommes.

L'Empereur savait galvaniser ses soldats. Il Ètait l'objet d'un véritable culte.

La guerre était encore considérée, au moins en partie, comme une noble activité. Le basculement de la guerre des rois à la guerre des peuples, qui atteindra son paroxysme en 1914, et les progrès techniques finiront par totalement discréditer l'idéal guerrier, mais du temps de Napoléon, nous ne sommes encore qu'au début cette évolution. L'Empereur y aura d'ailleurs contribué par la saignée qu'il fit subir à l'Europe.

Son génie guerrier, est-il besoin d'en parler ? Austerlitz est un chef d'oeuvre d'intelligence : il a compté que l'ennemi allait l'imiter. A Friedland, il saisit en quelques minutes la situation. A cinq heures du soir, il ordonne l'attaque contre l'avis des maréchaux qui veulent reporter au lendemain. «On ne surprend pas l'ennemi deux fois en pareille faute». Trois heures plus tard,la campagne est finie sur une victoire écrasante.

Mais pensons d'abord aux soldats : s'affrontaient lors de ses batailles sur un ou deux jours plusieurs dizaines de milliers d'hommes. Les conditions étaient dantesques ; le bruit, la fumée, le sang. Et pourtant, il restait toujours un carré pour faire face et charger.

Rendons nous bien compte que la Grande Armée de 1812 est allée plus vite à Moscou que la Wehrmacht motorisée (partiellement) de 1941. Même les Marie-Louise de la terrible campagne de France de 1814 surprennent. Au Chemin des Dames (déjà), ils attaquent et l'ennemi recule.

Mais le plus grand hommage va à Larrey et à Percy, les chirurgiens de la Grande Armée. En pleine bataille de Waterloo, Wellington repère Larrey s'activant dans un secteur, il se penche vers son adjoint «Qui est-ce ?» : «M. Larrey, Milord». Il ordonne de suspendre le tir des canons momentanément dans ce coin : la réputation de Larrey était telle que ses ennemis le connaissaient et le respectaient.

La technique la plus courante était l'amputation. Sur un général, Larrey a pratiqué une amputation de la cuisse en deux minutes ! Ce n'est pas seulement une question d'exploit gratuit : plus l'opération était rapide, plus le choc opératoire était faible.

Terminons sur une anecdote. Sur ses vieux jours, le maréchal Lefebvre (l'époux de «Mme Sans-Gêne») reçoit un importun qui lui reproche son hotel particulier. Surement encore un qui devait dire : «Je l'avoue, je n'aime pas les riches». Lefebvre lui propose le marché suivant : «Je vous vends cet hotel au prix coutant : je vous tire soixante fois dessus et, si vous êtes encore vivant, cet hotel est à vous». Le fâcheux déguerpit sans demander son reste.



On est foutus !

«On est foutus !» C'est que m'a dit un collègue en apprenant qu'il y a dix enseignants sur trente-quatre ministres.


Elargissons. La solution de nos problèmes est limpide : responsabilité, liberté, patriotisme, courage (exemple : Australie, Nouvelle-Zélande). Je vous parle morale parce que nos problèmes sont d'abord moraux (et, à force de morale viciée, ils sont devenus intellectuels).

Cette solution fut à peine proposée aux électeurs aux dernières élections, on la trouvait à l'état de traces chez M. Le Pen et N. Sarkozy. De toute façon, les électeurs ont voté pour celui dont l'unique programme était justement l'opposition à cette solution.

Alors, il n'y a pas de raison de s'étonner des conséquences (par exemple, trente et quelques ministres ayant fait toute leur carrière au chaud dans une administration) qui découlent logiquement de ce refus.

Le diagnostic est juste : on est foutus. Certes. Mais on l'a bien cherché.

Il n'y a que deux problèmes fédéraux en Europe : l'euthanasie de l'Euro et la faillite des banques pourries


Il n'y a que deux problèmes fédéraux en Europe : l'euthanasie de l'Euro et la faillite des banques pourries (il y en a bien un troisième : comment détruire la technocratie bruxelloise, mais ça sera pour un autre jour).

L'Euro est le produit d'une idéologie. Il est condamné. Plus tôt il sera tué, mieux cela sera. Hélas, comme nous ne sommes pas gouvernés par des sages mais par des incompétents, l'agonie va très longue et très douloureuse. Inutile d'y revenir, j'en ai déjà parlé ailleurs.

