samedi, novembre 30, 2013

France : vers la dictature socialiste

Depuis des mois, je vous répète que le gouvernement Hollande est totalitaire mou.

C'est bien de totalitarisme qu'il s'agit, puisque, sous ce gouvernement, l'Etat a vocation à se mêler de tout.

La vie privée et la propriété (indissolublement liées comme garantes de la liberté) sont des tolérances révocables ad nutum par le fait du prince. Tout contestataire est illégitime, frappé d'un sceau infamant (au choix «fasciste», «raciste», «macho» etc.). On ne discute pas, on condamne. Il suffit de suivre l'actualité pour s'apercevoir que cette mentalité totalitaire préside aux choix gouvernementaux.

Cet esprit n'a pas été créé par le gouvernement Hollande, il est en germe dans l'étatisme à la française. Cependant, il prend une ampleur inédite, à cause du sectarisme à front de taureau des Taubira, Vallaud-Belkacem, Peillon et consorts. Sans oublier le sectaire en chef, François Hollande.

Mme Taubira a dévoilé, s'il en était besoin, sa pensée totalitaire en invoquant «l'Etat de droit» pour faire taire les opposants à sa loi de dénaturation du mariage. C'est la conception totalitaire illustrée par l'inénarrable sénateur Michel : «Le juste, c'est ce que dit la loi».

A ce compte-là, étant donné que tous les zeks arrivaient au goulag condamnés dans la plus parfaite légalité soviétique, sans un vice de forme, Soljenitsyne, Sakharov et Walesa sont d'abominables factieux.

Non, l'expression «l'Etat de droit» signifie que l'Etat lui-même et ceux qui font les lois sont soumis à des règles qui encadrent leur arbitraire. Nous sommes très loin des conceptions taubiro-micheliennes.

Bref, aucun doute, nos socialistes de gouvernement sont totalitaires dans leur tête. Mais le sont-ils en pratique ? Leurs lois sont scélérates (c'est déjà pas mal !), mais ensuite ?

Connaissant les horreurs des totalitarismes du XXème siècle, j'avais quelques scrupules à employer ce vocabulaire pour nos petites misères, mais les pratiques se rapprochent :

1) La paranoïa.

Il ne faut pas me la faire : quand on se balade à Paris, on voit des choses qui ne sont pas dans les journaux. Je n'ai jamais vu autant de cars de CRS autour de l'Elysée et du Palais Bourbon. Et pas qu'un peu. Pourtant, en vingt ans, j'en ai fait des balades dans Paris.

Ca sue la trouille. Le syndrome de la tour d'ivoire. La fièvre obsidionale. La semaine derrière les murailles du Kremlin, le week-end dans la datcha.

Sans oublier de lois de plus en plus intrusives.

Comme ce sont des incultes (1), qu'ils sont complètement isolés, déconnectés, ils analysent très mal la situation. Ils craignent une révolution ou un coup d'Etat alors qu'il s'agit d'une fronde.

2) La justice aux ordres. Le deux poids, deux mesures. L'injustice permanente. Inutile de revenir sur le traitement très particulier du point de vue judiciaire des «Manifs pour Tous».

3) Le harcèlement des opposants. Technique éprouvée et cet article m'a fait réagir :

Répression de «Hollande démission»

Vous me direz que c'est con et absurde, mais là encore, c'est une pratique bien connu.

Si on accuse de manière rationnelle un opposant, il peut tenter de se défendre rationnellement. Alors que si l'accusation est absurde, il est démuni, il ne peut pas répondre point à point.

Un petit truc de rien qui marchait très bien : pénétrer chez un opposant en son absence et déplacer un objet. Répété régulièrement, cela peut rendre fou. Pas besoin de grands procès de Moscou pour verser dans le harcèlement dictatorial.

4) le pourrissement du débat. L'interdiction de poser clairement les problèmes sur la table. Le recours perpétuel aux leurres, diversions, attaques ad hominem, etc.

5) Enfin, il ne faut pas oublier que la «bonne» dictature est celle qui s'installe dans un semblant de continuité avec l'ancien système. Bonaparte avait insisté pour donner au coup d'Etat du 18 Brumaire une apparence de légalité et de respect des lois.

