mercredi, janvier 09, 2013
Je n'ai plus envie de discuter
Comme l'amiral Woland, je considère de plus en plus qu'il n'y a que deux cotés en politique française : ceux qui soutiennent des opinions décentes et ceux qui soutiennent des opinions indécentes.
Du premier coté, je mets les conservateurs, ceux qui estiment que la société était mieux avant mai 68 (plus exactement : qu'avant mai 68, il y avait une société et qu'ensuite, elle a été méthodiquement détruite).
De l'autre, je mets les amis du désastre, indiffèrent au fait qu'ils se revendiquent de gauche ou de droite. Comment reconnaitre un ami du désastre ? Suivant une définition que j'aime bien, c'est quelqu'un qui appelle "progrès" les dérèglements de la société.
Et je n'ai plus envie de discuter avec ces gens-là, je n'ai plus envie d'analyser leurs débilités.
J'en ai fait des tartines sur ce blog à propos du "mariage homosexuel", mais c'est contraint et forcé par l'actualité et par la stupidité de certains de mes contemporains.
Sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, le temps que j'y ai consacré au-delà des vingt secondes que prend à un homme de bien le grand éclat de rire qui sied est perdu. Et perdu dans le déplaisir de débattre de choses basses et sordides. Je me sens sali de m'être mêlé d'un débat qui ne devrait même pas exister tant l'évidence de la connerie de la proposition devrait sauter aux yeux de tous.
Je connais l'objection qu'on peut me faire : les amis du désastre ne se lassant jamais de pousser leurs "progrès", ils profitent de la démission de leurs opposants. Je sais. Mais j'ai tout de même droit au repos de temps en temps.
Fernand de Brinon, l'aristocrate de la Collaboration (G. Joseph)
J'ai déjà fait la remarque que Gilbert Joseph choisissait ses sujets avec malice.
Fernand de Brinon est un journaliste corrompu, mais pas plus que la norme de l'époque. Les voies du journalisme l'amènent à devenir un spécialiste de l'Allemagne dans les années 30. Il rencontre régulièrement Ribbentrop et même, quelques fois, Hitler. Il est, un temps, très proche de Daladier.
Après la défaite, il devient assez naturellement le délégué du gouvernement de Vichy pour la zone occupée. Il a soutenu la politique antisémite de Vichy au nom de la nécessité de ne pas déplaire aux Allemands mais était marié à une juive. Il a collaboré à la répression nazie mais a effectué beaucoup d'interventions individuelles (la famille du colonel Rémy lui doit sans doute la vie). Il a agi par conviction jusqu'au bout tandis que certains retournaient opportunément leur veste. Il a été jugé et fusillé à la Libération mais n'était pas pire que d'autres qui sont morts dans leur lit.
Bref, Gilbert Joseph a choisi d'écrire la biographie d'un salaud ordinaire, pas d'un monstre. C'est d'ailleurs en cela qu'il est intéressant.
Qu'en conclus-je ?
Il n'y a pas si longtemps, certains crétins, traitres ou manipulés (ou les deux), défilaient au cri de "Plutôt rouge que mort", leurs précurseurs demandaient "Qui veut mourir pour Dantzig ?". Tous sous-entendaient qu'il n'y a pas pire que la guerre.
Ce que nous apprend cette histoire, c'est qu'il y a pire que la guerre. Il y a la servitude sous une dictature totalitaire implacable.
Une fois de plus, le choix gaulliste est validé (c'est pourquoi je m'étonne encore que la lecture pétainiste de l'histoire (1) l'ait emporté) : choisir de collaborer avec un ennemi comme l'Allemagne nazie, c'est se condamner à descendre sans cesse les marches de la compromission puis de l'ignominie.
On voit dans la carrière de Brinon qu'il n'a aucune autonomie : soit il devance les désirs des Allemands, soit il cède à leur pression. Mais, en aucun cas, il ne peut s'opposer à eux avec succès sur des sujets importants.
Joseph en profite pour citer beaucoup de noms. Ainsi, j'apprends que la mère de l'historien André Castelot signait sa correspondance d'un vigoureux "Vive Hitler !".
Les noms qui apparaissent, dont certains sont encore dans l'actualité d'aujourd'hui (rarement au premier rang), font comprendre la continuité entre l'Etat vichyste et l'administration d'après-guerre : la légitimité était du coté gaulliste mais les gros bataillons de hauts fonctionnaires étaient du coté vichyste (jusqu'aux judicieux retournages de veste).
Pour passer à travers les mailles de l'épuration, mieux valait avoir des relations et l'habileté de faire profil bas à temps que d'être un citoyen ordinaire ayant agi par conviction.
Tout cela nous donne un tableau peu reluisant.
Certains jugements de Joseph au cours de l'ouvrage ne sont pas tendres mais il s'abstient de conclure au sujet de Brinon.
****************************
(1) : je rappelle ce que je nomme la lecture pétainiste de l'histoire : considérer que l'armistice était nécessaire, que le gouvernement de Vichy qui en découlait était légitime et que, donc, les crimes du gouvernerment de Vichy sont ceux de la France. L'enchainement peut se remonter en sens inverse : si on considère que les crimes de Vichy sont ceux de la France, on considère de fait, même si on ne l'avoue pas, que le gouvernement de Vichy était légitime.
Philippe Séguin a parfaitement décrit les conséquences logiques d'une telle lecture : Charles De Gaulle n'est qu'un général dégradé, Léon Blum un politicien flétri responsable de la défaite, les Résistants des terroristes, les juifs ayant échappé aux rafles des hors-la-loi et la place de la France parmi les vainqueurs usurpée, ainsi que son siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU.
Les arguments qui frappent d'illégalité et d'inconstitutionnalité le gouvernement de Vichy sont parfaitement décrits dans la déclaration organique rédigée à l'été 1940 par René Cassin et qu'il n'y a aucune raison de revenir dessus.
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Histoire
dimanche, janvier 06, 2013
L'excitation à la haine sociale et les couilles dans l'étau
Affaire Depardieu, fiscalité totalitaire et punitive, «petites phrases» ... Le gouvernement excite la haine sociale contre les riches. Pourquoi ?
Ce n'est pas économiquement rationnel : les riches ne sont pas à l'origine de nos problèmes et les pressurer ne résoudra pas nos difficultés, elle les aggravera. Alors ?
C'est tout simplement que le gouvernement ne peut pas faire autrement.
