mercredi, avril 15, 2020

Le monde d'après sera le monde d'avant en pire : confirmation (ce n'est pas la surprise du siècle : c'était un suicide collectif de voter Macron. Ca n'a pas changé).

Vers un gouvernement de “concorde” avec NKM et Manuel Valls ?

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/ Mercredi 15 avril 2020 à 13:27
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Manuel Valls et Emmanuel Macron. Photo © HAMILTON-POOL/SIPA
Plusieurs membres de la majorité parient sur un gouvernement d’union nationale au sortir de la crise, composé de “grandes figures venant de tous horizons”. 
Depuis plusieurs semaines déjà, Emmanuel Macron prépare l’après-crise du coronavirus. Une première étape a été franchie, lundi 13 avril, quand le président de la République a annoncé devant les Français une potentielle date de sortie du confinement, le 11 mai. Mais à la crise sanitaire, il faudra également une réponse politique et le chef de l’Etat le sait. Si bien qu’au sein de la Macronie, l’éventualité d’un gouvernement d’union nationale se fait de plus en plus concrète, rapporte Le Parisien

NKM, Valls, Barnier, Le Foll… 

En coulisses, on nomme cela un gouvernement de « concorde », explique le quotidien francilien. Il pourrait réunir des personnalités de tous bords, une fois la crise passée. Emmanuel Macron « réfléchit aux moyens de rassembler pour mobiliser » autour de « grandes figures venant de tous horizons », confie un très proche du président de la République. Et les plus joueurs des membres de la majorité parient déjà sur quelques noms clinquants : l’ancien négociateur du Brexit Michel Barnier, l’ex-ministre de l’Agriculture de François Hollande Stéphane Le Foll, mais également Nathalie Kosciusko-Morizet, elle-aussi ancienne membre du gouvernement désormais exilée à New York et même un certain… Manuel Valls, retourné dans sa ville natale de Barcelone en 2017. 
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Mais alors quid d’Edouard Philippe ? Depuis le début du quinquennat Macron, le Premier ministre endosse le rôle ingrat dévolu à chaque chef de gouvernement et doit aujourd’hui élaborer un plan de déconfinement en quinze jours. De quoi inquiéter un conseiller ministériel, qui voit dans l’épidémie de coronavirus « une mission suicide » pour le gouvernement. Emmanuel Macron « leur a mis le pistolet sur la tempe », regrette-t-il auprès du Parisien.  

Mars-Avril 1940

J'ai repris la lecture de The collapse of the third Republic, de William Shirer, que j'avais interrompue tant c'est un crève-cœur.

Qu'est-ce qui obsède les politiciens et les militaires français en mars-avril 1940 ?

Attaquer l'URSS ! Le prétexte est de venir en aide à la Finlande, puis, quand la Finlande a déposé les armes, de priver les Allemands du pétrole du Caucase. L'enthousiasme politicien pour ces plans sur la comète est grand.

Le vrai moteur est évidemment l'anti-communisme et l'absence d'hostilité véritable de certains parlementaires au régime hitlérien.

A 80 ans de distance, les bras nous en tombent de tant de stupidité stratégique, aveuglée par l'idéologie bêtasse. On n'est pas capable d'attaquer l'ennemi allemand de l'autre coté de la frontières mais on envisage allègrement de faire le tour de la planète pour attaquer l'URSS qui n'est pas notre ennemie.

Cette folie a tout de même fait tomber le gouvernement Daladier, soupçonné de ne pas être assez offensif, remplacé par Reynaud.

Il a fallu que l'allié anglais intervienne pour remettre les pieds sur terre à nos politiciens.



La séance parlementaire du 22 mars qui amène Reynaud au pouvoir est atroce. Les interventions sont mesquines, partisanes, aucun orateur à la hauteur des événements, à part Léon Blum. Elle laisse un souvenir très pénible à tous les témoins.

Reynaud (comme Sarkozy avec l'ouverture à gauche, à qui il ressemble beaucoup physiquement, intellectuellement et politiquement) constitue un gouvernement et un cabinet absurdes, où il y a autant de défaitistes et d'ennemis larvés que de partisans. Je pense que, comme Sarkozy, il y a derrière ces petites habiletés tactiques, criminelles à terme, une grande lâcheté, un refus d'assumer ses positions. Grande gueule, petit courage. Comme Sarkozy, Reynaud n'est pas un  guerrier politique, un Churchill, un De Gaulle, un Trump, qui s'épanouissent dans le conflit. Derrière l'allure énergique, il y a un minable qui cherche toujours à concilier l'inconciliable et à ne pas couper les ponts, qui cherche à plaire quand il est l'heure de déplaire.

Dans ce drame national, il y a deux personnages qui sont encore de nos jours surévalués : Weygand, un traitre qui, comme Bazaine, aurait du être fusillé ; Reynaud, qui a trafiqué ses mémoires pour se présenter faussement comme le premier Résistant, alors qu'il a été dépassé les événements et n'a pas compris la logique gaullienne.

Ca relativise la médiocrité macronienne !




mardi, avril 14, 2020

Triple frappe marseillaise

Triple frappe marseillaise



Voici le commentaire que j'ai laissé sous cet article :

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Je pense que, comme Trump, Raoult est de ces personnalités que le combat excite.

Le risque qu’il court est de devenir imperméable au doute et de s’entêter dans l’erreur. Espérons qu’il y a dans ses vieux compagnons des gens capables de le remettre dans l’axe en cas de besoin.

Là, Macron est est tombé sur un os : Raoult est plus intelligent et plus combatif que toute la prétendue opposition réunie. Et il est sur son terrain.
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Car il y a peu d'ambiguïté : en ce moment, Didier Raoult est l'opposant en chef à Emmanuel Macron, c'est lui qui, avec son expertise, démontre que chacune des décisions du gouvernement est idiote ou trop tardive (la plupart du temps, il y a cumul).

J'aime l'histoire et la politique pour ça : c'est toujours plein de surprises et de rebondissements.

Dominique Venner a publié un livre L'imprévu dans l'histoire.

Le surgissement dans l'actualité de Didier Raoult illustre à merveille le célèbre aphorisme d'Hölderlin : « Là où croît le péril, croît le remède ».

Il illustre aussi un principe de la stratégie byzantine que Macron a eu tort d'ignorer.

Ne tuez jamais totalement votre ennemi. Mieux vaut un ennemi affaibli que vous connaissez à un ennemi nouveau que vous ne connaissez pas.

Macron a vitrifié le paysage politique. Les connards de LR pensent comme lui, ce sont des lavettes qui font semblant de s'opposer mais, en réalité, gouverneraient comme lui. Mélenchon et le Pen sont nuls. Les médias et l'appareil judiciaire sont en pâmoison devant lui.

Il était donc évident que l'opposition véritable surgirait du diable-vauvert, hors système politique, comme Trump, comme Beppe Grillo, comme Salvini (seuls les Anglais ont réussi à ménager une vraie opposition au sein de leur système politique).

Le principe est que, quand ce n'est pas une surprise, le Système arrive à parer le coup ou à l'absorber. C'est ainsi qu'Eric Zemmour, qui est un opposant trop évident pour surprendre, est petit à petit neutralisé : on le laisse parler dans son coin, c'est sans conséquences politiques.

Bien sûr, Didier Raoult ne fait pas de politique, il n'a pas de parti et il n'est candidat à rien. Mais ça le rend encore plus redoutable à court terme. A long terme, nous serons tous morts !






Le Raoult du jour

Témoignage d'un médecin réquisitionné

Témoignage d'un médecin réquisitionné

A prendre avec des pincettes du fait de l'anonymat.

Voilà, voilà. Pensez à payer vos impôts.

« Les décisions de nos gouvernements n’ont probablement fait que retarder l’agonie »



Depuis plus de trente ans, l’anthropologue genevois Jean-Dominique Michel étudie les dispositifs sanitaires et les politiques de soin. Son article « Covid-19: fin de partie » a beaucoup fait réagir depuis sa publication, mi-mars, sur son blog hébergé par la Tribune de Genève. En particulier en France, où il a battu des records de consultation sur Mediapart. Le papier est désormais traduit en plusieurs langues. Tout juste remis lui-même de la maladie, après un traitement à l’hydroxichloroquine, le conférencier a répondu à mes questions. Interview.



