Par son ampleur médiatique, l'affaire Zemmour pourrait être le prétexte d'utiles remises en cause.
Dans cette affaire, nous avons vu la justice française, appliquant la loi, bafouer le droit élémentaire d'un citoyen à la libre expression (Zemmour n'a insulté personne, il a juste exprimé une opinion). Bien sûr, la magistrature est gangrenée de progressisme mais admettons, jusqu'à ce qu'un appel démontre éventuellement le contraire, que le juge ait appliqué la loi au mieux. Comment en est-on arrivé là ?
Abordons le problème par les nombres : on recense près de 10 500 lois et 127 000 décrets.
A quoi servent donc les lois ?
La première réaction consiste à dire que les lois offrent un cadre dans lequel des citoyens libres peuvent interagir. Mais alors, il n'y a pas besoin de tant de lois : Moïse et Dieu avaient pu s'arranger autour de dix commandements. Bon, je l'admets, ils étaient d'essence supérieure, mais, tout de même, entre dix commandements et 10 500 lois, il y a une différence difficilement explicable, même avec une société plus complexe.
C'est donc que nos lois n'ont pas pour but de fournir un cadre d'action pour des hommes libres. Il est facile de voir qu'elles ont pour but d'orienter l'action, de décider à la place des hommes ce qu'ils doivent faire. Autrement dit, le droit fait de la politique.
C'est d'autant plus problématique qu'un tiers des lois est le fruit d'institutions françaises dont les records d'abstention aux élections montrent à quel point elles sont discréditées et les deux autres tiers sont la transposition de directives bruxelloises qui sont le produit d'un processus carrément anti-démocratique («Bruxelles» est si loin des citoyens que la démocratie ne peut y être qu'un déguisement).
Cette conception de la loi comme instrument pour imposer une politique nous est si familière que nous avons parfois des difficultés à en imaginer une autre.
Or, il suffit de penser au droit romain ou à la «common law» pour avoir des idées plus élégantes, de la même manière qu'on dit en mathématiques qu'une démonstration est élégante. Cette réflexion a déjà été menée par Bruno Leoni dans La liberté et le droit. point n'est besoin de refaire ce livre.
Mais faisons un rêve : imaginons que, touchés par un coup de folie plein de sagesse, nos députés décident que, à part les lois de finances (votées à l'équilibre, comme de bien entendu), aucune loi nouvelle ne sera votée durant leur législature, seule l'abrogation de quelques lois néfastes (lois «mémorielles» en premier) sera permise.
Ca serait un petit bonheur de liberté. Mais les Français ont désappris la liberté et appris la licence. Alors tout est brouillé (1).
****************
(1) : Dumas, dans San Felice :
Le courage collectif est la vertu des peuples libres.
Le courage individuel est la vertu des peuples qui ne sont qu'indépendants.
Presque tous les peuples des montagnes, les Suisses, les Corses, les Écossais, les Siciliens, les Monténégrins, les Albanais, les Drases, les Circassiens, peuvent se passer très-bien de la liberté, pourvu qu'on leur laisse l'indépendance.
Expliquons la différence énorme qu'il y a entre ces deux mots: LIBERTÉ, INDÉPENDANCE.
La liberté est l'abandon que chaque citoyen fait d'une portion de son indépendance, pour en former un fonds commun qu'on appelle la loi.
L'indépendance est pour l'homme la jouissance complète de toutes ses facultés, la satisfaction de tous ses désirs. L'homme libre est l'homme de la société; il s'appuie sur son voisin, qui à son tour s'appuie sur lui; et, comme il est prêt à se sacrifier pour les autres, il a le droit d'exiger que les autres se sacrifient pour lui.
L'homme indépendant est l'homme de la nature; il ne se fie qu'en lui-même; son seul allié est la montagne et la forêt; sa sauve-garde, son fusil et son poignard; ses auxiliaires sont la vue et l'ouïe.
Avec les hommes libres, on fait des armées.
Avec les hommes indépendants, on fait des bandes.
Aux hommes libres, on dit, comme Bonaparte aux Pyramides: Serrez les rangs!
Aux hommes indépendants, on dit, comme Charette à Machecoul: Égayez-vous, mes gars!
L'homme libre se lève à la voix de son roi ou de sa patrie.
L'homme indépendant se lève à la voix de son intérêt et de sa passion.
L'homme libre combat.
L'homme indépendant tue.
L'homme libre dit: Nous.
L'homme indépendant dit: Moi.
L'homme libre, c'est la Fraternité.
L'homme indépendant n'est que l'Égoïsme.
lundi, février 28, 2011
Décidément, je n'aime pas Alain Juppé
Décidément, je n'aime pas Alain Juppé
Je vous avais annoncé le passage d'Alain Juppé au ministère de la Défense comme une catastrophe. Heureusement, le Dieu des armées a sauvé (momentanément) l'armée française : le «meilleur d'entre nous» n'a pas eu le temps de mettre sa puissance de travail et son étroite «intelligence» (1) technicienne au service de son œuvre destructrice.
Il fera cependant autant de dégâts au quai d'Orsay qu'il aurait pu en faire à la Défense. Je ne suis visiblement pas le seul à la penser.
Nous boirons le calice du conformisme jusqu'à la lie.
********
(1) : nos élites prennent souvent la capacité à persévérer avec obstination dans la bêtise pour de l'intelligence. Appliquer méthodiquement un esprit tortueux à défendre une idée fausse ne peut raisonnablement être qualifié d'intelligence.
Je vous avais annoncé le passage d'Alain Juppé au ministère de la Défense comme une catastrophe. Heureusement, le Dieu des armées a sauvé (momentanément) l'armée française : le «meilleur d'entre nous» n'a pas eu le temps de mettre sa puissance de travail et son étroite «intelligence» (1) technicienne au service de son œuvre destructrice.
Il fera cependant autant de dégâts au quai d'Orsay qu'il aurait pu en faire à la Défense. Je ne suis visiblement pas le seul à la penser.
Nous boirons le calice du conformisme jusqu'à la lie.
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(1) : nos élites prennent souvent la capacité à persévérer avec obstination dans la bêtise pour de l'intelligence. Appliquer méthodiquement un esprit tortueux à défendre une idée fausse ne peut raisonnablement être qualifié d'intelligence.
Libellés :
Armagnacs et Bourguignons,
armée
JP Sueur s'attaque à l'oligarchie journalistico-sondagière
C'est bien connu, les sondages sont neutres et scientifiques. On comprend donc mal que la transparence semble tant gêner les sondeurs :
Les sondeurs au pilori
Tout de même, un motif de réjouissance : internet permet le déboulonnage des donneurs de leçons menteurs et des fausses idoles.
Les sondeurs au pilori
Tout de même, un motif de réjouissance : internet permet le déboulonnage des donneurs de leçons menteurs et des fausses idoles.
dimanche, février 27, 2011
Le chewing-gum présidentiel
Le chewing-gum présidentiel
Voici mon commentaire :
Vous avez bien raison de vous attacher à ces détails, qui, à force d'être révélateurs, n'en sont plus.
Nous récoltons le fruit de quarante ans de folies. Une certaine idéologie voulait qu'on désacralise tout, Dieu, le père, la famille, l'homme, le pouvoir, la patrie. Rien ne devait être au-dessus de l'individu. Aucun sacrifice ne devait être exigible de l'individu au nom d'un intérêt supérieur. Tout devait plier devant le bon plaisir consumériste et la fusion démagogique.
Hé bien voilà, nous sommes au bout de cette route. Nous avons élu un président sans manières, pour qui rien ne vaut en dehors de son plaisir personnel.
Et beaucoup de Français le haïssent non pas parce qu'il est différent, mais parce qu'il est trop semblable, parce qu'il nous renvoie une image de nous-mêmes insupportable de justesse.
Qu'a-t-il de différent du Français moyen, ce multidivorcé, grossier, pendu à son portable en toutes circonstances, sans éducation, obsédé par la télé, attaché obsessionnellement au paraître ? Il ne lit pas La Princesse de Clèves, mais combien de Français le lisent, y compris parmi ses critiques les plus virulents ?
Voici mon commentaire :
Vous avez bien raison de vous attacher à ces détails, qui, à force d'être révélateurs, n'en sont plus.
Nous récoltons le fruit de quarante ans de folies. Une certaine idéologie voulait qu'on désacralise tout, Dieu, le père, la famille, l'homme, le pouvoir, la patrie. Rien ne devait être au-dessus de l'individu. Aucun sacrifice ne devait être exigible de l'individu au nom d'un intérêt supérieur. Tout devait plier devant le bon plaisir consumériste et la fusion démagogique.
Hé bien voilà, nous sommes au bout de cette route. Nous avons élu un président sans manières, pour qui rien ne vaut en dehors de son plaisir personnel.
Et beaucoup de Français le haïssent non pas parce qu'il est différent, mais parce qu'il est trop semblable, parce qu'il nous renvoie une image de nous-mêmes insupportable de justesse.
Qu'a-t-il de différent du Français moyen, ce multidivorcé, grossier, pendu à son portable en toutes circonstances, sans éducation, obsédé par la télé, attaché obsessionnellement au paraître ? Il ne lit pas La Princesse de Clèves, mais combien de Français le lisent, y compris parmi ses critiques les plus virulents ?