L'article en lien insiste sur le fait que l'assassinat de de Gregoris Lambrakis a eu lieu avant l'installation de la dictature des colonels.

Point n'est besoin des signes formels de la dictature (c'est même maladroit) pour y être en pratique. Formellement, Nicolas Bernard-Buss n'a pas été condamné à de la prison pour opposition à Christiane Taubira, mais nous savons bien que c'est en réalité le cas.

Apparemment, nous vivons sous la même constitution que du temps de Georges Pompidou, mais quel Français serait prêt à jurer qu'il est plus libre en 2013 qu'en 1973 ?

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(1) : le biographe de François Hollande dit qu'on ne lui connaît aucune passion, aucun centre d'intérêt, à part la politique.

Marne : un cambriolage qui tourne bien

A propos du bijoutier qui a abattu son braqueur, certains journaux titrent : «Un cambriolage qui a mal tourné».

Moi, je trouve qu'il a plutôt bien tourné : le cambrioleur définitivement hors d'état de nuire et le bijoutier sain et sauf. Seul bémol : la garde à vue du bijoutier.

Bref, journalistes et moi, pas les mêmes valeurs

jeudi, novembre 28, 2013

Nouveau mai 40 : les capitalistes se barrent (avec le capital, les investissements et les emplois)

Entendu sur BFM : «Depuis un an et demi, tous mes clients-grands comptes cotés étudient sérieusement le déménagement de leur siège social hors de France».

Evidemment, je ne reviens pas sur les dizaines milliers de jeunes, diplômés ou non, qui s'enfuient.

Depuis la présidence Chirac, nous vivions une sorte de «drôle de guerre» économique. Par une accumulation de refus de décider, de tailler dans le vif, d'anticiper la catastrophe et de nous adapter, spécialement la France protégée, nous nous préparions à être totalement démunis face à la catastrophe qui vient.

Depuis le début de la présidence Hollande, nous vivons un mai 40 économique : les Allemands viennent de traverser la Meuse, nous sommes autour du 15. La défaite est quasiment inéluctable mais pas encore achevée.

Dans notre beau pays de France ...


> un rapport officel propose sérieusement des maisons de retraites pour invertis.

Où qu'il est le «vivrensemble» et l'enrichissement par la diversité ? C'est obligatoire pour les prolos pas pour les bobos ?

> il faut 7 mois pour obtenir un créneau pour passer le permis de consuire. Moi, quand je l'ai passé, il y avait un quart de fonctionnaires en moins qu'aujourd'hui, 20 % d'impots en moins et moitié d'endettement public, il m'a fallu une semaine pour avoir un rendez-vous.

Est-ce à dire que plus le nombre de fonctionnaires, les impôts et la dette augmentent, plus le service (sévice ?) public se dégrade ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

En défense de la retraite-chapeau de Philippe Varin


> les 21 M€ évoqués sont la provision actualisé pour 25 000 € par mois tout au long de l'espérance de vie de Philippe Varin. 25 000 € par mois, ce n'est pas vraiment scandaleux pour un ex-PDG.

> ce "scandale" n'arrive que parce que PSA a voulu un peu de transparence. Conclusion : la vertu n'est pas récompensée, vivez cachés. Mieux, quittons la France.

> la jalousie est mauvaise conseillère.

Excellente intervention technique de Jérôme Dedayan sur BFM. Ca change des approximations à coups d'émotion et de mensonge.

mercredi, novembre 27, 2013

Un mot sur la réforme fiscale


Alors qu'on parle de réforme fiscale, deux points semblent acquis pour 98 % de ceux qui causent dans le poste :

> le but des impots est de «corriger les inégalités».

> l'impot progressif (plus on gagne, plus on paye une part importante de ses revenus, jusqu'à 75 %) est juste. L'impôt est la punition du succès.

Pour la forme, rappelons que ce sont deux conceptions éminemment socialistes.

Il existe une autre conception :

> le but des impots est de fournir des ressources à l'Etat pour ses missions conformes à l'utilité commune, c'est-à-dire les fonctions régaliennes. L'impôt n'est pas la punition de la réussite.

> l'impot proportionnel (chacun paye une part égale de ses revenus) est juste.

