mardi, janvier 13, 2015

Zemmour et Charlie

Le déni par amalgame : «Les terroristes n'avaient ni couleur ni religion»

Lors de la cérémonie d'hommage aux victimes des récents attentats, François Hollande, paraît-il président de la république a eu cette phrase stupéfiante : «Les terroristes n'avaient ni couleur ni religion».

Il accole une vérité (ces attentats n'avait pas un motif racial) pour faire passer, par amalgame, un énorme mensonge (ces attentats n'avait pas un motif religieux).

Les terroristes se réclamaient (à tort ou à raison, c'est un autre débat et vous connaissez mon opinion) d'une religion précise et étaient soutenus par une organisation se réclamant de la même religion.

Devant une telle lâcheté intellectuelle, comment les Français se sentiraient-ils protégés ? Les journalistes, toujours cons comme des manches, s'étonnent que François Hollande ne monte que de 5 % dans les sondages. Il n'y a vraiment pas de quoi s'étonner !

Irénisme occidental vis-à-vis de l'islam : le problème de l'aveuglement dogmatique

La violence intrinsèque à l'islam ne fait aucun doute, et pourtant ...

Quelquefois, quand vous expliquez à quelqu'un que l'islam fout le bordel partout où il passe, non seulement dans les pays occidentaux, mais aussi au sud de la Russie, en Chine, en Thailande, en Afrique, contre des chrétiens, mais aussi contre des bouddhistes, des animistes et des confucianistes et même entre musulmans et que ce quelqu'un vous explique qu'il ne s'agit que d'une dérive qui n'a rien à voir avec l'islam véritable (qu'il connait, lui) et vous sort l'argument débile de l'infime minorité (pas si infime que ça, d'ailleurs), comme si l'histoire était faite par autre chose que les minorités, vous avez envie de lui flanquer des beignes à toute volée et à répétition en lui hurlant hystériquement :

«Mais tu as de la merde dans les yeux ou quoi !»

Vous êtes même tenté d'y ajouter de violents coups de pied et un coup de boule part de votre poitrine (le coup de boule, ça part de la poitrine). Exemple :



Les comperes - Coup de boules par Thomas620

On peut aussi envisager les choses comme ça :


Le professionnel - Le croissant, c'est pour mon... par scupa

 Bref, les islamo-béats et les islamo-niais vous énervent.

Rassurez vous. C'est une réaction très naturelle. Elle est même saine. Pas la peine d'aller voir un médecin.

Vous n'êtes pas seul : Le deuxiéme choc

Ce phénomène d'aveuglement est bien connu. On l'avait déjà avec le communisme.

C'est pourquoi il est intéressant de se référer à ce que les anciens communistes ont pu écrire. Quand ils sont dessillés, c'est toujours un déchirement soudain, comme un rideau qui tombe, un coup de massue sur la tête, ils sanglotent comme des gosses à qui on explique brutalement que le Père Noël n'existe pas.

Ils parlent tous de conversion religieuse. On attend la conversion des islamo-niais à la lucidité.

Quels enseignements ?

  • cette conversion est intérieure. On peut accumuler les éléments pour l'aider mais on ne peut pas la provoquer. L'élément déclencheur est toujours intérieur et mystérieux. On s'est menti et on a ignoré tous les signaux pendant vingt ans, pourquoi, soudain, ne peut-on se mentir un jour de plus ?
  • les vrais croyants étant allés au bout de leur conviction se convertissent plus complètement que les compagnons de route qui se sont arrêtés en chemin. Vous ferez plus facilement un anti-communiste primaire d'un ancien coco que d'un compagnon de route ou d'un idiot utile.
  • consciemment ou inconsciemment, on est soutenu par l'idée qu'on va dans le sens de l'histoire. Un des éléments de la conversion est que cette illusion tombe.
  • il faut discuter avec les aveuglés mais sans se faire d'illusions, vous n'obtiendrez pas de résultat immédiat. Demain, après-demain, dans dix ans, il ouvrira les yeux et ce que vous lui avez dit l'aura aidé inconsciemment. Ou peut-être n'ouvrira-t-il jamais les yeux et mourra aussi con qu'il a vécu. C'est pourquoi il ne faut pas baser une politique sur la conversion des imbéciles à l'intelligence. Les imbéciles, il faut les circonvenir, les acheter, les attendrir, les ignorer ou, en désespoir de cause, les faire taire.


Il me semble que, dans le cas spécifique des aveuglés de l'islam, le moteur psychologique est la peur. Reconnaître que la violence de l'islam n'est pas un malencontreux artefact mais qu'elle est constitutive de cette religion, c'est admettre, même implicitement, que nous sommes en guerre. Et cette notion est étrangère à des gens élevés depuis quarante ans dans l'idée que seuls les désirs individuels comptent et que nous nous dirigeons ves la paix consumériste perpétuelle, ce qu'on a appelé la fin de l'histoire.

Thomas Sowell oppose deux visions : la Vision des Elus, en gros celle de la gauche progressiste, et la Vision Tragique, celle des conservateurs.

Or, admettre la violence intrinsèque de l'islam, ce n'est pas une simple opinion, comme de décider s'il faut augmenter le SMIC de 1 % ou de 2 %, c'est un changement complet de vision, c'est passer de la Vision des Elus à la Vision Tragique, autrement dit cesser d'être progressiste. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : admettre qu'une religion, violente depuis 14 siècles, est toujours conquérante en 2015, c'est remettre en cause l'idée de Progrès humain. On remet cette notion à sa vraie place, celle d'une illusion. On comprend alors pourquoi franchir ce pas est si difficile pour certains, aussi nécessaire que cela soit.

Chez les catholiques, cet aveuglement dogmatique frappe au plus haut niveau : Looking at Islam Through Catholic Eyes

A contrario, il y a des non-musulmans qui avouent sans difficulté la violence de l'islam, et, même, qui l'exaltent. Ce sont les nazis et leurs copains. Hitler aurait dit sa préférence pour que les Allemands fussent musulmans plutôt que chrétiens, ils auraient été plus combatifs.

Cette photo n'est pas assez connue dans le grand public :




lundi, janvier 12, 2015

Comme un capo ou un kapo ?

Je ne suis pas aussi versé que Curmu dans les nuances des muzemanies mais je connais l'histoire.

L'islam n'est une religion de paix qu'à deux conditions :

1) les musulmans s'entendent entre eux.

2) les musulmans sont dominateurs et peuvent opprimer sans restriction les non-musulmans.

