jeudi, avril 04, 2013

Mon angoisse : le Grand Remplacement

Le Grand Remplacement est souvent invoqué par Renaud Camus.

Pour moi, il est très concret : au fil des conversations, j'ai compté chez mes collègues cadres une dizaine d'enfants bien français, haut diplômés, entre vingt et vingt-cinq ans, qui finissent des études ou qui travaillent à l'étranger et qui, d'après leurs parents, ne manifestent aucune intention de revenir en France.

Mon évaluation grossière est qu'ils représentent entre un quart et un tiers des enfants de ces familles.

C'est terrifiant.

Inversement, des non-Français et non-diplomés qui arrivent, j'en croise tous les jours.

Ce double-mouvement est encore plus plus terrifiant.

La France est ce pays atteint de folie suicidaire qui remplace ses jeunes diplômés par des étrangers non-diplomés.

Il faut être complètement con, mais d'une connerie très sophistiquée, genre Enarque ou Polytechnicien Karine Berger , pour trouver que ce n'est pas un problème.

Mélimélo : Mariage pour n'importe qui et gauche morale

Le premier article est d'E. Zemmour :

Le mariage, pour le meilleur et pour le pire

Et le second de C. Delsol :

Le socialisme est une morale

Comme Eric Zemmour, je suis persuadé que notre société est entrée en décadence et je crois de plus en plus que celle-ci est irréversible. Autrement dit, nous vivons un suicide civilisationnel comme a vécu l'Empire Romain.

Les zombies post-modernes disparaîtront car leur hédonisme est incompatible avec la perpétuation de leur espèce : on ne fait pas trois ou quatre enfants quand son unique souci est «moi, moi. Jouir sans entraves».

Ensuite ? De l'horreur et de l'anarchie, émergeront des petits groupes organisés, autour d'une religion.

J'espère juste que cela sera une vraie religion, qui se connaitra comme telle, et non une pseudo-religion comme l'écologisme ou le communisme. Car les pseudo-religions sont terribles.

Les musulmans croient que la religion qui prendra le relais après notre ruine la leur. C'est possible, je suis très loin d'en être certain. Le christianisme est très loin d'être mort. Ou une religion que nous ne connaissons pas encore.

mercredi, avril 03, 2013

La gauche toujours morale et toujours vierge des gauchistes toujours immoraux et toujours corrompus

Il y a deux siècles, on considérait les «partageux» comme le parti des fainéants, des jaloux et des incapables.

La chose s'est bien inversée.

Très aidée par notre déliquescence intellectuelle et par l'appareil de propagande soviétique, la gauche a conquis le magistère exclusif de la morale publique.

Les turpitudes de ses membres ne sont jamais révélatrices de la nature profonde de la gauche, les corrompus seraient-ils largement majoritaires dans ses rangs qu'ils resteraient toujours de regrettables exceptions, les «affaires» glissent sur elle comme l'eau fangeuse sur les plumes d'un canard, et les «bonnes intentions» sauvent tout.

Alors que la moindre «affaire» révèle instantanément et sans discussion la véritable nature fasciste de la droite, rien de mauvais ne révèle jamais la vérité de la gauche.

Puisqu'il est posé que la gauche est par essence et pour l'éternité le camp du Bien, aucun mal ne peut venir d'elle. S'il arrive que des imbéciles aient une impression contraire, c'est qu'ils sont trompés par des traitres à la Cause, de faux gauchistes, des envoyés du Mal pour salir le Bien.

Le raisonnement est circulaire, c'est ce qui en fait la beauté : la gauche étant le camp du Bien, aucun corrompu ni aucun criminel n'est un véritable homme de gauche. La gauche ne compte donc aucun corrompu ni aucun criminel. Cela confirme qu'elle est le camp du Bien.

C'est ainsi qu'on découvre après coup que Strauss-Kahn et Cahuzac, pour ne citer que les derniers en date, n'étaient pas vraiment de gauche.

C'eut été sympathique de nous le dire avant.

