Le siège de Charlie Hebdo incendié suite à la publication de caricatures de Mahomet ? Rien n'est prouvé. Et puis, ça ne peut être que le geste de quelques extrémistes non représentatifs de la religion d'amour et de paix qu'est l'islam. Et, puis, c'est un peu la faute, de Charlie, a-t-on idée de publier des caricatures du Prophète ? Et puis, c'est surement un peu de la faute de notre colonialisme latent. Et puis, on peut comprendre que notre intolérance raciste irrite les musulmans pieux.
Tout va plus que bien.
mercredi, novembre 02, 2011
mardi, novembre 01, 2011
Le 1er novembre 2011 : une bonne journée pour l'Europe.
Le 1er novembre 2011 : une bonne journée pour l'Europe.
Non pas l'Europe technocratique bruxelloise, mais la véritable Europe, celle des peuples et des nations.
Non pas l'Europe technocratique bruxelloise, mais la véritable Europe, celle des peuples et des nations.
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Le défaut grec ne signifie pas la sortie de l'Euro mais la faillite des banques françaises
Il ne faut pas tout mélanger : dette étatique et Euro sont bien liés, mais la relation est temporellement lâche. Une évolution d'un coté ne résulte pas une évolution immédiate de l'autre.
Le défaut souverain grec n'entraine pas automatiquement une sortie de l'Euro ; même si, à terme, la Grèce devra quitter l'Euro et mieux vaut tard que jamais.
En revanche, les banques françaises sont pourries de CDS grecs (que personne ne les a forcées à vendre) détenus par on ne sait qui en quantité inconnue (ce brouillard complet est une partie du problème).
Les CDS sont des pseudo-assurances qui échappent à la réglementation des assurances. C'est pourquoi les banques, contrairement aux assureurs, n'ont rien provisionné sur un appel des CDS.
Il est donc légitime que, victimes de leur cupidité et leur imprévoyance, les banques encaissent leur perte, jusqu'à la faillite si nécessaire, sans aucun secours des moutontribuables qui ne sont pour rien dans cette affaire (contrairement à d'autres affaires).
Rappelons que, à l'inverse de ce que nous racontent les ventriloques du lobby bancaire que sont devenus Merkosy et Sarkel, il y a moyen de mettre les banques en faillite sans provoquer un cataclysme. Mais cela demande de la compétence et une main qui ne tremble pas.
Le défaut souverain grec n'entraine pas automatiquement une sortie de l'Euro ; même si, à terme, la Grèce devra quitter l'Euro et mieux vaut tard que jamais.
En revanche, les banques françaises sont pourries de CDS grecs (que personne ne les a forcées à vendre) détenus par on ne sait qui en quantité inconnue (ce brouillard complet est une partie du problème).
Les CDS sont des pseudo-assurances qui échappent à la réglementation des assurances. C'est pourquoi les banques, contrairement aux assureurs, n'ont rien provisionné sur un appel des CDS.
Il est donc légitime que, victimes de leur cupidité et leur imprévoyance, les banques encaissent leur perte, jusqu'à la faillite si nécessaire, sans aucun secours des moutontribuables qui ne sont pour rien dans cette affaire (contrairement à d'autres affaires).
Rappelons que, à l'inverse de ce que nous racontent les ventriloques du lobby bancaire que sont devenus Merkosy et Sarkel, il y a moyen de mettre les banques en faillite sans provoquer un cataclysme. Mais cela demande de la compétence et une main qui ne tremble pas.
Le ministre des finances grec est malade
Le ministres des finances grec est malade. Fait anecdotique ? Si Napoléon n'avait pas eu d'hémorroïdes dans la nuit du 17 juin 1815, il aurait peut-être gagné la bataille de Waterloo le lendemain.
Plus sérieusement, les signes se multiplient que les nerfs des dirigeants européens commencent à craquer (rappelez vous la sortie de Sarkozy contre Cameron, les histoires d'Angela Merkel demandant à son chauffeur de prolonger ses trajets de manière à être tranquille).
Tous les témoignages du printemps 1940 décrivent un Paul Reynaud épuisé, à bout de nerfs, tiraillé par son entourage, à l'opposé d'un Churchill, actif, maitre de lui dans la tempête.
Plus sérieusement, les signes se multiplient que les nerfs des dirigeants européens commencent à craquer (rappelez vous la sortie de Sarkozy contre Cameron, les histoires d'Angela Merkel demandant à son chauffeur de prolonger ses trajets de manière à être tranquille).
Tous les témoignages du printemps 1940 décrivent un Paul Reynaud épuisé, à bout de nerfs, tiraillé par son entourage, à l'opposé d'un Churchill, actif, maitre de lui dans la tempête.
Qualifions le referendum grec
Voici les qualificatifs que j'ai trouvés dans la bouche de politiciens allemands ou français, dans un article du Figaro sur le referendum grec :
> étrange
> dangereux
> frivole
> incompréhensible
La tonalité d'ensemble est qu'Angela et Nicolas projettent de faire casser discrètement la gueule de Georges P. dans une ruelle sombre de Bruxelles par leurs gorilles et de lui faire une proposition qu'on ne peut pas refuser.
Ces réactions sont désastreuses : elles disent aux peuples que leur demander leur avis est étrange, dangereux, frivole, incompréhensible. On voudrait se mettre à dos les peuples qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Seuls les opposants, la Méluche et la Marine, ont eu des réactions positives.
Ce sont les mêmes dirigeants qui ont décidé de guerroyer pour installer la démocratie en Libye. On ne s'étonne donc pas que le pouvoir qui s'installe en Libye soit tout sauf démocratique : les démarcheurs qui ont vendu la démocratie à la Libye n'en avaient même pas un échantillon sur eux.
..
> étrange
> dangereux
> frivole
> incompréhensible
La tonalité d'ensemble est qu'Angela et Nicolas projettent de faire casser discrètement la gueule de Georges P. dans une ruelle sombre de Bruxelles par leurs gorilles et de lui faire une proposition qu'on ne peut pas refuser.
Ces réactions sont désastreuses : elles disent aux peuples que leur demander leur avis est étrange, dangereux, frivole, incompréhensible. On voudrait se mettre à dos les peuples qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Seuls les opposants, la Méluche et la Marine, ont eu des réactions positives.
Ce sont les mêmes dirigeants qui ont décidé de guerroyer pour installer la démocratie en Libye. On ne s'étonne donc pas que le pouvoir qui s'installe en Libye soit tout sauf démocratique : les démarcheurs qui ont vendu la démocratie à la Libye n'en avaient même pas un échantillon sur eux.
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Hommage à Robert Lamoureux
Je soutiens depuis des années que les films La septième compagnie sont une des meilleures analyses de la défaite militaire de 1940. Il paraît que les historiens ne sont pas tous d'accord avec moi :-)
Euro : la mise à mort par le referendum grec ?
La Grèce va organiser un referendum sur le plan «d'aide» européen. Il n'y a qu'à lire la réaction affolée de l'Elysée (sous couvert d'anonymat) pour comprendre toute la confiance des grands démocrates qui nous dirigent dans leur capacité à nous convaincre que l'Euro, c'est pour notre bien.
Je l'écris depuis longtemps : la crise de l'Euro est une crise de la démocratie. Depuis vingt ans, les européistes forcent la main des peuples.
Il serait donc moral que l'Euro soit tué par un referendum.
Bien sûr, l'Euro n'est pas encore mort : la machine à culpabiliser le peuple grec et à lui présenter la question de manière biaisée va se faire mettre à tourner en sur-régime, en mode d'urgence. Il est possible que les Grecs répondent positivement çà ce matraquage goebbelsien.
Mais le ver sera pourtant dans le fruit : cela fait six ans qu'il n'y a pas eu de referendum en France, après le fameux referendum sur le TCE où les Français avaient mal voté, ce qui a obligé nos dévoués dirigeants, qui savent ce qui est bon pour nous, à faire quelques heures supplémentaires pour annuler l'erreur de ce connard de peuple français. Si les Grecs font un referendum, il va devenir difficile d'expliquer aux autres peuples européens qu'il n'y ont pas droit.
Et si les votes référendaires se multiplient en Europe, il ne va pas falloir longtemps avant de tomber sur NON bien senti.
Je l'écris depuis longtemps : la crise de l'Euro est une crise de la démocratie. Depuis vingt ans, les européistes forcent la main des peuples.
Il serait donc moral que l'Euro soit tué par un referendum.
Bien sûr, l'Euro n'est pas encore mort : la machine à culpabiliser le peuple grec et à lui présenter la question de manière biaisée va se faire mettre à tourner en sur-régime, en mode d'urgence. Il est possible que les Grecs répondent positivement çà ce matraquage goebbelsien.
Mais le ver sera pourtant dans le fruit : cela fait six ans qu'il n'y a pas eu de referendum en France, après le fameux referendum sur le TCE où les Français avaient mal voté, ce qui a obligé nos dévoués dirigeants, qui savent ce qui est bon pour nous, à faire quelques heures supplémentaires pour annuler l'erreur de ce connard de peuple français. Si les Grecs font un referendum, il va devenir difficile d'expliquer aux autres peuples européens qu'il n'y ont pas droit.
Et si les votes référendaires se multiplient en Europe, il ne va pas falloir longtemps avant de tomber sur NON bien senti.
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Eric Zemmour : «Bien creusé, la taupe !»
Eric Zemmour : «Bien creusé, la taupe !»
L'Etat est devenu, à travers l'idéologie gauchiste mortifère, le premier facteur de dissolution de notre société, par le moyen de la substitution ethnique, de la destruction de la famille et de la crétinisation des élèves. Et la fausse droite ne sait pas s'y opposer, quand elle n'y prête pas carrément la main.
Non seulement le sauvetage de la France ne se fera pas grâce à l'Etat, mais il se fera contre l'Etat. Heureusement, il est au bord de la faillite, ce qui facilitera tout de même bien les choses.
...
L'Etat est devenu, à travers l'idéologie gauchiste mortifère, le premier facteur de dissolution de notre société, par le moyen de la substitution ethnique, de la destruction de la famille et de la crétinisation des élèves. Et la fausse droite ne sait pas s'y opposer, quand elle n'y prête pas carrément la main.
Non seulement le sauvetage de la France ne se fera pas grâce à l'Etat, mais il se fera contre l'Etat. Heureusement, il est au bord de la faillite, ce qui facilitera tout de même bien les choses.
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lundi, octobre 31, 2011
Le nucléaire français a l'avenir devant lui
Après l'Allemagne, l'Italie et la Suisse, la Belgique décide de sortir du nucléaire.
Si mon analyse des techniques énergétiques est juste, le nucléaire est irremplaçable. Le nucléaire français a donc l'avenir devant lui : celui d'exportateur vers nos voisins plus cons.
Malheureusement, pour profiter pleinement de cet avenir radieux, il faudrait construire de nouvelles tranches nucléaires. Et là, ce n'est pas gagné : sur le nucléaire, nous sommes moins cons, mais de très peu.
Si mon analyse des techniques énergétiques est juste, le nucléaire est irremplaçable. Le nucléaire français a donc l'avenir devant lui : celui d'exportateur vers nos voisins plus cons.
Malheureusement, pour profiter pleinement de cet avenir radieux, il faudrait construire de nouvelles tranches nucléaires. Et là, ce n'est pas gagné : sur le nucléaire, nous sommes moins cons, mais de très peu.
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800 millions
800 millions ? C'est le nombre de VChinnois ? Le nombre d'amis Facebook de Lady Gaga ? La fortune Bruni ?
Que nenni : 800 millions d€, c'est ce qu'économiserait annuellement Air France en charges sociales si son siège était ... sur la Lune ? Non, aux Pays-Bas.
Ca Fait réfléchir, non ? Enfin ... Ca fait réfléchir ceux qui ont cerveau, c'est-à-dire pas les PNC d'Air France.