Si une de ces deux conditions n'est pas remplie, l'islam, c'est la violence déchaînée.

De toute façon, dans le meilleur des cas, l'islam est une religion de paix entre musulmans.

Curmudgeon :

Et s'il n'y avait que le Coran... Je ne me lasserai pas de le répéter, pour savoir ce que sont les conceptions de l'islam, il faut faire ce que les oulémas disent qu'il faut faire : connaître le Coran (compte tenu de l'abrogation de certains versets) ET la Sunna du Prophète. Après, il y a les développements du fiqh (jurisprudence), etc.

Pour prendre un exemple qui, personnellement ne me pose pas de problème (il en pose à certains), l'obligation de la circonsision, sur laquelle pratiquement tous les savants sont d'accord (elle est obligatoire, quelques-uns disent fortement recommandée), ne fait l'objet d'aucune stipuilation du Coran (alors qu'elle est expressément prévue dans la Tora pour les juifs). Le Coran est totalement muet là-dessus. Ce sont des hadiths qui specifient la chose.

Autre exemple : les stipulations vestimentaires pour les femmes (voile ou autre). Il y a un ou deux passages du Coran là-dessus, mais il y a un problème d'interprétation d'un mot, et il est difficile d'en tirer des conclusions absolument claires. Donc, comprendre l'islam dans la doctrine qui génère les comportements que nous savons, ça oblige à connaître la Sunna, et les développements qui en résultant de la part des juristes. En ce qui concerne la violence, il n'y aucun doute qu'il existe un grand nombre de versets du Coran appelant à la violence, mais en plus les hadiths et l'exemple du Prophète tel qu'il apparaît dans la Sira, et donc en fait dans l'ouvrage d'ibn Ishaq (car sinon, à date ancienne, on ne dispose de rien, en dehors des hadiths), ces dodonnées de la Sunna ne font qu'empirer les choses.

Remi Brague vient de rappeler (mais l'écoutera-t-on) quels furent les meurtres commandités par Mahomet, tel que les rapporte ibn Ishaq. On a pratiquement des contrats de capo dei capi sur la tête d'un rival ou d'un type qui refuse de payer la protection. J'exagère à peine. Il faut le lire pour le croire. La scène de torture de Kinana est atroce. Or ne jamais oublier que Mahomet est le Beau Modèle. Pour bien voir qui est ce beau modèle, le Coran ne suffit pas, et de loin. Il y faut la Sunna.

Donc les experts-minute qui ont lu trois versets du Coran, ça commence à bien faire. Ce sont ceux-là qui pérorent à la télévision, nous dispensent leurs leçons de morale et d'étiquette multi-culturelle, comme des messieurs qui s'adresseraient à des bouseux. Leur assurance n'a d'égale que leur ignorance. On s'étonne ensuite que toute action soit paralysée.

12:07 p.m., Monday Jan. 12

Marches à Charlie : merci les marcheurs !

Grâce aux marches à Charlie, toutes les questions qui dérangent sont évacuées. Merci qui ? Merci les cons de marcheurs !

La France d'en haut vous prend pour des cons, des moutons faciles à manipuler et vous leur avez prouvé comme jamais qu'ils ont bien raison.

En effet, comment désormais briser une telle unanimité lacrymale en demandant des comptes à la France d'en haut ? Les questions qui dérangent ne seront pas posées, sous peine d'être traité de vilain récupérateur politicien, et tout recommencera comme avant.

La marche à Charlie aurait été intéressante si les personnalités avaient été suivies de mille personnes à tout casser. Hollande, Valls et compagnie quasi tous seuls. Là, on aurait pu en tirer des conclusions passionnantes et susceptibles de provoquer un changement.

Mais non.

Ces articles suggèrent quelques unes des questions dérangeantes qui, grâce aux marcheurs, ne seront pas posées (ouf !) :

Dis moi qui est Charlie, je te dirai qui tu es

Charlie sur le front des lycées

Dans les prisons, des «Allah akbar !» pendant la minute de silence




dimanche, janvier 11, 2015

Marches à Charlie : chapeau !

Marches à Charlie : extraordinaire exercice de récupération auquel se se sont prêtés trois millions de naïfs et quelques milliers de cyniques.

En effet, comment désormais briser une telle unanimité lacrymale en demandant des comptes ? Les questions qui dérangent ne seront pas posées, sous peine d'être traité de vilain récupérateur politicien, et tout recommencera comme avant.

Chapeau bas. En quatre jours, extraordinaire exercice de récupération et d'étouffement des oppositions par la classe dirigeante politico-médiatique. Du grand art.

Circulez, y a plus rien à voir.

Un petit pincement au coeur pour les millions de gogos qui s'y sont laissés prendre en toute bonne foi, mais bon, ils n'ont qu'à être moins cons, se servir plus de leur tête et moins de leurs tripes. La connerie n'est pas une excuse, on ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

Je suis Charlie, mais j'ai surtout été pris pour un Charlot par des gens qui doivent bien se marrer ce soir de leur bon coup.

Je ne suis pas allé à la marche à Charlie (et je suis bien content)

C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses (j'aime bien cette expression).

Bon, ça y est, les «marches» à Charlie sont finies. Gigantesques, historiques et patati et patata. Et alors ?

Parce que le défilé de la victoire, c'est clair : on en a chié mais, à la fin, on en a foutu plein la gueule à l'ennemi, on a violé ses femmes, pillé ses maisons et pendu deux ou trois traitres. Bref, on a gagné. On défile, on se bourre la gueule et on passe à autre chose.

Mais les marches à Charlie ?

On s'est frotté le lard entassés comme des sardines et on a pleurniché avec des inconnus dont on écrase habituellement les pieds dans le métro tout en gueulant dans son portable sans égard pour le voisinage.

Et ensuite ? Que faut-il comprendre ? Que c'est l'équivalent du défilé de la déclaration de guerre ? Le départ la fleur au fusil, la victoire en chantant nous ouvre la barrière, la liberté guide nos pas, du nord au midi la trompette guerrière et tout et tout ?

Pour une déclaration de guerre, c'est pas bin nerveux. L'ennemi n'est même pas désigné. Pire, on rechigne à le désigner. C'est pas bien de le désigner . Dans ces trois expressions, trouvez l'intrus : terrorisme catholique, terrorisme bouddhique, terrorisme islamique. Tic, tac, tic tac ... Quoi que c'est-y la bonne réponse ?

Moi, les marches à Charlie, ça me rappelle bien un truc : les marches blanches, qui n'ont jamais empêché Dutroux de violer les petites filles.

