lundi, janvier 14, 2008
Rationalité et décisions politiques
Ca donne l'occasion de réfléchir à notre façon de faire de la politique.
La démocratie représentative reposait sur le principe suivant. Tous les citoyens ne sont pas aptes à avoir un avis fondé sur tout, par contre, tous sont aptes à juger les hommes et les idées générales.
C'est pourquoi on élisait des gouvernants à qui on confiait le pouvoir pour un temps limité. Le mandat impératif était interdit. L'opinion avait certes une influence, mais il était encore possible de passer outre.
Sous l'influence des medias et des sondages permanents sur tout et sur n'importe quoi, bien que les textes n'aient pas changé, nous sommes passés à ce qu'on appelle faute de mieux «la démocratie d'opinion».
Or, celle ci repose sur des prémisses faux :
> tout le monde à un avis sur tout.
> tous les avis se valent et sont également légitimes.
La traduction concrète de ces prémisses est le sondage :
> Le nombre de «sans opinion», quel que soit le sujet, est ridiculement bas : tout le monde à un avis sur tout.
> Les réponses sont toutes considérées de la même manière : tous les avis se valent et sont également légitimes.
Tout le monde, ou presque, donne une réponse aux sondages, car il faut faire un effort d'honnêteté intellectuelle pour avouer qu'en réalité, on s'en fout et qu'on est «sans opinion».
Pourtant, pas besoin des montagnes de bon sens pour imaginer que cette hypothèse «tout le monde a un avis sur tout» ne tient pas la route trente secondes.
Quant à la deuxième hypothèse, «tous les avis se valent», là encore, il ne faut pas avoir fait de la sociologie pendant vingt ans pour savoir que c'est faux. J'espère pour vous que vous n'attachez pas la même importance aux avis de votre boulangère et à ceux de votre médecin concernant votre santé (et inversement concernant votre pain de campagne).
Ainsi, les bases de la démocratie représentative sont sapées par de nouvelles pratiques et habitudes dont les principes sont erronés.
Peu m'importe que 99 % des Français jugent que les OGMs sont dangereux, si, dans le 1 % qui reste, il y a 90 % des gens qui ont pris la peine de se renseigner sur les OGMs.
Alors que faire ?
Etre précautionneux quand on donne des avis sur des sujets qu'on ne connait pas ou peu. C'est important sur un blog, mais ailleurs aussi. J'ai conscience de me laisser quelquefois emporter, cependant, il ne me viendrait jamais à l'idée de donner mon opinion sur de la musique par exemple, sujet où je suis profondément ignare.
Mais, à part ça, je ne vois pas bien. J'avoue un certain fatalisme : j'ai bien peur que le troupeau et sa bêtise influent de plus en plus sur les décisions collectives.
Il y avait de la sagesse dans la manière dont les institutions ont été conçues. Cette sagesse a, à l'évidence, été perdue ; en partie par la force des choses et en partie par un mnque d'esprit démocratique.
Enfin, notons un dernier point de cette «démocratie» d'opinion : le débat y est confus, au profit de ceux, comme José Bové, qui savent parti de cette confusion.
Puisque nous parlons institutions et pratiques démocratiques, je vous confie cet article :
Triste anniversaire
Un bon résumé est cette citation :
«Les constituants français ont voulu bâtir rationnellement les droits des citoyens à partir d'un pouvoir parfait au lieu de protéger les droits de l'homme contre un pouvoir nécessairement imparfait.»
Nous ne sommes toujours pas guéris de cette erreur originelle. Quand on entend les politiciens de droite comme de gauche, l'Etat est toujours bon et bien intentionné, même si l'on est forcé de reconnaitre des errements en pratique.
Mais que l'Etat et le pouvoir puissent être par essence imparfaits et dangereux pour les libertés publiques, qu'ils soient un mal, nécessaire, mais mal cependant, voilà une notion qui n'effleure pas nos gouvernants.
Pourtant, l'un des premiers à développer ces notions, dans un essai de jeunesse lumineux comme un éclair dans un ciel d'orage, Le discours de la servitude volontaire, fut un Français, Etienne de la Boetie.
