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jeudi, mai 30, 2019

L'autre Grand Remplacement

Le triste destin du droitard gauchiste.

Cela fait plusieurs années que je réfléchis non sans ironie au triste destin de celui que j’avais alors appelé le « droitard gauchiste ».
Le déroulement de la vie politique française ne semble pas me donner tort (même si j’assume quand même une marge d’erreur dans le chiffre du fiasco de dimanche : nous avions senti un tassement de Bellamy, pas un tel crash).
Il me semble utile de revenir sur quelques points pour mieux comprendre cette situation.
Tout d’abord, je rappelle que les lois liberticides et de répression du mouvement des Gilets Jaunes, notamment la loi inique visant à restreindre de manière arbitraire le droit de manifester, est un projet émanant de cette droite-là qui trouvait même que l’exécutif n’en avait pas fait assez, indifférente au peuple et préférant toujours un ordre injuste à un désordre qui fondamentalement l’effraie. Il n’est donc en effet pas exagéré de dire que le vote de dimanche, à l’exception du corps électoral solide et renforcé du RN, a voté en réaction au mouvement de révolte populaire. Le bourrage de crâne phobophique du parti au pouvoir, la propagande, les fake news, les coups montés, les incendies et opérations chelous etc, tout cela n’aura pas dérangé le droitard qui tient surtout à préserver ses mocassins à glands sans se poser trop de questions.
Par ailleurs, on semble surpris que les cathos aient en grande majorité replié leurs voix sur la Macronie. Comment s’étonner lorsqu’on voit la propagande mondialiste, résolument pro-migrants, hostile aux frontières, suicidaire, à laquelle se livre jour après jour le Pape François? Car là aussi, le bourrage de crâne est massif, et le propre des ouailles, c’est d’être manipulables et disciplinées. Le temps n’est plus ni aux bâtisseurs de cathédrales ni aux Templiers. Eh puis, vous n’aurez pas ma haine, tendre l’autre joue, toussa…
Dans tous les cas, le droitard gauchiste n’aime rien tant que battre sa coulpe, se repentir, se faire fustiger pour les maigres vestiges de son conservatisme rance. Il redoute par dessus tout l’idée de passer pour un réac, pour un facho. On le jurerait, sur ce point, tout droit sorti du PS. Il voudrait tellement qu’on l’aime, qu’on le trouve trop cool et sympa et branché. Il se caractérise par une absence totale d’ambition et d’ossature intellectuelle. Il a intériorisé toutes les armes du combat culturel mené contre la France par le gauchisme culturel, et comme en plus il est catho, il se met à genoux promptement et demande pardon. Séquence BDSM.
Bref, à quelques détails vestimentaires près, les bobos de droite comme de gauche savent où sont leurs intérêts et ils l’ont bien montré. Leurs intérêts ne seront jamais ceux de l’intérêt général, du peuple non plus que de la France.
Je trouve cela très bien que le paysage se décante.
Jadot est le rabatteur macronien de gauche. Larcher et sa bande de lamantins sont les rabatteurs macroniens de droite.
Le paysage au moins est clair et dégagé.

 Anne Sophie CHAZAUD

La droite décidément la plus bête du monde…

Les réactions qui s’enchaînent à droite depuis sa déconvenue de dimanche ne font que confirmer qu’elle est décidément bien la plus bête du monde.
En déconsidérant son candidat et ses choix idéologiques, qu’il a pourtant portés avec talent et conviction, en brûlant aujourd’hui ce qu’elle semblait adorer hier à l’image du veule Geoffroy Didier critiquant subitement son candidat de la veille, elle fait une nouvelle fois la preuve de sa pusillanimité et de son absence profonde de convictions.
«La droite doit abandonner son conservatisme sociétal», déclare-t-il ainsi dans un grand élan stupide et de courte vue.
Croire que son salut consisterait à se gauchiser sur le plan sociétal est d’une bêtise sans nom : cela existe déjà, ça s’appelle le macronisme (économiquement plutôt de droite, idéologiquement gauchiste car caffi d’anciens socialistes). Je ne vois pas de raisons pour quoi ceux des Français qui se reconnaissent dans ce bloc élitaire-là et dans ce projet so cool qui est tout de même au pouvoir bien que profondément contesté par le peuple, se détourneraient soudain de Macron pour aller voter subitement pour des tocards opportunistes qui changent de convictions comme de chemise.
Si nous n’avions certes pas anticipé l’ampleur du resserrement frileux du bloc élitaire dimanche autour de son actuel leader qui a toutefois perdu et plafonné malgré le déploiement des moyens de l’État pour mener propagande, il serait tout à fait inexact de prétendre que Bellamy a raté sa campagne au motif qu’il a perdu dans les urnes : celle-ci était riche et réussie quand bien même les résultats ont été infructueux et que l’on partage ou non ses opinions.
La droite est en vérité placée devant les mêmes questions fondamentales que la gauche qui a implosé faute de n’avoir su y répondre intelligemment : faire enfin des choix idéologiques clairs, assumés, et surtout se déterminer clairement par rapport à la question des frontières.
Cette droite a trahi depuis longtemps le gaullisme dont elle était issue. Elle a notamment abdiqué la question de la souveraineté. Elle s’est par ailleurs vidée de toute forme d’intelligence et de projet culturel conservateur au lieu d’en assumer le réarmement théorique, prête plutôt à toutes les compromissions pour tenter d’exister en tant que système partisan et préserver quelques prébendes.
Elle le paie aujourd’hui, tout comme la gauche paie le fait d’avoir trahi le peuple en se boboïsant stupidement.
Plus que jamais, le défi à venir pour cette partie de l’échiquier nous apparaît comme de nature profondément culturelle et identitaire et l’on imagine mal quelques yoyos opportunistes en capacité de le conduire, d’autant que le macronisme fait déjà le job sans s’embarrasser d’intellect.
 Anne Sophie CHAZAUD

vendredi, décembre 22, 2017

La droite molle me fatigue

D’Ormesson, Wauquiez, Tillinac …

Au hasard de mon survol des actualité, je croise ces figures de la droite molle. De droite, mais européistes, immigrationnistes, atlantistes … bref, de gauche.