Les vraies tares du système sont dans ses rentes. Or, le gouvernement est l'élu des rentiers du système, donc, sauf à avoir le courage de se suicider électoralement (et on ne devine pas un tel courage), il ne peut réformer le système en faillite. Il a les couilles prises dans l'étau de son électorat.
Puisqu'il ne peut rien faire pour résoudre la crise, il ne lui reste plus qu'une seule voie, très classique : détourner la colère du peuple sur des boucs-émissaires.
Nous avons eu les juifs (souvent), les financiers, les protestants, les aristocrates, de nouveau les juifs. Aujourd'hui, les riches.
Cela n'est pas plus efficace que précédemment mais, comme précédemment, cela évite aux vrais coupables de la catastrophe d'avoir à répondre de leurs décisions.
Une fois de plus, nous avons droit à l'injustice et à l'iniquité, les vraies, pas seulement en paroles, en actes. Spoliation, confiscation, émigration.
Ce gouvernement est -comment dire ?- minable.
Elle est belle, la France !
Ce n'est pas économiquement rationnel : les riches ne sont pas à l'origine de nos problèmes et les pressurer ne résoudra pas nos difficultés, elle les aggravera. Alors ?
C'est tout simplement que le gouvernement ne peut pas faire autrement.
Les vraies tares du système sont dans ses rentes. Or, le gouvernement est l'élu des rentiers du système, donc, sauf à avoir le courage de se suicider électoralement (et on ne devine pas un tel courage), il ne peut réformer le système en faillite. Il a les couilles prises dans l'étau de son électorat.
Puisqu'il ne peut rien faire pour résoudre la crise, il ne lui reste plus qu'une seule voie, très classique : détourner la colère du peuple sur des boucs-émissaires.
Nous avons eu les juifs (souvent), les financiers, les protestants, les aristocrates, de nouveau les juifs. Aujourd'hui, les riches.
Cela n'est pas plus efficace que précédemment mais, comme précédemment, cela évite aux vrais coupables de la catastrophe d'avoir à répondre de leurs décisions.
Une fois de plus, nous avons droit à l'injustice et à l'iniquité, les vraies, pas seulement en paroles, en actes. Spoliation, confiscation, émigration.
Ce gouvernement est -comment dire ?- minable.
Elle est belle, la France !
samedi, janvier 05, 2013
Comment reconnaitre un socialiste ?
Je me suis aperçu avec horreur que je partageais mon bureau avec un socialiste. Certes, très tiède. Mais, tout de même, un socialiste ...
Vous imaginez ma bouleversification.
Heureusement, des collègues au-dessus de tout soupçon m'ont apporté leur soutien psychologique dans cette mauvaise passe. Une cellule d'aide fournie en galettes et cidre a été montée d'urgence.
Pour vous évitez ces affres, je vous propose un critère simple : le critère de Tocqueville.
Selon lui, dans le match entre liberté et égalité, être socialiste, c'est préférer l'égalité au détriment de la liberté.
Par exemple, «tel salaire (privé) est indécent» : socialiste. En effet, juger des revenus des autres honnêtement gagnés, c'est typiquement socialiste. On est prêt à amputer sans raison valable la liberté d'autrui de faire fortune pour rétablir ce que soi, on considère comme une inégalité injustifiée (injustifiée au nom de quoi, à part de sa propre jalousie ?).
Le seul cas où l'on peut juger du salaire des autres, c'est pour les fonctionnaires, puisque nous en sommes les clients forcés.
Vous imaginez ma bouleversification.
Heureusement, des collègues au-dessus de tout soupçon m'ont apporté leur soutien psychologique dans cette mauvaise passe. Une cellule d'aide fournie en galettes et cidre a été montée d'urgence.
Pour vous évitez ces affres, je vous propose un critère simple : le critère de Tocqueville.
Selon lui, dans le match entre liberté et égalité, être socialiste, c'est préférer l'égalité au détriment de la liberté.
Par exemple, «tel salaire (privé) est indécent» : socialiste. En effet, juger des revenus des autres honnêtement gagnés, c'est typiquement socialiste. On est prêt à amputer sans raison valable la liberté d'autrui de faire fortune pour rétablir ce que soi, on considère comme une inégalité injustifiée (injustifiée au nom de quoi, à part de sa propre jalousie ?).
Le seul cas où l'on peut juger du salaire des autres, c'est pour les fonctionnaires, puisque nous en sommes les clients forcés.
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vendredi, janvier 04, 2013
Une nécessité : supprimer le droit de vote des fonctionnaires
Il serait juste et très utile de supprimer le droit de vote des fonctionnaires. En fait, je ne vois pas une seule mesure qui soit plus immédiatement utile que celle-ci.
Rappelons que, pendant très longtemps, les militaires n'ont pas eu le droit de vote et que cela semblait normal.
Une modalité, trop restreinte à mon goût mais tout de même utile : interdire aux fonctionnaires de se présenter aux élections. Comme en Grande-Bretagne, qui s'y connait mieux en démocratie que nous, ils doivent démissionner avant de se présenter.
Voici un commentaire de notre ami Bob Marchenoir sur le sujet :
Le suffrage censitaire est intéressant au moins sur le plan théorique. Il permet de poser des questions auxquelles personne ne pense, du style : comment se fait-il que les fonctionnaires aient le droit de vote ? En plus d'avoir le droit à l'emploi à vie et le droit de grève! Ca commence à faire un peu beaucoup...
La proposition de retirer le droit de vote aux fonctionnaires a l'air d'une provocation extrémiste, mais le fait même qu'elle puisse passer pour telle montre que le pouvoir des fonctionnaires sur la société est préoccupant.
Dans une société comme la France, avec le nombre d'emplois publics et les privilèges qui y sont attachés, laisser le droit de vote aux fonctionnaires revient à leur permettre de se voter à eux-mêmes la quantité d'impôts qu'ils soustrairont aux autres citoyens, contre leur volonté, afin de perpétuer leurs emplois, indépendamment de l'utilité sociale de ces derniers.
Le conflit d'intérêt est patent, et pourtant personne, absolument personne [si, nous], ne l'évoque.
Je précise que l'adoption seule du suffrage censitaire suffirait à exclure les fonctionnaires du vote, puisque ces derniers, contrairement à ce qu'ils aiment tant à répéter, ne paient pas d'impôts. Pas un euro.
En effet, les impôts nominaux qu'ils règlent sont intégralement financés par... l'impôt que leur corporation extorque aux travailleurs du secteur privé. Les impôts apparemment payés par les fonctionnaires sont donc une astuce comptable, une arnaque économico-politique : l'Etat majore artificiellement leur salaire, intégralement tiré de l'impôt, d'un certain pourcentage dans ce but. L'Etat leur donne de l'argent, qu'ils rendent ensuite à l'Etat pour "payer" leurs impôts.
