lundi, juin 28, 2010

Le règne des adultes-enfants

Dans cette émission :

Good Morning Week-End du 26 juin 2010


Les chroniqueurs de BFM font remarquer qu'il y a un parallèle entre les joueurs de l'équipe de France et les ministres : il se comportent tous comme des enfants-tyrans qui estiment avoir droit à tout et aucun compte à rendre. Les agissements de Christian Blanc sont symptomatiques à cet égard.

Cette immaturité, patente chez Nicolas Sarkozy, qui en tout domaine singe l'adolescent attardé, devient une usine à conneries, dès qu'il est question de trancher et de décider, activités d'adultes par excellence. Sans faire de la psychanalyse de comptoir, il est évident que Nicolas sarkozy est un enfant du maternalisme.

C'est si répandu que je n'ai même pas besoin de donner des exemples. Mes lecteurs n'ont qu'à réfléchir à l'actualité pour en trouver.

Je suis tenté de penser que nous avons là un des nombreux signes que l'infantilisation, menée à fond de train par le maternalisme depuis quelques décennies, conduit à une société plus bête, c'est-à-dire moins apte à faire face aux difficultés.

Les enfants ne sont plus traités comme des enfants, ils ne savent plus devenir adultes. En conséquence, les adultes ont des désirs et des pulsions de grands enfants.

Ce renversement des rôles et des valeurs mène à la catastrophe. Cette situation ne cesse de m'inquiéter.

dimanche, juin 27, 2010

La société des enfants trompés

La vie est dure. Le bonheur est fragile et jamais à l'abri des assauts du malheur. On peut trouver des satisfactions éphémères (mais parfois intenses) dans les épreuves surmontées. Tout cela se termine par la maladie et la mort.

Mais ce n'est pas du tout ce que les parents «modernes» apprennent à leurs enfants : ils leur apprennent qu'ils sont le centre du monde, tout tourne autour d'eux, leur moindre caprice est disséqué et analysé, leurs colères et leurs bouderies sont des événements de portée mondiale. Ils ont droit à tout, ils sont couverts de cadeaux. Leurs pulsions narcissiques connaissent bien peu de limites. On leur enseigne que la vie est une éternelle jouissance consumériste et qu'ils sont les maitres du monde.

Mais en contrepartie de cette tyrannie infantile, qu'ils ne demandent pas à avoir une famille stable, qu'ils n'exigent pas de leurs parents qu'ils cessent de se comporter en adolescents attardés, qu'ils ne se plaignent pas qu'on ne leur a pas appris à lire, écrire et compter correctement, qu'ils ne fassent pas reproche qu'on ne leur a pas enseigner à vivre en société, avec ses règles et ses frustrations, qu'on leur a caché que la vie n'était pas rose.

Puis arrive l'adolescence, le choc de la réalité, le dévoilement du mensonge. L'enfant-roi se révèle être un adolescent paumé, qui n'a pas les outils pour faire face aux difficultés, quand se rouler par terre en hurlant ne suffit plus. Certains n'y résistent pas. Et Chloé et ses copains se suicident (1). Et Chloé redevient une dernière fois une star, le centre du monde, elle retrouve cet état de toute-puissance qu'elle n'a pas supporté de quitter.

Comble d'hypocrisie, on lui «rend hommage». Un village rend hommage à une enfant qui a refusé de devenir adulte ! Auto-célébration larmoyante d'une société auto-satisfaite de sa puérilité. L'émotion comme substitut à la réflexion.

Mais c'était avant, qu'il fallait s'en préoccuper ; c'était avant, qu'il fallait avoir pitié ; c'était avant qu'il fallait se poser des questions. Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé.

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(1) Le Figaro : «Les jeunes avaient peut-être été durement touchés par la mort récente de deux anciens de l'établissement dans des accidents de la route, expliquait-on à Coursan, une localité de 6.000 habitants, proche de Narbonne. La justice et la préfecture ont souligné la complexité et la diversité des situations personnelles des quatre collégiens. Chloé souffrait peut-être d'un chagrin amoureux. Il y avait aussi des situations familiales conflictuelles. Et les adolescents qui ont survécu n'avaient pas forcément la même volonté de mourir.»

samedi, juin 26, 2010

«Le service d'ordre de l'Elysée aurait giflé un journaliste»

«Le service d'ordre de l'Elysée aurait giflé un journaliste». Quand j'ai trouvé cette phrase dans un message du journal l'imMonde, j'ai éclaté de rire.

Tout d'abord, ce n'est pas une information (je vous rappelle qu'en français, on utilise le mode indicatif pour donner des informations), mais une simple rumeur.

Et puis, les journalistes sont-ils des intouchables, les nouveaux prêtres (de la société du spectacle) ? Certains semblent le croire.

Comme d'habitude, les réactions des abonnés du Monde sont navrantes : on nous ressort les HLPSDNH et le fascisme pour une gifle à un journaliste ! A ce stade de connerie, on est dans l'insulte aux vraies victimes.

jeudi, juin 24, 2010

Les pétitionneurs compulsifs ont encore frappé

Pour les cinq de Villiers Le Bel

Tout serait à détailler dans cette pétition grotesque. Je crois que le plus comique consiste à qualifier de «gamins» des voyous qui tirent à kalachnikov contre la police. Pourquoi pas «galopins», pendant qu'on y est ? Tout cela est si renversant qu'on se prend à se demander si il ne s'agit pas d'un canular. D'ailleurs, j'ai bien ri.

La gôche telle qu'en elle-même l'irréalité la change.

Petite consolation : même sur un site aussi gauchiste que Libé, cette pétition choque les commentateurs.

samedi, juin 19, 2010

Quand un soldat meurt pour la France ...

Nous vivons dans un pays qui a tellement perdu ses repères que certaines choses pourtant élémentaires doivent être rappelées.

Un soldat qui meurt en service n'est pas comparable à un ouvrier qui meurt d'un accident du travail, car le soldat, en s'engageant, risque volontairement sa vie, c'est sa grandeur. L'ouvrier n'est pas supposé mourir en service, heureusement.

Un soldat s'engage pour son pays, et non pour une politique. La politique varie, son engagement reste. Le soldat qui meurt ne meurt pas pour Mitterrand ou pour Sarkozy, il meurt pour la France.

C'est pourquoi, quelle que soit la politique menée, le sacrifice du soldat mérite l'hommage. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas la critique de la politique qui a abouti à ce sacrifice, mais c'est une autre histoire, à chacun ses responsabilités.

Les grandes gueules qui ont le sarcasme si aisé devraient considérer les choses avec un peu plus de modestie : certes, c'est bien connu, les militaires sont tous des abrutis, mais combien d'entre nous sommes prêts à risquer notre vie pour une cause qui nous dépasse ?

Les arguties des sentencieux pèsent bien peu face au sacrifice volontaire d'un homme et, au fond, n'apparaissent que pour ce qu'ils sont : des oripeaux dissimulant, au choix, l'inconscience, la bêtise ou la lâcheté.

Que vaut un pays pour lequel personne n'est prêt à mourir ? Si l'existence de l'homme n'avait rien qui la dépasse, si le but des hommes était leur prolongation maximale, quelle tristesse, quel ennui, quel désespoir.

Rappelez vous ces lourdes paroles de Marc Bloch, qu'on ne peut guère taxé de militarisme, en des heures terribles :

«Je le dis franchement : je souhaite, en tout cas, que nous ayons encore du sang à verser : même si cela doit être celui d'êtres qui me sont chers (je ne parle pas du mien, auquel je n'attache pas tant de prix). Car il n'est pas de salut sans une part de sacrifice; ni de liberté nationale qui puisse être pleine, si on n'a travaillé à la conquérir soi-même.»

Et Marc Bloch n'était pas de ces intellectuels d'autant plus farouches qu'ils restent bien au chaud dans les salons : il est mort fusillé par les Allemands.

C'est pourquoi certains seraient bienvenus de faire preuve de plus de retenue et de respect. Ils en seraient grandis, sans pour autant renoncer à leurs convictions.

Le naufrage de l'équipe de France de football est-il le naufrage du multiculturalisme et du vivrensemble ?

Bien sûr, l'équipe de France de football est un signe de la dangerosité du multiculturalisme : quand on met plein de «divers» ensemble, on n'obtient pas un joyeux melting-pot festif. On obtient la dictature du caïd décébré le plus abruti et l'exclusion du seul blanc qui reste (1).

Néanmoins, je pense que les blogs conservateurs qui se sont réjoui que les idioties multiculturalistes soient enfin dévoilées sont trop optimistes.

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(1) : dans le journal Le Monde, bien connu pour son nauséabond extrémisme de droite : «Gourcuff, un homme isolé

Dans le même article, le journal [L'Equipe] décrit un autre fait d'après match étonnant, qui concerne le Bordelais Yoann Gourcuff, relégué sur le banc par le sélectionneur. Alors même qu'il n'a pas joué la rencontre, le jeune Breton prend le temps de répondre aux questions de journalistes en zone mixte. "Pendant que le Girondin s'exprime, ses "deux amis" (Anelka et Ribéry) déboulent sac à dos sur l'épaule. Quand Gourcuff aperçoit le milieu de terrain du Bayern Munich, l'image est saisissante: il évite de croiser son regard frondeur et se colle un peu plus à la barrière pour le laisser passer comme le premier de la classe fait place au caïd du collège par peur de prendre une baffe derrière la tête".»

mercredi, juin 16, 2010

Le corps de la France (M. Bernard)

Livre étrangement poétique. Qui a d'ailleurs été primé.

A travers une série d'évocations, autour de la guerre de 14 et du printemps 1940, mêlant des artistes et son histoire familiale, Michel Bernard cherche des traces de ce que peut être la corps de la France. On croise Maurice Genevoix, Jehan Alain, Léon Werth, les fantômes de Landowski ...

La simplicité de ce livre est redoutable : il ne donne pas de prise aux insultes habituelles de la bien-pensance et, pourtant, il est une contradiction cinglante de toute la vulgate actuelle qui exige que la France soit une entité abstraite, désincarnée, qu'être Français n'ait rien de charnel.

Par petites touches, il invite à une réflexion sur la fidélité à son pays, cette chose bien oubliée qu'on appelait le patriotisme.

Par exemple, Michel Bernard explique que le 2 août 2014, il sera face à la tombe de son grand-oncle, mort à Verdun (on retrouve le genre de fidélité de Jean Rouaud dans Les champs d'honneur).

Le lecteur se sent inviter à y songer : où serai-je le 2 août 2014 ? Probablement aux Eparges, face à la tombe de Robert Porchon, si je n'ai pas retrouvé d'ici là la tombe du Boizard mort des gaz.

Puis s'enclenchent d'autres questions : où sera Carla Bruni, le 2 août 2014 ? Zinedine Zidane ? Martine Aubry ? Yannick Noah ?

C'est le genre de question qui ouvre un abime sous les pieds des tenants de «l'aFrance d'après».

L'Afrique du Sud à la dérive

Bernard Lugan : «Moi, je ne suis pas castré. Je parle viril, monsieur.»

Apéro saucisson-pinard à la Goutte d'Or : une victoire à la Pyrrhus

L'interdiction par la préfecture de police de Paris de l'apéro saucisson-pinard (apéro à l'appel d'associations laïques aussi et pas seulement de groupes identitaires) est une victoire à court terme :

> on a enfin parlé du trouble à l'ordre public que constituent les prières collectives dans les rues de Paris. Sujet occulté par les journaux bien-pensants. Peu à peu, la réalité ne peut plus être cachée.