L'autre problème, ce sont les banques pourries imbriquées. Soutenir à bout de bras des banques pourries, c'est mortel pour l'économie (voir le Japon).

Il y a une solution simplissime : déclarer ses banques pourries en faillite. Forcer une conversion des dettes en capital. «Tu as prêté X milliards à Tartempion Bank. Pas de chance, tu ne les reverras pas. En revanche, on te donne Y actions de la Tartempion Bank. Certes, elles ne valent rien aujourd'hui, mais un jour ...  Sait-on jamais ?»

Les actionnaires et les créanciers de la Tartempion Bank sont lessivés. Et alors ? C'est la différence entre le capitalisme de connivence et le capitalisme authentiquement libéral : dans le vrai capitalisme, la responsabilité existe. Quand on gère mal ou qu'on prête à un con, on ne revoit pas ses sous.

Aujourd'hui, les Etats ne sauvent pas les banques. Ils sauvent les banquiers, qui ne le méritent pas.

Les banquiers, à coups de connivences puantes (exemple caricaturale : Mathieu Pigasse, banquier propriétaire de journaux est un ex-haut fonctionnaire) ont réussi à bourrer le mou aux dirigeants plus ou moins consentants. On nous agite sous le nez le risque systémique en cas de faillites des banques. On oublie le coût, terrifiant, de soutenir des banques mal gérées.

Que ce soit l'exemple des petites banques aux USA ou l'exemple de l'Islande, on a des précédents qui nous montrent que des faillites bien menées ne sont pas la fin du monde.

Si l'explosion de l'Euro et la mise en faillite des banques avaient lieu, tout ne refleurirait pas, mais nous aurions de nouveau les moyens de notre souveraineté et de notre responsabilité.





lundi, juin 04, 2012

Rien de tel qu'un Anglais

Rien de tel qu'un Anglais pour être réellement conservateur.

Le Français, endoctriné dès le plus jeune âge par le progressisme, aura toujours un peu honte, ne sera jamais conservateur à fond (je sens chez certains d'entre vous un fâcheux déviationnisme progressiste que je compte rééduquer derechef).

Loss and Gain, Past and Present, and who talked of a Golden Age?

dimanche, juin 03, 2012

La France coupée en deux


Les élections qui viennent d'avoir lieu ont montré une France coupée en deux comme jamais :

> La France des bobos et la France des prolos

> la France des masters et la France des BTS

> la France des villes et des banlieues et la France de la grande périphérie et des campagnes

> la France des cosmopolites apatrides et la France de souche

> la France des protégés et la France des tondus

Le problème, c'est que toutes ces fractures s'unissent et rejoignent la fracture gauche-droite, ce n'est plus une fracture mais un fossé. D'où une guerre politique inexpiable, qui se terminera probablement en guerre civile.

Un vigoureux discours pour la sécurité sociale

Un vigoureux discours pour la sécurité sociale

Bochenski : l'autorité, l'intellectuel


L’autorité

Autour de l’autorité ont jailli nombre de superstitions dangereuses. Pour comprendre leur perfidie, il faut d’abord expliquer la signification du mot autorité. On dit d’une personne qu’elle est une autorité pour une autre personne dans un certain domaine à condition que tout ce qu’elle affirme dans ce domaine (par exemple sous forme d’un enseignement ou d’une directive) soit reçu, accepté par l’auditeur. Il existe deux sortes d’autorité : l’autorité du connaisseur, du spécialiste, savamment appelée « épistémique », et l’autorité du supérieur, du chef, appelé autorité « déontique ». Dans le premier cas, quelqu’un est pour moi une autorité si, et seulement si, j’ai la conviction qu’il connaît mieux que moi la matière concernée et qu’il dit la vérité. Par exemple, Einstein est pour moi l’autorité épistémique en physique; le maître d’école est l’autorité épistémique en géographie pour les élèves de cette école, etc. En revanche, quelqu’un est pour moi une autorité déontique quand je suis convaincu que je ne peux pas atteindre mon but autrement qu’en obéissant à ses ordres. Un patron est l’autorité déontique pour les ouvriers dans un garage, le commandant d’un détachement pour ses soldats, etc. L’autorité déontique se divise ensuite en autorité des sanctions – l’autorité a un autre but que moi, mais j’obéis par peur d’une punition – et autorité de solidarité – nous avons tous les deux le même but; ainsi des matelots et du capitaine du bateau en danger.