Les fonctionnaires sont bien les seuls dans ce cas ! Les Français normaux, eux, payent vraiment des impôts, car la portion des profits de leur entreprise qui est retirée de leur salaire pour payer le tiers provisionnel va à l'Etat. Elle ne retourne certainement pas dans les caisses de leur employeur, comme c'est le cas pour les fonctionnaires...
Rappelez-vous cela, la prochaine fois qu'un fonctionnaire défendra devant vous la dépense publique, en disant que "nous aussi, on paye des impôts", voulant suggérer par cela: plus il y aurait de fonctionnaires, plus l'Etat s'enrichirait, puisque cela suffirait à faire rentrer de plus en plus d'impôts !
On voit bien qu'en français courant, ce "raisonnement" porte un nom et un seul : celui d'escroquerie.
Rappelons que, pendant très longtemps, les militaires n'ont pas eu le droit de vote et que cela semblait normal.
Une modalité, trop restreinte à mon goût mais tout de même utile : interdire aux fonctionnaires de se présenter aux élections. Comme en Grande-Bretagne, qui s'y connait mieux en démocratie que nous, ils doivent démissionner avant de se présenter.
Voici un commentaire de notre ami Bob Marchenoir sur le sujet :
Le suffrage censitaire est intéressant au moins sur le plan théorique. Il permet de poser des questions auxquelles personne ne pense, du style : comment se fait-il que les fonctionnaires aient le droit de vote ? En plus d'avoir le droit à l'emploi à vie et le droit de grève! Ca commence à faire un peu beaucoup...
La proposition de retirer le droit de vote aux fonctionnaires a l'air d'une provocation extrémiste, mais le fait même qu'elle puisse passer pour telle montre que le pouvoir des fonctionnaires sur la société est préoccupant.
Dans une société comme la France, avec le nombre d'emplois publics et les privilèges qui y sont attachés, laisser le droit de vote aux fonctionnaires revient à leur permettre de se voter à eux-mêmes la quantité d'impôts qu'ils soustrairont aux autres citoyens, contre leur volonté, afin de perpétuer leurs emplois, indépendamment de l'utilité sociale de ces derniers.
Le conflit d'intérêt est patent, et pourtant personne, absolument personne [si, nous], ne l'évoque.
Je précise que l'adoption seule du suffrage censitaire suffirait à exclure les fonctionnaires du vote, puisque ces derniers, contrairement à ce qu'ils aiment tant à répéter, ne paient pas d'impôts. Pas un euro.
En effet, les impôts nominaux qu'ils règlent sont intégralement financés par... l'impôt que leur corporation extorque aux travailleurs du secteur privé. Les impôts apparemment payés par les fonctionnaires sont donc une astuce comptable, une arnaque économico-politique : l'Etat majore artificiellement leur salaire, intégralement tiré de l'impôt, d'un certain pourcentage dans ce but. L'Etat leur donne de l'argent, qu'ils rendent ensuite à l'Etat pour "payer" leurs impôts.
Les fonctionnaires sont bien les seuls dans ce cas ! Les Français normaux, eux, payent vraiment des impôts, car la portion des profits de leur entreprise qui est retirée de leur salaire pour payer le tiers provisionnel va à l'Etat. Elle ne retourne certainement pas dans les caisses de leur employeur, comme c'est le cas pour les fonctionnaires...
Rappelez-vous cela, la prochaine fois qu'un fonctionnaire défendra devant vous la dépense publique, en disant que "nous aussi, on paye des impôts", voulant suggérer par cela: plus il y aurait de fonctionnaires, plus l'Etat s'enrichirait, puisque cela suffirait à faire rentrer de plus en plus d'impôts !
On voit bien qu'en français courant, ce "raisonnement" porte un nom et un seul : celui d'escroquerie.
Pourquoi la droite libérale française a-t-elle disparu ?
Jusqu'à ces deux dernières décennies, il existait en France une droite libérale, baptisée par convention «orléaniste», à coté des droites «légitimiste» et «bonapartiste».
Or, la droite libérale, dont le dernier avatar était l'UDF, a totalement disparu du paysage politique français. Je soupçonne même que les derniers libéraux de la politique française se trouvent au PS, dans l'aile droite vaincue par le hollandisme spoliateur.
Quand on considère, comme moi et beaucoup d'autres, que le libéralisme économique est LA solution à la plupart de nos maux économiques et sociaux (tout n'est pas économique et social dans la vie, mais c'est important), il convient de s'interroger sur les causes de cette disparition de la droite libérale.
Je vois plusieurs causes :
> politique.
Les libéraux de droite ont fait le choix de l'européisme sans se rendre compte qu'il méprisait les peuples (les orléanistes ont l'habitude, mais ça n'aide pas à gagner les élections) et, surtout, qu'il n'était libéral qu'en apparence.
Ayant choisi le mauvais cheval, les orléanistes se retrouvent comme des couillons, à soutenir une politique auto-destructrice. Comment voulez vous convaincre les électeurs que le libéralisme est bénéfique quand l'exemple de libéralisme que vous leur proposez est l'UERSS ?
> sociologique.
L'orléanisme, c'était le parti des notables de village, des professions dites libérales. Or, cette classe a disparu au profit d'une nouvelle classe de notables, les bobos-élus locaux, qui sont tous socialistes, bien évidemment (on ne mord pas la main qui vous nourrit), les uns fièrement (vraie gauche), les autres honteusement (fausse droite).
> intellectuelle et électoraliste.
La fusion du RPR (droite bonapartiste) et de l'UDF (droite orléaniste), dans l'UMP, pour des raisons électoralistes, a été une calamité doctrinale : elle a brouillée des distinctions indispensables. Les électeurs s'y sont d'ailleurs perdus.
> culturelle et économique
La remarque offensive «gramscienne» de la gauche ces cinq dernières décennies a permis de créer le terreau culturel implantant les valeurs frelatées du socialisme, puis, à partir de ce point, de créer des clientèles économiquement dépendantes du socialisme.
L'espace politique pour le libéralisme en été réduit d'autant.
> médiatique
Enfin, les médias sont violemment hostiles à la droite orléaniste.
Le ridicule de François Bayrou menant son parti dans le mur et faisant allégeance, en vain, au socialisme, est la conséquence de tentatives désespérées, et basses, et grotesques, d'attirer positivement l'attention des médias.