J'avoue que je suis stupéfait par ce tour de force rhétorique : plus c'est gros, plus ça passe.

Les affreux réacs se payent le luxe de ne pas accabler Cahuzac !


Vous avez bien craché sur Cahuzac, pas la peine de lui pisser dessus

De quoi la "lutte intérieure taraudante" de Jérôme Cahuzac est-elle le nom ?

Mes états d'âme

Et la tonalité un peu différente de Tesson :

Affaire Cahuzac - Tesson : Où est passé Hollande, le président irréprochable ?

Cette défense de Jérome Cahuzac par les réacs ne lui fera peut-être pas plaisir mais je pense qu'elle est sincère : pour un réac, il y a des crimes pires que la fraude fiscale.

Alors qu'on a l'impression en écoutant les réactions hystériques à gauche que cette échelle des valeurs n'est pas partagée de ce coté-là de l'échiquier politique : pour les gauchistes, le fraudeur fiscal se place, à l'évidence, au-dessus de Dutroux, Landru et Jack l'Eventreur dans l'épouvante (je ne méconnais pas la part d'hypocrisie dans ces condamnations exagérées).

Si j'en crois les récentes déclarations, vu de la gauche, frauder le fisc serait plus abominable que d'empaler des enfants de sans-papiers sur des sculptures d'«art» contemporain subventionné. Je suis effaré par la véhémence des jugements, au point d'en venir à penser que tout ce qui est excessif est insignifiant (Mou-Président parle d'un «outrage à la république», je comprendrai ce que cela signifie quand on m'aura expliqué ce que sont les fameuses «valeurs républicaines» qu'on invoque à tour de bras sans jamais les définir).

Il faut dire que le fraudeur fiscal cumule deux crimes atroces : il a de l'argent et il le soustrait au racket fiscal (ce faisant, il refuse de s'associer au mensonge de la «solidarité», qui n'est que prédation social-clientélistes. Comme d'habitude, celui qui dit la vérité ou, tout au moins, dévoile une certaine vérité,  doit être assassiné).

Le maitre des élégances morales parisianistes atteint un sommet vomitif :

Les liens inavouables de Cahuzac avec les "gudards" de Marine Le Pen

Sortir un tel amalgame à un tel moment, ce n'est plus tirer sur l'ambulance, c'est napalmiser un hôpital pédiatrique.

Cahuzac était ministre, il ne l'est plus. Il était tranquille, il est maintenant poursuivi. Il avait une carrière politique, il ne l'a plus (pour quelques temps). Cela suffit bien à son malheur, pas la peine d'en rajouter des tonnes.

En revanche, au-delà du cas de l'homme Cahuzac,  il est intéressant de se poser la question de la corruption morale et financière (1) généralisée de notre belle classe jacassante :

Cahuzac, produit odieux du mensonge en politique

C'est évidemment de cette question globale dont on essaie de nous détourner en se concentrant sur Cahuzac Jérome.

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(1) : en France, depuis trente ans, on peut faire fortune en politique. C'est une forme de corrution et une incitation permanente à la corruption. A Venise (une vraie république, celle-là), on sortait d'un mandat de doge moins riche qu'on y était entré.

Quand Ayrault et Hollande disent «J'assume», qu'assument-ils exactement ? Le risque de toucher plus de 25 000 € de retraite s'ils perdent leur poste, après avoir passé leur carrière à se bâtir un patrimoine de châtelain au détriment de la collectivité nationale ?


Cahuzac a-t-il assassiné son père et sa mère ?

Le ministre Jérome Cahuzac a menti sur ses comptes en Suisse et à Singapour.

C'est mal, je vous l'accorde. Surtout venant de gens qui ne cessent de nous faire la morale. Surtout une fraude fiscale venant de gens qui ne cessent de nous présenter l'impôt comme le sommet de la justice et de la solidarité.

Mais je suis encore plus gêné par les réactions outrancières de ses «amis».