L’Impertinent: Alors que l’épidémie se répandait progressivement depuis la Chine vers le reste du monde, les gouvernements n’ont pas tous réagi de la même manière. En Europe, par exemple, on a le sentiment qu’ils ont cherché à minimiser le problème, puis ont sauté dans l’autre extrême, comme pour ne pas qu’on puisse les accuser de négligence. 
Mais le problème est bien là: cela fait des années que nous sommes conscients qu’une pandémie nous pend au nez. Ebola résonne désormais comme un avertissement. Un avertissement que nous n’avons pas su entendre. Comment expliquer ce manque de préparation de la part des gouvernements?


J.D.M: C’est franchement incompréhensible !

Une fois qu’on sera sortis d’affaire, on se penchera sur cette question, et ça promet d’être intéressant.

Il s’agit d’un risque sanitaire majeur qu’on connaît depuis 25 ans. Tout comme on connaît le risque qu’advienne tôt ou tard un tremblement de terre de grande amplitude dans certaines régions sismiquement instables. On connaît les mesures structurelles et opérationnelles à prendre et on construit donc, par exemple, les immeubles en conséquence ; on forme la population ; on prépare les services d’urgence à réagir ; on anticipe les besoins logistiques particuliers, sanitaires et vitaux (alimentaires) etc… afin d’être sûrs d’être bien préparés quand le problème surviendra.

Depuis les années 2000, et plus encore après l’épisode du virus H1N1 (qui n’aura été, Dieu merci, qu’un pétard mouillé) des plans solides et bien pensés ont été mis sur pied pour anticiper cette menace. En France, le professeur Didier Raoult a, par exemple, exhumé un rapport qui date de 2003 dans lequel il avait prévu et décrit comment se passerait une pandémie. Or, nos gouvernements donnent l’impression d’avoir soudain découvert cette menace, comme s’ils n’y avaient jamais réfléchi. Et font, de surcroît, le contraire de ce que tous les meilleurs experts recommandent de faire dans ce genre de cas. Donc, effectivement, cela pose question.

Pensez-vous que le Conseil fédéral aurait dû exiger un confinement?

Non, pas du tout. Je comprends combien il est difficile d’évaluer les risques sanitaires en live, d’où bien sûr l’importance d’être bien préparés. Les autorités, en Suisse comme en France, ont réagi comme on réagissait au XIXe siècle, lorsque nous n’avions aucun des moyens dont nous disposons aujourd’hui. Or, le confinement est une très mauvaise mesure qui ne s’impose qu’en toute dernière extrémité, ou en l’absence de tous moyens utiles ! Même s’il n’y a pas eu de confinement à proprement parler, nous sommes quand même allés dans cette direction par étapes. Avec des modalités un peu différentes, mais il s’agit de la même logique.

Cependant, ce que nous disent les meilleurs spécialistes en épidémiologie infectieuse, c’est qu’il convient de faire exactement l’inverse pour lutter contre une épidémie de ce type : il faut impérativement confiner les personnes à risques, mettre en quarantaine les personnes infectées, mais surtout pas les gens qui ne sont pas malades, ne présentent aucun profil de risque ou qui sont déjà immunisés ; il faut ensuite tester le plus de gens possible pour connaître les caractéristiques de l’épidémie (et non pas travailler à l’aveugle) et permettre au gens de savoir s’ils sont infectés ou non. Le confinement est donc limité aux indications réellement utiles et les autres personnes continuent à vivre normalement sans flanquer l’économie à terre… Du reste, c’est comme ça qu’ont agi des territoires comme Hong Kong et Singapour, qui sont à la fois extrêmement peuplés et se sont trouvés aux premières loges face à l’épidémie, et qui recensent très peu de morts !

Comment expliquer alors que nos gouvernements n’aient pas su réagir de la même manière ?

Aucune idée. Les plans étaient prêts et ils étaient bons, les stocks (de masque en particulier) étaient faits. Et rendre disponibles, à partir de nos ressources scientifiques et industrielles, des millions de tests aurait été simple comme bonjour si on en avait fait une priorité stratégique urgente. Cela fascine Raoult à Marseille, cela fascine les meilleurs experts et cela me fascine aussi. Nos gouvernements donnent l’impression d’avoir été pris au dépourvu, comme des nations du XIXe siècle, ou sans moyens scientifiques et techniques. 

Les gros dégâts qu’on voit aujourd’hui ne sont pas dus à la dangerosité du Covid-19. C’est au contraire la mauvaise réponse sanitaire qui génère l’essentiel de la mortalité. En l’occurrence, le coût de cette inexplicable impréparation et de ce réflexe de peur archaïque (« tout le monde aux abris ! »), qui est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire au 21e pour lutter contre une pandémie, aura été la vraie cause de la mort d’autant de personnes. Confiner ensemble les malades et les non-malades et les personnes à risque est le plus sûr moyen d’avoir le plus grand nombre de victimes, hélas !

Qu’en est-il de l’utilité des masques ?

Il s’agit à nouveau d’une question intéressante : les pays asiatiques en ont fait un très bon usage. Le Japon, la Corée, Singapour, Hong Kong se sont beaucoup protégés avec les masques et l’impact est visible : cela ne les a pas empêchés de se mouvoir tout en étant protégés.

Quand le porte-parole du gouvernement français (l’OFSP chez nous a dit les mêmes âneries) affirmait que les masques ne servaient à rien, il s’agissait d’un mensonge d’Etat visant à camoufler de manière évidemment malhonnête que les stocks stratégiques qui avaient été faits avaient en fait été liquidés et que nous ne disposions plus des réserves nécessaires-même pour juste protéger les soignants. Plutôt que de d’admettre ce manque et d’assumer la responsabilité d’avoir mal prévu, les responsables ont préféré prétendre (il faut tout de même oser) que les masques ne servaient à rien. 

Cela dit, je suis assez sensible à l’argument des épidémiologues qui disent qu’hormis pour les groupes à risque et les professions ayant besoin de protection (comme les soignants, les urgentistes, les caissières et les commerçants), il vaut mieux oublier tout ça et exposer le plus de gens sans profil de risque particulier au virus le plus vite possible, étant donné qu’il n’est pas dangereux pour la quasi-totalité de la population et que c’est le seul moyen de nous mettre réellement à l’abri en construisant une immunité de groupe.

Mais ne pensez-vous pas qu’il s’agit d’un discours qu’on ne peut pas tenir dans des sociétés comme les nôtres, bien plus individualistes que certaines sociétés asiatiques ?

J’entends. Cela dit, il faut aussi se rendre compte qu’il y a eu une manipulation des chiffres vraiment problématique sur le plan de l’honnêteté intellectuelle. Je pense notamment à cette étude publiée par le Pr Neil Fergusson à l’Imperial College à Londres, affirmant qu’il pourrait y avoir jusqu’à 500’000 morts en Angleterre. C’était un chiffre absurde, totalement faux, et qui a été en fait avancé dans le but de faire réagir Boris Johnson et le pousser à changer d’option sanitaire. Mais épidémiologiquement, ça ne valait pas tripette ! Depuis, ils ont révisé leurs prévisions en disant qu’il y aurait 20’000 morts dans le pire des cas. A savoir des chiffres normaux, correspondant à ce qu’on connaît avec les virus hivernaux en général. 

C’est cela qui est vraiment extraordinaire : nous sommes, de l’avis unanime des meilleurs spécialistes, dans un événement épidémique normal ! Il n’y a tout simplement pas plus de morts cette année que les autres années à cause des pathologies respiratoires habituelles, dont ce nouveau coronavirus (nous en avons déjà plusieurs en circulation parmi la dizaine de virus respiratoires saisonniers) ne sera qu’un xième virus en plus. 

Ce qui expliquerait pourquoi on tait les chiffres de mortalité de la grippe saisonnière, par exemple ? 

