samedi, mai 23, 2009

Vengeance

Les critiques sont très partagés, entre Le Monde qui n'est pas loin de crier au génie et Le Figaro qui n'est pas loin de soupirer :«un navet».

Les échos de Melville, très présents, n'en rendent ce film que plus pénible (à vouloir péter plus haut que son cul ...). A éviter.

D'ailleurs Johnny n'est pas mauvais, il est ... particulier.

Contre le Human Development Index

Against the Human Development Index

Le Human Development Index (HDI)est souvent opposé aux libéraux et aux américanophiles sur l'air du «Les Américains sont peut-être riches, mais ils ne sont pas heureux et gnagnagna et gnagnagna»

L'article que je cite démontre que le HDI mesure en fait à quel point un pays est scandinave, c'est donc normal que la Suède se retrouve en tête.

Encore faudrait-il prouver que l'idéal du bien-être est la Scandinavie !

vendredi, mai 22, 2009

L'école, les enfants, la sécurité

Tout le monde, ou presque, s'insurge contre l'idée de Xavier Darcos de fouiller les écoliers.

Ces courroucés seraient plus crédibles si ils proposaient une alternative.

Rappelons le principe d'Averroes : soignez la cause du mal, mais si le symptôme menace la vie du malade, attaquez vous d'abord au symptôme.

Comment en sommes nous arrivés là, c'est-à-dire à avoir peur de nos enfants ? C'est simple : nous les avons laissé à l'abandon, réel dans les banlieues, symbolique chez les autres (tous ces parents qui refusent de se comporter en parents, sous prétexte que c'est «ringard»).

Et comme la civilisation s'apprend, nous avons fait des sauvageons et, comble de l'hypocrisie, nous nous en étonnons, voire nous en accusons de fausses causes.

Maintenant que faire ? A situation désespérée, solution désespérée : faire la part du feu, séparer le bon gain de l'ivraie. Concrètement, cela veut dire : enfermer dans des maisons de correction les fauteurs de trouble, quitte à vider certaines écoles de la moitié de leur effectif, et être bien plus rigoureux et exigeants avec ceux qui restent.

Cette solution est douloureuse et radicale comme une amputation, mais c'est celle qu'impose la situation.

Nous n'y viendrons pas car ce serait pour les adultes reconnaitre la gravité de la situation et, par ricochet, leur responsabilité. D'ailleurs, beaucoup (la majorité ?) minimisent la gravité du problème pour ne pas avoir à affronter leur culpabilité.

Il n'est donc pas étonnant qu'en première ligne de la négation du problème on retrouve les apparatchiks syndicalistes qui ont naufragé l'EN.

Comment cela va-t-il finir ? Simple : une élite éducative, qui recoupe souvent l'élite sociale (malheur aux pauvres), sauve ses enfants, et tant pis pour les autres.

Car les autres sont prisonniers du monopole étatique. Non seulement ils sont dans la merde, mais toutes les issues de secours sont cadenassées.

jeudi, mai 21, 2009

Israël-Iran : l'intox continue ?

Le rapport Cordesman-Toukan décrit une éventuelle attaque d'Israël contre les installations nucléaires iraniennes comme très couteuse, très risquée et peu efficace.

Bien entendu, les journaux français ont sauté dessus comme un seul homme : tout ce qui peut justifier leur veulerie et pusillanimité vis-à-vis de l'Iran et leur caricature d'Israël est pain bénit.

Les journalistes français, qui sont formés à être des propagandistes et non des investigateurs, ont tout pris au premier degré.

Pour ma part, je suis très perplexe. En effet, ce rapport semble trop beau pour être vrai (d'un point de vue pacifiste).

Par exemple, le taux de perte annoncé, de 20 à 30 %, est exceptionnel dans l'histoire de l'aviation et ne correspond pas à la dissymétrie technologique entre les deux pays.

Rappelons qu'en septembre 2007, les Israeliens ont attaqué la Syrie de telle manière que l'attaque n'a été détectée qu'une fois les bombes larguées.

Je ne méconnais pas les difficultés d'une attaque aérienne israelienne contre l'Iran, mais je me permets tout de même de rappeler qu'une des bases de la tactique consiste à ne pas faire ce que l'ennemi attend. Alors, si l'attaque israelienne «risquée» est annoncée à longueur de journaux, il y a tout lieu de supposer que ça sera autre chose qui sera fait.

De plus, ce rapport a été publié en mars, son apparition dans la presse grand public grâce à Haaretz maintenant m'étonne (ce décalage temporel aurait du interpeler même des journalistes aussi incompétents que ceux du Monde, mais il n'en est pas fait mention, sans compter quelques erreurs manifestes qui montrent que le journaliste ne maîtrise pas le sujet).