Que nenni : 800 millions d€, c'est ce qu'économiserait annuellement Air France en charges sociales si son siège était ... sur la Lune ? Non, aux Pays-Bas.
Ca Fait réfléchir, non ? Enfin ... Ca fait réfléchir ceux qui ont cerveau, c'est-à-dire pas les PNC d'Air France.
dimanche, octobre 30, 2011
Le bordel libyen vu par Aymeric Chauprade
La France a dépensé 300 millions d’euros (au moins…) pour installer la Charia en Libye
Je suis d'accord avec Chauprade : la campagne de Libye fait partie de ces décisions désastreuses et contraires à leurs véritables intérêts prises par les Européens ces dernières années.
Que voulez vous ? C'est le genre de drames auxquels on s'expose quand on décide en fonction d'une conception du monde (en l'occurrence le mondialisme universaliste) totalement erronée.
Je suis d'accord avec Chauprade : la campagne de Libye fait partie de ces décisions désastreuses et contraires à leurs véritables intérêts prises par les Européens ces dernières années.
Que voulez vous ? C'est le genre de drames auxquels on s'expose quand on décide en fonction d'une conception du monde (en l'occurrence le mondialisme universaliste) totalement erronée.
samedi, octobre 29, 2011
vendredi, octobre 28, 2011
Sapir: « L’accord signé ne fait que prolonger l’agonie de l’euro »
Pour une fois, je suis d'accord avec Jacques Sapir.
Je livre à votre réflexion cette question : comme souvent en politique, ceux qui ont de leur coté le bon sens et le réalisme n'arrivent pas à imposer leurs vues. Comment faire pour que cela change ? C'est une question très difficile et très ouverte. N'hésitez pas à vous lancer.
Sapir: « L’accord signé ne fait que prolonger l’agonie de l’euro »
Je livre à votre réflexion cette question : comme souvent en politique, ceux qui ont de leur coté le bon sens et le réalisme n'arrivent pas à imposer leurs vues. Comment faire pour que cela change ? C'est une question très difficile et très ouverte. N'hésitez pas à vous lancer.
Sapir: « L’accord signé ne fait que prolonger l’agonie de l’euro »
jeudi, octobre 27, 2011
Le pont de la rivière Euro
La Chine sauve l’euro…
Qui était censé nous protéger de la Chine…
Publié le 27 octobre 2011 à 14:00 dans Causeur
David Desgouilles est attaché d'administration
Vous souvenez-vous du film Le Pont de la rivière Kwaï ? Il était une fois un colonel, Nicholson. Le Colonel Nicholson était le plus gradé d’un camp de prisonniers et, pour occuper ses hommes et leur permettre de rester dignes, il se laissa convaincre de construire un pont sur la rivière Kwaï. Il en était très fier, de son pont. Mais ce dernier était dangereux, d’un point de vue stratégique pour ses compatriotes anglais et lorsque qu’ils vinrent le détruire, Nicholson tenta de s’interposer. Le pont était devenu le but en soi (1).
En acceptant que la Chine vienne aider financièrement au sauvetage de l’euro, les dirigeants européens semblent donc bien atteints du syndrome du Colonel Nicholson. L’euro, notre pont de la rivière Kwaï moderne, était présenté comme l’instrument de puissance permettant de peser face aux autres géants, au premier rang desquels la Chine. Combien de fois nous a t-on asséné : « avec ses petits bras et ses petits francs, comment ferait la France ? ». Escroquerie désormais prouvée aux yeux de tous. La Chine est tellement heureuse de l’existence de l’euro, et notamment de la sous-évaluation du yuan par rapport à lui, qu’elle vient, sans hésiter, à son secours.
Nicolas Sarkozy, qui doit s’entretenir avec le président Hu-Jin-Tao aujourd’hui au téléphone, aura à répondre, avec tous ses « partenaires », de haute-trahison. Noëlle Lenoir, ancienne ministre des affaires européennes de Jacques Chirac, et qui ne passe pas pour une souverainiste échevelée, écrivait ce matin sur twitter : « Fonds chinois pour l’Europe. Le début de la colonisation de l’Europe par la Chine a-t-il commencé ? Et la fin de son indépendance politique. » Comment peser dans une négociation commerciale, désormais ? Comment protester du fait que la monnaie chinoise soit inconvertible et sous-évaluée ?
Envolées, les possibilités de protection aux frontières européennes, la démondialisation de Montebourg, le juste-échange du PS, et la fameuse taxe carbone aux frontières européennes, que le Président souhaitait lui-même mettre en place. Imaginer que le PC chinois apporte son aide sans contrepartie tient davantage de l’esprit de Oui-Oui chauffeur de taxi que de la haute géopolitique. Cette trahison est double : non seulement les dirigeants européens actuels se lient eux-mêmes les mains, mais ils lient par avance celles de leurs successeurs.
Eux n’ont pas l’excuse du Colonel Nicholson. Eux ne travaillent pas dans un camp de prisonniers. C’est en toute liberté qu’ils ont choisi de sacrifier la liberté de leurs peuples au sauvetage de leur pont de la rivière Kwaï.
***************
(1) Je dois cette image et cette formule à Philippe Séguin qui l’employa à propos de Pierre Bérégovoy et son obsession de l’accrochage du franc au mark, qui n’était d’ailleurs que la préfiguration de la monnaie unique.
Qui était censé nous protéger de la Chine…
Publié le 27 octobre 2011 à 14:00 dans Causeur
David Desgouilles est attaché d'administration
Vous souvenez-vous du film Le Pont de la rivière Kwaï ? Il était une fois un colonel, Nicholson. Le Colonel Nicholson était le plus gradé d’un camp de prisonniers et, pour occuper ses hommes et leur permettre de rester dignes, il se laissa convaincre de construire un pont sur la rivière Kwaï. Il en était très fier, de son pont. Mais ce dernier était dangereux, d’un point de vue stratégique pour ses compatriotes anglais et lorsque qu’ils vinrent le détruire, Nicholson tenta de s’interposer. Le pont était devenu le but en soi (1).
En acceptant que la Chine vienne aider financièrement au sauvetage de l’euro, les dirigeants européens semblent donc bien atteints du syndrome du Colonel Nicholson. L’euro, notre pont de la rivière Kwaï moderne, était présenté comme l’instrument de puissance permettant de peser face aux autres géants, au premier rang desquels la Chine. Combien de fois nous a t-on asséné : « avec ses petits bras et ses petits francs, comment ferait la France ? ». Escroquerie désormais prouvée aux yeux de tous. La Chine est tellement heureuse de l’existence de l’euro, et notamment de la sous-évaluation du yuan par rapport à lui, qu’elle vient, sans hésiter, à son secours.
Nicolas Sarkozy, qui doit s’entretenir avec le président Hu-Jin-Tao aujourd’hui au téléphone, aura à répondre, avec tous ses « partenaires », de haute-trahison. Noëlle Lenoir, ancienne ministre des affaires européennes de Jacques Chirac, et qui ne passe pas pour une souverainiste échevelée, écrivait ce matin sur twitter : « Fonds chinois pour l’Europe. Le début de la colonisation de l’Europe par la Chine a-t-il commencé ? Et la fin de son indépendance politique. » Comment peser dans une négociation commerciale, désormais ? Comment protester du fait que la monnaie chinoise soit inconvertible et sous-évaluée ?
Envolées, les possibilités de protection aux frontières européennes, la démondialisation de Montebourg, le juste-échange du PS, et la fameuse taxe carbone aux frontières européennes, que le Président souhaitait lui-même mettre en place. Imaginer que le PC chinois apporte son aide sans contrepartie tient davantage de l’esprit de Oui-Oui chauffeur de taxi que de la haute géopolitique. Cette trahison est double : non seulement les dirigeants européens actuels se lient eux-mêmes les mains, mais ils lient par avance celles de leurs successeurs.
Eux n’ont pas l’excuse du Colonel Nicholson. Eux ne travaillent pas dans un camp de prisonniers. C’est en toute liberté qu’ils ont choisi de sacrifier la liberté de leurs peuples au sauvetage de leur pont de la rivière Kwaï.
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(1) Je dois cette image et cette formule à Philippe Séguin qui l’employa à propos de Pierre Bérégovoy et son obsession de l’accrochage du franc au mark, qui n’était d’ailleurs que la préfiguration de la monnaie unique.
Crise de l'Euro : l'imbécilité serait-elle la qualité la mieux partagée ?
L'Europe vient d'acheter du temps. On peut trouver mauvaise (c'est mon cas) ou bonne cette décision, mais en aucun cas excellente ou salvatrice. Hier, nul pas pour sortir du chemin du défaut étatique n'a été fait. On a juste fait quelques zigzags pour se donner l'illusion que le précipice se rapprochait moins vite.
La seule explication que je trouve à l'euphorie des medias et de la bourse, c'est l'imbécilité.
La seule explication que je trouve à l'euphorie des medias et de la bourse, c'est l'imbécilité.
mercredi, octobre 26, 2011
Mais où est passée la virilité ?
Je me suis amusé à vous copier trois articles sur le maternalisme. L'idéal de notre société n'est plus la mère, c'est la maman (et le «papa», maman-bis). Je ricane chaque fois que je vois un «papa» porter son gnard sur le ventre, pour compenser le fait de n'avoir pu être enceinte. Evidemment, je trouve cela grotesque.
Les femmes ont les hommes qu'elles méritent, puisque ce sont elles, comme mères et comme femmes, qui les font. On en connaît les conséquences pour notre société : suicide démographique, naufrage éducatif, anarchie à l'intérieur, faiblesse à l'extérieur.
Bien sûr, tout cela a un rapport évident avec la société de consommation : vous ne convaincrez pas un homme qui pense que l'action consiste à parvenir le premier en haut de l'Everest ou à casser la gueule de tous ses petits copains dans la cour de récré que le shopping est un acte passionnant. Pour transformer votre homme en «consomm'acteur» (expression ridicule de pubeurs mais qui dit bien notre époque), il faut d'abord l'avoir escouillé.
On a organisé une réserve d'hommes virils, cette espèce en voie de disparition. On appelle cela l'armée de métier. Mais sa féminisation prouve qu'elle est aussi en danger. On n'imagine pas des femmes aux Thermopyles, ou chargeant bayonnette au canon au cri de «Vive l'Empereur !», ou au bois des Caures (9/10 de pertes en une matinée). La féminisation de l'armée française montre qu'elle n'est déjà plus faite pour la guerre. Ce n'est pas un hasard si les rares unités d'élite encore guerrières sont très peu féminisées.
On peut trouver une explication à cette maternalisation : en notre époque de bombe atomique, l'agressivité virile est devenue trop dangereuse.
Cependant, l'être humain étant ce qu'il est, il y aura toujours des hommes virils, africains, chinois ou européens retrouvant leurs racines, pour partir à la conquête de ceux qui ne le sont pas. C'est pourquoi notre société est condamnée.
**************
Mais où est passée la virilité ?
Par Patrice De Méritens pour le Figaro Magazine- le 15/10/2011
«Après le triomphe de la virilité au XIXe siècle, une crise s'est peu à peu manifestée, laquelle se prolonge de nos jours», observe l'historien Alain Corbin qui publie Les Héros de l'histoire de France expliqués à mon fils et dirige la publication de Histoire de la virilité . «Mais ce délitement n'est pas venu de soi-même, ce fut une volonté idéologique pour imposer une dévirilisation doublée de féminisation», lui répond Eric Zemmour , auteur du Premier Sexe .
Eric Zemmour est journaliste au Figaro, chroniqueur et écrivain.
Sans l'effacement, pour ne pas dire la mort de la virilité, auriez-vous eu l'idée d'en écrire l'histoire?