François Hollande parle de «faute morale impardonnable». Une faute je veux bien, mais pourquoi «morale» ? La faute est-elle seulement en esprit ? Allons, il n'a pas commis une«faute morale» mais un délit (petit, d'ailleurs (1)). Pourquoi toujours raisonner en (mauvais) moraliste ?

Et «impardonnable» ? Y a -t-il jamais rien d'impardonnable en politique ?

Enfin, qui l'a nommé et soutenu, Cahuzac ? N'est-ce pas un certain François Hollande ? Cynisme ou naïveté ? Faute partagée, faute à moitié pardonnée ?

Tout cela sent le sauve-qui-peut et le «courage, fuyons». Pas très reluisant.

Cahuzac doit se sentir très seul. Non pas que je le plaigne, mais enfin, les fameuses qualités morales de ses amis de gauche ne volent pas haut et elles s'évaporent dans la tempête.

Il aurait été réconfortant qu'un vrai ami de Cahuzac le défende. On aurait crié à la complicité entre coquins, mais cela aurait eu de la gueule qu'il se trouve au moins un socialiste pour risquer sa carrière et sa réputation pour un ami. Cela aurait été moral, pour le coup.

Même si les circonstances sont différentes, la défense de Sarkozy par Guaino, cela a plus d'allure.

Mais voilà : la gauche est très bonne pour les grandes leçons de morale. Pourtant, en privé et en public, c'est l'immoralisme le plus sordide qui y règne. D'ailleurs, la grandiloquence du discours est probablement une compensation pour la petitesse des actes. L'affaire Strauss-Kahn aurait du solder définitivement la prétention morale de la gauche.

C'est là qu'intervient la technique du bouc-émissaire : ses «amis» traitent Cahuzac de brebis galeuse. Mais n'est-ce pas pour dissimuler que la vérité est exactement à l'inverse ?

Bien loin d'être le mouton noir, il est très représentatif du troupeau. De quel ministre du fraudeur de l'ISF François Hollande pourrait-on dire «celui-là, il est honnête et droit, il n'aurait pas réagi comme Cahuzac» ?

Non, la singularité de Cahuzac était ailleurs : il venait du privé et n'était pas totalement un frein à la baisse de la dépense publique. Un hasard que ce soit lui qui disparaisse ?

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(1) : j'avoue que le tintamarre autour de cette affaire me semble disproportionné. Il est vrai qu'elle touche la gauche qui nous en a fait des tonnes sur sa haine des riches et de l'argent.

mardi, avril 02, 2013

Qu'ils partent tous !

Robert Ménard est en forme :

Il faut les chasser tous, tout de suite !

Si vous avez aimé Jean-Pierre Petit en version longue, le voici en version courte :

Entretien JP Petit 29 mars 2013

Et Jean-Marc Daniel.

Bref, vous avez compris mon opinion : certes, si nous les chassons tous, c'est le saut dans l'inconnu. Mais si nous les gardons, c'est à coup sûr la décadence qui continue.

Je préfère l'inconnu à la décadence certaine.


Il se fout vraiment de notre gueule, celui-là ...

Jérome Cahuzac :

«J'ai été pris dans une spirale du mensonge et m'y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords. Penser que je pourrais éviter d'affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J'affronterai désormais cette réalité en toute transparence.»

Il se paye vraiment notre tête : si son mensonge était passé, il n'aurait pas été «dévasté par le remords» de rester ministre.

Il ferait mieux de la fermer. Souvent, le silence est un signe de décence. Mais, évidemment, socialiste et décence ...

lundi, avril 01, 2013

Les deux problèmes du moment : les institutions et le chef

Dans cette émission, Jean-Pierre Petit dresse un  tableau très noir de la situation française, qu'il qualifie de décadence, avec les symptômes que mes fidèles lecteurs connaissent bien : démagogie, social-clientélisme, nominalisme, etc.

Un des intervenants, patron (2), lui répond qu'il y a des gens très bien en France.

