La thèse de Dalrymple est simple : le culte de la sentimentalité est anti-éducatif et ensauvage notre monde.
Casanova (dont vous lirez les Mémoires dans la collection Bouquins avec plaisir), grand connaisseur de l'âme humaine remarquait déjà que ceux qui manifestent le plus ostensiblement leurs sentiments sont loin d'être les plus sensibles et tentent en réalité de masquer leur totale indifférence à tout ce qui n'est pas eux.
Comme d'habitude, ce livre de Dalrymple trouve son humour noir hilarant dans la diversité des exemples cités.
Il insiste sur le fait que la sentimentalité dans l'éducation des enfants est une forme élaborée de maltraitance et de fuite de leurs responsabilités par les adultes (thème que vous connaissez bien sur ce blog : on couvre les enfants de cadeaux et on les traite en rois pour se faire pardonner de ne pas leur donner ces deux choses élémentaires et indispensables : une famille stable et une éducation qui les prépare aux duretés de la vie).
Après s'être attardé sur les ravages de la sentimentalité dans les relations entre Britanniques (les progrès de la sentimentalité marchant de pair avec ceux de la brutalité et de l'oppression (1)), Dalrymple se livre à un exercice d'analyse du désastre provoqué par la sentimentalité dans nos relations avec les pays du tiers-monde.
Avec son alacrité habituelle, il conclut que la sentimentalité et son compagnon, le multiculturalisme, ne valent pas mieux qu'un discours d'ivrogne à la fin d'une journée bien arrosée (sic): ça serait bien si tous les hommes étaient frères, si il n'y avait plus de guerres et patati et patati, mais toutes ces conneries dignes d'un John Lennon ne dispensent pas d'exercer sa raison.
Et Dalrymple termine sur cette citation, en français s'il vous plaît, de Pascal (2) :
Travaillons donc à bien penser. Voilà le principe de la morale.
***************
(1) : ceux qui se souviennent des jours qui ont suivi la mort de la princesse Diana, grand moment d'hystérie sentimentaliste, n'ont pas oublié qu'il était fort mal vu de critiquer cette imbécile frivole et égocentrique et qu'on avait tout intérêt à ne pas exprimer ses pensées si on ne voulait pas passer pour un nazi. Pour les sentimentalistes, on a le droit de tout dire, à condition de dire comme eux.
(2) : Pascal est l'anti-festiviste par excellence. La lecture régulière de Pascal, Montaigne et Stendhal protège de bien des maladies intellectuelles qui menacent l'honnête homme plongé dans notre monde affolé.
dimanche, juillet 25, 2010
samedi, juillet 24, 2010
Quand le réel fasciste rattrape les festivistes dégenrés ...
Dix personnes ont été tuées samedi 24 juillet dans un mouvement de panique à la "Love Parade" de Duisbourg, dans l'ouest de l'Allemagne, a indiqué la police. L'incident s'est produit dans un tunnel. Une dizaine d'autres personnes ont dû être réanimées et une quinzaine ont été blessées. (AFP)
Je sais : c'est pas beau de se moquer d'un drame. Mais ces abrutis nous la jouent tellement Bisounours que l'irruption de la dure réalité dans leurs célébrations a toujours quelque chose de satisfaisant pour l'esprit.
Je sais : c'est pas beau de se moquer d'un drame. Mais ces abrutis nous la jouent tellement Bisounours que l'irruption de la dure réalité dans leurs célébrations a toujours quelque chose de satisfaisant pour l'esprit.
mercredi, juillet 21, 2010
Appel au peuple : comment baillonner les intellectuels ?
Je pense que les intellectuels (1) sont un poison pour notre société. Par leur irresponsabilité et par leur virtuosité à pervertir le sens des mots (2), ils ont fini par nous empêcher de penser correctement, c'est-à-dire de penser avec des mots qui décrivent le réel.
Il est donc urgent et important de les bâillonner, c'est-à-dire de diminuer la place qu'ils occupent dans le débat public. Mais je ne sais pas comment faire.
Je m'interroge sur les pays asiatiques : ce sont des pays qui se développent à grande vitesse, qui comptent de plus en plus de professions intellectuelles, mais ils ne semblent pas (pas encore ?) envahis par la dictature de la bien-pensance et les bataillons de demi-savants.
Vous pouvez me proposer vos idées. Attention, il faut que ce soit des idées réalistes. Le style polpotien «Y a ka les fusiller tous» n'a pas mes faveurs.
J'y ai déjà réfléchi et je m'avoue en panne sèche d'idées (je ne suis pas un intellectuel, je n'ai pas des idées sur tout !).
La seule solution que j'ai pour l'instant, c'est que, pour diminuer l'influence des intellectuels, on peut diminuer les domaines dans lesquels ils ont de l'influence. Autrement dit, remplacer les décisions politiques et médiatiques, terrain de prédilection des intellectuels, par le marché. Par exemple, sur le terrain politique, les idées des intellectuels sur l'écologie occupent beaucoup de place ; sur le marché, beaucoup moins : je croise encore beaucoup de 4x4 et peu d'hybrides.
Mais cela me semble encore insuffisant.
*****************
(1) : intellectuels : qui vivent du maniement des mots et des idées. Artistes, écrivains, journalistes, sociologues ...
(2) : mon préféré, ce sont les syndicats qui appellent «journée d'action» une grève. il est anecdotique mais plaisant. Il y en a de plus lourd de sens : les «défavorisés». Quelle est cette faveur dont ils ont été privés ? Les «exclus», par qui sont-ils exclus, si ce n'est par eux-mêmes ?
Il est donc urgent et important de les bâillonner, c'est-à-dire de diminuer la place qu'ils occupent dans le débat public. Mais je ne sais pas comment faire.
Je m'interroge sur les pays asiatiques : ce sont des pays qui se développent à grande vitesse, qui comptent de plus en plus de professions intellectuelles, mais ils ne semblent pas (pas encore ?) envahis par la dictature de la bien-pensance et les bataillons de demi-savants.
Vous pouvez me proposer vos idées. Attention, il faut que ce soit des idées réalistes. Le style polpotien «Y a ka les fusiller tous» n'a pas mes faveurs.
J'y ai déjà réfléchi et je m'avoue en panne sèche d'idées (je ne suis pas un intellectuel, je n'ai pas des idées sur tout !).
La seule solution que j'ai pour l'instant, c'est que, pour diminuer l'influence des intellectuels, on peut diminuer les domaines dans lesquels ils ont de l'influence. Autrement dit, remplacer les décisions politiques et médiatiques, terrain de prédilection des intellectuels, par le marché. Par exemple, sur le terrain politique, les idées des intellectuels sur l'écologie occupent beaucoup de place ; sur le marché, beaucoup moins : je croise encore beaucoup de 4x4 et peu d'hybrides.
Mais cela me semble encore insuffisant.
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(1) : intellectuels : qui vivent du maniement des mots et des idées. Artistes, écrivains, journalistes, sociologues ...
(2) : mon préféré, ce sont les syndicats qui appellent «journée d'action» une grève. il est anecdotique mais plaisant. Il y en a de plus lourd de sens : les «défavorisés». Quelle est cette faveur dont ils ont été privés ? Les «exclus», par qui sont-ils exclus, si ce n'est par eux-mêmes ?
lundi, juillet 19, 2010
Librement circuler en France
Librement circuler en France
Par Xavier Raufer
Le droit d’aller et venir à son gré ne va désormais plus de soi.
Quel est le plus élémentaire des droits de l’homme ? Dès sa seconde leçon d’éducation civique, un enfant sait répondre : c’est la capacité d’aller et venir à son gré.
Un droit crucial pour l’activité économique et sociale : produire, vendre, éduquer, former, acheter – rien de cela ne peut se pratiquer dans des cloîtres ou dans des bunkers. L’être humain en société doit pouvoir circuler. Faute de quoi, la loi de la jungle l’emporte vite. Pour preuve, le fameux Brésil tant vanté par Davos-Goldman-Sachs, où les foules misérables croupissent dans des favelas ; où les riches sont retranchés dans leurs “communautés murées” (gated communities) ; le tout sans nuls échanges et où, pas vraiment par hasard, le taux de confiance interpersonnelle est l’un des plus bas du monde.
Les cités sensibles
Or dans certaines zones du territoire français – dans les grands centres urbains et notamment près des “cités sensibles” – ce droit d’aller et venir à son gré ne va désormais plus de soi.
Selon les dernières statistiques de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), publiées fin juin 2010, les agressions de voyageurs dans les transports urbains ont augmenté de quasiment 8 % en 2009 (exactement 7,9 %). Précisons que le syndicat professionnel qu’est l’UTP regroupe les 160 entreprises du secteur, hors SNCF et RATP, et a recensé 2, 25 milliards de voyages en 2009. Autre forte augmentation en 2009 : celle du vandalisme, sur du matériel roulant ou fixe, +6,2 %, “le plus haut niveau atteint depuis 13 ans”.
Ainsi donc, fréquenter les transports en commun est plus périlleux que naguère.
Et la voie publique ? On sait que la plupart des violences physiques crapuleuses, autrement nommées “vols avec violence” adviennent dans la rue, entre piétons. Or ces vols violents augmentent chaque année, encore + 5,8 % en 2009.
Restent les routes et autoroutes, où aujourd’hui, les automobilistes vivent plus dangereusement, comme le démontre un récent drame.
Le 27 juin, un banal accrochage entre automobiles advient sur l’autoroute 13, près des Mureaux. Refus de constat, le ton monte : un protagoniste appelle des “renforts”. En cinq minutes, une meute surgit de deux véhicules, accourue de la toute proche et fort “sensible” cité des Musiciens.
Selon la famille de la victime, ce qui suit relève de la “boucherie” : aux cris de “on va le tuer”, Mohamed, 30 ans est lynché. Il décède à l’hôpital la nuit suivante. Arrêtés à proximité, deux des présumés acteurs du “massacre”, sont connus de la police pour violences répétées.
Immédiatement, des avocats présentent les interpellés comme autant d’Enfants de Marie. Dans leur cité, silence : une omerta pesante étouffe les habitants – ou les contraint à feindre l’étonnement.
Le lamento pathético-sociologique
Classiquement aussi, certains journaux y vont de la rituelle ritournelle du “fait de société”. “Une affaire qui en dit long sur l’époque”, glose l’un ; une “rixe” provoquée par “une bande de jeunes”, édulcore l’autre. Plus réalistes, les collègues de Mohamed parlent de “sauvages”. Tout aussi curieuse, la réaction d’enquêteurs un peu perdus ; pour la presse, ils n’ont “jamais vu ça”, ils “ne parviennent pas à s’expliquer ce déchaînement de violence”.
Conseillons-leur la fréquentation des criminologues, qui les aideront volontiers à replacer l’affaire dans son contexte et dans la durée – car hélas, pour notre pays, cet “acte de barbarie” (c’est la famille de la victime qui parle) est tout sauf une première.
Remontons au mois de mars 2002, voici huit ans déjà. Nous sommes à Evreux, devant la cité de la Madeleine qui, dit avec pudeur la presse, “n’a pas été épargnée par les violences urbaines”. Patrice, père de famille de 38 ans (réunionnais d’origine), vient s’expliquer avec un juvénile caïd qui rackette son fils. Le ton monte “dix, vingt, peut-être trente” voyous s’agglutinent, les coups partent, une brique atteint Patrice en pleine tête. “Le groupe de racketteurs, dit la presse, s’acharne en criant, en riant, à savater Patrice, gisant à terre.” Il meurt peu après.
Pour les policiers, la meute n’en est pas à son coup d’essai. Peu auparavant, les “créanciers” d’un toxicomane mauvais payeur de la Madeleine lui ont enfoncé “un bâton dans l’anus avant de le plonger dans une baignoire, où ils s’apprêtaient à l’électrocuter. Il n’a dû sa vie sauve qu’à un court-circuit”.
A l’époque, le lamento pathético-sociologique a bien sûr coulé à torrent : “gamin perdu (le meurtrier, bien sûr) … dérive… violence des cités… Un terrible gâchis ! Une société qui a trop longtemps refusé de se regarder en face”. Et le taux de chômage à la Madeleine, 18%, pensez donc.
Les meutes violentes
Deux semaines après, ce terrible drame “qui a terrorisé Evreux et, bien au-delà, la société entière” est rangé au rayon des vieilles lunes et, hormis la famille laissée à sa douleur, tout le monde a oublié.
Ainsi, de chocs médiatiques brutaux, mais vite occultés, en périodes de rémission durant lesquelles les officiels rêvent que le cauchemar est fini, la France vit depuis trente ans – les premières émeutes urbaines remontent à 1979, dans la banlieue lyonnaise – en somnambule, entre deux bouffées de violences urbaines.
Comme seul remède, et malgré des échecs abyssaux, la France officielle applique inlassablement le cataplasme sur une jambe de bois connu comme “politique de la ville”. Résultat : néant bien sûr. Au quotidien et dans les centaines de cités et quartiers “sensibles”, des meutes violentes se forment aujourd’hui sans nul obstacle, terrifient leur voisinage et se déchaînent à leur convenance contre quiconque leur manque de “respect”.
Leur ivresse d’impunité est d’autant plus forte que les instances de répression, polices, justice, etc., semblent peiner, d’abord à les identifier sous leurs capuches et cagoules ; ensuite à traduire en condamnations individuelles – même pour des homicides ou des tirs d’armes de guerre sur des forces de l’ordre – des crimes commis en bandes vite ameutées et aussi vite dispersées, comme des volées de moineaux (“j’étais là mais j’ai juste regardé”).
Ainsi donc, depuis près de dix ans, il semble que rien ne permette de prévenir de tels drames. Nous en avons évoqué deux – mais sans doute, à lire la presse locale, s’en produit-il chaque mois d’analogues.
Entre ces déchaînements de violence, les braquages de “proximité”, les agressions crapuleuses, les règlements de compte, un évident continuum existe : ce sont les mêmes qui agissent, aux mêmes endroits. Que sait-on sur eux ? Encore pas grand- chose. Seul un outil de renseignement criminel précis et offensif permettra de connaître ces meutes, puis de prévenir leurs actes. Sinon, des “actes de barbarie” se produiront encore. Jusqu’au jour où la population en aura assez.
Par Xavier Raufer
Le droit d’aller et venir à son gré ne va désormais plus de soi.
Quel est le plus élémentaire des droits de l’homme ? Dès sa seconde leçon d’éducation civique, un enfant sait répondre : c’est la capacité d’aller et venir à son gré.
Un droit crucial pour l’activité économique et sociale : produire, vendre, éduquer, former, acheter – rien de cela ne peut se pratiquer dans des cloîtres ou dans des bunkers. L’être humain en société doit pouvoir circuler. Faute de quoi, la loi de la jungle l’emporte vite. Pour preuve, le fameux Brésil tant vanté par Davos-Goldman-Sachs, où les foules misérables croupissent dans des favelas ; où les riches sont retranchés dans leurs “communautés murées” (gated communities) ; le tout sans nuls échanges et où, pas vraiment par hasard, le taux de confiance interpersonnelle est l’un des plus bas du monde.
Les cités sensibles
Or dans certaines zones du territoire français – dans les grands centres urbains et notamment près des “cités sensibles” – ce droit d’aller et venir à son gré ne va désormais plus de soi.
Selon les dernières statistiques de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), publiées fin juin 2010, les agressions de voyageurs dans les transports urbains ont augmenté de quasiment 8 % en 2009 (exactement 7,9 %). Précisons que le syndicat professionnel qu’est l’UTP regroupe les 160 entreprises du secteur, hors SNCF et RATP, et a recensé 2, 25 milliards de voyages en 2009. Autre forte augmentation en 2009 : celle du vandalisme, sur du matériel roulant ou fixe, +6,2 %, “le plus haut niveau atteint depuis 13 ans”.
Ainsi donc, fréquenter les transports en commun est plus périlleux que naguère.
Et la voie publique ? On sait que la plupart des violences physiques crapuleuses, autrement nommées “vols avec violence” adviennent dans la rue, entre piétons. Or ces vols violents augmentent chaque année, encore + 5,8 % en 2009.
Restent les routes et autoroutes, où aujourd’hui, les automobilistes vivent plus dangereusement, comme le démontre un récent drame.
Le 27 juin, un banal accrochage entre automobiles advient sur l’autoroute 13, près des Mureaux. Refus de constat, le ton monte : un protagoniste appelle des “renforts”. En cinq minutes, une meute surgit de deux véhicules, accourue de la toute proche et fort “sensible” cité des Musiciens.
Selon la famille de la victime, ce qui suit relève de la “boucherie” : aux cris de “on va le tuer”, Mohamed, 30 ans est lynché. Il décède à l’hôpital la nuit suivante. Arrêtés à proximité, deux des présumés acteurs du “massacre”, sont connus de la police pour violences répétées.
Immédiatement, des avocats présentent les interpellés comme autant d’Enfants de Marie. Dans leur cité, silence : une omerta pesante étouffe les habitants – ou les contraint à feindre l’étonnement.
Le lamento pathético-sociologique
Classiquement aussi, certains journaux y vont de la rituelle ritournelle du “fait de société”. “Une affaire qui en dit long sur l’époque”, glose l’un ; une “rixe” provoquée par “une bande de jeunes”, édulcore l’autre. Plus réalistes, les collègues de Mohamed parlent de “sauvages”. Tout aussi curieuse, la réaction d’enquêteurs un peu perdus ; pour la presse, ils n’ont “jamais vu ça”, ils “ne parviennent pas à s’expliquer ce déchaînement de violence”.
Conseillons-leur la fréquentation des criminologues, qui les aideront volontiers à replacer l’affaire dans son contexte et dans la durée – car hélas, pour notre pays, cet “acte de barbarie” (c’est la famille de la victime qui parle) est tout sauf une première.
Remontons au mois de mars 2002, voici huit ans déjà. Nous sommes à Evreux, devant la cité de la Madeleine qui, dit avec pudeur la presse, “n’a pas été épargnée par les violences urbaines”. Patrice, père de famille de 38 ans (réunionnais d’origine), vient s’expliquer avec un juvénile caïd qui rackette son fils. Le ton monte “dix, vingt, peut-être trente” voyous s’agglutinent, les coups partent, une brique atteint Patrice en pleine tête. “Le groupe de racketteurs, dit la presse, s’acharne en criant, en riant, à savater Patrice, gisant à terre.” Il meurt peu après.