> même les plus aveugles constatent que les autorités prennent parti. En effet, une solution équitable aurait été d'interdire les deux provocations, c'est-à-dire d'interdire aussi les prières publiques.

Mais cette victoire est grosse de défaites ultérieures : les positions se cristallisent et il est clair que l'appareil d'Etat est contre les Français de France.

J'en profite pour répondre à une objection : on me dit que je fantasme parce que, à coté des centaines de milliers de non-intégrés qui me préoccupent, il y a des millions d'immigrés qui s'intègrent (ce dont je me réjouis).

A cela, je réponds en deux parties :

> d'une part, je pense que les fauteurs de troubles sont plus nocifs pour la France que les immigrés qui s'intègrent ne sont bénéfiques. Bref, je suis persuadé que le bilan de l'immigration africaine et nord africaine (puisque c'est celle-là qui pose problème) est négatif, la France se porterait mieux si il y avait moins d'immigrés.

JP Gourevitch l'a montré sur les questions économiques. Quant aux aspects non-économiques, c'est un jugement subjectif de ma part dont j'admets la fragilité, mais je suis persuadé que dans la plupart des domaines, il en est ainsi, je pense notamment à l'éducation.

> d'autre part, je doute que ces immigrés dont on me vante l'intégration ne soient pas susceptibles d'avoir une influence néfaste, en prenant parti pour la racaille sans en être eux-mêmes, ou en restant simplement neutres là où le parti de l'ordre aurait besoin de soutien.

J'ai une anecdote en tête : une femme, d'origine immigrée, était vraiment gênée par des «jeunes issus de l'immigration» qui faisaient du tapage tous les soirs, au point de l'empêcher de dormir, au point qu'elle commençait à avoir des problèmes au travail. Elle finit donc par appeler la police, qui, ô miracle, intervient. Quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre aussitôt prendre la défense de ces «jeunes», avec la sempiternelle excuse du racisme de la France, alors qu'elle venait elle-même d'appeler la police !

Les êtres humains ne sont pas rationnels et je pense que les liens culturels et ethniques pèsent beaucoup plus lourd qu'il est convenable de l'écrire dans les journaux bien-pensants.

L'affirmation hitlérienne «La race explique tout» est stupide, mais l'affirmation à la mode «Les races n'existent pas» est son symétrique en stupidité. Il est bien difficile dans notre monde où «la pensée» se réduit à des échanges d'insultes et d'anathèmes de maintenir une position complexe sur ce sujet épineux.

Un article :

Saucisson et pinard interdits, prière musulmane autorisée

mardi, juin 15, 2010

Tous gaullistes ?

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais je commence à en avoir vraiment ras-le-bol du bal des faux-culs commémorant l'appel du 18 juin.

La gauche qui nous explique déjà depuis longtemps que la Résistance, c'est beaucoup les communistes et un peu les socialistes (et personne d'autre), ne semble pas loin, tant qu'elle est dans les conneries, d'ajouter, à moins que ça ne soit déjà fait (je ne suis pas pas les délires de ces gens au jour le jour), que la Résistance était essentiellement composée de femmes, d'enfants, d'immigrés, de noirs et d'arabes. Je vous fiche mon billet qu'on ne va pas tarder à nous raconter que De Gaulle est allé à Londres pour défendre les valeurs-de-la-république !

Quant à la droite, j'attends avec curiosité qu'elle m'explique en quoi la réintégration de L'OTAN, la guerre en Afghanistan, la chienlit budgétaire et l'Euro sont des décisions fidèles au gaullisme.

Regardons la réalité en face : dans notre société bisousounours maternaliste, le connétable De Gaulle serait trainé devant les tribunaux en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, par le MRAP, SOS Racisme et tout le marigot bien-pensant, il serait insulté et glavioté, Act Up s'en mêlerait et organiserait des kiss-in anti-De Gaulle, les journalistes et les politciens prendraient leurs sales trognes de bien-pensants horrifiés par tant d'horreurs (le gaullisme, pas le kiss-in). Et encore, c'est la version optimiste. La version pessimiste, c'est que De Gaulle serait enfermé chez les fous avant d'avoir pu atteindre le micro de Radio France Berry Sud.

Soyez intelligents, faites un bon geste : débranchez la radio et la télévision, lisez L'Appel du 18 juin de François Delpla, si vous avez l'âme historienne ou Le retour du Général, de Benoît Duteurtre si vous avez l'âme poétique. Ou encore, Les mémoires de guerre.

samedi, juin 12, 2010

Les révélations de Saint Yan

Saint Yan fut la Rome du pilotage français. Le SEFA (Service d'Exploitation de la Formation Aéronautique), branche de la DGAC, y forme encore une bonne partie des pilotes de ligne. La réputation de rigueur du SEFA est mondiale.

Une visite d'un grand intérêt aéronautique (où l'on apprit qu'on ne peut pas devenir pilote si l'on ne sait pas faire de vélo (1)) amena quelques révélations extra-aéronautiques.

Le SEFA a augmenté son activité de 40 % en cinq ans et son personnel est passé de 500 employés à 350. Les gens du SEFA semblent marris qu'on ne demande pas aux contrôleurs aériens, dépendant d'une autre branche de la DGAC, de faire un effort équivalent.

Première révélation : il y a dans l'administration française de gigantesques gisements de productivité.

A la question de savoir si il y avait une différence entre les filles et les garçons, la réponse fut qu'elles échouaient plus aux tests psycho-moteurs. Ces tests consistent à pratiquer un exercice de précision demandant de la concentration, tout en répondant à des questions et en prenant des décisions.

Bien sûr, les filles qui réussissent ces tests sont aussi bons pilotes que les garçons.

Deuxième révélation : les sexes existent, pas seulement les «genres», il y a de vrais différences entre les hommes et les femmes, pas réductibles à la culture.

Il nous fut aussi indiqué que les instructeurs devaient s'adapter à leurs élèves et qu'on constatait de vraies différences d'origine culturelle parmi les élèves venant d'horizons lointains dans la manière d'apprendre le pilotage.

Troisième révélation : les hommes de différentes origines ne sont pas interchangeables (2).

Que de révélations en une journée ! Heureusement que nous étions entre mal-pensants ...

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(1) : c'est très sérieux : c'est en vélo qu'on apprend les rudiments du contrôle de la vitesse et de la direction, si l'on n'a pas appris cela enfant, il manque des bases irrécupérables pour devenir pilote une fois adulte. Le SEFA a vécu l'expérience malheureuse d'élèves africains qui, n'ayant jamais fait de vélo, ne purent être pilotes. D'ailleurs, beaucoup des pionniers de l'aviation oeuvraient auparavant dans le cyclisme, premier sport mécanique. Par exemple, les frères Wright étaient fabricants de bicyclettes.

(2) : bien sûr, je précise pour les mal-comprenants que cet article est ironique. Toutes ses révélations n'en sont pas vraiment si vous lisez les bons livres et fréquentez les bons blogs, ou si vous avez gardé un peu de bon sens malgré le matraquage du maternalisme. Mais il est curieux (et navrant) que ces vérités d'évidence, en contradiction avec la vulgate bien-pensante, ne puissent plus être articulées sans tortiller du cul, sans mille précautions oratoires, que dans des domaines très techniques, comme l'aviation ou, éventuellement, dans le sport.

Une sortie de l'Euro sans douleur

Les Européistes nous serinent que l'Euro, «t'as signé, c'est pour en baver» et que «c'est marche ou crève». Leur argument est toujours le même : c'est le fait accompli. Certes, l'Euro n'est pas toujours rose, mais en sortir serait un cataclysme qui ferait regretter aux Européens d'être nés.

Pourtant, JP Rosa propose une sortie de l'Euro sans douleur : c'est simple, si l'Euro continue à baisser, il atteindra un niveau tel que le retour aux monnaies nationales sera possible même pour les pays les plus faibles. Pour imager le propos, disons que si l'Euro descend au niveau du drachme, les Grecs n'auront aucune difficulté à retrouver leur monnaie tandis que les Allemands retrouveront avec bonheur le Mark.

D'ailleurs, les Allemands prépareraient une telle sortie qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. En effet, on a l'impression qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour saper l'Euro. Loin d'être une idiotie, ce comportement, si ils ont déjà tourné consciemment ou inconsciemment la page de l'Europe bruxelloise, est intelligent.

Alors, la sortie de l'Euro est impossible ? Vous voyez bien que non.

jeudi, juin 10, 2010

La diagonale de la défaite : de mai 1940 au 11 septembre 2001 (JP Immarigeon)

Réflexion passionnante bien que je sois en désaccord sur quelques points.

L'auteur commence par expliquer que la défaite de 1940 était contingente ; qu'il ne faut pas la sur-interpréter et qu'elle eut tout aussi bien pu être une victoire (1), que le peuple français n'en aurait pas été meilleur pour autant, de même qu'il n'était pas pire à cause de la défaite.

Sur ce point, je suis d'accord. L'histoire est remplie de situations jouées sur un coup de dés et rien n'est écrit d'avance. C'est une erreur que de croire que ce qui est arrivé devait arriver, et d'en condamner la France.

Cette condamnation de la France au nom de la défaite est la thèse vichyste. Elle a largement gagné de nos jours, sauf chez quelques irréductibles dans mon genre (des gaullistes au sens primitif du terme : De Gaulle a condamné un «système mauvais», jamais le pays lui-même).

Immarigeon tire de cette contingence que la France des années 30 avait raison malgré la défaite de 40, que la voie qu'elle a choisie était la seule raisonnable. Il met par exemple le doigt sur le fait qu'il est bien facile de critiquer rétrospectivement les accords de Munich mais moins facile de proposer des alternatives crédibles.

Il remarque que l'armée américaine victorieuse s'est inspirée par bien des cotés de la doctrine française. Pourtant cet argument est d'assez peu de poids : la guerre est par excellence l'art des circonstances, ce qui vaut pour l'Amérique de 1944 ne vaut pas forcément pour la France de 1940. En l'occurrence, les communications de l'armée française, essentiellement par téléphone, étaient totalement inadaptées à l'organisation choisie («Mirabelle appelle Eglantine. Répondez Eglantine ...»).

Mais, c'est vrai : la France est à l'origine de la «bataille conduite» (on dirait aujourd'hui «managée») c'est-à-dire impliquant un gros travail logistique, prenant en compte tous les aspects de la guerre et pas seulement la tactique.

La bataille conduite et sa version moderne, «le management», reposent sur l'idée non seulement fausse mais nocive que c'est un bien en soi de réduire l'incertitude. Mais l'incertitude est infinie, on s'épuise donc en scénarios, en comités de réflexion, en simulations, en réunions, en procédures, en audits, pour, au bout du compte, n'obtenir une réduction d'incertitude qui n'est qu'une goutte dans un océan, sans oublier que le processus de réduction des incertitudes introduit lui-même des incertitudes.

La dépense d'énergie est folle pour un résultat fort médiocre. On en vient à douter de l'équilibre mental et de l'intelligence, ou au moins du bon sens, de ceux qui participent à ces pratiques (ou pire, en sont à l'initiative). Peut-être est-ce une forme de lâcheté face à l'irréductible incertitude du monde.

Tout cela aboutit à la bureaucratie et à la technocratie, sans que l'efficacité en soit améliorée d'une once, c'est même l'inverse : la mauvaise graisse finit par paralyser les muscles. C'est en cela aussi que les Français furent précurseurs des Américains. Les millions de planches «powerpoint» élaborées tous les ans par le Pentagone devraient arrêter net tout homme sain d'esprit.