Jen-Pierre Petit réplique que ce n'est pas le problème, qu'il y a aussi des gens très bien en Argentine, mais que ce qui fait la différence entre les pays, c'est la «gouvernance» et que la qualité du personnel politique français ne cesse de décliner depuis trente ans.

Il trace ainsi en quelques mots le problème.

La «gouvernance», j'appelle cela les institutions.

Nostalgiques des poisons et délices de la IVème République, les apparatchiks de la fausse droite et de la vraie gauche se sont entendus comme larrons en foire pour dénaturer complètement, à coups de réformes constitutionnelles magouillées entre eux, les institutions de la Vème République.

Ils ont réussi l'exploit de ne garder de la constitution gaullienne que les défauts.

Suivant l'adage qu'il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problème pour les résoudre, nous ne pouvons compter ni sur la vraie gauche ni sur la fausse droite pour une réforme radicale de nos institutions.

Il reste donc la vraie droite, telle qu'on la voit apparaître dans les Manifs pour Tous. Cette vraie droite a besoin, pour se fédérer, d'un vrai chef. Sinon, nous pouvons nous attendre au même naufrage que les Tea Parties américaines.

De ce point de vue, Frigide Barjot est une catastrophe (voir l'article de Roman Bernard).

Or -on en revient à Jean-Pierre Petit- la qualité du personnel politique a décliné à ce point qu'on ne voit aucune institution d'où pourrait venir une personnalité à la fois forte et compétente (il faut les deux caractéristiques).

Les Français de 2013 étant ce qu'ils sont, c'est-à-dire amollis par une société de confort, je ne pense pas qu'ils feront émerger le chef radical et exigeant qui leur manque.

La suite de la jacquerie de la France bien élevée est donc écrite : l'extinction progressive avec quelques groupes radicaux trainant par ci par là et qui serviront de noyaux au prochain mouvement.

Et pendant ce temps, la France continuera de s'africaniser (3), de se «bantoustaniser».

Si l'analyse rationnelle conduit à ce noir pessimisme, il ne faut pas oublier que l'histoire est le domaine de l'imprévu et il ne faut pas perdre la foi.

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(1) : il fait une différence entre décadence et déclin. Le déclin est passager. La décadence est auto-entretenue.

(2) : au passage, cela montre que les patrons peuvent être très bons en micro-économie et très nuls en macro.

(3) : je n'entends pas seulement cette africanisation en termes raciaux. Nicolas Sarkozy essayant de caser son fils à l'EPAD ou François Hollande se dépatouillant de ses multiples pseudo-épouses, ce sont des bouts d'africanisation.

samedi, mars 30, 2013

Le nerf de la guerre : excellente idée de la Manif Pour Tous

Je considère les impôts, au niveau où ils sont en France et compte-tenu de l'utilisation qui en est faite, comme une forme de tyrannie.

J'avais agité l'idée d'une grève des impôts. Certains m'ont fait remarquer que cet appel est illégal. Dont acte.

La Manif Pour Tous a une idée légale :

> déclarer ses revenus sur papier et non par internet.

> dénoncer son contrat de mensualisation.

> verser 2€ de plus que la somme due.

Ces mesures simples, répétées plusieurs centaines de milliers de fois, peuvent avoir un effet dévastateur.

Enfin, dernière mesure, qui est une véritable bombe atomique financière :

> retrait des livrets A tous à la même date (n'oubliez pas que le livret A sert à financer le logement «social» et les collectivités locales. S'attaquer au livret A, c'est frapper au coeur le social-clientélisme).

Je suis étonné par le succès des Manifs pour Tous.

Je commence à croire que la France bien élevée, qui subit sans broncher depuis des lustres les extorsions destinées à financer les conneries de la France mal élevée, a vraiment la moutarde qui lui monte au nez.

Il se pourrait bien qu'elle ait envie de rappeler qu'on peut l'insulter, la traiter de ringarde, d'homophobe, de réactionnaire, de raciste, de franchouillarde et patati et patata mais que sans elle, sans son travail, sans son argent, la France s'arrête.