Comme il faut pas être con, que me faire usiner le derrière, c'est pas mon truc, j'en tire les conséquences : demain, je mets mon slip en kevlar (on sait jamais, s'ils ont un Dutroux muze), j'achète un Coran et je passe à la mosquée du coin pour me faire des copains.  Quand la Ripoublique Islamique Modérée du Frankistan sera proclamée, je serai du bon coté du manche.


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L'excellent titre de Christian Vanneste :

Plus on marche, moins on avance ?

et

Mobilisation sans précédent contre la guerre et la mort





Charlie : et lundi, on fera quoi ?

Chez Philippe Bilger, on trouve quelques commentaires amusants :



Et lundi, on fera quoi ?

Comme d'hab, après le café matinal on tamponnera les « papiers » des naturalisés récents, on leur accordera le RSA et la CMU, on donnera le feu vert à nos consulats en Algérie pour augmenter le nombre de visas, on débloquera des crédits pour de nouveaux centres culturels islamiques, on aidera Frontex à débarquer encore plus de réfugiés sur nos côtes, on trouvera un emploi à la mairie de Paris pour ces petits jeunes pleins de dynamisme de retour de Syrie, on délivrera des allocations aux membres des familles de ceux qui y sont toujours, on accueillera de nouveau imams, on fera de la place dans les prisons par des libérations anticipées, on demandera aux magistrats de se montrer compréhensifs, on enterra un certain nombre de victimes de dommages collatéraux, on reconstruira les écoles, les bibliothèques et les centres sociaux incendiés dans les quartiers, on recasera les fonctionnaires ayant fait valoir leur droit de retrait desdits quartiers, on déblayera les carcasses des voitures brûlées lors de la nuit du réveillon, on indemnisera le gérant de l'entreprise dévastée par les farces du GIGN, on augmentera les impôts pour financer tout ça...
La routine, quoi.

Mais désormais, tout cela dans un merveilleux esprit d'union nationale et de béatitude démocratique...


Je viens de découvrir dans le Monde.fr que Farid Benyettou, le mentor et prédicateur des frères Kouachi et d'autres, a été embauché comme stagiaire infirmier à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière en décembre 2014, centre qui a accueilli les victimes de la fusillade le 7 janvier 2014. Depuis l'hôpital l'a retiré du planning du personnel.
Bien à vous




Et chez moi :


Curmudgeon :

Les titres se ressemblent évidemment, et les marches républicaines ont drainé des marées humaines contre "le terrorisme". Les terroristes sont des méchants. L'analyse de la situation est ainsi à peu près close, si bien qu'on ne voit pas trop quoi changer, si ce n'est favoriser encore plus de vivre-ensemble.



Curmudgeon :

Des notions telle qu'"amalgame" ou "islam" / "islamisme" permettent de proposer des analyses faussement subtiles, dont on a vu des équivalents dans certaines savantes spéculations de kremlinologues distinguant entre durs, mi-durs, mi-mous, etc., ce qui finissait chez certains par oblitérer tout sens réaliste de ce qu'était le communisme soviétique.

Ce schéma analytique a même été appliqué au nazisme. En septembre 1935, le Times, à propos des lois antisémites, avait avancé que Hitler, certes anti-juif depuis toujiurs, avait cherché là, en allant plus loin, à plaire à "l'aile radicale du parti nazi". On pouvait également voir dans l'élimination de Rõhm lors de la Nuit des longs couteaux la victoire sur une aile extrémiste.





Charlie : Zemmour et Naulleau

Alévêque est gentil mais il ne comprend même pas quand Zemmour lui dit que l'histoire est tragique.

Or, cette opposition entre la vision des Elus et la vision tragique fonde la politique moderne pour Thomas Sowell.

C'est hallucinant de voir comme Valérie Brochard et Eric Naulleau, qui n'y connaissent visiblement rien, tiennent absolument à contredire Zemmour et à soutenir que islam et islamisme sont radicalement séparés, comme un acte de foi, ils sont terrifiants.

Michel Onfray est très bien sur le début : «les journalistes travaillent à l'émotion, pas à l'intelligence» et insiste lourdement. Ensuite, ça se gâte très vite.

 



Une preuve de lâcheté face à l'islamisme : «Pas d'amalgame !»

Quand un nationaliste norvégien tue 77 personnes, le premier réflexe des politiciens n'est pas «Surtout pas d'amalgame. Ne stigmatisons pas les nationalistes».

Alors pourquoi, quand des terroristes se réclament sans ambiguité de l'islam, le réflexe des politiciens est «Surtout pas d'amalgame. Ne stigmatisons pas les musulmans» ?

C'est simple : la trouille, la chiasse au cul verdâtre, la courante carabinée.

Si les attentats de cette semaine n'ont rien à voir avec l'islam, alors la Saint Barthélémy et l'inquisition n'ont rien à voir avec le catholicisme.


Pourquoi Michèle Tribalat n'ira pas à la marche de Charlie

Le gouvernement français appelle à manifester demain en hommage aux victimes des attentats meurtriers. Cet appel est incongru en ce qu'il se substitue à la société civile et, d'une certaine manière, la court-circuite. L'État n'a pas à manifester dans la rue, il doit réfléchir à ce qui arrive et prendre des mesures. Et pas seulement des mesures de sécurité. Au lieu d'arpenter le pavé parisien, on aimerait que ces politiciens français et européens s'engagent à protéger la liberté d'expression, par exemple en introduisant l'équivalent d'un 1er amendement à l'américaine, et à cesser les politiques d'apaisement conduites jusque-là vis-à-vis de l'islamisme.

Cette protection de la liberté d'expression est d'autant plus nécessaire que les attentats récents vont avoir un effet de sidération sur tous ceux qui sont amenés à s'exprimer sur l'islam que ce soit sérieusement ou non. Les exemples d'autocensure sont déjà légion. Ils sont appelés à se multiplier. On pourrait même soutenir que l'idée de subversion artistique, littéraire ou autre est morte avec les dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo à partir du moment où il existe un périmètre interdit sous peine de mort. On peut juste espérer, avec Flemming Rose, que les Occidentaux cesseront de camoufler leur peur derrière des justifications morales ou humanitaires.

Charlie : victoire tactique, défaite stratégique ?

L'attaque japonaise de Pearl Harbour fut une remarquable victoire tactique et une non moins remarquable bourde stratégique.

Je me demande si l'attaque de Charlie Hebdo n'est pas le Pearl Harbour du terrorisme islamique en Europe.