Enfin, il semblait que la stratégie de retardement ne fonctionnait pas si mal. Il y a eu des défaillances des centrifugeuses iraniennes qui ont beaucoup retardé le programme (une référence matière changée sur un plan et hop, le tour est joué).

Je ne vais pas vous faire partager une science que je n'ai pas. J'ai plus de questions que de réponses.

Néanmoins, je vous invite au plus grand scepticisme sur ce sujet. On ne sait pas qui parle à qui pour lui faire croire quoi.

Et en plus, ce que racontent les medias français, c'est de la merde.

Qu'est-ce qu'une famille ? (8) Le devenir des enfants de familles dissociées

J'ai trouvé cette thèse :

Le devenir des enfants de familles dissociées

Cela confirme mon opinion sur la nocivité du divorce facile. Et encore ne parle-t-on que des enfants. Je ne suis pas sûr que les parents aillent beaucoup mieux.

Dans quinze ans, nous aurons au même genre de thèse sur les enfants élevés par des couples homosexuels et certains feront les étonnés.

Université française : nihilisme, autisme, léninisme et aboulie

Je ne reviens pas sur le fond de l'affaire du blocage des universités, j'en tire juste la conclusion qu'il y a plus con qu'un gauchiste, c'est un gauchiste universitaire.

Ce qui m'intéresse, c'est qu'on voit là la nième confirmation d'une des hypothèses de la théorie des choix publics, à savoir qu'une minorité motivée a plus de pouvoir qu'une majorité molle.

Les bloqueurs d'université n'ont jamais dépassé quelques dizaines par site, avec quelquefois l'approbation irresponsable de la direction, comme ce fut le cas à la Sorbonne.

On a assisté au déploiement de toutes les tactiques léninistes de coup d'Etat (Ah, ces AGs «démocratiques» où l'on vote à mains levées ...). Il faut dire que depuis 1917 la qualité de l'avant-garde léniniste a bien baissé : il est plus facile de prendre le pouvoir dans les facs de lettres et de sciences humaines,qui ne recrutent tout de même pas les étudiants les plus brillants et les plus motivés, qu'à Petrograd.

Le plus stupéfiant dans l'histoire, c'est que les journalistes et les politiciens les connaissent par cœur ces grosses ficelles, et pour cause puisque ce sont souvent des gauchistes plus ou moins repentis, mais au lieu de les dénoncer comme telles, ils s'en font les complices.

mercredi, mai 20, 2009

Les enfants, la violence , la télévision

Un article transmis par un commentateur attribue l'augmentation du nombre de meurtres et de tentatives de meurtres (1) à la télévision.

L'auteur, un psychologue, explique que tuer n'est pas naturel et nécessite un apprentissage, or la télévision est précisément ce professeur de meurtres (2). Rappelons qu'un enfant qui regarde la télévision régulièrement a vu, vers l'âge de quinze ans, plusieurs milliers de meurtres et de viols.

Viviane Lurçat, dans Des enfances volés par la télévision, met en avant le rôle extrêmement néfaste de la télévision dans l'éducation : troubles de concentration, uniformisation des comportements et des intérêts, affaiblissement des rapports sociaux, atrophie de l'imagination, atteinte au travail scolaire, accoutumance à la violence, etc ...

En plus de la violence, il y a aussi le sexe. Les psychanalystes font de la curiosité sexuelle le moteur de toutes les curiosités, il est donc nuisible d'être trop explicite, d'assouvir trop vite cette curiosité. C'est pourquoi trop de sexe à la télévision contribue à tuer la curiosité scolaire (avec sa lamentable obsession de l'éducation sexuelle de la crèche au doctorat, l'école se tire une balle dans le pied. Ce n'est pas la seule).

Ajoutons également que, pour les enfants comme pour les parents, la télévision aide à échapper à l'ennui. Or, l'ennui est un composant essentiel du développement intellectuel.

Pour ma part, je ne vois aucun point positif de la télévision pour les enfants. J'en ai tiré un usage simple : pas de télévision pour les enfants. Aucune, rien, nada.

Je fais deux exceptions :

> pour les DVDs, que je considère comme un cinéma déplacé à domicile, c'est-à-dire entouré d'un certain rituel, d'un choix, d'une attention.

> un peu de télévision est néanmoins permis pour des raisons tactiques : il ne faut pas que la télévision gagne l'attrait du fruit défendu. Mais si la réception est mauvaise et l'image brouillée, surtout, ne pas tenter de les améliorer (voire secouer un peu la prise pour que ça s'aggrave !).

