mercredi, novembre 30, 2011

Sparte et les sudistes (M. Bardèche)

J'ai acheté ce livre sur un malentendu : le titre m'a attiré. C'est ensuite que j'ai découvert l'histoire de défenseur après-guerre du fascisme et du nazisme de Maurice Bardèche.

J'avais donc une certaine appréhension en attendant la livraison : allais-je tomber sur un de ces illuminés à croix gammée ?

Heureusement, pas du tout.

Tout d'abord, ce livre est écrit dans un style comme on n'en fait plus, syntaxe limpide, vocabulaire rigoureux, c'est fort agréable. Evidemment, pas un anglicisme ne traine. Et les noms propres sont aussi très rares, pour vous dire que l'auteur ne se perd pas dans les détails circonstanciels.

Le fond du propos est une analyse de notre monde individualiste sans individualités, suivant l'expression de Dalrymple. Il démonte le mécanisme par lequel on impose aux hommes une conscience collective, les empêchant de développer une conscience individuelle. On réduit l'homme à sa seule dimension économique. Des passages rappellent le Saint-Exupéry de Citadelle. Il analyse bien les émotions de masse obligatoires (pour un livre écrit en 1969, certaines phrases sont frappantes de prescience des années 2000).

Son monde idéal est composé de deux idéaux entrelacés :

> Sparte, la liberté collective et les valeurs viriles l'emportent sur l'individu, permettant, ce n'est qu'un paradoxe apparent, aux hommes de développer leur personnalité. Le danger qui menace Sparte est l'assèchement.

> Les sudistes. Respect des hiérarchies et des rapports naturels. Comme d'autres, il voit la cause de nos maux dans le fait que les Grands ont délaissé leurs lourds devoirs pour ne plus jouir que de leurs immenses privilèges. Il écrit par ailleurs sur la nécessité de l'humour, ce qui m'a beaucoup touché (il n'est pas anodin que nous vivions dans un monde où l'humour est éradiqué méthodiquement). Le danger qui menace les sudistes est la nonchalance.

Que propose Bardèche pour se rapprocher de son monde idéal ?

Le protectionnisme. Là où il est intelligent, c'est qu'il ne vante pas le protectionnisme pour d'hypothétiques vertus économiques mais comme moyen de sortir l'homme de sa réduction à l'état de consommateur-producteur indifférencié. Il veut sortir l'homme de ce qu'il appelle le fleuve vendre-vendre-vendre qui nous entraine sans cesse (je pense que acheter-acheter-acheter serait plus juste). Il est pour la sévère limitation, voire l'interdiction, de la publicité (je ne peux que l'approuver sur ce point). Si le protectionnisme provoquait des pénuries obligeant les gens à montrer des vertus spartiates, il ne s'en plaindrait pas.

La participation pour recréer des intérêts communs entre le bas et le haut de la société.

Et surtout, un parti politique préoccupé d'élitisme, qui viserait à recruter et former les meilleurs, indépendamment de leur nombre. Ce parti aurait un rôle d'incubation des idées et de couveuse à talents mais n'aurait pas pour but la prise du pouvoir par le parti.

Les solutions de Bardèche me laissent perplexe. En revanche, son analyse me séduit.

Il y a aussi le plaisir d'imaginer un bien-pensant lisant ces pages : on visualise sa moue horrifiée digne d'une gouine à qui on dit qu'elle sent la bite.

Demain, je vous scannerai (funeste anglicisme) quelques passages.

Addendum : chose promise ...

Extraits de Sparte et les sudistes

lundi, novembre 28, 2011

A titre gracieux ...

Sans commentaire.

Trierweiler aidée pour sa communication
AFP Publié le 28/11/2011 à 19:21

Valérie Trierweiler, compagne du candidat PS à la présidentielle François Hollande s'est adjoint les service d'une spécialiste en communication, écrit le Monde aujourd'hui. Nathalie Mercier, ancienne d'Euro-RSCG, est aujourd'hui directrice de la communication du musée du Quai Branly et s'occupera de la communication de Valérie Trierweiler, précise le quotidien du soir.