Exposition France
Très belle exposition sur le France, au musée de la marine à Paris. Voyez aussi le site dédié.
Le France est un condensé de la France : techniquement audacieux, un style fantastique, mais commercialement en retard et coulé par l'acharnement de l'administration et des syndicats.
Comme le raconte Valeurs Actuelles, le fisc n'avait rien trouvé de mieux que de faire des contrôles fiscaux aux passagers français, brillante idée commeciale ! Quant aux syndicalistes, l'un d'entre eux est venu déclarer à la radio qu'il préférait ruiner le France que de perdre ses avantages zacquis.
Bravo ! Ils ont réussi.
Ne croyez pas que quoi que ce soit ait changé : l'administration et les syndicats sont toujours des boulets mortels. Les ports français, les chantiers navals, le fret ferroviaire et le système éducatif en sont morts, et il n'est pas exclu qu'Air France en meurt.
Tant que la France n'aura pas connu un moment thatcherien, nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.
Charles Gave est optimiste. Espérons qu'il a raison.
Le France est un condensé de la France : techniquement audacieux, un style fantastique, mais commercialement en retard et coulé par l'acharnement de l'administration et des syndicats.
Comme le raconte Valeurs Actuelles, le fisc n'avait rien trouvé de mieux que de faire des contrôles fiscaux aux passagers français, brillante idée commeciale ! Quant aux syndicalistes, l'un d'entre eux est venu déclarer à la radio qu'il préférait ruiner le France que de perdre ses avantages zacquis.
Bravo ! Ils ont réussi.
Ne croyez pas que quoi que ce soit ait changé : l'administration et les syndicats sont toujours des boulets mortels. Les ports français, les chantiers navals, le fret ferroviaire et le système éducatif en sont morts, et il n'est pas exclu qu'Air France en meurt.
Tant que la France n'aura pas connu un moment thatcherien, nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.
Charles Gave est optimiste. Espérons qu'il a raison.
Libellés :
Fin de l'Etat-mamma,
France
vendredi, février 25, 2011
Révoltes arabes : les Français s'en foutent
L'évocation trop insistante des révoltes arabes fait chuter les audiences télévisuelles.
Il y a une interprétation pessimiste : les Français sont décidément d'indécrottables bornés.
Il y a mon interprétation optimiste : ils s'en foutent comme de l'an quarante (1). Les Français ont plus de bon sens que les journalistes. Ces révoltes arabes ne les concernent pas, mis à part le prix de l'essence, les possibles vagues migratoires et les éventuels terroristes islamistes, toutes choses certes importantes mais qui ne demandent pas un suivi à la minute. Et les Français restent circonspects face aux enthousiasmes médiatiques de commande.
***************
(1) alerte, humour subtile. «S'en foutre comme de l'an quarante» est probablement une déformation de «s'en foutre comme de l'Al Coran».
Il y a une interprétation pessimiste : les Français sont décidément d'indécrottables bornés.
Il y a mon interprétation optimiste : ils s'en foutent comme de l'an quarante (1). Les Français ont plus de bon sens que les journalistes. Ces révoltes arabes ne les concernent pas, mis à part le prix de l'essence, les possibles vagues migratoires et les éventuels terroristes islamistes, toutes choses certes importantes mais qui ne demandent pas un suivi à la minute. Et les Français restent circonspects face aux enthousiasmes médiatiques de commande.
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(1) alerte, humour subtile. «S'en foutre comme de l'an quarante» est probablement une déformation de «s'en foutre comme de l'Al Coran».
Libellés :
le printemps des matraques,
vie française
jeudi, février 24, 2011
Sarkozy en nazi et Aubry en Staline ?

Je suis choqué par cette photographie. Non pas par l'insulte au président, devenue habituelle au point de ne plus choquer comme elle devrait, mais par la pauvreté de la référence.
Les jeunes socialistes n'ont pas d'autres références que «les heures les plus sombres de notre histoire» ? Ils ne connaissent rien d'autre ?
On notera par ailleurs la bêtise du message, l'outrance révélant la stupidité des auteurs : si Sarkozy est nazi, Aubry est Staline.
Quant à l'UMP, ils ne sont pas mieux : dès la première phrase de leur riposte, ils parviennent à employer le mot «nauséabond», qui est la marque des textes à 0 % de matière grise.
La campagne présidentielle 2012 est bien partie pour être un concours de crétinerie. Ceci n'a pas que des inconvénients : les Français attendent beaucoup trop de la politique et pas assez d'eux-mêmes. Si la médiocrité abyssale de nos politiciens pouvaient leur ôter leur fausse croyance dans la politique, cela serait déjà un progrès.
Révolutions arabes : «C'est génial !»
J'entendais sur BFM ce matin des loups-ravis de la mondialisation s'extasier sur les révolutions arabes.
Sans vouloir être méchant, j'ai trouvé que le propos confinait à la naïveté.
De notre point de vue de non-arabes, que les arabes aient l'occasion de vivre dans des démocraties, c'est très bien, mais c'est tout de même leur problème et pas le nôtre. Notre intérêt est qu'il nous envoie du pétrole et qu'ils s'abstiennent de nous envoyer des immigrés et des terroristes.
Le danger islamiste est réel. L'islamisme s'accommode très bien, au moins jusqu'à sa prise de pouvoir, de la démocratie et de ses outils. L'islamisme n'a rien à voir avec un islam arriéré et paysan, c'est un projet politique moderne, fruit de l'urbanisation et de la mondialisation. Comme toujours, l'avenir est incertain : si les troubles ouvrent des occasions à l'islamisme, il est également vrai que l'islamisme perd de son charme quand il exerce le pouvoir (mais c'est alors trop tard).
Je parie sur un avenir mitigé : la Tunisie et le Maroc ont la chance de ne pas avoir d'hydrocarbures, qui à la fois aiguisent les appétits et financent les pouvoirs dictatoriaux, j'espère un avenir point trop pourri. Pour l'Algérie, l'Egypte et la Libye, je suis moins optimiste.
Nous verrons bien. En attendant, notre devoir est de nous préparer à plusieurs scénarios et, en tous les cas, de ne pas importer les troubles chez nous, c'est-à-dire de repousser les réfugiés, présents et à venir.
Toutefois, ces événements nous portent un message d'optimisme : la dormition des peuples sous le joug d'oligarchies n'est pas éternelle et le réveil est très brutal.
Sans vouloir être méchant, j'ai trouvé que le propos confinait à la naïveté.
De notre point de vue de non-arabes, que les arabes aient l'occasion de vivre dans des démocraties, c'est très bien, mais c'est tout de même leur problème et pas le nôtre. Notre intérêt est qu'il nous envoie du pétrole et qu'ils s'abstiennent de nous envoyer des immigrés et des terroristes.
Le danger islamiste est réel. L'islamisme s'accommode très bien, au moins jusqu'à sa prise de pouvoir, de la démocratie et de ses outils. L'islamisme n'a rien à voir avec un islam arriéré et paysan, c'est un projet politique moderne, fruit de l'urbanisation et de la mondialisation. Comme toujours, l'avenir est incertain : si les troubles ouvrent des occasions à l'islamisme, il est également vrai que l'islamisme perd de son charme quand il exerce le pouvoir (mais c'est alors trop tard).
Je parie sur un avenir mitigé : la Tunisie et le Maroc ont la chance de ne pas avoir d'hydrocarbures, qui à la fois aiguisent les appétits et financent les pouvoirs dictatoriaux, j'espère un avenir point trop pourri. Pour l'Algérie, l'Egypte et la Libye, je suis moins optimiste.
Nous verrons bien. En attendant, notre devoir est de nous préparer à plusieurs scénarios et, en tous les cas, de ne pas importer les troubles chez nous, c'est-à-dire de repousser les réfugiés, présents et à venir.
Toutefois, ces événements nous portent un message d'optimisme : la dormition des peuples sous le joug d'oligarchies n'est pas éternelle et le réveil est très brutal.
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colonisation à rebours,
le printemps des matraques
mercredi, février 23, 2011
Leurs révolutions, notre problème
On peut se réjouir de ces révolutions dans le monde arabe (sans pour autant se faire trop d'illusions).
Mais, déjà, des oiseaux, de mauvais augure mais lucides, nous prévoient un afflux de réfugiés.
Aurons nous le courage et l'intelligence de les repousser ?
Les belles âmes doivent être cohérentes. Soit ces réfugiés sont des séides des anciennes dictatures et notre devoir est de les repousser pour qu'ils soient jugés dans leur pays, soit ils n'ont rien à se reprocher et notre devoir est également de les repousser pour qu'ils profitent chez eux des joies de la démocratie.
Mais nous savons bien que le courage, l'intelligence et la cohérence ne sont pas le fort des belles âmes.
Et puis, si, comme moi, on n'est pas une belle âme, on s'en fout que ces réfugiés soient des mangeurs de bébés ou des saints, ils ne sont pas de chez nous, nous n'avons pas besoin d'eux,qu'ils règlent leurs problèmes entre eux. Qu'on les renvoie d'où ils viennent. Chez nous, ce n'est pas chez eux.