1. La première superstition concernant l’autorité est l’opinion selon laquelle l’autorité s’oppose à la raison. En réalité l’obéissance à l’autorité est souvent une position très raisonnable, en accord avec la raison. Ainsi, quand la mère dit à l’enfant qu’il existe une grande ville appelée « Varsovie », l’enfant agit très raisonnablement lorsqu’il considère ceci comme vrai. De même un pilote agit raisonnablement quand il croit le météorologue qui le renseigne qu’en ce moment, à Varsovie, on observe une haute pression et un vent de quinze nœuds – parce que le savoir de l’autorité est dans les deux cas plus grand que le savoir d’un enfant ou d’un pilote. On utilise encore l’autorité dans le domaine scientifique. Pour s’en convaincre, il suffit de remarquer les spacieuses bibliothèques que compte chaque institut scientifique. Les livres y contiennent le plus souvent les reports des résultats scientifiques obtenus par d’autres scientifiques – les dits des autorités épistémiques. Il arrive ainsi que l’obéissance à une autorité, par exemple au capitaine du bateau, soit une position tout à fait raisonnable. L’opinion selon laquelle il existe toujours et partout une opposition entre l’autorité et la raison est une superstition.

2. La deuxième superstition liée avec l’autorité consiste dans la conviction qu’il existent des autorités pour ainsi dire universelles, c’est-à-dire des gens qui sont des autorités dans tous les domaines. Ce n’est évidement pas le cas – chaque personne est au plus une autorité dans un certain domaine, parfois dans plusieurs domaines mais jamais dans tous les domaines. Einstein par exemple était sans doute une autorité dans le domaine de la physique, mais sûrement pas dans les domaines de la moralité, de la politique ou de la religion. Malheureusement, le fait d’admettre de telles autorités universelles est une superstition très répandue. Quand par exemple le cercle des professeurs universitaires signe massivement un manifeste politique, ceux-ci supposent que leurs lecteurs vont les considérer comme des autorités en politique, chose qu’ils ne sont évidement pas; on admet implicitement l’autorité universelle des scientifiques. Ces professeurs sont assurément des autorités dans le domaine de la Révolution française, de la céramique chinoise ou du calcul des probabilités, mais non dans le domaine de la politique; ils abusent de leur autorité par ce type de déclarations.

3. La troisième superstition, particulièrement périlleuse, est le mélange de l’autorité déontique (du chef) avec l’autorité épistémique (du spécialiste). Beaucoup de gens présument que celui qui a le pouvoir, et donc l’autorité déontique, devient ipso facto une autorité épistémique et peut instruire les subordonnés, par exemple sur l’astronomie. L’auteur de ces lignes a assisté une fois à un « cours » d’astronomie donné par un officier supérieur ignorant en cette matière, en face d’un détachement, où se trouvait un chasseur, docteur en astronomie. Les victimes de cette superstition deviennent parfois même des personnes éminentes, ainsi par exemple que saint Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des jésuites, dans la célèbre lettre aux pères portugais, dans laquelle il exige d’eux qu’ils « soumettent leur raison au supérieur », donc à l’autorité purement déontique.

L’intellectuel

C’est l’homme qui :

> possède une certaine éducation académique, ou quasi-académique

> n’a rien à voir avec la vie économique, et n’est en tout cas pas un ouvrier
> s’exprime publiquement, et veut paraître comme une autorité, en matière de moralité, de politique, de philosophie et sur sa vision du monde.

L’ouvrier n’est donc pas un intellectuel, même s’il est un génie, de même que le commerçant ou le professeur de l’université, aussi longtemps qu’ils se cantonnent à leurs domaines propres. Chacun d’eux peut quand même être, pour ainsi dire, coopté au cercle des intellectuels, s’il vient à s’exprimer sur les sujets mentionnés plus haut. Les intellectuels sont le plus souvent les journalistes, les gens de lettre, les artistes, mais on y trouve parfois aussi des professeurs d’université, ceux qui signent massivement les manifestes sociaux et politiques ainsi que les manifestes moraux.