Devant cette accumulation de fautes et de circonstances contraires, il n'est pas étonnant que le libéralisme ait disparu de la politique française.
Tout cela ne nous dit pas comment installer de nouveau le libéralisme dans le paysage politique français. C'est pourquoi je suis très inquiet.
Or, la droite libérale, dont le dernier avatar était l'UDF, a totalement disparu du paysage politique français. Je soupçonne même que les derniers libéraux de la politique française se trouvent au PS, dans l'aile droite vaincue par le hollandisme spoliateur.
Quand on considère, comme moi et beaucoup d'autres, que le libéralisme économique est LA solution à la plupart de nos maux économiques et sociaux (tout n'est pas économique et social dans la vie, mais c'est important), il convient de s'interroger sur les causes de cette disparition de la droite libérale.
Je vois plusieurs causes :
> politique.
Les libéraux de droite ont fait le choix de l'européisme sans se rendre compte qu'il méprisait les peuples (les orléanistes ont l'habitude, mais ça n'aide pas à gagner les élections) et, surtout, qu'il n'était libéral qu'en apparence.
Ayant choisi le mauvais cheval, les orléanistes se retrouvent comme des couillons, à soutenir une politique auto-destructrice. Comment voulez vous convaincre les électeurs que le libéralisme est bénéfique quand l'exemple de libéralisme que vous leur proposez est l'UERSS ?
> sociologique.
L'orléanisme, c'était le parti des notables de village, des professions dites libérales. Or, cette classe a disparu au profit d'une nouvelle classe de notables, les bobos-élus locaux, qui sont tous socialistes, bien évidemment (on ne mord pas la main qui vous nourrit), les uns fièrement (vraie gauche), les autres honteusement (fausse droite).
> intellectuelle et électoraliste.
La fusion du RPR (droite bonapartiste) et de l'UDF (droite orléaniste), dans l'UMP, pour des raisons électoralistes, a été une calamité doctrinale : elle a brouillée des distinctions indispensables. Les électeurs s'y sont d'ailleurs perdus.
> culturelle et économique
La remarque offensive «gramscienne» de la gauche ces cinq dernières décennies a permis de créer le terreau culturel implantant les valeurs frelatées du socialisme, puis, à partir de ce point, de créer des clientèles économiquement dépendantes du socialisme.
L'espace politique pour le libéralisme en été réduit d'autant.
> médiatique
Enfin, les médias sont violemment hostiles à la droite orléaniste.
Le ridicule de François Bayrou menant son parti dans le mur et faisant allégeance, en vain, au socialisme, est la conséquence de tentatives désespérées, et basses, et grotesques, d'attirer positivement l'attention des médias.
Devant cette accumulation de fautes et de circonstances contraires, il n'est pas étonnant que le libéralisme ait disparu de la politique française.
Tout cela ne nous dit pas comment installer de nouveau le libéralisme dans le paysage politique français. C'est pourquoi je suis très inquiet.
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jeudi, janvier 03, 2013
Inaptocratie
Définition (peut-être de Jean d'Ormesson) :
Inaptocratie : système où les moins aptes à gouverner sont élus par les moins aptes à produire.
C'est l'inverse du suffrage censitaire et, bien sûr, Jean d'O l'applique au gouvernement Hollande.
Cependant, ce néologisme est trompeur car il implique qu'il s'agit là d'une nouveauté.
En réalité, ce phénomène remonte à Mitterrand et à Chirac, voire à Giscard, et des mots existent pour le désigner : socialisme à la française et social-clientélisme, ou, même, avec des nuances, social-démocratie méridionale et radical-socialisme à la Queuille.
Je suis opposé au suffrage censitaire pour une raison simple : il donnerait aux demi-intellectuels et aux idéologues encore plus de pouvoir.
Le bon système me semble à rapprocher de la philosophie suivante, inspirée de la Suisse : voter, souvent pour dépassionner les débats, pour des projets de lois et non pour des hommes.
Inaptocratie : système où les moins aptes à gouverner sont élus par les moins aptes à produire.
C'est l'inverse du suffrage censitaire et, bien sûr, Jean d'O l'applique au gouvernement Hollande.
Cependant, ce néologisme est trompeur car il implique qu'il s'agit là d'une nouveauté.
En réalité, ce phénomène remonte à Mitterrand et à Chirac, voire à Giscard, et des mots existent pour le désigner : socialisme à la française et social-clientélisme, ou, même, avec des nuances, social-démocratie méridionale et radical-socialisme à la Queuille.
Je suis opposé au suffrage censitaire pour une raison simple : il donnerait aux demi-intellectuels et aux idéologues encore plus de pouvoir.
Le bon système me semble à rapprocher de la philosophie suivante, inspirée de la Suisse : voter, souvent pour dépassionner les débats, pour des projets de lois et non pour des hommes.
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mercredi, janvier 02, 2013
Lys & Love (Voulzy)
Etrange et bien intéressant album, mêlant français et anglais, inspiré de Charles d'Orléans, prisonnier vingt-cinq ans en Angleterre.
Bien sûr, Voulzy sacrifie au politiquement correct dans une chanson intitulée 9ème croisade où il cède à la facilité de paroles arabes. Mais c'est juste une rançon pour éviter l'infamant «musique identitaire».
Pour euphémiser, disons qu'il n'y a aucune exaltation débridée du progressisme dans cette musique mélancolique.
L'ensemble est bien plaisant : Fair stood the wind for France.
Bien sûr, Voulzy sacrifie au politiquement correct dans une chanson intitulée 9ème croisade où il cède à la facilité de paroles arabes. Mais c'est juste une rançon pour éviter l'infamant «musique identitaire».
Pour euphémiser, disons qu'il n'y a aucune exaltation débridée du progressisme dans cette musique mélancolique.
L'ensemble est bien plaisant : Fair stood the wind for France.
La phrase du jour
Extrait d'un éditorial des Echos :
Luigi Einaudi, président de la République italienne dans les années 1950 :
« Quelques mois d'hésitation et de division des Etats italiens de la fin du XVe siècle ont coûté à l'Italie la perte de son indépendance pendant trois siècles. »
L'éditorialiste évoque évidemment la situation française.
Par bien des cotés, la France actuelle me fait plutôt penser à l'Espagne du XVIIIème siècle ratant la première révolution industrielle, toute aveuglée par la vanité imbécile de sa gloire passée, très passée, comme nous sommes aveuglés par notre prétendu «modèle social» que tout le monde s'empresse de ne pas copier.