La «bataille conduite» souffre du problème de tout management, par opposition au commandement : le manque d'imagination. Le management, c'est la continuité, la dispersion et la dépersonnalisation, même quand il faudrait la rupture, la concentration et le charisme.

Pour vivre le «management», j'en perçois les limites très étroites : l'imprévu le déstabilise et comme la vie est justement faite d'imprévus, le «management» souffre dès qu'un peu de vie se manifeste, d'où son attirance pour les situations figées, figées comme la mort. Toute organisation à qui on a «foutu le management» (2) est en péril mortel.

Si ce livre est passionnant positivement, par la place qu'il redonne au hasard, à la contingence, à l'incertitude et à la difficulté de décider, il est aussi passionnant négativement, en ce qu'il montre qu'un esprit agile peut se laisser aller à un anti-américanisme grossier.

L'auteur écrit par exemple que l'armée américaine est «un jeu dans un bac à sable» ! Ou encore que l'armée française manque autant d'appui-feu en Afghanistan qu'en juin 40 (3).

Quelle est la thèse principale ? Que l'intervention tous azimuths de l'armée américaine est l'équivalent conceptuel d'une ligne Maginot.

Cependant, comparaison n'est pas raison. La thèse du déclin américain est aussi éternelle que l'Amérique elle-même. Il passe bien entendu sous silence le fait que la présence planétaire de l'armée américaine est une condition nécessaire de la mondialisation économique (4), et que cela donne sa cohérence au militarisme américain.

L'oubli de la fonction économique du militarisme américain ôte sa pertinence à la critique, pour ne pas dire qu'elle la rend vaine.

Cependant, malgré ses approximations anti-américaines, ce livre reste passionnant. Un signe ne trompe pas : il emploie beaucoup de citations de Foch, qui est assez méconnu de nos jours.

Il recourt au concept de «stratégie quantique». Inversant le très à la mode (donc bientôt démodé) «Pensez global, agissez local», Immarigeon introduit le «Pensez local, agissez global». C'est exactement ce que fait le taliban sur sa mobylette : il pense avant tout dans le contexte local, il n'empêche que ses actions ont un retentissement global.

C'est d'une certaine manière ce qu'ont fait les Allemands en mai 40 en laissant la bride sur le cou de leurs officiers, qui par nécessité pensaient localement. Très intelligemment, les Allemands ont refusé la guerre conduite «intelligente» que leur proposaient les Français pour préférer un comportement de pirates, une accumulation de coups de main. Ils n'ont pas joué suivant les règles des Français, d'où des décisions en apparence téméraires du point de vue français.

Les cas bien connus où certains commandants allemands en pointe ont coupé leurs communications pour ne pas être dérangés par l'OKW devraient faire réfléchir : on est à l'opposé de la guerre de la sur-information «à la Pentagone».

Ce qui compte, c'est d'agir juste, pas de nager dans l'information. Le flot d'informations rassure et pourtant, il prépare la défaite en noyant le décideur. Le génie manœuvrier de Napoléon tenait en sa capacité à détecter l'axe d'attaque favorable et à pousser à fond. Il a fait l'admirable campagne de France de 1814 presque sans cavalerie pour l'éclairer, les chevaux étaient morts dans les neiges de Russie, et pourtant, il a à chaque fois deviné l'ennemi.

Les talibans reconduisent naturellement la même stratégie : ils refusent la guerre des drones et des réseaux, la guerre de l'information. Ils refusent la guerre que les Américains sont sûrs de gagner. Ils font la guerre de l'âge de pierre (avec un peu de téléphone mobile et d'explosif) que les Américains ne savent plus faire.

Nous sommes en plein Sun-Tzu : ne pas se laisser imposer le combat par l'ennemi. Ce livre érudit mais facile à lire est stimulant jusque dans ses outrances.

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(1) : par exemple, si Gamelin avait envoyé l'ordre de conversion vers le sud des armées françaises de Belgique qu'il semble avoir imaginé.

(2) : comme Clemenceau disait des Allemands «on leur foutra la république».

(3) : je le verrais bien citer l'embuscade d'Uzbin comme exemple, où, c'est vrai, l'appui-feu a manqué. Mais c'est justement un contre-exemple. D'ailleurs, ce sont les mêmes qui, sans souci de cohérence, reprochent à l'armée américaine son usage indiscriminé de la force aérienne.

(4) : on voit comment quelques pirates somaliens suffisent à semer le trouble dans le commerce.

Le siècle de 1914 (D. Venner) (et le siècle de 2001)

Quand Dominique Venner ne parle pas de Pétain ou de De Gaulle (pour le premier, contre le second), il lui arrive d'écrire des choses intéressantes.

Il analyse les quatre idéologies sorties de la première guerre mondiale : wilsonisme (démocratie messianique à l'anglo-saxonne), communisme, fascisme et nazisme.

D. Venner est conservateur, c'est-à-dire qu'il ne donne pas à la politique des buts religieux (améliorer le sort de l'humanité, le salut par la politique) et ne croit pas aux progrès de l'esprit humain.

Il est donc détaché des idéologies qu'il analyse. On sent tout de même une mélancolie de ce que le fascisme aurait pu être.

Des quatre analyses, celle du nazisme est de loin la plus faible puisque Venner se met dans l'optique de la légende suivant laquelle Hitler a été surpris par la guerre et a été stratégiquemnt nul.

Les quatre «isme» étaient des essais pour résoudre les contradictions des sociétés modernes.

Je me suis alors fait la réflexion que nous pourrions voir encore une tentative de résolution des contradictions de la démocratie représentative.

Nous allons vers un étrange fascisme mou. L'ardeur guerrière qui servait de moteur au fascisme est remplacée par le maternalisme et sa pseudo-phlosophie droitdelhommiste, d'où une mollesse rageuse, une indolence colérique, une générosité sectaire, une compréhension étouffante, un consensus castrateur.

Etant de la «France d'avant», j'ai quelquefois l'impression de vivre sur une autre planète. Alors, pris par ce sentiment d'étrangeté,je m'amuse à titiller le consensus obligatoire. Par exemple, j'ai douté en présence de collègues du bienfait de la féminisation des armées (1). C'est puéril, mais cela m'amuse.

En tous les cas, Venner croit dur comme fer qu'on peut endormir de vieux peuples comme les peuples européens, mais qu'il n'est pas si aisé de tuer en eux la fierté et que, ce faisant, tout espoir d'un retour de l'Europe dans l'histoire n'est pas perdu.

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(1) : c'est pure provocation de ma part. La féminisation des armées m'interroge plus qu'elle ne me dérange.

Football français hallal

Pour une fois que je m'intéresse au football !

Les joueurs de l'équipe de France aiment-ils la France ?

On trouve ce commentaire :

«Allez voir le blog de Vikash Dhorasoo, ainsi que les sorties qu'il a faites sur le plateau de Ruquier et vous comprendrez beaucoup de choses...

Il dit entre autres qu'il y a un racisme anti Blancs dans le football en général, et il paraît aussi que les Bleus mangent "hallal".

Quand on ajoute les propos de Zidane (voir Wikipedia) qui dit qu'il est d'abord Kabyle, puis Algérien, et enfin Français, les propos de Benzema (sur RMC) qui dit qu'il se sent Algérien et qu'il ne choisit l'Equipe de France que pour le côté "sportif"...On peut se demander ce que pensent vraiment ceux qui font partie de cette équipe aujourd'hui.

Ces gens-là utilisent la France pour leur réussite personnelle, mais ne l'aiment pas...»


Ce qui est très marrant, c'est que le Monde traite du même sujet, mais c'est pour affirmer avec force, mais sans preuve, que le désamour de la population n'est pas du à l'éloignement ethnique de l'équipe de France (horresco referens), l'équipe Black Black Black, mais à son éloignement social. Toujours cette volonté absurde des gauchistes de nier toute autre explication que sociale.

On atteint le sublime du gauchisme parce que, dans le cas présent, cela consiste vraiment à nier ce qui crève les yeux.

Mais j'ai confiance : il se trouvera bien un sociologue pour m'expliquer que je n'ai rien compris.

Déficits publics : nous payons notre manque supposé de patriotisme et de courage

Pourquoi avons nous des déficits publics ?

Je crois que c'est, au fond du fond, parce que nos gouvernants successifs sont persuadés qu'ils doivent acheter la paix, c'est-à-dire que les Français ne sont ni assez courageux pour entendre la vérité en face, ni assez unis pour ne pas se déchirer si on leur demande des sacrifices, ni assez patriotes pour sacrifier quelques intérêts individuels au bien du pays.

Bref, aux yeux des politiciens, nous sommes tous des conducteurs de TGV.

Il n'y a que lorsque les politicards accepteront de lâcher le manche, de laisser l'Etat -par la force de la dèche- se désengager de la vie des citoyens, de retirer les mous oreillers,qu'ils s'apercevront que les Français ne sont pas tous des cheminots et qu'il y en a même d'exemplaires.

mercredi, juin 09, 2010

Sur la peine de mort

Sur la peine de mort

Je suis indécis sur le sujet. Un jour, abolitionniste ; un jour, anti-abolitionniste.

Nourri de valeurs humanistes, d'Hugo et de Camus, j'ai longtemps été abolitionniste.

Puis, d'une part, j'ai fini par comprendre les limites de l'humanisme (et d'Hugo, par la même occasion). D'autre part, j'ai rencontré un article de Romain Gary expliquant qu'une société qui n'ose plus condamner à mort est une société qui ne croit plus en elle-même et va à sa perte. Or, je constate qu'effectivement, la plupart des abolitionnistes sont par ailleurs défenseurs de valeurs et de comportements qui sapent notre société.

Naufrage de l'Euro : nous coulerons tous ensemble

La construction bureaucratique européiste fait naufrage car elle nie les nations et le nationalisme (1).

L'abandon de souveraineté qu'est l'Euro coule et on nous explique que la solution est encore plus d'abandons de souveraineté.

Nous sommes dans le dilemme classique : d'un coté, faire amende honorable, abandonner enfin la mauvaise idée et minimiser les dégats ; de l'autre coté, persévérer dans l'erreur, persister à affirmer avoir raison et rendre l'échec final d'autant plus dévastateur.

L'autisme des européistes ne laisse aucun doute : la deuxième solution sera poussée à son maximum. Seuls des émeutes et des morts feront reculer les européistes.

J'ai déjà écrit tout cela, mais ça me fait tellement peur que je radote.

(1) : pour le meilleur et pour le pire, la grande évolution politique depuis la révolution française est que les manants ont placé dans la politique les espérances de vie meilleure qu'ils plaçaient auparavant dans la religion et que, dans ce mouvement, ils sont devenus nationalistes. D'où l'aphorisme que je ressasse : la patrie, c'est la fierté qui reste au pauvre quand il n'a plus rien. A ignorer ou à combattre cette réalité, nos élites nanties et dénationalisées s'exposent à de facheuses surprises.

mercredi, juin 02, 2010

École : pourquoi pas un élève par professeur ?

Natacha Polony écrit d'une manière mesurée ce que j'aurais dit sur un ton nettement plus agressif.

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École : pourquoi pas un élève par professeur ?


Par Natacha Polony
01/06/2010 | Mise à jour : 20:26
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Par Natacha Polony, journaliste en charge de l’éducation

Symboliquement, l'effet est désastreux. Le document du ministère de l'Éducation nationale à destination des recteurs ne pouvait que provoquer l'ire de tous les acteurs de l'école dans une période où l'échec criant du système ne peut plus être nié. Selon ce document, les recteurs, dans chaque académie, doivent organiser le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite en privilégiant quelques pistes jugées adaptées à chaque réalité locale et ne devant pas «nuire à la qualité de la formation dispensée aux élèves».