La superstition concernant l’intellectuel – elle n’est pas mince – consiste dans l’opinion admise que l’intellectuel comme tel fait autorité dans le domaine de l’éthique, de la politique et de la vision du monde. C’est à cause du succès de cette superstition que les intellectuels ont joué et jouent toujours un rôle parfois décisif dans la vie des sociétés. Ils ont entre autres conduit maintes révolutions, qui – contrairement à l’idée répandue – étaient presque toujours l’œuvre non des masses populaires, mais des intellectuels. Le fait que c’est une superstition est facile à établir, puisque la croyance en l’autorité de l’intellectuel n’est fondée exactement sur rien. Ainsi, un professeur d’histoire moderne fait sûrement autorité quant à la Révolution française, mais pas en matière d’énergie atomique. Par conséquent, si un tel professeur signe, avec ses collègues spécialisés en céramique chinoise, en zoologie, ou encore en calcul de probabilités, une déclaration concernant cette énergie, il abuse de façon flagrante de son autorité, et – pire encore – il laisse croire que c’est « la science-même » qui prend la parole.

Une cause majeure de la persistance de cette superstition est le manque de confiance en leur propre bon sens du côté des simples travailleurs conjugué au prestige qui existe autour de la science, de l’art, etc., prestige injustement transféré sur les intellectuels.

Hollande, les progressistes, la foi et la superstition


Je reprends un commentaire de Curmudgeon  que j'ai un peu remis en forme (le commentaire , pas Curmu !) :

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Ces citations de Hollande me mettent mal à l'aise. Le spirituel, ou ce qu’il en subsiste, prend la forme d’un « humanisme » banal :


« Le collectif l’emporte sur l’individuel »


« le sens de l’Histoire est orienté vers le progrès de l’humanité »


« le seul culte à pratiquer doit être celui de l’humanité »


« le seul Dieu que nous devons servir, c’est celui de l’émancipation de l’individu».


Pour rendre justice à la pensée de François Hollande, il faudrait pouvoir lire tout l'article.


Je passe sur la difficulté à bien faire tenir ensemble l'idée que le collectif l'emporte sur l'individuel et l'idée que l'émancipation de l'individu serait un dieu. Mais je m'interroge sur la vision du monde que peut avoir quelqu'un qui adhère à cette conception. Est-il bien capable de saisir que des centaines de millions de nos semblables sont aux antipodes de ces vues ?


Je ne voudrais pas être "méchant" (bien que, parfois, il y ait comme du plaisir et, qui sait, de la vertu à l'être), reste que, au moins à en juger par ces bribes, la pensée philosophique de Hollande se réduit à un triste porridge, le genre de bouillie qu'on sert dans les "planches" des loges maçonniques. Si on pense que le monde tel qu'il est est radicalement mauvais et pourri jusqu'à la moelle, alors ça donne ce révolutionnarisme destructeur que nous avons bien connu, puisqu'il s'agit de tout abattre pour "régénérer" l'humanité.


Mais si on a la tête truffée des vagues sentiments chlorotiques qu'on attribue ci-dessus à notre actuel président, est-on en mesure de gouverner efficacement un grand pays ? Des songes de chaisière "laïque" y prédisposent-ils ?


J'exagère un peu. Soyons juste avec François Hollande. Il a bel et bien su définir ses ennemis. Mais ce sont : la finance, les riches. Si rêveuse que soit la chaisière, elle a ses aigreurs, on le sait.


En tout cas, si Bochenski avait connu Hollande, il l'aurait appelé superstitieux. Joseph Bochenski (1902-1995), que j'adore, et à qui je souhaite faire de la publicité, était un éminent dominicain polonais à l'esprit d'acier. Il est l'auteur d'un superbe petit traité de logique formelle, sec comme un coup de trique, d'une admirable histoire de la logique (où son érudition permet de faire une part à la logique indienne), de travaux sur le matérialisme dialectique (une niaiserie qu'il démonte avec délectation), d'un insolent Manuel de sagesse ordinaire (posthume, 2001), d'un livre d'interview étonnant. Bochenski était un provocateur bienveillant, de cette famille d'esprits secoueurs où je rangerais volontiers Milton Friedman.
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Voici ce que Bochenski pense du progressisme :