Luigi Einaudi, président de la République italienne dans les années 1950 :
« Quelques mois d'hésitation et de division des Etats italiens de la fin du XVe siècle ont coûté à l'Italie la perte de son indépendance pendant trois siècles. »
L'éditorialiste évoque évidemment la situation française.
Par bien des cotés, la France actuelle me fait plutôt penser à l'Espagne du XVIIIème siècle ratant la première révolution industrielle, toute aveuglée par la vanité imbécile de sa gloire passée, très passée, comme nous sommes aveuglés par notre prétendu «modèle social» que tout le monde s'empresse de ne pas copier.
Commençons 2013 en lattant les socialauds, ça fait du bien
L'article suivant est remarquable en ceci que j'avais rarement lu dans le Figaro, prétendu de droite, des mots aussi saignants :
Notons, comme je le signale en commentaire de l'article, que l'auteur fait une erreur d'analyse : il confond idéologie et idéalisme. Le cynisme n'exclut pas l'idéologie. Au PS, ils font bon ménage.
Mais ça fait quand même du bien à lire.
Autre article, celui de Christian Saint-Etienne dans le Fig Mag. Je ne peux vous le reproduire, c'est payant. Je résume :
> Mitterrand, Chirac et Hollande ont enchainé la France avec la chaine du déclin dont les maillons sont : méfiance de l'individu et donc de la réussite, trop de droits sans contraintes ni responsabilités, clientélisme, assistanat, envie, jalousie, Etat-mamma, fiscalité punitive et paralysante. Nicolas Sarkozy a perçu certains de ces maillons mais n'a pas vu la chaine.
> Saint-Etienne distingue trois tendances économiques chez les socialistes :
1) Les modernes, au bon sens du terme. Ils ont compris l'économie de la connaissance. Par exemple, le maire de Lyon. Il cite aussi Michel Sapin. Ce sont les grands vaincus de la période actuelle. Ils attendent leur heure en silence.
2) Les dinosaures étatistes et punitifs. Hollande, Cahuzac, Moscovici, etc. Saint-Etienne fait remarquer que le fiscalité hollandiste punitive et oppressive de l'économie privée n'est pas due aux circonstances mais pouvait se déduire naturellement de la gestion de la Corrèze par François Hollande, elle correspond donc à une vision du monde. Ils sont au pouvoir et mènent la France droit dans le mur (avec une arrogance insupportable).
3) Les "décroissants", proches des Verts. Leurs idées passent au gouvernement essentiellement par les Verts. Ils sont minoritaires.
Nous sommes en janvier 1940 : nos politiciens et nos institutions nous mènent à la catastrophe, mais les remèdes sont connus, il suffit de lire les bons livres et d'écouter les bonnes personnes.
Saint-Etienne préconise la chaine de la la réussite : confiance dans l'individu, enrichissement par la réussite, fiscalité intelligente (assiette large, taux bas), moins de droits-créances, plus de droits-libertés, Etat léger, efficace et ferme dans ce qu'il fait.
Le plus étonnant n'est pas ce qu'écrit Saint-Etienne mais ce qu'il n'écrit pas. En effet, il réussit à faire trois pages ainsi sans écrire une seule fois le mot «libéralisme» ou un de ses dérivés. Car, évidemment, il s'agit du programme libéral, loin des caricatures, qui a amené la prospérité partout où il a été appliqué.
Addendum : Saint-Etienne compare les patrons à des généraux de l'armée économique française, les cadres et les ouvriers spécialisés à des officiers et à des sous-officiers, et les chômeurs à des tués au combat. Et il en conclut que le gouvernement Hollande tire dans le dos de son armée !
Je n'aime pas l'analogie de l'économie et de la guerre : elle est fausse. Mais l'image de Hollande tirant dans le dos des acteurs économiques est juste.
Autre article, celui de Christian Saint-Etienne dans le Fig Mag. Je ne peux vous le reproduire, c'est payant. Je résume :
> Mitterrand, Chirac et Hollande ont enchainé la France avec la chaine du déclin dont les maillons sont : méfiance de l'individu et donc de la réussite, trop de droits sans contraintes ni responsabilités, clientélisme, assistanat, envie, jalousie, Etat-mamma, fiscalité punitive et paralysante. Nicolas Sarkozy a perçu certains de ces maillons mais n'a pas vu la chaine.
> Saint-Etienne distingue trois tendances économiques chez les socialistes :
1) Les modernes, au bon sens du terme. Ils ont compris l'économie de la connaissance. Par exemple, le maire de Lyon. Il cite aussi Michel Sapin. Ce sont les grands vaincus de la période actuelle. Ils attendent leur heure en silence.
2) Les dinosaures étatistes et punitifs. Hollande, Cahuzac, Moscovici, etc. Saint-Etienne fait remarquer que le fiscalité hollandiste punitive et oppressive de l'économie privée n'est pas due aux circonstances mais pouvait se déduire naturellement de la gestion de la Corrèze par François Hollande, elle correspond donc à une vision du monde. Ils sont au pouvoir et mènent la France droit dans le mur (avec une arrogance insupportable).
3) Les "décroissants", proches des Verts. Leurs idées passent au gouvernement essentiellement par les Verts. Ils sont minoritaires.
Nous sommes en janvier 1940 : nos politiciens et nos institutions nous mènent à la catastrophe, mais les remèdes sont connus, il suffit de lire les bons livres et d'écouter les bonnes personnes.
Saint-Etienne préconise la chaine de la la réussite : confiance dans l'individu, enrichissement par la réussite, fiscalité intelligente (assiette large, taux bas), moins de droits-créances, plus de droits-libertés, Etat léger, efficace et ferme dans ce qu'il fait.
Le plus étonnant n'est pas ce qu'écrit Saint-Etienne mais ce qu'il n'écrit pas. En effet, il réussit à faire trois pages ainsi sans écrire une seule fois le mot «libéralisme» ou un de ses dérivés. Car, évidemment, il s'agit du programme libéral, loin des caricatures, qui a amené la prospérité partout où il a été appliqué.
Addendum : Saint-Etienne compare les patrons à des généraux de l'armée économique française, les cadres et les ouvriers spécialisés à des officiers et à des sous-officiers, et les chômeurs à des tués au combat. Et il en conclut que le gouvernement Hollande tire dans le dos de son armée !
Je n'aime pas l'analogie de l'économie et de la guerre : elle est fausse. Mais l'image de Hollande tirant dans le dos des acteurs économiques est juste.
mardi, janvier 01, 2013
Le "mariage homosexuel" et autres fariboles en une phrase
Marc de Scitivaux cite sur BFM la phrase d'une élue MRC (ça existe) : "Le rôle de l'Etat n'est pas de traduire en lois les désirs individuels".