Précisément ! Si vous faites croire aux gens que 100'000 ou même 200'000 morts à l’échelle mondiale représentent une catastrophe, alors que chaque année les viroses respiratoires font 2'600’000 morts sur tous les continents, les mesures d’exception mises en place pour lutter contre une maladie qui fait 100’000 morts ne tiennent plus la route.

Ce ne sont pas les « viroses respiratoires » mais les « infections respiratoires ». On trouve aussi des bactéries comme agent infectieux...


Donc, selon vous, toutes ces mesures actuelles servent à justifier leur mauvaise réaction du départ ?

Absolument. C’est de l’ordre du détournement d’attention, de la désinformation. On voit bien comment les informations qui nous sont données sont manipulées (ou à tout le moins orientées) pour noyer le poisson et enfumer le chaland. Mais il va y avoir, in fine, des comptes à rendre sur la réalité de ce qui a été fait. J’ai souvent partagé ma conviction à ce sujet : les responsabilités, civiles et sans aucun doute aussi pénales, de l’État vont être lourdes. Planter l’économie, précariser des centaines de milliers de personnes (en particulier les plus fragiles économiquement) et mettre les gens en danger avec les mauvaises réponses sanitaires à un virus sans gravité épidémique particulière devra être repris sans complaisance.

Mais ne pensez-vous pas que les médias sont en train de faillir à leur tâche, en participant à l’hystérie collective ? Du coup, qui demandera des comptes à nos dirigeants ?

En grande partie, il est vrai. Mais c’est un peu facile de faire du press-bashing. Je trouve qu’on a vu d’une part un vrai travail journalistique de qualité, en particulier d’ailleurs en Suisse. De l’autre, il est vrai qu’on est tombés dans une dramaturgie émotionnelle absolument absurde. Je l’ai dit : si on réservait le même traitement médiatique à n’importe quel problème sanitaire d’envergure, comme les cancers ou même la grippe annuelle, on serait tout aussi terrifié qu’on l’est aujourd’hui. Et ça, ça ne joue pas sur le plan éthique. On ne peut pas prendre une mini épidémie (fondamentalement pas plus grave qu’une autre) et en faire une catastrophe apocalyptique. Là, il y a quand même une responsabilité collective.

Avec la question subsidiaire de la liberté de la presse, à une époque où la quasi-totalité des médias (hormis ceux du service public – à la botte de l’Etat – et le Canard enchaîné et Mediapart en France) appartiennent soit à des milliardaires soit à des grands groupes industriels ou financiers.

Cette peur vient peut-être également du fait que les patients hospitalisés n’étaient pas tous à risques? Aujourd’hui on se rend compte que les gens en surpoids sont plus vulnérables, par exemple.
Oui, mais il faut analyser avec rigueur les informations qui nous sont données. J’ai épluché les données fiables : rien n’indique sérieusement, hormis des cas individuels qui peuvent bien sûr exister et faire exception, qu’il y ait une mortalité significative en-dehors des catégories à risque (âge + maladies chroniques préexistantes). Pour le dire autrement, moins de 1 à 2% des décès concernent des personnes hors ces deux facteurs de risque – avec de surcroît des vérifications à faire (par autopsie) pour confirmer l’absence de pathologie pré-existante.

Des gens plus jeunes ont effectivement eu besoin d’une assistance respiratoire (on en a eu de nombreux témoignages dans différents pays), mais avec une probabilité de survie taquinant les 100%. 

Et puis il y a autre chose : des études ont par exemple corrélé l’impact du Covid avec l’exposition aux fameuses particules fines. Cette exposition constitue l’un des plus gros désastres sanitaires réels aujourd’hui. Les particules fines sont ces produits de la dégradation des hydrocarbures (surtout le diesel), qui entrent dans les bronches et que le corps ne parvient pas à éliminer. Ce désastre fait 550’000 morts par année en Europe, mais les gouvernements n’ont jamais rien mis en place de sérieux pour empoigner le problème.

Ce qu’on voit ici, c’est que plus les gens ont ingéré de particules fines, plus leurs poumons sont endommagés, plus ils sont exposés aux conséquences du Covid. Idem pour les « pathologies chroniques » (cardio-vasculaires, diabète, cancer, syndrome métabolique, obésité, maladies auto-immunes, neuro-génératives et même psychiatriques), dont au moins 50% de la causalité est liée à l’exposition à la malbouffe, à la pollution chimique et atmosphérique, à la sédentarité, au stress ou au manque de sommeil (aujourd’hui endémique). Les autorités et le parlement fédéral n’ont jamais rien fait de digne de ce nom pour protéger la population face à ces vrais facteurs de risque et de dommages – l’inculture en particulier des PLR et des UDC en particulier est abyssale en la matière. Or, ce sont ces personnes déjà souffrantes de ces «maladies de société» qui sont désormais aussi les premières victimes du Covid, avec les personnes âgées.

Les maladies infectieuses, il faut l’avoir à l’esprit, sont toujours des maladies d’écosystème. C’est-à-dire que vous n’avez pas de malaria au Pôle nord et peu de rhumes sous nos latitudes en été. Si, en l’occurrence un virus naturellement bénin comme le Covid fait ou semble faire autant de dégâts, c’est parce qu’il vient taper sur les fragilités sanitaires au sein de la population causées par des phénomènes face auxquels les États n’ont jamais rien fait de sérieux. 

La météo nous est de plus en plus clémente… la chaleur aura-t-elle un impact sur le virus ?

Tout le monde l’espère. La bonne nouvelle est que les données suggèrent fortement aujourd’hui que nous avons, selon toute probabilité, passé le cap épidémique en Europe. Nous serions donc maintenant du bon côté, en tout cas selon les meilleurs épidémiologues infectieux au monde (que l’on n’entend pas sur les grands médias mais dont on trouve facilement les analyses si on sait naviguer dans les moteurs de recherche en médecine et santé publique). Les mauvaises décisions de nos gouvernements n’auront fait probablement que rallonger l’agonie, mais malgré cela (et non pas grâce à cela, comme on essaye fallacieusement de nous le faire croire) on est sur la bonne pente. 

Je sais et comprends combien cette notion est inconfortable et même possiblement choquante pour les personnes qui n’ont accès qu’aux informations officielles et aux distorsions cognitives produites par prisme médiatique (effet-loupe): cette épidémie est un non-événement du point de vue infectieux, hormis les cas très graves, mais statistiquement rares, de pneumonies qui conduisent certaines personnes à avoir besoin d’une assistance respiratoire. Cette situation est bien sûr dramatique, et constitue ce qui distingue (un peu) le Covid des épisodes (plus meurtriers) de grippe saisonnière. Avec le Covid, les gens sont hospitalisés et c’est très spectaculaire et douloureux, tant pour les patients et leur entourage que pour les équipes soignantes. La question qui se pose en la matière est celle du risque de saturation des services de soins intensifs, sachant qu’on s’approche de cette situation (en Suisse ou en Allemagne) ou qu’on l’atteint (en Italie ou en France) plusieurs fois chaque hiver du fait des infections virales courantes. Le fait qu’on soit en train de passer de l’autre côté du cap épidémique ne provient en tout état de cause non pas de ce qu’on a fait, mais du mouvement naturel de toute épidémie. 

Le confinement ne nous expose-t-il pas à une seconde vague, une fois que les mesures seront levées ?

Si, c’est un risque énorme, et c’est une critique majeure faite par les épidémiologues au choix du confinement, imposé ou recommandé. Ils nous disent que les contrecoups à redouter sont la conséquence inévitable au fait d’avoir mis (au moins partiellement) en échec l’émergence de l’immunité de groupe.  Ce sera une conséquence dommageable de plus aux mauvaises décisions qui ont été prises. 