On me dit quelquefois que priver l'enfant de télévision l'isole de ses camarades téléphages. Certes, mais cet inconvénient est absolument mineur par rapport à ceux de la télévision.

Je suis bien conscient que cette rigueur est totalement inaccessible à des parents eux-mêmes collés à longueur de journées devant leur écran plat géant pour lequel ils se sont endettés sur trente-cinq ans. Mais rien n'oblige jamais personne à partager les idioties de la foule.

Il faut dire que la chose m'est particulièrement aisée pour une raison simple : je ne supporte pas la télévision. Elle m'abrutit : c'est toujours soit trop lent, soit trop rapide. Elle est trop lente quand elle débite des informations à un rythme quatre ou cinq fois inférieur à celui que j'ai en lisant le journal tout en écoutant la radio. Elle est trop rapide quand des imbéciles causent, causent, causent en ne laissant jamais le temps de réfléchir.

De plus, de ce que j'en comprends (vous avez deviné que je ne suis pas un téléspectateur assidu !), il est rarissime qu'il s'y dise des choses intelligentes, ou simplement originales.

Enfin, une excellente raison de ne pas regarder la télévision fait passer l'interdiction sans douleur et clôt le débat : il y a toujours mieux à faire.

Je suis un peu étonné chaque fois qu'on me raconte qu'heureusement qu'il y a la télévision pour faire tenir les enfants tranquilles.

Pour les parents sans imagination, on trouve d'excellents livres d'activités pour enfants (sinon, 1kg de farine, quatre oeufs, du lait et du sucre peuvent occuper un après-midi, en comptant le nettoyage de la cuisine ravagée par le tsunami culinaire).

Vous devinez que cette position par rapport à la télévision, pour anecdotique qu'elle paraisse, véhicule en réalité des valeurs : celles qui consistent à considérer l'enfant comme un acteur de sa propre vie en développement et non comme une larve de canapé, un «couch patato» comme disent les Américains.

Calvin, de Calvin et Hobbes, excellente bande dessinée que je vous conseille, le rend très bien dans ces rapports ambigus avec la télévision : il ne demande qu'à s'abrutir avec la télévision et se plaint amèrement quand son père le met dehors pour aller jouer à l'ancienne, mais il y développe sa personnalité délirante.



(1) : pour faire une comparaison sur une longue période, il faut faire la somme tentatives de meurtres + meurtres, parce que les progrès de la médecine modifient le ratio tentatives/meurtres réussis

(2) : il explique que, pendant la seconde guerre mondiale, les Américains, toujours très pragmatiques et rationnels, on fait des études auprès des fantassins : 15 % seulement tiraient pour tuer, ce qui est catastrophique pour un militaire. Au Vietnam, ce pourcentage est passé à 90 %.

Pourquoi ? Parce que les Américains ont changé leurs méthodes d'entrainement. La première étape, très bien rendue dans Full Metal Jacket de Stanley Kubrick, consiste à banaliser la violence, à désensibiliser les soldats à la violence, en les soumettant à des violences verbales et physiques continuelles.

Or, la désensibilisation à la violence, c'est exactement ce que fait la télévision, sauf qu'au lieu de commencer à 18 ans, comme l'armée, elle commence à 18 mois.

L'American Medical Association démontre que la corrélation entre violence et télévision est plus forte qu'entre cancer et tabac ! Pourtant, on interdit le tabac, pas la télévision. C'est le conditionnement d'Orange Mécanique à l'envers.

Durant la guerre, les soldats japonais étaient obligés à assister à des sévices, après quoi on leur donnait un excellent repas : on leur apprenait à associer violence et plaisir. Regarder un film «gore» dans son sofa en sirotant sa boisson préférée, c'est exactement le même mécanisme.

La télévision insensibilise à la violence, les jeux videos apprennent à la faire, par simulation. Ils apprennent à tuer et à aimer ça.

La Californie sauvée par les Californiens ? (2)

Les Californiens ont voté comme prévu :

La Californie sauvée par les Californiens


California voters reject budget measures

La seule proposition qui est passée est celle bloquant les augmentations des parlementaires quand le budget est en déficit.

On parle déjà du licenciement de 25 000 profs, après un premier lot de 27 000, soit une réduction de 15 %.

Et les medias français ? Ni Le Monde ni Le Figaro n'en parlent. Serait-ce obscène en France, des électeurs qui refusent les déficits publics ? (ça rentre tout à fait dans l'analyse de P. Nemo que toute frange de la pensée politique, le libéralisme, ne trouve pas d'expression en France).

Suite au prochain numéro.