La spécialiste est une amie du président d'Euro-RSCG, Stéphane Fouks, conseiller en communication de Dominique Strauss-Kahn, et de Manuel Valls, auprès de qui elle travaillera dans l'équipe de campagne de François Hollande. Elle a été également la conseillère en image de Lionel Jospin pendant la campagne de 2002.

Nathalie Mercier conseillera Valérie Trierweiler, "à titre gracieux" souligne-t-elle, avant de se mettre temporairement en congé du musée du Quai Branly à partir du mois de février et jusqu'à l'élection présidentielle, explique le quotidien parisien.

samedi, novembre 26, 2011

Efa Choly m'a tuer

Hier le nucléaire, aujourd'hui le droit de veto à l'Onu, demain peut-être le droit de vote des étrangers, après demain l'interdiction des voitures dans les centres-villes, Efa Choly révèle les pires travers de la gauche : utopiste, irresponsable, traitre à la patrie, fanatique.

Le PS essaie de nous présenter une image inverse : responsable, pragmatique, soucieux des Français. Et paf ! Efa Choly s'amène avec ses gros sabots, fait une déclaration bien fracassante qui est prise par le public comme un énorme signal lumineux clignotant rouge accompagné d'une sirène «Attention ! Ces gens-là sont des fous dangereux !».

C'est bien fait pour la gueule des socialauds : depuis des années, ils couvent et nourrissent cette engeance verdâtre et, s'ils n'avaient pas eu de basses pensées électoralistes, ils ne seraient pas associés avec elle.

Bon, maintenant, François Battling Flamby Hollande, il est pas dans la merde. Soit il éjecte Efa mais il a peur de se prendre une mandale par sa pouf compagne pour avoir viré une femme (bin, ouais, il est, comme ça, François. Les couilles, ça le gêne, il préfère que ça soit sa fumelle qui les porte. Après Ségo, Vava porte la culotte). Soit il reste avec Efa et là, c'est pas gagné: courir le 100m avec un haut-fourneau attaché au pied paraît plus facile.

18 % de pauvres cons, c'est encore beaucoup

Cette .................. (mettez l'insulte qui vous convient) d'Efa Choly en a encore fait une excellente : elle est favorable à ce que la France partage son droit de veto à l'ONU avec les autres Européens. Ce n'est plus de la générosité, c'est du masochisme.

Je laisse passer trente secondes pour que vous puissiez rire un bon coup ...








Hé bien, il s'est tout de même trouvé 18 % des lecteurs du Figaro pour dire qu'ils n'étaient pas attachés au droit de veto de la France à l'ONU. Ce pourcentage me semble énorme : nous avons hérité d'un avantage qui ne nous coute rien et nous le donnerions juste comme ça, pour nous faire bien voir, juste pour fayoter auprès des autres Européens qui, loin de nous en savoir gré, interpréteraient, à juste raison, ce geste comme un aveu de faiblesse et de bêtise ? Affligeant de connerie ! Et 18 % des lecteurs du Figaro sont d'accord !

Je trouve que la candidature d'Efa Choly a au moins un mérite, celui de dévoiler la nature profonde des écolos-pastèques à la française (si peu française) : utopistes, irresponsables, inconséquents, traitres à la patrie, fanatiques, bref dangereux.

vendredi, novembre 25, 2011

How Brussels Stifles Democracy in Europe

How Brussels Stifles Democracy in Europe

Article remarquable de Daniel Hannan. Il tente d'analyse le très fort tropisme anti-démocratique de l'UE.

Il va plus loin que le constat habituel, à savoir qu'il n'y a pas plus de démocratie à Bruxelles et à Strasbourg que de charisme chez Herman Van Rompuy ou d'élégance chez Daniel cohn-Bendit.

Il tente d'analyser comment l'UE pervertit le fonctionnement de chacun des pays de l'UE et en chasse la démocratie. Il est en effet frappant de constater que, dès qu'il s'agit de l'UE et de l'Euro, les partis européens dits de gouvernement sont unanimes pour aller contre les voeux de leurs peuples.

C'est stupéfiant : sur aucun autre sujet (à part, peut-être, l'immigration), les gouvernants n'oseraient s'opposer avec une telle constance à des référendums et à des sondages défavorables de 50 % à 80 %.