Alain Corbin - Il était temps effectivement de faire le point. Ce qui m'a intéressé, c'est la profondeur historique doublée de cette ambiguïté qui fait que la virilité est un accomplissement reconnu à travers les âges en même temps qu'un fardeau. Ceux qui ont laissé des journaux intimes, des agendas, de l'écriture de soi durant le XIXe siècle ont toujours eu des interrogations dans ce domaine. L'inquiétude est consubstantielle à la sexualité. Après le triomphe de la virilité au XIXe siècle, une crise s'est peu à peu manifestée, laquelle se prolonge de nos jours...
Eric Zemmour - Être à la hauteur du plaisir des femmes, se comparer aux autres, ne pas connaître de défaillance d'érection, tel est le fardeau existentiel de la virilité depuis toujours, qui explique l'angoisse des hommes. Mais il y a un deuxième fardeau: la mort, pour protéger la femme et les enfants. C'est là que le passage du XIXe au XXe siècle est passionnant: au corps dressé, splendidement vêtu, des batailles napoléoniennes et à la fierté de trouver la mort, s'oppose le corps couché de 1914, l'humiliation des hommes aplatis comme des rats dans la boue des tranchées. La crise de la virilité vient notamment de cet épisode historique. Le fardeau devient trop lourd. L'homme y renonce. Dès lors, tout s'enchaîne: les victoires féministes, l'idéologie de 1968 puis post-soixante-huitarde, avec les jeunes générations éduquées dans la persuasion que la virilité est le mal absolu - sans mauvais jeu de mots.
Alain Corbin - J'introduirai des éléments d'historicité dans vos propos, aussi bien en ce qui concerne l'angoisse de l'érection que l'attitude face à la mort. Dans l'écriture de soi autant que dans le roman, le fiasco - c'est-à-dire la panne sexuelle - est resté longtemps objet de moquerie et d'autodérision sans être considéré comme un véritable drame. Evidemment, au XVIIe siècle, en cas de carence permanente, cela pouvait amener l'individu à comparaître devant le tribunal de l'impuissance et à le faire condamner pour avoir attenté à l'institution du mariage et avoir dupé son épouse, s'il n'était pas capable de l'honorer. Mais ce sont là des cas extrêmes. Ce n'est qu'à partir du début du XIXe siècle, reportons-nous à Astolphe de Custine ou à Stendhal, qu'avec la montée d'un certain romantisme le fiasco répété est devenu un destin tragique: le destin de celui qui se persuadait d'être impuissant au point de ne plus même tenter d'«affronter» le coït.
Eric Zemmour - Le XVIIIe siècle prend en effet tout avec distance, ironie, et surtout avec cette langue magnifique qui fait que les pannes de Valmont lui-même ne peuvent avoir été que brillantes - au moins ont-elles été vécues avec esprit. Le XIXe siècle est plus grave, qui observe que de la passion surgit le fiasco. Dans De l'amour, Stendhal décrit cette contradiction chez l'homme entre l'amour et le désir, qui meurtrit tant les femmes. Lorsqu'il y a trop d'amour, le désir s'évanouit : «Plus on aime, moins on fout», observait plaisamment Alfred Delvau. C'est une constante masculine.
Alain Corbin - Deuxième point: la mort. Les cliniciens français du XIXe siècle sont persuadés qu'au moment de l'éjaculation, l'homme abrège sa vie. Il y a donc un rapport immédiat et fort entre Eros et Thanatos. Et la femme est dangereuse qui, par ses excès, peut tuer son partenaire, telle une mante religieuse. Reste l'angoisse suscitée par la capacité ou non de regarder la mort en face. Le défi, tel est le mot clef. La conscience d'un manque éventuel de virilité s'opère alors autour de cette double interrogation: suis-je à la hauteur dans le défi comme dans la guerre? L'expression comme la vocation de la virilité est d'assurer sa domination sur l'ennemi ou sur le colonisé: le bizutage du bleu appartient à la «technologie des endurcissements», pour reprendre une formule de Michel Foucault ; de même que les apprentissages du code de virilité comme, par exemple, la résistance au froid. Michelet s'est fort bien décrit dans sa jeunesse, écrasant ses engelures dans son pensionnat...`
Eric Zemmour - Dans cette même perspective, Stendhal affirme sans sourciller que ceux qui étaient morts durant la retraite de Russie n'étaient que des faibles qui avaient renoncé à vivre.
Alain Corbin - Plus s'approfondit le dimorphisme sexuel, plus l'homme est destiné à la mêlée sociale. C'est pourquoi, revenant à son foyer, il doit être accueilli, dorloté, d'où l'importance de la sphère privée, à laquelle répond en miroir l'extrême proli fération des lieux typiquement masculins de l'entre-soi au XIXe siècle: pensionnats, casernes, salles de garde, bordels, cercles. Jusque dans les salons des soirées mondaines où, à l'écart des femmes, on se retire au fumoir. L'alliance du tabac et de la politique n'est pas qu'une habitude, c'est une culture. Toutes choses qui se sont délitées depuis.
Eric Zemmour - Elles ne se sont pas délitées d'elles-mêmes. En vérité, on a détruit tous les entre-soi pour imposer aux hommes la mixité obligatoire, laquelle a détruit l'acquisition de la culture virile. Ce fut une volonté délibérée, idéologique, pour imposer une dévirilisation doublée d'une féminisation, un projet politique porté par les progressistes, les féministes, autant de personnes ou de groupes d'intérêts décidés à abattre ce qu'ils nommaient le «stupide XIXe siècle». L'entreprise a parfaitement réussi.
Alain Corbin - Vous portez ici un jugement de valeur dont je me garderai.
Eric Zemmour - Pour autant, ce sont vos ouvrages qui me nourrissent! Et vous ne niez pas la violence de l'antithèse entre le XIXe et le XXe siècle. Dans un ouvrage consacré à l'érotisme durant la Seconde Guerre mondiale, Patrick Buisson montre très bien comment l'humiliation des soldats vaincus se transfère immédiatement sur un abaissement civil et sexuel: les Françaises se mettent à coucher avec les Allemands. C'est la France horizontale...
Alain Corbin - Ce qui n'a nullement empêché les prisonniers français de prendre une revanche sexuelle dans les fermes allemandes !
Eric Zemmour - Parce que les Allemandes y étaient seules! Mais chez nous, même les prostituées se refusaient à nos soldats, parce qu'ils étaient sans le sou. Avec le Reichsmark, les Allemands avaient fait grimper les prix, créant de l'inflation dans le marché de la prostitution. L'humiliation virile, dans la suite logique de la guerre, s'est d'ailleurs propagée à l'Allemagne. Une Allemande anonyme raconte dans son Journal comment, lors de la chute de Berlin en 1945, les Soviétiques ont violé systématiquement les femmes de 15 à 60 ans, en rétorsion des exactions sexuelles commises par la Wehrmacht en 1942. Elle explique comment elles ont été abandonnées par ceux qui devaient les protéger et assure que, dès lors, plus rien ne sera comme avant. Avec ses guerres meurtrières, ses corps couchés et non plus dressés, ses défaites successives prolongées avec la lutte des anciennes colonies pour leur indépendance, le XXe siècle est globalement celui de l'humiliation du mâle occidental. Entre les deux guerres, il y eut bien un projet de réaction face à ce renoncement, mais ce ne fut qu'une viri lité purement démonstrative, quasi parodique: celle du fascisme et du communisme.
Alain Corbin - Les preuves de virilité ont alors existé: songeons à celle qu'ont manifesté les soldats alliés et allemands au cours de terrible combats. Vous minimisez...
Eric Zemmour - Non ! Je n'évoque pas ici les combats, mais les parades et postures de l'entre-deux guerres, repérant seulement que la crise a entraîné en réaction une virilité exacerbée. Au reste, les affrontements entre bandes de supporters auxquels on assiste dans notre société actuelle sont révélateurs de la pérennité de cette recherche. La compétition s'exprime par la violence - compétition ethnique, parfois, quand il s'agit d'enfants de l'immigration contre des «Blancs». Elle ressuscite en tout cas l'entre-soi qui existait à profusion au XIXe siècle.
Alain Corbin - Cet entre-soi, je l'ai observé comme professeur à la fin des années 60 : j'enseignais à cinquante-deux garçons en blouse grise en terminale dans un lycée et, parallèlement, devant une quarantaine de blouses roses dans un lycée de filles. Pour autant montait depuis déjà plusieurs années la crise de l'autorité. Durant la guerre d'Algérie, alors que j'étais homme de troupe, j'ai vu les troufions refuser d'obéir à la hiérarchie et se réjouir, après le putsch d'Alger, que de Gaulle ait cassé un certain nombre d'officiers généraux. C'était de la part de ces jeunes soldats un refus d'autorité bien plus dangereux que celui qui s'est manifesté sept ans plus tard sur le boulevard Saint-Michel. Ils ont alors marqué leur hostilité à l'encontre des engagés, des militaires de carrière, estimant leur monde obsolète.
Que vous inspire la théorie du genre, qui fait actuellement polémique en matière d'éducation?
Alain Corbin - J'adhère totalement aux travaux sur l'histoire des femmes telle qu'elle est pratiquée, notamment, par Michelle Perrot : en permanence s'opère l'inculcation d'un code qui a pour but de définir à chaque période des rôles à la fois masculin et féminin. C'est indéniable. Si l'on analyse la phrase: «On ne naît pas femme, on le devient», il est clair que Simone de Beauvoir se réfère à l'inculcation des rôles et des conduites, et du sentiment d'identité lié au sexe. Phénomène venu des Etats-Unis aux alentours des années 1970-1980, la théorie du genre veut appliquer au passé des concepts aboutissant à une dissociation du sexe et du genre. A ce propos, comme en bien d'autres domaines, je crains l'anachronisme psychologique. Pour prendre un autre exemple: le mot sexualité n'existait pas en France en 1830-1840, vouloir s'en servir en critique histo rique, avec tout ce que la psychologie et la psychanalyse y ont introduit, serait erroné.
Eric Zemmour - Qu'il y ait acquisition culturelle des rôles est une évidence; c'est ainsi que Pascal a dit qu'il craignait que la nature elle-même ne soit qu'une somme d'habitudes, et que l'habitude ne soit qu'une seconde nature. L'imbrication entre l'inné et l'acquis est d'une parfaite banalité, or la nouveauté avec le genre (si j'ai bien compris, car il paraît que sa papesse américaine conteste désormais sa propre théorie) est qu'il nie le biologique en vue d'éradiquer tout rapport entre masculin et virilité.
Alain Corbin - Attention, nuance entre virilité et masculinité! Car ce dernier mot, employé au XVIIIe siècle pour un usage essentiellement grammatical (le masculin et le féminin), n'apparaît largement répandu dans son acception actuelle qu'au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. La masculinité n'a jamais correspondu à la virilité, laquelle est vertu de grandeur, de maîtrise de soi, de force, d'honneur, de consentement au sacrifice. D'un combattant peu hardi à sortir de la tranchée, on n'aurait jamais dit durant la Grande Guerre qu'il manquait de masculinité, mais de virilité. Au reste, tout spectateur de télévision le sent. «Quelle virilité dans le contact!», entend-on souvent dans les commentaires de matchs de rugby. On n'imagine guère ledit contact qualifié de «masculin »...
Eric Zemmour - L'émergence du terme même de «masculinité » à l'issue du XIXe siècle et son développement au début du XXe est symptomatique de la crise. J'y reviens donc: on l'emploie désormais pour détacher le masculin de la virilité.
Alain Corbin - Je me garderai de tout jugement de valeur, pour me limiter aux éléments essentiels qui ont déterminé cette crise: l'effondrement de la culture de la victoire, la disparition de nombreux lieux de l'entre-soi masculin, ainsi que la psychologie et la psychanalyse qui ont fouaillé dans le domaine de la sexologie, remettant en cause des choses qui allaient précédemment de soi.