Le virus est en fait (c’est une donnée heureuse!) bien plus contagieux qu’on ne l’a cru – les recherches du Pr Gupta à l’université d’Oxford estiment par exemple que 50% de la population pourrait avoir été infectée et soit donc, en toute bonne logique, immunisée. Nous pourrions donc en fait être déjà à bout touchant de cette fameuse immunité de groupe qui constitue la seule protection réelle face à une épidémie, quelle qu’elle soit. Le coronavirus s’est transmis et diffusé à large échelle, selon le génie propre des virus en la matière. Les dernières données à ce sujet suggèrent que 90% des gens qui le contractent ne remarquent même pas qu’ils ont été infectés, tant les symptômes sont discrets ou même inexistants chez la plupart des gens. Et puis, l’autre bonne nouvelle c’est le traitement combiné hydroxychloroquine et azythromycine, qui permet quand même de protéger les gens à risques.

Un traitement qui fait polémique actuellement…

Nous avons des experts qui sont, pour la plupart, soit ignorants de la clinique infectieuse (ce sont des statisticiens ou des théoriciens) soit (les deux n’étant pas exclusif l’un de l’autre) sous l’influence directe de grands groupes pharmaceutiques, desquels ils touchent de l’argent année après année. Ces gens-là décident qu’un traitement qui marche, mais qui ne coûte rien, doit être bloqué au profit espéré d’autres médicaments élaborés en urgence pas les groupes qui les paient: le Remdésivir, par exemple, développé par Gilead,  pourrait être vendu (si les espoirs placés en lui se confirment) au prix de 1000 dollars par patient traité. Contre 15 euros pour le traitement mis au point à Marseille. Cas de figure pour les futurs éthiciens qui se pencheront dans l’après-coup sur ces dénigrements absolument absurdes et malhonnêtes, selon moi.

Je reçois littéralement des centaines de messages de médecins qui me disent qu’ils partagent mon analyse et qu’ils sont profondément choqués par le jeu trouble des autorités sanitaires, qui privilégient les intérêts économiques de certains au détriment des besoins de la population. Interdire de fait, comme c’est le cas actuellement, aux médecins de ville de prescrire le traitement à l’hydroxychloroquine que des hôpitaux comme le CHUV et les HUG ont adopté massivement pour traiter les patients atteints du Covid est non seulement indéfendable, mais constitue un acte de dictature sanitaire : interdire aux généralistes de pratiquer leur art en leur âme et conscience, violant au passage leur liberté inaliénable de médecin, est un abus de pouvoir sur lequel il faudra revenir. Tout comme le fait de priver les citoyens du droit de recevoir le meilleur traitement choisi par leur médecin.

L’instrumentalisation des autorités et institutions au service d’intérêts privés n’est pas un constat nouveau dans le domaine de la santé : tous les meilleurs centres d’éthique et les meilleures revues médicales le dénoncent avec insistance depuis quinze ans, sans que rien ne soit vraiment fait à ce sujet. Le parlement suisse (PLR et UDC en tête évidemment) ont par exemple renoncé à exiger des médecins et des hôpitaux la liste de leurs liens d’intérêts avec l’industrie. Alors que même en France (c’est dire!) une transparence a, finalement, été garantie par un moteur de recherche qui permet de voir qui a touché quelles sommes de qui.
 
Ce qui a, par exemple, permis aux journalistes et à la population de découvrir que les principaux opposants au traitement proposé par le Pr Raoult (je pense à Karine Lacombe ainsi qu’à la quasi-totalité des membres des deux comités «scientifiques» mis sur pied par Emmanuel Macron) touchent des sommes importantes et différents avantages en nature, année après année, de Gilead mais aussi d’une douzaine de sociétés pharmaceutiques. Ce que le centre d’éthique Edmon J. Safra de l’Université de Harvard appelle une «corruption systémique»: ce n’est pas illégal, mais ça distord la finalité des dispositifs de soins en les subordonnants à des intérêts privés qui en viennent à prendre le pas sur l’intérêt public. Problème connu de tous donc… et qui rend nos autorités instantanément sourdes, muettes et aveugles quand on l’évoque.

Que penser de l’avis du philosophe allemand Sloterdijk qui affirme que « le système occidental va se révéler aussi autoritaire que celui de la Chine » ?

Ça me paraît hélas bien vu. Les atteintes en cours (explicites ou implicites) contre les libertés fondamentales sont extrêmement préoccupantes. Pour vous donner un exemple insignifiant, j’ai lancé une pétition sur Avaaz pour demander à Alain Berset d’autoriser les médecins de ville à prescrire de l’hydroxychloroquine. Elle a récolté 2400 signatures. Avaaz a censuré ma pétition sous prétexte qu’elle avait été signalée comme « inexacte ». Cela m’était déjà arrivé sur le blog de Mediapart : j’avais avancé des analyses, divergentes du discours officiel mais parfaitement justifiées sur le plan épidémiologique (confirmées les jours suivants par le meilleur spécialiste au monde du traitement des données médicales). Or les gens de Mediapart ont estimé qu’il s’agissait de fake news (puisque ça s’éloignait du discours officiel) et l’ont supprimé. 

Donc le gouvernement français ment à tour de bras à sa population, et quand des spécialistes informés comme moi essayons de nuancer ou même de corriger les choses, nous nous faisons tomber dessus au motif fallacieux que nous balancerions des fake news. Quelle époque !

Sur le plan philosophique, pensez-vous que l’Europe paie aujourd’hui sa politique libérale et individualiste ?

Oui, bien sûr, mais elle paie plus que ça. Elle paie une forme évidente de décadence intellectuelle et éthique. En matière scientifique, les Asiatiques ont aujourd’hui dix ans d’avance sur nous.

Chez nous, les autorités pour parler français sont complètement défaillantes.
 On a des experts – le Pr Raoult est quand même l’un des experts les plus capés au monde en infectiologie, un Prix Nobel en puissance, faisant partie des chercheurs les plus souvent cités au monde par ses pairs !  Il connaît son domaine comme personne, il a, avec ses équipes, une expérience dans l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre les virus et même les bactéries intracellulaires dont aucun autre laboratoire au monde ne dispose. Il sait parfaitement ce qu’il fait – mais on ne l’écoute pas. Alors qu’on écoute des pseudo-autorités de troisième zone qui n’ont pas le dixième de ses connaissances et de son expérience, qui n’ont de surcroît rien compris à l’épistémologie (Edgar Morin a souligné leur inculture scientifique) et qui se permettent de venir critiquer avec des arguments qui ne tiennent pas la route ses méthodologies de recherches.  Vous vous souvenez que le principal reproche fait aux essais qu’il a publié est qu’il n’a pas eu recours à la méthode dite « essai randomisé en double aveugle »). Si vous lisez la littérature scientifique, vous trouverez la démonstration que cette méthode n’offre pas d’avantage réel face aux essais observationnels choisis à Marseille. 

Cette subtilité, la plupart des méthodologues l’ignorent. Mais les HUG ont ainsi rédigé une prise de position absurde au sujet de l’hydroxychloroquine sur la base de cette ignorance fondamentale. Ça rappelle le regretté Umberto Eco qui disait que l’ère d‘internet avait débouché sur un nivellement par le bas, où la parole d’un imbécile est mise à même hauteur qu’un Prix Nobel. Nous y sommes. 

Quelles sont les conséquences qu’on peut imaginer sur le plan psychologique et social ?

Je redoute qu’elles soient énormes. Nous sommes actuellement dans un mensonge d’état, et évidemment les autorités vont lutter bec et ongles pour affirmer -même à l’encontre de toute évidence- qu’elles ont pris les bonnes décisions. Il va y avoir au final une perte de confiance phénoménale vis-à-vis des autorités. En France encore plus qu’en Suisse. 

Ici, le Conseil fédéral a été très Suisse, lent, dépassé, ni réactif, ni futé. Ce qui était aussi quelque part reposant et rassurant. Les membres du gouvernement français, eux, ont menti comme des arracheurs de dents, en niant tout en bloc.  Je suis convaincu que les autorités françaises finiront dans le box des accusés devant une cour de justice, probablement aux Assises. Car elles ont non seulement menti, mais surtout pris en orage et mis en danger la population. Il va y avoir aussi un coup de couteau déplorable dans le contrat politique. 