Pour les policiers, la meute n’en est pas à son coup d’essai. Peu auparavant, les “créanciers” d’un toxicomane mauvais payeur de la Madeleine lui ont enfoncé “un bâton dans l’anus avant de le plonger dans une baignoire, où ils s’apprêtaient à l’électrocuter. Il n’a dû sa vie sauve qu’à un court-circuit”.
A l’époque, le lamento pathético-sociologique a bien sûr coulé à torrent : “gamin perdu (le meurtrier, bien sûr) … dérive… violence des cités… Un terrible gâchis ! Une société qui a trop longtemps refusé de se regarder en face”. Et le taux de chômage à la Madeleine, 18%, pensez donc.
Les meutes violentes
Deux semaines après, ce terrible drame “qui a terrorisé Evreux et, bien au-delà, la société entière” est rangé au rayon des vieilles lunes et, hormis la famille laissée à sa douleur, tout le monde a oublié.
Ainsi, de chocs médiatiques brutaux, mais vite occultés, en périodes de rémission durant lesquelles les officiels rêvent que le cauchemar est fini, la France vit depuis trente ans – les premières émeutes urbaines remontent à 1979, dans la banlieue lyonnaise – en somnambule, entre deux bouffées de violences urbaines.
Comme seul remède, et malgré des échecs abyssaux, la France officielle applique inlassablement le cataplasme sur une jambe de bois connu comme “politique de la ville”. Résultat : néant bien sûr. Au quotidien et dans les centaines de cités et quartiers “sensibles”, des meutes violentes se forment aujourd’hui sans nul obstacle, terrifient leur voisinage et se déchaînent à leur convenance contre quiconque leur manque de “respect”.
Leur ivresse d’impunité est d’autant plus forte que les instances de répression, polices, justice, etc., semblent peiner, d’abord à les identifier sous leurs capuches et cagoules ; ensuite à traduire en condamnations individuelles – même pour des homicides ou des tirs d’armes de guerre sur des forces de l’ordre – des crimes commis en bandes vite ameutées et aussi vite dispersées, comme des volées de moineaux (“j’étais là mais j’ai juste regardé”).
Ainsi donc, depuis près de dix ans, il semble que rien ne permette de prévenir de tels drames. Nous en avons évoqué deux – mais sans doute, à lire la presse locale, s’en produit-il chaque mois d’analogues.
Entre ces déchaînements de violence, les braquages de “proximité”, les agressions crapuleuses, les règlements de compte, un évident continuum existe : ce sont les mêmes qui agissent, aux mêmes endroits. Que sait-on sur eux ? Encore pas grand- chose. Seul un outil de renseignement criminel précis et offensif permettra de connaître ces meutes, puis de prévenir leurs actes. Sinon, des “actes de barbarie” se produiront encore. Jusqu’au jour où la population en aura assez.
Avec une actualité pareille, ai-je encore besoin de commenter ?
Après les événements de Grenoble et de Saint-Aignan, les commentaires deviennent superflus.
Bien qu'il y ait encore des gens pour me raconter que tout cela, c'est de la faute de la police (qui devrait s'abstenir de tirer sur les braqueurs en fuite).
Bien qu'il y ait encore des gens pour me raconter que tout cela, c'est de la faute de la police (qui devrait s'abstenir de tirer sur les braqueurs en fuite).
dimanche, juillet 18, 2010
Mon plan banlieue
Il paraît qu'il y aurait besoin d'injecter encore des milliards dans les banlieues pour régler le problème. C'est «more of the same», toujours plus de ce qui échoue. On a déjà injecté des dizaines de milliards qui n'ont servi qu'à acheter les caïds.
Non, Il y a pourtant une méthode simple :
> immigration zéro.
> rétablissement de la «double peine» : expulsion des criminels étrangers. Il faudrait aussi pouvoir déchoir de la nationalité française et expulser les Français d'origine étrangère dans les vingt ans qui suivent leur naturalisation (il y a une alternative que je préfère : qu'il soit beaucoup plus difficile, voire quasiment impossible, comme au Japon, d'acquérir la nationalité du pays d'accueil).
> rétablissement de l'Etat de droit dans les banlieues : quadrillage de la police et, si il y a émeute, on envoie l'armée. Et la justice met en prison pour longtemps les criminels.
> une école exigeante et manquant totalement au respect des différences (au sens perverti que les gauchistes donnent à cette expression).
On ne rattrape pas des décennies de laxisme avec des aspersions d'eau bénite.
Ce ne sont des fortes mesures qu'à l'aune de la mollesse qui tient lieu de politique depuis trente ans. Elles n'auraient pas effrayé un démocrate du XIXème siècle.
Non, Il y a pourtant une méthode simple :
> immigration zéro.
> rétablissement de la «double peine» : expulsion des criminels étrangers. Il faudrait aussi pouvoir déchoir de la nationalité française et expulser les Français d'origine étrangère dans les vingt ans qui suivent leur naturalisation (il y a une alternative que je préfère : qu'il soit beaucoup plus difficile, voire quasiment impossible, comme au Japon, d'acquérir la nationalité du pays d'accueil).
> rétablissement de l'Etat de droit dans les banlieues : quadrillage de la police et, si il y a émeute, on envoie l'armée. Et la justice met en prison pour longtemps les criminels.
> une école exigeante et manquant totalement au respect des différences (au sens perverti que les gauchistes donnent à cette expression).
On ne rattrape pas des décennies de laxisme avec des aspersions d'eau bénite.
Ce ne sont des fortes mesures qu'à l'aune de la mollesse qui tient lieu de politique depuis trente ans. Elles n'auraient pas effrayé un démocrate du XIXème siècle.
Fil Bob et la délinquance
Notre ami Bob a entrepris de recenser quelques faits de délinquance qui, dans leur simple vérité, démontent le discours gauchiste victimaire (la vérité toute nue est toujours redoutable pour le gauchisme puisque celui-ci est un fantasme détaché du réel).
Bien sûr, des petits malins répondront que les exemples de Bob n'ont aucune valeur statistique. Argument spécieux, il est facile de le retourner : où sont les études statistiques sérieuses montrant que le laxisme en matière de délinquance réduit celle-ci ?
Comprenez bien ma question : je ne demande pas qu'on me prouve que le bien-être des criminels est amélioré par une politique gauchiste, mais celui des honnêtes gens.
A défaut de cette démonstration, l'accumulation de contre-exemples acquiert de la valeur à mesure qu'elle grandit.
J'offre donc ce fil à Bob pour qu'il continue son œuvre salutaire.
Il a soulevé au passage une question intéressante : l'auto-défense. Il y a quelques décennies, il était encore considéré en France comme un droit d'homme libre d'avoir des armes. Aujourd'hui, la situation est inversée. Les vrais criminels peuvent amasser autant de kalachnikovs qu'ils veulent dans leurs territoires de banlieue, mais l'honnête homme qui possédera un malheureux pistolet devra remplir des tonnes de paperasse et si il a le malheur de s'en servir contre un voleur, c'est la prison.
Une société qui désarme les honnêtes gens et laisse les criminels s'armer, une société qui protège les criminels contre les honnêtes gens, est profondément malade.
Bien sûr, des petits malins répondront que les exemples de Bob n'ont aucune valeur statistique. Argument spécieux, il est facile de le retourner : où sont les études statistiques sérieuses montrant que le laxisme en matière de délinquance réduit celle-ci ?
Comprenez bien ma question : je ne demande pas qu'on me prouve que le bien-être des criminels est amélioré par une politique gauchiste, mais celui des honnêtes gens.
A défaut de cette démonstration, l'accumulation de contre-exemples acquiert de la valeur à mesure qu'elle grandit.
J'offre donc ce fil à Bob pour qu'il continue son œuvre salutaire.
Il a soulevé au passage une question intéressante : l'auto-défense. Il y a quelques décennies, il était encore considéré en France comme un droit d'homme libre d'avoir des armes. Aujourd'hui, la situation est inversée. Les vrais criminels peuvent amasser autant de kalachnikovs qu'ils veulent dans leurs territoires de banlieue, mais l'honnête homme qui possédera un malheureux pistolet devra remplir des tonnes de paperasse et si il a le malheur de s'en servir contre un voleur, c'est la prison.
Une société qui désarme les honnêtes gens et laisse les criminels s'armer, une société qui protège les criminels contre les honnêtes gens, est profondément malade.
samedi, juillet 17, 2010
Quelle stratégie économique pour la France ?
Ce message s'articule avec le précédent.
Les données stratégiques de la France sont relativement simples, au moins dans le domaine économique. Il est d'autant plus rageant que nos dirigeants semblent les ignorer complètement.
Nous vivons dans un monde assez ouvert (moins qu'on le dit parfois), où les pays sont en compétition féroce. Cela restera ainsi tant que les puissances montantes y trouveront intérêt, c'est-à-dire pour encore longtemps.
La stratégie économique de la France est donc toute tracée : favoriser les emplois non qualifiés dans les métiers non délocalisables et tout faire pour la compétitivité des exportations.
Concrètement, cela signifie :
> fin de l'Etat providence, baisse drastique des dépenses publiques.
> fiscalité révisée pour taxer les individus et non les entreprises.
> arrêt de l'immigration non compétitive (d'origine africaine et nord-africaine).
> désétatisation du système éducatif
Mais l'élément le plus fondamentale de cette stratégie, c'est le passage à la retraite par capitalisation : il est temps que le travail des Français leur donne les moyens d'épargner et d'investir au lieu de subventionner, sous prétexte de collectivisme, une paresse protéiforme.
Je vois d'ici les professeurs patentés de pragmatisme nous expliquer qu'il est impossible de faire passer un tel programme. C'est une sorte de rationalisme au jour le jour qui n'est pas loin de la connerie pure.
Il suffit de prendre un peu de hauteur pour voir qu'il y a deux arguments puissants pour faire passer une telle politique : la patriotisme et la responsabilité. Cette politique prépare l'avenir de la France, ces efforts ne seraient pas vains.
Bine sûr, ce sont deux valeurs profondément contraires à ce que nos medias montrent et encouragent. Mais elles sont si ancrées en nous qu'un politicien un peu plus intelligent que la moyenne pourrait les réveiller.
Les données stratégiques de la France sont relativement simples, au moins dans le domaine économique. Il est d'autant plus rageant que nos dirigeants semblent les ignorer complètement.
Nous vivons dans un monde assez ouvert (moins qu'on le dit parfois), où les pays sont en compétition féroce. Cela restera ainsi tant que les puissances montantes y trouveront intérêt, c'est-à-dire pour encore longtemps.
La stratégie économique de la France est donc toute tracée : favoriser les emplois non qualifiés dans les métiers non délocalisables et tout faire pour la compétitivité des exportations.
Concrètement, cela signifie :
> fin de l'Etat providence, baisse drastique des dépenses publiques.
> fiscalité révisée pour taxer les individus et non les entreprises.
> arrêt de l'immigration non compétitive (d'origine africaine et nord-africaine).
> désétatisation du système éducatif
Mais l'élément le plus fondamentale de cette stratégie, c'est le passage à la retraite par capitalisation : il est temps que le travail des Français leur donne les moyens d'épargner et d'investir au lieu de subventionner, sous prétexte de collectivisme, une paresse protéiforme.
Je vois d'ici les professeurs patentés de pragmatisme nous expliquer qu'il est impossible de faire passer un tel programme. C'est une sorte de rationalisme au jour le jour qui n'est pas loin de la connerie pure.
Il suffit de prendre un peu de hauteur pour voir qu'il y a deux arguments puissants pour faire passer une telle politique : la patriotisme et la responsabilité. Cette politique prépare l'avenir de la France, ces efforts ne seraient pas vains.
Bine sûr, ce sont deux valeurs profondément contraires à ce que nos medias montrent et encouragent. Mais elles sont si ancrées en nous qu'un politicien un peu plus intelligent que la moyenne pourrait les réveiller.
Politiciens français : bêtise ou lâcheté ?
Les politiciens français ne promeuvent pas et ne font pas les vraies réformes salvatrices dont la France a besoin ; par exemple, l'extinction du système de retraite par répartition en faveur de la capitalisation, réforme qui n'aurait pourtant que des avantages (sauf pour certains privilégiés, receleurs de la kleptocratie étatique).
Vers la fin d'une émission sur BFM, les invités s'interrogeaient pour savoir si il s'agit là de lâcheté ou de bêtise.
J'ai longtemps penché pour la lâcheté. Aujourd'hui, je suis de l'autre opinion, qui est aussi celle d'Alain Madelin.
En effet, je m'aperçois, à travers les témoignages que je peux recueillir, que les politiciens passent extrêmement peu de temps à réfléchir, à prendre du recul. La journée d'un politicien est folle. De Gaulle s'offusquait déjà que Léon Blum fût interrompu dix fois pendant leur entretien.
Mais, plus encore que le temps, c'est le tempérament qui manque à nos politiciens. Ce ne sont pas des méditatifs, des hommes de réflexion, sinon, ils ne seraient pas là où ils sont.
Nos politiciens payent des gens pour penser pour eux. Mais, quand on est employé, aller à contre-courant, se montrer original, peut s'avérer dangereux. C'est pourquoi aucun de nos politiciens n'est exposé à des idées sortant un tant soit peu de l'ordinaire : ils n'y pensent pas, et personne n'y pense pour eux.
Pour reprendre mon exemple, l'argumentaire en faveur de la capitalisation est assez simple, à la portée du dernier abruti de blogueur libéral. Pourtant, il n'y a absolument aucune chance que cet argumentaire atteigne un homme de pouvoir.
Enfin, il faut bien avouer qu'il y a de ma part un préjugé anti-politiciens : je ne crois pas que, bien qu'ils aient fait les grandes écoles, nos politiciens soient très brillants. Michael Crichton disait : «Dans ma famille, les intelligents font de la science, les ratés de la politique».
Ce défaut de curiosité pour les idées pratiques se cumule avec un autre défaut que je trouve chez les Français (par comparaison avec ce que je vois chez les Anglo-Saxons) : un manque de pensée stratégique. Les Français sont capables de faire de grandes cathédrales intellectuelles. Pendant ce temps, les Anglais ne montent pas dans ces hautes sphères de l'esprit mais poussent leurs pions patiemment, suivant un plan simple mais solide. Et ils gagnent.
Vers la fin d'une émission sur BFM, les invités s'interrogeaient pour savoir si il s'agit là de lâcheté ou de bêtise.
J'ai longtemps penché pour la lâcheté. Aujourd'hui, je suis de l'autre opinion, qui est aussi celle d'Alain Madelin.
En effet, je m'aperçois, à travers les témoignages que je peux recueillir, que les politiciens passent extrêmement peu de temps à réfléchir, à prendre du recul. La journée d'un politicien est folle. De Gaulle s'offusquait déjà que Léon Blum fût interrompu dix fois pendant leur entretien.
Mais, plus encore que le temps, c'est le tempérament qui manque à nos politiciens. Ce ne sont pas des méditatifs, des hommes de réflexion, sinon, ils ne seraient pas là où ils sont.
Nos politiciens payent des gens pour penser pour eux. Mais, quand on est employé, aller à contre-courant, se montrer original, peut s'avérer dangereux. C'est pourquoi aucun de nos politiciens n'est exposé à des idées sortant un tant soit peu de l'ordinaire : ils n'y pensent pas, et personne n'y pense pour eux.
Pour reprendre mon exemple, l'argumentaire en faveur de la capitalisation est assez simple, à la portée du dernier abruti de blogueur libéral. Pourtant, il n'y a absolument aucune chance que cet argumentaire atteigne un homme de pouvoir.
Enfin, il faut bien avouer qu'il y a de ma part un préjugé anti-politiciens : je ne crois pas que, bien qu'ils aient fait les grandes écoles, nos politiciens soient très brillants. Michael Crichton disait : «Dans ma famille, les intelligents font de la science, les ratés de la politique».
Ce défaut de curiosité pour les idées pratiques se cumule avec un autre défaut que je trouve chez les Français (par comparaison avec ce que je vois chez les Anglo-Saxons) : un manque de pensée stratégique. Les Français sont capables de faire de grandes cathédrales intellectuelles. Pendant ce temps, les Anglais ne montent pas dans ces hautes sphères de l'esprit mais poussent leurs pions patiemment, suivant un plan simple mais solide. Et ils gagnent.
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Tout doit disparaître
Tout doit disparaître
Le Figaro Magazine fait un article sur l'épilation intégrale, très à la mode, notamment chez les adolescentes.
Anecdotique, me direz vous ? Oui, mais il est des anecdotes significatives.
Le poil, voilà l'ennemi. C'est tout à fait dans le fil de mes analyses habituelles sur l'état de délabrement de notre société :
> les poils, c'est un ornement d'adulte. Or rien n'obsède plus notre société que le désir impossible de rester enfant toute sa vie (avec comme corollaire, cette exigence d'enfant capricieux : je fais ce qui me plaît, quand ça me plaît).
> les poils, c'est la virilité, quelle horreur ! Inutile d'insister sur ce point : nos medias sont remplis d'odes à la femme et de critiques des hommes qui refusent de se comporter comme des femmes, suivant les bons préceptes des valeurs féminines : ils boivent de la bière, regardent le foot à la télé ... Et ils ont des poils. Les salauds !
> les poils, c'est la réalité bassement génitale de l'homme, venue en droite ligne des cavernes préhistoriques. C'est une intolérable piqure dans la bulle d'irréalité dans laquelle notre monde veut vivre ; un monde où les hommes ne sont plus vraiment des hommes, où les femmes ne sont plus vraiment des femmes, où les étrangers ne sont plus vraiment des étrangers, où plus personne ne hait, ne souffre et ne meurt. Le poil, c'est l'anti-fusion maternaliste, l'anti-grand-tout, le facteur différenciant, le sale truc qui montre que tu vieillis, que tu vas mourir et que la dure réalité te retournera en poussière.