Pendant que j'y suis, je vous signale cet article : Soak the rich, lose the rich où l'on apprend que ce sont les Etats américains qui ont les impots les plus bas qui sont les plus prospères et, incidemment, ont les meilleurs services publics.

Ca ne surprendra pas ceux qui ont quelques notions d'économie (c'est-à-dire des étrangers).

Un mariage de rêve (Easy virtue)

Décidément la traduction en Français des titres de films étrangers est bien faible : Petite Vertu aurait été beaucoup plus approprié.




Il est agréable de voir ressusciter les studios Ealing, qui firent l'heure de gloire de l'humour anglais (Tueurs de dames, Whisky à gogo, Noblesse oblige, Passeport pour Pimlico, etc ...)

Ce film une reprise d'une pièce de Noel Coward.

Toute cette guerre entre une bru américaine et son acariâtre belle-mère anglaise tourne autour de la vertu, et qu'elle n'est pas là où elle s'affiche le plus.

Le personnage de la jeune femme est aussi attachant que celui de sa belle-mère est repoussant excellente Kristin Scott-Thomas).

Le seul reproche que je fais à ce film est qu'il manque quelquefois de férocité, ce qui génère une certaine platitude.

Mais, dans l'ensemble, c'est un agréable moment.

lundi, mai 18, 2009

Vers une guerre urbaine ?

Vers une guerre urbaine ?

Je redoute cette guerre urbaine : la guerre civile est la pire des guerres et, quand les violences commencent, on ne sait jamais quand elles s'arrêtent.

Mais il me semble que les violences sont commencées depuis longtemps et que l'autorité de la loi est depuis déjà bafouée en long, en large et en travers.

Quand le clergé de Gauche fulmine ...

Je parle dans un récent message du comportement fanatique et intolérant de l'Eglise Gauche, ne voilà-t-il pas que, par une gentille attention dont je la remercie, elle en donne un exemple flagrant.

Plenel, Hess, les excuses

Ceux qui ont lu l'ajout que j'ai fait à mon message sur les deux républiques ne peuvent qu'être frappés par la précision avec laquelle cet épisode tombe dans les méthodes d'intimidation décrites par P. Nemo.

Nota : plutôt que de s'excuser et de se coucher devant les syndicats, Hess aurait été mieux inspiré de persister : se coucher au début d'un mandat, c'est ce condamner à un mandat de carpette.

La Californie sauvée par les Californiens ?

Demain, il y a un referendum en Californie.

Je ne sais pas si vous savez, mais la Californie ressemble beaucoup à la France :

> Etat-providence ruineux

> déficits massifs depuis des décennies

> lobby fonctionnaire tout puissant (les enseignants californiens gagnent 35 % de plus que la moyenne nationale !)

> classe politique tétanisée par le lobby fonctionnaire, quand elle ne lui est pas vendue.

> le résultat de tout ça est que la Californie a une dette insupportable et qu'elle est au bord de la cessation de paiement (rappelons que c'est ce qui a amené l'élection d'A. Scharwzenegger comme gouverneur, mais que, faute d'oser entrer dans le lard de la bien-pensance démocrate, il en a été réduit aux expédients et aux artifices comptables).

Vous voyez, ça ressemble énormément à la France.

Mais il y a une différence énorme entre la France et la Californie : l'Eglise de Gauche (voir mon message précédent) n'a pas assez de pouvoir en Californie pour faire taire les hérétiques. Les idées libérales ne sont pas excommuniées.

Les associations de contribuables se sont déchainées (mais, en sens contraire, le syndicat des enseignants a dépensé 2 M$, on voit à qui profite le crime fiscal).

Il se trouve donc que, si les sondages ne se trompent pas trop, toutes les propositions ayant trait à l'augmentation des impots seront rejetées et que la seule proposition qui passera est celle qui demande la réduction du salaire des parlementaires si ils votent un budget déficitaire (un rêve de libéral français !)

C'est la panique dans la classe politique californienne, on explique par exemple au bon peuple que si il vote «niet» aux augmentations d'impot, 30 000 détenus seront libérés de prison (vieille ficelle étatsiste : plutôt que réduire les dépenses là où il y a du gras, on les réduit là où ça fait mal, pour faire passer à l'électorat le goût de l'économie).

Je suis curieux de voir comment les medias français, anti-libéraux et socialistes, rendront compte de cette poussée de libéralisme des Californiens.