Principe de précaution + vieillissement de la population = signe de décadence

Entendu sur BFM, ce matin, à propos du nucléaire : Principe de précaution + vieillissement de la population = signe de décadence.

J'approuve.

jeudi, novembre 24, 2011

La sortie de l'Euro, une catastrophe ? Vraiment ?

Standard & Poor's a relevé aujourd'hui la perspective sur la note islandaise à long terme de négative à stable. La note est confirmée à BBB-.

La note de l'Islande, explique l'agence américaine, s'appuie sur une économie "relativement prospère et souple" et sur la capacité de ses institutions à traiter les problèmes de son secteur financier.

Si le taux de chômage islandais est en forte hausse par rapport à ses niveaux d'avant la crise, à 6,6%, il reste inférieur à celui de nombre d'économies avancées, souligne S&P.

Après une contraction supérieure à 10% entre 2009 et 2010, le PIB islandais devrait augmenter cette année, estime l'agence de notation. "Avec cette croissance attendue et une poursuite de l'assainissement budgétaire, nous estimons qu'il y aura un excédent budgétaire primaire en 2011" (hors service de la dette), indique S&P.


Rappelons que l'Islande a dévalué sa monnaie de 40 %, serré la vis des dépenses publiques et répudié la dette étrangère de sa plus grande banque. Soit, en gros, les mesures que préconisent les irresponsables d'euro-sceptiques dont votre serviteur s'enorgueillit de faire partie.

mercredi, novembre 23, 2011

Euro : nous continuons à rouler sur la pente anti-démocratique

On nous parle maintenant de réviser les traités pour aller vers plus de fédéralisme européen, dissolvant de fait les nations. Très bien.

Mais il est hors de question que le système propose de demander l'avis des peuples, car on connaît la réponse d'avance (ou on croit la connaître). Et la fiction parlementaire ne fonctionnera pas : par temps calme, les gens veulent bien accepter la fable que des parlementaires qui ne leur ressemblent pas en grand'chose les représentent, mais pas dans la tempête et surtout après le «revote» du TCE. Seul le referendum sera légitime. On n'en fera pas.

On va donc tenter de faire une réforme majeure ou, plus exactement, une révolution, en allant contre l'avis des peuples (puisqu'on évite de leur demander leur avis en supposant qu'ils sont contre). C'est une folie furieuse : pendant deux siècles, on a expliqué, à tort ou à raison, aux peuples qu'ils étaient les souverains. Maintenant, on leur dit «Bon, on a réfléchi, on s'est un peu trompé. Vous êtes vraiment trop cons, vous voyez trop à court terme, vous ne comprenez pas les enjeux. Par précaution, pour votre bien, on va s'abstenir de demander votre avis». Et vous croyez que ça va bien se passer ?

J'espère de tout coeur que ces conneries vont cesser. En tout cas, je ferais ce que je peux (c'est-à-dire peu) pour les faire cesser.

mardi, novembre 22, 2011

Quand les ministres convoquent les patrons, je ris !

Après Philippe Varin de PSA, c'est au tour de Luc Oursel d'Areva d'être convoqué par le ministricule Baroin pour s'expliquer sur son plan de réduction de postes.

Je ris à gorge déployée. C'est l'hôpital qui convoque la charité.

Qu'est-ce qu'il en connait, le petit con de Bercy, de la gestion d'une boite ? En revanche, nous connaissons tous sa gestion de l'Etat, c'est la même depuis quarante ans, c'est celle qui nous a menés, à coups de déficits clientélistes, dans le mur en klaxonnant notre soutien indéfectible à un modèle social que peronne hors d'Europe ne copiait.

Alors, évidemment, son avis sur la gestion d'Areva et de PSA ...

Pour ajouter à l'ironie de la situation, rappelons que Renault, avec son actionnaire étatique, produit moins en France que ce salaud de capitaliste privé de PSA.

Les idéologues récidivent

Zemmour sur le meurtre d'Agnès

Cette chronique est excellente.

Agnès fut victime des idéologues nourris de rousseauisme.

Bien sûr, l'homme étant mauvais, un tel meurtre aurait pu arriver même dans une société prenant toutes les mesures contre la récidive. Mais notre société où les rousseauistes font les lois, jugent et emprisonnent (très peu) est plus vulnérable qu'une autre.