En Suisse, c’est plus compliqué. Nos commissions d’enquête parlementaires ressemblent habituellement plus à un carnotzet où l’on trinque en bonne intelligence (?!) en évitant de poser les questions qui fâchent. La qualification civile et pénale des actions gouvernementales laisse également augurer malgré tout d’une intervention du troisième pouvoir, ce qui est une autre paire de manches.

Pour le reste, le Conseil fédéral a réagi comme au plus beau des années ’50 : «on sort le Cénovis et le Rivella du sac à dos, on appelle le 22 à Anières et on espère que quelqu’un répondra. Et si rien ne se passe,  on réessayera demain.» C’est plan-plan et rassurant, mais on n’aura rien vu de l’agilité et de la réactivité requises, par exemple pour mettre sur pied le plus rapidement possible les tests de dépistage nécessaires, ou même accepter de Novartis les millions de doses d’hydroxychloroquine que la pharma se proposait de produire dans les meilleurs délais. 

Après, il y aura la question de l’impact sur notre modèle de société. On s’est aperçu depuis quelques semaines qu’on pouvait très bien vivre sans être accros au shopping et sans être complètement azimutés dans la machine à faire du fric (pour quelques-uns). La planète respire, il y a moins de pollution. La question est: «qu’allons-nous faire ensuite?» Alons-nous pouvoir tenir le cap pour réviser les choix de société qui ont été faits verrouillant le non-durable et même l’intenable? OU serons-nous capables de plus d’intelligence et donc d’une remise en question fondamentale de certains de nos choix collectifs? 

Pensez-vous qu’on a basculé dans la psychose en tant que population ?

Oui, au sens propre du terme : un état caractérisé par des distorsions affectives et cognitives, nous privant des moyens de tenir compte du réel tel qu’il est. Avec un enjeu affectif compliqué pour les autorités, que j’avais résumé en la formule suivante pour illustrer la quadrature du cercle dans laquelle était pris le Conseil fédéral (comme d’ailleurs les autorités cantonales): « comment faire paniquer les gens sans les faire paniquer, tout en les faisant quand même suffisamment paniquer, mais sans trop les faire paniquer non plus ? »

Ils n’ont pas été mauvais, mais ils ont pris les mauvaises décisions. Et ils vont devoir s’en expliquer. Car il n’est juste pas acceptable que les services de l’Etat, avec des fonctionnaires grassement payés année après année pour prévoir des plans destinés à anticiper ce genre de danger, aient aussi mal fait leur boulot.

Que racontent les différences d’un pays à l’autre, en Europe par exemple ? En Allemagne et en Grande-Bretagne, ni les réactions, ni leurs conséquences n’ont été les mêmes. Qu’est-ce que cela dit sur le plan politique ?

Les implications sont énormes, car on voit bien les résultats au bout du compte. Il y a des pays qui ont bien réagi car ils étaient intelligemment préparés, comme les Allemands, avec une réponse sanitaire remarquable. Ils avaient tout prévu: ils avaient les masques, les tests de dépistage, les lits d’hôpitaux…  Et avec comme résultat un taux de mortalité très bas. Ce qui ouvre la porte aux ennuis pour les pays qui ont fait les mauvais choix (et qui s’obstinent). Je me demande comment elles justifieront in fine le fait d’avoir provoqué un taux de mortalité (par million d’habitants) de l’ordre, au 5 avril de: plus moins 250 (Espagne ou Italie), plus ou moins 115  (France, Suisse, Belgique), alors que dans les pays ayant renoncé au confinement, nous avons des taux de décès de l’ordre de 17, 21 ou 15 par million d’habitants (Allemagne, Autriche, Suède).

N’importe quel épidémiologue digne de ce nom vous confirmera que la différence dans ces taux de mortalité s’appréhende avant tout comme une conséquence directe des mauvaises décisions sanitaires, comme celle en particulier d’enfermer ensemble des porteurs contagieux et des personnes à risque. On a également vu à nouveau ici une démonstration de la différence entre les pays latins et les pays nordiques.

Cela signifie-t-il également, à la fin de cette crise, une remise en question de l’Union européenne ?

Sans aucun doute Nous sommes face à un magnifique exemple de la faillite tragique de cette construction, qui pourtant avait tout pour être juste, et qui a par ailleurs malgré tout beaucoup de bons côtés. Mais on voit toujours cette incapacité totale à être en solidarité et à être surtout en co-construction de quelque chose d’intelligent. La manière dont l’Italie a été lâchée est monstrueuse.

Mais en Suisse, on néglige le système de santé au bénéfice de l’économie, non ?

Bien sûr. Moi qui travaille sur le sujet depuis 30 ans, c’est même un euphémisme ! Voilà des années que j’explique partout où je vais que 5’000 personnes meurent chaque année en Suisse à cause des particules fines, je récolte au mieux une écoute polie. Et quand le gouvernement genevois veut limiter la circulation des véhicules les plus polluants en cas de pollution atmosphérique majeure, le TCS et le PKR s’empressent de monter au créneau pour dénoncer cette intolérable atteinte à la liberté d’endommager les autres de certains secteurs économiques! 

Je parle de cette corruption de la recherche et des pratiques médicales depuis des années dans à peu près toutes les conférences auxquelles je participe. On m’écoute poliment puis : grand silence gêné. La seule exception aura été lorsqu’un éminent professeur du centre pour l’Evidence-Based Medicine de l’Université d’Oxford a exprimé, dans la foulée d’une intervention que je veais de faire en ce sens,  et avec cet art très birtish de l’euphémisme qu’il se devait « bien malheureusement d’être d’accord avec la totalité ce que je venais de dire. » 

Nos gouvernants le savent très bien, mais ils ne veulent pas l’entendre : 80% des maladies dont souffre la population actuellement en Suisse seraient évitables. Elles sont dues à des causes anthropogènes, donc une conséquence directe de nos modes de vie et de nos choix collectifs. On sacrifie la santé de la population à de gros intérêts industriels. Pesticides, malbouffe, stress, pollution, etc… J’espère que vous mesurez ce dont il est question : si nous arrivions à réduire (en quelques années, avec de bonnes mesures ce serait possible) ne serait-ce que de moitié cette morbidité, nos primes d’assurance-maladie baisseraient de 40%. La vérité (excusez mon français) est qu’à peu près tout le monde s’en fout !

Mais aujourd’hui, on réagit ? Pourquoi ?

Du fait de cette fameuse question de la perception du risque. Anthropologiquement, une probabilité ne veut en fait rien dire pour notre cerveau. Pour lui, les choses sont binaires : soit je suis en danger (ce qui est grave), soit je suis en sécurité. Le fait de savoir que j’ai une chance sur 100, sur 1000 ou sur 10’000 de subir ceci ou cela ne veut en fait à peu près rien dire. Ou bien je suis en danger, et alors « au secours ! » ou bien ce n’est pas le cas et alors tout va bien.

Quand vous expliquez aux gens qu’il y a 550’000 Européens qui meurent chaque année les poumons bousillés par les particules fines, ça ne leur dit rien. Ils ne se sentent pas en danger. Par contre, qu’un virus ou une épidémie arrive en rappelant la peste des siècles passés et on se sent tous en danger. 

Mais du coup, c’est l’histoire de l’œuf et de la poule : est-ce que c’est la peur de la population qui a fait réagir les gouvernements ou les gouvernements qui ont instigué cette peur chez la population ?

Je pense que c’est une co-construction. Cette peur viscérale de l’épidémie résonne avec un lourd passé historique est donc transgénérationnel pour chacun d’entre nous : nous ne pouvons pas ne pas avoir eu (loin en arrière) des victimes dans nos familles tuées jeunes par la peste, le cholera ou même la grippe espagnole. 

Vous avez de surcroît une dimension fantasmatique, un peu comme avec les attaques requins qui tuent en moyenne quatre personne par année à travers le monde, mais dont tout le monde a peur. Vous avez des millions de fois plus de risque de mourir à trottinette électrique, mais personne n’a peur des trottinettes électrique. 