J’en ai marre de tous ces salauds. Salauds, car la France est là où elle en est parce que la gauche a assumé d’être de gauche face à une droite qui s’est couchée. La gauche tabasse la France tandis que la droite molle la tient prisonnière en lui refusant une vraie alternative.

Ils me fatiguent, tous ces cons. Il nous faudrait des guerriers, nous avons des esthètes à la voix flutée.

Bon, heureusement, certains ont le bon goût de mourir. Mais pas tous. Il y en a même qui sont encore jeunes.


mercredi, septembre 27, 2017

L’effondrement de la droite continue

Comment les ténors de la droite sont en train de laisser Emmanuel Macron installer son nid au sein de l'électorat LR

L’UMP est la soumission des élus RPR au giscardisme et Macron est l’incarnation parfaite du giscardisme. Il est donc dans l’ordre des choses que cette droite là disparaisse dans le macronisme.

Le FN meurt, lui, de son amateurisme et de son ralliement à l’économisme politiquement correct.

Les trois stades de la décadence : morale, intellectuelle et physique. La droite française en est déjà au troisième stade : quand on voit les petites bourgeoises de droite, les Pécresse, Portelli, Le Pen, on les imagine plus épouses de notable que chefs indomptables d’un peuple millénaire.

On peut toujours espérer que, sur ces ruines, naitra une vraie droite. Les miracles, ça arrive.



vendredi, septembre 08, 2017

Hommage à Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est une imposture politique. Bien loin d’être un renouveau, il est l’apothéose de tous les « isme » qui ravagent la France depuis cinquante ans (européisme, immigrationnisme, socialisme, capitalisme de connivence, technocratisme, économisme, multiculturalisme, réformisme, mondialisme, progressisme, etc.).

Il est ce qu’il est mais il l’est remarquablement bien.

Son récent coup de griffe aux journalistes et aux intellectuels alors qu’il doit sa victoire à la médiasphère est un coup de maitre. Il brouille les pistes, donne des gages à la droite pour la désarmer et ériger Mélenchon en seul opposant. Il fait passer des réformettes pour des révolutions. Il donne l’impression d’avoir une vision (pire, il en a peut-être réellement une). Il donne aussi l’impression d’avoir lu des livres et même d’en avoir retenu quelque chose. Globalement, on le sentiment d’avoir affaire à une personnalité, pas à une outre vide comme tous les autres.

L’explication en est simple : il a développé une vraie pensée, par essence personnelle (sa justesse est une autre histoire), contrairement aux autres qui se contentent de répéter en boucle les âneries à la mode dans leur camp (grandiose, les mecs de droite qui rêvent depuis des années de sabrer le code du travail et qui gueulent comme des putois quand c’est fait par Macron).

Et puis, il a eu l'audace et l'intelligence de revenir aux fondements de la Vème république : un homme, le peuple, en court-circuitant les primaires auxquelles se sont soumis les imbéciles et les conformistes. Il est vrai qu'il est plus facile de se montrer audacieux quand on a l'assurance d'être le candidat de l'hyper-classe mondialisée, mais tout de même : il a eu les audaces que la droite apeurée n'a pas su avoir.

Toutes ces qualités font d'Emmanuel Macron un grand danger pour la France.

Elles sont bien superficielles, me direz-vous. Il nous faudrait une pensée juste et un vrai amour de la patrie.

Mais, en face, c’est un tel désert intellectuel et humain qu’on se contenterait avec joie de voir les couleurs de la vraie droite portée par un homme qui aurait la moitié du quart des qualités de Macron.


Éric Zemmour : « Macron ou le moment orléaniste »

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On sait depuis Sarkozy au moins que l'hyperprésident français est devenu en vérité un hypoprésident. C'est d'ailleurs une des causes majeures du désenchantement démocratique en France: le peuple croit encore élire un roi et il découvre très vite qu'il n'a sous la main qu'un roitelet. Macron en fera l'expérience amère comme Sarkozy. Il y a incompatibilité entre l'esprit de la Ve République gaullienne et la réalité de ce qu'est devenue la souveraineté nationale, dépecée par l'action conjointe depuis trente ans de la décentralisation, de l'européisation et de la judiciarisation. C'est ce qui permet d'ailleurs à Taguieff de toucher Macron au coeur en citant Sophocle: «Je n'ai que mépris pour le mortel qui se réchauffe avec des espérances creuses.» Espérances creuses car Macron est l'homme du pragmatisme dévoyé en simple respect de ce qui marche et est rentable ; l'homme de l'adaptabilité au monde tel qu'il est, soumis aux oligarchies financières.
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Eric Zemmour : Ainsi va la vie (et le monde) à droite ...