La navrante médiocrité du personnel politique de la IIIème république
Je suis en train de lire la biographie de Fernand de Brinon, par Gilbert Joseph.
J'aime beaucoup Joseph, qui a un style plaisamment acide et choisit ses sujets avec malice (Combattant du Vercors et Une si douce occupation).
Une fois de plus, je lis un récit de la médiocrité de notre personnel politique des années 20-30. Une vieille révérence monarchique pour le pouvoir nous fait trouver cela étonnant, dérangeant.
Je connais des gens qui, par le simple fait qu'il est président de la république, essaient de trouver des qualités qu'il n'a pas à François Hollande. Certes, ceux-là ont une âme de courtisan, même s'ils ne rencontreront jamais Hollande. En réalité, François Hollande est moins digne de louanges que certains types intelligents, droits et cultivés de mon entourage qui ne passeront pas à la télé.
Vu la bassesse de notre personnel politique, chacun connaît des gens qu'il préférerait citer en exemple à ses enfants plutôt que nos politiciens.
Pourtant, l'exaltation injustifiée des hommes de pouvoir est très répandue. Hélas.
J'aime beaucoup Joseph, qui a un style plaisamment acide et choisit ses sujets avec malice (Combattant du Vercors et Une si douce occupation).
Une fois de plus, je lis un récit de la médiocrité de notre personnel politique des années 20-30. Une vieille révérence monarchique pour le pouvoir nous fait trouver cela étonnant, dérangeant.
Je connais des gens qui, par le simple fait qu'il est président de la république, essaient de trouver des qualités qu'il n'a pas à François Hollande. Certes, ceux-là ont une âme de courtisan, même s'ils ne rencontreront jamais Hollande. En réalité, François Hollande est moins digne de louanges que certains types intelligents, droits et cultivés de mon entourage qui ne passeront pas à la télé.
Vu la bassesse de notre personnel politique, chacun connaît des gens qu'il préférerait citer en exemple à ses enfants plutôt que nos politiciens.
Pourtant, l'exaltation injustifiée des hommes de pouvoir est très répandue. Hélas.
lundi, décembre 31, 2012
L'illusion du trésor caché des riches
Court billet de Pierre-Yves Dugua, plein d'humour voilé, puisque, sous prétexte de décrire la situation budgétaire américaine, il livre son opinion sur le «hollandisme».
L'illusion du trésor caché des riches
L'illusion du trésor caché des riches
Libellés :
Les conneries de Hollande,
obama
dimanche, décembre 30, 2012
Comment peut-on être socialement conservateur et économiquement libéral ?
Vous avez sans doute remarqué que je suis souvent en accord avec Eric Zemmour sur les sujets dits de société et en complet désaccord sur les sujets économiques. Incohérence de ma part ou de la sienne ?
J'ai déjà tenté d'expliquer cette différence à travers le concept de communisme de marché.
E. Zemmour à le mérite de la simplicité : c'est un étatiste. Il écrit l'histoire de France comme les propagandistes de la IIIème république : l'histoire de la lutte du gentil État central, garant du bien commun, contre les égocentriques particularismes locaux.
D'où sa cohérence : de même qu'il dénonce l'emprise sur les questions de société de l'individualisme élevé à un niveau pathologique, il dénonce le libéralisme économique, à ses yeux expression de l'individualisme pathologique en économie.
J'ai une vision différente.
La question que je me pose, et qui fait de moi un conservateur est : quelles sont les institutions et les traditions qui ont subi avec succès l'épreuve du temps ? Ensuite, j'identifie les raisons qui expliquent cette solidité, si je peux.
Ainsi, que le mariage soit depuis des millénaires entre un homme et une femme, et jamais entre deux hommes ou entre deux femmes, suffit à mes yeux à rendre toute idée de "mariage homosexuel" absolument grotesque. Les arguments rationnels que j'ajoute ensuite au débat sont secondaires.
Revenons au libéralisme. En France, les révoltes contre l'absolutisme étatique, la Fronde, la révolte des parlements, les jacqueries et tant d'autres, ont été faites au nom des antiques libertés (le plus souvent mythiques). C'est l'Etat de plus en plus envahissant qui apparaissait chaque fois comme la "damnable nouvelleté".
Autrement dit, notre tradition, c'est un relatif libéralisme et c'est l'Etat qui porte l'étendard de la modernité. Si l'on ajoute à cela l'épreuve du temps, à laquelle je tiens beaucoup, la France fut prospère quand les acteurs économiques jouissaient de la liberté.
Donc, être économiquement conservateur, c'est être libéral car le libéralisme est notre tradition. L'étatisme et le socialisme (1) sont de récentes et funestes inventions.
On peut aussi argumenter l'incohérence zemmourienne entre nationalisme (le nationalime est en 2012 un conservatisme social) et étatisme sur des bases uniquement présentes. Les oligarchies étatistes ont partie liée dans le mondialisme destructeur des nations (voir communisme de marché).
Si je cite Éric Zemmour, c'est qu'il a un certain talent, contrairement à d'autres qui défendent les mêmes thèses.
**********
(1) : on peut faire remonter le socialisme au tribalisme. Mais depuis que les Gaulois ont cessé de vivre en tribus, la France a vécu deux mille ans. Une autre tradition à supplanté le tribalisme.
J'ai déjà tenté d'expliquer cette différence à travers le concept de communisme de marché.
E. Zemmour à le mérite de la simplicité : c'est un étatiste. Il écrit l'histoire de France comme les propagandistes de la IIIème république : l'histoire de la lutte du gentil État central, garant du bien commun, contre les égocentriques particularismes locaux.
D'où sa cohérence : de même qu'il dénonce l'emprise sur les questions de société de l'individualisme élevé à un niveau pathologique, il dénonce le libéralisme économique, à ses yeux expression de l'individualisme pathologique en économie.
J'ai une vision différente.
La question que je me pose, et qui fait de moi un conservateur est : quelles sont les institutions et les traditions qui ont subi avec succès l'épreuve du temps ? Ensuite, j'identifie les raisons qui expliquent cette solidité, si je peux.
Ainsi, que le mariage soit depuis des millénaires entre un homme et une femme, et jamais entre deux hommes ou entre deux femmes, suffit à mes yeux à rendre toute idée de "mariage homosexuel" absolument grotesque. Les arguments rationnels que j'ajoute ensuite au débat sont secondaires.
