samedi, juin 24, 2017

A propos des « citoyens du monde»


 

Vous en avez de la chance d'avoir des amis assez classieux pour être (par auto-désignation) citoyens du monde. Le citoyen du monde est un être sublime. Jugez-en, car ici on nous dit que le citoyen du monde appartient à la communauté des sages :
"L’idée d’une cosmo-politique est si peu évidente que les premières occurrences du thème de la citoyenneté mondiale sont clairement antipolitiques. Il suffit, pour s’en convaincre, de citer la réponse de Diogène le Cynique à la question d’Alexandre lui demandant de quelle cité il était originaire : « Je suis un citoyen du monde (kosmopolitès) ». Cette revendication apparaît comme un défi adressé non seulement à la puissance du conquérant, mais encore aux classifications politiques en usage dans la Grèce antique.
Le cosmopolitisme de Diogène est d’essence individualiste et anarchiste : pour lui, être « citoyen du monde » signifie d’abord n’appartenir à aucune cité, n’être soumis à aucune grandeur d’établissement. De ce point de vue, l’absence d’institution mondiale n’est pas un argument contre le cosmopolitisme, mais au contraire une garantie d’indépendance absolue. C’est parce qu’il échappe à l’institution que le monde constitue un espace adéquat à l’individualisme cynique.
Il n’est pas question de présenter ici une histoire du cosmopolitisme, même à la lumière des critiques que ses partisans ont produites des puissances établies. Il suffit de rappeler que la tradition anti-institutionnelle ouverte par Diogène se retrouvera dans le cosmopolitisme stoïcien dont l’essence est davantage métaphysique ou morale que politique. Quand bien même elle porte le nom de « citoyenneté », l’appartenance de l’homme au monde et à sa loi fonde, pour les stoïciens, un pouvoir de connaître et un devoir d’agir, pas un droit juridiquement opposable aux cités ou à l’Empire.
Certes, le citoyen du monde appartient à une communauté. Mais celle-ci, en tant que communauté des sages, excède toutes les formations institutionnelles susceptibles d’advenir dans l’histoire."


    • Avatar

       

      C'est d'autant plus amusant de vous lire qu'il se trouve que j'ai évoqué justement Diogène auprès de mon interlocuteur... qui n'en avait jamais entendu parler.


        • Avatar

           

          Chez les "citoyens du monde", on trouve ceux qui sont plutôt sérieux dans ce qu'ils avancent et qui ont les moyens de vivre ici ou là, dans un petit milieu extrêmement choisi, sans grand contact avec le population locale. Et puis des tas de gens qui jouent un rôle convenu, et qui n'ont aucun moyen intellectuel, social, économique, de mettre vraiment en application leur indistinct idéal affiché.
          Même si le monde a beaucoup changé, ça m'évoque un peu la fameuse résolution de la Oxford Union en 1933, où, lors d'un débat d'étudiants d'Oxford (huppés), une grosse majorité avait approuvé une motion pacifiste (et à arrière-plan pro-bolchevik) selon laquelle il était hors de question de se battre "pour le roi et pour la patrie".


            • Avatar

               

              Vous avez raison. Les "citoyens du monde" conséquents très peu nombreux et, de toute façon, cela suppose des moyens financiers que n'a pas 1% de la population.
              Les autres "citoyens du monde" sont juste des imbéciles et des salauds qui répudient leurs devoirs envers leur patrie et aussi envers leurs parents (car ils disent "Je suis né dans ce pays par hasard", il est tout aussi logique de dire "Je suis né de ces parents par hasard").
              Là où ce genre d'attitude devient carrément dégueulasse, et l'histoire de l'Oxford Union que vous citez l'a prouvé, c'est que vous ne pouvez vous tripoter la nouille en vous déclarant "citoyen du monde" qu'à l'abri d'une armée, qu'à l'abri du fait que d'autres sont prêts à mourir pour vous défendre. Et, en plus, ces enfoirés sont capables de les récuser sur le mode "Je ne demande à personne de mourir pour moi". Sauf que si on vient les tuer chez eux, ils diront "Que fait l'armée ?".
              Bref, les "citoyens du monde" sont des enculés de première bourre. Ce n'est pas du monde bien.


            vendredi, juin 23, 2017

            Macron : pourvou que ça doure

            Jean-Pierre Le Goff: « Macron n'échappera pas aux enjeux de civilisation »

            Je suis d'accord avec Jean-Pierre Le Goff.

            A l'issue d'une campagne atroce (si vous trouvez le mot « atroce » excessif, considérez que, pour ma part, j'ai vu, pendant cette campagne électorale, mourir la démocratie française en direct et en continu), les Français se sont offert une parenthèse d'irréalité en élisant Emmanuel Macron.

            Je suis curieux de savoir combien de temps cela va durer. Et pourquoi pas cinq ans ?




            jeudi, juin 22, 2017

            « Le Martyre des chrétiens d’Orient » de Frédéric Pons

            « Le Martyre des chrétiens d’Orient » de Frédéric Pons

            Ce bref article a le mérite de la clarté.



            La « parité », on s’en fout

            Les journalistes, vous savez, ces gens qui font la leçon à tout le monde comme s’ils détenaient LA vérité, s’extasient sur la « parité » au gouvernement et au parlement.

            Vous avez remarqué qu’ils ne prennent même plus la peine de préciser de quelle parité il s’agit. Parité ouvriers / cadres ? Parité urbains / ruraux ? Parité sudistes / nordistes ? Non, c’est évident : parité hommes / femmes.

            Mais pourquoi cette parité là est si importante, mystère total. Ils n’ont pas un argument qui tienne la route et, pourtant, les abrutis politico-médiatiques n’imaginent même pas que leur évidence n’a aucun fondement intelligent. Elle est même franchement sexiste : il n’y a que des sexistes rabiques pour croire que le sexe d’un député ou d’un ministre est une information pertinente, voire essentielle.

            Et voilà que je tombe sur cette chronique matutinale de Zemmour (comme quoi, il reste des non-contaminés par les conneries médiatiques modernes) :

            "On parle de parité pour occulter la question sociale", déplore Éric Zemmour

            Notons, pour retrouver un peu de sérieux, que cette technique consistant à concentrer l’attention du public sur de faux enjeux est un outil majeur de manipulation des masses. Pendant qu’on discute de « parité », qu’on sature les antennes avec ce sujet qui n’a absolument aucune importance pour l’avenir de la France, on ne parle pas des sujets « nauséabonds » : l’immigration, l’islam, la soumission à l’européisme, au capitalisme de connivence, l’école, la justice …

            Voyez, moi aussi, je suis détourné : j’y consacre un billet.

            L'autre technique, c'est la perversion, la torsion, du langage. tenez, comme les traitres de LR qui se baptisent Constructifs. Qu'est-ce que « constructif », terme moral, éventuellement social, vient faire dans la choucroute politique ? « Socialiste », « nationaliste », ça définit une politique. Mais « constructif » ? Ca ne veut rien dire. Par contre, c'est un terme « positif », qui « connote bien ». Perversion, vous dis-je.




            mardi, juin 20, 2017

            Eux et nous, mais pas seulement, mais pas superficiellement

            Les conservateurs aujourd’hui jouent nous contre eux. Opposition facile : les travailleurs contre le banquier, les patriotes contre l’hyperclasse mondiale, les enracinés contre les ectoplasmes etc. C’est facile mais stérile. Moi-même, j'y joue, à ma grande honte.

            Rappelons, ce que certains semblent avoir oublié, que les conservateurs font de la politique non pour prendre une pose avantageuse et esthétique, mais pour s'emparer du pouvoir, dans le but d'utiliser ce pouvoir afin de protéger la France et le peuple français. Ceux pour qui la politique est une petite entreprise familiale sans réelle volonté d'arriver au pouvoir (suivez mon regard) trahissent leurs devoirs.

            Avec « Pensez printemps » (qui m'a fait rire, à tort, moi aussi), Emmanuel Macron a été plus habile que tous les branleurs de nouille de la droite molle et de la droite dure. Oui, ce slogan creux, mais il permet une projection positive. Emmanuel Macron est l’alibi de la frivolité des Français : ils se donnent l’illusion du renouvellement sans les difficultés du renouvellement réel. Les droites n'ont pas été la moitié du quart aussi intelligentes.

            Et quand il s'est agi de cramer Fillon, les macronistes ont oeuvré, ils se sont sorti les doigts du cul.