Comme il date de 1548, nos politiciens n'ont 460 ans de retard. Qu'est-ce que c'est pour un pays qui s'enorgueillit d'être millénaire ? Une paille !
Les Anglo-Saxons nous ont devancé dans l'intelligence de la démocratie ? Fi des estrangers ! Qu'ils aillent au diable, dit le coq perché sur son fumier.
(1) : ce n'est pas exactement la décision qui a été rendue, mais, en pratique, c'est bien à cela que ça revient.
Swaminathan, c'est quand même autre chose que Bové
J'ai presque honte de mettre Swaminathan et Bové dans le même message.Monkumbu S. Swaminathan est le père de la révolution verte en Inde, généticien, il a créé et fait la promotion de plantes hybrides dans les années 60, sauvant des millions d'Indiens de la famine.
Pour vous situer le personnage, les Indiens disent de lui :«Gandhi gave us freedom, Swaminathan gave us food.»
Il a présidé la commission chargée de donner un avis sur l'introduction des OGMs en Inde (qui est contestée par les urbains et demandée par les paysans).
En juin 2004, cette commission a rendu un avis favorable sous certaines conditions de contrôle. Elle donnait entre autres des motivations écologiques (économies d'eau et de polluants).
Mais bon, si il était au courant, notre José national n'en serait pas plus perturbé que cela : cet homme est sans doute à la solde des lobbys semenciers et puis, de toute façon, ce qui est bon pour les Indiens n'est pas forcément bon pour les Français (un petit peu de racisme n'a jamais effrayé José Bové, bien que ce soit habituellement sous la forme d'un antisémitisme puant.)
Nous avons les héros que nous méritons.
La victoire de José Bové
> soit, sous la pression de la réalité, le gouvernement revient sur cette interdiction. Mais c'est la démocratie représentative «bourgeoise» qui est discréditée.
> soit le gouvernement temporise des années, l'agriculture souffre et la mondialisation et «l'ultra-libéralisme» sont accusés.
Bref, José gagne à tout coup.
Bien sûr, il y a une troisième option : convaincre l'opinion et les medias que cette décision d'interdiction est absurde, que José est de mauvais conseil, et revenir sur cette décision avec l'assentiment populaire.
Ca serait la voie de la vérité, de la sagesse, de la raison, mais il ne faut pas y compter : le matraquage anti-OGM a été bien trop intense et prolongé.
Qu'est-ce que cela prouve ? Que la science n'est pas compréhensible par tous (1), que la peur est un levier politique fort puissant, que les medias, spécialement audiovisuels, sont d'une faiblesse intellectuelle insigne, que le pouvoir politique est à la merci d'un habile agitateur.
Ca n'est pas très brillant, mais, au moins, nous savons où nous en sommes.
(1) : il y a une parenté certaine avec le réchauffisme. Il est quasi impossible de convaincre un homme ordinaire, je veux dire n'ayant pas de connaissances scientifiques particulières, que les modèles climatiques numériques ne sont pas de bons prédicteurs : c'est joli, il y a plein de couleurs, ceux qui les présentent ont des titres longs comme le bras, donc c'est vrai.
dimanche, janvier 13, 2008
L'interdiction des OGMs en France (2)
Respecter les paroles scientifiques
En effet, l'obscurantisme (des écolos) et la démagogie (du gouvernement), basés sur le délire émotionnel à base de paranoïa, ne sont pas attaquables par des discours raisonnables, raisonnés et adultes.
J'ai pourtant la certitude que les plantes, et peut-être des animaux, OGMs seront un jour produits à l'air libre en France.
Mais il faudra pour cela que l'agriculture française soit distancée et menacée de mort. Quand elle passera enfin aux OGMs, elle sera sous la dépendance technique de nations étrangère, USA, Brésil, peut-être Inde et Chine.
Beau succès bovésien !