Pour vous dire à quel point la progressivité de l'impôt n'est pas une évidence, certains, qui n'étaient pas un groupuscule, préconisaient, au moment de l'instauration de l'impôt sur le revenu, la dégressivité : les riches étant censés utiliser leur argent de manière plus avantageuse pour l'économie (en investissant) que les pauvres, il convenait de leur en laisser plus.

Pourquoi l'impasse française est vraiment une impasse


Les maux économiques de la France sont la traduction de maux intellectuels, pour ne pas dire philosophiques, plus profonds.

D'après Alain Madelin, il y a trois issues économiques possibles au surendettement et au social-clientélisme :

> sortie de l'Euro + protectionnisme + inflation

> Euro + déflation intérieure (solution grecque ou espagnole)

> libéralisation + croissance forte

Il croit que la troisième solution finira par s'imposer à cause du discrédit qui touche la classe politique qui porte les deux autres solutions : l'UMPS est discrédité et le FN a beaucoup de mal à se construire une crédibilité économique (1). Il cite la révolution française qui a vu surgir à la fois une nouvelle classe dirigeante et une nouvelle politique.

Je n'y crois pas : la révolution des idées avait été longuement préparée par les sociétés de pensée, les loges maçonniques et tout un climat qui mettait les «Lumières» à la mode.

Rien de tel aujourd'hui en faveur du libéralisme. On peut même dire que les Français n'ont jamais été si peu libéraux. Quant aux intellectuels, à de rares exceptions, ils ne connaissent du libéralisme que la caricature qu'ils répètent comme des perroquets.

Le libéral-conservatisme (conservateur partout donc libéral en économie puisque c'est notre tradition jusqu'en 1945 -même au temps du colbertisme, qui a échoué, l'Etat intervenait finalement peu dans l'économie) n'a aucune assise populaire. L'opinion en est à un socialisme sécuritaire.

Si les Bonnets Rouges manifestent pour que Paris leur foute la paix avec son écotaxe, ce qui pourrait passer pour une amorce de libéralisme, ils veulent aussi plus de subventions.

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(1) : je pense à Jean-François Revel : «A quoi sert la démocratie si elle consiste à essayer toutes les mauvaises solutions avant de se résigner à la bonne ?»

Un commentaire de Chuiche

L'effondrement identitaire se produit aussi en Chuiche, pas d'inquiétude ! Autonomie des cantons ou pas - grignotée avec patience par Berne au fil des ans, d'ailleurs - le Grand Remplacement est aussi en marche. Il se fait au rythme et sur la mélodie de pays, de manière feutrée et suave, là où il caquète, explose et cacophone en Hexagonie, c'est la différence majeure.

Le fractionnement politique du territoire est un phénoménal ralentisseur de la corruption généralisée de l'Occident, mais ce n'est que cela. Sur le plan culturel et ethnique, nous connaissons les mêmes abominations que vous autres franchouillards. Mixité aberrante des couples, gamins pourris de hip-hop et infoutus d'écrire ou parler correctement, bétonnage irrépressible de tout ce qui n'est pas muséifié au nom de Saint Touriste, grandes villes prenant la gueule de n'importe quelle métropole avec des alignées de boutiques et cafés franchisés... Quant à notre droite parlementaire censée être la plus dure, elle est du niveau du RPR des années huitante...

Blanc parmi les Blancs, le Chuiche méprise sa propre culture et rejette son ascendance avec la même rage que n'importe quel Toubab. C'est certes moins marqué dans la partie germanophone pour l'instant, la Romandie étant à l'avant-garde de la Honte et de la Repentance (pour quelles colonies, ça reste à établir). Il n'y a qu'à voir le soin que les Bourbines mettent à l'entretien de leurs villes et de leurs campagnes, à l'inverse du Welsche, plus relâché, plus oublieux, plus crasse, plus latin quoi...

Mais ces spécialités folkloriques n'y changent rien. Nos lois antiouacistes valent amplement les vôtres, nos journalistes se partagent entre soc-dem et trostkards policés, le culte holocaustique fait partie du cursus de tout intellectuel ambitieux, et notre bienveillance envers tout ce qui sue le pognon nous rend déjà de facto cosmopolites. Ceci pour dire que n'importe quel système politique n'est qu'une superstructure qui vient se coller sur une culture dont la base est le clan, la tribu. Corrompez cette dernière, et le plus absolu des monarques n'y pourra que dalle.