            Les médias ont beau jeu de caricaturer les conservateurs en vieux bougons, parce que nous leur donnons quelques raisons. La France reste en attente d’une espérance qui ne soit pas à base de destruction systématique et ne se contentera pas de la nostalgie.

            La notion, soutenue par des gens comme Philippot, Polony, Marine Le Pen, Sapir, que le clivage droite/gauche est obsolète, est une grave erreur de jugement. Il est vrai que de nouveaux clivages, essentiellement souverainistes / européistes, passent à travers la gauche et la droite. Mais en conclure que le clivage droite/gauche est dépassé revient à faire de la politique une pure intellectualité. C’est tout le contraire qui est vrai. La politique est faite d’affects, d’histoire, d’appartenance, de sociologie.

            Thomas Sowell, dans Conflict of visions, est plus fin que Marine Le Pen et sa troupe de crétins : les deux visions s'opposent sur plus que de simples opinions.

            C’est pourquoi il faut compter que le clivage droite/gauche perdurera et qu'il est tout à fait illusoire d'espérer joindre les souverainistes des deux bords. En revanche, il est tout à fait possible de faire glisser le spectre politique vers la droite.

            Le bon cadre de réflexion repose donc sur deux piliers :

            ♘ comment unir les droites, comment ratisser large à droite, façon RPF ? Par les appareils ? Par les hommes ? Lesquels ? Par les idées ? Lesquelles ?

            ♘ comment séduire ? Comment faire rêver ?

            Pour cela, il faut être au clair sur ses idées, ce que n'est pas du tout le FN. Or, le FN, plus que les autres, parce qu'il n'a jamais exercé le pouvoir national, doit montrer sa compétence technique. Fouletitude de questions dérangeantes traînent sur internet.

            Par exemple, Julien Rochedy : « Le FN veut favoriser la production locale. Très bien. Les règles de l'UE l'interdisent. Comment nous en affranchissons nous ? ». Ou Eric Verhaeghe : « Le FN veut financer le système social par la lutte contre la fraude. Outre que les montants ne sont pas hauteur du problème, comment faire accepter par les Français l'inquisition que cette ambition suppose ? » Et tant d'autres ...

            Ce ne sont pas les analyses qui manquent :

            L’avenir du Front National est-il dans un aggiornamento libéral ?

            Carnets de déroute I

            Mathieu Bock-Côté : « Macron oblige ses opposants conservateurs à élever le niveau »

            Plus tragique, mais aussi plus marrant :

            Jean-Marie Le Pen : "Madame Le Pen n'a pas compris les raisons de son échec"

            M'est avis que le FN n'entendra pas vraiment les questions et les conseils et fera le service minimum en matière de remise en cause, ce qui le condamne à être le piège qui stérilise le populo comme le PCF dans les années 70.

            D'où la question qui ne tardera pas à nous travailler : comment nous débarrasser du FN ?





            lundi, juin 19, 2017

            La vie sous Jupiter 1er











            Quand il n'y aura plus de Français ...

            C’est embêtant, dit Dieu. Quand il n’y aura plus ces Français,
            Il y a des choses que je fais, il n’y aura plus personne pour les comprendre.

            Charles Péguy, Le Mystère des saints Innocents (1912)


            Pour un conservatisme d'avenir

            Si les conservateurs s'obstinent à cultiver la nostalgie et seulement elle, ils n'iront nulle part. J'aime bien Zemmour mais il est limité par son fatalisme. Il ne faut pas faire l'erreur des légitimistes du XIXème siècle, dont l'ambition de revenir à l'état quo ante a échoué

            Les conservateurs doivent proposer un projet. J'entrevois quelques pistes.

            Pierre-Yves Rougeyron propose de mettre la priorité sur la France maritime, Roger Scruton sur la beauté, Natacha Polony sur le local.

            Les plus intelligents sont d'accord sur la méthode : compétence technique, non-dispersion des efforts, combats sur les points-clés, habileté tactique (inutile de braquer l'opinion, on se fait plaisir mais la cause n'avance pas. Les conneries du FN sur L'Euro doivent servir de leçon).

            Dussè-je en choquer quelques uns, je pense que le retour du général De Gaulle est un exemple.

            Vous pouvez vous déchainer dans les commentaires.



            Parce que tout recommence toujours …

            Certains voient dans le règne macroniste une chance pour la vraie droite : le PS est mort, LR et le FN ne se portent pas très bien et l’adversaire centriste anti-national est enfin identifié clairement, après des décennies de fausse alternance.

            Tout cela est vrai, mais il ne faut pas se faire d’illusions. Un tas de gens vivent de la vieille politique, qui est une a-politique (« Il n’y a pas d’alternative », « le cercle de la raison ») ils ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Ni le FN ni LR ne vont disparaître, ils continueront à faire sentir, chacun dans son genre, leurs effets néfastes de piliers du Système.

            Mais, sur le moyen terme, à l’horizon de quinze à vingt ans, il est clair qu’une recomposition politique a commencé. Le danger est que cela n’aille pas assez vite : Gramsci et un certain bon sens historique disent que les coups de balancier culturel et politique durent de trente à quarante ans, soit une grosse génération. Les fils contestent les pères.

            Le coup de balancier à gauche, qu’on peut dater de 1965-1970, aurait donc dû se terminer au plus tard en 2010 et une vague de droite aurait dû commencer, avec le destin de finir vers 2050. Or, ce processus naturel a été bloqué par la pusillanimité de la droite.

            Nous sommes menacés par le retour de balancier à gauche (sous la forme du transhumanisme ?) avant que le balancier ne soit allé vraiment à droite. Certes, en 2050, je sucrerai les fraises …

            Je vous laisse avec Pierre-Yves Rougeyron (il pose d'excellentes questions sur la cohérence des opposants à Macron) :



            Et puis, il y a autre chose que l'incohérence des adversaires, il y a aussi leur manque de combativité.

            Je ne doute pas que certains se feraient tuer sur les barricades pour défendre la France, mais sont-ils prêts à se salir les mains ? Les mcronistes, eux, le sont (affaire Fillon, financements d'EM, ...). A coté de Macron, ses adversaires sont des enfants de choeur.

            Face à de forces si puissantes, il faut une intelligence mais aussi un caractère :

            Trump et l’Etat Profond : un complot fort bien monté

            Pour vous remonter le moral

            J'écoute quelquefois ce reportage pour me remonter le moral :




            On y entend le courage et l'intelligence (avec l'ouïe très fine).

            On y entend le courage de ces jeunes pilotes, dont une poignée de Français (il faut se souvenir de noms comme Demozay, Mouchotte, Fayolle, Bouquillard ...), six cents au total, qui montaient  trois, quatre fois par jours se battre à un contre deux. Qui risquaient la mort ou l'atroce brulure. Tellement épuisés que certains s'endormaient dans leur avion.

            Tout le monde connaît la phrase churchillienne : « Never in the field of human conflict, was so much owed by so many to so few ».

            En revenant d'une visite au centre de contrôle d'Uxbridge, où il a vu toutes les réserves engagées, Churchill est longtemps silencieux dans sa voiture, puis il prononce en commençant par « Never in the field of history ... », Pug Ismay lui fait remarquer « Jésus et ses disciples ? ». D'où la phrase qu'on connaît.

            Avec leur humour, les pilotes de la RAF disaient : « C'est une allusion à nos notes de bar ».

            On y entendl'intelligence, tactique chez Dowding, politique et stratégique chez Churchill.

            dimanche, juin 18, 2017

            Macron : les limites de la démocratie représentative

            Il faut être un macroniste aveugle (pléonasme) pour se satisfaire de l'année électorale close ce dimanche par le deuxième tour des élections législatives.

            C'est une catastrophe : enjeux essentiels ignorés, débats inexistants, polémiques futiles, personnalités sorties de nulle part. Une faillite collective.

            La démocratie représentative est en crise, pas seulement en France. L'idée d'élire pour cinq ans des représentants qui feront ce qu'ils voudront et qui ne sont liés et contraints par rien est probablement inadaptée à notre temps. Le qu'en-dira-t'on médiatique n'est un pas du tout démocratique, ce n'est donc pas un contre-pouvoir sain.

            Le système alternatif reste à imaginer, même si j'ai une préférence pour des referendums avec vote obligatoire (c'est à discuter).