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Wauquiez est sans doute persuadé d'être habile. Mais il sera lui aussi victime de la « maladresse des demi-habiles » qu'évoque Pascal. Il arrive trop tard dans un monde trop vieux. Il ne pourra pas, comme ses prédécesseurs, se rattraper par un discours économique libéral et antisocialiste Emmanuel Macron faisant en économie la politique de la droite. Il ne pourra attirer l'électorat populaire qui vote massivement FN qu'en reprenant le programme de ce parti sur l'immigration. C'est exactement ce que lui interdiront ses alliés modérés et centristes. Ils le sommeront de ne jamais faire de concessions aux idées du FN. Wauquiez devra se soumettre d'autant plus qu'il est soupçonné des pires arrière-pensées. C'est ce qui s'appelle perdre sur tous les tableaux.
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samedi, septembre 02, 2017

Les couilles molles

Pourquoi les obsédés de la (dénonciation de la) droite dure pervertissent le débat politique


Cet article vaut pour la réponse de Chantal Delsol :

Quelles sont les conditions nécessaires à ce que les cadres de droite puissent "assumer" un tel positionnement ?

Ils n’ont qu’à avoir du courage. Voilà cinquante ans qu’ils tremblent de peur devant la gauche.

jeudi, juillet 06, 2017

Déjà, les idiots utiles du macronisme nous sortent le grand air de l'espérance trahie (ils se foutent vraiment de notre gueule)

"On attendait beaucoup de la révolution Macron, gare à la déception !", selon l'économiste Marc Touati

Dépense publique et fiscalité : « La révolution Macron attendra »

Pour oser prétendre qu'on attendait une révolution de Macron, il faut être le dernier des cons ou bien se foutre de la gueule du monde.

Bouzou et Touati, deux économistes qui n'auraient pas compris que Macron était un Hollande-bis avec un déguisement neuf ? Remarquez bien qu'aucune connerie n'est surprenante de la part d'un économiste.

Pour une appréciation plus exacte de la situation :

Au secours, le Hollandisme économique revient !

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Priorité donnée aux engagements européens sur la croissance, focalisation monomaniaque sur le droit du travail, dont chacun sait qu'il n'est au mieux qu'un levier parmi d'autres pour redresser l'activité: ce cocktail, inventé par Hollande, avait eu deux conséquences. D'abord, casser la croissance. Ensuite, gonfler les voiles des extrêmes, en particulier d'une extrême-gauche ultra-minoritaire dans le pays, mais ressuscitée par l'obsession de vouloir passer en force sur le Code du travail - suivant là encore une exigence de Bruxelles. Mais peut-être cette perspective de rester seul avec les extrêmes n'est-elle pas pour déplaire à Emmanuel Macron, dont chacun aura compris qu'il songe déjà à sa réélection en 2022.
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Et la droite la plus bête du monde a déjà commencé à donner dans le piège macronien. Bravo, les mecs !

mercredi, juillet 05, 2017

La triplette du désastre

Macron, c’est du Juppé, c’est du Hollande : on vide la politique de son sens, on fait semblant de croire que tous les problèmes politiques se réduisent à des questions techniques, que c’est juste affaire de « compétence », pour dissimuler un choix authentiquement politique, la soumission aux exigences européistes de Berlin.

Et les couilles molles de droite approuvent. Les cons !

Vote de confiance : quand la droite se fait (encore) hara-kiri


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Les socialistes ont également [comme les couilles molle de l'UMP]fait le choix de l'abstention. Cela vous semble-t-il cohérent ?

Pas davantage que LR. Je répète que l'abstention d'un député et a fortiori d'une majorité d'un groupe, à l'occasion d'un vote aussi fondamental que la confiance à un gouvernement constitue un non-sens politique.

L'opposition à Macron se réduit à une portion congrue de LR, à la France Insoumise et au FN. Que cela signifie-t-il en termes de recomposition politique ?

Que cela favorise évidemment Emmanuel Macron, à court terme. On assiste à ce que Jérôme Sainte-Marie a expliqué dans vos colonnes: l'affrontement d'un « bloc élitaire » cohérent et homogène et d'un « bloc populaire » complètement morcelé. Cette situation pourrait vite devenir malsaine, voire explosive.

Le risque n'est-il pas d'assister à une flambée des votes dits « populistes » ou de l'abstention lors des prochaines élections ?

Ce risque existe. Mais la situation pourrait être pire encore, car la France insoumise connaît beaucoup de contradictions internes de plus en plus perceptibles, notamment sur la question du multiculturalisme, tandis que le FN connaît des signes avant-coureurs de tensions très fortes. Bref, il ne pourrait y avoir aucun débouché alternatif au gouvernement ! Dans le contexte économique, social, culturel et international, l'état de notre paysage politique confine au désastre. Comment canaliser les éventuelles colères? Nous sommes assis sur un baril de poudre.
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Pourquoi Alain Juppé a gagné la présidentielle

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On voit que le libéralisme de Macron n'est qu'un leurre, que sa réalité est celle d'une bureaucratie d'accommodements comme son capitalisme est de connivence. Comment pourrait-il en être autrement pour un président issu du milieu lilliputien des inspecteurs des finances passés par la banque d'affaires, qui conçoivent le monde comme le champ clos où s'arrangent entre eux les puissants, le vulgum pecus economicus étant réduit à n'en connaître que ce que les commentateurs autorisés lui diront ?