Et ça va continuer, le propre des idéologues étant d'être imperméables aux réalités, de ne jamais s'estimer démentis par les faits. Les seuls vrais criminels à leurs yeux sont les obstacles au «progrès» : les mal-pensants. Il est illusoire d'espérer faire changer les idéologues, la seule solution est de les remplacer.

Rappelons que les appareils judiciaire et pénitentiaire n'ont pas pour mission première de protéger et de résinsérer les criminels, mais de protéger la société. Ce qui est à vos yeux une évidence ne l'est pas dans certains cercles qui trouvent, hélas, aux commandes de la justice.

Addendum du 24/11 : plus on en apprend sur cette affaire, plus on est stupéfait et dégoûté. Un lycéen violeur avec préméditation, des «experts» qui ne détectent aucune dangerosité (comme si être coupable d'un viol n'était pas une indication de dangerosité suffisante !), des parents qui l'inscrivent dans un lycée libertaire, la justice qui n'informe pas (comme d'habitude, le confort du coupable passe avant la protection de la société), le proviseur qui ne s'informe pas.

C'était vraiment mettre le loup dans la bergerie. Des inconscients et des irresponsables !

Je ne savais pas à quel point j'avais raison en écrivant ce billet : chacune des négligences ou des mauvaises décisions qui mènent au drame est le fruit de l'idéologie gauchiste. C'est d'ailleurs pourquoi ce drame n'aura aucune conséquence positive : il faudrait retirer de la tête des idéologues au pouvoir leurs mauvaises idées ou leur retirer le pouvoir. C'est quasi-impossible, mais ne perdons pas espoir.

dimanche, novembre 20, 2011

«L'Europe», ce projet américain

«Europe» ou «européen», avec les guillemets, désignent l'utopie européiste qui, usurpant l'Europe historique, géographique et culturelle, trouve un début de réalisation dans la technocratie bruxelloise.

Le projet européiste est basé sur la méfiance des peuples et des nations européens, vus comme fauteurs de guerres. C'est une idée typiquement américaine. Les USA, contrairement au Canada, ont été en grande partie bâtis par des gens qui détestaient la vieille Europe, sa culture, ses traditions et ses institutions. On retrouve la même haine dans le projet européiste.

Une fois qu'on a compris cette origine américaine de l'idéologie européiste, on comprend aussi comment s'agencent les faits :

> la pax americana et le plan Marshall, émasculant l'Europe, ont permis matériellement «l'Europe» (et non l'inverse, ce n'est pas «l'Europe» qui a amené la paix).

> les bâtisseurs de «l'Europe», comme Jean Monnet, sont d'ardents américanophiles.

> «l'Europe», ne prend pas en charge sa défense, c'est-à-dire le coeur de la souveraineté. Elle en laisse la charge, comme par hasard, aux USA, par l'intermédiaire de l'OTAN, où les «Européens» ont un rôle subalterne.

> on nous cite à tout bout de champ les USA comme un exemple et on nous propose comme but les Etats-Unis d'Europe.

> le primat de l'union économique, lui aussi très américain.

> les européistes et les Américains communient dans l'immigrationnisme pour noyer la vieille Europe sous les vagues d'immigrés «neufs».

Je n'ai rien contre les Américains : ils ont leur politique. A nous d'avoir la nôtre au lieu de suivre celle d'un autre pays.

Mais cette tromperie ne peut fonctionner que si les peuples européens sont déboussolés, d'où l'importance pour les européistes de pervertir les mots, de ne jamais dire les choses clairement.

C'est l'objet de ce billet de mettre les pieds dans le plat et d'appeler un chat un chat.

Je crois en une possible union des peuples européens, mais pas de la manière soviétique (ironique, une idée américaine mise en oeuvre à la soviétique) pratiquée actuellement. J'aurais commencé par la défense : plus difficile, plus lent mais plus solide. Plus dans un prochain billet.

François Hollande a-t-il déjà perdu les élections ?

Il y a un mois, la classe jacassante nous racontait que Nicolas Sarkozy ferait mieux de ne pas se présenter tellement c'était perdu d'avance. Aujourd'hui, les mêmes nous racontent que François Hollande est en danger. Bien sûr, tout cela c'est du blabla de pisse-copie désoeuvrés, de gens qui parlent même (surtout) quand ils n'ont rien à dire. Si loin du vote, rien ne vaut.