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Le Progrès


La croyance en un progrès permanent de l’humanité vers des états de plus en plus hauts, meilleurs, vers le paradis terrestre, vers « la lumière », et des réalités de ce style, est une des superstitions les plus nocives que nous ayons héritées du XIXe siècle. Elle règne encore aujourd’hui sur de grandes régions, surtout dans les pays arriérés et socialistes où le progrès est imposé par les partis communistes1. Son contenu est plus ou moins le suivant : l’homme est, par son essence, une créature progressive, c’est-à-dire que, comme espèce, il s’améliore, se perfectionne continuellement. Ce perfectionnement se manifeste dans tous les domaines. Sur le plan de la vision du monde, il passe de la superstition à la science. Dans la science, il évolue vers un savoir de plus en plus grand; en matière de technique, il maîtrise de mieux en mieux le monde. Pour la morale, il devient meilleur sans cesse. En politique, il invente les formes de gouvernement de plus en plus parfaites. Dans l’art, il crée les chef-d’œuvres de plus en plus achevés. Ce n’est que dans la religion qu’il n’y a point de progrès, car elle est une superstition que le progrès élimine de façon efficace. Et si le progrès donne de si splendides résultats, la première et la plus sainte obligation de chaque être sain est de servir ce progrès de l’humanité auquel il faut soumettre tout et tous.


Cette opinion, très répandue au XIXe siècle et encore avant la IIe guerre mondiale, est aujourd’hui rejetée par la majorité écrasante des gens éduqués dans les pays civilisés. Une meilleure connaissance des prémisses de la croyance dans le progrès, ainsi que les expériences vécues par l’humanité au cours du XXe siècle, ont démontré clairement qu’il s’agit d’une simple superstition.


Pour prendre le premier point, la croyance en un progrès qui nous vient du temps des Lumières (à une époque où elle était encore totalement sans fondement) a reçu un appui du côté de la théorie de l’évolution de Darwin ainsi que du développement des sciences modernes et de la technique. La zoologie a démontré qu’il y a un progrès permanent dans le règne animal. Cette constatation a été transposée sur le cours de l’histoire humaine. De même que les mammifères ont été un progrès par rapport aux oiseaux, l’homme moderne est un progrès par rapport à l’homme de l’Antiquité et du Moyen Âge. Mais cette transposition des catégories biologiques sur notre histoire est absolument sans fondement, ne serait-ce que parce que nous sommes ici confrontés à une période de temps très courte. Nous ne connaissons vraiment bien que trois mille ans, environ cent générations, et les cent générations ne font qu’une unité dans la mesure de l’évolution biologique. Parler de progrès dans les limites de cette seconde biologique est une superstition.


En même temps, une meilleure connaissance de l’histoire de la culture a permis de constater que le progrès est plutôt une exception en ce domaine, qu’il ne se manifeste que dans les périodes relativement courtes et seulement dans certaines composantes de la culture. Il est vrai, en effet, que nous avons eu, depuis le XVIIe siècle, un développement magnifique des sciences naturelles et de la technologie basée sur elles. Les résultats de ces dernières sont surtout imposants. Mais il n’y a pas eu dans l’histoire, pour autant qu’on sache, un progrès moral de l’humanité. Pour le dire plus précisément, on peut souvent noter un progrès dans les limites d’une période, d’une civilisation. Par exemple, le progrès dans l’Égypte antique depuis les temps de règne des Hyksos jusqu’à la XVIIIe dynastie est évident. Mais après le progrès moral vient d’habitude une régression. Pour s’en tenir à l’exemple de l’Égypte, la position de la femme dans le Nouvel Empire (XVIe – XIVe siècle av. J.-C.) fut meilleure qu’actuellement en Suisse. Or, dans la même Égypte règne aujourd’hui l’islam, selon lequel la femme, à ce qu’il paraît, n’a pas d’âme. Appeler cela un progrès serait une galéjade.


Par ailleurs, le XXe siècle a vécu des crimes sur une échelle démesurée, sous forme de meurtres massifs accomplis dans les cruels camps allemands et russes – de vrais génocides que nous n’avions pas connus en Europe depuis longtemps. Parler de progrès moral permanent de l’humanité est donc une superstition.