Cela implique quelques violences, c'est la vie. La défense des frontières ne s'est jamais faite sans casse. N'oubliez pas le prix attaché au refus de défendre nos frontières : soumission et anarchie. Le sentimentalisme sirupeux nous paralyse et nous tue.
Mais, déjà, des oiseaux, de mauvais augure mais lucides, nous prévoient un afflux de réfugiés.
Aurons nous le courage et l'intelligence de les repousser ?
Les belles âmes doivent être cohérentes. Soit ces réfugiés sont des séides des anciennes dictatures et notre devoir est de les repousser pour qu'ils soient jugés dans leur pays, soit ils n'ont rien à se reprocher et notre devoir est également de les repousser pour qu'ils profitent chez eux des joies de la démocratie.
Mais nous savons bien que le courage, l'intelligence et la cohérence ne sont pas le fort des belles âmes.
Et puis, si, comme moi, on n'est pas une belle âme, on s'en fout que ces réfugiés soient des mangeurs de bébés ou des saints, ils ne sont pas de chez nous, nous n'avons pas besoin d'eux,qu'ils règlent leurs problèmes entre eux. Qu'on les renvoie d'où ils viennent. Chez nous, ce n'est pas chez eux.
Cela implique quelques violences, c'est la vie. La défense des frontières ne s'est jamais faite sans casse. N'oubliez pas le prix attaché au refus de défendre nos frontières : soumission et anarchie. Le sentimentalisme sirupeux nous paralyse et nous tue.
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En écoutant radio Courtoisie
En écoutant Radio Courtoisie, j'ai un peu l'impression d'écouter Radio Londres : je l'écoute dans ma voiture, dont l'antenne a été volée, c'est du plus bel effet «brouillage allemand», il n'y a pas de podcasts et les propos sont incontestablement Les Français parlent aux Français.
J'ai saisi au passage un invité qui expliquait ceci : plus personne ne croit plus en la démocratie (voir les taux d'abstention) et pourtant, le système perdure. Pourquoi ?
Parce que la démocratie nous protège du fascisme, du racisme et de l'antisémitisme, non pas entendus dans leur sens véritable, mais dans le sens perverti que leur a donné la propagande moderne.
L'antifascisme, c'est la haine de toute autorité, grande ou petite, qui obligerait l'individu à sacrifier ses désirs à une cause qui le dépasse.
L'antiracisme, c'est le refus de la moindre distinction entre individus, de la moindre racine, de la moindre gratitude, envers des ancêtres ou une patrie.
Bref, la démocratie actuelle est la meilleure gardienne de la pulsion consumériste, déracinée et apatride. Mais, pour peu
L'anti-antisémitisme, c'est la haine du catholicisme, de cette religion de chez nous, verticale, avec une hiérarchie et des prescriptions.
Mais pour peu que les conditions matérielles changent et que l'ivresse consumériste laisse place à la gueule de bois, la démocratie se fait soudain moins belle.
Nous ne sommes pas loin des thèses de Henri Hude.
J'ai saisi au passage un invité qui expliquait ceci : plus personne ne croit plus en la démocratie (voir les taux d'abstention) et pourtant, le système perdure. Pourquoi ?
Parce que la démocratie nous protège du fascisme, du racisme et de l'antisémitisme, non pas entendus dans leur sens véritable, mais dans le sens perverti que leur a donné la propagande moderne.
L'antifascisme, c'est la haine de toute autorité, grande ou petite, qui obligerait l'individu à sacrifier ses désirs à une cause qui le dépasse.
L'antiracisme, c'est le refus de la moindre distinction entre individus, de la moindre racine, de la moindre gratitude, envers des ancêtres ou une patrie.
Bref, la démocratie actuelle est la meilleure gardienne de la pulsion consumériste, déracinée et apatride. Mais, pour peu
L'anti-antisémitisme, c'est la haine du catholicisme, de cette religion de chez nous, verticale, avec une hiérarchie et des prescriptions.
Mais pour peu que les conditions matérielles changent et que l'ivresse consumériste laisse place à la gueule de bois, la démocratie se fait soudain moins belle.
Nous ne sommes pas loin des thèses de Henri Hude.
Henri Hude à la réunion des bloggueurs
Ce que raconte Henri Hude est assez intéressant, je résume :
> en l'absence d'autorité supérieure reconnue (temporelle et spirituelle) qui pacifierait les frictions entre individus, le politiquement et correct et l'insipide sont les moyens qu'ont trouvé les démocraties pour réduire ces frictions. On ne dit plus rien qui pourrait déranger quelqu'un. Malheureusement, cette mode a un effet dévastateur sur la vie intellectuelle.
> la vie et la croissance sont liées. Et inversement, la dénatalité et la décroissance. C'est pourquoi (comme l'avait prévu A. Sauvy) le vieillissement de la population entraine un rabougrissement de la société, une culture de mort et un désintérêt pour l'avenir (sous sa forme concrète, l'investissement).
> la guerre pourrait nous réveiller. Mais la guerre actuelle est asymétrique, ce n'est pas une guerre «propre» qui permettrait de régénérer une société. Les policiers se militarisent et les militaires se «policiarisent».
En résumé, l'offensive libertaire touche à sa fin. Mais cela ne génèrera pas une renaissance libérale. Nous allons avoir à une sorte de dictature molle du sécuritaire.
Deux attitudes possibles (selon moi): l'exil ou essayer, malgré tout, de promouvoir la renaissance.
> en l'absence d'autorité supérieure reconnue (temporelle et spirituelle) qui pacifierait les frictions entre individus, le politiquement et correct et l'insipide sont les moyens qu'ont trouvé les démocraties pour réduire ces frictions. On ne dit plus rien qui pourrait déranger quelqu'un. Malheureusement, cette mode a un effet dévastateur sur la vie intellectuelle.
> la vie et la croissance sont liées. Et inversement, la dénatalité et la décroissance. C'est pourquoi (comme l'avait prévu A. Sauvy) le vieillissement de la population entraine un rabougrissement de la société, une culture de mort et un désintérêt pour l'avenir (sous sa forme concrète, l'investissement).
> la guerre pourrait nous réveiller. Mais la guerre actuelle est asymétrique, ce n'est pas une guerre «propre» qui permettrait de régénérer une société. Les policiers se militarisent et les militaires se «policiarisent».
En résumé, l'offensive libertaire touche à sa fin. Mais cela ne génèrera pas une renaissance libérale. Nous allons avoir à une sorte de dictature molle du sécuritaire.
Deux attitudes possibles (selon moi): l'exil ou essayer, malgré tout, de promouvoir la renaissance.
dimanche, février 20, 2011
Ah, les grandes exécutions d'antan ...
Nous vivons vraiment une époque à la con, qui n'a plus le sens ni du rituel, ni du spectacle, ni des valeurs, ni de la place des choses. Un monde qui tombe dans la fadeur du «casual», de l'avachi, de l'informe, du mollusque (et encore, c'est pas gentil pour les mollusques, qui sont bien bons à manger).Regardez la peine de mort. Ils l'ont abolie, ces couillons de belles âmes, ces Badinter à la mords-moi-le-nœud. Ils n'ont vraiment rien compris, les salopards ! Mais quand on ne comprend rien, on ferme sa gueule, au lieu d'imposer ses lubies aux autres, qui ne vous ont rien demandé.
Avant, truand, loufiat, c'était une occupation qui avait sa noblesse. On pouvait être vicieux, gointreux, pervers, maquereau, parricide, petite frappe, tire-laine minable, lâche surineur, étrangleur de petites filles ou rôtisseur de veuves, on n'en vivait pas moins face à la guillotine, avec la perspective lugubre de la prière aux agonisants par l'aumônier de la prison. Je ne sais ce qui était le plus terrible : la prière ou l'aumonier. Dame ! Ca se respecte une fin pareille.
Ca avait de la gueule, les exécutions publiques. Les femmes excitées (les récits sont unanimes), les hommes graves mais tout de même curieux. Le condamné pouvait partir la tête haute, sur une dernière bravade, ou au contraire susciter la pitié des mères de famille, ou se conformer à l'image de l'assassin terrible qu'on aurait peur de croiser. Il y a même eu des assassins beaux gosses.
Tout le monde jouait son rôle bien consciencieusement et en avait pour son argent, les truands assassinaient, les flics tabassaient, la justice condamnait, les bonnes dames vous consolaient, le bourreau exécutait et le public applaudissait. Et la société ne s'en portait que mieux.
La décadence a commencé avec la révolution française et la guillotine. Ca fait sordidement scientifique, petit, ça manque de grandiose. Quant à l'injection létale yankee, n'en parlons pas, c'est à vomir tellement c'est dégradant. Piqué comme un chat cancéreux ...
Non, plutôt une bonne exécution publique par fusillade, avec une belle cérémonie. Roulements de tambour, le juge qui lit la sentence au nom du peuple, de belles phrases bien graves. Le condamné qui refuse crânement le bandeau. La dernier mot, orgueilleux, qu'on espère mémorable «Vive l'anarchie !» ou «J'ai jamais aimé les pissenlits, même par la racine !». C'est le dernier instant de liberté, tout est permis. Le silence tendu. «En joue ... Feu» Pan ! Pan ! Le coup de grâce derrière l'oreille «Pan !». Il a mal vécu mais il est bien parti. Bruant et Brassens en faisaient des chansons.