Finalement, le seul intérêt de cette pétition n'est pas faire changer d'avis les écolos, c'est de conforter ceux qui trouvent cette psychose OGM absurde en leur signalant que, même en France, ils ne sont pas seuls.
vendredi, janvier 11, 2008
L'interdiction des OGMs en France
Je ne suis pas surpris : je dénonce depuis des années une atrophie de la pensée en France, je trouve donc dans la suite normale des choses que l'obscurantisme finisse par gagner.
Rappelons quelques faits simples :
> les OGMs sont mieux connus qu'à leurs débuts les chemins de fer, l'aviation ou le nucléaire.
Il n'y a qu'une seule manière de mieux connaître encore, c'est de sortir des laboratoires et de faire à grande échelle. Il y aura sans doute des difficultés mais ainsi va la vie. Si les OGMs se révèlent avantageux, ils perdureront, sinon ils disparaitront.
Le dirigeable a disparu après un certain nombre de catastrophes, l'avion s'est développé malgré les catastrophes. Il a fallu expérimenter pour savoir et se perfectionner, et choisir en connaissance de cause.
S'il avait fallu attendre que les risques de l'automobile, de l'avion ou du dirigeable soient maitrisés en laboratoire pour diffuser ces inventions, nous n'aurions jamais eu assez d'expérience et nous ne les aurions jamais diffusées, ni le dirigeable qui a été abandonné, ni l'avion qui a été développé.
L'interdiction des OGMs ne dit rien sur les OGMs et beaucoup sur notre frilosité décadente.
> la culture commerciale des OGMs va être interdite en France mais pas la vente, pour une raison élémentaire : les OGMs sont cultivés ailleurs dans le monde par millions d'hectares. Le seul moyen de garantir une agriculture française libre d'OGMs serait l'autarcie, je ne doute pas que certains en seraient ravis, mais ça serait tout de même pousser un peu loin et de manière trop visible la folie.
Ainsi, comme je ne doute pas la créativité de l'homme, il y a de fortes chances que les OGMs finissent par bénéficier aux pays qui les cultiveront. La France n'en fera pas partie.
Nota : je signale un trait comique qui ne pourra qu'éclairer votre grisaille quotidienne : Joseph Bové, père de notre moustachu (qui porte le même nom, car «José» n'est qu'un diminutif), est généticien et défenseur du riz transgénique (« Au Moyen-Age, on brûlait les sorcières. Aujourd’hui, on brûle les plants transgéniques »). Les repas de famille chez les Bové, ça doit être quelque chose.
Je suis assez partisan de se cotiser pour payer à José une psychanalyse et qu'il arrête de nous pomper l'air avec ses lubies.
Ajout de 13/12 : j'ai oublié de vous citer un exemple, pour vous montrer à quel nos écolos en tiennent une couche.
Les ogms permettent d'éliminer certains pesticides dans des conditions économiques acceptables (c'est cet avantage qui explique que presque 100 % du maïs et du soja américain est ogm), ce que ne permet pas l'interdiction simultanée des ogms et des pesticides dont rêvent nos ayatollahs verts.
En cela, ils sont cohérents dans l'imbécilité : pastèques, verts dehors, rouges dedans, la plupart fantasment de détruire l'économie libre, l'écologie n'étant qu'un prétexte, ce que ne perçoivent pas toujours les naïfs.
mercredi, janvier 09, 2008
On croit avoir tout vu (2)
Nous serions le 1er avril, nous pourrions croire à une blague. Depuis quand le président de la République est-il compétent et légitime pour décider comment doivent être répartis les profits ?
Espérons que cette imbécilité reste un «souhait».
Avec un tel pédagogue, comment être surpris que les Français soient ignares en économie ?
Education nationale : effectivement, on croit avoir tout vu
N'est-elle pas merveilleuse cette université française qu'il ne faut surtout pas réformer tellement elle est parfaite ?
Ah si JMA lisait plus souvent la Lime ...
On a pu mesurer, d'ailleurs, combien la politique avançait dissimulée en ces matières, hier, lors de la conférence de presse du président de la République.