Eric Zemmour - Au «savoir mourir pour la patrie», devenu obsolète, au colonialisme conspué, au présentéisme qui a refoulé le grand récit national, à la psychologie et à la psychanalyse, j'ajouterai le travail qui s'accomplit désormais dans notre société avec moins de force et de plus en plus de machines. Enfin, cet élément : le capitalisme moderne veut des consommateurs, d'où la dévirilisation programmée des hommes qui ne consommaient pas assez. Aujourd'hui, le mâle féminisé et piloté par la publicité use de produits de beauté.
Alain Corbin - À propos de consommation, j'observerai une atteinte à l'ordre biologique. Les phtalates, bisphénols et autres produits n'ont pas abouti qu'à la diminution du nombre de sperma tozoïdes chez les poissons, mais aussi chez les hommes. C'est une atteinte sourde...
Quel peut être l'avenir de notre société par rapport aux valeurs viriles revendiquées, par exemple, par l'islam?
Eric Zemmour - Il est vrai que dans Mélancolie française, mon dernier chapitre était assez... mélancolique sur les possibilités de conflits. Si l'entre-soi des banlieues se fait en réaction d'une société féminisée, pour ce qui est de la famille, certains jeunes musulmans tyrannisent et terrorisent leurs sœurs, adoptant des comportements que n'avaient pas forcément leurs pères. Question d'identité, donc. Or, justement, il ne faut pas négliger le fait que l'islam soit aussi en crise à cause de cette modernité...
Alain Corbin - Quant à moi, j'estime que les historiens ne doivent jamais se mêler de prospective, pour la simple raison que les sociétés ont toujours le regard fixé sur les dernières menaces, ce qui les rend aveugles aux menaces qui ne se sont pas encore révélées.
Eric Zemmour - Reste que, dans ce domaine, Stendhal a exactement annoncé notre époque en constatant que nombre de ses contemporains prenaient l'affaissement de leur âme pour de l'humanisme et de la tolérance. Diagnostiquer cela il y a deux siècles, c'était admirable de lucidité.
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«Les mères font des fils, les femmes font des hommes»
Par Pascale Senk pour Le Figaro - le 09/10/2011
Maryse Vaillant, psychologue clinicienne, a publié Les Hommes, L'amour, la Fidélité et plus récemment, Être mère, mission impossible? (Ed. Albin Michel).
LE FIGARO. -Vous parlez dans vos écrits de la difficulté d'élever un garçon. Pensez-vous que les mères sont en partie responsables du syndrome du «bon garçon» relevé chez les hommes d'aujourd'hui?
MARYSE VAILLANT. - Oui, en grande partie. Le premier mouvement d'une mère est toujours plus facile vers la fille, sa semblable. Alors qu'avec le garçon, elle est freinée dans son élan par de nombreuses différences comportementales, émotionnelles. Mais cette mère peut aussi s'attacher énormément à la plus visible de ces différences, celle qui se voit physiquement, et de manière inconsciente, transformer son fils en homme de la maison. Or les hommes qui ont été mis en position de puissance phallique au foyer par leur mère deviennent soit falots, soit machos. Dans les deux cas, l'identité masculine est défaillante. Les machos sont des coqs de bruyère qui ne savent que dominer et agresser avec leur virilité ; les falots, ceux qu'on appelle les «gentils garçons» de nos jours, sont des chapons un peu dodus intérieurement. Très tendres, ils inhibent en réalité leurs pulsions et n'osent pas utiliser ni montrer leurs poussées de testostérone.
Qu'est-ce qui dans l'histoire des mères explique une telle évolution?
Jusqu'au début de notre siècle, les femmes ont vu en leurs garçons de beaux coqs de bruyère, à qui elles remettaient tous les pouvoirs, notamment sur leurs sœurs. Ces femmes vénéraient la virilité de leurs fils. Puis, à partir des années 1970, quand la contraception a libéré les jeunes filles de la fatalité de la maternité, les mères ont été fascinées par la féminité de leurs filles, et se sont moins intéressées à leurs fils. Résultat, ça a été le «grand vrac» du côté des garçons. Les mères ont pensé que les pères pourraient s'occuper des fils, or les pères étaient totalement pris par leur travail (aujourd'hui, avec la crise, ils le sont encore plus). Elles n'ont pas initié leurs garçons aux tâches domestiques, les ont élevés sans contraintes mais ne leur ont rien donné à se mettre sous la dent quand leur virilité venait les titiller.
Comment faudrait-il élever un garçon pour que sa masculinité s'épanouisse?
Déjà, il faut être deux pour élever un enfant: quelle que soit la situation, la mère doit laisser de la place au père et même elle doit lui demander de s'occuper de son fils. Aussi, elle évitera de faire de son fils le confident ou le complément affectif qui lui manque dans sa vie amoureuse. Heureusement, les garçons ont toujours une bande de copains. Ceux-ci sont leurs alliés les plus précieux pour le corps à corps avec d'autres hommes dont ils ont tant besoin: la pratique du rugby par exemple est selon moi hautement formatrice en matière de masculinité.
Et comment aimer ces «bons garçons» devenus hommes?
En ne se comportant pas en mère avec eux ! Les mères font des fils, les femmes font des hommes. Celles-ci peuvent ainsi encourager leurs conjoints à réaliser les rêves de leur adolescence par exemple: faire de l'escalade, se remettre au foot… Elles peuvent aussi construire une vraie démocratie avec ces hommes qu'elles doivent reconnaître comme responsables du bien commun qu'est leur couple. Elles éviteront, comme des mères intrusives, de leur demander sans cesse des comptes. Elles comprendront, enfin, que si la virilité est caricaturale, la masculinité est une dimension plus complexe et fragile qu'il n'y paraît trop souvent.
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Les hommes seraient-ils devenus de «bons garçons» ?
Par Pascale Senk pour Le Figaro- le 09/10/2011
Immatures, tendres, compagnons rêvés de femmes affirmées et débordantes d'énergie, les «mâles doux» seraient de plus en plus nombreux.
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«Charmant, tendre, à l'écoute, plein d'humour et de fantaisie…» Quand elle décrit son dernier partenaire amoureux, Sophie ne tarit pas d'éloges. «Cet homme était absolument délicieux.» La jeune femme profita presque une année entière de cet être idéal, jusqu'au jour où, à quelques semaines de leur mariage, il est tout simplement parti, sans prévenir, ni même laisser un mot d'explication. Et n'a jamais plus donné aucune nouvelle. Sophie, deux ans après, en est encore bouleversée. «Qu'il ait mis fin de manière aussi lâche à notre histoire m'a sidérée et atteinte au plus profond de moi, déplore-t-elle. Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ni laissé entrevoir ?»
Pour le Dr Jean-Paul Mialet, psychiatre et psychothérapeute, qui vient de publier un brillant essai sur les différences entre hommes et femmes, Sex Aequo (Éd. Albin Michel), ce scénario inimaginable n'a rien de surprenant. Lui reçoit chaque jour dans sa consultation un certain nombre de ces hommes qui, après avoir donné le meilleur d'eux-mêmes dans leur couple, s'en échappent dès que possible, et soudainement. Leur caractéristique principale? «Ils ont la fâcheuse tendance depuis toujours à se conformer aux exigences et normes féminines jusqu'au moment où ils lâchent ce personnage, et ce tout à coup.»
Les femmes veulent des compagnons attentifs
On les voit faire les boutiques avec leurs douces, pousser le landau pendant qu'elles essayent des chaussures, se montrer attentifs au moindre de leurs souhaits, car les femmes, c'est vrai, veulent aujourd'hui des compagnons très attentifs. «Mais dans l'intimité, ils n'osent guère exprimer leurs désirs - notamment sexuels - ni parler de leurs problèmes au bureau, poursuit le Dr Jean-Paul Mialet. Alors que la vie professionnelle est devenue effroyablement menaçante et concurrentielle pour eux, ils n'osent pas confier leurs soucis de cet ordre à leurs compagnes, car elles considèrent que c'est déjà une chance d'être un homme professionnellement, quand elles ont des salaires plus bas, etc. Résultat, elles ignorent souvent cet aspect de la vie masculine, continuant juste à vouloir être aidées pour la gestion domestique.»
Serviables, ils se plieraient en quatre pour que leurs compagnes soient satisfaites. Ils ont peur des conflits et veulent avant tout se faire aimer, rejouant là une forme de séduction qu'ils ont développée face à leurs mères. Mais soudain, parce qu'ils ont toujours refoulé leur agressivité, ils se retrouvent parfois à faire le pire: après avoir tout donné à sa compagne vénérée, le bon garçon quitte parfois le navire… pour une autre. «Mais attention, prévient le Dr Jean-Paul Mialet, dès que la nouvelle femme a repris la main, le gentil toutou réapparaît.» Autres échappatoires à leur profil si lissé pendant tant d'années: l'infidélité, l'addiction au jeu ou à l'alcool, le harcèlement envers leurs collègues de bureau…
Des hommes «préadultes»
Aux États-Unis, on les a baptisés les «Mr Nice Guys», suivant la définition qu'en a donnée au début des années 2000 Robert Glover, un psychothérapeute de Seattle, qui a su identifier et théoriser ce syndrome du gentil garçon qui a même inspiré un film avec Jim Carrey (voir son livre Trop gentil pour être heureux. Le syndrome du chic type, traduit de l'anglais par Clémence Ma et publié chez Payot).
Le syndrome du gentil garçon reste d'actualité puisqu'une chercheuse de l'institut Manhattan, Kay Hymowitz, a ouvert une polémique au printemps dernier en publiant Manning up: How the Rise of Women Has Turned Men into Boys («Comment l'élévation des femmes a transformé les hommes en petits garçons»). Pour cette décrypteuse de tendances, le postféminisme a donné naissance à cette nouvelle catégorie d'hommes «préadultes». À force de leur envoyer des messages contradictoires: «le rôle du père est fondamental» et, en même temps, «les pères sont une option»; ou «nous aimons les hommes qui ont confiance en eux» et «nous refusons toute marque d'autoritarisme», les femmes auraient accentué la crise identitaire d'un mâle incertain.
Pour le Dr Jean-Paul Mialet, il est bien question de répartition des pouvoirs entre les deux sexes: «un couple est un équilibre de pouvoirs tempéré par le respect de l'autre et par le besoin de préserver le lien. Mais certains, par défaut de construction, sont incapables de défendre leur territoire. Cela se rencontre aussi bien chez la femme que chez l'homme. La crainte de perdre son conjoint, quand il y a une fragilité abandonnique, place dans un état de dépendance qui justifie toutes les concessions. Trop de concessions rendent la situation irrespirable et dès qu'une ouverture (souvent illusoire) se présente, on lâche!» Autrefois, il n'y avait qu'à suivre le mode d'emploi pour fixer les rôles. Aujourd'hui, chacun doit oser porter haut ses désirs sans agresser l'autre. Les «bons garçons» sauront-ils muer?
Les femmes ont les hommes qu'elles méritent, puisque ce sont elles, comme mères et comme femmes, qui les font. On en connaît les conséquences pour notre société : suicide démographique, naufrage éducatif, anarchie à l'intérieur, faiblesse à l'extérieur.
Bien sûr, tout cela a un rapport évident avec la société de consommation : vous ne convaincrez pas un homme qui pense que l'action consiste à parvenir le premier en haut de l'Everest ou à casser la gueule de tous ses petits copains dans la cour de récré que le shopping est un acte passionnant. Pour transformer votre homme en «consomm'acteur» (expression ridicule de pubeurs mais qui dit bien notre époque), il faut d'abord l'avoir escouillé.