Réaction indignée des syndicats d'enseignants et des fédérations de parents d'élèves, qui y voient un renoncement à la volonté d'améliorer, au contraire, la formation. «La question des moyens n'est pas la réponse aux problèmes de l'Éducation nationale aujourd'hui», s'est défendu hier le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, dans les couloirs de l'Assemblée. Et d'expliquer : «J'ai choisi une méthode qui consiste à ne pas décider de manière autoritaire depuis le ministère mais à travailler académie par académie, école par école, à partir des besoins locaux.»

Mais quelles sont les pistes évoquées ? La non-scolarisation des enfants de 2 ans est un choix politique ancien puisqu'on est passé en quinze ans de 35 % à 15 % d'enfants de moins de 3 ans scolarisés. Mais, alors que l'académie de Créteil, où la scolarisation précoce pourrait être utile, a un des taux les plus faibles, celle de Lille scolarise 42 % des enfants de 2 à 3 ans. L'appel à des non-titulaires pour assurer les remplacements, une des autres pistes évoquées, est pratiqué de fait dans de nombreuses académies.

La véritable nouveauté consiste en l'idée d'augmenter le nombre d'élèves par classe. Depuis les années 1980, la politique constante des ministères, à la demande des syndicats et des fédérations de parents, fut au contraire une baisse de ce taux. Baisse marginale, puisque cette politique coûte une fortune en postes de professeurs. Avec aujourd'hui environ 22 élèves par classe dans le primaire et 24 élèves par classe au collège, la France se situe parmi les pays comptant les classes les plus nombreuses, le lycée faisant, du fait des nombreuses options, chuter les statistiques avec neuf élèves par professeur en moyenne.

Pour autant, les statistiques montrent que la baisse du nombre d'élèves par classe n'a pas d'effet significatif sur leur niveau. Pourquoi une telle crispation sur le sujet ? Ceux qui fouillent leur mémoire se souviendront, il y a quarante ans, de classes de quarante-cinq élèves où l'on entendait une mouche voler.

Mais c'est que justement on ne veut plus entendre les mouches voler dans les classes, et que, de fait, on ne les y entend plus. Les pédagogies à partir d'ateliers, de petits groupes… impliquent un niveau sonore parfois intenable. Et des jeunes qui n'ont jamais appris à rester silencieux et concentrés.

Au collège, la présence dans les classes d'élèves en très grande difficulté, agités parce que perdus, complique largement les choses. À ces données structurelles, qui expliquent les protestations des enseignants, s'ajoute une dimension plus générale, presque civilisationnelle : la demande pressante des parents que l'on prenne en compte l'individualité de leur enfant. Le modèle proposé à l'école depuis trente ans semble être celui du précepteur : un élève par professeur. Mais cela coûte cher et explique en grande partie le doublement du budget de l'Éducation nationale depuis 1980.

D'autant qu'on uniformise pour ne fâcher personne. Or des lycéens bien formés en amont, encadrés, et habitués à se concentrer, peuvent suivre un cours de mathématiques ou de français à quarante, voire davantage, dans un établissement qui s'y prête et sans que l'enseignement en pâtisse. Et cela permettrait, dans les endroits difficiles, d'opérer une baisse significative qui, là, serait efficace. Mais un tel choix nécessite de s'intéresser aux méthodes d'enseignement autant qu'aux symboles

Excellent article d'Yves de Kerdrel dans Le Figaro

La chronique d'Yves de Kerdrel

Par Yves de Kerdrel

Le Figaro 31/05/2010 | Mise à jour : 19:15 Réaction (2)

Société de confiance versus société d'assistance


Lors d'un récent déjeuner réunissant le corps de l'Inspection des finances, Alain Minc a dit, à ses pairs présents, qu'en tant que «représentants de l'élite du pays» ils avaient le devoir «de propager un message d'optimisme». Cette scène incroyable, où le conseiller du monarque demande aux «fermiers généraux» de répandre des mots doux aux oreilles des citoyens, pour qu'ils cessent de penser à la crise, a quelque chose de surréaliste, sinon de suranné.

Les Français n'attendent pas qu'on leur raconte tous les soirs Alice au pays des merveilles, afin de les endormir. Ils réclament des politiques, un devoir de vérité et d'action. En cela, le travail que mène depuis quelques semaines Éric Woerth, sans se laisser distraire par les bruits de la Cour, est exemplaire. Voilà un ministre qui a pris en mains, dans le sillage de ce qu'a déjà fait, sur les régimes spéciaux, Xavier Bertrand, un dossier ô combien complexe. Il s'est fixé un but et un calendrier. Et il trace son chemin. Il mène sa réforme. Il bouscule les tabous. Bref, il fait le job, comme disent les Américains.

Il a réussi à faire passer dans l'opinion le recul de l'âge de la retraite avec une facilité déconcertante. Et les manifestations syndicales de la semaine passée ressemblaient davantage à un convoi funèbre enterrant les dernières illusions d'archéo-socialistes qu'à un baroud d'honneur. Si tout continue de se passer de cette manière, Éric Woerth pourra dévoiler à la mi-juin les couleurs de sa réforme. Et un mois plus tard la présenter en Conseil des ministres.

Une perte de confiance dans l'État

S'il est important que cette réforme soit menée de manière claire, rapide et courageuse, c'est parce qu'elle peut redonner confiance, primo en l'action politique, secundo en la capacité de la France à se transformer et tertio, parce que c'est tout de même un sujet à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Les socialistes qui sont encore bouleversés à l'idée que Nicolas Sarkozy ait pu ébranler, la semaine passée, la statue de François Mitterrand, pensent toujours que les Français aiment entendre dire «demain on rasera gratis!». Ils croient que c'est par de nouvelles protections et un surcroît d'État-providence que l'on va redonner de l'enthousiasme à une France anxiogène. Ils ressortent de vieilles théories de sociologues américains sur la société du «care» et du «bien-être», pour réinventer un État surpuissant dont la seule tâche sera de redistribuer davantage d'allocations, et donc de ponctionner plus d'impôts. Quel programme enthousiasmant!

Si au lieu d'aller chercher leurs idées dans des théories éculées, ils regardaient la France de ce début 2010, ils verraient que la consommation s'enraye et que l'épargne atteint des niveaux records. Qu'est-ce que cela veut dire? Tout simplement que lorsque l'on a plus confiance dans un État surendetté, et que l'on ignore encore quel type de retraite on aura, il est rationnel de se créer une épargne de précaution. Dès lors que les Français reprendront confiance dans l'action de ceux qu'ils ont élus et dans la solidité de leur pays, alors ils consommeront de nouveau. Ils s'endetteront. Ils feront des projets pour l'avenir. Et il en est de même pour les 2,7 millions de petites et moyennes entreprises qui n'osent plus investir par peur de cette incertitude ambiante.

Un climat de précampagne

Alain Peyrefitte avait montré, dans le sillage du sociologue Max Weber, les liens qui unissent l'économie et la confiance. Pas un mot n'est à changer dans ce qu'il a écrit sur la société de confiance. Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI, donnait il y a quelques jours un exemple précis de cette mécanique vertueuse: «Si les gens prennent leur retraite plus tard, rappelle-t-il comme une évidence, ils ont moins besoin d'épargner et ils peuvent donc consommer un peu plus.» De la même manière s'ils constatent que l'État peut mener une politique sérieuse et rigoureuse en matière de finances publiques, ils arrêteront de s'inquiéter pour l'avenir de leurs enfants. Point n'est besoin de parler d'austérité, ou de promettre «du sang, de la sueur et des larmes», il suffit de suivre les prescriptions du rapport Champsaur-Cotis qui suggère une diminution raisonnée, mais tonique, des dépenses publiques au cours des dix années qui viennent.

À deux ans de la prochaine élection présidentielle, la France semble déjà entrée dans un climat de précampagne. Avec, d'un côté, des socialistes en situation de déni de vérité et, de l'autre, une majorité qui a fort à faire avec la sortie de crise. Le plus important, c'est que dans ce moment crucial, le gouvernement ne cède en rien ni sur son calendrier ni sur sa volonté réformatrice. Ce sont les meilleurs gages que la droite pourra présenter en 2012, «à ce vieux pays recru d'épreuves», comme l'écrivait le général de Gaulle. À ce pays qui mérite davantage une société de confiance, qu'une société d'assistance… et donc d'aliénation.

lundi, mai 31, 2010

La politique bloquée

J'entends souvent :«Nous avons les responsables politiques que nous méritons : nous les élisons… de quoi se plaint-on ?»

Je suis hanté en ce moment par la phrase d'Huntington : «Après avoir inventé la démocratie représentative, les Français ont inventé la démocratie non-représentative».

Mot cruel, mais juste : tous les symptômes et les signes montrent les Français se sentent peu ou pas représentés par leurs élus.

Et la cause en est relativement claire : la bien-pensance, au pouvoir médiatico-politique, censure tout un pan du spectre politique, le conservatisme.

Mis à part Jean-Marie Le Pen, qui est repoussé dans son coin, en partie à cause de ses propres obsessions, on ne nous propose toujours le choix qu'entre un progressiste de droite et un progressiste de gauche. Jamais un conservateur.

Nicolas Sarkozy n'est en rien le représentant d'une «droite décomplexée», cette assertion est un bobard. Au contraire, notre «droite» est plus que jamais soumise au magistère de la gauche, qui, elle, est sans complexes, voire carrément arrogante.

Pour caricaturer, on n'a le choix qu'entre «voulez vous le mariage homosexuel tout de suite ou la semaine prochaine ?» «Voulez vous plus d'immigration ou beaucoup plus d'immigration ?» (1) ...

Jamais on ne nous propose «voulez vous refuser le mariage homosexuel ?» ou «voulez vous arrêter l'immigration ?»

Les racines de ce phénomène sont connues : elle est dans la stratégie d'influence de groupes placés à des points stratégiques.

On voit bien que les politiciens ne recherchent pas l'approbation des Français mais l'approbation des journalistes et des curés de la bien-pensance. C'est pourquoi il est logique que les journalistes soient pris dans le même discrédit que les politiciens.

Or, cette censure du conservatisme, qui provoquerait un malaise en des temps normaux, devient extrêmement dangereuse dans des temps agités comme ceux vers lesquelles nous allons.

Tout d'abord parce que, j'en suis convaincu, le conservatisme est la solution de la plupart de nos maux. Se priver du conservatisme, c'est se priver de la possibilité de résoudre nos problèmes. Ca ne peut que mener à la catastrophe.

Ensuite, même si j'ai tort, même si le conservatisme n'est pas la solution de nos maux, le fait de censurer et de priver de représentants une tendance politique que je soupçonne importante ne peut qu'engendrer la rancœur, la colère ou l'indifférence à la vie politique. Tous sentiments qui augurent mal de l'avenir.

Tant qu'on bavarde, qu'on se bat sur des mots (ah, l'absurde débat sur le «rigueur» qui n'en est pas une), on repousse le moment où il faudrait montrer quelque courage et agir. Et comme nos politicards crèvent de trouille d'aller contre contre la bien-pensance socialiste, corporatiste et immigrationniste, et contre quelques agitateurs colériques, ils continuent à bavasser indéfiniment au lieu d'agir immédiatement. Procrastination, quand tu nous tiens ...