Dans un long discours introductif et volontariste, Nicolas Sarkozy a additionné les projets, les envies, les souhaits. Et puis, plus tard, à l'occasion d'une réponse à une question sur le pouvoir d'achat, le président a indiqué qu'il ne pouvait pas "vider des caisses déjà vides". Ces mots là sont venus dans sa bouche, spontanément, parce qu'ils sont dans son esprit.
Les caisses sont vides. Il en avait déjà fait l'aveu, de la même manière, impromptue, inattendue, le 29 novembre dernier, lors d'un entretien télévisé. Et cette manière même de faire pose plusieurs questions. Pourquoi le président, presque malgré lui, y revient-il toujours? Quelle est l'intensité, la fréquence, des informations que ses services lui fournissent sur le sujet?
L'un de mes interlocuteurs récents m'a assuré, lors d'une conversation téléphonique, que les services de Bercy avaient produits plusieurs notes alarmistes à la fin de l'année sur une faiblesse des rentrées fiscales susceptibles de créer un effet de ciseaux dramatique pour des finances publiques sans cesses sollicitées en faveur de dépenses nouvelles. Le même me décrivait une forme d'affolement, parfois, dans les allées du pouvoir, devant cette menace. J'ai demandé à cet interlocuteur s'il pouvait me procurer une telle note. Il m'a répondu que non, qu'il ne le souhaitait pas.
Je me suis donc fait à l'idée qu'en cette matière, une partie de l'information demeure dans l'ombre et il m'a semblé qu'une part de cette ombre, justement, occupait, voire préoccupait, l'esprit présidentiel. "Vider des caisses déjà vides." La formule a quelque chose d'horrible en ceci qu'elle signale le dénuement, source du désarroi. Ne s'agit-il pas là, sous une forme surprenante et peu habituelle sur la scène politique, d'un appel à l'aide? Un peu comme si l'angoisse débordait? Ne pouvait plus être cantonnée à l'intérieur même du corps dont elle s'échappe? Et nous même, pourquoi donc, sur ce point précis, refusons-nous d'entendre la parole présidentielle? Nous l'entendons sur les 35 heures et sur le reste et là, rien, pas un commentaire, personne qui le relève vraiment.
Les caisses sont vides, nous a dit hier, pour la deuxième fois, le président de la République. Comment mener une action politique quand les caisses sont vides? Ou pire, quelle action la politique doit-elle mener quand les caisses sont vides? Voilà bien la question à laquelle, tôt ou tard, les dirigeants de ce pays devront répondre.
Hé bien, si JMA fréquentait plus souvent ce blog, il aurait les réponses à ses questions :-)
Je ne sais pas si le déficit de l'Etat (c'est-à-dire le déficit officiel, sans oublier qu'il y a des déficits publics cachés) atteindra 40, 50 60 Md€ en 2008. Et, au fond, cela n'a guère d'importance : la vitesse à laquelle chute le sauteur sans parachute ne compte pas vraiment, c'est la chute elle-même qu'il faut interrompre par un moyen ou un autre.
Pour le reste, les conséquences de déficits structurels accumulés sur plusieurs décennies ne sont pas un mystère: un Etat à la fois couteux, inefficace et dangereux.
Avec une bonne vue, dans les comptes d'une nation, on lit sa vie : dans ceux de l'Etat français, on lit le laxisme, le clientélisme, la lâcheté, les conceptions fausses, les idées généreuses mal menées.
mardi, janvier 08, 2008
La baisse du taux de chomage, une mauvaise nouvelle ?
A court terme, quelques trimestres, la baisse du taux de chômage actuelle est une bonne nouvelle.
Mais à plus long terme, quelques années ?
Examinons en les causes :
> l'effet générationnel : les classes âgées, et qui partent à la retraite plus tôt en France que partout ailleurs, sont remplacés par des classes moins nombreuses.
Si l'effet transitoire est positif, il n'y a aucun doute que l'effet établi est très négatif : il n'est de richesses que d'hommes, moins il y a d'actifs dans un pays, plus celui-ci s'appauvrit.