            L'enjeu vital du Proche-Orient

            La démographie est un enjeu vital. Si nous ne faisons pas plus de petits Français (sujet sur lequel je reviendrai) et si nous laissons l'invasion migratoire venue d'Afrique nous submerger, il n'y aura plus de France parce qu'il n'y aura plus de Français. C'est aussi simple que cela, et ce mouvement suicidaire est déjà bien entamé.

            Il faudrait avoir le courage de débrancher les pompes aspirantes à immigration que sont nos système sociaux débilitants, il faudrait avoir le courage de repousser les envahisseurs par la force, c'est-à-dire le courage d'en tuer en quantité.

            Cependant, il ne faut pas nous raconter d'histoires : nous savons bien que nous n'aurons, peut-être, ces courages là que quand il sera beaucoup trop tard.

            Il est donc vital que les immigrants soient arrêtés sur nos limes. Toujours la bonne vieille technique impériale du glacis : il faut défendre la frontière en avant de la frontière. Rien n'a changé depuis Varus.

            Pour que vous compreniez l'ampleur et la difficulté de la tâche, il me suffit de citer, de l'ouest vers l'est, les pays composant ce glacis : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Israël, Liban, Syrie, Turquie.

            Je ne suis pas Talleyrand, je ne sais pas si les politiques de Sarkozy et de Hollande en Libye et en Syrie sont des crimes ou des fautes, mais ça ne m'étonnerait pas qu'elles soient les deux.






            samedi, juin 17, 2017

            Monarchie de juin

            Même si quelques imbéciles ou hypocrites le contestent, l'analyse converge pour faire de la république macroniste une cousine de la Monarchie de Juillet. Un bloc bourgeois néo-louis-philippard s'oppose au peuple, classes chômeuses, classes dangereuses.

            Ne pourrait-on pas mettre dans la bouche de notre Jupiter adolescent les propos de l'orléanide : « Nous chercherons à nous tenir dans un juste milieu, également éloigné des excès du pouvoir populaire et des abus du pouvoir royal » ?

            Mais il y a une différence essentielle, et inquiétante : personne de la France d'en haut ne parle pour la France d'en bas. Perdus dans un odieux et méprisable narcissisme de classe, tous ces bourgeois petits marquis ont oublié que les grands privilèges se payent de bien lourds devoirs. Ils prennent leurs droits avidement, avec une cupidité rapace, tout en se donnant des alibis moraux à vomir, mais leurs devoirs, où sont-ils ?

            Pas une voix de célébrité, de vedette, d'écrivain, de talent, qui parle pour le peuple français, au peuple français. Où sont les Lamartine, les Hugo, les Zola ? Ah ça, on parle à l'envi des pauvres « migrants », mais des pauvres Français ? Tel qui aime les Tartares pour ne pas avoir à aimer ses voisins (qui ne sont plus si voisins).

            On peut se moquer des dames patronesses, mais elles, au moins, se souciaient de nos pauvres.

            Qu'entends-je aujourd'hui ? « La France périphérique, je ne connais pas, je n'y vais jamais et ça ne m'intéresse pas ». A la séparation sociale, s'ajoute la séparation spatiale. Le mépris s'affiche sans frein : la France d'en bas est « raciste », « fasciste », « fermée », sans intelligence, uniquement mue par ses « peurs » et par ses « phobies ».

            Y a-t-il jamais eu en France un tel mépris de classe depuis deux cents ans ?



            Et ce n'est pas Jupiter 1er, dont les déplacements en province ressemblent à Tintin au Congo, qui rétablira la fraternité entre Français.



            Tout cela ne peut que mal finir. Hélas.

            vendredi, juin 16, 2017

            En défense de Natacha Polony et de la France

            Natacha Polony par Brighelli

            Natacha Polony est évincée de Paris Première et d'Europe 1. Pour ma part, je la trouve moyenne mais est-ce bien la raison de ces évictions ? Il me semble comprendre que les antennes françaises sont envahies de journalistes moyens, pour ne pas dire mauvais, dont les carrières ne sont pas menacées une seule seconde. Alors ? Je pense que c'est tout simplement de l'auto-censure de ces chaines, par conformisme, par air du temps. On ne peut pas toucher Zemmour, mais Polony, on peut.

            Natacha Polony: « Du bon usage de la démocratie »

            Dans une société fondée sur le bien-être et l'extension indéfinie du domaine de la consommation, la plus grande peur est de perdre le peu que l'on a. La part des citoyens que leur statut social protège des ravages du libre-échange (désindustrialisation, destruction des structures traditionnelles…) consentira à bien des abandons pour préserver sa tranquillité. Surtout si, par ce choix, le miroir médiatique lui renvoie l'image valorisante de la modernité et de la résistance au populisme.

            Ce passage :

            [Une société authentiquement démocratique] repose sur l'idée que tout abandon de souveraineté individuelle et collective doit être consenti. En ce sens, une société où les paysans dépendent de quatre multinationales pour obtenir des semences n'est pas démocratique. Une société où l'attention des individus devient une richesse vendue par des fournisseurs Internet contre des espaces publicitaires n'est pas démocratique. Une société dans laquelle 25 % des enfants de 10 ans ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux n'est pas démocratique. Une société où les citoyens ont abandonné tout espoir de maîtriser leur destin collectif et de modifier un système économique qu'ils jugent injuste, au point de cesser de voter, n'est pas démocratique.

            m'intéresse car il y a boire et à manger, du bon et du moins bon. Le nombre de semenciers disponibles ne me semble pas du même niveau que l'effondrement éducatif, mais cela vaut le coup de s'interroger : nous sommes nombreux à avoir le sentiment et l'idée que nous ne vivons plus en démocratie, quelles sont les manifestations de cette tyrannie molle ?

            Comme beaucoup (mais pas suffisamment pour faire une majorité), je suis très inquiet des événements, de cette majorité sortie de nulle part.

            L’anthologie des pires prestations des candidats En Marche aux législatives

            Candidats En Marche: la vague qui venait de nulle part et dont on ne savait presque rien

            Malentendu sur la qualité des hommes : les électeurs veulent donner un « grand coup de balai » à une classe politique qu’ils imaginent corrompue : place aux jeunes ! Rien ne laisse pourtant supposer que les nouveaux soient plus vertueux que les anciens. Les affaires que l’on signale ici ou là au sujet de certains, en sus de l’affaire Ferrand laissent craindre le contraire. Mais le crédit fait aux macronistes est tel que personne ne veut entendre ces signaux. Qui pourrait croire que, parmi 577 candidats recrutés çà et là, à la va vite, hors des cercles politiques et donc sans visibilité antérieure, ne se glissent quelques aigrefins ? En tous les cas beaucoup de médiocres. D’autant que l’adhésion à ce mouvement n’exige aucune conviction précise. Rien de commun avec la vague de 1959 qui avait subi l’épreuve de la Résistance ou à celle de 2002, longuement mûrie dans le giron des mandats locaux : celle-là vient de nulle part.

            Au vu des exemples que l’on entraperçoit ici ou là, tout laisse penser que le niveau des élus de la nouvelle vague (ou tel grand mathématicien emblématique) sera très inférieur à celui des sortants, pourtant pas mirobolant lui non plus. Beaucoup de candidats En marche, en tête au premier tour, refusent les débats de second tour de peur d’y perdre la face. Leurs prestations publiques sont souvent lamentables. A part quelques vieux chevaux de retour du centrisme comme Jean-Louis Bourlanges ou Marielle de Sarnez qui, après des années aux marges ont trouvé là une occasion inespérée d’émerger, la plupart des nouveaux élus n’ont pas d’expérience de la vie parlementaire. Cela promet de beaux pataquès. Ils s’y feront, dit-on, ce qui veut dire qu’ils sauront bien vite revenir aux ornières.

            […]

            Peut-être beaucoup des nouveaux députés imaginent-ils pouvoir, par un changement d’« esprit », porter remède à l’immense malaise des Français. Mais que savent-ils des raisons de ce malaise ? Combien d’entre eux ont une connaissance assez fine de la chose publique pour en analyser les causes ? Le président lui-même l’a-t-il ?