Nous avons tous des images et des peurs viscérales. Quand on y ajoute l’intoxication médiatique qui ne parle que de ça, en comptant les morts, c’est le cauchemar. D’autant qu’on ne sait pas si les morts comptabilisés sont morts avec le Covid ou à cause du Covid. 

Bon et alors, pour le futur ?

Je pense que tout sera terminé dans quelques semaines, sauf bien sûr si le confinement entraine (c’est tout le risque) des répliques à chaque tentative de déconfinement. Je suis plutôt optimiste quant au risque d’une seconde vague, parce que je pense que l’immunité de groupe est déjà bien plus développée que ce qu’on imagine. L’épidémie est même en toute probabilité déjà en train de passer. Nos capacités de dépistage augmentent (enfin !), et on en viendra sans doute (ce qui aurait dû être fait d’emblée) à tester le plus de gens possibles pour identifier les gens malades en leur demandant de rester chez eux sans enfermer tout le monde à domicile. Une fois cette transition faite, on sera sorti de l’auberge.

Peut-on imaginer voir sortir un vaccin de derrière les fagots prochainement ?
J’y crois peu. C’est le gros fantasme juteux de l’industrie (et sans doute une des raisons de la guerre contre l’hydroxychloroquine), mais les faits sont là : les vaccins contre les virus ne marchent dans l’ensemble pas très bien. Il y a des questions de sécurité qui ne sont vraiment pas évidentes, avec un risque d’effets délétères important. Comme avec ce fameux vaccin contre la dengue qui promettait des merveilles et qu’il a fallu retirer en catastrophe du fait des dégâts qu’il causait chez les vaccinés. Celui contre l’Influenza par exemple offre en fait une bien faible protection. Mais c’est vrai que, dans l’imaginaire collectif, le vaccin et les antibiotiques sont un peu les sauveurs de l’humanité. 

Donc il va y avoir beaucoup d’énergie mise à aller dans cette direction-là. Je pense surtout que Gilead va tout faire pour que le Remdesivir devienne le traitement de référence. On vient de le voir : un essai clinique à côté duquel ceux du Pr Raoult ressemblent presque à des sommets de conformité méthodologiques tant il est tendancieux, vient d’affirmer un « taux de guérison » de 60% (avec pas mal de morts à la clé tout de même).  

Le blocage de l’hydroxychloroquine en France comme en Suisse, à mon avis, ne s’explique pas autrement. Tous les « scientifiques » qui sont dans le gouvernement de Macron et qui s’opposent à l’hydroxychloroquine palpent de généreux billets lâchés (philanthropiquement sans doute) par ce laboratoire. Quant à la Suisse, je ne doute pas que les commissions d’enquête parlementaires demanderont aux responsables de l’OFSP et de nos hôpitaux la réalité de leurs liens (et donc potentiels conflits) d’intérêts. En 2011, une enquête réalisée par la RTS et reprise dans la Revue médicale suisse évaluait « que deux experts sur trois au service de Swissmedic déclarent des relations avec la pharma – mandats, conseils d’administration, participations au capital, etc. » Ajoutant : « les conflits d’intérêts entre le régulateur du marché des médicaments et les grands laboratoires sont permanents : «L’indépendance des experts est l’un des problèmes clés de la sécurité des médicaments.»

Il n'y a pas de droit à vivre jusqu'à 80 ans.

Guillaume Cuchet: « Le virus, ou la mort imprévisible que nous avions oubliée ».

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L’écart entre la minceur de l’événement sur le plan démographique (qui ne laissera sans doute pas de traces dans la pyramide des âges) et l’ampleur de ses conséquences, sanitaires, sociales, écologiques, économiques, psychologiques, est frappant. Il s’explique, semble-t-il, par le fait que nous en avons perdu l’habitude et que nous avons développé à son endroit une forme d’hypersensibilité, mais aussi parce que la pandémie prend à rebours nos nouvelles normes funéraires et la conception idéale de l’existence qui va avec.
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Les morts du virus sont scandaleux car ils  sont les victimes de l'incurie de l'Etat dont la mission est de nous protéger contre ce genre de dangers. Mais il n'y a pas de droit à vivre jusqu'à 80 ans.

Le confinement généralisé est une saloperie politicienne : c'est une gesticulation pour dissimuler l'incapacité du gouvernement à reprendre le contrôle des événements et, accessoirement, une manière de canaliser la légitime furie du peuple.

Rien n'a jamais justifié un confinement généralisé. Un confinement intelligent, par régions et par classe d'âge, était possible, on n'a même pas essayé. Aujourd'hui, le confinement est en train de fusiller l'économie de notre pays et ses conséquences sanitaires seront très probablement pires que celles de épidémie.




Tout cela parce que nous ne sommes pas capables de maitriser notre peur de la mort. Mais nous finirons quand même par avoir beaucoup de morts. Nous sommes dans le cas absurde du type qui se suicide par peur de la mort.

Mais, attention, ce naufrage intellectuel et éthique n'est pas spontané : il été orchestré par les gouvernements pour dissimuler leur imprévoyance.

Je suis estomaqué par le contraste entre l'énergie de Macron pour confiner les Français et son absence d'énergie pour bousculer la bureaucratie.

La bonne politique et le bon discours étaient  : « Nous allons avoir plus de morts que nécessaire à cause de notre impréparation. Mais nous faisons tout pour nous rattraper en urgence (masques, tests, chloroquine, respirateurs) . En attendant, continuez à vaquer à vos occupations pour faire vivre notre pays, sauf les populations à risques, obèses et plus de 65 ans, à qui nous demandons de rester chez elles jusqu'à ce qu'elles puissent être testées et soignées ».




dimanche, avril 12, 2020

Résurrection : la culture chrétienne du « cher et vieux pays »

Résurrection : la culture chrétienne du « cher et vieux pays »

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La désorganisation totale de l’Etat dans la lutte contre le COVID 19 est sans aucun doute le produit de l’effondrement des croyances dans notre élite, effondrement du credo catholique et de son double républicain. Emmanuel Macron et ceux qui le suivent se caractérisent d’abord par leur absence de formation, de structuration. L’enseignement des grandes écoles n’est plus qu’une coquille vide, un pur formalisme où l’on ingurgite de façon purement superficielle ce qu’on croit avoir compris de la façon de faire d’autres pays, étant entendu, comme l’a dit le président de la République alors qu’il était encore candidat à la fonction, qu’il n’y a pas de culture française - ni républicaine ni plus ancienne.

[…]

Les élites françaises, elles, se sont contentées de développer, en bloquant l’ascenseur social, pour elles seules, une rente de mondialisation. Elles ont laissé le peuple français se morfondre en lui assenant régulièrement des leçons de morale, sur sa paresse, son manque d’organisation, son refus de s’adapter. C’est toute cette imposture qui est en train d’éclater. Emmanuel Macron avait été élu pour maintenir la rente un peu plus longtemps que des prévisions raisonnables. Il se révèle être un bien piètre gestionnaire. Viendra le moment où certains, dans les milieux dirigeants, chercheront à le remplacer. En auront-ils le temps ? Quelque chose nous dit que le mouvement des Gilets Jaunes n’était que le premier épisode d’un surgissement de liberté française. Dans notre histoire, cela peut donner le meilleur comme le pire. Espérons que suffisamment de représentants de l’élite française sauront anticiper et canaliser le mouvement que nous sentons bouillir dans le pays. Là aussi, le vieux fond chrétien pourrait nous aider, en nous rappelant que la violence n’a jamais servi à rien. C’est à construire que notre pays est appelé : se reconstruire et contribuer à la construction d’un vraiment nouveau monde. Rappelons-nous pour finir l’une des plus magnifiques formules du Général de Gaulle : « Il existe un pacte vingt fois séculaire entre la France et la liberté du monde ! » Vingt siècles entrecoupés de chutes et de résurrections.
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Pas d'amitié avec les casques à pointe.

Covid-19 : l’efficacité du traitement marseillais

Covid-19 : l’efficacité du traitement marseillais

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Ce que montre le tableau 1, sur des nombres très importants de cas, c’est que le protocole marseillais obtient de bien meilleurs résultats que le protocole gouvernemental : un taux de guérison de 98% contre 37%. Presque 30 fois moins de décès.

Certes, au moment de rentrer dans l’hôpital du Professeur Raoult, les contaminés sont très probablement moins malades que ceux qui rentrent dans les autres hôpitaux publics. Mais cette différence fait intrinsèquement partie du traitement marseillais. Réduire l’analyse de son efficacité au seul effet de la molécule utilisée, c’est passer à côté de l’essentiel. Les procédures les plus sophistiquées n’y changeront rien. Les appliquer à une seule des deux molécules utilisées (à l’hydroxychloroquine en « oubliant » l’azythromycine), et qui plus est aux seuls patients affectés de maladies pulmonaires graves, c’est de l’enfantillage, ou du sabotage. Pour avoir été professeur au MIT, je ne méprise nullement la « science » ; mais pour être fils de paysan, je fais aussi appel au bon sens.
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Voili, voilou (vivement le procès).





samedi, avril 11, 2020

Coronavirus COVID19 : si l'azythromycine suffisait ?

Pour Bernard Dugué, l'important dans le protocole Raoult n'est pas la chloroquine mais l'azythromycine :

Si le Covid-19 est causé par une double « affection », virale et bactérienne, il faut alors utiliser l’azithromycine

Didier Raoult s’est sans doute trompé sur la chloroquine et c’est une excellente nouvelle

Des médecins ont trouvé un traitement contre le Covid-19 à base d’azithromycine





Ca confirme ce que je pense depuis le début : il faut décentraliser la décision, favoriser l'expérimentation. Autrement dit, laisser jouer au maximum la liberté de prescription. Tout le contraire de ce que fait notre gouvernement de branques corrompus et centralisateurs.

C'est le secret de la robustesse, voire de l'antifragilité.

Si nous avions eu les résultats de la Corée ou mieux, nous serions en train de prendre des parts de marché à nos concurrents confinés.


Caramba ! Encore raté ! (2)

Dans mon précédent billet, j'ai été volontairement provocateur en ramenant l'épidémie à de plus justes proportions. Car, en période de psychose collective, c'est une provocation que de refuser d'y participer.

Je pense que le confinement général est une connerie, presque une trahison. On a fait passer l'intérêt des individus avant l'intérêt du pays.

Nous n'étions pas prêts ? Il fallait assumer, se bouger au maximum pour résoudre nos problèmes sans arrêter le pays. L'instinct de Trump et de Johnson de refuser le confinement était juste.

« Cette espèce de grève générale volontaire me paraît suicidaire »Jean-Marie Le Pen réagit au confinement

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La stratégie de confinement a ses limites, en particulier ses limites temporelles. Ce qu’on est capable de faire pendant trois semaines ne peut pas être imposé à l’ensemble des pays du monde, ou même à certains d’entre eux, pendant deux ans ou plus. L’affrontement avec le virus est donc probablement inéluctable. Je considère donc la formule de contingentement comme un recul devant les responsabilités de front. Reste que cette pandémie a eu un mérite : elle a révélé un certain nombre de choses qui n’étaient pas perçues par les Français. La première, c’est sans doute que notre organisation sanitaire et hospitalière n’était pas à la hauteur des risques courus par notre civilisation. Ensuite, la crise a révélé notre formidable sujétion à l’égard de la Chine communiste. Quand on apprend que la Chine fabrique les médicaments, les pièces de rechange et le reste, on se dit que le monde ne peut pas s’arrêter et se mettre aux ordres d’une puissance étrangère. C’est le reflux de l’idée nationale qui est responsable des risques pris.
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Non seulement le confinement ajoute la crise économique à la crise sanitaire, mais il n'est même pas sûr (pour ma part, je suis presque certain du contraire) que le bilan sanitaire du confinement soit positif.




Alors qu'on refuse la choloroquine au nom du principe de précaution, on s'est lancé dans l'inconnu total du confinement sans aucune précaution, par panique gouvernementale.

On a fusillé l'économie de pays entiers pour le gain, au mieux, d'une poignée de vies, c'est misérable.

Plus que misérable, le mot exact est « suicidaire »

Nous assistons au suicide des pays où l'hédonisme imprévoyant et l'individu-roi ont fait perdre l'équilibre entre destin individuel et destin collectif, ce qui finira d'ailleurs par ravager quand même les destins individuels que le sacrifice du pays était censé protéger. Quand on est con, on est con, et l'histoire le fait payer parfois très cher. C'est le cas en ce moment.



vendredi, avril 10, 2020

Caramba ! Encore raté !

Total officiel des décès en France, chiffres INSEE, du 1er au 30 mars 2020, 2019, 2018, dans cet ordre :



Et un commentaire sur mon blog :




Je sais ce qu’on va me dire : « Ce n’est que le début, ça va encore monter etc. ». Certes, certes, mais il y a tout de même des ordres de grandeur. Une épidémie à incubation de deux semaines qui ne se voit pas sur les statistiques au bout de trois mois, ça ne peut pas faire des millions de morts ni même des centaines de milliers.

Les gens ne meurent pas tant du virus que de la gestion exécrable de la crise sanitaire par l’Etat. Et je ne serais vraiment pas surpris, pas du tout, qu’il y ait beaucoup plus de morts du confinement, puis de la crise économique, que du coronavirus.

Une autre interprétation est possible (je ne garantis pas que l'auteur parle au premier degré !) :

« Quelle gestion visionnaire de la part de notre exécutif. Avec le judicieux confinement mis en place, ils ont réussi à maintenir la mortalité dans la normale (cf chiffres 2018). Quelle maitrise de l’épidémie ! »



Le pape païen ?

Is the Pope a pagan ?

A la question qu'elle pose, Melanie Phillips répond affirmativement et j'ai bien peur qu'elle ait raison.

La défense habituelle de Jorge Bergoglio, à savoir qu'il raconte n'importe quoi, est une défense qui l'enfonce et comme, de plus, ce n'importe quoi va toujours dans le sens du paganisme, il va bien falloir finir par se rendre à l'évidence : le successeur de Pierre n'est ni chrétien ni catholique !





Je bois donc je suis (R. Scruton)

J'aimais beaucoup Roger Scruton, décédé en janvier. Son dernier article, quelques jours avant sa mort (My 2019), sur la nécessité d'exprimer sa reconnaissance, est d'une élégance typique.

J'ai coutume de dire, pour faire comprendre aux Français, que c'est un Finfkielkraut intelligent et compréhensible.

En 68, il était, contrairement à Finkielkraut, du bon coté des barricades : étudiant anglais en France, il a été immédiatement révulsé par cette révolte d'enfants gâtés, il a compris, comme Pasolini, que des enfants de bourgeois jetaient des pavés sur des prolétaires.

Comme écrivain conservateur, il défendait la beauté (par exemple, contre les éoliennes). C'était aussi un défenseur de la chasse à courre, qu'il pratiquait assidument.

Ce n'était pas un rebelle de pacotille, il s'est rendu plusieurs fois clandestinement de l'autre coté du rideau de fer pour aider des dissidents tchèques.

Venons en au livre de ce jour : deux parties, « Je bois », sur le vin,  « Je suis », plus philosophique et, franchement, sans intérêt, le livre m'est tombé des mains.

En revanche, la première partie, « Je bois », justifie l'achat de cet opuscule.

Scruton connaît remarquablement les vins français. Il aime plus la France que notre actuel gouvernement.

Dans l'éternel débat qui oppose les « terroiristes » (ceux qui croient que le caractère d'un vin est fait par le terroir) et les « viticultistes » (ceux qui croient que le caractère d'un vin est fait par le viticulteur, le cépage et la technique), il est résolument terroiriste, au point qu'il a toujours refusé de mettre les pieds en Bourgogne, pour ne pas confronter l'image qu'il s'en était fait à travers ses vins avec la réalité.

J'étais plutôt viticultiste : le débat parlementaire d'il y a un siècle sur les appellations d'origine entre partisans du terroir (les vignerons) et partisans du cépage (les négociants) a été tranché par des arguments électoraux. Les vignerons étaient plus nombreux que les négociants.

Mais Scruton a des arguments convaincants, d'ordre spirituel : le vin, c'est la terre et le soleil, donc le terroir, et si certains s'égarent à les négliger, c'est circonstanciel, pas fondamental.

Il a une philosophie vineuse qui me plaît : il préfère les seconds. Il trouve que les vins les plus réputés sont devenus l'objet d'intolérables spéculations. Pour lui, Les seconds sont presque aussi bons et beaucoup moins chers, il traque les parcelles voisines des grandes appellations.

Le Chateau Yquem est un vin de snobs sans intérêt. Le seul terroir français dont il ne parle pas est la Champagne.

Ses conseils tombent quelquefois à coté de la plaque : un domaine racheté par Bernard Arnault à 360 € la bouteille, mais il donne pas mal d'idées entre 15 et 30 € la bouteille, ce qui est tout à fait raisonnable.

Très anglais, Scruton associe le roquefort au Sauternes. L'association du roquefort et du cognac est classique : ce sont deux goûts boisés qui se marient bien. Pour le Sauternes-roquefort, j'avais un doute, j'ai essayé. Ca passe bien, c'est comme mettre de la confiture avec le fromage, qui est justement une pratique anglaise.

Il me manque déjà , le père Roger.



jeudi, avril 09, 2020

Société narcissique, société fragile.

Nous aïeux ont continué à vivre (certains diront « parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement », nous y reviendrons) malgré la peste, la variole, le choléra, la tuberculose.

Nous, occidentaux de 2020, mettons nos pays à l'arrêt pour une grosse grippe. Disons, pour ne pas être accusé de minimiser, une très grosse grippe (je n'en suis même pas sûr, très difficile d'y voir clair : on n'a toujours que des chiffres partiels, et peut-être partiaux. Le seul chiffre global pour la France, c'est l'INSEE qui indique que, du 1er au 23 mars, il y avait moins de morts en 2020 qu'en 2019).

Au pire, allez, la mortalité sera de 0,1 %, soit 67 000 morts en France. On sera très probablement largement en-dessous.

Pour les épidémies historiques, on parlait en pour-cents, voire en dizaines de pour-cents.

Nous n'avons par comparaison aucune résilience, nous sommes en fromage blanc. Jamais on n'avait ravagé l'économie pour si peu. Et ce n'est pas difficile de comprendre pourquoi.

Nos sociétés sont physiquement très fragiles : connectées, homogènes, centralisées. Tout le contraire de la robustesse, sans même parler d'anti-fragilité.

Mais, évidemment, la plus grande fragilité est dans les têtes : quand le narcissisme vous a fait perdre toute notion de dépendance et de finitude, la mort devient un danger hors de proportions, littéralement. Tout risque de mort, si minime soit-il, devient infiniment dangereux et donc non-hiérarchisable.

Ce qui hiérarchise, ce n'est plus la rationalité, puisque toute échelle de jugement a été abolie, c’est la mode. Aujourd'hui, le virus et le réchauffement climatique. Par contre, le cancer, 60 000 morts par an, pas à la mode.

Je ne sais pas si nous en tirerons les leçons, j'en doute. Ca nécessiterait un changement de vision du monde.

Alors, nos ancêtres qui « ne pouvaient pas faire autrement » ? A ma connaissance, la condition humaine n'a pas changé. Chaque génération a toujours fait comme elle pouvait. Et nous, avec toutes nos technologies, nous aurions pu faire autrement.





Encore un article assassin de JD Michel

Le Pr Raoult, les HUG, le gratte-papier et le nom de la rose...

Visiblement, en Suisse, ça se passe guère mieux qu'en France :

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Extraordinaire réalisation de la prophétie-constat de feu Umberto Ecco sur notre époque :

"Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles."

[…]

Nous assistons donc un peu effarés à ce que décrivait Umberto Ecco : des ignorants et des petits chefs qui interviennent à tort et à travers pour jeter l'anathème sur ce qu'avancent du sommet de leur expérience et de leurs compétences les meilleurs spécialistes dans leur domaine.

Le pire étant que ce genre d'ineptie semble se dérouler aujourd'hui dans la plus parfaite indifférence, comme si personne ne pouvait plus concevoir que cela puisse poser problème.

Nous assistons conjointement à une prise de pouvoir de la part des autorités sanitaires qu'il faudra vigoureusement questionner dans l'après-coup. Certes, la situation d'épidémie s'accompagne assez logiquement de l'attribution temporaire de pouvoirs accrus aux responsables des départements de la santé et des hôpitaux.

Mais les poussées d'autoritarisme des petits chefs, les violations répétées du droit des médecins-généralistes, tout comme la violation du droit des patients à recevoir le meilleur traitement quand ils en ont besoin sont devenues carrément scandaleuses. Nous sommes en pleine dérive abusive, il faudra sérieusement s'en expliquer.

[…]

Alors que la menace épidémique est identifiée comme un risque sanitaire majeur depuis plus de vingt ans (et que nous avons eu plusieurs alertes successives au cours de cette période), nos autorités ont fait preuve d'une impréparation sidérante.

Elles ont pris à peu près toutes les décisions opposées à ce qu'il convient de faire en cas d'épidémie infectieuse.

Les meilleures pratiques en la matière se résument assez simplement à quatre grands axes :
  • dépister le plus largement possible ;
  • confiner les personnes infectées et les personnes à risque ;
  • traiter (avec l'hydroxychloroquine et l'azithromycine bien sûr) les personnes Covid+ à risque de développer des complications ;
  • instaurer enfin une distanciation sociale et recommander le port du masque en public.

Seule une demie parmi ces quatre mesures requises a été prise en Suisse (si vous avez répondu qu'il s'agissait de la distanciation sociale vous avez vu juste !)

La médiocrité de cette réponse (avec un score d'un demi sur quatre, on n'est pas exactement à la note "suffisant") a ensuite généré un merdier collectif sans nom ('scuse my french).

[…]

Je suis désolé de le rappeler encore, mais Méditerranée-Infection est un centre de compétences en infectiologie sans équivalent en Europe. C'est l'équivalent d'un prix Nobel dans leur domaine : ils ont identifié des virus et bactéries inconnus jusque là ; découvert de nouvelles familles de virus ; suivi de près toutes les épidémies au cours de 20 dernières années ; mis au point des traitements qui figurent désormais dans tous les traités d'infectiologie ; travaillé avec les Chinois sur les épidémies émergentes ; accumulé une expérience sans équivalents avec des remèdes comme l'hydroxychloroquine, notamment dans le cadre de nouvelle indications (contre les bactéries intracellulaires en particulier.)

Bref, le top mondial de l'infectiologie et de micro-biologie.

Et ce sont des petits bras de troisième zone comme le panel de spécialistes des HUG ou le médecin cantonal qui viennent de leur haute science expliquer à ces prix Nobel qu'ils ne savent décidément faire ni de la médecine ni de la recherche ! Mesure-t-on la cuistrerie et l'outrecuidance de cette attitude, là où on attendrait un minimum d'humilité ou au moins de respect ?!
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Et, pendant ce temps, en France :







mercredi, avril 08, 2020

Raoult est vaincu.

On laisse Didier Raoult appliquer son protocole à Marseille, mais tout le monde semble se résigner peu à peu au fait que ce protocole ne sera pas autorisé à la libre prescription dans le reste de la France.

Les criminels qui nous gouvernent gardent le pouvoir.

Et confirme ma prédiction désolée que la France sera le dernier pays au monde à adopter le protocole Raoult.

Le canard, le président et le Raoult




Le Raoult du jour et, comme d'habitude, ça envoie du steak en rappelant à ceux qui l'ont oublié ce qu'est un médecin :




Ceux qui critiquent Raoult sont comme des gens qui expliqueraient à Alain Prost qu'il ne sait pas conduire. Ca peut se faire, mais avec une certaine humilité.