> l'effet capacités saturées : les capacités de production sont saturées en France. Très mauvaise nouvelle car cela ne vient d'une soudaine augmentation des parts de marché françaises mais d'un sous-investissement dans l'appareil productif qui dure depuis des années.
Autrement dit, on ne peut que se réjouir de la baisse du taux de chômage, à condition de ne pas oublier qu'elle a des origines porteuses de graves menaces pour l'avenir.
Comme gouverner c'est prévoir, je ne doute pas que le gouvernement phosphore sur le sujet.
Pour ne pas être négatif, il faut ajouter que, même issue de mauvaises raisons, cette baisse du chomage a des effets positifs sur les comptes sociaux que des réformes judicieuses pourraient faire perdurer.
JMA nous fait un exercice d'admiration
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Obama est la coqueluche de cette rentrée. Il perce aux Etats-Unis, ce qui est le problème des Américains, et il séduit en France, ce qui est le problème des Français. Reprenons. Comme à chaque fois, ce grand pays qu'est les États-Unis se livre à un exercice démocratique dont la puissance ne peut que forcer l'admiration.
Chaque pays a ses travers et ses défauts mais tout de même, quelle passion du débat et de la vie publique faut-il pour organiser durant autant de temps, à travers tout un vaste territoire, autant de débats, de confrontations, de moments forts où chacun réfléchit et s'informe sur les problèmes de son pays.
Bien sûr, il trouvera ici ou là, ici c'est sûr, un censeur aux sourcils froncés pour rappeler que le taux d'abstention lors des élections américaines, et d'autres choses encore, doivent considérablement modérer l'enthousiasme et même déboucher sur une position critique que quand même les Américains, on les emmerde. Certes, certes, mais leur parti démocrate, c'est autre chose que notre parti socialiste, au hasard Balthazar.
Ah ce n'est pas chez nous que l'on verrait un petit jeune construire sur son talent, en quelques mois, un discours, un espoir, des attentes. Chez nous, il faut blanchir sur le harnois, durer, cumuler. Chez eux, l'aventure peut se produire. Fondamentalement, c'est cela l'espoir. Chez nous, c'est très improbable. C'est ça le désespoir.
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Les Américains me donnent quelquefois envie de leur distribuer des paires de claques, mais, en matière d'esprit démocratique, si personne n'est parfait, eux sont tout de même meilleurs que nous.
Le présidentialisme, l'inexistence des ministres, l'incompétence des cabinets
La France est dans les textes une République démocratique, mais, dans les comportements, tant des gouvernants que des gouvernés, il demeure beaucoup d'une monarchie.
Ayant assisté un jour à la visite d'un ministre, j'ai été étonné , malgré mon peu d'illusions, de la servilité des hôtes, ce qui n'empêche pas par ailleurs d'exiger de lui tout et le reste, comme si il était Dieu le père descendu parmi les chasseurs de subventions.
Je regrette ce que je considère être une forme d'immaturité démocratique, mais c'est ainsi, il faut en prendre son parti.
Cependant, ce fond monarchique peut avoir d'autres conséquences.
J'entendais ce matin une responsable syndicale patronale, peu suspecte d'anti-sarkozisme aigu, expliquer que le caractère frappant du gouvernement actuel est l'incompétence des cabinets et l'indécision des ministres.
L'indécision des ministres vient de ce que tout doit remonter à la présidence, Nicolas Sarkozy décide-t-il de la taille des crayons de papier ?, et que, évidemment, celle-ci étant engorgée, ça traine, ça traine.
On remarquera que l'administration louisquatorzienne avait déjà connu les mêmes difficultés, comme quoi il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Quant à l'incompétence des cabinets, la patronne s'est moins étendue sur le sujet. C'est dommage, c'était peut-être plus intéressant.
Je soupçonne la plupart des ministres de n'être pas des aigles : ils ont été sélectionnés essentiellement sur des critères médiatiques, ont peu d'expérience administrative ou politique et ne semblent pas, pour ce qu'on en devine, qui est peu, avoir un caractère ou une intelligence hors du commun.