Victoire de court terme : on ne parle que de cela. La tension monte.

Victoire de moyen terme : toute la classe dirigeante s'est déjà «repliée sur des positions stratégiques préparées à l'avance» (c'est l'expression usuelle dans l'armée française pour désigner une déroute d'anthologie suivie d'une fuite éperdue, le pantalon baissé sur les chevilles et la crotte au cul -Michel Houellebecq est un exemple assez comique parce que paradoxal).

La critique de l'islam par la classe dirigeante, journalistes et politiciens confondus, était déjà très très discrète, elle va devenir, masquée par le rideau de fumée des rodomontades sur la nécessaire liberté d'expression, impossible.

Mais est-ce pour autant une victoire de long terme ? Il se pourrait bien que, comme Pearl Harbour, ces attaques éveillent une résistance beaucoup plus forte que prévue par les attaquants.

Il faut remettre de l'ordre dans les chiffres.

On dira que la population musulmane représente 15 % de la population française (j'ai visé au milieu de la fourchette entre 6 et 12 millions).

Même si les zimmigris font plus de gosses que les blancos, il leur faudra au moins deux générations, soit cinquante ans, pour devenir majoritaires.

On peut bien sûr imaginer qu'ils prennent le pouvoir avant d'être majoritaires avec l'aide d'une classe dirigeante soumise d'avance (c'est déjà en partie le cas, il suffit d'entendre avec quelle révérence les medias parlent du «Prophète» et non  de Mahomet. J'aimerais bien qu'ils montrent la même révérence pour Notre Seigneur Jésus Christ).

Cependant le coeur de mon propos demeure : la Ripoublique Islamique Modérée du Frankistan (évidemment «modérée» comme on disait «démocratie populaire»), ce n'est pas pour demain, seulement pour après-demain si on ne fait rien.

En cinquante ans, il va se dérouler dix élections présidentielles. La France est encore assez forte, si le pouvoir le décide, pour faire retraverser la Méditerranée à bon nombre de ces gens et tenir la bride à ceux qui restent. Si l'une de ces dix élections présidentielles porte au pouvoir quelqu'un dont c'est le programme, les islamistes ne pèseront pas lourd.


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Nota : je vous rappelle mon point de vue sur les musulmans de France :

Les musulmans en France sont-ils les ennemis intérieurs de la France ?

Ce qu'un de mes lecteurs résume en : «le problème, ce n'est pas l'intolérance religieuse, ou les signes religieux. Le problème, c'est l'islam, et il faut le dire clairement. Je sus désolé pour tous les "musulmans modérés sympathiques etc...", mais si le prix à payer pour cohabiter avec une majorité pacifique est des attentats récurrents, je pense que nous avons le droit de faire le choix de ne pas cohabiter du tout.»

Ce que je résume encore plus : la seule manière de cohabiter durablement et paisiblement avec des musulmans en France, c'est qu'ils cessent d'être musulmans. Il deviennent ce qu'ils veulent : chrétiens, athées, juifs, bouddhistes, taoistes, mais pas musulmans. L'islam porte la guerre.

Pourquoi Peter Hitchens n'ira pas à la marche de Charlie

L'expression de Hitchens, la «dictature du chagrin», c'est exactement ça. On dit aussi, en français, la dictature de l'émotion. On voudrait réduire au silence ceux qui posent des questions, dérangeantes pour le politiquement correct, au nom du chagrin et du «il y a un temps pour tout».

Sauf que nous connaissons tous le temps médiatique et nous savons bien que si nous n'en parlons pas maintenant, nous n'en parlerons jamais, en tout cas, pas avec la même audience, ce qui est bien sûr le but de la manoeuvre.

Si on ne peut pas poser de questions maintenant, quand pourra-t-on ? Jamais.

La dictature du chagrin est une branche du grand chantage sentimental et victimaire auquel nous sommes soumis en permanence.

Rappelons avec Hitchens que si la politique du FN qu'ils combattaient était appliquée depuis trente ans, les journalistes de Charlie Hebdo seraient probablement encore en vie (tout simplement parce que les immigrés étant beaucoup moins nombreux, les terroristes seraient aussi moins nombreux et plus faciles à surveiller).

The sinister, screeching mob who want to kill free speech (And no, I DON'T mean the Islamist terrorists in our midst)

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Once again we are ruled by a Dictatorship of Grief.

Ever since the death of Princess Diana, we have been subject to these periodic spasms when everyone is supposed to think and say the same thing, or else.

We were told on Friday that ‘politicians from all sides’ had lined up to attack Ukip’s Nigel Farage for supposedly ‘exploiting’ the Paris massacre.

Mr Farage had (quite reasonably) pointed out that the presence of Islamist fanatics in our midst might have something to do with, a) uncontrolled mass migration from the Muslim world, and b) decades of multicultural refusal to integrate them into our laws and customs.

Rather than disputing this with facts and logic (admittedly this would be hard), the three ‘mainstream’ parties joined in screeching condemnation.

The Prime Minister, whose government was busy exploiting the tragedy to shore up the (already vast) snooping powers of the State, said it was not the day to make political arguments.

Why ever not? What could be more political than discussing how to defend ourselves against this sort of crime? If it is not political, then why is he talking about it at all, instead of leaving the matter to the Archbishop of Canterbury?

[…]

As for freedom, here’s an interesting thing. The French Leftist newspaper Liberation reported on September 12, 1996, that three stalwarts of Charlie Hebdo (including Stephane ‘Charb’ Charbonnier) had campaigned in their magazine to collect more than 170,000 signatures for a petition calling for a ban on the French National Front party. They did this in the name of the ‘Rights of Man’.

You, like me, may dislike the National Front greatly. But lovers of liberty simply do not seek to ban parties they do not like.

This is a double paradox. The French National Front exists mainly because a perfectly reasonable concern about mass immigration was sneeringly dismissed by the mainstream French parties. Something similar is happening in Germany, where large demonstrations against ‘the Islamisation of the West’ in many cities have been scornfully attacked by that country’s elite.

If reasonable calls for restrictions on immigration had been heeded when they were first made, right across Europe, would we now be in the mess we are in? If it is officially regarded as irresponsible, or ‘exploitation’, or ‘sickening’, or ‘divisive’ to say this, then we do not live in freedom, and those who claim to speak in its name are not telling the truth.
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Quelle politique contre le terrorisme islamique ? Un commentaire de Robert Marchenoir

Je copie un commentaire de Robert Marchenoir chez Philippe Bilger, je suis d'accord avec son analyse de politique intérieure.