Mais, j'y songe, en France, tout le monde n'est pas ennemi du poil : j'attends avec curiosité l'affrontement prochain des épilés et des barbus.
(Je n'ai pas mis de photo pour illustrer l'article afin de ne pas choquer les âmes sensibles.)
Le Figaro Magazine fait un article sur l'épilation intégrale, très à la mode, notamment chez les adolescentes.
Anecdotique, me direz vous ? Oui, mais il est des anecdotes significatives.
Le poil, voilà l'ennemi. C'est tout à fait dans le fil de mes analyses habituelles sur l'état de délabrement de notre société :
> les poils, c'est un ornement d'adulte. Or rien n'obsède plus notre société que le désir impossible de rester enfant toute sa vie (avec comme corollaire, cette exigence d'enfant capricieux : je fais ce qui me plaît, quand ça me plaît).
> les poils, c'est la virilité, quelle horreur ! Inutile d'insister sur ce point : nos medias sont remplis d'odes à la femme et de critiques des hommes qui refusent de se comporter comme des femmes, suivant les bons préceptes des valeurs féminines : ils boivent de la bière, regardent le foot à la télé ... Et ils ont des poils. Les salauds !
> les poils, c'est la réalité bassement génitale de l'homme, venue en droite ligne des cavernes préhistoriques. C'est une intolérable piqure dans la bulle d'irréalité dans laquelle notre monde veut vivre ; un monde où les hommes ne sont plus vraiment des hommes, où les femmes ne sont plus vraiment des femmes, où les étrangers ne sont plus vraiment des étrangers, où plus personne ne hait, ne souffre et ne meurt. Le poil, c'est l'anti-fusion maternaliste, l'anti-grand-tout, le facteur différenciant, le sale truc qui montre que tu vieillis, que tu vas mourir et que la dure réalité te retournera en poussière.
Mais, j'y songe, en France, tout le monde n'est pas ennemi du poil : j'attends avec curiosité l'affrontement prochain des épilés et des barbus.
(Je n'ai pas mis de photo pour illustrer l'article afin de ne pas choquer les âmes sensibles.)
jeudi, juillet 15, 2010
mercredi, juillet 14, 2010
La gauche et la burqua : quousque tandem abutere ...
Vis-à-vis de la burqua, on distingue deux gauches :
> une gauche laïque, volontiers rigoriste.
> une gauche immigrationniste et communautariste, prête à toute les compromissions.
Entre ces deux gauches se produisent des échanges, mais, dans l'ensemble, les positions sont fixées.
Il est clair que la seconde dispose d'une majorité écrasante dans les instances dirigeantes, où l'on sait compter. Personne n'y a oublié que le prolétariat de substitution constitué par les immigrés naturalisés, notamment africains et nord-africains, a voté a plus de 90 % pour Ségolène Royal.
Néanmoins, je ne suis pas certain que la base gauloise et assimilée soit si à l'aise avec cette position.
Je suis curieux de voir la suite.
> une gauche laïque, volontiers rigoriste.
> une gauche immigrationniste et communautariste, prête à toute les compromissions.
Entre ces deux gauches se produisent des échanges, mais, dans l'ensemble, les positions sont fixées.
Il est clair que la seconde dispose d'une majorité écrasante dans les instances dirigeantes, où l'on sait compter. Personne n'y a oublié que le prolétariat de substitution constitué par les immigrés naturalisés, notamment africains et nord-africains, a voté a plus de 90 % pour Ségolène Royal.
Néanmoins, je ne suis pas certain que la base gauloise et assimilée soit si à l'aise avec cette position.
Je suis curieux de voir la suite.
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lundi, juillet 12, 2010
Les homosexuels, le mariage et l'adoption
Une déclaration de Nadine Morano refusant de changer la loi pour complaire aux activistes homosexuels provoque un assaut hystérique, dont je me suis mêlé, des abonnés du Monde.
Bien entendu, c'est toujours le même argument complètement con qui revient : des couples homosexuels élèvent des enfants, donc la loi doit donner un statut légal à cet état de fait. Comme si la loi devait donner un statut légal à toutes les conneries que sont capables de faire les êtres humains.
Je le dis franchement : à mes yeux, les homosexuels qui revendiquent mariage et adoption sont des gens qui ont un problème psychologique, qui n'arrivent pas à assumer les conséquences de leur choix de vie. La loi n'a pas à remplacer le psy.
Et puis, vraiment, soumettre la loi à une mode, c'est très aventureux. La mode change. Que se passera-t-il, avec cette pratique de soumettre la loi à la mode, si dans trente ans, la majorité des Français (la démographie étant ce qu'elle est), considère que l'homosexualité est dégoutante ?
Je suis opposé au mariage homosexuel, je trouve cette idée ridicule. En revanche, je suis plus qu'opposé à l'adoption par des homosexuels : c'est de la prédation d'adultes sur des enfants pour échapper aux problèmes psychologiques qu'ils se sont eux-mêmes créés. Le droit à l'enfant n'existe pas, ce n'est pas parce qu'on veut un enfant que la loi doit se soumettre. En revanche, l'enfant a des droits et celui d'avoir une vraie famille, avec un père et une mère, est un droit élémentaire.
Thomas Sowell contre le mariage homosexuel (en anglais)
Un article de Psychologies sur l'adoption par des couples homosexuels
Addendum du 12/07 : si mon analyse de l'évolution de notre société est juste, les activistes homosexuels ont intérêt à faire vite : la fenêtre d'hédonisme, de laxisme, de narcissisme et de puérilité généralisés qui seule leur donne une chance d'imposer leurs revendications ridicules est en train de se refermer.
Les fantaisies en matière de moeurs ne sont en grande partie soutenables que grâce à l'Etat-providence. Quand celui-ci atteint ses limites, la déconnade se ralentit (par exemple, la pauvreté touche de plus en plus les mères célibataires, et ça ne va pas s'arranger).
Nous ne reviendrons bien évidemment pas à l'ordre antérieur, mais il me semble qu'un durcissement va venir. Il ne suffira plus de se rouler par terre en hurlant «Je veux ! Je veux !» pour voir ses revendications satisfaites.
Il est possible que nous en revenions au point où il sera avantageux d'avoir beaucoup d'enfants comme assurance pour ses vieux jours (seule méthode connue pour avoir une famille nombreuse : le couple normal), auquel cas les revendications des homosexuels seront vues comme des incongruités.
Mais il s'agit de phénomènes de moyen terme. Il se peut aussi que l'Aubry ou la Royal gagnent les élections de 2012 et déploient toute la connerie, fort vaste, dont elles sont capables, sapant un peu plus la civilisation en attaquant sa cellule élémentaire, la famille (détruire la famille et la civilisation, sous prétexte qu'elle les jugeait archaïques, a toujours été dans le projet d'une certaine gauche).
Bien entendu, c'est toujours le même argument complètement con qui revient : des couples homosexuels élèvent des enfants, donc la loi doit donner un statut légal à cet état de fait. Comme si la loi devait donner un statut légal à toutes les conneries que sont capables de faire les êtres humains.
Je le dis franchement : à mes yeux, les homosexuels qui revendiquent mariage et adoption sont des gens qui ont un problème psychologique, qui n'arrivent pas à assumer les conséquences de leur choix de vie. La loi n'a pas à remplacer le psy.
Et puis, vraiment, soumettre la loi à une mode, c'est très aventureux. La mode change. Que se passera-t-il, avec cette pratique de soumettre la loi à la mode, si dans trente ans, la majorité des Français (la démographie étant ce qu'elle est), considère que l'homosexualité est dégoutante ?
Je suis opposé au mariage homosexuel, je trouve cette idée ridicule. En revanche, je suis plus qu'opposé à l'adoption par des homosexuels : c'est de la prédation d'adultes sur des enfants pour échapper aux problèmes psychologiques qu'ils se sont eux-mêmes créés. Le droit à l'enfant n'existe pas, ce n'est pas parce qu'on veut un enfant que la loi doit se soumettre. En revanche, l'enfant a des droits et celui d'avoir une vraie famille, avec un père et une mère, est un droit élémentaire.
Thomas Sowell contre le mariage homosexuel (en anglais)
Un article de Psychologies sur l'adoption par des couples homosexuels
Addendum du 12/07 : si mon analyse de l'évolution de notre société est juste, les activistes homosexuels ont intérêt à faire vite : la fenêtre d'hédonisme, de laxisme, de narcissisme et de puérilité généralisés qui seule leur donne une chance d'imposer leurs revendications ridicules est en train de se refermer.
Les fantaisies en matière de moeurs ne sont en grande partie soutenables que grâce à l'Etat-providence. Quand celui-ci atteint ses limites, la déconnade se ralentit (par exemple, la pauvreté touche de plus en plus les mères célibataires, et ça ne va pas s'arranger).
Nous ne reviendrons bien évidemment pas à l'ordre antérieur, mais il me semble qu'un durcissement va venir. Il ne suffira plus de se rouler par terre en hurlant «Je veux ! Je veux !» pour voir ses revendications satisfaites.
Il est possible que nous en revenions au point où il sera avantageux d'avoir beaucoup d'enfants comme assurance pour ses vieux jours (seule méthode connue pour avoir une famille nombreuse : le couple normal), auquel cas les revendications des homosexuels seront vues comme des incongruités.
Mais il s'agit de phénomènes de moyen terme. Il se peut aussi que l'Aubry ou la Royal gagnent les élections de 2012 et déploient toute la connerie, fort vaste, dont elles sont capables, sapant un peu plus la civilisation en attaquant sa cellule élémentaire, la famille (détruire la famille et la civilisation, sous prétexte qu'elle les jugeait archaïques, a toujours été dans le projet d'une certaine gauche).
dimanche, juillet 11, 2010
samedi, juillet 10, 2010
Les lions et les renards
Les politiciens sont de deux espèces : les lions et les renards.
En temps ordinaires, les renards, habiles à flatter le peuple, condamnent les lions à l'obscurité. Si il le faut, ils s'allient pour repousser un lion menaçant.
Cependant, la ruse même des renards nous met en grand péril : la première des habiletés pour flatter le peuple consiste à s'abstenir de lui demander des efforts, à repousser les problèmes devant soi pour les laisser à son successeur. Jusqu'au moment où, d'habileté en habileté, les problèmes accumulés sont devenus une montagne infranchissable.
Nous en sommes là : la catastrophe qui se profile à l'horizon est le résultat de quarante ans de petites habiletés et de grosses ficelles. Sarkozy, Aubry et Royal sont aussi des renards.
Vient alors soudainement le temps des lions, qui bousculent les renards et remettent de l'ordre : les Napoléon, Clemenceau, De Gaulle, Churchill. Mais jusqu'à la catastrophe, jusqu'à ce qu'il soit trop tard,les renards font tout pour empêcher un lion d'émerger.
C'est pourquoi, bien que la catastrophe approche, je ne peux pas vous dire qui sera le lion, juste que, nécessité faisant loi, il y en aura un. Je connais déjà deux de ses caractéristiques : il sera inattendu et il sera rude (ce qui signifie, traduit en langage de 2010, qu'il ne sera pas «politiquement correct»).
Guettons les reflets de la crinière dans l'ombre.
Par jeu, bien que, en principe, il soit une surprise, j'ai tenté de deviner qui pourrait être ce lion. J'ai pensé à Jean-Pierre Chevènement et Alain Madelin, mais ils me semblent trop proches du système. J'ai une préférence pour les vieux : à contre-courant du jeunisme ambiant, je pense que les peuples avancent quand ils ont le patriache à leur tête, comme Moïse.
Vous pouvez vous aussi participer à ce jeu.
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«C'est pas si simple»
Cet article m'est inspiré par ma la lecture d'Intellectuals and society.
Un argument favori des intellos patentés pour refuser de rendre les armes à leurs adversaires est «C'est pas si simple», avec ses variantes «les choses sont plus compliquées que cela», «c'est une vision simpliste» etc.
Mais cet argument n'en est pas un : il ne dit rien sur la véracité de la proposition contestée. Une idée peut être à la fois simple et vraie ou, au contraire, compliquée et fausse.
On peut même dire que, les intellectuels passant leur temps à nier l'évidence, il est normal que leurs explications soient plus alambiquées que les arguments de ceux qui regardent la réalité en face.
Si j'essaie d'expliquer que le soleil se couche le soir, mon exposé sera beaucoup plus simple en admettant que la terre est ronde qu'en partant de l'hypothèse qu'elle est plate.
C'est en ce sens que Jean-François Revel disait qu'il fallait être très intelligent (il aurait pu dire intellectuel) pour NE PAS comprendre les causes du chômage en France.
Mais le «c'est pas si simple» est pervers car il permet de paralyser le débat : en effet, il y a toujours moyen d'étendre une problématique de manière à ce qu'elle soit insoluble à cause de sa complexité.
Ainsi, si je dis à un gauchiste qu'il suffit d'enfermer les criminels pour faire baisser la criminalité, il me répondra «c'est pas si simple, il faudrait comprendre les causes de la criminalité». J'avouerai alors mon impuissance : cela fait au moins trois siècles qu'on débat des causes de la criminalité, je ne vais pas résoudre la question. D'où il en déduira que j'ai tort. Mais a-t-il invalidé ma proposition initiale ? Absolument pas.
Il y a même des gens qui font profession de l'argument de mauvaise foi «c'est pas si simple» : ce sont les sociologues à la française, genre Wolton ou Mucchielli. Ils sont les gardiens de l'Eglise du Bien avec leurs épées tranchantes gravées de «C'est pas si simple».
Vous dites que les immigrés posent problème parce qu'ils sont trop nombreux de culture trop différente ? Hop, on vous file un grand coup de «c'est pas si simple» derrière les oreilles.
Vous dites que les allocations diverses sont une honte car elles enferment les allocataires dans l'assistanat ? Pan, une grande claque «c'est pas si simple».
Vous dites que la modélisation numérique n'est pas un assez fiable pour constituer une preuve de la cause humaine du réchauffement climatique ? Rhaaa, boum, «c'est pas si simple».
Seulement voilà : je suis complètement imperméable à l'argument (qui n'en est pas un) «c'est pas si simple». J'ai eu la chance d'avoir des professeurs qui m'ont enseigné qu'une solution intellectuellement élégante est une solution simple.
Ce qui fait que, quand j'entends «C'est pas si simple», je n'entends pas comme la plupart des intellos, «Je suis plus intelligent que toi, pauvre crétin, je maitrise des trucs compliqués et je pense en 12 dimensions» mais «je suis un pauvre con qui se perd dans des détails, incapable de trier l'essentiel de l'accessoire».
Ou pour le dire comme Saint-Exupéry : l'art est atteint non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retirer.
Un argument favori des intellos patentés pour refuser de rendre les armes à leurs adversaires est «C'est pas si simple», avec ses variantes «les choses sont plus compliquées que cela», «c'est une vision simpliste» etc.
Mais cet argument n'en est pas un : il ne dit rien sur la véracité de la proposition contestée. Une idée peut être à la fois simple et vraie ou, au contraire, compliquée et fausse.
On peut même dire que, les intellectuels passant leur temps à nier l'évidence, il est normal que leurs explications soient plus alambiquées que les arguments de ceux qui regardent la réalité en face.
Si j'essaie d'expliquer que le soleil se couche le soir, mon exposé sera beaucoup plus simple en admettant que la terre est ronde qu'en partant de l'hypothèse qu'elle est plate.
C'est en ce sens que Jean-François Revel disait qu'il fallait être très intelligent (il aurait pu dire intellectuel) pour NE PAS comprendre les causes du chômage en France.
Mais le «c'est pas si simple» est pervers car il permet de paralyser le débat : en effet, il y a toujours moyen d'étendre une problématique de manière à ce qu'elle soit insoluble à cause de sa complexité.
Ainsi, si je dis à un gauchiste qu'il suffit d'enfermer les criminels pour faire baisser la criminalité, il me répondra «c'est pas si simple, il faudrait comprendre les causes de la criminalité». J'avouerai alors mon impuissance : cela fait au moins trois siècles qu'on débat des causes de la criminalité, je ne vais pas résoudre la question. D'où il en déduira que j'ai tort. Mais a-t-il invalidé ma proposition initiale ? Absolument pas.
Il y a même des gens qui font profession de l'argument de mauvaise foi «c'est pas si simple» : ce sont les sociologues à la française, genre Wolton ou Mucchielli. Ils sont les gardiens de l'Eglise du Bien avec leurs épées tranchantes gravées de «C'est pas si simple».
Vous dites que les immigrés posent problème parce qu'ils sont trop nombreux de culture trop différente ? Hop, on vous file un grand coup de «c'est pas si simple» derrière les oreilles.
Vous dites que les allocations diverses sont une honte car elles enferment les allocataires dans l'assistanat ? Pan, une grande claque «c'est pas si simple».
Vous dites que la modélisation numérique n'est pas un assez fiable pour constituer une preuve de la cause humaine du réchauffement climatique ? Rhaaa, boum, «c'est pas si simple».
Seulement voilà : je suis complètement imperméable à l'argument (qui n'en est pas un) «c'est pas si simple». J'ai eu la chance d'avoir des professeurs qui m'ont enseigné qu'une solution intellectuellement élégante est une solution simple.
Ce qui fait que, quand j'entends «C'est pas si simple», je n'entends pas comme la plupart des intellos, «Je suis plus intelligent que toi, pauvre crétin, je maitrise des trucs compliqués et je pense en 12 dimensions» mais «je suis un pauvre con qui se perd dans des détails, incapable de trier l'essentiel de l'accessoire».
Ou pour le dire comme Saint-Exupéry : l'art est atteint non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retirer.
vendredi, juillet 09, 2010
Exclusif : Le Monde est raciste
«Les races n'existent pas» donc parler de «sprinter blanc» est raciste, non ?
LE MONDE.FR : Urgent
vendredi 9 juillet 2010
Christophe Lemaitre devient le premier sprinter blanc à courir le 100 m en moins de 10 secondes
Le coureur français, 20 ans, a réalisé un temps de 9 s 98 pour remporter le 100 m des championnats de France, à Valence. Le record du monde de la distance est détenu par le Jamaïquain Usain Bolt, en 9 s 58.