Revenons au libéralisme. En France, les révoltes contre l'absolutisme étatique, la Fronde, la révolte des parlements, les jacqueries et tant d'autres, ont été faites au nom des antiques libertés (le plus souvent mythiques). C'est l'Etat de plus en plus envahissant qui apparaissait chaque fois comme la "damnable nouvelleté".
Autrement dit, notre tradition, c'est un relatif libéralisme et c'est l'Etat qui porte l'étendard de la modernité. Si l'on ajoute à cela l'épreuve du temps, à laquelle je tiens beaucoup, la France fut prospère quand les acteurs économiques jouissaient de la liberté.
Donc, être économiquement conservateur, c'est être libéral car le libéralisme est notre tradition. L'étatisme et le socialisme (1) sont de récentes et funestes inventions.
On peut aussi argumenter l'incohérence zemmourienne entre nationalisme (le nationalime est en 2012 un conservatisme social) et étatisme sur des bases uniquement présentes. Les oligarchies étatistes ont partie liée dans le mondialisme destructeur des nations (voir communisme de marché).
Si je cite Éric Zemmour, c'est qu'il a un certain talent, contrairement à d'autres qui défendent les mêmes thèses.
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(1) : on peut faire remonter le socialisme au tribalisme. Mais depuis que les Gaulois ont cessé de vivre en tribus, la France a vécu deux mille ans. Une autre tradition à supplanté le tribalisme.
Sur une phrase de Simon Leys
Un lecteur du Figaro vite Simon Leys :
«Quiconque se range dans le camp de la vérité et de la lutte contre le mensonge souffre d'emblée d'un lourd handicap : la vérité est banale et monotone, tandis que le mensonge est séduisant, neuf, varié, inventif et possède une infinie garde-robe d'accoutrements à la mode.»
Vous connaissez mon admiration pour Leys. Cette citation me fait donc bien plaisir. La politique française (et occidentale, sauf exceptions) vit sous le règne du mensonge.
Par exemple, la crise n'est pas due aux subprimes, qui ne sont qu'un symptôme (d'origine étatique : une loi faisait obligation d'accorder ces crédits).
La crise est due à la volonté de populations occidentales vieillissantes de conserver leur niveau de vie relatif en travaillant moins, d'où l'endettement encouragé par les Etats socio-clientélistes.
On n'en finirait pas d'aligner les mensonges.
Un des plus beaux car d'une simplicité artistique est «Un Etat ne peut pas faire faillite». C'était la réponse des étatistes aux imbéciles dans mon genre qui s'inquiétaient des dettes publiques incontrôlables.
Certes, il est un peu passé de mode, mais tout de même : à l'époque où il était proféré sans vergogne, on comptait déjà plusieurs centaines de banqueroutes étatiques dans l'histoire et plusieurs dizaines à l'ère moderne. Le mensonge socialiste nécessite un toupet à toute épreuve.
Un que j'aime beaucoup, toujours d'actualité : «Mon ennemi, c'est la finance sans visage», de François Hollande, candidat et futur président. Au contraire, un des problèmes du monde occidental est la finance de connivence, la collusion entre Etats et banques : les Etats sauvent les banques qui fiancent les Etats sur-endettés.
La «financiarisation» de l'économie n'est en rien une «dérive» du capitalisme mais doit tout à la nécessité de financer des Etats sur-endettés. Les barrières à la «financiarisation» sont tombés en France en 1983, sous Laurent Fabius, ce n'est pas un hasard. Et tout le monde connaît les allers-retours des hommes de l'Etat entre la direction des banques et la haute administration.
Les libéraux ont démontré depuis longtemps que les banques gigantesques «too big to fail» sont dues à l'alea moral introduit par les Etats.
Si, en bons libéraux, nous avions laissé tomber les banques faillies au lieu de les sauver aux dépens des moutontribuables, nous irions mieux, comme l'Islande et, partiellement, les USA. Au contraire, les hommes de l'Etat eurolandais ont choisi, de connivence avec les banquiers, de soutenir les banques zombies donc ils ont choisi la longue stagnation à la japonaise pour sauver les banquiers aux dépens des peuples. Alors, l'ennemi sans visage ...
Bref, on patauge dans les mensonges. Et on n'est pas près d'en sortir.
«Quiconque se range dans le camp de la vérité et de la lutte contre le mensonge souffre d'emblée d'un lourd handicap : la vérité est banale et monotone, tandis que le mensonge est séduisant, neuf, varié, inventif et possède une infinie garde-robe d'accoutrements à la mode.»
Vous connaissez mon admiration pour Leys. Cette citation me fait donc bien plaisir. La politique française (et occidentale, sauf exceptions) vit sous le règne du mensonge.
Par exemple, la crise n'est pas due aux subprimes, qui ne sont qu'un symptôme (d'origine étatique : une loi faisait obligation d'accorder ces crédits).
La crise est due à la volonté de populations occidentales vieillissantes de conserver leur niveau de vie relatif en travaillant moins, d'où l'endettement encouragé par les Etats socio-clientélistes.
On n'en finirait pas d'aligner les mensonges.
Un des plus beaux car d'une simplicité artistique est «Un Etat ne peut pas faire faillite». C'était la réponse des étatistes aux imbéciles dans mon genre qui s'inquiétaient des dettes publiques incontrôlables.
Certes, il est un peu passé de mode, mais tout de même : à l'époque où il était proféré sans vergogne, on comptait déjà plusieurs centaines de banqueroutes étatiques dans l'histoire et plusieurs dizaines à l'ère moderne. Le mensonge socialiste nécessite un toupet à toute épreuve.
Un que j'aime beaucoup, toujours d'actualité : «Mon ennemi, c'est la finance sans visage», de François Hollande, candidat et futur président. Au contraire, un des problèmes du monde occidental est la finance de connivence, la collusion entre Etats et banques : les Etats sauvent les banques qui fiancent les Etats sur-endettés.
La «financiarisation» de l'économie n'est en rien une «dérive» du capitalisme mais doit tout à la nécessité de financer des Etats sur-endettés. Les barrières à la «financiarisation» sont tombés en France en 1983, sous Laurent Fabius, ce n'est pas un hasard. Et tout le monde connaît les allers-retours des hommes de l'Etat entre la direction des banques et la haute administration.
Les libéraux ont démontré depuis longtemps que les banques gigantesques «too big to fail» sont dues à l'alea moral introduit par les Etats.
