mercredi, février 13, 2013

Vers l'obligation de voter ?

Un député de la prétendue droite propose de rendre le vote obligatoire. Bien entendu, la gauche, par compulsion liberticide, saute sur l'occasion. Cela illustre à merveille mon billet précédent sur le totalitarisme mou : même le droit de leur dire «merde», à tous ces cons, va nous être dénié.

Le blabla sur nos ancêtres qui sont morts pour le droit de vote est atterrant : je connais des ancêtres qui sont morts pour la France, pour le droit de vote c'est plus douteux.

Deux remarques :

1) que les députés, à l'absentéisme phénoménal, commencent par s'appliquer cette règle à eux-mêmes. C'est bien beau de toujours mettre de nouvelles obligations sur le dos des autres mais qu'ils donnent l'exemple pour une fois, ça nous changerait.

2) cette proposition prouve que les profiteurs du système ont peur de l'abstention, qui les délégitime, qui met à nu leurs mensonges : non, ils n'oeuvrent pas pour le peuple, le peuple ne croit pas à leurs bobards, le peuple les emmerde à pied, à cheval, en voiture.

mardi, février 12, 2013

Le totalitarisme mou du gouvernement Hollande

Cette note d'un précédent billet (un peu complétée) mérite d'être élevée au statut de billet à part entière car elle synthétise mon analyse du gouvernement Hollande :

Le gouvernement Hollande est totalitaire mou.

Je sais que l'usage du mot «totalitaire» pour ce gouvernement peut déranger ou choquer, paraître excessif, indécent même, en regard de l'horreur des totalitarismes précédents.

Pourtant, c'est bien de totalitarisme qu'il s'agit, puisque, sous ce gouvernement, l'Etat a vocation à se mêler de tout et que la vie privée et la propriété (indissolublement liées comme garantes de la liberté) sont des tolérances révocables à tout instant par le fait du prince. Il suffit de suivre l'actualité pour s'apercevoir que cette mentalité totalitaire préside aux choix gouvernementaux.

Nos gouvernants actuels, président, ministres, et pas mal de députés de la majorité, ont pile-poil le profil psychologique des totalitaires. Ils ont juste ce qu'il faut de jalousie, de manque d'imagination, de médiocrité intellectuelle, de culture approximative et de seconde main, d'absence totale de scrupules, pour vivre dans le sentiment de leur supériorité et dans la certitude arrogante de leur absolue légitimité à nous imposer leur conception du Bien de gré ou de force.

Il faut avoir une conscience de sa propre liberté très affaiblie pour ne pas sentir peser ce totalitarisme.

J'ajoute le qualificatif «mou» pour signifier que je sais que les méthodes employées sont infiniment moins violentes que celles des totalitarismes du XXème siècle. C'est déjà une sorte de progrès.

Il arrive par ailleurs que ce gouvernement prenne des positions en apparence libertaires, mais comme il impose à tous ce libertarianisme par la force, il s'agit simplement d'ironie politique.

Ce totalitarisme mou a une histoire. Il était en germe dans la croissance cancéreuse de l'Etat-mamma, il avait une tutrice, l'UERSS. On le sentait croitre sous les précédents gouvernements.

Sur ce blog, il y a depuis longtemps une rubrique Dictature du Bien, nous en vivons la triste apothéose.

lundi, février 11, 2013

A propos de la démission de Benoit XVI


La rigueur intellectuelle de cet homme, loin des modes et des à-peu-près, m'a toujours séduit.

Face à cette qualité reposante (reposante, car on n'a pas besoin de se méfier à chaque instant de la malhonnêteté et de la mauvaise foi), les polémiques qui plaisent tant à la classe jacassante sont apparues pour ce qu'elles étaient : petites, mesquines. Pire peut-être : incultes et mal-comprenantes.

Notamment, dans les rapports entre chrétienté et islam, il a fait la part des choses face  à des approximations théologiques malencontreuses (le fait d'avoir quelques prophètes en commun et un seul dieu est anecdotique devant l'incompatibilité radicale de ces deux religions).

Avoir à faire avec un homme dont la pensée ne se roule pas dans la fange, voilà qui soulage de la salissure de bien des rencontres actuelles.

On a le même plaisir à fréquenter un Montaigne, un Pascal ou, plus contemporains, un Bloch ou un Jerphagnon, un Chesterton ou un Leys. Volontairement, je ne me contente pas de théologiens.