LE MONDE.FR : Urgent
vendredi 9 juillet 2010
Christophe Lemaitre devient le premier sprinter blanc à courir le 100 m en moins de 10 secondes
Le coureur français, 20 ans, a réalisé un temps de 9 s 98 pour remporter le 100 m des championnats de France, à Valence. Le record du monde de la distance est détenu par le Jamaïquain Usain Bolt, en 9 s 58.
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déni du réel,
dictature du Bien
«Un pas supplémentaire a été franchi dans l'affirmation de cette détestation du contre-pouvoir journalistique»
«Un pas supplémentaire a été franchi dans l'affirmation de cette détestation du contre-pouvoir journalistique». Voilà ce qu'écrit Edwy Plenel à propos de la mise en cause de sa société, Mediapart, par les politiciens de la majorité.
Franchement, je trouve cela signe de bon goût que de détester Edwy Plenel. Son coté donneur de leçons hypocrite et sentencieux m'irrite au plus haut point.
A quoi s'attendait-il ? A ce que le gouvernement le remercie pour services rendus, comme il était d'usage de remercier l'instituteur qui vous corrigeait ?
La suffisance et la prétention de ce bonhomme qui, visiblement, considère que les journalistes sont intouchables et qui se prend pour le «contre-pouvoir journalistique» à lui tout seul, me les brisent menu. Il se comporte comme un partisan mais fulmine dès qu'on le met en cause de manière partisane. Heureusement, Mediapart est au bord de la faillite. Ca sera une perte heureuse : mieux vaut pas de journal qu'un mauvais journal.
Cette affaire Bettencourt ne m'émeut guère : si (notez la condition), en échange de quelques enveloppes, Liliane Bettencourt a obtenu que le fisc ferme les yeux sur quelques fraudes fiscales bénignes par rapport aux centaines de millions d'euros d'impôts qu'elle paye déjà, j'avoue que je ne vois pas là de quoi faire vaciller la république, ni même le gouvernement. Il n'y a pas dans cette affaire, jusqu'à plus ample informé, de décès suspects, contrairement à d'autres affaires de financement de partis politiques.
Hélas, tout cela n'enlève rien à la médiocrité du gouvernement.
Franchement, je trouve cela signe de bon goût que de détester Edwy Plenel. Son coté donneur de leçons hypocrite et sentencieux m'irrite au plus haut point.
A quoi s'attendait-il ? A ce que le gouvernement le remercie pour services rendus, comme il était d'usage de remercier l'instituteur qui vous corrigeait ?
La suffisance et la prétention de ce bonhomme qui, visiblement, considère que les journalistes sont intouchables et qui se prend pour le «contre-pouvoir journalistique» à lui tout seul, me les brisent menu. Il se comporte comme un partisan mais fulmine dès qu'on le met en cause de manière partisane. Heureusement, Mediapart est au bord de la faillite. Ca sera une perte heureuse : mieux vaut pas de journal qu'un mauvais journal.
Cette affaire Bettencourt ne m'émeut guère : si (notez la condition), en échange de quelques enveloppes, Liliane Bettencourt a obtenu que le fisc ferme les yeux sur quelques fraudes fiscales bénignes par rapport aux centaines de millions d'euros d'impôts qu'elle paye déjà, j'avoue que je ne vois pas là de quoi faire vaciller la république, ni même le gouvernement. Il n'y a pas dans cette affaire, jusqu'à plus ample informé, de décès suspects, contrairement à d'autres affaires de financement de partis politiques.
Hélas, tout cela n'enlève rien à la médiocrité du gouvernement.
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Woerth, et après ?
Woerth, et après ?
Je partage assez le point de vue de Marc Cohen à une nuance près : mon indulgence est proportionnelle aux services rendus au pays. Quels services a rendus M. Woerth ? Aucun : il a baptisé pompeusement réforme un simple ajustement que tout le monde (presque) savait inévitable.
Retour de la barbarie : on peut enfin parler
La barbarie ne disparaît pas du cœur des hommes. Elle est simplement cachée par la civilisation, et quand celle-ci décline, elle réapparaît.
Enfin, les langues se délient, on peut maintenant écrire sur le blog d'un media grand public que l'immigration excessive et incontrôlée est à la fois une cause et un effet de notre déclin civilisationnel. Mais n'est-il pas trop tard ?
Pourquoi la barbarie ?
Enfin, les langues se délient, on peut maintenant écrire sur le blog d'un media grand public que l'immigration excessive et incontrôlée est à la fois une cause et un effet de notre déclin civilisationnel. Mais n'est-il pas trop tard ?
Pourquoi la barbarie ?
jeudi, juillet 08, 2010
Intellectuals and society (T. Sowell)
Il annonce également, ce qui est très américain, qu'il écrit pour le grand public. Et il s'y tient.
Quelques définitions :
> intellect : capacité à manier des idées complexes.
> jugement : capacité à donner autant que possible leurs justes poids aux composantes d'une problématique.
> intelligence : addition de l'intellect et du jugement.
> intellectuel : homme dont l'occupation est le maniement d'idées et qui produit ou transmet des idées.
Napoléon n'était pas un intellectuel mais avait du jugement. A l'nverse, Marx avait de l'intellect mais peu de jugement. Un journaliste, un cinéaste, un enseignant, même mauvais et pas très futé, est un intellectuel : il manie des mots et des idées .
Un médecin, un financier ou un ingénieur ne sont pas des intellectuels : ils produisent autre chose que des idées, même si il leur arrive de manier des idées bien plus complexes que celles des intellectuels reconnus (cet ouvrage de Sowell est un hymne aux médecins, ingénieurs et financiers par opposition aux intellectuels, ce qui flatte l'ego de l'ingénieur que je suis).
Pour Sowell, la principale caractéristique des intellectuels, qui explique leur comportement, c'est l'irresponsabilité : ils sont soumis non pas à l'épreuve des faits mais à l'opinion des gens de leur caste, les autres intellectuels. Un médecin qui se trompe, c'est un malade qui meurt ; un financier qui se trompe, c'est un client ruiné, un ingénieur qui se trompe, c'est un avion qui tombe. Un intellectuel qui se trompe ? C'est Jean-Paul Sartre, d'autant plus adulé qu'il racontait de plus grosses conneries. L'erreur n'est pas fatale chez les intellectuels, du moment qu'elle est partagée, c'est le fameux «Mieux vaut avoir tort avec Sartre que raison avec Aron».
Cela ne veut pas dire, hélas, que les idées des intellectuels restent sans effet. Mais la diffusion en est si longue et leur bonne conscience auto-satisfaite si puissante qu'ils n'en subissent jamais le désaveu direct et éclatant.
Les préjugés des intellectuels sont non pas une généralisation de cas particuliers, comme dans le cas des préjugés de non-intellectuels, mais des idées partagées avec les autres intellectuels. Ils ont donc tendance à appeler, chez les autres, préjugés ce qui heurte leur propres préjugés d'intellectuels, alors leurs propres préjugés sont au moins aussi peu validés que les préjugés ordinaires.
Sowell cite deux exemples : le biographe de Théodore Roosevelt s'étonne que Roosevelt, qui n'a pas de préjugés contre les noirs, en ait contre les indiens. Sowell fait remarquer que Roosevelt n'a peut-être pas de préjugés contre les indiens mais un jugement, parce qu'il les connaît, c'est le biographe, à cause des ces préjugés d'intellectuel, qui prend cela pour un préjugé, lui qui ne connaît pas les indiens qu'a connus Rossevelt. Deuxième exemple : des juges de la cour suprême américaine des années 60 ont ouvertement ri de l'audition d'un policier expliquant que l'augmentation des droits des accusés allait entrainer une hausse de la criminalité. Ils ont appelé cela un préjugé stupide, pourtant lui était un praticien, ce que les juges n'étaient plus depuis longtemps. Et l'avenir lui a donné raison.
Récemment, dans l'imMonde, il y avait un article sur les «préjugés», notamment «racistes», des Français. En réalité, cet article renseignait surtout sur les préjugés anti-populaires des journalistes, qui ne connaissent de non-blancs au travail (à part un unique journaliste-alibi) que les femmes de ménage et qui sont mal placés pour juger des «préjugés racistes» des Français. Il y a dans cet article un préjugé d'intellectuel qui m'a fait rire : «les préjugés (sous-entendu, du vulgus pecus) sont rarement fondés». Non seulement, rien ne le démontre, mais le bon sens conduit à envisager l'inverse. Pourquoi un jugement transmis (c'est cela, un préjugé) aurait-il significativement plus de chances d'être faux que vrai ?
En sus de l'irresponsabilité et des préjugés particuliers à leur caste, l'autre gros défaut des intellectuels est de s'exagérer le pouvoir de la raison et du raisonnement au détriment de la compétence et de l'expérience. De là, découlent une certaine paresse et la préférence pour les constructions intellectuelles là où il serait plus utile de simplement travailler à se renseigner.
Par exemple, Sowell se gausse du fait que lorsqu'il y a une fusillade entre policiers et malfaiteurs, ce qui est fréquent aux USA, les intellectuels de service reprochent systématiquement aux forces de l'ordre de beaucoup trop tirer et de se comporter, dirait-on en français, comme des cow-boys. Or, d'où les intellectuels tirent-ils (si je puis dire) que les policiers tirent beaucoup trop ? De leur raisonnement d'intellectuels sur ce que serait une opération policière idéale. Mais ils n'y connaissent strictement rien et ne prennent pas la peine de se renseigner. Sowell, qui a été instructeur de tir chez les Marines, lui, s'y connaît et, citant des statistiques de tir sous stress, justifie qu'on puisse tirer plusieurs centaines de balles pour abattre un malfaiteur. La plupart des intellectuels dans leurs bureaux ne font même pas l'effort avant d'écrire un article véhément de se mettre à la place d'un policier qui se fait tirer dessus.
Mais là où Sowell s'en donne à cœur joie, c'est sur l'économie : l'intellectuel y cultive l'idée fausse comme l'Afghan cultive le pavot. Pêle-mêle : la distribution des revenus (alors que les revenus sont gagnés et non distribués), l'économie à somme nulle, la justice sociale, l'écart entre riches et pauvres, le rôle régulateur de l'Etat, etc.
On pourrait dire que c'est la même chose pour l'immigration : les intellectuels nous certifient que c'est un bienfait, mais qu'y connaissent-ils ? Rien. Pour la plupart, ce ne sont pas des immigrés, ils ne vivent pas au milieu d'immigrés et n'ont pas de vraies connaissances sur ce sujet, seulement des préjugés (et des préjugés d'intellectuels, non basés sur l'expérience mais sur des raisonnements creux).
La forme paroxystique de cette préférence des intellectuels pour l'abstraction est leur habitude, non de comparer des options imparfaites dans un monde imparfait, mais de se faire les dénonciateurs, forcément supérieurs, du monde tel qu'il est au nom d'une utopie qui n'existera jamais. C'est une fort mauvaise habitude, comme la masturbation chez les enfants. Elle a conduit aux pires atrocités (la préférence pour l'utopie, pas la masturbation).
Après ce réquisitoire ravageur, Sowell conclut que les sociétés génèrent leurs poisons, le nôtre étant les intellectuels, et qu'elles se perpétuent à condition de savoir les combattre.
Mon avis ?
Je trouve Sowell un peu trop manichéen. Aujourd'hui, les intellectuels de droite ne peuvent pas se tromper autant que des intellectuels de gauche tout simplement parce qu'ils sont minoritaires et que les erreurs des intellectuels sont d'autant plus énormes qu'elles sont sont validées par la majorité de leurs pairs.
Mais rien ne préserve les intellectuels de droite, pour toujours et à jamais, de se tromper. Pour peu que les idées de gauche deviennent minoritaires chez les intellectuels (un miracle est toujours possible), nous aurons des intellectuels de droite aussi cons que nos gauchistes actuels.
Ceci étant dit, je suis d'accord sur la conclusion générale de Sowell : des intellectuels, il en faut, mais nous leur donnons, dans nos sociétés, une place qui est bien trop importante et est en train de s'avérer mortelle. Il existe d'autres savoirs que ceux valorisés par les intellectuels et auxquels il serait salvateur de redonner leur place.
L'excellente critique, en anglais de T. Dalrymple : Intellectuals and society
Libellés :
cerné par les cons,
dictature du Bien,
livre
mercredi, juillet 07, 2010
La bataille de Stonne (JP Autant)
Pendant douze jours, du 12 au 24 mai 1940, les Français ont courageusement résisté aux attaques allemandes très supérieures en nombre et dominant le ciel.
Un char français B1-bis a détruit 13 chars allemands en un quart d'heure. Des vétérans allemands en sont venus à dire : «Les trois plus durs combats que j'ai connus sont Stonne, Stalingrad et Monte Cassino.»
Pourquoi cette glorieuse bataille a-t-elle été ignorée ? Tout d'abord parce que, déclenchée trop tard et sans esprit de guerre de mouvement, elle n'eut aucune conséquence stratégique.
Ensuite, parce qu'il était dans l'intérêt des nazis comme des collabos de cacher l'héroïsme des soldats français.
Mais, alors que Vichy a gagné la guerre de l'historiographie (les thèses vichystes sur les causes de la guerre et de la défaite sont très largement majoritaires dans la France de 2010) et que le franco-masochisme est sport national, nous, les amateurs éclairés, avons le devoir de rétablir la vérité.
mardi, juillet 06, 2010
Pétition LHC pour la publication de la carte de France de l'insécurité
Pétition LHC pour la publication de la carte de France de l'insécurité
Je pourrais faire un long discours (si, si), mais je pense que cette pétition est suffisamment claire par elle-même.
Signez où on vous le dit et faites par chier :-)
Je pourrais faire un long discours (si, si), mais je pense que cette pétition est suffisamment claire par elle-même.
Signez où on vous le dit et faites par chier :-)
Ces chênes qu'on abat pour le bûcher d'Hercule !
La chronique d'Yves de Kerdrel
Chacun a un jour appris ce poème de Victor Hugo écrit en hommage à Théophile Gautier où figurent ces deux vers illustres: «Oh ! quel farouche bruit font dans le crépuscule les chênes qu'on abat pour le bûcher d'Hercule!» Deux vers qui sont d'autant plus célèbres que Malraux s'en servit pour illustrer ses derniers entretiens avec le général de Gaulle.
Pourquoi parler aujourd'hui de «ces chênes qu'on abat»? Parce que le poison distillé par certains parangons de vertu, dans le cadre de ce qu'il est désormais convenu d'appeler «l'affaire Bettencourt», se répand petit à petit dans le capitalisme français, comme la lotion mortelle imbibée dans la Tunique de Nessus, finit par empoisonner Hercule (ou Héraclès selon que l'on se trouve à Rome ou à Athènes), au point que celui-ci préféra s'immoler sur ce fameux bûcher.
Bien sûr, tout le monde a compris que cette affaire vise à éclabousser un ministre dont la réforme des retraites est unanimement considérée comme un sans-faute. Bien sûr, tous ceux qui aimeraient y voir «une affaire d'État» trouvent là une occasion de plus pour s'en prendre à la personne du président de la République. Bien sûr, pour une opposition qui n'a ni argument, ni idée, ni leadership, ce remue-ménage autour de la première fortune de France, bénéficiaire du bouclier fiscal, constitue une aubaine politique!
Mais l'irresponsabilité de tous ceux qui font d'un amalgame d'anecdotes fiscales et mondaines une «affaire» se transforme en une forme de venin qui se répand petit à petit dans les veines de la société française. Un venin constitué des postulats suivants: entreprise prospère = richesse mal acquise, dividendes versés = vol au détriment des salariés, fortune familiale = fraude fiscale… j'en passe et des bien pires !
La seule personne qui a parlé de l'essentiel dans cette histoire, c'est Liliane Bettencourt, elle-même, interrogée par Claire Chazal dans le cadre du journal de 20 heures. Cette femme de 87 ans, qui a passé ses étés de jeunesse à travailler à la chaîne, a fait référence aux salariés de L'Oréal, au sort de cette entreprise extraordinaire et à son développement exponentiel à l'international.
Si l'anticapitalisme viscéral des Français, leur mépris de la richesse et leur volonté égalitariste s'accroît à l'occasion de cette affaire, qu'est-ce qui pourrait empêcher la fille de Liliane Bettencourt de céder ses parts à Nestlé, le jour où la nue-propriété et l'usufruit des actions seront de nouveau réunis? Quel masochisme pourrait l'amener à faire en sorte que L'Oréal reste un fleuron français, si elle-même se trouve traînée dans la boue, parce qu'elle est bénéficiaire du bouclier fiscal, qui n'est que le remboursement d'un trop-perçu par les impôts.
Et ce qui est vrai pour L'Oréal l'est aussi pour les Peugeot, dont le nom s'est retrouvé cité en marge de cette affaire. Il faut une sacrée abnégation -sans doute due, à leur origine protestante- pour rester français, alors que la Suisse est à un jet de pierres de leurs forêts belfortines. Et que dire des Michelin, dont le nom a été également jeté en pâture, alors qu'ils s'échinent à rendre certaines de leurs usines françaises aussi compétitives que les implantations chinoises? Un chantier digne des douze travaux d'Hercule. Encore lui !
Lorsque tous ces «chênes» du capitalisme familial auront été, petit à petit, taillés en pièces par cette «haine des riches», par cette «jalousie gauloise», par une insécurité fiscale permanente et par ce «tir aux fléchettes» qui consiste à s'en prendre successivement à tous les fleurons du CAC 40, les Français pourront aller verser, sur le bûcher d'Hercule, des larmes de crocodile. Ils pourront s'étonner que la France sorte plus vite que prévu de la première division des pays industrialisés. Ils pourront se demander pourquoi cette cinquième puissance économique mondiale se retrouvera, d'ici à 2020, loin derrière le Mexique et la Corée du Sud et même l'Autriche. Ils pourront s'interroger sur cette France devenue un musée pour la classe moyenne brésilienne ou un supermarché de luxe pour les millionnaires chinois.