On a organisé une réserve d'hommes virils, cette espèce en voie de disparition. On appelle cela l'armée de métier. Mais sa féminisation prouve qu'elle est aussi en danger. On n'imagine pas des femmes aux Thermopyles, ou chargeant bayonnette au canon au cri de «Vive l'Empereur !», ou au bois des Caures (9/10 de pertes en une matinée). La féminisation de l'armée française montre qu'elle n'est déjà plus faite pour la guerre. Ce n'est pas un hasard si les rares unités d'élite encore guerrières sont très peu féminisées.
On peut trouver une explication à cette maternalisation : en notre époque de bombe atomique, l'agressivité virile est devenue trop dangereuse.
Cependant, l'être humain étant ce qu'il est, il y aura toujours des hommes virils, africains, chinois ou européens retrouvant leurs racines, pour partir à la conquête de ceux qui ne le sont pas. C'est pourquoi notre société est condamnée.
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Mais où est passée la virilité ?
Par Patrice De Méritens pour le Figaro Magazine- le 15/10/2011
«Après le triomphe de la virilité au XIXe siècle, une crise s'est peu à peu manifestée, laquelle se prolonge de nos jours», observe l'historien Alain Corbin qui publie Les Héros de l'histoire de France expliqués à mon fils et dirige la publication de Histoire de la virilité . «Mais ce délitement n'est pas venu de soi-même, ce fut une volonté idéologique pour imposer une dévirilisation doublée de féminisation», lui répond Eric Zemmour , auteur du Premier Sexe .
Eric Zemmour est journaliste au Figaro, chroniqueur et écrivain.
Sans l'effacement, pour ne pas dire la mort de la virilité, auriez-vous eu l'idée d'en écrire l'histoire?
Alain Corbin - Il était temps effectivement de faire le point. Ce qui m'a intéressé, c'est la profondeur historique doublée de cette ambiguïté qui fait que la virilité est un accomplissement reconnu à travers les âges en même temps qu'un fardeau. Ceux qui ont laissé des journaux intimes, des agendas, de l'écriture de soi durant le XIXe siècle ont toujours eu des interrogations dans ce domaine. L'inquiétude est consubstantielle à la sexualité. Après le triomphe de la virilité au XIXe siècle, une crise s'est peu à peu manifestée, laquelle se prolonge de nos jours...
Eric Zemmour - Être à la hauteur du plaisir des femmes, se comparer aux autres, ne pas connaître de défaillance d'érection, tel est le fardeau existentiel de la virilité depuis toujours, qui explique l'angoisse des hommes. Mais il y a un deuxième fardeau: la mort, pour protéger la femme et les enfants. C'est là que le passage du XIXe au XXe siècle est passionnant: au corps dressé, splendidement vêtu, des batailles napoléoniennes et à la fierté de trouver la mort, s'oppose le corps couché de 1914, l'humiliation des hommes aplatis comme des rats dans la boue des tranchées. La crise de la virilité vient notamment de cet épisode historique. Le fardeau devient trop lourd. L'homme y renonce. Dès lors, tout s'enchaîne: les victoires féministes, l'idéologie de 1968 puis post-soixante-huitarde, avec les jeunes générations éduquées dans la persuasion que la virilité est le mal absolu - sans mauvais jeu de mots.
Alain Corbin - J'introduirai des éléments d'historicité dans vos propos, aussi bien en ce qui concerne l'angoisse de l'érection que l'attitude face à la mort. Dans l'écriture de soi autant que dans le roman, le fiasco - c'est-à-dire la panne sexuelle - est resté longtemps objet de moquerie et d'autodérision sans être considéré comme un véritable drame. Evidemment, au XVIIe siècle, en cas de carence permanente, cela pouvait amener l'individu à comparaître devant le tribunal de l'impuissance et à le faire condamner pour avoir attenté à l'institution du mariage et avoir dupé son épouse, s'il n'était pas capable de l'honorer. Mais ce sont là des cas extrêmes. Ce n'est qu'à partir du début du XIXe siècle, reportons-nous à Astolphe de Custine ou à Stendhal, qu'avec la montée d'un certain romantisme le fiasco répété est devenu un destin tragique: le destin de celui qui se persuadait d'être impuissant au point de ne plus même tenter d'«affronter» le coït.
Eric Zemmour - Le XVIIIe siècle prend en effet tout avec distance, ironie, et surtout avec cette langue magnifique qui fait que les pannes de Valmont lui-même ne peuvent avoir été que brillantes - au moins ont-elles été vécues avec esprit. Le XIXe siècle est plus grave, qui observe que de la passion surgit le fiasco. Dans De l'amour, Stendhal décrit cette contradiction chez l'homme entre l'amour et le désir, qui meurtrit tant les femmes. Lorsqu'il y a trop d'amour, le désir s'évanouit : «Plus on aime, moins on fout», observait plaisamment Alfred Delvau. C'est une constante masculine.
Alain Corbin - Deuxième point: la mort. Les cliniciens français du XIXe siècle sont persuadés qu'au moment de l'éjaculation, l'homme abrège sa vie. Il y a donc un rapport immédiat et fort entre Eros et Thanatos. Et la femme est dangereuse qui, par ses excès, peut tuer son partenaire, telle une mante religieuse. Reste l'angoisse suscitée par la capacité ou non de regarder la mort en face. Le défi, tel est le mot clef. La conscience d'un manque éventuel de virilité s'opère alors autour de cette double interrogation: suis-je à la hauteur dans le défi comme dans la guerre? L'expression comme la vocation de la virilité est d'assurer sa domination sur l'ennemi ou sur le colonisé: le bizutage du bleu appartient à la «technologie des endurcissements», pour reprendre une formule de Michel Foucault ; de même que les apprentissages du code de virilité comme, par exemple, la résistance au froid. Michelet s'est fort bien décrit dans sa jeunesse, écrasant ses engelures dans son pensionnat...`
Eric Zemmour - Dans cette même perspective, Stendhal affirme sans sourciller que ceux qui étaient morts durant la retraite de Russie n'étaient que des faibles qui avaient renoncé à vivre.
Alain Corbin - Plus s'approfondit le dimorphisme sexuel, plus l'homme est destiné à la mêlée sociale. C'est pourquoi, revenant à son foyer, il doit être accueilli, dorloté, d'où l'importance de la sphère privée, à laquelle répond en miroir l'extrême proli fération des lieux typiquement masculins de l'entre-soi au XIXe siècle: pensionnats, casernes, salles de garde, bordels, cercles. Jusque dans les salons des soirées mondaines où, à l'écart des femmes, on se retire au fumoir. L'alliance du tabac et de la politique n'est pas qu'une habitude, c'est une culture. Toutes choses qui se sont délitées depuis.
Eric Zemmour - Elles ne se sont pas délitées d'elles-mêmes. En vérité, on a détruit tous les entre-soi pour imposer aux hommes la mixité obligatoire, laquelle a détruit l'acquisition de la culture virile. Ce fut une volonté délibérée, idéologique, pour imposer une dévirilisation doublée d'une féminisation, un projet politique porté par les progressistes, les féministes, autant de personnes ou de groupes d'intérêts décidés à abattre ce qu'ils nommaient le «stupide XIXe siècle». L'entreprise a parfaitement réussi.
Alain Corbin - Vous portez ici un jugement de valeur dont je me garderai.
Eric Zemmour - Pour autant, ce sont vos ouvrages qui me nourrissent! Et vous ne niez pas la violence de l'antithèse entre le XIXe et le XXe siècle. Dans un ouvrage consacré à l'érotisme durant la Seconde Guerre mondiale, Patrick Buisson montre très bien comment l'humiliation des soldats vaincus se transfère immédiatement sur un abaissement civil et sexuel: les Françaises se mettent à coucher avec les Allemands. C'est la France horizontale...
Alain Corbin - Ce qui n'a nullement empêché les prisonniers français de prendre une revanche sexuelle dans les fermes allemandes !
Eric Zemmour - Parce que les Allemandes y étaient seules! Mais chez nous, même les prostituées se refusaient à nos soldats, parce qu'ils étaient sans le sou. Avec le Reichsmark, les Allemands avaient fait grimper les prix, créant de l'inflation dans le marché de la prostitution. L'humiliation virile, dans la suite logique de la guerre, s'est d'ailleurs propagée à l'Allemagne. Une Allemande anonyme raconte dans son Journal comment, lors de la chute de Berlin en 1945, les Soviétiques ont violé systématiquement les femmes de 15 à 60 ans, en rétorsion des exactions sexuelles commises par la Wehrmacht en 1942. Elle explique comment elles ont été abandonnées par ceux qui devaient les protéger et assure que, dès lors, plus rien ne sera comme avant. Avec ses guerres meurtrières, ses corps couchés et non plus dressés, ses défaites successives prolongées avec la lutte des anciennes colonies pour leur indépendance, le XXe siècle est globalement celui de l'humiliation du mâle occidental. Entre les deux guerres, il y eut bien un projet de réaction face à ce renoncement, mais ce ne fut qu'une viri lité purement démonstrative, quasi parodique: celle du fascisme et du communisme.
Alain Corbin - Les preuves de virilité ont alors existé: songeons à celle qu'ont manifesté les soldats alliés et allemands au cours de terrible combats. Vous minimisez...
Eric Zemmour - Non ! Je n'évoque pas ici les combats, mais les parades et postures de l'entre-deux guerres, repérant seulement que la crise a entraîné en réaction une virilité exacerbée. Au reste, les affrontements entre bandes de supporters auxquels on assiste dans notre société actuelle sont révélateurs de la pérennité de cette recherche. La compétition s'exprime par la violence - compétition ethnique, parfois, quand il s'agit d'enfants de l'immigration contre des «Blancs». Elle ressuscite en tout cas l'entre-soi qui existait à profusion au XIXe siècle.
Alain Corbin - Cet entre-soi, je l'ai observé comme professeur à la fin des années 60 : j'enseignais à cinquante-deux garçons en blouse grise en terminale dans un lycée et, parallèlement, devant une quarantaine de blouses roses dans un lycée de filles. Pour autant montait depuis déjà plusieurs années la crise de l'autorité. Durant la guerre d'Algérie, alors que j'étais homme de troupe, j'ai vu les troufions refuser d'obéir à la hiérarchie et se réjouir, après le putsch d'Alger, que de Gaulle ait cassé un certain nombre d'officiers généraux. C'était de la part de ces jeunes soldats un refus d'autorité bien plus dangereux que celui qui s'est manifesté sept ans plus tard sur le boulevard Saint-Michel. Ils ont alors marqué leur hostilité à l'encontre des engagés, des militaires de carrière, estimant leur monde obsolète.
Que vous inspire la théorie du genre, qui fait actuellement polémique en matière d'éducation?
Alain Corbin - J'adhère totalement aux travaux sur l'histoire des femmes telle qu'elle est pratiquée, notamment, par Michelle Perrot : en permanence s'opère l'inculcation d'un code qui a pour but de définir à chaque période des rôles à la fois masculin et féminin. C'est indéniable. Si l'on analyse la phrase: «On ne naît pas femme, on le devient», il est clair que Simone de Beauvoir se réfère à l'inculcation des rôles et des conduites, et du sentiment d'identité lié au sexe. Phénomène venu des Etats-Unis aux alentours des années 1970-1980, la théorie du genre veut appliquer au passé des concepts aboutissant à une dissociation du sexe et du genre. A ce propos, comme en bien d'autres domaines, je crains l'anachronisme psychologique. Pour prendre un autre exemple: le mot sexualité n'existait pas en France en 1830-1840, vouloir s'en servir en critique histo rique, avec tout ce que la psychologie et la psychanalyse y ont introduit, serait erroné.
Eric Zemmour - Qu'il y ait acquisition culturelle des rôles est une évidence; c'est ainsi que Pascal a dit qu'il craignait que la nature elle-même ne soit qu'une somme d'habitudes, et que l'habitude ne soit qu'une seconde nature. L'imbrication entre l'inné et l'acquis est d'une parfaite banalité, or la nouveauté avec le genre (si j'ai bien compris, car il paraît que sa papesse américaine conteste désormais sa propre théorie) est qu'il nie le biologique en vue d'éradiquer tout rapport entre masculin et virilité.
