samedi, janvier 30, 2010

La police de la pensée sévit

AFP :

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En pleine affaire Frêche, le PS s'est insurgé aujourd'hui contre des "propos méprisants à tonalité raciste" tenus contre un de ses candidats par le maire UMP de Franconville, alors que Valérie Pécresse, chef de file UMP francilienne, a crié à la "grossière manoeuvre de diversion".

Jeudi, Francis Delattre, ancien député et actuel maire de cette ville du Val-d'Oise, a déclaré à propos d'Ali Soumaré, tête de liste PS dans ce département, d'origine malienne: "Au début, j'ai cru que c'était un joueur de l'équipe réserve du PSG. Mais en réalité, il est premier secrétaire de la section de Villiers-le-Bel. Ca change tout!".

Ces propos, tenus lors d'un meeting des régionales auquel assistaient les ministres Valérie Pécresse, Rama Yade et le numéro un de l'UMP Xavier Bertrand, sont "méprisants, à tonalité raciste", a déclaré dans un communiqué Marie-Pierre de La Gontrie, porte-parole de campagne du président PS sortant et candidat en IdF, Jean-Paul Huchon.

Mme de La Gontrie a réclamé des "excuses", tandis qu'un autre socialiste, proche de François Hollande, Faouzi Lamdaoui, demande à "Nicolas Sarkozy d'intervenir pour mettre fin au +racisme décontracté+ et la +lepénisation tranquille+ qui gagne les rangs de l'UMP".

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Bien sûr, les propos incriminés ne sont pas aveuglants de finesse, mais quoi ? Seule la gauche, qui traite tous jours, avec la plus parfaite mauvaise foi, Sarkozy de fasciste, aurait droit à la bêtise ?

Ces cris d'orfraie à répétition de gens dont la probité est plus que douteuse me fatiguent.

Pierre Goldman

Je ne connaissais pas l'affaire Goldman et je n'en ai pas grand'chose à foutre : les causes pour lesquelles les gauchistes se branlent le Polichinelle et qui leur permettent de s'admirer dans le miroir complaisant de leur conscience élastique me laissent tout à fait indifférent.

Mais cet article est tellement clair et démonstratif de l'immoralité de la «gauche morale», que je vous y renvoie.

Pierre Goldman, encore et toujours

Ne croyez pas que cela soit du passé : on nous refait le coup avec Cesare Battisti.

Notamment, la manipulation de l'opinion publique, à coups de pétitions, de pression médiatique et de journalistes embrigadés, de façon à faire céder la justice, est on ne peut plus actuelle.

vendredi, janvier 29, 2010

Les contradictions de festivus festivus

Excellent article de Fromage Plus :

Le pays de Descartes

Non seulement les socialistes ne parlent pas le français, mais ils ne le comprennent pas

Non seulement les socialistes ne parlent pas le français, mais ils ne le comprennent pas.

Ce syndrome du «Je vois des racistes partout» (sauf, bien entendu, où il y en a vraiment) fait dire des choses ridicules.

Ca se prend pour le centre du monde moral, pour la conscience humaine, ça fait la leçon à la terre entière, mais ça ne comprend même pas sa propre langue.

Finalement, je vais finir par croire avec Montaigne que toutes les querelles sont grammairiennes. Comment discuter et débattre dans l'ordre avec des gens qui jargonnent et qui petit-nègrent ?

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Addendum : les socialistes, incapables de comprendre le sens figuré d'une expression comme «il est pas catholique» tombent tout à fait dans la novlangue décrite par Orwell (c'est moins qui rougeoie) :

« Ne voyez-vous pas que le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (...) Le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts. Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n'y a plus, dès maintenant, c'est certain, d'excuse ou de raison au crime par la pensée. C'est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte. La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. (...) Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu'en l'année 2050, au plus tard, il n'y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ? » (George Orwell, 1984)

jeudi, janvier 28, 2010

Où sont les Français ? (L'exemple de la burqa)

Où sont les Français ? Je ne suis pas le seul à me poser cette question. On dirait qu'il ont disparu du paysage, on ne les entend pas, on ne les voit pas.

Prenons l'exemple de la burqa.

Mes sondages personnels et les sondages publics disent qu'il y a une vaste majorité pour l'interdire.