Qui aurait l'idée, outre-Atlantique, de se gausser de Bill Gates parce qu'il a fait fortune? Qui n'a pas envie d'être le nouvel inventeur de Google ou de Facebook et de créer des milliards de dollars en moins d'une décennie ? Comment se fait-il que les assemblées générales de Warren Buffett, deuxième fortune américaine, réunissent plus de 30 000 personnes chaque année ? Rien de particulier, sinon un état d'esprit qui exclut la jalousie, qui sanctuarise la réussite et qui bannit la spoliation fiscale. C'est une chose utile que de lutter contre la déforestation en Amazonie. Mais peut-être avons-nous tous aussi à faire quelque chose pour que ces superbes chênes du capitalisme familial restent le fleuron de la France industrieuse, innovatrice et conquérante?
Chacun a un jour appris ce poème de Victor Hugo écrit en hommage à Théophile Gautier où figurent ces deux vers illustres: «Oh ! quel farouche bruit font dans le crépuscule les chênes qu'on abat pour le bûcher d'Hercule!» Deux vers qui sont d'autant plus célèbres que Malraux s'en servit pour illustrer ses derniers entretiens avec le général de Gaulle.
Pourquoi parler aujourd'hui de «ces chênes qu'on abat»? Parce que le poison distillé par certains parangons de vertu, dans le cadre de ce qu'il est désormais convenu d'appeler «l'affaire Bettencourt», se répand petit à petit dans le capitalisme français, comme la lotion mortelle imbibée dans la Tunique de Nessus, finit par empoisonner Hercule (ou Héraclès selon que l'on se trouve à Rome ou à Athènes), au point que celui-ci préféra s'immoler sur ce fameux bûcher.
Bien sûr, tout le monde a compris que cette affaire vise à éclabousser un ministre dont la réforme des retraites est unanimement considérée comme un sans-faute. Bien sûr, tous ceux qui aimeraient y voir «une affaire d'État» trouvent là une occasion de plus pour s'en prendre à la personne du président de la République. Bien sûr, pour une opposition qui n'a ni argument, ni idée, ni leadership, ce remue-ménage autour de la première fortune de France, bénéficiaire du bouclier fiscal, constitue une aubaine politique!
Mais l'irresponsabilité de tous ceux qui font d'un amalgame d'anecdotes fiscales et mondaines une «affaire» se transforme en une forme de venin qui se répand petit à petit dans les veines de la société française. Un venin constitué des postulats suivants: entreprise prospère = richesse mal acquise, dividendes versés = vol au détriment des salariés, fortune familiale = fraude fiscale… j'en passe et des bien pires !
La seule personne qui a parlé de l'essentiel dans cette histoire, c'est Liliane Bettencourt, elle-même, interrogée par Claire Chazal dans le cadre du journal de 20 heures. Cette femme de 87 ans, qui a passé ses étés de jeunesse à travailler à la chaîne, a fait référence aux salariés de L'Oréal, au sort de cette entreprise extraordinaire et à son développement exponentiel à l'international.
Si l'anticapitalisme viscéral des Français, leur mépris de la richesse et leur volonté égalitariste s'accroît à l'occasion de cette affaire, qu'est-ce qui pourrait empêcher la fille de Liliane Bettencourt de céder ses parts à Nestlé, le jour où la nue-propriété et l'usufruit des actions seront de nouveau réunis? Quel masochisme pourrait l'amener à faire en sorte que L'Oréal reste un fleuron français, si elle-même se trouve traînée dans la boue, parce qu'elle est bénéficiaire du bouclier fiscal, qui n'est que le remboursement d'un trop-perçu par les impôts.
Et ce qui est vrai pour L'Oréal l'est aussi pour les Peugeot, dont le nom s'est retrouvé cité en marge de cette affaire. Il faut une sacrée abnégation -sans doute due, à leur origine protestante- pour rester français, alors que la Suisse est à un jet de pierres de leurs forêts belfortines. Et que dire des Michelin, dont le nom a été également jeté en pâture, alors qu'ils s'échinent à rendre certaines de leurs usines françaises aussi compétitives que les implantations chinoises? Un chantier digne des douze travaux d'Hercule. Encore lui !
Lorsque tous ces «chênes» du capitalisme familial auront été, petit à petit, taillés en pièces par cette «haine des riches», par cette «jalousie gauloise», par une insécurité fiscale permanente et par ce «tir aux fléchettes» qui consiste à s'en prendre successivement à tous les fleurons du CAC 40, les Français pourront aller verser, sur le bûcher d'Hercule, des larmes de crocodile. Ils pourront s'étonner que la France sorte plus vite que prévu de la première division des pays industrialisés. Ils pourront se demander pourquoi cette cinquième puissance économique mondiale se retrouvera, d'ici à 2020, loin derrière le Mexique et la Corée du Sud et même l'Autriche. Ils pourront s'interroger sur cette France devenue un musée pour la classe moyenne brésilienne ou un supermarché de luxe pour les millionnaires chinois.
Qui aurait l'idée, outre-Atlantique, de se gausser de Bill Gates parce qu'il a fait fortune? Qui n'a pas envie d'être le nouvel inventeur de Google ou de Facebook et de créer des milliards de dollars en moins d'une décennie ? Comment se fait-il que les assemblées générales de Warren Buffett, deuxième fortune américaine, réunissent plus de 30 000 personnes chaque année ? Rien de particulier, sinon un état d'esprit qui exclut la jalousie, qui sanctuarise la réussite et qui bannit la spoliation fiscale. C'est une chose utile que de lutter contre la déforestation en Amazonie. Mais peut-être avons-nous tous aussi à faire quelque chose pour que ces superbes chênes du capitalisme familial restent le fleuron de la France industrieuse, innovatrice et conquérante?
Affaire Woerth-Bettencourt : les délices empoisonnées de la politicaillerie
Tout d'abord, parce que les journalistes sont des rebelles qui chassent en meute. Ensuite, parce que l'envie est un puissant moteur chez les Français.
Mais hélas, je crois qu'il y a une autre cause,certes secondaire mais qui pèse tout de même son poids. Les politiciens français, de droite comme de gauche, ne sont pas des hommes d'Etat, ce sont des politicards, habitués de la cuisine électorale, qui aiment cela et s'y sentent bien.
Or, les temps sont durs, ils exigent justement des hommes d'Etat. Comme tous les incompétents quand ils se sentent dépassés par les événements (n'oublions pas que va commencer la discussion budgétaire), nos politiciens, de tous les partis, reviennent à ce qu'ils savent faire : la politicaille.
Bien sûr, les affaires Woerth-Bettencourt (parlons au pluriel) ne sont pas anodines, mais il ne faut pas non plus se monter le bourrichon, ce n'est pas le scandale du siècle.
Mais imaginons une situation inverse de la situation que nous vivons : Nicolas Sarkozy est un véritable homme d'Etat, il en impose par son comportement et son allure, il a appelé la pays à l'effort. Ses exigences sont fortes mais justes. Croyez vous que cette affaire aurait fait un tel scandale ?
C'est bien parce que nous doutons de la compétence de nos politiciens que nous sommes si sensibles à leurs dérives.
Quand il y a tempête, on pardonne au capitaine ferme sur la barre d'avoir un penchant pour la bouteille. Mais si on sent le capitaine défaillant, on commence par exiger qu'il arrête de boire.
Nota : les journalistes ne sont pas des anges blancs luttant contre le vilain pouvoir noir. Mediapart et Edwy Plenel, en pointe sur les affaires actuelles, ont aussi leur propre programme, très politique. Cela ne veut pas dire qu'ils mentent, mais clairement, ils donnent à tout cela un ton qui est tout sauf neutre. Il me semble sage que nous, humbles spectateurs, gardions vis à vis des deux camps qui s'affrontent une solide circonspection.
dimanche, juillet 04, 2010
Le désarroi des parents topless
Dans Causeur, un article que j'aurai pu écrire. D'ailleurs, j'en ai écrit de semblables :
Le désarroi des parents topless
Le désarroi des parents topless
samedi, juillet 03, 2010
Annonce : Black red necks and white liberals / Intellectuals and society (Thomas Sowell)
Thomas Sowell présente la particularité d'être noir et conservateur, et de ne pas aimer Obama. Vous ne serez donc pas étonnés qu'il soit peu traduit en français.
J'avais ces deux livres sur ma table. C'est un article de Causeur qui m'a donné envie de m'y attaquer (j'ai ainsi une pile de livres qui attendent un déclic).
Je vous ferai un compte-rendu quand j'aurai fini. Mais, déjà, je peux vous dire que c'est un auteur clair et intelligent. Tout le contraire de certains machin-logues qui dissimulent derrière l'enflure des phrases et l'obscurité du vocabulaire le vide de leur pensée.
Notamment, il explicite la différence entre «intellectualisme» et intelligence. J'ai déjà souvent ici dénoncé la plaie des demi-savants.
Il ne connaît probablement pas la blague française «Quelle est la différence entre un polytechnicien et un train ? Le train, quand il déraille, il s'arrête», mais il en sent l'esprit.
Recension quand j'aurai fini.
J'avais ces deux livres sur ma table. C'est un article de Causeur qui m'a donné envie de m'y attaquer (j'ai ainsi une pile de livres qui attendent un déclic).
Je vous ferai un compte-rendu quand j'aurai fini. Mais, déjà, je peux vous dire que c'est un auteur clair et intelligent. Tout le contraire de certains machin-logues qui dissimulent derrière l'enflure des phrases et l'obscurité du vocabulaire le vide de leur pensée.
Notamment, il explicite la différence entre «intellectualisme» et intelligence. J'ai déjà souvent ici dénoncé la plaie des demi-savants.
Il ne connaît probablement pas la blague française «Quelle est la différence entre un polytechnicien et un train ? Le train, quand il déraille, il s'arrête», mais il en sent l'esprit.
Recension quand j'aurai fini.
vendredi, juillet 02, 2010
France, les défis : attirer l'épargne, cultiver la croissance
Les défis auxquels est confronté la France se traduisent en termes économiques parce que c'est ainsi que s'exprime la puissance, de nos jours. Mais , en réalité, ils impliquent des choix de société profonds.
Les défis, c'est une évidence, sont d'attirer l'épargne mondiale et de cultiver la croissance.
Mais si toutes les décisions gouvernementales étaient prises avec ses deux idées en tête (actuellement, ça n'est pas le cas : la seule idée dans la tête du gouvernement est de sauver un système mauvais mais qui profite aux élites), la France en serait changée de fond en comble.
Ainsi, croyez vous, pour prendre un sujet en apparence déconnecté, que nous continuerions à tolérer l'immigration de peuplement, couteuse et improductive, si notre obsession était la prospérité ?
Et ainsi, du reste.
Si l'objectif de la France était de retrouver la puissance, c'est-à-dire, dans le monde contemporain, la puissance économique, non pas en décrétant la croissance (comportement stupide), mais en réfléchissant et agissant pour la cultiver, c'est tout le pays (moins quelques enclaves allogènes et quelques noyaux gauchistes) qui serait aimanté et galvanisé.
Non seulement je ne crois pas le pays hostile au discours de l'effort, mais je suis persuadé qu'il l'attend. Pas un effort pour tenter une énième fois de sauver un système failli, mais un effort conquérant, tourné vers l'avenir.
«Pour l'avenir», la devise des Broglie ... Et pour la France.
Les défis, c'est une évidence, sont d'attirer l'épargne mondiale et de cultiver la croissance.
Mais si toutes les décisions gouvernementales étaient prises avec ses deux idées en tête (actuellement, ça n'est pas le cas : la seule idée dans la tête du gouvernement est de sauver un système mauvais mais qui profite aux élites), la France en serait changée de fond en comble.
Ainsi, croyez vous, pour prendre un sujet en apparence déconnecté, que nous continuerions à tolérer l'immigration de peuplement, couteuse et improductive, si notre obsession était la prospérité ?
Et ainsi, du reste.
Si l'objectif de la France était de retrouver la puissance, c'est-à-dire, dans le monde contemporain, la puissance économique, non pas en décrétant la croissance (comportement stupide), mais en réfléchissant et agissant pour la cultiver, c'est tout le pays (moins quelques enclaves allogènes et quelques noyaux gauchistes) qui serait aimanté et galvanisé.
Non seulement je ne crois pas le pays hostile au discours de l'effort, mais je suis persuadé qu'il l'attend. Pas un effort pour tenter une énième fois de sauver un système failli, mais un effort conquérant, tourné vers l'avenir.
«Pour l'avenir», la devise des Broglie ... Et pour la France.
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France,
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jeudi, juillet 01, 2010
«Les constats, c'est pour les Français»
«Les constats, c'est pour les Français»
C'est marrant, ces gens qui viennent nous dire «je suis aussi français que toi» quand ça les arrange, savent très bien faire la différence entre les vrais Français, ces bouffons qui s'efforcent de respecter la loi, et les autres, quand ils en ont besoin.
Bien sûr, que cet attachement à géométrie variable de certaines populations allogènes ait le moindre rapport avec l'ensauvagement manifeste de notre société est une hypothèse «nauséabonde» que je me garderai bien d'émettre.
C'est marrant, ces gens qui viennent nous dire «je suis aussi français que toi» quand ça les arrange, savent très bien faire la différence entre les vrais Français, ces bouffons qui s'efforcent de respecter la loi, et les autres, quand ils en ont besoin.
Bien sûr, que cet attachement à géométrie variable de certaines populations allogènes ait le moindre rapport avec l'ensauvagement manifeste de notre société est une hypothèse «nauséabonde» que je me garderai bien d'émettre.
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vie française
Les injures à la mode
J'ai l'impression, à mon injuromètre personnel, que les injures à la mode sont «Nique ta mère !», «Fils de pute !» et «Nique ta race !».
Cette obsession de la filiation, de la race, alors qu'on nous serine que «les races n'existent pas», c'est étrange, non ?
Bien sûr, il est malséant de supposer qu'il y a dans ces injures un fond de clanisme, voire de tribalisme, et que ce fond est du à «la richesse» que nous apportent certaines populations non-européennes.
Je ne ferai donc pas cette supposition malséante.
Cette obsession de la filiation, de la race, alors qu'on nous serine que «les races n'existent pas», c'est étrange, non ?
Bien sûr, il est malséant de supposer qu'il y a dans ces injures un fond de clanisme, voire de tribalisme, et que ce fond est du à «la richesse» que nous apportent certaines populations non-européennes.
Je ne ferai donc pas cette supposition malséante.
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choc des civilisations,
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Marie-Neige Sardin
Les videos parlent d'elles-mêmes.
Le témoignage de Marie-Neige Sardin :
Le commentaire du maire du Bourget :
C'était nos deux séries «La diversité est une richesse, l'immigration est une chance pour la France». et «Quel fasciste, ce Sarkozy avec son obsession sécuritaire».
Ah oui, une précision, ça se passe en France.
Le témoignage de Marie-Neige Sardin :
Le commentaire du maire du Bourget :
C'était nos deux séries «La diversité est une richesse, l'immigration est une chance pour la France». et «Quel fasciste, ce Sarkozy avec son obsession sécuritaire».
Ah oui, une précision, ça se passe en France.
L'Italie, le crucifix et les nouveaux aristocrates
Je trouve la chronique de Zemmour très juste :
Eric Zemmour : «Mais laissons donc l'Italie conserver les crucifix dans ses écoles !»
J'aime beaucoup cette citation de Chesterton que Finkielkraut remet à la mode : «La tradition, c'est la démocratie des morts». La société est faite de ce dépôt traditionnelle non rationaliste.
Puisque nous sommes dans les citations, voici une de Lévi-Strauss :
«On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages, et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes.»
Pourquoi faut-il laisser les crucifix dans les écoles italiennes et interdire les burqas dans les rues françaises ? Parce qu'ici, il y a des choses qui se font et d'autres qui ne se font pas. Ailleurs, c'est différent. Mais ici et ailleurs ne sont pas interchangeables.
Eric Zemmour : «Mais laissons donc l'Italie conserver les crucifix dans ses écoles !»
J'aime beaucoup cette citation de Chesterton que Finkielkraut remet à la mode : «La tradition, c'est la démocratie des morts». La société est faite de ce dépôt traditionnelle non rationaliste.
Puisque nous sommes dans les citations, voici une de Lévi-Strauss :
«On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages, et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes.»
Pourquoi faut-il laisser les crucifix dans les écoles italiennes et interdire les burqas dans les rues françaises ? Parce qu'ici, il y a des choses qui se font et d'autres qui ne se font pas. Ailleurs, c'est différent. Mais ici et ailleurs ne sont pas interchangeables.
mercredi, juin 30, 2010
La droiche et l'Eglise de gauche
Les deux Républiques
J'ai déjà publié ce texte (mal scanné, je m'en excuse), mais je pense qu'elle est d'actualité, alors que notre gouvernement de droiche éprouve la plus grand mal à assumer une politique de droite, au point qu'elle ne la fait pas et a même du mal à la penser.
J'ai déjà publié ce texte (mal scanné, je m'en excuse), mais je pense qu'elle est d'actualité, alors que notre gouvernement de droiche éprouve la plus grand mal à assumer une politique de droite, au point qu'elle ne la fait pas et a même du mal à la penser.
Le retour du devoir ?
De très nombreux imbéciles médiatiques nous ont expliqué il y a deux ans au début de la crise qu'il fallait s'attendre à un «retour de l'Etat». Je n'y ai jamais cru : d'une part, que signifiait le retour d'un Etat qui n'était jamais parti ? D'autre part, je ne voyais pas par quel mécanisme mystérieux une crise provoquée par un excès d'étatisme (1) pouvait provoquer un retour de l'Etat (2).
En revanche, je vous annonce un retour du devoir.
Nous vivons dans une orgie de droits. Tout le monde veut le maximum de droits et aucun devoir. Je me souviens d'une assistante sociale, à qui je parlais de droits et de devoirs, me reprenant en ces termes : «nous préférons parler de droits partagés». Symptomatique, non ? Mais ces droits, pour la plupart, sont des faux droits, des droits non financés.
Avec la mise sur le sable des Etats sur-endettés, les faux droits vont être financièrement asphyxiés. Dans le même temps, la société va se faire plus dure et plus exigeante. L'amortissement des blessures d'amour-propre et des difficultés de toutes sortes par des subventions et des allocations, c'est fini.