C'est l'articulation très particulière au christianisme entre foi et raison, qui fait l'attrait intellectuel de cette religion. Le christianisme fonde philosophiquement la liberté moderne. Partout où recule le christianisme, recule la liberté. Ce n'est pas un hasard si tous les gouvernements totalitaires (y compris les totalitaires mous (1) à la Hollande) ont vu l'Eglise comme leur ennemi. Et ils ont raison.

La démission de Benoit XVI scelle une papauté placée sous le signe de la droiture.

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(1) : je sais que l'usage du mot "totalitaire" pour le gouvernement Hollande peut déranger ou choquer, mais c'est bien de totalitarisme qu'il s'agit, puisque, sous ce gouvernement, l'Etat a vocation à se mêler de tout, que la vie privée et la propriété (indissolublement liées comme garantes de la liberté) sont des tolérances révocables à tout instant par le fait du prince. Il faut avoir une conscience de sa propre liberté bien affaiblie pour ne pas le sentir.

J'ajoute le qualificatif "mou" pour signifier que je sais que les méthodes employées sont infiniment moins violentes que celles des totalitarismes du XXème siècle. C'est déjà une sorte de progrès.


dimanche, février 10, 2013

Réunion de crise demain au ministère des finances

Réunion de crise demain au ministère des finances. A l'ordre du jour :

> la réduction des dépenses publiques d'Etat

> la suppression des collectivités locales surnuméraires

> la privatisation d'EDF et de la SNCF

> la privatisation de l'EN

> la formation professionnelle

> les marges historiquement basses des entreprises françaises

> le déficit du commerce extérieur

> la compétitivité en berne

> le chômage en hausse

...

Je plaisante. Demain, on parlera au ministère des fiances de choses beaucoup plus importantes et urgentes : la viande de cheval dans les lasagnes.

On a les priorités qu'on mérite.

Je voudrais bien être un mouton armé

J'ai déjà abordé ce sujet dans L'imposture démocratique.

Je suis en train de lire Beyond democracy.

L'idée est simple et claire : la démocratie est un collectivisme et, comme tous les collectivismes, une tyrannie, celle de la majorité (et encore : c'est devenu celle des minorités braillardes). Par exemple, pourquoi ne puis-je choisir librement l'école où je mets mes enfants et les enseignements qu'ils y reçoivent ? Mon système de retraite ? Ma voiture ? Les propos que je tiens publiquement ? Ce que je fais de mon argent (l'Etat m'en prend les trois-quarts) ?

C'est parce que la démocratie moderne est un collectivisme que le social-clientélisme, la croissance de l'Etat-mamma et le naufrage des finances publiques y sont des fatalités.

Ce qu'il y a de bon en Occident n'est pas du à la démocratie mais à notre bonne vieille philosophie libérale que, justement, l'idolâtrie démocratique écrase depuis l'après-guerre. La prospérité venait du libéralisme, en dépit, et non à cause, de la démocratie. Quand la démocratie étouffe le libéralisme, on a le retour de la misère pré-libérale.

Les Pères Fondateurs (suivant l'expression américaine) étaient de fervents libéraux fort méfiants de la démocratie.

L'alternative à la démocratie n'est pas la dictature mais la liberté. Benjamin Franklin disait que la démocratie, c'est deux loups et un mouton votant pour savoir ce qu'on va manger, et que la liberté, c'est un mouton armé contestant le résultat du scrutin.

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Nota : les "printemps arabes" sont une illustration parfaite, presque trop belle pour être vraie, de ce que j'écris. Les arabes "libérés" ont voté tout ce qu'il y a de plus démocratiquement et pour quoi ont-ils voté ? Pour la tyrannie islamiste (y compris ceux qui vivent en France, ce qui devrait faire réfléchir même les salopards immigrationistes les plus crétins).

Nota 2 : à la lumière de la citation de Franklin, on se dit que ceux qui nous racontent que la liberté américaine de porter des armes résulte d'une mauvaise interprétation de la Constitution sont soit des ignares soit des salopards.


samedi, février 09, 2013

Sur un stupéfiant reportage de France 2

Sur un stupéfiant reportage de France 2

Au secours ! La fausse droite revient !

Tôt ou tard, la droite UMP reviendra au pouvoir, ne serait-ce que par lassitude de la gauche.

Or, cette droite est toujours aussi fausse, puisque toujours acquise aux idées du progressisme, du socialisme et de la licence morale. Elle n'a en rien pris un virage vers le libéral-conservatisme. Le débat sur le mariage des invertis a montré que le nombre des députés authentiquement conservateurs était très restreint.

Pire, sous l'impulsion de Marine Le Pen et de son entourage joyeux,  pardon, gai, le Front National a rejoint l'oligarchie.