Alain Corbin - Attention, nuance entre virilité et masculinité! Car ce dernier mot, employé au XVIIIe siècle pour un usage essentiellement grammatical (le masculin et le féminin), n'apparaît largement répandu dans son acception actuelle qu'au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. La masculinité n'a jamais correspondu à la virilité, laquelle est vertu de grandeur, de maîtrise de soi, de force, d'honneur, de consentement au sacrifice. D'un combattant peu hardi à sortir de la tranchée, on n'aurait jamais dit durant la Grande Guerre qu'il manquait de masculinité, mais de virilité. Au reste, tout spectateur de télévision le sent. «Quelle virilité dans le contact!», entend-on souvent dans les commentaires de matchs de rugby. On n'imagine guère ledit contact qualifié de «masculin »...
Eric Zemmour - L'émergence du terme même de «masculinité » à l'issue du XIXe siècle et son développement au début du XXe est symptomatique de la crise. J'y reviens donc: on l'emploie désormais pour détacher le masculin de la virilité.
Alain Corbin - Je me garderai de tout jugement de valeur, pour me limiter aux éléments essentiels qui ont déterminé cette crise: l'effondrement de la culture de la victoire, la disparition de nombreux lieux de l'entre-soi masculin, ainsi que la psychologie et la psychanalyse qui ont fouaillé dans le domaine de la sexologie, remettant en cause des choses qui allaient précédemment de soi.
Eric Zemmour - Au «savoir mourir pour la patrie», devenu obsolète, au colonialisme conspué, au présentéisme qui a refoulé le grand récit national, à la psychologie et à la psychanalyse, j'ajouterai le travail qui s'accomplit désormais dans notre société avec moins de force et de plus en plus de machines. Enfin, cet élément : le capitalisme moderne veut des consommateurs, d'où la dévirilisation programmée des hommes qui ne consommaient pas assez. Aujourd'hui, le mâle féminisé et piloté par la publicité use de produits de beauté.
Alain Corbin - À propos de consommation, j'observerai une atteinte à l'ordre biologique. Les phtalates, bisphénols et autres produits n'ont pas abouti qu'à la diminution du nombre de sperma tozoïdes chez les poissons, mais aussi chez les hommes. C'est une atteinte sourde...
Quel peut être l'avenir de notre société par rapport aux valeurs viriles revendiquées, par exemple, par l'islam?
Eric Zemmour - Il est vrai que dans Mélancolie française, mon dernier chapitre était assez... mélancolique sur les possibilités de conflits. Si l'entre-soi des banlieues se fait en réaction d'une société féminisée, pour ce qui est de la famille, certains jeunes musulmans tyrannisent et terrorisent leurs sœurs, adoptant des comportements que n'avaient pas forcément leurs pères. Question d'identité, donc. Or, justement, il ne faut pas négliger le fait que l'islam soit aussi en crise à cause de cette modernité...
Alain Corbin - Quant à moi, j'estime que les historiens ne doivent jamais se mêler de prospective, pour la simple raison que les sociétés ont toujours le regard fixé sur les dernières menaces, ce qui les rend aveugles aux menaces qui ne se sont pas encore révélées.
Eric Zemmour - Reste que, dans ce domaine, Stendhal a exactement annoncé notre époque en constatant que nombre de ses contemporains prenaient l'affaissement de leur âme pour de l'humanisme et de la tolérance. Diagnostiquer cela il y a deux siècles, c'était admirable de lucidité.
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«Les mères font des fils, les femmes font des hommes»
Par Pascale Senk pour Le Figaro - le 09/10/2011
Maryse Vaillant, psychologue clinicienne, a publié Les Hommes, L'amour, la Fidélité et plus récemment, Être mère, mission impossible? (Ed. Albin Michel).
LE FIGARO. -Vous parlez dans vos écrits de la difficulté d'élever un garçon. Pensez-vous que les mères sont en partie responsables du syndrome du «bon garçon» relevé chez les hommes d'aujourd'hui?
MARYSE VAILLANT. - Oui, en grande partie. Le premier mouvement d'une mère est toujours plus facile vers la fille, sa semblable. Alors qu'avec le garçon, elle est freinée dans son élan par de nombreuses différences comportementales, émotionnelles. Mais cette mère peut aussi s'attacher énormément à la plus visible de ces différences, celle qui se voit physiquement, et de manière inconsciente, transformer son fils en homme de la maison. Or les hommes qui ont été mis en position de puissance phallique au foyer par leur mère deviennent soit falots, soit machos. Dans les deux cas, l'identité masculine est défaillante. Les machos sont des coqs de bruyère qui ne savent que dominer et agresser avec leur virilité ; les falots, ceux qu'on appelle les «gentils garçons» de nos jours, sont des chapons un peu dodus intérieurement. Très tendres, ils inhibent en réalité leurs pulsions et n'osent pas utiliser ni montrer leurs poussées de testostérone.
Qu'est-ce qui dans l'histoire des mères explique une telle évolution?
Jusqu'au début de notre siècle, les femmes ont vu en leurs garçons de beaux coqs de bruyère, à qui elles remettaient tous les pouvoirs, notamment sur leurs sœurs. Ces femmes vénéraient la virilité de leurs fils. Puis, à partir des années 1970, quand la contraception a libéré les jeunes filles de la fatalité de la maternité, les mères ont été fascinées par la féminité de leurs filles, et se sont moins intéressées à leurs fils. Résultat, ça a été le «grand vrac» du côté des garçons. Les mères ont pensé que les pères pourraient s'occuper des fils, or les pères étaient totalement pris par leur travail (aujourd'hui, avec la crise, ils le sont encore plus). Elles n'ont pas initié leurs garçons aux tâches domestiques, les ont élevés sans contraintes mais ne leur ont rien donné à se mettre sous la dent quand leur virilité venait les titiller.
Comment faudrait-il élever un garçon pour que sa masculinité s'épanouisse?
Déjà, il faut être deux pour élever un enfant: quelle que soit la situation, la mère doit laisser de la place au père et même elle doit lui demander de s'occuper de son fils. Aussi, elle évitera de faire de son fils le confident ou le complément affectif qui lui manque dans sa vie amoureuse. Heureusement, les garçons ont toujours une bande de copains. Ceux-ci sont leurs alliés les plus précieux pour le corps à corps avec d'autres hommes dont ils ont tant besoin: la pratique du rugby par exemple est selon moi hautement formatrice en matière de masculinité.
Et comment aimer ces «bons garçons» devenus hommes?
En ne se comportant pas en mère avec eux ! Les mères font des fils, les femmes font des hommes. Celles-ci peuvent ainsi encourager leurs conjoints à réaliser les rêves de leur adolescence par exemple: faire de l'escalade, se remettre au foot… Elles peuvent aussi construire une vraie démocratie avec ces hommes qu'elles doivent reconnaître comme responsables du bien commun qu'est leur couple. Elles éviteront, comme des mères intrusives, de leur demander sans cesse des comptes. Elles comprendront, enfin, que si la virilité est caricaturale, la masculinité est une dimension plus complexe et fragile qu'il n'y paraît trop souvent.
**************
Les hommes seraient-ils devenus de «bons garçons» ?
Par Pascale Senk pour Le Figaro- le 09/10/2011
Immatures, tendres, compagnons rêvés de femmes affirmées et débordantes d'énergie, les «mâles doux» seraient de plus en plus nombreux.
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«Charmant, tendre, à l'écoute, plein d'humour et de fantaisie…» Quand elle décrit son dernier partenaire amoureux, Sophie ne tarit pas d'éloges. «Cet homme était absolument délicieux.» La jeune femme profita presque une année entière de cet être idéal, jusqu'au jour où, à quelques semaines de leur mariage, il est tout simplement parti, sans prévenir, ni même laisser un mot d'explication. Et n'a jamais plus donné aucune nouvelle. Sophie, deux ans après, en est encore bouleversée. «Qu'il ait mis fin de manière aussi lâche à notre histoire m'a sidérée et atteinte au plus profond de moi, déplore-t-elle. Pourquoi ne m'a-t-il rien dit ni laissé entrevoir ?»
Pour le Dr Jean-Paul Mialet, psychiatre et psychothérapeute, qui vient de publier un brillant essai sur les différences entre hommes et femmes, Sex Aequo (Éd. Albin Michel), ce scénario inimaginable n'a rien de surprenant. Lui reçoit chaque jour dans sa consultation un certain nombre de ces hommes qui, après avoir donné le meilleur d'eux-mêmes dans leur couple, s'en échappent dès que possible, et soudainement. Leur caractéristique principale? «Ils ont la fâcheuse tendance depuis toujours à se conformer aux exigences et normes féminines jusqu'au moment où ils lâchent ce personnage, et ce tout à coup.»
Les femmes veulent des compagnons attentifs
On les voit faire les boutiques avec leurs douces, pousser le landau pendant qu'elles essayent des chaussures, se montrer attentifs au moindre de leurs souhaits, car les femmes, c'est vrai, veulent aujourd'hui des compagnons très attentifs. «Mais dans l'intimité, ils n'osent guère exprimer leurs désirs - notamment sexuels - ni parler de leurs problèmes au bureau, poursuit le Dr Jean-Paul Mialet. Alors que la vie professionnelle est devenue effroyablement menaçante et concurrentielle pour eux, ils n'osent pas confier leurs soucis de cet ordre à leurs compagnes, car elles considèrent que c'est déjà une chance d'être un homme professionnellement, quand elles ont des salaires plus bas, etc. Résultat, elles ignorent souvent cet aspect de la vie masculine, continuant juste à vouloir être aidées pour la gestion domestique.»
Serviables, ils se plieraient en quatre pour que leurs compagnes soient satisfaites. Ils ont peur des conflits et veulent avant tout se faire aimer, rejouant là une forme de séduction qu'ils ont développée face à leurs mères. Mais soudain, parce qu'ils ont toujours refoulé leur agressivité, ils se retrouvent parfois à faire le pire: après avoir tout donné à sa compagne vénérée, le bon garçon quitte parfois le navire… pour une autre. «Mais attention, prévient le Dr Jean-Paul Mialet, dès que la nouvelle femme a repris la main, le gentil toutou réapparaît.» Autres échappatoires à leur profil si lissé pendant tant d'années: l'infidélité, l'addiction au jeu ou à l'alcool, le harcèlement envers leurs collègues de bureau…
Des hommes «préadultes»
Aux États-Unis, on les a baptisés les «Mr Nice Guys», suivant la définition qu'en a donnée au début des années 2000 Robert Glover, un psychothérapeute de Seattle, qui a su identifier et théoriser ce syndrome du gentil garçon qui a même inspiré un film avec Jim Carrey (voir son livre Trop gentil pour être heureux. Le syndrome du chic type, traduit de l'anglais par Clémence Ma et publié chez Payot).
Le syndrome du gentil garçon reste d'actualité puisqu'une chercheuse de l'institut Manhattan, Kay Hymowitz, a ouvert une polémique au printemps dernier en publiant Manning up: How the Rise of Women Has Turned Men into Boys («Comment l'élévation des femmes a transformé les hommes en petits garçons»). Pour cette décrypteuse de tendances, le postféminisme a donné naissance à cette nouvelle catégorie d'hommes «préadultes». À force de leur envoyer des messages contradictoires: «le rôle du père est fondamental» et, en même temps, «les pères sont une option»; ou «nous aimons les hommes qui ont confiance en eux» et «nous refusons toute marque d'autoritarisme», les femmes auraient accentué la crise identitaire d'un mâle incertain.