Parallèlement, les efforts demandés vont susciter une soif de justice et donc de vérification que chacun fait son devoir. Les privilèges, les petits arrangements, les passe-droits ne vont pas disparaître (il ne faut pas être naïf) mais ils vont devenir moins supportables.
Là où on nous propose comme icônes médiatiques des jouisseurs narcissiques, je ne serais pas surpris qu'on en vienne parfois à nous proposer des héros altruistes.
Bien sûr, ce qui a été détruit est perdu à jamais. Après notre période folle d'exaltation de la jouissance, on ne reviendra pas comme si de rien n'était à l'antique équilibre des droits et des devoirs. Tous les repères religieux et philosophiques qui justifiaient la dialectique du devoir ont disparu. Cependant, on peut espérer quelque amélioration.
Mais ce n'est pas demain qu'on entendra : «"Devoir" est le mot le plus sublime de notre langue» (général Lee).
********************
(1) : rappelons pour ceux qui l'auraient oublié que cette crise est due à l'excès d'endettement des pays occidentaux pour maintenir momentanément et sans effort leur niveau de vie malgré le vieillissement de leurs populations et la concurrence des pays émergents ; que cet excès d'endettement a été mis en place directement (en Europe) ou indirectement (aux USA) par les Etats pour satisfaire des clientèles électorales (cette crise peut au fond être analysée comme un échec de notre forme de démocratie).
(2) : je suis content d'avoir prédit que ce retour de l'Etat était une foutaise, comme on le voit bien aujourd'hui.
En revanche, je vous annonce un retour du devoir.
Nous vivons dans une orgie de droits. Tout le monde veut le maximum de droits et aucun devoir. Je me souviens d'une assistante sociale, à qui je parlais de droits et de devoirs, me reprenant en ces termes : «nous préférons parler de droits partagés». Symptomatique, non ? Mais ces droits, pour la plupart, sont des faux droits, des droits non financés.
Avec la mise sur le sable des Etats sur-endettés, les faux droits vont être financièrement asphyxiés. Dans le même temps, la société va se faire plus dure et plus exigeante. L'amortissement des blessures d'amour-propre et des difficultés de toutes sortes par des subventions et des allocations, c'est fini.
Parallèlement, les efforts demandés vont susciter une soif de justice et donc de vérification que chacun fait son devoir. Les privilèges, les petits arrangements, les passe-droits ne vont pas disparaître (il ne faut pas être naïf) mais ils vont devenir moins supportables.
Là où on nous propose comme icônes médiatiques des jouisseurs narcissiques, je ne serais pas surpris qu'on en vienne parfois à nous proposer des héros altruistes.
Bien sûr, ce qui a été détruit est perdu à jamais. Après notre période folle d'exaltation de la jouissance, on ne reviendra pas comme si de rien n'était à l'antique équilibre des droits et des devoirs. Tous les repères religieux et philosophiques qui justifiaient la dialectique du devoir ont disparu. Cependant, on peut espérer quelque amélioration.
Mais ce n'est pas demain qu'on entendra : «"Devoir" est le mot le plus sublime de notre langue» (général Lee).
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(1) : rappelons pour ceux qui l'auraient oublié que cette crise est due à l'excès d'endettement des pays occidentaux pour maintenir momentanément et sans effort leur niveau de vie malgré le vieillissement de leurs populations et la concurrence des pays émergents ; que cet excès d'endettement a été mis en place directement (en Europe) ou indirectement (aux USA) par les Etats pour satisfaire des clientèles électorales (cette crise peut au fond être analysée comme un échec de notre forme de démocratie).
(2) : je suis content d'avoir prédit que ce retour de l'Etat était une foutaise, comme on le voit bien aujourd'hui.
Libellés :
défenestration volontaire,
morale
mardi, juin 29, 2010
lundi, juin 28, 2010
Le règne des adultes-enfants
Dans cette émission :
Good Morning Week-End du 26 juin 2010
Les chroniqueurs de BFM font remarquer qu'il y a un parallèle entre les joueurs de l'équipe de France et les ministres : il se comportent tous comme des enfants-tyrans qui estiment avoir droit à tout et aucun compte à rendre. Les agissements de Christian Blanc sont symptomatiques à cet égard.
Cette immaturité, patente chez Nicolas Sarkozy, qui en tout domaine singe l'adolescent attardé, devient une usine à conneries, dès qu'il est question de trancher et de décider, activités d'adultes par excellence. Sans faire de la psychanalyse de comptoir, il est évident que Nicolas sarkozy est un enfant du maternalisme.
C'est si répandu que je n'ai même pas besoin de donner des exemples. Mes lecteurs n'ont qu'à réfléchir à l'actualité pour en trouver.
Je suis tenté de penser que nous avons là un des nombreux signes que l'infantilisation, menée à fond de train par le maternalisme depuis quelques décennies, conduit à une société plus bête, c'est-à-dire moins apte à faire face aux difficultés.
Les enfants ne sont plus traités comme des enfants, ils ne savent plus devenir adultes. En conséquence, les adultes ont des désirs et des pulsions de grands enfants.
Ce renversement des rôles et des valeurs mène à la catastrophe. Cette situation ne cesse de m'inquiéter.
Good Morning Week-End du 26 juin 2010
Les chroniqueurs de BFM font remarquer qu'il y a un parallèle entre les joueurs de l'équipe de France et les ministres : il se comportent tous comme des enfants-tyrans qui estiment avoir droit à tout et aucun compte à rendre. Les agissements de Christian Blanc sont symptomatiques à cet égard.
Cette immaturité, patente chez Nicolas Sarkozy, qui en tout domaine singe l'adolescent attardé, devient une usine à conneries, dès qu'il est question de trancher et de décider, activités d'adultes par excellence. Sans faire de la psychanalyse de comptoir, il est évident que Nicolas sarkozy est un enfant du maternalisme.
C'est si répandu que je n'ai même pas besoin de donner des exemples. Mes lecteurs n'ont qu'à réfléchir à l'actualité pour en trouver.
Je suis tenté de penser que nous avons là un des nombreux signes que l'infantilisation, menée à fond de train par le maternalisme depuis quelques décennies, conduit à une société plus bête, c'est-à-dire moins apte à faire face aux difficultés.
Les enfants ne sont plus traités comme des enfants, ils ne savent plus devenir adultes. En conséquence, les adultes ont des désirs et des pulsions de grands enfants.
Ce renversement des rôles et des valeurs mène à la catastrophe. Cette situation ne cesse de m'inquiéter.
dimanche, juin 27, 2010
La société des enfants trompés
La vie est dure. Le bonheur est fragile et jamais à l'abri des assauts du malheur. On peut trouver des satisfactions éphémères (mais parfois intenses) dans les épreuves surmontées. Tout cela se termine par la maladie et la mort.
Mais ce n'est pas du tout ce que les parents «modernes» apprennent à leurs enfants : ils leur apprennent qu'ils sont le centre du monde, tout tourne autour d'eux, leur moindre caprice est disséqué et analysé, leurs colères et leurs bouderies sont des événements de portée mondiale. Ils ont droit à tout, ils sont couverts de cadeaux. Leurs pulsions narcissiques connaissent bien peu de limites. On leur enseigne que la vie est une éternelle jouissance consumériste et qu'ils sont les maitres du monde.
Mais en contrepartie de cette tyrannie infantile, qu'ils ne demandent pas à avoir une famille stable, qu'ils n'exigent pas de leurs parents qu'ils cessent de se comporter en adolescents attardés, qu'ils ne se plaignent pas qu'on ne leur a pas appris à lire, écrire et compter correctement, qu'ils ne fassent pas reproche qu'on ne leur a pas enseigner à vivre en société, avec ses règles et ses frustrations, qu'on leur a caché que la vie n'était pas rose.
Puis arrive l'adolescence, le choc de la réalité, le dévoilement du mensonge. L'enfant-roi se révèle être un adolescent paumé, qui n'a pas les outils pour faire face aux difficultés, quand se rouler par terre en hurlant ne suffit plus. Certains n'y résistent pas. Et Chloé et ses copains se suicident (1). Et Chloé redevient une dernière fois une star, le centre du monde, elle retrouve cet état de toute-puissance qu'elle n'a pas supporté de quitter.
Comble d'hypocrisie, on lui «rend hommage». Un village rend hommage à une enfant qui a refusé de devenir adulte ! Auto-célébration larmoyante d'une société auto-satisfaite de sa puérilité. L'émotion comme substitut à la réflexion.
Mais c'était avant, qu'il fallait s'en préoccuper ; c'était avant, qu'il fallait avoir pitié ; c'était avant qu'il fallait se poser des questions. Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé.
******************
(1) Le Figaro : «Les jeunes avaient peut-être été durement touchés par la mort récente de deux anciens de l'établissement dans des accidents de la route, expliquait-on à Coursan, une localité de 6.000 habitants, proche de Narbonne. La justice et la préfecture ont souligné la complexité et la diversité des situations personnelles des quatre collégiens. Chloé souffrait peut-être d'un chagrin amoureux. Il y avait aussi des situations familiales conflictuelles. Et les adolescents qui ont survécu n'avaient pas forcément la même volonté de mourir.»
Mais ce n'est pas du tout ce que les parents «modernes» apprennent à leurs enfants : ils leur apprennent qu'ils sont le centre du monde, tout tourne autour d'eux, leur moindre caprice est disséqué et analysé, leurs colères et leurs bouderies sont des événements de portée mondiale. Ils ont droit à tout, ils sont couverts de cadeaux. Leurs pulsions narcissiques connaissent bien peu de limites. On leur enseigne que la vie est une éternelle jouissance consumériste et qu'ils sont les maitres du monde.
Mais en contrepartie de cette tyrannie infantile, qu'ils ne demandent pas à avoir une famille stable, qu'ils n'exigent pas de leurs parents qu'ils cessent de se comporter en adolescents attardés, qu'ils ne se plaignent pas qu'on ne leur a pas appris à lire, écrire et compter correctement, qu'ils ne fassent pas reproche qu'on ne leur a pas enseigner à vivre en société, avec ses règles et ses frustrations, qu'on leur a caché que la vie n'était pas rose.
Puis arrive l'adolescence, le choc de la réalité, le dévoilement du mensonge. L'enfant-roi se révèle être un adolescent paumé, qui n'a pas les outils pour faire face aux difficultés, quand se rouler par terre en hurlant ne suffit plus. Certains n'y résistent pas. Et Chloé et ses copains se suicident (1). Et Chloé redevient une dernière fois une star, le centre du monde, elle retrouve cet état de toute-puissance qu'elle n'a pas supporté de quitter.
Comble d'hypocrisie, on lui «rend hommage». Un village rend hommage à une enfant qui a refusé de devenir adulte ! Auto-célébration larmoyante d'une société auto-satisfaite de sa puérilité. L'émotion comme substitut à la réflexion.
Mais c'était avant, qu'il fallait s'en préoccuper ; c'était avant, qu'il fallait avoir pitié ; c'était avant qu'il fallait se poser des questions. Rien ne sert de pleurer sur le lait renversé.
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(1) Le Figaro : «Les jeunes avaient peut-être été durement touchés par la mort récente de deux anciens de l'établissement dans des accidents de la route, expliquait-on à Coursan, une localité de 6.000 habitants, proche de Narbonne. La justice et la préfecture ont souligné la complexité et la diversité des situations personnelles des quatre collégiens. Chloé souffrait peut-être d'un chagrin amoureux. Il y avait aussi des situations familiales conflictuelles. Et les adolescents qui ont survécu n'avaient pas forcément la même volonté de mourir.»
samedi, juin 26, 2010
«Le service d'ordre de l'Elysée aurait giflé un journaliste»
«Le service d'ordre de l'Elysée aurait giflé un journaliste». Quand j'ai trouvé cette phrase dans un message du journal l'imMonde, j'ai éclaté de rire.
Tout d'abord, ce n'est pas une information (je vous rappelle qu'en français, on utilise le mode indicatif pour donner des informations), mais une simple rumeur.
Et puis, les journalistes sont-ils des intouchables, les nouveaux prêtres (de la société du spectacle) ? Certains semblent le croire.
Comme d'habitude, les réactions des abonnés du Monde sont navrantes : on nous ressort les HLPSDNH et le fascisme pour une gifle à un journaliste ! A ce stade de connerie, on est dans l'insulte aux vraies victimes.
Tout d'abord, ce n'est pas une information (je vous rappelle qu'en français, on utilise le mode indicatif pour donner des informations), mais une simple rumeur.
Et puis, les journalistes sont-ils des intouchables, les nouveaux prêtres (de la société du spectacle) ? Certains semblent le croire.
Comme d'habitude, les réactions des abonnés du Monde sont navrantes : on nous ressort les HLPSDNH et le fascisme pour une gifle à un journaliste ! A ce stade de connerie, on est dans l'insulte aux vraies victimes.
jeudi, juin 24, 2010
Les pétitionneurs compulsifs ont encore frappé
Pour les cinq de Villiers Le Bel
Tout serait à détailler dans cette pétition grotesque. Je crois que le plus comique consiste à qualifier de «gamins» des voyous qui tirent à kalachnikov contre la police. Pourquoi pas «galopins», pendant qu'on y est ? Tout cela est si renversant qu'on se prend à se demander si il ne s'agit pas d'un canular. D'ailleurs, j'ai bien ri.
La gôche telle qu'en elle-même l'irréalité la change.
Petite consolation : même sur un site aussi gauchiste que Libé, cette pétition choque les commentateurs.
Tout serait à détailler dans cette pétition grotesque. Je crois que le plus comique consiste à qualifier de «gamins» des voyous qui tirent à kalachnikov contre la police. Pourquoi pas «galopins», pendant qu'on y est ? Tout cela est si renversant qu'on se prend à se demander si il ne s'agit pas d'un canular. D'ailleurs, j'ai bien ri.
La gôche telle qu'en elle-même l'irréalité la change.
Petite consolation : même sur un site aussi gauchiste que Libé, cette pétition choque les commentateurs.
Libellés :
cerné par les cons,
gauchos,
petite guerre d'Algérie
samedi, juin 19, 2010
Quand un soldat meurt pour la France ...
Nous vivons dans un pays qui a tellement perdu ses repères que certaines choses pourtant élémentaires doivent être rappelées.
Un soldat qui meurt en service n'est pas comparable à un ouvrier qui meurt d'un accident du travail, car le soldat, en s'engageant, risque volontairement sa vie, c'est sa grandeur. L'ouvrier n'est pas supposé mourir en service, heureusement.
Un soldat s'engage pour son pays, et non pour une politique. La politique varie, son engagement reste. Le soldat qui meurt ne meurt pas pour Mitterrand ou pour Sarkozy, il meurt pour la France.
C'est pourquoi, quelle que soit la politique menée, le sacrifice du soldat mérite l'hommage. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas la critique de la politique qui a abouti à ce sacrifice, mais c'est une autre histoire, à chacun ses responsabilités.
Les grandes gueules qui ont le sarcasme si aisé devraient considérer les choses avec un peu plus de modestie : certes, c'est bien connu, les militaires sont tous des abrutis, mais combien d'entre nous sommes prêts à risquer notre vie pour une cause qui nous dépasse ?
Les arguties des sentencieux pèsent bien peu face au sacrifice volontaire d'un homme et, au fond, n'apparaissent que pour ce qu'ils sont : des oripeaux dissimulant, au choix, l'inconscience, la bêtise ou la lâcheté.
Que vaut un pays pour lequel personne n'est prêt à mourir ? Si l'existence de l'homme n'avait rien qui la dépasse, si le but des hommes était leur prolongation maximale, quelle tristesse, quel ennui, quel désespoir.
Rappelez vous ces lourdes paroles de Marc Bloch, qu'on ne peut guère taxé de militarisme, en des heures terribles :
«Je le dis franchement : je souhaite, en tout cas, que nous ayons encore du sang à verser : même si cela doit être celui d'êtres qui me sont chers (je ne parle pas du mien, auquel je n'attache pas tant de prix). Car il n'est pas de salut sans une part de sacrifice; ni de liberté nationale qui puisse être pleine, si on n'a travaillé à la conquérir soi-même.»
Et Marc Bloch n'était pas de ces intellectuels d'autant plus farouches qu'ils restent bien au chaud dans les salons : il est mort fusillé par les Allemands.
C'est pourquoi certains seraient bienvenus de faire preuve de plus de retenue et de respect. Ils en seraient grandis, sans pour autant renoncer à leurs convictions.
Un soldat qui meurt en service n'est pas comparable à un ouvrier qui meurt d'un accident du travail, car le soldat, en s'engageant, risque volontairement sa vie, c'est sa grandeur. L'ouvrier n'est pas supposé mourir en service, heureusement.
Un soldat s'engage pour son pays, et non pour une politique. La politique varie, son engagement reste. Le soldat qui meurt ne meurt pas pour Mitterrand ou pour Sarkozy, il meurt pour la France.
C'est pourquoi, quelle que soit la politique menée, le sacrifice du soldat mérite l'hommage. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas la critique de la politique qui a abouti à ce sacrifice, mais c'est une autre histoire, à chacun ses responsabilités.
Les grandes gueules qui ont le sarcasme si aisé devraient considérer les choses avec un peu plus de modestie : certes, c'est bien connu, les militaires sont tous des abrutis, mais combien d'entre nous sommes prêts à risquer notre vie pour une cause qui nous dépasse ?
Les arguties des sentencieux pèsent bien peu face au sacrifice volontaire d'un homme et, au fond, n'apparaissent que pour ce qu'ils sont : des oripeaux dissimulant, au choix, l'inconscience, la bêtise ou la lâcheté.
Que vaut un pays pour lequel personne n'est prêt à mourir ? Si l'existence de l'homme n'avait rien qui la dépasse, si le but des hommes était leur prolongation maximale, quelle tristesse, quel ennui, quel désespoir.