Les Français sont donc plus que jamais prisonniers, comme depuis trente ans : la vraie gauche les tabasse pendant que la fausse droite, en organisant une alternance de pacotille, bouche toutes les issues politiques.

Un conservateur a donc le choix entre la peste et choléra.

L'avantage psychologique d'un gouvernement de gauche est pouvoir laisser libre cours à sa rage en entretenant l'espoir, bien sûr infondé, que cela sera peut-être mieux après. Un gouvernement de fausse droite accentue la détresse.

Après mûre réflexion, je suis en train de me dire que mai 2012 est peut-être la dernière fois de ma vie où je vote. L'abstention n'est pas paresse de ma part, je suis mitoyen du bureau de vote, mais un choix délibéré. Voter, c'est cautionner un système qu'on devrait laisser couler dans le mépris.

Mais attention : grâce au gouvernement Hollande-Taubira, les vrais Français sont en train d'apprendre à s'organiser,  à manifester, à tracter, à pétitionner, à manipuler les médias. Cet apprentissage pourra servir un jour. Et il n'est pas certain que ce jour-là la fausse droite tire les marrons du feu. La politique française est pleine de surprises.

Les capitalistes contre le capitalisme

Les boursiers contre Apple

Les actionnaires peuvent-ils mettre en danger une société par cupidité court-termiste ? Bien entendu. Les gauchos de tout poil nous l'ont assez répété, au point d'en faire, à leurs yeux, l'un des problèmes majeurs de l'économie.

On peut même vivre pas loin de chez soi des situations où les actionnaires sont de véritables salopards qui se barrent avec la caisse.

Quelle est l'alternative ? L'étatisation, sous des formes plus ou moins déguisées. Et l'on sait où cela mène : à la misère.

Elargissons la perspective : il se peut qu'une société soit coulée par des actionnaires sans scrupules, mais est-ce grave ? Et pour qui ?

C'est grave pour les actionnaires minoritaires, qui ne sont pas responsables des mauvaises décisions. C'est grave pour les salariés.

Les actionnaires minoritaires, c'est dommage pour eux, mais il faut savoir avec qui on couche et sauter du navire à temps.

Il reste les salariés. C'est un vrai problème en économie bloquée. Quand la prospérité est là, on peut toujours changer d'employeur. La prospérité, c'est la liberté (et vice-versa). Ce n'est plus la même chanson en temps de crise.

La première solution : la prière. Prier pour avoir de bons actionnaires et un bon patron.

La deuxième : quand même essayer de se barrer avant le naufrage.

Et voilà, c'est tout, je suis au bout de mes solutions.


Enfin des gens qui commencent à comprendre le communisme de marché

Mon explication de la crise est le communisme de marché.

Après avoir lu Flora Montcorbier, je me suis senti très seul : même la prétendue droite censée être plus intelligente que la gauche y allait de ses diatribes stupides contre l'«ultralibéralisme».

Il y a quelques jours encore, sur Polemia, on pouvait lire un article hallucinant de connerie qui expliquait la crise depuis les années 70 par la fin du protectionnisme ! Nulle part n'était évoquée la croissance mammouthesque de l'Etat. Alors que c'est justement l'articulation entre une prétendue libéralisation et la progression du socialisme étatique qui est le phénomène intéressant, le tout à base de matérialisme déchainé.

L'«ultralibéralisme» est encore l'idée dominante, et même la seule, dans les medias. Marine Le Pen, qui pourrait se permettre une pensée originale, en rajoute dans le socialisme. Donc, du coté de la classe jacassante, rien de nouveau, c'est-à-dire rien à attendre. Toujours aussi conne.

En revanche, de temps en temps, je croise un signe encourageant.

Jean-Pierre Petit, économiste qui intervient souvent sur BFM, n'emploie jamais le concept de communisme de marché mais ses idées tournent autour : inflation démocratique, social-clientélisme, économie de bulle, critique du mercantilisme ...


vendredi, février 08, 2013

Sur un étonnement de Valeurs Actuelles

Le journal Valeurs Actuelles s'étonne du fanatisme du gouvernement Hollande sur tous les sujets liés aux moeurs (ceux qu'on baptise «sociétaux»). Il fait remarquer que, dans ce domaine, Français Mitterrand s'était montré beaucoup plus pragmatique.

Mes fidèles lecteurs n'en sont pas étonnés : c'était ma crainte dès avant l'élection.

VA fait une analyse politique : Hollande a besoin de s'appuyer sur les libertaires.