Il faudrait le compléter par une analyse de politique étrangère.

Je ne développerai pas cet aspect, mais je me contente d'en définir le principe général : pour que la France redevienne résistante, résistante au terrorisme, mais à toutes les menaces aussi, il faut retrouver la fierté d'être français, y compris au sommet de l'Etat et dans la classe dirigeante, et pour cela, il n'y a qu'un moyen, que la France récupère toutes les parcelles de souveraineté qu'elle a laissé s'échapper au fil des quarante dernières années.

Maintenant, le commentaire de Bob :

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Johhn R. Schindler, ancien officier du contre-espionnage américain qui suit de près la situation française, confirme mon précédent commentaire : le problème est politique et non policier.

There was no “Intelligence Failure” in Paris

Les services secrets français, dit-il, sont parmi les meilleurs du monde et font bien leur travail, même si des loupés inévitables ont eu lieu.

Le problème n'est pas tant de repérer les terroristes potentiels, mais de savoir qu'en faire. Or, la réclusion à perpétuité pour dangerosité djihadiste n'existe pas dans notre droit, et personne ne souhaite réellement l'instituer.

A l'inverse, il rapporte une discussion qu'il a eue avec des homologues d'un pays musulman non désigné mais qualifié d'amical - probablement l'Arabie Saoudite. Ce pays a un programme de détection et de rééducation des personnes risquant de basculer dans le djihadisme. Il consiste à enfermer les suspects dans une espèce de prison de luxe, où ils subissent un lavage de cerveau à l'envers. Son taux de succès serait impressionnant, aux alentours de 90 %.

Et les 10 % restants, a demandé Schindler à ses contacts ? Eh bien, on les garde enfermés à perpétuité... Inutile de dire que les démocraties ne disposent pas de ce genre d'option. Je ne suis pas sûr que ceux qui "sont Charlie" (et même les autres, dont je fais partie) soient prêts à accorder de tels pouvoirs à leur gouvernement. Je suis même sûr que ce serait une fort mauvaise idée.

Bref, on en revient à mon propos : le seul moyen de lutter contre le terrorisme islamique est de tarir le marigot, c'est-à-dire de stopper l'immigration de masse, de favoriser la réémigration et de rendre la France la plus inhospitalière possible à l'islam.

La preuve : les récentes déclarations de Sylvie Beghal, la compagne française de Djamel Beghal, mentor de Cherif Kouachi et d'Amedy Coulibaly. Après que son compagnon, jugé trop extrémiste par Oussama ben Laden lui-même, a été emprisonné en France, elle a décidé de s'exiler en Grande-Bretagne, parce que "le climat y était plus favorable pour les musulmans". Et, en particulier, parce qu'elle pouvait y porter le voile sur son lieu de travail, chose à laquelle elle n'aurait renoncé pour rien au monde.

Charlie Hebdo terror mentor's wife on benefits in Leicester 

Notons aussi que Sylvie Beghal est logée gratuitement avec toute sa petite famille par le contribuable britannique dans une spacieuse maison - ce qui nous donne une piste supplémentaire pour dissuader la venue des musulmans sur le sol national : mettre fin à l'assistanat.

On voit donc que, contrairement à ce que prétendent les musulmans, et à ce que s'imaginent les Français naïfs, le voile n'est pas un simple choix vestimentaire. Interdire le voile (entre autres mesures souhaitables), c'est inciter les musulmans endurcis à rester à l'écart du territoire national. Il suffit de suivre la piste, et de contrarier le plus possible toutes les demandes des musulmans. Plus elles sont symboliques, plus ils y attachent de prix, et plus il faut les refuser.

Il ne vous aura pas échappé que jusqu'à présent, nous faisons exactement l'inverse sur tous ces points.

Note à l'intention de Marine Le Pen : il ne suffit pas de supprimer l'assistanat pour les étrangers. Sylvie Beghal, pour ne prendre que son exemple, est française - et même française de souche, apparemment. Le socialisme ne fonctionne pas, même dans un seul pays. C'est bien une réforme libérale qui est nécessaire. Libérale, et conservatrice, naturellement, c'est-à-dire protectrice du territoire national, de l'identité française et des intérêts fondamentaux des Français.
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Les rançons des otages français ont-elles servi à financer les attentats ?

Je pose la question de manière provocante. Je vais la re-poser de manière plus nuancée : les rançons des otages français ont-elles servi à financer les organisations qui appellent au terrorisme et l'organisent ?

Où est Christiane ?

Il y a «Où est Charlie ?» mais aussi «Où est Christaine ?».

La harpie qui nous tient lieu de ministre de la justice est d'habitude très bruyante. Là, elle est étrangement silencieuse.

C'est dommage, pour une fois, j'aimerais bien avoir son avis. Sur des petites choses, comme par exemple, la libération anticipée d'Amedy Coulibaly.

Les marches Charlie : les bobos entre eux ?

L'infâme F de Souche fait une remarque intéressante :

Manifestation d’hommage aux victimes dans toute la France : où est la diversité ?

Est-ce que ces marches Charlie, ce ne serait pas les bobos entre eux ? (1)

Cela recoupe une autre remarque que je me suis faite.

Au travail, les plus sanguinaires (en paroles), les plus sonores, ceux qui décrivaient les supplices qu'ils feraient subir aux terroristes, arbitrairement, hors de toute procédure judiciaire, étaient les bobos gauchistes.

Les horribles conservateurs comme moi, étaient beaucoup plus calmes, sereins et mesurés.

Pas besoin d'avoir fait dix ans de psychanalyse pour comprendre que cette surenchère verbale (se payer de mots, c'est facile, ça ne coute pas cher) est une manière lâche d'essayer de faire oublier leurs responsabilités.

Dans ces attentats, tout ce que ces bobos ont soutenu et promu a fait faillite : le laxisme judiciaire, le multiculturalisme, le sanspapiérisme, l'immigrationnisme, la repentance, l'ethno-masochisme, la culture de l'excuse, la guerre contre l'autorité, la préférence pour l'Autre ...

Ces gens nous expliquaient que le monde serait le paradis enchanté des Bisounours s'il n'y avait pas ces sales blancs et qu'il suffisait que les blancs renoncent à eux-mêmes pour que le monde aille mieux.

Cette vision a volé en éclats sous les impacts de Kalachnikov de terroristes qui ne criaient pas vraiment «Vive le Christ-Roi !».