[…]

De Juppé, Macron a donc les soutiens, les collaborateurs et les réflexes corporatistes. Mais c'est de Hollande qu'il tient l'essentiel de sa pratique gouvernementale: gagner du temps, enfumer, distraire par la communication, noyer le poisson des réformes dans l'eau des subterfuges.

Comme tout mirage, la politique macronienne tend à repousser la confrontation au réel. Juppé, en 1995, avait tenu six mois. Hollande un an et demi. Macron peut espérer une durée intermédiaire. Les Français, y compris la grande majorité de ses électeurs, sont tellement désabusés qu'ils n'attendent en réalité pas grand-chose de lui, outre la comédie du rajeunissement. Continuer à consommer sans trop avoir à se serrer la ceinture: ils ont élu Macron pour qu'il obtienne ce minimum à Berlin. Juppé n'avait pas réussi, Hollande n'avait eu gain de cause que parce que la crise grecque a fait peur aux Allemands. Macron ne sait pas encore comment il y parviendra. Mais faites-lui confiance !

Sorte de Hollande grimé en jeune Juppé, Macron nous offre la synthèse ultime d'un pouvoir oligarchique heureux de son nouveau lifting, du genre de ceux qui finissent par transformer les sourires en grimaces.
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Immigration : l'éclairage d'un analyste américain

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Les modifications de toute politique sociale ne profitent pas également à tous et la politique migratoire ne fait pas exception. Je suis un réfugié qui a quitté Cuba en 1962. Je n'ai pas seulement une grande sympathie pour les immigrants qui souhaitent améliorer leur vie, je suis aussi la preuve vivante que la politique migratoire peut profiter énormément à certaines personnes. Mais je suis aussi un économiste particulièrement conscient des compromis qu'elle suppose. C'est inévitable, l'immigration n'améliore pas le bien-être de tous. Il y a des gagnants et des perdants, et nous devrons faire des choix difficiles. L'amélioration des conditions de vie des immigrants a un prix. Quel est le prix que les Américains sont prêts à payer et qui paiera ?

[…]

Dans la communauté scientifique, nombre de mes collègues - beaucoup aussi de ceux qui font l'opinion dans les médias - sont révulsés lorsqu'ils entendent dire que l'immigration devrait servir les intérêts des Américains. Ils réagissent en traitant de raciste et de xénophobe pareille manière de penser et en marginalisant ceux qui y adhèrent.

Mais ces accusations de racisme traduisent les efforts qu'ils déploient pour éviter de discuter des compromis qui s'imposent. Le débat à venir serait beaucoup plus honnête et politiquement transparent si l'on demandait simplement à ceux qui ne sont pas d'accord avec «l'Amérique d'abord» de répondre à la question: pour qui est-ce que vous roulez ?
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Victoire nationaliste en Corse : un signal d'alarme civilisationnel envoyé au continent

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La Corse est en rupture de ban symbolique avec l'hexagone. Pour beaucoup les Corses n'éprouvent plus le sentiment d'avoir une communauté de destin avec la France, contrairement à moult Antillais ou Réunionnais. Si nous nous permettons de généraliser d'une manière que d'aucuns trouveront abusive c'est que la société corse est suffisamment modeste sur le plan de la densité pour être homogène sur celui de la sensibilité. La Corse refuse de se conformer à l'idéologie d'une Europe bruxellisée à la construction de laquelle les nationalistes ont d'ailleurs contribué, ce qui n'est pas une de leurs moindres contradictions.

Les Corses, catholiques sur le plan des rituels, ne veulent pas d'un islam visible en Corse c'est la signification du vote Le Pen aux présidentielles. Ils ne veulent pas non plus de l'exhibitionnisme des minorités LGBT. On n'imagine pas une gay pride à Ajaccio bien que l'homosexualité soit acceptée dans l'île. Les Corses ne supportent qu'un seul communautarisme: le leur. Que révèle ce phénomène? Une angoisse d'ordre anthropologique: celle du déracinement. Peu nombreux, les insulaires éprouvent la hantise de la dissolution dans un monde multiculturalisé où les groupes humains, sous prétexte de métissage, ont tendance à perdre leur caractère. « Nous les Turcs nous ne ressemblons qu'à nous-mêmes » disait Mustapha Kemal, le père de la Turquie moderne. En Corse comme partout où il perdure, le sentiment d'identité est moins lié aux « valeurs » qu'aux mœurs. Ce sont les mœurs, autrement dit les normes et les coutumes, qui fabriquent le sentiment communautaire et non les « valeurs ». On choisit dans une certaine mesure ses « valeurs », on ne choisit pas les normes et les usages qui constituent une société insulaire comme la Corse.

La Corse est un pays, ce n'est pas un espace. C'est une terre avec laquelle les Corses ont un lien puissant car ils y enterrent leurs morts. C'est ce lien avec leur propre pays que les Français urbains, pour beaucoup, ont perdu. L'idéologie néolibérale et l'islam procèdent d'anthropologies opposées. La première magnifie les droits de l'individu, l'islam ceux de la communauté. Cependant la dynamique du Marché comme celle de l'Ouma sont fondées sur un espace ouvert qui ignore peuples et frontières. Cette dynamique, les Corses la refusent d'instinct. Ils pressentent obscurément que cet aspect de la mondialisation risque de détruire ce qui reste de l'identité de leur pays.
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Vous comprenez pourquoi je présente ces trois (quatre) articles ensemble : mondialisme (dont l’européisme technocratique à la Juppé-Hollande-Macron n’est qu’une variante), immigration volontairement incontrôlée, dissolution des liens politiques et sociaux, tout cela va ensemble, ces phénomènes s’alimentent l’un l’autre. Si tous les Français avaient vu plus le souci de la France comme les Corses ont le souci de la Corse, Macron n’aurait pas été élu.


lundi, avril 24, 2017

La droite est-elle majoritaire en France ?