Je trouve les consignes ci-dessus géniales car elles vont à l'essentiel.

Une fois qu'on dépouille les grands discours et les effets de de manche, que sommes nous pour un Hollande, une Taubira, un Moscovici, une NKM, un Copé, un Jean-Pierre Michel ?

Les vaches à lait qui financent un train de vie fastueux, digne des plus grands aristocrates d'Ancien Régime (d'ailleurs, ils vivent dans leurs hôtels particuliers - on ne retrouve cela dans aucun autre pays d'Europe du nord), et qui financent aussi l'achat de voix permettant de se maintenir au pouvoir et de continuer à profiter de tout ce luxe gratuit (gratuit pour eux, pas pour nous).

Nous sommes vos vaches à lait ? Hé bien, soit. Les vaches se révoltent un tout petit peu. Elles continuent à payer, mais de manière plus pénible.

La chose me plaît par son élégance, on dirait un mouvement d'aïkido. Les finances publiques sont déséquilibrées à cause des folies du social-clientélisme ? On donne la pichenette qui fait basculer l'ennemi.

Ils veulent du rapport de forces ? Ils vont être servis.

Il ne faut pas s'attendre à une réaction douce, lénifiante. Derrière les belles paroles sur l'égalité, ce qui obsède les socialistes, c'est le fric, celui qu'ils peuvent nous prendre pour vivre à l'aise, eux. Alors, croyez bien qu'ils seront violents, que tous les coups sont permis.

Jean-Pierre Petit sur la décadence et Chypre

Les Experts BFM 29 mars 2013

Sur la décadence, à partir de la 19ème minute et la réponse de Jean-Pierre Petit.

Sur Chypre et l'Europe, à partir de la 27ème minute jusqu'à la fin.

Je souscris entièrement à ces propos.


vendredi, mars 29, 2013

Vers un printemps français ?

Certains commencent à imaginer un printemps français, c'est-à-dire une réaction anti-progressiste et anti-socialiste de la société française qui dépasserait le stade de l'irritation temporaire pour prendre l'allure d'une vraie révolte politique.

Je l'espère mais je n'y crois pas. Comme Eric Zemmour l'a exprimé plusieurs fois cette semaine dans les médias, je suis d'un grand pessimisme sur l'évolution de la société française.

Dans sa décadence, la société a tant accepté ces dernières décennies qu'elle a sapé les bases d'une morale commune. Alors, au nom de quelle exigence morale pourrait-elle refuser que «chacun fait ce qui lui plaît et ils n'ont qu'à se marier si ça leur chante ?».

Quand on a accepté sans broncher l'avortement, le divorce facile, l'égalité des droits entre bâtards et enfants légitimes, la forclusion du père, l'avachissement général, comment se redresse-t-on ?

Certains individus ont le bagage intellectuel et moral qui leur permet de résister à la pente progressiste, nihiliste et socialiste, mais la société, certainement pas.

Un miracle est toujours possible, mais le problème des miracles, c'est qu'il ne faut pas trop compter dessus.

Le vrai choc de simplification


Paraît-il que François Hollande a parlé d'un choc de simplification. Excellente idée en soi. La France souffre encore plus de la complexité administrative que des impots. Pompidou disait déjà : «Cessez d'emmerder les Français».

Chaque Français a déjà vécu cette aventure d'être soumis à une directive idiote et de subir le harcèlement des fonctionnaires chargés d'en vérifier l'application.

Un mien collègue a fait l'erreur de déposer un dossier pour installer un Velux. Dossier refusé parce que le Velux était trop haut, en référence à un règlement X. Son second dossier est en passe d'être refusé parce que le Velux est trop bas, par rapport à un règlement Y. Que va-t-il faire ? Il va attendre six mois que les choses se tassent et installer son velux en toute illégalité.

Et l'interdiction des feux de cheminée ? Et l'interdiction de fumer en voiture ?

Ces maires qui se plaignent ? Albaret-Sainte Marie croule sous normes absurdes.