N'oubliez jamais que les pauvres n'ont qu'une chose qu'on ne peut pas leur prendre : leur patrie.

Nier la France, nier ses spécificités, ses coutumes, faire comme si la France était n'importe quel pays et que n'importe quel pays pouvait être la France (c'est ce que sous-entend le discours fallacieux qui réduit la France aux mystérieuses «valeurs républicaines». Si la France n'est qu'une question de valeurs, n'importe quel pays peut les adopter et devenir la France), c'est arracher aux pauvres leur ultime assurance en cas de crise grave. On a connu des politiques plus judicieuses !

La première chose que Clemenceau a dite en arrivant au pouvoir est : «Le pays saura qu'il est défendu». Les Français d'aujourd'hui peuvent à bon droit dire : «Nous savons que le pays n'est pas défendu».

Et pour être bien certaine que le pays ne puisse être défendu, notre intelligentsia a corseté toute velléité d'auto-défense dans des entraves non démocratiques, faites de traités, de normes, chartes, de déclarations solennelles des droits de ceci ou cela, de conseils tartempionnels, de commissions théodulesques, de cours internationales de machin, de supra-choses-bidules, qui ont tous pour point commun de correspondre aux préjugés de la bien-pensance.

Aujourd'hui, pour reprendre mes exemples, le respect des traités nous contraint à terme à accepter le mariage homosexuel et l'invasion migratoire.

A partir de là, on nous joue la comédie fétichiste de l'Etat de droit : «Nous, on voudrait bin, mais on peut point, c'est la faute à lacharte Bidule. Oui, c'est con mais que voulez vous, mon bon monsieur ? Faut respecter l'Etat de droit».

Que peut-on attendre d'autre d'élites dénationalisées, qui vivent dans leur bulle, détachées du peuple ? Nous allons vers le pire : le ressort longtemps comprimé de la frustration qui se détend en des violences sauvages.

Ivan Rioufol propose ce qui me semble une excellente solution (avec des défauts bien sûr) :

Le référendum pour débloquer la société

Mais en sommes nous capables ? Plus précisément : nos politiciens sont-ils capables de se dessaisir d'une partie de leur pouvoir maintenant pour éviter de se faire lyncher demain ? Je ne sais. Je ne compte pas sur leur intelligence, fort limitée (2), plutôt sur leur instinct de survie, qui quelquefois fait des miracles.

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(1) : je rappelle que, sous le gouvernement du «fasciste» Sarkozy, ils entrent en France plus de 200 000 immigrés par an.

(2) : les meilleurs Français, les vrais intelligents, ne font pas de politique, ils partent à l'étranger.

jeudi, mai 27, 2010

Réformes des retraites : tous socialistes !

La vraie solution aux problèmes des retraites, c'est la capitalisation, avec un fond de secours financé par l'impôt.

On sait pourquoi les politiciens ont peur de cette solution : en réduisant le pouvoir de l'Etat, elle réduit les privilèges de ceux qui savent traire leurs concitoyens par l'intermédiaire de la force étatique, à savoir les fonctionnaires et assimilés, dont les politicards eux-mêmes.

Néanmoins, les Français productifs,notamment ceux du privé, ont intérêt à cette solution. Je suis donc étonné qu'aucune offre politique en ce sens n'ait émergé. Cela reste pour moi un mystère qu'aucun politicien n'ait entrepris d'occuper ce terrain. Peut-être la pensée unique socialiste qui règne dans les medias décourage-t-elle ceux qui savent que leurs discours seront déformés, vilipendés, ou, simplement, passés sous silence ?

dimanche, mai 23, 2010

Apéros géants, binge drinking et tutti quanti

Les jeunes ont toujours bu de l'alcool que ce soit pour fêter la quille ou la réussite du concours. Et puis, tout simplement, pour boire.

Car devenir adulte n'est pas facile, alors on boit. Mais un homme qui a été éduqué finit par accepter de ne plus être un enfant.

Seulement voilà, nos enfants ont été éduqués à rester des enfants, alors ils boivent sans fin, sans jamais devenir adultes, ou alors à regret, sans vraiment comprendre ce qui leur arrive, ils boivent comme des rois qui ne se remettent pas d'être tombés de leur trône. Ils ne boivent pas en sachant tout au fond que ce n'est qu'un passage qui finira.

Ils ont la cuite triste, anonyme et moutonnière, celle d'enfants sans caractère d'un monde sans espoir.

Il n'y a aucune fantaisie dans leurs beuveries. Ils ne sont pas Gabin et Belmondo dans un singe en hiver, ce n'est pas à eux que viendrait l'idée de déclamer du Péguy à la statue de Jeanne d'Arc pour entrer en communication avec la Sainte, ils ne connaissent plus Péguy, ou de considérer qu'un bain de minuit en février à Deauville (en venant de Paris beurrés comme petits Lu - il y a prescription), c'est classe, ils croient que les riches et les endroits pour riches, c'est pas «solidaire» et qu'il faut en dire du mal.

Ces jeunes me font pitié, on ne leur a pas appris qu'ils sont mortels, alors ils ne savent pas maîtriser leur peur de la mort, encore moins que les hommes devenus adultes, qui, pourtant, eux aussi ont la trouille. Alors ils boivent, tristes et désespérés, ou alors abrutis, et ils grimacent quelques malheureux sourires.

Le scolaire de la honte

Le scolaire de la honte

De Gaulle : la grandeur et le néant (D. Venner)

Dominique Venner accuse De Gaulle d'être en grande partie responsable de la mort de la France(élites dénationalisées, invasion migratoire, mœurs puériles). La question mérite assurément d'être posée, puisque notre agonie devient visible avec Giscard, soit cinq ans seulement après que De Gaulle eut quitté le pouvoir.

Voyons l'acte d'accusation :

> Dominique Venner est pétainiste. Il considère que l'armistice était inévitable et que le gouvernement de Vichy était légitime.

> la résistance pétainiste au sein de l'armée a fait plus que la résistance gaulliste.

> De Gaulle était un diviseur qui, pour s'imposer, a entretenu un climat de guerre civile par deux fois (aussi à propos des affaires d'Algérie). Et, par deux fois, il a favorisé la gauche pour éliminer ses adversaires de droite. Le reproche principal de Venner est là : De Gaulle a usé de ses immenses talents politiques pour sa grandeur, qu'il confondait abusivement avec celle de la France.

> De Gaulle avait une idée abstraite de la France , «une certaine idée», et méprisait son peuple («les Français sont des veaux»), ce qui a préparé la dénationalisation des élites, toute en mépris du peuple français (n'est pire insulte que populiste). Notons que De Gaulle, en disant à Peyrefitte que la France est «une nation de race blanche et de culture grecque et latine», était mille fois plus concret que les traitres qui nous tympanisent avec les «valeurs de la raie publique» et le «pays des drouâdelôme». En même temps, il accuse De Gaulle d'avoir négliger la force des idées et d'avoir laissé les gauchistes infiltrer la fonction publique et notamment l'éducation, avec les ravages qu'on voit aujourd'hui.

Les deux premières accusations sont controuvées. En revanche les deux dernières méritent examen. Venner est là sur un terrain beaucoup plus solide.

On trouvera étrange que les autres nations européennes, qui n'ont pas eu un De Gaulle, soient touchées des mêmes maux que nous.

mercredi, mai 19, 2010

Retraites : nous crèverons de notre bêtise

La solution, non point parfaite -il n'existe aucune solution parfaite, sauf dans le monde criminel des utopies socialistes-, de nos problèmes de retraite est connue, c'est la capitalisation.

Mais voilà, elle a été diabolisée pour des raisons d'idéologie et de soif de pouvoir inextinguible. En effet, la retraite par répartition offre aux politiciens et aux «partenaires sociaux» (nom politiquement correct des vautours copains-coquins du syndicalisme) un champ sans égal pour le déploiement de leur mégalomanie. Sans compter que spolier les jeunes grâce à la contrainte étatique au profit des vieux soixante-huitards leur garantit de rester au pouvoir.

Les Français ne sont pas dupes des conneries qu'on leur raconte : dès qu'ils le peuvent, ils mettent de l'argent de coté pour leur retraite, une capitalisation décidée spontanément, mais sans les avantages d'un système organisé dans ce but.

Nous nous y prenons si tard que la transition sera douloureuse mais nous aurons au moins l'expérience de la foule de pays qui nous ont précédés pour nous guider. Hélas, un ministre vient encore de déclarer qu'il n'était pas question d'évoquer la capitalisation (1).

Nous crèverons de cette bêtise de refuser un système meilleur parce qu'une oligarchie qui tire avantage du système mauvais existant nous répète des fadaises pour faire durer un peu plus longtemps son gagne-pain.

Car, tout comme l'Euro éclatera, la retraite par répartition disparaîtra (2). C'est inscrit dans la démographie.

L'intelligence aurait consisté à préparer cette transition, comme le Chili, il y a vingt ans. Le simple bon sens consisterait à la faire tout de suite. La bêtise consiste à la repousser encore de dix ans.

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(1) : on le comprend. La capitalisation, ce sont des citoyens responsables. La répartition, ce sont des citoyens-enfants réfugiés dans le giron de l'Etat-mamma qui décide pour eux. Un politicien véreux incline à préférer la solution qui augmente son pouvoir.

(2) : presque : il ne serait pas idiot d'avoir un système minimal de répartition comme filet pour les plus imprévoyants.

mardi, mai 18, 2010

Il faut démonter l'Euro

Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que je suis d'accord avec cet article à une nuance près : l'éclatement de l'Euro arrivera, oui.

Mais ça sera très long et très douloureux car les politiciens qui nous dirigent ont bâti leur carrière sur l'Euro et Bruxelles représente pour eux une retraite dorée en cas de défaite électorale.

Ils (et avec eux, les journalistes qui leur servent la soupe) ont donc tout intérêt à préserver le système qui les a faits rois. Cependant arrivera un moment où la clientèle électorale qui voudra sortir de l'Euro sera telle que des politiciens en feront leur électorat et qu'ils gagneront les élections.

En attendant, nous allons souffrir, beaucoup et longtemps.

A moins que la combinaison funeste de l'invasion migratoire et des tensions économiques crée un mélange explosif qui ouvre la voie à toutes les aventures les plus terribles.

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Il faut démonter l'Euro

Le Figaro 19/05/2010

L'économiste et le président de Philippe Villin Conseil livrent un regard pessimiste sur l'avenir de la monnaie unique.

L'euro se noie. L'euro s'est noyé. C'était prévisible. C'était prévu par beaucoup, et notamment par les auteurs de ces lignes, dès le début des années 1990. Aujourd'hui, ce qui était prévu est arrivé. Au premier choc économique majeur, celui de 2007-2009, les économies nationales dissemblables de la zone, déjà affaiblies par des années d'euro trop cher, ont fortement divergé. Privées de la possibilité de dévaluer et de mener ainsi des politiques monétaires adaptées à leurs particularités, plusieurs d'entre elles ont eu recours à des déficits budgétaires massifs pour amortir les effets de la grande récession. Et ces déficits, dans plusieurs cas, mettent en cause leur solvabilité.

Deux points essentiels sont à retenir dans la crise:

1. Le fonds d'intervention de 750 milliards d'euros - obtenu de haute lutte par Nicolas Sarkozy - ne permet que de faire face au danger immédiat de liquidité, mais n'améliore en rien, sur le fond, la solvabilité des débiteurs.