Je fais une analyse plus psychologique : Hollande et ses ministres ont, à quelques exceptions près, le même profil. Des médiocres envieux, jaloux, incultes et, surtout, sans scrupules. De plus, ils n'ont rien connu d'autre que la politique : ouverture d'esprit et autocritique, zéro. Mme Taubira en est l'illustration jusqu'à la caricature.

Ils sont donc du bois dont on fait les fanatiques. Leur politique n'a donc rien d'étonnant.

jeudi, février 07, 2013

Qu'est-ce que l'éducation ?

Avec mes collègues, nous tenons des conversations de plus en plus élevées. Je commence à avoir la trouille : c'est anormal. Et tout ce qui est anormal doit susciter la peur, par pur instinct de  conservation (les «phobies» sont un signe d'intelligence basique). Donc, j'ai de plus en plus peur de mes collègues, déjà que je rase les murs et que  je porte un slip en zinc. Je me demande si je ne vais pas aller jusqu'au gilet pare-balles et à la kalach.

Vivement que nous recommencions à parler foot et bagnole.

Le sujet du jour était : «Qu'est-ce que l'éducation ?»

Excellente question puisque, sur ce sujet, le bon sens a subi depuis quelques décennies  une défaite en rase campagne dont nous voyons tous les jours les dramatiques conséquences.

Comme la guerre, l'éducation est un art tout d'exécution, mais, en théorie, c'est simplissime.

Eduquer, étymologiquement, c'est «conduire hors». Hors de quoi ? De l'enfance, bien entendu.

Et ce n'est pas nouveau, ça date des Romains (au moins). C'est dire si les relents réactionnaires et passéistes de l'éducation sont puissants, nauséabonds comme un clodo qui se déchausse.

Conduire hors de l'enfance ? Donc de la fusion maternelle et du fantasme de toute-puissance. C'est pourquoi l'éducation est à la fois frustrante et libératrice.

Frustrante, parce qu'elle pose des limites, la limite ultime et insurmontable de la vie adulte étant la mort acceptée. Libératrice parce qu'elle donne les outils pour affronter le réel et s'y épanouir. Toutes les micro-limites érigées quotidiennement par l'éducation «Mouche ton nez», «Dis bonjour à la dame», «Tiens toi droit» ne sont que les projections sur de petites situations de la Limite. Et ce rôle d'éducateur est symboliquement dévolu au père, cet ignoble intrus qui brise la fusion maternelle.

Inversement, la fusion maternelle est nécessaire pour acquérir la confiance mais devient à la longue étouffante et mortifère.

Bref, je pousse la folie jusqu'à prétendre cette chose horrible, fachisse, nazie, à savoir qu'en matière d'éducation, les sexes sont complémentaires.

Je n'ai malheureusement pas gardé un article fort intéressant d'un professeur de lycée expliquant qu'il trouvait que ses élèves étaient de plus en plus facilement découragés par les obstacles et devenaient dépressifs, qu'il y en avait de moins en moins de persévérants. Or, c'est pour moi un symptome de non-éducation, puisque je définis l'éducation comme l'apprentissage de la frustration afin de savoir s'épanouir malgré toutes les emmerdes qui nous tombent sur la gueule dans la vie.

La non-éducation est la facilité, c'est agreable de dire oui, mais aussi une trahison de ses devoirs.

L'explication de cette non-éducation ? La forclusion du père.

La plupart des pères que je connais se comportent comme des mères-bis et ne remplissent que très mal (en tout cas, pas aussi bien qu'ils le pourraient avec un peu de couilles) leur rôle d'éducateur. Seule leur présence, qu'ils ne peuvent totalement effacer, en introduisant un coin dans la fusion maternelle, joue encore un rôle éducatif. Quant aux «familles» monoparentales, mieux vaut ne pas en parler (on peut saluer les femmes seules qui arrivent quand même à éduquer leurs gosses).

Et l'on retombe sur le problème du conformisme qui modèle une société. Nos grands-parents se posaient-ils plus de questions que nous sur l'éducation ? Je n'en sais rien mais j'en doute. En revanche, l'exemple venu d'en haut et l'atmosphère générale étaient très différents.

Le père, et donc l'éducation, étaient valorisés. Aujourd'hui, le père, et donc l'éducation, sont dévalorisés. On a ce qu'on mérite.

Dieu rit des hommes qui se plaignent de maux dont ils chérissent les causes.

«L'assurance-vie au secours de l'immobilier»

«L'assurance-vie au secours de l'immobilier». C'est un titre des Echos de ce matin.