            Il est à craindre au contraire que, partageant de manière assez imprécise le souci de faire du neuf, la plupart ne soient prisonniers des archétypes idéologiques soi-disant modernes qui sont, dès qu’on les étudie un à un la principale cause des maux dont souffrent nos compatriotes ? Plus d’intercommunalité et de décentralisation alors que les maires et les contribuables en sont accablés ? Plus d’Europe pour résoudre le chômage et simplifier les réglementations ? Plus d’ouverture à l’autre pour prévenir le terrorisme ? On ajouterait plus de pédagogie pour résoudre l’illettrisme, si le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, n’avait pris quelques mesures de bon sens plutôt rassurantes dans ce climat de déraison généralisée où nous nous trouvons : retour au redoublement, au latin, aux classes d’élite dites bilingues – pas question en revanche de remettre en cause la méthode globale, la plus grande des folies. Mais précisément ces mesures montrent que seul est populaire et efficace ce qui apparaît rétrograde par rapport aux modes. Et il en est ainsi dans presque tous les domaines. Ce qu’attendent en réalité les Français : tout le contraire du macronisme. Macron ne réussira qu’en faisant de l’anti-Macron.



            Bien sûr, il y a l'interprétation pas trop pessimiste d'Eric Zemmour :

            Éric Zemmour : « L'abstention de masse, conséquence logique d'une campagne sans enjeux idéologiques »

            L'économisme a régné en maître incontesté. Les sujets « nobles » ont relégué les sujets que les médias et les élites trouvent « vulgaires ». Marine le Pen elle-même a prêté la main à cette opération de nettoyage idéologique. Elle a privilégié la question de l'euro à celle de l'islam. Son résultat décevant est la conséquence directe de ce choix. Ses électeurs furieux et vindicatifs sont restés à la maison, la privant des dizaines de députés dont elle rêvait.

            Cette forte abstention populaire fait renaître le suffrage censitaire. Au-dessous d'un certain revenu, on ne paye pas d'impôt direct (ni impôt sur le revenu ni bientôt de taxe d'habitation) et on n'est pas vraiment un citoyen à part entière puisque les sujets qui vous importent ne sont pas jugés suffisamment nobles pour atteindre la sphère du débat public. Le bloc bourgeois favorable à la mondialisation, à « l'ouverture » et à l'Europe, qui a fait l'élection de Macron, a retrouvé la totale maîtrise du débat idéologique et politique. Encore une fois, le moment Macron nous ramène à celui de 1830, quand le suffrage universel était refusé par des bourgeois qui se méfiaient des « classes dangereuses ». Enrichissez-vous, leur conseillait Guizot.


            Je crains que le mal soit plus profond, cette vérole de quinquennat (une des multiples raisons de fusiller Jacques Chirac avant qu'il meurt de mort naturelle) achève d'éloigner les Français de la politique. Ils s'en sont remis à n'importe qui.

            Et pendant ce temps, le vandalisme continue :

            Michèle Tribalat : « Une immigration illégale incontrôlable détruit toute idée de maîtrise »





            jeudi, juin 15, 2017

            La défintion de l'optimiste par Georges Bernanos

            Je relis, pour prendre de la hauteur, les écrits de combat de Georges Bernanos.

            Comme l'auteur est un visionnaire, le fait qu'il soit mort en 1948 n'enlève rien à leur actualité et à leur fraicheur. Ses textes sont dévastateurs, écrits à la grenade et à la bayonette, sans une once de vulgarité.

            Dire que c'est un géant est réducteur : Bernanos est Bernanos.

            Il est de la trempe de Chesterton, la poésie et la fantaisie en moins, la colère en plus. Le rapprochement avec Péguy est aussi naturel : Bernanos, réformé, engagé volontaire, plusieurs fois blessé, s'obstine à refuser la légion d'honneur.

            Je me demandais ce que peut bien en penser Eric Zemmour (le rapprochement étant évident pour qui voit au-delà des apparences du juif et du chrétien) quand je tombe (merci Google) sur cet article de 2014 par Charles Gave : Zemmour et Bernanos. Les esprits se rencontrent.

            Gave a raison : Bernanos est un prophète d'Israël. Il voit ce qu'il voit, plus loin et plus précisément que les autres, et aucune force terrestre ne peut le faire taire.

            Simone Weil, lettre à Bernanos, printemps 1938

            Depuis que j'ai été en Espagne, que j'entends, que je lis toutes sortes de considérations sur l'Espagne, je ne puis citer personne, hors vous seul, qui, à ma connaissance, ait baigné dans l'atmosphère de la guerre espagnole et y ait résisté. Vous êtes royaliste, disciple de Drumont - que m'importe ? Vous m'êtes plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d'Aragon - ces camarades que, pourtant, j'aimais.

            Parait-il que ses derniers mots ont été : « A nous deux ».




            Au fait, sa définition de l'optimiste ? L'optimiste ne trouve jamais rien de révoltant. Si le fisc lui prend tout, même ses vêtements, il explique qu'il se promène nu parce que c'est bon pour la santé.








            mercredi, juin 14, 2017

            Bourgeois à vomir : Guaino est un con de dire ça, mais …

            Henri Guaino :

            « Je suis allé au bout du bout de mes engagements politiques. Ce soir, j'ai épuisé le sujet. [...] Même si l'électorat qui a voté dans la 6e circonscription de Paris aujourd'hui est, à mes yeux, à vomir. Entre les bobos d'un côté qui sont dans l'entre-soi de leur égoïsme. Et puis il y a cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite, qui va à la messe, envoie ses enfants au catéchisme et puis après votent pour un type qui pendant trente ans s'est arrangé à tricher par tous les moyens [...], un peu pétainiste, vous savez tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite . »

            C’est un con de dire ça, car, s’il avait été élu, il aurait accepté les voix des « à vomir » sans hésiter. Ce n’est donc pas à lui de dire cela, le procédé manque singulièrement d’élégance.

            Mais, sur le fond, il n’a pas vraiment tort : les centristes bourgeois catho-mous sont toujours prêts à trahir la France.

            Ce sont les louis-philippards, les orléanistes, les anglophiles, les germanophiles, les américanophiles (mais pas francophiles) de toujours. Ce sont les bourgeois qui se servent.

            Mais soyons justes, il y a des bourgeois catholiques d’une autre trempe. Ce sont eux qui ont donné les d’Estienne d’Orves, les Leclerc et même De Gaulle. Ce sont les bourgeois qui servent.

            dimanche, juin 11, 2017

            Elections 2017 : analyse d'un désastre politique

            Les élections de 2017 sont un désastre pour la France non seulement par leur résultat mais plus encore par l'indigence de la campagne électorale. Aucun enjeu n'a été posé et discuté. Le résumé que j'en fais est :

            « Hollande, Macron, Drahi, Niel et tous leurs copains de l'hyperclasse mondiale ont pris les Français pour des cons et les Français, y compris ceux de l'opposition, leur ont donné entièrement raison ».

            Essayons d'y voir clair, des causes structurelles lointaines aux causes conjoncturelles proches :

            1) L'individualisme. Il tue la politique : s'il n'y a que moi qui compte, le bien commun, raison d'être de la politique, disparaît. Pourtant, l'homme ne pouvant vivre seul, il est nécessairement soumis à la politique. Notre oubli (plus que notre mépris) de la politique est gros des pires catastrophes face à ceux qui n'ont pas oublié de faire de la politique. Les Français se sentent de moins en moins français et finiront par le payer.

            2) L'effondrement de l'intelligence et de l'éducation (depuis cinquante ans) des Français (et plus généralement, des occidentaux). Bernanos disait qu'il fallait refaire des hommes libres. Nous n'en sommes même plus là, il faut d'abord refaire des hommes qui ne soient pas des abrutis et des tarés.

            3) La puissance des techniques de manipulation des masses atteint des records. Si Drahi et Niel se voient en tête à tête, ils doivent bien rigoler comme, paraît-il, faisaient les augures à Rome.

            4) La dissolution de l'armature idéologique de la droite dans le mode de vie actuel, qui trouve ses racines dans le gauchisme culturel. Inversement, la domination des medias.

            5) L'habileté indéniable de François Hollande et la parfaite bêtise de François Fillon et de Marine Le Pen.

            6) Les qualités mondaines d'Emmanuel Macron.

            Avec Macron, l'hyperclasse mondiale a tiré la leçon de Brexit et de Trump : le mieux pour que les débats dangereux ne donnent pas des résultats désagréables, c'est de les empêcher d'être posés en parlant d'autre chose, en saturant l'espace médiatique de futilités. Et finie la nonchalance, l'hyperclasse, qui croyait avoir gagné définitivement et se laissait aller, repart au combat.