Je suis prêt à parier que «populiste» et «irresponsable» reviendront souvent. De même, on aura droit au pathos larmoyant de l'émigrée mexicaine privée de services publics du fait des économies (sous-entendu, les Claliforniens sont racistes, alors ça ne compte pas qu'ils soient libéraux).

samedi, mai 16, 2009

Les deux Républiques françaises (P. Nemo)

Philippe Nemo pense que le fait que la gauche ait imposé ses vérités historiques, qui sont des mensonges staliniens, à travers l'éducation nationale et la presse est l'un des principaux, pour ne pas dire le principal, problème de la France dans le monde moderne.

La gauche à réussi à imposer l'équation «gauche=républicanisme=patriotisme», d'où il s'ensuit que «droite=fascisme= trahison». C'est pourquoi la droite est toujours sommée de prouver son républicanisme, c'est-à-dire de mener une politique de gauche (le sarkozysme est un socialisme - le national-socialisme aussi, soit dit en passant).

Nemo distingue «1789» et «1793». Contrairement à l'affirmation de Clemenceau, ces deux épisodes révolutionnaires sont non seulement disjoints, mais opposés : 1789 est libéral, individualiste, élaboré et rationnel, 1793 est totalitaire, holiste, primitif et sentimental.

Or, la gauche française est l'héritière de 1793 tandis que la France de 2009 doit bien plus à 1789. La prétention de la gauche à être l'unique détentrice de la légitimité républicaine mériterait la moquerie si le sujet n'était pas si grave.

Vous savez quel est mon courroux chaque fois qu'on vient m'expliquer sur ce blog même que le prétendu «modèle social français» fait d'étatisme et de corporatisme est consubstantiel à la France et que s'opposer à lui, c'est être un mauvais Français.

Je peux donc citer l'avant-propos de ce livre :

Ce qui a été construit par les contingence de l'histoire peut être déconstruit par les bonnes décisions de l'avenir. Non, les prélèvements obligatoires record, la dictature des syndicats révolutionnaires, l'étouffement de l'esprit d'entreprise comme de la création intellectuelle et artistique, la domination absolue de la gauche sur l'école et les medias, tout ce qui compromet le développement actuel de la France et la voue au déclin relatif par rapport aux pays comparables, rien de tout cela ne fait partie de l'essence de la France. Ce sont des maladies récentes attrapées un jour d'hiver et que le printemps guérira.

P. Nemo passe donc en revue tous les mythes que la gauche oppose à la droite dans son procès en illégitimité : la Révolution française, bienfait universel de gauche (alors que 1793 fut le précurseur du totalitarisme), la République fondée par la gauche (alors qu'elle le fut par la droite modérée), le dreyfusisme de gauche (alors que l'antisémitisme était de gauche, par haine du capitalisme libéral), la Résistance de gauche (alors que le pacte germano-soviétique, la demande de publication de l'Huma dans Paris occupé, Déat, Doriot, Marquet ... N'insistons pas).

Le passage qui m'a le plus intéressé est sur l'antidreyfusisme de gauche. Je connaissais, mais je n'étais pas entré entré dans certains détail édifiants.

L'Etat de droit et le respect de la personne ne font pas partie des valeurs de la gauche française, car ils s'opposent à la lutte des classes, pour laquelle la fin justifie les moyens (qu'importe quelques injsustices, puisqu'on oeuvre pour le bonheur de l'humanité (2)).

On comprend donc bien que, au mieux, à gauche, l'affaire Dreyfus n'intéresse pas, c'est un bourgeois, on ne défend pas ces gens-là, ou au pire, tourne à l'anti-dreyfusisme, parce que Dreyfus est un représentant du grand capital apatride.

Les figures de gauche qui furent dreyfusardes, Clemenceau, Jaurès (dont on a quelques textes antisémites au débat de l'affaire), agissent au nom des valeurs libérales de respect du droit de la personne et cachent la forêt de l'indifférence ou de l'antisémitisme de gauche.

La conversion de la gauche au dreyfusisme, après que l'innocence de Dreyfus a été prouvée, quand la phase judiciaire est passée, sera le résultat d'un choix tactique politique heureux et non le résultat d'une conversion au libéralisme.

On ne peut donc pas tirer de l'affaire Dreyfus l'idée, pourtant communément admise de nos jours, que la gauche était du coté du bien et la droite du coté du Mal.

Tout cela est-il une découverte ? Certainement pas. On le trouve dans les textes d'époque de Blum, Thibaudet, Lazare, Clemenceau, Péguy (2). Mais le contrôle de la pensée exercée par la gauche sur notre société, en commençant par l'école et par l'université, est si fort qu'il a abouti à une véritable falsification de l'histoire. Je ne serais pas surpris si un étudiant en histoire venait m'apporter la contradiction sur ce point pourtant fort documenté.