On n'arrête pas de pourrir la vie des Français, avec, comme de juste, les meilleures intentions du monde. On a toujours une bonne raison d'inventer un nouveau règlement, qui viendra s'ajouter à un entassement qui rend la France invivable.

Mes amis pilotes connaissent bien l'inflation bureaucratique de la DGAC, au nom de la sécurité, sans que la sécurité ne soit améliorée.

Bref, le choc de simplification de François Hollande s'impose. Pourtant, il est mort-né, il n'a aucune chance. C'est mécanique.

Georges Pompidou disait aussi : «Prenez un fonctionnaire, posez le sur une chaise. Une heure plus tard, il a trouvé un papier et un crayon. Deux heures plus tard, il a écrit une circulaire, un règlement, un décret ...»

On peut dire la même chose des ministres et des députés vis-à-vis des lois et des dépenses. L'inflation législative est un mal bien connu. Quant à l'inflation des dépenses, mieux vaut ne pas en parler. Un ministre ou un député existent quand ils votent soit une dépense, soit une loi.

La seule manière d'obtenir une simplification administrative pérenne est de diminuer le nombre de ceux dont la justification de l'emploi se trouvent dans l'emmerdement maximal de leurs concitoyens, dans le pourrissement de la vie économique et sociale, dans l'enculage de mouches dans la production de lois et de règlements. C'est-à-dire qu'il faut diminuer le nombre de ministres, de députés et de fonctionnaires. Or, François Hollande a déjà pris le chemin inverse.

Sans compter qu'il faudrait aussi supprimer le «principe de précaution», qui donne une base constitutionnelle à cette hystérie réglementaire. Vous imaginez le tableau ? Hollande affrontant les zozos verts ?

C'est donc foutu d'avance.

Comme d'habitude, François Hollande fait des promesses pour la galerie, sans avoir analysé le moyen de les tenir. Peut-être n'a-t-il même jamais eu l'intention de les tenir.

Lawrence Auster est décédé

Je n'avais découvert son blog que depuis quelques semaines.

Sa dignité dans la maladie était impressionnante. Sa rectitude intellectuelle aussi. On manque d'hommes si droits.

Qu'il repose en paix.

jeudi, mars 28, 2013

Ame, Hollande et Hollande

En réaction au nihilisme ambiant :

Dieu, la roi, la France ... et moi

Analyse de Hollande similaire à la mienne :

Hollande, un mou sectaire

Analyse de la politique de Hollande :

Hollande l'empêché

On notera :

François Hollande est dans la position inconfortable de Daladier : il est à la tête d'une république décadente, accaparée par une élite qui ressemble à la Cour de Versailles en 1788. Les décideurs français sont obnubilés par la sauvegarde de leurs privilèges et n'ont plus aucune vision pour ce pays. Difficile d'imposer quoi que ce soit dans ce marasme.

mercredi, mars 27, 2013

Henri Hude à propos de la Manif pour Tous

Henri Hude à propos de la Manif pour Tous

Je le rejoins dans son analyse : le problème posé est celui du totalitarisme mou et du nihilisme gouvernemental.


A propos du "sauvetage" de Chypre" (2)

Le billet précédent ayant suscité des commentaires, je vais essayer d'éclaircir mon point de vue en schématisant les actions de l'UERSS à propos de Chypre :

1) Laisser entrer Chypre dans l'Euro Très mauvais

2) Laisser grossir les banques chypriotes et fermer les yeux sur l'argent sale Très mauvais

3) Ensuite, faire les étonnés Mauvais

4) Piétiner la souveraineté de Chypre et lui imposer une solution par le chantage Très très mauvais

5) Mettre les banques en faillite et partager les pertes entre actionnaires et créanciers (dont les déposants) Bon

6) Utiliser l'arbitraire (voire le caprice) pour mettre en place le 5) Mauvais (1)

7) Garder Chypre dans l'Euro Très mauvais

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(1) : la solution, c'est la faillite bancaire «pré-packagée».