            Addendum très important, suite au commentaire d'un lecteur : 

            une des armes du Système les plus efficaces, peut-être même la plus efficace, c'est l'amnésie. Le Système cultive dans l'opinion publique une mémoire de poisson rouge « Oh ! Il est beau l'appartement ... Oh ! Il est beau l'appartement ». C'est la fonction essentielle des chaines d'information : une information chasse l'autre et on oublie tout.





            La plupart des gens sont conscients que le Système éradique la mémoire longue en sabotant l'enseignement de l'histoire. Mais ils sont moins conscients que l'hystérie de l'actualité à jet continu lobotomise la mémoire courte.

            Et que cette euthanasie de la mémoire est primordiale pour la pérennité du Système. Si les gens s'étaient souvenus que le discours sur le renouvellement de Macron était similaire au discours sur le changement de Hollande, leur enthousiasme aurait été moins prononcé.

            Faites l'exercice : citez trois événements de 2016, de 2015, de 2014. Du mois dernier. De la semaine dernière.

            Coupez les chaines d'information en continu, jetez votre télévision. Je le répète par acquis de conscience, mais je sais que mes arguments comptent peu.

            Pour en discuter souvent, je constate qu'il y a ceux qui ont compris et à qui mes raisons sont inutiles et ceux qui ne veulent pas, ne peuvent pas, comprendre, quoi que je dise. On est aucoeur de Pilule bleue / Pilule rouge.

            Tiens, une autre pilule rouge :






            Même à la campagne, cernés par les cons

            Des néoruraux font condamner un éleveur à déplacer ses vaches

            Je me méfie de la manière dont journaux rendent compte des affaires judiciaires.

            Mais si la moitié est vraie, c'est déjà bien navrant (mais pas surprenant, puisque nous vivons dans un monde navrant).

            vendredi, juin 09, 2017

            La ville corrompue

            Quittons-donc cette ville où le crime est le maitre, 
            Où l'honneur décrié n'oserait plus paraitre ;
            Où l'on voit cent tyrans s'élever jusqu'au cieux
            Et jouir de nos biens, à leur aise, à nos yeux;
            Où ce riche insolent, cette âme mercenaire,
            Qui fut jadis valet des valets de mon père,
            Ne va plus qu'en carrosse ou qu'en chaise au palais,
            Et se fait suivre en cours d'un peuple de valets.

            Boileau


            Nos politiciens et l'histoire vus par Bainville

            « Un politicien qui ne connaît pas l'histoire est comme un chirurgien qui n'est jamais entré dans un bloc opératoire ». Jacques Bainville.

            Quand on voit le niveau atterrant de nos politiciens en histoire ... Pour eux, l'histoire se résume à la Révolution et à la seconde guerre mondiale et, encore, ils ne les connaissent que par des caricatures fausses (la Résistance de gauche, Vichy de droite, par exemple).

            Cette ignorance crasse de l'histoire n'est pas un accident, c'est la conséquence naturelle du gauchisme culturel. Si on considère qu'il y a un progrès continu et inévitable, que nous sommes meilleurs que nos ancêtres, nous n'avons rien à apprendre de ce qui s'est passé avant nous.

            A contrario, les conservateurs savent que nous sommes, comme disaient les anciens, des nains juchés sur les épaules de géants et que l'histoire à des choses à nous apprendre.

            Allez, un peu d'histoire, nous sommes en 1830 :

            Éric Zemmour: « Non, nous ne sommes pas en 1958, mais en 1830! »

            Un résumé écrit de la conférence de Buisson :

            Patrick Buisson: « Emmanuel Macron ne peut pas être en même temps Jeanne d'Arc et Steve Jobs »

            Tiens puisqu'on parle d'histoire :








            jeudi, juin 08, 2017

            Lattons encore un coup Onfray

            Le nihilisme mondain d'Onfray me révulse. Ce n'est pas seulement intellectuel, c'est philosophique, spirituel. Son appel à ne pas faire d'enfants me donne envie de lui foutre un coup de boule.




            Et ses préciosités utopiques sont étrillées par Zemmour :



            (Ce qu'il peut m'agacer Zemmour avec ses coquetteries marxistes. On voit là son incapacité à s'élever au-dessus du polémiste. Mais peut-être ne le veut-il pas).


            Macron me fait peur

            Emmanuel Macron me fait peur (je ne suis pas seul) :

            ♗ en tant qu'homme : ce n'est pas quelqu'un d'équilibré (mais un président doit-il être normal ?). Il donne une impression de vide qui provoque le malaise et je le crois sans frein intérieur.

            ♗ en tant que gouvernant, il a une politique très néfaste pour la France (immigrationniste, européiste (1), atlantiste).

            ♗  en tant que politicien, il est bien parti pour ne rencontrer aucune résistance organisée, la prétendue opposition est nulle, plus que nulle, et ses partisans sont des godillots. La nature ayant horreur du vide, il rencontra une résistance désorganisée, qui rend toutes les excès possibles, dans un sens ou dans l'autre, par action et par réaction.

            Le totalitarisme du XXIème siècle a ce génie d'avoir remplacé la force par le care, la contrainte par la manipulation, le camp de concentration par la télévision,  mais il déteste toujours autant les hommes libres, les pensées dissidentes.

            Allez, un peu d'optimisme :

            Bonne nouvelle ! Rien ne semble encore le montrer mais les conditions de l'échec de Macron se mettent doucement en place ...

            Macron a réuni derrière lui tous ceux qui plombent la France. Il suffira de le faire tomber pour que, par effet domino, tous le suivent dans sa chute.

            ************
            (1) : les démolitions n'attendent pas. Sylvie Goulard annonce qu'elle sabotera l'industrie d'armement française au nom de l'européisme. On se doute bien que les grands gagnants seront les Américains (à moins que les européistes achètent russe !).

            Rochedy sur l'avenir de la droite française

            Video sur l’avenir de la droite de Julien Rochedy, ex Front National de la Jeunesse, qui a quitté le FN en 2014 en arguant que la ligne « Ni droite ni gauche » était une illusion funeste.

            La suite lui a donné mille fois raison.Vous pouvez aussi regarder la première partie de l'émission, assassine pour le marino-philippotisme.

            Rochedy est très clair, plus efficace politiquement, plus réaliste, que la nostalgie à la Zemmour. Et puis, il exécute l’irritante pose marxiste de certains droitiers (encore, cette semaine, Zemmour se vante de son marxisme).

            J’ai varié durant ces quelques semaines sur ces sujets (souverainisme, Euro, union du peuple de droite et du peuple de gauche, union des droites …), ce qui est ma manière de maturer ma réflexion. Je commence à cristalliser mes opinions et je suis désormais très proche des positions de Rochedy exprimées dans cette video.



            La droite ne doit pas être :

            ♘ Seulement nostalgique. Elle ne doit pas avoir les yeux tournés vers le passé, c’est beau mais c’est électoralement perdant à tout coup et la politique n’est pas un jeu, c’est pour gagner le pouvoir et pour bien l’utiliser.

            ♘ Marxiste populiste. Elle ne doit pas opposer les classes mais les réconcilier dans la nation.

            ♘ Ne pas être « souveraino-souverainiste ». Le sujet n’intéresse pas vraiment les Français, en tout cas pas assez pour gagner les élections. On peut le regretter mais la politique est faite de réalités.

            ♘ Ne pas être « identitariste ». Cela ne correspond pas à l’esprit européen, encore moins français.

            ♘ Ne pas être économiste.

            Mais aussi, être un peu de tout ça, d’une manière équilibrée et intelligente. Et surtout, avoir un projet offensif, vers l'avenir, et pas seulement défensif et nostalgique. Je reviens à mon dada de l'ouverture sur la mer et sur le monde (par opposition à « l'ouverture à l'Autre », qui consiste non pas à se projeter, mais à laisser l'Autre se projeter en nous, nous envahir).



            L’escroquerie Macron

            Le truc fondamental de l’escroc est de vous vendre une illusion que vous avez êtes prédisposé à croire.

            Le maire du petit village breton escroqué par un type qui leur a fait croire que Johnny Hallyday viendrait faire un concert l’expliquait très bien : « Avec le recul, c’est facile de dire que nous avons été idiots mais nous avions tellement envie de croire que Johnny s’intéressait à notre trou perdu ».