Les avantages fiscaux de l'assurance-vie seraient conditionnés par une part d'investissement immobilier.

C'est à pleurer des larmes de sang :

1) L'immobilier français ne souffre pas de manque de capitaux mais d'une bureaucratie trop lourde et de manque de foncier.

2) Il n'y a pas plus mauvaise politique d'investissement que d'encourager l'immobilier :

a) La subvention se retrouve dans les prix et écarte encore plus les moins aisés de la solvabilité.

b) une bonne politique publique d'investissement est celle qui encourage l'innovation et les gains de productivité, c'est-à-dire tout le contraire de l'immobilier.

Une conclusion s'impose : nous sommes dirigés par des fous. Qui plus est, incompétents et dangereux.

La pétition pour tous

Je suis opposé par principe à un référendum sur le mariage des invertis, mais il est bon, juste et jouissif de chercher à emmerder le gouvernement au maximum.

Voici la pétition :

La pétition pour tous

Il faut atteindre 500 000 signatures d'ici le 15 février. On est autour de 350 000 donc c'est possible.

mardi, février 05, 2013

Le divorce, mon suicide social et le déjeuner pas sur l'herbe

J'ai déjeuné avec trois collègues de droite.

L'un est bobo, parisien et bachelotisé, sa certification droitière est très douteuse. Il soutient l'interdiction des feux de cheminée en région parisienne sous prétexte de jalousie sociale d'écologie. C'est vous dire si ses créances de droite m'inspirent confiance. Autant que Katsumi en plein gang-bang expliquant qu'il faut rester vierge jusqu'au mariage ou que Dominique Strauss-Kahn revendiquant son souci de la condition féminine au milieu d'une partouse avec des mineures lilloises.

A cette noble tablée, j'étais le seul non-divorcé. Situation singulière dont il était hors de question que je ne profitasse point.

N'écoutant que mon courage intrépide, ma pulsion suicidaire et mon panache donquichottesque, j'orientai assez rapidement la conversation vers un thème que m'inspirait un article récent de Peter Hitchens : «Nous sommes décadents. La famille fout le camp. Le divorce facile, nous testons depuis quarante ans et c'est une catastrophe sociale. Il serait temps d'arrêter cette expérience funeste et de resserrer les boulons.»

Bien sûr, je n'ai aucun espoir que cela arrive avant que les mollahs, profitant du basculement démographique, remettent dans nos moeurs l'ordre dont ils sont coutumiers.

Mais bon, à table, il faut bien causer.

Sur mes trois convives, deux se tinrent à peu près cois (dont le bachelotisé) mais le troisième réagit vivement. Un sur trois, c'est assez minable comme opposition mais j'avais très mal choisi mon terrain (erreur fatale). En effet, la cantine n'est pas le lieu pour les cris, hurlements, gestes amples et dramatiques, effets de cape et de manche, duel au sabre sur la table, que nécessite ce genre de débat passionné et touchant à l'intime.

Obligé de débattre calmement d'un sujet qui requérait le bruit et la fureur, je ne pouvais vaincre. Cependant, je ne reculai pas.

Deux arguments me furent opposés :

1) «Tu n'as pas vécu, tu ne peux pas juger».

Argument irrecevable : si l'homme est doué d'imagination, c'est pour s'en servir. Paraît-il qu'un Californien peut se mettre à la place d'un canard gavé, alors rien ne m'empêche de me mettre à la place d'un divorcé (même non gavé).

Après, le tout est de savoir quel jugement l'on fait et s'il y a de la modération et de la sympathie dans ce jugement.

J'en profite pour rappeler cet article de Dalrymple : The rush from judgement.

2) «Peut-être qu'un jour tu seras bien content d'avoir la possibilité du divorce facile que tu critiques tant pour ses effets sur la société».

Argument nettement plus intéressant qui parle à mon coeur de libéral.

Je ne supporte pas qu'on interdise les feux de cheminée mais je me vois très bien défendre «Tu ne divorceras point» (avec quelques nuances). Pourquoi ?

Je suis persuadé qu'il y a des cas, rares, où ce qui est bon pour l'individu (1) est mauvais pour la société et, au final, pour le plus grand nombre.

La famille est la matrice de la société. Détruire la famille, c'est détruire la société. Depuis la «libération» des moeurs, notre société s'ensauvage (2).

Car on connaît l'image télé, bien-pensante, du divorce bourgeois qui se passe impec, pour ainsi dire entre copains, et de la famille «recomposée» où tout baigne dans l'amour et l'eau fraiche.