Addendum : notre collègue CGB fait comme d'habitude dans la nuance :

Marine en a rêvé, Marine l'a fait

*************
(1) : qu'il n'y ait pratiquement que des blancs dans ces manifestations, c'est pour moi encore une des ces preuves très concrètes que le discours lénifiant sur les problèmes d'intégration qui ne concerneraient qu'une infime minorité sont faux. On cite souvent les prénoms, ces immigrés de troisième ou quatrième générations qui donnent encore des prénoms de leur pays d'origine à leurs enfants, mais il y a aussi les Journées du patrimoine : dans les files d'attente, il y a des Français de toutes conditions sociales, mais ils ont un point commun, ils sont blancs. De là à dire que le patrimoine des blancs n'est pas le patrimoine des colorés et que «eux» ne se sentent pas «nous» ...

J'aime bien ces «petits faits vrais» parce qu'ils sont tellement basiques que tout le monde peut les voir et qu'ils ne se laissent pas embobiner dans un discours alambiqué et trompeur.


samedi, janvier 10, 2015

Pourquoi je n'irai pas à la marche dimanche

  • Les autorités n'ayant pas posé le bon diagnostic sur les événements, elles n'ont même pas osé désigner l'ennemi, je ne les cautionnerai pas en participant à la marche qu'elles organisent pour faire oublier leurs erreurs et leurs responsabilités.
  • On nous dit que c'est le temps de l'unité. Non, c'est le temps de la division, du débat, de l'engueulade, de la confrontation des idées pour décider ce qu'il faut faire. Je ne participerai pas à une marche dont le but, sous le couvert d'une unité de façade, est d'étouffer les dissidents, en remplaçant la réflexion par l'émotion.
  • Les quatre Juifs tués hier ont été rayés de la carte. Ils dérangent, ils gênent, ils brouillent le message. Donc ils n'existent plus. Il ne s'est rien passé, circulez, y a rien à voir. Je dois dire que c'est assez stupéfiant. Ces salauds là réussissent encore à m'étonner.
  • Les attentats ne m'ont pas traumatisé, je n'ai pas besoin de me rassurer par un bain de foule. Depuis des années, je considère que la France est en guerre et que des attentats peuvent arriver n'importe quand. Je suis chagriné, triste, oui, mais surpris, traumatisé, non.
  • La seule marche qui vaut, c'est le défilé de la victoire. Toutes les «marches blanches» qui la précèdent ne sont que des aveux d'impuissance.
Voilà une marche comme je les aime :



Charlie : Eric Verhaeghe claque cet enculé de Badinter (entre autres)

Charlie Hebdo: Allah met fin à 70 ans d’insouciance française

La France vient de vivre deux jours et demi de séisme politique, dans la foulée du sidérant attentat contre Charlie Hebdo. A en juger par l’ambiance qui règne désormais non seulement à Paris mais sur l’ensemble du territoire, cette séquence tragique constitue incontestablement un tournant majeur dans la trajectoire française contemporaine.
On ne m’en voudra pas, j’espère, de consacrer à ces événements un texte qui se revendique comme totalement anecdotique et délibérément hostile aux ratiocinations que j’ai commencées à lire çà et là.

Je revendique de tomber dans le piège dénoncé par Badinter

Commençons par le commencement: le massacre perpétré à Charlie Hebdo a produit, à juste titre, une immense émotion dans l’opinion. Le hasard voulait que je fusse à proximité du boulevard Richard Lenoir quelques minutes après l’attentat. J’ai été frappé par le silence, l’abasourdissement qui régnait sur les lieux parmi les badauds qui se trouvaient là.
L’attaque contre Charlie Hebdo, c’était une attaque contre l’esprit gaulois: cette humour de mauvais goût qui me fait périodiquement rire et que les Anglo-Saxons détestent. Charlie Hebdo, c’était Astérix, c’était ce village qui vit dans nos têtes à tous, et qui résiste encore et toujours aux envahisseurs de toutes sortes. Parmi les badauds, beaucoup étaient des bobos qui comprenaient brutalement que leur identité gauloise était en danger: cet esprit frondeur, de liberté, cet amour de l’expression, venaient de passer un très sale moment.
Un autre hasard veut que j’habite en haut de Belleville, à quelques centaines de mètres de là où est née la « cellule des Buttes Chaumont » dont les frères Kouachi et dont Coulibaly sont issus. Pour rentrer chez moi mercredi, je suis passé à trois ou quatre cents mètres de la rue de Meaux, où les tueurs ont abandonné leur première voiture. La nourrice de ma fille m’informait qu’elle avait voulu faire une promenade au parc de la Villette, à proximité de la porte de Pantin par laquelle les tueurs ont quitté Paris. Elle y a finalement renoncé parce que ma fille avait froid et ne voulait pas sortir. Et si elle y était allée, comment être sûr que les tueurs ne seraient pas tombés à ce moment-là, à cet endroit-là, sur une patrouille à leur recherche: des coups de feu auraient éclaté dans les rues, et la vie de ma fille était en danger?
Je cite ces faits, parce que j’ai lu un certain nombre de textes d’intellectuels qui n’habitent pas les quartiers difficiles, qui sont au-delà de la vraie vie des quartiers, loin des faits, loin des lieux où des balles ont sifflé – et ce n’était pas des balles perdues. Tous ces gens qui sont à l’abri adorent donner des leçons sur la peur qu’il ne faut pas avoir, sur le piège des terroristes dans lequel il ne faut pas tomber.
Je pense ici à ce grand bourgeois de Badinter, qui vit richement dans son sixième arrondissement avec vue sur les jardins du Luxembourg, où l’on trouve plus de policiers à l’hectare que dans aucun autre quartier de Paris. Personnellement, je n’y vois pas d’inconvénient, à ce qu’il mène grand train dans les beaux quartiers avec la fortune de sa femme, mais enfin, le petit père Badinter, il est gonflé de nous donner des leçons sur la peur: il n’y est jamais confronté! Qu’il remonte avec moi à pied la rue de Belleville, qu’il se promène à Barbès, qu’il longe avec moi les boulevards aux alentours de Stalingrad, qu’il se balade place des Fêtes, et il viendra ensuite me parler de la peur et des pièges qu’elle nous tend.
Je parle de moi, mais à Badinter je pourrais lui parler de tous ces habitants (dont beaucoup sont musulmans) qui ne sortent plus chez eux après vingt-deux heures, depuis des années, parce qu’ils en ont marre de subir les regards, les remarques, les agressions plus ou moins directes, ou les menaces d’agression de la part de ces petites racailles qui squattent les halls d’immeubles en toute impunité, et qui y ont imposé leur loi dans l’indifférence générale. Chaque fois qu’il s’est agi de secouer le cocotier de ces peurs, les Badinter et compagnie nous ont asséné un discours lénifiant, prétendument humaniste, qui les gênait d’autant moins que dans les quartiers où habitent ceux qui les profèrent, on ne croise que des bons petits blancs propres sur eux.
Bref, l’attentat contre Charlie Hebdo m’a ému, parce que moi aussi j’aurais pu me trouver sur la trajectoire des tueurs, et bien pire: ma fille aussi, qui a pourtant le droit de grandir dans un monde où les choses se passent autrement, dans un monde aussi sécurisé que celui où ont vécu les enfants Badinter.