            Emmanuel Macron a été un super-escroc. Il y a de ma part un jugement moral très négatif (escroc, c’est mal), mais une certaine admiration pour sa capacité de séduction et son intelligence. Il a su exploiter au mieux l'attente de l'homme providentiel en laissant les gens se faire un film, s'imaginer que c'était lui.

            Les Français ont choisi (mais avaient-ils vraiment le choix ?) de voter Macron, c’est-à-dire de croire au conte de fées qui dit que l’histoire n’est pas tragique, que la politique n’est pas conflictuelle, que nous avons pas d’ennemis, que tout le monde il est beau tout le monde il est gentil (sauf les méchants « fachisses racisses »), que les problèmes politiques se résolvent à coup de « compétence », qu’un grand sourire et un certain air de jeunesse valent brevet d’autorité et de bonne politique, que « penser printemps » supplée à tout.

            Hélas, les réalités méprisées ont la désagréable habitude de rappeler par surprise leur existence. Et violemment.

            Face à cette irruption inévitable des réalités dérangeantes, Emmanuel Macron réagira avec une idéologie, des conceptions, qui auront été fort peu débattues durant la campagne électorale. Les questions essentielles semblaient de connaître le travail effectué par Pénélope Fillon il y a quinze ans et de vérifier qu’Emmanuel Macron pouvait recracher un polycopié de l’ENA mieux que Marine Le Pen.

            Les Français ont été pusillanimes face à cette escroquerie. Comment disait Bossuet déjà ? Dieu rit des prières qu’on lui fait pour écarter des maux dont on chérit les causes.


            mardi, juin 06, 2017

            La Chinoise

            Ayant lu un livre d’Anne Wiazemsky par le plus grand des hasards, j’étais intéressé par ce film où elle tient la vedette.

            Il y a une certaine esthétique, mais c’est à se pisser dessus de rire. Entendre tous ces bourgeois au chaud disserter sur la révolution (une révolution dont il faut rappeler qu'elle pataugeait dans le sang de millions de Chinois), c’est d’un grotesque. En même temps, c’est désespérant parce que, cinquante ans après, nous savons que ce sont eux qui ont pris le pouvoir et ont mis notre monde dans le sale état où il est. Comment a-ton pu laisser le manche à des abrutis pareils ?

            Anne Wiazemsky, qui ne paraît pas la plus débile de la bande, qui semble garder du recul, de la réserve, a l’honnêteté d’écrire que la seule personne vraiment intéressante (je me demande si elle n'écrit pas « intelligente ») de sa famille est son grand-père, François Mauriac. On peut le lui accorder.


            Le chômage et l’islam : les deux gourdins du Système

            Le chômage et l’islam sont les deux gourdins du Système en Europe, les moyens de pression qui empêchent les peuples de se révolter.

            D’un côté, on dissout ta communauté de proximité, ton village, ton quartier, ta ville en déversant des tombereaux d’étrangers inassimilables c’est-à-dire musulmans (1). Les Américains, qui n’ont pas nos lâches pudeurs, ont montré que l’hétérogénéité ethnique sapait la cohésion sociale (2). Les CPF jouent le rôle des kapos du Système.

            D’un autre côté, si tu mouftes, chômage.

            Comme ces choses là sont bien faites.

            Un complot ? Même pas. Une simple convergence d’intérêts de l’hyper-classe mondiale. C’est au fond une mauvaise nouvelle : un complot est plus localisé et plus facile à combattre.

            Un espoir ? La refermeture des frontières. Les attaques hystériques comme Trump nous font rire tellement elles paraissent dépasser les bornes de la raison, mais elles sont en réalité raisonnables : Trump est bien une menace mortelle pour l'hyper-classe mondialisée et ses laquais car il légitime l'idée que l'avenir pourrait ne pas être à toujours plus d'ouverture.

            *****************
            (1) : c’est une question de nombres. Un musulman est assimilable, pas un million de musulmans. Encore moins six ou sept millions.

            (2) : c’est évident, comme l’effondrement du niveau scolaire. Mais nous vivons dans un monde où il faut des études longues et couteuses pour prouver que la pluie mouille.

            Terror and the Teddy Bear Society

            Terror and the Teddy Bear Society
























            Il y a des occidentaux qui méritent de mourir, ou, du moins, qui ne méritent pas d'être défendus contre les terroristes musulmans. Quand le quartier du Bataclan vote à 90 % pour Macron, dont les indulgences islamophiles sont connues, ça serait vraiment gaspiller des vies que de sacrifier qui que ce soit à défendre ces gens là.





            lundi, juin 05, 2017

            Islam et violence : ça fait du bien de lire ces quelques mots dans un journal grand public

            Pascal Bruckner : « Désolé M. Castaner, Daech appartientbien, hélas, à la sphère musulmane »

            **********
            Une remarque préliminaire: on assiste, en France, à une impressionnante multiplication de théologiens et de spécialistes en islam. Nos politiques sont tellement informés qu'ils savent mieux que les musulmans ce qu'est l'islam lui-même !

            […]

            Dire que ce terrorisme n'est lié a aucune religion c'est tout simplement faux. Le calife et ses soutiens se revendiquent de l'islam. C'est un des visages, fort heureusement pas le seul et pas le principal, mais c'est un des visages de l'islam. En outre, si toutes les religions comptent dans leurs rangs des criminels et des assassins, la systématisation de la terreur n'appartient aujourd'hui qu'à la sphère islamique. Le nier c'est se priver du moyen de désigner ceux qui veulent nous tuer et qui le font comme à Londres « au nom d'Allah ». Personne aujourd'hui ne tue au nom de Jésus, Vishnou ou Moïse.

            Rachid Kassim, l'un des organisateurs des attentats en France l'avait déclaré avant d'être tué par un drone américain : ses motivations n'étaient ni sociales, ni idéologiques (colonisation) mais religieuses. On ne peut en rien exonérer l'islam des crimes qui sont commis en son nom. Ceux qui le font rejoignent le discours de Tariq Ramadan qui veut noyer la singularité d'une grande confession dans la masse des crimes mondiaux, dans la nuit de l'équivalence. Pourtant les islamologues comme Gilles Kepel ou Suleiman Mourad sont très clairs. Ce dernier, dans son essai La mosaïque de l'islam (http://www.fayard.fr/la-mosaique-de-lislam-9782213701233), écrit: « Les penseurs sunnites qui ont soutenu que le Coran pouvait servir à la modernisation se sont empêtrés dans un bourbier conceptuel, ce qui explique la crise de la pensée islamique aujourd'hui. Le Coran, poursuit Suleiman Mourad, légitime nombre de choses embarrassantes pour les musulmans modernistes: l'esclavage, le djihad armé, le contrôle des femmes, la polygamie et des aberrations scientifiques… »

            […]

            Adonis, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Abdenour Bidart pourtant ne cessent de nous mettre en garde. Au fond, cette rhétorique est très anglo-saxonne. Pour les Américains et les Anglais, toute religion est bonne en soi. Mais l'islam n'a pas connu les lumières et la réforme interne. La vérité que nous sommes obligés de répéter sans cesse est la suivante: ces massacres n'ont pas de causes sociales, économiques, pathologiques mais bien théologiques. Garder les yeux grands fermés comme M. Castaner augure mal de la politique du gouvernement.
            **********

            Bien sûr, il n'y a nulle révélation pour les hommes de bon sens qui ont le courage de voir ce qu'ils voient, les hommes libres, mais il semble que cette race soit en voie de disparition.

            Je ne sais plus qui (help commentateurs) disait récemment qu'il y avait disparition de l'éducation à la singularité, cette disparition que JP Brighelli appelle la fabrique du crétin à propos du système scolaire mais qu'on peut étendre à toute notre société. Phénomène que Dalrymple qualifie d'individualisme sans individualité.

            Quiconque a ou fréquente des enfants devrait être sensible à ce sujet (ils demandent tous le même jouet à Noël, ils voient tous Blanche Neige comme Disney le leur a dessinée, etc.). Mon expérience prouve que ce n'est pas le cas. Dommage.

            On m'a raconté récemment l'histoire d'un universitaire qui s'est retiré du monde (ça peut mal finir). Le point qui m'intéresse est qu'il a laissé ses enfants et sa femme à ses parents. Les enfants nous attachent au monde, aussi pourri soit-il.

            Quel rapport avec le terrorisme musulman ? Des enfants musulmans commettront des attentats chez nous, comme cela se passe aujourd'hui au Moyen-Orient. Et quels meilleurs sujets pour l'endoctrinement que ces individus sans individualité ?