Il en est de même, semble-t-il, dans plusieurs autres domaines. Par exemple, il n’est pas du tout évident que les formes étatiques existant actuellement soient meilleures que celles du Moyen Âge, comme on le croit si souvent. C’est un fait qu’environ quatre cinquièmes des pays du monde sont gouvernés moins bien, par des caciques plus ou moins cruels, que ce ne fut le cas au temps des anciens pharaons ou des césars romains. On pourrait dire de même à propos de la science pure et de l’art.


Une chose est sûre : on a assisté ces derniers temps – depuis à peu près le XVIIe siècle – à un progrès considérable dans les techniques. Ainsi, on a découvert par exemple, une nouvelle méthode de la notation de la mélodie (d’où la possibilité de créer de grandes opéras, des oratorios – et tant d’autres choses – qui n’existaient pas avant). Dans la construction des bâtiments, de nouvelles techniques ont apparu (le béton), qui ont rendu possibles de nouvelles formes architecturales. Dans la logique elle-même, l’application de la technique formelle a facilité le progrès de façon considérable. Mais quand nous nous demandons si le peintre moderne, du fait qu’il dispose de meilleures techniques, est meilleur peintre que Michel-Ange, ou si Frege est un plus grand logicien que Diodoros de Cronos, la réponse est qu’on ne le sait pas. De toute façon, il n’est pas évident qu’il y ait eu – dans l’essentiel – un progrès quelconque relatif à ces choses-là.


Il en découle que l’affirmation consistant à poser un constant et général progrès de l’humanité est d’abord complètement imaginaire; et ensuite, une contradictoire avec les faits connus. Et comme il s’agit des choses appartenant au domaine de la science et à propos desquelles on veut trancher a priori, nous sommes ici en face d’une superstition typique. Il est vrai, en même temps, qu’un progrès restreint est possible aussi bien chez les individus qu’au sein des nations. Il faut donc solliciter un tel progrès. Mais la position « progressiste » décrite plus haut est une superstition.
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Que peut-on en conclure pour les socialistes de gouvernement et pour François Hollande en particulier ?

Que ce ne sont pas des sages, qu'ils n'ont pas réfléchi, que ce sont, au sens le plus profond du terme, des incultes.

Ils ont une vision du monde erronée, en contradiction avec la réalité de ce monde.

Est-ce grave ? Oui et non.

Dans les décisions quotidiennes, probablement pas.

Mais, au bout de cinq ans, 1 826 jours de décisions quotidiennes, ce vide ne peut que donner une inclination dramatique.


Zemmour en pleine forme

Je suis content parce que Zemmour est pugnace. Mais, surtout, parce qu'il prononce le mot qui est l'un des trois noeuds de tous nos problèmes : universalisme (les deux autres noeuds sont socialisme et progressisme).



Le chômage n'est pas un problème en France

Au premier ordre, le chômage n'est pas un problème en France.

En effet, il suffirait de faire voter une loi interdisant les camions et rendant les brouettes obligatoires. D'un coup, des millions d'emplois seraient créés. Ce qui manquerait, ce sont les richesses pour payer les brouetteurs, qui auraient en conséquence un salaire de misère.

Ce n'est pas le travail qui manque, mais les richesses. Comme disait Coluche, ils réclament du travail, mais de l'argent leur suffirait.

Si on se posait la question «Comment créer des richesses ?» au lieu de «Comment créer des emplois ?», les trois quarts du chômage en France disparaitraient.

Evidemment, on a porté au pouvoir un président qui a dit «Je l'avoue, je n'aime pas les riches» et il y a une légère (toute, petite, minuscule) connection entre les riches, l'espérance de devenir riche et la création de richesses. Nous ne sommes donc pas à la veille de résoudre les problèmes de chômage. Probablement n'en avons nous jamais été aussi éloignés depuis 1981.

Au second ordre, même en supposant la France inondée de richesses, nous aurions encore un chômage relativement élevé :

> l'Education Nationale, cette gueuse, cette salope, sort chaque année des centaines de milliers de jeunes sans formation ou avec un ersatz de formation qui ne vaut rien. Tout cela par idéologie. C'est le genre de choses qui donne envie de fusiller les coupables séance tenante et de pisser sur leurs cadavres.

> le marché du travail est trop rigide. Quand il est difficile de débaucher, on embauche peu. La loi des barrières à la sortie qui créent des barrières à l'entrée est une des rares lois économiques qui ne souffrent aucun contestation et ne fait l'objet d'aucune polémique entre économistes.