Trente ans de laxisme bobo, 3 jours de terreur

Le soir de l’attentat contre Charlie Hebdo, je suis allé au rassemblement de la place de la République, que j’ai trouvé très digne et très « mature », mais où aucun représentant de nos institutions n’était. J’ai trouvé un peu agaçante la façon dont la foule, encore sous le coup de l’émotion, était encadrée par des organisateurs en apparence sans étiquette, mais qui avaient très bien vu le coup venir. Tout le matériel était prêt pour faire entonner par la foule des refrains décidés à l’avance, sous couvert, bien entendu, de neutralité et d’amour désintéressé de la liberté.
Ce soir-là, je me suis souvenu des textes de Gustave Le Bon sur la manipulation des foules par l’émotion. C’est vrai qu’en politique, l’émotion est toujours mauvaise conseillère: le meilleur remède que je propose est de la laisser parler, de l’assumer, et de ne pas jouer à ceux qui la cachent derrière des discours prétendument raisonnables. Il faut savoir n’être que ce que l’on est.
Place de la République, on m’excusera de le dire, mais j’ai retrouvé plein de bobos qui nous bassinent depuis des années sur le droit des minorités, et sur la nécessaire bienveillance à avoir vis-à-vis des racailles qui hantent les quartiers. J’avais l’impression qu’après 30 ans de laxisme sur le mode: « Nous qui portons la faute du colonialisme, nous avons des choses à nous faire pardonner, donc nous devons manger notre chapeau quand des adolescents perturbés nous insultent dans la rue », les bobos parisiens achetaient leur bonne conscience: celle plus très nette lorsqu’ils ont découvert que les petites racailles qu’ils ont protégées pendant des années au nom du: « ils sont déterminés par leur milieu social, donc il ne faut pas être trop durs avec eux », ces petites racailles étaient devenus de dangereux assassins capables de mitrailler dix journalistes, de flinguer des flics à bouts portants, et de dresser un immense doigt d’honneur à notre civilisation.
Quand on aime avoir les mains propres, c’est évidemment gênant de se coucher en se disant que la tranquillité de l’âme qu’on a achetée pendant tant d’années avec des discours de bisounours aveugle se paie par autant de vies fauchées en une seule journée. Cela vaut bien soixante minutes transies dans le froid.
C’est probablement ici que la France connaît son tournant: le massacre de Charlie Hebdo a brutalement rendu insupportable cette tolérance à l’intolérable qui a conduit à la radicalisation d’un nombre considérable de nos jeunes. Ceux qui, au nom du devoir mémoriel, de la culpabilité d’avoir colonisé l’Afrique (du Nord ou non), de la culpabilité de notre histoire répétée à tous bouts de champ, avaient expliqué que la loi ne devait pas forcément être respectée par tout le monde, ont soudain compris que les sanglots de l’homme blanc ne seraient pas portés à leur crédit. Toutes les exceptions à la règle tolérées au quotidien depuis des années dans les quartiers, sous une foule de prétextes fallacieux, n’ont servi à rien d’autre qu’à couver des tueurs en série, des barbares incapables de discerner le bien et le mal.
Il faut maintenant que nos bobos sentencieux déroulent le fil de la pelote: qu’ils lisent les récits d’enseignants qui, dans les classes, décrivent les réactions majoritaires parmi les élèves de sensibilité musulmane, dont les fondamentaux sont très éloignés de ceux de notre démocratie. Qu’ils les lisent et qu’ils en tirent les conclusions qui s’imposent: l’école laïque ne parvient plus à transmettre cet attachement fondateur à la liberté qui a fait le sel de générations françaises sous la République.
Non, les Coulibaly, les Kouachi ne sont pas des accidents. Ils sont des conséquences, disons même qu’ils sont le résultat d’une déstructuration organisée de l’éducation transmise par l’école publique. Entre des programmes délirants où le savoir n’est plus transmis, et un renoncement aux valeurs essentielles de la France républicaine, nous avons fomenté une génération qui rejette en bloc, dans certains quartiers, l’héritage de nos libertés.
Si une seule conséquence positive peut être attendue des trois jours monstrueux que nous venons de vivre, c’est bien cette prise de conscience face au problème que nous avons collectivement – celui de cette haine de soi qui nous conduit à ne plus transmettre la France et ses valeurs aux générations qui arrivent.

Replacer la responsabilité individuelle au coeur de notre société

Sous certaines plumes, je pense notamment à celle de Jacques Sapir, j’ai commencé à lire à nouveau le délire selon lequel des tas de gens seraient responsables de la radicalisation des jeunes. C’est un discours ambiant qui me gonfle prodigieusement. Je l’ai entendu dans la bouche des racailles qui squattaient l’entrée de mon immeuble lorsque je suis arrivé dans le XIXè arrondissement, et dont j’ai appris aujourd’hui qu’ils constituaient le vivier de la « cellule des Buttes-Chaumont ».
Je me revois, installé depuis trois jours dans mon immeuble, rentrant chez moi à minuit et leur demandant poliment de ne pas zoner à trente centimètres de ma porte d’entrée. La réponse ne s’est pas faite attendre: j’étais évidemment un gros raciste, et je voulais simplement déplacer le problème que représentaient ces jeunes sans le régler. « Payez nous des salles où on peut se réunir » me dit l’un d’eux.
Eh bien non, ducon! lui fis-je en le toisant et en m’avançant sur lui de façon menaçante alors qu’ils étaient une bonne dizaine autour de lui et que j’étais seul. Moi, je suis arrivé en France en 1986, c’est-à-dire pas très longtemps avant leur naissance. Je suis fils d’ouvrier, dans ma famille, il n’y avait pratiquement pas de livre, les bibliothèques étaient indigentes, les infrastructures publiques quasi-inexistantes, mais on savait que, pour en sortir, il fallait bosser. Quand je suis arrivé à Paris, j’ai été scotché par le nombre de bibliothèques publiques, de terrains de sport, de musées gratuits.
Qu’un gamin à Paris ose expliquer qu’on ne fait rien pour lui, c’est évidemment une aberration, un mensonge. Les Coulibaly, les Kouachi, ont disposé dans leur enfance de tout ce qu’il fallait pour s’en sortir. La seule chose qui leur a manquée, c’est le courage d’y arriver, et le travail qui va avec. Je ne suis en aucune manière responsable de leur échec, ni de leur folie. La seule faute leur incombe à eux.
Il y en a marre de tous ces discours où les fauteurs de trouble sont systématiquement exonérés de leur responsabilité.
Sur le fond, ce réflexe relève d’ailleurs d’un profond racisme. Ceux qui propagent ces discours portent en eux-mêmes un paradigme caché: pour un Sapir, un petit arabe des quartiers ne peut pas être l’égal d’un blanc bourgeois. Le blanc bourgeois est forcément responsable de sa réussite, alors que le petit arabe est une victime de son milieu. Deux poids, deux mesures.