Et maintenant ? Truand, c'est vraiment cave. Vous pouvez tuer la moitié de la rue très lentement, sadiquement, avec un cure-dents, le juge vous trouvera toujours des circonstances atténuantes à cause d'une enfance malheureuse (sauf si vous êtes blanc et de droite. Il faut tout de même raison garder).
Ah, les vaches ! Les marlous vivotent sans joie, arnaquent sans allant et assassinent à la chaine sans enthousiasme, la police passe son temps à compulser le code pour éviter les erreurs de procédure, elle fait nounou à truands, le juge mélange, très mal, les rôles de psychologue de comptoir et d'assistante sociale alcoolique et les bonnes dames sont désœuvrées puisqu'il n'y a plus de vrai condamné à convertir.
De quoi je me mêle ? On ne demande pas plus à un juge d'avoir des idées sur le social qu'on demande à un militaire d'avoir des idées sur l'humanitaire. Chacun son boulot.
Ah si ? Maintenant, on le leur demande ? Les militaires doivent avoir des idées ? Et des idées humanitaires, en plus ? Des militaires à idées, on n'a pas idée ! Quand je vous dis qu'on vit une époque à la con ... Cernés par les crétins, qu'on est. On ne demande pas à un eunuque d'avoir des idées sur l'amour.
C'est bien simple : maintenant, le pire qu'il puisse arriver à un pègriot, c'est d'être assommé pendant dix ans au Tranxen aux frais de la 'tentiaire. Et pour que ça dure dix ans, il faut encore qu'il ait passé tout un foyer de la Sonacotra au fil d'une tronçonneuse mal aiguisée. Après quoi, il est libéré pour bonne conduite et un tas de connards subventionnés se penchent sur sa petite personne pour savoir si il va bien se réinsérer, le pauvre chou. C'est à vous dégouter un homme de la truanderie.
Et la société n'est même plus protégée. Et personne n'en a plus pour son argent. Evidemment, plus de Brassens. D'ailleurs, on n'a plus que des chanteurs (chanteurs, 'faut le dire vite) à voix de tapettes.
Au lieu de ce mélange des genres pour dégénérés et décadents, si chacun retrouvait la niaque de faire son boulot et seulement le sien ? Si la police fliquait sans se poser de questions, la tête près du képi, et si les juges condamnaient sans états d'âme et si la 'tentiaire se préoccupait plus d'emprisonner que de réinsérer ? Chacun s'en porterait mieux et même les truands retrouveraient un peu d'aura romantique.
Ca n'est sans doute pas un hasard que le dernier gibier de potence à avoir suscité une attirance romantique est aussi le dernier pour lequel les voleurs se sont comportés comme des voleurs et les flics comme des flics : Mesrine.
samedi, février 19, 2011
Pourquoi c'est un problème qu'une institutrice fasse apprendre une berceuse arabe
Dans cette nouvelle, il y a un faisceau convergent de malaises :
> quand l'école peine tant à enseigner le français, enseigner des berceuses étrangères est une fuite. Et pourquoi pas Petit papa Noël en serbo-croate pendant qu'on y est ?
> le film dont cette berceuse est tirée est un monument de propagande sirupeuse vivrensembliste et ethnomasochiste. Un pur produit du frédérico-miterrandisme. Alleluia ! Pardon, Allah Akbar !
> l'arabe n'est pas n'importe quelle langue. C'est la langue des nouveaux colons. Enseigner une berceuse en arabe, c'est se coucher devant la colonisation à rebours. Bien sûr, les parents ne peuvent pas le dire ainsi mais c'est bien ce qui dérange. Les germanistes aussi avaient, pendant la guerre, d'excellentes raisons d'apprendre des berceuses en allemand à leurs élèves, ou, si vous préférez cette comparaison plus appropriée, les instituteurs d'apprendre le français aux petits Algériens.
Même si on ne partage pas mon idée de colonisation à rebours, un rien d'honnêteté conduit à penser que l'immigration africaine n'est pas une immigration comparable aux vagues d'immigration précédentes et que l'arabe n'est donc pas, d'un point de vue politique, une langue comme les autres. Une berceuse norvégienne n'aurait pas tant choqué.
Nota : je remplace «invasion migratoire» par «colonisation à rebours» car ce terme me semble plus précis.
Plutôt que l'égalité homme-femme, la galanterie
Natacha Polony conteste la vision «zemmourienne».
Mais le débat me semble très mal posé. En effet, le débat qui se concentre sur les droits des femmes néglige complètement que des droits trop spécifiques, dans leur brutalité et avec leurs angles vifs, sont destructeurs du tissu complexe des relations.
Remettre la galanterie à la mode me semble nettement plus intelligent et plus subtil.
Mais le débat me semble très mal posé. En effet, le débat qui se concentre sur les droits des femmes néglige complètement que des droits trop spécifiques, dans leur brutalité et avec leurs angles vifs, sont destructeurs du tissu complexe des relations.
Remettre la galanterie à la mode me semble nettement plus intelligent et plus subtil.
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déclin de l'intelligence des Français
La mère tigre et le basculement du monde
Deux articles extraits du journal suisse Le Temps.
Polémique samedi19 février 2011
La mère tigre et le basculement du monde
Rinny Gremaud
Les tribulations pédagogiques d’une mère sino-américaine font scandale aux Etats-Unis et ailleurs. Entre identité nationale et course mondiale à l’excellence, le livre d’Amy Chua appuie là où ça fait mal
Sept mille commentaires outrés sur l’article qui annonçait sa sortie, plus de 100 000 réactions sur Facebook, des menaces de mort et un débat qui continue de faire rage. Pourquoi le dernier livre d’Amy Chua, Battle Hymn of the Tiger Mother* («L’hymne guerrier de la mère tigre»), a-t-il provoqué un tel tollé lors de sa sortie aux Etats-Unis mi-janvier?
Brossant le portrait d’une famille sino-juive-américaine de classe sociale supérieure, le livre raconte les péripéties pédagogiques d’une «mère tigre», c’est-à-dire chinoise de cœur, d’esprit et de principes éducatifs, dans l’Amérique qui l’a vu naître. Une histoire d’héritage multiculturel dont les protagonistes sont deux parents professeurs de droit à l’Université de Yale, deux filles aujourd’hui adolescentes, et deux grands chiens blancs, dans une grande maison de New Haven, Connecticut.
Peut-être aurait-elle passé plus inaperçue – et sans doute aurait-elle moins vendu – si Amy Chua n’avait pas annoncé ceci, en préambule de son livre: «Voici une liste de choses que mes filles Sophia et Louisa n’ont jamais été autorisées à faire: aller dormir chez des copines (sleepovers) – aller jouer avec d’autres enfants (playdates) – jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école (schoolplays) – se plaindre de ne pas pouvoir jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école – regarder la télévision ou jouer à des jeux vidéo – choisir elles-mêmes leurs activités extrascolaires – avoir des notes inférieures à «A» – ne pas être les meilleures dans toutes les branches sauf en gym ou en théâtre – jouer d’un autre instrument que le piano ou le violon – ne pas jouer du piano ou du violon.»
Au pays des «mama-grizzly»
Et voici, en substance, ce que lui ont répondu bon nombre de lecteurs: «Vous êtes la pire mère du monde», «ce que vous faites est criminel», ou encore «j’en connais qui se sont suicidés parce qu’ils ont eu une mère comme vous». Bienvenue au pays des mama-grizzly de Sarah Palin et des soccer-moms de série télé – ces femmes qui ont fait vœux de protection inconditionnelle de leurs petits. Et dont la raison d’être spacio-temporelle consiste à conduire des 4x4 plein d’enfants, d’un terrain de foot à un sleepover, d’un playdate à une schoolplay. Dans ce pays-là, les 10 commandements péremptoires de la mère tigre chinoise, même tempérés d’une certaine ironie, ont été reçus comme une gifle à l’échelle continentale.
«Ma chère maman tigre, c’est que les gens n’ont pas compris ton sens de l’humour», rassure la fille aînée de l’auteur, Sophia Chua-Rubenfeld, 18 ans, dans une lettre ouverte à sa mère publiée par le New York Post dans le sillage du scandale. «Mais ce n’est pas de leur faute. Vu de l’extérieur, personne ne peut comprendre ce qui se passe réellement chez nous, comme on passe notre temps à rire et à se moquer les uns des autres, en mangeant des hamburgers avec du riz cantonnais.» Apparemment épanouie et reconnaissante, cette fille de fauve a donné son premier récital au Carnegie Hall de New York à l’âge de 15 ans, non sans avoir réalisé en parallèle un parcours scolaire exemplaire. Et tout comme sa sœur cadette Louisa, aussi brillante et musicale, elle envisage déjà d’être une vraie tigresse pour ses propres enfants.