C'est d'ailleurs le gros problème de la droite, qui se touche à vingt phalanges de tout ce qui relève du culturel et de la tradition vécue. Elle en vient à ne réfléchir qu'en termes de fric et de sécurité. EIle applaudit à l'encasernement de la société toute entière du moment qu'elle ne croise plus un punk à chien dans la rue.

mardi, novembre 26, 2013

Surévaluation de l'Euro et déficit public français

Surévaluation de l'Euro et déficit public français

J'étais assez perplexe sur cet article jusqu'à ce que je m'aperçoive que 80 milliards d'€ (j'arrondis) de déficit public français n'était pas négligeable face, par exemple, à l'excédent commercial de la zone Euro.

lundi, novembre 25, 2013

Kennedy, la démocratie, le bon sens et le savoir approximatif

Un des éléments qui alimentent le complotisme est le savoir approximatif.

Par exemple, un commentateur de ce billet soutient que l'hypothèse du spasme qui rejette la tête de Kennedy en arrière lors de son assassinat est une fumisterie. Sa tête part en arrière parce qu'un tireur était de face et que l'enquête officielle a dissimulé ce fait importantissime.

Sur quel savoir médical, sur quelles expériences, base-t-il son affirmation ? Mystère et boules de gomme. Il y a toutes les chances que cela soit du savoir approximatif, du faux bon sens. En l'occurrence, une dizaine de médecins a témoigné que ce spasme était possible.

Autre exemple : une des causes de l'accident de la navette Challenger est que les ingénieurs ont décidé avec le savoir approximatif «il ne fait pas froid en Floride». Manque de pot, il arrive qu'il fasse froid en Floride.

Or, dans nos démocraties modernes et sondagières, on nous demande sans cesse de porter des jugements sur des affaires sur lesquels nous n'avons aucune compétence particulière.

 Etes vous favorable à la taxe sur les vaches qui pètent ? L'accord avec l'Iran est-il un bon accord ? Que pensez vous de la directive 1234-09 de l'Union Européenne ? Christiane Taubira aime-t-elle les bananes ? Valérie Trierweiler est-elle un homme ? Etc.

Dans la plupart des cas, nous n'avons guère que notre bon sens pour nous aider.

Le problème, c'est qu'entre savoir approximatif erroné et bon sens avéré, il n'y a quelquefois que l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarettes. Un sondage sur les connaissances élémentaires des Français en économie donnait des résultats épouvantables.

C'est pourquoi j'ai longtemps été partisan de la démocratie représentative : au moins, me disai-je, pour choisir un bonhomme, nous avons tous des aptitudes. L'expérience m'a prouvé que j'avais tort. Un comédien professionnel, comme le sont tous nos politiciens, peut tromper son monde, c'est même son métier.

Alors ?

Il y a ma solution idéale : la monarchie libérale. Le roi et son gouvernement gèrent le pays sans nous demander notre avis mais notre espace de liberté est suffisamment grand pour mener notre vie comme nous l'entendons dans la plupart des domaines.

Une idée intéressante vient du Luxembourg : le monarque héréditaire peut provoquer un referendum s'il est en désaccord avec le parlement. Malheureusement, le Grand-Duc a perdu son pouvoir après avoir refusé la loi sur l'euthanasie (c'est honorable d'échouer sur un tel sujet).

Reste le système suisse : des cantons très autonomes, un pouvoir central réduit et beaucoup de référendums d'initiative populaire.

Hélas, en France, la loi sur les referendums d'initiative populaire a été sabotée. Elle existe pour l'affichage, mais les dispositions en sont telles qu'il est tout simplement impossible qu'il y ait jamais un tel referendum. Les parlementaires français méprisent et craignent le peuple tout à la fois.

Nous sommes donc condamnés à voter pour gens qui ne nous inspirent aucune confiance et à être sondés sans relâche sur des sujets dont nous nous foutons.