Les tractations de François Hollande avec les écologistes ont prouvé qu'il ferait un bon président ... de conseil général. L'interrogation principale que tout le monde a sur François Hollande est : sera-t-il capable de s'élever à la hauteur du poste qu'il brigue ? Et, dès ses premiers pas de candidat, il donne à penser que non, réactivant les doutes sur sa personne.

Mais la route est encore longue et rien n'est joué. J'ai bien peur que les candidats rivalisent de médiocrité.

Avant-première : crise européenne, saisons 2, 3 et 4

En avant-première de la série à succès La crise européenne, La lime™ vous dévoile les saisons suivantes.

La première saison, Merkozy éclate la gueule de la démocratie, a rencontré un vif succès dans le public européen, qui a applaudi avec la même spontanéité qu'un congrès du parti communiste nord-coréen.

Grâce à un excellent billet de Stéphane Montabert, voici les saisons suivantes :

Saison 2 : La planche à billet, c'est pas fait pour les chiens avec tout plein d'argent gratuit et promesses électorales mignonnes.

Saison 3 : Deux milliards d'Euros la baguette ? A ce prix là, c'est donné, ma bonne dame ! avec de l'action émeutière et policière à gogo.

La saison 4 est une exclusivité La Lime™ : Et la milice passait dans les rues, 4 par 4, prête à bondir avec un max de beaux gars en uniforme avec de grandes matraques.

samedi, novembre 19, 2011

Le socialisme aveugle les Français

Le socialisme aveugle les Français

Je ne suis que partiellement d'accord avec la conviction de P. Nemo que notre paralysie socialiste découle des institutions de la Vème République, même si l'alliance objective gaullo-communiste a fait des ravages (statut de la fonction publique et noyautage de l'enseignement).

Je n'ai pas encore lu ce livre. L'extrait en lien est probablement incomplet. En effet, dans ses précédents ouvrages, P. Nemo insiste aussi sur les dégâts de l'église de Gauche,

jeudi, novembre 17, 2011

Hollande irradie la connerie

La promesse faite par François Hollande aux écolos d'arrêter 24 réacteurs nucléaires est stupéfiante : l'arrêt du nucléaire en France ne repose sur aucune base rationnelle et c'est un non-sens économique à plusieurs dizaines de milliards d'Euros (ou de nouveaux nouveaux francs). Renforcer la sécurité des centrales, pourquoi pas ? Même si, à mon avis, il y a d'autres priorités. En revanche, les arrêter est une idée de crétins puérils et capricieux.

Bien sûr, on sait que François Hollande n'a aucune intention de tenir cette promesse délirante et on devine même qu'il utilisera l'argument économique : «J'voudrais, mais j'peux point : c'est la crise».

Mais qu'il ait pu légitimer cette proposition loufoque et dangereuse au lieu de la balayer d'un «dites, les écolos, si vous arrêtiez deux secondes vos conneries infantiles et si on parlait sérieusement ?» est déjà une preuve d'irresponsabilité qui m'inquiète.

Car une fois que l'idée de céder à cette lubie des écolos est légitimée, il suffit de ne rien faire, de ne pas investir, de ne pas prendre de décision (spécialité hollandesque) pour que, progressivement, l'arrêt des centrales devienne obligatoire faute d'investissement d'entretien.

Mais il ne faut pas être trop pessimiste : même si l'on avait la folie de mettre en place un programme d'arrêt des réacteurs nucléaires, cela prendrait des années, pendant lesquelles un ou deux hivers bien rudes suffiraient à rappeler quelques réalités aux idéologues.

mercredi, novembre 16, 2011

Maurice Bardèche, Rémy et l'anti-conformisme

Je suis en train de lire Sparte et les sudistes, de Maurice Bardèche.

Maurice Bardèche était le beau-frère de Robert Brasillach, fusillé à la Libération.

Il ne s'est pas mêlé de politique pendant la guerre, mais est devenu un ardent défenseur du fascisme après-guerre ! Je ne partage pas ses idées, mais ce genre de personnalités, à contre-courant du carriérisme ambiant, qui accorde plus d'importance aux idées, à leur Vérité, qu'au confort matériel, me soulage de la médiocrité actuelle.