Depuis la sortie du livre, «je passe jour et nuit à essayer de clarifier les malentendus», explique Amy Chua au New York Times. Pleine d’humour et d’autodérision, l’histoire qu’elle raconte n’a jamais eu vocation de manuel d’éducation «à la chinoise», répète-t-elle sans cesse. Ce n’est rien d’autre qu’une narration personnelle de ses aventures de mère sino-américaine née en Californie de parents chinois immigrés. Une story on ne peut plus états-unienne, en somme.
Orgueil et ténacité
Et c’est bien ainsi qu’on le comprend lorsqu’on lit ce petit livre d’un bout à l’autre – et non pas ses seuls extraits hors contexte qui circulent aujourd’hui dans la presse et sur Internet. Sur une structure narrative simple-comme-chez-Disney, l’héroïne-mère part pleine de certitudes à l’aventure de la puériculture et de la pédagogie. Mais elle finit par apprendre que rien n’est si simple et qu’il faut, parfois, savoir faire des compromis. A la fin, c’est bien l’amour qui gagne. Un récit parfois trop sucré, mais que l’on traverse somme toute volontiers pour y découvrir trois générations d’une famille qui n’est pas sans rappeler celles des livres d’Amy Tan (The Joy Luck Club, entre autres). Et puis la narratrice y déploie, effectivement, un humour serré qui la rend attachante dans ses excès, son orgueil et sa ténacité débordante de mauvaise foi.
Ceux qui sont nés de parents asiatiques immigrés y reconnaîtront, avec plus ou moins de bonheur, qui une mère, qui un patriarche. Et avec plus ou moins de loyauté, se diront que cette éducation «à la dure» que défend l’auteur, ils en ont bénéficié, autant qu’ils en ont souffert.
En soi, donc, pas de quoi fouetter un chat. Si ce n’est que le titre de l’article paru dans le Wall Street Journal en guise de lancement de sa campagne de promotion n’a pas aidé à mettre les choses en perspectives: «Pourquoi les mères chinoises sont supérieures». Un titre qu’elle n’a pas choisi, précise Amy Chua. Mais dans un pays qui nage en pleine sino-phobie, il n’en aura pas fallu plus pour réveiller des fiertés patriotes déjà bien mises à mal.
Les meilleurs sont Chinois
En effet, alors que la Chine se profile résolument en puissance dominante, les Etats-Unis, eux, ne sont pas seulement en rémission de crise économique, mais aussi, par voie de conséquence, en pleine crise d’identité. Les valeurs américaines par lesquelles on avait coutume d’expliquer la réussite du pays – liberté individuelle, dérégulation et croyance mordicus en de beaux lendemains – se trouvent être aussi celles qui expliquent la débâche bancaire de 2008.
Aujourd’hui, dire à une mère de famille américaine qu’elle ferait mieux, pour l’avenir de ses enfants, d’investir dans des heures de répétitions de calcul mental au lieu de les encourager à s’ébattre dans la boue d’un terrain de football, revient, à peu de chose près, à lui expliquer qu’elle ferait mieux d’épargner au lieu d’acheter à crédit. Une leçon que l’Amérique se refuse peut-être encore à entendre de la bouche d’une «Chinoise».
Car elle a beau être américaine jusqu’au bout des ongles – y compris dans sa revendication d’une ascendance ethnique lointaine – Amy Chua se positionne en «Chinoise» lorsqu’il s’agit d’éduquer ses enfants. Or dans l’œil de Washington, la Chine est une menace que tout concourt à rendre plus inquiétante. Pas plus tard qu’en décembre 2010, sortaient les résultats de la dernière étude PISA, qui mesure les performances scolaires des élèves de 15 ans dans les principaux pays industrialisés. Evalués pour la première fois cette année-là, les étudiants chinois de Shanghai sont entrés en pole position dans les trois catégories mesurées que sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences. Parmi les mieux classés aux côtés des Sud-Coréens (2e), des Chinois de Hongkong (4e) et des Singapouriens (5e), seuls les Finlandais (3e) et les Canadiens (6e) représentent un systèmes éducatifs «occidental». Les Etats-Unis, eux, arrivent en 17e position (et la Suisse en 14e). C’est dire si le plaidoyer d’Amy Chua en faveur du drill et des longues heures de répétitions appuie très justement là où ça fait mal.
La créativité en plus
Mais qu’importe, entend-on encore trop souvent en Occident, puisque ces méthodes ne forment que des singes savants. Alors que les écoles de part et d’autre de l’Atlantique, elles, encouragent la créativité et l’innovation, mamelles des économies. Ce discours persistant ignore soigneusement les grandes réformes éducatives menées tambour battant en Asie. Et ignore aussi cette récente étude menée à l’Université William & Mary en Virginie: sur la base de tests de Torrence, qui mesurent la créativité, la recherche démontre une baisse significative de celle-ci chez les Américains depuis les années 1990. Les causes en sont encore floues, mais des indices pointent gentiment vers l’excès de télévision et de jeux vidéo d’une part… et vers le manque d’encouragement à la créativité dans le système scolaire américain d’autre part.
Aujourd’hui, dans les plus prestigieux concours de danse ou de musique classique, dans les meilleures universités et écoles d’art du monde, l’endurance et la créativité des étudiants asiatiques force l’admiration. En matière d’éducation, l’Occident semble vivre son «Sputnik moment», pour reprendre les mots de Barack Obama. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe réalisent aujourd’hui que, dans la course mondiale à l’excellence, ils ont été pris de vitesse.
Et pendant ce temps, la mère tigre fredonne son hymne guerrier en exhibant des chatons qui réussissent en tout. Ça irrite, bien sûr. Mais en cachette, ça interroge. La preuve? Le livre d’Amy Chua se classe depuis sa sortie parmi les 20 meilleures ventes de la librairie Amazon.
* Battle Hymn of the Tiger Mother (pas de traduction française pour l’instant), Penguin Press, Janvier 2011, 256 p.
Amour et tête de bois
Rinny Gremaud
Le parent «postmoderne» peinerait à être «chinois»
Le premier pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que «la mère chinoise présuppose de la force chez son enfant, et non pas de la fragilité». C’est pourquoi elle est exigeante avec lui, le pousse dans ses derniers retranchements et ne tolère de lui que le meilleur. La «mère occidentale», elle, est «pleine d’angoisses s’agissant de l’amour-propre de ses enfants» et se préoccupe avant tout de son développement psychique. C’est pourquoi elle prodigue moult encouragements et applaudit des deux mains au moindre battement de cil de sa progéniture.
Bien sûr, l’auteur de Battle Hymn of the Tiger Mother s’autorise à simplifier le propos en divisant en deux le monde de la parentalité: d’un côté, la «mère chinoise», de l’autre, la «mère occidentale». Tout en concédant volontiers qu’il y a des pères à Berlin, Mumbai et Séoul à qui l’étiquette de «mère chinoise» sied parfaitement. Et qu’à l’inverse, toujours plus de Chinoises sont devenues de parfaites «mères occidentales».
Et c’est en cela qu’elle s’oppose le plus à la «mère postmoderne» (Amy Chua dit «occidentale»), qui se caractérise par le doute. Qui doute d’être une bonne mère, doute d’être une bonne personne en général… Des doutes que seule la certitude d’être aimé parvient, parfois, à apaiser. On comprend dès lors pourquoi le rugissement de la mère tigre inspire, ici comme outre-Atlantique, un mélange de respect et d’effroi.
Parfois, ne pas être aimée
Le deuxième pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que la mère tigre sait ce qui est bon pour son enfant. Elle le sait si bien qu’elle ne lui laissera le choix de rien. Ni du nombre d’heures qu’il passera à réviser ses devoirs, ni de la nature de ses activités extrascolaires. Pas question de négocier, ni de s’adapter à ses inclinations naturelles. Il se contentera d’obéir et d’être le meilleur. L’auteur rappelle à juste titre que, loin de mettre des barrières à son enfant, c’est finalement la meilleure manière de laisser ouvertes toutes les portes de son avenir.
C’est une pédagogie exigeante que défend Amy Chua. Non pas (seulement) pour l’enfant, mais surtout pour la mère. Et c’est là qu’elle est touchante. Les heures qu’elle passera à driller, sermonner et enguirlander sont un véritable sacrifice pour elle. Car dans son acharnement, à la fois grotesque et admirable, à vouloir élever des enfants parfaits, la mère tigre doit accepter d’être parfois détestée de ceux qu’elle aime le plus au monde. Pour cela, elle s’armera d’un caractère en acier et d’une certitude inébranlable d’avoir toujours raison. La mère tigre est une tête de bois par amour.
Polémique samedi19 février 2011
La mère tigre et le basculement du monde
Rinny Gremaud
Les tribulations pédagogiques d’une mère sino-américaine font scandale aux Etats-Unis et ailleurs. Entre identité nationale et course mondiale à l’excellence, le livre d’Amy Chua appuie là où ça fait mal
Sept mille commentaires outrés sur l’article qui annonçait sa sortie, plus de 100 000 réactions sur Facebook, des menaces de mort et un débat qui continue de faire rage. Pourquoi le dernier livre d’Amy Chua, Battle Hymn of the Tiger Mother* («L’hymne guerrier de la mère tigre»), a-t-il provoqué un tel tollé lors de sa sortie aux Etats-Unis mi-janvier?