La commission parlementaire sur le sujet rend un rapport, disant qu'il faudrait faire quelque chose mais que, c'est bien dommage mon pauvre monsieur, on ne peut point. Même un magistrat de gauche juge cette conclusion lâche et hypocrite.

Donc, le microcosme médiatico-politique désavoue les Français, les prend tout bonnement pour des cons, et rien, pas une réaction, pas un cri, pas de colère.

Les assauts conjugués et continus du système éducatif de la machine à abrutir dès le plus jeune âge et de la télévision ont considérablement amoindri les capacités des Français à penser et à agir. Mais, tout de même, ça fait drôle d'en constater les effets.

«Martine Aubry propose à la maire de Montpellier ...»

J'ai trouvé cette phrase dans Le Monde : «Martine Aubry propose à la maire de Montpellier de mener une liste contre Georges Frêche».

Ce barbarisme, «la maire», je trouve cela d'un disgracieux à vomir. Une telle manière de s'exprimer suffit à juger ceux qui l'emploient, inutile d'aller plus loin et d'essayer de comprendre ce qu'ils écrivent.

Vous direz que je deviens de plus en plus acariâtre, mais je n'ai plus envie de m'emmerder à subir le charabia des cons.

Identité nationale, burqa, même cinéma

Je vous ai dit que le débat sur l'identité nationale était une grosse ficelle pour éviter d'agir (1).

Je vous ai dit la même chose sur la burqa.

Mon analyse est amplement vérifiée sur la burqa : la commission parlementaire dit qu'il faudrait interdire la burqa mais que c'est compliqué, vous comprenez. Bref, qu'on ne fera rien. C'est lâche et mensonger : ce n'est pas la capacité de faire qui manque (des solutions juridiques, on en trouve toujours), c'est la volonté.

Nul doute que le débat sur l'identité nationale finira aussi en eau de boudin, pardon, en eau de kebab.

Pauvre France. Pauvres Français.

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(1) : les seules vraies questions sont celles qui ne sont justement pas posées : doit on arrêter l'immigration ? Doit expulser les immigrés ? Le débat tourne autour de «Voulez vous plus d'immigration ou beaucoup plus d'immigration ?» Aucun intérêt.

lundi, janvier 25, 2010

Les Z machines

Amis lecteurs, béotiens de la technique, il est temps que vous en appreniez un peu plus sur les Z machines.



L'article de Wikipedia étant très bien fait, je vous y renvoie : Z machines.

Que faut-il en retenir ?

Il y a une Z machine à Sandia, aux USA évidemment.

Elle a permis d'atteindre, pour des raisons pour l'instant inconnues, des températures supérieures à celle du soleil ou d'une explosion H.

On peut supposer qu'on arrivera à maîtriser de telles températures, puisqu'on arrive déjà à les créer (oui, je sais, je suis optimiste). Cela prendra sans doute des décennies et des milliards de dollars (vous voyez, je ne parle pas de yens ni d'euros. Les Etats-Unis, puissance au bord de la catastrophe, c'est une fable pour obsédés de l'anti-américanisme).

Les perspectives sont renversantes : on pourrait alors fusionner des atomes plus lourds, et donc plus aisément manipulables, que les classiques deuterium et hydrogène. On pourrait même choisir des couples qui ne dégagent aucune radioactivité.

L'espoir est une énergie quasiment inépuisable.

Le problème qui reste est : une Z machine peut elle avoir un rendement positif ? Produire plus d'énergie qu'elle en consomme ?

Aujourd'hui, nous en sommes très loin, mais il y a une autre manière de voir les choses : nous n'en avons jamais été si près.

Evidemment, la Z machine est honnie des écolos, elle met à bas tout leur millénarisme. Mais, bon, si on devait écouter ces gens ...

A serious man


Décidément, je ne comprends pas les critiques. J'avais lu que c'était le meilleur film des frères Coen. J'y suis allé en confiance. Amère déception.

Ce film est terne et décousu. Et puis, les histoires de rabbins, au bout d'un moment, ça lasse. Il n'est pas franchement mauvais, mais il n'est franchement pas bon.

Finalement, la bande-annonce est meilleure que le film.

Allez voir autre chose.

dimanche, janvier 24, 2010

L'anti Obama

L'apprenti-sorcier de la Maison Blanche

Mes doutes sur Obama vous sont largement connus : victoire d'Obama.

Le texte de Bernard Martoïa, dont vous ne trouverez aucun équivalent dans la presse obamaniaque (1) française,est certes incisif mais il me semble assez juste. Notamment, on pouvait très tôt douter de la compétence d'Obama.

C'est d'ailleurs un des problèmes de l'hyperdémocratie que la présomption d'incompétence(autre exemple : GW Bush, Ségolène Royal (2)) ne constitue pas un obstacle à l'élection.

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(1) : l'obamania de la presse française est facile à comprendre. L'élection d'Obama lui apparaît comme une validation de l'idéologie qu'elle martèle depuis trente ans : le métis, «l'ouvert», le «divers», le «mélangé», comme modèle, comme idéal, comme surhomme. Que la réalité démente cruellement cette idéologie ne suffit pas pour en changer. Ce n'est donc pas demain la veille que la presse française reconnaîtra qu'un homme dont les ancêtres viennent de vingt pays n'a aucune raison d'être supérieur à un homme issu de vingt générations de corréziens.

(2) : elle a certes perdu, mais elle est allée loin.

Un ministre raciste ! Que fait la Halde ?

Déclaration d'Azouz Begag : «Dans 10 ans, on sera entouré de Chinois, alors il faudra que l’on se serre les coudes, les Français, les Arabes et les Africains, afin de protéger notre identité.»

Aucune réaction de la presse bien-pensante et de la Halde.

Transposons : «Dans 10 ans, on sera entouré d'Arabes, alors il faudra que l’on se serre les coudes, les Français, les Auvergnats, les Bretons, afin de protéger notre identité.»

Selon vous, quelle serait la réaction de la presse bien-pensante et de la Halde ?

vendredi, janvier 22, 2010

Les mitres molles pour la burqa

Les évêques de France portent déjà une sorte de burqa, est-ce leur raison de s'opposer à une loi l'interdisant ?

On connaît bien l'illusion qui conduit à cette position idiote : toutes les religions monothéistes unies contre la République profane.

Mais c'est une illusion consistant à promouvoir l'union du loup et de l'agneau.

Les évêques sont victimes d'une mollesse gauchisante tout à fait indigne des traditions de notre Eglise gallicane.

Même ces élites là trahissent.

jeudi, janvier 21, 2010

Mon petit hommage à Albert Camus

A la fin des années 80, au lycée, nous étions deux camarades à disputer, lui était sartrien, moi camusien. Il y a de heureux hasards : Alphonse Boudard expliquait qu'il avait rejoint la Résistance parce que son ennemi intime dans le quartier était pour la Milice.

Certes, Sartre était plus brillant que Camus, mais où cela l'a-t-il mené ? Cette aisance supérieure à manier idées, concepts et mots l'a-t-elle conduit à une meilleure analyse ? Que nenni, l'intelligence est chose fugitive. Il ne suffit pas d'épater le germanopratin pour avoir raison. Avec le recul, on s'aperçoit que Camus tient bien mieux la route que Sartre.

Camus a été un vrai résistant. Sartre a joué au résistant (de la dernière heure). Parmi mille faits, celui-ci dit bien la différence entre les deux.

Les années de jeunesse sont des années de formation. Elles marquent. J'ai eu la chance d'avoir de bons maîtres et de saines lectures, c'est-à-dire des lectures exigeantes. Je comprends, à ce qu'on me raconte, que de moins en moins d'élèves de l'école publique ont cette chance et je le regrette amèrement.

Il y a longtemps que je n'ai pas ouvert un livre d'Albert Camus, peut-être vingt ans, les œuvres de Camus dans la Pléïade sont quelque part chez mes parents.

Pourtant, j'en garde l'empreinte. Je dois à Camus une bonne part de ce que je suis intellectuellement.

mercredi, janvier 20, 2010

Une petite zone de turbulences


Film de Michel Blanc. Un humour pince-sans-rire assez bienvenu.

Un retraité récent est pris d'un coup de blues. Perturbé par cet événement, l'équilibre familial chancelle. Le vernis des conventions et des habitudes craque.

Seule faute de goût de ce film (1), le fils est évidemment homosexuel (2).

Je pense que, pour les archéologues dans quelques siècles, cette obsession de l'homosexualité du cinéma occidental des années 2000 sera un sujet d'étonnement et donnera lieu à de longues et savantes analyses.

Vous connaissez mon opinion : par hédonisme, par refus de la vie, de la responsabilité, notre société valorise tous les comportements stériles (les quotas de femmes, la trop fameuse parité, sont un autre exemple : les femmes qui travaillent font moins d'enfants).

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(1) : ce n'est pas une faute de goût d'être homosexuel (quoique, après tout, n'ayant pas ce goût là, je me sens fondé à estimer que c'est assez disgracieux), c'en est une de mettre des homosexuels dans (presque) tous les films.

(2) : rappelons à ceux qui ne vont pas au cinéma que les deux intrigues principales du cinéma français actuel sont «quand le noir va-t-il sauter la blanche ?» et «comment annoncer à papa (ou à maman) que je suis pédé ?».

La parité, acte de foi de nos dirigeants


C'est curieux, vous ne trouvez pas, cette façon qu'on a de nous expliquer que les femmes sont tellement supérieures aux hommes qu'il faut absolument une loi pour nous forcer à en mettre un peu partout ?

lundi, janvier 18, 2010

Porco Rosso


Vous ne serez pas étonnés que ce film plein d'avions superbes soit cher à mon cœur et reste parmi mes favoris de Miyazaki. Vous trouverez à ce lien une analyse.

Je suis encore au regret de constater la médiocrité de la critique cinématographique française, qui, toute pleine d'idéologie, semble considérer que la principale qualité de ce film est dans son opposition au fascisme ! Je vois là un aveuglement du aux préjugés. Cette faute de goût est aussi pour un critique, qui fait profession d'avoir du goût, une faute professionnelle.

Ce film a été plutôt un échec en France à sa sortie mais s'est bien rattrapé en DVD, autrement dit, à mesure que le temps passe, que le poids des critiques patentés s'allège et que celui de la réputation s'accroit, il gagne du public.

Démoralisez, démoralisez, il en restera toujours quelque chose


Cette video est de 1985.

Elle a hautement réjoui un mien collègue qui est persuadé que la dissolution actuelle de notre société (maternalisme, stérilité, absence d'auto-défense, immigrationnisme, hédonisme irresponsable ...) est une victoire posthume du communisme.

On notera avec intérêt que le but de la manœuvre est de démoraliser l'adversaire, de lui faire perdre la croyance en ses propres valeurs, en son propre pays, en lui-même. Il n'y a qu'à voir la vague de repentance qui nous submerge, la xénophilie obsessionnelle, le mépris dans lequel on tient toutes nos traditions (1).

Tout y est : le fait que sont ciblés les étudiants, les journalistes, les politiciens ; que la cible prioritaire n'est pas les gauchistes, déjà convaincus, mais les autres ; que rien n'est caché, qu'il suffit d'avoir des yeux et des oreilles pour voir et entendre.

Un des points les plus marquants est l'affirmation, maintes fois prouvée depuis, qu'un endoctrinement réussi est pratiquement imposssible à remettre en cause. Combien de nos intellectuels, vingt ans après la fin de l'URSS, gardent la nostalgie du communisme ? Et même quand ils répudient le communisme, ils en gardent les habitudes de pensée, les mécanismes de raisonnement. C'est pourquoi je suis convaincu que l'«esprit de 68», puisque c'est ainsi que s'appelle en Occident le résultat de la manoeuvre de démoralisation soviétique (2), ne disparaîtra qu'avec ceux qui le portent.

Bien sûr, il faut prendre cela avec des pincettes : après tout, un ancien du KGB passé à l'ouest n'est pas un enfant de choeur. Mais, enfin, nous avons trop de preuves pour douter : comme le dit Bezmenov, il suffit d'avoir des yeux pour voir.

Enfin, cela serait une ironie de l'histoire profondément comique, si nous n'en étions les victimes, que les islamistes récoltent ce que les communistes ont semé. Car c'est bien ce à quoi nous assistons : nous sommes envahis de trois cent mille nouveaux immigrés chaque année et, bien loin de nous révolter et de nous défendre, nous avons même en notre sein des gens pour se réjouir à grand bruit de ce suicide.

Un phénomène, l'immigration, qui aurait du rester banal et qui peut même à petites doses être une richesse, est devenu sous l'effet de notre absence de réistance, l'instrument de masse de notre disparition. Et, parmi cette masse, celui qui s'impose, qui donne le la, c'est le militant islamiste, celui qui exige de nous les cantines hallal, la mosquée, le voile, la burqa et demain quoi ? La conversion ? La dhimmitude ?.

Ainsi, les zélateurs de l'homme nouveau ont préparé la venue de l'homme le plus rétrograde qui soit. Beau succès.


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(1) : oser constater que l'Europe a des racines chrétiennes provoque des cris outragés. C'est dire à quel point notre intellitgentsia est devenue allergique à la vérité la plus élémentaire.On est en plein dans notre sujet, puisque l'amalgame de l'Eglise et du fascisme, «Pie XII, pape d'Hitler», est un pur produit de la propagande soviétique. Voir ce billet d'Eric Zemmour.

(2) : je précise que l'«esprit de 68» n'est pas le fruit de la seule propagande soviétique, mais il n'empêche que celle-ci a joué un rôle majeur. Notamment, toute la manœuvre d'immédiat après-guerre pour implanter un système collectiviste, «Etat-providence», déresponsabilisant et infantilisant.

samedi, janvier 16, 2010

Les Haïtiens, victimes d'eux-mêmes

Le concept de «catastrophe naturelle» m'a toujours paru une lâcheté.

Un événement naturel ne devient une catastrophe qu'en fonction des hommes qui le subissent. Un tremblement de terre au Sahara ne dérange pas grand'monde. Et il est clair qu'un séisme est moins catastrophique au Japon qu'en Haïti.

Les Haïtiens sont en réalité victimes non d'un tremblement de terre mais de la pauvreté, de la gabegie, de la corruption, de la désorganisation, c'est-à-dire d'eux-mêmes.

Car vous savez où est la vraie catastrophe ? C'est qu'Haïti est décolonisé depuis si longtemps qu'il est impossible d'accuser l'homme blanc. On pourra toujours accuser l'occupation américaine, mais c'est si loin que c'est peu crédible. Et ça vraiment, pour la bien-pensance, c'est la tuile.

Haiti's apocalypse

Le P51, le 747 et l'A400M


Un petit calcul pour vous exposer l'incompétence de ceux, industriels et clients (1), qui sont en charge du fiasco de l'A400M.

Il s'est écoulé 2 350 jours entre la signature du contrat de l'A400M et son premier vol.

Entre le contrat et la le premier vol du P51 Mustang, un des avions les plus réussis de l'histoire (alors que rien ne dit encore que l'A400 M sera un avion exceptionnel), seulement 122 jours ont été nécessaires.

Vous pourrez alors me dire que c'était la guerre, disons que ça compte pour un facteur 2, et que le P51 était un monomoteur, disons un facteur 4. En revanche, je ne prends pas en compte le facteur souvent entendu de la plus grande complexité des avions actuels : car si les avions sont plus complexes, nous sommes également censés avoir développé les moyens de maîtriser cette complexité.

Tout cela mis bout à bout, il en résulte tout de même que les gens qui ont fait le P51 était à peu près deux fois meilleurs que ceux qui ont fait l'A400M.

Cette comparaison vous paraît tirée par les cheveux ? Alors, prenons le développement d'un gros quadrimoteur en temps de paix, le 747. Le premier vol s'est déroulé 1 166 jours après la lettre d'intention entre Juan Trippe, président de Pan Am , et Wiliam Allen, de Boeing.

De là à en conclure que Boeing de 1970 est deux fois meilleur qu'Airbus des années 2000, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.

D'ailleurs, Airbus est également inférieur à lui-même : l'A300 a aussi été développé plus vite.

Le mot incompétence vient spontanément aux lèvres.

Vous remarquerez que Boeing a bien souffert sur le Dreamliner. Mais le projet était plus innovant que l'A400M (2). Boeing a pâti d'avoir des financiers à sa tête mais est en train de corriger le tir : on peut de nouveau y espérer faire carrière en étant ingénieur.

Mais Airbus a un problème encore plus grave. EADS n'est qu'en apparence une société industrielle (3). En réalité, c'est un objet politique assez étrange.

Les dirigeants d'EADS sont incompétents en gestion de programme. Pas un dirigeant actuel qui, lorsqu'il se trouve par la plus grande des coïncidences qu'il a fait un passage à la tête d'un programme, soit resté à ce poste assez longtemps pour subir les conséquences des décisions qu'il a prises. Il est donc impossible qu'il en ait tiré le moindre enseignement. Ce n'était qu'une marche dans un cursus honorum.

Bien qu'il ait «pété les plombs», le dernier dirigeant d'EADS à avoir une véritable expérience industrielle, pas seulement une ligne de CV pour épater les journalistes et les politiciens, était Noël Forgeard.

Les coupables sont les actionnaires, c'est-à-dire les Etats, qui sélectionnent les dirigeants sur des critères politiques et non pas industriels. C'est ainsi qu'on peut voir Untel, qui n'a réglé aucun des problèmes de retards de son entité, promu à la tête d'une plus grosse entité qui souffre de retards encore plus graves. Comment peut-on espérer un instant qu'il les résoudra ?

Le salut d'EADS ne peut donc venir que des Etats, si ils décident qu'il y a péril en la demeure et qu'il faut arrêter les conneries, c'est-à-dire se livrer à une Saint-Barthélémy du «top management» d'EADS, car, suivant le bon sens d'Einstein, il ne faut pas espérer résoudre les problèmes avec ceux qui les ont créés.

La situation ne me semble pas mûre : le climat est à la guerre de tranchées franco-allemande, donc ne céder aucune position acquise, même par un bon-à-rien. A moins qu'un sens de l'urgence nouveau apparaisse dans certains esprits bien placés, il est donc peu probable que quelque chose bouge bientôt.

Pourtant, dès que le problème sera pris en mains, il sera résolu, ou presque : même si je pense que les talents aéronautiques (et pas seulement aéronautiques) sont plus rares qu'il y a quelques décennies, on doit en trouver suffisamment en regardant bien dans les coins pour remettre EADS d'aplomb.

Tout ce que je vous raconte ici est public, je vous fais juste une synthèse de la presse spécialisée. Des analyses de ce type ont déjà été exprimées par Henri Martre et Jean Pierson, anciens dirigeants d'Airbus et d'Aérospatiale.

Seulement, comme dans tout problème institutionnel, la difficulté n'est pas d'avoir une analyse juste, ni même que celle-ci soit largement diffusée ; c'est qu'elle atteigne les hautes sphères et soit adoptée par des responsables qui ont l'envie, le caractère, l'intelligence et l'occasion de bien agir.

Joue en défaveur du rétablissement d'EADS le fait que le dévouement au bien public est de plus en plus étranger aux cercles gouvernementaux.

Enfin, il y a un problème moral (un grand mot !). Une pratique s'est répandue dans les contrats militaires : les clients ont des exigences délirantes qu'ils savent intenables que les industriels acceptent en sachant qu'ils ne les tiendront pas.

Ensuite, une fois le contrat signé et le projet au milieu du gué, il suffira aux industriels de se rouler par terre en pleurant, en exposant au public leurs plaies et bosses, pour obtenir une rallonge. C'est à cela que nous assistons sur l'A400M.

Les industriels et les Etats sont complices dans cette magouille : le but est de fractionner la douloureuse vis-à-vis d'un électorat sourcilleux et d'étaler les dépenses pour des Etats impécunieux.

Ces pratiques supposent tout de même un profond cynisme et une éthique à géométrie variable. Chez les technocrates, la malhonnêteté s'exprime de manière plus feutrée et hypocrite que chez les voleurs à la tire, mais cela reste tout de même, malgré les costards-cravates et les grands discours, des comportements d'escrocs.

Il est donc déraisonnable d'attendre quoi que ce soit de ces gens.

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(1) : les clients ont eu des exigences folles et contradictoires, EADS a été assez con pour les accepter.

(2) : c'est d'ailleurs une question qui me trulupine : l'A400M ne casse pas des briques, technologiquement. Fallait-il mettre autant sur la table pour ce qui n'est, quoi qu'on en dise, qu'un avion de transport ?

(3) : une des choses qui m'a dérangé lors du premier vol de l'A400M, c'est tout le barnum politico-médiatique, les petits-fours, les blablas, la cérémonie. Un premier vol, on peut s'en réjouir après, mais avant, on a tout intérêt à garder profil bas. Ca peut toujours merder. Là encore, on constate une réaction de politicards et non d'industriels. Des types qui auraient déjà vu un premier tir ou un premier vol foirer auraient été plus prudents.