La réalité est quelque peu différente :

> le divorce, ce sont des enfants malheureux, ayant plus de probabilités de divorcer et d'avoir des problèmes sentimentaux et psychologiques. Sans compter des chances de réussite scolaire inférieures (les statistiques sont moins nettes sur ce sujet).

> c'est souvent une situation plus précaire, voire la pauvreté.

> c'est aussi un exemple désastreux donné aux plus fragiles : la moitié des enfants des familles anglaises les plus pauvres ne vivent pas avec leur père. Dalrymple évoque souvent ces Anglaises qui ont quatre ou cinq gosses de trois ou quatre pères différents. Elles s'étonnent que leur vie soit un foutoir et leurs gosses de vrais sauvageons.

C'est finalement ce dernier point qui est le plus dommageable pour la société. Car une licence qui peut être supportée par des bourgeois en circonscrivant les dégâts devient un désastre quand elle est adoptée par tous.

La société est menée par le conformisme. Si le conformisme est à l'auto-discipline, à la préservation des apparences (3) et à la retenue, la civilisation se perpétue. Si le conformisme est à la licence (et l'on a toujours d'excellentes raisons individuelles qui justifient la licence), tout fout le camp.

On ne peut à la fois se féliciter du divorce facile et se plaindre de l'ensauvagement de la société car ils sont liés. Des liens indirects, complexes, il faut réfléchir pour les comprendre, mais des liens bien réels.

Alors oui, peut-être qu'un jour je serai bien content de pouvoir divorcer facilement (à Dieu ne plaise), mais je n'en persisterai pas moins à penser que c'est une calamité pour la société. Et qu'il est temps d'arrêter l'expérience.

Bonus la Lime : Hitchens sur le mariage

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(1) : je fais l'hypothèse que le divorce est bon pour les divorcés, c'est très optimiste. En général, il y en a au moins un sur deux qui souffre.

(2) : le diagnostic est brouillé par l'immigration extra-européenne, qui contribue à l'ensauvagement. Cependant, l'ensauvagement est certain.

(3) : en société, l'hypocrisie est civilisatrice. On pense «marquise, j'ai bien envie de vous sauter» et l'on dit «marquise, que vous avez de beaux yeux» et on lui récite un poème. On se moquait du «on reste ensemble à cause des gosses» mais il recelait bien plus d'intelligence et de sagesse que les moqueries.




dimanche, février 03, 2013

"Mariage pour tous" : une nouvelle filière d'immigration ?

"Mariage pour tous" : une nouvelle filière d'immigration ?

Les «couples homosexuels» n'existent pas. Les «enfants de couples homosexuels» non plus.

Les enfoirés qui défendent le «mariage homosexuel», fidèles à leurs habitudes, salopent la langue française et nous font du chantage au «vide juridique». Les pauvres «enfants de couples homosexuels» souffriraient mille morts de ne pas avoir de statut juridique.

On nous fait pleurer sur des fantômes. Les «enfants de couples homosexuels» n'existent pas.

Pour commencer, les «couples homosexuels» n'existent pas. En français, quand on joint deux semblables, on dit «paire» : paire de jumelles, paires de bottes, paire de jambes, paires de seins, paire de couilles. D'un homme un rien téméraire, on dit qu'«il en a une paire». On ne dit pas qu'«il en a un couple».

Pour cette raison même que s'agissant d'homosexuels, on doit parler de paire et non de couple, il ne peut y avoir d'«enfants de couples homosexuels».

Un enfant n'est jamais le produit d'une paire d'homosexuels. Il est nécessairement le produit d'un couple. Il y a toujours une père ou une mère qui est volontairement ignoré mais qui existe. La reconnaissance du «mariage homosexuel» par la loi est donc le droit de priver sciemment un enfant de son père ou de sa mère.

On nous fait des grands couplets sur l'amour et «ils ont bien le droit de s'aimer» (comme si cela avait un rapport avec le mariage), mais en réalité, il s'agit d'un projet sordide et glauque.

Et puis merde : j'en ai marre de parler de ça. Cette proposition de «mariage homosexuel» est d'une telle bassesse que rien que d'en parler, j'en suis sali.

Neuf ans après le «mariage homosexuel» et l'euthanasie pour les adultes, la Belgique en est à envisager l'euthanasie des enfants

On savait déjà, après le passage du PACS au «mariage homosexuel», que les salopards qui nous jurent que les risques de  dérives polygames,  incestueuses et mercantiles ne sont que des fantasmes et que « jamais, jamais, ...» mentaient comme des arracheurs de dents.