Bien au contraire, il va aggraver leurs difficultés en accroissant d'abord leur endettement et leurs charges d'intérêts. De plus, les plans d'austérité sévère dans lesquels s'engagent la Grèce, le Portugal et l'Espagne vont aggraver la récession, réduire les recettes fiscales, accroître les demandes d'aides sociales et de transferts, et donc creuser encore davantage les déficits publics. Des politiques déflationnistes appliquées à des économies en récession marquée, c'est la politique de Gribouille. Elle nous enferme toujours davantage dans le «tunnel Trichet», cette stratégie sans issue qui se voudrait irréversible. Elle conduit directement à la mécanique dévastatrice de majoration des dettes par la déflation, l'erreur dramatique qui a transformé la crise boursière en grande dépression dans les années 1930, alors qu'une sortie de l'euro redonnerait à nos économies l'oxygène qui leur manque.

Tout cela pour sauver le dogme de la monnaie unique, raison majeure de la sous-performance de la zone au cours des dernières années, et qui demeurera si celle-ci est maintenue.

2. Mais, de toute façon, l'euro était déjà en voie de décomposition, et cela ne date pas d'aujourd'hui. Il y a eu plusieurs étapes:

Tout d'abord, toutes les promesses de ses concepteurs ont été démenties.

L'euro «fort» (c'est-à-dire cher) était censé favoriser la croissance et l'emploi, contrairement à tous les enseignements de l'économie, mais conformément au credo officiel lors de sa mise en place en 1999. Toute l'évolution qui a suivi a confirmé le bien-fondé de l'analyse économique et l'absurdité de cet argument de propagande. L'euro devait aussi obliger à la convergence les économies nationales et leurs conjonctures jusque-là relativement indépendantes, ou même divergentes, ainsi que leurs rythmes d'inflation. Il n'en a évidemment rien été.

Ainsi, non seulement l'euro fort a pénalisé, à des degrés divers, les exportations de tous ses membres vers les pays tiers, mais, de plus, les divergences irrépressibles des coûts au sein même de la zone ont favorisé les exportations allemandes et laminé toutes les autres.

L'euro devait, par magie pure, constituer un «bouclier» contre les aléas de la conjoncture économique aussi bien que boursière, protégeant l'Europe des à-coups dont les infortunés pays tiers subiraient la rigueur. On a vu!

Il devait aussi parachever l'unification du grand marché européen en déterminant une convergence complète des prix et en instaurant une transparence parfaite pour le consommateur. Et là encore rien de tel ne s'est produit.

Il devait enfin marquer un progrès essentiel de l'intégration politique, mais il est aujourd'hui, à propos des politiques monétaires et budgétaires, un sujet majeur de discorde.

En deuxième lieu, l'euro est déjà entré en déliquescence parce que les conditions initiales restrictives du traité de Maastricht, qui étaient censées assurer son bon fonctionnement, ont été passées par pertes et profits: le pacte de stabilité et de croissance limitait strictement l'importance des déficits publics que les gouvernements nationaux étaient autorisés à pratiquer. Il est mort aujourd'hui. Et si ces principes ont été jetés aux orties c'est bien parce qu'ils étaient totalement irréalistes.

Il était aussi prévu que la Banque centrale européenne (BCE) n'interviendrait jamais pour refinancer un gouvernement national en difficulté. Elle rachète aujourd'hui les obligations grecques des banques pour leur éviter des pertes, qui ne résultent pourtant que de leurs seules décisions, et pour contribuer ainsi à refinancer la Grèce.

Quant à la sacro-sainte indépendance de la BCE à l'égard des pouvoirs politiques, on vient de voir que le principe en est aboli. Les dirigeants politiques lui ont dicté leur loi.

Les investisseurs internationaux ont tiré les conséquences découlant des perspectives déflationnistes que ces politiques accréditent, en révisant à la baisse les valeurs des actions des entreprises de la zone, ainsi que celle de l'euro. Ce dernier va continuer à baisser, et c'est une bonne nouvelle pour les économies européennes dont la compétitivité est en partie restaurée par la dévaluation monétaire, de façon très classique, sans malheureusement tenir compte de la situation spécifique de chaque pays comme pourrait le faire un ensemble de dévaluations différenciées.

3. Que faire?


L'euro tel qu'il a été conçu est mort, submergé sous le poids des déséquilibres qu'il engendre. Sa remise à flot est impossible. «Coordonner les politiques budgétaires» en Euroland signifie revenir en plus strict au pacte de stabilité qui, limitant étroitement les déficits budgétaires nationaux, supprime le seul amortisseur de conjoncture disponible et laisse les économies nationales à la merci de tous les cahots de conjoncture, ce qui est socialement inacceptable et ne réglera rien. C'est une fausse fenêtre ou un trompe-l'œil pour les naïfs. C'est pourtant l'exigence allemande immédiate, qui fait fi de l'intérêt de ses partenaires.

L'euro ne pourrait éventuellement subsister qu'en tant que monnaie d'une fédération levant une part majeure de l'impôt dans la zone, et qui compenserait conjoncturellement et structurellement les pays économiquement les plus affaiblis par cette monnaie unique. Dans l'actuel Euroland, les pays du sud, y compris la France, risqueraient alors de constituer progressivement un vaste «mezzogiorno» de l'Europe, ou l'équivalent, à beaucoup plus grande échelle, de ce que sont pour la France les régions assistées de l'outre-mer.

Mais instituer une Europe véritablement fédérale suppose nécessairement un vote des électeurs de chaque pays concerné. On ne saurait concéder en catimini à la Commission un examen a priori des budgets des États, soustrayant du même coup leurs politiques au processus démocratique. La fuite en avant vers le fédéralisme suppose de définir un périmètre, un projet, et d'organiser une ratification démocratique. Or on peut aisément imaginer l'issue d'un tel vote, au vu des réactions allemandes devant toute aide à la Grèce.

En réalité, la seule voie possible, c'est de mettre à profit l'accalmie temporaire, et fragile, que les 750 milliards de prêts virtuels ont permis d'obtenir, et que la poursuite de la baisse de l'euro vis-à-vis du dollar peut conforter, pour organiser une restructuration - c'est-à-dire un défaut partiel - de la dette des pays les moins solvables et le démontage de l'euro de manière organisée.

Dans la politique actuelle, toute la charge de l'aide financière à ces économies repose sur les contribuables des pays qui fournissent l'aide, et sur les sacrifices difficilement tolérables que doivent supporter les salariés des pays insolvables eux-mêmes. Il faut négocier un partage plus équitable entre pays surendettés, pays prêteurs et banques qui ont souscrit des montants déraisonnables de dettes de qualité douteuse émises par des pays aujourd'hui insolvables.

Ce partage assuré, et la faillite partielle étant convenablement gérée, la Grèce pourrait donner le signal de la sortie de l'euro sans catastrophe et dans un certain calme plutôt que dans l'affolement ou la débâcle. Plusieurs pays de la zone, instruits par l'expérience puisqu'ils n'ont pas voulu l'être par la raison économique initiale, devraient alors saisir cette opportunité de retrouver leurs marges de manœuvre monétaire et budgétaire, et de ce fait la voie de la compétitivité et de la croissance, grâce à la dévaluation et à l'étalement dans le temps de la dette, des efforts et des réformes.

Cela ne réclame de nos responsables qu'un peu de modestie et de bon sens. Est-ce vraiment trop demander? L'arrogance et l'obstination de ceux qui nous ont conduits sur la voie du désastre doivent céder devant l'acceptation des réalités. Errare humanum, perseverare diabolicum.

La démocratie à la française : le conseil d'Etat a imposé l'immigrationnisme

Eric Zemmour : "Le Conseil d'Etat a toujours gagné sa guérilla juridique face au politique"

dimanche, mai 16, 2010

Cécile Duflot est une connasse

C'est décidément la journée des connasses.

Je ne connaissais pas Cécile Duflot car je savais ce que j'allais y trouver si je m'y intéressais. Ca n'a pas raté : je viens de regarder On n'est pas couché. Elle est bien aussi conne que je le soupçonnais.

Elle a du bagou a en dégouter d'avoir des oreilles, c'est une bavasseuse comme tous les politiciens d'aujourd'hui. Et après ? Rien. Le vide, le creux, le néant.

Clotilde Reiss libérée : une Bisounours de retour à Bisounoursland (qu'elle n'aurait jamais du quitter)

Quand on est Bisounours, on ne sort pas de Bisounoursland, on ne s'aventure pas dans le vrai monde, c'est trop dangereux et on n'est pas éduqué pour affronter le danger. On reste entre Bisounours à se caresser la fourrure.

Je suis sûr, que cons comme on est, on va fêter le retour de Clotilde Reiss au lieu de l'engueuler et de lui faire baver des ronds de chapeau. Car elle a quand même fait très fort : confondre l'Iran avec le pays de Candie, pour une prétendue spécialiste, cela montre une imbécillité peu ordinaire (malgré les extraordinaires progrès qu'on fait quotidiennement dans ce domaine, c'est bien le seul où l'on progresse).

C'est comme l'autre connasse, non contente de partir se balader de façon totalement irresponsable dans une région infestée de pirates, avec des gosses en plus, elle a le toupet de se plaindre que son crétin de mari s'est pris une balle mortelle lors des opérations de libération. Et il n'y a personne au gouvernement pour l'envoyer paitre comme elle le mérite.

Bref, tout ça, c'est bien beau, mais ça fait tout même une conne de plus en France. Ce n'est pas une bonne nouvelle.

samedi, mai 15, 2010

Know thyself

Know Thyself

Rather than pointing fingers, Greek citizens should look in the mirror.
7 May 2010

In normal circumstances, people in Britain would have viewed the riots in Athens with a certain disdainful amusement: those excitable Mediterraneans at it again! What else can you expect, really? But thanks to Prime Minister Gordon Brown, Britain is now the Greece of the North Sea; he has turned the healthiest public finances in Europe into the sickest, with a budget deficit as large as Greece’s (and soon to be much larger) and a public debt that will before long exceed 100 percent of GDP. So when we look at what is happening in Athens, we have the eerie sensation that this might be London a few weeks or months hence. We have seen our future, and it riots.

In fact, Greece is only a particularly acute or virulent case of the sickness that afflicts much of the Western world. Greece’s overall debt is higher, no doubt, and its deficit larger, than those of other countries, but the difference is one of degree, not of kind. Like most of the rest of us, the Greeks have been living beyond their means.

When the crowd tried to storm the Greek parliament, shouting, “Thieves! Thieves!,” its anger was misdirected. It was a classic case of what Freudians call projection: the attribution to others of one’s own faults. It is true that the Greek politicians are much to blame for the current situation, and no doubt many of them are thieves; but their real crime was not stealing, but offering a substantial proportion of the Greek population a standard of living that was economically unjustified, maintained for a time by borrowing, and in the long run unsustainable, in return for votes. The crime of that substantial proportion of the Greek population was to accept the bribe that the politicians offered; they were only too prepared to live well at someone else’s expense. The thieves were not principally the politicians, but the demonstrators.

Such popular dishonesty is by no means confined to Greece. In varying degrees, most countries in the West have displayed it, Britain above all. It is perhaps an inherent problem wherever the universal franchise is unaccompanied by widespread virtues such as honesty, self-control, providence, prudence, and self-respect. Greece is therefore a cradle not only of democracy, but of democratic corruption.

The Greek demonstrators did not understand, or did not want to understand, that if there were justice in the world, many people, including themselves, would be worse rather than better off, and that a reduction in their salaries and perquisites was not only economically necessary but just. They had never really earned their wages in the first place; politicians borrowed the money and then dispensed largesse, like monarchs throwing coins to the multitudes.