Brossant le portrait d’une famille sino-juive-américaine de classe sociale supérieure, le livre raconte les péripéties pédagogiques d’une «mère tigre», c’est-à-dire chinoise de cœur, d’esprit et de principes éducatifs, dans l’Amérique qui l’a vu naître. Une histoire d’héritage multiculturel dont les protagonistes sont deux parents professeurs de droit à l’Université de Yale, deux filles aujourd’hui adolescentes, et deux grands chiens blancs, dans une grande maison de New Haven, Connecticut.
Peut-être aurait-elle passé plus inaperçue – et sans doute aurait-elle moins vendu – si Amy Chua n’avait pas annoncé ceci, en préambule de son livre: «Voici une liste de choses que mes filles Sophia et Louisa n’ont jamais été autorisées à faire: aller dormir chez des copines (sleepovers) – aller jouer avec d’autres enfants (playdates) – jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école (schoolplays) – se plaindre de ne pas pouvoir jouer dans une pièce de théâtre dans le cadre de l’école – regarder la télévision ou jouer à des jeux vidéo – choisir elles-mêmes leurs activités extrascolaires – avoir des notes inférieures à «A» – ne pas être les meilleures dans toutes les branches sauf en gym ou en théâtre – jouer d’un autre instrument que le piano ou le violon – ne pas jouer du piano ou du violon.»
Au pays des «mama-grizzly»
Et voici, en substance, ce que lui ont répondu bon nombre de lecteurs: «Vous êtes la pire mère du monde», «ce que vous faites est criminel», ou encore «j’en connais qui se sont suicidés parce qu’ils ont eu une mère comme vous». Bienvenue au pays des mama-grizzly de Sarah Palin et des soccer-moms de série télé – ces femmes qui ont fait vœux de protection inconditionnelle de leurs petits. Et dont la raison d’être spacio-temporelle consiste à conduire des 4x4 plein d’enfants, d’un terrain de foot à un sleepover, d’un playdate à une schoolplay. Dans ce pays-là, les 10 commandements péremptoires de la mère tigre chinoise, même tempérés d’une certaine ironie, ont été reçus comme une gifle à l’échelle continentale.
«Ma chère maman tigre, c’est que les gens n’ont pas compris ton sens de l’humour», rassure la fille aînée de l’auteur, Sophia Chua-Rubenfeld, 18 ans, dans une lettre ouverte à sa mère publiée par le New York Post dans le sillage du scandale. «Mais ce n’est pas de leur faute. Vu de l’extérieur, personne ne peut comprendre ce qui se passe réellement chez nous, comme on passe notre temps à rire et à se moquer les uns des autres, en mangeant des hamburgers avec du riz cantonnais.» Apparemment épanouie et reconnaissante, cette fille de fauve a donné son premier récital au Carnegie Hall de New York à l’âge de 15 ans, non sans avoir réalisé en parallèle un parcours scolaire exemplaire. Et tout comme sa sœur cadette Louisa, aussi brillante et musicale, elle envisage déjà d’être une vraie tigresse pour ses propres enfants.
Depuis la sortie du livre, «je passe jour et nuit à essayer de clarifier les malentendus», explique Amy Chua au New York Times. Pleine d’humour et d’autodérision, l’histoire qu’elle raconte n’a jamais eu vocation de manuel d’éducation «à la chinoise», répète-t-elle sans cesse. Ce n’est rien d’autre qu’une narration personnelle de ses aventures de mère sino-américaine née en Californie de parents chinois immigrés. Une story on ne peut plus états-unienne, en somme.
Orgueil et ténacité
Et c’est bien ainsi qu’on le comprend lorsqu’on lit ce petit livre d’un bout à l’autre – et non pas ses seuls extraits hors contexte qui circulent aujourd’hui dans la presse et sur Internet. Sur une structure narrative simple-comme-chez-Disney, l’héroïne-mère part pleine de certitudes à l’aventure de la puériculture et de la pédagogie. Mais elle finit par apprendre que rien n’est si simple et qu’il faut, parfois, savoir faire des compromis. A la fin, c’est bien l’amour qui gagne. Un récit parfois trop sucré, mais que l’on traverse somme toute volontiers pour y découvrir trois générations d’une famille qui n’est pas sans rappeler celles des livres d’Amy Tan (The Joy Luck Club, entre autres). Et puis la narratrice y déploie, effectivement, un humour serré qui la rend attachante dans ses excès, son orgueil et sa ténacité débordante de mauvaise foi.
Ceux qui sont nés de parents asiatiques immigrés y reconnaîtront, avec plus ou moins de bonheur, qui une mère, qui un patriarche. Et avec plus ou moins de loyauté, se diront que cette éducation «à la dure» que défend l’auteur, ils en ont bénéficié, autant qu’ils en ont souffert.
En soi, donc, pas de quoi fouetter un chat. Si ce n’est que le titre de l’article paru dans le Wall Street Journal en guise de lancement de sa campagne de promotion n’a pas aidé à mettre les choses en perspectives: «Pourquoi les mères chinoises sont supérieures». Un titre qu’elle n’a pas choisi, précise Amy Chua. Mais dans un pays qui nage en pleine sino-phobie, il n’en aura pas fallu plus pour réveiller des fiertés patriotes déjà bien mises à mal.
Les meilleurs sont Chinois
En effet, alors que la Chine se profile résolument en puissance dominante, les Etats-Unis, eux, ne sont pas seulement en rémission de crise économique, mais aussi, par voie de conséquence, en pleine crise d’identité. Les valeurs américaines par lesquelles on avait coutume d’expliquer la réussite du pays – liberté individuelle, dérégulation et croyance mordicus en de beaux lendemains – se trouvent être aussi celles qui expliquent la débâche bancaire de 2008.
Aujourd’hui, dire à une mère de famille américaine qu’elle ferait mieux, pour l’avenir de ses enfants, d’investir dans des heures de répétitions de calcul mental au lieu de les encourager à s’ébattre dans la boue d’un terrain de football, revient, à peu de chose près, à lui expliquer qu’elle ferait mieux d’épargner au lieu d’acheter à crédit. Une leçon que l’Amérique se refuse peut-être encore à entendre de la bouche d’une «Chinoise».
Car elle a beau être américaine jusqu’au bout des ongles – y compris dans sa revendication d’une ascendance ethnique lointaine – Amy Chua se positionne en «Chinoise» lorsqu’il s’agit d’éduquer ses enfants. Or dans l’œil de Washington, la Chine est une menace que tout concourt à rendre plus inquiétante. Pas plus tard qu’en décembre 2010, sortaient les résultats de la dernière étude PISA, qui mesure les performances scolaires des élèves de 15 ans dans les principaux pays industrialisés. Evalués pour la première fois cette année-là, les étudiants chinois de Shanghai sont entrés en pole position dans les trois catégories mesurées que sont la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences. Parmi les mieux classés aux côtés des Sud-Coréens (2e), des Chinois de Hongkong (4e) et des Singapouriens (5e), seuls les Finlandais (3e) et les Canadiens (6e) représentent un systèmes éducatifs «occidental». Les Etats-Unis, eux, arrivent en 17e position (et la Suisse en 14e). C’est dire si le plaidoyer d’Amy Chua en faveur du drill et des longues heures de répétitions appuie très justement là où ça fait mal.
La créativité en plus
Mais qu’importe, entend-on encore trop souvent en Occident, puisque ces méthodes ne forment que des singes savants. Alors que les écoles de part et d’autre de l’Atlantique, elles, encouragent la créativité et l’innovation, mamelles des économies. Ce discours persistant ignore soigneusement les grandes réformes éducatives menées tambour battant en Asie. Et ignore aussi cette récente étude menée à l’Université William & Mary en Virginie: sur la base de tests de Torrence, qui mesurent la créativité, la recherche démontre une baisse significative de celle-ci chez les Américains depuis les années 1990. Les causes en sont encore floues, mais des indices pointent gentiment vers l’excès de télévision et de jeux vidéo d’une part… et vers le manque d’encouragement à la créativité dans le système scolaire américain d’autre part.
Aujourd’hui, dans les plus prestigieux concours de danse ou de musique classique, dans les meilleures universités et écoles d’art du monde, l’endurance et la créativité des étudiants asiatiques force l’admiration. En matière d’éducation, l’Occident semble vivre son «Sputnik moment», pour reprendre les mots de Barack Obama. Autrement dit, les Etats-Unis et l’Europe réalisent aujourd’hui que, dans la course mondiale à l’excellence, ils ont été pris de vitesse.
Et pendant ce temps, la mère tigre fredonne son hymne guerrier en exhibant des chatons qui réussissent en tout. Ça irrite, bien sûr. Mais en cachette, ça interroge. La preuve? Le livre d’Amy Chua se classe depuis sa sortie parmi les 20 meilleures ventes de la librairie Amazon.
* Battle Hymn of the Tiger Mother (pas de traduction française pour l’instant), Penguin Press, Janvier 2011, 256 p.