J’ai toujours été perplexe sur l’affirmation que la droite était majoritaire en France. Mon doute était basé sur un ressenti : mes conversations me laissaient penser que les valeurs de droite n’étaient pas vraiment assumées. Pour caricaturer (à peine), on souhaite qu’il y ait moins de vols et moins de délinquance, plus d’ordre (valeur de droite), mais à condition que la police ne brutalise personne et fasse pas trop preuve d’autorité. On veut réduire l’immigration, mais sans faire de peine à personne. On veut être indépendant de l’UE mais sans en sortir. On se plaint des inconvénients de l’Euro, mais on ne veut pas retourner au Franc …

Christophe Guilluy, que j’ai tendance à croire, nous dit pourtant que les idées du Front National sont majoritaires. Que si l’on teste des idées frontistes sans en donner l’origine, elles sont approuvées par la majorité.

Alors ? Je pense que les Français sont, tout simplement, velléitaires. Guilluy a sans doute raison, mais au moment de voter pour leurs idées, les Français ont peur de s’engager pour un changement, ils s’auto-censurent.

C’est là qu’intervient la question de la France d’en haut : si des autorités levaient l’autocensure (et aussi les barrières très réelles dans les institutions), les Français seraient libérés et la droite gagnerait vraiment.

Je pense que c’est une des raisons de la victoire du Brexit : à savoir qu’il y avait une partie non négligeable de l’Angleterre d’en haut, disons un petit quart, qui était pour.

Dans la France d'en haut, pour une vrai politique de droite, il n'y a que quelques pourcents, probablement pas dix.


mardi, mars 28, 2017

Vers une union des droites ?

Patrick Buisson prétend qu'il y a une baisse tendancielle de la droite molle. J'ai donc fait l'exercice sur les scores présidentiels (en pourcentages) de premier tour (un peu audacieusement, puisque j'y ai mis de Villiers, ce qui ne lui ferait pas plaisir) :

















La tendance n'est pas flagrante. En revanche, dès qu'on compare aux scores de la vraie droite, la différence saute aux yeux :
















Plusieurs remarques :

♘ La droite est majoritaire en France (si l'on fait l'hypothèse que droite dure et droite molle peuvent s'additionner).

♘ Avec le recul, on constate que la création de l'UMP (les hommes du RPR avec les idées de l'UDF) fut une imbécilité. Alain Juppé, principal instigateur de cette catastrophe, mérite amplement son statut de plus con d'entre eux.

♘ 2007 fut une élection singulière et la trahison de Sarkozy une occasion manquée dont on parlera peut-être dans quelques années de la même façon qu'on parle de l'occasion manquée de la remilitarisation de la Rhénanie. L'histoire ne repasse pas les plats.

♘ François Fillon ayant été connivent à la trahison du séguinisme que fut la création de l'UMP et ayant plus que sa part dans la trahison des électeurs de droite de 2007, il y a une justice à ce qu'il en soit aujourd'hui la victime.

Tout cela peut aussi se déduire de la sociologie : le centre mou et la gauche mondialiste parleront toujours mieux aux vainqueurs de la mondialisation que le droite molle. Le FN parlera toujours mieux aux vaincus de la mondialisation que la droite molle. Bref, la droite molle n'a plus beaucoup d'espace.

Finalement, je me demande s'il ne faut pas souhaiter pour la France un second tour Macron - Le Pen, quitte à prendre le risque de la victoire d'Emmanuel Macron (nullement certaine). Cela permettrait une recomposition de la droite, à condition que Marine Le Pen sache accueillir les nouveaux venus, ce qui n'est vraiment pas gagné (se souvenir de l'épisode Mégret).

Le principal obstacle à une union des droites, l'UE et l'Euro, est en train de s'estomper. L'UE est de moins en moins populaire et il ne manque pas grand'chose pour qu'un éclatement de l'Euro apparaisse comme inévitable.

vendredi, janvier 27, 2017

Le tacle de Fillon se fait attendre (faut-il virer Fillon parce qu’il a commis une malhonnêteté courante chez les politiciens ?)

Pour les besoins de la discussion, je pars de l’hypothèse, raisonnable, que les faits reprochés par la presse à François Fillon (je ne suis pas sûr que les Français lui reprochent exactement la même chose (1)), l’emploi fictif de son épouse comme attaché parlementaire, sont avérés.

Le cas Fillon est intéressant car le délit est choquant mais relativement bénin. Faut-il, pour si peu, se priver de François Fillon ? S’il avait découpé ses voisins avec une tronçonneuse (made in France), la question ne se poserait pas.

Certains ont une position de principe : il faut virer tous les malhonnêtes. Mais cela pose deux problèmes pratiques.

Le premier problème est que le degré de malhonnêteté des politiciens français est très élevé pour un pays européen (30 % des députés ayant eu affaire au fisc ou à la justice). Si on se débarrassait de tous les malhonnêtes, une grosse part des politiciens disparaitrait. Serait-ce dommageable ? C’est à voir.