Pour le Dr Jean-Paul Mialet, il est bien question de répartition des pouvoirs entre les deux sexes: «un couple est un équilibre de pouvoirs tempéré par le respect de l'autre et par le besoin de préserver le lien. Mais certains, par défaut de construction, sont incapables de défendre leur territoire. Cela se rencontre aussi bien chez la femme que chez l'homme. La crainte de perdre son conjoint, quand il y a une fragilité abandonnique, place dans un état de dépendance qui justifie toutes les concessions. Trop de concessions rendent la situation irrespirable et dès qu'une ouverture (souvent illusoire) se présente, on lâche!» Autrefois, il n'y avait qu'à suivre le mode d'emploi pour fixer les rôles. Aujourd'hui, chacun doit oser porter haut ses désirs sans agresser l'autre. Les «bons garçons» sauront-ils muer?
mardi, octobre 25, 2011
Naufrage de l'Euro : tout est nominal
Je ne suis pas des optimistes qui pensent que la fin de l'Euro sera rapide. Il ne faut pas sous-estimer la capacité des politiciens à biaiser avec la réalité et à biaiser leurs peuples (il y a un i de trop dans cette phrase). Je pense que l'agonie sera très longue et douloureuse.
Je prédis toujours la fin de l'Euro vers 2017-2020.
Le scénario se dessine assez nettement :
> on va continuer à faire de la cavalerie et des «avancées».
> quand la cavalerie ne sera plus possible faute de créanciers, les Allemands accepteront que la BCE monétise la dette, provoquant une inflation galopante.
> comme l'inflation est défavorable aux vieux, les Allemands et les Italiens seront mis à genoux et sortiront de l'Euro.
Ce processus destructeur prendra bien une décennie, durant lesquelles nous aurons des rémissions, aussi célébrées que temporaires. Nous aurons juste perdu dx ans de crises, d'angoisses et de misères. Merci l'«Europe».
Je prédis toujours la fin de l'Euro vers 2017-2020.
Le scénario se dessine assez nettement :
> on va continuer à faire de la cavalerie et des «avancées».
> quand la cavalerie ne sera plus possible faute de créanciers, les Allemands accepteront que la BCE monétise la dette, provoquant une inflation galopante.
> comme l'inflation est défavorable aux vieux, les Allemands et les Italiens seront mis à genoux et sortiront de l'Euro.
Ce processus destructeur prendra bien une décennie, durant lesquelles nous aurons des rémissions, aussi célébrées que temporaires. Nous aurons juste perdu dx ans de crises, d'angoisses et de misères. Merci l'«Europe».
Euro : l'Europe allemande (Zemmmour)
Analyse d'Eric Zemmour que je partage entièrement :
Europe über alles
Faites bien attention aux moments que nous vivons, amis lecteurs. Car, dans quelques années, de plus jeunes nous demanderons des comptes : «Vous aviez sous les yeux tous les éléments pour prendre de bonnes décisions et vous avez pris les plus mauvaises».
Nous répondrons que la crise de l'Euro n'était qu'un symptôme, qu'en réalité, nous avons vécu la mort de la démocratie.
Par manque d'intelligence et de patriotisme, nous avons laissé s'emparer du pouvoir des intrigants qui, tout entiers pris dans le rêve d'un empire européiste dont ils seraient les empereurs, ont sacrifié les intérêts de leurs pays et de leurs peuples à leurs fantasmes de puissance.
Europe über alles
Faites bien attention aux moments que nous vivons, amis lecteurs. Car, dans quelques années, de plus jeunes nous demanderons des comptes : «Vous aviez sous les yeux tous les éléments pour prendre de bonnes décisions et vous avez pris les plus mauvaises».
Nous répondrons que la crise de l'Euro n'était qu'un symptôme, qu'en réalité, nous avons vécu la mort de la démocratie.
Par manque d'intelligence et de patriotisme, nous avons laissé s'emparer du pouvoir des intrigants qui, tout entiers pris dans le rêve d'un empire européiste dont ils seraient les empereurs, ont sacrifié les intérêts de leurs pays et de leurs peuples à leurs fantasmes de puissance.
lundi, octobre 24, 2011
Knowledge Without Knowledge
Cet article illustre parfaitement ce que je pense des intellectuels et des demi-intellectuels français (de la plupart, en tout cas) : ils sont gonflés de savoirs mais ne comprennent rien.
by Theodore Dalrymple (November 2011)
Recently I reviewed a short book by David Horowitz, a man whose has changed his political and philosophical outlook somewhat down the years, to put it no stronger. He has mellowed with age, a process that seems perfectly normal, indeed almost biological, until one remembers than not everyone does mellow with age. Some remain mired in the swamp of their youthful convictions.
As it happens, I had in my library a book edited in 1971 by Mr Horowitz, in the days when he as still a leader of the American New Left. It was a collection of essays about the life and work of Isaac Deutscher, the British Marxist biographer of Stalin and, most famously, of Trotsky. Deutscher was also a prolific journalist and essayist.
Isaac Deutscher was born in Poland, a subject of the Tsar, in 1907, and died a British citizen in 1967. His move to England in 1939 saved his life; if he had either stayed in Poland or moved to Russia (where he was offered a post at a university) he would almost certainly not have survived the war.
Deutscher was an infant prodigy, brought up as a religious Jew but losing his faith at an early age. He transferred his religious longings at about the age of twenty to the secular faith of Marxism, and never lost that faith to the day he died. Happy the man who lives in his faith, but unhappy the man who lives in a country in which his faith has become an unassailable orthodoxy.
When one reads Deutscher aware of the fact that English was his sixth or seventh language, one is truly astonished, for his prose in his sixth or seventh language is lucid and even elegant, with absolutely no hint that he is not a native-speaker, and a highly-educated one at that. As a sheer linguistic feat this is, if not completely unexampled, very remarkable indeed. Although a Marxist, he modelled himself as a stylist on Gibbon and Macaulay, and if he does not quite reach their level – well, who does nowadays?
His language was clear, but his thought was not. He was what might be called a dialectical equivocator, made dishonest by his early religious vows to Marxism. This made him unable to see or judge things in a common-sense way. His unwavering attachment to his primordial philosophical standpoint, his irrational rationalism, turned him into that most curious (and sometimes dangerous, because intellectually charismatic) figure, the brilliant fool. He was the opposite of Dr Watson who saw but did not observe: he observed, but did not see. He was the archetype of the man, so common among intellectuals, who knows much but understands little.
A good example of this capacity to misunderstand despite a great deal of knowledge occurs in his posthumous short book, Lenin’s Childhood. When he died, Deutscher was working on a projected biography of Lenin, but only the chapter devoted to Lenin’s childhood existed in anything like publishable form; it was edited by his wife and collaborator, Tamara.
From the purely literary point of view, the fragment is characteristically excellent, the very model of its type, written in beautifully balanced prose and with a judicious amount of detail. Of course, an account of so factual a matter as Lenin’s childhood must be influenced deeply by the biographer’s overall assessment of Lenin’s character and achievements, for the child is father to the man and it is the final character and achievements of that man that the childhood in part is to explain or at least prefigure. In Lenin’s case, we are interested in the childhood because of what he became, not for its own sake; and it is inevitable that we shall look for different germs of the future in it if we consider Lenin the nearest man to the devil incarnate who has ever existed from those that we shall seek if we regard him (as Deutscher did, according to his wife) as ‘the most earthly of all who have lived on this earth of man’ – clearly a religious way of putting it, incidentally. What is to be explained differs completely in the two cases: the person who thinks of Lenin as the frozen-blooded murderer who could order executions by the thousand without so much as the flicker of an eyelid will look for different things in his childhood from the person who thinks that he was the brilliant saviour of the world.
Be that as it may, there is a single reference to Dostoyevsky in the fragment that illustrates perfectly Deutscher’s learned obtuseness. Writing of Lenin’s father, an inspector of schools who was loyal to the Tsar and the Orthodox church, Deutscher says:
In his young years memories of the suppression of the Decembrist rising were still fresh and forbidding. Then came the terror that crushed the Petrashevsky circle and broke a man of Dostoyevsky’s stature.
Admittedly I do not read Russian, unlike Deutscher, but still I do not think it would be possible to write a single sentence that could misunderstand Dostoyevsky more fundamentally, completey and deeply that the second which I have just quoted. Far from breaking Dostoyevsky, his imprisonment, death sentence, reprieve and exile were the making of him, in the sense that they were the experiences upon which his subsequent philosophy, for good or evil, was based.
The reason for Deutscher’s most elementary error is obvious. Lenin was the very embodiment of precisely the kind of ruthless, murderous revolutionary to whom Dostoyevsky was drawing attention: he was the very fulfilment of Dostoyevsky’s prophecy. Dostoyevsky foresaw not by ‘scientific’ deduction, a la Marx, of course, but rather by intuition and imaginative insight into the souls of men, and he was vastly more accurate as a guide to the future than Marx ever was. But to have admitted this would have been to blow apart Deutscher’s whole world-view, the world-view that made his very considerable literary labours meaningful for him, and for which he had, when in Poland, risked his life. So he preferred to see Dostoyevsky not as a man who, as a result of his experiences (in conjunction with native talent, of course) had penetrated to what others had not penetrated, but as a broken reed, a man successfully terrorised by the powers that were. For Deutscher, Dostoyevsky wrote what he did not because he believed it to be true, or had any insight into the nature of things, but because he had been rendered neurotic and cowardly by fear. Nicholas I therefore broke Dostoyevsky, though in truth it would be more true to say that (unintentionally no doubt) he made him.
One of Deutscher’s collections of essays, always intensely readable, was called Heretics and Renegades (published, of course, by a capitalist outfit – but then, as Lenin said, the capitalists will sell you the very rope with which you can hang them).
The title – from 1955 - is instructive. Four legs good, two legs bad: for Deutscher, the correct slogan was heretics good, renegades bad. It wasn’t difficult to see why he should have believed this.
He regarded himself as a heretic but not a renegade. He was a heretic because he adhered neither to the catholic church of Stalinism, nor to the protestant one of Trotskyism, but rather insisted that he was the one true Marxist, the only other communicant of his church, at least until he was taken up (rather to his surprise and delight) by the students at Berkeley and elsewhere in the United States, and also by the Bertrand Russell Peace Foundation, through his wife, Tamara.
A heretic for him was therefore a hero, he being one of course; but a renegade, the person who had once been a communist but had abjured the faith altogether, was, in Islamic terms, an apostate. The first essay in the book is an extended review of the famous book The God that Failed, a collection of six essays by ex-communist intellectuals who explain their renunciation of the faith altogether – for Deutscher renegades all. For them, it was not only that communism failed completely to live up to its ideals, but that its ideals were wrong and therefore intimately and inextricably related to the horrors that followed.
For Deutscher, by contrast, the ideal of a society in which people were completely undifferentiated by class, in which a spontaneous abundance arose in which people produced for use and not for profit, in which no one exercised more power than any other person, remained not what it always was, an adolescent and not terribly intelligent dream, but real, something directly to be aimed at; and never mind if people initially possessed of this vision (the product, usually, of profound and often unbalanced resentment) had so far killed millions of people. They had merely gone about it the wrong way. Deutscher, the most egocentric of men despite a pretended humility, would show them the right way:
He [the ex-communist renegade] no longer throws out the the dirty water of the Russian revolution to protect the baby; he discovers that the baby is a monster than must be strangled.
The death of tens of millions becomes mere dirty bath-water; the baby – presumably the core of the Soviet Union, its ideal, not its practice – is still beautiful.
Deutscher reproached the renegades of The God that Failed for their tendency to abstraction, of uninterest in concrete realities of the world around them, but you can’t get much more abstract than calling mass famines, purges, the gulag, mere dirty water. It is no surprise, perhaps, that a man who can do so has about as much sense of proportion as a young child from whose hand a toy is removed. In his essay, Post-Stalinist Ferment of Ideas, Deutscher has this to say:
Having for decades lived under its own (triumphant!) brand of McCarthyism with its loyalty tests, charges of un-Bolshevik activities, witch-hunts and purges, terroristic suspicion and suspicious terrorism, Soviet society is now driven by self-preservation to try and regain initiative and freedom of decision and action.