Rappelez vous ces lourdes paroles de Marc Bloch, qu'on ne peut guère taxé de militarisme, en des heures terribles :
«Je le dis franchement : je souhaite, en tout cas, que nous ayons encore du sang à verser : même si cela doit être celui d'êtres qui me sont chers (je ne parle pas du mien, auquel je n'attache pas tant de prix). Car il n'est pas de salut sans une part de sacrifice; ni de liberté nationale qui puisse être pleine, si on n'a travaillé à la conquérir soi-même.»
Et Marc Bloch n'était pas de ces intellectuels d'autant plus farouches qu'ils restent bien au chaud dans les salons : il est mort fusillé par les Allemands.
C'est pourquoi certains seraient bienvenus de faire preuve de plus de retenue et de respect. Ils en seraient grandis, sans pour autant renoncer à leurs convictions.
Le naufrage de l'équipe de France de football est-il le naufrage du multiculturalisme et du vivrensemble ?
Bien sûr, l'équipe de France de football est un signe de la dangerosité du multiculturalisme : quand on met plein de «divers» ensemble, on n'obtient pas un joyeux melting-pot festif. On obtient la dictature du caïd décébré le plus abruti et l'exclusion du seul blanc qui reste (1).
Néanmoins, je pense que les blogs conservateurs qui se sont réjoui que les idioties multiculturalistes soient enfin dévoilées sont trop optimistes.
**************
(1) : dans le journal Le Monde, bien connu pour son nauséabond extrémisme de droite : «Gourcuff, un homme isolé
Dans le même article, le journal [L'Equipe] décrit un autre fait d'après match étonnant, qui concerne le Bordelais Yoann Gourcuff, relégué sur le banc par le sélectionneur. Alors même qu'il n'a pas joué la rencontre, le jeune Breton prend le temps de répondre aux questions de journalistes en zone mixte. "Pendant que le Girondin s'exprime, ses "deux amis" (Anelka et Ribéry) déboulent sac à dos sur l'épaule. Quand Gourcuff aperçoit le milieu de terrain du Bayern Munich, l'image est saisissante: il évite de croiser son regard frondeur et se colle un peu plus à la barrière pour le laisser passer comme le premier de la classe fait place au caïd du collège par peur de prendre une baffe derrière la tête".»
Néanmoins, je pense que les blogs conservateurs qui se sont réjoui que les idioties multiculturalistes soient enfin dévoilées sont trop optimistes.
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(1) : dans le journal Le Monde, bien connu pour son nauséabond extrémisme de droite : «Gourcuff, un homme isolé
Dans le même article, le journal [L'Equipe] décrit un autre fait d'après match étonnant, qui concerne le Bordelais Yoann Gourcuff, relégué sur le banc par le sélectionneur. Alors même qu'il n'a pas joué la rencontre, le jeune Breton prend le temps de répondre aux questions de journalistes en zone mixte. "Pendant que le Girondin s'exprime, ses "deux amis" (Anelka et Ribéry) déboulent sac à dos sur l'épaule. Quand Gourcuff aperçoit le milieu de terrain du Bayern Munich, l'image est saisissante: il évite de croiser son regard frondeur et se colle un peu plus à la barrière pour le laisser passer comme le premier de la classe fait place au caïd du collège par peur de prendre une baffe derrière la tête".»
Libellés :
défenestration volontaire,
vie française
mercredi, juin 16, 2010
Le corps de la France (M. Bernard)
A travers une série d'évocations, autour de la guerre de 14 et du printemps 1940, mêlant des artistes et son histoire familiale, Michel Bernard cherche des traces de ce que peut être la corps de la France. On croise Maurice Genevoix, Jehan Alain, Léon Werth, les fantômes de Landowski ...
La simplicité de ce livre est redoutable : il ne donne pas de prise aux insultes habituelles de la bien-pensance et, pourtant, il est une contradiction cinglante de toute la vulgate actuelle qui exige que la France soit une entité abstraite, désincarnée, qu'être Français n'ait rien de charnel.
Par petites touches, il invite à une réflexion sur la fidélité à son pays, cette chose bien oubliée qu'on appelait le patriotisme.
Par exemple, Michel Bernard explique que le 2 août 2014, il sera face à la tombe de son grand-oncle, mort à Verdun (on retrouve le genre de fidélité de Jean Rouaud dans Les champs d'honneur).
Le lecteur se sent inviter à y songer : où serai-je le 2 août 2014 ? Probablement aux Eparges, face à la tombe de Robert Porchon, si je n'ai pas retrouvé d'ici là la tombe du Boizard mort des gaz.
Puis s'enclenchent d'autres questions : où sera Carla Bruni, le 2 août 2014 ? Zinedine Zidane ? Martine Aubry ? Yannick Noah ?
C'est le genre de question qui ouvre un abime sous les pieds des tenants de «l'aFrance d'après».
L'Afrique du Sud à la dérive
Bernard Lugan : «Moi, je ne suis pas castré. Je parle viril, monsieur.»
Libellés :
dictature du Bien,
monde bisounours
Apéro saucisson-pinard à la Goutte d'Or : une victoire à la Pyrrhus
L'interdiction par la préfecture de police de Paris de l'apéro saucisson-pinard (apéro à l'appel d'associations laïques aussi et pas seulement de groupes identitaires) est une victoire à court terme :
> on a enfin parlé du trouble à l'ordre public que constituent les prières collectives dans les rues de Paris. Sujet occulté par les journaux bien-pensants. Peu à peu, la réalité ne peut plus être cachée.
> même les plus aveugles constatent que les autorités prennent parti. En effet, une solution équitable aurait été d'interdire les deux provocations, c'est-à-dire d'interdire aussi les prières publiques.
Mais cette victoire est grosse de défaites ultérieures : les positions se cristallisent et il est clair que l'appareil d'Etat est contre les Français de France.
J'en profite pour répondre à une objection : on me dit que je fantasme parce que, à coté des centaines de milliers de non-intégrés qui me préoccupent, il y a des millions d'immigrés qui s'intègrent (ce dont je me réjouis).
A cela, je réponds en deux parties :
> d'une part, je pense que les fauteurs de troubles sont plus nocifs pour la France que les immigrés qui s'intègrent ne sont bénéfiques. Bref, je suis persuadé que le bilan de l'immigration africaine et nord africaine (puisque c'est celle-là qui pose problème) est négatif, la France se porterait mieux si il y avait moins d'immigrés.
JP Gourevitch l'a montré sur les questions économiques. Quant aux aspects non-économiques, c'est un jugement subjectif de ma part dont j'admets la fragilité, mais je suis persuadé que dans la plupart des domaines, il en est ainsi, je pense notamment à l'éducation.
> d'autre part, je doute que ces immigrés dont on me vante l'intégration ne soient pas susceptibles d'avoir une influence néfaste, en prenant parti pour la racaille sans en être eux-mêmes, ou en restant simplement neutres là où le parti de l'ordre aurait besoin de soutien.
J'ai une anecdote en tête : une femme, d'origine immigrée, était vraiment gênée par des «jeunes issus de l'immigration» qui faisaient du tapage tous les soirs, au point de l'empêcher de dormir, au point qu'elle commençait à avoir des problèmes au travail. Elle finit donc par appeler la police, qui, ô miracle, intervient. Quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre aussitôt prendre la défense de ces «jeunes», avec la sempiternelle excuse du racisme de la France, alors qu'elle venait elle-même d'appeler la police !
Les êtres humains ne sont pas rationnels et je pense que les liens culturels et ethniques pèsent beaucoup plus lourd qu'il est convenable de l'écrire dans les journaux bien-pensants.
L'affirmation hitlérienne «La race explique tout» est stupide, mais l'affirmation à la mode «Les races n'existent pas» est son symétrique en stupidité. Il est bien difficile dans notre monde où «la pensée» se réduit à des échanges d'insultes et d'anathèmes de maintenir une position complexe sur ce sujet épineux.
Un article :
Saucisson et pinard interdits, prière musulmane autorisée
> on a enfin parlé du trouble à l'ordre public que constituent les prières collectives dans les rues de Paris. Sujet occulté par les journaux bien-pensants. Peu à peu, la réalité ne peut plus être cachée.
> même les plus aveugles constatent que les autorités prennent parti. En effet, une solution équitable aurait été d'interdire les deux provocations, c'est-à-dire d'interdire aussi les prières publiques.
Mais cette victoire est grosse de défaites ultérieures : les positions se cristallisent et il est clair que l'appareil d'Etat est contre les Français de France.
J'en profite pour répondre à une objection : on me dit que je fantasme parce que, à coté des centaines de milliers de non-intégrés qui me préoccupent, il y a des millions d'immigrés qui s'intègrent (ce dont je me réjouis).
A cela, je réponds en deux parties :
> d'une part, je pense que les fauteurs de troubles sont plus nocifs pour la France que les immigrés qui s'intègrent ne sont bénéfiques. Bref, je suis persuadé que le bilan de l'immigration africaine et nord africaine (puisque c'est celle-là qui pose problème) est négatif, la France se porterait mieux si il y avait moins d'immigrés.
JP Gourevitch l'a montré sur les questions économiques. Quant aux aspects non-économiques, c'est un jugement subjectif de ma part dont j'admets la fragilité, mais je suis persuadé que dans la plupart des domaines, il en est ainsi, je pense notamment à l'éducation.
> d'autre part, je doute que ces immigrés dont on me vante l'intégration ne soient pas susceptibles d'avoir une influence néfaste, en prenant parti pour la racaille sans en être eux-mêmes, ou en restant simplement neutres là où le parti de l'ordre aurait besoin de soutien.
J'ai une anecdote en tête : une femme, d'origine immigrée, était vraiment gênée par des «jeunes issus de l'immigration» qui faisaient du tapage tous les soirs, au point de l'empêcher de dormir, au point qu'elle commençait à avoir des problèmes au travail. Elle finit donc par appeler la police, qui, ô miracle, intervient. Quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre aussitôt prendre la défense de ces «jeunes», avec la sempiternelle excuse du racisme de la France, alors qu'elle venait elle-même d'appeler la police !
Les êtres humains ne sont pas rationnels et je pense que les liens culturels et ethniques pèsent beaucoup plus lourd qu'il est convenable de l'écrire dans les journaux bien-pensants.
L'affirmation hitlérienne «La race explique tout» est stupide, mais l'affirmation à la mode «Les races n'existent pas» est son symétrique en stupidité. Il est bien difficile dans notre monde où «la pensée» se réduit à des échanges d'insultes et d'anathèmes de maintenir une position complexe sur ce sujet épineux.
Un article :
Saucisson et pinard interdits, prière musulmane autorisée
mardi, juin 15, 2010
Tous gaullistes ?
Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais je commence à en avoir vraiment ras-le-bol du bal des faux-culs commémorant l'appel du 18 juin.
La gauche qui nous explique déjà depuis longtemps que la Résistance, c'est beaucoup les communistes et un peu les socialistes (et personne d'autre), ne semble pas loin, tant qu'elle est dans les conneries, d'ajouter, à moins que ça ne soit déjà fait (je ne suis pas pas les délires de ces gens au jour le jour), que la Résistance était essentiellement composée de femmes, d'enfants, d'immigrés, de noirs et d'arabes. Je vous fiche mon billet qu'on ne va pas tarder à nous raconter que De Gaulle est allé à Londres pour défendre les valeurs-de-la-république !
Quant à la droite, j'attends avec curiosité qu'elle m'explique en quoi la réintégration de L'OTAN, la guerre en Afghanistan, la chienlit budgétaire et l'Euro sont des décisions fidèles au gaullisme.
Regardons la réalité en face : dans notre société bisousounours maternaliste, le connétable De Gaulle serait trainé devant les tribunaux en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, par le MRAP, SOS Racisme et tout le marigot bien-pensant, il serait insulté et glavioté, Act Up s'en mêlerait et organiserait des kiss-in anti-De Gaulle, les journalistes et les politciens prendraient leurs sales trognes de bien-pensants horrifiés par tant d'horreurs (le gaullisme, pas le kiss-in). Et encore, c'est la version optimiste. La version pessimiste, c'est que De Gaulle serait enfermé chez les fous avant d'avoir pu atteindre le micro de Radio France Berry Sud.
Soyez intelligents, faites un bon geste : débranchez la radio et la télévision, lisez L'Appel du 18 juin de François Delpla, si vous avez l'âme historienne ou Le retour du Général, de Benoît Duteurtre si vous avez l'âme poétique. Ou encore, Les mémoires de guerre.
La gauche qui nous explique déjà depuis longtemps que la Résistance, c'est beaucoup les communistes et un peu les socialistes (et personne d'autre), ne semble pas loin, tant qu'elle est dans les conneries, d'ajouter, à moins que ça ne soit déjà fait (je ne suis pas pas les délires de ces gens au jour le jour), que la Résistance était essentiellement composée de femmes, d'enfants, d'immigrés, de noirs et d'arabes. Je vous fiche mon billet qu'on ne va pas tarder à nous raconter que De Gaulle est allé à Londres pour défendre les valeurs-de-la-république !
Quant à la droite, j'attends avec curiosité qu'elle m'explique en quoi la réintégration de L'OTAN, la guerre en Afghanistan, la chienlit budgétaire et l'Euro sont des décisions fidèles au gaullisme.
Regardons la réalité en face : dans notre société bisousounours maternaliste, le connétable De Gaulle serait trainé devant les tribunaux en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, par le MRAP, SOS Racisme et tout le marigot bien-pensant, il serait insulté et glavioté, Act Up s'en mêlerait et organiserait des kiss-in anti-De Gaulle, les journalistes et les politciens prendraient leurs sales trognes de bien-pensants horrifiés par tant d'horreurs (le gaullisme, pas le kiss-in). Et encore, c'est la version optimiste. La version pessimiste, c'est que De Gaulle serait enfermé chez les fous avant d'avoir pu atteindre le micro de Radio France Berry Sud.
Soyez intelligents, faites un bon geste : débranchez la radio et la télévision, lisez L'Appel du 18 juin de François Delpla, si vous avez l'âme historienne ou Le retour du Général, de Benoît Duteurtre si vous avez l'âme poétique. Ou encore, Les mémoires de guerre.
Libellés :
De Gaulle,
dictature du Bien,
duteurtre,
vie française
samedi, juin 12, 2010
Les révélations de Saint Yan
Une visite d'un grand intérêt aéronautique (où l'on apprit qu'on ne peut pas devenir pilote si l'on ne sait pas faire de vélo (1)) amena quelques révélations extra-aéronautiques.
Le SEFA a augmenté son activité de 40 % en cinq ans et son personnel est passé de 500 employés à 350. Les gens du SEFA semblent marris qu'on ne demande pas aux contrôleurs aériens, dépendant d'une autre branche de la DGAC, de faire un effort équivalent.
Première révélation : il y a dans l'administration française de gigantesques gisements de productivité.
A la question de savoir si il y avait une différence entre les filles et les garçons, la réponse fut qu'elles échouaient plus aux tests psycho-moteurs. Ces tests consistent à pratiquer un exercice de précision demandant de la concentration, tout en répondant à des questions et en prenant des décisions.
Bien sûr, les filles qui réussissent ces tests sont aussi bons pilotes que les garçons.
Deuxième révélation : les sexes existent, pas seulement les «genres», il y a de vrais différences entre les hommes et les femmes, pas réductibles à la culture.
Il nous fut aussi indiqué que les instructeurs devaient s'adapter à leurs élèves et qu'on constatait de vraies différences d'origine culturelle parmi les élèves venant d'horizons lointains dans la manière d'apprendre le pilotage.
Troisième révélation : les hommes de différentes origines ne sont pas interchangeables (2).
Que de révélations en une journée ! Heureusement que nous étions entre mal-pensants ...
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(1) : c'est très sérieux : c'est en vélo qu'on apprend les rudiments du contrôle de la vitesse et de la direction, si l'on n'a pas appris cela enfant, il manque des bases irrécupérables pour devenir pilote une fois adulte. Le SEFA a vécu l'expérience malheureuse d'élèves africains qui, n'ayant jamais fait de vélo, ne purent être pilotes. D'ailleurs, beaucoup des pionniers de l'aviation oeuvraient auparavant dans le cyclisme, premier sport mécanique. Par exemple, les frères Wright étaient fabricants de bicyclettes.
(2) : bien sûr, je précise pour les mal-comprenants que cet article est ironique. Toutes ses révélations n'en sont pas vraiment si vous lisez les bons livres et fréquentez les bons blogs, ou si vous avez gardé un peu de bon sens malgré le matraquage du maternalisme. Mais il est curieux (et navrant) que ces vérités d'évidence, en contradiction avec la vulgate bien-pensante, ne puissent plus être articulées sans tortiller du cul, sans mille précautions oratoires, que dans des domaines très techniques, comme l'aviation ou, éventuellement, dans le sport.
Une sortie de l'Euro sans douleur
Les Européistes nous serinent que l'Euro, «t'as signé, c'est pour en baver» et que «c'est marche ou crève». Leur argument est toujours le même : c'est le fait accompli. Certes, l'Euro n'est pas toujours rose, mais en sortir serait un cataclysme qui ferait regretter aux Européens d'être nés.
Pourtant, JP Rosa propose une sortie de l'Euro sans douleur : c'est simple, si l'Euro continue à baisser, il atteindra un niveau tel que le retour aux monnaies nationales sera possible même pour les pays les plus faibles. Pour imager le propos, disons que si l'Euro descend au niveau du drachme, les Grecs n'auront aucune difficulté à retrouver leur monnaie tandis que les Allemands retrouveront avec bonheur le Mark.
D'ailleurs, les Allemands prépareraient une telle sortie qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. En effet, on a l'impression qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour saper l'Euro. Loin d'être une idiotie, ce comportement, si ils ont déjà tourné consciemment ou inconsciemment la page de l'Europe bruxelloise, est intelligent.
Alors, la sortie de l'Euro est impossible ? Vous voyez bien que non.
Pourtant, JP Rosa propose une sortie de l'Euro sans douleur : c'est simple, si l'Euro continue à baisser, il atteindra un niveau tel que le retour aux monnaies nationales sera possible même pour les pays les plus faibles. Pour imager le propos, disons que si l'Euro descend au niveau du drachme, les Grecs n'auront aucune difficulté à retrouver leur monnaie tandis que les Allemands retrouveront avec bonheur le Mark.