Seuls Xavier Bertrand, Xavier Darcos et Michèle Alliot-Marie ne portent pas un fort parfum d'amateurisme ou un vague air d'insignifiance.
Dans ces conditions, il serait extraordinaire que les cabinets ministériels, s'élevant au-dessus de leur condition, soient bons. Néanmoins, on peut imaginer un mauvais ministre servi par un bon cabinet, c'est pourquoi il aurait été instructif d'entrer dans le détail du processus de constitution d'un cabinet ministériel.
Le scénario politique que j'envisage pour 2008 est assez noir : une crise économique européenne s'installe (1). Entre la rigueur budgétaire et sa cote de popularité (son «lien avec le peuple» comme on dit pompeusement), Nicolas Sarkozy choisit la facilité et la popularité, repoussant ainsi la résolution des problèmes du pays, idéalement, pour lui, après les élections présidentielles de 2012.
Quant à l'opposition, est-ce bien la peine de s'y éterniser ?
(1) : l'économie européenne est fondamentalement plus malsaine que l'économie américaine (retraites non financées, forts déficits publics, bénéfices faibles, investissements faibles, chomage élevé). Même si le choc vient des USA, l'Europe risque de plus souffrir et plus longtemps.
lundi, janvier 07, 2008
«Idéologiquement»
Extrait du Figaro :
Souvent critiqué par la droite qui lui reproche une vision négative du monde de l'entreprise, l'enseignement de l'économie au lycée est désormais voué aux gémonies par l'ex-premier ministre socialiste Michel Rocard, membre de la commission Pochard, chargée de réfléchir à l'évolution du métier d'enseignant.
Lors d'une réunion, ce dernier a récemment qualifié l'état de l'enseignement de l'économie de «catastrophe ambulante» et le rend «responsable du blocage du dialogue social dans notre pays». Lors de la même réunion, Bernard Thomas, ancien directeur de cabinet de Gilles de Robien, a considéré que le contenu de cet enseignement devait être modifié. Un lycéen doit apprendre «à connaître le monde du travail, de l'entreprise, la situation de l'emploi au plan national, européen et régional», a-t-il dit.
Ces propos ont provoqué l'émoi des professeurs de sciences économiques et sociales. L'association qui les représente (Apses) affirme que «les sciences économiques servent à comprendre la société et non à faire aimer ou à faire détester l'entreprise». L'Apses sera reçue aujourd'hui par la commission Pochard.
Michel Rocard, submergé de lettres d'enseignants, a adressé fin décembre un mot d'excuse, sans renier ses propos : «J'ai cru bon d'exprimer une manière de colère […] sur l'inculture économique de la France. Nous sommes le seul pays d'Europe où le dialogue social n'existe à peu près pas, où l'action publique est lourdement entravée par le manque de conscience collective de vérités comme : la gratuité n'existe pas, tout service a toujours un coût.» Tout en reconnaissant « mal connaître » le sujet, Michel Rocard dit avoir été «effrayé» après avoir rencontré des lycéens qui avaient une vision de l'économie dont «le degré d'abstraction et de dogmatisme interdisait toute utilisation dans la pratique sociale».
Extrait du blog de JM Aphatie :
Le Monde de dimanche a publié une intéressante interview de Jean-François Kahn. [...] Jean-François Kahn explique notamment que "idéologiquement", l'adverbe lui est attribué, il est favorable au système de distribution des journaux et des magazines par les NMPP (Nouvelles messageries parisiennes) qui "permet à tous d'être distribués partout." Mais, ajoute-t-il, "c'est quand Marianne a quitté les NMPP, début 2000, que nous en sommes sortis: 8 millions de francs de coût en moins." Autrement dit, le système qui permet à tout le monde d'être partout est le système qui coule les journaux parce qu'il coûte horriblement cher. Et malgré tout, JFK, qui sait de quoi il parle, continue d'être "idéologiquement" pour ce système. J'y ai vu comme un raccourci de tous les maux dont souffre ce pays, qui entretient mille et une choses "idéologiquement" formidables mais pratiquement désastreuse.
samedi, janvier 05, 2008
Mon bilan (aéronautique) 2007
66 vols qui se décomposent comme suit (vive Excel) :> 57 h 31 de vol dont dont 37 h 35 comme commandant de bord.