Le résultat de tout cela, c'est que les idées de droite sont frappées, à tort, d'illégitimité. La droite peut être élue, mais nullement gouverner à droite (une lecture facile de la part des fonctionnaires dans la population suffit à constater que le socialisme gouverne continument depuis cinquante ans).

Dans tout cela, me semble-t-il, le véritable drame est la mainmise de la gauche sur le système éducatif de la maternelle à l'université (3), car la stérilisation intellectuelle et artistique qui en découle est à la fois dommageable au plus haut degré et pérenne.

Notre cher et vieux pays n'a pas fini de souffrir.

Addendum du 18/05 :

Je vous ai scanné (mal, et au mépris du copyright mais pour faire la réclame de ce livre) la conclusion :

Les deux Républiques françaises


Certains prônent d'attendre le pourrissement du système éducatif. Il est certes bien avancé (je lisais récemment un article sur les armes dans les écoles françaises) mais :

> c'est un processus cumulatif, donc il peut aller très loin. Si chaque génération accepte une baisse de 10 à 20 % des savoirs, qui paraît tolérable à chaque génération, au bout de trois ou quatre générations, c'est la moitié des savoirs qui a disparu, et pas seulement des savoirs pointus, mais des choses élémentaires, communes(4).

Par exemple, les parents mauvais en orthographe sont beaucoup plus tolérants pour les fautes de leurs enfants.

> il existe des effets de seuils qui rendent le pourrissement irréversible. Faire disparaître le grec et le latin, les classiques, la littérature médiévale puis, maintenant, la géométrie, l'histoire (toutefois remplacée sous le même nom par un cours d'endoctrinement marxiste multiculturaliste) c'est facile. Mais comment les rétablir quand il n'y aura plus que quelques centaines de professeurs capables de les enseigner ? Les Israeliens ont ressuscité l'hébreu, mais avec quel effort et quelle motivation !

Ma condamnation morale des universitaires dans cette affaire est extrême : ils cautionnent un système qui détruit méthodiquement et irréversiblement des savoirs, eux dont la raison de vivre est, ou devrait être, le savoir.

C'est de leur part une véritable trahison de leurs devoirs que rien n'excuse.

(1) : cette manière de voir est encore très présente chez les électeurs de gauche. On est pour l'Etat de droit quand la droite gouverne parce que ça limite son pouvoir, mais quand la gauche est au pouvoir, l'Etat de droit est une invention bourgeoise destinée à entraver le bonheur du peuple («Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires», prononcée par un socialiste non pas au lointain Moyen-Age, mais en 1981) .

(2) : lire par exemple, Notre jeunesse, dans la Pléïade, donc nullement une édition confidentielle.

(3) : un des moyens les plus honteux de cette mainmise a été de dévaloriser le débat sur les contenus de l'enseignement en transformant l'école en garderie pour futurs chômeurs. Le débat sur l'enseignement n'intéressant plus personne, ils ont pu imposer leurs idées néfastes, pourtant invalidées par l'histoire.

(4) : songez par exemple que cette réplique des Tontons flingueurs, pourtant film grand public, «Après la mort du lion, les chacals se disputent l'empire. Enfin ... On ne peut pas leur demander plus qu'aux fils de Charlemagne.» est incompréhensible pour un lycéen de 2009.

Zemmour-Naullau comme symptôme

Les deux Eric, Zemmour et Naullau, sont les critiques de l'émission On n'est pas couché.

Les handicapés télévisuels comme moi peuvent retrouver leurs oeuvres presque complètes sur Dailymotion.

Ils sont à la critique ce que BHL et Comte-Sponville sont à la philosophie. Mais, du moins, il y a une tentative d'une vraie critique, et non l'habituelle complaisance promotionnelle déguisée.

Or, il se trouve que les «artistes» ne le supportent pas au point de refuser les invitations. On parle donc de ne pas reprendre Zemmour-Naullau à la rentrée pour continuer à avoir des invités. les mauvais esprits pourraient d'ailleurs s'étonner que ça ne soit pas produit plus tôt.

Ceci en dit long sur l'hypocrisie des «people» : que ces gens ne supportent pas la critique, je le comprends. Mais comment alors pouvons nous en retour supporter la fausse franchise, l'émotion jouée, la sincérité factice et les sempiternels sketchs des rebelles patentés et des libertaires de service qui font l'ordinaire de la télévision française? Comment ne pas avoir envie de jeter sa télé par la fenêtre ? Comment ne pas estimer que la redevance télévisuelle est un vol ?

Ma position sur les gens qui passent à la télé est nette : la prudence conseille de les considérer comme des menteurs.

J'ai bien peur que cela soit symptomatique de l'hypocrisie de la société française, de son épais conformisme et de sa police de la pensée.