Réforme fiscale Ayrault : craignons le pire

L'idée saugrenue de consulter les «partenaires sociaux», c'est-à-dire les oligarques parmi les oligarques, sans aucune légitimité, sur la réforme fiscale annoncée doit susciter toutes les terreurs : on sait déjà d'avance ce que ces gens vont dire. «Il faut sauver à tout prix le système qui coule et matraquer encore les classes moyennes supérieures».

Nous sommes prisonniers et Ayrault convoque ses copains «partenaires sociaux» pour l'aider à nous tabasser. Habituellement, c'est très mal vu de tabasser des prisonniers. Sauf à gauche en matière fiscale ...

Le mieux serait que cette réforme soit enterrée. Sinon, elle va précipiter encore plus le naufrage de l'économie et la banqueroute.

dimanche, novembre 24, 2013

Les quatre catégories du général Von Hammerstein

Le général Von Hammerstein associe les couples paresseux / travailleur et intelligent / sot :

• les officiers intelligents et travailleurs font de bons seconds.

• les officiers intelligents et paresseux font de bons commandants en chef car ils apportent clarté d'esprit et méditation.

• les officiers sots et paresseux qui font 90 % des armées sont destinés aux tâches routinières.

• les officiers sots et travailleurs sont des dangers publics, des vecteurs de catastrophes. S'en débarrasser.

Pour notre malheur, les politiciens français de 1940 n'avaient pas cette sagesse et l'armée était commandée par des seconds inaptes au poste suprême (Gamelin second de Joffre, Weygand second de Foch).

Joffre, lui, se classerait plutôt dans la troisième catégorie : sot et paresseux, ce qui limite tout de même les dégâts par rapport à la quatrième. En tout cas, il est flagrant qu'il ne possédait pas le niveau intellectuel de son ex-chef, Gallieni. Les carnets de ce dernier sont fort intéressants.

Je soupçonne qu'on peut étendre la classification de Von Hammerstein en dehors du domaine militaire !

Nota : je classe François Hollande dans la troisième catégorie, il est paresseux (son amie Martine a dit un jour "Il ne travaille pas" et quelques indications en provenance du "Chateau" penche en ce sens) et il est sot, incapable de hauteur.

Et si c'était moi l'assassin de Kennedy ?

Le fait que je sois né quelques années après la mort de JFK compte assez peu : parmi les théories, il y a JFK tué par les extra-terrestres, JFK tué par son chauffeur, alors JFK tué par Franck Boizard, pourquoi pas ?

Mais moi, je m'y serais pris à l'ancienne, à la dynamite :


La terrible puissance de l'écran blanc

Les commentaires du billet précédent à propos de l'assassinat de JF Kennedy me font penser à La mort aux trousses, d'Alfred Hichcock.

Rappelons l'argument de ce film : les services secrets inventent un personnage dans l'espoir que les méchants se prendront les pieds dans le tapis en essayant de combattre cet individu qui n'existe pas. Et Cary Grant passe malencontreusement dans les parages ...

La force de ce scénario est que moins le personnage fictif existe, plus les méchants sont obligés de faire preuve d'imagination et d'auto-suggestion pour lui donner chair.

C'est la puissance de l'écran blanc où chacun projette ce qu'il a envie de voir. Plus l'écran est vide, plus ça marche. C'est d'autant plus terrible que c'est l'individu s'auto-suggère, alimentant lui-même sa propre tromperie. Tout ce qu'a à faire le trompeur, c'est d'amorcer la pompe habilement et, surtout, de résister à la tentation d'en faire trop, de donner trop d'informations, de ne pas laisser l'écran assez blanc.

Il est difficile d'expliquer autrement que par ce mécanisme de projection l'élection d'hommes sans qualités comme Barack Obama  et François Hollande. Chacun de leurs électeurs a projeté sur ces hommes sans intérêt les qualités qu'il aurait aimé y voir.

Dans l'affaire Kennedy, l'écran est presque blanc : le plus vraisemblable est que Lee Harvey Oswald était un allumé qui a décidé tout seul d'assassiner le président, il y  a réussi et Jack Ruby, un dépressif, l'a tué. Un déroulé aussi stupide laisse beaucoup de place sur les cotés pour tous les fantasmes «intelligents».