            Que faire en cas d'attaque terroriste musulmane ?

            C'est très simple :














            On aurait pu ajouter un 5bis : « Insister sur le fait que les terroristes tuent plus de musulmans que de chrétiens » (sur cette affirmation débile, voir Raymond Ibrahim).

            Et hop, une couche de Dalrymple, toujours aussi net dans ses exécutions :

            Clichés and Platitudes : the default response to terrorist atrocities remains unchanged. (Theodore Dalrymple June 4, 2017)

            samedi, juin 03, 2017

            Chers souverainistes, méditez Zbigniew Brzezinski

            Zbigniew Brzezinski, décédé la semaine dernière, était le géo-stratège démocrate comme Kissinger est le géo-stratège républicain.

            Que disait-il de l'Europe ?

            « Les pays européens seront nos vassaux mais nous leur laisseront croire qu'ils sont nos alliés pour protéger leur amour-propre ». C'est un principe d'économie : si les Etats-Unis peuvent obtenir la vassalisation des pays européens en distribuant des satisfactions d'amour-propre, ils auraient tort de se priver.

            Les souverainistes me font marrer : on est souverain parce qu'on est indépendant. Et on est indépendant parce qu'on est puissant.

            Les « solutions » à la Le Pen sont idiotes : «y a qu'à fermer les frontières ». Certes, mais sans puissance, c'est crétin, on est juste l'Albanie.

            Comment retrouver la puissance ? Par l'esprit et par une bonne stratégie. Tout cela nécessite du concret, sans quoi ce n'est que du blabla de comice agricole, pardon, de talk show.

            Par l'esprit ? Retrouver nos frontières n'est pas le début du paradis sur terre, mais le début de l'effort collectif (par opposition à la souffrance d'individus atomisés par le Léviathan). On parle là de philosophie, de doctrine et de charisme. De Gaulle appelant en 1958 les Français à l'effort est un excellent exemple. Le principe politique est décliné en décisions.

            Par une bonne stratégie ? La souveraineté de l'Europe ne se trouve ni de l'autre coté de l'Atlantique ni de l'autre coté de l'Oural. Elle se trouve en Europe (quelle trouvaille !). L'Europe a, par sa position géographique, un rôle de balancier entre la Chine et l'Amérique. A elle de se rappeler de ses atouts et de les faire valoir (conférence de PY Rougeyron sur la France et la mer).

            Le projet euroipéiste enferme la France sur le continent dominé par l'Allemagne, la rabougrit. Il est temps que la France se rouvre au monde (et non à «l'Autre »). Et cette ouverture se fera par la mer.

            Les circonstances y sont favorables :

            Rupture entre le monde Anglo-Saxon et le monde Européen.

            Nous souffrons de la nullité crasse de nos politiciens, dont la pensée stratégique est inexistante, stérilisés qu'ils sont par l'européisme. Sans compter qu'en plus un atlantisme de laquais les achève.

            Mais les Français sont aussi coupables : de même qu'ils sont mal venus de se plaindre du désastre économique alors qu'ils refusent de sortir de l'Euro, mère de toutes les batailles (1), à force de voter pour des techniciens sans vision de la France, on ne peut avoir que les gratte-papiers.




            ***************
            (1) : comme dit Charles Gave : « Que les Français acceptent que leur industrie soit détruite par les Allemands, voila qui ne regarde que les électeurs français, attachés à l’euro comme un pendu l’est à sa corde. »

            vendredi, juin 02, 2017

            Ecole : la voie d'avenir, doubler le nombre d'élèves par classe

            Quand on ne veut pas regarder les choses en face, quand on consacre toute son énergie à fuir le réel, on s'épuise sans fin à traiter les symptômes d'une maladie qu'on prend bien soin de ne pas soigner.

            La mode est la réduction des effectifs des classes. C'est doublement stupide : d'une part, on sait qu'il faut un effectif minimum, autour de vingt-cinq élèves, pour susciter l'émulation, d'autre part, aucun, absolument aucun, des problèmes de l'école ne trouve sa cause dans un sureffectif.

            La diminution de l'effectif a pour seul effet bénéfique d'atténuer le stress des enseignants d'une école qui refuse d'affronter ses problèmes.

            Sous le Second Empire, il y avait sans difficulté des classes de quatre-vingts élèves. Après guerre, des classes supérieures à trente élèves étaient la norme.

            Les élèves ont changé ? Fausse excuse, sauf pour les immigrés.

            Ce qui a vraiment changé, c'est l'école, c'est la pédagogie, ou l'absence d'icelle, c'est l'objectif : l'école n'a plus pour ambition d'enseigner, mais de distraire ou, au moins, d'occuper.

            Alors, évidemment, au Club Med, il faut beaucoup de Gentils Organisateurs et assez peu de Gentils Membres. Sinon, le service se dégrade et les clients sont mécontents.

            Alors, si notre école se donnait pour objectif de doubler le nombre d'élèves par classe, là, ça serait innovant et audacieux.



            Régis Debray : « L'Union européenne nous permet de jouir du bonheur de quitter l'histoire »

            Régis Debray : « L'Union européenne nous permet de jouir du bonheur de quitter l'histoire »

            J'apprécie surtout le titre de cet article.

            Pour le reste, comme beaucoup de gauchistes repentis ou non, Debray méconnaît gravement la puissance des religions, notamment de l'islam. J'ai tendance à y voir un leurre satanique : on pointe de vrais problèmes mais pour mieux pouvoir minimiser LE vrai problème.

            jeudi, juin 01, 2017

            Michel Onfray, le raisonneur du vide

            Je pense que Michel Onfray est un imposteur, un poseur. Cela n'empêche pas qu'il a quelquefois raison (contre Sade, contre Freud), même une pendule arrêtée marque l'heure exacte deux fois par jour.

            Son instrumentalisation de ses origines modestes me choque particulièrement.

            Dans le débat, il est faux.

            Michel Onfray, le raisonneur du vide


            **************
            Le pamphlet s’attaque à celui que Philippe Muray nommait « Michel Homais ». Monsieur Homais est l’archétype flaubertien de l’individu anticlérical, athée, ambitieux aux prétentions scientifiques et cherchant en permanence les feux de la rampe. La formule sonne juste. Pour Lélian, l’imposture Onfray dure car il s’adapte en permanence aux nouveautés du temps. Un produit formaté en fonction des évolutions de la consommation ambiante. Dans le Traité d’athéologie par exemple : « Il ressort les antiennes idiotes que chacun entend depuis qu’au lycée un abruti de section littéraire a eu le malheur d’ouvrir un livre de Nietzsche pour pavoiser devant la gent féminine et lui donner des rougeurs en prononçant « rien que la terre » : « Le-croyant-croit-parce-qu’il-a-peur-de-la-mort-et-les-religions-ne-sont-que-la-seule-invention-des-prêtres-qui-cherchent-à-dominer ! »
            **************

            Chaque fois que j'entends parler d'Onfray, il me vient en mémoire une pensée de Blaise Pascal :

            **************
            Le monde juge bien des choses, car il est dans l’ignorance naturelle, qui est le vrai siège de l’homme. Les sciences ont deux extrémités qui se touchent. La première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L’autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu’ils ne savent rien et se rencontrent en cette même ignorance d’où ils étaient partis. Mais c’est une ignorance savante, qui se connaît.

            Ceux d’entre‑deux, qui sont sortis de l’ignorance naturelle et n’ont pu arriver à l’autre, ont quelque teinture de cette science suffisante et font les entendus. Ceux‑là troublent le monde et jugent mal de tout. Le peuple et les habiles composent le train du monde, ceux‑là le méprisent et sont méprisés. Ils jugent mal de toutes choses, et le monde en juge bien.
            **************

            Onfray est de ceux qui « font les entendus ».

            Sa position philosophique qui consiste, puisque notre civilisation fait naufrage, à bien mourir est lamentable. Cela donne peut-être une pose avantageuse dans les salons parisiens, mais, dans le monde des vivants, elle est idiote. Si tout le monde avait raisonné ainsi, il n'y aurait jamais eu aucune civilisation, car la civilisation est toujours une cause perdue.

            Si Onfray avait vécu à Lascaux, il ne se serait pas cassé le cul à dessiner des bisons sur les murs, c'est si vain quand on y réfléchit à la Onfray.