Le deuxième problème est la vulnérabilité de nos politiciens. Le moindre coup monté suffirait à les faire tomber. Je suis persuadé qu’une des explications de l’honnêteté personnelle scrupuleuse de De Gaulle tient à son souci d’éviter toute vulnérabilité inutile. Mais tous n’ont pas l’intelligence de De Gaulle. Je doute que nos politiciens soient assez fins pour réaliser l’intérêt bien compris d’être irréprochable.

Eric Verhaeghe, lui, a une réponse politique : il faut peser l’intérêt politique du coupable. On ne traite pas le sauveur (potentiel) de la France comme Félix Faure ou François Hollande.

Pour ma part, j’ai une réponse politique, mais qui verse aussi dans le psycho : c’est un test de la capacité de Fillon à surmonter les épreuves. Il démarre sur de mauvaises bases vu qu’il a attaqué Sarkozy au sujet de sa mise en examen (« Imagine-t-on De Gaulle mis en examen ? »), cela fait rire aujourd’hui tout internet avec « Imagine-t-on Yvonne De Gaulle attachée parlementaire ? ».

Ne versons pas dans la naïveté. Sur Atlantico et sur d’autres sites, certains font remarquer que cette affaire ressemble à un coup de professionnels : accès aux infos, timing parfait, faire prendre la sauce (2).

Il est donc important de savoir si Fillon est capable de riposter à ce genre d’attaques. A sa place, j’aurais dit quelque chose comme : « C’est une pratique normale chez les députés, d’ailleurs, Machin, Truc, Tartempion et Untel le font aussi. Et Hollande qui nomme ministre son ex-compagne, c’est mieux ? Et vous les journalistes, qui recevez des enveloppes, des abattements fiscaux et autres cadeaux, êtes-vous donc si purs ? Etc. » Bref, j’aurais mis les pieds dans le plat dans un style trumpien, puis je serais passé à autre chose, une bonne vieille polémique de derrière les fagots (genre : « Parmi mes premières mesures, zéro nouveaux immigrés musulmans »).

Malheureusement, pour lui, il n’a pas l’air à la hauteur. Il a fort mal démarré et continue encore plus mal en promettant de renoncer à sa candidature en cas de mise en examen. C'est se mettre, avec une naïveté confondante, dans la main de juges dont l'impartialité est plus que sujette à caution.

Je soupçonne (simple intuition masculine) que son entourage est médiocre et que c'est un gros handicap. Il paye d'avoir pris les bras cassés et les faux-derches de l'UMP (3). Il lui manque un Buisson pour le conseiller.

Je suis donc curieux de voir la suite.

Comme j'ai toujours l'intention de ne pas voter en 2017, c'est uniquement pour le plaisir de la discussion. On reproche aux journalistes politiques de se comporter comme des journalistes sportifs.

Etant un amateur, je n'ai pas de contrainte : « Alors, putain, Fillon ! Il vient, ce tacle ? ».



Complément du 28/01 :

En se présentant comme le candidat de l'honnêteté, Fillon s'exposait à ce que le moindre PV de stationnement impayé devienne une affaire nationale. Trump ou Sarkozy, en se présentant comme anti-Système ont été plus habiles.

D'où une caractéristique de Fillon que nous avions déjà vue avec Copé et Jouyet : la maladresse.

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(1) : j’ai tendance à penser que les Français reprochent plus à François Fillon la faiblesse de sa défense.

(2) : des noms sont évoqués, Jean-Pierre Jouyet ou, en tout cas, un proche de François Hollande dont il est de plus en plus clair qu'il roule pour Macron. Les vrais coups de professionnels arrivent fin janvier, c'est la bonne date pour des élections en avril/mai.

(3) : je rappelle que les gros diplômes ne sont vraiment pas une preuve d'intelligence et encore moins d'intuition. La vie n'est pas un concours scolaire.






jeudi, octobre 13, 2016

A tous les mous de droite qui font la fine bouche

Je connais un tas de mous de droite, dans le genre de Philippe Bilger, qui font la fine bouche devant les Farage, Grillo, Trump, Le Pen …

Mais dites donc, les gars, qu’avez vous fait pour endiguer le ras-le-bol populaire qui explique le succès des Trump, Grillo et compagnie ? Les Républicains US qui se révoltent contre Trump feraient bien de se poser la question.

Certains ont une réponse : « Le peuple est con, c’est sans raison qu’il se révolte, parce qu’il voit les mauvais côtés de la mondialisation (ou de « l’Europe ») sans en voir les bons. »

Réponse doublement erronée : d’une part, les études montrent que le déclassement (au sens large, y compris le sentiment d’être un étranger dans son pays lui-même), ou la menace de déclassement, des classes populaires et moyennes, sont bien réels. D’autre part, qu’il ait tort ou raison, le peuple est souverain.

Alors ? C’est, hélas, très simple : les mous de droite (dont je ne mets pas à cause la sincérité, ils se croient de droite) ont la même sociologie que les bobos de gauche. Ce sont des gagnants de la mondialisation, de l’immigration, de « l’Europe », ils peuvent (pour combien de temps encore ?) profiter des avantages sans trop subir les inconvénients.