Amour et tête de bois
Rinny Gremaud
Le parent «postmoderne» peinerait à être «chinois»
Le premier pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que «la mère chinoise présuppose de la force chez son enfant, et non pas de la fragilité». C’est pourquoi elle est exigeante avec lui, le pousse dans ses derniers retranchements et ne tolère de lui que le meilleur. La «mère occidentale», elle, est «pleine d’angoisses s’agissant de l’amour-propre de ses enfants» et se préoccupe avant tout de son développement psychique. C’est pourquoi elle prodigue moult encouragements et applaudit des deux mains au moindre battement de cil de sa progéniture.
Bien sûr, l’auteur de Battle Hymn of the Tiger Mother s’autorise à simplifier le propos en divisant en deux le monde de la parentalité: d’un côté, la «mère chinoise», de l’autre, la «mère occidentale». Tout en concédant volontiers qu’il y a des pères à Berlin, Mumbai et Séoul à qui l’étiquette de «mère chinoise» sied parfaitement. Et qu’à l’inverse, toujours plus de Chinoises sont devenues de parfaites «mères occidentales».
Et c’est en cela qu’elle s’oppose le plus à la «mère postmoderne» (Amy Chua dit «occidentale»), qui se caractérise par le doute. Qui doute d’être une bonne mère, doute d’être une bonne personne en général… Des doutes que seule la certitude d’être aimé parvient, parfois, à apaiser. On comprend dès lors pourquoi le rugissement de la mère tigre inspire, ici comme outre-Atlantique, un mélange de respect et d’effroi.
Parfois, ne pas être aimée
Le deuxième pilier de l’éducation selon Amy Chua, c’est que la mère tigre sait ce qui est bon pour son enfant. Elle le sait si bien qu’elle ne lui laissera le choix de rien. Ni du nombre d’heures qu’il passera à réviser ses devoirs, ni de la nature de ses activités extrascolaires. Pas question de négocier, ni de s’adapter à ses inclinations naturelles. Il se contentera d’obéir et d’être le meilleur. L’auteur rappelle à juste titre que, loin de mettre des barrières à son enfant, c’est finalement la meilleure manière de laisser ouvertes toutes les portes de son avenir.
C’est une pédagogie exigeante que défend Amy Chua. Non pas (seulement) pour l’enfant, mais surtout pour la mère. Et c’est là qu’elle est touchante. Les heures qu’elle passera à driller, sermonner et enguirlander sont un véritable sacrifice pour elle. Car dans son acharnement, à la fois grotesque et admirable, à vouloir élever des enfants parfaits, la mère tigre doit accepter d’être parfois détestée de ceux qu’elle aime le plus au monde. Pour cela, elle s’armera d’un caractère en acier et d’une certitude inébranlable d’avoir toujours raison. La mère tigre est une tête de bois par amour.
Le racisme est-il une opinion comme une autre ?
Admettons pour les besoins du raisonnement qu'Eric Zemmour (1) soit raciste. Ses opposants justifient sa condamnation et leurs demandes de censure par «le racisme n'est pas une opinion comme les autres».
Mais si, justement, le racisme est une opinion comme les autres.
Bien sûr, des massacres et des génocides ont été perpétrés au nom du racisme. Mais si cela constituait une raison suffisante d'interdiction, il faudrait aussi interdire le catholicisme, le protestantisme, l'islam et le communisme puisque de nombreuses atrocités ont été commises en leur nom.
Que, pour un anti-raciste, le racisme soit une opinion condamnable, je le comprends.
Mais de quel droit les anti-racistes imposent-ils leurs jugements de valeur à l'ensemble de la société ? Non pas, comme on essaie de nous le faire croire, au nom du droit, mais au nom de leur prépondérance politique.
Or, une prépondérance politique, ça se renverse, ça peut passer de mode. Si l'on admet que des opinions (je parle bien d'opinions, pas d'appels à la violence) puissent être condamnées en fonction du rapport de forces politique, demain, l'antiracisme deviendra peut-être illégal (2).
Les anti-racistes devraient y réfléchir à deux fois avant tenter l'escalade répressive. Cela pourrait se retourner contre eux.
*************
(1) : Eric Zemmour n'est «raciste» qu'en donnant une interprétation quasi-indéfinie du terme racisme. Si l'on montre ne serait-ce qu'un peu de rigueur dans l'emploi des mots, c'est une évidence qu'E. Zemmour n'est pas raciste.
(2) : le glissement vers la droite sur les questions de société est bien entamé, je ne sais pas quand il s'arrêtera.
Mais si, justement, le racisme est une opinion comme les autres.
Bien sûr, des massacres et des génocides ont été perpétrés au nom du racisme. Mais si cela constituait une raison suffisante d'interdiction, il faudrait aussi interdire le catholicisme, le protestantisme, l'islam et le communisme puisque de nombreuses atrocités ont été commises en leur nom.
Que, pour un anti-raciste, le racisme soit une opinion condamnable, je le comprends.
Mais de quel droit les anti-racistes imposent-ils leurs jugements de valeur à l'ensemble de la société ? Non pas, comme on essaie de nous le faire croire, au nom du droit, mais au nom de leur prépondérance politique.
Or, une prépondérance politique, ça se renverse, ça peut passer de mode. Si l'on admet que des opinions (je parle bien d'opinions, pas d'appels à la violence) puissent être condamnées en fonction du rapport de forces politique, demain, l'antiracisme deviendra peut-être illégal (2).
Les anti-racistes devraient y réfléchir à deux fois avant tenter l'escalade répressive. Cela pourrait se retourner contre eux.
*************
(1) : Eric Zemmour n'est «raciste» qu'en donnant une interprétation quasi-indéfinie du terme racisme. Si l'on montre ne serait-ce qu'un peu de rigueur dans l'emploi des mots, c'est une évidence qu'E. Zemmour n'est pas raciste.
(2) : le glissement vers la droite sur les questions de société est bien entamé, je ne sais pas quand il s'arrêtera.
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vendredi, février 18, 2011
The big society reminds us how things used to be
The Big Society is a bad name for a sensible idea
Tuesday February 15,2011
By Theodore Dalrymple, social commentator
The Big Society is a bad name for a sensible idea: namely that citizens should not rely upon the State and its bureaucracies for their own welfare. Instead, they should form voluntary associations to look after both themselves and others.
This is much easier said that done, of course. A bureaucracy can be created in an afternoon but it cannot be dissolved in a decade. When Mr Clegg tells us that we should not trust any government, including his own, he is quite right. “The natural inclination of government,” he said, “is to hoard power and information; to accrue power to itself in the name of the public good.” Or, as as an American senator once put it, you cannot get a hog to slaughter itself.
There is evidence from India, too. A civil servant there, noticing that thousands of ancient files that would never be open again were clogging up the office, went to his boss and asked if he could throw them away. His boss thought about it for a few moments, and then said: “Yes, provided you copy them in triplicate.”
Decreasing the size and reach of the state will not be easy, therefore. It has insinuated itself into every corner of our lives. Almost everything we do in public is filmed – we all have walk-on parts every day in countless films.
When you give money to a large charity, you are not so much being generous as voluntarily paying more tax. For many charities are de facto subcontractors to the state. The government is usually by far the largest single donor; it’s a cliché, no doubt, but he who pays the piper calls the tune.
Such charities are, in effect, misrepresenting themselves to the public. It is not only financial corruption that we should fear but even more the moral corruption of which this dishonesty is an example.
How do we love the state? Let us count the ways.
We entrust the State with our health care, cradle to grave; it educates us, right up to postdoctoral level if need be; it guarantees our retirement; for about a third of us, it houses us; it employs many of us, either directly or indirectly; it even keeps us amused, through the BBC. For an increasing number of children, the State – and the TV in the bedroom – is the only father they will ever know. It gives us rights we never knew we had, but once we have them we are reluctant to lose them.
This is all very convenient in a way, even delightful. So many responsibilities are taken away from us but the money in our pocket – admittedly much reduced by the taxes we have to pay – is indeed like pocket money. As children we spent it on sweets, as adults we spend it on entertainments and holidays. Why save, when everything will be taken care of? The problem with the State taking care of everything is twofold. First it tends to destroy our character, something that can be observed every day. Our faculties such as prudence and planning for unpleasant eventualities are lost if they are not exercised, a trend surely borne out by the fact that we as a nation save nothing and borrow much.
The second problem is that the State isn’t very good at what it does. How many of us find that, if we can afford it, we are willing to pay privately for services that are supposed to be provided by the State, such as education and dentistry? People pay twice over, first in taxes, then as fees – and the taxes drive up the fees.
If we cannot afford private services, how many of us are really satisfied with what we receive? If we are not, there’s nothing we can do about it and if we are, it is often because we have low expectations. In effect, we are all paupers at the gate of King State. We are paupers even when we are not poor.
There is no doubt that this is very gratifying to many of our governors. It flatters their self-importance which is often their strongest character trait. But it leaves the rest of us reduced human beings.
No one who’s had many dealings with British officialdom can be under any illusions as to the warmth of its heart. Indeed, it can show no compassion because it, unlike real charity, can make no distinction between the deserving and the undeserving. To fail to make this distinction is to increase the number of the undeserving. But human nature being what it is, no one can long feel benevolent towards the undeserving. So the comfort of the State is always cold comfort.
And there is another way in which handing over everything to the State hardens our hearts: we come to believe that, having paid our taxes, we have paid our dues to society. When we have spent half of our time, nearly, in working for the State (as we do even if we are employed in the private sector), we do not feel much inclined to perform social service afterwards, even for those close to us. Where the State takes care of us all, we become separated from one another.