Si, en bons libéraux, nous avions laissé tomber les banques faillies au lieu de les sauver aux dépens des moutontribuables, nous irions mieux, comme l'Islande et, partiellement, les USA. Au contraire, les hommes de l'Etat eurolandais ont choisi, de connivence avec les banquiers, de soutenir les banques zombies donc ils ont choisi la longue stagnation à la japonaise pour sauver les banquiers aux dépens des peuples. Alors, l'ennemi sans visage ...
Bref, on patauge dans les mensonges. Et on n'est pas près d'en sortir.
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Simon Leys
vendredi, décembre 28, 2012
Tuerie de Newton : l'unanimisme bêlant des médias ...
Je suis d'accord avec cet article : les journalistes sont des agents du système et le système n'a pas intérêt à ce que les honnêtes citoyens possèdent des armes.
Nous vivons dans une dictature, molle mais dictature quand même, car, dans une vraie démocratie, les citoyens se reconnaissent au fait qu'ils peuvent être armés légalement sans difficulté.
Tuerie de Newton : l'unanimisme bêlant des médias ...
Nous vivons dans une dictature, molle mais dictature quand même, car, dans une vraie démocratie, les citoyens se reconnaissent au fait qu'ils peuvent être armés légalement sans difficulté.
Tuerie de Newton : l'unanimisme bêlant des médias ...
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Connerie journalistique
mercredi, décembre 26, 2012
Noël ! Noël ! (2)
La réacosphère bruisse du fait que la présidence de la république a émis un communiqué pour fêter aux musulmans une fête de chez eux et n'a pas émis de communiqué similaire pour fêter Noël, une fête bien de chez nous, aux chrétiens.
Cette indignation est certes justifiée, mais elle me paraît un peu naïve : un gouvernement socialiste, en France, en 2012, est nécessairement traitre à tout ce que nous sommes, à notre histoire, à notre culture, à nos religions, à nos traditions, et, pour finir, traitre à notre patrie. Il est nécessairement l'agent des colons musulmans. C'est dans sa nature.
On n'en finirait pas de s'indigner, par exemple, que le saccage d'une chapelle dans une enceinte militaire ait laissé le ministre de la défense totalement indifférent. L'indignation permanente émousse le message.
Le véritable scandale, l'abomination de la désolation, c'est que les socialistes, étant ce qu'ils sont, ayant les idées, les valeurs et les objectifs qu'on leur connait, soient parvenus à cumuler tous les pouvoirs. Ils y ont réussi à cause de l'absence de toute pensée anti-socialiste dans la sphère publique.
C'est sur le terrain des idées et des mots, de la doctrine, de la philosophie, que les choses se jouent. C'est moins immédiat que les indignations à répétition, mais c'est plus profond.
Cette indignation est certes justifiée, mais elle me paraît un peu naïve : un gouvernement socialiste, en France, en 2012, est nécessairement traitre à tout ce que nous sommes, à notre histoire, à notre culture, à nos religions, à nos traditions, et, pour finir, traitre à notre patrie. Il est nécessairement l'agent des colons musulmans. C'est dans sa nature.
On n'en finirait pas de s'indigner, par exemple, que le saccage d'une chapelle dans une enceinte militaire ait laissé le ministre de la défense totalement indifférent. L'indignation permanente émousse le message.
Le véritable scandale, l'abomination de la désolation, c'est que les socialistes, étant ce qu'ils sont, ayant les idées, les valeurs et les objectifs qu'on leur connait, soient parvenus à cumuler tous les pouvoirs. Ils y ont réussi à cause de l'absence de toute pensée anti-socialiste dans la sphère publique.
C'est sur le terrain des idées et des mots, de la doctrine, de la philosophie, que les choses se jouent. C'est moins immédiat que les indignations à répétition, mais c'est plus profond.
mardi, décembre 25, 2012
Noël ! Noël !
J'ai un peu de mal avec Noël cette année : trop de cadeaux, trop de nourriture, trop de boisson. Cela finit par devenir grotesque et pitoyable, car signe de vacuité, de fuite dans le divertissement.
Heureusement, on peut encore se souvenir que Noël célèbre la naissance d'un enfant dans une étable.
Heureusement, on peut encore se souvenir que Noël célèbre la naissance d'un enfant dans une étable.
lundi, décembre 24, 2012
Exil fiscal : halte au nombrilisme
Un des traits qui m'agacent le plus chez les Français est leur nombrilisme : à les entendre, il serait quasiment impossible de vivre bien hors de France.
Cet article remet les pendules à leur heure, notamment sur deux de nos domaines de fierté mal placée. Il y a des systèmes de santé meilleurs que le nôtre. Idem pour les systèmes éducatifs.
Exil fiscal et nombrilisme français
Nota : j'ai douté de la pertinence de cet article à cause du chiffre d'un million d'euros de patrimoine comme seuil d'exil. Puis, je me suis rappelé qu'on m'avait parlé d'un couple parti en Belgique avec deux millions d'euros, chiffre qui n'est pas si éloigné de celui de cet article par rapport aux dizaines de millions que j'imaginais.
Bref, si à un million d'euros, il y a des cas où cela vaut le coup de partir, c'est extrêmement inquiétant : ce n'est plus seulement le capital d'hier qu'on fait fuir, ce sont les entrepreneurs, donc la richesse et les emplois, d'aujourd'hui et de demain.
Se confirme une fois de plus qu'en faisant le choix du socialisme, les Français ont fait le choix de l'égalité dans la misère. C'est d'ailleurs une fausse égalité car certains profitent du système de la manière la plus inégalitaire qui soit.
Cet article remet les pendules à leur heure, notamment sur deux de nos domaines de fierté mal placée. Il y a des systèmes de santé meilleurs que le nôtre. Idem pour les systèmes éducatifs.
Exil fiscal et nombrilisme français
Nota : j'ai douté de la pertinence de cet article à cause du chiffre d'un million d'euros de patrimoine comme seuil d'exil. Puis, je me suis rappelé qu'on m'avait parlé d'un couple parti en Belgique avec deux millions d'euros, chiffre qui n'est pas si éloigné de celui de cet article par rapport aux dizaines de millions que j'imaginais.
Bref, si à un million d'euros, il y a des cas où cela vaut le coup de partir, c'est extrêmement inquiétant : ce n'est plus seulement le capital d'hier qu'on fait fuir, ce sont les entrepreneurs, donc la richesse et les emplois, d'aujourd'hui et de demain.
Se confirme une fois de plus qu'en faisant le choix du socialisme, les Français ont fait le choix de l'égalité dans la misère. C'est d'ailleurs une fausse égalité car certains profitent du système de la manière la plus inégalitaire qui soit.
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