Au lieu de répéter comme des cons «une banque ne doit pas faire faillite» (sûrement les mêmes cons qui nous répétaient il y a peu «un Etat ne peut pas faire faillite», on a vu ce que cela a donné), on vote dans le calme et la sérénité une loi définissant à l'avance les modalités spécifiques d'une faillite bancaire et le jour où il faut l'appliquer, tout est déjà prêt.

C'est une des raisons qui expliquent que les 500 faillites de banques américaines en quatre ans n'aient pas été un cataclysme. L'autre raison est la taille raisonnable de ces banques.

A propos du "sauvetage" de Chypre

À Chypre, on a appliqué, mais très mal, c'est-à-dire à la manière européiste, brouillonne et dictatoriale, la moitié de la solution que je préconise : la mise en faillite des banques zombies.

Les déposants et les actionnaires morflent, c'est juste.

Hélas, la rigueur et la rapidité nécessaires pour éviter la panique ont manqué : avec des gens compétents, les banques chypriotes auraient rouvert hier matin.

En revanche, on n'a pas appliqué la deuxième moitié de ma préconisation, la sortie de l'Euro. Cela enlève beaucoup d'intérêt à la manœuvre en cours.

mardi, mars 26, 2013

Quelques réflexions sur la Manif pour Tous (le retour de la vengeance du fils maudit)


> Des articles acerbes sur Frigide Barjot à laquelle on reproche, en gros, de rester politiquement correct et, ce faisant, de ne pas utiliser le pouvoir qui lui est délégué par les manifestants. Je suis entièrement d'accord. Dimanche, une occasion en or a été ratée. Une marche sur les Champs-Elysées, voire le Palais de l'Elysée, cela aurait eu de la gueule. A l'époque où les Français n'étaient pas encore escouillés, nous nous serions amusés.

Mais si Frigide Barjot n'avait pas commencé par prendre la bien-pensance à  son propre jeu, ces manifs n'auraient pas vu le jour. Maintenant il faut passer à autre chose. Mais je ne vois pas avec qui.

> Comme à la première, les manifestants étaient des «de souche».

Certains crétins avaient prédit «une sainte alliance des religions» contre le mariage des invertis. Ce sont des bisounours imprégnés de l'irénisme des imbéciles heureux (1) soixante-huitards et duo-vaticaniens.

Certes, les musulmans sont contre le mariage des invertis. En revanche, ils n'en ont rien à foutre de la France, des institutions françaises et des lois françaises. D'ailleurs, ils sont nombreux à se marier religieusement en totale illégalité, sans passer au préalable devant le maire (ça permet aussi de toucher l'allocation «parent isolé»).

Ils n'ont donc aucune raison de manifester pour que les lois françaises soient ceci ou cela. Au contraire, le mariage des invertis est une preuve supplémentaire à leurs yeux que nous sommes décadents et que, donc, ils ont une culture et des valeurs supérieures.

C'est pourquoi, avant  même de parler de religions, il faut considérer qu'il n'y a dans les manifs que des gens qui se sentent concernés par la France et son avenir. C'est  dire que les seuls gens colorés qu'on risque d'y croiser viennent des départements d'outre-mer (2).

> Le rôle de la police (au sens large, cela inclut l'appareil judiciaire et les lois qui orientent son action) n'est plus de protéger la société et le pouvoir, son rôle traditionnel. Il est devenu uniquement un rôle de protection du pouvoir. La protection de la société est totalement négligée : tant que les racailles de banlieue ne marchent pas sur l'Elysée (ce qu'elles ne feront jamais car elles se contrebalancent de la politique), il n'y a aucune raison de les emmerder.

Comme le pouvoir est de plus en plus remis en cause par la «France bien élevée», c'est elle l'ennemie. Cela explique l'hystérie de répression routière, qui touche majoritairement cette population de gens sans histoires. C'est pour cette raison également que l'auto-défense est très sévèrement punie : que la police ne fasse pas son boulot de protection de la société ne dérange pas ces messieurs. En revanche, que l'on se substitue à la police est une attaque directe contre leur pouvoir et mérite d'être réprimé.