Ils sentent bien qu’il y a des trucs qui grattent et qui coincent, c’est pourquoi ils ne sont pas de gauche, mais pas au point de bousculer un système dans lequel ils sont à l’aise, dans tous les sens du terme. Ils ont plus à perdre qu’à gagner, ce qui est de moins en moins le cas de ceux qui votent « populiste ». Alors, ils combattent les pires errements de la bien-pensance mais laissent passer les dérives « raisonnables ». Et l’on vérifie chaque fois l’excellent jugement de Chesterton : « L'affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des Conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées. »

Et Trump ? La question devient intéressante : il a tout d’un homme du Système et, pourtant, non, il se révolte contre lui. Au-delà de la position sociale, qui incline de tel ou tel coté, il y a l’intelligence et, mieux encore, le caractère. Heureusement, les individus ne sont pas totalement déterminés. Mélange d’ego, de narcissisme, certes, mais aussi un certain goût de la vérité. Pas la vérité de détail, mais de la vision du monde, de l’avenir.



Primaire Les Républicains : "Comme un air de... par rtl-fr





vendredi, janvier 30, 2015

Le leurre de l'union nationale

Quel connard, ce Juppé !

Le Figaro nous explique qu’il croit que l’union nationale est sa botte secrète pour être élu :

L'union nationale: la botte secrète d'Alain Juppé pour battre Sarkozy

Décidément, je ne peux pas le blairer. Il est l’archétype de cette fausse droite qui empêche la France de se défendre quand la vraie gauche la tabasse.

Un gouvernement technocratique d’union nationale ? Nous n’avons que cela depuis trente ans. Depuis 1981, pas une seule vraie alternance, à part, peut-être, quelques mois de Chirac en 1986, mais il a vite baissé pavillon.

Citez moi une politique qui diffère vraiment entre le PS et l’UMP qui se sont succédés au pouvoir ces trois dernières décennies. Les discours et les mots changent légèrement, mais les politiques sont identiques : européistes, anti-nationales, immigrationnistes, arabophiles, islamophiles, atlantistes, étatistes, capitalistes de connivence, technocratiques, oligarchiques, voyouphiles … Tout ce qu'on aime.

Je ne suis pas dans l’abstraction. Cette identité politique se traduit par l’absence de rupture significative. Pourcentage de dépenses publiques dans le PIB, chômage, nombre de fonctionnaires, flux migratoires, délinquance, résultats scolaires, nombre de places de prison construites etc. On est bien en peine de trouver une quelconque différence entre l’UMP et le PS.

Le gouvernement d’union nationale, cela fait trente ans que nous l’avons et les Français n’en veulent plus. C’est pour cela qu’ils votent FN (un tromperie, à mon avis, mais on fait avec les moyens du bord) ou s’abstiennent.

Mais alors, ces fameux sondages plébiscitant l’union nationale ? Ils ne sont pas difficiles à décrypter. Le mot important, c’est « nationale ». Le message est limpide « Arrêtez vos politicailleries parisiennes et occupez vous du pays ».

Mais l’union, c’est le contraire de ce qu’il faut faire. Il faut commencer par sabrer et tailler, séparer le bon grain de l’ivraie, radicaliser les positions, créer de vraies alternatives politiques. Sortir ou non de l’UE ? Arrêter ou non l’immigration ? Nationaliser ou privatiser ? La démocratie, ce n’est pas réservé pour choisir la couleur du papier peint mais pour faire des choix lourds. Ensuite seulement, on peut tenir un discours réconciliateur « Tout ça, c’est pour le bien de notre pays commun ».

De Gaulle, par exemple, s’en est fort bien expliqué. De toute façon, c'est la manière de tous les grands politiques qui savent qu’ils existent des intérêts et des idées irréconciliables et qu’il est vain de tenter une union irréaliste.

En fait, l’ « union nationale » qu’envisage Juppé est un moyen de faire durer un peu plus, aux dépens de la France, le monopole de l’UMPS.

Juppé, dehors, on t'a assez vu !

mercredi, avril 09, 2014

Zemmour : Juppé est le chef de la droite dont les medias rêvent

Je constate avec joie qu'Eric Zemmour est sur la même longueur d'onde que moi concernant Alain Juppé.

L'élection d'Alain Juppé en 2017 complèterait, comme pour parfaire une tragédie grecque, l'élection de François Hollande en 2012.

A vrai dire, je ne suis guère inquiet : au centre, il y a beaucoup de politiciens mais plus aucun électeur. On ne gagne pas une présidentielle avec Jean-Claude Casanova et Philippe Bilger !

Mais je me méfie : la droite la plus bête du monde est capable de tous les exploits, y compris de choisir comme candidat Juppé.



Juppé est le chef de la droite dont les médias... par rtl-fr

mercredi, novembre 21, 2012

UMP : qu'est-ce qu'on rigole !

Le plus drôle dans cette histoire, c'est la tête de tous les chouchous des médias, les NKM, Le Maire, Baroin, qui avaient volé, avec le courage qu'on leur connaît, au secours de la prétendue certaine victoire fillonesque.

Ce qui est encore plus rigolo, c'est que ces imbéciles qui sont trompés à longueur d'année par les sondages, se soient une fois de plus décidés sur la foi de sondages débiles.

vendredi, octobre 26, 2012

samedi, mai 12, 2012

La rééducation de la droite fière d'être de gauche, première leçon : les mots

Comme vous le savez, il y a une droite fière d'être de gauche (les Juppé, Borloo, NKM, Bertrand, Pécresse, Jouanno, etc.). C'est la droite salope. Salope : quand un degauche est de gauche, qu'on approuve ou qu'on désapprouve, il est fidèle à lui-même, quand un dedroite fait allégeance à la gauche, il trahit sa mission d'offrir au peuple français une alternative à la gauche. C'est bien plus grave.