The suggestio falsi in this is that the Soviet Union was in some way imitating McCarthyism; the suppressio veri is that, even taken at its worst (thousands of people dismissed from their jobs, for example), McCarthyism is not to be compared with (say) the forced construction of the White Sea Canal, in which up to 100,000 people died, just one – of many - of the episodes of Soviet de facto mass murder. It is difficult not to conclude from the passage I have just quoted that Deutscher was not an unprincipled liar – in defence of his principles.
In his review of Orwell’s Nineteen Eighty-Four, titled The Mysticism of Cruelty, Deutscher says that it ‘is in effect not so much a warning as a piercing shriek.’ In the course of the essay, he says of the Great Purges in Stalin’s Russia:
To be sure, the events were highly ‘irrational;’ but he who because of this treats them irrationally is very much like the psychiatrist whose mind becomes unhinged by dwelling too closely with insanity.
To reduce the Great Purges to the status of events, a word that applies to all human happenings whatsoever, is to deny their exceptional or special historical significance, again with the motive of preserving the beautiful, rosy baby of Deutscher’s absurd and shallow ideals. Deutscher’s use of quotation marks suggests that he thinks the Great Purges were rational, which in a sense they were: that is to say they served the purpose of concentrating Stalin’s power, even if the accusations in the purges were themselves absurd and without empirical foundation (not, of course, that the accused men were therefore admirable men, very far from it).
Now in a sense all human desires, in the last resort, are irrational, or rather arational (what cannot by definition be rational cannot by definition be irrational). But to suggest that treating the purges as irrational is itself a sign almost of madness is to accept the purges’ ratio. Deutscher’s objection to murderous purges was really that the wrong people were purged, not to the murderousness.
Deutscher was a fine example of the scholar who knew a lot and understood little (including, or especially, himself). A man may smile and smile and be a villain. A man may read and read, and experience and experience, and understand nothing.
by Theodore Dalrymple (November 2011)
Recently I reviewed a short book by David Horowitz, a man whose has changed his political and philosophical outlook somewhat down the years, to put it no stronger. He has mellowed with age, a process that seems perfectly normal, indeed almost biological, until one remembers than not everyone does mellow with age. Some remain mired in the swamp of their youthful convictions.
As it happens, I had in my library a book edited in 1971 by Mr Horowitz, in the days when he as still a leader of the American New Left. It was a collection of essays about the life and work of Isaac Deutscher, the British Marxist biographer of Stalin and, most famously, of Trotsky. Deutscher was also a prolific journalist and essayist.
Isaac Deutscher was born in Poland, a subject of the Tsar, in 1907, and died a British citizen in 1967. His move to England in 1939 saved his life; if he had either stayed in Poland or moved to Russia (where he was offered a post at a university) he would almost certainly not have survived the war.
Deutscher was an infant prodigy, brought up as a religious Jew but losing his faith at an early age. He transferred his religious longings at about the age of twenty to the secular faith of Marxism, and never lost that faith to the day he died. Happy the man who lives in his faith, but unhappy the man who lives in a country in which his faith has become an unassailable orthodoxy.
When one reads Deutscher aware of the fact that English was his sixth or seventh language, one is truly astonished, for his prose in his sixth or seventh language is lucid and even elegant, with absolutely no hint that he is not a native-speaker, and a highly-educated one at that. As a sheer linguistic feat this is, if not completely unexampled, very remarkable indeed. Although a Marxist, he modelled himself as a stylist on Gibbon and Macaulay, and if he does not quite reach their level – well, who does nowadays?
His language was clear, but his thought was not. He was what might be called a dialectical equivocator, made dishonest by his early religious vows to Marxism. This made him unable to see or judge things in a common-sense way. His unwavering attachment to his primordial philosophical standpoint, his irrational rationalism, turned him into that most curious (and sometimes dangerous, because intellectually charismatic) figure, the brilliant fool. He was the opposite of Dr Watson who saw but did not observe: he observed, but did not see. He was the archetype of the man, so common among intellectuals, who knows much but understands little.
A good example of this capacity to misunderstand despite a great deal of knowledge occurs in his posthumous short book, Lenin’s Childhood. When he died, Deutscher was working on a projected biography of Lenin, but only the chapter devoted to Lenin’s childhood existed in anything like publishable form; it was edited by his wife and collaborator, Tamara.
From the purely literary point of view, the fragment is characteristically excellent, the very model of its type, written in beautifully balanced prose and with a judicious amount of detail. Of course, an account of so factual a matter as Lenin’s childhood must be influenced deeply by the biographer’s overall assessment of Lenin’s character and achievements, for the child is father to the man and it is the final character and achievements of that man that the childhood in part is to explain or at least prefigure. In Lenin’s case, we are interested in the childhood because of what he became, not for its own sake; and it is inevitable that we shall look for different germs of the future in it if we consider Lenin the nearest man to the devil incarnate who has ever existed from those that we shall seek if we regard him (as Deutscher did, according to his wife) as ‘the most earthly of all who have lived on this earth of man’ – clearly a religious way of putting it, incidentally. What is to be explained differs completely in the two cases: the person who thinks of Lenin as the frozen-blooded murderer who could order executions by the thousand without so much as the flicker of an eyelid will look for different things in his childhood from the person who thinks that he was the brilliant saviour of the world.
Be that as it may, there is a single reference to Dostoyevsky in the fragment that illustrates perfectly Deutscher’s learned obtuseness. Writing of Lenin’s father, an inspector of schools who was loyal to the Tsar and the Orthodox church, Deutscher says:
In his young years memories of the suppression of the Decembrist rising were still fresh and forbidding. Then came the terror that crushed the Petrashevsky circle and broke a man of Dostoyevsky’s stature.
Admittedly I do not read Russian, unlike Deutscher, but still I do not think it would be possible to write a single sentence that could misunderstand Dostoyevsky more fundamentally, completey and deeply that the second which I have just quoted. Far from breaking Dostoyevsky, his imprisonment, death sentence, reprieve and exile were the making of him, in the sense that they were the experiences upon which his subsequent philosophy, for good or evil, was based.
The reason for Deutscher’s most elementary error is obvious. Lenin was the very embodiment of precisely the kind of ruthless, murderous revolutionary to whom Dostoyevsky was drawing attention: he was the very fulfilment of Dostoyevsky’s prophecy. Dostoyevsky foresaw not by ‘scientific’ deduction, a la Marx, of course, but rather by intuition and imaginative insight into the souls of men, and he was vastly more accurate as a guide to the future than Marx ever was. But to have admitted this would have been to blow apart Deutscher’s whole world-view, the world-view that made his very considerable literary labours meaningful for him, and for which he had, when in Poland, risked his life. So he preferred to see Dostoyevsky not as a man who, as a result of his experiences (in conjunction with native talent, of course) had penetrated to what others had not penetrated, but as a broken reed, a man successfully terrorised by the powers that were. For Deutscher, Dostoyevsky wrote what he did not because he believed it to be true, or had any insight into the nature of things, but because he had been rendered neurotic and cowardly by fear. Nicholas I therefore broke Dostoyevsky, though in truth it would be more true to say that (unintentionally no doubt) he made him.
One of Deutscher’s collections of essays, always intensely readable, was called Heretics and Renegades (published, of course, by a capitalist outfit – but then, as Lenin said, the capitalists will sell you the very rope with which you can hang them).
The title – from 1955 - is instructive. Four legs good, two legs bad: for Deutscher, the correct slogan was heretics good, renegades bad. It wasn’t difficult to see why he should have believed this.
He regarded himself as a heretic but not a renegade. He was a heretic because he adhered neither to the catholic church of Stalinism, nor to the protestant one of Trotskyism, but rather insisted that he was the one true Marxist, the only other communicant of his church, at least until he was taken up (rather to his surprise and delight) by the students at Berkeley and elsewhere in the United States, and also by the Bertrand Russell Peace Foundation, through his wife, Tamara.
A heretic for him was therefore a hero, he being one of course; but a renegade, the person who had once been a communist but had abjured the faith altogether, was, in Islamic terms, an apostate. The first essay in the book is an extended review of the famous book The God that Failed, a collection of six essays by ex-communist intellectuals who explain their renunciation of the faith altogether – for Deutscher renegades all. For them, it was not only that communism failed completely to live up to its ideals, but that its ideals were wrong and therefore intimately and inextricably related to the horrors that followed.
For Deutscher, by contrast, the ideal of a society in which people were completely undifferentiated by class, in which a spontaneous abundance arose in which people produced for use and not for profit, in which no one exercised more power than any other person, remained not what it always was, an adolescent and not terribly intelligent dream, but real, something directly to be aimed at; and never mind if people initially possessed of this vision (the product, usually, of profound and often unbalanced resentment) had so far killed millions of people. They had merely gone about it the wrong way. Deutscher, the most egocentric of men despite a pretended humility, would show them the right way:
He [the ex-communist renegade] no longer throws out the the dirty water of the Russian revolution to protect the baby; he discovers that the baby is a monster than must be strangled.
The death of tens of millions becomes mere dirty bath-water; the baby – presumably the core of the Soviet Union, its ideal, not its practice – is still beautiful.
Deutscher reproached the renegades of The God that Failed for their tendency to abstraction, of uninterest in concrete realities of the world around them, but you can’t get much more abstract than calling mass famines, purges, the gulag, mere dirty water. It is no surprise, perhaps, that a man who can do so has about as much sense of proportion as a young child from whose hand a toy is removed. In his essay, Post-Stalinist Ferment of Ideas, Deutscher has this to say:
Having for decades lived under its own (triumphant!) brand of McCarthyism with its loyalty tests, charges of un-Bolshevik activities, witch-hunts and purges, terroristic suspicion and suspicious terrorism, Soviet society is now driven by self-preservation to try and regain initiative and freedom of decision and action.
The suggestio falsi in this is that the Soviet Union was in some way imitating McCarthyism; the suppressio veri is that, even taken at its worst (thousands of people dismissed from their jobs, for example), McCarthyism is not to be compared with (say) the forced construction of the White Sea Canal, in which up to 100,000 people died, just one – of many - of the episodes of Soviet de facto mass murder. It is difficult not to conclude from the passage I have just quoted that Deutscher was not an unprincipled liar – in defence of his principles.
In his review of Orwell’s Nineteen Eighty-Four, titled The Mysticism of Cruelty, Deutscher says that it ‘is in effect not so much a warning as a piercing shriek.’ In the course of the essay, he says of the Great Purges in Stalin’s Russia:
To be sure, the events were highly ‘irrational;’ but he who because of this treats them irrationally is very much like the psychiatrist whose mind becomes unhinged by dwelling too closely with insanity.
To reduce the Great Purges to the status of events, a word that applies to all human happenings whatsoever, is to deny their exceptional or special historical significance, again with the motive of preserving the beautiful, rosy baby of Deutscher’s absurd and shallow ideals. Deutscher’s use of quotation marks suggests that he thinks the Great Purges were rational, which in a sense they were: that is to say they served the purpose of concentrating Stalin’s power, even if the accusations in the purges were themselves absurd and without empirical foundation (not, of course, that the accused men were therefore admirable men, very far from it).
Now in a sense all human desires, in the last resort, are irrational, or rather arational (what cannot by definition be rational cannot by definition be irrational). But to suggest that treating the purges as irrational is itself a sign almost of madness is to accept the purges’ ratio. Deutscher’s objection to murderous purges was really that the wrong people were purged, not to the murderousness.
Deutscher was a fine example of the scholar who knew a lot and understood little (including, or especially, himself). A man may smile and smile and be a villain. A man may read and read, and experience and experience, and understand nothing.
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