L’Etat, comme toujours instrument de domination

Cela ne signifie bien entendu pas que l’égalité des chances existe en France. Et s’il existe une responsabilité collective, elle est dans cette perte de contrôle des institutions publiques à l’oeuvre depuis 30 ans en France, qui consiste à recruter toujours plus de fonctionnaires chargés de mettre en oeuvre toujours plus de réglementations, pour une efficacité et un service toujours moindre.
Je prendrai ici simplement l’exemple de la police, qui a durement payé, et qui a été grande, les événements de ces derniers jours. J’ai une immense compassion pour ces agents de l’ordre qui sont morts dans les lâches assassinats auxquels nous venons d’assister. Mais enfin, quand je lis que mon quartier est le siège des cellules des Buttes-Chaumont, je me pose des questions.
Quand je suis arrivé dans mon immeuble, pourquoi, lorsque j’ai demandé aux policiers du XIXè arrondissement d’intervenir contre les racailles qui squattaient le hall, me suis-je entendu répondre: on ne se déplace pas, jetez-leur des boules puantes, ça les fera partir?
Quand je constate un délit de fuite dans un accident de voiture commis par un jeune habitant pile-poil dans la zone où les cellules en question agissent, quand je relève le numéro d’immatriculation de la voiture, pourquoi les policiers du XIXè arrondissement, m’appellent-ils quarante minutes après le signalement pour me dire: on ne se déplace pas pour ce genre de choses?
Quand je demande à trois jeunes maghrébins qui boivent de l’alcool et se disputent dans un parc où j’emmène ma fille de bien vouloir se montrer plus discrets, pourquoi me répondent-ils: appelle les flics, on n’en a rien à foutre, de toute façon les Français sont des pédophiles contrôlés par les Juifs et c’est les Arabes qui ont fait la France… et quand j’appelle Police Secours personne ne répond?
Quand je rejoins ma fille au jardin du métro Télégraphe, pourquoi le vigile rarement présent de la ville de Paris me suit-il comme si j’étais un dangereux pédophile, mais reste-t-il complètement muet devant une femme en burqa assise sur le banc?
Quand une racaille du quartier me traite de « sale pédé de Français », pourquoi seule l’injure homophobe est-elle retenue? Et pourquoi les policiers me demandent-ils si je suis effectivement homosexuel avant d’intervenir? Parce que si je ne le suis pas, l’injure n’est pas homophobe et l’intervention de la police ne se justifie plus…
Pourquoi sont-ce désormais des jeunes en djellabahs qui passent le soir dans le quartier pour dire aux racailles de se calmer, en lieu et place des forces de police?
Pourquoi, en revanche, lorsque j’emmène ma fille (elle avait douze mois…) au Jardin des Plantes et qu’elle a le malheur d’y marcher sur les pelouses, vois-je deux vigiles de la ville de Paris me demander de la retirer des pelouses dans la minute? Il est clair qu’une contravention insignifiante dans les beaux arrondissements est immédiatement sanctionnée (de façon rigide d’ailleurs) alors que les délits les plus choquants de l’Est parisien sont commis dans la plus parfaite indifférence des forces de police.
Cette inégalité territoriale-là ne rappelle pas seulement que l’Etat (au sens des institutions publiques), loin d’être le garant de l’égalité en constitue la principale menace, elle montre aussi que la vague de terreur qui vient de nous frapper résulte d’un excès d’Etat, ce grand castrateur de la responsabilité, et non d’une faiblesse de l’Etat.

La France entre définitivement dans l’ère de l’intranquillité

Avec ces attentats, les certitudes acquises sur le fonctionnement de la société française ont volé en éclat, et les Français découvrent désormais qu’ils doivent composer avec un ennemi tapi, sournois, qui les observe et qui est prêt à agir à chaque instant.
D’autres périls se font jour: la crise grecque, les relations avec la Russie, la montée de la misère, et ces vagues d’immigration qui nourrissent le sentiment que les habits du monde ne sont de toute façon plus adapté à sa physionomie, et qu’il va falloir renouveler la garde-robes.
Là encore, on me pardonnera de grogner contre un discours à la Badinter sur les mesures d’exception. Mais il me semble qu’il faut être capable de donner une lecture géopolitique à la question du terrorisme. Les événements auxquels nous venons d’assister sont en effet autant une question intérieure qu’extérieure. L’émergence d’un Etat islamique pose un problème de relations internationales. Je ne prétends pas qu’il s’agisse d’un problème hors sol né d’une génération spontanée: l’apparition de DAESH doit bien s’expliquer d’une façon ou d’une autre.
Il n’en reste pas moins que l’Occident est aujourd’hui confronté à une déclaration de guerre – guerre informelle certes, mais guerre quand même.
J’ai lu sous la plume de certains l’idée selon laquelle le règlement de la question palestinienne apporterait une réponse valable au problème du terrorisme islamiste. Si je n’ai aucune sympathie sioniste, on me permettra quand même de glisser que le fantasme d’un nationalisme arabe ne tient pas une minute: les voisins arabes de la Palestine ont souvent adoré s’appuyer sur Israël sans se soucier le moins du monde de la souffrance palestinienne.
En réalité, il existe un problème géostratégique islamiste, et il faut arrêter de se voiler la face.

Charlie Hebdo : ces minutes de silence qui ont dérapé dans les écoles

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