Voilà que neuf ans après le «mariage homosexuel» et l'euthanasie pour les adultes, la Belgique en est à envisager l'euthanasie des enfants :

L'euthanasie pour les enfants ?

Chaque fait, français ou étranger, chaque pancarte, chaque slogan, chaque silence même, viennent confirmer ce qu'affirment depuis le début les opposants au «mariage homosexuel» : euthanasie, mères-porteuses, «mariage homosexuel», marchandisation de l'humain sont les pièces d'une philosophie cohérente, mortifère, nihiliste et déshumanisante.

Accepter l'une quelconque de ces pièces, c'est renforcer la probabilité de faire passer les autres, dans une progression de perroquet suicidaire.

Il nous appartient d'être intelligents, d'analyser les conséquences de nos décisions dans l'immédiat mais aussi à long terme, d'imaginer les conséquences voulues, mais aussi d'anticiper les dérives, d'intégrer tout cela dans une perspective d'ensemble.

Si on fait cet effort, il est impossible d'être partisan du «mariage homosexuel» sauf à considérer que l'homme est entièrement matériel, un amas temporaire de cellules et peut être envisagé comme une marchandise.

D'ailleurs, les plus cohérents des partisans du «mariage homosexuel» ne disent pas le contraire. Je respecte au moins cette cohérence et cette franchise.

Deux remarques par M. de Scitivaux

1) Dans la situation des pays occidentaux, plus l'économie est faible, plus la monnaie est forte : en situation de faiblesse, on importe moins, donc on a moins de monnaie sur le marché des changes, donc la monnaie se valorise (et la situation économique se dégrade). C'est évidemment un cercle vicieux, le deuxième de notre économie. Le premier est celui de l'endettement public.

La présence de cercles vicieux dans notre économie (ou pour le dire mathématiquement : de rétroactions positives sur des phénomènes négatifs) oblige à tirer une leçon simple : il faut résoudre les problèmes le plus tôt possible, sinon ils s'amplifient mécaniquement au point de devenir insurmontables, jusqu'à la rupture.

Bien évidemment, notre démocratie dysfonctionnelle court-termiste fait exactement le contraire.

Pas étonnant que nous soyons dans la merde.

2) Le principal problème de la France, celui qui empêche la résolution de tous les autres, c'est la dépense publique excessive et inefficace.

Or, Marc de Scitivaux fait remarquer que tous les pays qui ont réduit la dépense publique ont commencé par abolir le statut de la fonction publique. Je vous laisse donc imaginer à quel point les promesses de réduction des dépenses publiques de François Hollande, l'élu des statutaires de la fonction publique, sont crédibles.

Addendum : Marc de Scitivaux se paye aussi Christiane Taubira. Aucune compétence juridique et échec constant de ses analyses. Indépendantiste désavouée par les Guyanais, socialiste ayant fait échouer Jospin, etc.




Zero dark Thirty



Ce film raconte la traque de Ben Laden.

Conséquence : une de ces polémiques avec lesquelles les connards à belle âme des deux cotés de l'Atlantique cassent les couilles des honnêtes gens : en montrant des scènes de torture permettant d'obtenir des renseignements utiles, ce film ferait l'apologie de la torture.

Soyons clairs : quand il s'agit de démanteler un réseau (cas de la traque de Ben Laden), la torture pratiquée rationnellement est efficace. Nous avons l'expérience de la Résistance en France ou de la bataille d'Alger.

La question de la torture est politique et morale : à quoi cela sert-il de démanteler un réseau si deux autres se créent ? Mais ce n'est pas le sujet du film.

Une polémique moins violente, me semble-t-il plus fondée : le film trahirait des informations protégées, «classifiées» comme on dit en franglais. J'ai effectivement été étonné par l'exposition de certaines méthodes. Si j'avais été terroriste, et à condition que je ne sois pas déjà informé, cela m'aurait inspiré d'utiles réflexions.

Revenons donc au film : il est haletant, bien construit. Il est franc : il nous rappelle que nous sommes en guerre.

Je n'aime pas l'expression américaine «global war on terror», ou «guerre contre le terrorisme» en français, car trop vague, trop lâche. Nous sommes en guerre contre les islamistes, qui se veulent nos ennemis (pour des raisons que je comprends, même si je ne les partage pas). Mais désigner l'ennemi aussi précisément obligerait à s'interroger sur les musulmans en Occident, leur nombre, leur comportement, leur inflation.

On sent chez la réalisatrice le désir d'honnêteté, malgré certaines facilités mélodramatiques.