            Onfray se croit intelligent, mais ce sont ceux qui savent qu'il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre qui comprennent vraiment le monde. Plus prosaïquement, un chrétien (ou pas) qui marche va plus loin qu'un Onfray assis.





            Pilule bleue, pilule rouge

            Excellent billet de Stéphane Montabert :

            Pilule bleue, pilule rouge

            ***********
            Le choix de la pilule rouge n'est pas facile. Les médias dominants et les élites vous classent d'office parmi les gens infréquentables. En allumant radio ou télévision, vous êtes constamment insulté. Si vous avez le courage d'en parler, vos collègues de travail vous snobent et les promotions vous échappent. En persistant, vous pouvez vous fâcher avec votre famille, vos amis, vos voisins - en particulier, parmi eux, tous ceux qui se réclament sans cesse de la tolérance.

            Le chemin est difficile mais parfois, vous n'avez simplement pas le choix. Vous pouvez juste être confronté à une situation remettant en cause la vérité officielle de façon définitive. Avoir été sur la place de la gare au nouvel-an à Cologne. S'être frotté à la réalité des populations migrantes. Avoir été dans les environs du Bataclan lors des attentats de Paris, ou sur la Promenade des Anglais lors de ceux de Nice. La confrontation à un danger immédiat remet en cause les certitudes les plus établies. Il n'est plus possible de continuer comme avant. À moins d'opter pour une lobotomie volontaire, gober la pilule rouge devient alors une question de survie.
            ***********









            Les pauvres plaisirs de l’île désenchantée

            Les plaisirs de l’île enchantée sont la plus célèbre fête versaillaise, celle qui est restée dans les mémoires.

            Du 7 au 13 mai 1664, Louis XIV organise en l’honneur d’Anne d’Autriche, sa mère, et de la reine Marie-Thérèse, une fête sur le thème romanesque de la magicienne Alcine tenant prisonniers en son palais Roger et ses preux chevaliers. Amour, action et magie invitent la Cour au rêve. Inspirée de l’Arioste, la fête est dédiée en réalité à Mlle de La Vallière, maîtresse du roi. C'est l'ordonnateur de ses ballets, le duc de Saint-Aignan, qui a choisi le sujet tandis que Carlo Vigarani a retenu le lieu. Originaire de Modène, ce dernier est, depuis 1659, le grand metteur en scène des divertissements royaux où il a introduit machineries et décors italiens.

            Durant trois jours, les courtisans assistent au défilé équestre du roi dans le rôle de Roger, revêtu de somptueux habits de feu sur un harnais d’or, d’argent et de pierreries. Il est accompagné de cavaliers, tout aussi somptueux, qui descendent l’allée royale – Tapis vert –, suivis du char d’Apollon. Tous se dirigent vers le palais d’Alcine dressé sur le Rond-d’eau, futur bassin d’Apollon. Suit une course de bague dans laquelle les cavaliers doivent décocher de leurs lances un anneau relié à une potence. La nuit tombée, le Parc (et la du Parc) s’illumine de mille feux. Commence un ballet sur le thème des saisons tandis qu’un magnifique festin est servi par des serviteurs masqués et costumés.

            Le deuxième jour, la nuit venue, Louis XIV, costumé en Roger, donne à ses dames, sur la scène dressée dans l’allée, la comédie-ballet spécialement conçue par Molière et Lully : La Princesse d’Élide. Pour la première fois en France, théâtre et opéra, comique et romanesque sont associés. Bergers et bergères, entourés de faunes, dansent et chantent au son des flûtes et des violons. Le troisième jour voit l’embrasement du palais d’Alcine dans un fabuleux feu d’artifice orchestré par Vigarani. Une étonnante baleine flottante et ses deux baleineaux au-devant portent Alcine et ses servantes.

            Les festivités se poursuivent avec courses de chevaux, loterie, visite de la Ménagerie et représentations théâtrales : Molière donne pour la première fois, le soir du 12 mai, son célèbre Tartuffe. Malgré le soutien du roi, la pièce fait scandale et se voit interdite. La Cour retourne à Fontainebleau le dès le lendemain : un merveilleux songe prend fin.

            Bien sûr, comme toujours à Versailles, le symbole est très politique. Les rôles sont distribués avec précision pour manifester les hiérarchies et la singularité du pouvoir royal.

            L’avènement d’Emmanuel Macron, entouré de ses courtisans, qu’on appelle par une bizarrerie comique « journalistes » (1), me fait regretter une telle fête. La soirée du Louvre fut bien pauvre en comparaison des fêtes de Versailles et les courtisans manquent singulièrement de ce bel esprit français tant vanté. Ils sont lourds, grossiers, incultes et ne comprennent pas grand chose. Quant à avoir du style … mieux vaut n’en point parler.

            Il est vrai que notre roi est de pacotille. C’est une marionnette, dont on doute qu’elle ait envie de couper les fils qui la gouvernent. Au contraire, elle donne des gages à ses commanditaires et continuera probablement à en donner. Ceci explique sans doute cela : la comédie du pouvoir et sa mise en scène symbolique sont vite limitées lorsqu’on n’a qu’un pouvoir en carton-pâte.

            En fait d’île enchantée, la présidence Macron (2) m’évoque plutôt celle-ci :



            Qui se terminera comme ça (3) :




            **********************
            (1) : au fait, pour ceux qui douteraient de la manipulation médiatique des élections. En ce moment, le sondage à la mode est « Souhaitez vous qu’Emmanuel Macron ait une majorité parlementaire ? ». Si ça, ce n’est pas une question orientée …

            (2) : c’est marrant, je sais qu’Emmanuel Macron est une imposture, je trouve ses admirateurs ridicules, des naïfs, des gogos ou des cyniques (ou pire : Macronistes : c’est jeune et ça sait tout ? ), mais je n’arrive pas à le détester comme François Hollande. Signe que le Système a bien choisi son candidat.

            (3) : J’apprends que Marlène Schiappa demande à rencontrer Cyril Hanouna pour « dialoguer » suite à un « dérapage ». Ca ne me plaît pas du tout. Depuis quand et au nom de quoi les ministres convoquent-ils les amuseurs publics (même, pas très amusants) pour qu’ils rendent compte de leurs propos (car le « dialogue » avec un ministre, ça n’existe pas) et pourquoi l’amuseur en question se rend-il à cette convocation ? On imagine les hurlements des professionnels du chocage avec un ministre de droite ou Poutine. Mais, au camp du Bien, à Jupiter souriant, tout est permis. On imagine aussi, avec délice cette fois, le dialogue de haute tenue entre ces deux personnalités qui brillent au ciel de l’intelligence française et de la morale universelle.

            Libéral et conservateur … et chrétien ... et alors ?

            Vous connaissez mon interrogation sur la compatibilité entre libéral et conservateur.

            Patrick Buisson, lui, pense (voir sa video) que le libéralisme sociétal et le libéralisme économique viennent de se réconcilier dans la personne d’Emmanuel Macron et que le conservatisme doit se construire dans l’anti-libéralisme.

            Mais le rejet du libéralisme comme condition du conservatisme me gratte, tout simplement parce que le libéralisme, au sens large, fait partie de nos traditions, et c’est sans doute la plus forte, la plus spécifique. Mais j’ai la réponse près de moi : quelle philosophie libère l’homme tout en méprisant l’argent, rendant possible un libéralisme limité, raisonnable ? Bien sûr, le christianisme, notamment dans sa forme vraie, catholique.

            Oui, mais je tourne en rond. On sait bien que c'est l'abandon des vertus chrétiennes qui pose problème. En résumé, pour réconcilier libéralisme et conservatisme, il faut un troisième truc au-dessus qui les transcende et, pour l'instant, à part le catholicisme, je n'ai pas trouvé quoi.

            Natacha Polony analyse le Siècle et Bildelberg

            C’est très clair. Elle pose bien le problème de ces rencontres secrètes (puisque les participants s’engagent à ne pas dévoiler la teneur des conversations).

            Et voici le lien : ....... Hé bin non, la video a été supprimée de You Tube.

            On sait comment cette sécession des élites va se résoudre : le malaise du fait des réalités dérangeantes va augmenter au point que l’anarchie s’installera et que les frontières, nouvelles ou anciennes, vont se refermer et les élites vont se re-nationaliser. Le tableau général est évident. En revanche, je n’ai aucune idée des modalités de ce mouvement, ni dans l’espace, ni dans le temps.

            Aldo Sterone explique la radicalisation musulmane :

            v