D'ailleurs, les Allemands prépareraient une telle sortie qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. En effet, on a l'impression qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour saper l'Euro. Loin d'être une idiotie, ce comportement, si ils ont déjà tourné consciemment ou inconsciemment la page de l'Europe bruxelloise, est intelligent.
Alors, la sortie de l'Euro est impossible ? Vous voyez bien que non.
jeudi, juin 10, 2010
La diagonale de la défaite : de mai 1940 au 11 septembre 2001 (JP Immarigeon)
L'auteur commence par expliquer que la défaite de 1940 était contingente ; qu'il ne faut pas la sur-interpréter et qu'elle eut tout aussi bien pu être une victoire (1), que le peuple français n'en aurait pas été meilleur pour autant, de même qu'il n'était pas pire à cause de la défaite.
Sur ce point, je suis d'accord. L'histoire est remplie de situations jouées sur un coup de dés et rien n'est écrit d'avance. C'est une erreur que de croire que ce qui est arrivé devait arriver, et d'en condamner la France.
Cette condamnation de la France au nom de la défaite est la thèse vichyste. Elle a largement gagné de nos jours, sauf chez quelques irréductibles dans mon genre (des gaullistes au sens primitif du terme : De Gaulle a condamné un «système mauvais», jamais le pays lui-même).
Immarigeon tire de cette contingence que la France des années 30 avait raison malgré la défaite de 40, que la voie qu'elle a choisie était la seule raisonnable. Il met par exemple le doigt sur le fait qu'il est bien facile de critiquer rétrospectivement les accords de Munich mais moins facile de proposer des alternatives crédibles.
Il remarque que l'armée américaine victorieuse s'est inspirée par bien des cotés de la doctrine française. Pourtant cet argument est d'assez peu de poids : la guerre est par excellence l'art des circonstances, ce qui vaut pour l'Amérique de 1944 ne vaut pas forcément pour la France de 1940. En l'occurrence, les communications de l'armée française, essentiellement par téléphone, étaient totalement inadaptées à l'organisation choisie («Mirabelle appelle Eglantine. Répondez Eglantine ...»).
Mais, c'est vrai : la France est à l'origine de la «bataille conduite» (on dirait aujourd'hui «managée») c'est-à-dire impliquant un gros travail logistique, prenant en compte tous les aspects de la guerre et pas seulement la tactique.
La bataille conduite et sa version moderne, «le management», reposent sur l'idée non seulement fausse mais nocive que c'est un bien en soi de réduire l'incertitude. Mais l'incertitude est infinie, on s'épuise donc en scénarios, en comités de réflexion, en simulations, en réunions, en procédures, en audits, pour, au bout du compte, n'obtenir une réduction d'incertitude qui n'est qu'une goutte dans un océan, sans oublier que le processus de réduction des incertitudes introduit lui-même des incertitudes.
La dépense d'énergie est folle pour un résultat fort médiocre. On en vient à douter de l'équilibre mental et de l'intelligence, ou au moins du bon sens, de ceux qui participent à ces pratiques (ou pire, en sont à l'initiative). Peut-être est-ce une forme de lâcheté face à l'irréductible incertitude du monde.
Tout cela aboutit à la bureaucratie et à la technocratie, sans que l'efficacité en soit améliorée d'une once, c'est même l'inverse : la mauvaise graisse finit par paralyser les muscles. C'est en cela aussi que les Français furent précurseurs des Américains. Les millions de planches «powerpoint» élaborées tous les ans par le Pentagone devraient arrêter net tout homme sain d'esprit.
La «bataille conduite» souffre du problème de tout management, par opposition au commandement : le manque d'imagination. Le management, c'est la continuité, la dispersion et la dépersonnalisation, même quand il faudrait la rupture, la concentration et le charisme.
Pour vivre le «management», j'en perçois les limites très étroites : l'imprévu le déstabilise et comme la vie est justement faite d'imprévus, le «management» souffre dès qu'un peu de vie se manifeste, d'où son attirance pour les situations figées, figées comme la mort. Toute organisation à qui on a «foutu le management» (2) est en péril mortel.
Si ce livre est passionnant positivement, par la place qu'il redonne au hasard, à la contingence, à l'incertitude et à la difficulté de décider, il est aussi passionnant négativement, en ce qu'il montre qu'un esprit agile peut se laisser aller à un anti-américanisme grossier.
L'auteur écrit par exemple que l'armée américaine est «un jeu dans un bac à sable» ! Ou encore que l'armée française manque autant d'appui-feu en Afghanistan qu'en juin 40 (3).
Quelle est la thèse principale ? Que l'intervention tous azimuths de l'armée américaine est l'équivalent conceptuel d'une ligne Maginot.
Cependant, comparaison n'est pas raison. La thèse du déclin américain est aussi éternelle que l'Amérique elle-même. Il passe bien entendu sous silence le fait que la présence planétaire de l'armée américaine est une condition nécessaire de la mondialisation économique (4), et que cela donne sa cohérence au militarisme américain.
L'oubli de la fonction économique du militarisme américain ôte sa pertinence à la critique, pour ne pas dire qu'elle la rend vaine.
Cependant, malgré ses approximations anti-américaines, ce livre reste passionnant. Un signe ne trompe pas : il emploie beaucoup de citations de Foch, qui est assez méconnu de nos jours.
Il recourt au concept de «stratégie quantique». Inversant le très à la mode (donc bientôt démodé) «Pensez global, agissez local», Immarigeon introduit le «Pensez local, agissez global». C'est exactement ce que fait le taliban sur sa mobylette : il pense avant tout dans le contexte local, il n'empêche que ses actions ont un retentissement global.
C'est d'une certaine manière ce qu'ont fait les Allemands en mai 40 en laissant la bride sur le cou de leurs officiers, qui par nécessité pensaient localement. Très intelligemment, les Allemands ont refusé la guerre conduite «intelligente» que leur proposaient les Français pour préférer un comportement de pirates, une accumulation de coups de main. Ils n'ont pas joué suivant les règles des Français, d'où des décisions en apparence téméraires du point de vue français.
Les cas bien connus où certains commandants allemands en pointe ont coupé leurs communications pour ne pas être dérangés par l'OKW devraient faire réfléchir : on est à l'opposé de la guerre de la sur-information «à la Pentagone».
Ce qui compte, c'est d'agir juste, pas de nager dans l'information. Le flot d'informations rassure et pourtant, il prépare la défaite en noyant le décideur. Le génie manœuvrier de Napoléon tenait en sa capacité à détecter l'axe d'attaque favorable et à pousser à fond. Il a fait l'admirable campagne de France de 1814 presque sans cavalerie pour l'éclairer, les chevaux étaient morts dans les neiges de Russie, et pourtant, il a à chaque fois deviné l'ennemi.
Les talibans reconduisent naturellement la même stratégie : ils refusent la guerre des drones et des réseaux, la guerre de l'information. Ils refusent la guerre que les Américains sont sûrs de gagner. Ils font la guerre de l'âge de pierre (avec un peu de téléphone mobile et d'explosif) que les Américains ne savent plus faire.
Nous sommes en plein Sun-Tzu : ne pas se laisser imposer le combat par l'ennemi. Ce livre érudit mais facile à lire est stimulant jusque dans ses outrances.
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(1) : par exemple, si Gamelin avait envoyé l'ordre de conversion vers le sud des armées françaises de Belgique qu'il semble avoir imaginé.
(2) : comme Clemenceau disait des Allemands «on leur foutra la république».
(3) : je le verrais bien citer l'embuscade d'Uzbin comme exemple, où, c'est vrai, l'appui-feu a manqué. Mais c'est justement un contre-exemple. D'ailleurs, ce sont les mêmes qui, sans souci de cohérence, reprochent à l'armée américaine son usage indiscriminé de la force aérienne.
(4) : on voit comment quelques pirates somaliens suffisent à semer le trouble dans le commerce.
Le siècle de 1914 (D. Venner) (et le siècle de 2001)
Il analyse les quatre idéologies sorties de la première guerre mondiale : wilsonisme (démocratie messianique à l'anglo-saxonne), communisme, fascisme et nazisme.
D. Venner est conservateur, c'est-à-dire qu'il ne donne pas à la politique des buts religieux (améliorer le sort de l'humanité, le salut par la politique) et ne croit pas aux progrès de l'esprit humain.
Il est donc détaché des idéologies qu'il analyse. On sent tout de même une mélancolie de ce que le fascisme aurait pu être.
Des quatre analyses, celle du nazisme est de loin la plus faible puisque Venner se met dans l'optique de la légende suivant laquelle Hitler a été surpris par la guerre et a été stratégiquemnt nul.
Les quatre «isme» étaient des essais pour résoudre les contradictions des sociétés modernes.
Je me suis alors fait la réflexion que nous pourrions voir encore une tentative de résolution des contradictions de la démocratie représentative.
Nous allons vers un étrange fascisme mou. L'ardeur guerrière qui servait de moteur au fascisme est remplacée par le maternalisme et sa pseudo-phlosophie droitdelhommiste, d'où une mollesse rageuse, une indolence colérique, une générosité sectaire, une compréhension étouffante, un consensus castrateur.
Etant de la «France d'avant», j'ai quelquefois l'impression de vivre sur une autre planète. Alors, pris par ce sentiment d'étrangeté,je m'amuse à titiller le consensus obligatoire. Par exemple, j'ai douté en présence de collègues du bienfait de la féminisation des armées (1). C'est puéril, mais cela m'amuse.
En tous les cas, Venner croit dur comme fer qu'on peut endormir de vieux peuples comme les peuples européens, mais qu'il n'est pas si aisé de tuer en eux la fierté et que, ce faisant, tout espoir d'un retour de l'Europe dans l'histoire n'est pas perdu.
*********
(1) : c'est pure provocation de ma part. La féminisation des armées m'interroge plus qu'elle ne me dérange.
Football français hallal
Pour une fois que je m'intéresse au football !
Les joueurs de l'équipe de France aiment-ils la France ?
On trouve ce commentaire :
«Allez voir le blog de Vikash Dhorasoo, ainsi que les sorties qu'il a faites sur le plateau de Ruquier et vous comprendrez beaucoup de choses...
Il dit entre autres qu'il y a un racisme anti Blancs dans le football en général, et il paraît aussi que les Bleus mangent "hallal".
Quand on ajoute les propos de Zidane (voir Wikipedia) qui dit qu'il est d'abord Kabyle, puis Algérien, et enfin Français, les propos de Benzema (sur RMC) qui dit qu'il se sent Algérien et qu'il ne choisit l'Equipe de France que pour le côté "sportif"...On peut se demander ce que pensent vraiment ceux qui font partie de cette équipe aujourd'hui.
Ces gens-là utilisent la France pour leur réussite personnelle, mais ne l'aiment pas...»
Ce qui est très marrant, c'est que le Monde traite du même sujet, mais c'est pour affirmer avec force, mais sans preuve, que le désamour de la population n'est pas du à l'éloignement ethnique de l'équipe de France (horresco referens), l'équipe Black Black Black, mais à son éloignement social. Toujours cette volonté absurde des gauchistes de nier toute autre explication que sociale.
On atteint le sublime du gauchisme parce que, dans le cas présent, cela consiste vraiment à nier ce qui crève les yeux.
Mais j'ai confiance : il se trouvera bien un sociologue pour m'expliquer que je n'ai rien compris.
Les joueurs de l'équipe de France aiment-ils la France ?
On trouve ce commentaire :
«Allez voir le blog de Vikash Dhorasoo, ainsi que les sorties qu'il a faites sur le plateau de Ruquier et vous comprendrez beaucoup de choses...
Il dit entre autres qu'il y a un racisme anti Blancs dans le football en général, et il paraît aussi que les Bleus mangent "hallal".
Quand on ajoute les propos de Zidane (voir Wikipedia) qui dit qu'il est d'abord Kabyle, puis Algérien, et enfin Français, les propos de Benzema (sur RMC) qui dit qu'il se sent Algérien et qu'il ne choisit l'Equipe de France que pour le côté "sportif"...On peut se demander ce que pensent vraiment ceux qui font partie de cette équipe aujourd'hui.
Ces gens-là utilisent la France pour leur réussite personnelle, mais ne l'aiment pas...»
Ce qui est très marrant, c'est que le Monde traite du même sujet, mais c'est pour affirmer avec force, mais sans preuve, que le désamour de la population n'est pas du à l'éloignement ethnique de l'équipe de France (horresco referens), l'équipe Black Black Black, mais à son éloignement social. Toujours cette volonté absurde des gauchistes de nier toute autre explication que sociale.
On atteint le sublime du gauchisme parce que, dans le cas présent, cela consiste vraiment à nier ce qui crève les yeux.
Mais j'ai confiance : il se trouvera bien un sociologue pour m'expliquer que je n'ai rien compris.
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Déficits publics : nous payons notre manque supposé de patriotisme et de courage
Pourquoi avons nous des déficits publics ?
Je crois que c'est, au fond du fond, parce que nos gouvernants successifs sont persuadés qu'ils doivent acheter la paix, c'est-à-dire que les Français ne sont ni assez courageux pour entendre la vérité en face, ni assez unis pour ne pas se déchirer si on leur demande des sacrifices, ni assez patriotes pour sacrifier quelques intérêts individuels au bien du pays.
Bref, aux yeux des politiciens, nous sommes tous des conducteurs de TGV.
Il n'y a que lorsque les politicards accepteront de lâcher le manche, de laisser l'Etat -par la force de la dèche- se désengager de la vie des citoyens, de retirer les mous oreillers,qu'ils s'apercevront que les Français ne sont pas tous des cheminots et qu'il y en a même d'exemplaires.
Je crois que c'est, au fond du fond, parce que nos gouvernants successifs sont persuadés qu'ils doivent acheter la paix, c'est-à-dire que les Français ne sont ni assez courageux pour entendre la vérité en face, ni assez unis pour ne pas se déchirer si on leur demande des sacrifices, ni assez patriotes pour sacrifier quelques intérêts individuels au bien du pays.
Bref, aux yeux des politiciens, nous sommes tous des conducteurs de TGV.
Il n'y a que lorsque les politicards accepteront de lâcher le manche, de laisser l'Etat -par la force de la dèche- se désengager de la vie des citoyens, de retirer les mous oreillers,qu'ils s'apercevront que les Français ne sont pas tous des cheminots et qu'il y en a même d'exemplaires.
mercredi, juin 09, 2010
Sur la peine de mort
Sur la peine de mort
Je suis indécis sur le sujet. Un jour, abolitionniste ; un jour, anti-abolitionniste.
Nourri de valeurs humanistes, d'Hugo et de Camus, j'ai longtemps été abolitionniste.
Puis, d'une part, j'ai fini par comprendre les limites de l'humanisme (et d'Hugo, par la même occasion). D'autre part, j'ai rencontré un article de Romain Gary expliquant qu'une société qui n'ose plus condamner à mort est une société qui ne croit plus en elle-même et va à sa perte. Or, je constate qu'effectivement, la plupart des abolitionnistes sont par ailleurs défenseurs de valeurs et de comportements qui sapent notre société.
Je suis indécis sur le sujet. Un jour, abolitionniste ; un jour, anti-abolitionniste.
Nourri de valeurs humanistes, d'Hugo et de Camus, j'ai longtemps été abolitionniste.
Puis, d'une part, j'ai fini par comprendre les limites de l'humanisme (et d'Hugo, par la même occasion). D'autre part, j'ai rencontré un article de Romain Gary expliquant qu'une société qui n'ose plus condamner à mort est une société qui ne croit plus en elle-même et va à sa perte. Or, je constate qu'effectivement, la plupart des abolitionnistes sont par ailleurs défenseurs de valeurs et de comportements qui sapent notre société.
Naufrage de l'Euro : nous coulerons tous ensemble
La construction bureaucratique européiste fait naufrage car elle nie les nations et le nationalisme (1).
L'abandon de souveraineté qu'est l'Euro coule et on nous explique que la solution est encore plus d'abandons de souveraineté.
Nous sommes dans le dilemme classique : d'un coté, faire amende honorable, abandonner enfin la mauvaise idée et minimiser les dégats ; de l'autre coté, persévérer dans l'erreur, persister à affirmer avoir raison et rendre l'échec final d'autant plus dévastateur.
L'autisme des européistes ne laisse aucun doute : la deuxième solution sera poussée à son maximum. Seuls des émeutes et des morts feront reculer les européistes.
J'ai déjà écrit tout cela, mais ça me fait tellement peur que je radote.
(1) : pour le meilleur et pour le pire, la grande évolution politique depuis la révolution française est que les manants ont placé dans la politique les espérances de vie meilleure qu'ils plaçaient auparavant dans la religion et que, dans ce mouvement, ils sont devenus nationalistes. D'où l'aphorisme que je ressasse : la patrie, c'est la fierté qui reste au pauvre quand il n'a plus rien. A ignorer ou à combattre cette réalité, nos élites nanties et dénationalisées s'exposent à de facheuses surprises.
L'abandon de souveraineté qu'est l'Euro coule et on nous explique que la solution est encore plus d'abandons de souveraineté.
Nous sommes dans le dilemme classique : d'un coté, faire amende honorable, abandonner enfin la mauvaise idée et minimiser les dégats ; de l'autre coté, persévérer dans l'erreur, persister à affirmer avoir raison et rendre l'échec final d'autant plus dévastateur.
L'autisme des européistes ne laisse aucun doute : la deuxième solution sera poussée à son maximum. Seuls des émeutes et des morts feront reculer les européistes.
J'ai déjà écrit tout cela, mais ça me fait tellement peur que je radote.
(1) : pour le meilleur et pour le pire, la grande évolution politique depuis la révolution française est que les manants ont placé dans la politique les espérances de vie meilleure qu'ils plaçaient auparavant dans la religion et que, dans ce mouvement, ils sont devenus nationalistes. D'où l'aphorisme que je ressasse : la patrie, c'est la fierté qui reste au pauvre quand il n'a plus rien. A ignorer ou à combattre cette réalité, nos élites nanties et dénationalisées s'exposent à de facheuses surprises.
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