Enfin, l'actrice principale pose une question fort intéressante : «Pourquoi Ben Laden a-t-il fait confiance aux Pakistanais (confiance justifiée puisqu'ils ne l'ont pas trahi, pour ce qu'on en sait) ?». Le film n'y répond pas car tous ceux qui pourraient avoir des éléments de réponse ont disparu de la circulation.

Le Pakistan, ce pays poudrière : allié des Etats-Unis et de la Chine, ennemi de l'Inde et des Etats-Unis, ennemi et soutien des islamistes, populeux, instable et chaotique, doté de la bombe atomique. Le rêve.

La critique de Causeur :

Ben Laden et l'honneur d'une femme


samedi, février 02, 2013

Quand l'assistanat freine la reprise de l'emploi


Quand l'assistanat freine la reprise d'emploi...

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Les chômeurs veulent-ils tous travailler, se demandent bien souvent les politiques de droite en y répondant par la négative. L'exemple qui suit, malheureusement, leur donne raison dans un pays qui compte plus de 5 millions de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues. O2, le leader en France des services à domicile (142 agences sur le territoire, 8000 salariés en CDI, 30.000 familles clientes), propose ainsi depuis début décembre 100 emplois d'assistante ménagère en CDI à temps plein, partout en France, avec voiture de service, GPS, salaire au smic et possibilité de faire des heures sup, prime de performance... Et surtout, pour celles qui en auront envie et en démontreront la capacité, la possibilité d'évoluer rapidement vers des postes d'encadrement. "40% de nos encadrants sont issus de la promotion interne", confirme le jeune et désormais barbu PDG de O2, Guillaume Richard, qui rappelle que 4 de ses responsables d'agence sont d'anciennes intervenantes.

O2_home_services.pngEt bien devenez combien O2 a pourvu de postes au bout de deux mois alors que Pôle emploi estime à 400.000 le nombre de personnes inscrites au chômage qui ont coché le case des services à domicile comme projet professionnel ? Combien ? Au 1er février 2013, sur les 100 postes proposés, seuls 18 ont été pourvus. 18, soit 18% !"Dans le même temps nous avons reçu beaucoup de candidatures pour des temps partiels, remarque Guillaume Richard. Mais insuffisamment pour répondre à nos besoins.Pour information, nous prévoyons de recruter 5.000 personnes en 2013 mais seulement si nous arrivons à trouver les candidats. Chaque année, nous pourrions créer des centaines d'emplois de plus si nous avions les candidats". Pour mémoire, la France compte chaque mois de plus en plus de chômeurs et le record de janvier 1997 (3,2 millions d'inscrits en catégorie A) devrait être battu dans les prochains mois...

Pourquoi un tel paradoxe, une telle déconnexion ? Pour Guillaume Richard, la réponse est évidente et tient en un seul mot: assistanat. "Avec toutes les prestations sociales existantes, il n'y a aujourd'hui aucun intérêt à reprendre un travail déclaré, à temps plein et dont la rémunération est inférieure à 2100 euros brut par mois", assure l'entrepreneur, calculs et démonstration à l'appui. L'optimum, selon lui, consiste à déclarer 20h par semaine au smic (650 euros par mois) et travailler 15h au noir (650 euros par mois, à 10 euros de l'heure). Soit 1300 euros nets par mois, auxquels il faut rajouter toutes les prestations sociales accessibles sous certaines conditions de revenus ou familiales aux demandeurs d'emploi (CMU, allocation logement, allocation de solidarité, prime pour l'emploi, prime de rentrée scolaire, prime de Noël...) et que l'on peut chiffrer, en moyenne, à 400 euros nets par mois. D'où un total, en ne déclarant que 20h par semaine, de 1700 euros nets, ce qui correspond à un salaire brut de 2100 euros par mois. "Le raisonnement est aussi valable si on cumule allocation chômage, travail au noir et prestations sociales mais l'indemnisation chômage ne dure qu'un temps contrairement au système qui peut être éternel", précise Guillaume Richard.

La réalité est probablement un peu plus complexe et ne peut se résumer à une simple règle de trois. Mais force est de constater que notre modèle social, éminemment protecteur en période de crise comme aujourd'hui, peut aussi être vu comme un frein à la reprise. Et même à la reprise d'emploi quand il conduit à des arbitrages qui privilégie l'oisiveté au travail. Nicolas Sarkozy, avec l'outrance qui le caractérise, en avait fait l'un de ses thèmes forts de campagne. Il n'avait pas tort de poser la question. L'exemple d'O2 le démontre parfaitement et François Hollande ferait bien de s'en inspirer...