Vous noterez en particulier le nombre de fois où Zemmour-Naullau opposent des vérités factuelles (sur l'immigration, sur l'esclavage, etc ...) et que leur interlocuteur leur répond : «Vous n'avez pas le droit de dire ça !». Vous n'avez pas le droit ... Tout est dit.


La télévision française ne tolère plus la moindre parole réellement discordante, qui sorte de la rébellion convenue et autorisée. N'est-ce pas au fond le cas de la société française ?

Ca me terrifie, d'une terreur orwellien. Quand Eric Zemmmour se trouve dénié le droit de dire que l'esclavage est une tradition arabe, cela signifie que des vérités pourtant incontestables (l'esclavage a été aboli officiellement en Arabie Saoudite en 1961 mais continue dans les faits) peuvent être niées, ou tues, ou déformées, au nom du conformisme.

Ce qui me frappe aussi dans les videos suivantes sont les réactions du public :



vendredi, mai 15, 2009

Rien n'est gratuit

Des gens se scandalisent que des jardins d'enfants soient payants. Oserai-je rappeler que la prétendue gratuité est un leurre communiste ?

Quand on dit que l'école française est gratuite, on signifie en réalité que ceux qui l'utilisent ne sont pas ceux qui la payent et non pas que les enseignants sont bénévoles.

La supposée gratuité des services publics est souvent, presque toujours, un vol déguisé.

Féminisation = dévalorisation

Les propos qui vont suivre sont politiquement incorrects. Ames sensibles, s'abstenir.

Je lisais ce matin un article (1) expliquant que l'enseignement en université s'est largement féminisé. Inutile d'insister sur le prestige en déclin de l'université française.

Plus largement, les professions qui se sont beaucoup féminisées, enseignement, judiciaire, médical, journalisme, ministres, ont beaucoup perdu de leur aura. On note aussi qu'en entreprise, les femmes sont souvent dans des fonctions support : RH, comptabilité, communication.

Inversement, des professions qui restent prestigieuses ou puissantes, avocats d'affaire, banquiers, pilotes en tout genre (de F1, de chasse (2), de ligne) résistent très bien à la féminisation. Je ne vois pas un seul directeur de programme dans l'aéronautique qui soit une femme (Pascale Sourisse, PDG, est une exception).

Je ne sais trop quel est l'ordre causal, éternel problème de la poule et de l'oeuf. Est-ce la perte de prestige qui facilite la féminisation ou est-ce la féminisation qui entraîne la perte de prestige ?

En tous les cas, je me demande si, dans une certaine mesure, le féminisme n'a pas fait perdre les femmes sur deux tableaux.

L'infériorité féminine dans la sphère publique (3) s'accompagnait d'un devoir masculin de protection.

Aujourd'hui, les hommes sont dégagés par le féminisme de leur devoir de protection et les femmes ont gagné le droit de travailler dans des professions dévalorisées.

La belle victoire féministe que voilà !

Rappelons que si il y avait des femmes au foyer soumises, il y en avait aussi qui étaient capables de crever leur homme à la tâche par leurs exigences.

Je pense néanmoins que le bilan du féminisme est globalement positif (4) mais j'ai tout de même une interrogation : est-ce que le féminisme n'a pas entraîné la baisse de fécondité, auquel cas il serait catastrophique à long terme ?

(1) : également, cet article Pourquoi les bloqueurs de facs sont souvent des bloqueuses. Vous remarquerez que les femmes choisissent la fonction publique pour «concilier travail et vie de famille», ce qui est une manière politiquement correct de dire qu'elles choisissent la fonction publique parce qu'on y travaille beaucoup moins que dans le privé. Mais bon, tout le monde le sait (sauf les syndicats qui nous tympanisent avec l'enfer que vivraient les fonctionnaires suite aux réductions de postes).

(2) : signalons tout de même le capitaine Virginie Guyot qui intègre la Patrouille de France comme charognard (et donc futur leader si tout va bien) et le Flight Lieutenant Kirsty Moore qui fait de même dans les Red Arrows. Pilote, c'est un très bon exemple : il n'y a aucune barrière physique qui peut expliquer qu'il y ait moins de femmes. Pourtant, la proportion de femmes pilotes est faible. Pourtant, l'aviation pour les femmes est toujours un combat, malgré la place importante qu'elle tienne dans son histoire.

(3) : mais nullement dans l'espace privé. C'est pourquoi la notion que la société d'antan était patriarcale est infondée.

(4) : comme le bilan du communisme d'après Georges Marchais

jeudi, mai 14, 2009

Le réchauffisme, ça fait toujours rire !