Ce mécanisme est aussi celui de nombreuses publicités : on ne vante pas positivement les qualités d'un produit mais on suggère une ambiance, en comptant sur l'imagination du pigeon client pour faire le reste.

samedi, novembre 23, 2013

Qui n'a pas tué John Kennedy ? (V. Quivy)

Livre d'actualité, à l'occasion du cinquantenaire de l'assassinat de Kennedy.

Plaisamment écrit, il est de lecture agréable.

Il passe en revue les différentes hypothèses et conclut que la plus vraisemblable est que Oswald a agi seul. C'est aussi mon opinion.

1) Les hypothèses alternatives présentent chacune encore plus de trous que la thèse officielle.

2) Il manque le mobile pour les hypothèses alternatives. En effet, on nous dresse toujours des listes d'ennemis de Kennedy qui avaient intérêt à sa mort.

Certes. Mais il ne faut pas confondre avoir intérêt à sa mort et organiser son assassinat. En effet, si l'on se place dans l'hypothèse d'un complot, nous avons affaire à des individus rationnels qui doivent envisager l'échec de leur opération.

On constate alors que le coût de l'échec est pour eux immense. Pour un gain, en cas de réussite, assez mince : après tout, Kennedy est en fin de mandat et il n'est nullement assuré qu'il sera ré-élu. Il n'est donc pas rationnel d'organiser un tel attentat.

D'ailleurs, le temps joue contre l'hypothèse du complot : un complot implique nécessairement du monde. Qu'aucun participant à un crime si célèbre ne s'en soit vanté, même de manière posthume, paraît peu vraisemblable.

D'ailleurs, il suffit là encore de regarder l'histoire : combien d'assassinats politiques sont dus à un complot, combien sont dus à un illuminé solitaire ? La balance penche nettement du coté des illuminés.

Mais je sais bien que cette rationalité ne peut être entendue de tous : le complotisme, qui voit des complots partout, est consubstantiel à la démocratie moderne, comme l'avait expliqué François Furet à propos de la révolution française.

Remarquons que le phénomène s'auto-entretient : si la thèse officielle est la bonne, il n'y a plus rien à découvrir. Du fait qu'on ne découvre plus rien, le complotiste tirera que le mystère est particulièrement protégé et donc le complot d'autant plus puissant.


La fin de la mondialisation (F. Lenglet / A. Madelin)

Débat François Lenglet / Alain Madelin à l'Assemblée Nationale.

Débat passionnant. Je vous résume très succinctement :

> le protectionnisme est une hérésie économique quand on raisonne globalement. Mais, à l'intérieur du bien économique global de la mondialisation, il y a des perdants et des gagnants et il arrive que les perdants obtiennent gain de cause politique et provoquent une fermeture.

Les intervenants ont fini par tomber d'accord sur le fait qu'à la fin des fins, on butait sur une question de morale : la mondialisation est bonne pour l'ouvrier chinois et mauvaise pour l'ouvrier français. A-t-on le droit de préférer le Français aux dépens du Chinois ?

Il n'a pas été répondu à cette question.

> autre question morale : l'Etat est-il légitime à m'interdire de placer mon argent à tel ou tel endroit ou d'acheter mes chemises à tel ou tel fournisseur ? Car c'est bien à cela que revient le protectionnisme.

> enfin, la France souffre tant de la mondialisation que parce qu'elle ne sait pas faire les réformes nécessaires pour s'y adapter (dégraisser les mammouths). La mondialisation, avant d'être un problème extérieur, est un révélateur de nos déficiences internes.

Il est sans doute dommage qu'aucune question non-économique n'ait été réellement abordée.



vendredi, novembre 22, 2013

Television is evil

Television is evil

Vous lirez ce que Dalrymple écrit des gens de télévision !

Depuis vingt-cinq ans que je vis sans télévision (plus exactement, sans chaines de télévision), j'ai fini par développer une allergie.

Quand une télévision fonctionne dans la pièce où je suis (nécessairement, ce n'est pas mon domicile), j'ai toute une gamme de tactiques d'évitement, mais, bien souvent, je finis tout simplement par demander le plus diplomatiquement possible à mon hôte de bien vouloir éteindre l'engin diabolique.

J'ai des raisons de penser que l'hôte en question ne souffre pas de cette interruption des programmes.