> 159 atterrissages dont 56 en CDB (encore pas mal de tours de piste en J3 et en DR220)
> 52 passagers (en fait, c'est toujours les mêmes)
> 4h 14 de J3, 14 h40 de DR 220, 00 h 30 de Cessna 150 hydravion, 13 h 55 de DR 315, le reste en DR 400.
Jeu-concours : où la photo a-t-elle été prise ? (Pour répondre, il faut une carte aéronautique). Prix : une balade Toussus-Rambouillet-St-Arnoult-Dourdan-retour (faut espérer).
Comparaison du coût d'une maison solaire en France et aux USA
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Le prix des maisons en France et aux Etats-UnisLa maison individuelle américaine revient presque deux fois moins cher que sa jumelle française avec, pourtant, l'emploi de matériaux similaires. La raison ? Des taxes et charges plus basses aux Etats-Unis.
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| Coût des matériaux | 30 185 Euro | 30 185 Euro |
| Salaires nets des ouvriers | 39 180 Euro | 41 925 Euro |
| Charges sociales | 30 795 Euro | 6 250 Euro |
| Assurances obligatoires | 8 537 Euro | |
| TVA | 23 935 Euro | |
| Taxes diverses | 8 537 Euro | 1 068 Euro |
| Frais administratifs | 11 280 Euro | 1 525 Euro |
| | 152 449 Euro | 80 953 Euro |
Donc aux U.S.A., une maison coûte presque deux fois moins cher, pourtant on est un peu mieux payé pour la construire, les matériaux sont de meilleure qualité....Aux U.S.A., la situation foncière est bien meilleure qu'en France où les terrains ont presque tripé en 2 - 3 ans...!!!
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Mon commentaire :
Or les USA n'ont pratiquement pas de politique étaique de logement (du moins, si l'on compare avec la France).
C'est bizarre autant qu'étrange. Cette comparaison est totalement à contre-courant de ce qu'on entend en France qui est à peu près :
«Heureusement que l'Etat intervient fortement avec sa politique du logement, sinon les prix grimperaient et les plus faibles ne pourraient plus se loger. La politique étatique de logement très interventionniste est une nécessité sociale. D'ailleurs, l'Etat n'intervient pas assez.»
Nous mentirait-on ou ceux qui tiennent ce discours seraient-ils incompétents ? Je m'interroge.
vendredi, janvier 04, 2008
Les injonctions paradoxales : arme de manipulations étatiques
«Toutes les turpitudes de notre régime, j'en ai toujours trouvé la source dans des interventions de l'État. Les systèmes malthusiens donnent à leurs auteurs toutes les apparences de l'action généreuse, alors qu'ils organisent la misère et la ruine.»
Bien entendu, elle s'applique admirablement aux politiques dites du logement ou de l'emploi.
Mais cela fait partie d'une habitude étatique plus vaste.
Les psys connaissent bien l'injonction paradoxale, qui est un excellent moyen de contrôle et de manipulation. La femme qui dit à son mari : «Sois plus viril.» le coince, le met en état d'être manipulé.
En effet, soit il se montre plus «viril», mais il ne fait alors qu'obéïr à sa femme, ce qui n'est pas très viril. Soit il désobéit et il reste une loppe.
Or, l'Etat français use et abuse de l'injonction paradoxale, peut-être même pas consciemment, tout comme la femme que je prenais en exemple, tout simplement parce que, là encore tout comme la femme, il manque de respect, par réflexe, par habitude, par dureté, par bêtise, à son interlocuteur.
Prenons un exemple, vous allez vite comprendre, ensuite, vous en trouverez vingt ou trente vous-mêmes, ils abondent.
Le I de RMI signifie Insertion. Autrement dit, on enjoint à l'allocataire de s'insérer tout en lui donnant les moyens de se désinsérer.