It is an obvious but often forgotten lesson of economics: what cannot continue will not continue.

Theodore Dalrymple, a physician, is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute. His most recent book is The New Vichy Syndrome.

A propos des apéros géants

La jeunesse boit, en attendant mieux, ou pire

Les apéros géants ne me gênent pas. En revanche, ce qui me met très mal à l'aise, c'est encore une fois la manifestation de l'instinct grégaire de notre jeunesse. Les pédagogistes ont eu bien raison de détruire toute culture scolaire : on se retrouve avec une foule de petits cons manipulables à souhait. Comme l'écrit Dalrymple, le monde moderne, c'est l'individualisme sans l'individualité.

Nous sommes vraiment à la merci d'un dictateur un peu habile (une femme ?) qui saura tirer profit de ces jeunes.

Marc de Scitivaux chez Lupus

Marc de Scitivaux chez Lupus

Marc de Scitivaux, comme toujours excellent.

Cette crise a au moins une vertu : elle permet de distinguer les bons économistes, qui font des prévisions justes, des autres.

vendredi, mai 14, 2010

Le retour du Général (Benoit Duteurtre)

Délicieux (comme toujours) roman de Benoit Duteurtre.

Suite à une sombre histoire de mayonnaise industrielle imposée par « Bruxelles », le général De Gaulle revient au pouvoir, âgé de cent vingt ans, pour sauver les œufs mayonnaise à la française. Il chasse les fossoyeurs, dont Sarkozy, et fait du gaullisme.

Evidemment, il dérange tout le monde, à commencer, bien sûr, par les gaullistes auto-proclamés (Chirac et Sarkozy sont habillés pour l'hiver).

Je ne vous en raconte pas plus.

Comme le remarque Brighelli, il y a une parenté baroque avec Mélancolie française d'Eric Zemmour.

Finalement, du fait de la légèreté de ce livre, on ressent peut-être encore plus profondément la perte de la France, assassinée au profit d'une république métissée, diverse, solidaire, ouverte, spontanée, repentante, anti-colonialiste, écologiste, festive, concernée, apatride, déracinée, inhumaine, irréelle, inculte, barbare, stérile et sans intérêt.

Duteurtre est toujours aussi charmant.

Amelia (B. Marck)

Bernard Marck est spécialisé dans la biographie d'aviateurs.

Il semble que, pour celle que certains considèrent comme la plus grande aviatrice (pour ma part, je ne m'aventurerais pas à ce jugement), il ait eu quelques difficultés. Amelia Earhart manque d'aspérités à force de perfection (sauf dans les vertus familiales). Peut-être aussi que ce livre de commande, programmé pour sortir en même temps que le film, n'inspirait pas l'auteur.

Amelia Earhart avait d'éminentes qualités, flair, persévérance, intelligence, mais il semble qu'il lui a manqué le soin maniaque de Lindbergh, et peut-être un peu de chance, pour survivre. Lindbergh avait ce supplément d'âme qui fait de lui un pilote de génie. Amelia était juste excellente.

Lindbergh et Earhart avaient aussi en commun des enfances chaotiques. Peut-être n'est-ce pas un hasard : il faut en avoir un grain, avoir une revanche à prendre, pour se livrer au sport de combat qu'était l'aviation de records des pionniers.

Marck se perd sur la fin, qui occupe un tiers du livre, à propos de la disparition de l'héroïne.

Deux hypothèses sont en concurrence :

> l'hypothèse «officielle» : l'aviatrice et son navigateur se sont perdus et sont tombés en mer.

> l'hypothèse de Goerner : volontairement(à des fins d'espionnage) ou involontairement, le Lockheed Electra est passé à proximité d'une base secrète japonaise et a été forcé d'y atterrir. Les aviateurs y seraient morts discrètement, exécutés ou de maladie.

Même si la seconde hypothèse a de sérieux indices en sa faveur, aucune des deux n'emportent la conviction.

Ce mystère continue de passionner certains.


Il est dommage que cette aviatrice remarquable soit essentiellement remémorée pour sa mort.

Papophobie : rigolons avec les abonnés du Monde

Lire les commentaires des abonnés du Monde est source de grande poilade. Mais dès que le pape est mis en cause, c'est le délire (vous connaissez mon explication psychnalytique).

Je vous ai fait un petit florilège :

L'avortement est un problème féminin, je ne vois pas ce que les hommes ont à décider dans cette affaire. Surtout des religieux...

Transposons : la pédophilie des prêtres est un problème pastoral, je ne vois pas ce que les non-catholiques ont à décider dans cette affaire. Surtout des athées...

Il est urgent de légaliser le mariage des prêtres.


C'est vrai ça, quelle urgence !

Le défi le plus dangereux, c'est sûrement la surpopulation humaine ! La bêtise absolue de l'Eglise catholique et des fanatiques de tous poils de toutes croyances qui veulent accroître leur cheptel de brebis crédules nous fait aller droit dans le mur.

Et la bêtise absolue des lecteurs du Monde et des fanatiques de tous poils de toutes croyances qui veulent accroître leur cheptel de brebis crédules et qui nous fait aller droit dans le mur ?

Le défi le plus dangereux, c'est la religion, et plus précisément la religion catholique.

Précisons encore : catholique romaine ayant son siège au Vatican et Benoît XVI comme pape. En revanche, la religion à barbus dynamiteurs, aucun danger.

Je suis catholique et affligé par tant de haine. De plus en plus souvent, j'ai du mal à reconnaitre mon Eglise dans ce Pape tellement éloigné du message d'amour et de tolérance du Christ. Les vrais chrétiens ont d'après moi d'autres "défis" à relever aujourd'hui: lutte contre la pauvreté, la misère et l'intolérance ; accueil des autres, de tous les autres. Vive les futurs mariés portugais, et qu'ils reçoivent les amitiés d'un hétérosexuel catholique qui se réjouit pour ses frères gays.


Encore un catholique français qui a confondu l'église du village avec la section locale du parti socialiste de Bisounoursland et Jésus avec Vincent Mc Doom.

jeudi, mai 13, 2010

L'Europe persévère dans l'erreur

L'Europe persévère dans l'erreur. Ce qui, comme vous le savez, est diabolique. Il ne faut pas plus de supra-nationalité, plus de fédéralisme, plus d'Europe. L'Europe n'est pas la solution, c'est le problème.

L'Europe n'existe pas, il n'y a que les nations qui existent. L'européisme est une construction idéologique qui suppose une haine de soi, une haine de son pays et le refus des réalités. Les commentaires des lecteurs des journaux gauchistes, plus naïfs et plus francs que les journalistes professionnels et les politiciens, sont tout à fait édifiants sur ce point : se dire «européen», en réalité européiste, c'est d'abord refuser d'être français, allemand, etc.

C'est en vertu de ce principe idéologique de refus de la réalité que les européistes ont méthodiquement entrepris de nier la réalité la plus gênante : les peuples. On les a réduits au silence en les baillonnant dans des traités, des chartes et des analyses constitutionnelles (1).

La manœuvre des européistes est très claire : ils espèrent qu'à force de nier, de dénigrer, de vilipender, d'emprisonner le sentiment national, de l'empêcher de s'exprimer, de ne le laisser vivre que pour des choses ridicules (le béret et la baguette), on finira par le faire disparaître des têtes. Evidemment, cette stratégie a une chance en Europe qu'elle n'a nulle part ailleurs : la culpabilisation du nationalisme à cause des guerres mondiales.

Seulement voilà : l'Euro pourrait bien être l'arme du suicide de cette Europe là. Les européistes, ces salopiauds, ont voulu créer un fait accompli irréversible, en faisant bien attention à ne pas prévoir un mécanisme de sortie de l'Euro.

Mais l'économie est impitoyable, elle est prosaïque. Les discours, les idéologies, elle s'en fiche. Un sou est un sou. S'être aventuré sur ce terrain où leurs mensonges ont du mal à prendre pourrait bien être la plus grosse bourde des européistes.

Tant que les Allemands ne se sentiront pas solidaires des Grecs, l'Euro est condamné à l'éclatement. Or, si mon analyse (les nations existent, pas l'Europe) est juste, les Allemands ne se sentiront jamais solidaires des Grecs, l'Euro éclatera. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais il éclatera.

Et cela restera un des crimes des européistes de ne pas avoir prévu ce mécanisme d'éclatement, le rendant d'autant plus douloureux et chaotique.

**************
(1) croyez vous que, si il avait été consulté, le peuple français aurait été de l'avis du conseil constitutionnel, que les traités européens sont supérieurs en droit aux lois françaises ?

mercredi, mai 12, 2010

Vive Bruxelles !

Ce n'est pas souvent que je félicite la bureaucratie bruxelloise, mais, pour le coup, en proposant de mettre sous tutelle les budgets nationaux, elle est parfaitement logique :

> soit on a une monnaie unique et il faut qu'une instance supra-nationale surveille les budgets des différents pays.

> soit on refuse cette surveillance, mais alors il faut abandonner la monnaie unique.

N'oublions pas que ceux qui, à force de propagande, nous ont imposé l'Euro sont les héritiers de gens détestant les nations, fauteuses à leurs yeux de toutes les guerres, et rêvant de faire de l'Europe une fédération de régions, les nations étant détruites par la machinerie européiste.

La proposition bruxelloise est dans cette lignée. Ce n'est qu'une étape de plus de cette stratégie de long terme.

A l'inverse, je pense que la destruction des nations est profondément nocive, qu'elle fait des citoyens des déracinés et qu'elle prépare le chaos. C'est pourquoi je suis pour un abandon ordonnée de l'Euro. Je préfère que la France ressemble à la Suisse qu'à la Belgique.

Mais il faut choisir : ceux qui s'insurgent contre la proposition bruxelloise tout en se déclarant partisans de l'Euro sont des idiots ou des menteurs.

mardi, mai 11, 2010

Frankenchet et ses copains en action

Deux solutions :

> d'un coté, la solution que nous appellerons nordique : réduction des déficits et des dettes publics grâce au travail et à des mesures intelligentes de transformation de l'Etat.

> de l'autre, la solution que nous appellerons sudiste : faire marcher la planche à billets, générer de l'inflation, bouffer l'épargne et l'investissement. Mais, gros avantage, ça ne demande aucun effort, ni physique ni intellectuel.

Bien sûr, résultat de cette brillante politique, les pays du sud restent, suivant le mot de de Gaulle, des «pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.»

Mais De Gaulle, ce con, essayait de faire atteindre à la France la haute ambition qu'il avait pour elle. Les vrais intelligents, qui ont fait les grandes écoles, comme Juppé, Rocard, Sarkozy ou Aubry, ont une technique bien plus rusée : ils abaissent leur ambition pour la France jusqu'à la rendre accessible à sa médiocrité. En fait, ils l'abaissent tellement qu'elle devient une ambition pour eux-mêmes : rouler avec chauffeur et vivre dans des palais de l'Ancien Régime. Une ambition à la taille des nains qu'ils sont.

Et alors, que croyez vous que Trichet et sa bande ont choisi pour l'Euroland ? Hé oui, la monétisation des dettes publiques, autrement dit, la solution sudiste.

Les Allemands doivent se sentir bien seuls.

lundi, mai 10, 2010

Plan de 750 Mds € «pour sauver l'Euro» : nous boirons le calice jusqu'à la lie

«More of the same». Les dettes publiques mettent nos économies à genoux ? Le remède ? Creuser encore plus les dettes publiques !