J'ai une télévision, mais uniquement pour regarder des DVDs. Or, dans ce cas, je n'éprouve pas du tout cette allergie.

Je me suis posé la question de savoir pourquoi.

Voici ma réponse : indépendamment de la qualité des émissions, la télévision s'impose là où elle est allumée. Elle émet un flot continu de sons et d'images qui finissent toujours par monopoliser l'attention (et dissoudre l'intelligence). Elle me prive de mon libre-arbitre et casse la conversation. Evidemment, le DVD, c'est différent : il est limité dans le temps et ce n'est pas lui qui a attiré l'attention, c'est nous qui avons décidé de lui consacrer un peu de notre temps.

Comme disait un homme sage, la télévision est un membre de la famille, et pas le moins important. C'est souvent le seul qui parle pendant les repas.

Partout où une télévision fonctionne, des humains perdent leur monde intérieur.

Je connais des gens qui, après deux jours de vacances sans télévision, sont allés en acheter une pour briser l'ennui. Ils m'inspirent beaucoup de pitié et un rien de mépris.

Je tiens véritablement la télévision pour un instrument maléfique.

Aux gens qui quelquefois m'interrogent «Comment faites vous pour vivre sans télévision ?», je ne peux que répondre, le plus sincèrement du monde : «Et vous, comment faites faites vous pour vivre avec la télévision ?».

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J'en profite pour féliciter mes collègues qui, convenablement endoctrinés par mes soins, évitent désormais le sempiternel «T'as pas vu hier soir à la télé ...»

Education, société, morale : le naufrage révélé par une terreur de 8 ans

Chaque phrase de l'article qui suit mériterait un commentaire. Tellement que l'ensemble, lui, se passe de commentaire.


Le Figaro :

Un enfant turbulent de 8 ans terrorise son école

Un élève de CE2 fait vivre l'enfer dans son école de Seine-et-Marne à tel point que des parents d'élèves ont bloqué l'établissement pour protester contre cette situation devenue ingérable.

Ils étaient une vingtaine de parents d'élèves et quelques instituteurs, jeudi, à s'être mobilisés pour bloquer l'école élémentaire La Clé-des-Champs située à Vaudoy-en-Brie, un village de 800 habitants en Seine-et-Marne. La cause de cette protestation: un enfant de 8 ans. Depuis le mois de septembre, cet élève scolarisé en CE2 sème la zizanie parmi ses camarades et aurait même donné un coup de poing dans le nez d'une institutrice, lundi dernier. Cet énième incident a été «la goutte d'eau qui a fait déborder le vase», indique Le Parisien qui révèle l'affaire.

Le lendemain de cette attaque présumée, une cinquantaine de parents d'élèves avait assistée à une réunion, inquiets pour la sécurité de leur(s) enfant(s) et des actes de violence de l'élève incriminé. Quant aux instituteurs, il avaient exercé leur droit de retrait. Contactée aujourd'hui par Le Figaro, l'école n'a pas souhaité s'exprimer.

Un camarade : « il m'a attrapé la tête et me l'a cognée sur la table.»

«Notre action n'est pas dirigée contre l'enfant. On aimerait l'aider. On a rencontré sa mère, mecredi, et c'est avec son soutien que l'on agit, car tout le monde à l'école est en détresse», explique une mère au Parisien qui cite également le témoignage d'enfants: «il prend les affaires des autres et les jette» explique un camarade ; «il m'a attrapé la tête et me l'a cognée sur la table» ajoute un autre. D'autres élèves font également état d'insultes, jusqu'aux maternelles qui ont aussi été témoins «d'une des scènes de violences dont il était à l'origine.» Quant au corps enseignant, nombreux ont été les professeurs a être la cible du jeune enfant: une surveillante s'est faite jeter des chaises dessus, l'instituteur des CM2 s'est vu offrir également un coup de poing au visage et a eu le nez en sang, et dernièrement, pendant une sortie de classes, l'enfant a commencé à frapper la directrice et deux maîtresses. Une enseignante est même depuis hier en arrêt maladie.