Autre exemple : la DGAC clame à tous les vents qu'il faut que les pilotes privés se responsabilisent. Soit. Que fait-elle ? Elle les encadre de réglements tellement abondants qu'ils sont toutes les raisons de se sentir déresponsabilisés.
Et ainsi du reste.
Je peux même lancer un concours auprès de mes commentateurs parisiens : celui qui donnera l'injonction paradoxale étatique que je trouverai la plus plaisante (je suis seul juge) gagnera une galette individelle des rois Pierre Hermé à retirer rue de Vaugirard (métro Pasteur).
La banqueroute de l'Etat français ouvrira la porte à toutes les folies
Souvenirs et réflexions sur l'âge de l'inflation
Il distingue la bonne solution, anglaise, qui préserve les libertés, de la mauvaise solution, allemande, qui passe par le totalitarisme.
L'inculture économique et le penchant liberticide des Français et de leurs dirigeants font craindre le pire, mais nous n'en sommes pas encore là: l'histoire ne réserve pas que de mauvaises surprises, il y en a aussi quelques bonnes.
Ségolène Royal : telle qu'en elle-même 2008 la change
«Je sens qu'il y a de plus en plus d'hommes et de femmes qui se tournent vers moi. [...] J'ai reçu beaucoup d'amour, j'en ai aussi beaucoup donné au peuple français.»
José Bové et Ségolène Royal font des efforts louables pour que 2008 soit l'année du rire.
Néanmoins, je me demande si ils tiendront la distance, il est vrai que ce sont des champions dans leur catégorie. On se sent un peu minables avec nos blagues faciles face à telles pointures.
jeudi, janvier 03, 2008
José Bové : tel qu'en lui-même 2008 le change
José Bové est vraiment un triste sire, sinistre personnage : menteur, hâbleur, péteux, foireux. Sa cote de popularité est une bonne mesure de la bêtise humaine.
Nota : le bouffon Bové entame une grève de la faim (après les fêtes, c'est plus facile) pour obtenir l'interdiction des OGMs. Inutile d'insister sur le caractère anti-démocratique, voire, tout simplement, irrespectueux et grossier, d'une telle démarche : moi qui trouve que la bureaucratie fait courir un danger majeur à l'aviation générale, j'entame après Paques une grève de la faim pour obtenir la suppression de la DGAC.
Où irait-on si chacun se mettait à jeuner pour obtenir que ses préoccupations aient la priorité ? Le premier qui répond «Vers une baisse de la mortalité due à l'excès de graisse», je le censure.
mercredi, janvier 02, 2008
Commencez 2008 en beauté : gagnez 150 000 $
Le site Junk Science.com promet 150 000 $ à qui lui démontrera avant le 1er décembre 2008 qu'il existe un réchauffement climatique global d'origine humaine.Bien sûr, d'après le règlement du concours, les gens de Junk Science sont seuls juges et il n'y a qu'à lire leur site pour comprendre que l'hypothèse du réchauffement climatique de main d'homme n'a pas leurs faveurs.
Mais, toujours d'après le règlement, les contributions seront publiées : comme je ne doute pas qu'il y aura abondance de travaux probants, la mauvaise foi des organisateurs éclatera si ils n'attribuent pas le prix.
J'entends depuis des années que «le débat est clos» et que «il y a consensus», j'en déduis l'existence d'une foule de preuves.
Autrement dit, c'est un travail de compilation et de mise en forme, rien qui soit hors de la portée d'un étudiant moyennement doué, motivé pour payer ses études.
Je me demande si je ne vais pas m'y mettre. Seule question : le prix est-il imposable ?
mardi, janvier 01, 2008
France politiquement correcte : qu'est-ce qu'on se marre !
Après avoir vérifié cette information pour m'assurer que ce n'était point un canular, je ne peux que souhaiter que la jeune année 2008 continue sur cette lancée, car, alors, ça sera une des années où l'on aura le plus ri dans toute l'histoire de France.
Le progrès fait rage.