Nous savons que «too big to fail» n'existe pas. Alors à quoi ça sert de creuser la bulle de dettes européennes si ce n'est à rendre la catastrophe de l'éclatement de l'Euro encore plus terrible ?

Nous vivons dans un monde fou, ou plutôt, avec des politiciens fous.

CPEPF

samedi, mai 08, 2010

Les mots du Diable : austérité, rigueur

Il est navrant, affligeant, de voir le gouvernement se défendre de faire une politique de rigueur.

C'est vrai : dans le monde des réalités, il ne fait pas une politique de rigueur, tout juste une politique très légèrement moins irresponsable. Mais tout de même, dans le monde irréel du microcosme politico-médiatique français, c'est ce qui se rapproche le plus de la rigueur. Alors pourquoi ne pas l'assumer ?

Je suis navré que «rigueur», un beau mot, soit ainsi calomnié.

Quand on a peur des mots, c'est vraiment qu'on n'a plus de courage, peut-être même qu'on n'en a jamais eu. Et pourtant, il va en falloir pour affronter les épreuves qui viennent.

CPEPF (Ce Pays Est Presque Foutu).

Le secret des jours (P. de Saint Robert)

Je découvre avec beaucoup de plaisir ce livre quinze ans après sa sortie.

P. de Saint Robert y dresse un bilan de la Vème République après Pompidou. C'est féroce pour nos politiciens et, hélas, juste. Giscard, Chirac et Mitterrand sont ramenés à leur juste taille, petite, minuscule.

P. de Saint Robert fait l'erreur fondamentale de renvoyer dos à dos libéralisme et conservatisme pour leur préférer le «gaullisme de gauche», qui n'existe pas. Le gaullisme est au contraire un judicieux mélange de conservatisme et de libéralisme, au sens ancien du terme.

Comme il a un talent pour choisir ses citations, en voici quelques unes :

Abel Bonnard :«La faiblesse d'âme de tant d'hommes qui ont paradé parmi les événements au lieu d'agir sur eux est d'autant plus facile à spécifier qu'il s'agit, comme bien on pense, d'une faiblesse française, c'est-à-dire fardée, pomponnée,attifée de mille raisons, d'une faiblesse à panache.»

Alain Juppé : «De Gaulle était très bien , mais tout de même, il n'avait pas fait les grandes écoles.»

Philippe de Saint-Robert : «Dans le principe, les constitutions sont au dessus du législateur comme Dieu était au dessus des rois. Mais aucun système n'est à l'abri de la faiblesse ou de la trahisons des hommes. C'est pourquoi il ne faut, comme l'avait si fortement établi Simone Weil, idolâtrer aucun système social. Un jour, François Mitterrand a prononcé une phrase bien étrange lorsqu'il a mis en garde contre "la force injuste de la loi". [...] Ce jour-là, le Président a insinué que les démocraties n'étaient pas à l'abri des mêmes excès [que les régimes dictatoriaux usant de lois injustes] et que le rôle arbitral qu'il incarnait pouvait se situer au-delà de tels dilemmes. Malheureusement, le jour où il a dit cela, ce n'était probablement que pour couvrir une filouterie. Le moyen d'en sortir ? Mais pourquoi en sortir ? L'impossible est toujours possible, mais ce qui le caractérise, c'est qu'il n'arrive pas.»

Philippe de Saint-Robert : «En 1970, la France était un pays libre, indépendant, encore prospère, respecté malgré la commotion soixante huitarde. On avait dit et redit qu'elle n'avait pas les moyens de sa politique. Cet argument est fallacieux car on n'a jamais les moyens de faire tout ce qu'on voudrait faire, et c'est sans doute tant mieux ainsi, car le vouloir comme le rêve seraient fous s'ils n'avaient leurs limites. [...] Mais dans ces milieux qui font ou qui imitent l'opinion, on ne croyait pas à des choses aussi simples : choisir, vouloir, assumer, mais plutôt à des exercices très compliqués : nommer, gérer, normaliser. Ils disent tous -c'est le slogan à la mode- qu'il ne faut pas être frileux, mais ils sont déjà morts de peur ou de froid à chaque fois qu'il leur paraît que la France pourrait être "isolé" dès lors qu'elle se ferait un devoir de ne pas s'aligner sur la folie du moment, de ne pas céder aux intérêts exclusifs d'une puissance dominante.»

Henri Hude : «Le progressisme est le degré zéro de la liberté. C'est une conception pitoyablement superficielle de la liberté humaine. C'est un rejet irrationnel, adolescent, puéril même, de la normativité, contraire à toute observation attentive et à toute réflexion sérieuse, misérable bavardage arrogant, inconscient de n'être que la réinstitution d'une normativité d'autant plus tyrannique qu'elle est plus occulte et plus perverse, et d'autant plus nocive qu'elle justifie n'importe quoi, établit une société sans droit et débouche sur le fascisme. Le progressisme, c'est le degré zéro de la liberté. Appelons les choses par leur nom. Ce degré zéro de la liberté, ce n'est rien d'autre que le pouvoir de ne pas être juste. C'est, pour commencer, la liberté de na pas satisfaire aux obligations qui nous incombent au titre de la nécessaire conservation à court terme d'une société riche et en sécurité, et de se délier résolument de toute obligation relative à ses intérêts à moyen et à long terme (les intérêts de la génération montante ou ceux de nos cadets). C'est encore la faculté de faire, sans avoir à craindre une coercition ou un remords, tout le mal qui n'est pas strictement incompatible avec une conception toute matérielle, matérialiste, à court terme et à courte vue, de l'ordre public. Le progressisme, en prétendant n'imposer aucune normativité (ce qui est pure faribole), se permet aussitôt de détruire ses adversaires, alors que c'est lui qui est le plus moralisateur de tous les autoritarismes et le plus fanatique de tous les dogmatismes, parce qu'il est le plus fourbe et le seul à se refuser au débat loyal, auquel il substitue la manipulation. Aussi n'a-t-il pas à faire l'effort de de réfuter ses adversaires. Il lui suffit le les mettre en accusation[écrit vingt ans avant l'"affaire Zemmour" et la chasse permanente aux "dérapages" !]»

Chateaubriand [époustouflante prescience de 1834] : «Quelle sera la société nouvelle ? Je l'ignore. Ses lois me sont inconnues. Je ne la comprends pas plus que les anciens ne comprenaient la société sans esclaves produite par le christianisme. Comment les fortunes se nivelleront-elles, comment le salaire se balancera-t-il avec le travail, comment la femme parviendra-t-elle à l'émancipation légale ? Je n'en sais rien. Jusqu'à présent, la société a progressé par agrégation, par famille. Quel aspect offrira-t-elle lorsqu'elle ne sera plus qu'individuelle ainsi qu'on la voit déjà se former aux Etats-Unis ? Vraisemblablement, l'espèce humaine s'agrandira mais il est à craindre que l'homme ne diminue, que quelques facultés éminentes du génie ne se perdent, que l'imagination, la poésie, les arts, ne meurent dans les trous d'une société-ruche où chaque individu ne sera plus qu'une abeille, une roue dans une machine, un atome dans la matière organisée. Si la religion chrétienne s'éteignait, on arriverait par la liberté à la pétrification sociale où la Chine est arrivée par l'esclavage.»

vendredi, mai 07, 2010

L'impardonnable défaite (C. Quetel)

Un des moins mauvais livres qui s'intéressent aux causes françaises de la défaite de 1940. C'est normal, il cite dans sa bibliographie des livres de François Delpla, il ne néglige pas complètement l'habileté hitlérienne.

Le mystère n'est pas la défaite militaire, tant il faut à la guerre jeter de choses au hasard, comme disait Henri IV, mais l'armistice. Car il appartenait aux politiciens d'ouvrir le champ des possibles.

jeudi, mai 06, 2010

Peut on dire «merde» aux marchés ?

J'entends les conneries habituelles sur la dictature des marchés et qu'il suffirait de leur dire merde pour claquer autant d'argent public que l'on veut.

Le mot «marchés» est un mot trompeur car trop vague. Nous ne sommes pas soumis à la contrainte des marchés, mais à celle des prêteurs.

Pour faire fonctionner l'Etat, du fait qu'il dépense plus qu'il gagne, le gouvernement français a besoin d'emprunter (surpris ? L'argent public ne sort pas d'un puits miraculeux). Il doit donc séduire les prêteurs car ils ne sont pas obligés de nous prêter (c'est la différence entre le prêt et l'impot, l'impot est obligatoire, pas le prêt). Un point, c'est tout.

Maintenant, on peut toujours «dire merde aux marchés». Simplement, il n'y aura plus d'argent à la fin du mois pour payer les fonctionnaires. Est-ce vraiment ce que veulent ceux qui nous conseillent de dire merde aux marchés ?

Si nous sommes soumis aux prêteurs, c'est entièrement de notre faute. Il y a un moyen de simplissime de se délivrer de cette soumission : réduire les déficits publics. C'est possible, le Canada, la Suisse, l'Australie, la Suède, la Nouvelle-Zélande, l'Allemagne, la Pologne, la Lettonie l'ont fait.

Bien sûr, nous choisirons une autre voie que celle de l'effort justement réparti : la spoliation des épargnants et des actifs, par le pillage de l'assurance-vie et par l'augmentation des impots sur le travail, permettra de ne pas demander trop d'efforts à ces nouveaux privilégiés que sont les retraités et les fonctionnaires (et assimilés).

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

mercredi, mai 05, 2010

Les Etats providence survivront ils à la mondialisation ?

Les Etats providence survivront ils à la mondialisation ?

Marc de Scitivaux posait cette question en 1998 et y répondait par la négative. Nous y sommes.

A noter Francis Mer, disant que les jeunes pourraient en venir à rejeter la démocratie qui les spolie au profit des vieux.

Pour l'anecdote, vous noterez aussi que Michel Rocard, une fois de plus, se trompe. Evidemment, de quelqu'un qui se glorifie d'être l'inventeur de la CSG, on peut tout attendre en matière de connerie.

mardi, mai 04, 2010

Un homme à femmes est-il un polygame ?

De nombreux abonnés du Journal Le Monde arguent qu'avoir des maitresses, comme François Mitterrand, ou avoir plusieurs épouses, c'est la même chose et que, en conséquence, la polygamie est tout à fait admissible en France et n'est pas une raison suffisante pour dire de quelqu'un qu'il n'est pas intégré.

Bien sûr, ce raisonnement est totalement idiot : allez donc expliquer à votre épouse qu'elle n'est pas plus qu'une maitresse, vous risquez d'entendre parler du pays.

Mais, hélas, il ne témoigne pas seulement de la bêtise, profonde, crasse, indécrottable, de ceux qui le tiennent, nous sommes habitués. Plus rien ne nous surprend quand il s'agit pour les progressistes d'ignorer les bases de la vie en société et de la nature humaine.

Il est aussi le symptôme d'une grande lâcheté. Car, comme d'habitude, il s'agit de ne pas froisser les islamistes à sensibilité de rosière. Brocarder la polygamie des mormons, on peut. Critiquer la polygamie des musulmans, on se l'interdit, on minimise, on détourne le regard. On ment, on trouve des arguments fallacieux, on se perd en discutailleries hypocrites.

Comme South Park, on se couche. Les bien-pensants sont des rebelles contre ce qui ne peut pas mordre, l'Eglise par exemple, mais dès qu'il faut avoir un peu de tripes, c'est autre chose. On intériorise la censure, on s'enorgueillit même de l'auto-censure sous le nom usurpé de tolérance.

Les cons ! Ils préfèrent le déshonneur à la guerre, ils auront les deux.