Our governors, in their search for power, have done everything possible to make the State our family: and they have, in large part, succeeded. A third of us are now completely dependent on the State: and the supposed dependence of women on men – actually inter-dependence – has been replaced by dependence on bureaucrats. And all this costs so much in taxes that many have to go out to work when they do not want to.
In the name of social solidarity we have turned ourselves into a lonely crowd. But whether we can get the hog to slaughter itself is another matter – there are too many of us at the trough for it to be easy.
Tuesday February 15,2011
By Theodore Dalrymple, social commentator
The Big Society is a bad name for a sensible idea: namely that citizens should not rely upon the State and its bureaucracies for their own welfare. Instead, they should form voluntary associations to look after both themselves and others.
This is much easier said that done, of course. A bureaucracy can be created in an afternoon but it cannot be dissolved in a decade. When Mr Clegg tells us that we should not trust any government, including his own, he is quite right. “The natural inclination of government,” he said, “is to hoard power and information; to accrue power to itself in the name of the public good.” Or, as as an American senator once put it, you cannot get a hog to slaughter itself.
There is evidence from India, too. A civil servant there, noticing that thousands of ancient files that would never be open again were clogging up the office, went to his boss and asked if he could throw them away. His boss thought about it for a few moments, and then said: “Yes, provided you copy them in triplicate.”
Decreasing the size and reach of the state will not be easy, therefore. It has insinuated itself into every corner of our lives. Almost everything we do in public is filmed – we all have walk-on parts every day in countless films.
When you give money to a large charity, you are not so much being generous as voluntarily paying more tax. For many charities are de facto subcontractors to the state. The government is usually by far the largest single donor; it’s a cliché, no doubt, but he who pays the piper calls the tune.
Such charities are, in effect, misrepresenting themselves to the public. It is not only financial corruption that we should fear but even more the moral corruption of which this dishonesty is an example.
How do we love the state? Let us count the ways.
We entrust the State with our health care, cradle to grave; it educates us, right up to postdoctoral level if need be; it guarantees our retirement; for about a third of us, it houses us; it employs many of us, either directly or indirectly; it even keeps us amused, through the BBC. For an increasing number of children, the State – and the TV in the bedroom – is the only father they will ever know. It gives us rights we never knew we had, but once we have them we are reluctant to lose them.
This is all very convenient in a way, even delightful. So many responsibilities are taken away from us but the money in our pocket – admittedly much reduced by the taxes we have to pay – is indeed like pocket money. As children we spent it on sweets, as adults we spend it on entertainments and holidays. Why save, when everything will be taken care of? The problem with the State taking care of everything is twofold. First it tends to destroy our character, something that can be observed every day. Our faculties such as prudence and planning for unpleasant eventualities are lost if they are not exercised, a trend surely borne out by the fact that we as a nation save nothing and borrow much.
The second problem is that the State isn’t very good at what it does. How many of us find that, if we can afford it, we are willing to pay privately for services that are supposed to be provided by the State, such as education and dentistry? People pay twice over, first in taxes, then as fees – and the taxes drive up the fees.
If we cannot afford private services, how many of us are really satisfied with what we receive? If we are not, there’s nothing we can do about it and if we are, it is often because we have low expectations. In effect, we are all paupers at the gate of King State. We are paupers even when we are not poor.
There is no doubt that this is very gratifying to many of our governors. It flatters their self-importance which is often their strongest character trait. But it leaves the rest of us reduced human beings.
No one who’s had many dealings with British officialdom can be under any illusions as to the warmth of its heart. Indeed, it can show no compassion because it, unlike real charity, can make no distinction between the deserving and the undeserving. To fail to make this distinction is to increase the number of the undeserving. But human nature being what it is, no one can long feel benevolent towards the undeserving. So the comfort of the State is always cold comfort.
And there is another way in which handing over everything to the State hardens our hearts: we come to believe that, having paid our taxes, we have paid our dues to society. When we have spent half of our time, nearly, in working for the State (as we do even if we are employed in the private sector), we do not feel much inclined to perform social service afterwards, even for those close to us. Where the State takes care of us all, we become separated from one another.
Our governors, in their search for power, have done everything possible to make the State our family: and they have, in large part, succeeded. A third of us are now completely dependent on the State: and the supposed dependence of women on men – actually inter-dependence – has been replaced by dependence on bureaucrats. And all this costs so much in taxes that many have to go out to work when they do not want to.
In the name of social solidarity we have turned ourselves into a lonely crowd. But whether we can get the hog to slaughter itself is another matter – there are too many of us at the trough for it to be easy.
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Etat-mamma
Zemmour condamné, c'est grave docteur ?
Comme je l'ai déjà écrit, Eric Zemmour est le grand vainqueur du procès Zemmour.
La justice française est la grande perdante parce qu'elle a montré qu'elle était aux ordres de la police de la pensée.
Rappelons, pour être précis, qu'Eric Zemmour est condamné pour avoir tenu ses propos devenus célèbres sur les trafiquants et pour avoir déclaré qu'un employeur avait le droit (sans entendu, le droit moral, pas le droit légal) de discriminer et que la discrimination, c'était la vie.
Hé bien, oyez, oyez, bonnes gens. Cette opinion est un délit. En revanche, «j'embaucherai tout sauf un mâle blanc» n'est pas un délit.
En France, il y a une police de la pensée, soutenue par les lois et par l'appareil judiciaire. Ce n'est pas ni une nouveauté, ni une surprise. Ce qui est nouveau, et encourageant, c'est que cela provoque un émoi médiatique.
J'espère que Zemmour fera appel et gagnera, non pas pour lui qui a déjà gagné sur le terrain public, mais pour l'honneur des institutions françaises. Hélas, je n'y crois plus guère.
Addendum : les salopiauds dans mon genre, qui tiennent les journalistes à la française pour une engeance digne du plus profond mépris (jugement qu'ils ont à cœur de justifier tous les jours), savourent avec un grand plaisir tous les appels à la censure de ces vaillants défenseurs de la liberté de la presse et toutes les insultes de ses grands apôtres de la tolérance.
Je note cette phrase prélevée sur le Post.fr «Nous avons déjà écrit ici, que l'erreur du grand chef de RTL, Christopher Baldelli (soyons honnêtes, il n'est pas connu pour être un homme de gauche) était d'avoir confié une chronique unilatérale à Zemmour, sans contradicteur ni contrepoids. Aujourd'hui, cela lui explose à la figure. C'est cela aussi l'amateurisme. Les médias, "c'est un métier" comme le disait si bien Patrick de Carolis.»
Résumons, les journalistes de gauche qui occupent 99 % du temps d'antenne n'ont pas besoin de contrepoids parce qu'ils sont le Bien. En revanche, le professionnalisme journalistique exige de la manière la plus impérative que l'unique journaliste presque de droite qui passe à la radio ait un contrepoids dédié à sa petite personne.
Je me marre ...
La justice française est la grande perdante parce qu'elle a montré qu'elle était aux ordres de la police de la pensée.
Rappelons, pour être précis, qu'Eric Zemmour est condamné pour avoir tenu ses propos devenus célèbres sur les trafiquants et pour avoir déclaré qu'un employeur avait le droit (sans entendu, le droit moral, pas le droit légal) de discriminer et que la discrimination, c'était la vie.
Hé bien, oyez, oyez, bonnes gens. Cette opinion est un délit. En revanche, «j'embaucherai tout sauf un mâle blanc» n'est pas un délit.
En France, il y a une police de la pensée, soutenue par les lois et par l'appareil judiciaire. Ce n'est pas ni une nouveauté, ni une surprise. Ce qui est nouveau, et encourageant, c'est que cela provoque un émoi médiatique.
J'espère que Zemmour fera appel et gagnera, non pas pour lui qui a déjà gagné sur le terrain public, mais pour l'honneur des institutions françaises. Hélas, je n'y crois plus guère.
Addendum : les salopiauds dans mon genre, qui tiennent les journalistes à la française pour une engeance digne du plus profond mépris (jugement qu'ils ont à cœur de justifier tous les jours), savourent avec un grand plaisir tous les appels à la censure de ces vaillants défenseurs de la liberté de la presse et toutes les insultes de ses grands apôtres de la tolérance.
Je note cette phrase prélevée sur le Post.fr «Nous avons déjà écrit ici, que l'erreur du grand chef de RTL, Christopher Baldelli (soyons honnêtes, il n'est pas connu pour être un homme de gauche) était d'avoir confié une chronique unilatérale à Zemmour, sans contradicteur ni contrepoids. Aujourd'hui, cela lui explose à la figure. C'est cela aussi l'amateurisme. Les médias, "c'est un métier" comme le disait si bien Patrick de Carolis.»
Résumons, les journalistes de gauche qui occupent 99 % du temps d'antenne n'ont pas besoin de contrepoids parce qu'ils sont le Bien. En revanche, le professionnalisme journalistique exige de la manière la plus impérative que l'unique journaliste presque de droite qui passe à la radio ait un contrepoids dédié à sa petite personne.
Je me marre ...
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