Une arme très puissante qu'a la gauche est un virus qui mange les cerveaux et fait tomber les barrières immunitaires, une sorte de sida mental, pour reprendre l'expression de Louis Pauwels. C'est le vocabulaire de gauche.

Les mots ne sont pas neutres, ils véhiculent des idées, mais aussi des connotations, des images et des associations. Rappelez vous Joseph Goebbels : «Nous ne cherchons à convaincre les gens de nos idées. Nous cherchons à changer le vocabulaire pour qu'ils ne puissent plus exprimer que nos idées».

Or, il se trouve que, par son hégémonie médiatique, la gauche a réussi à imposer son vocabulaire.

La droite doit commencer par se délivrer de ce carcan et utiliser ses propres mots.

Ce sera donc notre première leçon pour la droite sans couilles.

> «République», «valeurs républicaines» : ces mots sont liés à l'idéal révolutionnaire et anticlérical de la gauche. Les employer, c'est implicitement admettre que l'idéal révolutionnaire gauchiste est louable.

De plus, ces mots ont été tellement utilisés à tort et à travers pour discréditer les adversaires de la gauche qu'ils ont acquis une grande imprécision. Il est malsain, malgré Montesquieu, de lier des valeurs à un régime politique, surtout pour un emploi aussi général et vague. Leur utilisation exclusive sous-entend que les autres régimes politiques n'ont pas de valeurs positives, ce qui est évidemment faux, parlez-en aux Anglais. Cette pratique comporte une forte odeur de malhonnêteté.

Vous voyez donc qu'il est extrêmement important de proscrire ces mots.

La droite, tour à tour constitutionnelle, royaliste, légitimiste, orléaniste, bonapartiste, gaulliste, n'est pas liée à un régime particulier. La droite est patriote et nationale.

A la place, préférez la précision : plutôt que de parler vaguement de «valeurs républicaines», nommez vos valeurs clairement en fonction des circonstances : liberté individuelle, liberté d'entreprendre, responsabilité, patriotisme, loyauté, fidélité, etc.

Si, en raison de la situation, vous voulez rester bref, employez «valeurs démocratiques», ou éventuellement «valeurs françaises».

> «Citoyen», «citoyenne» : là encore, Achtung ! Connotation révolutionnaire gauchiste.  La citoyenneté est universaliste, la droite se préoccupe de nationalité et de patriotisme. Préférez civique, patriote, compatriote.

> «égalité» : la gauche a réussi à faire dériver l'égalité en droit vers une égalité de fait justifiant les droits les plus farfelus, au nom de raisonnements spécieux, comme le fameux «mariage homosexuel», qui ne sera jamais qu'une parodie de mariage, une mascarade.

La droite ne se préoccupe pas d'égalité mais de mérite.

Préférez éviter tout en emploi du mot «égalité». En cas de force majeure, soyez précis : «égalité de traitement», «égalité en droit».

> «justice sociale», «justice fiscale» : ces mots sont le paravent de la jalousie et de l'extorsion légale. A proscrire autant que possible.

«Justice fiscale» peut éventuellement s'employer pour justifier une diminution d'impôt, jamais une augmentation.

> «redistribution», «distribution des revenus» : ces mots viennent de l'idée que l'Etat serait légitime à prendre tous les revenus, à les mettre dans une grande piscine, puis à les redistribuer au gré de ses humeurs en puisant dans la piscine.

Non, la plupart des revenus ne sont pas distribués, mais gagnés. Ils appartiennent aux individus qui les ont gagnés.

De plus, ce vocabulaire joue sur une confusion entre le terme technique de distribution statistique et l'acte de distribuer.

A proscrire absolument (voir le mot suivant).

> «solidarité» : la solidarité est un devoir individuel. C'est un acte volontaire. Employer ce mot pour décrire l'acte de distribuer à des clientèles les fruits de l'extorsion fiscale est malhonnête. Pour parler de ces choses dégoutantes, il y a «assistance d'Etat», «assistanat».

> «création d'emplois» : généralement employé pour parler de décréter des embauches dans l'appareil d'Etat.

La création d'emplois ne se décrète pas et ce n'est pas l'Etat qui crée les emplois. Chaque embauche de fonctionnaire détruit 1,5 emploi dans l'économie marchande.

De plus, on n'en a rien à foutre des emplois, c'est très facile de créer des emplois : interdisez les camions, rendez les brouettes obligatoires et vous avez créé des millions d'emplois.

Ce qui compte, c'est la création de richesses.

Parlez de «création de richesses».

> «relancer la croissance» : à proscrire définitivement.  Parlez de «libérer la croissance». Voir le billet dédié.

> «sans-papiers» : sous-entend que les immigrés clandestins ont tous vocation à avoir un jour des papiers. Employez «entrants illégaux» (ceux qui sont entrés illégalement ont vocation à ressortir légalement), «immigrés clandestins».

> «Europe» : préemption d'une entité culturelle, historique et géographique par une forme politique. Ne vous faites par les receleurs de ce vol, soyez précis, nommez cette institution politique par son nom «Union Européenne», «UE».