D'une manière générale, tout comportement adulte, responsable et indépendant, qui par son existence montre l'inutilité de l'Etat-mamma, mérite d'être réprimé.

Nota : une bonne partie de ce billet m'a été inspiré par Roman. Qui est un homme qu'on gagne à connaître (comme dit Frédérik Lemaître de Lacenaire dans les Enfants du Paradis).

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(1) : ce sont les mêmes abrutis qui emploient l'expression «religions du Livre» sans se rendre compte que celle-ci est une manifestation du complexe de supériorité islamique. En effet, si les trois «religions du Livre» sont apparentées, c'est la dernière dans l'ordre chronologique, c'est-à-dire la musulmane, qui les accomplit toutes.

Non, pour un chrétien, il y a la Vérité, qui est dans la Bible, toute autre Révélation est mensonge et manoeuvre du Malin. Point barre.

Et par la même occasion, il est couillon et suicidaire d'oublier que l'Islam s'est en grande partie construite contre les chrétiens et les juifs.

(2) : l'opposition ultramarine au mariage des invertis est assez impressionnante et cela montre à quel point Christiane Taubira est détachée de certaines réalités qu'elle est bien placée pour connaître.

lundi, mars 25, 2013

La pétaudière du MEDEF

Je résume les épisodes précédents.

Laurence Parisot est présidente du MEDEF. Son mandat arrive à échéance. Elle voudrait se présenter à nouveau mais ne peut pas, because les statuts. Qu'à cela ne tienne, changeons les statuts.

Ce comportement d'autocrate ottoman aurait été accueilli, dans tout pays civilisé d'hommes libres, d'un grand éclat de rire, la Parisot aurait été instantanément discréditée et balayée en moins de temps qu'il n'en faut pour rédiger, sous l'influence des grosses ficelles de communicante d'Anne Méaux, une dépêche AFP bourrée de fautes de français.

Seulement voilà, il y a longtemps que la France n'est plus un pays civilisé. Les hommes s'y couchent très facilement.

Et les patrons n'ont pas plus de couilles que les autres.

Nous avons donc droit à une grotesque pantalonnade. On se croirait à L'Amicale Bouliste de Trifouillis les Calbutes, dont le président ne veut pas céder la place. C'est pas sérieux du tout, et même pas drôle.

Je me fous de l'avenir du MEDEF comme de l'an quarante. Depuis déjà, cette organisation verse dans la bouffonnerie.

Pourtant cette comédie patronale participe du naufrage ambiant, de cette impression de vivre en inaptocratie, d'être dirigés par des incompétents vicieux et avides : partout où l'on se tourne, on n'aperçoit que des élites françaises, syndicales, patronales, politiques, médiatiques, intellectuelles, inférieures à leurs devoirs mais dont la cupidité et le narcissisme ne connaissent aucune limite.

Comme je l'ai dit, je me fous du MEDEF. En revanche, il serait bon qu'on voie apparaitre un petit bout de couille -et pourquoi pas ?- espoir insensé, un résidu de sens commun et de probité.


Commentaires sur la manif de la France bien élevée

Pourquoi François Hollande a tout à craindre du vote de la loi Taubira

Je trouve cet article trop optimiste mais il y a un point sur lequel je le rejoins : l'inculture crasse des membres de l'actuel gouvernement (à part, probablement, Laurent Fabius) est un facteur très important pour expliquer leur comportement.

Que veut Frigide Barjot ?

Je trouve le ton un peu sévère, mais sur le fond, j'acquiesce : la politique, c'est le rapport de force. Quand on déplace des centaines de milliers de personnes, on ne rentre pas sagement chez soi : on accentue la pression.

Par exemple, un gigantesque sit-in, façon SDF, sur l'avenue de la Grande Armée, qui dure des jours et des jours, avec grèves de la faim et prières publiques et journaux de 20 h.