Sur aucun des sujets fondamentaux pour résoudre le problème du chômage (création de richesses, formation, marché du travail), les Français n'ont montré qu'ils avaient compris et qu'ils étaient prêts à des réformes.

Comme il y a deux France, on peut dire qu'une certaine France a compris et que l'autre n'a pas compris et ne veut pas comprendre. Mais le résultat, c'est que la France, somme des deux, ne bougera pas.

Sur certains points, on peut même penser que la situation s'aggrave.

Répétez en choeur après moi :

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.



samedi, juin 02, 2012

Contrôle d'identité : l'anarchisme continue

Contrôles d'identité : la grogne policière s'amplifie

Il s'agit que les policiers donnent un reçu à chaque contrôlé.

C'est de la paperasse, comme si nous n'en avions pas assez. Surtout, cela sape l'autorité des policiers.

Bien sûr, il y a sans doute des choses à perfectionner dans la police, mais cela ne me semble pas indispensable d'amoindrir son autorité.

On conclut, des propos des socialistes, que leur but est de détruire l'ordre et l'autorité dans tous les domaines : police, moeurs, école, économie. Super !

Marc de Scitivaux en pleine forme

A propos des critiques du gouvernement français vis-à-vis de la remarque de C. Lagarde sur les Grecs, Marc de Scitivaux fait trois remarques :

> comme ce sont les riches Grecs qui ne payent pas leurs impôts et les contribuables français qui bouchent le trou, on peut en conclure que le gouvernement français défend les riches Grecs contre les contribuables français.

> les socialistes croient que Sarkozy est encore au pouvoir et que Lagarde est un de ses ministres.

> les socialistes cherchent peut-être à discréditer le FMI pour le jour où les critiques du FMI viseront la France.

Bref, nous sommes vachement bien gouvernés.

Quant à la «croissance» invoquée par Hollande, Marc de Scitivaux pense comme moi : ce sont des sauts de cabris.


vendredi, juin 01, 2012

Je suis vachement intelligent. Si, si ...

On dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis. A lire ce billet de 2004, on peut penser que je suis loin d'être un imbécile !

Identité européenne ?

En 2004, j'étais de la droite libérale, voire anarchiste, cosmopolite, mondialisée. En 2012, je suis de la droite nationaliste et conservatrice, même si je suis resté libéral en économie.

Pourquoi cette conversion ?

Une cause intime : j'ai vécu pendant quelques mois dans un quartier à «forte population immigrée». Pas besoin que je m'explique plus, vous avez compris.

Une cause intellectuelle : j'ai voté Oui au référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen. Et j'ai appelé à voter Oui. Mon raisonnement était à peu près : je suis libéral, l'«Europe» est libérale, donc votons pour l'extension de l'«Europe».

Dans les discussions chaudes qui ont animé mon blog à cette époque, les nonistes ont raconté pas mal d'idioties, mais quelques arguments forts ont fait leur chemin, notamment le découplage entre l'UE et le libéralisme (car, malgré ma modération de ce blog quelquefois soupe au lait, je fais attention à ce que racontent mes contradicteurs).

Suite à l'effondrement ce mythe de «l'Europe libérale», vient naturellement l'UERSS, dont découle logiquement la notion d'oligarchie, puis de particularismes niés et de racines assassinées. Enfin, c'est l'universalisme qui meurt.

Et voilà où j'en suis aujourd'hui.

L'économie française et le Belge au marteau

Vous connaissez l'histoire du Belge avec un marteau :

_ T'es pas un peu fou, le Belge, de te taper sur la tête avec un marteau !

_ Oui, mais ça fait tellement de bien quand ça s'arrête.

Le Belge, c'est les Français et leur économie. Le marteau, c'est le socialisme, avec son cortège de misères, de corruptions, de clientélismes puants.

L'économie française a vocation à être dans les plus prospères du monde. Il suffirait que les Français cessent de se taper sur la tête avec le marteau socialiste.

A tout problème aujourd'hui, on propose une réponse collectiviste, une «intervention» étatique. Il pleut, il neige, il grêle : que fait l'Etat ?

Le socialisme est tellement envahissant en France que même un tout petit recul serait une grande libération.