La mère de l'enfant se dit débordée et serait insultée dans le village

Des plaintes auraient été déposées par les enseignants et «un signalement effectué auprès du procureur de la République de Meaux.» Un état de fait qui a contraint l'inspection de la circonscription de Provins, une commune située à 25 km de Vaudoy-en-Brie, à venir vendredi. Le maire du village, Christophe Giroud, s'est également rendu sur les lieux pour tenter d'apaiser la situation. «Le maire a fait savoir qu'il était hors de question que l'enfant parte de l'école. Les violences de cet élève ne se passe que dans son établissement scolaire, il n'y a pas de ‘terreur dans le village'» affirme-t-on du côté de la mairie tout en soulignant que le blocus de l'école avait été levé.

Mais face à cette situation, les parents ne veulent pas en rester là et réclament le soutien d'un auxiliaire de vie, voire un(e) instituteur(trice) supplémentaire afin d'aider l'élève turbulent, ou de le cadrer lorsqu'il doit être isolé du reste de ses camarades.

jeudi, novembre 21, 2013

Complaisants avec le crime, complaisants avec les causes du crime, complaisants avec les criminels


A l'occasion de l'affaire , on apprend que Florence Rey est sortie de prison au bout de quinze ans après une condamnation à vingt ans et travaille dans le cinéma. Rappelons que l'on parle de cinq meurtres dont trois de policiers.

Que cette femme profite des dispositions légales en sa faveur, rien de plus normal. L'anormale est que ces dispositions existent.

Tout de même, quand tout est dit, quand la société se regarde dans le miroir, quel désastre moral !

Et pour le milieu du cinéma ? Je sais, je sais, le cinéma a toujours été fasciné par les truands et mon copain Alphonse Boudard y a fait un passage, mais il n'avait tué personne.

A une autre époque, cela se serait terminé autrement pour Florence Rey. Ca aurait été dommage pour Mlle Rey mais meilleur pour la société.

Dalrymple se paye Hollande

Vous savez mon admiration pour Theodore Dalrymple. Une fois de plus, en quelques phrases, il dit l'essentiel.

Pour ceux qui ne lisant pas l'anglais, je traduis juste le denier paragraphe.

Il n'y a rien de mal à être médiocre. La plupart d'entre nous sont médiocres dans la plupart des choses. Cependant, allié à l'ambition et à la cruauté, la médiocrité devient une malédiction. Il suffit de regarder la classe politique britannique pour le comprendre.


President Normal the 1st of France

Sometimes I feel a little sorry for people in high public office. First they are photographed everywhere they go, then the picture editors choose the photos that show them at their worst. Mrs Clinton, for example, is always shown is if she were playing Lady Macbeth. Of course, there is an explanation for this other than the malice of picture editors, but being charitable I prefer not to think it.

In France, President Hollande is always photographed looking bemused, not very intelligent and completely out of his depth. He has the air of a man who has wandered from his natural environment, say a provincial branch of a bank he is deputy manager, into the midst of a world war raging all about him. He not only lacks charisma (which is not necessarily a bad thing when one considers the damage sometimes wrought by charismatic persons), but has a kind of negative charisma. When one looks into his face, one wants to go to sleep. He manages to be both boring and wrong-headed at the same time; obstinacy is his substitute for strength.

Poor man! Everything is going wrong for him. He is the object of universal ridicule and contempt. He is booed and hissed in public, he has the lowest rate of approval of any French president of the Fifth Republic (even his supporters think nothing of him), the economic situation in France is deteriorating, he made a complete fool of himself over Syria, and so it goes on. In his election campaign he made much of his desire to be 'a normal president' by contrast with his opponent, Nicolas Sarkozy, whose main ambition in life seemed to be to appear in as many newspapers, magazines and TV programmes as possible. Recently an article in the Journal du dimanche called him Normal the First.

It goes without saying that 'normal' men do not become President of the French Republic. It is true that Mr Hollande reached the Elysée only by accident, thanks to the public exposure of Mr Strauss-Kahn's goatish disposition; but normal men do not devote their entire lives to politicking, as he had done. Unfortunately, his abnormality lay not in the sphere of ability, but in that of ambition: he is the most characteristic of modern types, the ambitious mediocrity.

There is nothing wrong with being mediocre. Most of us are mediocre in most things. Allied with ambition and ruthlessness, however, it becomes a curse. You have only to look at the British political class to understand that.