Réchauffement 1989

Décidément, la fin du monde est pour demain ! (on a tout de même gagné 20 ans)

Dans la brume électrique

Bon, c'est du Tavernier, c'est-à-dire Ken Loach à la française, du gauchiste de caricature : les riches et les blancs sont toujours méchants, les pauvres et les noirs toujours gentils. Le tueur est bien sûr un infâme sadique. Tavernier n'est pas le grand spécialiste de la finesse.

De plus, le film est un peu lent.

Ces critiques étant faites, je trouve que l'ensemble du film plutôt plaisant. L'ambiance de la Louisiane et Tommy Lee Jones y sont pour beaucoup.

L'idée qui donne son originalité au film vient du livre qui a servi de base : les deux alcooliques plus ou moins repentis ont des visions d'un général sudiste philosophe les conseillant.

Ceci donne au film une touche décalée qui détend l'atmosphère.

Petite note historique : le choix du général, John Bell Hood, m'étonne. Contrairement à ce qu'on voit dans le film, il était jeune, la trentaine. Il était connu pour son courage, mais à mesure qu'il s'est élevé dans la hiérarchie, il a montré ses limites et confirmé le principe de Peter, il n'était pas un stratège.

Certains lui attribuent une part décisive dans la défaite des armées sudistes, à cause de ses initiatives téméraires et désastreuses. D'autres le défendent, mais il semble qu'il n'ait pas eu cette qualité indispensable aux bons généraux d'après Napoléon : la chance.

Cesare Battisiti préfère mourir. Nous sommes d'accord : moi aussi, je préfère qu'il meurt !

Cesare Battisti est ce terroriste en fuite soutenu par une partie, réduite, de l'intelligentsia germanopratine.

Je me doutais, d'après ce que j'en avais lu, que c'était un minable. Il vient de le confirmer : voilà qu'il fait du chantage au suicide.

La plus grosse énigme est le soutien inconditionnel de Fred vargas. A moins qu'il y ait entre eux des relations que j'ignore, je ne comprends pas bien ce que cette femme apparemment intelligente vient faire dans cette galère.

Je ne vois que l'idéologie, un peu comme Fanny Ardant qui a choqué toute l'Italie par ses déclarations compréhensives pour le terrorisme rouge des années 70.

C'est assez navrant de voir à quel point le monde littéraire et, encore plus, le monde cinématographique sont encore intoxiqués de gauchisme. Ils ont des complaisances pour les bourreaux d'extrême-gauche dont le millième pour des tortionnaires d'extrême-droite leur ferait, à juste titre, horreur.

Ce gauchisme, maladif, presque infantile, peut être source de rigolade par son ridicule. Je me souviens de la stupeur comique d'une amie, avant les élections présidentielles, expliquant à un producteur de ses relations qu'elle hésitait à voter Sarkozy et celui-ci répondant tout à fait sérieusement : «Mais, Sarkozy, c'est le Mal !» Face à un tel sens de la nuance, Bertrand Tavernier (voir message précédent) passerait pour un parangon de subtilité.

Il est vrai que ces milieux sont tenus en laisse par les subventions, on ne mord pas l'idéologie qui vous nourrit. La pose libertaire que se donnent quelquefois ces individus est totalement factice.

Crise : la compréhension est un long chemin

Il y a, quoi qu'en disent certains, une certaine convergence sur les causes de la crise de 1929. Vous me direz qu'il serait temps, après quatre-vints ans.

Et la crise actuelle ?

Nous ne sommes pas sortis de l'auberge : sur BFM, j'entendais trois gus, dont un patron (!), expliquer, sans apparemment croire qu'on était le 1er avril, que l'avenir après cette crise était au capitalisme sans capital.

Des gens, mus par une même envie d'entreprendre, se réuniraient pour fonder des sociétés sans apporter de capital, les questions d'argent, c'est sale. Comment ces sociétés financeraient leur développement ? Mystère et boules de gomme.

Entendre de telles âneries vous fait douter de ne pas être l'objet d'un canular.

Rappelons que de très nombreux signes donnent à penser que cette crise est justement causée par le capitalisme sans capital.

Dans le même genre, Dominique Paillé, député de l'UMP, parti que l'on suppose à droite, explique qu'il est absolument prioritaire que l'Etat impose de nouvelles règles de répartition entre profits et salaires. Le parti communiste dans sa plus grande gloire n'aurait pas renié ces propos.

C'est sûr, avec des cadors pareils, la lumière est au bout du tunnel : c'est celle des derniers vestiges d'intelligence et de réflexion qu'on brule en un grand bucher.

Allez, plus que quatre-vingt ans à attendre avant d'avoir une explication de la crise ...