J'ai un exemple beaucoup plus cher à mon coeur : le colonel Rémy. Gaulliste dès juin 40 quand presque tout le monde était pétainiste, il n'a rien trouvé de mieux que se déclarer pétainiste après-guerre, quand tout le monde courait après les brevets de gaullisme, auxquels il avait plus de titres que la plupart de ceux qui en faisaient commerce.

Nos chasses à l'homme médiatiques ont d'étranges indulgences (mieux vaut être un écolo pédophile qu'un curé pédophile), mais elles sont implacables, une fois lancées. Nous n'avons plus assez d'insouciance, nous nous prenons trop au sériex, pour ne pas pousser la chasse jusqu'à l'hallali.

Je ne crois pas que l'anti-conformisme d'une personne publique soit encore possible de nos jours. Je parle bien évidemment du vrai anti-conformisme, qui choque les bobos des medias, pas la rebellitude à deux balles de certains people.

Imaginez, par exemple, un zartiste engagé qui nous expliquerait posément les raisons qu'il a d'être raciste ou de penser que la place des femmes est au foyer, obéissantes aux hommes. Sa mise à mort sociale, médiatique et commerciale ne pendrait pas une journée.

Les propos sont normalisés, personnalités s'affadissent (c'est l'individualisme sans l'individualité de Dalrymple) et notre monde devient chiant.

Mais il y a pire que ce déplaisir : le débat public est tué, la réflexion est paralysée et l'action rendue impossible.

L'immigration en est un exemple frappant : voici un bouleversement de la population comme la France n'en a pas connu depuis mille trois cents ans et les seuls propos admissibles dans l'espace public sont «l'immigration, c'est très bien, il en faut beaucoup plus» (vraie gauche) et «l'immigration, c'est bien, il en faut plus mais cela peut poser à la marge quelques problèmes» (fausse droite). C'est tout de même stupéfiant ! Surtout quand on songe que le Japon montre tous les jours que l'option de se passer d'immigration n'est nullement une fantaisie. Hé bien, cela ne sera même pas débattu, la question ne sera pas posée.

Bien sûr, je fais dans la facilité en prenant cet exemple. Mais il en est mille autres. La conclusion c'est qu'à force de restreindre le débat public, nous devenons collectivement cons.

mardi, novembre 15, 2011

Eclatement de l'Euro : la voie étroite

Dans cet entretien, Marc de Scitivaux énonce le problème fondamental de l'Euro :

«Nous sommes ainsi dans une confrontation manifeste entre une construction intellectuelle et une réalité économique que subissent les populations. On demande aux concitoyens d’accepter des sacrifices de plus en plus importants non pas parce que la situation économique l’imposerait dans l’absolu, mais pour sauver une idée. On a ainsi une lutte entre la vie et l’abstraction. Cela est très dangereux comme situation. Et je pense que cela ne peut pas bien se terminer.»

Je fais exactement la même analyse : l'histoire de l'URSS montre que les idéologues ne lâchent jamais la barre volontairement, parce qu'ils ouvriraient les yeux, parce qu'ils reviendraient à la réalité. Non, il faut que la réalité soit tellement dure et violente qu'ils soient contraints de passer la main, d'atterrir malgré eux.

Contrairement aux euro-béats et autres mondialo-ravis, je n'ai jamais oublié que l'histoire est tragique et je redoute quelque drame.

Mais j'espère que le peu de démocratie qui reste en Europe, bien fragile, permettra de débarquer les technocrates européistes avec un pouième d'anticipation par rapport à ce qui se produirait si nous étions sous une dictature avec tous les attributs, et d'épargner ainsi un ou deux soubresauts.

C'est une voie très étroite.

Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode

La monétisation de la dette, c'est toujours cette pensée magique, anti-économique, comme la fumeuse histoire d'abolition de la loi de 1973, qui fait croire qu'il y aurait quelque part une source de richesses gratuite qui permet de rembourser nos dettes sans efforts ni souffrances.

Comme Vincent Bénard en a déjà causé, allez voir chez Vincent :

Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode